Huiles végétales : le pourghère, graine de relance ?
Date Issued
1993Language
frType
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CTA. 1993. Huiles végétales : le pourghère, graine de relance ?. Spore 46. CTA, Wageningen, The Netherlands.
Permanent link to cite or share this item: https://hdl.handle.net/10568/60342
Abstract/Description
Utiliser l’huile végétale comme carburant, l’idée n’est pas nouvelle. Les problèmes techniques et les bas prix pétroliers en ont longtemps retardé l’exploitation. Aujourd’hui, l’idée est reprise par un projet allemand qui prône...
Notes
Utiliser l’huile végétale comme carburant, l’idée n’est pas nouvelle. Les problèmes techniques et les bas prix pétroliers en ont longtemps retardé l’exploitation. Aujourd’hui, l’idée est reprise par un projet allemand qui prône l’utilisation de l’huile de pourghère dans des moteurs diesel au Mali. Un projet à but écologique, économique et énergétique.
Dans tous les pays du Sahel, Jatropha curcas, nom scientifique du pourghère, pousse en peuplements importants. Les habitants de ces régions le connaissent bien : ils utilisent ses graines et ses feuilles comme médicament, ils le plantent sous forme de haies de protection autour des jardins et des champs. De la famille des Euphorbiacées, le pourghère se satisfait de terres pauvres et résiste très bien à la sécheresse grâce à un important tissu de réserve d’eau localisé dans les racines, les tiges et les branches.
Depuis 1987, le Service du Machinisme Agricole au Mali et le Programme Spécial Energie de l’Office allemand de la coopération technique (GTZ) mènent des recherches sur l’utilisation du pourghère. Cette plante possède des graines riches en huile qui peut être utilisée comme carburant dans les moteurs diesel.
Le pourghère aux vertus multiples
Cet arbuste s’adapte à des sols marginaux, impropres à l’agriculture, et peut être utilisé dans des opérations de reboisement. Outre son effet brise-vent, il constitue une protection contre l’érosion causée par l’eau de pluie, d’autant plus qu’il a des racines peu profondes qui ralentissent le ruissellement superficiel et favorisent l’infiltration de l’eau.
Dans les zones d’élevage et de transhumance, le pourghère peut remplacer avantageusement les clôtures. La curcine, toxine contenue dans les feuilles de pourghère, maintient les animaux à distance à cause de son odeur et de son goût. Ainsi, les haies demeurent intactes et empêchent le bétail de brouter les cultures, ce qui limite les conflits entre les agriculteurs et les éleveurs lors du passage des troupeaux dans les champs. Le pourghère conçurrence favorablement la clôture mécanique, financièrement hors de portée des paysans. Au Mali, dans la région Sud encadrée par la Compagnie Malienne des Textiles (CMDT), en 1992, environ 5 000 km de haies ont été aménagés et il est prévu de poursuivre au rythme de 4 000 km par an. Ces haies protègent les cultures de légumineuses plantées dans le cadre de jachères améliorées afin de lutter contre la dégradation des sols.
Les paysans regardent les projets de développement du pourghère d’un oeil favorable. Au Mali notamment, étant donné la chute des produits agricoles sur les marchés mondiaux, les planteurs de coton et d’arachide sont très intéressés par une diversification de leurs sources de revenus. Les femmes, à qui il incombe de récolter les graines, n’y voient que des avantages : les profits sont deux ou trois fois plus élevés que pour le beurre de karité et la récolte se fait à la fin de la saison des pluies, lorsque le travail aux champs est terminé.
Mettez de l’huile dans votre moteur
Outre toutes ces qualités, les graines de pourghère contiennent une huile assez légère pour servir de carburant dans les moteurs. Sa valeur énergétique est de 3 % inférieure seulement à celle du diesel. Elle a été utilisée lors de la Seconde guerre mondiale en Europe. Mais l’époque euphorique du pétrole bon marché qui a suivi en a rapidement fait perdre l’usage.
Pour les zones rurales des pays en développement, l’huile de pourghère présente beaucoup d’avantages. Tout d’abord celui de s’affranchir de leur dépendance face aux centrales électriques pour l’approvisionnement énergétique des moulins, des groupes électrogènes ou des motopompes. Ne plus acheter de produits pétroliers importés représente aussi une réduction des sorties de devises de la région.
Pour extraire l’huile des graines, un équipement peu sophistiqué et peu coûteux suffit : des petites presses à vis toutes simples, à usage semi industriel, fabriquées localement, pour une production de huit litres à l’heure et une presse manuelle hydraulique à usage artisanal pour cinq à dix litres par jour. Des moteurs aptes à fonctionner à l’huile végétale sont opérationnels.
Calculs de rentabilité
Dans les pays africains non producteurs de pétrole, dans les zones rurales, à l’écart des grands axes de circulation, des analyses de rentabilité ont révélé que l’huile de pourghère revient moins cher que le diesel. Au Mali, après déduction des amortissements pour le moteur et la presse, des frais d’entretien, du prix d’achat des graines et des coûts du personnel, on obtient un prix de 163,4 FCFA par litre d’huile de pourghère dans les zones de production contre plus de 300 FCFA pour le litre de diesel.
« Ainsi, comme le souligne Reinhard Henning de la GTZ, le projet prévoit de créer une nouvelle activité économique qui devrait à terme modifier non seulement l’aspect du paysage mais aussi les habitudes sociales et les modes de consommation énergétique. »
Pour tout renseignement : Reinhard K. Henning Deutsche Gesellschaf Für Technische Zusammenarbeit (GTZ), GMBH Postfach 5180
D-6236 Eschborn 1 ALLEMAGNE
GTZ - Boîte Postale 100 - Bamako - MALI
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