Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) TABLE DES MATIÈRES 1. INTRODUCTION ................................................................................................................ 4 1.1. Contexte et objectifs de l’étude .......................................................................... 4 1.2. Contexte général de la filière laitière .................................................................. 4 2. LE LAIT DANS LE COMMERCE MONDIAL .............................................................................. 5 3. LA SITUATION DE LA FILIÈRE AU SEIN DE LA ZONE DE LA CMA/AOC ................................... 9 3.1. Filière laitière africaine : les repères .................................................................. 9 3.2. Au plan des principaux pôles de production sur le territoire de la CMA/AOC (forces et faiblesses) ......................................................................................................11 3.2.1. les Principales zones de production ..............................................................11 3.2.2. Les systèmes de production ..........................................................................11 3.2.3. Les acteurs identifiés .....................................................................................13 3.3. Au plan des importations extérieurs au territoire de la CMA/AOC ..................13 3.4. Au plan des échanges intérieurs sur le territoire de la CMA/AOC ..................15 4. FORCES ET FAIBLESSES DE LA FILIÈRE .............................................................................16 4.1. En amont de la production .................................................................................16 4.1.1. Atouts ............................................................................................................16 4.1.2. Contraintes ....................................................................................................16 4.2. Au niveau de la production ................................................................................17 4.2.1. les atouts .......................................................................................................17 4.2.2. les contraintes ...............................................................................................17 4.3. En aval de la production .....................................................................................18 5. LES ENJEUX ET CHOIX STRATÉGIQUES DE LA FILIÈRE ........................................................18 6. RÉSULTATS ATTENDUS ...................................................................................................22 7. CONCLUSION ..................................................................................................................24 ANNEXES ..............................................................................................................................26 Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 1 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) LISTES DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES Graphique 1 : Part des produits laitiers dans le commerce agroalimentaire mondial (Source : FAO) ..................................................................................................................................... 6 Graphique 2 : Degré d’autosuffisance en produits laitiers ...................................................... 7 Graphique 3 : Développement prévisible de marchés tiers en produits laitiers (Source : Philippe Jachnik, FIL, 35e congrès de la FIPA, Égypte, 25 -31 mai 2002) ............................. 8 Tableau 1 : production de lait dans les pays de la CMA/AOC ...............................................11 Tableau 2 : Éléments synthétiques de la productivité des troupeaux en Afrique ...................13 Tableau 3 : Importations de produits laitiers des pays de la CMA/AOC ................................14 Tableau 4 : Place des importations dans la consommation de lait et de produits laitiers dans quelques villes des pays de la CMA/AOC.............................................................................14 Graphique 4 : enjeux du développement de la filière laitière .................................................19 Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 2 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) SIGLES ET ABRÉVIATIONS CIRDES : Centre international de Recherche – Développement sur l'Élevage en Zone subhumide CMA/AOC UPA-DI FAO UE Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 3 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) 1. INTRODUCTION 1.1. Contexte et objectifs de l’étude L’objet de la présente étude est, d’une part, de réactualiser les statistiques sur le coton et l’huile de palme en intégrant les campagnes 2002/03 et 2003/04 et en les généralisant à tous les pays de l'Afrique de l’Ouest et du Centre producteurs et, d’autre part, de produire des notes techniques et statistiques sur le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural. Ceci, en vue d'alimenter la base de données de la CMA/AOC. L’élaboration des notes se fera en collaboration avec l'Union des Producteurs Agricoles du Québec / Département Développement International (UPA-DI), partenaire de la Conférence des Ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC). Selon les termes de références, les questions à traiter dans ces rapports devaient porter sur les thèmes suivants:  Analyse des problèmes du secteur et nécessité d'y remédier ;  Projets ou programmes déjà réalisés ou en cours de réalisation ;  Objectifs et activités à envisager pour l'avenir ;  Coûts liés à la mise en place de ces activités et de leur gestion ;  Identification des bénéficiaires ;  Résultats et impacts attendus. Au cours des échanges avec la CMA et son partenaire UPA-DI, il a été retenu concernant les trois derniers points de se focaliser plutôt sur les axes stratégiques à poursuivre au niveau régional pour le développement durable des filières agricoles étudiées. Les autres points ont été en partie traités dans le rapport de mission. L’équipe retenue pour conduire l’étude est composée d’une agro économiste et d’un vétérinaire économiste. Dans la stratégie de collecte de données, trois principales sources étaient ciblées: la documentation disponible, les données en ligne sur Internet et les acteurs des filières. C’est dans ce cadre que des missions ont été effectuées au niveau de 6 pays de la zone AOC. L’équipe a séjourné dans trois pays de l’Afrique de l’ouest (Mali, Mauritanie et Burkina) et trois de l’Afrique centrale (RCA, Tchad et Cameroun). La présente note de cadrage concerne la filière laitière. 1.2. Contexte général de la filière laitière L’Afrique occupe une place marginale dans la production mondiale de lait et de produits dérivés. Selon la FAO, la production africaine représentait 26,22 millions de tonnes en 2000, soit 5% de la production mondiale (568,487 millions de tonnes). Malgré un cheptel laitier estimé à 3% du cheptel mondial (38,311 millions de têtes en 1 999), le rendement laitier reste le plus faible au monde (487 kg/vache/an contre 8 061 kg/vache/an aux EU, 1 014 kg/vache/ an en Inde, 6 614 Kg/vache/an au Japon, 5 711 Kg/vache/an au niveau de l’UE1). Le lait frais de vache constitue 71,26% de la production laitière mondiale. Il est suivi du lait 1 Etude de l’offre en lait et produits dérivés sur le marché dakarois, thèse de médecine vétérinaire n°31,UCAD- EISMV, 2002, pp. 4-62 ;pp105-113. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 4 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) de chèvre (10,21%), de bufflonne (7,93%), de brebis (6,02%) et de chamelle (4,37%). La consommation de lait et produits laitiers africaine ne représente que 4% de la consommation mondiale, malgré une population de 766 millions d’habitants, soit plus de 13% de la population mondiale (5,9 milliards d’habitants). La disponibilité en lait et dérivés était de 27,3 kg/habitant/an en 1999 pour environ 125 Kg/habitant/an dans le monde. Les disparités sont importantes avec 7,8 Kg par personne en Afrique centrale, 10,7 Kg en Afrique de l’ouest, 29, 8 Kg en Afrique de l’est et 60,3 Kg en Afrique du sud1. La production de l’Afrique subsaharienne, incluant les pays de l’AOC, ne représente que 5% de la production africaine, soit 2% de la production mondiale2. Aujourd’hui, il est aisé de constater dans des pays comme le Sénégal, qu’en milieu pastoral, la tradition de servir le lait du troupeau à ses hôtes tend à disparaître cédant la place à la distribution de la poudre de lait reconstituée. De ces constats, il résulte que la production est en inadéquation avec le croît démographique et en définitive, l’essentiel de la demande en lait et produits dérivés est couverte par les importations sur le marché mondial du lait. 2. LE LAIT DANS LE COMMERCE MONDIAL Les produits laitiers représentent, selon la FAO, 5,8% du commerce agroalimentaire mondial. Pour l’année 2002, la valeur globale des produits laitiers se situait à 26 milliards de dollars. Uniquement pour l’Afrique, cela représentait une valeur de 1,5 milliard US$ de produits laitiers importés. 2 DIOP P.E.H. : Production laitière en Afrique au Sud du Sahara : Problématique et Stratégie Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 5 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) 5,80% Produits Laitiers Produits 94,20% AgroAlimentaires Graphique 1 : Part des produits laitiers dans le commerce agroalimentaire mondial (Source : FAO) Si on cherche à savoir si au cours des trente dernières années le continent africain a réduit sa dépendance vis à vis des produits laitiers importés, il est clair que non. Au contraire, la FAO estime que l’autosuffisance en produits laitiers a régressé sur le continent passant de 90% en 1970 à 87% en 2000. Le graphique 2 nous présente le portrait global de ce degré d’autosuffisance pour l’ensemble de la planète. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 6 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) PECO/CEI Europe de l’Ouest 1970 100 % 1970 102 % 1990 101 % 1990 111 % 2000 102 % 2000 109 % ALENA 1970 101 % Maghreb/M.O. Asie du S.E. 1970 86 % Asie du Sud 1970 71 % 1990 92 % 1970 95 % 1990 73 % 1990 75 % 2000 95 % 1990 99 % 2000 81 % 2000 76 % 2000 99 % A. Cent./Caraïbes 1970 101 % Afrique 1970 90 % 1990 92 % Océanie 1990 89 % Amérique du Sud 1970 214 % 2000 95 % 2000 87 % 1970 96 % 1990 195 % 2000 254 % 1990 98 % 2000 96 % Graphique 2 : Degré d’autosuffisance en produits laitiers Si l’on considère que les prix du lait en Australie et en Nouvelle Zélande (zone Océanie) s’apparentent au prix théorique et que l’UE subventionne fortement ses exportations de produits laitiers, il y a fort à parier que le continent Africain risque d’accroître sa dépendance de produits laitiers importés si rien n’est fait pour soutenir sa production intérieure. En effet, comment l'Afrique pourra rivaliser avec ces pays qui, a coup de subventions, ont su structurer et développer leur secteur laitier au point d’en devenir excédentaire. Des surplus qui forcent ces pays d'user de rabais de crainte de voir déstabiliser tout un secteur de leur économie. Le Graphique 3 présente le développement prévisible des marchés tiers. Pour le continent Africain, il faut s’attendre à la poursuite d’un sérieux déficit. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 7 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Face à ce constat il est clair que l’ensemble du continent se doit de réagir, s’il souhaite renverser la tendance qui se dessine à l’horizon. Poursuite d’un sérieux déficit Poursuite d’un léger Autosuffisance globale (chasse gardée par déficit? (mais poursuite d’un sérieux l’Océanie) (incertitude sur le déficit en Russie) développement du secteur américain) Autosuffisance Poursuite d’un sérieux déficit Bientôt insuffisance (accès difficile pour les ingrédients de Croissance de base étrangers) l’excédent Graphique 3 : Développement prévisible de marchés tiers en produits laitiers (Source : Philippe Jachnik, FIL, 35e congrès de la FIPA, Égypte, 25 -31 mai 2002) Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 8 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Ce constat devrait amener le continent africain, notamment les pays de la CMA/AOC, à se positionner clairement sur l’avenir de la filière lait. En l’absence de positionnement et d’engagements concertés de la part des pays membres, il est clair que la filière lait prendra difficilement sa place sur le marché, étant donné la structure de prix qui prévaut au niveau du commerce mondial. 3. LA SITUATION DE LA FILIÈRE AU SEIN DE LA ZONE DE LA CMA/AOC Les pays de la CMA/AOC totalisaient en 2003 une importante population animale constituée d’environ 58 793 456 têtes de bovins, 70 609 724 ovins, 2 949 608 camelins et 86 062 373 caprins selon la FAO, soit respectivement 4,3 %, 11,2 %, 6,9 % et 15,5% du cheptel mondial. A l’échelle du continent, la région AOC concentre en moyenne 30 % du cheptel. Malgré la taille de ce cheptel, la filière laitière des pays de l'AOC se porte mal en général, comparée aux pays de l’Afrique de l’est, du nord et du Sud. L'accroissement rapide de la population urbaine en Afrique subsaharienne rend de plus en plus difficile l'approvisionnement des villes en produits alimentaires, d'autant plus que pour l'ensemble du continent la production alimentaire est en baisse. 3.1. Filière laitière africaine : les repères Les tentatives pour développer la production laitière datent de l’époque coloniale avec les objectifs de satisfaire les besoins de consommation des troupes coloniales et des centres urbains. L’étude intitulée: "Normes exogènes et traditions locales: la problématique de la qualité dans les filières laitières africaines" retrace bien les repères relatifs au développement de la filière laitière en Afrique. Au plan historique, différentes étapes peuvent être distinguées :  Le modèle colonial copié sur les modèles occidentaux : l’une des expériences connues à l’époque était basée en Ethiopie et consistait en un don de 300 vaches par les Nations Unies associé à une unité de chauffage et d’emballeuse manuelle (ferme Shola) ;  Le modèle post-indépendance Caractérisé par la nationalisation des grandes unités industrielles (fermes ou usines laitières) jusqu’à la fin des années 1980. Les exemples sont nombreux : la DDE (Dairy Development Enterprise) en Éthiopie, l’ULB (Union laitière de Bamako) au Mali, la KCC (Kenyan Co- operative Cremery), la TDL (Tanzanian Dairy Limited), la MDI (Malawi Dairy Limited), etc. Au début des années 1970, l’arrivée rapide d’excédents sur le marché mondial, qualifiée de marée blanche, fit de ces unités industrielles des utilisateurs potentiels des excédents mondiaux de poudre de lait et de butteroil. Devant les difficultés des fermes laitières intensives et de la collecte locale en milieu paysan, les laiteries importèrent très vite de grandes quantités de poudre en disposant de prix préférentiels ou même de dons financés par l’aide alimentaire bilatérale ou multilatérale. L’enjeu était de fournir du lait « de bonne qualité sanitaire » aux consommateurs les plus pauvres ou aux centres de santé. Les laiteries étaient alors soumises à des pressions financières importantes, devant appliquer des prix de vente trop bas pour être rentables. Beaucoup sont tombés en faillite notamment la laiterie de Farcha au Tchad, Mali-Lait au Mali, Shola en Éthiopie et la laiterie de Saint- Louis au Sénégal. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 9 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC)  Remise en cause du modèle industriel : Malgré l’échec du modèle industriel des externalités positives ont été enregistrées : des races laitières furent introduites et sont aujourd’hui utilisées par de nombreuses fermes privées. Des recherches sur les fourrages et sur les techniques de production laitière furent développées. Des services d’appui à l’élevage, des centres d’insémination artificielle, des sessions de formation et de collecte de lait furent organisées et mis à la disposition des éleveurs périurbains. Dans le contexte de l’ajustement et de libéralisation des années 80, les investissements privés ou coopératifs ont été encouragés dans ce secteur et les prix ont été la plupart du temps libéralisés. Les orientations des agences de développement ont progressivement évolué jusqu’à délaisser le modèle industriel et ses usines surdimensionnées au profit des petites unités. Depuis les années 1990 se développent des entreprises laitières privées de petite taille avec des formes très différentes selon les pays :  Les fromageries artisanales avec des communautés religieuses ou des privés (français, hollandais, suisses, métis, ou anciens employés des Italiens ou des Libano- syriens). Ces ateliers bénéficièrent de l’adaptation de savoir-faire importé au contexte local, souvent à base de techniques artisanales simples. Ce développement des fromageries artisanales se poursuivit pendant toutes les années 1990, à la faveur d’une demande urbaine croissante pour ce type de produits ;  Les mini-laiteries artisanales présentes dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ces unités fabriquent essentiellement des sachets thermo soudés de lait frais ou fermenté. Les procédés de transformation sont artisanaux : bains-marie, cuvettes, seaux, thermo soudeuses manuelles. Elles possèdent généralement des réfrigérateurs ou des congélateurs pour conserver les sachets prêts à être commercialisés. Elles utilisent pour la plupart de la poudre de lait importée comme matière première. Cependant, certaines mini- laiteries artisanales ont choisi de travailler à partir de lait local, soit sous l’influence de projets de développement locaux, soit de manière indépendante. C’est le cas des laiteries Danaya Nono au Mali ou des mini-laiteries de Kolda au Sénégal.  Les petites laiteries modernes existent sous forme d’initiatives privées (cas de la Laitière de Mauritanie, aujourd’hui Tiviski) ou par des projets (cas de la laiterie Faso-Kossam à Bobo-Dioulasso) en périphérie des grandes villes. Mais ces mini-entreprises industrielles restent en nombre réduit, en partie, en raison de l’importance des coûts d’équipement. Elles sont en pleine expansion3. Malgré les nombreuses tentatives initiées par les pouvoirs publics africains pour promouvoir la production laitière, les constats d’échec sont nombreux. Cependant, dans certains pays comme le Sénégal, l’État cherche encore à soutenir la filière laitière par le métissage à travers l’insémination artificielle, grâce à un partenariat avec les éleveurs et les vétérinaires privés. Ces types d’action peuvent avoir un impact sur les modes de production et contribuer à l’amélioration de l’offre laitière mais méritent d’être évalué pour corriger les faiblesses. Aujourd’hui, les seules initiatives qui résistent au temps résultent du secteur privé qui prend davantage d’ampleur dans la filière laitière africaine. 3 Guillaume Duteurtre : Normes exogènes et traditions locales : la problématique de la qualité dans les filières laitières africaines, Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures. Volume 13, Numéro 1, 91-8, Janvier-Février, 2004. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 10 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) 3.2. Au plan des principaux pôles de production sur le territoire de la CMA/AOC (forces et faiblesses) 3.2.1. les Principales zones de production Les principaux pays producteurs de lait sont, par ordre d’importance, le Mali, le Nigeria, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina. Selon les statistiques de la FAO pour l’année 2003 (tableau I), ces pays totalisent plus de la moitié de la production de la zone. Il s’agit des pays qui renferment le cheptel le plus important, la production laitière étant fortement liée à la taille et à la croissance du cheptel. La production moyenne annuelle de lait du Mali sur la période 1993/1999 est estimée par le Ministère de l’élevage à près de 1 052 000 tonnes. Tableau 1 : production de lait dans les pays de la CMA/AOC Production laitière Part dans la zone Pays Données de mission (tonnes) CMA/AOC République du 1 050 0,0% Congo Gabon 1 575 0,1% Gambie 7 648 0,3% Togo 9 225 0,3% Cap-Vert 10 300 0,4% Guinée-Bissau 17 605 0,6% Côte d'Ivoire 25 912 0,9% Bénin 30 830 1,1% Ghana 35 100 1,3% RCA 65 000 2,4% Guinée 88 125 3,2% 370 000 t (Conseil interministériel Sénégal 124 852 4,6% pour l’élevage en 2000) Cameroun 184 000 6,7% Burkina Faso 234 000 8,5% 166 978 t Tchad 234 135 8,5% Niger 315 400 11,5% Mauritanie 347 725 12,7% 422 000 tel Nigeria 432 000 15,8% Mali 578 280 21,1% 1 051 945,37 t Guinée équatoriale ZONE CMA/AOC 2 742 762 - Source : FAO Ce tableau montre qu’il existe parfois de grande disparité entre les chiffres de la base FAO STAT et ceux collectés au niveau des Ministères de l’Agriculture des pays visités. 3.2.2. Les systèmes de production La production laitière provient essentiellement des systèmes extensifs traditionnels (pastoraux et agropastoraux), à côté desquels émergent des systèmes urbains et périurbains. Les systèmes pastoraux traditionnels sont les plus fréquemment rencontrés. Ils sont marqués par une forte mobilité du cheptel liée à disponibilité des pâturages, des points d’eau et des marchés. A l’inverse, les systèmes agropastoraux et périurbains tendent à la Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 11 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) sédentarisation avec une alimentation améliorée par l’utilisation de fourrages et de concentrés. Les systèmes urbains et périurbains sont très diversifiés allant de l’extensif amélioré (mobilité sur de courtes distances associée à une complémentation de la ration) au semi intensif voire à l’intensif (objectifs de production clairement définis et investissements à rentabiliser).  Les systèmes traditionnels Ils exploitent les races de zébu (peul, maure, Gobra, Azaouak,) et taurin (Ndama, Baoulé, etc.). Les races africaines sont généralement faiblement productives : 1 à 4 litres de lait par jour, soit 200 à 250 kg / vache/ lactation. La conduite et la gestion traditionnelle, les pratiques des éleveurs et les difficultés qu’ils rencontrent freinent les possibilités de développement de la production laitière. Les systèmes extensifs sont marqués par :  une croissance spontanée du troupeau ;  une traite journalière unique ;  la présence prolongée du veau sous la mère ;  un usage très limité des compléments d'alimentation ;  une production irrégulière et saisonnière ;  une faible productivité (retard de la mise à la reproduction et longueur de l’intervalle entre vêlages) ;  la dispersion des troupeaux ;  les difficultés de conservation du lait ;  le coût des intrants (fourrages, médicaments, etc.). Pour améliorer la conservation du lait, la plupart des pays d’Afrique de l’ouest (Burkina, Cameroun, Sénégal) expérimente la méthode de la lactopéroxydase (LPS). Elle consiste à ajouter un petit sachet de thiocyanate, puis un sachet de peroxyde d'hydrogène au bidon de lait. Ces deux substances sont présentes à l'état naturel dans le lait mais en quantités insuffisantes pour enrayer durablement la croissance des bactéries. En renforçant le processus naturel, on peut conserver le lait trois à cinq heures de plus, ce qui suffit souvent pour l'acheminer à un point de ramassage réfrigéré.4  Les systèmes périurbains En zone urbaine et péri urbaine, on note l’apparition de nouveaux types d’éleveurs s’appuyant généralement sur des races exotiques (Montbéliarde, Jersiaise, Holstein) ou sur des produits de croisements, et qui sont en étroite relation avec des réseaux de collecte et de distribution à travers les unités de collecte et les mini laiteries artisanales. Ces systèmes semblent améliorer l’accessibilité de la production locale et contribuent de façon encore marginale à l’offre de produits laitiers. Elles sont cependant confrontées à des difficultés relatives aux coûts de gestion élevés : matériel génétique, eau, aliments et produits vétérinaires. Quant aux unités de collecte, elles souffrent du coût élevé de l'énergie et des emballages, de l'insuffisance et de l'irrégularité du volume de lait collecté. 4 http://spore.cta.int/spore80/SP4_80F.html Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 12 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Tableau 2 : Éléments synthétiques de la productivité des troupeaux en Afrique Production Age 90-95% des animaux journalière Production Durée er Age de 1 %de vache sont des races locales pour la totale/ de réforme vêlage traites au sein ou croisement de consommation lactation lactation en en du troupeau races locales humaine en kg en jours années mois Kg/jour Races locales : Zébus 1-2 hivernage (Peul, Maure, Ankolé, 0,4 -1en 150 à 300 170-200 44-53 13 12-15 Gobra) et taurin saison sèche Ndama Race locale sélectionnée : Zébu 2-4 600-800 200-250 38-45 13,5 20 Azawak Croisement races locales -races 3-6 500-1200 200-250 36-40 11 25 tropicales : Sahiwal, Djakoré Croisement races locales -races exotiques : 1,5-3 200-500 180-220 44-50 13 20-25 Montbéliarde, Frisonne, jersiaise Races exotiques pures : Frisonne, 6-15 1500-5000 200-250 28-36 10 30-45 jersiaise Eco-fermes de 3,5-8,9 800-2300 135-267 N.C. N.C N.C Bouaké Source : Études GRET (1995) citée par DIOP P.E.H. : Production laitière en Afrique au Sud du Sahara : Problématique et Stratégie 3.2.3. Les acteurs identifiés Les acteurs de la filière varient selon les systèmes de production :  dans les systèmes extensifs, ce sont les producteurs (éleveurs ou bergers) au niveau des sites de production ; leurs femmes qui assurent la commercialisation et la transformation de la production suivant des circuits plus ou moins longs selon la proximité des marchés. Dans la plupart des pays, les éleveurs s’organisent autour structures permettant de faire face aux problèmes du secteur ;  dans les systèmes agropastoraux et périurbains, à côté des producteurs, organismes d’appui (projets, société de développement, ONG, etc.) et fournisseurs d’intrants (vétérinaires, aliments de bétail, etc.), intervient une chaîne de distribution et de transformation pouvant parfois être très complexe (collecteurs, unités de collecte ou mini laiteries, revendeurs, etc.). 3.3. Au plan des importations extérieurs au territoire de la CMA/AOC La production locale des pays de la CMA/AOC est loin de couvrir la demande, d’où un recours croissant aux approvisionnements extérieurs. Ces importations concernent l’ensemble des pays. Ces derniers sont classés en deux groupes suivant l’importance des importations. Ainsi, les plus gros importateurs de la zone sont le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’ivoire et la Mauritanie. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 13 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Tableau 3 : Importations de produits laitiers des pays de la CMA/AOC Importation de lait en Pays Importation en Milliers de dollars équivalent lait République du Congo 46 259 14900 Gabon 34 442 15877 Gambie 27 384 4003 Togo 26 399 3845 Cap-Vert 27 736 9668 Guinée-Bissau 3 582 1287 Côte d'Ivoire 102 466 29871 Bénin 45 624 18767 Ghana N.C. N.C. République Centrafricaine N.C. N.C. Guinée 15 876 5716 Sénégal 127 904 32658 Cameroun 27 578 9321 Burkina Faso 16 412 4567 Tchad 3 189 1457 Niger 48 145 11767 Mauritanie 72 986 21616 Nigeria 575 849 196076 Mali 38 240 11931 Guinée équatoriale 2 399 1657 Source : FAO 2002 Avec l’accroissement général de la population urbaine, la demande en produits laitiers est essentiellement satisfaite par les importations. Elles représentent plus de 85 % des approvisionnements des villes d’Afrique de l’Ouest (tableau IV). Tableau 4 : Place des importations dans la consommation de lait et de produits laitiers dans quelques villes des pays de la CMA/AOC Villes Part des importations dans la consommation Bobo Dioulasso (Burkina Faso) 91 % Korhogo (Côte d’Ivoire) 87 % Bouaké (Côte d’Ivoire) 95 % Bamako (Mali) 92 % Dakar (Sénégal) 98 % Source : L'approvisionnement des villes africaines en lait et produits laitiers, FAO/Gret, 1995© Bulletin du Réseau TPA n°11 - Décembre 1995 A l’exception de la Mauritanie et du Burkina, les importations de produits laitiers des pays de l'AOC ne cessent de croître. Celles-ci alimentent soit directement les marchés de consommation, soient les industries de transformation. Il semble que les produits d'importation répondent mieux aux besoins de ces consommateurs car présentant certains avantages : longue conservation, facilité d'utilisation, etc. Ce lait d’importation est subventionné à plusieurs stades : d’abord par les aides que l’agriculteur reçoit dans les pays du Nord où les coûts de production sont élevés, (particulièrement en Europe) ensuite parce que l’exportation de lait en poudre est elle-même Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 14 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) subventionnée. La faible productivité des troupeaux laitiers dans la zone AOC et la pénurie chronique de lait qui en résulte tirent les prix vers le haut5. Les subventions des produits importés, en particulier la poudre de lait, les rendent plus compétitifs face aux produits locaux. Le prix du litre de lait reconstitué à partir de la poudre importée en vrac coûtait 249 FCFA en 2000, alors que le litre de lait caillé ou concentré produit localement variait entre 400 et 800 FCFA selon la saison et les zones. Actuellement, le lait reconstitué importé se situe dans le même ordre de prix alors que le prix du lait local a tendance à grimper, surtout en saison sèche. Au niveau des marchés urbains, à Bangui, Ndjamena, le litre de lait local est vendu au consommateur en saison sèche à 500 FCFA mais peut connaître une forte baisse en saison humide. En Mauritanie, les variations de prix se situent entre 250 et 500 ouguiyas. 3.4. Au plan des échanges intérieurs sur le territoire de la CMA/AOC Du fait de sa nature très périssable et du faible niveau de transformation (lait pasteurisé, yaourt), la circulation des produits laitiers locaux est marginale au niveau intra régional. Ainsi, les échanges à l’intérieur de la zone AOC concernent surtout les importations réexportées. Elles se font des pays côtiers vers les pays de l’intérieur. C’est ainsi que les pays exportateurs de la zone sont dans l’ordre décroissant le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’ivoire, la Mauritanie. Les échanges à l’intérieur de la zone concernent également les produits transformés par les industries locales à partir de la poudre importée. Les échanges relatifs à la production locale sont intangibles mais peuvent concerner les zones frontalières. Ce type d’échange a été signalé en Mauritanie avec une laiterie qui a exporté ses produits au Sénégal pendant 2 ans mais les frais de douane élevés l’ont contraint à arrêter. 3.5. Au plan des principaux pôles de la consommation sur le territoire de la CMA/AOC D’une manière générale, les principaux marchés de consommation correspondent aux grands centres urbains. Ceux-ci ne cessent de se développer au détriment des campagnes qui se vident littéralement avec comme conséquence la déstructuration des systèmes locaux de production. Au plan de la distribution, deux types de circuits existent et concernent la production locale et le lait importé. La production locale est autoconsommée (dans des pays comme la Mauritanie, la part de la production commercialisée représente à peine 5 %) mais une partie est commercialisée selon un circuit variable suivant les pays, allant de la vente directe à l’intervention d’intermédiaires de nature diverse. 5 Spore n° : Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 15 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Les produits importés sont généralement reconditionnés et vendus directement aux consommateurs ou transformés de façon artisanale ou industrielle en yaourt, lait concentré, etc. La production locale et les importations permettent d’atteindre des niveaux de consommation qui restent parmi les plus faibles au monde. 4. FORCES ET FAIBLESSES DE LA FILIÈRE La filière lait est caractérisée au niveau de la zone AOC par une absence de vision politique claire pour son développement, une faible productivité du cheptel, une forte concurrence des importations, un faible degré d’autosuffisance qui tend à s’accentuer, un faible niveau de transformation de la production locale et l’inexistence de financement pour le développement de la filière. 4.1. En amont de la production 4.1.1. Atouts - L’élevage participe pour une part importante au revenu agricole ; - La production agricole dégage des revenus utilisables dans l’alimentation animale ; - l’existence d’un savoir et de réelles compétences au niveau des acteurs qui se sont améliorés grâce aux dispositifs d’appui (État à travers les projets, ONG, organisations d’éleveurs en partenariat avec la coopération décentralisée, etc.) ; - un marché potentiel important : le lait rentre dans les habitudes alimentaires des populations. La demande est aussi bien rurale qu’urbaine même si les prix parfois exorbitants en ville en limitent l’accès ; - l’élevage demeure un secteur faiblement fiscalisé. 4.1.2. Contraintes Elles sont d’ordre diverses : 4.1.2.1. Contraintes alimentaires La production de fourrage pour le bétail n’est pas une pratique courante des systèmes d’élevage en AOC. L’exploitation extensive du cheptel fait recours aux pâturages naturels qui constituent la principale source de nourriture du bétail. Or, la disponibilité de ces pâturages est irrégulière, surtout dans la zone sahélienne du fait de la faible pluviométrie. A cela, s’ajoute le manque d’eau, notamment en saison sèche. La production d’aliments bétail reste encore peu développée. En effet, les industries présentes sont généralement confrontées aux problèmes de matières premières dont la plupart sont importées des pays du nord. Ainsi, en fin de saison sèche, la forte demande induit le renchérissement du coût de l’aliment bétail qui n’est généralement pas à la portée des éleveurs. 4.1.2.2. Contraintes sanitaires Sur le plan sanitaire, si certaines maladies comme la Peste bovine semble garder un caractère historique, les trypanosomiases et les maladies nouvelles (Fièvre de la vallée du Rift, Dermatose nodulaire, etc.) restent d’actualité. Or, la plupart des pays de l’AOC ont Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 16 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) entrepris une réforme du secteur de l’élevage avec la privatisation des soins vétérinaires qui se paient de plus en plus chers. 4.1.2.3. Contraintes financières Il n’existe pas de mécanisme financier spécifique pour développer la production laitière. Les taux d’intérêt pratiqués par les systèmes financiers existants sont généralement inadaptés. Dans certains pays, des subventions sont accordées aux producteurs pour réduire le coût de l’insémination artificielle, à côté de lignes de crédit spécifiques à l’élevage. 4.1.2.4. Contraintes foncières L’élevage n’est généralement pas considéré comme un mode de valorisation de la terre : les éleveurs sont confrontés au problème de réduction des terres de parcours et d’occupation sauvage des zones d’accès aux points d’eau. 4.2. Au niveau de la production 4.2.1. les atouts - un important cheptel avec des races locales comme l'Azaouak qui ont un potentiel laitier relativement élevé, capable de s’améliorer avec une meilleure alimentation ou par l’insémination à partir de races mixtes importées ; - disponibilité de ressources fourragères dans les zones humides de l’AOC ; - l’existence d’un savoir et de réelles compétences au niveau des acteurs qui se sont améliorés grâce aux dispositifs d’appui institutionnel comme le PDAP dans le district de Bamako et le CIDR dans quelques villes secondaires; cas également de la filière laitière qui se structure autour des petites unités au Sénégal dans les régions de Tambacounda et Kolda; - mutations des systèmes d’élevage avec le développement du système périurbain et une amélioration de l’extensif, la pratique des productions semi intensives et intensives; - un marché potentiel important : le lait rentre dans les habitudes alimentaires des populations. La demande est aussi bien rurale qu’urbaine même si les prix, parfois exorbitants en ville, en limitent l’accès; 4.2.2. les contraintes - génétique : le potentiel génétique des races locales est satisfaisant en production de viande, faible en production laitière, n’atteignant que rarement 5 litres de lait par jour, dans les meilleures conditions d’élevage, contre 10-25 litres par jour pour les races importées. - sanitaire : importance des trypanosomiases, insuffisance des traitements faute de moyens - le caractère extensif du mode d’élevage ne permet pas une exploitation judicieuse du potentiel laitier - faible protection de la ressource (exportations incontrôlées d’animaux, abattage de femelles après une seule lactation ou en cours de gestation) ; - saisonnalité de la production ; - faible technicité des éleveurs dans la conduite de l’élevage laitier ; - faible structuration du secteur en particulier des organisations professionnelles d’éleveurs laitiers (peu tournées vers les activités de services aux membres) ; - absence de cadre juridique organisant la relation entre les éleveurs, les producteurs et les services vétérinaires (interprofession) ; - manque de données statistiques sur la production nationale et les paramètres zootechniques dans certains pays ; Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 17 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) 4.3. En aval de la production Les produits issus de la transformation du lait en Afrique au sud du Sahara ne représentent que 2% du niveau mondial. Cette activité est concentrée en Afrique de l’est et en Afrique du sud mais, de nombreux pays comme le Mali, le Tchad, le Niger et le Sénégal ont tendance à développer de petites unités de transformation du lait en yaourt, en lait caillé ou en fromage mais cette activité reste marginale. Actuellement, la plupart des transformateurs de lait préfèrent travailler à partir de poudre de lait importée plutôt que d'utiliser le lait local : l'approvisionnement en poudre est plus régulier et la poudre est plus homogène et plus facile à transformer que le lait frais6. Les problèmes suivants ont été identifiés en aval de la production : - Caractère hautement périssable du lait ; - Faible technicité en matière de transformation ; - Coût élevé des emballages ; - Difficultés d’accès aux marchés en raison de l’enclavement ; - absence de contrôles officiels sur l’hygiène et la qualité des produits laitiers ; - absence de données statistiques sur la production au niveau des usines de transformation souvent privées ; - insuffisance du lait collecté ; - valorisation de la poudre au détriment de la production locale ; - coût élevé de l’énergie; - insuffisance des équipements notamment pour la conservation ; - concurrence du lait importé subventionné ; 5. LES ENJEUX ET CHOIX STRATÉGIQUES DE LA FILIÈRE Les enjeux de la filière laitière se fondent sur la demande. En effet, la demande en produits laitiers est réelle en milieu rural comme en milieu urbain. La production locale contribue faiblement à satisfaire cette demande. Pour l'Afrique de l'Ouest, une étude de la Banque Mondiale estime que 30 pour cent de la production laitière totale de la région sont perdus ou sous valorisés faute de structures laitières adéquates pour la collecte. Pour l'ensemble du continent africain, la collecte laitière organisée en filière avec refroidissement du lait, contrôle de la qualité et ramassage en camion isotherme ne représente que 20 pour cent de la quantité de lait produite. La production laitière extensive africaine est compétitive, mais le manque de débouchés du lait des petits producteurs éloignés des centres de consommation oblige les transformateurs et les commerçants à s'orienter vers les produits d'importation7. Le 1er enjeu porte naturellement sur l’absorption de la totalité de la production locale par la transformation et son accessibilité pour ceux qui en expriment le besoin : l’un des obstacles majeurs au développement de la production laitière porte sur les difficultés de collecte et de commercialisation de la production locale en raison de la dispersion des exploitations, de l’enclavement des zones de production. 6 Jean-Michel Centres (GRET) Bulletin du Réseau TPA n°11 - Décembre 1995 7 CIRDES: L'organisation de la collecte du lait dans les zones sans infrastructure laitière en Afrique de l'Ouest, Atelier régional, 17-19 septembre 2001, Bobo Dioulasso, Burkina Faso Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 18 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Absorber la production locale par la transformation Rendre accessible la production locale au niveau de la zone AOC Réduire la progression des Accroître la consommation des importations de produits laitiers de produits locaux dans la zone AOC la zone AOC Augmenter de façon durable la production laitière dans la zone CMA / AOC Graphique 4 : enjeux du développement de la filière laitière Filière lait Enjeu I Absorber la production locale par la transformation (court terme) Rendre disponible la production locale au niveau de la zone CMA/AOC Action à entreprendre : Développer le réseau de collecte Multiplier les unités de collecte et de transformation Désenclaver les zones de production Améliorer le mode de présentation des produits locaux Développer un véritable système de commercialisation du lait Problématiques enregistrées au niveau de la zone de la CMA/AOC  L’offre en produits laitiers locaux est encore faible dans les villes africaines et les ruptures d’approvisionnement sont fréquentes  Consommation faible au niveau des ménages  Rejet de quantités importantes de lait pendant l'hivernage  Production atomisée  Rapprochement entre les points de collecte et les zones de production  Qualité du lait réceptionné  Difficulté d’accès aux zones de production  Absence de données statistiques quant à la capacité globale de traitement du lait local au niveau des usines et autres unités de transformation de la zone CMA/AOC  Absence de financement pour le développement de la production laitière  Faiblesse du revenu des populations et coût élevé des produits laitiers locaux par rapport aux produits importés Groupes cibles :  Éleveurs  Industriels et autres transformateurs  Associations de consommateurs Actions à entreprendre :  créer des centres de collecte au cœur des zones de production  privilégier les petites unités de transformation à charges maîtrisables Résultats attendus :  Augmentation de la production laitière commercialisée  Augmentation des unités de collecte  Augmentation de la consommation de lait local  Meilleure qualité du produit Conditions critiques liées à l’atteinte de l’enjeu :  Mise en place d’un cadre politique et mesures incitatives pour favoriser le développement des unités de collecte et de transformation  Gestion conséquente de l’entrée massive de poudre de lait à des prix de dumping  Mise en place d’une réelle concertation au niveau de la zone CMA/AOC pour favoriser le développement de la production laitière et les échanges commerciaux Responsabilité : Ministère de l’Élevage, Producteurs, Transformateurs, Commerçants et Consommateurs Partenaire financier : État – Secteur bancaire – Institutions de Micro finance Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 19 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Le 2ème enjeu porte sur l’amélioration de la part de marché de la production locale par l’accroissement de sa consommation et de sa commercialisation. Il est clair que les éleveurs ne pourront consentir des efforts supplémentaires pour augmenter la production que lorsqu’ils seront assurés qu’il existe un débouché pour celle-ci. L’accroissement de la consommation et l’absorption totale de la production locale peut entraîner une réduction des importations. Cette réduction ne peut être significative qu’avec l’augmentation durable de la production laitière locale. Filière lait Enjeu II Accroître la consommation des produits laitiers (court et moyen termes) locaux dans la zone AOC Actions à entreprendre : Développer le réseau de distribution Développer le culte de l’hygiène et de la qualité des produits à tous les niveaux (certification ISO 9000) Faciliter l’accès au marché intra régional Promouvoir les produits locaux par la labellisation et la communication Problématiques enregistrées au niveau de la zone CMA/AOC Les populations consomment très peu les produits locaux Méconnaissance des produits locaux et des lieux de vente Qualité hygiénique douteuse des produits locaux Groupe cible : Unités de collecte, de transformation et de commercialisation Consommateurs Résultats attendus : Meilleure connaissance des produits locaux Communication sur les produits locaux Offre de produits adaptés aux besoins du marché Réduction des importations Conditions critiques liées à l’atteinte de l’enjeu : Responsabilité : qui fait quoi (données, capacité de transformation) Partenaire financier : Le 3ième enjeu devrait porter sur des mesures de nature à limiter l’importation pour mieux positionner les produits locaux : il s’agit de mesures douanières et de mesures de sauvegarde de la production locale. De ce point de vue, une concertation est nécessaire au niveau des zones UEMOA et CEMAC. Le lait est considéré comme un aliment stratégique et, de ce point de vue, l’insuffisance de la production locale a conduit les pays de la CMA/AOC à favoriser les importations laitières pour satisfaire les besoins de consommation des populations notamment les enfants. Or ces produits importés constituent un frein au développement de la production qui ne trouve toujours pas de débouchés. Des droits de douanes élevés pourraient limiter les importations et favoriser la production locale : cela devrait découler d’une politique volontariste de développement de la production laitière. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 20 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Filière lait Enjeu II bis ou III Réduire la progression des importations de produits (court et moyen termes) laitiers au niveau de la zone AOC Action à entreprendre : Fixation de droits de douanes élevés : « taux plafonds » au niveau UEMOA/CEMAC avec pour objectif d’accroître la production nationale. Cela signifie que les consommateurs paieront plus cher les produits locaux et importés A défaut, application de clauses de sauvegarde pour limiter la forte hausse des importations et la détérioration de la balance des paiements Problématiques enregistrées au niveau de la zone CMA/AOC  Les importations à bon marché concurrencent la production locale  Le caractère stratégique du lait dans l’alimentation favorise les importations  Les excédents laitiers des pays du nord sont recyclés dans l’aide alimentaire  Les taxes et droits de douane à l’importation dégagent des ressources financières pour le trésor public Groupe cible : Ministères des Finances et de l’Élevage Services des Douanes Résultats attendus :  Augmentation de la production laitière par tête  Augmentation du nombre de fermes en semi intensif  Disponibilité de l’aliment bétail accrue  Disponibilité du fourrage accrue  Disponibilité du produit en toute saison  Meilleure qualité du produit Conditions critiques liées à l’atteinte de l’enjeu :  Mise en place d’un cadre politique et de mesures incitatives pour favoriser le développement de la production laitière au niveau de la zone CMA/AOC  Gestion conséquente de l’entrée massive de lait en poudre à des prix de dumping  Mise en place d’une réelle concertation au niveau de la zone CMA/AOC pour favoriser le développement de la production laitière et les échanges commerciaux issus de cette filière  Difficultés d’intégration de la Mauritanie aux espaces régionaux UEMOA et CEDEAO Responsabilité : qui fait quoi (données, capacité de transformation) Partenaire financier : Le 4ième enjeu devrait s’orienter vers un développement durable de la production laitière par une politique volontariste qui doit impliquer tous les acteurs, y compris les consommateurs. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 21 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Filière lait Enjeu IV Augmentation durable de la production locale de la zone AOC Accroître la (long terme) production laitière globale de la zone afin de combler une partie de la demande croissante Régularité de la production Action à entreprendre : Définir une politique volontariste de production laitière : Encourager les mutations observées sur les systèmes d’élevage Sélectionner les races africaines à haut potentiel génétique et encourager leur diffusion Utiliser les biotechnologies, notamment l’insémination artificielle pour permettre le métissage des races locales avec des races exotiques Faciliter l’accès au crédit des producteurs Problématiques enregistrées au niveau de la zone CMA/AOC Groupe cible : Producteurs Système financier Fournisseurs d’intrants (Industriels, vétérinaires, etc.) Résultats attendus : Conditions critiques liées à l’atteinte de l’enjeu : Actions à entreprendre :  Aliment bétail accessible  Production de fourrage encouragée  Financement attractif disponible  Encadrement (club d’encadrement technique) : mise en place de fermes modèles par strates de 10, 20 …50 vaches en production Responsabilité : qui fait quoi (données, capacité de transformation) Partenaire financier : 6. RÉSULTATS ATTENDUS Les résultats attendus de la filière lait à l’intérieur de la zone CMA/AOC sont multiples. Cependant, le résultat ultime recherché par l’ensemble des pays membres demeure l’accroissement de l’autosuffisance en lait et produits laitiers. Bien entendu, la diminution de la dépendance vis à vis des marchés extérieurs passe par une combinaison de résultats au niveau de l’ensemble de la filière : en amont de la production, au niveau de la production et en aval de la production. Le chemin à parcourir est long, mais l’accroissement de l’autosuffisance demeure réalisable à condition que les pays membres s’y engagent. Il est clair que chercher à définir dans le présent mandat le détail de la nature des projets aurait nécessité un travail hors du commun compte tenu des disparités sous régionales ou encore des intérêts des uns et des autres. Nous avons plutôt misé à définir une série de résultats auxquels les pays membres de la CMA/AOC devront souscrire afin d’en arrivée à l’impact souhaité. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 22 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Résultats au niveau Indicateurs Conditions critiques de la filière lait Impact :  la production laitière pour l’ensemble  La concurrence déloyale des Accroître le degré de la zone est augmentée produits importés est stoppée d’autosuffisance pour  Les importations des produits laitiers  Mise en place de politiques l’ensemble de la zone extérieurs à la zone ont diminué favorables au développement de de la CMA/AOC  La balance commerciale est la filière lait améliorée  Les membres de la CMA/ACO souscrivent aux résultats  Concertation au niveau de la zone de la CMA/AOC pour favoriser à la fois le développement de la filière et les échanges commerciaux liés à la filière Les effets :  Le crédit à élevage et le crédit Le nombre de fermes laitières commercial sont disponibles Augmenter les augmente pour la filière lait investissements au Le nombre d’entreprises de  Les échanges transfrontaliers niveau de la filière lait transformation augmente sont facilités Le nombre de produits laitiers Accroître les échanges augmente commerciaux au Les échanges inter commerciaux niveau de la zone sur la filière lait au sein de la zone Les données statistiques sont CMA/AOC CMA/AOC sont accrus disponibles Le revenu des producteurs laitiers Contribuer à la s’est amélioré réduction de la La filière lait contribue à pauvreté l’accroissement du PIB des États membres Contribuer à l’essor économique des pays membres de la CMA/AOC Les résultats : En amont de la production : - La production d’aliment bétail - Les intrants destinée à la production laitière est nécessaires à la accrue production laitière - La production de fourrage destinée à sont disponibles et la production laitière est accrue accessibles à des - Les producteurs ont la capacité conditions financière d’acheter les intrants Les partenaires au développement avantageuses, de - Le secteur de la transformation est s’impliquent dans le façon à prendre en développé développement de la filière lait compte la réalité économique de la filière - L’encadrement technique est - Le secteur de la accessible aux producteurs production - Le bilan de santé des troupeaux d’intrants se laitiers est amélioré développe - Le rendement moyen par vache est - La production de accru fourrage de qualité - La production laitière est accrue est maîtrisée et - Le volume de crédits à la production disponible laitière est en croissance Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 23 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Au niveau de la production - Les producteurs maîtrisent les - Augmentation du nombre d’usines de techniques de transformation primaire et secondaire production laitière - Le nombre de produits laitiers en semi intensif augmente - Les races laitières - Le consommateur augmente sa sont améliorées consommation de produits laitiers en - La santé animale provenance de la zone CMA/AOC est assurée - Le crédit est accessible à la production - La productivité est accrue - Le revenu des producteurs est amélioré En aval de la production - Le secteur de la transformation primaire et secondaire du lait se développe - Le réseau de distribution au niveau national, régionale et sous régionale se développe - Les produits laitiers rivalisent avec les produits importés au niveau de la zone CMA/AOC - La qualité des produits laitiers disponibles sur le marché répond aux normes 7. CONCLUSION L’absence de stratégies de développement durable de la filière au niveau des pays et à l’échelle régionale est la première contrainte au développement de la filière. Dans la plupart des pays, de nombreuses tentatives de développement ont été menées de façon sectorielle sur des ressources publiques mais n’ont pu améliorer durablement la production laitière locale qui ne couvre pas la demande actuelle, surtout en milieu urbain. Les tendances de la production laitière montrent que le déficit risque de s’aggraver dans les décennies à venir. Les principaux objectifs des différents programmes étaient de promouvoir la production locale pour faire face aux importations massives de produits laitiers. Ils sont loin d’être atteints. Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 24 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Les références en matière de production laitière semblent plutôt relever du secteur privé qui cherche à se positionner dans un environnement marqué par l’importation massive de produits laitiers fortement subventionnés. Le développement de la production laitière dans la région AOC doit s’inscrire dans une approche globale de la politique macroéconomique. L’absorption de la production locale par l’organisation de la collecte, du conditionnement et de la transformation peut sensiblement améliorer l’écoulement de la production locale qui trouve difficilement un débouché, surtout en saison des pluies où la production est abondante. Des mesures de promotion des produits locaux sont nécessaires par une meilleure communication et une amélioration de la qualité. L’application de mesures douanières pour limiter les importations et de mesures de sauvegarde pour protéger la filière locale s’avère nécessaire pour permettre un meilleur positionnement de la filière locale. Le développement durable de la production laitière nécessite une volonté politique avec des actions à différents niveaux : Gouvernement :  Mesures courageuses en faveur d’innovations techniques pour une transformation des systèmes de production;  Renforcement de l’encadrement technique des producteurs;  Mise en place d’un mécanisme de financement de la production laitière adapté aux spécificités de l’activité;  Mise en place d’un cadre incitatif au développement de la production laitière avec le développement du secteur des intrants (aliments bétail, cultures fourragères, disponibilité en eau, produits vétérinaires, etc.), de la commercialisation et de la transformation;  Développer la recherche sur la sélection et le métissage des races locales avec celles à haut potentiel génétique;  Mesures de sauvegarde et de protection des producteurs locaux Producteurs :  Accepter des innovations;  S’organiser pour échanger les expériences et planifier les objectifs de production et les mécanismes de mise en marché des produits locaux;  Améliorer ses compétences; Les programmes passés dans le domaine laitier ont montré que les grands projets laitiers financés par les pouvoirs publics ne peuvent constituer un modèle à suivre. Ces projets, basés sur l’offre, ont montré leurs limites. Il convient aujourd’hui d’accorder une grande importance aux petites exploitations périurbaines et aux unités de collecte qui se développent dans la plupart des pays de l’AOC et généralement sur fonds propres des promoteurs. De telles expériences doivent être encouragées et sont visibles dans des pays comme le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 25 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) ANNEXES Annexe I Statistiques macro économiques de la zone CMA AOC Annexe II Statistiques de la filière lait dans la zone CMA/AOC Annexe III Statistiques filière lait dans le monde, source FAO Annexe IV Liste bibliographique Annexe V Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 26 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Annexe III Statistiques de la filière lait au niveau mondial Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 27 Production documentaire et statistique sur le coton, le palmier à huile, le lait, l'apiculture, l'aviculture et le crédit rural en Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) Tableau : Principaux programmes passés ou en cours dans la filière laitière Note technique sur la filière laitière / Avril 2005 28