L e monde ne tourne pas rond : il suffitde se rappeler les derniers mois pour enconvenir. Tandis que sévissent sans fai- blir les cruelles folies de l’humanité – les guerres et le bouleversement climatique dû aux activités humaines, pour n’en citer que deux –, le marché et ses lois traditionnelles semblent perdre la tête. Le coût de l’énergie atteint des niveaux inconnus depuis les années 70, portant à plus de 7 dollars le prix d’un voyage en bus de Douala à Yaoundé (Cameroun). Mais, en Europe, une jeune compagnie aérienne dirigée par un boss en blue-jeans vend pour 20 dollars seulement un vol Londres-Barcelone (plus de cinq fois la distance de Douala à Yaoundé) et prétend de surcroît faire des bénéfices ! Aux Pays-Bas, une entreprise offrant ses services sur Internet a annoncé en mars 2000 des pertes de 10 mil- lions de dollars. Elle a pourtant été vendue à la Bourse d’Amsterdam pour 25 milliards de dollars, plus que le budget de certains États ACP ! Pas étonnant que même les analystes ne s’y retrouvent plus, et à plus forte raison les femmes et les hommes de la rue. Pressées par la nécessité de maximiser leurs profits, obsédées par la productivité et la réduction des coûts, les entreprises du monde entier se hâtent d’atteindre le niveau de performance qui garantira leur survie. Comment ? En recourant à des méthodes qui ont fait leurs preuves depuis longtemps : elles prennent le contrôle de leurs fournis- seurs et rachètent leurs concurrents. Aujourd’hui, le langage employé pour ce genre de transaction évoque franchement la bagarre (“offre d’achat hostile”), et des termes comme “alliances stratégiques” ou SPORE 86 • PAGE 1 La manie de la fusion agite le monde des entreprises. Ces derniers mois, on a pu constater, partout sur la planète, une recrudescence des alliances ou des absorptions plus ou moins amicales. Les grandes sociétés dévorent les petites tandis que des géants tentent de partager le même lit. Les conséquences sont lourdes pour l’agriculture et la sécurité alimentaire des pays ACP. Les entreprises s’unissent La folie des fusions 1 Huiles essentielles Rêve de plantes 3 Communication et développement L’art de se faire comprendre 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Gestion du changement Changer, mais à quel rythme ? 16 Site Web : www.cta.nl Information pour le développement agricole des pays ACP N° 86 AVRIL 2000 Dans ce numéro ça bouge dans le monde ACP ! Il y a un air de changement dans le climat, dans l’environnement politique et dans les structures institutionnelles. Début juin, le groupe des États ACP et l’Union européenne signeront à Suva, Fidji, une nouvelle convention de partenariat qui succédera aux quatre conventions de Lomé précédentes et déterminera le futur rôle du CTA. Nous vous en parlerons en détail dans les prochains numéros de Spore. Tout bouge. Le CTA a un nouveau directeur et Spore vous le présente. Spore s’intéresse aussi à ces grandes sociétés qui gouvernent largement nos vies : elles ne cessent de fusionner et de grandir encore, ce qui n’est pas sans conséquences pour notre quotidien. Et encore un article sur la communication : mieux communiquer, c’est souvent agir plus efficacement. N’oubliez pas de nous écrire : nous aimerions savoir comment vous, vous voyez votre vie changer ! Les entreprises s’unissent La folie des fusions Ph ot o St on e Pic tur es /J .R ot ma n SPORE 86 • PAGE 2 La folie des fusions • “partenariat permanent” signifient en clair que les gros poissons mangent les petits. À première vue, il semble que les sombres prédictions des années 60, selon lesquelles la direction de l’économie mondiale allait tom- ber aux mains de quelques multinationales, soient en train de se réaliser. Ce qui se passe dans le domaine de l’agriculture vient ren- forcer cette impression. Ces dix dernières années, l’entreprise amé- ricaine Monsanto a étendu ses activités tra- ditionnelles d’industrie chimique pour exploiter le filon du génie génétique, et en particulier la production de semences géné- tiquement modifiées. Ce faisant, elle a trou- vé le moyen d’enfermer les agriculteurs dans une relation permanente avec elle, en s’assu- rant qu’ils auraient constamment besoin de ses produits. Un de ses stratagèmes consistait à introduire le gène dit “terminator” dans des semences génétiquement modifiées de cultures de base. En stoppant le processus naturel par lequel les plantes produisent leurs propres semences, ce gène empêcherait les agriculteurs de sélectionner leurs propres graines et de les conserver pour l’année sui- vante. Ce concept de “terminator” n’est pas encore allé très loin, pour le moment du moins. Les opinions sont partagées à ce sujet, c’est le moins qu’on puisse dire ! Le président de Monsanto croit dur comme fer qu’en assurant durablement la haute qualité de ses semences, son entreprise contribuera à la sécurité alimentaire mondiale… et déga- gera en même temps des marges importantes à long terme. Les cyniques, quant à eux, voient plus de cupidité que de sens moral dans ce dernier objectif. Peut-être. Les membres des conseils d’administration ont après tout des raisons complexes et multiples de faire ce qu’ils font : un appétit de richesse personnelle, un sentiment de responsabilité envers les travailleurs de l’entreprise et leurs familles, ou de responsabilité vis-à-vis des actionnaires et des consommateurs, ou en- core un engagement humaniste en faveur, par exemple, d’une production alimentaire durable et plus équitable. L’initiative de Monsanto a été vigoureuse- ment attaquée par des organisations comme GRAIN (Action internationale pour les res- sources génétiques) à Barcelone (Espagne) et RAFI (Fondation internationale pour la pro- motion rurale) à Manitoba (Canada). Ces organisations non gouvernementales se sont donné pour mission d’encourager et de pro- téger les systèmes actuels de fourniture de semences, comme faisant intimement partie de la structure du monde agraire d’aujour- d’hui, spécialement dans les pays du Sud. Elles surveillent toute tendance qui pourrait compromettre cet équilibre et font campagne contre tout développement qui leur semble indésirable. C’est ainsi qu’elles ont attaqué le gène “terminator”. Conséquences : Mon- santo, victime aussi de quelques bévues clas- siques de relations publiques, a annoncé à la fin d’une année 1999 difficile qu’elle “sus- pendait” toute activité sur ce programme. Loin des yeux, loin du cœur Tandis que les militants célébraient prématu- rément leur “victoire”, Monsanto allait de l’avant et poursuivait sa stratégie à long terme de fusions. La plus remarquable d’entre elles est l’alliance avec Cargill. Cette entreprise américaine est le principal distributeur de semences en Amérique du Nord et ses activi- tés couvrent le monde entier. En janvier 2000, Monsanto disparaissait officiellement du pay- sage mais réapparaissait sous un autre nom. Bien qu’elle ait suspendu le développement du gène “terminator”, cette nouvelle multina- tionale garde entre les mains la majeure partie de l’approvisionnement mondial en semences, de même que la recherche de nouvelles varié- tés, et c’est au moins aussi inquiétant. Les mêmes tendances sont à l’œuvre dans des domaines proches de la biologie. À coups de fusions ou de scissions, les entreprises agro- chimiques et pharmaceutiques, telles que Ciba, Geigy, Rhône-Poulenc, Bayer et Hoechst, se sont recomposées ces dernières années, créant des trusts de taille impression- nante, dotés de nouveaux noms nébuleux comme Novartis ou Aventis. La mise en com- mun des programmes de recherche et des bre- vets concentre un peu plus la connaissance aux mains de quelques chercheurs. Pour cer- tains, ce mouvement sera lourd de consé- quences pour l’avenir de la recherche au Sud, la propriété des savoirs traditionnels et la dis- ponibilité de l’information scientifique. Ces fusions subordonnent les priorités de la recherche aux lois du marché, et d’aucuns pré- disent que la recherche sur la malaria sera abandonnée car moins rentable que la recherche, par exemple, sur les cosmétiques issus des plantes de la forêt vierge. Tout au long de la chaîne alimentaire, les fusions concentrent le pouvoir et la rentabi- lité, laminant le peu d’influence que pou- vaient avoir les petits paysans, les marchands, les transporteurs ou les transformateurs. Dans le domaine financier, les fusions de banques de taille mondiale marginalisent encore les services bancaires nationaux, les encourageant à une attitude défensive évitant tout risque – ce qui n’est pas pour stimuler les systèmes ruraux d’épargne et de crédit inno- vants, essentiels pour la sécurité alimentaire, mais rentables à terme seulement. Marge et marginalisation Dans cette atmosphère de tempête, les plus gros nuages s’accumulent sans doute dans les cieux de l’information et des télécommuni- cations. En Europe, en Amérique du Nord et dans le Pacifique, des multinationales gigan- tesques se constituent. Elles prennent le contrôle des moyens d’échanges oraux, écrits ou électroniques, que ce soit au travers de médias ou de particuliers. Mais alors, peut- on se demander, que peuvent encore faire les réseaux ruraux de communication aujour- d’hui ? Comment une “société africaine de l’information1” pourrait-elle s’épanouir si elle est perçue comme une entreprise à perte, qui ne trouvera un marché que dans cin- quante ans peut-être ? Ceux qui contrôlent les moyens de communication ne voudront- ils pas aussi contrôler le contenu même de la communication ? Quel futur pour les réseaux de systèmes d’information décentra- lisés sur les marchés, les programmes de cré- dit pour les femmes, le commerce alternatif ou équitable, ou la recherche spécialisée ? La fusion fait fureur, et pas seulement parmi les entreprises commerciales. Les organisations non gouvernementales se concentrent à grande vitesse, ainsi qu’en témoignent les agences néerlandaises de cofi- nancement du développement Bilance/ Cordaid. Les mouvements écologiques tout comme les syndicats voient beaucoup d’avantages à unir leurs efforts. Les gouver- nements commencent à percevoir l’intérêt de partager leurs programmes, ou au moins de s’en informer. La régionalisation, dans les pays ACP ou européens, est aussi une forme de fusion. Curieusement, la manie des fusions peut aussi ouvrir de nouvelles opportunités à ceux qui se perçoivent comme marginaux. Les conglomérats et les fusions sont en fait sou- mis à la vigilance et au contrôle de ceux qui les mandatent, les actionnaires dans le cas des multinationales. Leur obligation de rendre des comptes est souvent supérieure à celle de bien des organisations qui pré- tendent agir au nom de la société civile ou la représenter. Par exemple, les multinationales de l’ali- mentaire comme Danone-Nestlé et Accor ont développé des partenariats avec leurs fournisseurs et les syndicats qui pourraient servir de modèles pour aller plus loin et dépasser la peur des fusions. Le partenariat et l’ouverture sont de mise. Après la première vague d’indépendances des pays ACP, plu- sieurs écoles de pensée ont promu l’auto- nomie, l’autarcie et la “déconnexion” du reste du monde. Le train de la mondialisa- tion tolère à peine ces idées aujourd’hui : nous ne l’avons pas mis sur ses rails, mais nous pouvons encore le prendre en marche. 1 Terme utilisé pour une Afrique qui participerait activement à l’Internet mondial et utiliserait les nouvelles technologies de l’information et de la communication dans tous leurs aspects économiques et culturels. À lire : Effets de la mondialisation sur le secteur agricole et les communautés rurales des pays ACP. P. Robbins, 1999, 52 pages. Document de travail, n° CTA 8008, 0 unité de crédit. Ph ot o C or bi s/ J. M cD on al d Fusions, conquête des marchés, valeur ajoutée : ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage SPORE 86 • PAGE 3 Une petite goutte d’ylang-ylang suffitau massage le plus bienfaisant qui soit.Calmantes, revigorantes, volup- tueuses, relaxantes, les huiles essentielles ont de nombreux effets à la fois physiques et sub- tilement psychologiques. Elles sont utilisées depuis des milliers d’années en aromathérapie pour leurs valeurs thérapeutiques, en cosmé- tologie, en pharmacie, en gastronomie et, plus récemment, comme pesticides biologiques. Estimé à 1,2 milliard d'euros par an, le marché semble bien établi. L'enthousiasme croissant des consommateurs occidentaux pour tous les produits dits "naturels" (sous- entendu "sains") contribue à accroître réguliè- rement son potentiel. Aujourd'hui, on recense plus de 3000 sor- tes d'huiles essentielles extraites des racines, des écorces, des feuilles, des graines, des fruits et des fleurs de divers végétaux ; 500 d'entre elles font l'objet d'une commercialisation. Le terme même d'"essentielles" montre l'im- portance attachée à ces huiles depuis le XVIe siècle. À cette époque, un physicien du nom de Paracelsus décrivit l'huile extraite d'une plante comme l'essence totale, la plus pure, la plus concentrée, la plus divine après les quatre éléments que sont la terre, l'eau, l'air et le feu. Il évoquait ainsi une cinquième substance divine, autrement dit la quintes- sence (du latin quintus = cinq). Aussi célestes qu’elles puissent paraître, les huiles essentielles restent à portée de main. L’essence de la feuille de girofle contient de l’eugénol que l’on retrouve dans la pâte denti- frice ; celle du clou de girofle agit contre le mal de dents ; celle des pépins d’agrumes est utili- sée dans la préparation de boissons et celle du romarin comme sédatif. Bon pour emploi ! Les méthodes utilisées dans la production arti- sanale d'huiles essentielles (le plus souvent dis- tillation, expression et extraction à l’aide de solvants) ne permettent pas toujours d'at- teindre le niveau de qualité requis pour le commerce d'exportation. Les négociants internationaux exigent des procédés fiables nécessitant des équipements modernes et des mises de fonds importantes. La société Phael Flor à Madagascar, par exemple, a dû investir plus de 300000 euros pour produire indus- triellement des essences de haute qualité ex- traites de plantes cultivées biologiquement comme le géranium, le poivrier, la cannelle, le camphrier, le gingembre, le vanillier et le giro- flier. Cette société, qui réalise un peu moins de 10 % des exportations nationales, emploie plus de 50 personnes dans ses unités de traite- ment et de distribution ; son activité a généré de l'emploi pour plusieurs centaines de pro- ducteurs. Le secteur agro-industriel de production d’huiles essentielles contribue à l’économie agricole nationale et à une bonne balance commerciale. Beaucoup de pays ACP (Bénin, Ghana, Malawi, Mali, Rwanda, Togo et Zimbabwe) l'ont compris ; leurs projets d’in- vestissement en témoignent. Au Mali, la société UPROCOHE est typique de ces socié- tés désireuses de conquérir les marchés inter- nationaux. D'où son acquisition de matériaux de stockage et de conditionnement (les huiles essentielles ne peuvent pas être stockées dans des bouteilles en plastique) et d'équipements visant à répondre aux normes de qualité ISO. D’autres pays, du Guatemala à l’Australie, affûtent leurs armes pour remporter des parts de marché dans un secteur où la concurrence se développera certainement. Dans l’océan Indien, les Comores, les Seychelles et Maurice ont une importante production. Ils sont dominés par Madagascar qui produit plus de la moitié de l’essence de girofle du monde entier et un tiers de l’essence d’ylang-ylang, ce qui lui permet de générer des revenus d’exportation de 5 millions d’euros par an. Madagascar exporte même l’ylang-ylang à la Jamaïque où il est mélangé à de l’essence de citronnelle de production lo- cale. La Jamaïque est elle-même bien placée et détient le quasi-monopole de la production et de la vente de piment (Pimenta officinalis). La ruée vers l’or Nombreux sont les pays ACP qui bénéficient d'un bon potentiel de production et de com- mercialisation des huiles essentielles. Toutefois – l'expérience récente de Madagascar le montre –, beaucoup d’efforts restent à fournir pour garantir la bonne rentabilité de ce sec- teur. Entre 1992 et 1997, des millions de dol- lars ont été investis par des banques et des sociétés locales malgaches, par la Banque mondiale, l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, le Centre ACP-UE pour le développement de l’indus- trie, et les agences allemandes, américaines et européennes de coopération pour le dévelop- pement. Des dizaines de sociétés ont été créées, mais beaucoup d'entre elles ont échoué. Pourquoi ? Par manque de rigueur en ce qui concerne l'approvisionnement en matières premières, le contrôle de la qualité et les techniques de production. Cette expéri- ence démontre la nécessité d'organiser le sec- teur avec l'aide d'une organisation profession- nelle : le SYPEAM, par exemple. Ce syndicat de professionnels apporte son soutien aux pro- ducteurs d'extraits aromatiques alimentaires et médicinaux en leur offrant des informations techniques et des formations. Le marché des huiles essentielles est attrayant mais difficile à conquérir, car la qua- lité des produits y est une priorité. Des négo- ciants peu scrupuleux la négligent : comme les essences sont très concentrées, ils y mélangent des essences synthétiques. Ils ont tort. Car les acheteurs risquent de s'en apercevoir lors de leurs inspections et les consommateurs ne s'y tromperont pas. Le marché des huiles essentielles est volatil, soumis à forte concurrence depuis que ces produits connaissent une certaine popularité. Respecter les normes de qualité contribuerait à démentir l'adage selon lequel l'argent n'a pas d'odeur. Pour plus d’informations : IFEAT (International Federation of Essential Oils and Aroma Trades) – Federation House, 6 Catherine Street, Londres, WC2B 5JJ – ROYAUME-UNI Fax : + 44 171836 0580 Site Web : www.ifeat.org.uk Essential Oils World – PO Box 72, Chipping Norton, Oxon, OX7 6JU, ROYAUME-UNI Fax : + 44 1608 659257 Site Web : www.cotpubco.demon.co.uk/ cosweb/eswhome.html SYPEAM (Syndicat professionnel des producteurs d'extraits aromatiques alimentaires et médicinaux de Madagascar) BP 1348, Antananarivo 101 – MADAGASCAR Fax : + 261 2022 26921 E-mail : sypeam@sinergic.mg Site web : www.sinergic.mg/sypeam/default.htm Huiles essentielles Rêve de plantes Gagner sa vie grâce à l'extraction et à la production des huiles essentielles végétales est possible. Mais pour respirer à pleins poumons les parfums exquis de la réussite, les cultivateurs et producteurs des pays ACP doivent s'astreindre aux multiples exigences d'un marché en forte évolution. Comment voulez-vous votre ylang-ylang : distillé, broyé, dilué, exporté ? Ph ot o C or bi s/ R. v an d er H ils t Ph ot o A . R iv al Ph ot o Te xa ro m e SPORE 86 • PAGE 4 C oncevoir un journal, une plaquetted’informations, une fiche techniqueou un panneau de vulgarisation, déposer une demande de financement ou encore s’adresser à des décideurs par le biais d’un compte rendu, d’une synthèse ou d’un rapport… Ces actions de communication parmi d’autres font appel à ce que l’on nomme le “média papier”. Chercheurs, vul- garisateurs, groupements, associations, chefs d’entreprise, ONG et producteurs sont ame- nés à communiquer par ce biais. Or, cela ne s’improvise pas. Qui veut communiquer efficacement s’as- treint à des techniques d’écriture et de pré- sentation qui varient selon le public à qui il s’adresse, le message à transmettre et le sup- port choisi pour le véhiculer. Ces trois para- mètres de la communication s’imbriquent étroitement. Mais il est clair que l’identifica- tion du public détermine l’art et la manière d’entrer en contact avec lui ; on ne s’adresse pas de la même façon à des scientifiques, à un groupement d’agriculteurs, à des érudits ou à des enfants. La communication d’un chercheur qui soumet à ses pairs ses travaux de recherche n’a rien de commun, ni dans sa structure ni dans son style, avec la diffusion des résultats de cette recherche, un communiqué de presse, un article de vulgarisation ou une brochure pédagogique. Si les protocoles de ces différents types de documents changent, la démarche qui préside à leur élaboration reste toutefois la même : faciliter la compré- hension d’un public donné. Un même texte peut être exploité de mul- tiples manières. Un article scientifique, par exemple, peut servir de base à la rédaction d’une fiche technique. Ce recyclage suppose le recadrage du texte originel et la sélection du message susceptible d’être valorisé sous la forme nouvelle. Il serait vain, en effet, de communiquer à un groupement d’agricul- Dire, divulguer, donner, livrer, publier, transmettre, expliquer, renseigner, échanger, correspondre… Le nombre de synonymes donnés au verbe communiquer en dit long sur ce qu’englobe l’action de communication. Elle ne se borne pas à “établir une relation avec le monde extérieur” – une poignée de main suffirait –, elle en espère un résultat. Dans un contexte marqué par la lutte pour le développement, la compétitivité et la diversification des pôles de pouvoir, une priorité demeure : communiquer pour se faire comprendre et agir. Communication et développement L’art de se faire comprendre Soignez votre image! L’illustration (photos, dessins, caricatures, etc.) est toujours “vue” en premier par le lecteur. Source de rêve, elle constitue un moyen d’information aussi puissant que le texte. La photo n’est pas un ornement. Arme percutante – pour reprendre le slogan d’un hebdomadaire fran- çais1 –, elle constitue un second niveau d’information en même temps qu’elle aère un texte et relance l’intérêt de sa lecture. Le schéma, ou le croquis, simple de préférence, explique une mise en action. On le trouve dans les guides pratiques ou les fiches techniques pour illustrer un mode d’emploi. Le tableau ou le pictogramme facilitent la lecture rapide d’une information par leur visuali- sation graphique (courbes, chiffres, plots, etc.). Le succès des bandes dessinées de plus en plus utilisées dans les actions de vulgarisation (voir page 13) montre à quel point le dessin contribue à la compréhension d’un message et en faci- lite l’appropriation. Qui n’a pas le crayon facile trouvera dans un livre publié en anglais, mais exploitable par les publics de toutes nationalités, le moyen de dessiner grâce à des patrons qu’il suffit de calquer pour reproduire une variété infinie de personnages, objets ou animaux2. 1. “Le poids des mots, le choc des photos”, Paris Match. 2. Where there is no artist. Intermediate Technology Publications, 1997, ISBN 1-85339-391-6, 123 pages, 14,95 £/23,36 h , 103-105 Southampton Row, London, WCIB 4 HH – ROYAUME-UNI E-mail : orders@itpubs.org.uk. Site Web : www.itpubs.org.uk Ill us tr at io n H . L ar ki ns La bonne image est celle qui développe la curiosité et le sens de l’observation. Dans l’idéal, elle devrait être testée auprès de ceux à qui elle est destinée. teurs l’historique des expérimentations effec- tuées sur une pompe à eau, si l’essentiel est qu’ils sachent comment cette pompe fonc- tionne. Les différents supports de communication écrite ont chacun une structure spécifique qui découle à la fois de leur contenu, de leur fonction et de leur destination. Le bul- letin de réseau, par exemple, est un lieu d’échange qui vise à fédérer des lecteurs adhérents ou abonnés autour d’une action commune. Les fiches techniques et pratiques ont pour objectif de transmettre un savoir- faire ou un mode d’emploi, d’où un langage concret, schémas à l’appui, et des modes de repérage simples. Sans toutefois faire l’éco- nomie d’un petit texte explicatif, les pan- neaux de vulgarisation et les posters privilé- gient l’image pour communiquer une infor- mation de façon attrayante et accessible à ceux pour qui la lecture est difficile. Les séries permettent de constituer une collection de petits documents abordant un même sujet sous un aspect différent à chaque fois. Elles sont conçues pour créer des habi- tudes de lecture et de repérage (même typo- graphie, même présentation, mêmes cou- leurs et construction des textes). Quel que soit le support choisi pour com- muniquer, la règle est de se mettre à la place du lecteur qui doit comprendre au quart de tour ce qu’on lui dit. Une stratégie à apprendre Cerner son public, sélectionner son message, “rentabiliser” un article de manière diversi- fiée, situer le cadre de la communication pour choisir le support média, le ton et la forme appropriés : tout cela s’apprend en même temps que les règles de déontologie qui gouvernent les métiers de la communi- cation. Les centres et instituts spécialisés du type ISSIC au Sénégal (voir encadré) ne sont pas les seuls à délivrer des formations en communication. De nombreux organismes apportent leur appui en organisant des ate- liers professionnels et des stages de courte durée permettant de se familiariser avec les techniques de la communication et d’utiliser au mieux les médias de l’écrit. Reste le vertige de la page blanche, ce malaise qui accable parfois ceux qui doivent écrire ! Nombre d’ateliers d’écriture propo- sent aujourd’hui de le vaincre par des exer- cices de rédaction. Simples comme une gym- nastique, ils ont la vertu de dénouer les arti- culations et de muscler le cœur pour le mettre à l’ouvrage. Sans trac. Pour en savoir plus : Créer, gérer et animer une publication ; Droit, déontologie et éthique des médias ; le métier de journaliste en 30 questions-réponses. Co-édition GRET/INDE, Coopération et Francophonie, Commission européenne, ACCT. GRET (Groupe de recherches et d’échanges technologiques) 211-213, rue La Fayette, 75010 Paris – FRANCE Fax : + 33 1 40 05 61 10 E-mail : gret@gret.org Site Web : www.gret.org Élaboration de matériel didactique en matière d’agriculture : un manuel de cours. ADRAO, 1996, 112 pages, ISBN 92-9113-0729, n° CTA 746, 20 unités de crédit. The ABC of Book Publishing. A Training manuel for NGOs in Africa. (Manuel en langue anglaise de formation aux métiers de l’édition destiné aux ONG d’Afrique). Co-édition JANyeko Publishing Centre/CTA, 1999, 116 pages, ISBN 9970-510-01-2, n° CTA 961, 20 unités de crédit. Ayez bon caractère pour faire bonne impression Une fois les textes écrits et les illustrations réalisées, il faut créer un original et le reproduire à un certain nombre d’exem- plaires. • Calculez le plus précisément possible le tirage (le nombre d’exemplaires) dont vous avez besoin et que vous pourrez réellement diffuser pendant la période d’actualité du document. • La photocopie n’est intéressante qu’en dessous de 300 exemplaires. Au-delà, demandez plutôt un devis à un impri- meur (plus le tirage est important, plus ses prix seront intéressants). • Certains imprimeurs composent le texte avec des caractères en plomb. Cette technique économique est toujours intéressante quand les textes sont courts et sans illustration : tracts d’aver- tissement, cartes de visite, etc. • La plupart des imprimeurs utilisent maintenant la technique offset. Elle permet de reproduire n’importe quel original manuscrit ou dactylographié, mis en pages avec illustrations. • Couleur ou noir et blanc? Si votre ti- rage est inférieur à 500 exemplaires, restez en noir et blanc. Au-delà de 1000 exemplaires, vous pouvez envisager la couleur. Écrivez, tout simplement Les modules de formation en communi- cation écrite citent invariablement ces règles inspirées des méthodes journalis- tiques : • privilégier la clarté, la simplicité, les phrases courtes. La phrase de 12 mots est un maximum pour la mémorisation correcte d’un message. Cette mémori- sation est facilitée par une structure simple (sujet-verbe-complément). La phrase idéale contient une idée ou une information, pas plus ; • adopter un vocabulaire concret surtout lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets complexes ; • éviter les redondances (adverbes, adjec- tifs superflus) et le jargon qui contri- buent à alourdir le message à trans- mettre ; • respecter des seuils de longueur des paragraphes pour faciliter la lecture. En principe un paragraphe ne dépasse pas 15 lignes ; • hiérarchiser l’information et respecter la règle des QQQOPC. Un message concis répond en effet à six questions : qui, quoi, quand, où, pourquoi, com- ment. Enfin, l’orthographe étant une politesse, il faut lire et relire son texte pour chasser les fautes qui font mauvais effet. Quelques organismes de formation • L’AIF (Agence intergouvernementale de la francophonie) propose dans le cadre de son Programme spécial de développement (PSD) des stages de formation et de perfectionnement aux techniques d’information. 13, quai André-Citroën, 75015 Paris – FRANCE Fax : + 33 1 45 79 14 98. Site Web : agence.francophonie.org • L’APNET (African Publishers Network). Créé pour promouvoir l’édition locale en Afrique, ce réseau rapproche les associations nationales d’édi- teurs de plus de 27 pays en Afrique. Il organise des cours de courte durée sur les techniques d’édition. PO Box 3773, Harare – ZIMBABWE. Fax : + 263 4 705 106 E-mail : apnet@internet.co.zw. Site Web : africanpublishers.org • Le CESPA, centre spécialisé dans la communication pour le développe- ment, conçoit des supports de communication multimédia, forme ses uti- lisateurs et les conseille dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies de communication. BP 1820, Bamako – MALI Fax : + 223 21 11 09. E-mail : cespa@datatech.toolnet.org Site Web : vuesdafrique.org/ridda/cespapg1.htm • L’ISSIC (Institut supérieur des sciences de l’information et de la communica- tion) organise des stages de formation professionnelle à la communication. BP 15948, Dakar-Fann – SÉNÉGAL Fax : + 221 825 06 06. E-mail : issic@metissacana.sn • New Media Laboratory. Cette structure apporte son appui aux acteurs de la communication en Afrique du Sud et leur propose des cours et des for- mations continues. Department of Journalism & Media Studies, Rhodes University, Grahamstown 6140 – AFRIQUE DU SUD Fax : + 27 12 46 603 84 47. Site Web : http://nml.ru.ac.za Pisciculteurs, persévérez! SPORE 86 • PAGE 6 Méfions-nous de la viande de brousse… n L’exploitation du bois dans les forêts africaines va de pair avec l’exploitation de la faune (gazelles, serpents, éléphants, mais aussi chimpanzés et gorilles) et sa consommation. Les compagnies forestières emploient des chasseurs pour fournir du gibier à leurs travailleurs. Mais ce gibier est aussi vendu aux populations urbaines. Le risque de voir disparaître les animaux sauvages n’est pas le seul argument opposé à la consommation de leur viande. Elle aurait favorisé – suppose-t-on aujourd’hui – les épidémies de sida ou de fièvre Ebola. Dans le cas du sida, elle aurait permis le passage à l’homme du virus HIV du singe. … à suivre sur le Web n Un forum de discussion sur Internet (bushmeat@AZA.org) consacré à la consommation de la viande de brousse a mis en évidence les raisons de l’intensification de ce commerce. Parmi elles : la crise économique (la chasse devient une source de revenus immédiats), les déplacements dus aux guerres civiles ou aux troubles politiques, la dévaluation du franc CFA (le prix de la viande importée a doublé, les coûts de l’exploitation forestière ont baissé et permis son extension). Un groupe de travail a fait des propositions : responsabiliser les exploitants forestiers qui doivent fournir de la nourriture à leurs employés et empêcher la chasse illégale dans leurs concessions, sensibiliser les populations, faire respecter la législation pour la protection de la faune et surtout rechercher des solutions avec les habitants, pour qui le gibier est une source de nourriture importante. - ECOFAC (Conservation et utilisation rationnelle des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale) BP 15115 Libreville – GABON E-mail : coordination@ecofac.org Une nouvelle manière d’accommoder le canard au riz n Des chercheurs de l’université de Can Tho, au Vietnam, ont chiffré l’impact d’une méthode d’élevage sur le rendement agricole. Ils ont installé des canetons (100 par ha) dans des rizières cent jours après l’ensemencement. Ils les ont retirés lorsque le riz a commencé à fleurir. Les canards se nourrissent de mauvaises herbes et d’insectes et leurs déjections améliorent la fertilité du sol. Le rendement des rizières traitées avec des engrais chimiques est de 3 880 kg/an, celui des terrains exclusivement fertilisés par les canetons s’élève à 2 100 kg/an, tandis que les enclos où ne sont utilisées ni l’une ni l’autre méthode rendent à peine 500 kg/ha. En bref • n Une visite d’étude sur les sys- tèmes de production agropisci- cole durable en Afrique subsaha- rienne s’est déroulée au Malawi en novembre 1999. Elle était organisée par le CTA, le ministère malawien des Pêches et le bureau régional au Malawi du Centre international de gestion des ressources aquatiques vivantes (ICLARM). Au terme de cette visite, une série de plans d’action visant à améliorer la vulgarisation et la promotion de l’agropiscicul- ture a été élaborée par des partici- pants sensibles à ces questions. Venus de neuf pays d’Afrique subsaharienne, ces 14 participants se sont enthousiasmés pour les systèmes de vulgarisation valorisés dans les petits projets d’aquacul- ture du Malawi. Ils ont tout de même remarqué l’existence d’un écart important entre les struc- tures gouvernementales d’appui et celles des ONG. De nombreux projets piscicoles ont été mis en place dans ce pays au cours des dix dernières années grâce à une aide financière extérieure, ce qui a conduit à une augmentation du nombre des personnes dépendant de ce type d’activités (de 500 à plus de 3 000). Or, l’appui des services de vulgarisation et de recherche a sérieusement diminué une fois que les projets ont pris fin et l’entretien des infrastruc- tures est devenu un problème. Par ailleurs, il semble que les centres (publics et privés) de production d’alevins et les services de vulgari- sation devraient être déployés de manière stratégique sur l’en- semble du territoire. Les pisciculteurs ont besoin d’un filet solide : un bon service de vulgarisation Ph ot o C TA n Sur le plateau du Fouta-Djalon, en Guinée, la pomme de terre fait fureur. En dix ans, le rendement a plus que quadruplé (22 t/ha contre 5 t/ha). Plus de 2 000 t ont été vendues sur les marchés locaux, mais aussi au Sénégal voi- sin. Il faut dire que les importa- tions européennes ont été blo- quées partiellement pendant six ans pour encourager la production locale. La pomme de terre aime la saison froide de Guinée (de décembre à mars) où elle est culti- vée en rotation avec le riz, le maïs et l’arachide. Elle est également bien payée (350 FG/0,219 h le kg directement au producteur). Le prix unique est fixé à l’avance et l’écoulement de la production est assuré par les groupements de pay- sans, en contact avec les commer- çants qui envoient chercher les sacs dès qu’ils peuvent en remplir un camion. C’est la Fédération des paysans du Fouta-Djalon (FPFD), une organisation dynamique, à la fois coopérative (elle achète les intrants et stocke les récoltes) et syndicat regroupant près de 12 000 membres, qui est à l’ori- gine de ce succès. L’aide d’organi- sations extérieures et d’agricul- teurs français a fait le reste. Les femmes, qui représentent 70 % des effectifs, sont particulièrement satisfaites. Elles bénéficient de for- mations (alphabétisation, com- mercialisation) et apprécient les ressources financières tirées de la pomme de terre et qui sont inves- ties par exemple dans les frais de santé et d’école des enfants. La FPFD oriente maintenant son action vers la production d’oi- gnons et de tomates, très deman- dés localement. Afrique-Agriculture, n° 276, décembre 1999. - FPFD BP 52, Pita – GUINÉE Un plateau de pommes de terre Rien ne se perd, tout se recycle n Un nouveau combustible, moins coûteux (50 FCFA) que le bois, se vend au Burkina Faso. C’est une briquette faite de résidus agricoles pressés (pailles et tiges de cotonnier). Ce cylindre de 7 cm de diamètre est plus dense que le bois mais plus facile à couper et chauffe tout aussi bien. Le procédé a été conçu pour alléger la pression sur les forêts (5 Mt de bois chaque année, l’équivalent de 140 000 ha, sont utilisés comme bois de feu). Le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) et le Danemark ont participé à l’installation d’une usine pilote, à 150 km de Ouagadougou, opérationnelle depuis mai 1999. Sa production actuelle (200 t) pourrait atteindre 2 000 à 4 000 t de briquettes par an. - Éric Lacasse PNUD, BP 575, Ouagadougou 01 BURKINA FASO Fax : + 226 31 04 70 E-mail : eric.lacasse@undp.org À lire : Le bois énergie au Sahel. Environnement et développement. CTA/Karthala/ ACCT, 1990,176 pages, ISBN 2 8653 727, n° CTA 263, 20 unités de crédit. Les aliments génétiquement modifiés deviendraient-ils moins dangereux? n Novartis, une multinationale suisse, a mis au point un substitut à base de sucre pour remplacer les gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques. Utilisés dans l’élaboration des aliments génétiquement modifiés, ces marqueurs pourraient, selon certains chercheurs, se propager à des bactéries nuisibles pour l’intestin et les rendre ainsi résistantes aux antibiotiques. La substance mise au point par Novartis, manA, est déjà présente dans des plantes bien connues, ce qui tendrait à prouver l’innocuité de cette méthode. Les gènes marqueurs révèlent si les cellules ont intégré de nouveaux paquets de gènes. New Scientist, novembre 1999. Madagascar se lance dans l’exportation de spiruline n Madagascar se lance dans la production de la spiruline (Spirulina sp.), une micro-algue très riche en protéines végétales, utilisée comme complément alimentaire. La production – modeste pour l’instant – doit atteindre 50 tonnes, sous forme de poudre, dès l’année prochaine. L’algue sera produite industriellement et traitée à Tuléar, au sud-ouest de l’île. Son excellente qualité permet aux producteurs de la vendre deux fois plus cher que la spiruline chinoise, la plus connue sur le marché mondial. Marchés tropicaux, 8 octobre 1999, n° 2029. • En bref SPORE 86 • PAGE 7 n Au Sénégal, 70 000 t d’engrais phosphatés sont mises à la dispo- sition des agriculteurs tous les ans, depuis trois ans, dans le cadre d’un programme de phosphatage de fond pour restaurer la fertilité de 300 000 ha de terres. Ce pro- gramme a été lancé par le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) et l’Association des conseils ruraux (APCR) en 1997. Depuis, chaque paysan a droit à 8 sacs de 50 kg par hectare et par an. Seul problème : l’engrais est fourni sans mode d’emploi ! Il contient du phosphate tricalcique (50%) et du phosphogypse (50%), sous- produit de la synthèse industrielle de l’acide phosphorique. Il doit être enfoui et non pas épandu. Mal dosé, il peut abîmer les cul- tures et augmenter la salinité des sols. Selon certains, il ne peut pas restaurer la fertilité des terres, et on le suspecte aussi de contenir des métaux lourds (cadmium, mercure et plomb) comme tous les phosphates naturels. Il aurait même intoxiqué certains utilisa- teurs. Pourtant, les Industries chi- miques du Sénégal (ICS) qui pro- duisent cet engrais assurent que la proportion de métaux lourds qu’il contient n’atteint pas les normes internationales admises. Du reste, certains agriculteurs du bassin arachidier l’apprécient et l’utili- sent chaque année… Alors, pru- dence étant mère de sûreté, ce produit est à utiliser avec précau- tion, en suivant les conseils des techniciens. Syfia, novembre 1999 - CNCR – BP 13453 Dakar – SÉNÉGAL Fax : + 221 827 52 62 E-mail : cncr@telecomplus.sn Des engrais à la pelle mais à prendre avec des pincettes n Le Mozambique a été récom- pensé d’une deuxième place au 16e Festival du film agricole (Agrofilm 99) qui s’est tenu en octobre dernier à Nitra, en Slovaquie. L’objet de la récom- pense est un court-métrage de 13 minutes intitulé “Lutte contre la faim”, qui démontre comment les systèmes actuels de stockage des récoltes occasionnent des pertes trop importantes et qui explique comment construire des silos mieux adaptés grâce à des techniques simples. Cette vidéo a été tournée à l’occasion d’une étude sur la communication dans le monde rural et s’est appuyée sur la campagne menée par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche du Mozambique en faveur des techniques d’après récolte. “Lutte contre la faim” a bénéficié de la participation des commu- nautés locales rurales et a reçu le soutien du ministère de l’Agriculture du Portugal. Deux cassettes audio, de 9 minutes cha- cune, ont également été enregis- trées pendant le tournage. Le Mozambique avait déjà reçu, en 1997, au cours de ce même festi- val, le Prix spécial de la FAO pour la vidéo “La sécheresse – un homme prévoyant en vaut deux”. - Pour en savoir plus : Direcçáo Nacional de Extensáo Rural Ministério de Agricultura e Pescas CP 1406, Maputo MOZAMBIQUE Fax : + 258 1 46 00 27 E-mail : sg2000@sgmoz.uem.mz Lauriers pour le cinéma mozambicain n FIARA 2000, la foire interna- tionale agricole et des ressources animales du Sénégal, s’est tenue à Dakar pendant 11 jours à la mi- décembre 1999 et a attiré près de 20 000 visiteurs chaque jour. Conçue comme un lieu de ren- contres pour les diverses organi- sations professionnelles agricoles et de prises de contact entre les producteurs et les consomma- teurs urbains, FIARA 2000 a été organisée par le Conseil national de concertation et de coopéra- tion des ruraux (CNCR) et l’Association des présidents de conseil rural (APCR). Elle reflète ainsi l’ouverture des débouchés tant au niveau du commerce régional que parmi la célèbre dia- spora sénégalaise en Europe, en Afrique australe et en Amérique. Dans l’effervescence des stands d’exposition et de vente se tenait tous les jours un forum de discus- sion sur des thèmes d’intérêt par- ticulier comme le rôle des femmes, la pêche et la décentrali- sation. Le CTA a animé des débats sur la communication, engageant le dialogue avec les uti- lisateurs et autres partenaires sur les services qu’il déploie. En outre, il a financé la participation de cinq représentants d’organisa- tions professionnelles agricoles d’autres pays. - FIARA c/o CNCR BP 13453 Dakar – SÉNÉGAL Fax : + 221 827 52 62 E-mail : cncr@telecomplus.sn Foire à Dakar Respirez bien, à vos risques et périls Ph ot o J. H ar tle y/ Pa no s Pi ct ur es n L’agriculture fait depuis long- temps partie du paysage urbain. Aujourd’hui, elle s’enracine dans tous les recoins de la vie citadine (voir Spore n° 82). Pour assurer leur survie, nombreux sont les citadins du Sud et du Nord qui cultivent des plantes ou élèvent des animaux qu’ils vendent ensui- te sur les marchés de la ville. Si l’agriculture urbaine contribue également à la sécurité alimentaire de la ville et à son écologie, elle pose toutefois des problèmes d’ad- duction d’eau, d’accès à la terre, de santé et d’hygiène. Ce sont ces thèmes, entre autres, qui ont été placés au cœur du débat lors du séminaire “Growing Cities, Growing Food – Urban Agriculture on the Policy Agenda” qui s’est tenu à La Havane (Cuba) en octobre 1999. Cette rencontre a été orga- nisée par l’ACPA (Association cubaine de production animale), les agences allemande et suédoise de développement GTZ et SIDA, la Fondation ETC et le CTA. Elle a rassemblé 70 experts de plus de 20 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amé- rique et d’Europe. Parmi leurs conclusions, la nécessité d’une plus grande sensi- bilisation, d’un meilleur échange d’informations, d’une plus grande participation des urbanistes et des décideurs, sans oublier des idées nouvelles pour de nouveaux pro- jets concernant le recyclage des eaux usées et des déchets orga- niques au service de la production agricole en milieu urbain, la santé publique et la protection de l’envi- ronnement. Les actes de cette réu- nion seront publiés à la mi-2000. En attendant, la série d’essais For Hunger-proof Cities publiés par le CRDI (ils seront prochaine- ment disponibles en version fran- çaise) constitue une remarquable introduction à l’agriculture ur- baine. Ces essais traitent plusieurs thèmes : les systèmes de produc- tion alimentaire en milieu urbain, l’accès des citadins aux vivres, l’agriculture de quartier et les méthodes de production hors sol comme les cultures hydropo- niques sur les toits et l’apiculture. - Centre de recherche pour le développement international BP 8500, Ottawa, ON, K1G 3H9. CANADA – Fax : +1 613 563 2476 E-mail : pub@idrc.ca Ça pousse dans les villes n Le Cameroun a décidé de ne plus exporter d’acajou (Khaya ivo- rensis ou anthotheca) ni de sapelli (Entandrophragma cylindricum), deux essences réputées qui repré- sentaient jusqu’à présent près de 70% des exportations de bois. Une vingtaine d’autres espèces sont aussi concernées. Par ailleurs, 69 espèces seront surtaxées de 3 000 FCFA/m3 (4,58 h) à l’ex- portation. Le décret que vient de publier le gouvernement came- rounais est l’aboutissement d’un processus enclenché depuis une dizaine d’années : l’augmentation du taux obligatoire de transfor- mation sur place (25% en 1968, 60% en 1981, 70 % en 1994). Il réglemente sévèrement le com- merce du bois dont les exporta- tions (deuxième poste) ont repré- senté 7 % du PNB en 1998, avec 2,7 millions de m3. Il vise à accé- lérer le développement de l’in- dustrie locale de transformation du bois, à favoriser la création de nouveaux emplois et à exporter des produits à haute valeur ajou- tée. Les usines devront être per- formantes, avec une productivité et des rendements proches des usines européennes ou asiatiques, mais leur potentiel de transfor- mation ne devra pas excéder la capacité biologique de la forêt. “C’est un risque qu’il faut évaluer et prévenir par une politique industrielle appropriée”, prévient Jean-Christophe Carret, du Centre d’économie industrielle de l’École des mines en France. D’ores et déjà, les investissements ont atteint 40 milliards de FCFA (61 millions d’euros). Et la capa- cité de transformation locale a augmenté de plus d’un million de m3 ! Le Cameroun n’exportera plus son bois précieux SPORE 86 • PAGE 8 Projets de recherche n Un atelier sur la rédaction de demandes de financement pour des projets de recherche agricole a été organisé au Centre malgache de recherche FOFIFA à Antananarivo, en décembre 1999. Il a réuni 12 experts du Burundi, du Congo (RD), de Madagascar et du Rwanda, immédiatement après la réalisation d’un atelier similaire pour les anglophones à Nairobi. Les co-organisateurs, l’ECAPAPA et le CTA, prévoient d’éditer le matériel pédagogique utilisé lors de ces formations sous forme de manuel. De plus amples informations seront fournies dans un prochain numéro de Spore. Découvrez le sorgho par vous-même n L’ICRISAT, institut international de recherche agronomique des régions tropicales semi-arides, vient de lancer un module éducatif en ligne sur le sorgho. Exclusivement consacré au sorgho, ce service aborde différents aspects : biologie, techniques actuelles de reproduction, maladies et parasites et méthodes de prévention ou de prophylaxie. Malheureusement, il n’existe pas encore de version française du site. Site Web : 198.93.234.24/maha/sorg.htm E-mail : V.Mahalakshmi@cgiar.org Crevettes et tortues sur le chemin de la négociation n Récemment, les États-Unis ont refusé d’importer des crevettes de Guyana (et d’autres pays) parce que le matériel de pêche utilisé – les filets en l’occurrence – pouvait nuire aux tortues marines. Les pays producteurs de crevettes ont porté plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce qui leur a donné raison. En revanche, l’OMC reconnaît que le commerce peut nuire à l’environnement et accorde le droit aux États-Unis de protéger les tortues. À condition d’entamer d’abord des négociations, au lieu d’imposer des règles unilatérales. Fixation de l’azote biologique en Afrique : perspectives n Le prochain congrès de l’Association africaine pour la fixation de l’azote biologique (AABNF), consacré aux enjeux et impératifs de la recherche et des applications au XXIe siècle, se déroulera du 25 au 29 septembre à Nairobi, au Kenya. - Organising Committee AABNF Congress Botany Department University of Nairobi PO Box 30197 Nairobi – KENYA Fax : + 254 2 622 733 E-mail : biofix@arcc.or.ke En bref • n Les droits sur l’obtention végé- tale (DOV) consistent à protéger juridiquement des plantes sélec- tionnées et améliorées. Mais les demandes de DOV enregistrées dans les pays en développement proviennent surtout de produc- teurs étrangers à ces pays (grandes sociétés du secteur agro- industriel). C’est ce qu’illustre le graphique ci-dessous, dans trois pays ayant accordé ces droits aux sélectionneurs : Afrique du Sud, Kenya et Argentine. Qui brevète le vivant? Un défi : couper moins pour gagner plus Grande braderie des droits d’obtention végétale Source : GRAIN (Genetic Resources Action International), octobre 1999 Ph ot o Y. B ou lv er t/ IR D Ill us tr at io n Lo um a pr od uc tio ns d ’a pr ès G RA IN n Pour des millions de citadins entassés dans les villes, cultiver des légumes en pots ou élever des cobayes en cage n’est pas un passe-temps, mais une nécessité pour l’alimentation ou comme source de revenus. Le Réseau de radios rurales des pays en déve- loppement (DCFRN) leur pro- pose des conseils en agriculture et élevage “en ville”. Et pour mieux se faire entendre, il diffuse des textes de vulgarisation écrits en anglais, français, espagnol et tra- duits dans les langues locales. Vingt-cinq millions de personnes dans le monde ont déjà appris, par exemple, à transformer leur toit en potager suspendu. Les ser- vices du DCFRN sont gratuits. Seule contrainte : posséder un transistor (voir aussi Spore n° 84). - Réseau de radios rurales des pays en développement 366, Adelaide Street West Suite 706 Toronto, Ontario – CANADA M5V 1R9 Fax : + 1 416 971 52 99 E-mail : dcfrn@web.net Site Web : www.web.net/~dcfrn/ français/index.htm La radio au service du monde rural des pays ACP : répertoire 1998. Ce répertoire présente une information détaillée sur les stations de radio rurale de 71 pays ACP ainsi que sur les principales organisations partenaires de ces stations rurales à l’échelon national et international. CTA, 1999, 320 pages ISBN 92 9081 2060 n° CTA 942, 20 unités de crédit.Ph ot o C TA L’agriculture urbaine sur les ondes n Les petites entreprises agroali- mentaires sont très importantes car elles créent de l’emploi et garantissent la subsistance de nombreuses familles tout en contribuant à l’économie et à la sécurité alimentaire. Du 30 novembre au 3 décembre 1999, le CTA, le CIRAD, le ministère français des Affaires étrangères et l’ENDA GRAF Sahel (Sénégal) ont co-organisé un séminaire sur la petite entreprise agroalimentaire en Afrique occi- dentale et centrale. Harmonisé avec une série de quatre études et d’ateliers régionaux en Afrique, ce séminaire a accueilli 60 personnes. Son objectif : évaluer l’importance du secteur et ses principales contraintes, examiner les moyens de l’appuyer et de le renforcer. Quatre grands thèmes étaient à l’ordre du jour : savoir et éduca- tion, accès au crédit, marketing et qualité des produits, et promotion de nouveaux moyens d’appui. L’éducation et la formation en matière d’hygiène, de gestion des ressources humaines, de gestion des stocks et de contrôle de la qua- lité sont des domaines où les besoins sont énormes. L’accès au crédit reste un problème dû essen- tiellement à l’éloignement des entreprises et à leur aspiration à bénéficier de longs prêts à des taux préférentiels. En ce qui concerne le marketing et le contrôle de la qualité, les contraintes majeures tiennent à l’éloignement des mar- chés et aux insuffisances des tech- niques de transformation et de conditionnement, au manque d’informations sur les questions d’hygiène, et à un déficit de connaissances quant aux préfé- rences des consommateurs et au mode de fonctionnement de la concurrence. De nombreux parti- cipants ont souligné la nécessité d’apporter davantage de soutien et de conseils à ce secteur. Rien de tel qu’un petit business Demande d’urgence : crédit, hygiène et techniques de commercialisation n L’hévéaculture n’est pratiquée au Gabon que depuis une quin- zaine d’années, mais on y teste depuis quelque temps l’associa- tion de l’hévéa (Hevea brasiliensis) avec les cultures vivrières pour améliorer la productivité des par- celles. Traditionnellement, on utilise les interlignes des hévéas pour un seul cycle de cultures vivrières, aux rendements sou- vent faibles. Des expérimenta- tions ont permis de définir de nouvelles associations de cul- tures, praticables avec peu d’in- trants et sans matériel particulier. Elles permettent de compenser la période improductive de l’arbre dans sa jeunesse (cinq à sept ans). Les successions de cultures qui conviennent le mieux aux sols forestiers sont surtout l’associa- tion riz-arachide pendant deux à trois cycles, dans une moindre mesure du plantain pendant un cycle, ou du manioc en culture annuelle, ou enfin des légumes avec du riz, de l’arachide et du plantain pendant un ou deux cycles. Les avantages de telles associations sont nombreux : les travaux de défrichement sont réduits, les hévéas croissent mieux, les revenus des planteurs augmentent et se diversifient. Une condition pourtant : les par- celles de culture doivent être proches des villages pour faciliter leur accès et l’écoulement des produits. Plantations, recherche, développement, n° 1, 1999. - Centre d’appui technique à l’hévéaculture BP 643, Libreville – GABON Heureux mariages L’avenir des régions rurales n Les interactions, les contradictions ou encore les opportunités qui se produisent entre les processus locaux et mondiaux et les effets de ces interactions sur les communautés rurales seront les principaux thèmes abordés lors d’un symposium international sur la globalisation et ses enjeux pour l’agriculture familiale. Ce symposium organisé par l’Association internationale sur les systèmes de production (IFSA) se tiendra en anglais du 27 au 29 novembre 2000 à Santiago du Chili. - IFSA Casilla 228, Correo 22 Santiago – CHILI Fax : + 56 2 236 4558 E-mail : ifsa@rimisp2.cl Site Web : www.rimisp.cl/ifsa_iesa2000.html Formation en agro-écologie n Le Centre écologique Albert Schweitzer organise, en septembre 2000, une formation à la lutte phytosanitaire en agro-écologie. - Centre écologique Albert Schweitzer 01 BP 3306, Ouagadougou 01 BURKINA FASO Fax : + 226 34 10 65 E-mail : ceas-rb@fasonet.bf Le Ghana privatise les exportations de cacao n Le gouvernement ghanéen a annoncé la privatisation de la Product Buying Company qui centralise l’achat aux producteurs et l’exportation d’environ 70% du cacao récolté dans le pays. Le Ghana est le second producteur mondial avec 409 000 t de fèves pour l’exercice 1998-1999, derrière la Côte d’Ivoire (1,15 Mt). Marchés africains, décembre 1999. Séminaire en Suisse n Notre alimentation fait la part de plus en plus belle aux plats précuisinés et aux “formules” des chaînes de restauration rapide. Pour aider les producteurs d’aliments biologiques à s’adapter à cette tendance, l’IFOAM (Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique) organise son premier séminaire international sur les aliments organiques, axé sur le maintien de la qualité. La manifestation se déroulera à Bâle (Suisse), les 29 et 30 août 2000. - Institut de recherche de l’agriculture biologique Ackerstrasse Postfach 5070 Frick – SUISSE Fax : + 41 62 865 72 73 E-mail : ifoam2000@fibl.ch Site Web : www.ifoam2000.ch • En bref Ph ot o B. F av re SPORE 86 • PAGE 9 Souhaitez-vous débattredes résultats de vos tra-vaux sur les plantes fores- tières à potentiel horticole ? Vous trouverez un interlocuteur au Kenya. Si vous vous intéressez à l’ananas, à la production de légumes tropicaux ou aux tuber- cules, vous pourrez vous adresser à des chercheurs d’Hawaii, de Taiwan ou de Nouvelle-Zélande. Ces experts sont membres de l’ISHS (International Society for Horticultural Science), un réseau regroupant des spécia- listes, des chercheurs et des étu- diants désireux de développer la coopération internationale. Aujourd’hui, l’ISHS compte environ 3 800 membres inscrits à titre individuel et 270 membres représentant des orga- nisations dans plus de 100 pays. Quoique modestement repré- sentés, les pays ACP sont très actifs à l’ISHS. Le secrétariat du réseau, installé en Belgique, coordonne les adhésions et gère les publications de la société. L’ISHS publie Acta Horticul- turae, revue consacrée pour l’es- sentiel aux actes des symposiums de la Société, ainsi que le Dictionary of Horticulture 1. Le secrétariat assure également la liaison avec les nombreux sous- groupes de l’ISHS. Actuellement, six sections s’occupent des princi- pales variétés horticoles cultivées dans le monde (fruits, plantes médicinales, tubercules et ra- cines, légumes, etc.) et douze commissions se penchent sur diverses disciplines scientifiques et techniques, comme la biotech- nologie, l’économie et la gestion, l’enseignement et la formation, la protection des plantes, l’après- récolte, l’horticulture urbaine et les ressources phytogénétiques. Ces sections et commissions ont créé près de 90 groupes de tra- vail, chargés d’étudier des do- maines bien précis. Certains groupes particulièrement actifs organisent des colloques, dispo- sent d’un site Web et publient des lettres d’information consacrées notamment à l’après-récolte (www.ishs.org/sci/ph12000.pdf) et aux fruits (www.ishs.org/ sci/frtnwslt.htm). Ils participent aussi à d’autres réseaux comme celui consacré aux cucurbitacées (www.cucurbit.org). Pour prendre part aux activités de ces groupes, il faut être membre de l’ISHS. La cotisation annuelle est de 35 h pour les par- ticuliers, de 146 h pour les orga- nisations et de 12 h pour les étu- diants. Les ressortissants des pays en développement paient un montant identique, mais la durée de l’inscription est éten- due à deux ans. Tous les membres reçoivent chaque année un annuaire dans lequel figurent pratiquement tous les spécialistes horticoles du monde, ainsi que la revue tri- mestrielle Chronica Horticul- turae. Ils peuvent obtenir Acta Horticulturae à un tarif préféren- tiel et bénéficient de réductions substantielles sur les frais d’ins- cription aux 30 symposiums spé- cialisés que l’ISHS organise chaque année. 1 Elsevier, 1990, publié en 10 langues. ISBN 0-444-88062-3, prix : 200 h. - Secrétariat de l’ISHS K. Mercierlaan 92 3001 Louvain BELGIQUE Fax : + 32 16 22 94 50 E-mail : info@ishs.org Site Web : www.ishs.org SPORE 86 • PAGE 10 Repères • L es populations possèdentdes capacités d’innovationqu’il faut révéler et mobili- ser afin de les aider à améliorer leurs conditions de vie et leur ges- tion des ressources. Le constat n’est pas nouveau. Ce qui est plus original, en revanche, c’est la stra- tégie développée par ENDA GRAF Sahel (GRAF signifiant Groupes de recherche-actions-for- mations). Cette structure consti- tuée en 1975 à Dakar (Sénégal) a adopté une démarche fondée sur quelques principes clés : partir des situations vécues sur le terrain, valoriser les dynamiques exis- tantes, décloisonner les savoir-faire grâce à des réseaux où techniciens, animateurs, paysans et institutions d’appui échangent et se forment de manière égalitaire. En Afrique de l’Ouest, ENDA GRAF mène chaque année plu- sieurs programmes d’appui aux initiatives paysannes, de valorisa- tion des ressources locales et d’animation de réseaux. Par exemple, le programme de déve- loppement local de Mont- Rolland au Sénégal est orienté vers la gestion des ressources naturelles (agriculture, élevage, etc.) et vise à renforcer les com- pétences (formations, alphabéti- sation, échanges avec d’autres organisations). Les communau- tés rurales du département de Louga bénéficient d’un autre programme axé sur la sécurité alimentaire et institutionnelle des groupes les plus défavorisés. ENDA GRAF apporte son appui dans les domaines de la formation et de la planification de projets en matière de pêche, maraîchage, élevage, agriculture, santé, emploi et tourisme. La constitution d’un réseau d’échange de marchandises et de services à Dakar illustre pour sa part l’approche d’ENDA GRAF en matière de valorisation des innovations populaires. Baptisé Doole (“la force de l’union” en wolof ), ce réseau a été “monté” par un groupe de femmes appuyées par ENDA GRAF. Il regroupe quelque 550 membres des SEC (Systèmes d’échanges communautaires) qui n’utilisent pas la monnaie nationale mais des bons d’échange libellés en heures de service. Avec ces bons, ils peuvent acheter des marchan- dises aux marchés et à la bou- tique du réseau, payer les services d’un autre membre (électricité, cours de conduite, broderie, etc.), ou suivre des formations (alphabétisation, langues, infor- matique, gestion, etc.) dispen- sées à “l’Université” du réseau par certains de ses adhérents. Par ailleurs, les membres du réseau Doole peuvent travailler dans des “chantiers communautaires” rémunérés en bons d’échange. ENDA GRAF publie aussi des ouvrages qui témoignent de la richesse des ressources humaines pour peu qu’elles soient libérées des modèles qui entravent leur créativité. Dans la collection intitulée “Recherches popu- laires”, paysans, pasteurs ou agents de développement sont appelés à valoriser les résultats de leurs investigations dans des récits “à plusieurs voix”. ENDA GRAF Sahel compte aujourd’hui 11 antennes, dont 7 à Dakar, 1 au Bénin, 2 en Guinée Conakry et 1 en Belgique. ENDA GRAF Sahel Cité millionnaire BP 13069 Dakar – SÉNÉGAL Fax : + 221 827 20 25 E-mail : forumpop@enda.sn Site Web : www.enda.sn/graf/index.htm ENDA GRAF Sahel : une vocation d’animateur ISHS, un réseau international très ramifié Pauvreté, décentralisation et changement social. Éléments pour la reconstruction d’une société politique n La lutte contre la pauvreté, le démontage des mécanismes générateurs d’exclusion, la fin de l’exploitation sont conditionnés par le succès d’une décentralisation généralisée à tous les secteurs de la vie. Cet ouvrage aborde un thème d’actualité – celui de la décentralisation – avec pour hypothèse qu’elle devrait contribuer “à libérer la richesse qui dort en chacun de nous”. ENDA GRAF Sahel, 1999 BP 13069 Grand Yoff Dakar – SÉNÉGAL Fax : + 221 8273215 E-mail : graf@enda.sn 174 pages ISBN 92-9130-020 ISSN 08 50-85-26 Prix : 3 000 FCFA/4,57 h (Afrique) ; 65 FF/9,90 h (Europe) Effets de la mondialisation sur le secteur agricole et les communautés rurales des pays ACP Auteur : P. Robbins. Document de travail CTA n° 8008, 1999, 52 pages,0 unité de crédit. Étude documentaire sur la gestion des terroirs en Afrique subsaharienne Auteur : M. van de Sand. Document de travail CTA n° 8011,1999, 26 pages, 5 unités de crédit. Nouveaux périodiques n Deux nouveaux périodiques sont nés à la fin de l’année 1999. • Sciences au Sud, le journal de l’IRD, remplace les deux anciens supports d’information de l’ex-Orstom. Véritable tribune d’échanges et d’informations, il paraîtra cinq fois par an. Il s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux actions de recherche, de formation et d’expertise menées par l’IRD dans les pays en développement (1). • Agri-Culture est un mensuel d’information générale et technique sur le monde rural. Il consacre ses colonnes à des événements d’actualité (séminaires, journée mondiale de l’alimentation…), à l’analyse des marchés (coton, filière porcine…) ou encore à des sujets plus pointus comme la micro-finance au service de la femme rurale (2). (1) Sciences au Sud, IRD, 213, rue La Fayette 75480 Paris cedex 10 – FRANCE Fax : + 33 1 48 03 08 29 Prix : 25 FF/3,81 h (le numéro) (2) Agri-Culture, Qut. Sèmé Abomey - Calavi 03 BP 0380, Cotonou – BÉNIN Prix : 250 FCFA/0,38 h (le numéro) • Publications SPORE 86 • PAGE 11 n Dans les pays en développe- ment, on assiste à une multiplica- tion de petites entreprises qui cherchent à valoriser les produc- tions agricoles en approvision- nant les marchés de produits séchés. La création d’une entre- prise de séchage requiert au préa- lable d’avoir une vision générale des atouts et des contraintes spé- cifiques à ce secteur. Ce guide en quatre parties fournit les infor- mations et les outils nécessaires au démarrage d’une telle entre- prise. La première partie définit l’unité de séchage et décrit le contexte dans lequel s’inscrit la création de l’entreprise. La deuxième est un rappel méthodo- logique sur la démarche d’élabo- ration d’un projet et un certain nombre de composantes telles que l’étude du marché et son identification, l’analyse écono- mique du projet, le choix du séchoir. La troisième partie pré- sente les différents marchés des unités de séchage artisanales. La quatrième enfin fournit quelques pistes de réflexion pour rentabi- liser l’activité. Schémas explicatifs et illustrations contribuent à rendre attractive la lecture de ce manuel pratique. Guide d’aide à la décision pour la création d’unités artisanales de séchage agroalimentaire Éditions du GERES, 1999 2, cours Maréchal Foch 13400 Aubagne – FRANCE Fax : + 33 442 03 01 56 E-mail : geres@worldnet.fr Site Web : http://services.worldnet.net/geres—fr ISBN 2-86844-105-X 107 pages Prix : 125 FF/19,05 h Créer et rentabiliser son entreprise de séchage agroalimentaire n Les Nations unies l’avaient prévu : nous sommes six milliards d’êtres humains à nous partager la planète. Nous serons 9 mil- liards ou plus en 2050 (voir Spore Spécial 2000, pages 8/9). L’agriculture qui assure aujour- d’hui l’essentiel des ressources ali- mentaires des populations du monde sera-t-elle capable de faire face à une demande nutrition- nelle accrue sans dégrader la pla- nète ? À quelles innovations tech- nologiques faudra-t-il faire appel pour assurer dans toutes les régions du monde une alimen- tation satisfaisante tant en quan- tité qu’en qualité ? Quels pro- grammes de recherche faut-il développer pour prendre en temps utile les précautions et les garanties nécessaires face aux risques majeurs qui menacent l’avenir ? Telles sont les questions abordées dans cet ouvrage qui propose quelques éléments de réponse. Alimentation mondiale 2050. Bien nourrir les hommes sans dégrader la Planète Éditions de l’Harmattan, 1999 5-7, rue de l’École polytechnique 75005 Paris – FRANCE Fax : + 33 1 43 25 82 03 E-mail : harmat@worldnet.fr 176 pages ISBN 2-7384-8168-X Prix : 95 FF/14,48 h Terre nourricière Publications n Le lait, surtout dans les pays chauds, ne conserve pas long- temps ses vertus nutritionnelles et immunitaires. Quelque deux heures à peine après la traite, les éléments qui le compo- sent (la lactoperoxydase, le thiocyanate oxydé et le peroxyde d’hydro- gène) perdent leur pou- voir antibactérien. Le système LPS, ou systè- me de conservation du lait par la lactoperoxy- dase, “pourrait offrir une solution aux pay- sans isolés désireux de commer- cialiser leur lait, mais trop sou- vent gagnés par le temps”, lisait- on dans Spore n° 80 (page 9). Ce manuel, simple et illustré, explique le mécanisme, les avan- tages et les modalités d’applica- tion de ce système antibactérien naturel et inoffensif. Attention toutefois ! C’est au centre de ramassage du lait et par du per- sonnel qualifié que les opérations requises doivent être effectuées. Manuel sur la lactoperoxydase pour la manutention et la conservation du lait FAO, 1999 Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome – ITALIE Fax : + 39 06 5705 3360 36 pages ISBN 92-5-204254-7 Prix : 8,00 $/8,00 h CSN– + H2O2 = LPS ou le moyen de conserver le lait n Le poisson, c’est bon, mais c’est fragile ! Deux documents tech- niques publiés par la FAO rappel- lent les précautions à prendre lors de la capture et de la manipula- tion. Conçu comme un manuel de formation, le premier analyse les industries de transformation des produits de la pêche. Son objectif : encourager la gestion réfléchie des ressources aqua- tiques existantes dans un contexte où le développement peut diffici- lement être envisagé par l’aug- mentation des captures. Le second ouvrage fait le point sur les connaissances récentes en matière de qualité et d’altération du poisson frais. Il traite des aspects fondamentaux de la biolo- gie du poisson, de sa composition chimique et de ses modifications post-mortem. Son objectif : jeter des bases permettant d’optimiser les procédés de manutention des captures et d’obtenir une durée de conservation maximale. Ingénierie économique appliquée aux industries de la pêche Document technique sur les pêches n° 351, 1999 FAO Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome – ITALIE Fax : + 39 06 5705 3360 334 pages ISBN 92-5-203738-1 Prix : 27 $/27 h La qualité et son évolution dans le poisson frais Document technique sur les pêches n° 348, 1999 FAO (adresse ci-dessus) 206 pages ISBN 92-5-203507-9 25 $/25 h Poissons sous protection SPORE 86 • PAGE 12 Femmes peules du Burkina Faso. Stratégies féminines et développement rural n Par-delà le cas (qui ne saurait être isolé) des femmes peules du Burkina Faso, ce livre fait comprendre les phénomènes sociaux qui se tissent dans le contact entre les cultures locales et les interventions de développement. L’auteur observe et analyse les troubles et les contradictions manifestés lors des rencontres de ces villageoises avec les acteurs du développement. Des troubles et des contradictions qui offrent des opportunités et des marges de manœuvre que les femmes savent saisir. Auteur : Françoise Puget Éditions de L’Harmattan, 1999, collection “Études africaines” 5-7, rue de l’École polytechnique 75005 Paris – FRANCE Fax : + 33 1 43 25 82 03 ISBN 2-7384-8389-5 Prix : 160 FF/24,39 h La famille africaine La famille subit partout une mutation rapide due à la modernisation, au développement, à la crise économique. La famille en Afrique ne fait pas exception. Quels changements a-t-elle subis? Prise entre tradition et modernité, elle demeure toutefois l’unité sociale la plus fondamentale. Ce livre qui aborde plusieurs sujets la concernant, et notamment son rôle dans les processus de développement, contribue à faire comprendre les impératifs culturels, institutionnels et sociologiques qui devraient guider les politiques démographiques et les programmes de développement. Éditions Karthala, collection “Questions d’enfances”, 1999 22-24, boulevard Arago 75013 Paris - FRANCE ISBN 2-865537-942-6 328 pages Prix : 160 FF/24,39 h La question énergétique au Sahel La totalité de la consommation d’énergie des pays sahéliens représente 1 % de celle de la seule agglomération de New York ! Malgré sa faiblesse, cette consommation domestique suffit à détruire un environnement forestier fragile. L’analyse de la situation (faible niveau de développement, forte croissance démographique…) dessine un avenir préoccupant. Il est probable, si les tendances ne sont pas inversées, que la communauté internationale sera rapidement confrontée à la nécessité de fournir au Sahel une aide énergétique. Co-édition Karthala/IRD, 1999 22-24, boulevard Arago 75013 Paris - FRANCE ISBN 2-86537-867-5 176 pages Prix : 100 FF/15,24 h Publications • n Depuis une quarantaine d’an- nées de nombreux petits barrages contribuent à satisfaire les besoins en eau des pays d’Afrique sahélienne et centrale. La plupart ont été réalisés à l’aide de tech- niques éprouvées. Cependant, ils se caractérisent par une relative uniformité dans la conception. Résultat : on rencontre à peu près les mêmes problèmes sur chacun d’eux. Ce livre propose un certain nombre de variantes techniques susceptibles de résoudre ces problèmes. Destiné aux concepteurs et aux maîtres d’œuvre, il traite de la concep- tion des évacuateurs de crue et des ouvrages annexes, de la conception des barrages en rem- blai, en maçonnerie, en béton, puis du chantier de construction en détaillant l’exécution de chaque type d’ouvrage. Un der- nier chapitre consacré à la sur- veillance et à l’entretien clôt ce manuel qui pourra être utilement consulté par les services tech- niques des maîtres d’ouvrage. Technique des petits barrages en Afrique sahélienne et équatoriale EIER/CEMAGREF Éditions, 1999 EIER 03 BP 7023 Ouagadougou – BURKINA FASO Fax : + 226 31 27 24 E-mail : eier@eier-univ-ouaga.bf 416 pages ISBN 2-85362-511-7 Prix : 20 000 FCFA/30,49 h Des petits ouvrages de moins de 15 mètres de hauteur n Le secteur des exportations de produits agricoles a fortement évolué ces dernières années à la suite des programmes d’ajuste- ment structurel appliqués sur tout le continent africain. Les offices de commercialisation ont été en grande partie remplacés par des exportateurs, transfor- mateurs et négociants du secteur privé. Le transfert de res- ponsabilités de l’État au secteur privé s’est assez bien déroulé. Toutefois, des pro- blèmes demeurent, notamment au niveau de l’approvisionne- ment en intrants, de la qualité des cultures et de la transforma- tion. Ce bulletin aborde la ques- tion de la libéralisation des cul- tures d’exportation en Afrique d’un point de vue tant théorique que pratique, il cerne les pro- blèmes rencontrés et indique les solutions apportées. Il devrait intéresser les décideurs africains, les organismes qui ont poussé aux réformes et le secteur privé. Libéralisation du secteur des cultures d’exportation en Afrique. Bilan. FAO, bulletin des services agricoles n° 135, 1999 Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome – ITALIE Fax : + 39 06 5705 3360 116 pages ISBN 92-5-204258-X Prix : 20 $/20 h La privatisation du commerce d’exportation sur la sellette SPORE 86 • PAGE 13 Les champs de cacao : un défi de compétitivité Afrique-Asie Cet ouvrage présente l’étude comparative de la filière cacao des trois premiers pays producteurs : la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Indonésie. La mise en perspective de la compétition entre ces trois géants du cacao permet de dégager quelques tendances. Si l’avenir de la filière dans les pays ouest-africains est conditionnée par la baisse des surcoûts supportés par les producteurs, la bonne performance de la cacaoculture indonésienne est cependant menacée par l’arrivée de nouveaux ravageurs. Mais, dans ce secteur, tout évolue et très vite… Co-édition CIRAD/Karthala, 2000 La Librairie du CIRAD BP 5035 34032 Montpellier cedex 1 FRANCE ISBN 2-87614-378-X 224 pages Prix : 140 FF/21,34 h Le coût de l’eau solaire au Mali n Le Mali est l’un des pays africains les plus équipés en systèmes de pompage solaire (400 pompes solaires photovoltaïques y sont installées). Cet ouvrage rassemble les résultats d’une analyse sur le coût de l’eau pompée à partir de l’énergie solaire en fonction des modes d’utilisation (usage domestique, élevage, irrigation, etc.). Il présente les prix de vente de l’eau pratiqués dans diverses régions du Mali et définit le domaine d’utilisation des pompes photovoltaïques. Une utilisation qui n’est pas limitée aux frontières du Mali. Éditions pS-Eau, MAE- Coopération et Francophonie, collection “Études et travaux”, 1999 GRET Librairie-Diffusion 211-213, rue La Fayette 75010 Paris – FRANCE Fax : + 33 1 40 05 61 10 E-mail : librairie@gret.org ISBN 2-86844-104-1 60 pages Prix : 50 FF/7,62 h Édition spéciale n Défis Sud, le magazine de l’ONG belge SOS Faim, a édité un numéro spécial intitulé “Les enjeux de l’agriculture au XXIe siècle”. Le sujet est abordé sous ses multiples aspects (lois du marché, OGM, environnement, sécurité alimentaire) par des spécialistes de renommée. Une édition de référence. Défis Sud n° 39 SOS Faim ASBL, 1999 4, rue aux Laines 1000 Bruxelles – BELGIQUE Fax : + 32 2 511 22 38 E-mail : info@sosfaim.be Site Web : www.sosfaim.be 42 pages Prix : 125 FB/3,81 h • Publications Les publica- tions signalées dans ces pages par la feuille verte viennent s’ajouter au catalogue CTA, et vous pouvez les obtenir du CTA si vous êtes abonné(e) au Service de diffu- sion du CTA. Pour les autres publications (signalées par un simple carré orange), vous devez vous adresser à l’éditeur men- tionné, ou à un libraire, mais pas au CTA. Les publications du catalogue CTA sont gratuites pour les abon- nés du Service de diffusion des publications. Les abonnés peu- vent commander ces publications jusqu’à concurrence de leur cré- dit, en utilisant impérativement le bon de commande qui leur a été fourni. Les non-abonnés peuvent demander un formulaire d’ins- cription au CTA. Le service est ouvert aux organisations et institutions de développement agricole et rural des pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), ainsi qu’aux particu- liers qui résident dans ces pays. Si vous ne remplissez pas les condi- tions d’abonnement au service, ou si vous avez épuisé vos unités de crédit, vous pouvez acheter les publications du catalogue CTA auprès du distributeur suivant : Triops, Hindenburgstrasse 33, 64295 Darmstadt, Allemagne – Fax : + 49 6151 3140 48 – E-mail : triops@triops.de – Site Web : http://www.triops.de Comment obtenir ces publications n Les activités illégales d’exploi- tation forestière et de commerce du bois figurent parmi les princi- pales causes de dégradation des forêts dans le monde. Du Paraguay à la Sibérie, de la Thaïlande au Canada, en Afrique comme en Asie, des exploitants peu scrupuleux des lois dégradent les grands espaces forestiers. Leurs pratiques ne menacent pas seulement la bio- diversité des forêts. Elles mettent aussi en péril les collectivités dont le mode de subsistance repose quasi exclusivement sur les ressources forestières. Pour résoudre ce problème mondial, les pays concernés doivent mettre en œuvre les lois déjà existantes et des procédures garantissant leur respect. Cet ouvrage invite à une profitable réflexion sur les moyens d’y par- venir. Après un survol de la situation dans le monde ainsi que d’intéressantes propositions pour élaborer une réglementa- tion des forêts, il s’achève sur une recommandation qui devrait être la philosophie de toute ges- tion durable d’un bien : mettre un terme à la course aux profits. Coupe à blanc : activités illégales d’exploitation forestière et de commerce du bois dans les tropiques Éditions du CRDI, 1999 BP 8500 Ottawa (Ontario) CANADA K1G 3H9 Fax : + 1 613 563 2476 E-mail : pub@idrc.ca Site Web : www.idrc.ca/books/897.html 150 pages ISBN 0-88936-897-X Prix : 25 $/25 h Bien mal acquis ne profite jamais… durablement Pour mieux veiller au grain Riches ou pauvres, la plu- part des populations du globe dépendent d’une céréale – blé, maïs, seigle, riz, sorgho ou mil, selon l’endroit et le porte- monnaie – qui forme la base de leur alimentation. Du fait de cette dépendance et des varia- tions dans les réserves de grains, de nombreuses familles souffrent périodiquement de pénuries ou sont confrontées à des inégalités sociales ou économiques dans leur village ou dans leur région. D’où l’idée d’établir des banques de céréales, c’est-à-dire des coopératives villageoises de stoc- kage des grains, en vue d’atté- nuer, sinon de résoudre, les pro- blèmes de pénurie en période de soudure et de fluctuation des prix des céréales pendant l’année. Les banques de céréales sont nom- breuses au Mali et dans d’autres pays d’Afrique où elles consti- tuent un maillon important de la filière céréalière. Basé sur l’expé- rience au Mali, ce guide examine le fonctionnement et la gestion de différents types de banques, et donne des indications sur les techniques de stockage et de conservation des grains. Des modèles de registres, fiches de suivi et autres documents de ges- tion sont fournis en annexe. Guide pratique des banques de céréales au Mali Auteur : A. Keita Coédition CTA/Éditions Jamana, 1999 126 pages ISBN 2-910454-73-8 N° CTA 966, 10 unités de crédit Coopérative culturelle Jamana BP 2043, Bamako – MALI Fax : + 223 29 76 39 E-mail : jamana@malinet.ml Prix : 4 123 FCFA/6,29 h (règlement à l’avance avec bon de commande) n “Ce matin à Darou (Sénégal), tous les villageois se réunissent sous l’arbre à palabres…” Ainsi commence cette bande dessinée publiée par le Réseau d’informa- tion des terres arides (RITA). Son objectif : faire comprendre le nou- veau code forestier en application dans le pays, son bien-fondé, son cadre juridique, ses modalités d’application, le rôle de l’État et celui des citoyens. Modèle du genre, ce petit ouvrage illustre par- faitement combien le dessin (réa- liste, ancré dans le quotidien des lecteurs) combiné à un scénario simplissime peut se substituer avantageusement aux grands dis- cours et dynamiser les messages les plus compliqués. Comprenez-vous le nouveau code forestier ? RITA, 1999 CP 3, Dakar-Fann – SÉNÉGAL Fax : + 221 827 31 37 E-mail : ritaalin@sonatel.senet.net 22 pages Distribué gratuitement Arrêt sur images SPORE 86 • PAGE 14 La réduction de la pauvreté est-elle possible ? n I. Thuwein nous interpelle de Tanzanie : “La guerre, le paludisme, le sida et la faim font partie du quotidien en Afrique et sont à la racine de la pauvreté au même titre que la sécheresse ou les inondations. La malnutrition, la médiocrité des communi- cations et des infrastructures commerciales sont des problèmes auxquels de nombreux Africains sont confrontés, sans oublier que l’environnement ne cesse de se dégrader et la population d’augmenter. La corruption est présente partout ; les ressources natu- relles comme l’eau, la forêt et la faune sau- vage sont détruites en permanence. Mais les dirigeants africains sont perpétuelle- ment absents, participant à des séminaires, ateliers, tours et autres rencontres en Europe et dépensant des millions de devises étrangères qui sont le travail des pauvres gens. La réduction de la pauvreté est-elle possible? J’en doute fort, mais je souhaite le succès à ceux qui se battent.” Le point de vue des vulgarisateurs villageois n Toujours à propos des formations, cette fois-ci Peter Ifeanyi Duru de Orlu au Nigeria nous demande : “Le CTA ne peut-il pas organiser des séminaires au profit des vulgarisateurs villageois et, compte tenu de leur situation économique, financer leur participation à des séminaires, ateliers et conférences ? Les vulgarisateurs villa- geois ont un rôle essentiel à jouer car grâce à eux les innovations technologiques peuvent parvenir aux cultivateurs, mais leur travail a été récupéré par des flagor- neurs du milieu politique et des hauts pla- cés de la vulgarisation.” Dans le cadre de son programme de sou- tien aux séminaires, le CTA finance chaque année la participation de près de 300 pro- fessionnels, y compris des vulgarisateurs, à des réunions internationales. Par ailleurs, le centre organise régulièrement des visites d’étude pour des spécialistes de ter- rain comme celle décrite dans la section En Bref sur les programmes d’agro-piscicultu- re au Malawi. Et par le biais de ses pro- grammes de coopération et partenariat avec des institutions nationales, le CTA encourage ses partenaires à accorder plus d’attention à ce niveau si crucial de la pro- fession de vulgarisateur. Spore, une histoire d’amour ? n “Très cher Spore”, nous écrit Oswald Ndhlovu de Murombedzi au Zimbabwe, sur un ton enflammé, “Tu es si beau et tu as un tel éclat mais tu es si petit. Tes mots sont doux, te lire est comme savourer à jamais une banane bien mûre, et je t’em- mène toujours avec moi, dans mon sac. Et si je n’ai rien à lire, alors je te prends et caresse ta soyeuse couverture, et je te relis depuis le début, encore et toujours…” Nouvelle recette d’acaricide n Une nouvelle formule d’acaricide pour le petit et gros bétail nous est offerte par A. Lanwo, Technicien vétérinaire princi- pal, Veterinary Clinic, PO Box 620, Ondo, Nigeria. “Il y a deux ans, le prix des parasi- ticides efficaces était si élevé et j’avais de telles difficultés à m’en procurer pour trai- ter les infestations de gale que j’ai essayé de trouver une autre solution et celle-ci s’est avérée très efficace et bon marché. La formule est la suivante : 1 litre de gasoil ou de PK ou de GN ; 15 grammes de camphre (environ 10 boulettes) et 2 à 3 ml de Diazine ou d’Asuntol. Mode d’emploi : broyer le camphre en une fine poudre et ajouter le gasoil et le Diazine ; bien agiter la solution et badigeonner les parties affectées à l’aide d’un gros pinceau. Il n’est pas nécessaire de frotter car le camphre est un bon exfoliant. J’encourage les lecteurs de Spore à employer cette formule et à me faire part de leurs résultats.” Recherche couverture pour fruitiers n Richard Funyep, du groupe CAPA-DL, BP 54, Makénéné, Province du Centre, Cameroun, demande aux lecteurs de lui conseiller une bonne plante de couverture. “Nous travaillons en zone forestière hu- mide avec un climat équatorial caractérisé par deux saisons sèches : la petite de juillet à mi-août et la grande de mi-novembre à mi-mars. Nous aimerions avoir des semences et des informations détaillées sur un arbuste (légumineux) à feuillage touffu et permanent pouvant servir d’ombrage ou de couverture aux fruitiers tout au long de l’année et croissant donc plus vite qu’eux durant les trois premières années.” Plus de temps d’antenne pour les radios rurales n Réagissant au Point de vue sur les radios rurales paru dans Spore n° 84, Samuel Zelehe de Gambella en Éthiopie insiste sur le fait que “la radio est le moyen de diffu- sion le moins coûteux à utiliser comparé à d’autres TIC comme la télévision et l’Internet. La radio est particulièrement adaptée comme moyen de communication, surtout pour les populations rurales très éloignées de toute TIC dans la plupart des pays ACP. Bien que de nombreux États ACP utilisent ce moyen de diffusion, le temps d’antenne réservé aux problèmes touchant les populations rurales est en général trop court, et l’on a du mal à croire que les radios rurales puissent communiquer les informations agricoles les plus récentes dans un tel laps de temps. Il paraît donc important d’accorder un temps d’antenne plus long de sorte que les stations de radio puissent atteindre leurs objectifs.” Millénaire : de quoi réfléchir Vos commentaires sur le supplément du millénaire, Des scénarios pour l’agricul- ture ACP : dans la ronde de la vie, ont commencé à par- venir aux bureaux de Spore. Une des pre- mières et importantes réflexions nous vient de Mme Thiam Traoré Djenebou, direc- trice de SUD’AGORA à Abidjan en Côte d’Ivoire, qui s’exprime entre autres sur “la corrélation entre innovations et traditions. Je soutiens tout à fait l’idée selon laquelle les innovations d’aujourd’hui seront les tra- ditions de demain. En d’autres termes, nos traditions actuelles existent parce que nos aînés ont innové. Le développement durable doit être conçu a priori comme un état d’esprit ; ensuite seulement, pourront suivre des actions qui conduiront à lui : les changements indispensables pour évoluer vers la durabilité, donc les traditions, ne doivent pas occulter les savoirs et savoir- faire des anciennes innovations qui sont nos valeurs actuelles.” R. R. Boîte postale 380 En plus du courrier que nos lecteurs nous envoient régulièrement, nous avons reçu des commentaires sur notre supplément du millénaire (voire Spore 84). Vos lettres, télécopies et e-mails sont toujours les bienvenus aux adresses indiquées ci-contre, que vous désiriez nous communiquer vos idées et souhaits ou nous faire part de vos points de vue sur les divers scénarios de développement agricole dans les pays ACP. En publiant le courrier de ses lecteurs, Spore ne cautionne pas nécessairement leurs avis ou les informations qu’ils diffusent. Entre nous • G. Michael Tilahun (photo) est assistant vétérinaire à Amaro, en Éthiopie, et nous écrit pour nous faire part de ses préoccupations concernant le marché parallèle de médicaments vétérinaires (voir Spore n° 84) : “Il menace (le revenu) des vétérinaires installés, et les jeunes vétérinaires craignent de ne jamais pouvoir rentrer dans le métier, par crainte des conditions de vie.” • Entre nous SPORE 86 • PAGE 15 Spore est un bimestriel d’information pour le développement agricole des pays ACP. Spore est gratuit pour les particuliers et les organisations des pays ACP et de l’UE s’occupant de développement agricole et rural. Il est aussi possible de souscrire un abonnement auprès de Triops (voir page 13). Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Convention ACP-UE de Lomé CTA : Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : + 31317 467 100 Fax : + 31317 460 067 E-mail : cta@cta.nl Site Web : http://www.cta.nl E-mail des lecteurs : spore@cta.nl Rédaction : SPORE est rédigé par un consortium rassemblant Louma productions et Médiateurs. Louma productions, 3, rue Neuve, 34150 Aniane, France Fax : + 33 4 67 570180 E-mail : redactionspore@louma.fr Médiateurs, W-Alexanderpoort 46, 1421 CH Uithoorn, Pays-Bas Fax : + 31297540514 E-mail : spore-desk@mediateurs.org Ont participé à ce numéro : Catherine Binudin, Didier Chabrol, O´Neil Cuffe, Bernard Favre, Erik Heijmans, Bernadette Imbert, Catherine Marzin, Eyoum Ngangue, Paul Osborn, Zazah Razafindrazaka et Christine Tissot. Mise en page : Louma productions Impression : Imprimerie Publicep, France © CTA 2 000 – ISSN 1011-0046 Le contenu de Spore peut être librement reproduit. Merci de mentionner Spore comme source. Au début du moisde mars, Carl B.Greenidge (à droite sur la photo) a pris la direction du CTA. Il succède ainsi au Dr R. D. Cooke qui occupait ce poste depuis 1995 (voir “Point de vue”, page 16). Carl B. Greenidge, économiste spécialisé dans l’agricul- ture, est la troisième personne nommée à la tête du CTA. Il assurait auparavant, et depuis 1992, les fonctions de secrétaire général adjoint au Secrétariat général du Groupe des États ACP à Bruxelles. Dans son Guyana na- tal, Carl B. Greenidge a d’abord enseigné l’éco- nomie agricole avant de devenir, pour presque dix ans, ministre des Finances de son pays. Architecte du Programme d’ajustement structurel de Guyana, il a grandement contribué à sortir son pays d’une longue période de marasme économique. Carl B. Greenidge s’est particulièrement intéressé à la planification agricole, entre autres aux effets des innovations agricoles sur les reve- nus des populations rurales en Afrique, et au rôle des marchés ruraux dans la valorisation et la gestion des ressources halieutiques. Son livre sur les programme d’établissement de colons au Guyana traite notamment de la responsabilisation des paysans. Il sera édité prochainement Carl B. Greenidge connaît bien les dos- siers ACP-UE puisqu’il a participé à la négociation de nombreux accords de coopé- ration, y compris à celles relatives aux accords succédant à Lomé IV. Lors de ces négociations, il s’est particulièrement consa- cré au commerce en général et aux proto- coles relatifs aux produits agricoles en particulier. Le nouveau directeur du CTA Marie-Josée Jehl, bien connue denombreux lecteurs de Spore, quittele CTA après presque douze ans de bons et loyaux services. Elle avait travaillé au Conseil de l'Europe à Strasbourg avant de rejoindre le CTA en 1988 et d'y occuper les fonctions d'assistante bibliothécaire. Après avoir assumé l'énorme travail de catalogage de la bibliothèque et diverses tâches de diffusion de l'information, elle s'impliqua de plus en plus dans les ateliers de formation organisés avec les partenaires du CTA. Un rôle qui fut officialisé en 1996 lorsqu'elle prit les nou- velles fonctions de responsable de la forma- tion et de chef adjointe du Département Information et renforcement des capacités. Son programme de formation s'étoffa rapide- ment jusqu'à inclure 17 ateliers durant l'an- née 1999, sur des sujets allant de la création d'un site Web à l'édition d'un rapport annuel d'activités. Douée d'une belle énergie, Marie-Josée a tiré un vif plaisir du travail intense, des bons résultats et des amitiés que lui ont procurés tous ces ateliers dans 24 pays ACP. Cette ambiance survoltée, c'est ce qui lui manquera le plus mainte- nant qu'elle part vivre et travailler à Rome. Elle restera en contact par e- mail, c'est sûr, elle qui fut parmi les premiers au CTA à apprécier cet outil. Elle se rap- pelle avec amusement la fin des années 80 quand il n'y avait encore que quelques ordi- nateurs au CTA, et le début des années 90 quand elle ramenait de chez elle chaque matin, presque clandestinement, des e-mails de son ordinateur personnel. Marie-Josée est une vraie cyber-cigogne – comme elle, la cigogne, symbole de son Alsace natale, s'en- vole chaque hiver vers l'Afrique. Salut, Marie-Josée Ph ot o C TA D R Vous consacrez la majeure partie de votre vie à l’agriculture et au développement. Pourtant ces mots sont cruellement absents des préoccupations de la communauté inter- nationale. Pas vraiment. On n’emploie plus aujour- d’hui les termes d’agriculture et de sécurité alimentaire, mais bien ceux de réduction de la pauvreté et de développement rural. Dans les négociations internationales, beaucoup de pays développés mettent sur le même pied l’agriculture ACP et celle des pays industria- lisés où elle ne représente qu’une faible pro- portion du PNB et de l’emploi. Quand j’ai rencontré le groupe Développement du par- lement européen, il a été surpris par les chiffres : l’agriculture représente 30 à 60% du PNB en Afrique subsaharienne, et 70% des emplois, dont 70% occupés par des femmes. Notre tâche est de nous assurer que le rôle de l’agriculture dans la lutte contre la pau- vreté est reconnu. Le thème “agriculture” est alors bien inscrit au programme, mais en d’autres termes comme la réduction de la pauvreté, les moyens durables d’existence, l’impact sur l’équité et le rôle des femmes. Ces nouveaux termes sont souvent utilisés dans le contexte du développement national plutôt qu’à l’échelle de l’économie agricole mondiale. Une des priorités du CTA a été la conquête des marchés régionaux et mon- diaux… …Mais aussi nationaux. C’est un problè- me fondamental. Il est très difficile d’abor- der le marché mondial sans avoir un marché national organisé : qu’auriez-vous à vendre ? Certains imaginent que les pays les plus pauvres peuvent suivre rapidement les modèles asiatiques. Ils oublient que ces der- niers ont connu un développement agro- industriel qui a généré la richesse nécessaire au développement de l’éducation et du capi- tal humain. Il n’est pas possible de passer directement de l’agriculture de subsistance à une économie semi-industrialisée, à moins de découvrir du pétrole, ou des diamants, ou d’être doté pour le tourisme. C’est un processus, et le défi, pour le CTA, est d’as- surer une mutation institutionnelle. Nos partenaires ACP sont dans une posi- tion difficile, aux prises avec le changement économique et politique, la décentralisation, le progrès technique, et nous ajoutons à cela un post-scriptum : “P.S. : Communiquez mieux avec vos paysans, vos décideurs et vos usagers.” Il est facile de sous-estimer les obs- tacles qu’ils rencontrent. Si vous avez travaillé comme chercheur sur les palmiers à huile en plantations indus- trielles, cela va être un grand changement pour vous de vous occuper de paysannes vivant dans des zones semi-arides. La moti- vation, le leadership et l’organisation doivent changer. Et cela malgré des contraintes poli- tiques, sociales et culturelles. Dans quels délais ces changements peuvent- ils intervenir ? Du fait de son appartenance à la Convention de Lomé, le CTA fonctionne sur un plan à cinq ans. Pour nos partenaires ACP, la perspective doit être plus longue. C’est pourquoi les approches sectorielles remplacent de plus en plus les approches projet ou même programme. Nous sommes confrontés à des processus à très long terme : démocratisation et décentralisation, promotion d’organisations durables au ser- vice des démunis, développement du capital humain. Encore plus difficile : s’occuper de la gestion des ressources naturelles, avec les nécessaires arbitrages entre avantages à court ou à long terme. Nous nous situons donc dans le long terme, tout en souhaitant que les impératifs institutionnels deviennent corrects au plus tôt. Ceux qui nous mandatent ont aussi changé. Aujourd’hui, nous nous préoccupons aussi bien du sec- teur privé que du secteur public. Malheureusement, certains gouvernements ACP ont du mal à envoyer une délégation qui ne soit pas issue du secteur public. À dire vrai, nous suggérons parfois de déléguer des femmes, des représentants d’ONG ou du secteur privé. Mais quand nous avons le feu vert pour inviter une femme, elle renonce souvent à la dernière minute pour des raisons personnelles. Un autre domaine est en mutation rapide, celui des technologies de l’information et de la communication. Aujourd’hui, un lecteur de Spore sur neuf a une adresse électronique. C’est un débat qui agite régulièrement notre comité consultatif : jusqu’à quel point devons-nous déplacer nos financements, de domaines traditionnels tels que la vidéo ou la radio rurale vers les techniques électro- niques, en ligne ou hors ligne ? Nos parte- naires veulent des conseils neutres sur ce sujet et nous avons essayé de répondre à des demandes précises. Nous sommes allés trop lentement pour certains pays et trop vite pour d’autres. Chacun veut tirer le meilleur parti des nouvelles technologies de l’infor- mation et de la communication, mais per- sonne ne souhaite que nous arrêtions l’une de nos activités traditionnelles. Comment pouvez-vous encourager le chan- gement ? Tout processus de changement est délicat. Même au CTA, nous avons connu des chan- gements considérables. Certains pensent que nous avons changé plus qu’il n’était néces- saire pour satisfaire nos mandants. C’est le cas si l’on considère que nous sommes man- datés par les diplomates représentant l’Union européenne et le groupe ACP en Europe. Ce n’est pas le cas si l’on considère que nous sommes mandatés par les plus pauvres des paysans. Les besoins et les priorités des pays ACP changent encore, et de nouvelles consulta- tions et de nouveaux séminaires sont organi- sés pour y répondre. Aussi je souhaite à Carl Greenidge la meilleure réussite dans ce défi permanent qu’est la conduite du change- ment. “Tout processus de changement est délicat” Avant de quitter le CTA et de prendre son nouveau poste de chef de la Division de l’appui technique au Fonds international pour le développement agricole (FIDA) à Rome (Italie), Dr Cooke partage avec les lecteurs de Spore quelques idées sur les institutions et le changement. Gestion du changement Changer, mais à quel rythme ? Dr Rodney Cooke a été directeur du CTA jusqu’en mars 2000. Biochimiste de formation, il a fait une carrière de chercheur, d’administrateur et de dirigeant, occupant différents postes en Amérique latine, en Asie et en Afrique, avant de devenir directeur adjoint du Natural Resources Institute (Royaume-Uni) en 1989, puis de rejoindre le CTA en 1995. SPORE 86 • PAGE 16 Point de vue •