Show simple item record

dc.contributor.authorTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperationen_US
dc.date.accessioned2015-03-23T11:06:09Zen_US
dc.date.available2015-03-23T11:06:09Zen_US
dc.identifier.urihttps://hdl.handle.net/10568/60198en_US
dc.titleEpices : relancer la consommation intérieureen_US
dcterms.abstractPrix élevés, faibles volumes sur les marchés : les épices réunissent les qualités idéales des cultures de rente. Cependant, l’offre de la plupart des grandes épices utilisées dans le monde est aujourd’hui fortement excédentaire. On...en_US
dcterms.accessRightsLimited Accessen_US
dcterms.bibliographicCitationCTA. 1992. Epices : relancer la consommation intérieure. Spore 42. CTA, Wageningen, The Netherlands.en_US
dcterms.descriptionPrix élevés, faibles volumes sur les marchés : les épices réunissent les qualités idéales des cultures de rente. Cependant, l’offre de la plupart des grandes épices utilisées dans le monde est aujourd’hui fortement excédentaire. On estime ainsi qu’en 1990, Madagascar détenait à elle seule des stocks de vanille suffisants pour faire face à la consommation mondiale pendant trois ans. Cette tendance a entraîné une crise des prix à l’exportation et les producteurs s’efforcent désormais de répondre aux exigences de la demande intérieure et se tournent vers des produits dont les caractéristiques de qualité sont associées à un pays d’origine donné. Le poivre noir, Piper nigrum,est aujourd’hui l’épice la plus commercialisée au monde. Il a une longue histoire et l’on a pu établir qu’il était déjà cultivé 3000 ans avant notre ère et utilisé alors pour la conservation et l’assaisonnement de la viande. Sa valeur reste élevée par rapport à celle d’autres épices mais son cours ne cesse de baisser et est à son niveau le plus bas jamais enregistré. Il y a trois ans, le poivre noir se vendait 2428 dollars la tonne sur le marché américain. En 1991, son cours avait presque diminué de moitié et au milieu de l’année 1992, il avait encore baissé et se situait au dessous de la barre des 1000 dollars la tonne. La chute des cours sur les marchés mondiaux d’une matière première agricole principalement cultivée dans des pays d’Asie et d’Amérique Latine semble a priori n’avoir que peu d’influence sur les pays ACP. Pourtant, s’il n’a qu’un poids relativement faible en termes économiques bruts, le poivre noir revêt une importance considérable dans de nombreux pays petits producteurs, comme le Kenya et Madagascar, ainsi que pour des producteurs individuels qui le cultivent à petite échelle dans toute la ceinture tropicale pour la consommation locale. En outre, le clou de girofle, la vanille, la cardamone et, dans certaines régions le gingembre, subissent actuellement le même sort que le poivre. Une chute vertigineuse - des cours Mais les acheteurs sont prêts à payer cher les caractéristiques spécifiques à un pays d’origine. Le gingembre jamaïquain, Zingiber officinale, par exemple, se vendait 4,95 dollars la livre sur le marché américain au début de l’année 1992, alors que le gingembre nigérian, moins prisé, se négociait à 0,54 dollars la livre. Ainsi, le secteur offre des débouchés réels aux producteurs capables de fournir un produit de qualité avec les caractéristiques spécifiques demandées. La production d’épices n’exigeant pas nécessairement une technologie de pointe, des investissements lourds ou des processus de production complexes, même les plus petits producteurs situés dans des régions isolées peuvent se mettre sur les rangs. Pourquoi une chute des cours aussi spectaculaire ? Les réponses varient en fonction des épices mais la principale raison est que le potentiel de croissance du marché des épices a été pleinement exploité au cours des années 60 et 70. Ensuite, les cours demeurant élevés, de nouveaux producteurs, souvent soucieux de diversifier leurs cultures, ont été attirés par les épices. Les pouvoirs publics des différents pays, pressés par leurs besoins en devises, n’ont rien fait pour les en dissuader. Les cours élevés du milieu des années 80 ont encouragé de nouvelles plantations de poivriers dans de nombreux pays. Ces arbrisseaux atteignent aujourd’hui leur rendement maximal et fournissent plus de poivre que les consommateurs ne peuvent en absorber. De l’engouement à la désillusion Le marché du clou de girofle, Syzygium aromaticum, souffre également d’une surproduction. Le prix du marché des matières premières de New-York pour le clou de girofle en provenance de Madagascar ou de Tanzanie est tombé à 0,80 dollar la livre en mars 1992, alors qu’il y a dix ans, il dépassait 5 dollars la livre. Car l’Indonésie, qui importait autrefois des quantités considérables de cette épice pour la fabrication de ses cigarettes « Kretek » est maintenant non seulement autosuffisante, mais dispose en outre d’importants excédents. D’après les estimations, l’industrie de la cigarette dans ce pays consomme entre 80 000 et 90 000 tonnes de clou de girofle par an. La nouvelle situation représente donc un manque à gagner considérable pour les pays traditionnellement producteurs qui n’ont aucun espoir de vendre de telles quantités ailleurs. L’Inde et l’Arabie Saoudite offrent des débouchés plus réduits mais les marchés américain et européen sont minuscules et le clou de girofle de Penang y est préféré. Pendant ce temps, à Madagascar, on utilise les girofliers comme bois de chauffe. Le commerce mondial des épices est également affecté par la situation politique internationale. La guerre du Golfe a interrompu les ventes de cardamone, Elettaria cardamomum, au Koweit et à l’Irak, les principaux consommateurs et importateurs de cette épice. L’éclatement de l’Union Soviétique et les bouleversements en Europe de l’Est ont affaibli l’économie de ces pays. Leurs importations d’épices, traditionnellement à partir de l’Inde, ont chuté dramatiquement, d’où une aggravation de la surproduction dans le reste du monde. Comme si les problèmes internationaux ne suffisaient pas, des difficultés nationales ont eu des effets également dévastateurs. La vanille est une denrée importante pour Madagascar : elle y représente 25% des recettes en devises et sa culture emploie quelque 60 000 personnes. Pourtant, croulant sous les stocks d’invendus, certains petits producteurs sont contraints d’arracher leurs vanilliers pour planter du riz afin d’assurer leur subsistance. D’autres échangent simplement leurs gousses de vanille contre quelques litres d’essence, du savon ou des sandales en plastique. Seul un planteur sur dix reçoit le prix officiel pour sa vanille. En 1990, Madagascar a produit 800 tonnes de vanille qui sont venues s’ajouter aux 4000 tonnes d’invendus, de quoi satisfaire les besoins mondiaux pendant 2 à 3 ans. Le trouble-fête indonésien Chaque année, l’organisation des pays producteurs de vanille (Collège de l’Océan Indien), qui regroupe Madagascar, les Comores et la Réunion, négocie un quota global avec les principaux pays importateurs, notamment les Etats-Unis et la France. En 1990, ce quota a été fixé à 744 tonnes pour Madagascar, 155 tonnes pour les Comores et 20 tonnes pour la Réunion. Ce système fonctionne depuis près de 30 ans. En 1990, le prix au kilo de gousses de vanille séchées a été fixé à 74 dollars. Mais l’Indonésie, qui n’est pas membre de ce cartel, vend aujourd’hui la vanille à 50 dollars le kilo et détient déjà 35% du marché américain. Cette pratique a eu l’effet d’une douche glacée sur les pays de l’Océan Indien et on voit difficilement comment Madagascar pourrait relever le défi. Les Comores, tout aussi vulnérables à la concurrence de l’Indonésie, ont adopté une attitude différente de celle de Madagascar et ont supprimé leur office de commercialisation publique. Celui-ci avait été créé afin de protéger le secteur contre les fluctuations des cours mondiaux et du dollar mais s’était révélé peu efficace. $a suppression a été accueillie avec soulagement. Cette mesure, à laquelle s’ajoute la modification de la politique fiscale visant à réduire les taxes à l’exportation de vanille - financée par l’augmentation des taxes sur le tabac importé - comble les voeux des producteurs comoriens. Cependant, elle risque de se traduire par un accroissement de la production alors que le marché est saturé, d’où la probabilité d’une baisse des cours. La vanille des Comores, comme celle des autres petits pays producteurs, l’île Maurice ou certaines îles du Pacifique Sud dont Tonga et Vanuatu, pourrait se maintenir à son cours actuel si les acheteurs étaient convaincus de la qualité du produit. Pour vendre au prix fort, les producteurs doivent donc s’assurer qu’ils respectent les critères de qualité et éviter la surproduction. Ils ne peuvent ignorer les chiffres. En 1990, les importations américaines de vanille malgache ne représentaient plus que 59% du tonnage importé en 1986. Dans le même temps, les importations de vanille indonésienne augmentaient de 57% et celles de vanille comorienne de 20%. Les importations françaises en provenance de Madagascar, des Comores et de la Réunion sont tombées à 43% de leur niveau de 1986 tandis que les importations en provenance d’Indonésie sont passées de 1 tonne en 1986 à 44 tonnes en 1990, soit un peu plus de la moitié du volume total des importations de l’hexagone. Fait rassurant, les producteurs de vanille de très bonne qualité ne sont pas menacés directement par la vanilline, la vanille artificielle. En effet, non seulement la vanilline n’est valable que pour les produits de bas de gamme, mais l’on assiste aujourd’hui à un accroissement de la demande de parfums naturels. Hors de toute justification scientifique, les consommateurs préfèrent souvent le « naturel » à l’artificiel ». Malgré tout, la vanilline et d’autres parfums artificiels couvrent 90% des importations américaines de parfum vanillé. Les fabricants qui veulent seulement apposer l’étiquette « parfum naturel » sur leurs produits, et qui sont peu soucieux de la qualité du parfum utilisent la vanille indonésienne bon marché. L’Indonésie est aujourd’hui le premier producteur mondial de noix de muscade, bien que la Grenade assure 25% des exportations mondiales. Là encore le scénario de la surproduction et de la chute des prix se répète. On a tenté de limiter la production et de freiner la chute des prix et l’Indonésie et la Grenade ont créé une société de marketing en participation avec une société néerlandaise pour coordonner la vente de noix de muscade et de macis au niveau international. Les Pays-Bas sont un grand ré exportateur de noix de muscade. Les exportations de noix de muscade de la Grenade ont baissé de 20% sur la période 1990-1991 tandis que les exportations en provenance d’Indonésie ont doublé. Même si la noix de muscade des Antilles se négocie à un prix jusqu’à quatre fois supérieur à celui de la noix de muscade indonésienne, sa teneur plus élevée en huile rend certains processus de transformation plus difficiles, ce qui réduit les débouchés pour le produit brut. Cependant, la Grenade envisage d’ouvrir une distillerie d’huile de noix de muscade, ce qui pourrait contribuer à résoudre le problème de la surproduction. Des initiatives de commercialisation au niveau local ont permis d’associer les épices à un autre grand secteur de l’économie, le tourisme. La fabrication artisanale de sirop et de confiture de noix de muscade par exemple, ainsi que d’autres produits à base d’épices comme les chutneys et conserves, permet de proposer aux touristes des cadeaux originaux à rapporter de voyage. Mais même si ces entreprises sont louables, elles ne pourront à elles seules résoudre le problème de la surproduction. Reconquérir des marchés Les perspectives pour les épices évoquées ci-dessus ne sont guère encourageantes mais l’avenir semble plus prometteur pour certains autres produits. Situation favorable pour le poivre rouge et le paprika pour lesquels il semble qu’un certain essor soit envisageable : bonne nouvelle donc pour la Papouasie Nouvelle Guinée, grand producteur de ces deux denrées. Quant au marché de la cannelle de Chine et de la cannelle de Ceylan, il se maintient grâce à la demande de boissons au cola, puisque ces épices entrent dans leur fabrication. Et l’offre de piment, insuffisante, fait grimper les prix. Les épices qui permettent une coloration naturelle prennent une importance croissante dans la mesure où les fabricants doivent satisfaire la demande d’additifs naturels plus prisés par les consommateurs que les produits artificiels. Parmi ces épices, on peut citer le paprika et le curcuma, dont on tire la curcumine, un colorant jaune. De quoi doivent donc tenir compte les agriculteurs désireux de se lancer dans les épices ? La première question à se poser n’est pas « est-ce que cela va pousser », mais plutôt « est-ce que cela va se vendre ? » et il convient de vérifier s’il existe des accords commerciaux favorables. Malgré la forte concurrence de nouveaux producteurs tels que l’Indonésie, de nombreux pays sont liés par des préférences historiques qu’il peut être intéressant d’exploiter. Et il est bien sûr essentiel d’être au courant des éventuelles restrictions législatives concernant les normes de qualité, le conditionnement, etc. en vigueur dans les marchés favorisés ou pays de destination. Tout en tenant compte des débouchés commerciaux, les producteurs doivent également connaître les exigences de qualité sanitaire des pays de destination concernant les micro toxines. En effet, les pays importateurs sont de plus en plus sensibles aux problèmes d’hygiène et introduisent des méthodes de vérification de plus en plus complexes. Les techniques telles que l’irradiation, aujourd’hui tolérées dans certains pays, détruisent les bactéries mais ne peuvent atteindre les micro toxines produites par ces dernières. Des histoires de poivre contaminé par la salmonelle par l’intermédiaire d’excréments de rats, découverts dans des chargements en provenance d’Amérique Latine, sont peut-être rares mais il suffit d’un cas pour entacher la réputation d’un pays et il est très difficile de réparer les dégâts. Les importateurs préfèrent une source d’approvisionnement fiable dont la sûreté ne fait aucun doute. Les consommateurs continueront d’exiger des contrôles de qualité de plus en plus stricts et les producteurs doivent comprendre que leurs produits doivent être absolument exempts de micro toxines. Si les épices sont soumises à rude épreuve dans les champs ou malmenées lors de la récolte, la contamination sera pratiquement inévitable. Des processus de production et de contrôle adaptés du champ jusque dans l’assiette du consommateur sont aussi importants pour les épices que pour d’autres produits délicats de haute valeur. Preuve du souci d’hygiène croissant des consommateurs, dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, les ménagères en zone urbaine préfèrent utiliser du bouillon en cubes pour relever leurs plats plutôt que d’utiliser les épices locales vendues dans la poussière des marchés. La plupart des producteurs cultivent des épices pour l’exportation mais il est également possible de combler le déficit commercial en cultivant ces produits pour satisfaire la demande intérieure et réduire ainsi les importations. C’est aussi une façon moins risquée de se lancer dans une nouvelle aventure. En recherchant un créneau local et en apprenant à cultiver les épices correctement, les producteurs seront dans une meilleure position pour affronter les marchés étrangers. Cette stratégie permet d’éviter un problème très répandu : souvent, le producteur met en culture un lopin à titre expérimental, l’importateur est invité à examiner le produit et s’il le juge satisfaisant, déclare au producteur qu’il est intéressé et lui propose de le recontacter lorsque sa production aura atteint un volume suffisant. Mais l’importateur ne souhaite pas financer cet effort et le producteur est rarement en mesure de prendre un tel risque. Des cultures exigeantes Les épices sont presque toujours une culture très exigeante en main-d’oeuvre. Pollinisation à la main de la vanille, récolte du poivre noir et du poivre rouge sur une très longue période: voici donc des cultures idéales pour une production à petite échelle. Cependant, en termes économiques bruts, les épices sont relativement peu importantes et les services de vulgarisation, déjà débordés, ne peuvent fournir tous les conseils agronomiques nécessaires. De toute façon, il semble plus souhaitable politiquement de concentrer les efforts sur les cultures vivrières qui concernent un plus grand nombre d’agriculteurs et de surfaces. Et il est possible que les différents ministères de l’agriculture ne puissent affecter plus d’un responsable à la culture des épices et encore, seulement à temps partiel. En dépit des difficultés, la production d’épices comporte un certain nombre d’avantages. Le poivre noir et la vanille peuvent fort bien être intercalés avec d’autres cultures, de rente ou vivrières. A Vanuatu, le poivre a été introduit quasiment comme une culture maraîchère et un lopin de 3m2 est déjà intéressant financièrement. Sa culture peut se faire sous les palmiers, en utilisant les troncs ou des tuteurs artificiels comme supports aux lianes. Dans le cadre d’une culture intensive, on peut cultiver d’autres espèces présentant une bonne tolérance à l’ombre et ainsi satisfaire les besoins familiaux. Evidemment, les petits producteurs sont désavantagés du point de vue de la commercialisation : ils peuvent cependant se regrouper formellement au sein d’organismes publics ou parapublics, ou s’organiser en groupes plus informels pour mieux défendre leurs intérêts. Les épices ont une longue histoire, souvent auréolée de romantisme. Les aventuriers européens qui ont pris la mer aux XV et XVI siècles et ont découvert les Indes orientales et les Antilles étaient à la recherche de ces épices rares et exotiques venues d’Orient : les prix pratiqués alors compensaient largement les difficultés et les risques du voyage. Les routes commerciales établies à cette époque ont contribué à donner forme à notre monde moderne. Aujourd’hui force est de constater que l’exportation des épices a perdu ce caractère romantique. Comme nombre de négoces, le commerce traditionnel a été victime de son succès. Malgré la situation peu brillante de la plupart des marchés d’exportation, la culture des épices continue à attirer les petits agriculteurs. Pour en tirer parti, ils doivent savoir exploiter les relations privilégiées de longue date avec certains pays et les caractéristiques locales de qualité, améliorer leur maîtrise des marchés locaux et d’exportation, prendre en compte la demande de produits « naturels », intercaler les cultures et commercialiser leurs produits sur une base coopérative. Multiples conditions, mais aucune n’est insurmontable.en_US
dcterms.isPartOfSporeen_US
dcterms.issued1992en_US
dcterms.languagefren_US
dcterms.publisherTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperationen_US
dcterms.typeNews Itemen_US
cg.contributor.affiliationTechnical Centre for Agricultural and Rural Cooperationen_US
cg.placeWageningen, The Netherlandsen_US
cg.howPublishedFormally Publisheden_US
cg.journalSporeen_US
cg.issn1011-0046en_US
cg.number42en_US


Files in this item

FilesSizeFormatView

There are no files associated with this item.

This item appears in the following Collection(s)

Show simple item record