| dcterms.description | L’argent coûte cher et c’est bien ce qui freine les petits cultivateurs qui, n’étant pas en mesure d’investir dans la chaîne commerciale, se trouvent dans l’impossibilité d’accroître leurs revenus. Manque d’argent, donc prospection commerciale insignifiante, stocks également insuffisants, conditions de stockage et de distribution inadéquates, problèmes de trésorerie et aucun recours face aux mauvais payeurs. L’importance d’un partage des ressources des petits cultivateurs au sein d’associations professionnelles a été soulignée lors d’un séminaire sur le 'Financement de la commercialisation des produits agricoles' organisé à N’Djamena (Tchad) en juin dernier. Ce type d’initiatives permettrait de réduire les demandes de crédit des agriculteurs, voire de faciliter leur accès au crédit et aux fonds de garantie auprès des banques et autres institutions financières. Un des thèmes du séminaire, abordé à plusieurs reprises dans les études de cas sur la filière de commercialisation de la banane, du café et de la gomme arabique, était d’aider les banques à améliorer leur analyse des risques et à surmonter leur réticence à accorder des crédits dans ce domaine. Il s’agissait là de vendre aux banquiers l’idée que le marketing agricole comporte des risques limités. Toutefois, une des dimensions sur laquelle le séminaire ne s’est pas suffisamment étendu concernait les questions d’assurance sur les stocks et les ventes à l’exportation.
Comme toujours, une des préoccupations du CTA est de s’assurer que les associations d’agriculteurs aient en main toutes les informations dont elles ont besoin pour établir des plans de commercialisation et des demandes de crédit viables, et qu’elles soient en position de force pour négocier. Ce séminaire, coorganisé par le CTA et le Bureau international du travail, avec l’appui du programme ACOPAM du BIT et du Programme des Nations unies pour le développement, a réuni 37 représentants d’ONG, d’organismes de soutien, d’associations de cultivateurs et d’institutions financières de 14 pays francophones d’Afrique occidentale et centrale.
Un autre séminaire, organisé à Madrid en avril dernier, s’est intéressé aux contraintes de la 'Commercialisation et distribution des produits agricoles périssables', notamment aux questions ayant trait à la régularité des approvisionnements, aux normes de qualité, au contrôle de la qualité, aux informations de marché et aux campagnes de promotion. Les tendances des marchés domestiques et européens ainsi que des marchés spécialisés comme les marchés de produits biologiques ont été étudiées, y compris sur le terrain par des visites auprès des centres de distribution. Les participants des pays représentés (Afrique du Sud, Angola, Ghana, Guinée équatoriale, Kenya, Mozambique, Namibie, Nigeria, République dominicaine et Zimbabwe) provenaient du secteur public pour un petit nombre d’entre eux et du secteur privé pour la plupart. Selon eux, le secteur privé devrait participer davantage au processus de renégociation de la Convention de Lomé et bénéficier d’un soutien accru de la part des gouvernements des divers pays concernés. La pression exercée sur les gouvernements des pays ACP pour qu’ils suppriment les subventions à l’exportation lorsque des subventions à la production sont accordées dans le cadre de la politique agricole commune de l’Union européenne est, selon eux, une démarche elle-même 'périssable'. Ce séminaire, coorganisé et financé par le CTA et le ministère espagnol de l’Agriculture et des Pêches, faisait suite à une rencontre similaire organisée à Madrid en 1998 au profit des pays francophones.
Voir, en page Repères, l’article sur la réglementation des échanges | en_US |