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dc.contributor.authorTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperation
dc.date.accessioned2015-03-19T14:19:02Z
dc.date.available2015-03-19T14:19:02Z
dc.date.issued2004en_US
dc.identifier.citationCTA. 2004. Le coton génétiquement modifié arrive en force en Afrique de l’Ouest. Programme de radio rurale 04/5. CTA, Wageningen, The Netherlands.en_US
dc.identifier.urihttps://hdl.handle.net/10568/59534
dc.descriptionLe coton génétiquement modifié arrive en force en Afrique de l’Ouest CHAPEAU : Les compagnies d’agrochimie les plus importantes dans le monde, notamment Monsanto et Syngenta, s’empressent d’introduire en Afrique de l’Ouest, les cultures génétiquement modifiées, à commencer par le coton. La controverse qui fait rage en Europe à propos des OGM s’est donc maintenant étendue à l’Afrique. Un reportage de Crépin Hilaire Dadjo a Ouagadougou. DUREE DE LA BANDE : 10’17 Studio Le Burkina Faso a été le premier pays d’Afrique de l’Ouest a introduire des essais de culture de coton trans-génique. Ces premiers semis « en champ isolé » ont été effectués en fin juin 2003 sur deux stations de recherche de l’INERA, l’Institut National de l’Environnement et de Recherche Agricole. D’après les scientifiques de l’INERA les essais devront prouver la viabilité du coton « Bacillus thuringiensis » plus communément appelé coton BT mis au point par Monsanto et sa capacité à s’auto-protéger contre les chenilles qui compromettent chaque année environ 50 % de la production locale. Les avantages sont donc considérables comme l’affirme le Dr Roger Zangré, phyto-généticien à l’INERA. Zangré Si je prends le cas du coton par exemple ou les paysans souffrent en matière de traitements, les traitements à faire sur le cotonnier, si on leur présente du coton qui lutte lui-même contre les insectes, c’est sûr que les paysans vont être vraiment intéressés. Dadjo Je sais qu’il y a des essais, ce n’est plus un secret aujourd’hui, Monsanto je pense, est en train de faire des recherches, enfin des tests avec nos chercheurs ici à Fada et à Farako-ba si je ne m’abuse, alors est-ce qu’on peut déjà avoir une idée sur les résultats de ces tests là ? Zangré Il faut dire que ce n’est pas Monsanto seulement… Je vous informe qu’il y a Syngenta aussi qui ont commencé en même temps en 2003 sur le coton BT et chacun avec sa semence mais il faut dire que c’est nous, c’est la recherche qui a voulu anticiper cette manière de voir les choses en matière d’OGM. Parce qu’on s’est dit que si on n’était pas dans le bain des OGM, nous allons être très en retard étant donné que le monde évolue dans ce sens là. Dadjo Mais quel bilan rapide on peut faire par rapport à ce qui a été fait jusque là ? Zangré Sur le plan de la résistance aux insectes, il y a des tendances qui sont vraiment intéressantes. Les principaux insectes pour lequel ce cotonnier a été fabriqué montre que ce cotonnier est résistant aux principaux insectes au niveau du Burkina. Je crois qu’à ce niveau là, en attendant de voir venir les résultats définitifs, les tendances sont vraiment bonnes. Dadjo Là vous travaillez a l’ANVAR qui est l’Agence de Valorisation des Résultats de la Recherche, alors je me dis que vous avez quand même un pied avec le monde des producteurs, des paysans, alors d’après ce que vous voyiez, vous pensez que cela peut intéresser les paysans en terme de gains observables par eux ? Zangré Oui bon puisque nous sommes pour le moment en train d’expérimenter ce cotonnier en milieu confiné et nous avons invité pas mal de producteurs, surtout les producteurs cotonniers, à visiter ces essais. Et déjà en voyant l’aspect végétatif du cotonnier par rapport au cotonnier qui ne contient pas d’OGM, qui n’est pas traité non plus. Om voit qu’il y a une différence énorme. Donc déjà les paysans peuvent, même en comptant le nombre de boutons floraux, le nombre de capsules, déjà supposer que nous pouvons avoir des rendements. Mais je tiens à vous dire que le cotonnier que nous expérimentons là, ce n’est pas celui ci qui va être cultivé au Burkina. Nous avons expérimenté ce cotonnier là pour voir si le gène qu’il contient, est vraiment un gène qui résiste aux insectes. S’il s’avère que ce gène est résistant aux insectes et que sur le plan des impacts sur la santé humaine et sur l’environnement, il n’y a pas de risques, nous allons introduire ce gène dans notre propre cotonnier et c’est après avoir introduit ce gène dans notre propre cotonnier que nous allons l’expérimenter et après l’avoir expérimenté que nous allons maintenant présenter les résultats aux autorités et les décisions vont être prises. Dadjo Tout cela peut avoir lieu dans combien d’années ? Zangré Moi je me dis que d’ici 6 ans, 7 ans comme ça. Donc c’est pas quelque chose de tout de suite, c’est pas immédiat. Dadjo Docteur Zangré, vous êtes un scientifique pur mais je ne peux pas occulter cette question : On sait que déjà Monsanto et Syngenta, c’est des grosses entreprises commerciales, alors cet aspect on va dire commercial là, comment est ce que vous le gérez ? Zangré Ça c’est vrai car tout le monde sait que ceux qui fabriquent les semences OGM ne vont pas donner ces semences gratuitement. Donc les inquiétudes sont justifiées et je crois que déjà on y pense. Il va falloir que nous puissions mettre en place des conventions pour que toutes les parties prenantes soient … aient l’usufruit de ces semences là, étant donné que notre propre varié va contribuer de cette OGM là. Donc ça risque d’être fifty-fifty : nous avons notre variété, ils ont leur gène donc au moment opportun, les débats seront vraiment faciles à mener. Dadjo Ce que je vais poser comme dernière question, ça concerne quand même un rapport de la FAO qui est tombé, il n’y a pas très longtemps, qui semble aller dans le sens des OGM, en tous cas pour les pays démunis. Alors est-ce que ça vous conforte plutôt … ? Zangré Oui parce qu vous savez, hein, les OGM là, c’est une découverte scientifique majeure. A l’heure actuelle, c’est à dire au niveau des espèces, ce qui est positif dans une espèce donnée n’était pas nécessairement transféré dans une autre espèce qui peut produire vraiment des biens et des services pour, au bénéfice de l’homme. Actuellement avec la transgénèse et les OGM, ça peut être fait. Donc je crois que l’avenir là, parce que quand on lit l’évolution des cultures et des hectares des Organismes Génétiquement Modifiés dans le monde, on voit que chaque année ça progresse de 10% donc même si vous vous voilez la face, ça va venir un jour. Je crois que la FAO nous a confortés qu’il faut nécessairement que nous développions nos capacités, nos propres capacités de recherche en la matière pour pouvoir maîtriser. Faut pas aller à l’aventure dans les OGM, il faut aller dans les OGM en connaissance de cause, ce qui suppose que nous développions nos capacités sur le plan de la formation et sur le plan des équipements de laboratoire et des infrastructures. Studio Pour les autorités burkina-bé, le coton OGM est donc une solution d’avenir pour assurer une meilleure compétitivité sur le marché international. Pourtant d’autres scientifiques et pas mal de producteurs s’inquiètent. C’est le cas du professeur Jean Didier Zongo, professeur titulaire de génétique a l’Université de Ouagadougou, également président d’une organisation de veille face aux OGM. Pour lui il est urgent d’attendre. Zongo Il faut y aller avec un certain nombre de précautions. A savoir donc appliquer le principe de précaution qui consiste en fait à aller très prudemment, à savoir où on pose les pieds parce que une faute commise ne peut pas se réparer c’est à dire qu’une fois qu’on sera avancé, on ne pourra pas faire demi-tour. Je pense qu’il y a déjà des cas en Amérique Latine, notamment en Argentine et au Brésil où ils ont posé les premiers pas et à l’heure actuelle ils se rendent compte qu’ils ne peuvent pas faire demi-tour. Dadjo Vous pensez à quoi en particulier dans ces pays que vous avez cité ? A quelle plante ? Zongo Il s’agit du soja. Dadjo La conséquence catastrophique pour ainsi dire, quelle est-elle ? Zongo La conséquence catastrophique c’est que nous avons les gènes qui passent dans la nature et ces gènes étant dans la nature, on a de sérieux problèmes, on ne peut plus les récupérer. Et ce qu’il y a c’est que dans l’état actuel on ne sait pas exactement quelle vont être les conséquences de ces gènes dans la nature. Et j’aime prendre comme exemple le cas du gène « Terminator » qui est un gène qui stérilise les plantes. Imaginez que ce gène là passe dans la nature, vous voyez ce que ça peut faire comme conséquence. Dadjo Pour en revenir à un pays sahélien comme le Burkina Faso, est ce que techniquement nous sommes prêts pour accueillir les OGM, en tous cas le coton OGM ? Zongo Pour ce qui est du coton OGM, il faut se dire une chose, c’est qu’est ce que va nous apporter le coton OGM ? A l’heure actuelle, nous avons notre coton qui selon les dires des producteurs, selon les dires des autorités, est très apprécié à l’échelle internationale, sur le marché international, alors qu’est ce que nous allons apporter ? Quand on parle donc du problème des insecticides, c’est vrai qu’il y a économie d’insecticides mais là également il faut regarder les choses à l’échelle normale : Quand on sait que le paysan, il traite une fois, deux fois au plus son coton, quelle est l’économie qu’il va faire ? Parce que l’économie aux Etats Unis, en Inde et ainsi de suite, ce sont des gens qui traitent une dizaine de fois, une quinzaine de fois leur coton dans l’année. Là on sent qu’il y a effectivement une économie. Donc au niveau de notre pays, il y a lieu de voir comment améliorer notre coton local, comment le cultiver, surtout qu’il est très apprécié et puis maintenant voir concrètement comment trouver des solutions aux différents problèmes qui se posent et ne pas aller aux OGM alors que les OGM, nous ne les maîtrisons pas. Nous allons donc dépendre totalement des firmes internationales quant à ce qui est de la semence, qui est du gène et ainsi de suite. Ça ne va faire qu’accroître notre dépendance, qu’accroître notre pauvreté. Dadjo Je crois savoir que pour les semences, ce n’est pas ce qui s’observe actuellement c’est à dire chaque fois c’est les firmes qui vont fournir les semences et que les paysans vont semer. Est-ce que vous pouvez revenir sur ça ? Techniquement, comment est-ce que ça se passe ? Zongo Techniquement ce qui se passe c’est que quand une variété est mise au point, une variété OGM est mise au point, c’est la propriété … il y a un brevet qui est déposé et ce brevet couvre le gène, Ça veut dire donc que toute personne qui va acheter cette semence doit payer des royalties au propriétaire du gène qui est donc la firme internationale. Ça veut dire concrètement que chaque fois que chaque fois que les paysans vont acheter chacune des semences, chaque grain, il y aura en fait des royalties à payer et également ce qui est encore plus grave c’est que le paysan n’a plus le droit de produire sa propre semence. Ça veut dire que si l’année prochaine il veut de la semence, il est obligé de retourner à cette firme là. S’il utilise sa propre semence, il sera poursuivi et condamnable.en_US
dc.description.abstractLes compagnies d’agrochimie les plus importantes dans le monde, notamment Monsanto et Syngenta, s’empressent d’introduire en Afrique de l’Ouest, les cultures génétiquement modifiées, à commencer par le coton.en_US
dc.language.isofren_US
dc.publisherCTAen_US
dc.relation.ispartofseriesProgramme de radio rurale 04/5, Radio Ruraleen_US
dc.titleLe coton génétiquement modifié arrive en force en Afrique de l’Ouesten_US
dc.typeAudioen_US
cg.subject.ctaPRODUCTION ET PROTECTION VÉGÉTALEen_US
cg.identifier.statusOpen Accessen_US
cg.contributor.affiliationTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperation
cg.placeWageningen, The Netherlandsen_US
cg.coverage.regionAFRICAen_US


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