| dcterms.description | Malgré des potentialités certaines, la cinquième région du Mali, autour de Mopti, ne peut développer durablement à la fois son agriculture, son élevage et sa pêche en continuant à ignorer les limites du milieu naturel et humain. Une étude prospective propose deux scénarios de développement durable pour cette zone.
La présence du Delta intérieur du fleuve Niger est une chance pour la cinquième région du Mali. Moins défavorisée que d'autres, cette zone autour
de Mopti n'en présente pas moins tous les traits caractéristiques du sous-développement. En dix ans, de 1977 à 1987, l'ensemble de la production agricole y a régressé, en valeur monétaire, de quelque 60 % par rapport à la moyenne des trente années précédentes. Le secteur agricole au sens strict, plus que l'élevage ou la pêche, a souffert de ce recul.
Mais les grandes perdantes de la décennie sont les ressources naturelles soumises à trop forte pression en raison de pluies irrégulières et de crues de plus en plus faibles à partir de 1972. Les sols s'épuisent, les pâturages se dégradent, les arbres souffrent...
Cette situation n'est pourtant pas une fata lité. 'La réalisation de systèmes de production durables, capables de restaurer l'équilibre rompu et d'élever le niveau de productivité, est du domaine du possible' estime une étude prospective menée conjointement par le Centre de Recherches Agrobiologiques (CABO) de Wageningen, aux Pays-Bas, et une équipe pluridisciplinaire basée au Mali.
Après avoir dressé un bilan des plus circonstanciés des activités culturale, pastorale et halieutique, cette étude intitulée 'Compétition pour des ressources limitées : le cas de la cinquième région' explore le champ du possible. Elle évite le travers des projets de développement antérieurs, souvent partiaux, qui ne prenaient pas en compte la concurrence de plus en plus vive entre les divers utilisateurs de ces ressources limitées. Les conflits entre éleveurs et cultivateurs pour la maîtrise de l'espace en sont une illustration.
Deux scénarios de développement durable sont donc proposés, assortis de plusieurs variantes. L'un, plus risqué, vise un revenu total brut maximal de la région de 66,7 milliards de FCFA avec une émigration autorisée de 250 000 personnes. Il accepte, en année sèche, un sérieux déficit en céréales et un nombre important d'animaux menacés. Plus prudent, le second scénario fixe un revenu total brut de la région de 32,5 milliards de FCFA. Les migrations ne concernent au plus que 50 000 personnes. Dans ce cas de figure, même en période de sécheresse, l'auto-suffisance alimentaire est assurée.
L'originalité de la démarche est d'avoir raisonné sur une situation globale à partir d'une vingtaine d'objectifs variables. L'étudene constitue pas un catalogue de recettes mais fournit à l'Etat et aux bailleurs de fonds les éléments d'une réflexion globale susceptibles d'éclairer leurs choix en développant leurs conséquences.
Il appartiendra ensuite aux politiques de trancher, de choisir telle ou telle voie en toute connaissance de cause : par exemple, de protéger ou non telle zone, d'augmenter ou pas le prix des produits agricoles, etc. Mais en dernier ressort, il leur faudra emporter l'adhésion des populations rurales sans laquelle le meilleur et le plus cohérent des programmes restera lettre morte.
Pour en savoir plus : L'étude 'Compétition pour des ressources limitées : le cas de la cinquième région du Mali' s'articule en quatre rapports
-Ressources naturelles et population de S. Cissé et P.A. Gosseye, -Productions végétales, animales
et halieutiques de N. Van Duivenbooden et P.A. Gosseye,
Description formelle du modèle d'optimisation Mali 5 de F.R. Veeneklaas, - Scénarios de développement
de F.R. Veeneklaas, S. Cissé, P.A. Gosseye, N. van Duivenbooden et H. van Keulen. Centre de Recherches Agrobiologiques (CABO) Wageningen. PAYS-BAS. Etude sur les systèmes de productions rurales en 5 ème région (ESPR) - Mopti - MALI | en_US |