N°166 OCTOBre–NOVeMBre 2013 interview ellen Olafsen, Coordonnatrice de programmes à in foDev, Banque Mondial e AquACulTure Un bel avenir s’ouvre en Afrique PreSSiOn FOnCiÈre La situation critique des petites îles LA BAnAne Des marchés mûrs à point Le magazine du développement agricole et rural des pays ACP http://spore.cta.int Sensibiliser la communauté du développement ACP-UE depuis 2007 aux défis agricoles et ruraux d’aujourd’hui www.bruxellesbriefings.net Briefings de Bruxelles sur le développement Les Briefings de Bruxelles sont une initiative du CTA et de ses partenaires : la Commission européenne (DG DEVCO), le Secrétariat ACP, le Comité des Ambassadeurs ACP et la confédération CONCORD. PreSSiOn FOnCiÈre La situation critique des petites îles 4 eLLen OLAFSen Les clés du succès des chaînes de valeur 12 AQUACULtUre Un bel avenir s’ouvre en Afrique 13 Le poisson constitue une source importante de pro- téines pour une partie impor- tante des populations pauvres du monde. La pêche et l’aquaculture fournissent également des revenus et des emplois, en particulier chez les femmes, et permet aux jeunes de rester dans leurs communautés et de parti- ciper au renforcement de la viabilité écono- mique des zones reculées. La pêche des espèces sauvages devenant de moins en moins viable en raison de la surex- ploitation, l’aquaculture dépasse maintenant la pêche de capture dans l’approvisionne- ment en poissons et fruits de mer destiné à la consommation humaine. En 2010, la produc- tion mondiale de poissons d’élevage a atteint 59,9 millions de tonnes, soit une augmentation de 85 % par rapport aux quantités produites en 2000. C’est l’un des secteurs alimentaires qui croît le plus rapidement et au cours de la prochaine décennie, la production totale de la pêche de capture et de l’aquaculture dépassera celle du bœuf, du porc ou de la volaille. Bien que ce soit en Asie que l’essentiel du développement de l’aquaculture se soit pro- duit, des pays comme le Chili, le Ghana, le Kenya, le Nigeria, l’Ouganda, la Papouasie- Nouvelle-Guinée et la Zambie sont devenus ces dernières années des producteurs importants d’aquaculture avec une production allant des petits étangs familiaux aux systèmes inten- sifs à haute technologie. Toutefois, le secteur rencontre souvent des problèmes, parmi les- quels de mauvaises pratiques de gestion et des risques pour l’environnement tels que la pol- lution des eaux, une propagation des maladies aux populations de poissons sauvages, une utilisation excessive d’antibiotiques et des effets nuisibles sur la biodiversité. En juin 2013, le CTA a organisé un Briefing sur le développement à Bruxelles portant sur la pisciculture. Celui-ci a rassemblé divers experts afin de débattre des enjeux et oppor- tunités du développement de l’aquaculture dans les pays ACP pour assurer la sécurité ali- mentaire et nutritionnelle. Cette réunion a mis en évidence la nécessité de développer l’aquaculture de manière durable tant sur le plan social que sur celui de l’économie et de l’environnement. Il sera crucial, pour favoriser le partage des enseignements et l’expansion du secteur, de recenser les meilleures pra- tiques et modèles de réussite. Michael Hailu Directeur du CTA L’aquaculture en tête de ligne SPOre n° 166 - OCtOBre-nOveMBre 2013 Éditorial SOMMAIRE © W or ld Fi sh / R. B ru m m et t 4 | À la une 6 | Actualités 7 | Agriculture 8 | Élevage et pêche 9 | Environnement 10 | Recherche 11 | Entreprise et commerce 12 | Interview 13 | DOSSIER Aquaculture : un bel avenir s’ouvre en Afrique La révolution bleue est en marche 17 | Point de vue Fred Formaneck : avoir une longueur d’avance Promouvoir des projets aquacoles durables en Afrique 18 | Reportage Madagascar : crevetterie malgache, cap sur l’exportation Le haut de gamme fait la différence 20 | Chaînes de valeur La banane : des marchés mûrs à point 21 | Publications 25 | Agir avec le CTA est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par l’Accord de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. • CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int • DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Michael Hailu • COMITÉ DE RÉDACTION : Krishan Bheenick, Isolina Boto, Thierry Doudet, Vincent Fautrel, José Filipe Fonseca, Stéphane Gambier, Anne Legroscollard • MARKETING : Thérèse Burke • RÉDACTION : Directeur de la rédaction : Joshua Massarenti • Vita Società Editoriale S.p.A., Via Marco d’Agrate 43, 20139 Milan, Italie • Rédactrice en chef de la version anglaise : Susanna Thorp (WRENmedia Ltd) • Fressingfield, Eye, Suffolk, IP21 5SA, Royaume-Uni • Rédactrice en chef de la version française : Bénédicte Chatel (CommodAfrica), 12, avenue de Wagram, 75008 Paris, France • Rédactrice en chef de la version portugaise : Ana Gloria Lucas, Rua Aura Abranches 10, 1500-067 Lisbonne, Portugal • CORRESPONDANTS : ont participé à ce numéro N. Ackbarally (Île Maurice), O. Alawode (Nigeria), M. Andriatiana (Madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), K. Bascombe (Trinité-et-Tobago), R. Best (Trinité-et-Tobago), P. Cox (Etats-Unis), I. Djibo (Niger), I. Esipisu (Kenya), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), M. A. Konte (Sénégal), P. Kouakou (Côte d’Ivoire), M. Mohale (Lesotho), C. Mkoka (Malawi), A. M. Motsou (Cameroun), N. Mutemweno (Zambie), P. Sawa (Kenya), M. Waruru (Kenya)• AUTRES CONTRIBUTEURS : N. Brynaert, S. Federici, A Guillaume-Gentil, ISO Translation & Publishing, D. Juchault, D. Manley, F. Mantione, C. Pusceddu, Tradcatts, G. Zati, • DESIGN : Intactile DESIGN, France • MISE EN PAGE : Lai- momo, Italie • IMPRESSION : Latimer Trend & Company, Royaume-Uni • © CTA 2013 – ISSN 1011-0054 octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 3 Ces dernières 40 années, les ressources naturelles des petits Etats insulaires d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ont subi une pression croissante sur l’utilisation des terres. Une grande partie de ces Etats faisant partie des pays les plus densément peuplés de la planète, les pressions exercées sur les écosystèmes terrestres et côtiers se sont considérablement amplifiées. Lorsque le développement urbain et les stations tou- ristiques prennent la place des terres agricoles, les agri- culteurs sont repoussés vers les collines, ce qui entraîne inévitablement le déboisement et l’érosion des sols. Dans les Caraïbes, des études ont montré que des sédiments provenant de telles zones de déboisement à l’intérieur des terres étaient transportés par les rivières jusqu’à la mer et établi un lien entre ce phénomène et la régression des récifs coralliens exposant ainsi les îles à des dommages encore plus importants pendant les tempêtes. Le changement climatique pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans la crise foncière. Les îles sont déjà très vulnérables aux éléments, la hausse du niveau des océans et les fortes pluies imprévisibles renforcent aujourd’hui cette fragilité. En 2012, le gouvernement de Kiribati est allé jusqu’à acheter quelque 25 km2 de terres sur la principale île des Fidji, Viti Levu, pour remplacer ses propres terres agricoles en diminution. Des conditions instables À Vanuatu, Christopher Bartlett, conseiller en matière de changement climatique pour l’agence allemande de développement Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, soutient que des changements de com- portements et d’activités sont essentiels pour gérer les côtes. “Les mesures les plus réussies que nous ayons prises en matière de protection des côtes ont plus porté sur la restriction des activités humaines et animales inadaptées et non durables dans la zone côtière que sur une réac- tion directe à la hausse du niveau des océans ou aux tem- pêtes”, dit-il. Aux Seychelles, la gestion intégrée de la zone côtière est une priorité, mais la question des compromis entre les différents utilisateurs reste préoccupante (voir Spore 163, L’économie bleue en crise ?). D’un autre côté, il faudrait que les agriculteurs, qui ont besoin de terres, aient le choix pour avoir une pra- tique durable. Peu d’agriculteurs insulaires choisiraient de planter sur des pentes raides, d’épuiser la fertilité du sol ou d’exposer leurs cultures aux tempêtes et inondations. La prolifération des villes et centres touristiques fait que les activités agricoles sont de plus en plus dictées par la contrainte. La pression s’accroît sur les terres agricoles pour qu’elles produisent suffisamment d’aliments pour nourrir les populations en augmentation et générer des devises par les cultures d’exportation. Les questions de propriété foncière contribuent aussi à aggraver la situa- tion. Dans le Pacifique, il peut y avoir jusqu’à 80 % des terres détenues en propriété communautaire, soit beau- coup plus que partout ailleurs dans le monde, et elles sont souvent louées pour des activités agricoles à court terme. Les régimes fonciers communaux fonctionnent bien lorsque l’objectif est de nourrir la communauté mais sou- vent s’effondrent lorsque les terres prennent une grande valeur. Les agriculteurs ont peu de raisons de maintenir la fertilité des sols et ont plutôt tendance à l’affaiblir pour en tirer une production maximale à court terme. Solutions expérimentales Plusieurs initiatives de gestion durable des terres sont en cours même si elles doivent encore faire leurs preuves. En Jamaïque, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) travaille avec différents minis- tères pour une meilleure cohérence dans la politique foncière. Dans un premier temps, le PNUD a démontré l’efficacité de méthodes améliorées pour entretenir les terres, comme des petits systèmes d’agriculture pluviale et irriguée et des systèmes agroforestiers pour les bas- sins versants fragiles. Plus important encore, ces pra- tiques peuvent aussi donner des bénéfices rapides sur des terres louées, démontrant ainsi aux agriculteurs que cela peut valoir la peine d’investir même sans la sécurité d’occupation des terres. À la Barbade, où plus de 70 % des infrastructures éco- nomiques sont à moins de deux kilomètres de l’océan, en protégeant la zone côtière on protège le pays. Le service PreSSiOn FOnCiÈre La situation critique des petites îles Divergence des conceptions du développement côtier face à la hausse du niveau des océans ; appauvrissement des sols et déboisement des hautes terres ; conflits entre la propriété privée des terres et les régimes fonciers communaux : une période d’incertitude s’ouvre pour les petits Etats insulaires avec des demandes conflictuelles qui pèsent sur les ressources en terres limitées. Existe-t-il une marche à suivre ? À lA unE 4 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 gouvernemental de gestion de la zone côtière assure déjà la supervision de ces zones depuis plus de 25 ans en sur- veillant les récifs coralliens, en contrôlant l’érosion des plages, en examinant des projets de développement et de conservation et en sensibilisant le public à l’importance et la bonne utilisation de la côte. Aujourd’hui, il concentre son action sur l’adaptation au changement climatique à travers trois axes : la conservation et la restauration des mangroves et des autres défenses côtières naturelles ; un contrôle rigoureux des aménagements risqués ou préju- diciables ; et en dernier recours, la construction d’infras- tructures de défense telles que des digues. Les Fidji se sont attaquées de front à la question des régimes fonciers, d’abord dans le cadre d’une poli- tique décisive d’utilisation des terres rurales puis avec la réforme agraire de 2010. Les principes directeurs de cette réforme – sensibilisation du public à l’interdé- pendance des ressources ; cadre réglementaire pour le développement rural ; bonne gouvernance des diverses utilisations des terres – vont être mis en œuvre à tra- vers des plans pour chacun des 187 districts. Ces plans seront élaborés avec une approche participative, testée dans le district de Bemana. Le processus démarre avec l’utilisation de l’imagerie satellitaire et l’observation sur le terrain pour classifier les terres en sept niveaux, des meilleures terres agricoles aux pentes raides sensibles à l’érosion. Cette étape est suivie par une évaluation parti- cipative qui intègre les activités et priorités locales et par la création d’une carte d’occupation des sols. Un autre projet pilote de planification de l’occupation des sols a été initié par le Secrétariat de la Communauté du Pacifique sur l’île de Rarotonga, dans les Îles Cook. Une nécessité face à l’évolution rapide de l’industrie touristique. Le projet de Rarotonga a démarré par l’éla- boration de cartes préliminaires de zonage des terres qui montrent avec précision les zones liées à des activités par- ticulières − agriculture, sylviculture, usages urbains et tourisme − et les terres nécessitant une forme de protec- tion environnementale. Celles-ci feront l’objet d’une ana- lyse économique et de consultations des communautés. Pour que ces efforts rattrapent les échecs passés de l’aménagement du territoire, il faut que les communautés y participent. En effet, elles détiennent des informations cruciales, comme leur connaissance des perturbations et écosystèmes locaux, qui doivent être intégrées aux systèmes de planification. Il est également essentiel que les femmes, qui ont trop souvent été exclues, participent pleinement au processus. Les politiques antérieures ont fréquemment renforcé la transmission héréditaire des terres de père à fils, avec pour conséquence que lorsque les terres sont devenues rares, les femmes ont été mar- ginalisées. Seule leur participation directe aux processus de planification pourra changer cette tradition. Pour les gens qui vivent sur de petites îles au milieu de vastes océans, la terre sera toujours une ressource pré- cieuse. Elle ne doit toutefois pas obligatoirement consti- tuer une source de conflits ou subir des dégradations. Même dans les plus petits Etats insulaires, les problèmes liés à la terre découlent essentiellement de mauvaises décisions fondées sur des opportunités économiques à court terme. Aujourd’hui, les décideurs doivent tirer les enseignements de ces échecs et commencer à envisager la situation à plus long terme. Au lieu d’évaluer la valeur de la terre par hectares ou mètres de front de mer, ils doivent la considérer en fonction de ce qu’elle peut apporter dura- blement aux habitants des îles. Des projets de cartes cadastrales ont été développés dans l’île de Rarotonga, dans les îles Cook. Projet de zones Extraction et carrières Extraction de sable de corail Carrières de pierres Zones urbaines Zones de développement commercial et zones polyvalentes Industries légères Zones résidentielles de moyenne à haute densité Habitats groupés Zones touristiques Développement commercial (hôtels, motels, etc.) Tourisme de loisir Sites touristiques de la culture maorie Zones d’agriculture protégées Petites exploitations de culture commerciale Zones humides réservées à la culture du taro Zones réservées à des utilisations limitées et approuvées Zones forestières protégées Bassins hydrologiques protégés Zones de reforestation Zones protégées Hautes montagnes Motus – réserves naturelles Protection des zones côtières Exposées à la montée des eaux Prises d’eau (“ajustées”) © S PC à la une octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 5 ■ Twin – une organisation de commerce équitable britannique – et l’Association nationale des petits exploitants agricoles du Malawi (NASFAM) effectuent un travail de sensibilisation aux causes et effets d’une contamination par l’aflatoxine. Cette toxine, produite par le champignon Aspergillus fla- vus, est responsable de 28 % des cancers du foie dans le monde et coûte chaque année à l’Afrique 560 millions d’euros en pertes à l’exportation vers l’UE. Au Malawi, les producteurs d’arachides font généralement tremper les noix pour faciliter leur décorticage, mais cette pratique favorise le développement du cham- pignon. Twin et NASFAM ont introduit des décortiqueuses manuelles qui évitent la phase de trempage et accélèrent la décortication. En disposant d’un produit commercialisable plus rapidement, le temps de stockage est diminué ce qui permet de limiter la prolifération fon- gique et la contamination par l’aflatoxine. Une sensibilisation des producteurs à de meilleures pratiques agricoles – telles que la gestion des mauvaises herbes et la planifica- tion optimale des plantations et récoltes – s’est également avérée efficace pour réduire la contamination. Dans les régions productrices d’arachides, 67 % des membres de la NASFAM ont adopté ces bonnes pratiques agricoles. ■ Apprendre dans les champs. Cette approche originale et participative pour mettre en œuvre de nouvelles techniques agricoles a fait ses preuves à Madagascar. Dans ces “champs- écoles”, des groupes de 20 à 25 agriculteurs assistés d’un formateur, rejoignent chaque semaine un champ pour observer, discuter et partager leurs expériences. Le champ devient ainsi un véritable laboratoire qui complète leur formation théorique. Dans la province de Toamasina, les champs écoles ont permis d’adopter la technique du Système de rizicul- ture intensif (SRI), respectant des directives techniques permettant aux paysans d’atteindre un ren- dement de 5 à 10 tonnes de riz par hectare contre 800 kilos auparavant. CHAMPiGnOnS Promouvoir l’autonomie des femmes à Livingstone La culture des champignons, grâce à des technologies modernes de production de blanc et la construction à moindre coût de chambres de culture avec de l’herbe et d’autres matériaux locaux, permet d’augmenter les revenus des femmes à Livingstone en Zambie. Suite à une formation dispensée par l’université de Stellenbosch, dans le cadre d’un projet développé par la chaine hôtelière Sun International et Agribusiness for Sustainable Natural African Plant Products, les femmes cultivent des champignons de Paris de grande qualité pour les vendre ou les consommer. “Ce projet nous procure nourriture et argent pour prendre soin de nos familles et envoyer nos enfants à l’école”, explique un membre du groupe. CrÉAtiOn Redécouverte de plants de café résistants à la rouille orangée La plante originale du café Hybride de Timor, résistante à la rouille orangée, a été redécouverte au Timor oriental, dans une forêt de caféiers près de Mata Nova (Ermera). Identifiée dans les années 60 puis “perdue”, cette plante est un spécimen unique au monde. “Elle est à l’origine de toutes les graines d’hybrides d’Arabica résistants à la rouille répandus dans le monde entier”, affirment Pedro Nogueira et Pedro Damião, chercheurs à l’Université d’Évora (Portugal) et membres de l’expédition qui a mené à cette redécouverte. La priorité maintenant est de la conserver pour produire de nouvelles graines et les réutiliser pour la recherche. L’Hybride de Timor est né du “croisement improbable” entre les espèces Arabica (44 chromosomes et non-résistant à la rouille) et le Robusta (22 chromosomes et résistant). riZ Adaptation aux changements Le système de riziculture intensive (Sri) a été mis en oeuvre par 2 000 agriculteurs dans quatre périmètres irrigués au Kenya pour faire face aux sécheresses prolon- gées. Le Sri fonctionne sans submersion constante des rizières et requiert moins d’intrants que les cultures inondées. Les agriculteurs utilisant le Sri ont récolté jusqu’à 17 tonnes de riz par hectare, contre 10 tonnes avec les anciennes méthodes. CULtUreS De rente De l’huile chocolatée ? Associer cacaoyers et palmiers à huile dans le même espace agricole donne de bons rendements. Des producteurs de cacao du Mbam et Kim dans le sud du Cameroun ont augmenté de 67 % leur production cacaoyère grâce à cette alliance. Une technique innovante mise au point par l’institut de recherche agricole pour le développement (irAD) et qui consiste à respecter quatre mètres d’écart entre les lignes des deux plantes et 3x3 mètres d’écart entre les lignes de cacaoyers.POSt-rÉCOLte Lutter contre l’aflatoxine CHAMP-eCOLe Le terrain à la loupe © S un In te rn at io na l Des agriculteurs apprennent à utiliser des égreneuses mécaniques à manivelle. Agriculteur malgache de la province de Toamasina bénéficiant d’une formation dans un «champ-école». © T w in © M . An dr ia ti an a © U N Ph ot o / M . P er re t ACTuAlITÉS 6 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 ■ Au Kenya, dans les provinces de la vallée du Rift et occidentale où les sols sont peu fer- tiles et la productivité agricole faible, 20 000 petits agriculteurs ont vu les rendements de leurs cultures de sorgho et de mil aug- menter entre 44 et 120 % tout en utilisant nettement moins d’engrais que les quantités normalement prescrites. La technique du “microdosage” consiste en une application ciblée de petites quantités d’engrais (6 g, ou un bouchon, pour trois plants) au moment de la plantation ou 3-4 semaines après la germination. Selon l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tro- picales semi-arides (ICRISAT), qui promeut le microdosage comme technique d’applica- tion des engrais, cette méthode permet de n’utiliser qu’environ 8-10 kg d’engrais par hectare. Jared Kimita, un agent de terrain qui travaille activement à sa promotion, explique que la technique prend en compte la quantité d’engrais que les petits agricul- teurs peuvent acheter et la manière dont ils peuvent l’utiliser au mieux, au lieu de viser les rendements les plus élevés en utilisant les niveaux standards recommandés. “Le microdosage permet aux agriculteurs de maximiser les profits au départ d’un petit investissement”, ajoute-t-il. FrUitS La mangue fêtée Troisième fruit d’exportation derrière l’ananas et la banane, la mangue monte en puissance en Côte d’Ivoire. A tel point que l’Association régionale des exportateurs de mangues (AREXMA) a organisé à Korhogo, mi-juin, la “Fête de la mangue”. La filière a bénéficié ces dernières années du projet de Promotion et de diversification des exportations agricoles (PPDEA) qui a contribué à introduire de nouvelles variétés, à améliorer la qualité des produits exportés et à augmenter les volumes. Aujourd’hui, la production se situe entre 100 000 à 150 000 tonnes par an, générant un chiffre d’affaires de près de 10 milliards de FCFA (15,2 millions d’euros). COMMUniCAtiOn eFFiCACe Mise en scène de l’information sur les escargots Les Îles Salomon ont recours au théâtre pour sensibiliser les communautés à la lutte contre l’escargot géant africain. Cet escargot, qui se nourrit de plus de 500 espèces végétales, est connu pour être particulièrement destructeur, et le pays a vu augmenter les cas d’invasion au cours de la dernière décennie, principalement à Honiara. Le Fonds de développement des Îles Salomon a été engagé par le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage pour diffuser les connaissances en matière de contrôle de ce ravageur. “Le théâtre est parfait car il est divertissant et néanmoins éducatif”, explique Leon Boso, agent de quarantaine chargé de l’information. “Il capte l’attention des jeunes et des personnes âgées tout en faisant passer des informations essentielles.” vAriÉtÉS Renaissance de l’oignon “toupie” ? L’oignon “toupie”, proclamé “patrimoine national” par le monde agricole mauricien et cultivé sur l’île depuis 1750, a presque disparu. Les importations de Chine, d’inde et d’Afrique du Sud ont eu raison de lui. Malgré ses vertus gustatives et de longue conservation, l’oignon toupie n’a pas résisté aux prix très compétitifs des oignons importés. toutefois des agriculteurs tentent de le sauver en reprenant sa culture sur une dizaine d’hectares dans le sud-ouest de l’île. il est transformé et vendu sous forme de confits et achards, générant ainsi de la valeur ajoutée. CÉrÉALeS le fonio s’impose Du Bénin au Burkina Faso, en passant par la Guinée Bissau, le niger et le Sénégal, le fonio s’impose de plus en plus en période de soudure pour remplacer le riz. Avec des rendements de plus de 800 tonnes à l’hectare, cette céréale – consommée aussi sous forme de pain – contribue à alimenter plusieurs millions d’êtres humains. Depuis 2011, l’Afrique de l’Ouest en produit en moyenne annuelle plus de 450 000 tonnes. MALADieS Maïs sauvé par la rotation culturale MiCrODOSAGe Utilisation économique des engrais ■ Pour lutter contre la nécrose létale du maïs au Kenya, il est conseillé aux agriculteurs de pratiquer une rotation de cette culture avec la pomme de terre et autres produits non céréa- liers. La maladie se caractérise par un jaunis- sement et un dessèchement des feuilles ; elle peut entraîner la destruction d’une récolte entière. Le ministère kényan de l’Agriculture estime à près de 26 000 hectares les cultures de maïs affectées par cette maladie en 2012, soit une valeur d’environ 1 million d’euros, et s’inquiète des conséquences pour la sécu- rité alimentaire d’une absence de gestion de la maladie. Selon des chercheurs du Centre internatio- nal de la pomme de terre (CIP), le meilleur moyen de contrôler la maladie est de briser son cycle par une rotation du maïs avec d’autres cultures. “Les États-Unis ont été affectés par un problème identique pendant des années et ils ont réussi à contrôler la maladie grâce à la rotation des cultures, en utilisant parfois jusqu’à cinq produits différents en suivant”, explique Elma Schulte du CIP. Le rendement de la pomme de terre est également plus élevé que celui du maïs. “Un agriculteur peut récol- ter près de 25 tonnes par hectare, soit trois fois plus que ce qu’il peut obtenir avec du maïs sur la même terre”, dit Wachira Kaguongo, Directeur général du Conseil kényan de la pomme de terre. © J. T an n © R . Al le n © IC RI SA T La technique du microdosage utilise de petites quantités d’engrais. © C IM M YT La MLN (nécrose létale du maïs) peut détruire la totalité des cultures d’un agriculteur. AgRICulTuRE octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 7 ■ Les petites fermes piscicoles commer- ciales de l’extrême sud du Nigeria réduisent leurs coûts de nourriture d’environ 15 % en attirant des insectes dans leurs viviers. Les insectes nocturnes sont abondants dans la région et sont attirés par la lumière des lampes électriques accrochées par les pro- ducteurs au-dessus des viviers. Une fois brû- lés par la chaleur des lampes, ils tombent dans l’eau et servent de nourriture, réduisant ainsi les coûts de production. Cette pratique permet aux poissons d’atteindre un poids optimal d’environ 1 kg en quatre mois. “Les fermes qui ont adopté cette méthode de complément alimentaire gagnent ainsi plus d’argent”, dit Ebinimi Ansa, le spécialiste en aquaculture qui a introduit cette technique. De nombreuses communautés disposent d’une fourniture constante en électricité car elles se trouvent à proximité de sociétés pétrolières et gazières ; d’ailleurs, même lorsque les fermiers doivent payer pour laisser briller quelques lampes toute la nuit, cette technique s’est avérée rentable. “En cas de rupture de courant, des petites lampes à pétrole suspendues au-dessus de chaque vivier ont le même effet”, ajoute Ansa. JAtrOPHA Des déchets nutritifs Des chercheurs de l’Université d’Ilorin dans l’État de Kwara, (Nigeria) ont découvert un moyen d’extraire les toxines naturelles des graines de jatropha pour produire un aliment bon marché destiné aux ruminants. L’huile obtenue par le pressage des graines de jatro- pha est utilisée comme biocarburant ou dans la fabrication de pesticides. Le tourteau issu de cette opération contient 80 % de protéines. L’Université d’Ilorin, après avoir éliminé les toxines par des moyens biotechnologiques, conditionne du concentré de tourteau en sacs de 10 et 20 kg. Les fermes à proximité du campus principal utilisent cet aliment pour leur bétail comme une alternative au tourteau d’arachides. ■ Pour empêcher les éléphants d’endom- mager les cultures plantées en lisière de la réserve forestière de Thuma au Malawi, une ONG locale, Wildlife Action Group (WAG), construit des clôtures avec des ruches dans les zones les plus affectées. “Cette clôture permet à la collectivité locale de se procurer des reve- nus additionnels grâce à la vente de miel tout en limitant les déplacements des éléphants et les conflits qui étaient en augmentation”, explique Alexander Bulirani, Président de WAG. L’augmentation des confrontations avec les éléphants a été imputée au développe- ment de villages à cheval sur la réserve où les populations locales coupent les arbres pour produire du charbon et cultiver. Les clôtures se composent d’abris pour les abeilles et d’un fil qui relie les ruches les unes aux autres, avec un espace de 7 mètres entre chacune. Les éléphants qui tentent de péné- trer sur les terres agricoles se prennent dans le fil et font bouger les ruches. Le dard des abeilles ne peut percer la peau épaisse des éléphants mais elles peuvent piquer autour des yeux ou à l’intérieur de la trompe. Un projet pilote mené dans le Parc national de Tsavo au Kenya a démontré l’efficacité de cette méthode pour limiter les dommages aux cultures. vACCinAtiOn Lutte contre le coryza La recherche d’un vaccin contre le coryza gan- gréneux — une maladie virale du bétail propagée par les gnous dans les savanes d’Afrique de l’Est — touche à son but : des chercheurs de l’université de Liège en Belgique ont annoncé que les essais en laboratoire d’un nouveau vaccin s’avèrent promet- teurs. Ils ont modifié génétiquement le virus de façon à le rendre inapte à infecter les animaux. Au Royaume-Uni, l’Institut Moredun et l’université de Nottingham testent sur le terrain, en Tanzanie et au Kenya, un autre vaccin. Chaque année, le coryza est la cause pour les Massaï de la perte de milliers de têtes de bétail qui sont entrées en contact avec de la végétation infectée par les gnous qui migrent entre les deux pays. COnnAiSSAnCe DeS ABeiLLeS Buzz autour du miel La Société agricole de trinité-et-tobago a récemment organisé une formation en apiculture et production de miel afin de développer une industrie apicole. La forma- tion était offerte si les participants payaient la moitié du prix de leur équipement de protection. On attend des 30 partici- pants, diplômés en production de miel, qu’ils étendent leurs activités agricoles à l’apiculture. CULtUreS PrOtÉGÉeS Des ruches pour faire barrière aux éléphants inSeCteS Une idée lumineuse pour l’aquaculture Les communautés locales sont associées à la construction de clôtures de ruches. © C . M ko ka © M . W ar ur u Réservoirs remplis de poissons- chats africains au Nigeria.© F is h co n su lt .o rg / M . D. A rc h ib on g reSSOUrCeS HALieUtiQUeS Régénérer par la cogestion Le poisson est revenu au Sénégal dans les zones où se pratique la cogestion des res- sources par les communautés de pêcheurs. Par une approche inclusive et participative, les pêcheurs de Lompoul, Joal, Djifère ou Cayar ont pris conscience de l’importance de sauvegarder les ressources halieutiques et de respecter le code de la pêche en matière de nombre de bateaux de pêche, de taille réglementaire des filets, de respect du repos biologique. Autant de pratiques res- ponsables qui ont permis une restauration des stocks halieutiques. ÉlEvAgE ET PêChE 8 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 ■ Des dispositifs mobiles de collecte de don- nées ont été utilisés dans 16 villages situés dans et autour des forêts tropicales du sud- ouest du Guyana dans le cadre du premier pro- jet REDD+ mené dans le pays. Deux représen- tants de chaque village ont été formés par le Centre international d’Iwokrama sur le terrain via smartphone. Ils récoltent des informations et prennent des photos de zones forestières où se développent des activités de coupe de bois, d’agriculture et de pâturage. Ces documents sont envoyés au Royaume-Uni pour analyse et servent aux collectivités locales pour dresser des plans pour une exploitation durable des forêts et des sols. “La surveillance donne aux communau- tés des outils pour améliorer leurs prises de décision en matière de gestion des ressources naturelles et leur permet de jouer un rôle plus important dans les décisions prises à l’échelon national quant à l’exploitation de leurs terres et forêts”, explique Mary Menton du Global Canopy Programme, l’organisation qui coordonne et supervise le projet. Le bou- clier forestier du Guyana renferme 18 % de la totalité du carbone stocké dans les forêts tropicales de la planète : il est donc essentiel de maintenir les efforts en vue de réduire les émissions de dioxyde de carbone produites par la déforestation et les dégradations. GeStiOn DeS terreS Réduire les conflits homme-faune depuis l’espace La technologie satellitaire développée par le Centre mondial de l’agrofores- terie pour cartographier la qualité des sols sert à indiquer aux éleveurs et aux agriculteurs où faire paître leurs bêtes et planter de nouvelles cultures. Le Service d’information sur les sols d’Afrique (AfSiS) devrait permettre de mieux comprendre l’interaction entre la qualité des sols et les conflits homme-faune sauvage, et par conséquent améliorer la productivité et réduire les dégradations. COGÉnÉrAtiOn L’électricité à l’eucalyptus Andaingo bénéficie de la première centrale thermoélectrique à biomasse de Madagascar. Elle fonctionne grâce au bois des plantations d’eucalyptus situées sur cette commune rurale et offre une électricité bon marché. Son coût est de 0,24 €/ kWh, soit moitié moins qu’un groupe électrogène au gazole. Le Cirad et ses partenaires malgaches et brésiliens ont supervisé l’organisation de l’ensemble de cette filière, de la gestion des plantations à la production d’électricité. DÉCHetS OrGAniQUeS Du compost maison Pour encourager les Mauriciens à fabriquer du compost, le gou- vernement a offert un composteur d’une capacité de 220 litres à 12 000 familles. Une bonne partie des 400 000 tonnes de déchets collectées chaque année se voit ainsi transformée, ce qui contri- bue à protéger l’environnement de l’île mais aussi à améliorer la productivité agricole et faire des économies sur l’achat d’intrants. ■ Le gouvernement du Lesotho a demandé que soit renégociée la seconde phase du Projet hydraulique des hauts plateaux, mené en partenariat avec le gouvernement sud-africain, afin d’y inclure la construction d’un nouveau barrage, Polihali, dans le dis- trict de Mokholtong. Lors de la première phase, deux barrages ont été construits, plus de 100 agriculteurs déplacés se sont vus pri- vés de leurs terres arables et n’ont pas été autorisés ensuite à utiliser les eaux du bar- rage à des fins d’irrigation. Le Réseau de défense sur les questions liées à l’eau en Afrique australe (NAWISA), dans ses revendications pour le Lesotho, milite pour que les agriculteurs déplacés bénéficient de projets agricoles alimentés par les eaux du barrage. Les agriculteurs menacés ont sollicité de l’aide pour créer des infrastructures d’irrigation afin de déve- lopper une production alimentaire toute l’année. “La perte de moyens d’existence pour les agriculteurs devrait être une ques- tion primordiale”, dit Mothusi Seqhee, coor- dinateur pour NAWISA. “Nos ressources en eau devraient fournir à nos agriculteurs plus d’opportunités de créer des entreprises de pêche ou agroalimentaires qui pourraient favoriser notre économie”, ajoute-t-il. eAU Énergie et irrigation reDD+ Lutter contre la déforestation avec les TIC © G lo ba l C an op y © C ir ad / D. L ou pp e © N AW IS A Le Barrage de Katse est l’un des sites du Projet d’approvisionnement en eau dans les montagnes du Lesotho. Des villageois du Guyana utilisant des smartphones pour recueillir des données sur des zones forestières. HABitAt Menace sur la chauve- souris de Rodrigues La chauve-souris de rodrigues, unique au monde, est en danger d’extinction, prévient l’Union internationale pour la conservation de la nature (UiCn). en effet, son habitat naturel est menacé par les nombreux et violents cyclones qui déciment sa population. Or, la chauve- souris contribue à la pollinisation des plantes et la dispersion des graines, surtout des jacquiers et des fruits à pain. elle contribue aussi à limiter la population d’insectes nuisibles à l’agriculture. EnvIROnnEMEnT © N . Ac kb ar al ly octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 9 MALADieS un laboratoire pour les abeilles L’institut de recherche sur les insectes (iCiPe), l’Union européenne et le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BirA) ont convenu de créer un laboratoire africain pour la recherche et le renforcement des capaci- tés en matière de santé des abeilles, ainsi que quatre centres de soins annexes au Burkina Faso, au Cameroun, en ethiopie et au Liberia. L’objectif est de développer les connaissances sur les parasites et maladies qui affectent les abeilles et de nouveaux moyens de les contrôler. innOvAtiOn SOCiALe la machine à gagner du temps Sanoussi Diakité, chercheur à l’institut de technologie alimentaire (itA) à Dakar, a reçu le Prix de l’innovation sociale pour l’Afrique pour sa machine à décortiquer le fonio. Celle-ci peut traiter jusqu’à 5 kilos en huit minutes alors qu’à la main 5 heures sont nécessaires. Le prochain défi sera de lancer sa fabrication à grande échelle afin de la rendre accessible, à un coût abor- dable, au plus grand nombre. UG99 Du blé résistant à la rouille noire Un projet impliquant des chercheurs de 22 pays, dont sept pays d’Afrique, a développé 15 nouvelles lignées génétiques de blé résistant à la souche viru- lente de la rouille noire, connue sous le nom d’Ug99. Cette maladie, qui peut entraîner la perte de quasi 90 % d’une récolte, est particulièrement préoccupante car elle a vaincu les barrières naturelles présentes dans la plupart des cultivars de blé. On estime aujourd’hui qu’à travers le monde 80-90 % de ces derniers sont vulnérables. Quatre lignes génétiques ont fait l’objet d’essais à l’échelle nationale au Kenya et devraient être rendues publiques cette année. L’objectif est de mettre à la disposition des agriculteurs kényans 10 tonnes de semences résistantes d’ici la fin de l’année. CHAnGeMent CLiMAtiQUe Nouvelle semence de niébé Pour accroître la production agricole au Niger, l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (IRAN) s’est associé à des par- tenaires internationaux pour mettre au point de nouvelles variétés améliorées de niébé, plus adaptées au changement climatique et dont les rendements varient entre 1 tonne et 1,5 tonne à l’hectare. Inscrites dans le catalogue national des espèces et variétés végétales (CNEV) en 2012, l’IT90K-372-1-2, l’IT97k-499-35, l’IT97K-499-38 et l’IT98K205-8 sont des variétés résistantes aux pucerons, au striga et/ ou à la sécheresse Elles ont un cycle de production de 50/70 jours, sous irrigation ou pluviale, selon Salami Issoufou, coordonnateur de l’Unité semencière à l’INRAN. MAniOC De nouvelles variétés à haut rendement ■ La recherche sur le manioc contribue à améliorer la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire et à accroître les revenus des planteurs. En 2008, le Centre national de recherche agronomique (CNRA) avait mis au point trois variétés de manioc à haut ren- dement : Bocou1, Bocou2 et TMS4(2)1425. Leur succès a conduit le CNRA à diffuser ces nouvelles variétés auprès de 320 000 pro- ducteurs et acteurs du monde agricole. Une technique rapide de multiplication a été mise en place, consistant à prélever des boutures sur les plantes en cours de végétation sans trop affecter la production des racines tubé- reuses à la récolte. Ces boutures sont dis- ponibles auprès du CNRA et des structures agricoles participent à la vulgarisation des nouvelles variétés auprès des producteurs. Parallèlement, le Centre suisse de recherches scientifiques (CSRS) et ses partenaires testent une nouvelle variété de manioc, proche de la TME7 et originaire du Nigeria, qui permet de doubler les rendements et atteindre quelque 3 tonnes à l’hectare tout en résistant au virus africain de la mosaïque. SÉLeCtiOn vÉGÉtALe Données en libre accès ■ Des chercheurs travaillant sur le projet NEXTGEN Cassava ont créé une base de don- nées qui encourage le partage des données en libre accès. Cassavabase (www.cassava- base.org) reprend toutes les données phé- notypiques et génotypiques obtenues dans le cadre des programmes NEXTGEN de sélec- tion du manioc et rend ces données immé- diatement et librement accessibles à tous les utilisateurs. “Dans le milieu de la sélection végétale, le partage des données peut être reporté jusqu’à leur publication, ce qui limite les possibilités pour les sélectionneurs de par le monde d’utiliser ce savoir”, explique Lukas Mueller, développeur de bases de données au Boyce Thompson Institute. “C’est comme si on mettait toutes vos données dans un aquarium visible par tout le monde”, ajoute Peter Kulakow, sélectionneur à l’Ins- titut international d’agriculture tropicale. “Partager l’information permettra à tous les agriculteurs d’Afrique de bénéficier des meil- leures technologies disponibles pour amé- liorer le rendement et la qualité du manioc dont ils ont besoin comme aliment et source de revenu”, ajoute-t-il. Le projet NEXTGEN de sélection du manioc utilise les méthodes les plus avancées pour améliorer la productivité et les rendements. © C IM M YT Le Dr. Ismail Rabbi, de l’IITA examine les caractéristiques physiologiques d’un plant de manioc. © II TA / I . R ab bi © I. D jib o REChERChE 10 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 ALiMent POUr vOLAiLLeS Le Belize exporte du maïs Le Belize, qui est autosuffisant en céréales pour l’alimentation du bétail, vend désormais du maïs à la Guyana. Ce maïs est importé de préférence aux produits traditionnellement achetés aux Etats-Unis (EU) compte tenu de sa meilleure qualité et de son prix plus stable. Bounty Farms, premier fournisseur de volailles au Guyana, importe actuellement 10-15 containers de maïs de Belize par semaine pour le transformer en aliment pour volailles. Les éleveurs sont tellement satisfaits de la qualité de ce produit et de ses effets sur la production des poulets qu’ils continuent de l’acheter malgré la chute des prix des céréales aux USA. Les producteurs de Belize font partie d’une chaîne de valeur à l’échelle des collectivités qui inclut les petits agriculteurs. PLAteFOrMe COMMerCiALe Une force pour l’agriculture Une nouvelle plateforme mobile de type “cloud” appelée Farmforce, a été lancée pour soutenir les entreprises, coopé- ratives et transformateurs agricoles qui travaillent avec des groupes de petits cultivateurs sous-traitants dans les pays en développement. La plateforme a pour objectif d’aider à satisfaire aux normes alimen- taires et de durabilité (GlobalGAP, FairTrade, Organic), de faciliter les audits, d’améliorer la traçabilité et de fournir des informations en temps réel aux agriculteurs. Soutenu par la Fondation Syngenta pour une agriculture durable et le secrétariat d’État suisse aux Affaires économiques, cet outil a été conçu pour aider les petits agriculteurs à se professionnaliser et accéder aux marchés. AFriQUe AUStrALe Coup de pouce aux chaînes de valeur régionales La Plate-forme de facilitation de projets pour l’Afrique australe (Southern Africa Project Facilitation Platform, rPF) vise à soutenir et renforcer le développement des chaînes régionales de valeur à fort potentiel, notamment sur le maïs, l’arachide et le soja, en facilitant les échanges entre les intervenants clés – gouvernements, secteur privé, institutions financières, donateurs et partenaires au développement. internet Des exportateurs mieux informés Point d’accès unique à l’information sur les exportations vers l’Union européenne, export Helpdesk (http://exporthelp.europa. eu) fait peau neuve. en quelques clics, les entreprises peuvent se renseigner sur les conditions et les taxes, les droits de douane, les régimes préférentiels, les règles d’origine et les statistiques applicables à leur cas. Dans cette nouvelle version, la Commission européenne a amélioré le contenu et la facilité d’utilisation du site. Ces six pages ont été réalisées avec la contri- bution de : N. Ackbarally (Île Maurice), O. Alawode (nigeria), M. Andriatiana (Madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), K. Bascombe (trinité- et-tobago), r. Best (trinité-et-tobago), I. Djibo (niger), I. esipisu (Kenya), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), M. A. Konte (Sénégal), P. Kouakou (Côte d’ivoire), M. Mohale (Lesotho), C. Mkoka (Malawi), A. M. Motsou (Cameroun), N. Mutemweno (Zambie), P. Sawa (Kenya), M. Waruru (Kenya) reCOMPenSer L’innOvAtiOn Des mouches dans l’alimentation animale ■ Parmi plus de 900 candidatures prove- nant de 45 pays, le Prix de l’innovation pour l’Afrique (PIA) 2013 a été décerné à une société sud-africaine qui utilise des larves de mouches pour produire des protéines desti- nées aux aliments pour animaux. AgriProtein récupère des déchets biodégradables pour nourrir des mouches dont les larves sont séchées et broyées pour obtenir un aliment riche en protéines et bon marché. Cette inno- vation arrive à point nommé alors que la demande en aliments pour le bétail ne cesse de croître et que les réserves halieutiques, qui servent à fabriquer la farine de poisson, sont surexploitées. Le PIA encourage les réalisations inno- vantes qui offrent des solutions commerciales pour un développement mené par l’Afrique. “Ce prix montre clairement que nous pouvons trouver des solutions novatrices et naturelles pour répondre aux problèmes de pénuries et d’insécurité alimentaires en Afrique et dans le monde”, relève Jason Drew de AgriProtein. La société a également développé récemment un kit portable permettant aux petits éleveurs de bétail en Afrique de recycler leurs propres déchets et de bénéficier de cette technologie. AgriProtein produit environ 3 000 tonnes par mois d’ali- ments riches en protéines et monte des usines de pro- duction en divers endroits en Afrique. CertiFiCAtiOn Les fruits du cacao durable ■ Des producteurs de cacao du département de la Lékié, dans le centre du Cameroun, mesurent aujourd’hui tout l’intérêt de la cer- tification. En mai 2013, leurs plantations ont reçu le label UTZ ce qui leur permet de rece- voir une prime de 50 FCFA (0,08 €) par kilo de fèves vendu. Le label, déjà obtenu par 75 % des produc- teurs de cacao ivoiriens et ghanéens, résulte d’un processus long de quatre ans. Durant cette période, les agriculteurs sont formés aux bonnes pratiques pré et post récoltes, à l’utilisation rationnelle des pesticides chimiques et à la lutte contre les maladies et les ravageurs. Ils sont également évalués chaque année sur la bonne application des normes enseignées, le travail des enfants dans les plantations et le respect des droits et devoirs des ouvriers. La certification UTZ est réalisée au Cameroun en partenariat avec le négociant Theobroma BV des Pays-Bas. Ce pays a pris l’engagement de n’acheter que du cacao cer- tifié durable à partir de 2020. © A gr iP ro te in © IF AD / F . M at tio li © G . K am ad i AgriProtein utilise des larves de mouches pour produire des aliments pour animaux. EnTREPRISE ET COMMERCE octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 11 Quelles perspectives s’offrent aux petits agriculteurs qui intègrent une chaîne de valeur agricole ? Les agriculteurs sont un élément essentiel de toute chaîne de valeur agricole. La diffi- culté a consisté à leur permettre d’acquérir suffisamment de “valeur” étant donné leur participation très en amont dans la chaîne. En outre, ils n’ont souvent pas conscience de leur apport à l’ensemble de cette chaîne. Cette perception change lorsqu’ils apprennent à apporter une valeur ajoutée à des maillons plus en aval, même en fai- sant ce qu’ils font normalement mais juste un peu mieux. Par exemple, dans le cas du tournesol, ils peuvent planter des cultivars à rendement en huile plus élevé et à plus forte teneur en protéines, pour répondre aux besoins d’un transformateur. Comment favoriser des entreprises nationales de transformation agricole qui soient compétitives ? L’expertise, la continuité dans l’effort et les financements sont trois éléments essen- tiels. Nous devons comprendre ce dont les marchés ont besoin et qui les approvi- sionne. Ensuite, nous devons évaluer le capital dont nous disposons, y compris les matériaux, l’efficacité de la production et de la transformation, la logistique, les capacités humaines et les financements. Pour cela nous avons besoin d’un niveau d’expertise difficile à trouver dans les pays en développement. Nous avons aussi besoin de continuité car le défi ne peut pas être relevé en un jour, ni par un seul interve- nant. Malheureusement, nous faisons sou- vent face à des marchés mal cernés, des problèmes financiers et des interventions ponctuelles d’appui à court-terme. Pourquoi tant de projets d’entreprises agroalimentaires échouent-ils et comment infoDev tente-t-il d’y remédier ? L’intérêt porté à l’évaluation préalable des débouchés commerciaux est insuffisant. Parfois aussi, c’est l’engagement du secteur et des entrepreneurs dans le processus de conception du projet qui est insuffisant. C’est pourquoi infoDev met en place des Centres d’innovation dans le secteur agroalimentaire (AIC) afin de soutenir les entreprises agroalimentaires dans quatre principaux domaines. D’abord – c’est le point le plus important – il s’agit de renfor- cer le lien aux marchés. Ensuite, il faut amé- liorer les compétences des entrepreneurs au plan technique et dans la conduite de leurs affaires. Troisièmement, il faut faciliter l’accès aux financements : chaque centre disposera d’un petit fond de lancement qui fournira un soutien financier à court terme lorsque celui-ci fait défaut dans la chaîne. Enfin, il faut appor- ter un soutien matériel, que ce soit du maté- riel de démonstration ou des locaux. Chaque centre sera géré à titre privé mais engagera des acteurs publics et privés, dont les agriculteurs. Le Sénégal est l’un des premiers pays où infoDev vise à créer un AIC. Quels sont les principaux enseignements de ces six derniers mois ? Nous avons déterminé sept conditions essentielles pour la réussite d’une interven- tion. Tout d’abord, une chaîne doit présenter quelques avantages comparatifs et une capa- cité de transposition d’échelle. Ensuite, il doit y avoir des entrepreneurs “axés sur la crois- sance”, capables de transformer des possibi- lités en réalités ; il n’y en a pas tant que ça ! Troisièmement, il faut créer un marché local pour les produits avant de viser les marchés régionaux et internationaux. Les parties pre- nantes doivent par ailleurs être engagées tout au long de la chaîne et être susceptibles de produire un effet de levier. Un développe- ment financier doit également être possible. De même, les infrastructures du pays ou de la région doivent être suffisantes pour faciliter la croissance. Enfin, l’effet de levier de l’indus- trie est indispensable : il doit déjà se passer quelque chose dans le secteur pour faciliter l’engagement des petits exploitants agricoles dans la chaîne de valeur. Un gouvernement engagé et des défenseurs convaincus sont également des facteurs irremplaçables ! Nous ne préconisons pas que les gouvernements dirigent les AIC, mais leur soutien est crucial pour surmonter les goulets d’étranglement dans les domaines tels que la certification, la logistique, l’accès aux terres et même le dia- logue avec les bailleurs de fonds. Comment les décideurs peuvent-ils soutenir les travaux des AIC et d’autres modèles semblables d’innovation en matière d’entreprises ? Le défi consiste à garantir que la chaîne est exempte de goulets d’étranglement et à encou- rager davantage de consommateurs finaux à consommer les produits. Il faut pour cela que les décideurs acceptent que le marché final soit le moteur de la chaîne et non la volonté des res- ponsables des politiques. Il faut ensuite qu’ils comprennent les goulets d’étranglement aux- quels ils peuvent remédier – cela peut aller des procédures compliquées d’enregistrement des entreprises ou des tarifs élevés d’importation des matériaux d’emballage à un manque de collèges de formation technique ou même d’in- frastructures. Enfin, il doit y avoir une chaîne d’interventions pour surmonter ces difficultés. http://www.infodev.org/ Les clés du succès des chaînes de valeur Ellen Olafsen est coordonnatrice de pro- grammes à infoDev, un programme de partenariat mondial du Réseau de dévelop- pement des secteurs financier et privé du Groupe de la Banque mondiale, qui aide les entrepreneurs à obtenir des financements et à rassembler les principales parties pre- nantes pour faciliter le dialogue et l’action. Un secteur agroalimentaire prospère et compétitif nécessite une bonne infrastructure, des politiques et une réglementation efficaces sans oublier l’accès à des financements adéquats. Tout aussi importants sont les compétences et le savoir-faire permettant de développer et de mettre en œuvre des méthodes innovantes. © W or ld B an k InTERvIEw 12 | SPOre 166 | OCtOBre-nOveMBre 2013 AQUACULtUre Un bel avenir s’ouvre en Afrique Avec la croissance démographique et urbaine, mais aussi économique, de nouveaux marchés rémunérateurs promettent un bel avenir à l’aquaculture en Afrique. L’Union Africaine et le Nepad misent sur le secteur privé pour la développer dans un cadre durable. 17 | POINT DE VUE Avoir une longueur d’avance 18 | REPORTAGE À MADAGASCAR Crevetterie malgache, cap sur l’exportation © W or ld Fi sh / P. F re de n bu rg DOSSIER OCtOBre-nOveMBre 2013 | SPOre 166 | 13 A vec la croissance démographique et urbaine, mais aussi économique, de nouveaux marchés rémuné-rateurs promettent un bel avenir à l’aquaculture en Afrique. L’Union Africaine (UA) et le Nepad misent sur le secteur privé pour la développer dans un cadre durable. Fabuleux développement que celui de l’aquaculture ce dernier quart de siècle, avec en moyenne une croissance de la production mondiale de 8 % par an alors que les cap- tures stagnent sur cette même période. C’est la production alimentaire qui croit le plus rapidement au niveau mondial. Un poisson consommé sur deux est aujourd’hui un poisson d’élevage. L’augmentation de la production est tirée essen- tiellement par l’Asie, avec un développement impression- nant de la Chine, premier producteur et exportateur mon- dial, mais aussi de l’Inde, du Vietnam et du Bangladesh. L’Asie représente près de 90 % de la production aquacole mondiale, soit 53 millions de tonnes en 2010. Sans rester totalement en marge de ce mouvement, l’Afrique sub-saharienne (ASS) aujourd’hui n’a pas ou peu développé son potentiel aquacole, qui est élevé (pour les problématiques Pacifique et Caraïbes, se référer au dossier de Spore N°163 “L’Economie bleue en crise ?”). Quelque 9 millions de km², soit 31 % de la superficie continentale, de l’ASS se prêteraient à l’élevage de poissons, selon la FAO. La pêche en Afrique est une activité essentielle pour la sécurité alimentaire comme pour le développement éco- nomique. Elle nourrit 200 millions de personnes, soit un cinquième des Africains, apportant 22 % de leurs besoins en protéines animales et assure la subsistance de 10 mil- lions d’autres. Mais l’actuelle stagnation des captures oblige l’Afrique à développer sa filière aquacole, si elle ne veut pas accroître ses importations de poisson. Elle a déjà commencé à le faire et les initiatives se multi- plient. Entre 2000 et 2010, la production aquacole en ASS a été multipliée par 6,5 pour atteindre 359 790 tonnes, soit 0,6 % de la production mondiale. Une augmentation stimulée principalement par une poignée de pays : le Ghana, le Kenya, le Nigeria, l’Ouganda et la Zambie. Plusieurs éléments concourent à cet élan. Politiquement, l’Union Africaine et le Nepad affirment leur volonté de développer le secteur aquacole en misant sur le secteur privé. À la suite du sommet “Du poisson pour tous” en août 2005, les gouvernements africains ont adopté la Déclaration d’Abuja sur les pêcheries et l’aquaculture durables. L’année suivante, les chefs d’Etats de l’UA ont désigné les pêcheries et l’aquaculture comme biens straté- giques, au même titre que le riz ou le maïs. Elles sont ainsi un des moteurs clés du Programme détaillé du développe- ment de l’agriculture africaine (PDDAA). Changement de paradigme Économiquement, si l’environnement institution- nel est souvent plus porteur avec des politiques favo- rables aux investisseurs, la nouvelle donne est le formidable développement du marché intérieur africain dans un contexte de prix du poisson relativement élevé. La demande de poisson est forte, encouragée par la crois- sance démographique, l’urbanisation et l’élévation du pouvoir d’achat. Ainsi, la plus grande ferme aquacole d’ASS, Lakes Harvest Aquaculture, située sur le lac Kariba au Zimbabwe, a qua- siment suspendu ses exportations de tilapia vers l’Europe, pour se recentrer sur les marchés locaux et régionaux. Pour les pays disposant d’une façade maritime, l’épuise- ment des stocks de poissons a conduit certains gouverne- ments à se tourner vers l’aquaculture. À l’Ile Maurice, il y a DOSSIER En haut à gauche : Penaeus monodon, la crevette géante tigrée élevée au Mozambique, avant et après cuisson. En bas à gauche : parc à huîtres en Namibie. © G . N eg ro n i © G . N eg ro n i © G . N eg ro n i 14 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 une dizaine d’années, les pêcheurs n’avaient qu’à jeter leurs filets dans le lagon pour récolter autant de poisson qu’ils voulaient. Aujourd’hui, les prises ne cessent de diminuer en raison de la surexploitation, de la pollution industrielle et des activités touristiques. Dans plusieurs régions côtières de l’île, l’aquaculture a été introduite. “Nous n’avions jamais imaginé qu’un jour, nous pêcheurs, nous aurions à gagner notre pain en nourrissant les poissons”, déclare Patrick Guilloano Marie, de la coopérative St Pierre Fishermen Multi-Purpose, forte de 14 membres et qui s’est lancée dans l’aquaculture à Grande Gaude en novembre dernier. L’Ile Maurice pourrait créer 5 000 emplois d’ici 5 ans et augmen- ter la production de 10 000 tonnes, selon Daroomalingum Mauree, chef de projet au ministère de la Pêche. Vingt-deux sites ont été identifiés. Une initiative qui bénéficierait à 2 200 pêcheurs traditionnels et contribuerait ainsi à lut- ter contre la pauvreté parmi la communauté des pêcheurs, selon le ministre de la Pêche, Nicolas Von-Mally. Des fermes industrielles à la pisciculture villageoise L’aquaculture en ASS concerne essentiellement l’éle- vage de poisson d’eau douce, notamment celui de deux espèces : le tilapia (Oreochromis spp.) et le poisson chat africain (Clarias spp.). Leur production revêt de multiples facettes – de la ferme industrielle à forte intensité d’intrants au petit étang exploité par les paysans et fertilisé par du compost – avec une diversité d’acteurs et de systèmes de production qui varient selon l’environnement, les moyens mobilisables – humains, technologiques, financiers – et les schémas de développement sectoriel privilégiés. Des fermes aquacoles industrielles ont été créées au Nigeria et dans une dizaine d’autres pays - Afrique du Sud, Bénin, Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya, Lesotho, Malawi, Zimbabwe. Elles y sont relativement peu nombreuses, au nombre de trois au maximum. Cette pisciculture industrielle, capitalistique, est basée sur des technologies et des aliments granulés complets, souvent importés. Fréquemment, des capitaux étrangers sont investis. Au Bénin, des Hollandais ont monté clé en main une ferme aquacole de poisson chat, Royal Fish, et la Fondation Thonon a fait venir une équipe de Thaïlande pour créer un modèle de production de tilapia. Ces fermes non seulement créent de la richesse natio- nale, des emplois et génèrent des devises, si elles exportent, mais elles peuvent contribuer aussi à la dissémination des connaissances en favorisant le développement de la petite aquaculture. Ainsi, au Nigeria, le développement des fermes industrielles a permis de rendre accessible les alevins et les aliments piscicoles aux petits producteurs. La production des fermes industrielles s’adresse avant tout au marché urbain national ou régional. Mais, comme le souligne Olivier Mikolasek, chercheur de l’Unité mixte de recherche sur l’Intensification raisonnée et écologique pour une pisciculture durable au Cirad, “à côté de la demande de la classe moyenne à qui un producteur peut vendre son poisson autour des 2,25 € le kilo, il existe un marché rural, déficitaire, où le poisson constitue la pre- mière dépense monétaire des ménages. Dans certaines régions du Cameroun, cela représente 35 kilos de poissons par an et par habitant. Pour répondre à ce marché et CHiFFreS CLÉS millions de tonnes représente la production aquacole mondiale, soit 47 % de la production mondiale totale de poisson destinée à l’alimentation humaine. Elle ne s’élevait qu’à 4,7 millions de tonnes en 1980. kilos par habitant et par an est la consommation moyenne mondiale de poisson, dont 8,7 kilos de pois- son d’élevage. de la production aquacole est constituée de poissons, le solde se compose principalement de mollusques (24 %) et de crustacés (10 %). millions de personnes sont des aqua- culteurs, dont 97 % vivent en Asie. 59,9 56% 16,5  18,4 DOSSIER Ci-dessus : unité de traitement de la crevette tigrée, à Madagascar. © M . An dr ia ti an a 15octobre-novembre 2013 | Spore 166 | remplacer le poisson congelé, il faut leur procurer du poisson aux alentours des 1,5 € le kilo.” Depuis une quinzaine d’années, l’APDRA (Association Pisciculture et Développement Rural en Afrique tropicale humide) accompagne les producteurs dans la mise en place de systèmes piscicoles rentables et durables dans les zones tropicales humides en Afrique de l’Ouest et centrale afin d’augmenter et de diversifier les ressources des exploita- tions familiales et de renforcer la sécurité alimentaire. Les résultats sont plutôt probants. Il s’agit d’une pisciculture extensive qui tire profit de l’aménagement des bas-fonds et base sa productivité sur la valorisation d’intrants à faibles coûts tels que fertilisants organiques et aliments fabriqués à partir de sous-produits agricoles. Des centaines de pis- ciculteurs ivoiriens ou guinéens produisent ainsi des pois- sons de qualité, dont une partie est autoconsommée, l’autre étant vendue directement en bord d’étang. “Si chaque pis- ciculteur produit environ 300 kilos, on aboutira à la même quantité que deux ou trois fermes industrielles. Mais dans ce cas, ce seront des centaines de pisciculteurs qui seront impliqués, avec des impacts positifs en termes de gestion de l’eau, d’intensification de l’utilisation des bas–fonds, de diversification des systèmes agricoles et d’améliora- tion de la sécurité alimentaire. La pisciculture villageoise est capable de générer sa propre dynamique et d’accroître significativement la production”, indique Olivier Mikolasek. les PME, le chaînon manquant Entre la pisciculture industrielle et la pisciculture villa- geoise existent des PME “semi intensives” requérant moins de technologies et moins d’intrants. Encore peu nom- breuses, elles entendent développer les marchés locaux et urbains mais se heurtent – comme souvent, s’agissant Amoureux de la mer mais très jeune entrepreneur dans l’aquacul- ture, Guy Gohier a créé, en 2010, le Comptoir de recherche aquacole et mytilicole du Sénégal (Crams). Situé dans la baie de Mbodiène, ce projet est innovant à plus d’un titre. Guy Gohier a choisi - tout en l’adaptant - le Système aquacole à recyclage intégral (Sari), breveté en 2007 par l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Basé sur un circuit fermé, il a l’avantage de réaliser des économies d’eau et d’aliments en recyclant intégralement les éléments organiques et minéraux. D’autre part, il a adapté progressivement une variété de tilapia,  le marquis argenté du Sénégal, à l’eau de mer. Aujourd’hui, le Crams produit 1,2 million d’alevins. Ils ne restent que deux mois sur terre en Sari puis sont transportés en pleine mer dans des cages flottantes où ils sont nourris pendant environ cinq mois. Pour l’instant, Guy Gohier importe de France un aliment bio de première catégorie, mais un dossier a été déposé auprès de l’UE pour financer la création d’une usine à base de produits locaux (Moringa oleifera, tourteaux d’arachide et sardines fraîches). Le coût de l’aliment passerait ainsi de 0,76 € pour le pro- duit importé à 0,45 € le kilo. Une autre particularité de la pisciculture de Guy Gohier est qu’elle se situe en mer. Une spécificité qui fait que le projet ne relevait d’aucun ministère, ni de l’Environnement, ni de la Pêche, pour lui allouer une concession maritime. Finalement, son investissement a été juridiquement sécurisé par la création d’une aire marine protégée d’aquaculture. De 52 tonnes en 2012, la production devrait atteindre 500 tonnes de tilapias en 2014 avec la mise en eau de 40 nouvelles cages sur les 12 km2 que couvre la concession. Les projets ne s’arrêtent pas pour autant. D’ores et déjà, le Crams a inventé un filtre pour récupérer des œufs de langoustes fécondés. La langouste peut expulser jusqu’à 10 000 œufs dans les courants, dont 95 % sont mangés par les autres poissons. Les œufs récupérés seront élevés en laboratoire. Noël devrait voir les premières langoustes sur les marchés. Innover dans l’aquaculture Production annuelle (en Mt) Production aquacole par région: en % de la production mondiale Consommation Tous poissons confondus par personne et par an Poissons d'élevage par personne et par an 1,1 kg 8,7 kg 1980 2010 1980 2010 Taux de croissance annuel moyen de 8,8% par an +7,1% par an +1,25% par an 12,6 kg 18,4 kg 4,7 60 1980 2010 50% du poisson alimentaire provient de l’aquaculture 600 espèces aquatiques cultivées dans 190 pays Au cours des 10 prochaines années, la production totale de l’aquaculture et des pêches de capture dépassera celle de viande de bœuf, de porc et de volaille. L’aquaculture est sensible aux maladies et aux conditions environnementales: - bactéries - champignons - parasites - virus - pollution des eaux - catastrophes naturelles ! FUTURE FORECASTSPERSPECTIVES FUTURE FORECASTSMENACES Source: FAO 2012Aquaculture : production et consommation en pleine expansion Asie Europe Amérique latine Afrique Amérique du Nord Océanie Caraïbes DOSSIER 16 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 Point de Vue des PME – à des difficultés d’accès aux financements, aux intrants et à du personnel formé. Généralement, les pays qui ont connu un développement de leur secteur aquacole sont ceux qui ont encouragé ces PME, à l’instar du Ghana, du Kenya ou encore du Nigeria. A son échelle, le Ghana est un cas exemplaire. De moins de 1 000 tonnes en 2004, la production atteint aujourd’hui quelque 9 000 tonnes. Un développement basé sur le tila- pia du Nil (Oreochromis niloticus) avec des élevages en cage sur le lac Volta. Le rôle des pouvoirs publics a été déterminant. Outre, un cadre législatif et institutionnel favorable, les entreprises bénéficient de certains avantages comme l’exonération des taxes sur les intrants piscicoles. Ainsi, à côté des grosses fermes industrielles (Crystal Lake Farm, West African Fish et Tropo Farms), s’est constituée toute une grappe de PME. Certaines sont dans la produc- tion semi intensive de poissons mais d’autres sont impli- quées dans des activités périphériques comme la récente création de l’usine d’aliments Raan Feeds, ou encore la fabrication de glace, la commercialisation et le transport du poisson et autres prestations de services. L’aquaculture joue déjà un rôle important dans le déve- loppement socio-économique de certains pays d’Afrique. Mais, le potentiel à développer demeure très important, notamment pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, favoriser la création d’em- plois et générer de la valeur ajoutée pour les producteurs à petite et à grande échelles aussi bien dans les localités rurales que périurbaines. Sloans Chimatiro, conseiller sénior pour les pêcheries au Nepad, déclarait à Bruxelles en juillet dernier lors d’un Briefing du CTA* sur la pisci- culture dans les pays ACP : “si l’Afrique peut avoir raté le coche de la révolution verte, elle a une chance de prendre part à la révolution bleue.” La FAO et l’OCDE dans leurs perspectives 2013-2022 prévoient une hausse de 35 % de la production mondiale aquacole pour atteindre 85 millions de tonnes. En Afrique, avec la multiplication des politiques locales favorisant l’aquaculture et le développement du secteur privé, elle pourrait augmenter de 70 % cette prochaine décennie. Avec le lancement en 2007 du Programme spécial pour le développement de l’aquaculture en Afrique (SPADA), la FAO a pour objectif une croissance de 200 % de la produc- tion aquacole sur la prochaine décennie. *La pisciculture: Le nouveau moteur de l’économie bleue, Bruxelles, juillet 2013. http://tinyurl.com/pz33feq Enclos en filet utilisés pour l’élevage du tilapia, au Ghana. Fred Formaneck, qui a 20 ans d’expé- rience dans divers projets agricoles et aquacoles, fait partie de l’équipe de gestion de l’ONG basée en Afrique du Sud Advance Africa*, chef de file dans l’organisation de projets durables dans ces domaines dans toute l’Afrique australe. © W or ld Fi sh / C. L in d Avoir une longueur d’avance Pourquoi Advance Africa investit-elle dans l’aquaculture ? D’abord, parce que l’aquaculture répond à une demande : nous sommes tous conscients du déficit mondial de poisson, qu’il s’agisse d’espèces marines ou d’eau douce. Il importe avant tout d’élever les bonnes espèces dans les bons milieux au plan environnemental, ce qu’on appelle “l’avantage stratégique naturel”. L’aquaculture permet également une amélioration à long terme des moyens d’existence. Elle offre d’importantes opportunités d’emploi tout au long de la chaîne de valeur, en particulier lorsque des investissements sont consentis à grande échelle. Souvent, ces investissements se traduisent directement par une amélioration de la sécurité alimentaire. En outre, les projets aquacoles sont généralement réalisés dans des communautés rurales, ce qui favorise le développement de compétences et la formation au niveau local. Pourquoi l’Asie est-elle le marché cible de votre projet Highlands Trout au Lesotho ? Le Lesotho offre un environnement idéal. Le coût de production de truites étant élevé, il faut en obtenir un prix de vente élevé pour qu’une entreprise soit économiquement viable. Le fait que les salmonidés soient très demandés en Asie a permis de développer au Lesotho une activité durable d’aquaculture à long terme. En l’occurrence, l’accent reste mis sur l’optimisation des possibilités d’emploi tout au long de la chaîne de valeur. Pour ce qui est des autres espèces que nous élevons, tilapia et poisson-chat, les coûts de production sont bien plus faibles ; ces investissements participent de fait à la sécurité alimentaire sur les marchés locaux et régionaux. Quelles sont les conditions requises pour qu’un pays africain puisse mettre en place un projet d’aquaculture prospère et durable ? Il doit d’abord y avoir un environnement idéal pour une espèce donnée de poisson, un marché réel et une opportunité unique de développement. En plus de la stabilité politique, le pays doit offrir un environnement favorable : le secteur aquacole doit être réglementé, surveillé et contrôlé ; la certification du pays, du plan d’eau et des exploitations agricoles est importante ; les mesures d’incitation à l’investissement jouent évidemment un rôle considérable. Parmi les autres conditions favorables figurent les infrastructures, une logistique appropriée, une chaîne du froid, la disponibilité de stocks d’aliments et de semences sans oublier un bon approvisionnement d’alevins (poissons juvéniles) au profil génétique approprié. * www.advanceafrica.co.za DOSSIER 17octobre-novembre 2013 | Spore 166 | En misant sur les crevettes et l’exportation, Madagascar est un cas un peu à part dans l’aquaculture africaine. En dépit de la crise que connaît la filière crevettière malgache sur le marché mondial, les aquaculteurs tiennent le cap. D ans les zones d’arrière mangrove du littoral Nord-Ouest malgache, à Mahajamba, à plus de 800 km de la capitale Antananarivo, le site d’élevage de crevette marine “Aqualma” du groupe Unima, s’étale sur 800 hectares de tannes avec plus de 80 bassins de dix hectares. Tous les éléments de la filière y sont ins- tallés : étangs d’élevage, écloseries, unité de traitement et de conditionnement, laboratoire, magasin de stockage. Les activités de l’entreprise battent leur plein. La crise qui a frappé de plein fouet la filière ne semble pas ralentir le rythme de travail. Une performance qui n’est pas le fruit du hasard. “C’est le résultat d’une exploitation responsable et d’une gestion saine, respectueuse de l’environnement”, affirme Claude Brunot, président du Groupement des aqua- culteurs et pêcheurs de crevettes de Madagascar (GAPCM). Crise surmontée En 2008, une crise sans précédent s’est abattue sur la filière crevettière malgache. La concurrence des produits asiatiques bradés, la hausse vertigineuse du prix du baril de pétrole et des farines de poissons, mais surtout l’appa- rition de la maladie des points blancs en sont l’origine. Conséquence deux fermes aquacoles sur les cinq exis- tantes ont dû suspendre leurs exploitations. La société rePOrtAGe À MADAGASCAr Crevetterie malgache, cap sur l’exportation À gauche : AQUALMA respecte de strictes procédures d’hygiène. Centre : récolte des crevettes. © M . An dr ia ti an a DOSSIER 18 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 À droite : site d’élevage de crevettes d’AQUALMA. Aquamen a accusé une perte de plus de 3,5 millions d’euros et plus de 600 personnes ont été mises au chô- mage technique dans l’entreprise Aquamas. Les charges d’exploitations des entreprises, et notamment le coût du carburant, ont augmenté de 51 % alors que les cours des crevettes sur les marchés mondiaux se sont effondrés de 28 %. Mais la qualité “haut de gamme” des crevettes mal- gaches a tiré son épingle du jeu et résisté à la concur- rence asiatique. Une qualité reconnue par des labels à l’instar des premières gambas “Label rouge” décerné par le ministère français de l’Agriculture et de la Pêche ou du “Label Ikizuki” (à manger crue) au Japon des crevettes du groupe Unima et du “Label Bio” de la société OSO Farming. L’exportation vise un marché de niche, notam- ment en Espagne, en France, aux Etats-Unis, en Grande Bretagne et au Japon. Concernant la santé animale, la maladie des points blancs est actuellement maîtrisée. Le directeur exécutif de l’Autorité sanitaire halieutique (ASH), Luc Ralaimarindaza, se veut rassurant : “les entre- prises suivent un plan d’épidémio-surveillance rigoureux permettant de détecter les maladies listées par l’Organi- sation mondiale de la santé animale (OIE) et multiplient les échanges d’expériences avec les pays producteurs de la région dans le cadre de la mise en œuvre d’un plan régional de surveillance épidémiologique.” Madagascar dispose d’une richesse inestimable de 52 000 hectares de terrain propice à l’aquaculture de cre- vettes avec un potentiel de production estimé à 58 000 tonnes par an. Une réserve qui représente plus de dix fois la production actuelle. En moins de vingt ans, les exporta- tions sont passées de 400 tonnes en 1994 à 5 000 tonnes en 2012 avec un pic de 8 000 tonnes en 2005 et 2007. Aujourd’hui, l’exportation de crevettes (Penaeus Monodon) constitue la troisième source de devises – 62 millions d’eu- ros – de la Grande Île. un solide partenariat public-privé La filière aquacole malgache s’est construite sur la base d’un solide partenariat public-privé. L’Etat a lancé un pro- jet de ferme pilote et voté en 2001 une loi portant sur le développement d’une aquaculture responsable et durable. Cette stratégie s’appuie sur le secteur privé, sollicité pour investir et qui recommande une aquaculture industrielle semi intensive (5 à 10 post-larves par mètre carré). Le ministère de la Pêche, par le biais de l’ASH, l’autorité compétente en matière de contrôle, d’inspection et de certification sanitaire, veille à la santé animale, à l’hy- giène des denrées alimentaires et aliments pour animaux à l’exportation. Du côté des opérateurs, le regroupement des aquaculteurs au sein du GAPCM facilite le dialogue avec l’administration publique, les partenaires com- merciaux et financiers. “La solidarité des aquaculteurs redynamise la filière et ouvre des horizons”, reconnaît le directeur de l’Aquaculture du ministère de la Pêche, Zoëlys Raboanarijaona. Cependant, l’aquaculture crevettière est confron- tée à diverses contraintes. Les investissements initiaux sont colossaux, les fermes se situant dans des endroits très enclavés et le coût des aliments importés est exor- bitant. L’exploitation reste pour l’heure l’apanage des gros investisseurs. Afin de promouvoir les exploitants artisanaux, l’Etat, avec l’appui du gouvernement japo- nais, a créé en 1988 un Centre de développement de la culture de crevettes (CDCC). Sa mission était de fournir aux aquaculteurs nationaux de la formation et un appui technique. Mais, la quarantaine d’aquaculteurs artisa- naux bénéficiaires, regroupés dans le Groupement des Aquaculteurs Artisanaux de Madagascar (GAAMA), avait plutôt besoin d’un appui financier et les résultats n’ont pas été concluants. La faible qualité des équipements a donné des produits médiocres, écoulés à bas prix auprès des sociétés de pêche locales. Peu rentables, ces fermes ont finalement disparu. Si le ministère de la Pêche ambi- tionne dans sa politique à long terme de rendre acces- sible l’aquaculture crevettière aux opérateurs nationaux et en particulier à ceux du secteur artisanal, aucune action concrète n’est aujourd’hui entreprise pour relan- cer les petites exploitations. Mamy Andriatiana © M . An dr ia ti an a © M . An dr ia ti an a DOSSIER 19octobre-novembre 2013 | Spore 166 | L a banane dessert représente la moitié des recettes totales de la filière fruit au Kenya, constituant l’activité horticole la plus rémunératrice après le mar- ché des fleurs à l’export. Ces dix dernières années, des variétés issues de la culture tis- sulaire ont été diffusées dans tout le pays, faisant disparaître les maladies et permettant aux exploitations d’obtenir des rendements pouvant atteindre 36 tonnes par hectare. Pendant un temps, l’Afrique de l’Est a pu attirer l’attention des grandes sociétés multi- nationales de bananes grâce à un accès pré- férentiel au marché européen. Mais en 2009, la “guerre de la banane” a pris fin et l’Union européenne (UE) a dû commencer à réduire ses tarifs à l’importation des bananes d’Amé- rique latine, attisant la concurrence avec celles des pays ACP. Les pays producteurs d’Afrique de l’Est ont donc décidé de déve- lopper leurs marchés nationaux et régionaux plutôt que l’exportation vers l’UE. Ces stratégies ont abouti en 2009 à la création d’associations de producteurs de bananes telles que la Banana Growers Association of Kenya (BGAK). La BGAK, qui compte des membres dans presque tous les districts kenyans, apporte son soutien de multiples façons : elle relie les agriculteurs, les négociants et les transformateurs ; elle regroupe les petits exploitants agricoles pour vendre en gros ; elle diffuse les plantes issues de la culture tissulaire ; elle permet aux agri- culteurs de se faire entendre au niveau natio- nal et contribue à valoriser les produits. Plus qu’un dessert Les stratégies tendent également à chan- ger au niveau local. Le Nyangorora Banana Youth Group, par exemple, fort de ses 44 membres, a été formé en 2004 par de jeunes agriculteurs à Nyamira. Cultivant des bananiers issus de cultures tissulaires, ils se lancent dans la fabrication de nou- veaux produits transformés : des chips, de la farine, du pain, des biscuits, du vin, de la bière, du jus et de la confiture à base de bananes. Grâce au matériel offert par l’Agence américaine pour le développe- ment international (USAID) et l’Institut de recherche et de développement industriel du Kenya (KIRDI), le groupe commencera en octobre 2013 à fournir 20 à 30 tonnes de farine de banane au groupe agrolimentaire Proctor & Allan. D’autres kenyans font également des essais. Kiburi Food Processors, à Ruiru, apprend aux agriculteurs à utiliser des séchoirs solaires et à transformer les fruits séchés en aliments très nutritifs pour bébés. La coopérative agroalimentaire Sabasaba fabrique des produits tels du porridge et de la confiture. La forte demande intérieure au Kenya – qui doit importer des bananes pour satisfaire sa demande – offre d’importantes opportunités de valorisation. les perspectives dans les hautes terres L’Ouganda est un marché complète- ment différent. Dans ce pays – plus gros producteur de bananes d’Afrique de l’Est, les agriculteurs se concentrent davantage sur les bananes plan- tains, légumineuse farineuse, dénommée dans ce pays le “matoke”. La plupart de ces bananes sont cultivées pour la consomma- tion domestique mais certains organismes, inspirés par le dynamisme kenyan, y voient des opportunités économiques à développer. TechnoServe a déjà organisé 26 000 agricul- teurs en Groupes d’entreprises productrices afin qu’ils commercialisent en commun, ce qui a déjà donné lieu à des ventes en gros pour près de 22 millions de dollars (17 mil- lions d’euros) de matoke. Les chercheurs ougandais ont aussi tra- vaillé à des technologies de transformation adaptées au matoke. Le Président Museveni est à l’origine de cet effort : il a lancé en 2005 l’Initiative présidentielle pour le déve- loppement industriel de la banane, qui tend à commercialiser la farine de matoke sous la marque “Tooke”. Une innovation ulté- rieure a porté sur l’emballage sous vide de bananes pelées, lavées avec du métabisul- fite de sodium pour suspendre le proces- sus de mûrissement. Ces bananes à cuire, de longue conservation, débarrassées de leur peau épaisse qui constitue 40 % de leur poids, seront destinées aux Ougandais vivant aux Etats-Unis et en Europe, un mar- ché de niche que les multinationales ne leur disputeront certainement pas. Bien que la production de bananes d’Afrique de l’Est soit importante, la mauvaise organisation du marché et la faible valeur ajoutée ont considérablement limité le développement de la filière. Toutefois, des projets émergent pour valoriser tant la banane fruit que le “matoke” d’Ouganda. LA BAnAne Des marchés mûrs à point À gauche : marché aux bananes au Kenya. À droite : des matokes fraîchement emballés. © C IA T/ N . Pa lm er © A fr i B an an a pr od uc ts ChAînES DE vAlEuR 20 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 L’huile de palme est la première source végétale de corps gras au monde. Certes, on parle fréquemment des grandes plantations industrielles en Asie mais il faut savoir que la filière agro-indus- trielle repose en grande partie sur des plan- tations villageoises. Au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Nigeria, en Sierra Leone, en Thaïlande, celles-ci représentent plus de 50 % des superficies plantées et plus de 40 % en Indonésie et Malaisie, les deux premiers producteurs mondiaux d’huile de palme. Ce guide s’adresse donc particuliè- rement aux petits planteurs villageois en leur fournissant des éléments de base sur l’installation et le développement de la palmeraie. Présenté sous la forme de 44 fiches illustrées de nombreuses photos et de schémas, tous les aspects de la culture du palmier sont couverts, permettant au petit planteur d’acquérir les gestes et techniques les plus adaptés au développement durable. le palmier à huile en plantation villageoise Par J.-C. Jacquemard CtA/ed. QUAe, 2013, 160 p. iSBn 978-2-7592-1986-5 CtA n° 1740 10 unités de crédit Les droits des populations en question exploitation forestière et droits des populations en Afrique centrale Par C. Ott-Duclaux-Monteil ed. L’Harmattan, 2013, 436 p. iSBn 978-2-336-30363-5 41,33 € Éditions L’Harmattan 5-7 rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, France Fax : +33 (0)1 43 25 82 03 www.editions-harmattan.fr Les petits comptent aussi ! Des pistes pour mieux former “Les dispositifs de Formation agricole et rurale (FAR) sont partout remis en question, mais sont aussi presque par- tout en mouvement.” Réunis à Yaoundé en novembre 2012, les représentants de ministères et d’organisations de produc- teurs de douze pays d’Afrique franco- phone, ainsi que ceux du Cambodge, de la France et d’Haïti, ont planché sur la rénovation des FAR. Ils ont identifié 12 points indispensables à prendre en compte pour ce faire, trouvé des pistes de réflexion et émis des recommandations. rénover les dispositifs nationaux de formation agricole et rurale en Afrique francophone réseau FAr, collection “Synthèse d’étude”, n°4, juillet 2013, 8 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/ll9whtn Coopération Sud-Sud Comment interviennent la Chine et le Brésil sur la scène agricole africaine ? Quelle est l’ampleur de leurs coopé- rations ? Quelles en sont les modali- tés ? Partant d’une analyse de terrain où plus de 120 projets agricoles sont examinés, l’étude cherche à mieux cerner cette coopération Sud-Sud et à en mesurer les enjeux. Si la logique d’intervention de ces deux pays émer- gents est différente, elle est ancienne et largement influencée par des consi- dérations diplomatiques. Coopérations Sud-Sud et nouveaux acteurs de l’aide au développement agricole en Afrique de l’Ouest et australe – le cas de la Chine et du Brésil AFD, Cirad, juin 2013, 218 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/lnhqubo ■ Les ressources naturelles issues des forêts constituent un des principaux moyens de subsistances des populations locales et autochtones d’Afrique centrale. Plusieurs pays de la région ont décidé de leur accorder – sous certaines conditions – un droit à gérer leur environnement. Les gouvernements se sont engagés dans une série de réformes améliorant le cadre légal et réglementaire de l’exploitation forestière. Quel bilan tirer après plusieurs années de mise en place de ces réformes ? Au-delà, l’auteur s’interroge sur les possibilités qu’offre l’exploitation forestière pour améliorer le niveau de vie des populations locales et autochtones. Elle constate que si ces populations participent effectivement à la gestion forestière, elles ne bénéficient peu, à ce jour, des retombées de l’exploitation industrielle et commer- ciale de la forêt. nouvelle efficacité de l’aide En 2005, les pays donateurs et les organisations multilatérales ont adopté la Déclaration de Paris afin d’améliorer l’efficacité de l’aide au développement. Parmi les cinq principes retenus se trouve la gestion axée sur les résultats (GAR) qui a pour objectif de permettre aux projets… d’atteindre leurs objectifs. Ce numéro spécial, une synthèse des leçons du 7ème Forum régional du FIDA à Banjul en novembre 2012, souligne les expé- riences réussies d’application de la GAR dont les buts sont toujours la réduction de la pauvreté et la mise en œuvre de bonnes pratiques. Gestion Axée sur les résultats au service de la réduction de la pauvreté rurale Agridape, numéro spécial, juin 2013, 36 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/n94ag7j PuBlICATIOnS © A fr ik im ag e/ O la m octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 21 ■ Le changement climatique et la perspective d’un amenuisement des ressources en hydro- carbures fossiles ont donné à la biomasse un nouvel élan. Première énergie renouvelable au monde, utilisée essentiellement pour cui- siner et se chauffer dans les pays en déve- loppement, la biomasse connaît aujourd’hui un essor rapide. Elle revêt des formes indus- trielles avec les agrocarburants et le bois énergie. Une énergie renouvelable dont les multiples facettes – aux confins des tech- niques agricole, forestière, agroalimentaire, thermique, électromécanique et chimique – sont abordées dans le livre d’Alain Damien. Il détaille la biomasse fournie par la nature, ses aspects énergétiques, ses rendements mais aussi les définitions réglementaires et norma- tives liées à son exploitation. Les modes de transformation de la biomasse en énergie sont expliqués, l’auteur s’attardant sur les spécifici- tés des biocombustibles et des biocarburants. Cette seconde édition complète la précé- dente qui livre les secrets des plantes utilisées dans la fabrication de la biomasse, sans oublier les nouvelles évolutions de la recherche et du développement dans ce domaine. Les sols africains à la loupe Soil Atlas of Africa Commission européenne, Centre commun de recherche 2013, 176 p. iSBn 978-92-79-26715-4 25 € téléchargeable sur : http://tinyurl.com/ovsjsht COleACP-PIP, 2013 Itinéraire technique mangue (mangifera indica) téléchargeable sur : http://tinyurl.com/kl7py2c Guide de bonnes pratiques phytosanitaires pour la mangue (mangifera indica) issue de la production biologique téléchargeable sur : http://tinyurl.com/lm54jpo la biomasse énergie Définitions, ressources et mode de transformation Par A. Damien ed. Dunod/Usine nouvelle, 2013, 288 p. iSBn  9782100585397 49,00 € Dunod Éditeur 5, rue Laromiguière 75005 Paris, France Fax : +33 (0)1 40 46 49 95 ■ Document unique, le premier atlas sur les sols en Afrique vient de paraître (en anglais). Particulièrement riche en cartes, illustrations, photos et textes informatifs, l’Atlas fait découvrir, de manière simple et claire, la diversité des sols du continent africain. Il souligne l’importance de cette ressource fondamentale, non renouvelable et souvent négligée. Or, des sols sains et fertiles constituent la pierre angulaire de la sécurité alimentaire, de la cohésion sociale et des ressources économiques de la plupart des pays africains. Les déserts et les terres arides représentent 60% de la surface du continent. Une grande partie de la surface restante est composée de sols anciens, sou- vent dégradés, qui exigent une attention particulière afin qu’ils deviennent des terres agricoles fertiles. L’Atlas relate l’origine et les fonctions des sols, décrit les différents types existants et leur utilité pour répondre aux problèmes tant locaux que mondiaux. Les auteurs de l’Atlas soulignent aussi les principales menaces qui pèsent sur ces sols et les mesures prises pour protéger les ressources. Un outil destiné à rappeler à tous, des responsables politiques au grand public, l’importance des sols pour la vie de tous. La mangue, mode d’emploi ■ Originaire de l’Inde orientale et de Birmanie, la mangue est aujourd’hui cultivée dans plus de 90 pays. C’est le fruit tropical le plus consommé au monde après la banane. Des centaines de variétés existent, mais seu- lement quelques-unes – principalement les Tommy Atkins et les Kent – sont exportées sur les marchés occidentaux. Itinéraire technique détaille toutes les pra- tiques culturales de la mangue, de la pépi- nière à la récolte, en passant par la création de vergers et la protection sanitaire Dans le cadre de la culture “bio”, le Guide des bonnes pratiques phytosanitaires identifie les ravageurs et maladies de la mangue et détaille l’ensemble des bonnes pratiques à mettre en œuvre. Dans de nombreux pays ACP, la mangue est sujette à des attaques parasitaires (mouche des fruits, charançon du noyau du manguier, cochenille farineuse, anthracnose et bactériose) qui ont des réper- cussions majeures sur la bonne maturation du fruit. D’où l’importance de stratégies culturales préventives, notamment dans le cadre de la culture biologique. L’ouvrage énumère les substances actives autorisées par le Règlement européen pour répondre aux exigences de cette agriculture biolo- gique et recommande certains traitements. Nouvelle championne des énergies ? Saisir les opportunités Les petits producteurs constituent un maillon essentiel des systèmes de pro- duction mais ils sont souvent des acteurs marginaux dans les chaînes de valeur. De nombreux exemples – le secteur laitier au Sénégal, la filière beurre de karité au Burkina Faso, de l’oignon au Niger… – sont détaillés dans ce numéro d’Agripade, pour en tirer les leçons et recommandations qui devraient aider le petit producteur à saisir les opportunités offertes par les marchés. Chaînes de valeur et nouveaux marchés agri- coles émergents Agridape, volume 29 n°2, juin 2013, 36 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/lzrds85 Financer les exploitations familiales La Fédération des ONG du Sénégal (FONGS), créée en 1976, a une longue histoire dans le domaine du financement rural. Ce numéro de SOS Faim la retrace en dévelop- pant l’expérience du FAIR avec ses points forts et ses faiblesses. Zoom microfinance. À la recherche de solutions pour le financement des activités rurales : les réponses de la FONGS au Sénégal SOS Faim, n°38, juin 2013, 8 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/muejgvk Des marchés plus équilibrés C’est une bonne nouvelle pour les pays importateurs de produits alimentaires : les marchés des produits de base, en particulier céréaliers, devraient être plus équilibrés en 2013-2014, selon le dernier bulletin semestriel de la FAO. Perspectives de l’alimentation passe en revue les marchés alimentaires mon- diaux, du sucre aux céréales, en passant par les graines oléagineuses, la viande, le poisson et les produits laitiers. Perspectives de l’alimentation 2013-2014 FAO, juin 2013, 16 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/kxcb5pf PuBlICATIOnS 22 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 Kajiala, Tattali, Djekabaara : valoriser les produits pour mieux conserver les forêts Tome 2 : comparaisons Madagascar, Niger et Mali Par P. Montagne et F. rives Cite, 2013, 2019 p. iSBn 978-2-915064-48-3 Cite rue Samuel rahamefy Ambatonakanga BP 74 Antananarivo 101, Madagascar Fax : +216 20 22 336 69 e-mail : cite@cite.mg www.cite.mg Production du gari à partir du manioc. Guide illustré à l’intention des transformateurs de manioc à petite échelle AA. vv. institut international d’agriculture tropicale (iitA) / CtA, 2013, 26 p. CtA n° 1750 10 unités de crédit téléchargeable sur: http://tinyurl.com/kugt4to Production du gari à partir du manioc Guide illustré à l’intention des transformateurs de manioc à petite échelle B. James, R. Okechukwu, A. Abass, S. Fannah, B. Maziya-Dixon, L. Sanni, A. Osei-Sarfoh, S. Fomba, S. Lukombo U P OCA Unleashing the power of cassava in Africa Cultures vivrières en milieu tropical et cultures industrielles en milieu tropical Par P. M. Saint-Clair 2012, 467 p. iSBn 9781584329831 Connaissances agronomiques sur les principales cultures Par P. M. Saint-Clair 2012, 486 p. iSBn 9781584329824 educa vision inc 2725 nw 19th St Pompano Beach, FL 33069, USA Fax: +1 (954) 970 0330 http://www.educavision.com/ Diversité et richesse des cultures en milieu tropical ■ Deux tomes ont été nécessaires pour appréhender la richesse des cultures en milieu tropical. Le premier porte sur les cultures vivrières : les céréales (maïs, sor- gho, mil et riz), les légumineuses (haricot, pois chiche, niébé, lentille, pois d’angol), les racines et tubercules (patate douce, manioc, igname) et le bananier. Le second s‘attache aux cultures de rente, telles que l’arachide, le cacaoyer, le jatropha ou le vétiver. Pour chacune de ces cultures, l’auteur se penche sur leurs origines, les conditions écologiques et culturales nécessaires à leur bon développement, leurs ennemis natu- rels et la façon de les combattre mais aussi l’importance économique de chacun des pro- duits. Pierre Michel Saint-Clair n’hésite pas à ouvrir le débat sur des sujets polémiques, souvent pointus, comme les biotechnologies ou encore la modélisation biologique, tout en maintenant à l’esprit du lecteur les grands enjeux planétaires tel que l’alimentation pour tous. Du bon choix du modèle d’exploitation agricole – le modèle coopératif pour l’auteur – découle de nombreux impacts positifs. Valoriser pour conserver ■ Comment améliorer les pratiques fores- tières dans un Etat décentralisé ? En effet, depuis une quinzaine d’années, la gestion forestière a été dévolue aux communau- tés locales. C’est dans ce contexte qu’avait été lancé le projet Gesforcom qui s’appuie sur l’exploitation raisonnée et la valorisa- tion des produits forestiers ligneux et non ligneux pour instaurer une gestion commu- nautaire durable des forêts. Six ans après la mise en place du projet à Madagascar, au Mali et au Niger, les auteurs dressent le bilan des actions mises en œuvre dans des contextes socio-économiques, écologiques et humains très variés. Valorisation de la biomasse, électrification rurale décentrali- sée, développement des filières des produits forestiers sont autant de nouvelles activi- tés qui ont été engagées et ont porté leurs fruits, ce qui démontre toute l’efficacité d’un processus qui tend à préserver des écosys- tèmes en les valorisant. Troisième source de calories dans les pays tropicaux après le riz et le maïs, le manioc est une denrée alimen- taire de base qui contribue fortement à la sécu- rité alimentaire, particulièrement en Afrique : la consommation de manioc par habitant y est de 115 kg par an, contre 18 kg dans le reste du monde. C’est dire l’importance de cette racine, consommée fraîche ou non. En outre, la transformation du manioc offre de réelles opportunités commerciales aux producteurs et leur permet ainsi d’amé- liorer leurs revenus. Elle contribue à réduire le taux de cyanure très élevé dans le manioc frais, à prolonger sa durée de conservation, à éviter les contaminations des produits mais aussi de l’environnement. Sans oublier le rôle fondamental de la transformation dans la réduction des pertes post-récolte et des coûts de transport. Très agréablement illustré, l’ouvrage guide le lecteur à travers l’ensemble du processus de transformation, de la racine au gari. Il s’adresse avant tout aux petits opérateurs et agents de terrain. Le gari, la valeur ajoutée du manioc @ Comment négocier Les différents acteurs du développement trouveront dans ce guide des conseils précieux pour obtenir des réponses négo- ciées et effectives aux questions d’accès et d’exploitation des ressources naturelles. L’ouvrage est le fruit d’un travail collectif associant le GRET à des ONG ainsi qu’à des laboratoires de recherche basés au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Gérer ensemble les ressources naturelles du territoire Programme negos-Grn- Mali, Sénégal, Burkina Faso Gret, 2013, 77 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/n2wgonx Incontournable agriculture familiale Les petits agriculteurs familiaux africains satisfont déjà 80 % des besoins alimen- taires de l’Afrique et ils sont appelés à être, de façon croissante, au cœur de la stratégie de création d’un système ali- mentaire durable. Cette synthèse donne des pistes pour soutenir ces agriculteurs, qui cherchent toujours à adopter et adapter des innovations qui répondent à leurs besoins. les agriculteurs familiaux luttent pour des systèmes alimentaires durables Synthèse des rapports des réseaux régionaux africains sur les modèles de production, la consommation et les marchés europAfrique, mai 2013, 47 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/m8syz92 Des satellites pour le développement Changement climatique, élévation du niveau des mers, qualité des eaux, érosion côtière, mouvement de terrain, gestion des ressources forestières, utili- sation des terres agricoles… les satellites fournissent une mine d’informations en temps réel. Un outil indispensable pour la Banque mondiale dans l’élaboration et le suivi de ses projets. Observation de la terre pour le développement vidéo de la Banque Mondiale, août 2013 Accessible sur : http://tinyurl.com/kjqfwua Pour plus d’informations : http://tinyurl.com/kwcbyyb PuBlICATIOnSlIC TI S octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 23 le nouveau manuel de gestion des associations et ONG de développement Par F. vincent innovations et réseaux pour le Développement (ireD), 2013, 312 p. 40, 00 € ireD 3, rue varembé 1211 Genève 20, Suisse Fax : +41 22 740 00 11 http://www.ired.org/ Guide à destination des petites et moyennes entreprises forestières pour le commerce des produits forestiers non ligneux en Afrique centrale Par A. Awono, v. ingram, P. Levang et J. Schure Center for international Forestry research (CiFOr), 2013, 28 p. CiFOr P.O. Box 0113 BOCBD Bogor 16000 Fax : +62 251 8622 100 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/kuf95sd Guide à destination des petites et moyennes entreprises forestières pour le commerce durable des produits forestiers non ligneux en Afrique centrale Abdon Awono Verina Ingram Jolien Schure Patrice Levang Commerce durable L’engagement de Femmes et d’Hommes ■ Fernand Vincent a travaillé 50 ans avec la société civile et a une longue expérience du développement, de l’animation de réseau, de la direction d’associations et de la for- mation. Il en tire des leçons et conseils qu’il a synthétisés dans ce manuel. Si la réussite d’une ONG repose avant tout sur l’engage- ment des femmes et des hommes motivés et compétents, capables d’innover pour le changement, Fernand Vincent ne cache pas que l’organisation, la gestion de ces associa- tions et leur gouvernance sont essentielles à leur succès. Le manuel est accompagné d’un cédérom dans lequel se trouvent plus de 200 outils (juridiques, d’évaluation, de gestion financière ou du personnel, etc) traitant des méthodes, de la stratégie, de la gestion, du financement, de l’évaluation ou de la com- munication au sein de ces organisations. ■ Les petites et moyennes entreprises (PME), qui exploitent les produits forestiers non ligneux (PFNL), contribuent au déve- loppement économique et à la conservation des ressources lorsqu’elles sont gérées de manière durable. Soulignant l’importance des PFNL et les défis auxquels sont confron- tées les PME impliquées, ce guide offre des pistes permettant d’augmenter leurs recettes générées par la production et la commerciali- sation des PFNL tout en gérant durablement ces ressources naturelles. Comment garantir un approvisionnement suffisant ? Quelles sont les règles du commerce des PFNL ? Autant de questions abordées dans ce guide qui offre des réponses mais aussi des conseils aux entrepreneurs. Les gouvernements, les ONG et le secteur privé jouent un rôle clé dans le développement de ce secteur dyna- mique mais souvent informel. Les auteurs encouragent les acteurs à mettre en place un environnement plus favorable, respectueux des lois et des politiques afin que l’accès à la ressource soit légal. Ceci permet une plus grande équité entre opérateurs et une meil- leure préservation des forêts. la sécurité alimentaire vue des Etats-unis Depuis son arrivée à la Maison Blanche, le Président Obama a fait de la sécurité alimentaire une des priorités de sa politique étrangère. Dans cette fiche, le Hub Rural revient sur la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, sa genèse, les progrès accomplis, les investissements privés réalisés. La question du leadership mondial des Etats-Unis en matière de sécurité alimentaire, notamment à travers l’Initiative alimentaire pour l’avenir, est un des éléments fondamentaux pour comprendre la politique américaine en la matière et les enjeux. Fiche documentaire de la Maison Blanche sur la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne Hub rural, Juillet 2013 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/mo87nco Revisiter l’agriculture camerounaise Cet ouvrage inscrit le monde rural au cœur de la dynamique camerounaise. Il dresse un état des lieux de la politique agricole depuis 1960 à nos jours et propose une réflexion pour “opérationnaliser” la crois- sance économique à l’horizon 2035. l’urgence d’une révolution agricole au Cameroun Sous la direction de K. Menkéné et A. Zozime tamekamta L’Harmattan, septembre 2013, 206 p. 19,00 € Adresse L’Harmattan, voir p. 21 POur OBTeNIr leS PuBlICATIONS Les titres précédés du signe sont téléchargeables sur http://publications.cta.int. Les titres précédés du logo peuvent être obtenus comme suit : Vous êtes déjà abonné(e) aux publications du CTA : n’utilisez qu’un seul canal ! • Vous avez un compte sur http:// publications.cta.int ? Connectez- vous et choisissez vos titres à concurrence de vos unités de crédit en cliquant sur “Ajouter au panier” et “Passer la commande”. • Pas d’accès à Internet ? Continuez à utiliser le bon de commande fourni par le CtA. Vous êtes une organisation ACP active dans l’agriculture mais n’êtes pas abonnée aux publications du CTA : Demandez un abonnement via le site http://publications.cta. int, par courriel à pdsorders@ cta.int ou par la poste à CtA – PDS, PO Box 173, 6700 AD wageningen, Pays-Bas. en 2013, les organisations qui s’abonnent recevront 200 unités de crédit. Celles déjà abonnées recevront 200 unités de crédit plus la moitié du nombre d’unités de crédit dépensées en 2012, soit un maximum de 400 unités de crédit. Vous n’êtes pas dans un des cas mentionnés ci-dessus : vous pouvez, soit acheter les ouvrages auprès des éditeurs ou en librairie, soit les télécharger sur http://publications.cta.int si elles sont en accès libre. Plus de la moitié de nos titres sont téléchargeables gratuitement ! Les titres précédés du symbole sont disponibles à l’achat chez les éditeurs mentionnés ou en librairie. @ PuBlICATIOnS 24 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 Spore vous intéresse ? Vous ne pouvez vous en passer ? Nos conditions d’abonnement ont changé. A vous de jouer, si vous voulez continuer de le recevoir ! (suite page 26) Le CTA met les jeunes scientifiques à l’honneur En 2007, le CTA, en collaboration avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et d’autres partenaires clés, a décidé d’organiser dans toute l’Afrique des concours pour les femmes et les jeunes professionnels scientifiques afin de valoriser et soutenir leur participation au développement agricole et rural. Les troisièmes concours scientifiques africains, “Nourrir un milliard d’Africains dans un monde en évolution”, ont été lancés en mars 2012. Les finales ont eu lieu en juil- let de cette année, à l’occasion de la sixième semaine scientifique agricole et de l’Assemblée générale du FARA au Ghana. Le COnCOUrS SCientiFiQUe POUr LeS JeUneS PrOFeSSiOnneLS QuATRE QuESTIOnS Au DR. JEMAnESh KIFETEw hAIlE Gagnante du premier prix 2 3 4 1 Avis aux abonnés Votre abonnement prend fin en décembre. Réabonnez vous ! Qu’est-ce qui vous a poussée à participer à ce concours ? J’ai pensé pouvoir participer au concours des jeunes professionnels car en 2010 j’ai reçu le prix de début de carrière Jeanie Borlaug Laube Woman in Triticum1. Pensez-vous que le concours incite les jeunes chercheurs à promouvoir leur travail ? Absolument − ce concours est une grande source de motivation en raison des avantages importants qu’il offre aux jeunes scientifiques. Nous avons été formés à la rédaction scien- tifique, à la communication efficace et à la sensibilisation aux politiques, qui sont très utiles pour des scientifiques en début de car- rière. Le concours nous a fourni l’occasion de préciser et comprendre nos recherches. Nous avons créé un réseau d’échange d’informations scientifiques et appris à connaître d’autres cultures africaines. Notre participation à cet événement nous a permis de renforcer nos CV pour faire progresser nos futures carrières. Votre recherche portait sur la cartographie de la résistance aux souches de rouille des tiges en Ethio- pie, dont l’Ug99 du blé dur. Quelle est l’importance de ces recherches pour l’Afrique et le reste du monde ? La rouille des tiges est une maladie fongique qui s’attaque essentiellement à la tige des plants de blé. Une nouvelle souche particuliè- rement virulente a été détectée en Ouganda en 1999. Elle a touché des variétés de blé qui portaient déjà le gène résistant Sr31. Après sa détection en Ouganda, l’Ug99 s’est propagé à plusieurs autres pays africains et a entraîné des pertes de rendement qui ont atteint jusqu’à 70 % des récoltes. Mes recherches m’ont permis de trouver des régions chromo- somiques qui pourraient conférer une résis- tance aux plantes. Les résultats aideront les sélectionneurs à mettre au point des varié- tés de blé résistantes à la rouille des tiges et seront bénéfiques à la fois en Afrique et dans d’autres pays producteurs de blé. En tant que jeune chercheur, comment envisagez-vous votre avenir ? Pensez-vous que le concours vous a aidée ?   Le fait d’avoir remporté un premier prix m’a encouragée à améliorer davantage la productivité agricole de l’Afrique et à me consacrer encore plus résolument au projet de nourrir un milliard d’Africains. 1Ce prix offre des opportunités de dévelop- pement professionnel aux femmes qui tra- vaillent dans le secteur du blé en début de carrière. Le Dr. Jemanesh Kifetew Haile a gagné le premier prix du concours scientifique pour les jeunes professionnels. Originaire d’Ethiopie, elle travaille pour l’institut de recherche Ethiopia Agricultural Research Institute. URG ENT © D R AGIR AvEC LE CTA www.cta.int Le Dr. Jemanesh Kifetew Haile aux côtés des représentants du CTA, du FARA et d’autres organisations partenaires − IFS et RUFORUM. octobre-novembre 2013 | Spore 166 | 25 AgIR AvEC lE CTA Le COnCOUrS SCientiFiQUe POUr LeS FeMMeS QuATRE QuESTIOnS Au DR. nAFIISA SOBRATEE gagnante du premier prix Pourquoi avez-vous participé à ce concours ? Le concours m’a permis de présenter les résultats de mes recherches. L’atelier de for- mation destiné aux demi-finalistes qui s’est tenu à Entebbe sur la rédaction scientifique, la sensibilisation aux politiques et la com- munication a été l’occasion d’améliorer mes compétences en rédaction scientifique et d’en apprendre davantage sur l’importance de la sensibilisation. Il a aussi permis à mes collè- gues scientifiques de prendre conscience de mes capacités concernant ce sujet si impor- tant – Nourrir un milliard d’Africains dans un monde en évolution. Que vous a apporté cette expérience ? Au moment où j’ai répondu à l’appel à can- didature du concours, je venais de terminer mon doctorat et la participation au processus m’a aidée dans les débuts de ma carrière scientifique. Nous connaissons tous l’impor- tance de l’action collective pour améliorer nos moyens d’existence. La rencontre avec les autres demi-finalistes lors des grands événe- ments du calendrier scientifique africain m’a aidée à comprendre comment chacun d’entre nous peut contribuer à l’effort général visant à nourrir équitablement et durablement les populations d’Afrique et d’ailleurs. Vos recherches portaient sur la conversion de la fiente de volaille en compost. Comment les agriculteurs africains bénéficieront- ils de ces recherches ? Les principaux résultats de mes recherches démontrent que le processus de compostage a la capacité de transformer la litière de volaille en un produit sain suscep- tible de restaurer la teneur en matière orga- nique des sols. Un tel compostage peut se faire aussi bien à l’échelle des jardins pota- gers qu’à celle de l’agriculture industrielle. La production de compost à partir de fumier présente un risque bactérien puisqu’il s’agit de déchets d’origine animale. Afin de rendre le compostage utile pour les agriculteurs africains, mes recherches ont déterminé où se situaient les points faibles du processus du point de vue de la sécurité, c’est-à-dire où les pathogènes bactériens peuvent pro- liférer. Plus important encore, les résultats indiquent (i) des stratégies simples et peu coûteuses de contrôle du processus et (ii) la phase précise du processus durant laquelle il faut être particulièrement vigilant pour garantir la production d’un compost de bonne qualité et dépourvu de pathogènes. Le compostage doit être considéré comme un outil de développement pour l’agri- culture africaine. Ajouter de la valeur aux déchets agricoles par la production de com- post est un moyen d’améliorer la produc- tivité agricole et de développer des projets visant à assurer les moyens de subsistance sur les exploitations. Si vous aviez un message à partager avec les jeunes femmes qui aspirent à devenir scientifiques, que diriez-vous ? Pour devenir un scientifique productif, il faut de la ténacité, de la persévérance et de la volonté. Je suis convaincue que les femmes possèdent une force particulière pour développer et accroître ces compé- tences. Tout commence par une dose suf- fisante d’enthousiasme pour surmonter la pression sociale et s’efforcer d’intégrer les questions de genre dans toutes les stratégies. Le Dr. Nafiisa Sobratee a gagné le concours scientifique pour les femmes. Elle est originaire de Maurice et entreprend à l’heure actuelle des recherches postdoctorales à l’Université de KwaZulu Natal en Afrique du Sud. 2 1 3 4 Si vous avez co-édité un ouvrage avec le CTA, vous la connaissez ! Dynamique, souriante, calme et très professionnelle, Jenessi Matturi a gravi les échelons du Centre pour devenir la personne clé du programme des co-éditions. Elle a décidé de nous quitter et de rentrer dans son pays, la Sierra Leone, où elle prendra ses fonctions d’office manager dans une régie publicitaire outdoor. Mais Jenessi ne s’en tiendra pas là. Armée de ses diplômes en gestion de projets éditoriaux, editing et correction/révision et bientôt d’un MBA, elle vient aussi de lancer sa propre affaire. “Les occasions ne manquent pas à Freetown et même en Afrique de l’Ouest”, dit-elle. Toutefois Jenessi veut prendre son temps et ne pas se fourvoyer. “Dans un premier temps, je me cantonnerai à mon pays. Il me suffit de bien déterminer quels seront mes clients cibles puis de les démarcher. Je vise les ONGs ou la presse, par exemple”, ajoute-t-elle. Expatriée depuis de nombreuses années, Jenessi se réjouit aussi de retrouver sa famille et les nombreux amis qu’elle avait laissés derrière elle. Nous lui souhaitons bonne chance dans ses nouvelles activités et un épanouissement professionnel qui réponde à toutes ses attentes ! Une nouvelle éditrice en Afrique de l’Ouest © C TA © D R 26 | Spore 166 | octobre-novembre 2013 nos lecteurs dans le Sud Kivu (république Démocratique du Congo) ont été nombreux à réagir aux articles publiés dans le n°161 de Spore. voici quelques propos choisis. Aganze Mangara eric s’est montré particulièrement intéressé par l’article sur les banques de semences créées par les organismes d’épargne et de crédit en Ouganda, publié dans Spore 161. “Chez moi au village, sur le territoire de Kabare et même dans la province entière, nous ne connaissons pas un tel avantage pour améliorer nos activités.” De notre côté, nous espérons que le dispositif salué par ce lecteur inspirera d’autres organismes d’épargne et de crédit en Afrique. Théophile Habamungu, membre de l’organisation APAvODe, a lu avec attention le Guide Pratique du CtA Lutter contre les parasitoses du mouton . “Grâce à cette plaquette, je sais maintenant quand les moutons sont atteints de parasitose, de quel parasite il s’agit, quels sont les symptômes cliniques et je peux consulter un tableau de vermifuges. nous élevons des moutons, mais avons peu de rendement par manque de connaissances, de médicaments et de vétérinaires. J’ai partagé ce livre avec 6 voisins. ils en étaient émus et contents.” Nous sommes heureux de constater une fois encore que nos publications vous sont vraiment utiles. N’hésitez pas à consulter notre catalogue des publications sur http://publications.cta.int. Sylvestre Mungu Monjo du Groupe des techniciens vétérinaires de Kasha, quant à lui, s’est penché sur l’article Une patate bien douce. il est lui-même cultivateur de ce tubercule. Le manioc cultivé au Sud Kivu souffre de la maladie de la mosaïque et le wilt bactérien décime les bananiers. Or il s’agit là de deux aliments principaux au Sud Kivu. “Je souhaiterais, dit-il, qu’avec l’aide et la collaboration de quelques associations agro-industrielles, nous arrivions à une sélection de plants améliorés de patate douce et que nous fassions la promotion de sa consommation dans nos foyers et lors de nombreuses fêtes où l’on offre presque que des frites de pommes de terre.” Le secrétaire exécutif d’Action pour le développement agropastoral et l’habitat (ADAPH) de Mwenga, Augustin Bulambo, a été touché par l’article sur l’avocate zimbabwéenne Sithembile ndema Mwamakamba, qui défend les jeunes paysans et les femmes. “nous avons besoin de telles personnalités ici chez nous dans le territoire de Mwenga. Les jeunes paysans n’ont plus de terres parce qu’ils se partagent celles de leurs parents au fil des générations. et les femmes, selon la coutume, n’ont pas droit à l’héritage foncier.” Services aux lecteurs Écrire à Spore CtA — rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ wageningen Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 e-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore reCevOir LA verSiOn iMPriMÉe L’abonnement est : • gratuit pour les organisations et personnes actives dans le développement rural et résidant dans un pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) : s’abonner - via http://publications.cta.int en cliquant sur “Demander un abonnement gratuit“ ; - par la poste (CtA Spore Abonnements, PO Box 173, 6700 AD wageningen, Pays-Bas) ou par courriel à spore@cta.int. • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) Abonnement à souscrire auprès de SMi (Distribution Services) Ltd PO Box 119, Stevenage Hertfordshire SG1 4tP royaume-Uni Fax : + 44 1438 748844 e-mail : CtA@earthprint.co.uk reCevOir Le rÉSUMÉ GrAtUit PAr e-MAiL Abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int Lire SPORE SUr ÉCrAn • sur le Web : consultez spore.cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. Merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable. AgIR AvEC lE CTA Boite post@le AGROFORESTERIE L’agriculture à l’ombre des branches interview Agnes Kalibata, Ministre de l’Agr iculture et des ressourc es Animales du rw anda Green BUSineSS Un marché d’avenir pour les entreprises agricoles ? PAtAte DOUCe Le tubercule qui épate N°165 AOûT-SEpTEmbRE 2013 Le magazine du développement agricole et rural des pays ACP http://spore.cta.int Re-s ousc rivez ! Comment vous réabonner ? (suite de la page 25) Si vous avez un compte en ligne, allez sur http://publications.cta.int, cliquez sur ‘Mon compte’ et ensuite sur ‘Renouveler mon for- mulaire d’abonnement’. Si vous n’avez pas de compte en ligne, remplissez et retournez-nous le coupon jaune que vous avez reçu récemment par courrier. 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