| dcterms.description | A mesure que grandissent les préoccupations écologiques et que le monde s'engage en faveur d'une utilisation durable de la biodiversité, la nécessité se fait jour de connaître la composition des groupes biologiques de manière beaucoup plus précise et plus étendue qu'auparavant. L'attention se concentre ainsi sur les invertébrés et les micro-organismes, jusqu'ici peu étudiés, qui, par leur simple nombre, jouent un rôle capital dans la préservation des écosystèmes et le déroulement des cycles.géochimiques de la planète.
On dénombre six fois plus d'espèces de champignons que de variétés de plantes à fleurs, autant de nématodes (de 1, 5 à 2, 7 millions), environ six millions d'espèces d'insectes et de multiples bactéries dont le nombre dépasse celui de toutes les autres espèces réunies. L'inventaire des 90 à 95 % d'organismes non encore classés est une oeuvre gigantesque.
A cet égard, il convient de procéder en plusieurs étapes. La première consiste à entreprendre des études taxonomiques des différents écosystèmes et/ou habitats et à utiliser des espèces indicatrices pour, dans un second temps, surveiller les changements de l'environnement dus à l'homme ou à la nature. Cependant, ces deux tâches ('Inventaire et surveillance sur la base d'indicateurs biologiques) nécessitent au préalable l'identification correcte des organismes et une bonne connaissance de leurs relations réciproques. En l'absence d'une
terminologie normative et unique concernant les particularités des organismes étudiés, les résultats;de recherche ne peuvent constituer des ou- - tils fiables, pour la définition de règles de gestion de la biodiversité à l'échelle de la planète.
Les insuffisancesde la terminologie normative, c'est-à-dire le manque de noms, est le plus grand obstacle scientifique aux progrès de la recherche biologique et, partant à la mise sur pied de programmes (plus ou moins étendus) d'encouragement de la biodiversité. Le nom d'un organisme détermine en effet tout ce que l'on sait sur cet organisme.
La science qui consiste à attribuer ces noms, la systématique, se consacre à la découverte d'organismes, à leur identification, à leur classification et à la définition de leurs relations au sein des systèmes biologiques. La systématique est le « langage » de la biologie et c'est elle qui conditionne toute avancée en la matière. Sans la systématique, rien ne permet en effet de créer une base de données pour la biodiversité.
Sur le plan mondial, les ressources de la systématique sont généralement inadaptées à, la croissance des besoins. Par ailleurs, même les pays les plus riches doivent réaliser de nouveaux investissements de grande ampleur dans cette discipline. Quant à la situation dans les pays en développement, elle est critique : à quelques notables exceptions près, ces pays ne disposent pas du savoir-faire local et des références nécessaires pour accompagner les programmes d'encouragement de la biodiversité et permettre de respecter les engagements qu'ils ont pris en signant la Convention mondiale sur la biodiversité.
Les pays en développement ne pourront résoudre ce problème qu'en comptant sur leurs propres moyens, employés avec réalisme et économie, via des réseaux locaux de coopération technique. Ces réseaux doivent permettre de mobiliser et de mettre en commun les ressources des entreprises locales et d'en optimiser l'utilisation au profit de tous les pays participants.
BioNet-INTERNATIONAL, un réseau mondial formé de partenariats locaux, remplit ces conditions tout en facilitant le renforcement des capacités locales, par le biais de BioCON, réunion de centres d'excellence dans des pays développés, et de son secrétariat technique situé dans les locaux de CAB International au Royaume-Uni. Comme l'illustre le programme EuroLOOP récemment mis en place et auquel participent vingt-deux pays d'Europe, BioCON est en mesure de fournir une assistance technique aux réseaux BioNET locaux implantés dans les pays en développement : CARINET (région caraïbe), ASEANET (Asie du Sud-Est), EAFRINET (Afrique orientale) et PACINET (Pacifique Sud). D'autres réseaux locaux sont à l'étude, notamment pour l'Afrique australe et occidentale, l'Amazonie, la partie sud de l'Amérique latine, l'Inde et la Chine. | en_US |