Séminaire 'IST et radios rurales' plus qu'un besoin, une vraie priorité
Date Issued
1989Language
frType
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CTA. 1989. Séminaire 'IST et radios rurales' plus qu'un besoin, une vraie priorité. Spore 22. CTA, Wageningen, The Netherlands.
Permanent link to cite or share this item: https://hdl.handle.net/10568/59134
Abstract/Description
Dans les Samoa Occidentales, les émissions à destination des agriculteurs sont relayées diie en île par deux satellites de télécommunication. Au Sénégal, laradio rurale émet en sept langues depuis vingt ans alors que la République...
Notes
Dans les Samoa Occidentales, les émissions à destination des agriculteurs sont relayées diie en île par deux satellites de télécommunication. Au Sénégal, la
radio rurale émet en sept langues depuis vingt ans alors que la République Centrafricaine en est à ses premiers pas. A Djibouti, c'est un projet qui devrait démarrer Djibouti, et en Mauritanie, un important projet de radio rurale arrive au bout de son financement. Au Burkina Faso, la décentralisation de la radio fait son chemin malgré certaines difficultés.
A travers autant de situations disparates, peut-on trouver un dénominateur commun aux 'radios rurales' des pays du Sud ? Des radios rurales au sens strict, décentralisées, financièrement et techniquement autonomes, qui émettent seulement pour les ruraux, dans leur langue et couvrant l'ensemble. de leurs besoins en information et en distractions, il n'en existe pratiquement pas dans les pays ACP.
Un point commun : le manqué de moyens. Moyens matériels pour enregistrer et diffuser mais aussi moyens logistiques pour aller chercher l'information là où ces journalistes, généralement passionnés, trouvent vraiment leur place : le monde rural.
C'est avec la collaboration du CIERRO, le Centre Interafricain d'Etudes en Radio Rurale de Ouagadougou et du GRET (Groupe de Recherches et d'Echanges Technologiques) à Paris, que le CTA a réuni du 15 au 18 mai dernier, des représentants de 18 radios des pays ACP dans la capitale Burkinabé.
Il s'agissait pour le CTA de mieux identifier les contraintes qui pèsent sur la diffusion de l'information scientifique et technique dans les radios et de jeter les bases d'un programme d'action.
D'après les témoignages des praticiens recueillis au cours de ces journées, les radios rurales, qui font pourtant l'objet de tant de colloques et de rapports, se trouvent bien souvent démunies, principalement en matière d'information scientifique et technique.
Plus souvent mis sur le devant de la scène qu'aidés en profondeur, les journalistes et animateurs des radios rurales sont jalousés, souvent marginalisés et, ce qui est plus grave, coupés du monde. Le terrain, c'est leur principale source d'information 'scientifique et technique'. Les centres nationaux de documentation sont inaccessibles ou démunis, la communication avec les communautés scientifiques et techniques nationales est peu efficace, les livres et les magazines spécialisés sont absents des salles de rédaction, c'est ce qui ressort, en condensé, de leurs récits. Certains, qui ont encore quelques moyens pour aller sur le terrain, ont au moins la ressource de recueillir sur le vif le témoignage et le savoir des paysans. Mais, même si leur cher public est aussi leur source d'information préférée, les journalistes et animateurs des radios rurales sont également avides d'ouverture sur l'extérieur. Mais, là aussi, c'est souvent le silence. A l'unanimité, les représentants des 18 pays ont clairement indiqué que malgré l'existence de plusieurs services internationaux d'information, leurs besoins étaient loin d'être satisfaits. La demande d''accessibilité aux sources d'information' est d'ailleurs la première des résolutions finales.
Ainsi privées de terrain et souvent coupées du monde de la recherche, il ne reste plus aux radios rurales qu'à jouer un seul des rôles qui sont les leurs : servir de courroie de transmission des services agricoles vers les paysans. Cette tâche, lorsqu'elle est unique, leur paraissait insuffisante. Les journalistes veulent bien participer aux campagnes de sensibilisation pour les grandes causes -environnement, hygiène, enseignement, etc- et même contribuer à la diffusion des thèmes techniques définis par les services de l'agriculture. Militants pour la cause de leur auditoire et celle du développement, ils veulent aussi être des journalistes à part entière, faire de la véritable information, actuelle, vivante, utile. Ils ont souhaité que des sessions de recyclage soient organisées à cette fin.
Même si l'une des résolutions demande que l'on fournisse des postes de radio moins chers aux paysans pour augmenter leur impact, ces journalistes savent que c'est le contenu qu'ils pourront donner à leurs émissions qui en fera l'audience.
Or, pour enrichir le contenu, il leur faut rompre leur isolement. C'est pourquoi ils ont massivement demandé à être tenus au courant de l'actualité scientifique, technique et économique dans le monde, à recevoir à temps les dépêches sur les prix et les marchés des produits, la météo et les alertes sur les ravageurs, à échanger leurs reportages et leur expérience avec leurs collègues des autres pays.
En bonne place dans les résolutions finales, le séminaire a demandé aussi que soit mis en place un système d'échanges de programmes entre les radios rurales. Sud-Sud et Nord-Sud, les circuits d'information 'terrain' et 'labo', 'magnétique' et 'papier', doivent se multiplier et fonctionner le Plus librement possible. Dans les pays industrialisés, le journalisme, c'est l'art des choix. Dans les pays en développement, c'est celui d'informer avec 'les moyens du bord'. Le CTA pensait bien voir s'exprimer un besoin, il a pris la mesure d'une priorité qu'il tentera d'aborder en collaboration avec tous les partenaires concernés par cette activité.
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- CTA Spore (French) [3719]