| dcterms.description | Bonnes pratiques d’apiculture
CHAPEAU
Selon certains, l’apiculture est un art, pour d’autres c’est une science mais c’est avant tout une pratique agricole qui exige des connaissances, des outils particuliers et des contrôles réguliers de la ruche. Ceci forme un ensemble de bonnes pratiques qui permettent une bonne récolte de miel et un rucher bien géré. Mais comme il s’agit de gérer une récolte produite par des insectes vivants dont les piqûres peuvent être redoutables, l’apiculteur doit d’abord se protéger, comme l’explique Monsieur Kokoyé Sénou, ingénieur agronome, secrétaire général de l’Association des apiculteurs d’Afrique de l’Ouest au micro d’Euloge Aidasso.
COMMENCEMENT DE LA BANDE: « Nous avons ce qu’on appelle … »
FIN DE LA BANDE : « …Vous maîtrisez l’essaimage.»
DURÉE DE LA BANDE : 8’27
ANNONCE DE FIN: Cette émission vous était proposée par le CTA.
Transcription
Kokoyé Senou Nous avons ce qu’on appelle la combinaison quiest en tissu de coton et qui peut avoir la couleur blanche ou la couleur kaki, enfin une couleur neutre qui ne se rapproche pas de la couleur des fleurs et qui n’attire pas davantage les abeilles.
Aidasso C’est forcément en coton ?
Kokoyé Senou Oui c’est forcément en coton parce que là les abeilles, quand elles mettent le dard donc dans le coton, rapidement c’est récupéré et ça protège dans une certaine mesure l’apiculteur qui fait les manipulations.
Aidasso On porte forcément des gants ?
Kokoyé Senou Ça dépend de l’habileté de l’apiculteur : si vous êtes très habitué à la pratique apicole, vous pouvez opérer au niveau de vos ruchers sans porter de gants. C’est d’ailleurs conseillé de ne pas porter de gants parce que là vous avez la facilité pour manipuler alors que quand vous avez des gants, les mains deviennent beaucoup plus épaisses et vous n’arrivez pas … Mais pour les débutants on leur conseille quand même de porter des gants.
Aidasso Et dans ce cas dans quel matériau ?
Kokoyé Senou Euh … bon … de façon standard comme vous savez, nous sommes en Afrique …c’est ce que nous trouvons que nous utilisons : il y a des types de gants qu’on trouve en quincaillerie qui sont assez épais et qui sont aussi assez malléables et je crois que c’est ce type de gants …Mais les gants en matériel synthétique, on les déconseille souvent.
Aidasso Nous allons parler maintenant de l’enfumoir. L’enfumoir, pourquoi ?
Kokoyé Senou Disons que généralement, quand les abeilles sentent l’approche d’un danger au niveau de la ruche, en fonction donc de leur organisation sociale, ce sont les ouvrières qui sont souvent sur la défensive et dès qu’elles sentent un danger s’approcher, elles réagissent. Alors l’enfumoir permet donc d’envoyer des bouffées, d’envoyer de la fumée mais surtout de la fumée douce dans les ruches ; à force d’envoyer ces fumées, quelques minutes donc avant de commencer les ouvertures, les abeilles sentent l’approche d’un danger et s’il y a des réserves de miel dans la ruche, elles en consomment, elles deviennent lourdes, surtout les ouvrières qui gardent les entrées de la ruche, et à ce moment-là vous pouvez facilement faire les manipulations au niveau de votre rucher. Donc vraiment le rôle de la fumée c’est d’apaiser …
Aidasso Alors quel combustible utiliser ?
Kokoyé Senou Bon, ici nous recommandons souvent la sciure de bois et la bouse de vache.
Aidasso Et la fumée est constante ?
Kokoyé Senou Oui, il y a le soufflet qui est collé à une petite boite en tôle et on agit donc sur le soufflet et ça permet de sortir la fumée par une petite ouverture ; on introduit cette fumée donc par les trous de vols.
Aidasso Est-ce que l’inspection se fait comme cela se doit ?
Kokoyé Senou Oui, en pratique apicole améliorée, il est recommandé donc aux apiculteurs de faire des suivis de quinzaine et des suivis mensuels et c’est au cours de ces suivis qu’ils contrôlent le développement de la colonie pour voir un peu si les ouvrières sont en train de pondre régulièrement, si la colonie est forte, si … parce qu'en fonction de la répartition spatiale des œufs au niveau du couvain, vous pouvez vous rendre compte si vous avez une reine vieille ou une reine qui a quand même assez de vigueur puisque c’est la santé de la reine qui détermine la capacité de production de la colonie. Si vous constatez que les pontes ne progressent pas ou bien que la fabrication des alvéoles au niveau des rayons n’a pas progressé entre deux inspections, surtout en période de préparation pour l’essaimage, ça veut dire que vous avez une reine quand même qui n’est pas assez performante et ça peut vous amener à prendre la décision de remplacer la reine. Ou alors vous avez une colonie qui s’est totalement affaiblie et vous pouvez prendre à ce moment, grâce aux inspections, la décision de capturer une autre colonie et de faire le mélange des colonies pour pouvoir renforcer la vôtre. Donc l’inspection permet vraiment de prendre une décision pour une bonne gestion du rucher.
Aidasso Et l’inspection doit se faire le matin ou bien le soir ?
Kokoyé Senou Euh … ça dépend… soit c’est tôt le matin ou le soir au coucher du soleil, c’est ce que nous recommandons …
Aidasso Le meilleur moment c’est ?
Kokoyé Senou Tôt le matin.
Aidasso Parce que ?
Kokoyé Senou Oui, tôt le matin parce que là vous avez encore… la température qui est relativement supportable pour les abeilles et puis vous avez quand même le départ des ouvrières très tôt le matin pour aller collecter le nectar et le pollen, ce qui fait donc que la population au niveau de la ruche commence déjà par diminuer sensiblement.
Aidasso A quelle fréquence ?
Kokoyé Senou Euh… Nous, nous recommandons deux types d’inspection. Il y a les inspections qui se font par quinzaine, c’est pour les observations autour de la ruche, pour voir un peu le comportement des abeilles au niveau des trous de vol. Et bien à ce moment-là, vous ne touchez, vous n’ouvrez pas la ruche. Mais pour ouvrir et contrôler le développement, faire les observations internes, nous recommandons une fois par mois.
Aidasso A ce qu’il paraît, il faut des registres d’inspection, pourquoi ?
Kokoyé Senou Ça vous permet de suivre le développement de la colonie et de faire des projections par rapport à votre production. Mais en apiculture semi-améliorée telle qu’on la vit dans les conditions de notre pays ou en Afrique au sud du Sahara, ces registres d’inspection ne sont pas tenus de façon rigoureuse. Mais ce qu’on a tenté de faire c’est d’introduire des fiches de suivi de ruchers au niveau donc des groupements de producteurs. Alors au niveau de ces fiches, il y a un code et avec ce code, ça permet d’enregistrer un certain nombre d’informations qui permettent donc de prendre la décision par rapport à la ruche.
Aidasso Comment contrôler l’essaimage ?
Kokoyé Senou Alors pour ce qui concerne l’essaimage, il faut dire que l’abeille africaine, par excellence, est une abeille « essaimeuse ». Elle est capricieuse et dès lors qu’il y a quelques perturbations au niveau du rucher, l’abeille a souvent tendance à essaimer. Alors pour contrôler l’essaimage, comme je l’ai dit, on recommande les visites de quinzaine et surtout les visites mensuelles qui permettent donc de contrôler l’essaimage parce que si vous avez une ruche qui est pleine et où il n’y a pas d’espace pour que la colonie continue de se développer, il faut prélever le surplus et le mettre dans une autre ruche. Sinon, faute d’espace, vous allez perdre une partie de la population de la ruche et ça va essaimer. Soit vous récupérez ça au niveau de votre rucher ou ça s’en va très loin et vous y perdez, c’est un autre qui récupère.
Aidasso On peut faire une division de la colonie ou bien un essaimage artificiel?
Kokoyé Senou Vous pouvez faire l’essaimage artificiel…
Aidasso Comment ça se fait l’essaimage artificiel?
Kokoyé Senou C’est une forme de division mais que vous organisez c’est-à-dire que vous mettez une « ruchette » en face donc de votre ruche, vous prélevez une partie des abeilles de votre ruche que vous mettez dans la ruchette et comme ça la colonie se divise et là vous avez la division ; mais il y a d’autres techniques que l’on utilise et quand vous avez surtout les ruches à cadres, et que vous faites les séparations au niveau donc du corps de la ruche, entre la chambre à couvain, comme on l’appelle, et à ce moment vous arrivez à séparer la colonie en deux parties, en utilisant des papiers transparents, tout le matériel technique qu’il vous faut pour pouvoir subdiviser donc la colonie.
Aidasso Et là vous maîtrisez l’essaimage ?
Kokoyé Senou Vous maîtrisez l’essaimage. Fin de la bande. | en_US |