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dc.contributor.authorGiri, Jacquesen_US
dc.date.accessioned2015-03-19T13:50:01Zen_US
dc.date.available2015-03-19T13:50:01Zen_US
dc.identifier.urihttps://hdl.handle.net/10568/59349en_US
dc.titleLe paysan africain et le marchéen_US
dcterms.abstractSi le riz produit par le cultivateur africain était moins cher que celui en provenance d'Asie, les grands périmètres irrigués rizicoles connaîtraient plus de succès.Le développement des cultures maraîchères, qui se vendent bien, en est la...en_US
dcterms.accessRightsLimited Accessen_US
dcterms.bibliographicCitationGiri, Jacques. 1990. Le paysan africain et le marché. Spore 28. CTA, Wageningen, The Netherlands.en_US
dcterms.descriptionSi le riz produit par le cultivateur africain était moins cher que celui en provenance d'Asie, les grands périmètres irrigués rizicoles connaîtraient plus de succès. Le développement des cultures maraîchères, qui se vendent bien, en est la preuve. Ce n'est pas la compétence des agriculteurs qui est en cause, mais les conditions du marché. En faisant le bilan des cultures irriguées dans le Sahel au cours des années 80, deux faits m'ont troublé. Tout d'abord l'échec des aménagements financés à grands frais par les agences d'aide. Celles-ci ont consacré des fonds considérables à l'aménagement des bassins fluviaux, à la création et à la réhabilitation de périmètres irrigués destinés à produire essentiellement du riz. Ces réalisations répondaient à la demande des gouvernements sahéliens, soucieux de voir leurs pays atteindre «l'auto-suffisance alimentaire». Et c'est le contraire qui s'est produit : le Sahel produisait il y a dix ans à peu près 50 du riz qu'il consommait; aujourd'hui, il en produit moins de 30 %. Parallèlement, de petits périmètres irrigués se sont développés en grand nombre, consacrés aux cultures maraîchères, essentiellement carottes, tomates, choux, courgettes, salades,à l'initiative de paysans, citadins, anciens émigrés de retour dans leur pays. Ils ont investi leurs économies dans ces périmètres et les ont créés avec les moyens du bord. Ils prospèrent et marquent le paysage de leur vitalité. Les parcelles vertes tranchent dans la sécheresse du paysage. D'un côté beaucoup d'efforts sont dépensés sur des projets élaborés avec des résultats inégaux. Et de l'autre, des initiatives spontanées, parfois maladroites, sont souvent couronnées de succès. Pourquoi ? L'explication me paraît claire. Les habitudes alimentaires changent, les jeunes commencent à bouder la bouillie de mil, la semoule de manioc, les citadins consomment plus de légumes qu'autre fois, la demande en produits maraîchers croît... et des entrepreneurs ingénieux s'emploient à la satisfaire. Ils n'ont rien à craindre de la concurrence car la géographie les protège : les haricots et les courgettes du sud de l'Europe arriveraient à un prix beaucoup trop élevé pour pouvoir être écoulés sur les marchés de Bamako ou de Niamey. Le riz pourrait bénéficier aussi du changement des habitudes alimentaires. Les citadins et les ruraux en consomment de plus en plus - il se cuit facilement et vite et s'agrémente de nombreuses sauces - et délaissent le mil et le sorgho qui ont nourri leurs ancêtres. Mais les malheureux producteurs de riz n'ont pas la chance des producteurs de légumes. Le riz voyage très bien et le coût du transport est bas. Le riz de Thaïlande arrive sur les bords du Niger moins cher que le riz produit sur place. Pas d'industrie au service de l'agriculture Les gouvernements africains ne peuvent pas, comme dans les pays développés, taxer les industriels pour subventionner les agriculteurs. Ils ne peuvent même pas taxer de façon dissuasive les importations de riz... un pays voisin plus laxiste se chargerait alors de le réceptionner et de le réexporter clandestinement. Résultat : les paysans produisent du riz pour leur propre consommation, ils en expédient un peu à leurs cousins installés en ville... et en livrent éventuellement à l'office de commercialisation. A condition que ce dernier propose un prix correct et qu'il ait de l'argent pour payer 1 Mais ils ne déploient pas d'efforts pour se placer sur un marché où ils ne sont pas compétitifs. C'est ainsi que les importations de riz augmentent et que l'auto-suffisance alimentaire recule. Riz contre légumes, la bataille est inégale. Les gens mangent et mangeront infiniment plus de riz que de tomates, radis, carottes. Ainsi, les balances commerciales des pays africains sont de plus en plus déficitaires et une grande partie de l'aide sert désormais à boucher les trous des budgets. Donc à faire vivre l'Afrique et non à investir pour préparer l'avenir. Dans ces conditions, comment parler de développement ? Hors de la parité des monnaies, point de développement Vitupérer contre le marché international, déplorer que la Thaïlande produise du riz et la Malaisie du cacao à meilleur compte que l'Afrique, est de rigueur aujourd'hui. Mais tout cela est du domaine de l'incantation. L'Afrique n'est, en réalité, plus adaptée au marché mondial. Elle n'y occupe plus qu'une position marginale alors qu'elle est de plus en plus envahie par les produits des autres continents. A cela un seul remède : adapter la parité des monnaies pour rendre les importations plus chères et faciliter les exportations. La modification du taux de change une baguette magique ? Certainement pas. Une dévaluation doit être réussie. Si c'est le cas, cela veut dire que le riz importé sera plus cher, mais aussi les biens de luxe. Cela veut dire que des changements profonds doivent intervenir dans les rapports entre groupes sociaux. Les sociétés africaines sont-elles prêtes à les accepter ? Si oui, alors le continent pourra sortir de la crise actuelle et trouver sa voie vers le développement. Si non, le changement de parité ne sera que rides à la surface de l'eau. Les opinions émises dans cette tribune libre n'engagent que leurs auteurs. Elles ne sauraient être attribuées au CTA.en_US
dcterms.isPartOfSporeen_US
dcterms.issued1990en_US
dcterms.languagefren_US
dcterms.publisherTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperationen_US
dcterms.typeNews Itemen_US
cg.placeWageningen, The Netherlandsen_US
cg.howPublishedFormally Publisheden_US
cg.journalSporeen_US
cg.issn1011-0046en_US
cg.number28en_US


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