SPORE 96 • PAGE 1 Développement de la montagne Et la montagne viendra à toi ! 1 Culture itinérante Prêt pour un autre déplacement ? 3 Services d’information sur les marchés Un SIM ne s’use pas si l’on s’en sert ! 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Lutte contre la pauvreté Du rêve à la réalité : espoir dans le Sahel 16 Site Web : www.cta.nl Information pour le développement agricole des pays ACP N° 96 DECEMBRE 2001 Dans ce numéro « La mer efface sur le sable les pas des amants désunis », disait la chanson. Nous laissons tous des empreintes en avançant dans la vie, des empreintes difficiles à effacer. Elles sont mal vues dans le monde agricole : l’empreinte d’un pied compacte le sol et, à une autre échelle, l’empreinte économique d’un pays laisse une marque profonde sur les terres d’un autre. Que faire ? S’arrêter ? Ou avancer plus prudemment, en regardant où l’on met les pieds ? Vous trouverez peut-être une piste dans notre article sur les montagnes, auxquelles nous devons tant et rendons si peu, ou dans l’article sur l’agriculture itinérante, dont l’empreinte marque durablement l’environnement. « Voyageur, ne cherche pas le chemin : ce sont tes pas qui tracent le chemin », écrivait Antonio Machado, le poète espagnol. Ce numéro de Spore a dépisté pour vous une masse d’informations et d’expériences, qu’il s’agisse d’utiliser les services d’information sur les marchés, de vendre de l’oseille, de cultiver le moringa, de revitaliser la filière sisal ou de panifier le sorgho… À vous maintenant de les suivre à la trace ! M ême ceux qui n’ont jamais vu unemontagne de près éprouvent àson égard des sentiments contra- dictoires. La montagne nous domine et nous en impose par sa puissance. Et pourtant, elle est fragile comme du cristal. Provocante, elle réveille en nous une âme de conquérant, comme chez cet alpiniste qui disait vouloir vaincre l’Everest, le toit du monde, « parce qu’il est là », tout simplement. Parfois la montagne s’éboule sur ceux qui s’en approchent trop ou dégorge ses eaux dans les plaines en torrents ravageurs. Elle offre aussi un refuge à de précieuses espèces vivantes. Quand il fait trop chaud et humide dans la plaine, ceux qui en ont les moyens montent s’y rafraîchir. Nous nous y instal- lons pour échapper au bruit, aux animaux dangereux ou aux peuples belliqueux. Nous y avons même bâti nos capitales. Du palais sur les hauteurs de Tananarive, à Madagascar, aux Redhills de Kingston en Jamaïque ou aux cités Hopi juchées sur les mesas de l’Arizona, la montagne a souvent servi de refuge à l’humanité. D’après des Sud-Africains, toute terre à plus de 425 mètres de haut est une montagne, mais il faudrait aussi un certain degré de dénivella- tion (au moins 10 %) pour pouvoir vérita- blement parler de montagne. Quoi qu’il en soit, montagnes et hautes terres jouent un rôle important dans l’agricul- ture et l’environnement des pays ACP. Dans les Caraïbes, les fameuses Blue Mountains de Jamaïque abritent une riche biodiversité ani- male et végétale et un nombre volontairement réduit d’agriculteurs. L’île d’Haïti est victime d’une érosion considérable et incontrôlée due Développement de la montagne Et la montagne viendra à toi ! Nous avons tous besoin de la montagne, mais son message est clair : tenez-vous à distance et ménagez-moi. Un message à retenir pour 2002, l’Année internationale de la montagne. Ph ot o B. M oi zo © IR D SPORE 96 • PAGE 2 Développement de la montagne • principalement à la misère. Dans le Pacifique, plus de deux millions de personnes vivent dans les hauteurs de la Papouasie Nouvelle- Guinée qui compte plusieurs sommets de plus de 5 000 m. On trouve aussi des sommets iso- lés en Afrique occidentale et centrale (notam- ment au Cameroun), de grandes montagnes en Afrique de l’Est, avec les hautes et vastes terres du Kenya et d’Éthiopie, et des chaînes montagneuses en Afrique australe, de l’Angola à la Namibie en passant par le Lesotho. L’Afrique du Sud, quant à elle, est constituée à 20 % de montagnes et de hauts plateaux. Dans l’océan Indien, enfin, il y a des mon- tagnes aux Comores et à Maurice, tandis que le massif malgache abrite une biodiversité unique qui décline rapidement. Au total, plus de 10 % de la surface de l’Afrique est monta- gneuse : 110 mil- lions de personnes y vivent et y rencontrent des problèmes agricoles spécifiques, et 160 millions de plus en dépendent pour leur approvisionnement en eau... Tu laboureras la montagne En montagne, l’agriculture est complexe, même si elle est de subsistance la plupart du temps. En Afrique en particulier, les mon- tagnes offrent souvent un milieu de vie plus sûr, plus fertile et plus humide que les basses terres sèches. L’agriculture s’y est implantée avec des systèmes complexes de culture, de captation et de distribution de l’eau, de ges- tion des pâturages et des ressources animales, systèmes que l’on retrouve dans les autres régions montagneuses du monde. Au moment de la transhumance dans le sud de la France, les troupeaux de moutons gagnent les pâturages des Causses pour la saison sèche. Ils traversent des vallées aménagées en terrasses et petites parcelles plantées d’arbres fruitiers et d’oignons, qui ne sont pas sans rappeler la Vallée sacrée du Pérou, la vallée Hunza dans l’Hindou Kouch et les rizières du plateau malgache. Du fait de leur relatif isolement, les com- munautés montagnardes ont souvent des pratiques agricoles particulièrement riches et préservées. Si un paysan des plaines n’hésite pas, non sans un pincement au cœur, à quit- ter son village pour les promesses et les déceptions de la ville, un paysan de la mon- tagne sera infiniment plus réticent. Il préfé- rera monter encore plus haut, pour couper encore plus de bois de chauffe et aménager de nouvelles terrasses à flanc de montagne en défiant les lois de la pesanteur… Cet élan vers les hauteurs est aujourd’hui décuplé par la poussée démographique. Or, la montagne supporte de moins en moins la pression. En témoignent depuis quelques décennies des phénomènes inquiétants : l’érosion des sols provoque des glissements de terrain et des inondations dramatiques dans les basses terres fertiles et surpeuplées. Des commu- nautés entières disparaissent ainsi, emportées par les flots et la boue. La plus belle conquête de l’homme Il s’agit donc de modérer l’impact de l’activi- té humaine sur la montagne. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le « développement de la montagne ». On peut distinguer trois objec- tifs dans cette stratégie délicate. D’abord, fournir à une population limitée les moyens de vivre décemment et durablement de l’agriculture, de l’artisanat ou de l’écotourisme. Ensuite, découra- ger l’émigration vers les régions situées en aval, à pre- mière vue plus hospitalières. Enfin, protéger l’environne- ment de la montagne et ren- forcer ses équilibres. La préservation d’un écosys- tème équilibré en amont aide à prévenir les catastrophes en aval. Elle fournit un milieu de vie à des espèces contribuant à la biodiversi- té. Elle maintient des « couloirs écologiques » que certaines espèces peuvent emprunter pour migrer quand leur zone écologique d’origine change sous l’effet du climat. De plus, les forêts d’altitude peuvent absorber le gaz carbonique (CO2) de l’atmo- sphère, aidant ainsi à réduire le réchauffe- ment de l’atmosphère dû aux gaz à effet de serre. À notre manière très humaine d’assi- gner des tâches à la nature comme si elle était à notre service, nous appelons ces forêts des « puits de carbone ». Mais si les montagnes sont des alliées, elles sont aussi des victimes : elles aussi sont affec- tées par le changement climatique. Dans bien des régions, elles se réchauffent. On estime, par exemple, que le célèbre chapeau neigeux du Kilimandjaro, en Tanzanie, aura disparu dans quinze ans. C’est à son pied que la toute nouvelle Association africaine pour la montagne s’est créée afin de pro- mouvoir des pratiques de développement préservant mieux les montagnes. Parce que les montagnards sont là Dans les montagnes vivent des populations rurales peu nombreuses, mais aussi d’autres espèces vivantes. D’un point de vue agricole, les montagnes ont un rôle à jouer pour la sécu- rité alimentaire et la diversité génétique. Elles sont aussi sources de revenus. Cette multifonctionnalité doit être sauve- gardée. Il ne faudrait pas élaborer des poli- tiques qui se traduiraient par un dépeuple- ment total d’un côté et le report de la pression démographique sur d’autres zones. Ni des politiques délibérées de peuplement, car la montagne est très fragile et cette fragilité accentuée par la densité démographique accroît son hostilité. Pour le planificateur, la trousse à outils clas- sique du développement rural peut s’appli- quer, certes, mais elle ne suffira pas. La parti- cipation, la formation, le développement com- munautaire, la microfinance et le dialogue entre les acteurs peuvent donner de bons résul- tats dans les montagnes – peut-être mieux qu’en plaine, car la cohésion sociale, et parfois le contrôle social, y est plus forte dans les communautés. Cependant, il faut aussi tenir compte de l’isolement et de l’éloignement, pour les infra- structures en particulier. Que ce soit pour exporter les produits agricoles et le bétail ou pour importer les fournitures nécessaires, les chemins sont longs et difficiles, donc plus coû- teux. Le fameux « dernier kilomètre » des télé- communications (qui vaut aussi pour les autres formes de communication) sera tou- jours plus compliqué et plus cher dans les montagnes. Cela dit, grâce aux progrès rapides des communications par satellite, l’éloigne- ment ne sera bientôt plus un obstacle à l’accès à l’information. Cela aura des avantages pour les pratiques agricoles et l’information sur les marchés, mais aussi un inconvénient : l’éro- sion des savoirs indigènes et des valeurs cultu- relles locales. Il en est des montagnards comme de toutes les minorités : il est important qu’ils soient reconnus, entendus, écoutés et traités avec res- pect. Les gens de la montagne (et les autres espèces avec qui ils la partagent) sont peut-être très loin de l’esprit du planificateur et du poli- ticien, mais il ne faut pas les oublier. S’occuper de leurs besoins particuliers aura des consé- quences positives en aval, au sens propre comme au sens figuré. Parce qu’ils sont là. Pour plus d’information : Site Web : www.montagnes2002.org Site Web : www.mountainforum.org African Mountains Association, s/c Department of Agricultural Engineering, University of Nairobi PO Box 30197, Nairobi, Kenya Email : fgichuki@cgiar.org La montagne peut donner beaucoup, mais jusqu’à un certain point. Afin d'arriver à l’équilibre entre les besoins humains et les autres intérêts écologiques qu'implique le développement de la mon- tagne il faudrait : • reconnaître les limites des implantations humaines ; • adapter les traditions agricoles afin de réduire l'érosion et la perte de la végé- tation ; • promouvoir les primes financières et les dispositifs de communication ; • promouvoir le thème chez les décideurs. Ph ot o S. S pr ag ue © P an os P ic tu re s Ph ot o G . M an sfi el d © P an os P ic tu re s SPORE 96 • PAGE 3 Pendant des milliers d’années, la cultureitinérante a nourri beaucoup de gens.Elle continue à faire vivre 300 millions de personnes dans le monde, selon une esti- mation prudente. Qu’est-ce que la culture iti- nérante ? Une pratique. Elle consiste à défri- cher une parcelle de forêt ou de savane, sou- vent en la brûlant, afin de libérer les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes. Les agriculteurs alternent ensuite des périodes de culture et des périodes de jachère pendant lesquelles la forêt et les sols peuvent se reconstituer. Appelée milpa au Belize, swid- den à Niue ou chitemene en Afrique australe et centrale, cette pratique culturale revêt de multiples aspects qui longtemps n’ont pas été reconnus, mais plutôt considérés en bloc. On considère en général que, lorsque la densité de population est faible et que les forêts sont abondantes, les périodes de jachè- re sont suffisamment longues pour garantir la durabilité de cette agriculture. Or, la crois- sance régulière de la population durant le XXe siècle a accentué la pression sur les forêts, si bien que les périodes de jachère ont été rac- courcies de façon inacceptable. D’où un épui- sement des sols et un rapetissement des forêts qui ont contraint les paysans à se déplacer vers des terres de plus en plus marginales. Si l’on ajoute à cela la modernisation et l’inten- sification de l’agriculture et la nécessité de satisfaire une demande croissante de nourri- ture, on peut comprendre que la culture iti- nérante ait été dénoncée comme irrationnelle et destructive. Il y a du vrai, en partie. Mais des recherches menées dans les années 90 ont montré qu’il serait dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain. Limiter les déplacements Le programme d’alternative aux brûlis, coor- donné par le Centre international de recherche en agroforesterie (ICRAF), a été mis en place en 1992 sur la base d’hypothèses similaires à celles décrites plus haut. Ces hypothèses ne se sont pas totalement vérifiées. D’après des études de cas, bien que plus de 15 millions d’hectares de forêts tropicales humides dispa- raissent chaque année à cause des brûlis, seule- ment 17 % des agriculteurs itinérants défri- chent des forêts primaires et moins encore adoptent des pratiques culturales entraînant la disparition totale des arbres. Le déboisement est plus souvent la consé- quence des guerres civiles, de la sécheresse, des pressions du marché et des politiques des gouvernements que des cultures itinérantes. La privatisation des terres communales, par exemple, ouvre la voie aux bûcherons, aux mineurs, aux gros planteurs et aux ranchs d’élevage tout en paralysant la culture itiné- rante. Cela s’applique moins à l’Afrique cen- trale, où le déboisement des lisières forestières du bassin du Congo est effectivement dû à la petite agriculture. Les paysans ont d’autres raisons d’abandonner les cultures itinérantes et d’adopter des pratiques plus sédentaires : la proximité de marchés, d’écoles et d’infra- structures les incitent à se fixer. Des rendements faibles mais réguliers Il n’y a pas deux agriculteurs identiques, et la culture itinérante est bien loin d’être une pra- tique uniforme. L’Institut de développement de l’outremer (ODA), une institution britan- nique de recherche, souligne que les commu- nautés indigènes, qui vivent souvent dans des zones isolées, ont mis au point depuis des générations leurs propres méthodes cultu- rales, avec de longues périodes de jachère et des pratiques complexes de gestion des cultures. Chaque décision est soigneusement pesée, sur la base de critères agronomiques solides. Et si les rendements sont faibles, ils sont cependant stables et la production ali- mentaire est durable. D’un autre côté, il y a de nouveaux occu- pants. Souvent plus proches des zones urbaines, ils visent des profits à court terme avec des cultures de rente, pratiquant des jachères courtes jusqu’à épuisement du sol ou se déplaçant continuellement de parcelle en parcelle. Entre ces deux extrêmes, il y a des cultiva- teurs qui déplacent de temps en temps une partie de leurs activités, puis qui reviennent. Dans les zones forestières, qui peuvent nour- rir les populations d’agriculteurs itinérants qui y vivent, cette pratique contribue même à la biodiversité du système, à condition toute- fois que la mosaïque des parcelles à différents stades de jachère, la couverture forestière et les cultures ne soient pas trop fragmentées. Dans le cas contraire, la survie des arbres serait compromise. Lorsque le cycle des déplacements ne peut pas être maintenu, la conversion à l’agroforesterie peut être une solution. L’essentiel est de pré- server au mieux la fertilité des sols. Il existe diverses méthodes de substitution des engrais coûteux. Des techniques améliorées de jachè- re qui consistent à planter des arbres polyva- lents fixateurs d’azote permettent d’améliorer la productivité des sols tout en enrichissant la végétation naturelle. Le fumier, les engrais verts, les paillis, les plantes de couverture pour les cultures intercalaires et en cou- loirs sont d’autres solutions. Certains sys- tèmes agroforestiers peuvent aussi être de bonnes options. L’agriculture multiétagée, par exemple, permet aux espèces naturelles d’arbres de se régénérer au milieu des cultures annuelles et des arbres à valeur économique. Et pourquoi pas écouter ce qu’ont à dire les cultivateurs itinérants eux-mêmes et ainsi combiner, comme le suggère Paul Sillitoe, de l’université de Durham en Angleterre, la recherche anthropologique et les sciences du sol ? Sillitoe a montré comment les Wola en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont mis au point leur propre système durable tout en évitant les longues jachères traditionnelles. Ils culti- vent des plantes non pérennes de façon semi- permanente, en incorporant du compost de jachères herbacées dans des remblais, avec des patates douces comme culture de base. Quand on veut, on peut. Arbres et agricultures multiétagées d’Afrique H Dupriez et Ph de Leener, Terres et Vie/CTA, 1993. 280 pages. ISBN 92 9081 1005 n° CTA 505. 40 unités de crédit • Culture itinérante Culture itinérante Prêt pour un autre déplacement ? La culture itinérante, ou sur brûlis, est inefficace, elle épuise les sols, c’est un désastre pour la biodiversité locale. Vraiment ? Ne serait-elle pas plutôt un modèle prometteur ? Cultiver Pueraria après la culture du riz sur brûlis (en Guinée, photo du haut) permet de raccourcir la jachère tout en restaurant la fertilité du sol. Les cultures associées (aux Seychelles, photo du bas) sont une autre solution. Ph ot o Lo um a pr od uc tio ns Ph ot o FA O SPORE 96 • PAGE 4 Nous en avons tous au moins un en mémoire. Les Offices de commercialisa- tion. Vous vous rappelez ? Il n’y a pas si long- temps qu’ils ont été démembrés au nom de principes et modes d’emploi venus d’un autre monde : l’Ajustement structurel. Beaucoup ont alors versé une larme sur la disparition de « leur » office. Vous aussi ? Non que les Offices leur aient appartenu. En fait, ils n’étaient pas la propriété de l’agri- culteur ou du commerçant. C’était même plutôt le contraire ou, du moins, tout se pas- sait ainsi. Les Offices s’occupaient de toutes sortes de produits. C’étaient des organismes publics, avec une certaine participation pri- vée au début. Ensuite, beaucoup ont été pri- vatisés, graduellement ou brutalement. « Au moins, avec l’Office, on savait où on allait », entend-on souvent dire dans les groupes d’agriculteurs, quand l’heure est à la nostalgie. Les moins de vingt ans l’ignorent, mais les Offices faisaient partie de la philo- sophie d’encadrement qui dominait alors dans toute approche de développement. L’Office fournissait à l’agriculteur les semences et les outils. Il fixait les quotas de production et les prix. Il fournissait la for- mation et les services de vulgarisation. Il fai- sait même les comptes. L’agriculteur savait donc où il allait, de même que les commer- çants, les transformateurs et le ministère des Finances, qui bénéficiaient de prix et de revenus garantis. À certains moments, il a semblé que seul le climat échappait au contrôle des Offices, et certains le regret- taient. Adieu l’Office, bonjour le marché Et puis un jour, l’Office a disparu, et la place du marché était là, bizarrement vide. Les producteurs ont cherché en toute hâte une protection, ne sachant où ni dans quelles conditions acheter leurs fournitures et vendre leurs produits. Les commerçants, plus à l’aise que la plupart des agriculteurs avec l’argent et le risque, ont pu pendant un temps imposer leurs conditions. Peu à peu, des services d’informations de marché ont été développés et mis en place, souvent par d’anciens fonctionnaires dyna- miques des défunts Offices. Ils ont démontré une nouvelle fois que partout où il y a une offre valable et une demande réelle, il y a un marché. De fait, il y avait un marché pour des services d’information sur les marchés. C’est une nouvelle façon d’organiser un des plus vieux métiers du monde : celui de cour- tier ou d’intermédiaire. Que ce soit sur les côtes d’Afrique de l’Ouest, dominées depuis des millénaires par les commerçants du Bénin et de Phénicie (aujourd’hui le Liban), sur les routes de la Corne de l’Afrique jus- qu’aux grands lacs, parcourues par des com- merçants venus d’Oman et du Gujerat bien avant l’arrivée des colons européens, ou sur Services d’information sur les marchés Un SIM ne s’use pas si l’on s’en sert ! Un service d’information intelligent qui informe les agriculteurs sur les prix du marché et qui fait leurs affaires… Quelques succès ont rendu des paysans heureux, mais pour combien de temps ? Made in Mozambique À Maputo, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural gère un service d’informations du marché agricole appelé SIMA. Le SIMA publie le bulletin hebdo- madaire Quente Quente et un rapport mensuel. Il fournit des informations sur les prix de 25 produits sur 27 marchés du pays (marchés de producteurs, de gros et de détail), ainsi que les prix régionaux et internationaux de produits sélectionnés et des commentaires, bien présentés, sur le marché. Ministério da Agricultura e Desenvolvimento Rural (MADER) CP 1406, Maputo, Mozambique Fax: +258 1 46 0055 Site Web:www.map.gov.mz FoodNet En Ouganda, FoodNet est un projet col- lectif impliquant, entre autres, les services du gouvernement, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) et le CTA. L’intérêt particulier du SIM géré par FoodNet réside dans la recherche du servi- ce « macro » aux planificateurs et gros négociants aussi bien que « micro » où il s’agit de fournir une information localisée aux petits producteurs et commerçants. Le micro-SIM s’est concentré d’abord sur des sites pilotes pour le maïs, les haricots et les tubercules, utilisant la radio locale, la presse et le courrier électronique. Notons qu’une tentative semblable, impli- quant les gouvernements de la Jamaïque et des Pays-Bas et des organismes locaux financiers et d’information, avait pour objectifs il y a une dizaine d’années de relier les niveaux macro et micro dans un projet de développement de petites entreprises en Jamaïque. Ce projet avait aussi lancé un modeste service d’informa- tion commerciale. Les enseignements acquis au niveau micro auraient dû ali- menter les politiques macro, d’où l’accent mis sur le soutien et la formation en com- munication des acteurs aux différents niveaux. Ph ot os D .L ai né © C os m os a nd K A C E, K en ya Le marché du Mali Le Projet d’appui au service d’information du marché agricole (PASIDMA) est né de l’expérience de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et bénéficie d’une aide financiè- re des États-Unis et d’un appui scienti- fique. Au-delà de la mise en place de réseaux pour collecter et diffuser l’infor- mation sur les marchés, y compris par la radio rurale et Internet, il s’attache princi- palement à apprendre à des groupes d’agriculteurs à utiliser de l’information prospective à court terme pour décider du meilleur moment de vendre leurs excé- dents. Cela a supposé des partenariats entre le secteur privé et des organismes publics qui se désengagent progressive- ment. La première phase du projet (trois ans) a été consacrée à un colossal travail d’analyse des besoins des usagers (agricul- teurs, éleveurs, transformateurs et consommateurs). Alors que la seconde phase va démarrer à la fin de cette année, une question demeure : comment ce pro- jet peut-il s’affranchir des bailleurs ? PASIDMA S/c Observatoire de Marché Agricole BP E5589, Bamako, Mali Fax: +223 21 40 73 E-mail: dembelen@pilot.msu.edu Ph ot o E. D ao u • Services d’information sur les marchés SPORE 96 • PAGE 5 les marchés au bétail du Brésil ou du Middle West d’Amérique du Nord, les courtiers ont toujours été aux avant-postes. Pour beaucoup de producteurs, transfor- mateurs ou acheteurs du secteur alimentaire des pays ACP, les changements qui ont affec- té leurs marchés ces deux dernières décennies ne se résument pas à la perte de prix garantis et d’un approvisionnement facile. La levée des barrières douanières et la libéralisation générale du commerce ont intensifié la concurrence avec, cette fois, les producteurs du monde entier. En principe, la libre concurrence est un système plus juste, mais l’habitude de la protection assurée par les Offices était tellement ancrée dans les mœurs que beaucoup ont accueilli le démantèlement de ceux-ci comme une injustice. L’émergence des SIM (Services d’informations de marché) a aidé à faire passer la pilule. Le SIM utile Quoi qu’il en soit, le démantèlement des Offices a rendu plus nécessaires que jamais la vigilance commerciale et la mise en pratique de notions comme les livraisons juste-à-temps et la délocalisation des services. Comme il existe maintenant des réseaux et des chaînes capables de transmettre des commandes et de les livrer n’importe où dans le monde, même un petit producteur ACP jusqu’ici isolé peut aujourd’hui se brancher sur des marchés loin- tains. Encore doit-il savoir comment. Pour tirer le meilleur parti des opportuni- tés, le producteur astucieux voudra suivre les tendances de marchés autrefois inconnus. Or, certaines informations ne valent plus rien, car tout le monde les partage depuis des années. Savoir que les Britanniques consomment mas- sivement des fraises au moment du tournoi de Wimbledon en juin n’a guère d’intérêt pour l’horticulteur kenyan. Pas plus qu’il n’est utile à l’horticulteur du Zimbabwe de savoir que la vente de fleurs en Autriche culmine en sep- tembre quand sont annoncés les résultats des examens du secondaire… En revanche, un producteur de mangues malin, disons au Mali, voudra savoir non seulement quels fruits sont à la mode en Europe cette année, mais aussi quels pro- duits seront en promotion l’an prochain. Et que mijotent les Bré- siliens ? Une coo- pérative féminine qui fait de la confiture à la Grenade voudra connaître le nom- bre de touristes attendus cette saison dans son pays et dans les pays voisins. Et l’ONUDI n’est-il pas en train d’aider une chaîne britannique de supermar- chés à monter une grande fabrique de confi- tures qui pourrait ruiner leur unité ? De l’efficacité, mais pas à n’importe quel prix ! Les SIM ont donc bien d’autres missions que de fournir aux producteurs des informations sur les prix, et aux acheteurs un éventail d’offres. Quand ils s’établissent dans les pays ACP, leur premier défi est d’identifier leur domaine d’intervention. Pour marquer des points sur le marché, il leur faut mettre leurs atouts en valeur en tant que fournisseur ou être mieux informé que n’importe quel ache- teur potentiel. Un SIM peut fonctionner à tout niveau, traiter tout type de produit ou de fourniture, gérer n’importe quel volume. Cependant, plus les demandes des parte- naires commerciaux seront complexes, plus le système d’intervention du SIM devra être raffiné. La tendance est donc à l’informatisa- tion, à la connexion avec d’autres SIM dans des localités similaires comme avec des réseaux nationaux et internationaux. C’est parfois techniquement éprouvant ! Attention, à l’inverse, des SIM richement dotés pourraient suivre la voie tristement banale de projets de développement trop ambitieux, trop bien pourvus en personnel et en fonds, et finalement sous-utilisés. Plusieurs services des Caraïbes et d’Afrique de l’Ouest courent ainsi le risque d’être plus dispendieux que réellement utiles et utilisés. Avec une conception de projet plus mesurée, mieux modulée, fondée sur une bonne étude de marché et une bonne appréhension des besoins locaux, bien des efforts aboutiraient à plus d’efficacité. Qui paie l’addition ? Le défi essentiel des SIM n’est pas tant d’être techniquement bien conçus. Pour être dura- blement efficaces, ils doivent être financière- ment viables à long terme. Ils doivent pou- voir compter sur les revenus tirés de leurs usagers, selon les bons vieux principes du commerce. Dans certains SIM, comme celui du KACE au Kenya, la commission habi- tuelle de courtage est de 2 % du prix conve- nu. Avec une telle commission, les SIM peu- vent être tentés de devenir eux-mêmes des entreprises commerciales, de sous-louer leurs équipements ou de proposer des services techniques. D’accord, mais il ne faudrait pas qu’une telle entreprise néglige son métier principal – l’information et la qualité du ser- vice au partenaire agriculteur. Le revenu des SIM dépend pour l’essentiel de la satisfaction et de la fidélité de leurs clients. Mais que se passe-t-il quand les clients ont suf- fisamment le sens des affaires pour conclure leurs transactions sans intermédiaire ? Fournir une valeur ajoutée à la simple prestation d’in- formation sur les prix est par conséquent une stratégie réaliste qui permet aux SIM de s’assu- rer une clientèle fidèle et de maintenir, voire augmenter leur chiffre d’affaires. Sans cartes supplémentaires dans leur jeu, sans informa- tions spéciales, ils s’affaibliront et disparaîtront, ce qui n’est pas le but recherché par les inves- tisseurs. Il s’agit donc maintenant d’aider les opérateurs des SIM à s’adapter aux évolutions du marché et de la demande. Et à conserver leur longueur d’avance. Voir aussi page 10 : Repères Le cas du KACE Un matin de semaine ordinaire, la cor- beille de la Bourse des produits agricoles du Kenya (Kenya Agricultural Commo- dities Exchange) au Jamhuri Show Ground de Nairobi grouille d’agriculteurs, de courtiers et de négociants. Sur les pan- neaux sont affichées les offres des agricul- teurs de différentes régions, communi- quées par fax et ordinateurs, pour toutes sortes de produits : maïs, millet, maïs sec, pommes de terre, bananes mûres (le KACE a créé une mûrisserie pour aider les pro- ducteurs à étaler leur offre), haricots et sorgho. Le KACE compte déjà 150 membres et leur nombre augmente chaque mois. Après trois ans d’expansion progressive, le KACE est confiant en son avenir. Son principal souci, a confié un res- ponsable à Spore, est d’aider les agricul- teurs à comprendre les règles du jeu et à accepter les prix du marché, même s’ils les souhaiteraient plus élevés. KACE PO Box 59142, Nairobi, Kenya Fax: +254 2 44 18 31 E-mail: kace@arcc.or.ke Je me sers du SIM pour établir mon prix de vente. Les marchés locaux conviennent bien aux commerçantes et aux revendeurs, mais on peut faire de meilleures affaires ailleurs. Ph ot o Lo um a pr od uc tio ns ■Les chercheurs de l’Institut de recherche en agronomie et pro- duction animale de Serere, en Ouganda, ont mis au point une nouvelle variété de sorgho à faible teneur de tanin. Les tanins don- nent un goût amer au sorgho ordinaire, mais cette nouvelle variété a un goût presque sucré. En farine, elle peut être mélangée à de la farine de blé pour la fabri- cation du pain. Son goût sucré en fait également une bonne alternative pour l’alimenta- tion du bétail. Cette variété est résistante à la sécheresse et mûrit en moins de quatre mois. Si sa culture est bien maî- trisée, son rendement peut atteindre 3 000 kg/ha. Après la prochaine saison agri- cole, en 2002, le Projet semencier ougandais devrait avoir suffisam- ment de semences pour pouvoir en distribuer dans tout le pays. Entre-temps, l’Institut de Serere peut fournir des quantités limi- tées aux agriculteurs. ✍ Serere Agriculture Research Institute Sorghum and Millet Unit Serere PO Box Soroti, Ouganda Fax : + 256 45 614 44 E-mail : saaridir@infocom.co.ug SPORE 96 • PAGE 6 Les neems gênent la pollinisation On chante beaucoup les louanges du neem (margousier, Azadirachta indica), notamment pour ses propriétés insecticides. Avec raison. Toutefois, cette popularité croissante pourrait poser quelques problèmes aux arboriculteurs qui ont des neems à proximité de leurs arbres fruitiers. Le composant insecticide (azadirachtine) du neem, en éloignant les insectes, empêche la pollinisation des arbres fruitiers en fleurs des alentours. En 2001, une plantation de manguiers en Ouganda n’a pas produitde fruits après la première floraison de neems plantés en 1999. Amer, mais populaire La vernonia est, malgré son nom anglais de « feuille amère », un légume très populaire, commun au Nigeria, au Cameroun, au Gabon et en République démocratique du Congo. Sa popularité augmente dans sa région d’origine et ailleurs. Mais sa rareté pendant la saison sèche a encouragé le centre de formation artisanal et professionnel polyvalent du Cameroun (CFAPP) à développer une méthode pratique de séchage et de conservation des feuilles. Le CFAPP assure la formation à cette méthode ainsi qu’aux pratiques de commercialisation du produit fini. ✍ CFAPP BP 148 Nkongsamba, Cameroun Fax : + 237 49 17 39 E-mail : cfapp.gic@benoue.camnet.cm Les femmes gagnent au Malawi En juillet 2001, Jesse Kaunde, une femme chef d’exploitation rurale au Malawi, présentait sa candidature, au nom de toutes les agricultrices du pays, au prix de l’agricultrice africaine, du Projet de lutte contre la faim, d’une valeur de 200 000 $ US (221 607 t). En 1993, avec un prêt de 600 $ US (664,80 t) de l’Association nationale des femmes chefs d’entreprise du Malawi, Mme Kaunde a suivi une formation en aquaculture, puis construit un barrage à poissons. Elle en possède désormais trois et vend son poisson sur le marché et ses alevins aux autres aquacultrices. De plus, elle est une des rares agricultrices à utiliser l’irrigation par gravitation. Le prix ne lui a pas été remis en mains propres : la somme a été placée dans un fonds national pour le petit crédit aux agricultrices. En bref • C’est pourtant clair, non ? ■La devise des communicateurs est « sachons rester simples ! ». Il arrive toutefois que même les spécialistes de l’information ne sachent pas s’exprimer clairement et que leurs messages soient alam- biqués et confus. C’est peut-être de la paresse, car il faut travailler dur pour traduire en termes simples un sujet complexe. Dif- ficile, mais pas impossible. La mesure de l’impact de l’in- formation en agriculture ou dans tout autre secteur est une question complexe. Prenez l’article sur les services d’information sur les mar- chés dans ce numéro, par exemple. S’il aide dix SIM, dans dix pays, à gagner en durabilité et par consé- quent à favoriser la croissance du commerce agricole, pourra-t-on lui en attribuer tout le mérite ? Doit-on aussi mesurer l’impact sur le revenu des agriculteurs et ses conséquences pour l’éducation des enfants ? Si oui, jusqu’à quel point ? Tous ceux qui investissent dans l’information, y compris les agences de financement, aime- raient bien avoir les réponses à ces questions pour les appliquer à leurs livres, à leurs radios rurales, à l’utilisation d’Internet et aux sémi- naires de formation. L’évaluation de l’impact de l’in- formation n’est pas une science exacte, comme l’a montré une réunion organisée sur ce thème en octobre 2001 à Bonn, en Allemagne, par le CTA, l’Institut international pour la communica- tion et le développement et plu- sieurs partenaires spécialisés. Cette consultation technique a permis de progresser dans l’adoption de normes communes et d’un cane- vas d’évaluation pour ce métier nouveau. Il reste beaucoup à faire, notamment en rendant leur travail lisible et visible à l’extérieur, notamment pour ceux qui y ont investi ou y ont contribué. Retroussez vos manches ! Le réseau Drumbeat propose des échanges d’expériences sur l’évalua- tion de l’impact et sur d’autres thèmes intéressant les spécialistes de l’information pour le développe- ment. ✍ Drumbeat - the Communication Initiative 5148 Polson Terrace Victoria, British Columbia, Canada V8Y 2C4 Fax : 1 250 658 1728 Email : wfeek@comminit.com Website : www.comminit.com Se diversifier dans la biodiversité Toutes différentes, et c’est très bien comme ça. Ph ot o Lo um a pr od uc tio ns Ph ot o Lo um a pr od uc tio ns Du sorgho sans amertume Bientôt du sorgho de chez nous pour du pain de chez nous. ■ « C’est l’agriculteur qui en sait le plus, et s’il ne connaît pas toutes les options, alors il faut mettre plus d’informations à sa disposition ». Voilà le principal message de l’atelier sur les « mesures incitatives pour une utilisation et une conservation durables de l’agrobiodiversité », qui s’est tenu à Lusaka, Zambie, à la mi-septembre 2001. Ce sujet a aussi été traité dans l’article prin- cipal de Spore 90. Organisé par le Centre de res- sources génétiques végétales de la SADC, le CTA et des partenaires internationaux (GTZ, CRDI, ASDI), l’atelier a rassemblé 74 participants venus d’Afrique orientale, centrale et australe, d’Europe, d’Inde et du Japon. Les participants ont insisté sur la mobilisation des gouvernements pour qu’ils jouent leur rôle dans la protection de la propriété intel- lectuelle locale. Ils ont aussi pro- posé diverses actions à mener en faveur des agriculteurs : foires agricoles, banques de céréales locales, campagnes de sensibilisa- tion, formation et réseaux d’in- formation. Ils ont marqué leur confiance dans les forces du mar- ché : les agriculteurs doivent conquérir des créneaux sur les marchés alimentaires en Afrique, en Europe et ailleurs, partout où les fruits, légumes et produits animaux exotiques peuvent être vendus au prix prix fort. Une bonne tasse de café Persuader le monde du café que les cafés d’Afrique orientale sont d’une qualité supérieure et ont un goût spécifique, voilà en résumé la mission que s’est fixé la nouvelle Association des Cafés d’Afrique de l’Est (EAFCA). Des prix bas pour les cafés ordinaires et élevés pour les cafés de qualité supérieure, voilà le sujet qui a réuni 150 producteurs, responsables d’organisations et commerçants du Burundi, d’Éthiopie, du Kenya, de Mozambique, du Rwanda, de Tanzanie et d’Ouganda au premier congrès de l’EAFCA en juin 2001. L’USAID a fait un premier versement de 500 000 $ US (554 017 t) pour faciliterla mise en place de comités nationaux, d’un service d’informations sur le marché et du secrétariat de l’EAFCA. ✍ EAFCA PO Box 21679 Kampala, Ouganda Fax : +256 41 343 692 E-mail : fkawuma@eafca.org Site Web : www.eafca.org Le coin des ONG Les ONG tout comme d’autres organisations apprécieront la nouvelle page Web de la FAO destinée à faciliter l’information sur l’organisation et ses services. Cette page propose une visite virtuelle de la FAO, fournit les coordonnées de toutes les ONG accréditées auprès des Nations unies par régions, informe sur les publications, donne des liens et plus encore. Site Web : www.fao.org/tc/NGO/index_fr.htm Le Web est à vous ! ■ Vous recherchez une assistance en ligne de qualité, professionnelle et sympathique, pour tirer le meilleur parti d’Internet? Un nouveau site, spécialement conçu pour les organisations de la société civile, les télécentres et autres organisations des pays en développement, a été lancé fin novembre 2001. C’est un site vraiment utile qui propose plus de vingt rubriques sur tout ce que vous voulez savoir : l’abc de la messagerie, les banques de données, le multilinguisme, les stratégies Internet, la formation (de formateurs)… Téléchargez ! C’est gratuit, facile d’accès et – important par ces temps de changement – solide. Installé par six organisations réputées, présentes sur le terrain et souvent mentionnées dans Spore (APC, Bellanet, IICD, IISD, INASP et OneWorld), le site est disponible en espagnol et en anglais ; la version française est pour avril 2002 et la version portugaise suivra un peu plus tard. Site Web : www.itrainonline.org • En bref SPORE 96 • PAGE 7 ■Le jujubier (masau ou ber, Ziziphus mauritiana) est connu dans beaucoup de pays ACP. On pense qu’il vient de l’Asie du Sud, mais on le trouve partout en Afrique et dans les Caraïbes, à la Barbade, en Guadeloupe, en Jamaïque et en Martinique. Toutefois, ses caractéristiques et son potentiel restent méconnus. Le Centre international des cul- tures sous-utilisées (ICUC) avait donc quelques raisons de l’inclu- re dans sa première série de publi- cations spécialisées. Le jujubier est un arbre polyva- lent, utilisé pour les haies et les cultures intercalaires. Ses feuilles servent de fourrage pour les ani- maux et son bois convient à l’ou- tillage agricole, à la construction et à la production de charbon de bois. Ses fruits sont très riches en vitamine C (beaucoup plus que le citron), phosphore, carotène et calcium. Ses feuilles sont égale- ment riches en vitamine C et A. De surcroît, il résiste à la séche- resse, tolère le sel et peut prospé- rer sur des sols pauvres. Le jujubier ne restera sans doute pas sous-utilisé bien long- temps. Les communautés rurales de Rushinga (Zimbabwe) ont commencé à l’exploiter commer- cialement pour ses fruits, avec le soutien de l’Alliance du Sud pour les ressources indigènes (SAFI- RE). Tulimara Speciality Foods of Africa Ltd commercialise la confiture de jujube dans les supermarchés du Zimbabwe. Cette société s’est mise à fabri- quer de la confiture de jujube il y a quelques années avec des fruits de cueillette, mais elle utili- sera désormais des fruits semi- traités par les communautés de Rushinga. Formées par SAFIRE, celles-ci nettoient les fruits et en extraient le jus, ce qui leur rap- porte plus que si elles vendaient le fruit frais. Une confiture délicieuse et riche en vitamine C Ph ot o TH F ot o W er bu ng © S un se t ■La croissance du secteur laitier dans de nombreux pays ACP est bénéfique pour les revenus des producteurs et la nutrition des consommateurs. Mais les défis à relever sont nombreux, dans les domaines de l’hygiène, de la conservation, de la gestion, de la commercialisation, ainsi que de la régularité de l’approvisionne- ment par les producteurs et des livraisons sur les marchés. En un mot, il s’agit de formali- ser un secteur informel qui a une clientèle limitée et des réseaux de livraison peu étendus et mal contrôlés. Ce secteur doit désor- mais s’organiser, c’est-à-dire éta- blir des contrats avec les produc- teurs, les fournisseurs et les trans- porteurs, écouler la production et mettre en place des procédures strictes de conservation et de transformation des produits lai- tiers ainsi qu’une distribution sûre. Tous ces aspects ont été abor- dés lors d’une visite d’étude de 12 jours organisée au Mali, début octobre 2001, pour 18 repré- sentants d’entreprises laitières et d’agences d’appui de huit pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les participants ont visi- té des points de collecte du lait, des laiteries, des entreprises d’em- bouteillage, des producteurs de fromage et de yaourt, et discuté de l’évolution de leur travail. Ils ont souligné l’intérêt de ces échanges et ont lancé un « Forum africain du lait » pour poursuivre leur dialogue par courrier électro- nique. Cette visite était organisée pour le CTA par le GRET, avec des partenaires locaux (Séné- conseils et Service Plus) qui assu- reront un suivi. ✍ Gret Pôle Alimentation FCA 213 rue La Fayette 75010 Paris, France Fax: + 33 1 4005 6110 E-mail : dudez@gret.org Du lait, jusqu’à la dernière goutte… ■Nous pensions avoir tout vu ! Il arrive qu’un séminaire produise des discours élégants et des recomman- dations lyriques, mais un compte rendu de réunion sous forme de poème, cela, nous ne l’avions jamais vu (bien que la boîte aux lettres de Spore reçoive régulière- ment des poèmes de lecteurs). Peut-être est-ce le soulagement de boucler un séminaire après deux semaines de durs travaux qui a poussé les participants de l’ate- lier sur le service régional de ques- tions-réponses (SQR) à Kingston, Jamaïque, à mettre leurs résultats en rimes ? Ils étaient 15, prove- nant de huit pays caribéens, à pas- ser en revue toutes les étapes du fonctionnement d’un SQR (voir Spore 94, rubrique Repères), avec l’aide de formateurs venus du Ghana, des Pays-Bas et de Trinité- et-Tobago. L’atelier a insisté sur les contacts humains : comprendre ses clients, travailler en réseau avec ses pairs, démarcher sa cible et se connaître soi-même – ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. En résumé, cet atelier du CTA a marqué une étape importante dans la décentralisation des SQR d’information agricole dans les régions ACP. Le CTA peut fournir des informations complémen- taires, un rapport détaillé et… l’intégralité du poème. Un extrait : La touche personnelle tu devras partager Et nous sommes ravis d’avoir bien travaillé. ✍ Programme SQR ,CTA, Postbus 380 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas E-mail : cta@cta.nl Le SQR, ça rime à quelque chose Vive la polyvalence ! Sur la cime des arbres Une conférence sur les forces et les faiblesses de la gestion des forêts de montagnes par les communautés locales se tiendra à Antananarivo, Madagascar, du 1er au 30 mai 2002. ✍ Association des Montagnes et des Hautes-terres Malagasy Département de Géographie Université d’Antananarivo BP 907, Antananarivo 101, Madagascar E-mail : flsh@syfed.refer.mg Un taureau modèle Dans le district de Baringo au Kenya, un taureau a « appris » aux autres bovins à manger un fourrage de cactus (Opuntia megacantha), après que les épines ont été brûlées. Selon un rapport du Centre international de recherche sur le développement, deux années de sécheresse ont créé une grave pénurie de fourrage pour le bétail. C’est alors qu’une ONG locale, « Réhabilitation des environnements arides », a entendu parler d’un taureau mangeur de cactus dans la région. Ils ont fait venir l’animal et l’ont fait manger des cactus devant 150 bovins de différents troupeaux. Un avenir plus sucré Pour réhabiliter la plus grande plantation de canne à sucre du Mozambique, à Marromeu, près de Beira, les propriétaires – la compagnie sucrière Companhia de Sena SARL et le gouvernement du Mozambique – ont bénéficié d’un prêt de 12 millions de $ US de la Banque de développement d’Afrique du Sud en septembre 2001. Ces fonds seront également utilisés pour améliorer les infrastructures et ouvrir une nouvelle zone de culture de la canne de plus de 10 000 hectares. Les responsables de la Banque sont très intéressés par les avantages comparatifs du Mozambique en termes de coûts de production. En 2003, l’unité de raffinage sera en mesure de produire 100 000 t de sucre au lieu des 30 000 t produites aujourd’hui. Tendre relance La production de papayes aux Îles Fidji a régulièrement augmenté, passant de 400 t en 1992 à plus de 2 600 t en 2000. La Sunrise Solo à chair rose est une variété très appréciée à l’exportation. La mise en place d’un traitement insecticide par la chaleur a relancé la production en la rendant conforme aux normes d’exportation sans insecticides. Les fruits sont exportés frais, séchés ou en pâte. Le latex provenant des fruits verts est traité sur place pour en extraire la papaïne, couramment utilisée pour attendrir la viande. En bref • Chiffres à déchiffrer ■ Sans statistiques, vous n’irez pas bien loin dans le monde d’aujour- d’hui, mais encore faut-il que ces statistiques soient accessibles et fiables. Deux ateliers régio-naux ont récemment abordé les besoins spécifiques des institutions de recherche agricole, en termes de collecte, de traitement et d’exploi- tation des statistiques. Le premier, en avril 2001, a réuni 17 cher- cheurs de sept pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre à Cotonou, au Bénin, et le second, en août, 19 chercheurs de sept pays est-africains à Dar es Salaam, en Tanzanie. Ces ateliers font par- tie d’un programme à long terme du CTA qui vise à renforcer les compétences institutionnelles en biométrie (l’analyse statistique de données biologiques) dans les pays ACP. Une étude et un atelier ont marqué les débuts de ce program- me au milieu des années 90. Renforcement du rôle de la biométrie et de la statistique dans la recherche agricole. Actes d’un atelier, Hohenheim (Allemagne), 1996. CTA, 1997. 173 pp. ISBN 92 9081 1676. N° CTA 850. 20 unités de crédit. ■Les fruits frais tropicaux1 se maintiennent en bonne place sur les marchés mondiaux. Alors que la production totale de fruits frais a augmenté de 4 % par an depuis 1997, l’exportation de certains fruits a augmenté de plus de 10 % par an. La plupart de ces fruits sont cultivés dans les pays en déve- loppement et les plus gros impor- tateurs sont l’Union européenne (41 %) et l’Amérique du nord (33 %). Néanmoins, la part com- mercialisée ne représente qu’une partie de la production totale et moins de 10 % sont exportés. Plus de 40 % des fruits frais exportés proviennent d’Amérique latine et des Caraïbes. L’Afrique – notamment la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Kenya et l’Afrique du Sud – repré- sente 14 % du marché mondial. Enfin les dernières données montrent que l’ananas représente 44 % du volume total des ventes, suivi par la mangue (27 %), l’avo- cat (12 %) et la papaye (7 %). L’augmentation de la demande reflète un intérêt croissant des consommateurs pour les fruits tro- picaux, dont ils apprécient le goût et les qualités nutritionnelles et culinaires. D’autres fruits comme le ramboutan, le litchi, la caram- bole, le fruit de la passion et la goyave éveillent aussi l’intérêt des marchés étrangers. Les principaux obstacles pour les producteurs, ce sont les normes et les r ég l ementa - tions strictes imposées par les importateurs concernant l’hy- giène, les traite- ments phytosa- nitaires et la logistique com- merciale. 1 à l’exclusion des bananes. Exportations mondiales de fruits tropicaux frais (en milliers de t) 1994-97⇤ (moyenne) 1999 20001998 Papayes 112 Avocats 174⇤ Mangues 371 Ananas 699 Papayes 128 Avocats 218 Mangues 469 Ananas 722 Papayes 137 Avocats 221 Mangues 498 Ananas 798 Papayes 140 Avocats 230 Mangues 510 Ananas 850 Le parfum fruité du succès ■ Vous le connais- sez peut-être sous les noms de ben ailé, arbre baguette, nébéday ou zôgala gand: Moringa olei- fera est la plus connue des 14 espèces d’arbres du groupe des moringacées. Ses fans d’aujourd’hui, qui ont re- découvert ses vertus et ses mul- tiples usages, l’appellent « l’arbre miracle ». En Afrique, ses feuilles sont utilisées dans la pharmaco- pée et l’alimentation et – plus récemment – comme complé- ment alimentaire pour les per- sonnes atteintes du sida. En Inde, on préfère les gousses. L’huile extraite des graines était utilisée en parfumerie en Égypte il y a 3 000 ans ; à la Jamaïque, on l’utilise dans la cuisine depuis 200 ans. Réduites en poudre, les graines ont des propriétés de purification de l’eau par coagula- tion des impuretés ; ces proprié- tés sont connues depuis des siècles au Soudan, en Inde et en Indonésie. Encourager l’utilisation et la culture du moringa à plus grande échelle, tels étaient les principaux thèmes d’un atelier sur le « Potentiel de développement des produits du moringa » qui s’est tenu à Dar es Salaam, Tanzanie, du 29 octobre au 2 novembre 2001. Organisé par le réseau des ressources végétales PROPAGE, en collaboration avec le CTA et quatre autres partenaires, il a accueilli plus de 100 praticiens appartenant à des organisations publiques et privées de cinq continents. Très productif (sans être mira- culeux), cet atelier a débouché sur 22 propositions pratiques de recherche pour l’amélioration génétique, l’intensification de la culture, la conservation des fruits, l’extraction de l’huile et le développement du marché. Moringa est partout autour de vous Ph ot o E. D em eu le na er e Ill us tr at io n Lo um a pr od uc tio ns . S ou rc e: F A O , D iv is io n de s pr od ui ts e t du c om m er ce in te rn at io na l Un miracle de la nature Ph ot o I. Bo to /C TA SPORE 96 • PAGE 8 Naturellement en ligne Le site Frameweb vous permet d’apprendre et d’échanger des expériences sur la gestion des ressources naturelles (GRN). Il propose des liens avec des bases de données en ligne, ainsi que des informations spécifiques sur les pays. Une de ces bases de données dispose d’un moteur de recherche, le GRN tracker (en français et en anglais), et fournit des informations détaillées sur des études de cas et des projets de GRN. Vous pouvez télécharger les données de votre propre projet et voir si des projets similaires sont mis en œuvre dans les pays voisins. Website : www.frameweb.org Compétition virtuelle Vous êtes-vous déjà branché sur un souk virtuel ou sur des vidéoconférences régulières avec des centres régionaux de formation? Partagez vos idées et vos expériences et enrichissez-vous de celles des autres, qu’elles soient positives ou négatives. L’Institut international pour la communication et le développement et infodev (programme d’information pour le développement) vous invitent à échanger vos expériences des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour le développement sous la forme d’un concours annuel de reportages sur les TIC. Vous pouvez vous inscrire au concours de 2002 en écrivant et en soumettant votre reportage au site web : www.iicd.org/stories, avant le 15 avril 2002. E-mail : stories@iicd.org L’union fait la force ! Deux importantes fusions ont récemment été conclues dans la recherche agricole internationale. Le Bureau international pour la recherche et la gestion des sols (IBSRAM) et l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI) partagent désormais le même siège au bureau actuel de l’IWMI à Colombo, Sri Lanka, mais ils gardent leurs noms respectifs. Aux Pays-Bas, le Conseil de la recherche agricole (DLO), le Centre international d’agriculture (IAC), l’Université agricole de Wageningen et l’Institut international pour la mise en valeur des terres (ILRI) ainsi que d’autres ont achevé leur fusion dans un nouveau centre dénommé Wageningen University and Research Centre. • En bref SPORE 96 • PAGE 9 ■Serait-ce un conte de fées ? Des ananas qui profiteraient à tout le monde, producteurs, commer- çants et consommateurs ? En 1999, près de 170 planteurs d’ananas du Ghana se sont regroupés pour obtenir de meilleurs prix pour leur produc- tion. Avec le soutien de la Banque mondiale, ils ont mis en place Farmapine, un consortium constitué de cinq associations de producteurs (qui possèdent 80 % des parts) et de deux sociétés d’exportation (qui en possèdent 20 %). Farmapine fournit à ses actionnaires crédit, intrants, conseils en culture et en hygiène et information sur les marchés. Non seulement les cultivateurs ont obtenu de meilleurs prix, mais en plus, ils sont payés deux semaines après livraison à Farmapine. Ce système est beau- coup plus fiable que la livraison directe aux commerçants avec des paiements tardifs, voire pas de paiements du tout. Farmapine a également mis en place un entre- pôt pour l’emballage et l’expédi- tion. Les deux sociétés commer- ciales participantes ont été choi- sies sur la base de leur expérience en exportation vers l’Union euro- péenne (le plus grand marché du Ghana) et leur capacité à se conformer à une jungle de règle- ments sur l’usage des produits chimiques, les normes de travail, la fraîcheur, l’hygiène, la conser- vation et le transport. Les expor- tations d’ananas vers l’Europe sont passées de 9 000 t en 1992 à plus de 35 000 t en 2000, dont plus de 12 %, soit 4 000 t, sont à mettre au crédit de Farmapine. ✍ Farmapine PO Box 17811 Accra Ghana Fax : +233 21 225 828 Ph ot o Lo um a pr od uc tio ns Les as de l’ananas De l’or en caisses ■Le sisal a de nombreux usages. Les futurs numéros de Spore contiendront peut-être de la pulpe de sisal. Comme le jute, cette fibre naturelle sert à la confection des sacs de café. Aux États-Unis, les câbles d’ascen- seurs doivent, conformément à la loi, contenir du sisal. Nattes, tapis, cordes en sisal sont d’un usage plus courant. Ces derniers temps, la compé- tition avec les fibres artificielles, les plastiques et les sacs de jute bon marché a été si intense que les prix du sisal ont régulière- ment baissé. La Tanzanie – pre- mier producteur mondial – a pris récemment une série de mesures pour réorganiser le sec- teur. En déclin constant depuis le record de 230 000 t en 1963, la production tanzanienne de sisal est actuellement de 20 000 t par an et se traîne derrière le Brésil, la Chine et le Mexique. Elle a également souffert d’un manque d’investissements dans l’agricul- ture et les infrastructures. Le sec- teur du sisal génère tout de même 17 millions de $ US (18 836,55 t) de bénéfices par an et emploie 90 000 personnes. Tout cela pourrait bien chan- ger. Le Conseil tanzanien du sisal, qui regroupe des parte- naires des secteurs public et privé, entend porter la produc- tion à 50 000 t en 2005 pour conquérir des créneaux commer- ciaux tout en améliorant consi- dérablement la qualité par rap- port aux autres pays produc- teurs. Ces créneaux incluent les matériaux d’emballage biodégra- dables en demande croissante, la pulpe de sisal pour les papiers spéciaux comme les feuilles d’imprimerie ultralégères, le papier monnaie ou à cigarettes, les sachets à thé et les filtres spé- ciaux, sans compter le plus grand marché du papier recyclé. Plus le papier est recyclé, plus il est fra- gile. Pour le renforcer, on y ajou- te de la pulpe de bois. La pulpe de sisal, riche en fibres, pourrait constituer une bonne alternative si son prix était plus compétitif et sa qualité plus constante. Le domaine public le moins productif de Tanzanie, qui couvre 70 % des terres cultivées en sisal mais n’assure que 25 % de la production nationale, a été récemment vendu au secteur privé. Une étude de marché détaillée de HurterConsult a confirmé le potentiel du sisal tanzanien aussi bien sur les cré- neaux spécialisés que sur le plus large marché du papier. Le sisal redémarre en Tanzanie Virage à la corde pour le sisal tanzanien Ph ot os P .M ai tr e © C os m os SPORE 96 • PAGE 10 Repères • L a voie qui mène à un ser-vice d’information durablesur les marchés agricoles (SIMA) n’est pas nécessairement longue, mais elle comporte beau- coup d’étapes et aussi beaucoup de tentations et de pièges. L’expé- rience dans la création et le fonc- tionnement d’un SIMA est encore relativement limitée, car la plupart des SIMA ont été lancés ces vingt dernières années, souvent dans la précipitation (voir l’article Un SIM ne s’use pas si l’on s’en sert ! dans ce numéro). Voyons ensemble les questions qu’il faut se poser avant de lancer quoi que ce soit. Il existe plusieurs définitions pour le SIMA ; la plus fiable et la plus sûre est celle de la FAO : « Un service, généralement mis en œuvre par le secteur public [ce qui a bien changé ces six dernières années!], qui implique la collecte d’informations sur les prix – et dans certains cas, sur les quantités – des produits agricoles couram- ment commercialisés sur les mar- chés ruraux, ainsi que les marchés de gros et de détail. Il implique également la diffusion de cette information en temps utile et à échéances régulières à travers diffé- rents médias, vers les agriculteurs, les responsables gouvernementaux, les décideurs politiques et autres usagers, y compris les consomma- teurs ». Un SIMA efficace peut chan- ger beaucoup de choses. D’abord, il facilite un commerce et une concurrence équitables, en amé- liorant le pouvoir de négociation des agriculteurs et en réduisant les coûts de transaction. Il incite les agriculteurs à innover (chan- ger leurs modes de culture par exemple) en réduisant leurs risques et en améliorant leur accès à l’information. Il peut émanciper les petits commer- çants et les consommateurs. Il peut aussi fournir aux décideurs politiques des données essen- tielles sur la façon dont les mar- chés fonctionnent et apporter en temps utile les données néces- saires pour le suivi de la sécurité alimentaire. La plus large gamme d’informa- tions sur les SIMA se trouve dans l’Agricultural Market Information Virtual Library, une banque d’in- formation numérisée www.aec. m su . edu / a g e c on / f s 2 /mark e t_ information.htm. Ce service per- met d’accéder à une série de docu- ments détaillés et à des sites sélec- tionnés par région (dont l’Afrique, du Mali au Mozambique), par pro- duit, ou consacrés à des analyses de marché et au commerce électro- nique. Cette banque d’informa- tion est gérée par J-C Le Vallée, Department of Agricultural Econo- mics, Department of Economics, Michigan State University, East Lansing, Michigan 48824, USA. Email : levallee@msu.edu. Le do- cument de travail n° 64 de ce département, Market Information Sources Available Through the Internet, propose une liste des sites Internet d’information sur les mar- chés, ainsi que des analyses sur les perspectives des marchés (à court et moyen terme), les prix, les pro- duits et les cotes. Actualisé en juin 2001, il constitue un complément précieux. Votre courrier est le bien- venu, en français, en espagnol et en anglais. Mais, est-ce à vous de le faire? Aujourd’hui, un SIMA présente plusieurs caractéristiques : il doit fournir des données fiables, avec la précision d’un service de statis- tiques ; il doit être géré rigoureu- sement comme une entreprise, avec comptes de pertes et profits et bilans comptables ; il doit dia- loguer avec des gens peu alphabé- tisés et parfois sans expérience commerciale ; il doit motiver ses usagers en leur offrant des services supplémentaires – tout en restant dans la marge de bénéfices. En somme, un SIMA doit mobiliser des compétences de statisticien, d’agriculteur, de commerçant, de transformateur, d’exportateur, de communicateur, de directeur de banques et de chef d’entreprise. Voici quelques règles à res- pecter : Connaître les produits et les marchés : au début, il est impor- tant de se limiter aux cultures et produits qui sont commerciali- sés sur les principaux marchés du pays. Chaque produit supplé- mentaire signifie plus de données à récolter et à traiter et plus de communications. Il vaut parfois mieux couvrir six cultures et 75 % du marché que vingt-six cultures et 90 % du mar- ché! De même, n e v o y e z p a s trop loin : cou- vrez d’abord les régions proches avant de chercher à couvrir le mar- ché national, sans parler de celui des pays voisins ou même d’autres continents. Connaître les données : le cœur d’un SIMA, ce sont des données actuelles. Leur collecte est donc d’une importance cruciale. Il est parfois préférable d’acquérir des données provenant d’agences extérieures, sur une base contrac- tuelle, que de chercher à organiser la collecte avec les moyens du SIMA. Il faut pour cela des spé- cialistes en collecte de données, par exemple des agents des ser- vices nationaux de statistiques, mais attention : ils travaillent à un rythme qui n’est pas celui d’une entreprise. Organiser l’information et la transférer : les données sur les marchés doivent être numérisées et il faut pour cela concevoir un programme simple et solide, qui puisse être utilisé à plusieurs niveaux et rapidement réparé en cas de bogue. La saisie des don- nées doit être directe. Leur analyse doit permettre de suivre les ten- dances des prix ainsi que celles de l’offre et de la demande. Leur transmission doit être rapide, fiable et d’un coût abordable. Il existe un logiciel éprouvé, FAO- AgriMarket, qui automatise la sai- sie, le traitement, la transmission, les compte rendus et la diffusion électronique des informations sur les marchés (essentiellement pour les prix et les volumes de produits agricoles et d’intrants). Il a été conçu pour les agences de marke- ting, les bureaux de statistiques, les départements ministériels, les autorités locales, les chambres de commerce et d’agriculture, les négociants, les associations de producteurs et de consomma- teurs, les compagnies d’import- export, les institutions de re- cherche et les ONG. Il aide à ana- lyser les données des marchés, à déterminer les mouvements des prix et des fournitures dans le temps et à comparer les prix et les quantités sur différents marchés. Le cédérom AgriMarket (uni- quement en anglais) est gratuit pour les institutions publiques et les organismes des pays en déve- loppement. Les autres usagers doivent payer 25$ US. Email : agrimarket@fao.org. Les producteurs d’AgriMarket ont également réalisé deux docu- ments pour les gestionnaires et usagers des SIMA, qui ont servi de base à cet article. Les services d’in- formation sur les marchés – Théorie et pratique, un classique, peut être téléchargé gratuitement à partir du site Web Commercialisation agri- cole de la FAO : www.fao.org/ waicent/faoinfo/agricult/ags/AGSM/ misfr.htm. La version imprimée, Bulletin AGS 125, est vendue 8 $ US par les Publications de la FAO, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie. Une autre publication, Compren- dre et utiliser les informations sur le marché, se trouve sur le même site et la version imprimée est dispo- nible gratuitement auprès du Service de la commercialisation et des financements ruraux, Division des systèmes de soutien à l’agri- culture, FAO, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie. Fax : +39 06 5705 6850 Créer un service d’information sur les marchés agricoles Sachez où vous allez Illustration Michel Sovogui, photo Louma productions ■Voici enfin un livre sur l’égalité des sexes face aux technologies de l’information et de la communi- cation, qui se situe au-dessus, bien au-dessus, des discours habi- tuels sur les solutions techniques et des argumentations dogma- tiques sur l’équité dans le déve- loppement rural. Il s’agit d’une série d’articles rédigés par des femmes spécialisées dans diffé- rents domaines comme la santé, la micro-entreprise, l’éducation et l’agriculture. Hilda Munyua, par exemple, plaide pour l’établissement de télécentres en milieu rural. Elle présente une liste claire des poli- tiques et des réglementations à adopter pour renforcer l’autono- mie des femmes. Selon elle, les femmes doivent participer au processus de décision pour que les nouveaux systèmes de télécom- munications tiennent compte de leurs besoins et des obstacles qu’elles rencontrent. D’autres articles décrivent des utilisations de TIC pour l’éduca- tion et pour l’amélioration de l’accès des femmes à ces technolo- gies. L’inégalité des sexes et la révolution de l’information en Afrique CRDI, Ottawa, Canada, 2001. 293 pages. CAD 35 • 25 t, ISBN 0 88936 941 0 CRDI, BP 8500, Ottawa, Ontario, Canada K1G 3H9 E-mail : pubs@idrc.ca Site Web : www.idrc.ca/booktique/index_f.htm SPORE 96 • PAGE 11 Sauvages ou cultivées, (presque) toutes les espèces de bananes du genre Musa sont répertoriées dans cette nouvelle édition du Musalogue réalisée par l’INIBAP et des organisations partenaires, et publiée avec le sou- tien du CTA. Ce catalogue en anglais est constitué de fiches illustrées de photos en couleurs. Vous y trouverez les « données de passeport » et les caractéristiques morphotaxinomiques des diffé- rentes espèces, ainsi que de l’in- formation sur la classification des bananes, une liste de références bibliographiques, un index et un glossaire. Musalogue. Diversity in the genus Musa. INIBAP-IPGRI-CTA-Cirad Flhor, 2001. 234 pages. ISBN 2 910810 42 9 CTA N° 1054, 120 unités de crédit ■Vous voulez vous lancer dans la culture du gombo ou dans l’éleva- ge des escargots, et vous ne savez pas comment faire ? Vous voulez des informations pratiques sur la transformation des fruits ou sur les traitements vétérinaires et vous ne savez pas où les trouver? Ne cherchez plus. Tout cela se trouve dans « les fiches techniques pour l’entrepreneur rural », un recueil réalisé par la Voix du Paysan, le journal des paysans du Cameroun, avec le soutien de l’ONG SAILD (Service d’appui aux initiatives locales de dévelop- pement). Les 30 fiches consacrées aux productions végétales (18) et ani- males (12) fournissent des infor- mations générales et décrivent les conditions de culture, les étapes de la production, les méthodes d’éle- vage, les principales maladies et les méthodes de lutte. Elles sont com- plétées par des témoignages de paysans ou d’éle- veurs qui don- nent de précieux conseils tirés de l ’ e x p é r i e n c e . Chaque fiche propose égale- ment un compte d’exploitation prévisionnel qui permet d’antici- per les revenus que l’on peut espérer tirer de la spéculation. Enfin, une série de fiches propo- se une information générale sur les terres agricoles du Cameroun, l’utilisation des produits phytosa- nitaires, les techniques de transfor- mation des fruits et les traitements vétérinaires alternatifs en milieu rural. Richement illustré de photos, dessins, figures et tableaux, ce guide, réalisé à la demande des lec- teurs de la Voix du Paysan, est très pratique d’utilisation malgré son format un peu encombrant. Il sera très utile à tous ceux qui ont l’es- prit d’entreprise et veulent s’enga- ger dans une activité agricole. Recueil de fiches techniques pour l’entrepreneur rural. Editions SAILD 2001. Prix : 5 000 FCFA • 7,60 t (+ port) SAILD - Secrétariat général BP 11955, Yaoundé, Cameroun Fax : +237 22 51 62 E-mail : saild@camnet.com À vos bêches ! Du nouveau dans le genre Les livres publiés par les éditeurs des pays ACP sont toujours bienvenus dans cette rubrique. Nous invitons vivement tous les professionnels locaux à nous faire parvenir leurs ouvrages. Le Musa dans toute sa diversité Publications CAPNET double le cap■ Le succès de la première conférence de l’édition dans les Caraïbes, qui s’est tenue à Montego Bay, en Jamaïque, du 31 octobre au 4 novembre 2001, a dépassé toutes les espérances. Plus de 100 délégués provenant de 26 pays y ont participé, ce qui dénote un grand intérêt international pour le développement d’un secteur endogène de l’édition dans les Caraïbes. Les débats, très animés, ont abordé les droits de propriété intellectuelle, les TIC, les traductions et la commercialisation des livres. Le réseau caribéen de l’édition (CAPNET) a profité de l’occasion pour tenir son assemblée générale. Lancé en 2000, CAPNET a maintenant des membres dans toute la région, et il a entrepris une première enquête sur l’édition dans 28 îles. CAPNET Bureau du Président c/o Ian Randle Publishers PO Box 686, Kingston 6 Jamaica Fax : + 1 876 978 1156 Email : irpub@colis.com Orch-idées! ■ Enfin, la suite d’un titre de 1999 consacré à cette fleur au potentiel économique si important ! Les deux numéros ont été conçus et réalisés avec le souci du détail et de la qualité qui a fait la réputation de ce journal réalisé sous la direction de l’Herbier national du Cameroun et du Laboratoire de phanérogamie de Paris, France. Les numéros précédents, de 2 à 34, sont toujours disponibles à divers prix. On en trouvera la liste complète dans ces volumes sur les Orchidacées. Flore du Cameroun. Numéros 35 et 36 : Orchidacées, Volumes II et III. Ministère de la recherche scientifique et technique, Yaoundé, Cameroun, Mai et Juin 2001. Circa 198 pages. ISSN 0071-5875 Prix : FCFA 20 000 • 30,50 t par volume Herbier National BP 1601 Yaoundé, Cameroun (Compte n° 6860 771 890 64, BICEC, Yaoundé, Cameroun) Domestiquer les fruits de la forêt ■ Un rapport de thèse plein d’enseignements utiles sur la domestication de l’Attia (Coula edulis) et du Makoré (Tieghemella heckelii) en Côte d’Ivoire. Domestication paysanne des arbres fruitiers forestiers L Bonnéhin, Programme Tropenbos-Côte d’Ivoire, Wageningen, 2001. 141 pages. ISBN 90 5113 040 6 Prix : 26 t frais de port inclus Fondation Tropenbos BP 232, 6700 AE Wageningen Pays Bas Fax : +31 317 495 520 • Publications SPORE 96 • PAGE 12 Des forestiers responsables ■ Actes d’un atelier tenu à Yaoundé, Cameroun, du 4 au 6 juillet 2000. Environ 30 communications, portant notamment sur la concertation entre État et populations, la gestion décentralisée et les perceptions des acteurs. Gestion durable des forêts au Cameroun. Vers une foresterie responsable, contribution du projet Forêts et Terroirs Cirad, Montpellier, France, 2001. 184 pages. ISBN 2 87614 454 9 Prix : 15,24 t La librairie du Cirad TA 283/04 – Avenue Agropolis 34398 Montpellier Cedex 5 France Fax : +33 4 67 61 55 47 E-mail : librairie@cirad.fr Site Web : www.cirad.fr Du terroir au territoire ■ Actes d’un atelier organisé en septembre 2000. Pays concernés : Cameroun, Mali, Niger, Sénégal et Zimbabwe. Thèmes : les micro-projets, la décentralisation, les contrats territoriaux et la modélisation intégrée. Aménagement du territoire et systèmes d’information Editeurs scientifiques : J-Ph Tonneau et A Teysier, Cirad, Montpellier, France. 101 pages. ISBN 2 87614 466 2 Prix : 17 t Pour l’addresse de la librairie du Cirad ci-dessus . La nouvelle économie ■ Ni technique, ni agronomique, voici un guide sur la façon de commercer sur Internet. Il a été rédigé pour les chefs d’entreprises du marché européen qui veulent acheter et vendre sans être perturbés par tout le fatras des technologies modernes. Nous avons testé sa pertinence pour les produits ruraux dans un contexte ACP et, oui, tant que vous êtes en ligne, ce guide peut travailler pour vous. Qu’est-ce que le commerce électronique peut vous apporter, comment réussir votre site Web, exporter avec l’Internet, quel est le cadre juridique, comment définir vos stratégies d’organisation? Vous y trouverez tout cela. Si vous le pouvez, branchez- vous, naviguez et vendez ! Guide du commerce électronique. Votre entreprise sur Internet Maisonneuve et Larose, Paris, 2001. 214 pages. ISBN 2 7068 1466 7 Prix : 21,35 t Éditions Maisonneuve et Larose 15 rue Victor-Cousin 75005 Paris, France Fax : + 33 1 44 41 49 57 E-mail : servedit@wanadoo.fr Site Web : www.maisonneuve-et- larose.com Publications • ■Tout le monde parle aujour- d’hui de biodiversité, mais le terme n’existe que depuis 1988, quand il a remplacé « diversité biologique ». De nombreux sujets agitent ce domaine, donnant lieu à débats et controverses : droits de la propriété intellectuelle, conser- vation génétique, rôle de l’indus- trie, droit des agriculteurs, parti- cipation de la société civile… Tous ces sujets sont traités dans « Le Débat des semences » qui rassemble les discussions pas- sionnées d’un groupe de 45 per- sonnalités de 25 pays, issues d’universités, des secteurs public et privé, et d’organisations de la société civile. Ce document four- nit au lecteur une mise à jour des changements politiques, scienti- fiques et environnementaux inter- venus depuis la publication en 1994 de son prédécesseur, « Un Brevet pour la vie ». Quand les échanges ont abouti à des accords, ceux-ci sont présentés comme des recommandations politiques, et les sujets donnant lieu à controverses sont également franchement reconnus. Ce livre vivant constitue une bonne façon de présenter un ensemble aussi complexe de problèmes. Le Débat des semences Volume 1. Solutions politiques pour les ressources génétiques : Un Brevet pour la vie revisité Groupe Crucible II. DHF (La Fondation Dag Hammarskjöld), CRDI/IDRC (Centre de Recherches pour le Développement International) & IPGRI (Institut International des Ressources Phytogénétiques). 2000. 121 pages. ISBN 0 88936 934 8 CAD 25 • 17,85 t CRDI, BP 8500 Ottawa, Ontario,Canada K1G 3H9 E-mail : pubs@idrc.ca Site Web : www.idrc.ca/booktique/index_f.htm Les mots et les choses, les dits et les écrits ■Un seul doigt ne peut pas soulever le caillou, dit un proverbe africain. C’est aussi l’opinion de l’équipe du projet de recherche sur la trypano- somiase animale qui a produit cette synthèse. Coordonné par le CIRAD en association avec d’autres orga- nismes de recherche au Nord, comme le CNRS et l’IRD, et au Sud, comme l’INERA et le CIRDES (Burkina Faso), ce projet a adopté une démarche globale et pluridisciplinaire, partant du prin- cipe de la mise en relation du sys- tème parasitaire de la maladie avec l’environnement agroécologique et socioéconomique. Il a donc exigé une collaboration étroite entre des spécialistes de toutes disciplines, tant dans sa phase préparatoire que dans la phase de terrain au Burkina Faso. Chaque système a fait l’objet d’une collecte d’informations détaillées, qui ont ensuite été minutieusement analysées au moyen d’un système d’informa- tion géographique afin de décrire, d’étudier et de prédire le fonction- nement du système pathogène par rapport à son environnement glo- bal. Cette approche a permis de dresser une véritable carte des risques et de définir les zones de « rendez-vous à risque » entre les glossines, vecteurs de la maladie, et les troupeaux. Cette identification précise des zones dangereuses – qui ne représentent que 18% du réseau à traiter – permet de mieux cibler la lutte. Au-delà de son intérêt scienti- fique et de l’originalité de la colla- boration entre des secteurs qui le plus souvent s’ignorent superbe- ment, cette démarche pourrait s’appliquer à d’autres vecteurs de maladies parasitaires comme les tiques ou les moustiques et propo- ser une meilleure gestion du risque. Elle présente aussi un intérêt économique, car elle permet une intervention mieux ciblée, donc moins coûteuse, sur l’environne- ment et une nouvelle approche de la gestion des espaces ruraux à un moment où, sous la pression démographique, les problèmes de répartition des zones agricoles et des zones pastorales deviennent complexes et cruciaux. Le risque trypanosomien, une approche globale pour une décision locale S De La Rocque S, J F Michel, D Cuisance et al., Cirad, 2001. 152 pages. ISBN 2 87614 469 7 Prix : 30 t La librairie du CIRAD TA 283/04 – Avenue Agropolis 34398 Montpellier Cedex 5, France Fax : +33 4 67 61 55 47 E-mail : librairie@cirad.fr Site Web : www.cirad.fr Le CTA lance une nouvelle collection de manuels pra- tiques destinés principalement aux responsables de petites entreprises de transformation alimentaire. Le premier volume, qui vient de paraître en anglais, aborde tous les aspects clés de la création, de l’or- ganisation et de la gestion d’une petite entreprise agroalimentaire. Les titres suivants aborderont des produits et des processus de trans- formation spécifiques, à commen- cer par la boulangerie-pâtisserie. La collection fera ses débuts en langue française dans quelques mois. Un peu de patience, donc ! Setting up and running a small food business. Opportunities in food processing Series. Eds : P J Fellows et B Axtell. CTA, 2001. 298 pages. ISBN 92 9081 246X. CTA N° 1041. 40 unités de crédit. Si tous les chercheurs se donnent la main Une nouvelle collection sur la transformation alimentaire SPORE 96 • PAGE 13 Les publica- tions signalées dans ces pages par la feuille verte viennent s’ajouter au catalogue CTA, et vous pouvez les obtenir du CTA si vous êtes abonné(e) au Service de diffu- sion du CTA. Pour les autres publications (signalées par un simple carré orange), vous devez vous adresser à l’éditeur men- tionné, ou à un libraire, mais pas au CTA. Les publications du catalogue CTA sont gratuites pour les abon- nés du Service de diffusion des publications. Les abonnés peu- vent commander ces publications jusqu’à concurrence de leur cré- dit, en utilisant impérativement le bon de commande qui leur a été fourni. Les non-abonnés peuvent demander un formulaire d’ins- cription au CTA. Le service est ouvert aux organisations et institutions de développement agricole et rural des pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), ainsi qu’aux particu- liers qui résident dans ces pays. Si vous ne remplissez pas les condi- tions d’abonnement au service, ou si vous avez épuisé vos unités de crédit, vous pouvez acheter les publications du catalogue CTA auprès du distributeur suivant : Triops, Hindenburgstrasse 33, 64295 Darmstadt, Allemagne – Fax : + 49 6151 3140 48 – E-mail : triops@net-library.de – Site Web : http ://www.net-library.de Comment obtenir ces publications ■ « L’Afrique est en panne », entend-on souvent. Eh bien, non! L’Afrique n’est pas en panne, elle est en marche, nous dit Pierre Merlin. Il l’avait déjà affirmé dans un ouvrage de près de 600 pages, « Espoir pour l’Afrique Noire », publié en 1996, mais le livre était trop volumineux, trop détaillé (et peut-être trop cher) pour séduire le grand public. Pierre Merlin nous en propose aujourd’hui une version plus courte, dans un style clair et simple. En moins de deux cents pages, il dresse un tableau complet de la probléma- tique du développement afri- cain : l’histoire et l’évolution des sociétés africaines, l’état actuel de développement économique, social et culturel, un examen des principaux secteurs qui détermi- nent le développement – l’agri- culture, le climat, les sols, l’eau, les activités non agricoles, l’espa- ce et l’environnement, l’éduca- tion et la recherche, la santé, la population, les relations de l’Afrique avec le monde. Les concepts sont clairement définis, les problèmes posés et des solu- tions suggérées, au nombre des- quelles la liberté d’entreprendre, la décentralisation politique, la participation accrue des femmes, l’éducation généralisée. Un cha- pitre est consacré à la révolution verte, décrite comme un passage obligé vers le développement, à condition que certains préalables – décrits eux aussi – soient satis- faits. Quelques idées reçues sont battues en brèche : la fausse opposition entre cultures vivrières et cultures de rente ou le slogan « du commerce, pas de l’aide » auquel l’auteur préfère « du commerce et de l’aide ». Un livre qui devrait retenir l’attention de tous ceux que les questions de développement intéressent. L’Afrique peut gagner Pierre Merlin, Éditions Karthala. 2001. 200 pages. ISBN 2 84586 154 0 Prix : 110 FF • 16,80 t Éditions Karthala 22-24 boulevard Arago 75013 Paris, France Fax : +33 1 45 35 27 05 E-mail : karthala@wanadoo.fr Site Web : www.karthala.com Et si l’Afrique gagnait ? ■Comment un planificateur peut-il exprimer la productivité des sols en termes économiques? Ce livre est une excellente intro- duction à ce sujet et présente une nouvelle approche qualifiée de « gestion des terres ». Dans les approches traditionnelles de la conservation des sols et de l’eau, il est normal de parler, par exemple, du coût du travail. Ce coût est en général exprimé en termes de paie ou de salaire, mais il peut aussi être traduit en termes d’apport d’énergie, d’utilisation de calories ou de coût de nourriture. Plus le travail du sol est pénible, plus le coût du travail est élevé. Alors, pourquoi pas examiner d’autres options? Quand le labourage manuel est dur, il vaut mieux lais- ser le travail aux meso- et micro- organismes du sol ; on peut affec- ter une valeur à leur activité et l’in- clure dans les calculs. Ce livre aborde aussi le rôle des mesures incitatives dans les déci- sions des producteurs, les contraintes au niveau de l’exploi- tation par rapport à l’adoption de méthodes améliorées de gestion du sol et les techniques d’estima- tion des valeurs hors marché. Ce n’est ni un manuel ni un guide détaillé sur un sujet d’éco- nomie agricole complexe, mais avec ses schémas bien présentés, il constitue une introduction claire et accessible. L’économie de la productivité des sols en Afrique subsaharienne FAO, 2001. 78 pages. ISBN 92 5 204522 8 Prix : 12 US$ • 13,60 t FAO Sales and Marketing Group Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italy Fax : +39 06 57 05 33 60 Email : publications-sales@fao.org La terre, c’est de l’argent Réduire les pertes de produits périssables ■ Ce document a pour but d’aider le diagnostic de l’approvisionnement des marchés urbains de légumes afin de les rendre plus conformes aux besoins des consommateurs. Le maraîchage périurbain dans quelques situations africaines P Moustier et O David, Cirad-Flhor/ FAO, 2001. 44 pages. ISBN 2 87614 368 2 Prix : 10,67 t Pour l’addresse de la librairie du Cirad voir page 12. Une nouvelle revue africaine sur l’alimentation ■ Une nouvelle revue scientifique dans les domaines de l’alimentation et de la nutrition, l’African Journal of Food and Nutritional Security, a vu le jour en juin 2001. Le premier numéro, dont la production a été appuyée par le CTA, propose notamment des articles sur le commerce de produits vivriers en Afrique et des notes techniques sur l’industrie de transformation du manioc au Brésil, la description des techniques traditionnelles, les développements technologiques, les innovations et les nouveaux marchés. The African Journal of Food and Nutritional Security, Volume 1, Number 1. Coédition de Quest and Insight Publishers et Friends of the Book Foundation, Nairobi, Kenya, 2001. 84 p. ISSN 1608-1366 Abonnements individus/institutions : Kenya KSH 500/ KSH 1000 ; Afrique US$ 50/ US$ 100 ; reste du monde US$ 100/ US$ 200 AJFNS PO Box 39624 Nairobi Kenya Email : friendsb@insightkenya.com Répertoire d'organisations au Cameroun ■ De la côte aux montagnes en passant par les savanes et les forêts, les écosystèmes au Cameroun sont très variés et cette diversité se reflète dans le foisonnement des organisations actives dans le domaine des ressources agricoles et naturelles. Pour vous aider à vous y retrouver : Répertoire des organismes, ONG, expertises, et capacités dans le domaine des ressources naturelles et agricoles au Cameroun Ministère de l’Environnement et des Forêts, 2001. 133 pages. Prix : 5 000 FCFA • 7,60 t Programme Régional de Gestion de l’Information Environnementale (PRGIE) UNGC-Cameroun BP 3410 Yaoundé Cameroun Fax: + 237 31 25 69 E-mail: prgie.minef@camnet.cm • Publications Entre nous • SPORE 96 • PAGE 14 L e principal mérite de la 4 e réunion d’experts de l’observatoire du CTA sur les TIC (technologies de l’information et de la communication), qui s’est tenue en mai 2001, est d’avoir mis de l’information à disposition sur les communications « sans fil ». Le rapport de cette réunion offre une somme d’informations très claires sur les applications de nouvelles technologies comme le téléphone mobile et les satellites sur différentes orbites autour de la terre. Il aborde la question des « largeurs de bande » qui peuvent limiter la quantité d’informa- tions échangées par Internet. Il explique aussi comment des documents peuvent être trans- mis à des récepteurs radio locaux connectés à un ordinateur. Qui sait, même Spore sera peut-être bientôt « radiodiffusé » à ses lec- teurs ? Ce document de travail sur le sans fil constitue une solide introduction à ce thème complexe et peut vous aider à comprendre toute une série d’options. À l’autre bout du spectre de l’information, bien loin des questions de transmission de données, c’est de persuasion qu’il s’agit. Comment persuader quelqu’un d’utiliser une information, d’aller à sa recherche et d’en évaluer la pertinence ? Un nouveau docu- ment de travail sur l’évaluation de l’informa- tion propose une approche originale. Il part du constat que l’évaluation peut être intimi- dante, c’est pourquoi il est écrit dans un style familier et agréable, sous la forme d’une lettre qui « vous » est adressée. Conçu essen- tiellement comme un manuel d’initiation pour les responsables de projets, son objectif est de fournir une série de fils conducteurs, des checklists et des conseils pratiques pour conduire l’évaluation d’un projet d’informa- tion. Rien de nouveau dans le contenu, mais cette nouvelle façon de dialoguer avec le lec- teur présente l’évaluation comme un élément familier et non comme une intrusion mena- çante. L’auteur, Byron Mook, a une longue expérience de l’évaluation dans la recherche agricole. Ces deux documents de travail sont dispo- nibles en anglais seulement. Wireless : a helpline for development ? CTA, 2001. 39 pp. N° CTA Working Document 8024. 5 points de crédit Evaluating information: a letter to a project manager. CTA, 2001. 63 pp. N° CTA Working Document 8025. 5 points de crédit Merci, Tshepo ! ■ Álvaro Soares de Melo, ancien respon- sable d’Esporo, la petite sœur lusophone de Spore, voudrait remercier Mme Tshepo Khumbane d’Afrique du Sud pour son point de vue « Vive la subsistance ! » paru dans Spore 91. « Merci pour votre courageuse défense de l’agriculture de subsistance, face aux tendances dominées par l’économie de la mondialisation. Vous n’êtes pas seule dans ce combat. En fait, nous ne pouvons pas par- ler de sécurité alimentaire et de développe- ment durable en Afrique si nous sous-esti- mons ce secteur essentiel de l’agriculture. » Bissap à vendre ■ Samuel Taryanouba, du Groupement de Producteurs de Karkandji (GPK), BP 97, à Koumra (Tchad) nous dit que son groupe « est constitué d’une vingtaine de paysans qui cultivent l’oseille de Guinée (karkandji en arabe, bisap en Wolof). Le GPK a décidé de ne verser que la moitié du prix obtenu aux producteurs et de verser le reste dans une caisse locale d’épargne et de crédit créée et gérée par les producteurs eux-mêmes. Cette caisse leur permettra d’effectuer à terme les investissements indispensables à leur déve- loppement agricole. Le karkandji est cultivé biologiquement et les fleurs sont séchées au soleil pour être conservées. Veuillez lancer cet avis sur la page courrier de Spore. » À vous Radio Spore ! ■ Benjamin Dembele, Président du Grou- pe urbain pour le développement de l’agri- culture et de l’aviculture de Bonoua, Côte d’Ivoire, nous explique « Nous nous organi- sons sur notre chantier qui regroupe quinze fermes différentes pour lire et expliquer Spore. Dès notre retour en ville, nous orga- nisons un club de lecture afin de toucher un grand nombre de gens. Tout le monde est convaincu que Spore est un moyen de communication et d’informa- tion pour le monde rural. Ainsi on pourrait sans risque dire que Spore est pour nous ce qu’Internet représente pour les pays déve- loppés. En clair, Spore est notre Internet. Enfin, si cela était possible, nous aimerions être informés de tout dans le domaine agri- cole; pour ce faire, Spore devrait envisager la création d’une radio, sans publicité aucune. » Nous vous recevons c inq sur c inq, M. Dembele. Peut-être passerez-vous un jour à la radio vous aussi ! Il se peut que la station locale de radio FM de Mpraeso, au nord-ouest d’Accra, Ghana, ne puisse être captée à Bonoua. C’est dommage, car Samuel K. Allotey, qui travaille là-bas pour le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture, y diffuse une émission de vulgarisation. « Bien que je ne sois pas un présentateur de radio expéri- menté, les informations de Spore m’ont beaucoup aidé dans la réalisation de pro- grammes agricoles. Mes auditeurs ont mon- tré beaucoup d’intérêt et m’assurent qu’il contribue effectivement à leurs objectifs. » Vous diffusez ou vous écoutez des pro- grammes radio qui utilisent des informations de Spore ? Ecrivez-nous pour nous le dire ! Fini le décorticage à la main ■ Emmanuel Y. H. Bobobee nous écrit du Département de technologie agricole de l’université Kwame Nkrumah des sciences et de la technologie de Kumasi, Ghana (e-mail : mailto:ebobobee@yahoo.com ; fax : + 221 51 34434). Il répond à notre appel dans Spore 91 (« Adieu le pilon, vive la dynamo » p. 8 ) pour des informations sur les équipements après récolte. « Je suis heureux de vous présenter un équipement similaire pour décortiquer les arachides et autres légumineuses, que j’ai mis au point grâce à des projets d’étudiants. La méthode habituelle de traitement des Branché et engageant Vous avez répondu à notre enquête «comment utilisez-vous Spore ?», très bien. Alors, dans la foulée, continuez à nous écrire… On se retrouve à la boîte postale ? Boîte postale 380 @ Ph ot o E. Y. M .B ob ob ee • Entre nous SPORE 96 • PAGE 15 Spore est un bimestriel d’information pour le développement agricole des pays ACP. Spore est gratuit pour les particuliers et les organisations des pays ACP et de l’UE s’occupant de développement agricole et rural. Il est aussi possible de souscrire un abonnement auprès de Triops (voir page 13). Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accord de Cotonou ACP-CE CTA : Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : + 31317 467 100 Fax : + 31317 460 067 E-mail : cta@cta.nl Site Web : http ://www.cta.nl E-mail des lecteurs : spore@cta.nl Rédaction : SPORE est rédigé par un consortium rassemblant Louma productions et Médiateurs. Louma productions, 3, rue Neuve, 34150 Aniane, France Fax : + 33 4 67 57 01 80 E-mail : louma@louma.fr Médiateurs, W-Alexanderpoort 46, 1421 CH Uithoorn, Pays-Bas Fax : + 31 297 540 514 E-mail : info@spore-magazine.org Ont participé à ce numéro : Marcel Chimwala, O'Neil Cuffe, Bernard Favre, Singy Hanyona, Erik Heijmans, Catherine Marzin, Dudley Moloi, Paul Osborn, Jacques Sultan, Christine Tissot. Mise en page : Louma productions Impression : Imprimerie Publicep, France © CTA 2 001 – ISSN 1011-0046 Le contenu de Spore peut être librement reproduit. Merci de mentionner Spore comme source. Enquête de lecture A vez-vous déjà répondu à l’enquête « Comment utilisez-vous Spore »,annoncée dans la rubrique Entre Nous de Spore 95 ? À l’heure où nous imprimons Spore 96, nous avons déjà reçu de nombreuses réponses par courrier, par mél et par formu- laire en ligne sur le site web du CTA. Quel que soit votre moyen de transmission, nous attendons votre réponse rapidement, et en tout cas avant le 1er février 2002. Consultez votre numéro 95 pour plus de détails ou remplissez le formulaire sur www.agricta.org/UsagesdeSpore.htm. Si vous préférez, nous pouvons vous envoyer un formulaire par fax (faxez votre demande au + 31 317 460 067) ou bien envoyez-nous un mél avec pour sujet « Spore » à usages-de-spore@spore-magazine.org. Cela ne vous prendra que quelques minutes. Alors, faites-le tout de suite ! Après dix-sept an- nées de service au CTA, Mohun Narain, qui diri- geait ces dernières années le départe- ment des Politiques d’information et du Partenariat, rentre à Maurice, son île natale, pour y jouir de sa retraite. Après avoir étudié l’agriculture et la vulgarisation à l’université de Reading au Royaume-Uni, Mohun a travaillé dans son pays jusqu’en 1981, année où il a été nommé expert agricole au Secrétariat des ACP à Bruxelles. Quatre ans plus tard, il rejoignait l’équipe des cadres techniques du CTA. Il a expliqué à Spore comment les nou- velles technologies de l’information et de la communication ont conduit à repenser les bases mêmes de la vulgarisation agricole depuis que le CTA a été créé, et combien il a apprécié de travailler sur ces nouveaux sujets. Mais c’est son travail dans le Pacifique et les Caraïbes qui lui a apporté le plus de satisfac- tions, ce qui confirme notre sentiment qu’il est bel et bien un îlien de cœur. Mohun, dont la diplomatie tranquille et la vive intelligence seront regrettées au CTA, se prépare à une retraite active, car il compte bien maintenir son engagement dans le développement agricole. Nous lui souhai- tons, ainsi qu’à sa famille, une excellente santé et beaucoup de succès ! gousses sèches (en les pressant entre les doigts ou en les écrasant avec des pierres) est coûteuse et fatigante. C’est pour résoudre ce problème que ce décortiqueur- vanneur manuel ou motorisé a été mis au point. Je répondrai volontiers à toute demande de précision. » La critique est aisée et l’art est difficile ! ■ Trevor Wilson d’Umberleigh, au Royau- me-Uni nous réprimande et introduit une distinction utile entre juger et faire. « Mal- heureusement, certains de vos auteurs déni- grent des choses que de toute évidence ils ne connaissent pas. Je fais référence à une remarque dans l’article principal de Spore 93 « Qui formule nos politiques ? », à propos des « décisions mal étudiées et lourdes de conséquences » du plan arachide en Afrique de l’Est dans les années 40… Ce plan peut difficilement être qualifié de « politique » dans l’acception moderne du terme. On ne peut pas non plus le qualifier de mal étudié bien qu’il ait été initialement mal mis en œuvre, l’agriculture ne pouvant être gérée comme une opération militaire. » Après avoir inventorié tous les avantages de ce plan, comme l’amélioration des infrastruc- tures qui a permis de diversifier la produc- tion, d’augmenter les profits et d’améliorer la sécurité alimentaire, M. Wilson conclut : « Il est facile de dénigrer ces premières ten- tatives de développement et d’en souligner les aspects négatifs. Une analyse objective des coûts-bénéfices de l’ensemble du plan arachide aurait certainement montré des taux élevés de retour sur investissement ». Faire des économies avec la terre de termitière ■ Erik Petersen de ASAL Consultants à Kib- wezi, Kenya, s’est rapidement mis en contact avec Professeur Gupta, du Center for Alter- native Agricultural Media en Inde, qui décri- vait dans Spore 94 (p. 9) l’usage de la terre de termitière comme substitut au savon. Il nous écrit : « Nous avons utilisé de la terre de termitière pour remplacer 80 % du ciment lors de la construction de réservoirs d’eau au Kenya et en Zambie. Cela nous a permis de faire d’importantes économies. » Retraite à Maurice ! Spore six jours par semaine ! ■ Le Centre coopératif agricole du Bénin, à Houegbo, nous dit que Spore et d’autres publications commandées au CTA occupent une place d’honneur dans son centre d’informa- tion. « Ouvert six jours par semaine, le centre a créé un Club de lecture réservé aux groupes et aux associations qui utilisent les informations pratiques de Spore pour les petites unités de transfor- mation alimentaire, la santé ani- male et les nouvelles technologies ainsi que pour prendre de nou- veaux contacts. Une compétition des meilleurs groupes de lecture est prévue pour fin 2001. » Merci de nous faire parvenir des informations détaillées sur la ma- nière dont les groupes ont tiré parti de Spore. Nous les intégre- rons dans l’enquête sur les usages de Spore mentionnée dans ces pages. Ph ot o C .G . A gb o L e nombre des personnes considéréescomme véritablement sous-alimentéesest passé de 920 millions au début des années 70 à 840 millions au milieu des années 90. Mais dans le monde en dévelop- pement, notamment dans les pays ACP, une personne sur cinq est toujours dans le besoin. Les neuf pays sahéliens membres du Comité permanent inter-États de lutte con- tre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) sont un exemple représentatif de cette situation. Ils comptent au total 54 millions d’habitants pour une surface globale d’environ 5 mil- lions de km2, avec un taux de croissance approchant 2,8 %. Un tiers de la population vit dans les zones urbaines. Près des trois quarts de la surface totale de ces pays reçoi- vent moins de 300 mm d’eau de pluie par an. C’est là que vivent 10 % de la popula- tion, principalement des communautés pas- torales. La majorité de la population – 80 % en tout – vit dans des zones où la pluviomé- trie annuelle varie entre 300 et 1200 mm, permettant des culture pluviales. Toutefois, les pays sahéliens souffrent depuis près de trente ans d’une sécheresse prolongée à peine entrecoupée de quelques répits. Ils comptent parmi les pays les plus pauvres du monde. Les sols sont généralement peu profonds et pauvres en éléments nutritifs ; la végéta- tion est une savane arbustive et herbacée. Les ressources hydriques sont réduites, quoique quelques fleuves permanents permettent des cultures irriguées. Certains de ces cours d’eau traversent le territoire de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. L’élevage des bovins joue un rôle important dans l’économie de pays comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso où il représente près de 15 % du pro- duit intérieur brut. La sécheresse et la désertification sont les principaux obstacles au développement, tou- jours accompagnés de leurs ombres mena- çantes, la faim et la pauvreté.. Ces pays ont compris très tôt que pour sortir de la crise, et vu leur taille relativement réduite, il leur faudrait développer une volonté politique commune. Cette volonté s’est traduite par la création du CILSS en 1974. Depuis, cet organisme s’est attaché à établir des politiques et des stratégies de développement communes. Des mesures politiques solides Dans leur ensemble, ces objectifs communs constituent un puissant attelage, porteur de nombreux espoirs, mais aussi de gigan- tesques préoccupations auxquelles il faudra bien faire face, même si ce n’est pas simple. De quoi s’agit-il ? D’abord, il faut bien admettre que les politiques de prix pour les produits d’expor- tation, déterminées par les pays industriali- sés, mettent en péril les échanges commer- ciaux entre les pays du CILSS. Comme ceux-ci n’ont pas accès aux technologies les plus modernes, ils ne peuvent pas atteindre les niveaux de productivité des pays indus- trialisés et ne peuvent donc rivaliser à des prix compétitifs. Comment peuvent-ils réagir devant une telle compétition sur le marché mondial ? Cela demande tout de même des mécanismes de protection qui permettent à la production locale d’exprimer pleinement son potentiel et qui stimulent une croissance régulière sur les marchés locaux et régionaux. En second lieu, une décentralisation effi- cace du pouvoir est indispensable à la sta- bilité politique. Les communautés locales seront plus fortes et mieux à même de façonner leur destin si elle sont habilitées à prendre des décisions. Dans ce processus, les organes centraux doivent jouer un rôle de planification, de régulation et de coordina- tion dans la répartition des ressources dispo- nibles. La consolidation de la production locale passe par l’intégration des systèmes pro- ductifs et culturels. L’expérience a montré qu’imposer des solutions extérieures dé- bouche généralement sur des déceptions, voire des désastres. Le nœud du problème, c’est l’influence négative que ces solutions extérieures exercent souvent sur les struc- tures familiales et sur le rôle essentiel des femmes. Non seulement les fonctions de la famille et des femmes dans le système de production sont mises en danger ou risquent de disparaître, mais leur marginalisation constitue aussi une menace pour leur tâche irremplaçable de transmission des valeurs culturelles aux générations suivantes. Un autre facteur essentiel est la stabilité politique entre pays voisins et au sein de cha- cun d’eux. Il faut prendre comme point de départ le respect des structures tradition- nelles, sans imposer les modèles occidentaux de démocratie, et aider les systèmes tradi- tionnels à évoluer et à s’adapter aux condi- tions nouvelles. Enfin, l’exode rural doit être endigué grâce à des programmes de développement inté- grés où l’éducation, la formation, la santé, l’appui aux structures sociales des commu- nautés locales sont mis au service d’une stra- tégie commune. Le monde a accumulé suffisamment d’ex- périence et de sagesse au fil de tant d’années pour savoir que si ces conditions ne sont pas réunies, nous serons tous les spectateurs, voire les acteurs de l’effondrement de cet espoir et d’un désastre à grande échelle. SPORE 96 • PAGE 16 Point de vue • Les opinions exprimées dans ce Point de vue sont celles de l’auteur, et ne reflètent pas nécessairement les idées du CTA. Le Sommet mondial de l’alimentation à Rome, en novembre 1996, a rappelé que l’accès à la nourriture et la disponibilité d’aliments demeuraient un défi majeur. Les réalisations du Sommet seront bientôt examinées, plus de cinq ans après l’événement et avec un peu de retard par rapport au plan initial. Aujourd’hui, comme en 1996, il y a quelques lueurs d’espoir dans la masse énorme de défis. Horácio Silva Soares est agronome et a enseigné à l’Université de Lourenço Marques, aujourd’hui connue sous le nom d’Université Eduardo Mondlane à Maputo, Mozambique. Dans son Cap-Vert natal, il était Directeur général des ressources naturelles et Président fondateur de l’Institut national de la recherche agricole. Il a également été Directeur général du centre régional AGRHYMET du CILSS et ambassadeur en Italie, en Grèce et en Égypte. «Les solutions extérieures exercent souvent une influence négative sur les structures familiales et sur le rôle des femmes» Lutte contre la pauvreté Du rêve à la réalité : espoir dans le Sahel