Des exportateurs maliens utilisent les TIC pour ficher les produits En Côte d’Ivoire, des points d’information diffusent les prix du marché Le téléphone portable pour mieux ravitailler les marchés ougandias en lait Numéro 47 Février 2009 Information sur les marchés Un bulletin d’alerte pour l’agriculture ACP 2 Éditorial Rétablir l’équilibre 3 Perspectives Faire fonctionner le système Dr Daniel Annerose Dossier 4 Fini le lait déversé Hellene Karamagi et Lillian Nalumansi Études de cas 7 Négocier le juste prix Innocent Sindikubwabo 8 Envoyer le bon message Pieter Goudappel 10 Exporter l’information Denise Senmartin 12 Favoriser le commerce Dr Mira Slavova 14 Informatiser les coopératives Rop Kiplagat 16 Nouvelles normes commerciales Kim Kenney Dossier 18 Semer les textos Ken Banks TechTip 20 Publipostage de textos Le point 21 Le business de l’information 22 Ressources Q&R 23 Au-delà des infos Dorienne Rowan-Campbell et Nidhi Tandon Éditorial Sommaire La libéralisation des marchés agricoles à la fin des années 1980 et au début des années 1990 a engendré de nouveaux défis pour les petits agriculteurs. Avec la fermeture des offices publics de commercialisation, ils se sont retrouvés face à une myriade d’intermédiaires plus proches des marchés, qui savent ce qui se vend, qui achète et à quel prix. Un petit producteur ayant ces informations serait mieux armé pour trouver le bon acheteur et négocier le juste prix sans avoir à partager les bénéfices avec un tiers. La fourniture d’informations sur les marchés via les TIC est un sujet que nous avons déjà abordé dans notre numéro de décembre 2002. Mais la nature et la disponibilité de la technologie, surtout de la téléphonie mobile et d’Internet, ont évolué si rapidement qu’une réactualisation s’imposait. Lorsque Daniel Annerose nous a parlé de son initiative Manobi il y a six ans, 500 000 Sénégalais seulement disposaient d’un portable. Ils sont aujourd’hui 7 millions. Rien que sur le continent africain, le nombre de portables a augmenté de 30 % en 2008. L’envoi d’informations sur les marchés via le portable, surtout par texto, est aussi important aujourd’hui qu’en 2002 et chaque nouveau projet apporte son lot d’innovations. La Zambia National Farmers’ Union, par exemple, a repris un système de messagerie kényan et l’a adapté à ses propres besoins en le doublant d’un site web. Pour accompagner son système d’information par texto, la Bourse kényane des produits agricoles (KACE) a ouvert des centres de ressources locaux. En Ouganda, un groupe de producteurs laitiers a emprunté de l’argent à un organisme de microfinance pour acheter deux portables, avec une batterie de voiture pour l’alimentation électrique, un chargeur solaire pour recharger la batterie et une antenne d’appoint pour amplifier le signal de téléphonie mobile et l’amener jusqu’à la connexion de réseau la plus proche. Avec leur portable, les producteurs se connectent au service d’information FoodNet afin de trouver des acheteurs et de déterminer l’heure exacte de livraison. Ils ne doivent plus perdre leur temps à parcourir de longues distances au risque de voir leur lait tourner à cause de la chaleur. Chaque producteur laitier a son propre portable pour négocier directement avec les acheteurs et conquérir de nouveaux marchés grâce à de nouveaux produits. De plus en plus de petits exploitants se positionnent sur des marchés de niche ou spécialisés. Ils peuvent compter sur des dizaines de programmes pour mieux répondre aux consommateurs à la recherche de produits bio, issus du commerce équitable et cultivés de manière « éthique ». Chaque programme décline ses propres normes et directives : difficile pour un agriculteur de savoir lequel correspond le mieux à son type de production. L’initiative Sustainable Commodity essaie de coordonner les informations fournies par tous ces programmes internationaux et de les mettre à disposition des agriculteurs. Plusieurs organisations dans le monde se servent du logiciel FrontlineSMS pour envoyer des centaines, voire des milliers de textos en quelques clics. En quelques minutes, elles peuvent signaler l’apparition d’une maladie ou d’un insecte, envoyer des alertes de prix sur les semences et les engrais ou simplement organiser une rencontre ou une heure de livraison. Ce logiciel peut s’adapter aux besoins de n’importe quelle organisation et a été utilisé pour l’envoi d’informations agricoles, météorologiques, sanitaires et même pour contrôler des élections. Le recours à la technologie pour obtenir des informations et améliorer les contacts avec les acheteurs permet aux agriculteurs de réduire le nombre d’intermédiaires de la chaîne d’approvisionnement. Ils peuvent réinvestir l’argent économisé dans leur exploitation, acheter des pompes pour irriguer leurs champs ou envoyer leurs enfants à l’école et à l’université. À eux finalement de décider où ira ce revenu supplémentaire. ■ Rétablir l’équilibre Les agriculteurs se servent des informations sur les marchés pour améliorer leurs contacts avec les acheteurs http://ictupdate.cta.int 2 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 . Lisez l’article consacré à Manobi dans notre numéro du 9 décembre 2002 : http://ictupdate.cta.int/fr/(issue)/9 Lorsque nous avons lancé Manobi voilà six ans, nous ne cherchions pas qu’à créer un simple système de fourniture d’informations sur les prix. Nous voulions transformer l’agriculture africaine pour la rendre plus commerciale. En Afrique, les producteurs relèvent généralement d’une agriculture de subsistance plus tributaire des subventions que de la demande économique, et nous voulions que cela change. Un marché agricole fort dynamise les autres marchés et donne confiance dans l’économie du continent. Les sociétés qui fournissent des informations aux paysans ne sont pas des œuvres de charité ; elles doivent avoir un solide projet économique qui assure leur pérennité. Beaucoup pensent que la mise en place d’un réseau et de services de communication dans les zones rurales revient cher ; en vérité, cela n’a rien de sorcier et cela ne coûte pas cher dès lors que le service est suffisamment rentable. Il suffit d’avoir un bon projet pour rentabiliser l’activité de la société. Il y a, par exemple, une immense demande de services de téléphonie rurale dans les pays ACP, où une large frange de la population vit en dehors des grands centres urbains (en Afrique, 70 % de la population vit à la campagne). Investir dans les zones rurales paraît financièrement sensé pour un opérateur de téléphonie mobile, mais la question est de savoir ce qu’il va y faire. Le fournisseur ne doit pas se contenter d’installer un réseau téléphonique ; il doit aussi se demander ce qu’il peut offrir pour attirer de nouveaux clients, augmenter ses recettes et, ce qui est tout aussi important, contribuer au développement des communautés où il opère. ferme ? Pour être un maillon actif de la chaîne d’approvisionnement, on ne peut toutefois se contenter de consommer l’information ; il faut aussi en fournir. Chaque intervenant de la commercialisation des produits a une responsabilité envers les autres maillons de la chaîne et se doit de fournir des informations pour que l’ensemble du système marche. Et c’est là que la technologie est bien utile, car c’est elle qui assure le lien. La prochaine grande étape à franchir pour améliorer l’efficacité des marchés agricoles sera de relier les services d’information à un système d’opérations bancaires par portable. Seule une fraction de la population des ACP dispose d’un compte en banque alors qu’une vaste majorité souhaiterait en avoir un. Avec un compte en banque mobile lié à un service d’information, les gens pourront continuer de vivre dans des zones rurales et se servir de leur portable pour effectuer des transactions commerciales. La conjugaison d’informations commerciales et de services bancaires permettra aux paysans d’accepter des paiements, d’économiser et d’investir. Avec un tel service, les paysans pourront véritablement améliorer leurs revenus, prendre eux-mêmes les décisions et augmenter le confort et la sécurité de leurs familles et de leurs communautés. Ce n’est qu’alors que les marchés agricoles seront véritablement transformés. ■ Daniel Annerose (daniel.annerose@manobi.net) est PDG et fondateur de Manobi (www.manobi.net) Pour déterminer le type de services de communication qu’elle pourrait proposer, une société doit commencer par recenser les difficultés rencontrées par les paysans pour commercialiser leurs produits et rentabiliser leur activité. À chaque stade de la production, les paysans ont besoin de toutes sortes d’informations, sur l’accès au crédit et les intrants (semences, insecticides, engrais), les coordonnées des services de vulgarisation, ou encore des informations détaillées sur les prix, la transformation et le conditionnement. Une société capable de fournir toutes ces informations aux paysans leur permet d’accroître leurs revenus et donc de disposer du surcroît d’argent nécessaire pour payer ses services de communication. Au démarrage de Manobi nous fournissions des informations sur les prix aux paysans, mais cela ne suffisait ni à pérenniser l’entreprise ni à susciter assez d’intérêt parmi les communautés rurales. Nous avons heureusement vite compris que nous devions élargir notre offre de services, pour aider les paysans de bout en bout, de la production à la commercialisation. Nous avons également compris que, pour leur apporter les informations attendues, nous devions décortiquer chaque aspect de leur activité avec eux. Aujourd’hui, nous avons des collaborateurs qui travaillent directement avec les marchés, les services de vulgarisation et les paysans. Nos usagers sont notre principale source de renseignement. Qui mieux qu’un paysan sait comment gérer une Perspectives Faire fonctionner le système E P A /S tE P h E n M o r r iS o n /A n P 3http://ictupdate.cta.int D ans le district de Bugerere, dans le centre de l’Ouganda, les producteurs laitiers devaient parcourir 120 km pour se rendre au principal marché de la capitale, Kampala. Ils transportaient des milliers de litres de lait dans leurs camions, dans l’espoir d’y trouver un acheteur. Livrés au hasard du négoce, ces producteurs restaient souvent avec des milliers de litres de lait sur les bras. « On venait au marché à l’aveuglette, en quête d’acheteurs », se souvient Zubair Sebyala, propriétaire de 45 vaches laitières. « On essayait de trouver des négociants équipés de réfrigérateurs ou de glacières. Les bons jours, on vendait un peu de lait, mais on rentrait en général avec le gros de la marchandise parce que les acheteurs pressentis s’étaient déjà fournis ailleurs. » Le lait qui ne trouve pas rapidement acquéreur tourne vite, à cause de la chaleur. Sebyala se souvient d’une perte particulièrement importante : un jour, il a dû jeter 400 litres de lait, d’une valeur de 150 000 USh (76 dollars), parce qu’un acheteur de Kampala les avait refusés. Les producteurs avaient beau perdre du temps et de l’argent dans cette affaire, ils n’avaient guère le choix et ont donc continué à prendre des risques des années durant. En 2005, cependant, les producteurs de la BDCS (Bugerere Dairy Cooperative Society), une organisation forte de 170 membres, ont changé de stratégie en commençant à travailler avec le projet FICOM (Farmers Information Communication Management), qui leur a appris à se servir des technologies de communication pour trouver des acheteurs et connaître les prix du marché avant même d’entamer leur périple. Contacts professionnels Le projet FICOM a travaillé en étroite collaboration avec les deux principales associations paysannes de la région, l’UNFFE (Uganda National Farmers Federation) et la KDFA (Kayunga District Farmers Association), qui ont désigné la coopérative de Bugerere comme le partenaire idéal pour la phase de démarrage du projet. Bien que la zone de Bugerere ne soit raccordée ni au réseau électrique national ni couverte par un opérateur de téléphonie mobile, les producteurs laitiers avaient déjà fait preuve de leur esprit d’entreprise. Malgré les obstacles, ils participaient déjà à diverses initiatives visant à apporter des revenus supplémentaires à la région et à améliorer le niveau de vie général. Ils s’étaient lancés dans la culture maraîchère, par exemple, et avaient loué ensemble un moulin afin de moudre leur propre farine de maïs. La BDCS se trouve dans une zone où l’élevage constitue la principale source de revenu. Chaque famille ou presque possède une vache et la plupart des gens sont de petits producteurs laitiers. Équipée d’une glacière d’une capacité de 5 000 litres, la coopérative est aussi le point de collecte du lait, qu’elle achète aux éleveurs en fonction du cours du jour et qu’elle stocke afin de le vendre plus tard à des grossistes que les petits producteurs ne pourraient fournir seuls. La première étape du projet FICOM a été d’améliorer la communication entre les producteurs et leurs organisations commerciales pour veiller à ce que les informations sur les prix et les cultures leur parviennent rapidement et efficacement. Pour ce faire, FICOM a relié le siège de l’UNFFE à Kampala aux trois bureaux de district répartis dans le pays. La grande priorité des fermiers était de disposer d’informations météorologiques fiables et actualisées. L’institut météorologique ougandais utilise RANET, un programme qui collecte et analyse les informations météorologiques et qui envoie les données à intervalle régulier à tous ceux qui sont connectés au système. FICOM a raccordé le site web de l’UNFFE à RANET, puis les ordinateurs des trois bureaux de district à des antennes et à des radios-modems spécialisées et gratuites. Le personnel des bureaux de district a ainsi pu consulter le site de l’UNFFE via Worldspace, une chaîne pilotée par un satellite unidirectionnel qui offre un accès limité à Internet par ordinateur, via un modem spécialement adapté. Une fois connecté, l’ordinateur du bureau de district télécharge automatiquement les données météorologiques de RANET ainsi que les informations sur les prix et les cultures du site de l’UNFFE. FICOM a ensuite appris aux producteurs laitiers de Bugerere à faire du téléphone portable un outil professionnel et de marketing. À l’époque, on trouvait facilement des portables dans les villes ougandaises, mais ils restaient hors de prix pour des ruraux de toute façon mal desservis. Pour étendre le réseau téléphonique jusqu’à la zone de Bugerere, FICOM a décidé de travailler avec un autre projet, Village Phone, géré par l’opérateur de téléphonie mobile MTN. MTN a fourni deux systèmes téléphoniques de village à BDCS, livrés au complet avec une batterie de voiture pour l’alimentation électrique, un chargeur solaire pour recharger la batterie et une antenne d’appoint pour amplifier le signal de téléphonie mobile et l’amener jusqu’à la connexion de Fini le lait déversé Dans les campagnes ougandaises, des producteurs laitiers utilisent désormais leur portable pour contacter directement les acheteurs, négocier les prix et organiser les livraisons. Un meilleur accès aux informations sur les prix a révolutionné leur travail et multiplié leurs gains. Dossier Hellene Karamagi (hellene@helika.com) est l’ancienne coordinatrice de programme du projet FICOM (Farmers Information Communication Management) et dirige à présent Helika Ltd (www.helika.com). Lillian Nalumansi (sasha_lil@yahoo.co.uk) est pigiste indépendante 4 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 réseau la plus proche. Une société locale de microfinance a prêté aux fermiers l’argent nécessaire pour acheter les deux premiers systèmes téléphoniques, d’une valeur de 350 dollars chacun, et FICOM a formé deux représentants des fermiers à l’utilisation et à l’entretien de services téléphoniques de village. Les fermiers de Bugerere se servent aujourd’hui du téléphone pour se connecter à des services d’information sur les prix tels que FoodNet, une initiative présente en Afrique centrale et de l’Est qui communique par texto les prix de toute une série de produits de base. Ce service dit aux fermiers quel négociant offre le meilleur prix pour le lait et transmet les coordonnées de l’acheteur. Grâce à cette vision plus large des prix et des informations commerciales, les fermiers peuvent choisir le meilleur acheteur pour leur lait et organiser la livraison avant d’entamer leur long périple. Comme le fermier peut organiser la livraison des marchandises directement avec l’acheteur, l’approvisionnement du marché n’en est que plus efficace ; le lait n’est prêt pour expédition que lorsque l’acheteur en a besoin et, même si le livreur rencontre des problèmes sur la route, il peut toujours signaler son retard par téléphone. Résultat : moins de lait gaspillé. Tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement, du fermier au client en passant par l’acheteur, le transporteur et le négociant, profitent des économies engendrées par ce gain d’efficacité car les prix sont plus stables et les marges bénéficiaires augmentent. Les producteurs utilisent leurs économies de différentes manières : la plupart réinvestissent leurs revenus supplémentaires dans leur exploitation ou dans la scolarité de leurs enfants. Le service téléphonique de village procure également un revenu à la communauté puisqu’il crée des emplois d’opérateur. Il génère en outre son propre capital car chaque appel passé est payant. D’après Sebyala, qui est également membre du comité de la société coopérative laitière de Bugerere, le téléphone portable est considéré par les fermiers comme un atout, qui leur fait gagner du temps et de l’argent autrefois perdus quand ils n’avaient pas de stratégie commerciale. Le projet FICOM s’est achevé à Bugerere en 2007 mais tous les producteurs laitiers ont compris l’avantage du portable et en possèdent tous un pour leur usage privé et professionnel. Ils continuent de s’en servir pour vendre leurs produits à de nouveaux clients, garder leurs anciens clients, recevoir les commandes et suivre les livraisons, connaître les prix au bon moment et rester en contact avec tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement. Indépendance L’amélioration de la chaîne d’approvisionnement a des répercussions sur le reste de la communauté. L’éducation s’est améliorée grâce aux nouvelles méthodes de travail, de même que le niveau de vie, l’épargne et l’investissement en capitaux dans d’autres entreprises locales. Les producteurs laitiers de Bugerere ont 75 clients réguliers et sont facilement joignables par de nouveaux clients sur U Lr IC h D o er In g / A LA m y 5http://ictupdate.cta.int Helika Helika (anciennement ICTs for African Rural Development (ICTARD)) est une entreprise privée d’informatique et de multimédia. Helika gère le projet pilote FICOM pour le compte de la fondation Syngenta pour l’agriculture durable. ➜ www.helika.com Fondation Syngenta pour l’agriculture durable Cette ONG qui a son siège à Bâle, en Suisse, s’est spécialisée dans l’amélioration des moyens d’existence des communautés rurales vivant dans les zones semi-arides par le biais de projets agricoles. ➜ www.syngentafoundation.org FOODNET Uganda Programme de recherche commerciale et après-récolte pour l’Afrique centrale et de l’Est créé en 1999, FOODNET s’intéresse surtout aux analyses de marché, aux informations sur les marchés et au développement d’entreprises agricoles ainsi qu’aux services d’appui au développement d’entreprise qui s’y rapportent. FOODNET communique les prix nationaux à FICOM. ➜ www.foodnet.cgiar.org MTN VillagePhone MTN VillagePhone permet à des habitants de zones rurales pauvres de devenir les opérateurs de services téléphoniques de village. Ces boutiques sont créées dans les zones desservies en électricité et où le réseau MTN n’est accessible que via une antenne d’appoint. ➜ www.mtnvillagephone.co.ug Uganda Microfinance Ltd. UML est une ONG ougandaise qui prête de l’argent à des groupes de fermiers pour qu’ils puissent acheter des téléphones de village. ➜ www.umu.co.ug Uganda National Farmers Federation L’UNFFE soutient les organisations paysannes et mène une politique de promotion du commerce agricole en Ouganda. ➜ www.unffe.org Institut météorologique ougandais L’institut météorologique soutient les projets FICOM en fournissant des informations météorologiques ciblées. ➜ www.meteo-uganda.net leur portable. La coopérative voit les bienfaits d’un meilleur accès à la technologie et voudrait ouvrir un centre de formation en informatique et un cybercafé dans la région. Pour l’instant, les fermiers doivent parcourir 46 km pour surfer sur la toile ; Sebyala pense toutefois qu’un accès local à Internet permettrait non seulement aux fermiers et à la communauté de maîtriser les TIC, mais aussi à la coopérative de dégager de nouveaux revenus. « Si nous avions un ordinateur et l’accès à Internet au centre laitier, nous pourrions louer ce service à des fonctionnaires, des écoles, des professeurs, des producteurs laitiers et des habitants. Avec ces équipements tout près, plus besoin de dépenser une fortune pour aller à Kayunga », dit-il. « Le centre de formation en informatique serait le premier du genre dans notre communauté. Vu la forte demande, nous sommes certains d’attirer des clients jusqu’à Galilaya, qui se trouve à 34 km d’ici. » Les fermiers disent que les revenus supplémentaires engendrés par le centre de formation en informatique serviraient à acheter de nouveaux équipements pour la coopérative, notamment des bidons en métal pour un meilleur stockage du lait. « Pour l’instant, tous nos membres stockent leur lait dans des jerricans en plastique parce qu’ils n’ont pas les moyens de se payer des bidons en métal », dit Sam Kaggwe, secrétaire de la coopérative. « Un bidon en métal revient actuellement à 150 000 USh (environ Ressources corrélées 76 dollars). Un jerrican en plastique chauffe au soleil, et comme nos membres viennent de très loin, le lait a parfois tourné lorsqu’il arrive. Le problème est moins fréquent avec un bidon en métal. » Zubair Sebyala est désormais le fier propriétaire d’une usine de fabrication de fromage qu’il a créée avec l’argent économisé suite à une pratique commerciale plus efficace grâce au téléphone portable. Sa nouvelle société fabrique plus de 50 kilos de fromage par jour, qui sont vendus à des restaurants et à des supermarchés proches, mais aussi à Jinja et à la capitale, Kampala. Cette fabrique de fromage est aussi un gros consommateur de produits laitiers puisqu’elle a besoin de 1 000 litres de lait par jour. Au cours des deux années durant lesquelles il a travaillé avec les producteurs pour cette phase initiale, le projet FICOM a assurément atteint ses objectifs, à savoir renforcer la communication entre les producteurs et leurs marchés et entre les producteurs et leurs organisations commerciales. Le chemin a été semé d’embûches et il a parfois fallu faire marche arrière mais le projet tourne tout seul et est géré indépendamment par la KDFA, l’association des producteurs du district. D’autres organisations ont adopté le même modèle pour leur propre programme, preuve supplémentaire de la valeur de l’installation des technologies de communication dans les zones rurales. ■ jo r g en s C h yT Te / L In eA Ir 6 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 L ’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire, l’ANOPACI, diagnostique les besoins des agriculteurs en formation et conseil. Il en ressort que le problème de commercialisation des produits vivriers devient récurrent. Dans certains villages, des produits vivriers pourrissent alors qu’ils sont rares à quelques kilomètres de là. Il existe en outre des écarts souvent considérables entre le prix de détail et le prix bord champ payé au producteur. Dans certaines régions, le prix de détail peut être cinq fois plus élevé que le prix bord champ, tout simplement parce que les producteurs manquent d’informations commerciales. Le Système d’information sur les marchés (SIM) mis en place par l’ANOPACI pour aider les agriculteurs à ce niveau est en passe de devenir, avec l’aide d’organisations partenaires, une initiative d’envergure nationale. Grâce au réseau des Points d’information villageois (PIV), le SIM collecte, traite et diffuse des informations agricoles (prix, offres d’achat et de vente, disponibilité de produits et commentaires sur les tendances de certains marchés). L’animateur du PIV (APIV) suit 4 à 5 marchés ruraux – situés à moins de 30 km du chef-lieu du département - qu’il visite chaque semaine, selon le jour de marché, entre 7 h et 11 h pour collecter les informations sur les prix au consommateur, les prix de gros et les tendances moyennes sur les disponibilités en produits et l’évolution de l’offre et de la demande. Comparaison Pour chaque produit, l’APIV rencontre 3 vendeurs différents. Il mentionne les prix sur sa fiche de collecte simplifiée et utilise une petite balance pour convertir des unités traditionnelles (exemple le tas) en unités conventionnelles (kg). Pour chaque produit, il apporte également des observations sur la qualité, la quantité, l’évolution ou le comportement du marché par rapport à la semaine précédente. Afin de fiabiliser les données collectées, l’APIV recoupe les informations venant des vendeurs avec celles des consommateurs (acheteurs) pour les différents produits. L’APIV collecte également les prix de gros et évalue les stocks des principaux grossistes de la localité. Une fois traitées, ces informations sont diffusées via des tableaux d’affichage dans certains marchés et centres de négoce, via des radios rurales (en français et dans au moins 3 langues locales), ainsi que via Internet et la téléphonie cellulaire par l’entremise de la plate-forme électronique TradeNet. Les informations diffusées par les radios rurales sur les prix ont permis d’améliorer les capacités de négociation des producteurs. Avant de vendre les produits, ils consultent les prix diffusés et disposent d’une référence qui leur permet de négocier le juste prix. Les émissions radio sont prioritairement consacrées à : • La diffusion d’informations sur les coûts de production (calculés sur la base des informations recueillies auprès des exploitants agricoles constituant le panel : 60 exploitants par PIV). • La diffusion des informations techniques auprès des producteurs. Négocier le juste prix • La vulgarisation des techniques agricoles en Côte d’Ivoire. • L’organisation des débats sur les thématiques transversales qui présentent un intérêt majeur pour les populations rurales. • La promotion des découvertes agricoles en Côte d’Ivoire et hors de nos frontières. L’ANOPACI utilise la plate-forme TradeNet depuis plus de deux ans : grâce à elle, des relations d’affaires se sont établies entre les acteurs des différentes régions, tant à l’intérieur de la Côte d’Ivoire qu’au-delà les frontières car Tradenet a une visibilité mondiale. Quelques échanges de produits ont été facilités par le SIM entre des opérateurs ivoiriens (coopératives et commerçants) et les opérateurs économiques de certains pays (Burkina Faso, Mali, Belgique, Russie, États-Unis d’Amérique, Chili, etc.). Bien que ce système ait enregistré des résultats indéniables dans certaines localités de la Côte d’Ivoire qui abritent les PIV, l’ANOPACI doit encore fournir des efforts et rechercher des ressources nécessaires pour étendre le dispositif à l’ensemble du territoire national. Des échanges avec les principaux utilisateurs laissent présager d’éventuelles contributions des acteurs sous forme de commissions sur les mises en relation aboutissant à une transaction. Grâce à ces commissions, à des actions de promotion et de publicité, l’ANOPACI espère arriver à couvrir les frais de fonctionnement du SIM et soutenir l’essor du secteur agricole ivoirien. ■ en diffusant les informations sur les marchés via Internet, les radios et les téléphones portables, un réseau de points d’information améliore les revenus des agriculteurs. Innocent Sindikubwabo (inosi2000@yahoo.fr) est responsable technique de l’Association nationale des organisations professionnelles agricoles de Côte d’Ivoire, ANOPACI (www.anopaci.com) Études de cas Ressources corrélées Le commerce à portée d’antenne Article consacré à TradeNet dans un précédent numéro d’ICT Update ➜ http://ictupdate.cta.int/fr/ (issue)/9 7http://ictupdate.cta.int «Avant, je vendais ma production à vil prix, parce que je n’avais aucune idée de l’évolution des marchés », nous dit James, un petit agriculteur du district de Chongwe, en Zambie. « Je ne savais pas comment réagir face à un négociant, je croyais devoir accepter sa première offre. » Aujourd’hui, James reçoit par texto les derniers prix du marché pour tous les produits qu’il vend, de même que les offres des négociants. « Aujourd’hui, je peux choisir le meilleur prix et le meilleur négociant », dit James. « Je peux également informer mes collègues et mes amis et leur dire le prix qu’ils devraient obtenir. » Ce système d’information sur les marchés par texto est apparu en Zambie dans le prolongement de systèmes analogues au Kenya. Après avoir étudié le fonctionnement de ces systèmes et leurs avantages pour les petits agriculteurs, Hamusimbi Coillard et ses collègues de la ZNFU (Zambia National Farmers’ Union) ont décidé d’offrir un service similaire aux agriculteurs ruraux zambiens. Coillard a obtenu le soutien de plusieurs autres organisations locales dont plusieurs coopératives agricoles, de la chambre d’agro-industrie et, bien entendu, des acheteurs et des vendeurs. Mais surtout, Coillard a su convaincre les petits agriculteurs de s’associer au projet. Ensemble, les partenaires ont décidé de développer un système simple et facile d’emploi pour Envoyer le bon message La Zambia national Farmers’ Union met des informations actualisées sur la toile et communique aux paysans les prix et les coordonnées des négociants via des textos. acheminer des informations sur les marchés par texto et Internet. Celtel, principal opérateur zambien de téléphonie mobile, a également apporté son soutien au projet en créant le dispositif d’envoi de masse nécessaire à la transmission des informations vers le plus grand nombre de portables possible. Le programme SHEMP (Smallholder Enterprise and Marketing Program) a apporté un financement complémentaire et un appui technique. Le marché des vendeurs Le système a démarré en août 2006 : à l’origine, il ne visait que les petits agriculteurs et ne fournissait que des informations sur six produits de base. « Nous nous occupons aujourd’hui de Études de cas P Ie Te r g o U D A P P eL 8 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 14 produits, ce qui montre le succès du système et combien les agriculteurs et les négociants l’apprécient », déclare Pamela Mulozi, administratrice des informations sur les marchés au siège de la ZNFU à Lusaka. Autre indice de réussite, le système est utilisé non seulement par les agriculteurs et les négociants, mais aussi par l’industrie de la transformation d’aliments et les ministères ; même les banques y accèdent régulièrement pour leurs affaires et pour apporter du soutien au secteur agricole du pays. Tout part d’un constat : d’un côté, des acheteurs en quête de produits de base et, de l’autre, des vendeurs qui ne savent où les écouler. L’opérateur Celtel a proposé 350 portables à moitié prix à des petits agriculteurs et la ZNFU a donné des formations pour expliquer aux agriculteurs et aux négociants comment se servir du système d’envoi des prix par texto. Chaque produit, négociant et district a son code. La ZNFU fournit à tous les usagers un petit livret d’instructions et de codes. Il suffit à l’agriculteur qui veut connaître le prix d’un produit de taper le code dans un texto et de l’envoyer au numéro indiqué. Quelques instants plus tard, il reçoit par texto les derniers prix en date et les codes des négociants correspondants. L’agriculteur choisit un négociant et envoie son code par texto au système, lequel lui renvoie, toujours par texto, le nom, le numéro de téléphone et l’adresse commerciale de celui-ci, voire même un itinéraire. L’agriculteur peut ensuite prendre directement contact avec le négociant. Pour la ZNFU, il importe que le système soit transparent et fiable pour préserver la concurrence dans une économie zambienne totalement dépendante de l’agriculture. Il fallait donc que ceux qui n’ont pas de portable ou qui vivent dans des zones non desservies par les opérateurs puissent également avoir accès à ces informations. Pour toucher le plus d’exploitants possible, la ZNFU forme au moins un « agriculteur-relais » par district. Depuis les bureaux de district, les agriculteurs-relais publient les informations qu’ils reçoivent sur les prix des produits de base et sur les négociants et les transmettent aux agents de diffusion. Chaque semaine, ceux-ci affichent les prix et les coordonnées des négociants dans les centres d’information locaux. Les agriculteurs qui n’ont accès ni à la téléphonie mobile ni à Internet peuvent ainsi se tenir au courant des prix et entrer en contact avec les négociants. Ils sont également mieux armés pour négocier avec d’autres acheteurs. Un business sérieux Dans une étude effectuée fin 2007, les agriculteurs ont indiqué à la ZNFU qu’ils se sentaient plus confiants dans les échanges avec les négociants et plus respectés dans les transactions. Le système profite aussi aux négociants, malgré leur large scepticisme au départ, car ils traitent directement avec les agriculteurs et ne doivent plus partager les bénéfices avec des intermédiaires. Bien que le projet soit récent, on peut déjà noter de nets signes d’amélioration dans la relation agriculteurs / négociants. Certains agriculteurs ont raconté qu’ils avaient dû quitter leur ferme durant plusieurs jours pour se rendre au marché de Lusaka, qu’ils avaient dû payer leurs frais de transport, trouver un hébergement en ville puis passer du temps à trouver des acheteurs et à comparer leurs offres. Rien que cela leur avait coûté plus de 50 000 kwacha (11 dollars), puis ils avaient dû négocier le prix, organiser le transport des récoltes et revenir souvent à Lusaka pour livrer leurs produits. Et même au bout de tous ces efforts, ils n’étaient pas certains d’avoir obtenu le meilleur prix. « Le système par texto facilite grandement notre vie », explique Grace, une des abonnées. « On peut vérifier les prix par téléphone et trouver les 10 meilleurs prix du district, ou d’ailleurs si le coût du transport le permet. » Les agriculteurs, plutôt que de se rendre individuellement au marché de Lusaka, peuvent aussi coordonner l’heure de livraison et définir un point de collecte où les négociants viendront chercher les produits en vrac. Ils font ainsi des économies et gagnent du temps qu’ils peuvent consacrer à leur exploitation. « En tenant compte du coût des textos, nous ne dépensons que 5 000 kwacha (1,10 dollars) », ajoute Grace. « Cela fait une sacrée économie et on évite les risques liés à chaque déplacement en ville. » Avec les économies ainsi réalisées, les agriculteurs peuvent désormais payer les frais scolaires de leurs enfants, acheter de la nourriture ou investir dans leur exploitation. La ZNFU voudrait étendre le système à tout le pays mais se heurte à un problème d’argent. « Le système ne s’autofinance pas encore », reconnaît Coillard. « Malgré la forte demande, nous devons encore trouver le moyen de rentabiliser ce service. Nous envisageons pour cela d’autres applications : une extension au secteur du transport, par exemple. Une fois déchargé, un camion rentre parfois à vide, ce qui est un pur gâchis. Si nous pouvions utiliser le système pour établir un lien entre les agriculteurs ou d’autres petits négociants et les sociétés de transport, les deux parties y trouveraient leur compte et le système compterait plus d’abonnés. » Plus les agriculteurs trouvent leur avantage à avoir de meilleurs contacts avec les négociants et un plus vaste choix d’acheteurs, plus ils le font savoir autour d’eux et plus le nombre de petits producteurs abonnés augmente. Une bonne nouvelle vient de tomber, qui devrait permettre au système d’atteindre plus d’agriculteurs : MTN, un des principaux opérateurs de téléphonie mobile du pays, s’est engagé à soutenir ce programme, c’est-à-dire à proposer ce service à sa clientèle et à élargir sa couverture pour desservir d’autres communautés. ■ Article rédigé par Pieter Goudappel Ressources corrélées Prix agricoles en Zambie Outre l’envoi d’informations par texto, la Zambian National Farmers Union gère un site Internet où apparaissent les prix de 14 produits de base dans les provinces et districts du pays. ➜ www.farmprices.co.zm Grace au téléphone sur sa parcelle de terre Avec les économies ainsi réalisées, les agriculteurs peuvent désormais payer les frais scolaires de leurs enfants ou investir dans leur exploitation 9http://ictupdate.cta.int pourra taper sur son site web le nombre figurant sur l’étiquette de la mangue pour savoir exactement d’où elle vient, qui l’a produite, quels efforts elle a demandés et connaître un peu mieux « l’or vert du Mali ». Mais avant de pouvoir offrir ce service, l’association a dû et devra encore surmonter de gros obstacles. Motivation Elle a tout d’abord dû convaincre les cultivateurs de lui remettre toutes les informations dont ils disposent pour être agréés à l’exportation. Ils doivent en effet fournir nombre d’informations détaillées non seulement à propos des volumes exacts produits, mais aussi des engrais et des procédés de culture utilisés. Fruiléma a commencé par analyser les méthodes de collecte d’information déjà mises en place par les cultivateurs pour ensuite voir avec eux comment les remplacer par des techniques plus modernes basées sur les technologies de l’information et de la communication. Dans un premier temps, le projet a récolté les informations sur papier, mais en doublant cet exercice d’une formation à la saisie de ces mêmes données dans un tableur et un traitement de texte. L’association a également initié du personnel de chacun des cinq groupes d’exportateurs à divers types de TIC pour enregistrer des noms, des chiffres et des photos dans des fichiers informatiques. Les cultivateurs s’intéressaient surtout aux photos numériques ; la prise de photos de présentation est étonnamment devenue un bon moyen de les inciter à se joindre aux efforts de collecte d’informations et à participer au projet. D’après Mamadou Koné, responsable de Fruiléma pour la région de Sikasso : « Ceux qui ne voulaient initialement pas se joindre au projet ont changé d’avis lorsqu’ils ont appris que nous prenions des photos. Ils ont soudainement demandé à ce qu’on vienne aussi en prendre chez eux. Il y a Exporter l’information Vu les normes d’exportation internationales, une association malienne recueille des informations auprès des cultivateurs grâce aux TIC et les met sur le web pour aider les acteurs de la filière et informer les clients. L orsque la société d’exportation Fruiléma (Fruits et légumes du Mali) a décidéde promouvoir les mangues produites au Mali sur les marchés d’outre-mer, elle a également tenu à ce que le consommateur puisse mieux connaître ce produit et sa provenance. Les deux responsables du projet, Boukary Bâ et Mamadou Koné, ont mis au point un système d’information et de communication pour recenser les producteurs et leurs lopins de terre et pour instaurer des indicateurs quantitatifs et qualitatifs. Ils ont ensuite rendu ces informations publiques sur la toile. Le système profite du fait que tous les biens agricoles destinés aux marchés internationaux doivent répondre à des critères de certification qui garantissent leur qualité et leur provenance. GLOBALGAP est un organisme privé qui fixe des normes volontaires de certification des produits agricoles dans le monde. Pour répondre à ces normes, tous les produits sont vérifiés au plan qualitatif et les exportateurs communiquent les noms de tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement, du cultivateur à l’exportateur en passant par les transporteurs, les négociants et les entreposeurs. L’association Fruiléma, qui représente 790 petits producteurs et cinq groupes d’exportateurs de l’ensemble du pays, veut utiliser toutes les données ainsi collectées pour faire connaître le processus d’approvisionnement aux partenaires et améliorer les liens Nord-Sud, ce qui est non seulement bon pour le commerce, mais aussi pour la collaboration et la compréhension mutuelle. L’association espère qu’à terme le consommateur Denise Senmartin (dsenmartin@iicd.org) est responsable du partage des connaissances à l’IICD (International Institute for Communication and Development, www.iicd.org) un véritable changement d’attitude : l’utilisation d’appareils photo numériques a renforcé la participation des cultivateurs. Nous avons à présent une photo et des données pour chacun d’entre eux. » « Cette première difficulté à associer les cultivateurs nous apprend qu’il ne suffit pas de parler de systèmes d’information et d’extension du marché pour les séduire ; ils doivent se sentir plus personnellement concernés avant d’adhérer à un projet. Une fois ce cap franchi, le projet a rapidement dépassé le simple objectif d’extension des marchés. Il a pris une autre forme et un autre sens, bien au-delà du nombre et de la qualité des mangues, pour incarner les attentes des cultivateurs, leurs connaissances et leur engagement personnel à fournir les informations exigées par les acheteurs. » Efficacité Les TIC joue un rôle central dans l’avancement du projet. Fruiléma dispose d’ordinateurs, d’appareils photo numériques et de récepteurs GPS. Pour l’instant, ce sont des collaborateurs des groupes d’exportateurs qui postent les informations sur la plate-forme web. Dans un proche avenir, les producteurs utiliseront des PDA (Personal Digital Assistants) pour envoyer les données directement du terrain vers la plate- forme et l’équipe du projet étendra l’utilisation du GPS pour améliorer le pistage. Si le volet téléchargement des informations est sur les rails, d’autres volets du processus de production doivent encore être développés. L’équipe s’est aperçue que la réussite du projet passerait par la collecte de données fiables et l’apport d’un certain nombre d’améliorations au système, notamment : • Une productivité accrue • des centres de conditionnement disposant d’une variété de produits suffisante pour fonctionner 365 jours par an Études de cas 10 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 • le respect constant des conditions imposées par les marchés extérieurs • l’introduction de nouvelles techniques agricoles • la traçabilité du produit pour rassurer le consommateur • la création d’un label malien, sorte de carte de visite commerciale • L’accroissement de l’efficacité et le professionnalisme de Fruiléma et de ses membres. Bien que l’existence d’un site web lui confère plus de crédibilité auprès des partenaires à l’exportation et ait même abouti à la signature de contrats avec des sociétés belges et néerlandaises, l’association sait que le développement d’une base de données ne garantit pas le succès de son système d’informations commerciales. Elle doit tenir compte de bien d’autres facteurs comme l’accès au crédit, les infrastructures physiques, les compétences et la commercialisation. Le système bancaire malien va sans doute lui causer bien du souci. Vu le nombre de Maliens qui n’ont pas de compte en banque, les transferts d’argent à destination et en provenance des partenaires étrangers peuvent prendre du temps et s’avérer complexes. Certaines transactions ont déjà posé quelques problèmes. Le fait de travailler avec des organisations d’exportateurs n’est pas le gage d’améliorations au niveau des producteurs. Ceux-ci doivent donc être associés le plus possible à tous les stades du projet, de la phase de planification initiale à la phase de publicité et de développement de cours de formation. Vu la complexité du processus, Fruiléma a compris qu’il fallait impérativement suivre de près ses partenaires durant la phase de mise en œuvre et former les groupes d’exportateurs des cinq districts. Il s’agira surtout de faire acquérir des connaissances techniques et des savoirs au personnel de ces cinq petites associations lorsqu’elles abandonneront les procédures actuelles au profit de systèmes informatisés. Il faudra aussi les aider à définir les procédures, les exigences du marché et les règles que devront respecter tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement. Dans une prochaine phase, Fruiléma compte inciter les producteurs à s’investir plus directement en les aidant à déterminer les coordonnées géographiques exactes de leurs plantations et, par une coordination et une coopération renforcées avec les fermiers voisins, à réduire leurs dépenses en engrais et en pesticides. Avec de bonnes mesures incitatives, on peut amener les cultivateurs à participer à un processus de collecte d’informations qui, au final, rendra l’approvisionnement plus efficace et améliorera leur accès aux marchés étrangers. ■ Ressources corrélées Fruits et légumes du Mali (Fruiléma) L’association Fruits et légumes du Mali regroupe 5 exportateurs encadrant 790 producteurs et 121 pisteurs collecteurs du pays. ➜ www.fruilema.com Voyez également une courte vidéo montrant comment Fruiléma utilise la technologie pour répondre aux exigences draconiennes qui s’appliquent aux produits agricoles maliens destinés à l’exportation. ➜ www.iicd.org/video/la-mangue-lor-vert-du-mali GLOBALGAP Organisme privé qui fixe des normes volontaires de certification des produits agricoles de par le monde. ➜ www.globalgap.org Manobi Manobi est un opérateur de téléphonie mobile qui propose des services d’information sur les marchés à sa clientèle. ➜ www.manobi.net IICD L’IICD (International Institute for Communication and Development) est une organisation internationale qui cherche à améliorer les moyens d’existence et la qualité de vie des populations des pays en développement en leur donnant la maîtrise des TIC. L’IICD travaille dans les secteurs de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de la gouvernance et de la participation citoyenne. ➜ www.iicd.org ii C D 11http://ictupdate.cta.int Les récentes fluctuations du prix du pétrole ont un impact considérable sur le prix des produits alimentaires et la sécurité alimentaire dans beaucoup de pays ACP. L’effet du prix du pétrole sur le coût des produits agricoles est proportionnel à la distance parcourue par ces produits. Cette instabilité des prix est à l’origine de vives tensions dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest notamment, qui dépendent de plus en plus de leur combustible fossile pour leur approvisionnement en denrées. Les soubresauts provoqués par les variations des prix pétroliers montrent les avantages relatifs d’un commerce régional et sous-régional des produits agricoles par rapport aux échanges intercontinentaux et internationaux. C’est en 2006 que l’ITC (International Trade Centre) a lancé Trade at Hand. Cette initiative utilise le téléphone portable pour accroître les possibilités d’exportation et favoriser le commerce transfrontalier entre pays en développement. Le projet est composé de trois éléments : Market Prices et Market Alerts, qui fournissent tous deux des informations sur les marchés, et mCollect, un système de collecte d’informations qui, bien qu’au stade de projet pilote, facilite grandement le relevé et la diffusion des prix sur les marchés et promeut le commerce agricole dans toute l’Afrique de l’Ouest. Mira Slavova (slavbreed@gmail.com) est conseillère en cybercommerce à l’International Trade Centre (www.intracen.org) Market Prices Market Prices doit améliorer la compétitivité des PME des pays en développement orientées vers l’exportation. Via la téléphonie mobile, ce système envoie quotidiennement les cours internationaux aux entreprises et permet à leurs dirigeants de réagir rapidement en fonction des fluctuations de prix. l’ITC a d’abord proposé ce service aux exportateurs de fruits et de légumes du Burkina Faso et du Mali. Pour l’heure, il envoie chaque jour des textos donnant les prix des principaux produits à l’exportation sur le Marché international de Rungis. Courant 2009, l’ITC communiquera également les cours des produits sur des marchés situés en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Royaume-Uni et en Belgique. Le Marché international de Rungis est particulièrement bien placé pour fournir des informations détaillées sur les cours internationaux. Plus de 20 000 acheteurs habituels se rendent chaque jour à Rungis pour y acheter ou vendre les denrées de 18 millions de consommateurs européens. En tant que membre de la Fédération française des marchés d’intérêt national et de l’Union mondiale des marchés de gros, Rungis se doit aussi de promouvoir les échanges internationaux d’informations indiquant les fluctuations de prix sur les marchés de gros et de détail. je A n -C LA U D e D ew o LF /A n P Rungis Market, Paris grâce aux partenaires locaux et à la télématique commerciale, l’ITC relève les prix, les colecte et fait la promotion des échanges transfrontaliers en Afrique de l’ouest Favoriser le commerce 12 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 mCollect mCollect est un système de relevé des prix qui vient en complément de Market Prices. L’ITC l’a développé après que plusieurs institutions nationales de collecte des prix aient émis le souhait d’avoir un système pour enregistrer, collationner et partager les informations du marché via la téléphonie mobile. mCollect permet de connaître plus facilement les prix pratiqués dans le pays en allant directement les chercher sur les marchés agricoles locaux. Une fois les prix relevés, le système mCollect les envoie par texto aux entreprises de la région qui sont intéressées. Le système peut également s’employer en partenariat avec d’autres initiatives d’information telles que TradeNet/Esoko et Resimao qui communiquent des informations de marché via le web ou la téléphonie portable. En communiquant les prix sur les marchés locaux à tous les acheteurs potentiels de la région, des services comme mCollect contribuent à renforcer le commerce intérieur et transfrontalier entre pays voisins. L’introduction de mCollect permet aussi d’améliorer les méthodes de relevé des prix existantes. Habituellement, ces méthodes s’appuient sur une équipe de personnes qui se rendent sur un grand nombre de marchés (souvent plus de 150), pour relever les prix dans un carnet. Ces informations sont ensuite diffusées par téléphone, fax, courrier et, dans certains cas, par texto. Un processus à la fois lent et complexe, difficile à actualiser lorsque les prix évoluent vite. Des représentants locaux d’OAC se servent de mCollect pour rassembler leurs observations sur les marchés locaux et les transmettre selon une codification convenue. Ils les envoient ensuite par texto vers les archives centrales. Cette méthode a de nombreux avantages : elle fait gagner beaucoup de temps aux agents chargés de relever les prix locaux et ces informations sont immédiatement disponibles. Non seulement mCollect améliore les mécanismes nationaux de relevé des prix, mais aussi il accentue le niveau de coordination des prix et des échanges entre pays d’Afrique de l’Ouest. L’ITC est en train de présenter mCollect à des OAC de trois pays d’Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, un réseau d’agents se rend sur les marchés urbains et ruraux de leur pays pour relever les prix du millet, du sorgho blanc, du sorgho rouge, du maïs blanc et du maïs jaune, entre autres. Ces agents de terrain notent le prix et le code correspondant à chaque produit sur leur portable et l’envoient par texto. Ils évaluent en outre la disponibilité de chaque produit en ajoutant le qualificatif rare, abondante, moyenne ou indéterminée. Des organisations locales comme la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire du Burkina Faso, la Chambre malienne de commerce et d’industrie et l’Agence sénégalaise de promotion des exportations, fournissent ensuite des informations sur les prix intérieurs et étrangers aux grossistes, aux négociants et aux cultivateurs. Jusqu’à présent, le projet Trade at Hand ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, mais l’ITC envisage d’étendre ce service à l’Afrique de l’Est. Les flux d’information dans le système mCollect 1. Dans tous les pays participants, des agents relèvent les prix sur les marchés locaux et les envoient sous forme de textos codés à un numéro national. 2. Cette information est décodée aux archives centrales. 3. Les informations de toutes les organisations participantes sont collationnées et publiées sur un site central. 4. Les organisations de relevé des prix reçoivent et valident les informations qui concernent leur pays. 5. Les organisations de relevé des prix diffusent les informations pertinentes pour leur pays et qui intéressent les entreprises locales. International Trade Centre Depuis 1964, l’International Trade Centre apporte son soutien à des entreprises de pays en développement en proposant des solutions de développement commercial au secteur privé, aux stratèges politiques et à d’autres organismes d’appui au commerce (OAC). L’ITC s’occupe de la collecte, de la gestion et de l’échange des renseignements et des informations commerciales relatifs à la disponibilité et aux prix des produits agricoles, surtout dans le secteur des fruits, des légumes et des céréales. Vu le grand nombre de pays moins avancés dans la région, l’Afrique de l’Ouest est au cœur des efforts déployés par l’ITC. Market Alerts Market Alerts envoie des informations commerciales par texto directement à partir d’un site web régulièrement mis à jour. Ce service envoie les données essentiellement à des organismes d’appui au commerce (OAC), à des organisations qui favorisent le commerce via des services de mise en réseau, à des services d’information de marché, de conseil juridique et aux partenaires des programmes d’appui gouvernementaux. Le système d’alerte permet aux OAC de fournir des informations actualisées aux marchés intérieurs, de signaler les opportunités commerciales et de donner aux exportateurs des nouvelles pertinentes de l’étranger. Les textos sont automatiquement envoyés depuis le site : les OAC peuvent ainsi communiquer rapidement avec leurs partenaires et toucher directement et efficacement un grand nombre d’intervenants du marché agricole. Quatorze OAC du Mali, du Burkina Faso et du Sénégal utilisent actuellement Market Alerts pour renforcer leurs réseaux commerciaux nationaux. in P E tt o jo r g en s C h yT Te / L In eA Ir 13http://ictupdate.cta.int Informatiser les coopératives Face à une concurrence plus forte et des subsides en baisse, nombre de coopératives laitières kényanes recourent à un logiciel spécialement conçu pour gérer plus efficacement les coopératives agricoles. Études de cas Rop Kiplagat (ropkiplagat@gmail.com) est un des développeurs du logiciel Coopworks (www.coopworks.org) A u Kenya comme dans de nombreux pays ACP, la production laitière est l’œuvre de petits producteurs vivant en zone rurale, souvent peu scolarisés et peu habitués aux technologies. La plupart d’entre eux n’ont d’autre source de revenus que la vente du lait. Au fil des ans, cependant, ils ont regroupé leurs forces et constitué de puissantes coopératives qui collectent le lait et le revendent à des grossistes- transformateurs. Certaines coopératives sont membres d’une plus large union qui transforme le lait de ses membres et commercialise un produit fini sur les marchés de détail. L’industrie laitière kényane est néanmoins sous pression face à la concurrence de produits bon marché importés. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement a coupé les subsides qui couvraient une partie des coûts de production. Pour survivre, les coopératives ont dû rationaliser leur activité et améliorer leur gestion pour arriver à un solde positif et reverser des dividendes à leurs membres. Une des façons d’accroître leur efficacité est de recourir davantage à l’informatique. Les ordinateurs peuvent supprimer les doubles ou triples manipulations courantes dans l’enregistrement des transactions et la comptabilité à la main. Le traitement des paiements à la main demande énormément de temps, surtout lorsque la coopérative compte beaucoup de membres. Le suivi des transactions papier n’est pas facile, les fermiers peuvent se plaindre et avoir parfois le sentiment d’être grugés. L’érosion de la confiance, des questions de responsabilité et un système comptable ouvert aux abus peuvent tous entraîner la chute de la coopérative. Afin de remédier à ces problèmes et d’améliorer l’efficacité des coopératives agricoles, des développeurs de gratuiciel kényans ont commencé en 2006 à développer le logiciel Coopworks, qui est aujourd’hui téléchargeable gratuitement. Il s’agit d’un système de gestion des UL rI Ch D oe rI n g / AL Am y 14 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 informations spécialement conçu pour aider les coopératives à gérer leurs comptes, les données de leurs membres et les enregistrements de production. Ce système est installé dans plusieurs coopératives et les développeurs planchent sur une extension du programme qui sera disponible pour les coopératives de café mi-2009. Avances Ce programme automatise les opérations quotidiennes (inscription d’un membre, livraison, collecte, analyse et stockage du lait) et établit des rapports d’information plus rapides et plus précis que les systèmes manuels dont se servaient les coopératives. Le module d’inscription et de gestion des membres par exemple, reprend plus de détails que le registre des membres à l’ancienne ; le personnel administratif peut retrouver la fiche d’un membre en quelques secondes. Le module livraison du lait peut suivre les livraisons faites quotidiennement, hebdomadairement ou mensuellement par n’importe quel fermier. Le système peut établir des rapports en fonction de l’itinéraire de collecte, de la localisation de la ferme et de la région. Il suffit à la coopérative de consulter les antécédents de production d’un fermier pour lui accorder une avance sur les livraisons à venir. Le système affiche aussi les prêts en cours et les remboursements déjà effectués par le fermier. L’équipe de développement travaille sur un module complémentaire qui permettra au fermier de demander son solde via un texto. Le programme est également utile pour planifier le contrôle des maladies. Lorsqu’une livraison de lait est refusée pour un quelconque motif, le problème est consigné de même que les détails de la livraison. Coopworks peut montrer si plusieurs livraisons en provenance d’une certaine ferme ou d’une certaine région ont été refusés et prévenir les gestionnaires des fermes d’un risque de maladie. Il peut aussi afficher en un instant l’inventaire du magasin et voir si la coopérative dispose du stock de médicaments nécessaire pour faire face à l’éventuelle apparition d’une maladie. L’accès à une source stable et fiable d’électricité reste toutefois le principal problème pour les coopératives qui veulent investir dans des systèmes de gestion informatisés et numérisés. Le coût d’achat des ordinateurs est un autre obstacle majeur, surtout pour les petites coopératives. L’équipe de Coopworks a conseillé aux fermiers d’acheter des ordinateurs reconditionnés mais ces machines ne sont pas toujours immédiatement disponibles et peuvent avoir un coût qui dépasse le budget de certaines coopératives. Le manque de connaissances informatiques dans les zones rurales est un troisième obstacle à la mise en œuvre de systèmes de gestion informatisés. Bien que Coopworks ait été conçu pour répondre aux normes comptables internationales, chaque coopérative doit adapter le programme à ses propres méthodes de travail. Lorsque les compétences techniques du personnel sont limitées, l’adaptation du programme pose de réelles difficultés. En fait, des coopératives qui étaient à jour dans les états de compte de leurs membres connaissent des retards depuis qu’elles ont adopté le système. Expériences Le système a été expérimenté dans cinq grandes coopératives du pays. Tulaga Farmers Cooperative Society à Kinangop, au nord de Nairobi, comptait à l’origine 800 membres. Deux ans après avoir installé Coopworks, elle en compte 3 400. Les fermiers disent s’être affiliés à Tulaga parce qu’elle est à jour dans les états de compte de ses membres, à la différence d’autres coopératives non informatisées. Fait significatif, l’ascension vertigineuse du nombre de membres n’a pas nécessité l’embauche de personnel supplémentaire. Grâce à la hausse de revenus engendrée par l’arrivée de nouveaux membres et aux livraisons supplémentaires, la coopérative s’est acheté son propre refroidisseur de lait. La prochaine phase de développement du logiciel verra l’ajout d’une fonction permettant d’afficher le rapport sous forme de graphiques ou d’histogrammes. Une présentation plus visuelle d’indicateurs de performance aussi importants que les ventes, les pertes et profits, la variation des prix du marché et le niveau de stock permettra à la coopérative d’expliquer plus facilement le processus de gestion à ses membres et de les encourager à s’impliquer davantage dans le fonctionnement et la planification des activités. L’extension du programme pour l’envoi et la réception automatiques de textos sera particulièrement utile. Les fermiers pourront connaître l’état de leur compte sans devoir se rendre au bureau de la coopérative. Comme les numéros de téléphone de tous les membres sont stockés dans une base de données, la coopérative pourra envoyer des textos aux fermiers pour leur donner des conseils techniques, les prix du marché, les prévenir qu’une maladie s’est déclarée ou leur signaler une réunion. L’équipe de Coopworks envisage de relier le système aux balances numériques afin d’envoyer automatiquement un texto au fermier, lui indiquant le volume enregistré et celui indiqué au point de collecte. Le fermier pourra vérifier la concordance entre les deux. Mais pour cela, l’équipe aura besoin de l’aide d’autres développeurs de par le monde ; elle a donc mis le code source à la disposition des bonnes âmes sur SourceForge, un site qui encourage le développement collectif de gratuiciels. L’introduction d’un logiciel pour gérer le fonctionnement au quotidien de coopératives peut s’avérer très bénéfique pour la société et pour ses membres. Le secteur agricole est en retard par rapport au secteur éducatif et au monde des affaires pour ce qui est de l’adoption des technologies de communication, surtout dans les pays où l’alimentation en courant, les connexions à Internet et la maîtrise de l’informatique ne sont pas évidentes. Mais des systèmes de gestion de l’information comme Coopworks peuvent accroître considérablement l’efficacité d’une coopérative et aider celle-ci et ses membres à rester compétitifs malgré les contraintes de l’économie moderne. ■ Ressources corrélées Coopworks Ce système de gestion des informations spécialement conçu pour aider les coopératives est téléchargeable gratuitement. ➜ www.coopworks.org SourceForge Les développeurs de logiciels peuvent se connecter sur SourceForge pour y mettre leurs codes sources gratuits. ➜ www.sourceforge.net 15http://ictupdate.cta.int Nouvelles normes commerciales Beaucoup de programmes guident le paysan dans la découverte de nouveaux marchés. Une de ces initiatives coordonne les informations afin qu’il puisse choisir le programme qui lui convient le mieux. Ces dix dernières années, les nouvelles initiatives se sont multipliées afin de développer et d’améliorer les marchés des produits agricoles de base. Des programmes comme Fair Trade and Rainforest Alliance sont apparus dans l’espoir d’améliorer l’impact socio- économique et environnemental de la production et du commerce. Ces initiatives collaborent étroitement avec tous les intervenants de la fourniture de biens agricoles qui essaient de se ménager un accès aux marchés des produits de base. Elles espèrent rendre les marchés plus compétitifs en renforçant la coordination tout au long de la chaîne d’approvisionnement et améliorer du même coup les moyens d’existence des paysans sur le long terme. En d’autres termes, ces programmes s’emploient à pérenniser les marchés des produits de base. La croissance rapide de la demande de produits bio et issus du commerce équitable témoigne d’une prise de conscience des consommateurs, des producteurs et des ONG de l’existence des marchés de niche et spécialisés. La popularité croissante de ces marchés s’est doublée d’une augmentation et d’un élargissement des initiatives volontaires qui fixent les orientations et les normes de travail que les producteurs et les négociants doivent respecter pour pouvoir se positionner sur ces marchés florissants. L’augmentation de la demande de cafés « durables », par exemple, offre aux producteurs une nouvelle occasion de se rallier à diverses initiatives de normes volontaires pour s’ouvrir l’accès à des marchés internationaux pérennes. Les producteurs de café, à l’instar d’autres producteurs, n’ont d’autre source de revenu que leur Kim Kenney (kkenney@iisd.ca) est responsable des communications de la Sustainable Commodity Initiative Études de cas production et doivent faire face à de nombreux obstacles pour s’assurer des moyens d’existence durables. Les paysans sont confrontés à un gros problème de manque de données précises sur les marchés, conjugué à un accès médiocre à l’éducation et à la formation sur l’interprétation de ces informations. C’est pour les aider, eux et d’autres intervenants de la chaîne d’approvisionnement des produits agricoles, que l’IISD (International Institute for Sustainable Development) a créé la Sustainable Commodity Initiative (SCI) en collaboration avec la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). La SCI collabore avec plus de 20 initiatives volontaires afin de pérenniser le commerce et la production du café et d’autres produits alimentaires, énergétiques et textiles. Les initiatives de normalisation sur une base volontaire offrent de nombreux avantage, aux producteurs : des revenus plus stables et plus élevés, de meilleures méthodes de gestion agricole et commerciale, une meilleure coordination de la chaîne d’approvisionnement, une meilleure connaissance des tendances du marché et de moindres risques de volatilité des marchés. Beaucoup d’initiatives commerciales fonctionnent indépendamment, sans (grande) coopération entre les divers marchés et organisations. La SCI espère instiller une démarche plus efficace et plus unifiée et travailler main dans la main avec les initiatives existantes pour inciter tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement des produits agricoles à adopter des pratiques saines et durables. Partager les données Vu le nombre de programmes qui proposent leurs conseils et leurs normes, les producteurs, les décideurs et autres intervenants de la chaîne d’approvisionnement ont besoin de données indépendantes et crédibles. Les paysans ont surtout besoin de connaître précisément les coûts et les avantages économiques, sociaux et environnementaux liés à l’adoption de tel ou tel programme. C’est la raison pour laquelle le projet Comité d’évaluation de la durabilité (CEDU) de la SCI a défini un processus objectif et scientifique de collecte et d’analyse des données sur les divers programmes de pérennisation des marchés du café et d’autres produits de base. L’équipe du CEDU communique ses constatations aux producteurs pour éclairer leur choix parmi les divers programmes d’entrée sur les marchés qui s’offrent à eux. Le CEDU va bientôt élargir la diffusion de données brutes. Au travers d’un nouveau dispositif de coopération avec le Centre du commerce international des Nations unies, les résultats obtenus par le CEDU seront accessibles via une base de données en ligne ; tous ceux qui s’intéressent à la chaîne d’approvisionnement pourront ainsi appliquer leurs propres critères d’évaluation et d’appréciation. Emprunter Le producteur qui veut adopter de nouvelles pratiques durables doit généralement investir de l’argent pour ce faire. Comme les paysans les plus pauvres disposent rarement d’économies, il leur est impossible de participer à l’une de ces initiatives commerciales sans emprunter de l’argent. L’offre de services financiers à destination des petits producteurs n’a toutefois pas suivi l’essor de ces initiatives. Les institutions financières locales estiment qu’ils sont trop pauvres ou trop en manque de capitaux pour devenir clients chez elles, surtout lorsqu’ils ont une activité de production et d’exportation agricole. Bien qu’il y ait plus d’une vingtaine d’organisations qui prêtent directement de l’argent aux groupes de producteurs des pays en développement, pour un 16 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 montant estimé à 250-300 millions de dollars, elles sont loin de couvrir les besoins, tant en termes de volume que de type de financement. Les organisations qui financent les PME et les producteurs durables sont confrontées à deux défis : l’importance des coûts de transactions liés à l’approvisionnement et le risque de prêter à des petites organisations aux quatre coins du monde. Afin de donner aux PME du monde en développement un meilleur accès aux financements, la SCI a coordonné la création de la FAST (Finance Alliance for Sustainable Trade) en 2007 avec des organisations de prêt social et d’autres agences de développement. La FAST est une association internationale sans but lucratif dont la mission est d’améliorer l’accès aux financements par la diffusion d’informations et le soutien à la collaboration entre producteurs, prêteurs et autres intervenants de ce secteur. Avec plus d’une centaine de membres de par le monde, la FAST se concentre sur la création d’un « carrefour » en ligne où les producteurs pourront trouver les prêteurs qui correspondent à leurs besoins. Il s’agit de permettre à des petits paysans d’introduire des demandes de prêt en ligne, via une procédure simplifiée et rationalisée. La SCI développe des technologies spécifiques pour pérenniser la croissance des marchés durables. Tout en continuant de développer la base de données du CEDU sur les nombreuses initiatives commerciales internationales et le carrefour de la FAST, la SCI veut lier ses efforts à la planification et au développement des politiques. Le projet State of Sustainability Initiatives (SSI), qui doit démarrer en ligne dans le courant de 2009, dressera chaque année un bilan de la performance et des évolutions des initiatives volontaires. Les consommateurs, stratèges politiques et autres décideurs de la chaîne d’approvisionnement disposeront, au travers des rapports annuels du SSI, d’un point de référence permanent pour définir les temps et les modalités de leur soutien à la production durable. Un meilleur accès aux informations relatives aux marchés durables et aux initiatives commerciales permet aux producteurs d’appréhender les critères, les coûts et les avantages de chaque programme et de choisir en toute connaissance de cause la méthode de production durable qui correspond le mieux à son activité. Un meilleur accès aux financements et à l’assistance technique permet aux petits paysans de trouver leur place dans les chaînes d’approvisionnement des marchés internationaux. ■ Ressources corrélées La SCI a récemment ouvert un nouveau site web où l’on trouve l’actualité des projets, des informations détaillées sur les marchés durables des produits de base et les publications récentes de la SCI. ➜ www.sustainablecommodities.org to M C o C k r E M /A n P 17http://ictupdate.cta.int Semer les textos Un logiciel développé spécialement pour les organisations sans but lucratif assure l’envoi rapide, simultané et facile d’informations à un grand nombre de personnes. Dossier Ken Banks (ken.banks@kiwanja.net) est le fondateur de kiwanja.net (www.kiwanja.net) et le développeur du logiciel FrontlineSMS (www.frontlinesms.com). Cet article a été rédigé avec le concours de Gary Garriott (Winrock International) et de David Lehr (Mercy Corps) D ans les pays ACP, les communautés rurales dépendent souvent de l’agriculture et des activités connexes. Beaucoup de fermiers en sont toutefois encore réduits à vendre leur production localement ou à des marchands de passage. Beaucoup de petits paysans ignorent la valeur réelle de leurs biens et les vendent à un prix uniquement basé sur la confiance. Ils ne disposent pas des informations qui leur permettraient de décider en toute connaissance de cause à qui vendre et à quel prix. Les ONG, qui aident depuis longtemps les paysans à accroître les rendements, à créer des coopératives ou à combattre les insectes nuisibles, commencent à percevoir les avantages qu’offre une meilleure couverture de la téléphonie mobile. Toutes sortes de projets pilotes voient le jour dans le monde en développement, chacun essayant de définir précisément le type d’information dont le paysan a besoin, comment la recueillir, la lui faire parvenir efficacement et la facturer. Pour donner du sens à toutes ces informations et en permettre un bon usage, plusieurs organisations font appel à un logiciel baptisé FrontlineSMS. En substance, ce programme transforme un ordinateur ordinaire et un téléphone portable en un centre de messagerie texto bidirectionnelle. Caractéristique essentielle pour des ONG qui travaillent en milieu rural, il ne nécessite pas de raccordement à Internet. Sorti à l’origine en 2005, FrontlineSMS a été utilisé entre autres pour contrôler les élections au Nigeria et aux Philippines, par des militants au Zimbabwe et au Pakistan, par des agences de presse en Irak, des ONG humanitaires en Afghanistan et des travailleurs de la santé au Malawi. Multitâche Au Salvador, 46 % de la population vit dans des zones rurales et gagne sa vie dans des activités liées à l’agriculture. Bien qu’Internet soit devenu un important moyen de diffusion des informations dans le monde, les paysans salvadoriens ne disposent pas des nouvelles TIC qui leur donneraient accès aux marchés locaux et à d’autres opportunités commerciales. En lieu et E P A /S tE P h E n M o r r iS o n /A n P 18 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 place des services informatiques, les paysans se tournent vers les téléphones portables, moins coûteux que les ordinateurs et très prisés dans les zones rurales. D’après les statistiques nationales, on compte 55 téléphones portables pour 100 habitants ; la mobilophonie ouvre donc véritablement la voie à la fourniture d’informations agroindustrielles en temps réel, à la promotion de produits et de services et à la création de liens commerciaux en temps réel entre les producteurs, les acheteurs et les consommateurs. L’association locale FIAGRO (Fondation pour l’innovation technologique agricole) fait appel à une technologie innovante pour accroître l’avantage compétitif du secteur agricole. Elle préconise le recours au téléphone portable pour inciter les acheteurs et les vendeurs de produits agricoles à s’échanger des informations et à renforcer les liens commerciaux. Son projet gère et transmet les offres des acheteurs et des vendeurs. Si les vendeurs, généralement de petits paysans, ne maîtrisent pas l’art du texto, ils peuvent contacter un centre d’appel géré par la FIAGRO où un opérateur saisira les informations nécessaires à la rédaction d’une annonce classée. Les paysans qui maîtrisent les textos peuvent les envoyer directement sous la forme d’un mot-clé suivi de « buy » ou « sell » et d’informations sur le produit (nom, volume, prix de vente ou d’achat, emplacement du produit). Grâce à FrontlineSMS, la FIAGRO insère automatiquement ces informations dans une base de données via Internet [voyez TechTip en page 20 pour plus de détails]. Ce logiciel, qui utilise un compte de messagerie en ligne Clickatell, envoie ensuite, par texto, un résumé de toutes les offres parues au cours des dernières 24 heures à tous les abonnés. Au travers du centre d’appel, l’utilisateur peut obtenir des informations sur les produits géographiquement proches d’un marché ou d’un centre urbain ou encore demander des informations sur les acheteurs de certains produits. Le coût des appels passés au centre finance la phase pilote du projet. Pour l’instant, quelque 600 abonnés, qui peuvent annuler leur souscription à tout moment, utilisent ce service et ne paient que les informations reçues ou demandées. Dans un proche avenir, la nouvelle version multimédia (MMS) de FrontlineSMS, en cours de développement, permettra aux paysans illettrés de recevoir les informations commerciales sous forme visuelle ou audio. Retour d’information Ailleurs, à Aceh, en Indonésie, Mercy Corps, une organisation de développement international, se sert de FrontlineSMS pour communiquer les prix à de petits producteurs, essentiellement des paysans, des planteurs et des pêcheurs. D’après David Lehr, de l’équipe d’innovations sociales de Mercy Corps, la plupart des producteurs souffrent cruellement d’un manque d’information, précises et actualisées sur les prix, soit en raison de leur éloignement, soit parce qu’ils ne savent ni où ni comment obtenir des informations fiables. Pour le projet, baptisé MarketInfo- SMS, le personnel de Mercy Corps recueille les prix des produits de base auprès d’une équipe d’informateurs et les introduit dans l’ordinateur (cette configuration disparaîtra dès que les fournisseurs de données les enverront directement par texto). L’ordinateur sur lequel tourne FrontlineSMS envoie ces données aux groupes de producteurs, aux fonctionnaires du gouvernement et à d’autres intervenants de la filière agricole, en fonction de leurs besoins (prix des produits, des engrais et des pesticides, voire prévisions météo) Pour mesurer l’efficacité de son projet, Mercy Corps rencontre les abonnés en divers lieux chaque mois. Les paysans disent que le gros avantage pour eux, c’est d’avoir désormais une idée du prix minimum auquel ils doivent négocier avec les acheteurs. Ils appréhendent mieux les fluctuations générales des prix, ce qui les aide à choisir les variétés qu’ils cultiveront l’année suivante pour accroître leur revenu. Les acheteurs ne sont cependant pas perdants : les informations qu’ils reçoivent leur donnent un choix plus vaste de personnes à qui revendre les produits. Quant aux vulgarisateurs agricoles, ils sont mieux équipés pour aider les paysans grâce à une meilleure connaissance du marché et un meilleur accès à l’information. MarketInfo-SMS est un service gratuit ; le personnel de Mercy Corps continue de jauger la demande pour ce système et d’en évaluer l’efficacité. Au bout de cinq mois seulement, il compte plus de 500 abonnés. Pour pérenniser le fonctionnement de ce service, Mercy Corps a engagé des pourparlers avec des opérateurs locaux de téléphonie mobile et investigue divers modèles commerciaux. Même si deux projets destinés aux paysans et à la filière agricole ne seront jamais identiques, la plupart d’entre eux poursuivent le même objectif : promouvoir la transparence du marché. Le projet de Mercy Corps à Aceh s’inscrit dans le prolongement d’une initiative lancée par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) dans la même région, qui utilise également FrontlineSMS. En recourant à la même plate-forme, les équipes de ces projets ont l’avantage de pouvoir confronter leurs expériences. Dès lors que les différentes organisations et prestataires de service, peuvent mutualiser leurs connaissances, et anticiper les problèmes potentiels et trouver des solutions, l’application du système dans d’autres parties du monde n’en sera que plus aisée. ■ se A n s P r A g U e / LI n eA Ir 19http://ictupdate.cta.int TechTip Publipostage de textos La popularité du téléphone portable dans les pays ACP a banalisé l’usage du texto (ou du SMS, service de messages courts) comme moyen de communication. Par rapport aux services vocaux habituels, le texto est moins cher et permet d’envoyer des messages à un grand nombre de personnes en peu de temps. FrontlineSMS est un gratuiciel particulièrement utile pour envoyer des textos à peu de frais à un grand nombre de personnes. Le logiciel FrontlineSMS est un gratuiciel qui transforme un ordinateur et un portable (ou un modem) en une centrale de communication. À la différence d’autres produits commerciaux, FrontlineSMS a été élaboré spécialement pour les ONG et n’a pas besoin d’Internet pour fonctionner. Il est aujourd’hui utilisé à travers le monde pour toutes sortes d’activités non lucratives et disponible dans un nombre croissant de langues dont l’anglais, le français, l’allemand, le russe, l’ukrainien, le swahili, le portugais et l’espagnol. Équipement • Un laptop ou un ordinateur de bureau (ou un Apple Mac). • Windows (98, 2000, XP, XP Pro, Vista) ou Linux (ou le système d’exploitation OSX pour Apple). • 85 Mo d’espace libre sur le disque dur. • Un téléphone portable ou un modem (voir le site web de FrontlineSMS pour plus de détails). • Un câble USB (pas toujours nécessaire). • Une carte SIM locale, créditée auprès votre opérateur de téléphonie mobile préféré. Installation L’utilisation de FrontlineSMS est gratuite pour les organisations sans but lucratif. Pour obtenir une copie, commencez par compléter le formulaire de demande disponible sur le site web de FrontlineSMS (www.frontlinesms.com). Un ou deux jours plus tard, vous recevez un courriel contenant un lien à suivre pour télécharger le logiciel. À l’issue du téléchargement, double-cliquez sur le fichier d’installation et suivez les instructions. (Les utilisateurs Apple Mac ou Linux devront effectuer quelques étapes manuellement : les instructions sont fournies sur le site). Configuration Vous devez ensuite connecter votre téléphone à l’ordinateur. Le logiciel gère bon nombre de portables, mais tous n’ont pas été testés (vous trouvez sur le site de FrontlineSMS la liste des téléphones dont la (non) compatibilité a été vérifiée). Pour connecter votre téléphone à votre ordinateur, vous aurez besoin d’un câble USB, que vous pourrez facilement vous procurer auprès de votre fournisseur habituel (vous pouvez aussi opter pour une connexion sans fil Bluetooth). La plupart des câbles USB sont livrés avec un CD et un pilote que vous devrez installer pour que votre ordinateur reconnaisse votre téléphone. Suivez les instructions fournies, qui sont généralement simples et rapides. Une fois votre téléphone branché sur votre ordinateur, FrontlineSMS essaiera automatiquement de le détecter. Les téléphones détectés et configurés automatiquement sont repris dans l’onglet « Téléphones ». Si votre but est uniquement d’envoyer (plutôt que de recevoir) des messages et que vous disposez d’une connexion Internet, vous n’avez même pas besoin d’un téléphone : il vous suffit d’ouvrir un compte chez Clickatell (www.clickatell.com), un service en ligne permettant d’envoyer rapidement de gros volumes de messages à un prix généralement plus avantageux. Usages Une fois FrontlineSMS lancé, vous pouvez faire un tas de choses. Après avoir ajouté les noms de vos contacts et créé des « Groupes », vous pouvez envoyer un texto à tous les membres d’un groupe en quelques clics. Vous pouvez lire les réponses sur l’écran de l’ordinateur et exporter les données vers d’autres programmes (tableur, traitement de texte ou base de données). Vous pouvez définir des « mots-clés » qui vous permettent de faire différentes choses quand les utilisateurs les envoient. Un mot-clé peut déclencher une réponse automatique – l’envoi du mot « ENDROIT » pourrait, par exemple, susciter un message de retour du genre « Nous sommes au coin de la rue Carnot et de la rue des Fleurs ». À l’aide de mots-clés, des personnes peuvent automatiquement s’inscrire ou se désinscrire d’un de vos groupes. Ou vous pouvez dire à FrontlineSMS de transférer le message entrant à un certain nombre de destinataires sous forme de courriel, ou de le transférer vers un site web (à supposer que vous ayez une connexion Internet). Enfin, les mots-clés peuvent servir à démarrer des programmes extérieurs. Un texto contenant le mot « MAÏS », par exemple, pourrait démarrer un programme de votre ordinateur qui recherche le prix du maïs et renvoie automatiquement la réponse sous forme de texto. ■ kI w A n jA .n eT 20 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 Le point Le business de l’information notre premier article consacré à la Bourse kényane des produits agricoles (kACe) remonte à décembre 2002. son offre d’informations sur les marchés est désormais multimédia. D epuis 1997, la Bourse kènyane des produits agricoles (Kenya Agricultural Commodity Exchange, KACE) développe et teste un système de lien et d’information sur les marchés (MILS), afin de rendre les marchés agricoles plus efficaces et plus profitables aux paysans. Ce système fait appel à toutes sortes de moyens de communication pour apporter des informations sur les marchés fiables et en temps voulu, et établir un lien entre les paysans et les marchés agricoles en faisant coïncider les offres et les demandes de produits. Ce système repose sur des points d’information sur les marchés répartis à travers tous le pays où les paysans peuvent obtenir les prix d’une série de produits. Pour l’heure, il y a neuf points d’information, soutenus par trois centres au niveau du district. Ces centres ont une connexion Internet et font le relais entre l’équipe centrale située dans la capitale, Nairobi, et les points d’information dispersés. Un des volets essentiels du système d’information repose sur l’envoi de données sur les prix directement aux paysans, via des textos. Aux producteurs qui n’ont pas de téléphone portable, ou qui n’aiment pas les textos, KACE propose un service vocal interactif ; l’usager appelle un numéro spécial pour obtenir les informations via un simple menu vocal. Il y a aussi une base de données Internet où les paysans et les petites et moyennes entreprises agricoles peuvent trouver des informations sur les prix. Au bout de 12 années d’expérience, KACE a appris que les paysans n’avaient pas besoin que d’informations sur les prix, mais aussi de liens vers les autres personnes et entreprises qui commercialisent leurs produits et vers les consommateurs. Avec l’aide d’opérateurs de téléphonie mobile et grâce à d’autres TIC, KACE s’emploie à affiner et à actualiser son système d’information pour apporter un meilleur service au plan national. Cette extension du service ouvrira de nouveaux débouchés nationaux, régionaux, voire internationaux pour les petits paysans. Augmentation du revenu Pour que son expansion soit assurément rentable et financièrement viable sur le long terme, KACE a ouvert plusieurs centres de ressources franchisés (CRF) que des entrepreneurs privés dirigent comme des entreprises commerciales. Outre les informations sur les prix, ces CRF proposent d’autres services comme le transport, le stockage, la pesée, le contrôle de la qualité des produits, voire des services financiers. Ils peuvent aussi faire office de magasins de semences, d’engrais, d’outils et fournir des services de communication (accès au téléphone, au courriel et à Internet). KACE continue de superviser les activités des CRF pour veiller à ce qu’ils proposent des services standardisés et à un prix abordable. Pour accompagner les CRF, KACE a décidé de tester un magasin « virtuel » via un programme radio baptisé Soko Hewani (le « supermarché des ondes »). Ce programme reprend toutes les informations et composantes du système d’information sur les prix et est diffusé dans une région qui compte à peu près 5 millions d’habitants, pour la plupart des petits exploitants. Les CRF commercent via Soko Hewani pour leur propre compte ou celui de clients, généralement des paysans. Ils commencent par éplucher toutes les offres et les demandes pour vérifier la disponibilité, la quantité et la qualité annoncées. Le directeur du programme radio compile les offres et les diffuse sur les ondes. Les auditeurs peuvent ensuite téléphoner, envoyer un texto et s’inscrire via le système de messagerie vocale pour remettre leur offre. Au travers d’un système d’offres et de contre-offres, acheteurs et vendeurs arrivent à un prix équitable dans la plus grande transparence. Les petits paysans apprennent à mieux connaître les prix et les débouchés commerciaux et à mieux se défendre face à des négociants ou des intermédiaires. Il ressort des données collectées dans le district de Bingoma au Kenya que les paysans qui ont utilisé le système de KACE ont vendu leur maïs 22 % plus cher que ceux qui passaient par les intermédiaires habituels. La CRF récemment franchisée marche bien : sur la même période, elle a collecté deux fois plus d’argent que les points d’information sur les marchés non franchisés. KACE s’est aperçu que les paysans et les petites exploitations situés dans des zones rurales reculées étaient prêts à payer d’autres services que les informations sur les prix. Le réseau des CRF, qui couvre tout le pays grâce à la station de radio, est un moyen efficace d’étendre ces services. Il veillera à ce que KACE puisse continuer d’apporter des informations sur les prix pertinentes aux petits paysans durant de nombreuses années encore. ■ Pour en savoir plus, voyez le site web de la Bourse kenyane des produits agricoles (KACE) www.kacekenya.com Lisez l’article consacré à KACE dans notre numéro du 9 décembre 2002 : http://ictupdate.cta.int/fr/Feature- Articles/The-Kenya-Agricultural- Commodity-Exchange ey e U B Iq U IT o U s/ r ex F eA TU r es /h h 21http://ictupdate.cta.int Ressources Projets ADEA Agrovet ADEA (Agricultural Development in East Africa) est en train de constituer un réseau de 10 000 agriculteurs tous reliés par portable et par Internet à un groupe d’une centaine de « micro-entrepreneurs ». Des informations sont envoyées aux agriculteurs pour leur expliquer comment améliorer leur production et faire du bio. ADEA coopère étroitement avec de nombreuses petites ONG comme KilimoNET qui fait le trait d’union entre les citadins et leurs familles restées à la campagne. KilimoNET s’occupe d’informations agricoles, de débats, d’analyses et soutient des événements qui visent à impliquer les jeunes citadins kenyans dans des activités agricoles au sein de leur famille à la campagne. ➜ www.adeaagrovet.org/ ➜ www.kilimo.net ➜ www.organicfarminginkenya.blogspot. com/ Programme APD (Agro-Dealer Development) Pour aider les agriculteurs africains à améliorer leurs récoltes malgré leurs ressources foncières limitées, l’AGRA (Alliance for Green Revolution in Africa) étend et renforce des réseaux d’ « agro-négociants », c.-à-d. de petits agriculteurs détaillants, en majorité des femmes. L’organisation va jusqu’à subventionner des associations d’agro-négociants qui fournissent à leurs membres des informations actualisées et vérifiées sur les prix, les fournitures, les performances des produits et le crédit et coordonnent les activités de formation de l’ADP. ➜ www.agra-alliance.org/section/work/ markets B2Bpricenow B2Bpricenow est un marché électronique où les agriculteurs peuvent promouvoir et vendre leurs produits. Développé à l’origine aux Philippines, ce service couvre désormais près de 7 100 îles du Pacifique. Les petits producteurs peuvent faire la publicité de leur produit sur le site en envoyant un texto. Ils peuvent également obtenir par texto les derniers prix d’une série de produits de base. Ce programme a d’ailleurs été étendu pour installer 1 500 centres b2b dans toute la région. Chaque centre est détenu conjointement par une coopérative locale et b2bpricenow.com ; les petits producteurs y trouvent un accès à Internet, à la téléphonie mobile et des cartes de téléphone. ➜ www.b2bpricenow.comjo r g en s C h yT Te /s TI LL P IC TU r es /L In eA Ir Documents « A Collaborative Internet-Based Initiative to Build a Food Security and Policy Information Portal for Africa (FSIP) ». Par Josué Dioné (UNECA/SDD), Michael T. Weber, John Staatz et Valerie Kelly (MSU) La réduction constante des coûts et l’augmentation du débit des services Internet en Afrique doivent nous amener à changer notre optique du développement, du stockage, de la diffusion des analyses politiques et des documents de formation, qui sont des éléments cruciaux du développement agricole. Beaucoup reste à faire avant que nous ne maîtrisions les outils TIC pour contribuer à la réalisation des objectifs de développement africains dans le domaine des sciences agricoles, de la sécurité alimentaire et des réformes politiques. ➜ www.aec.msu.edu/fs2/fsip/FSIP_CTA_ Oct_31_Final_for_Submission.pdf Manuel « e-commerce for Small Enterprise Development » Dans ce guide pratique sur l’utilisation de l’e-commerce dans les petites et micro-entreprises des pays en développement, vous trouverez des définitions contextuelles, des explications et des études de cas, une aide à la planification stratégique et un ensemble de bonnes pratiques portant sur divers aspects de l’e-commerce. Conçu pour des organisations qui n’ont que peu d’expérience de l’e-commerce et qu’une faible idée de ce que cela implique, ce guide convient également aux organismes qui utilisent déjà les TIC. ➜ www.ecomm4dev.org/handbooks.htm « The Role of Mobile Phones in Sustainable Rural Poverty Reduction » Par Asheeta Bhavnani, Rowena Won-Wai Chiu, Subramaniam Janakiram, Peter Silarszky, World Bank.. De nombreux gouvernements des pays en développement et de nombreuses agences de développement s’emploient à étendre les services de télécommunications dans les zones rurales afin de réduire la pauvreté, de favoriser la croissance économique et sociale et de réduire la « fracture numérique ». On sait toutefois peu de choses des avantages et des effets induits par les services de télécommunication modernes sur la vie et les moyens d’existence des communautés rurales. Ce document se propose de combler ce vide en analysant le rôle de la téléphonie mobile du point de vue de la réduction durable de la pauvreté chez les ruraux pauvres. ➜ www.worldbank.org/gict Ressources web e-Extension Utilisé par le ministère philippin de l’agriculture, e-Extension est constitué de trois sites : e-farming, qui utilise les TIC pour donner des conseils techniques et commerciaux aux agriculteurs et aux pêcheurs ; e-learning, où les agriculteurs peuvent trouver des vidéos d’information et d’apprentissage en matière d’aviculture, de culture céréalière, de transformation de la mangue, du café et du poisson ; e-trading, qui offre des possibilités de commerce en ligne pour plus de 80 produits mais qui fournit également des informations détaillées, généralement téléchargeables sous la forme de fichiers pdf, sur la plupart des types de culture, notamment la noix de coco, le poivre noir, le jatropha, l’huile de palme, le riz et le tabac. ➜ www.e-extension.gov.ph/ Prolinnova Pronlinnova soutient l’innovation locale dans l’agriculture et la gestion des ressources naturelles en unissant les efforts de divers instituts et organisations d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Pacifique. Ce programme axé sur les connaissances indigènes s’appuie sur les méthodes agricoles existantes pour aider les communautés rurales à s’adapter au changement et améliorer leur sécurité alimentaire. Pour chaque pays, les partenaires de Prolinnova développent des moyens spécifiques d’archivage des techniques agricoles et diffusent plus largement ces informations sur la toile, par le biais de webzines, de vidéos participatives ou de magazines radiophoniques ou imprimés. ➜ www.prolinnova.net ➜ www.innovationafrica.net ➜ www.farmer-first.org 22 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47 En quoi les TIC ont-elles aidé les agriculteurs à changer leur façon de faire des affaires ? ➜ Pour les agriculteurs comme pour les négociants, le portable est évidemment un outil précieux qui leur permet de vérifier les prix et de donner la date et l’heure exacte, d’une livraison soit par un appel, soit par texto. Grâce au téléphone, les agriculteurs peuvent comparer plus efficacement les prix et dénicher la meilleure affaire. Ils peuvent aussi communiquer avec des acheteurs jusque - là difficilement accessibles. Une des communautés autochtones du nord-ouest du Guyana commercialise une bonne partie de son cacao bio et de ses produits dérivés par ordinateur et par téléphone sans fil. Avec l’aide de fournisseurs d’accès à Internet, elle incite les opérateurs de téléphonie mobile à étendre leur couverture dans la zone. Dans des cas plus complexes, lorsqu’un cultivateur d’ananas veut vendre du jus de fruit frais à l’hôtel touristique guyanais local, le fait d’avoir un portable (pour un accès instantané) doublé d’un site web (reprenant des informations commerciales et sur le produit information) permet à ce cultivateur de faire des affaires. Les cultivateurs restent malgré tout confrontés à des problèmes de stockage, de transport, de qualité du produit, de bon rendement saisonnier, etc. L’augmentation du revenu est-elle la seule raison pour laquelle les agriculteurs cherchent de nouveaux acheteurs ? Quels autres avantages peuvent-ils tirer d’un plus large éventail d’acheteurs ? ➜ Parfois, il ne s’agit pas tant d’élargir sa palette d’acheteurs que d’avoir accès à ceux d’entre eux qui sont prêts à acheter des produits de haute qualité cultivés dans le souci de préserver la biodiversité et de protéger l’écosystème local. En d’autres termes, dans notre société saturée d’informations, le « nouvel acheteur » est souvent un acheteur curieux, sagace, consciencieux, voire mû par des considérations politiques. Du point de vue d’un agriculteur, le fait d’attirer une plus large gamme d’acheteurs a notamment pour avantage de promouvoir la consommation de denrées saines produites localement. De quel type d’information un agriculteur a-t-il besoin pour trouver le bon acheteur ? ➜ En voilà une question complexe ! Cela dépend de ce que vous entendez par « bon » acheteur. Un agriculteur doit posséder toutes sortes d’informations lorsqu’il recherche un acheteur : qui sont ses concurrents, qui sont leurs acheteurs, quelles sont les possibilités de « commerce intelligent » ou regroupé avec d’autres cultivateurs, quels sont les critères auxquels le produit doit répondre, quels sont les taux de change et les prix du moment, le prix du carburant, du stockage, du conditionnement… et cette liste est loin d’être exhaustive. Le producteur qui ne dispose pas de toutes les bonnes informations est à la merci d’acheteurs sans scrupules, surtout lorsqu’il veut se débarrasser de ses produits rapidement, s’il a des problèmes de stockage à long terme, par exemple. L’absence de réfrigération, de techniques de transformation après récolte et une main-d’œuvre limitée pour gérer les récoltes sont autant de facteurs qui peuvent l’obliger à choisir prématurément le « mauvais acheteur ». Comment la technologie peut-elle fournir ces informations à l’agriculteur ? ➜ La technologie n’apporte qu’une partie de la solution ; d’une part, elle permet à un agriculteur efficace d’accéder à des informations actualisées, mais surtout elle lui permet de fournir des informations aux acheteurs et aux consommateurs en s’inscrivant sur des communautés d’agriculteurs en ligne, en faisant de la publicité sur des marchés agricoles locaux qui ont un site de proximité, en adhérant à des réseaux sociaux comme Facebook pour créer des communautés d’intérêt autour des activités agricoles. Sun Eaters Organics à Trinidad, par exemple, fait régulièrement la promotion de ses fruits, légumes et autres produits via un blogue personnel. Un agriculteur doit-il changer de technique de culture pour entrer sur un nouveau marché ? ➜ La réponse dépend du type et de la taille du marché visé par l’agriculteur. S’il veut entrer sur le marché du bio, alors oui, il doit changer toutes ses techniques et installations agricoles. Cela dit, on n’est pas dans le tout ou rien. On pourrait dire que, dans cette période de variabilité climatique et de changements météorologiques extrêmes, il est particulièrement important que tous les agriculteurs (petits et gros) abandonnent la monoculture au profit de cultures mixtes ou variées qui sont bonnes l’une pour l’autre, pour les nutriments du sol et pour la santé des végétaux. Q&R Dorienne Rowan-Campbell (darc@cwjamaica.com) est propriétaire et directrice de la marque de café biologique jamaïcaine Rowans Royale (www.rowansroyale.com) et membre du conseil d’administration du mouvement jamaïcain pour l’agriculture Nidhi Tandon (nidhi.tandon@gmail.com) est le PDG de Networked Intelligence (www.networkedintelligence.com) Au-delà des infos SA f f o A lE SS A n D r o /A n P 23http://ictupdate.cta.int Q&R Suite http://ictupdate.cta.int This license applies only to the text portion of this publication. ICT Update numéro 47, février 2009. ICT Update est un magazine multimédia disponible à la fois sur Internet (http://ictupdate.cta.int), en version papier et sous forme d’une newsletter diffusée par courriel. Le numéro suivant sortira au mois d’avril et abordera la question de la télémédecine. Veuillez adresser vos propositions d’article à ictupdate@cta.int Le CTA, Centre technique de coopération agricole et rurale (ACP-UE), est un institut du Groupe des États ACP et de l’UE, créé dans le cadre de l’Accord de Cotonou. Il est financé par l’UE. Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas (www.cta.int) Production et gestion du contenu Web : Contactivity bv, Stationsweg 28, 2312 AV Leiden, Pays-Bas (www.contactivity.com) Coordination rédactionnelle : Rutger Engelhard / Rédacteur : Jim Dempsey / Correction : Valerie Jones (anglais), Jacques Bodichon (français) / Conception du magazine : Frissewind (www.frissewind.nl) / Réalisation graphique : Anita Toebosch / Traduction : Patrice Deladrier / Photo de couverture : Ulrich Doering / Alamy / Conseillers scientifiques : Peter Ballantyne, Oumy Ndiaye, Dorothy Okello, Kevin Painting Copyright : ©2009 CTA, Wageningen, Pays-Bas ICT Update Dans le cas du café, qui nécessite un sol présentant un pH très élevé, les paysans peuvent cultiver d’autres variétés qui apprécient les sols alcalins. Dans les plantations de Rowans Royale, nous avons obtenu de très bons résultats avec l’asperge, par exemple, qui est aussi une plante à long terme, qui peut être récoltée au même moment que le café et qui se vend souvent à très bon prix sur le marché local. Sur les plantations de café jamaïcaines, on cultive aussi des bananes et des bananes plantains pour apporter plus d’ombre aux jeunes caféiers. Pour lutter contre les insectes, les agriculteurs plantent souvent des ananas qui peuvent tous être récoltés et vendus sur le marché. Quels autres avantages les communautés rurales peuvent-elles tirer d’un meilleur accès aux TIC ? ➜ Une information actualisée est évidemment importante pour les agriculteurs, mais ils veulent plus que des informations sur le marché. Ils veulent connaître les solutions alternatives aux intrants coûteux comme les engrais et les pesticides, avoir des informations sur les solutions naturelles de lutte intégrée, sur les schémas météorologiques, sur les moyens de s’adapter au changement climatique, sur les meilleures techniques agricoles. Une communauté rurale connectée en retire de nombreux avantages, déjà par le fait d’être en lien avec les consommateurs et les marchés, mais aussi avec les décideurs, les politiciens et les négociants qui trop souvent rançonnent les agriculteurs. Que faut-il faire pour que les communautés agricoles des ACP jouissent d’un meilleur accès aux informations du marché ? ➜ Les gouvernements ont un rôle à jouer. Plusieurs pays des Caraïbes essaient de recenser la production commerciale à l’aide de logiciels qui mettent en concordance ce qui est produit et les marchés potentiels. Un tel système aiderait aussi les agriculteurs à prévoir les variétés à cultiver et le moment où les cultiver. L’Union européenne et d’autres bailleurs internationaux pourraient nous aider en indiquant en ligne et de manière régulière, grâce à une analyse du marché, où se situent les demandes émergentes. Nous devons également favoriser l’emploi de toutes sortes de TIC en permettant aux agriculteurs de les toucher du doigt et de se former aux techniques de base et de pointe chaque fois que c’est possible ; on n’en fera jamais trop. ■ Ressources corrélées Produits de Grenada Chocolate ➜ www.grenadachocolate.com Blogue de Sun Eaters Organics, Trinidad ➜ www.suneaters.com r o n g IL In g /L In eA Ir 24 Février 2009 ı ICT Update ı numéro 47