C e n’est pas la première fois qu’un ar-ticle de fond de Spore débute par unescène qui se déroule à mille lieues des pays ACP. Une scène bien lointaine, d’ac- cord, mais intimement liée au désir de chan- gement qui fait bouger les habitants de ces pays, souvent d’origine rurale, et qui leur fait franchir les océans. Février 1999. New York. Amadou Diallo, un setté (émigré) guinéen de 22 ans, est abattu, le corps criblé de 41 balles, par quatre policiers à la gâchette trop leste. Il faudra des années pour établir leur culpabilité et attendre janvier 2004 pour obtenir réparation. Après le meurtre, des quartiers entiers de la ville s’em- brasent face à cette énième bavure qui frappe, une fois de trop, un membre des nouvelles communautés africaines qui émigrent au Nord depuis une dizaine d’années, et qui viennent des milieux ruraux des pays ACP. Des rues du Bronx, quartier d’adoption de Diallo, à la rue très comme il faut de Manhattan qui accueille la représentation gui- néenne auprès de l’ONU (située à quelques mètres des locaux où plus d’une interview a été menée pour Spore), des milliers de per- sonnes se rassemblent pour exiger que justice soit faite ou pour demander réparation. Il y a 20 ou 30 ans, dans leurs pays d’ori- gine, les planificateurs voyaient dans ces gens les futurs agriculteurs, transformateurs et commerçants de la nation. La présence de ces immigrés – jeunes, enragés, déterminés – sur un autre continent montre à quel point les projets peuvent être bouleversés par des évé- nements extérieurs. Cet exode atténue la ponction exercée sur les ressources locales et génère des envois de fonds massifs, plus im- portants que n’importe quel autre flux de ca- pitaux, dans les pays d’origine, d’accord, mais ce n’est que l’aspect imprévu d’un mouvement migratoire qui était, si l’on y songe, prévisible. La jeunesse, la rage, la détermination explosent dans “Rebel”, la remarquable SPORE 109 • PAGE 1 Dans ce numéro Les heures passent, mais pas à la même vitesse pour tout le monde. Les nombreux jeunes lecteurs de Spore à qui s’adresse notre article d’ouverture s’en rendront compte un jour. Toutes les heures blessent (et la dernière tue, disaient les Romains), mais des choses merveilleuses se passent à chaque instant : le miracle de la fermentation, les merveilles des systèmes d’information géographique… Les heures passent. Une seule chose est constante, c’est le changement. Permettez-nous de vous en rendre compte dans nos nouvelles brèves, publications et points de vue, et d’arrêter le temps pour vous raconter les riches heures du CTA. L’heure est bientôt venue d’un nouveau Spore. Que celui que vous avez entre les mains vous soit utile, et rende cette heure profitable. Les jeunes et le développement rural Yo! Il nous faut des héros Quelques vénérables institutions ont tardé à écouter les jeunes. Elles sont larguées, on dirait. Dommage. Car le monde et les temps changent. Ph ot o C . H ug he s © P an os P ic tu re s Information pour le développement agricole des pays ACP N° 109 FEVRIER 2004 Les jeunes et le développement rural Yo! Il nous faut des héros 1 La production de bière dans les pays ACP Toujours la même mousse 3 Systèmes d’information géographique et démocratie Un beau point de vue! 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Choix des partenaires Développement : au-delà du miroir... 16 Site Web : spore.cta.int chanson que la tragédie de Diallo a inspirée à la chanteuse américaine Lauryn Hill en 2002. “Rebel” est devenu un hymne, le cri de ralliement de nombreux jeunes à travers le monde, révoltés par les injustices qui les empêchent de faire leur chemin : M’regardez pas comme ça, comme si tout allait bien, parce je vois clair dans toutes vos manigances Mais, c’que vous voyez pas, c’est toutes les conséquences Pour vous, notre vie est insignifiante, sans importance, Pendant que l’histoire se répète, avec un goût amer, Et pendant que les gens dorment, confits dans leur confort. Le soleil brille aussi pour toi En prêchant la révolte, Lauryn n’a pas prê- ché dans le désert. Rébellion rime avec jeu- nesse, c’est bien connu. Et puis je vais te dire, rebelle-toi, ça peut pas continuer comme ça Fais le bon choix... Fais le bon choix... Pendant que les gens dorment, confits dans leur confort T’aimerais bien avoir un destin, au lieu de cette vie qui craint. Encore que.... Les jeunes sont-ils vraiment aussi révoltés qu’on le croit ? La poétesse Iriel Jayeed a évoqué la chanson de Lauryn dans le “webzine” (magazine électronique) Baobabconnections, qui s’adresse aux jeunes Africains : “Rebelle-toi ? Je suis sûre que ses disques se sont vendus comme des petits pains, mais j’ai pas vu grand monde se révol- ter ! On est toujours des nazes d’esclaves pri- sonniers ! Moi je demande : pourquoi les gens dorment, confits dans leur confort ? Pourquoi les artistes de 2002 répètent les mots des esclaves de 1922 ? Faut vraiment réinventer la roue ? Il y a rien de nouveau sous le soleil, c’est vrai. Mais n’oublie pas qu’il brille aussi pour toi. On est tous ‘inter- nationaux’ et on pave la route de l’enfer de nos bonnes intentions ! Quand l’heure du soulèvement aura sonné, révolte-toi, rebelle- toi !” Des mots pour dire les maux Est-ce le langage des jeunes paysans des pays ACP ? Certainement pas, se diront avec es- poir certains, préférant se bercer de l’illusion que ces émotions naissent dans des sociétés urbaines, que les mots de Dylan “vos enfants ne sont plus sous votre autorité” s’adressent à d’autres. En fait, non. Mettez-vous ça en tête. Même si ceux qui préfèrent oublier qu’ils ont été jeunes un jour sont parfois intolérants vis-à-vis des jeunes d’aujourd’hui, il ne fait pas de doute que les germes du ressentiment juvénile sont présents dans la plupart des pays en développement. Des exemples ? S’il ne vous suffit pas de regarder autour de vous, prenez la politesse combative de la Stratégie de Dakar pour le renforcement de la capacité d’action des jeunes, élaborée lors du quatrième Forum mondial de la jeunesse (accueilli par le Sénégal en août 2001) et amputée de ses idées les plus audacieuses par quelques cor- recteurs de l’ombre, qui n’étaient en général plus de la prime jeunesse. Comme si elle fai- sait allusion à l’histoire de Diallo (et c’est ainsi que certains délégués d’Afrique de l’Ouest la percevaient), la Stratégie confir- mait l’exode de la jeunesse rurale. “La mobi- lité et l’émigration de la main-d’œuvre vers des zones de fort emploi ne peuvent être niées ou arrêtées.” Ou prenez les propos du jeune Jamaïcain Richard Williams, qui déclarait dans Spore 90 : “Mon père a passé toute sa vie au pays, à travailler dans une ferme et, voyez-vous, il devait être idiot pour avoir fait cela car, qu’est-ce que ça lui a rapporté ? Je ne ferai sûrement pas comme lui.” Des mots aux connotations trop émotion- nelles ? Bien. Laissons parler les chiffres froids et objectifs de l’Office de la jeunesse de l’ONU. En 2005, plus d’un Africain sur cinq, soit 20,6 % d’une population estimée à 891 millions de personnes, aura entre 14 et 25 ans (et notez que, pour d’autres organisa- tions, on est “jeune” jusqu’à 30 ou 35 ans). Du jamais vu. La plupart de ces jeunes se- ront mal employés, ou sans emploi. En Afrique du Sud (le pays ACP qui dispose des statistiques les plus précises), le chômage frappait 56 % des jeunes en 2000. Un fléau qui contamine tout, lorsqu’il atteint de telles proportions. Et c’est le secteur informel – n’offrant aucune protection, échappant aux statistiques – qui fournit le gros du travail (parfois plus de 90 % des emplois) que les jeunes peuvent produire. Voilà l’injustice dont sont victimes les gens jeunes, capables et dépourvus d’expérience : selon le Bureau international du travail (BIT), le chômage est trois fois plus élevé chez les jeunes que chez les adultes dans la plupart des pays en développement. Sans revenus, point de salut La sécurité des jeunes, et donc la stabilité de la société de demain, repose sur l’emploi. L’activité frénétique de tous les marchés, ur- bains ou ruraux, témoigne des efforts qu’ils déploient pour se procurer des ressources et des revenus significatifs. Ce qui leur manque, c’est la possibilité d’acquérir un métier, par l’éducation et par la formation aux problèmes techniques et de gestion, par l’accès à la terre, à la technologie et au crédit. Et ce n’est pas à coups de budgets unique- ment que les organisations compétentes ré- pondront à ces besoins : une révolution dans les mentalités est nécessaire. Il faudra au chargé de clientèle d’une coopérative de crédit un zeste d’esprit rebelle pour modifier sa technique d’analyse du risque et accorder un prêt à un jeune agriculteur en excluant les frais d’assistance commerciale, ou en inté- grant les dépenses liées au sida. Cela peut tout changer. Au Nigeria, le programme LEAP (axé sur les techniques de direction, la responsabilité et le profession- nalisme) stimule une kyrielle de jeunes en- treprises, tout comme le programme Citi Savings and Loans d’Accra (Ghana), qui in- tervient dans le secteur du traitement ali- mentaire, ou le Service d’aide aux jeunes en- trepreneurs d’Afrique du Sud. Autant d’ins- titutions qui se sont comportées en rebelles en leur temps. La fureur de vivre et la volonté de réussir Certains rebelles parviennent jusqu’aux plus hautes sphères, en présentant leurs idées en termes plus prudents qu’Iriel Jayeed, mais avec autant de passion et de verve. James Wolfensohn, le directeur de la Banque mon- diale, qui ne s’est jamais trop soucié des conventions, s’emploie à mettre sur pied le réseau pour l’emploi des jeunes (né d’une initiative de la Banque mondiale, du BIT et de l’ONU) avec des représentants des jeunes travailleurs. Il faut aussi saluer le Commonwealth Youth Programme, qui a lancé des programmes visant à réorganiser les services d’assistance offerts aux jeunes en- trepreneurs ruraux en Zambie et ailleurs. Certaines institutions internationales, fi- gées dans un immobilisme maussade, sont à la traîne dans ce domaine et mériteraient d’être aiguillonnées par Lauryn Hill. Ainsi, les programmes de suivi promis par les gou- vernements lors du Forum de Dakar sont restés au placard, que ce soit dans le domaine de l’éducation, du VIH/SIDA, de la protec- tion de l’environnement, de la connectivité rurale ou de la création d’entreprises. Et le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) explique l’absence de toute politique en faveur des jeunes dans ses projets de régénération de la culture africaine en invoquant le manque de temps. Aïe ! Le jeune agriculteur qui entendra ça fera, comme dit Lauryn, le bon choix. Faites le bon choix, les potes. Voir aussi : Repères La chanson “I find it hard to say (Rebel)” de Lauryn Hill librement traduite dans cet article fait partie du double CD “Lauryn Hill MTV Unplugged”, Columbia CD E469494, 2002 SPORE 109 • PAGE 2 Une petite pause au seuil de l’existence Ph ot o C .P en n © P an os P ic tu re s Les jeunes et le développement rural • La production de bière dans les pays ACP Toujours la même mousse Deux colosses s’affrontent, et le matchest serré. Voici à ma droite le colossedu Nord, la bière industrielle : pils ou lager quand elle est blonde, stout quand elle est brune, en cannette métallique ou en bouteille ; 1,4 milliard d’hectolitres pro- duits chaque année dans le monde, dont en- viron 70 millions en Afrique, Caraïbes et Pacifique, dans des brasseries-usines repre- nant les protocoles de fabrication et le maté- riel mis au point en Europe au XIXe siècle. Presque chaque pays ACP a “sa” brasserie et “sa” bière. Les capitaux sont européens (Hollande, Allemagne, France), nationaux (parfois d’État) ou régionaux : à l’échelle mondiale, l’Afrique du Sud est un acteur majeur du secteur de la brasserie. La matière première est presque toujours importée : c’est l’orge, une céréale qui pousse mal sous les climats tropicaux. Au final, une boisson pétillante, un peu amère, désaltérante, mo- dérément alcoolisée, un produit assez stan- dardisé en fait. La bière industrielle voyage facilement, se conserve plusieurs mois, et se vend bien : considérée comme un produit valorisant, c’est un signe de prestige et de modernité autant qu’une boisson. Une géante aux pieds d’argile À ma gauche, Mesdames et Messieurs, la géante du Sud : la bière traditionnelle arti- sanale. Un volume de production qui échappe aux statistiques, mais sans nul doute énorme. On devrait d’ailleurs en parler au pluriel, tant il y en a de différentes. Il y a la grande famille des dolos produits à partir de sorgho, de mil ou millet : amgba au Cameroun, bili-bili au Tchad et en RCA, chapalo au Niger, burukutu au Nigeria, et tant d’autres. Il y a celle des bières fabriquées à partir de banane ou de plantain : urg- wagwa en Ouganda, mbégé en Tanzanie, kasi-kisi au Zaïre, etc. N’oublions pas non plus la cohorte des bières fabriquées à partir de blé en Éthiopie, de maïs dans le Sud-Est de l’Afrique ou de manioc en Afrique du Sud et aux Caraïbes. Généralement troubles et peu pétillantes, elles sont presque toujours fabriquées par les femmes et elles ont un goût particulier qui dépend des recettes et des variantes locales, des céréales ou des fruits employés : que l’on change de variété de sorgho, par exemple, que l’on fasse chauffer le moût un peu plus ou un peu moins longtemps, et le goût sera complètement différent. Les productrices appliquent des recettes transmises de généra- tion en génération. Leur bière est un produit vivant, c’est ce qui fait sa force : les consom- mateurs locaux l’apprécient, d’autant plus qu’elle est bon marché et disponible dans chaque village. C’est aussi ce qui fait sa fai- blesse : elle doit être vendue dans le voisi- nage immédiat car elle s’altère rapidement. Toujours la même mousse Ces boissons ne sont pourtant pas si diffé- rentes. Pils ou dolo, il s’agit bien du même produit. À la différence du vin, qui résulte de la fermentation d’un jus sucré – de fruit la plupart du temps –, la fabrication de la bière implique une étape supplémentaire : trans- former d’abord un amidon en sucre par hy- drolyse. C’est un processus complexe, connu depuis près de 6 000 ans, qui a pour avan- tage de permettre d’utiliser toutes sortes de céréales, légumineuses ou fruits farineux comme matière première. Si le malt d’orge s’est imposé comme produit de base, c’est donc plus un fait culturel, un effet de la mondialisation, qu’une réelle obligation technique. Plusieurs brasseries africaines (Botswana Breweries, Chibuku Breweries au Malawi, Ingwebu Breweries au Zimbabwe) prouvent tous les jours que l’on peut produire de la bière de sorgho – un mélange de sorgho et de maïs, en fait – en quantité industrielle. C‘est un marché en développement : National Sorghum Breweries, en Afrique du Sud, était une entreprise moribonde au mo- ment de sa privatisation en 1990. Elle a été rachetée par plus de 10 000 actionnaires de la communauté zoulou et produit mainte- nant 400 000 hectolitres par an d’Ijuba, la bière traditionnelle ; elle propose également la Nini-Nanini, une bière de sorgho parfu- mée à la banane et à l’ananas. En Ouganda, Nile Breweries lance sur le marché la bière de sorgho Eagle, pour laquelle le maltage est remplacé par une adjonction d’enzymes in- dustriels. South African Breweries, le plus grand brasseur du continent, a investi dans plu- sieurs de ces petites brasseries : c’est un signe clair qu’il y a des bénéfices en vue. Moins de recettes, plus de chimie Plusieurs expatriés, souvent ingénieurs, ont eu la même idée : Richard Okambawa, un Béninois exilé au Canada, a mis au point une formule industrielle de fabrication de shakparo, et Michel Rubayiza, un Rwandais, a monté en France une micro-brasserie qui produit chaque année quelques centaines de milliers de bouteilles de dolo de la marque Sangano, à destination de la diaspora afri- caine. Ils sont partis des recettes tradition- nelles, les ont rationalisées et adaptées à un processus industriel. Alors, qu’est-ce qui em- pêche les productrices artisanales d’en faire autant ? Le poids de la tradition, sans doute : le processus de fabrication de la bière est extrêmement complexe, et il faudrait les aider à mieux comprendre ce qui se passe dans leurs chaudrons ; c’est, comme sou- vent, une question de formation et d’infor- mation. Elles pourraient mieux organiser la fabrication, corriger les défauts et augmenter leur production. Les producteurs de céréales ne s’en plaindraient pas, et les consomma- teurs non plus. À votre santé ! SPORE 109 • PAGE 3 Ph ot o R. A nt ho ny © H ol t St ud io s Ph ot o P. Bo nn et © C ira d La bière artisanale ne mousse pas beaucoup, mais les productrices pétillent La bière est la boisson la plus consommée au monde – après l’eau, bien sûr. Mais de quelle bière parle-t-on ? De la bière industrielle en bouteilles, ou de la bière artisanale produite et consommée localement ? Ces deux types de bières se disputent un marché gigantesque. On en oublierait presque qu’il est possible de produire et commercialiser à petite échelle des bières stables à partir de céréales locales. • La production de bière dans les pays ACP Aujourd’hui, si vous avez la chance devoler jusqu’à Kingston, Jamaïque, etsi le vent est orienté à l’ouest, vous vous trouverez, environ 35 secondes avant d’atterrir, au-dessus de la ville de Portmore, qui abrite près de 70 000 âmes. Elle est bâtie sur un marécage asséché mais encore in- stable, situé à la pointe sud-ouest de la baie de Kingston, elle-même cadeau inappré- ciable de la nature pour le commerce mari- time, tant elle est agréable. Sous les rues dessinées par des planificateurs rigides, à côté de quelques plantes et chèvres des agriculteurs urbains, sur le sentier tracé par les pas de piétons indisciplinés, à travers des lotissements abandonnés et quelquefois même sous des rangées de maisons, vous dis- tinguerez des lopins de terre plus sombres. La terre se détache davantage lorsqu’on la voit d’en haut, en raison de l’humidité. Ce sont les traces de l’ancienne marée, dont la terre et la mer se souviennent encore, même si les plani- ficateurs l’ont oubliée, car ils l’ont drainée et recouverte de remblai, de sable et de bâti- ments. Aujourd’hui, un passager aérien astu- cieux (conseil : choisissez un siège sur le côté droit), peut observer tout cela et réfléchir sur les relations entre l’homme et la nature. Puis, cinq secondes plus tard, on survole le village de Port Royal (voir Spore 85 et le numéro du millénaire), le premier à avoir été englouti par la mer après le tremblement de terre de 1692. Malheur sur Portmore, dit-on ici. Rassembler les éléments d’un puzzle Exploiter les vues aériennes d’un paysage physique, pour observer et interpréter tous ses détails, est désormais une activité scienti- fique bien établie, grâce aux systèmes d’in- formation géographique (SIG). Les données sont recueillies et rassemblées à partir de me- sures, de textes, de cartes, de vues et d’images d’une zone définie (vue d’une colline voi- sine, d’un cerf-volant, d’un avion ou même d’un satellite) et permettent d’examiner la couverture naturelle et les interventions de la population. En convertissant ces données en strates, (comme dans les diagrammes), le SIG per- met à son utilisateur de voir comment di- verses séries de données peuvent se rapporter les unes aux autres : les relations possibles, par exemple, entre l’incidence d’une trypa- nosomiase et les changements de la couver- ture végétale en lien avec des changements climatiques, ou les tensions que ces change- ments provoquent en termes de droits fon- ciers sur les terres, ou entre l’impact de la déforestation – liée aux activités humaines – sur l’écoulement des eaux et les dépôts d’al- luvions fertiles en aval. Ces liens sont certes visibles par l’œil humain, mais les données et les graphiques proposés par le SIG permet- tent un traitement plus rapide et rendent le processus plus facile et plus informatif. En résumé, la valeur d’un SIG – pour chaque niveau d’acteurs dans le développement rural (et urbain) – est, dans le jargon, multi- fonctionnelle et potentiellement très enri- chissante. Mais pour qui, exactement ? La technologie ? Emparons-nous en ! Une explication encyclopédique (Encarta) in- dique que “les chercheurs utilisent les images SIG comme des modèles, en font des me- sures, rassemblent des données et testent des idées”. Pour les nombreuses communautés et spécialistes du développement qui veulent s’approprier les SIG, cette description doit aller au-delà du cercle de la recherche. C’est sans doute en raison de la jeunesse des SIG que les écoles de pensée de la communauté scientifique qui travaillent sur ce thème les qualifient de “participatifs”, “orientés par la ressource”, “intégrés à la communauté’ ou “au service de la population”. Quelles que soient les étiquettes, l’appro- priation des technologies des SIG n’est certai- nement pas une tâche aisée. Les techniques de collecte, de présentation et de mise en forme des données sont en général plutôt sophisti- quées – bien qu’elles intègrent des innova- tions comme les caméras installées sur des cerfs-volants (voir Spore 85 et une nouvelle publication sur ce thème qui sera analysée dans Spore 110), qui sont des apports relati- vement simples et appréciés. Certains spécialistes des SIG, férus de participation, ont mis au point une approche entièrement nouvelle, qui s’applique notam- ment au secteur de la gestion des ressources naturelles. Elle est centrée sur la “modélisa- tion participative en trois dimensions” (MP3D) à travers la construction, par les communautés locales, de modèles à l’échelle physique, en sculptant et coloriant des pay- sages dans des feuilles de carton disposées en couches et collées entre elles. Les partisans de cette approche – qui est développée au sein du Centre régional pour la protection de la biodiversité dans les pays du Sud-Est asiatique (ASEAN), aux Philippines, avec le soutien de l’Union européenne – sou- tiennent passionnément que l’exploitation de ces modèles en relief dans un processus de consultation participative peut devenir une forme émancipatrice de gestion globale du savoir. L’approche MP3D a déjà été utilisée avec succès pour résoudre des conflits fonciers dans la cordillère philippine. Approchons-la toutefois avec humilité. Le coauteur de Participatory 3-dimensional modelling: Guiding principles and applications, SPORE 109 • PAGE 4 Systèmes d’information géographique et démocratie Un beau point de vue! Souvenez-vous, quand vous avez appris à marcher et à courir et que vous avez commencé à sauter, comment vous bondissiez aussi haut que le ciel en pensant que vous pourriez rester là-haut pour toujours. Quel beau point de vue vous auriez eu ! C’était SIG-1, votre premier système d’information géographique. Vu d’en haut, tout est plus facile : repérez-vous par satellite ! Ph ot o © N .C ho rie r / C ira d Ph ot o F. H oo ge rv or st © P an os P ic tu re s SPORE 109 • PAGE 5 • SIG et démocratie Giacomo Rambaldi, nous alerte sur le fait “qu’une plus grande participation des com- munautés peut faire apparaître un nombre plus important d’intérêts, quelquefois conflictuels. Il est donc important que le processus soit soigneusement préparé, bien géré et ancré dans une intervention de longue haleine, en mesure d’imaginer de nouvelles dispositions susceptibles de ré- pondre aux réalités nouvelles générées par le processus lui-même”. Cette image de vous vous appartient-elle ? Il nous reste à espérer que les méthodes P3DM pourront s’adapter aux différents contextes et pratiques de formation qui pré- valent dans les régions ACP. Cela pourrait conduire des groupes de producteurs des pays ACP à formuler de nombreuses de- mandes pour des SIG utilisables en média- tion et gestion foncière, en gestion des ressources naturelles et en développement des infrastructures. Cela pourrait également déboucher sur d’autres utilisations des SIG. Et même à ce stade, des questions plus gé- nérales continueront à se poser. Comment qualifier les données SIG, en tout état de cause ? En réalité, certaines autorités et même certains propriétaires terriens ne seront peut- être pas très satisfaits par ces collections de données rassemblées dans des technologies difficiles à interdire. Y verront-ils une forme d’espionnage ? Saisiront-ils l’usage que l’on peut faire de ces outils en matière de démo- cratisation ? Ou entendront-ils, comme ils le devraient, le refrain de cette chanson pay- sanne celtique : “La terre ne vous appartient pas, vous lui appartenez” ? Pour plus d’information Potentiels d’application des SIG et de la télédétection pour le développement rural en Afrique sub-saharienne. Actes bilingues (anglais-français) d’un séminaire, Enschede (Pays-Bas), 1997. CTA, 1998, 268 p. ISBN : 92-9081-1986 Numéro CTA 908. 40 unités de crédit Participatory 3-dimensional modelling: Guiding principles and applications par G. Rambaldi, J. Callosa-Tarr ARCBC, Philippines, 2002, 82 p. ISBN : 971-8986-47-2 PDF (versions 4 Mb ou 11Mb) gratuit : www.iapad.org Copies imprimées avec un kit de ressources multimédia supplémentaires sur CD : 13,40 GBP • 20,25 t Code de commande : #134749W NHBS Mailorder Bookstore 2-3 Wills Road, Totnes, Devon TQ9 5XN Royaume-Uni Fax : + 44 1803 865280 E-mail : sales@nhbs.co.uk Dossier complet de documents SIG et MP3D (P3DM en anglais), personnes-ressources et liens : www.iapad.org Au Vietnam, mieux qu’un long discours, cette maquette en relief montre aux parties prenantes les enjeux de l’accès à la terre et à l’eau Prenez des chiffres (un recensement de population, des mesures de récoltes, des relevés météo), combinez avec des cartes (le relief, les rivières, les limites administratives), mettez tout cela ensemble et visualisez ce qui vous intéresse : une carte montrant que les récoltes sont plus abondantes dans les villages du bord du fleuve, par exemple. Vous venez de créer et d’utiliser un système d’information géo- graphique. C’est plus compliqué que cela ? Oui, bien sûr, sinon la démocratisation des SIG ne serait pas un tel enjeu. Mais même complexe, un SIG est toujours un empilement de couches de données, comme dans le graphique ci-joint. Voyons de quoi sont faites ces couches, étape par étape, en commençant par le bas. 1) Au début, il y a souvent une photo d’une zone, faite par un satellite, un avion ou même un cerf-volant. La photo est parfois déjà prise à travers un filtre (infrarouge, etc.), mais le plus souvent brute, tout simplement. 2) On traite ces photos sur un ordinateur, pour faire ressortir des données importantes avec des couleurs arbitraires : vert pour les sols nus, rouge pour la végétation, noir pour l’eau, etc. 3) On fait des cartes (de végétation, de cultures,etc.) en se servant des photos traitées à l’étape précédente 4) On combine ces cartes avec des bases de données rassemblant des informations de terrain pour en extraire des cartes spécifiques. Comment se construit un système d’information géographique Ph ot o G . R am ba ld i A RC BC Construction B. Favre / Images Cirad Dindes en alerte ■ Le cauchemar des maladies animales dans l’agriculture euro- péenne prendra-t-il fin ? Depuis octobre 2003, des cas de maladie du point noir facial (blackhead disease) ont été relevés dans des élevages de dinde en Belgique, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. Elle est liée à la pré- sence de protozoaires (orga- nismes monocellulaires) dans les vers de terre. Ingérés par les oiseaux, ils affectent leur foie et leurs intestins et donnent à leur sang une teinte bleuâtre – ce qui noircit la tête des dindes. Cette maladie est présente dans de nombreux pays, mais elle est moins contagieuse que la grippe aviaire qui a déferlé sur l’Asie du Sud-Est début 2004. Bien que les poulets en soient porteurs, ils n’en sont pas affectés eux-mêmes. Mais les dindes, une fois infec- tées, le restent assez longtemps, de même que les exploitations où elles sont élevées. Le point noir facial n’est pas inscrit dans la liste des maladies de catégorie A de l’Office international des épi- zooties (OIE) et la Commission européenne n’a pas décidé d’in- terdire l’exportation d’œufs, de viande et d’animaux vivants. Bien qu’elle n’ait pas de conséquences sérieuses sur la santé publique, la maladie peut causer une morta- lité dans les troupeaux et des pertes financières sévères. Le problème est aggravé par le fait que les seuls remèdes dispo- nibles (dimétridazole et nifursol) pour traiter cette maladie ont été interdits par la Commission début 2003, car ils sont can- cérigènes pour les humains. L’importation d’animaux vivants peut alors être risquée. L’Afrique a importé plus de 7 millions de dindes vivantes d’Europe en 2002 (dont 2 mil- lions pour la seule Madagascar). La France, l’Allemagne, les Pays- Bas et le Royaume-Uni sont les plus gros exportateurs de dindes vivantes. Pour éviter les animaux infectés, les acheteurs doivent de- mander une garantie aux ven- deurs ou prendre des mesures de quarantaine. Prévenir cette mala- die n’est pas facile ; ce n’est pos- sible qu’en traitant les dindes avec des anthelmintes, qui tuent les vers dans les intestins, ou en gardant les dindes à l’intérieur, ou encore à l’extérieur sur du gra- vier, pour éviter tout contact avec les vers de terre. En bref • Ça marche ou pas ? C’est maintenant au tour du marché de la médecine traditionnelle d’être organisé en Afrique du Sud. Les instituts de recherche et les universités ont mis conjointement en place un Centre virtuel des médecines traditionnelles pour stimuler la recherche et renforcer la validité de leurs revendications thérapeutiques. Une première étude a été entreprise sur Sutherlandia microphylla, utilisé dans la lutte contre le VIH/sida. Site Web : www.sahealthinfo.org/ traditionalmeds/traditionalmeds.htm Nos vieilles plantes ont de l’avenir Une des façons de protéger les plantes sauvages et le savoir que nous avons sur leurs usages, c’est de les cultiver. Le travail accompli dans ce domaine par Rukararwe Partnership Workshop for Rural Development (RPWRD), dans le district de Bushegi, région ouest de l’Ouganda, lui a valu un prix décerné par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), fin 2003. Deux associations locales d’herboristes travaillent d’arrache-pied. ✍ RPWRD PO Box 275 Busheny - Ouganda E-mail : nyinebitahwa@yahoo.com Site Web : www.rukararwe.kabissa.org Chambo fish, le retour Les réserves de Chambo fish du lac Malawi sont en train d’être reconstituées grâce à un plan lancé par le ministère des Pêches, fin 2003. Les prises avaient chuté de 12 000 à 800 tonnes, de 1970 à aujourd’hui, en raison de la surpêche, d’équipements de pêche illégaux, du nombre croissant de pécheurs et de la destruction des habitats. Grâce à la constitution de zones et sanctuaires protégés, les pêcheurs ont pu constituer des communautés de villages côtiers, afin de surveiller le lac. L’objectif est de porter les prises à 8 000 tonnes par an, dès 2015. Le troc, c’est leur truc Les échanges de matériaux génétiques pour les noix de coco apportent du sang neuf aux programmes de reproduction, mais il faut surmonter les contraintes de la quarantaine. La réponse : enlever l’embryon de la noix et le faire pousser en culture tissulaire. La station de recherche Stewart en Papouasie- Nouvelle-Guinée (PNG), mise en place en 2000 pour procéder à des cultures de variétés de noix de coco pour le Pacifique, a récemment troqué 200 plantules cultivées sur tissu provenant de sept variétés de PNG contre 200 plantules provenant d’un institut sri-lankais. SPORE 109 • PAGE 6 Faudra-t-il chercher le point noir dans la tête rouge ? ■ Il a fallu 30 ans pour que le développement durable débouche sur un Sommet mondial des Nations unies en 2002, l'agricul- ture existait depuis déjà 13000 ans, lorsque le premier Sommet mondial de l'alimentation a été organisé en 1996, et les femmes n'ont connu leur première Conférence mondiale qu'en 1995. Mais, avec les technologies de l'information et de la commu- nication, les règles ont changé. Elles étaient encore toutes jeunes, quand, en 2003, elles avaient déjà obtenu leur premier Sommet mondial sur la société de l'infor- mation, à Genève, en décembre 2003, avec une suite, prévue à Tunis en 2005. Nous sommes entrés – et il faut un passe électronique pour cela – dans un nouveau style de sommet mondial. La partie officielle, avec les délégations gouvernementales et près de 60 chefs d'État, était plutôt insipide avec l'habituelle pression des ONG et des groupes industriels, comme dans les som- mets précédents. En fait, la so- ciété civile, bien représentée, a souligné les problèmes liés à l'ac- cès universel, la connectivité ru- rale, et l'importance de combler toutes sortes de fossés numé- riques. La question centrale, qui consiste à s'interroger sur qui pro- duit, possède et domine l'essentiel des technologies et des logiciels clés a été éludée ; les sociétés vi- sées ont simplement souri avec bienveillance en promettant quelques projets pilotes de parte- nariat et attendu poliment que la bouffée de chaleur se dissipe dans l'air frais de l'extérieur. Cela nous rappelle une fois de plus que la gouvernance mondiale, c'est aussi la gouvernance de l'entreprise. L'atmosphère était toute diffé- rente dans la zone des expositions, un bazar de boutiques et de cafés où de jeunes entreprises dyna- miques exposaient leurs services et concluaient des marchés. L'in- vestissement consenti par plu- sieurs agences, dont le CTA, pour assurer une forte présence des pays ACP afin qu'ils fassent connaître leurs réalisations a été payé en retour. Quelques exemples : Manobi, le fournisseur d'accès pour le commerce électronique agricole au Sénégal ; le Mozam- bique qui a pu faire la démonstra- tion de la façon dont il exploite les systèmes d'information géogra- phique (SIG) pour la planification régionale de la prévention des inondations ; les groupes de jeunes Initial et Webtrotteurs (voir Repères) ; et Open Know- ledge Network, un consortium de groupes africains et asiatiques qui ont lancé des expériences dans les domaines de l'agriculture, la santé et l'éducation avec "un contenu local, des populations locales, des langues locales". Dans les allées du bazar, les pe- tits prestataires de services avaient de petites boutiques et les four- nisseurs d'accès commerciaux de plus grandes. Les plus grandes, qui n'étaient pas à leur place, étaient occupées par ces nou- veaux types d'agences intermé- diaires et de coordination, toutes essayant de conquérir de nou- veaux partenaires locaux pour se faire valoir. Plusieurs vieux rou- tiers, revisitant la société de l'in- formation, qu'ils avaient contribué à créer 20 ans plus tôt, ont marmonné dans leurs mo- dems et leurs barrettes de mé- moire : “N'avions-nous pas une hiérarchie différente à l'esprit ?” ✍ Open Knowledge Network Africa Programme Office c/o AKC Melrose Arch, Johannesburg Afrique du Sud E-mail : akinsanmi@oneworld.net Site Web : www.openknowledge.net Enfant prodige Ph ot o. W ils on © H ol t St ud io s Au feu ! Malgré les essais en champ, la culture du maïs dans la région de savane guinéenne du nord du Nigeria n’a jamais semblé pouvoir atteindre les résultats espérés. Au lieu des cinq tonnes attendues, avec l’utilisation d’engrais, les producteurs n’obtiennent qu’une à deux tonnes. Les chercheurs de l’Institut international d’agronomie tropicale (IIAT) expliquent ces mauvais résultats par un manque de soufre, causé par les brûlis des résidus de récolte. Un peu de soufre aurait donc permis de doubler le rendement de la récolte. Arbre à pommade… Des chercheurs de l’université Nkrumah (Ghana) et du King’s College (Royaume-Uni) ont montré que l’écorce de la tige de Spathodea campanulata (tulipier africain) ainsi que les pousses de Secamone afzelii, toutes deux utilisées dans une pommade par les Ashanti, pour cicatriser les blessures, sont véritablement efficaces contre les bactéries communes. … et arbre à savoir L’Institut mondial de la forêt (WFI), une division du Centre forestier mondial (WFC), offre des bourses aux chercheurs anglophones pour travailler à l’Institut sur une période de six mois à un an. ✍ A. DiSalvo International Fellowship Program Manager World Forest Institute 4033 SW Canyon Road, Portland, OR 97221, États-Unis E-mail : adisalvo@worldforestry.org Site Web : www.worldforestry.org/wfi Chèvres de tous les pays… L’International Goats Association organisera une Conférence scientifique sur les chèvres, leur production et leur utilisation, du 3 au 7 juillet 2004, en collaboration avec l’université de Pretoria, Afrique du Sud. ✍ ICGSA 2004 PO Box 102100 Moreleta Plaza Pretoria 0167 Afrique du Sud Fax : + 27 12 420 3290 Site Web : www.icgsa.co.za Plus de sûreté Le 24 février 2004 est la date d'entrée en vigueur de la Convention de Rotterdam – qui permet aux pays d'exiger un consentement préalable avant l'usage ou la manipulation de pesticides dangereux (voir Repères, Spore 107). Près de 58 pays – le minimum requis était de 50 – ont désormais ratifié le traité. Un grand jour pour la sûreté ! Site Web : www.pic.int • En bref SPORE 109 • PAGE 7 ■ Selon un chercheur en environ- nement, cité par l’agence France- Presse, la pollution causée par l’exploitation de fleurs à grande échelle peut faire des ravages dans le lac Naivasha, au Kenya. Les pluies torrentielles que le Kenya a connues en 2000 ont charrié d’énormes quantités de produits chimiques dans le lac, tuant des “millions de poissons et autres formes de vie aquatique”. Les fleurs constituent la troi- sième ressource en devises du Kenya, après le thé et le tourisme (secteur en déclin toutefois), rap- portant plus de 100 millions de $ US par an. L’utilisation intensive de l’irrigation a fait baisser le ni- veau du lac Naivasha – la princi- pale source d’eau pour la zone de culture extensive de fleurs. Le rapport de recherche indique que la biodiversité du lac est me- nacée par les produits agrochi- miques – dont certains sont, semble-t-il, interdits –, la surex- ploitation de la pêche, les vidanges de fuel des installations techniques des exploitations et la pression de la population. James Kelmanson, directeur technique de la société hollandaise Oserian Flowers, refuse d’ad- mettre l’impact de ce secteur d’ac- tivité sur le lac. “Nous avons une eau d’excellente qualité et nous disposons d’un traitement adéquat des eaux. Nous ne déversons aucun produit chimique ni quoi que ce soit dans le lac. Nous maî- trisons nos techniques de culture.” Les chercheurs et les environne- mentalistes ont lancé, en 2002, un autre avertissement : deux autres lacs – le Bogoria et le Baringo – auront disparu d’ici dix ans en rai- son de l’importante déforestation dans leur zones de captage de l’eau et de l’envasement de la région de culture des fleurs. Alerte à la pollution sur les lacs kenyans ■ “Ce n’est qu’un modeste début”, dit Mohammed Majzoub, directeur d’Intermediate Techno- logy Development Group (ITDG Soudan). “Nous avons commencé en mettant en place un projet de formation en transformation agroalimentaire. Nous avons par la suite réalisé que nous avions, en fait, contribué à l’émergence d’or- ganisations communautaires de femmes – les associations pour le développement des femmes (WDA).” Fin 2003, il y avait 16 de ces WDA au Soudan, huit nouvelles associations étant prévues en 2004. Six d’entre elles intervien- nent dans l’est – où elles ont formé 9 200 femmes – et 10 se situent dans l’ouest où elles ont formé 2 000 femmes. Plus de 80 % des femmes ont utilisé leurs compétences nouvelles pour améliorer la nutrition familiale et près de 500 ont créé leur propre entreprise. La sécurité alimentaire s’est améliorée et de nombreuses femmes sont maintenant en mesure d’acheter des médica- ments. Un accès amélioré aux marchés locaux est un de leurs principaux acquis car, unies, les femmes peu- vent mobiliser leur force collec- tive pour demander davantage d’autorisations pour les étals sur les marchés. La croissance de la demande de produits laitiers a permis à une femme, très habile, de capter le marché local avec ses yoghourts. Elle est désormais en compétition avec Cabo, une marque nationale. Elle emploie cinq personnes pour vendre ses produits sur le marché. “Les revenus que le mouvement des femmes a su générer l’ont ren- du si populaire qu’un nouveau projet est en cours de formu- lation”, déclare Mohammed Majzoub. “Il sera consacré à l’ap- pui à la commercialisation des produits alimentaires transformés et au renforcement du mouve- ment.” Trop de fleurs, plus assez de biodiversité La journée d’une marchande n’est jamais finie Ph ot o L. Ta yl or © P an os P ic tu re s Libérer le potentiel des femmes au Soudan Ph ot o F. H oo ge rv or st © P an os P ic tu re s Du chercheur au consommateur ■ On pense généralement que les chercheurs sont des gens un peu timides, mais ce n'est pas le cas à l'Institut national de recherche agricole de Papouasie-Nouvelle- Guinée (NARI) où les directeurs et les chercheurs, comme dans les six centres régionaux de ressources, doivent consacrer 30 % de leur temps et de leurs ressources à com- muniquer de façon interactive avec les agriculteurs et les agences de vulgarisation. C'est même écrit dans leur mandat de 1998 : “Le travail du NARI, c'est l'informa- tion.” Déjà rompus aux émissions de radio, aux foires, aux articles dans la presse et aux brochures de dis- cussions, les chercheurs du NARI ont enrichi leur boîte à outils de communication en y ajoutant des mécanismes formels de distribu- tion. Ils distribuent désormais pu- bliquement – pour répondre aux besoins prioritaires des agriculteurs – des variétés de cultures amélio- rées et testées ainsi que des techno- logies. Après avoir diffusé trois variétés de taro (voir Spore 105), ils ont profité de la “journée portes ou- vertes” de leur siège, en novembre 2003, pour annoncer publique- ment neuf nouvelles diffusions. Les dignitaires présents – le Premier ministre Sir Michael Somare, trois gouverneurs de pro- vince et des diplomates – ont joué le rôle d'intermédiaires en recevant les semences et le matériel de plan- tation ou de contrôle biologique des chercheurs du NARI, pour les remettre à des responsables pay- sans ou à des vulgarisateurs. Parmi ces nouvelles diffusions, on trouve quatre variétés de riz, des variétés de patate douce et de ma- nioc résistantes à la sécheresse et à maturation précoce, quatre varié- tés supérieures de banane pour des tests et deux agents de lutte biolo- gique contre la mite du chipiloua des crucifères et l'adventice Chromolaena. Le message est allé bien au-delà de la foule rassemblée ce jour-là ; quelques jours plus tard, le budget national 2004 avait augmenté la subvention accordée au finance- ment du NARI. Ce sont aussi de bonnes nouvelles. La longue liste des prochaines diffusions com- prend : des plantes dérivées de pes- ticides, des agents de lutte biologique contre la céroplastie de la mangue et du citron, des ali- ments non intensifs pour les pou- lets et les canards et du matériel de multiplication des ignames, taro et bananes. Localisateur de criquets Les effets dévastateurs des essaims de criquets en Afrique pourraient être mieux contrôlés s'ils étaient plus vite localisés et si l'on disposait d'un meilleur suivi de leurs terrains de reproduction. On sait que les criquets solitaires se développent en essaims inévitables, surtout après une grosse pluie, dans des zones arides. Aujourd'hui, rapporte l'Université de Wageningen, Pays-Bas, le chercheur éthiopien Gebremedhin Woldewahid a découvert que les grandes densités de sauterelles, larves et activités de reproduction en Afrique de l'Est se retrouvent seulement dans les zones cultivées en mil ou en héliotropes. L'invasion des supermarchés En 2004, l'implacable marche en avant des supermarchés a constitué une question cruciale pour les pays en développement en raison de ses conséquences pour les petits producteurs et transformateurs obligés d'améliorer la qualité de leurs produits et de leurs chaînes de distribution. Les supermercados du Brésil ont triplé leurs activités en dix ans et dominent désormais 75 % du secteur ; en Chine, les supermarchés devraient décupler d'ici à 2010 et leur nombre être porté à 300 000. Les projections de croissance sont plus faibles en Afrique (le leader actuel est le Kenya, avec 300 magasins) mais la voracité des négociants sud-africains et la recherche incessante de nouvelles opportunités par les chaînes européennes vont révolutionner le secteur de la vente au détail en Afrique. Qu'il le veuille ou non! Attention, surpêche! L'industrie de la pêche à Fidji est en péril et il faudra des années pour qu'elle se rétablisse, selon le Secrétariat de la Communauté du Pacifique (SPC). Les entreprises de pêche et le SPC reprochent au gouvernement fidjien d'avoir attribué trop de licences de pêche. Les thons à nageoire jaune sont déjà totalement exploités, les stocks de thons à grands yeux ne se reconstituent plus et les vente en gros ont augmenté de plus de 50% depuis 2001. La vache aux œufs d'or La production de lait de l'Ouganda a triplé en dix ans, atteignant 1 milliard de litres en 2002. Le pays est désormais un exportateur net, ce qui lui rapporte de précieuses devises. Le ministre de l'Agriculture attribue cette amélioration à un meilleure organisation de la lutte contre les maladies du bétail, comme la peste bovine, et à l'introduction de races améliorées. En bref • ■ Tout le monde l'a noté : il y a, en Afrique, un parfum de succès, notamment dans le secteur agri- cole. En témoigne la conférence sur “Les réussites de l'agriculture afri- caine : construire l'avenir”, organi- sée à Pretoria, Afrique du Sud, début décembre 2003. Elle a accueilli une centaine d'“agro-opti- mistes”, à l'initiative de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), l'organisation InWent/Capacity Building International, le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et le CTA. L'objectif des participants, qu'ils soient ministres, décideurs poli- tiques, agriculteurs, entrepreneurs, administrateurs, responsables d'or- ganisations paysannes, communi- cateurs, partenaires, ou qu'il s'agisse de donateurs extérieurs provenant de toute l'Afrique, de l'Union européenne, des agences internationales et des centres de re- cherche, était de rendre possible la réplication de quelques réussites bien identifiées. Exemples : revita- liser le manioc, faire décoller les ex- portations horticoles, développer les petites entreprises laitières ou le coton en Afrique de l'Ouest, relan- cer la production de maïs, les tech- niques agricoles respectueuses de l'environnement, les techniques du zaï dans le Sahel, les jachères amé- liorées. Ces thèmes ont, pour la plupart, été souvent traités dans Spore. Le long et complexe message produit par cette conférence, le Pretoria Statement on the future of African agriculture, nous semble fa- milier : pas de progrès sans une bonne gouvernance et plus de fi- nancement pour la recherche et la vulgarisation agricole. Il contient SPORE 109 • PAGE 8 Qu’a dit la chercheuse au paysan ? Envoyez vos suggestions à spore@cta.int (adresses e-mail dans la section Entre Nous) Ph ot o N A RI - P N G aussi un appel pour que plus d'at- tention soit apportée à la protec- tion du sol et de l'eau, la réplication des technologies confir- mées de reproduction et de trans- formation du manioc, la culture de tissus de bananes et de riz Nerica sur tissu, l'amélioration des infra- structures de commercialisation et des systèmes d'information, l'éta- blissement de chaînes d'approvi- sionnement verticales et la coopération régionale. Ce qui est nouveau, c'est la ferme détermination des acteurs du changement présents à cette confé- rence. Ils entendent faire souffler le vent du changement dans toute l'Afrique, car ils constituent – vous vous en rendrez compte – une nou- velle forme d'“agro-évangélisme”. En avant, avec vos nouvelles tech- nologies et vos nouveaux partena- riats, en avant, vers les champs ! Les bailleurs suivront, vous verrez ! Site Web : www.ifpri.org Le succès engendre le succès • En bref Contre la sécheresse, l'information Le Comité interafricain de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a accueilli, mi-novembre 2003, à Bamako, Mali, plusieurs douzaines de spécialistes du droit foncier, à l'occasion de l'atelier Praia + 9, sur le thème “Aménagement foncier rural et développement durable au Sahel et en Afrique de l'Ouest”. Cet atelier fait suite à une rencontre précédente tenue à Praia, capitale du Cap-Vert, en 1994. Les principales questions évoquées portaient sur le renforcement des organisations de la société civile, le cadre juridique, la parité hommes-femmes et le renforcement des capacités par l'accès à l'information. Dix agences ont soutenu cette initiative, dont le CTA. Les herbes en vedette L'organisation Caribbean Herbal Business Association – constituée il y a un an à l'occasion d'un forum régional et lancée à Grenade en septembre 2003 – a mis en place une boutique au sein du bureau de l'IICA à Trinité-et-Tobago. Nous avons le plaisir de rappeler leur adresse (contre une fiole d'onguent d'ylang-ylang à la citronnelle, s'il vous plaît). ✍ Caribbean Herbs Business Association c/o IICA T&T Office PO Box 1318, Port of Spain Trinité-et-Tobago Fax : + 1 868 628 4562 E-mail : chba@iicacarc.org Voir aussi : www.caribbeanherbs.net L'eau, c'est la vie La première conférence régionale africaine de la Commission internationale pour l'irrigation et le drainage (ICID) se tiendra au Caire, Égypte, du 6 au 9 décembre 2004. Elle sera consacrée au thème : “Drainage en Afrique : défis et opportunités pour améliorer la qualité de la vie”. ✍ Conference Secretariat c/o Dr M H Amer, ENCID Coastal Protection Building Fum Ismailiya Canal Soubra El-Kheima 13411 Le Caire, Égypte Fax : + 202 446 45 04 E-mail : arcod@encid.org.eg Site Web : www.encid.org.eg/arcod L'Angola sème à tous vents En janvier 2004, le Centre national des ressources phytogénétiques a ouvert un laboratoire pour la caractérisation moléculaire, qui lui permet de déterminer les marqueurs génétiques qui améliorent dans les semences la croissance et les caractéristiques de la plante. La recherche sera utilisée pour améliorer les programmes de reproduction. Le laboratoire dispose d'un système de conservation par le froid qui peut servir de banque de gènes et de semences. ■ Dans l'agriculture comme dans d'autres secteurs, les innovations sont essentielles au progrès. Et avec un taux de succès de l'ordre de 2 ou 3%, plus il y a d'innova- tion, mieux ça va. Il faut affiner les politiques en matière de science et de technolo- gie (S & T) pour inciter les ac- teurs de la recherche dans les pays ACP à exprimer leur inventivité et leur créativité, au niveau natio- nal, régional et international. Ce qui est essentiel, c'est de déve- lopper les politiques – et, par extension, les budgets et les infra- structures – qui permettent de tirer le meilleur parti des cher- cheurs en agronomie dans des économies où chacun doit se battre pour obtenir une part des faibles ressources existantes. Il faut également inciter à plus d'in- teraction avec les autres disci- plines et avec la société civile. Rien de très nouveau – il faut quelquefois du temps pour inno- ver. Un document daté de 2003 – disponible sur knowledge.cta.int – souligne, en parlant de l’impor- tance que le CTA accorde désor- mais aux stratégies S & T : “Au fil des siècles, la technologie a été un catalyseur du développement [agricole] et son absence est un des principaux facteurs de l’ap- pauvrissement.” Cela exprime bien les intentions des fondateurs du Centre. Revenons en 1985, alors que CTA n’avait qu’un an ; un docu- ment le décrivait ainsi : “Dans la mesure où le savoir est l’élément de base de la résolution des pro- blèmes, le CTA devra faciliter les échanges d’informations scienti- fiques et techniques disponi- bles… Il améliorera l’accès [des institutions des pays ACP] aux innovations techniques et à la re- cherche.” Aujourd’hui, il faut le dire, I’innovation et la recherche sont en bien mauvaise posture, car ils sont de moins en moins financés. Une étude menée pour le CTA, par l’Université de Maastricht en 2003 dans 52 pays (voir le site consacré aux connaissances), évoque sans détours le besoin de “sauver” la recherche agricole dans les pays en développement et de “reconstituer son territoire” dans l’environnement politique des pays ACP, de l’UE et ailleurs. Les décideurs politiques des pays ACP en matière de S & T ont cette préoccupation à l'esprit lors- qu'ils cherchent à développer leurs politiques de dialogue, d'échange d'information, de développement des connaissances et des capacités. Leur groupe de travail, mis en place à Legon, Ghana, en juin 2001 (voir Spore 93), a fait un nouveau pas en avant en abandonnant son statut informel pour devenir, en décembre 2003, le Comité consultatif en sciences et technologie pour le dévelop- pement agricole et rural des pays ACP. Sa deuxième réunion, tenue en novembre/décembre 2003 à Ede, Pays-Bas, a été accueillie par le CTA. Les principaux outils du Comité, au-delà des réunions an- nuelles qui fonctionnent comme un observatoire, s'appuieront sur un nouveau site Internet du CTA (knowledge.cta.int). Bénéficiant de la nature ouverte d'Internet, ce site vise tous les acteurs majeurs : organisations paysannes et autres acteurs des communautés agri- coles et rurales, y compris les mi- nistères qui ont une responsabilité en matière d'agriculture, de com- merce, de science et de technolo- gie, d'éducation et de finances et la communauté des chercheurs. Il mettra au point des répertoires des institutions politiques, des fiches technologiques et des comptes-rendus détaillés des meilleures pratiques. En règle générale, le Comité sait qu'il pourra jeter des passe- relles entre les institutions de décision politique, les chercheurs et la société civile comme entre les orientations de la recherche et du développement et les réalités du marché. Le Comité souligne que le développement n'est pas un processus linéaire et que la route la plus courte de A à B, c'est le dialogue. Voir aussi : Pouvons-nous tous être des décideurs politiques? (Spore 92). Les passerelles du dialogue SPORE 109 • PAGE 9 Brassage bio ■ Vous souvenez-vous de l’article de Spore 100 sur l’amarula, une liqueur produite en Afrique aus- trale à partir des baies de l’arbre polyvalent marula (Sclerocarrya birrea), riches en vitamine C ? Bien avant que cette liqueur soit connue – on peut désormais la trouver dans de nombreux bars branchés dans le monde –, les producteurs locaux avaient élabo- ré une boisson alcoolisée légère à partir de ces baies, pour – comme on dit – un usage personnel et pour le marché informel dans la rue et aux stations de taxis. Les projets visant à élargir la commercialisation se sont tou- jours heurtés au problème de la durée de conservation, limitée à quelques jours. Le processus tra- ditionnel de fermentation se dé- roule dans des conditions de semi-plein air (dites aérobies), en utilisant les organismes présents dans l’air pour transformer les le- vures et sucres dans les fruits – soigneusement sélectionnés – et dans leurs jus. Mais une exposi- tion à l’air ouvre aussi le proces- sus à des organismes nocifs qui peuvent aigrir le produit en quelques jours – et qui lui don- nent une horrible odeur. Aujourd’hui, les recherches conduites par le Professeur Liz Govaerts, biologiste moléculaire à l’université de Rodhes, Afrique du Sud, combinent la biotechnologie et des innovations dans les pra- tiques traditionnelles de brasserie. On isole les bactéries pures adé- quates pour procéder à un bras- sage de qualité grâce à une fermentation sans air (anaérobie), empêchant l’entrée de bactéries nocives. Entre-temps, dans la province du Nord, le Centre de développe- ment de Mhala, mis en place par d’anciens mineurs, lance une unité de production de bière de marula conçue et financée par le Conseil pour la recherche scienti- fique et industrielle, avec une ca- pacité de production finale prévue de 2 000 litres par semaine. Dans la Namibie voisine, la boisson à base de marula est ven- due deux dollars namibiens le litre (0,27 euro) et on y trouve un vif intérêt pour développer ce commerce. Il n’y a pas que les élé- phants qui soient adoucis par les baies de marula. Amarula : le retour ! Ph ot o M . A rb on ni er © C ira d SPORE 109 • PAGE 10 Repères • Le dernier endroit auquel vouspourriez sans doute penser,c’est un berceau, et pourtant le livre Listen to the cradle (Écoutez le berceau) vous guidera dans l’ex- périence d’autres jeunes comme vous. Plus on est nombreux, moins on court de risques ! Il est écrit comme une thèse, mais il vous conduira, comme un récit de voyage, dans ce que l’auteur ap- pelle les “dynamiques locales” en Afrique de l’Ouest. Partiellement inspiré par un groupe de treize jeunes musiciens, du village de Bonou Arossa, dans le sud-est du Bénin, qui ont transformé leur club de siffleurs Vangbé en un groupe de jeunes agriculteurs – puis en un projet florissant de cré- dit et d’épargne –, cet ouvrage dé- crit les différentes évolutions vécues au sein d’un village. Ses études de cas, recueillis au Bénin, au Burkina Faso et au Ghana, vous montreront que le progrès consiste souvent à faire deux pas en avant et un pas en arrière – c’est ça, la jeunesse. Listen to the cradle. Building from local dynamics for African Renaissance. D. Hounkonnou, Wageningen, 2001. 264 p. ISBN: 90-5808-580-5. Les points de vue des jeunes sur l’avenir de l’agriculture et de la sécurité alimentaire sont bien présents dans deux publications de l’Initiative Vision 2020 pour l’alimentation, l’agriculture et l’environnement de l’Institut in- ternational de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI). A better world in 2020. Wake-up Calls from the next generation, IFPRI, 2001, 20 p., présente les essais, affiches et poèmes qui ont remporté un concours pour la jeunesse en 2001. Le vainqueur d’un autre concours, organisé en 2003 pour la préparation de la Conférence de l’IFPRI pour l’Afrique – prévue à Kampala, Ouganda, en avril 2004, sur le thème “assurer la sécurité alimen- taire et nutritionnelle en Afrique pour 2020” –, sera présenté dans A full food basket for Africa by 2020, qui sera mis en ligne plus tard, en 2004, avec le volume 2001 (2,4 Mb). Une version im- primée est également prévue. Dans le même esprit et pour avoir une perspective historique, allez donc voir les textes de la campagne de la Jeunesse contre la Faim (lancée par la FAO en 1965) dans le numéro spécial de Spore pour le millénaire, distribué avec Spore 84. Demandez-en une copie imprimée au CTA ou connectez-vous sur spore.cta.int. Connectez-vous ! Mais où est le monde ? Où les jeunes se retrouvent-ils sans avoir à gagner un concours ou une bourse pour assister à une rencontre na- tionale ou internationale (voir ci- dessous) ? Sur la toile mondiale ! L’accès n’y est pas très facile pour tous, mais c’est en train de chan- ger. Le désir des jeunes d’échanger leurs histoires et leurs espoirs sur Internet a été une des motivations principales de tous ces projets sur la “connectivité rurale”. Donc, si vous pouvez vous mettre en ligne, vous trouverez rapidement tout un monde d’échanges animés et multilingues entre les jeunes d’Afrique, d’Asie, du Pacifique, des Amériques et d’Europe. Vous trouverez ci-dessous les trois meilleurs sites pour trouver des in- terlocuteurs. Essayez d’abord Baobab- connections – cette jeune équipe aurait dû remporter un prix pour la qualité du contenu, la satisfac- tion et l’excitation qu’il génère. Ses propos sont parfois provoca- teurs (voir les citations dans l’ar- ticle principal de ce Spore). Le programme Initial propose une médiation multimédia entre les jeunes travaillant sur les chan- gements sociaux urbains, princi- palement pour les partenaires francophones. Ne vous inquiétez pas du terme “urbain” – l’équipe d’Initial a assuré Spore que la frontière entre l’urbain et le rural est très mince. Le groupe des Webtrotteurs est très ouvert aux contacts avec les projets des jeunes qui ne sont pas dans leur champ, lequel couvre l’Algérie, la Belgique, les Comores, la France, le Québec et le Sénégal. Ce groupe propose des rapports et des lettres d’informa- tion en ligne sur les questions so- ciales et environnementales, ainsi qu’une plate-forme d’échanges d’expériences et d’informations avec d’autres groupes. Le système international Le Bureau international des Nations unies pour la jeunesse propose un intéressant portail bi- lingue sur tout le système des Nations unies ; si vous arrivez à trouver votre chemin jusqu’à eux, ils vous aideront. Connectez- vous sur leur site Internet et abonnez-vous à leur lettre d’in- formation riche en liens, Youth Flash (disponible seulement en ligne). Le Réseau d’emploi des jeunes (Youth Employment Network), organisé conjointe- ment par la Banque mondiale, le Bureau international du travail et le secrétariat des Nations unies, propose une riche série de docu- ments et de liens sur la jeunesse et le développement. Leur futur portail sur l’Emploi des jeunes est encore plus prometteur, mais on craint que cette organisation compte peu de jeunes, pour l’ins- tant en tout cas. De même, le Programme de la FAO pour la jeunesse rurale est plein de bonnes intentions, mais n’a pas de ressources. Sa lettre d’informa- tion YouthWorks paraît de temps à autre. Vous trouverez peut-être ce programme un peu décevant, mais, si vous y faites appel, vous trouverez les coordonnées d’un bureau de la jeunesse rurale à votre service, dans votre région (adresse sur leur site Internet). Du côté des organisations non gouvernementales (ONG), une des structures les plus actives est le Mouvement international de la jeunesse agricole et rurale catho- lique (MIJARC), dont le respon- sable pour l’Afrique, Syprien Essong Ze, a fait l’objet d’un Point de vue dans Spore 100. Une autre organisation, le Congrès mondial des jeunes agriculteurs, réoriente vos demandes d’infor- mation vers l’organisation qui dis- pose de la meilleure réponse dans un paysage souvent confus : la Fédération internationale des producteurs agricoles (IFAP), qui a créé un comité spécial pour les jeunes agriculteurs. Vous pourriez peut-être commencer par là. Pour en savoir plus : Listen to the cradle Dominique Hounkonnou 03 BP 3030, Cotonou, Bénin Fax : + 229 335182 E-mail : dhounk@intnet.bj IFPRI 2020 Vision Initiative 2033 K Street NW Washington DC 20006, États-Unis Fax : + 1 202 467 4439 E-mail : ifpri@cgiar.org Site Web : www.ifpri.org Baobabconnections Site Web : www.baobabconnections.org Initial Site Web : www.initial.org Webtrotteurs Site Web : www.webtrotteurs-quartiers.org Bureau international des Nations unies pour la jeunesse 13th Floor, 2 UN Plaza New York, NY 10017, États-Unis Fax : + 1 212 963 0111 E-mail : youth@un.org Site Web : www.un.org/youth Réseau d’emploi des jeunes c/o Technical Coordinator on Youth Employment Employment Sector International Labour Office 4, route des Morillons 1211 Geneva 22, Suisse Fax : + 41 (0)22 799 7978 E-mail : ueda@ilo.org Site Web : www.ilo.org/public/english/employment /strat/yen/resource/index.htm et www.youthemploymentgateway.org Programme de la FAO pour la jeunesse rurale Rural Youth Programme Sustainable Development Department Food and Agriculture Organization Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italie E-mail : rural-youth@fao.org Site Web : www.fao.org MIJARC rue J. Coosemans 53 1030 Bruxelles, Belgique Fax : + 32 2 734 9295 E-mail : world@mijarc.org Site Web : www.mijarc.org IFAP 60, rue Saint-Lazare 75009 Paris, France Fax : + 33 1 48 74 72 12 E-mail : nora.ourabah@ifap.org Site Web : www.ifap.org Jeunesse et développement rural Jeunes ruraux : les bons plans Vous êtes jeune, doué et résolu à progresser dans l’agriculture ou d’autres activités rurales ? Voici quelques tuyaux pour exprimer vos idées, trouver d’autres personnes dans votre cas et mobiliser des soutiens. SPORE 109 • PAGE 11 L’édition africaine sous la loupe Les éditeurs africains survivent avec une étonnante détermination. Ce numéro spécial de la revue Africultures leur donne la parole, ainsi qu’aux auteurs, en explorant les livres, les lecteurs et l’économie du livre en Afrique. Où va le livre en Afrique ? Revue Africultures n° 57, 2003, 240 p., ISBN : 2-7475-5379-5 2 t (version imprimée) • 4,18 t (version numérique) Éditions L’Harmattan 5, rue de l’École-Polytechnique 75005 Paris France E-mail : info@africultures.com Site Web : www.africultures.com Bébés bananiers à la torture La fusariose, les maladies dues à Mycosphaerella spp. et les nématodes sont les principaux ravageurs des bananiers. Ce guide technique décrit les protocoles simplifiés qui permettent de mesurer la résistance des cultivars/hybrides à ces ravageurs. Évaluation globale de la résistance des bananiers à la fusariose, aux maladies foliaires causées par les Mycosphaerella spp. et aux nématodes Par J. Carlier, D. De Waele, J.V. Escalant, Éditions INIBAP, 2003,60 p., ISBN : 2-910810-60-7 Fichier PDF (1,1 Mo) à : www.inibap.org/publications/tech nicalguidelines/guideline7_fre.pdf INIBAP Parc Scientifique Agropolis II 34397 Montpellier cedex 5 France Fax : + 33 (0)4 67 61 03 34 E-mail : inibap@cgiar.org Site Web : www.inibap.org Rions un peu Si vous saviez déjà que NH3 identifie l’ammoniac, NO le monoxyde d’azote et N2O le protoxyde d’azote (autrefois appelé gaz hilarant), vous tirerez tout le sel de cet ouvrage austère qui détaille la façon dont les éléments nutritifs des terres cultivées s’échappent dans l’atmosphère. Estimations des émissions gazeuses de NH3, NO et N2O par les terres agricoles à l’échelle mondiale FAO, Association internationale de l’industrie des engrais, 2003, 120 p., ISBN : 92-5-204689-5 13 US$ • 10,35 t FAO Groupe des ventes et de la commercialisation Division de l’information Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie Fax : + 39 06 5705 3360 E-mail : land-and-water@fao.org Site Web : www.fao.org • Publications Publications ■ Vous pensez que votre santé ne concerne que vous ? Détrompez- vous : vous êtes largement dépen- dant de votre environnement. Bien sûr, cela n’enlève rien au fait que vous êtes quelqu’un d’unique, comme votre maman vous l’a sans doute souvent répété, mais c’est un fait : on ne peut vivre en bonne santé dans un monde ma- lade. Il faut donc traiter les pro- blèmes de santé à un niveau global, adopter ce que l’on appelle une approche systémique : prendre en compte l’environne- ment, les rapports entre les gens, la culture et les coutumes. Le livre du CRDI présente brièvement la méthode, en l’illustrant de quelques études de cas. Il arrive que les membres d’une commu- nauté réagissent à des agressions extérieures à leur environnement : les Indiens de la forêt amazo- nienne, par exemple, souffrent depuis quelques années d’intoxica- tions au mercure. Ce mercure est utilisé par les chercheurs d’or pour séparer l’or des autres métaux, et il se concentre dans les fleuves et dans les poissons. On conseille alors aux Indiens de ne plus man- ger de poissons qui se nourrissent d’autres poissons, car ils sont les plus chargés en mercure, et de manger plus de légumes et de fruits frais. Il se peut aussi qu’une commu- nauté se trouve dans un mauvais état de santé pour des raisons qui lui sont propres : les paysans du village éthiopien de Yubdo Legabato, par exemple, ayant pris conscience avec les chercheurs du fait que dormir par terre avec les animaux entraîne de nombreuses maladies, ont été encouragés à construire des abris pour les ani- maux, séparés des pièces destinées à la cuisine ou au sommeil. Les paysans de la région de Mwea, au Kenya, ont été incités après une réflexion du même ordre à alterner la culture du riz avec celle du soja, ce qui a fait baisser le taux de pa- ludisme dans toute la région. Certains diront qu’il n’y a pas besoin de tant de théorie pour en arriver à des conseils simples et presque évidents. D’autres rétor- queront, avec autant de bon sens, que l’extrême pauvreté et la pollu- tion impunie sont des maux qu’il faut traiter au plus haut niveau. Cet ouvrage a cependant le mérite de fournir aux auxiliaires de santé les bases d’une saine réflexion sur la manière d’aborder les problèmes de santé des communautés rurales, et d’une approche pragmatique vers les solutions à apporter. La santé : une approche écosystémique Par J. Lebel, CRDI, 2003, 100 p., ISBN : 1-55250-013-6 15 CAD • 9,25 t Centre de recherches pour le développement international BP 8500 Ottawa (Ontario) K1G 3H9 Canada Fax : + 1 613 238 7230 E-mail : info@idrc.ca Site Web : www.idrc.ca/booktique/ Soigner la communauté, pas la maladie ■ Ceux qui ont en charge la ges- tion des forêts africaines n’auront pas à s’en plaindre, la FAO publie en ce moment un flux continu d’ouvrages destinés à les aider. Après les Principes de bonne ges- tion des concessions et contrats rela- tifs aux forêts publiques (Spore 108, p. 13), voici deux ouvrages plus “politiques”, qui ont en commun d’affirmer qu’il est pos- sible d’exploiter les forêts tropi- cales selon des méthodes qui en préservent la pérennité et en limi- tent sensiblement les impacts négatifs. Le premier est un code de bonne conduite dont l’élaboration mobilise le département Forêts de la FAO depuis 1996 : opé- rations à prévoir avant, pendant et après l’exploi- tation, gestion de la faune, aménagements routiers, maintenance des équipements, rela- tions avec les popula- tions, rien n’est négligé pour guider les décideurs, à qui il est vivement recommandé de s’en servir comme matrice pour concevoir des normes nationales. Le second document de la FAO montre que plusieurs pays d’Afrique centrale se sont engagés dans une “recherche d’excellence” : conscients des menaces qui pèsent sur leurs écosystèmes forestiers, ils multiplient les efforts en vue de l’aménagement durable de leurs forêts par l’adoption de nouvelles politiques, la révision des lois fo- restières et l’élaboration de pro- grammes forestiers nationaux. Il décrit ces exemples et fournit des analyses plus approfondies sous forme de 14 études de cas. Code régional d’expfloitation forestière à faible impact dans les forêts denses tropicales humides d’Afrique centrale et de l’Ouest FAO, 2003, 138 p., ISBN : 92-5-204982-7 45 US$ • 35,75 t Fichiers PDF (20 à 500 Ko par chapitre) à : www.fao.org/DOCREP/006/Y4864F/Y 4864F00.HTM FAO Groupe des ventes et de la commercialisation Division de l’information Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie E-mail : FO-publications@fao.org Site Web : www.fao.org/forestry Gestion durable des forêts tropicales en Afrique centrale : recherche d’excellence Par I. Amsallem et al., FAO, Collection Études FAO Forêts n° 143, 2003, 136 p., ISBN : 92-5-204976-2 38 US$ • 30,20 t FAO Voir adresse ci-dessus Une autre exploitation est possible ■ Spore vous parle régulièrement d’intégration agriculture-aqua- culture. Vous savez, les canards qui mangent les mauvaises herbes des étangs, leurs déjections qui nourrissent les poissons, ça à l’air tout simple. Bien sûr, c’est un peu plus compliqué que ça, vous vous en doutez bien. Les agricul- teurs chinois associent la piscicul- ture avec le bambou ou le mûrier depuis des siècles, et depuis une cinquantaine d’années ces asso- ciations se sont perfectionnées et diversifiées dans toute l’Asie du Sud-Est. Il y a toutes sortes d’as- sociations possibles entre pisci- culture et élevage (canards, oies, poules, porcs) et entre piscicul- ture et agriculture : légumes, plantes fourragères et surtout riz. Au-delà de l’idée d’associations, on parle de systèmes, comme le VAC, dont le nom vietnamien associe le jardin potager (vuon), l’élevage du poisson en étang (ao) et l’enclos pour le bétail (chuong). Ce sont des écosys- tèmes artificiels complexes qu’il faut maintenir en équilibre, ce qui a pu aboutir en quelques générations en Asie, par la volon- té politique, l’effort continu de la recherche et l’analyse des échecs et des succès. Alors, la bonne nouvelle pour le reste du monde, c’est que la FAO réédite un excellent ouvrage de 1992 qui rassemble les contri- butions à un atelier organisé par l’Institut international pour la re- construction rurale (IIRR) et le Centre international d’aménage- ment des ressources bioaqua- tiques (ICLARM). Il s’agit d’une vraie réédition, avec l’intégration de nombreux dessins et schémas qui ne figuraient pas dans l’édi- tion originale. Le tout donne un aperçu complet et détaillé des dif- férentes expériences asiatiques — y compris dans des pays où ces associations ont été expérimen- tées récemment, comme l’Inde ou le Bangladesh – et fournit des conseils pratiques extrêmement détaillés sur la mise en place et la gestion des systèmes. Ces procédures ne doivent pourtant pas être suivies à la lettre : ce sont l’idée et le prin- cipe du système intégré agricul- ture-aquaculture qui doivent être assimilés et ensuite appliqués, non les exemples et les détails in- dividuels des descriptions. Il vaut mieux commencer modestement, utiliser au mieux les ressources disponibles pour améliorer la pis- ciculture, analyser les possibilités d’amélioration pour ensuite pas- ser progressivement à des sys- tèmes plus élaborés. On évitera ainsi les échecs si fréquents dans les expériences de pisciculture. Intégration agriculture-aquaculture : principes de base et exemples FAO, Collection Document technique sur les pêches n° 407, 2003, 172 p., ISBN : 92-5-204599-6 22 US$ • 17,50 t Fichiers HTML (50 Ko par chapitre) à : www.fao.org/DOCREP/005/Y1187F/y 1187f00.htm Fichiers PDF (300 à 600 Ko par chapitre) à : ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/005/y118 7f/y1187f00.pdf FAO Groupe des ventes et de la commercialisation Division de l’information Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie Fax : + 39 06 5705 3360 E-mail : FI-Inquiries@fao.org Site Web : www.fao.org/fi/ SPORE 109 • PAGE 12 Rédiger, partager, raconter Une petite plaquette raconte la naissance et l’évolution de deux bulletins de liaison agricoles en mooré et dioula, langues nationales burkinabés. Aide-moi à mieux m’informer pour me développer : Histoire de Venegda et de Hakilifalen Par D. Millogo et al., Inades- Formation Burkina, 2003, 48 p. Inades-Formation Burkina 01 BP 1022 Ouagadougou 01, Burkina Faso Fax : + 226 34 05 19 E-mail : inadesb@fasonet.bf Site Web : www.inadesfo.org Former les formateurs Ce manuel pédagogique propose une méthode pour observer et comprendre un système agraire, un outil destiné à améliorer l’apprentissage des futurs formateurs en développement rural. Initiation à une démarche de dialogue : étude des systèmes de production dans deux villages de l’ancienne boucle du cacao (Côte d’Ivoire) Par N. Ferraton, H. Cochet, S. Bainville, Gret, 2003, 136 p., ISBN : 2-86844-133-5 10 t Gret librairie 211-213, rue La Fayette 75010 Paris, France E-mail : diffusion@gret.org Site Web : www.gret.org Donner du sens à l’observation Comment contourner les pièges de la “participation” naïve et les limites des assemblées villageoises, faire adhérer les pouvoirs locaux aux actions envisagées : cette méthode d’enquête anthropologique expérimentée à Madagascar donne quelques clés utiles. Comprendre une société rurale : une méthode d’enquête anthropologique à l’Ouest malgache Par E. Fauroux, Éditions Gret, 2003, 152 p., ISBN : 2-86844-132-7 19 t Gret librairie Voir adresse ci-dessus Négociations à la hausse Un cédérom bilingue français-anglais rassemble les contributions au séminaire du CTA sur les négociations commerciales qui s’est tenu à Bruxelles du 27 au 29 novembre 2002 (voir Spore 103), ainsi qu’une sélection d’articles de presse sur le commerce des produits agricoles. Pour une participation efficace des pays ACP aux négociations sur le commerce des produits agricoles : le rôle de la GIC Cédérom produit pour le CTA par Solagral, 2003. Numéro CTA 1143. 20 unités de crédit Publications • ■ Même s’il porte un nom bar- bare, l’HACCP ne vous est pas inconnu, puisque nous vous avons largement présenté cette méthodologie de contrôle des mycotoxines dans un Repères consacré à la sûreté alimentaire (Spore 104, p. 10). Voici mainte- nant le manuel qui vous permet- tra de comprendre et d’appliquer la méthode. C’est une vraie trousse à outils : bases théo- riques, modèles de formulaires, exemples d’application (dans aucun pays ACP, malheureuse- ment), analyse des risques, procé- dures à mettre en œuvre. Manuel sur l’application du Système de l’analyse des risques – points critiques pour leur maîtrise (HACCP) pour la prévention et le contrôle des mycotoxines FAO, Collection FAO Document technique Alimentation et Nutrition n° 73, 2003, 94 p., ISBN : 92-5-204611-9 13 US$ • 10,35 t Fichiers HTML (20 à 150 Ko par chapitre) à : www.fao.org/DOCREP/005/Y1390F/Y 1390F00.HTM Fichier PDF (788 Ko) à : ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/005/y139 0F/y1390F00.pdf FAO Voir adresse ci-dessus Ça VAC mieux en le disant Procédures de sûreté SPORE 109 • PAGE 13 À qui cette terre ? La compréhension des enjeux fonciers est récente, mais elle s’appuie maintenant sur de nombreuses expériences concrètes de réformes de la législation sur la terre et les ressources naturelles. Ces actes offrent une vision d’ensemble des débats en cours. Pour une sécurisation foncière des producteurs ruraux : Actes du séminaire international d’échanges entre chercheurs et décideurs Éditions Gret, 2003, 175 p., ISBN : 2-86844-134-3 21 t Gret librairie Voir adresse ci-dessus Disparution attendue : l’aide publique Le financement public externe est en voie d’extinction, soufflait Spore 98 : c’est la “nouvelle donne”. Ce numéro spécial de la revue Défis Sud – frais à la lecture, ce bimestriel de l’ONG SOS-Faim vaut toujours le détour – propose un large éventail de contributions, les analyse, soupire profondément et en retire la même conclusion. Le financement du développement Édition spéciale de la revue Défis Sud - sept./oct. 2003, 56 p. 4 t le numéro • 20 t les six numéros SOS Faim Rue aux Laines, 4 1000 Bruxelles Belgique Fax : + 32 2 511 22 38 E-mail : d.sud@sosfaim.be Site Web : www.defis-sud.info Dédédédécentralisons ! Voici un bon résultat, en deux tomes, d’un partenariat inattendu entre le centre Djoliba – malien, jeune et innovateur social – et l’Institut tropical royal KIT – néerlandais, solide et en train de renaître. Les facilitateurs de la gouvernance locale, tous azimuts, sauront en tirer leur profit. Soutenir la mise en œuvre de la décentralisation en milieu rural au Mali Par Augustin Cissé et al. Centre Djoliba – KIT, Amsterdam, 2003. ISBN : 90-6832-147-1 Gratuit : www.kit.nl/publishers/assets/image s/isbn9068321471_tome_1_compl eet.pdf (465 Ko) (pour le tome 2 : remplacer “tome_1” par “tome_2”, 447 Ko) 31,50 t Tome 1 : thèmes d'actualité 64 p. Tome 2 : Boîte à outils 120 p. KIT Publishers BP 95001 1090 HA Amsterdam Pays-Bas Fax : + 31 568 82 86 E-mail : Site web: www.kit.nl • Publications ■ Éditeurs, merci de toutes vos publications destinées aux scienti- fiques, aux agents du développe- ment rural de tous niveaux, aux professionnels de l’agriculture et de l’agroalimentaire, à tous ceux qui lisent couramment, à tous ceux qui ont reçu une éducation. Merci pour eux, chacun de vos livres les aide à progresser dans leurs connaissances et à améliorer leur production. Mais… pourriez-vous aussi répondre à d’autres besoins ? Par exemple, à ceux des commu- nautés villageoises isolées qui ont besoin d’ouvrages modestes répon- dant à des questions simples. Des ouvrages écrits avec des mots de tous les jours, et même mieux : avec une traduction en langue locale pour ceux et celles qui ne pratiquent ni l’anglais ni le fran- çais. Et même encore mieux : avec des dessins pour ceux qui ne savent pas lire du tout. Il se publie trop peu d’ouvrages de ce type. Saluons donc la série d’ouvrages publiés par le projet Dévelop- pement intégré de l’Armée du Salut en Républi- que démocratique du Congo. Ils expliquent comment diversifier l’alimentation avec des légumes ou des champignons locaux, com- ment élever des chenilles comes- tibles ou des abeilles, comment reboiser et créer une réserve fores- tière. Ils ne sont pas épais, ils ne coûtent pas cher ; ils vont aider quelques milliers de personnes dans la région du Bas-Congo. Ce n’est pas grand-chose, et c’est déjà beaucoup. Et si en plus cela pouvait inspirer d’autres bonnes volontés… Apiculture en Bas-Congo P. Latham, éd., Armée du Salut, 2002, 46 p., ISBN : 1-904160-61-1 2 US $ • 1,60 t Quelques légumes locaux du Bas-Congo P. Latham, éd., Armée du Salut, 2002, 24 p., ISBN : 0-9543012-4-2 2 US $ • 1,60 t Reboisement en Bas-Congo P. Latham, éd., Armée du Salut, 2002, 56 p., ISBN : 0-9543012-1-8 2 US $ • 1,60 t Les champignons comestibles du Bas-Congo P. Latham, éd., Armée du Salut, 2002, 40 p., ISBN : 0-9543012-3-4 2 US $ • 1,60 t Chenilles comestibles du Bas-Congo P. Latham, éd., Armée du Salut, 2002, 24 p., ISBN : 0-9543012-2-6 2 US $ • 1,60 t Les chenilles comestibles et leurs plantes nourricières dans la province du Bas-Congo P. Latham, éd., Mystole Publications, Canterbury, UK, 2003, 72 p., ISBN : 0-9543012-2-6-9 5 US$ • 4 t ✍ Projet Développement intégré de l’Armée du Salut République démocratique du Congo BP 8636 Kinshasa 1 République démocratique du Congo E-mail : Gracia_matondo@kin. salvationarmy.org ✍ Paul Latham Croft Cottage Forneth, Blairgowrie Perthshire PH10 6SW Royaume-Uni E-mail : paul@latham9.fsnet.co.uk ■ À votre avis, quelle est la méthode de production alimen- taire qui consomme le plus d’énergie, et qui dépend le plus du prix du pétrole ? La culture sous serre, l’agriculture motori- sée, l’élevage intensif ? Non, vous n’y êtes pas, c’est la pêche. Le revenu des pêcheurs et le prix du poisson pour les consomma- teurs dépendent de plus en plus du coût de l’essence ou du gas- oil, et aucune solution alternative ne pointe à l’horizon. Alors, reste à voir comment on peut écono- miser du carburant en adaptant la vitesse de son bateau, en entrete- nant convenablement le moteur et la coque ou en restant plusieurs jours sur les lieux de pêche. Si l’on souhaite aller plus loin, c’est dès la conception du bateau qu’il faut intervenir : le bon choix du moteur et de l’hélice et le dessin du bateau peuvent générer des économies substantielles. Tout cela est expliqué clairement et avec juste ce qu’il faut de théorie dans ce document de la FAO, avec une abondante bibliogra- phie qui permettra d’aller plus loin dans la recherche de solu- tions adaptées aux conditions locales. Économies financières et de carburant dans la pêche artisanale Par J.D.K. Wilson, FAO, Collection FAO Document technique sur les pêches n° 383, 2003, 52 p., ISBN : 92-5-204223-78 13 US$ • 10,30 t Fichiers HTML (10 à 20 Ko par chapitre) à : www.fao.org/DOCREP/005/X0487F/x 0487f00.htm Fichier PDF (667 Ko) à : ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/005/x048 7f/x0487f00.pdf FAO Voir adresse ci-dessus Avoir assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens Pensons à ceux qui ne lisent jamais Comment cela a-t-il commencé? Attention, il y a plusieurs débuts : 1979 (voire avant), 1983, 1984, 1985. Si vous ne croyez que ce que vous voyez, choisissez plutôt 1984, année durant laquelle le CTA a ouvert ses bu- reaux à Ede, dans le centre des Pays-Bas, avec des voisins opportunément nommés “Start”. Avant cette date, le CTA se trouvait encore dans les phases de conception et de gestation. La première référence au CTA a été intro- duite dans la deuxième Convention de Lomé (1980-1985) également appelée Lomé II, signée en 1979 par le Groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et la Communauté économique européenne. Qui est le diplomate de génie qui a fait appa- raître le CTA et quand l’a-t-il fait, nous ne le sa- vons pas. Le(s) créateur(s) a/ont choisi le nom avec soin : le sigle CTA, qui provient du titre français (Centre technique pour la coopération agricole et rurale) – est représentatif de cette époque. Le terme “technique” est également es- sentiel ; mais nous reviendrons là-dessus. Début novembre 1983, la clause figurant dans Lomé II a été activée, suite aux accords intervenus au sein du Comité des ambassa- deurs de la Communauté européenne et des pays ACP, qui assurent toujours la tutelle du CTA. En tant qu’émanation d’un accord entre (aujourd’hui) 78 pays ACP et 15 États membres de l’UE, le CTA est une organisation “paritaire”. Pourquoi s’être implanté aux Pays-Bas ? La décision de novembre 1983 – ce qui ex- plique pourquoi tous les textes décrivant le CTA disent qu’il a été créé en 1983 – dé- clenche le processus. Le directeur devait être investi d’une autorité formelle – le CTA a un accord de siège avec les Pays-Bas (et la Belgique) – et le lieu d’implantation devait être choisi – proche d’un centre d’excellence agricole – mais comment choisir entre les dif- férentes candidatures ? Une implantation en Europe était évidente à cette époque, par dé- faut, dans la mesure où les sites concurrents dans les pays ACP ne pouvaient pas être dési- gnés. Le choix de la ville universitaire de Wageningen, proposé par les Pays-Bas, est ap- paru comme le plus pertinent. À cette époque, le seul espace de bureaux disponible se situait dans la ville voisine de Ede. Le premier nu- méro de téléphone, 20484, nous rappelle que le Centre a commencé à communiquer avec le monde le 20 avril 1984. L’arrivée des premiers éléments de l’équipe et des équipements de bureau a été patiemment soutenue par deux États membres, qui continuent à huiler les rouages de l’organisation. Parmi les membres du personnel, quelques-uns ont servi le CTA pendant plus de dix ans, mais il a tou- jours été entendu que la direction et les res- ponsables de programme ne resteraient en place que quelques années, le CTA étant considéré comme un élément dans leur plan de carrière. Le personnel provient des pays ACP et de l’Union européenne. Les avis de va- cances de postes sont publiés sur le site www.cta.int et dans la presse internationale. Et le deuxième jour? En décembre 1984, l’équipe du CTA comptait déjà une douzaine de personnes. Une première consultation, organisée à Montpellier, France, a permis d’élaborer le programme du Centre. Et même à une époque où les organisations étaient plutôt pyramidales et formelles, le Centre – organisation publique – a réussi à as- socier des ONG à l’organisation et au contenu de “Montpellier I”. Ce n’est qu’après une année de travail que le CTA a été officiellement inauguré, le 6 février 1985, par le Prince Claus des Pays-Bas, qui a – à cette occasion – insisté sur la nécessité de conserver une institution de taille modeste. Aujourd’hui, le Centre emploie une petite quarantaine de personnes. Le Prince Claus a également inauguré le bâtiment construit pour le CTA à Wageningen. Ce bâtiment a été oc- cupé en 1995 et il abrite aujourd’hui tout le personnel du Centre à l’exception d’un poste, situé à Bruxelles, pour assurer la liaison avec les institutions de l’UE et des pays ACP. Au cours des 20 dernières années, la princi- pale évolution, dans l’organisation de l’espace professionnel (en dehors des ordinateurs, du recrutement de cadres femmes et de l’interdic- tion de fumer), a été la disparition progressive de la bibliothèque interne (pas de visiteurs, dé- solés) et sa transformation en bibliothèque vir- tuelle du CTA. Une véritable stratégie de parité hommes-femmes – qui consisterait à as- surer la garde des enfants – attend toujours l’autorisation de se mettre en place. Pourquoi les mots : technique, agriculture, rural dans votre nom, et pas information? Le terme “technique” est utilisé comme un sy- nonyme de “habilitant” (dans les années 1980, le terme était “transmission”) et il est destiné à rappeler l’engagement du Centre dans un pro- gramme d’émancipation de l’agriculture des SPORE 109 • PAGE 14 Entre nous • Le CTA a (plus ou moins) 20 ans Que de rivières franchies!... Le CTA aborde sa troisième décennie de service public. C’est le moment de répondre aux questions les plus souvent posées. Le magazine Spore Spore est le magazine bimestriel du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – ACP-UE. Le CTA est régi par les Accords de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne. © CTA 2003 - ISSN 1011-0054 Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accords de Cotonou ACP-UE. CTA, Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : +31 317 467 100 Fax : +31 317 460 067 – E-mail : cta@cta.int Site Web : http ://www.cta.int Rédaction : Directeur de la rédaction : Bernard Favre. Louma productions, 3, rue Neuve 34150 Aniane, France Fax : +33 4 67570180 E-mail : louma@louma.fr Rédacteur en chef : Paul Osborn, Médiateurs, W-Alexanderpoort 46, 1421 CH Uithoorn, Pays-Bas Fax : +31297540514 E-mail : info@spore-magazine.org Ont participé à ce numéro : Marcel Chimwala, Bernard Favre, Erik Heijmans, Louise Kibuuka, John Madeley, Paul Osborn et Jacques Sultan, avec l’appui éditorial du CTA Mise en page : Louma productions Impression : Imprimerie Publicep, France Après 36 numéros de Spore et quelques suppléments, l’équipe qui réalise Spore de- puis six ans s’en va. Nous avons toujours été guidés par vos innombrables lettres et messages électroniques ; mais aussi par vos poignées de mains et embrassades, sous les arbres, le soleil et les étoiles, sur les trains, les bateaux et les avions, à la douane et les salles de réunions – ah, ces réunions !… Il y a quelque chose de spécial chez un lecteur de Spore. Maintenez le contact entre vous, en utili- sant les adresses de l’encadré vert. Adieu, continuez à faire les bons choix et à aller de l’avant. De : Alison, Anne, Astrid, Bernard, Bernard, Bernadette, Cathe, Catherine, Catherine, Christine, Dawn, Denis, Didier, Dudley, Eric, Erik, Elinor, Eyoum, Fadila, Isabelle, Jacques, Jacques, Jacques, James, Jean-Marie, John, Karen, Katherine, Lesley, Louise, Marcel, Margreet, Martha, Martine, Martine, Mildred, Noel, Nelly, O’Neil, Olivier, Patrick, Paul, Pascale, Peter, Peter, Rebecca, Sarah, Selim, Singy, Souleymane, Terri, Theo, Yves, Zaharatou, Zazah… Merci, vous avez été merveilleux! SPORE 109 • PAGE 15 • Entre nous Services aux lecteurs Dites-le dans Spore Écrivez à la Boîte postale de Spore, CTA PO Box 380 6700 AJ Wageningen Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int Abonnez-vous à la version imprimée de Spore • Gratuit pour les organisations et individus vivant dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans l’UE : CTA Spore subscriptions, PO Box 173 6700 AJ Wageningen Pays-Bas ou spore@cta.int • L’abonnement est payant pour toute autre adresse : 36 t / 24 £ par an (6 numéros) à souscrire auprès du distributeur commercial (voir ci-dessous) Abonnez-vous à Spore par e-mail Abonnez- vous au résumé gratuit de Spore par e-mail (90kb) à spore.cta.int, ou envoyez un e-mail vierge à join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int Lisez Spore sur votre écran Distribution Internet : spore.cta.int Distribution par satellite : captez les émissions de Spore Plus sur les canaux d’Afristar des programmes multimédia de la Fondation WorldSpace. Informations détaillées à : sporenmore@spore-magazine.org Reproduisez Spore – avec autorisation Les articles de Spore peuvent être librement reproduits – pour un usage non commercial – à condition que la source Spore soit mentionnée. Merci d’adresser une copie à la rédaction. Une autorisation préalable est requise pour toute reproduction à des fins commerciales. reproduction@spore-magazine.org Comment obtenir les publications? Quelques-unes des publications mentionnées dans les chapitres consacrés aux brèves et aux publications dans Spore se trouvent dans le catalogue des publications du CTA. Elles sont reconnaissables au symbole de la feuille verte et disponibles gratuitement pour les abonnés au Service de la distribution des publications (SDP) du CTA. Les autres lecteurs peuvent les acheter auprès du distributeur commercial du CTA. ■ Toutes les autres publications indiquées par un carré orange sont disponibles chez les éditeurs mentionnés ou dans les librairies. Consultez la liste des publications du CTA dans le catalogue électronique du CTA www.cta.int • Service de distribution des publications Chaque abonné au SDP bénéficie chaque année d’un certain nombre d’unités de crédit gratuites pour obtenir des publications du catalogue du CTA. Seules les organisations agricoles et rurales et les individus résidant dans les pays ACP peuvent s’abonner au SDP. • Distributeur commercial Les non-abonnés au SDP et les abonnés qui n’ont pas suffisamment de crédit peuvent acheter les publications du CTA auprès de notre distributeur commercial : CTA Publications, ITDG Publishing 103-105 Southampton Row London WC1B 4HL Royaume-Uni Fax : + 44 20 7436 2013 E-mail : cta@itpubs.org.uk Site Web : www.itdgpublishing.org.uk Boîte postale 380 Un de nos lecteurs dit de notre rubrique Boîte Postale qu’elle est une “foire agricole sur papier”. Entrez donc dans la foire, écrivez... maintenant ! Bah Traoré et ses étu- diants ont planté une haie d’Euphobia balsa- mifera autour des 52 hectares de l’école technique agricole de Koutiala, Mali. Ils exploitent aussi des papayes, des mangues, de la gomme arabique, des flamboyants, des acacias et – poussés par Spore et par les publications du CTA – ils envisagent d’ajouter la pisciculture à leurs activités de 2004. Un vrai paysan Stephen Schmidt nous dit que son pays, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), bénéficie d’une terre riche et fertile : “Nous ne rencon- trons pas les mêmes problèmes que nos frères africains. La plupart des 5 millions d’habitants de notre île sont des agriculteurs de subsistan- ce. Je viens de la région des Highlands, où la température est fraîche et les précipitations constantes. En dehors des produits tradition- nels, comme les patates douces, le taro, les légumes locaux, les bananas et les haricots, j’ai commencé à planter des orangers et des pom- miers. Ils poussent assez bien et j’ai déjà pro- duit de bons fruits. Mon isolement fait que j’ai du mal à trouver de bonnes informations sur l’agriculture. J’ai tout de même trouvé Spore, qui est une excellente source d’informations sur les choses vraiment importantes pour un paysan comme moi.” Nous avons bien compris le frère Stephen ! Il est à la recherche d’ informations sur la cul- ture, le bouturage et le greffage des orangers et des pommiers. Si vous en disposez, merci de les lui faire parvenir ! Stephen Schmidt, Porgera, c/o Dept of Administration, PO Box 484, Mount Hagen, Papouasie-Nouvelle-Guinée À la pêche aux solutions Hugues Adélouï Akpona, agronome au Bénin, a apprécié l’article “Pêche, fin de partie ?” de Spore 105, traitant du déclin de la pêche. La gestion durable des ressources aquatiques pose problème à de nombreuses populations africaines, car la pression sur ces ressources est forte et elles ne sont pas suffisantes pour que l’on trouve des solutions valables. “Pour gérer nos ressources de façon adéquate, nous avons besoin de comprendre la dynamique des éco- systèmes aquatiques naturels et de réaliser leur importance internationale”, écrit-il. Il ajoute que la qualité de la recherche doit être améliorée, s’agissant notamment des interac- tions scientifiques, économiques, institution- nelles et sociales en matière de gestion des écosystèmes marins. Il espère aussi que les négociations ACP-UE pourront créer un cadre favorable pour ce secteur. @ pays ACP par l’information. Il a permis d’évi- ter que le Centre ne s’aventure dans les do- maines qui ne sont pas de son ressort, comme le commerce des matières premières, les plai- doyers macropolitiques, le financement de mi- croprojets ou la recherche sur les cultures. D’autres le font. Nous faisons tous partie de la “société de l’information” (voir En bref ) et le rôle du CTA est d’y engager également l’agri- culture. Un changement de nom pourrait aider, mais il est très improbable, car le nom actuel figure en tant que tel dans un traité. Quant à “rural”, le CTA n’est pas une agence de développement rural. Il aborde aussi les problèmes de santé, d’éducation, de trans- port, ou d’énergie, dans leur dimension agri- cole. Théoriquement cela a l’air facile ; mais dans les villages, ces distinctions n’ont pas beaucoup de sens. L’expérience du terrain nous apprend que les frontières entre les sec- teurs sont floues – par exemple entre le VIH/SIDA, la production agricole, la nutri- tion et l’emploi. Vous n’êtes pas une agence de financement? En aucun cas. Nous sommes un partenaire d’information, nous exploitons la technique de gestion des projets, mais nous ne sommes jamais engagés dans un travail pratique de ter- rain – et nous ne le finançons pas. Nous ne sommes pas non plus une institu- tion de recherche. Nous travaillons avec de nombreux chercheurs des pays ACP et nous commandons des recherches sur l’impact de notre travail, mais nous ne conduisons pas de recherches sur des thèmes spécifiques, l’éle- vage, par exemple. Les centres nationaux de re- cherche et les centres internationaux du Groupe consultatif de la recherche agricole in- ternationale (GCRAI) sont pour nous des organisations cousines plutôt que sœurs. Les fonds opérationnels du CTA provien- nent à 98,9% du Fonds européen de dévelop- pement, approuvé par le Parlement européen et géré par la Commission européenne. La deuxième source de revenus est constituée par la vente de nos publications hors des marchés UE et ACP. Au cours de l’année financière 2002, le budget du CTA était établi à 14070000 t, dont 5 580 000 t (39,6%) de dépenses de personnel et de fonctionnement. Les coûts opérationnels directs des quatre dé- partements (8 490 000 t) sont répartis de la façon suivante : Services et produits d’informa- tion, 37% ; canaux et services de communica- tion, 31 %; compétences et systèmes de gestion de l’information et de la communica- tion,26% ; planification et services communs, 6%. Les chiffres pour 2003 figureront dans le rapport annuel publié en mai 2004 et seront présentés dans Spore 111. Les coûts de person- nel comprennent le perfectionnement en fran- çais et anglais et – dans une moindre mesure – en portugais et néerlandais. Les coûts opéra- tionnels comprennent les missions, essentielles pour maintenir le contact avec le terrain et ne pas rester collés aux ordinateurs. Ou même aux pages de Spore, même si dialoguer avec vous est toujours un plaisir. Choix des partenaires Développement : au-delà du miroir Lors de mon premier long séjour enAfrique, qui a débuté en 1993 à l’occa-sion de ma thèse de doctorat, j’ai été étonnée de la faible efficacité des interventions de développement, quelle que soit leur forme. Cela a balayé quelques préjugés. Il m’est apparu clairement que je ne pourrais juger du rendement, du résultat et de l’impact d’une intervention sans analyser un ensemble complexe de facteurs. Complexité des contextes D’abord, pour bien cerner le contexte d’une intervention, il faut l’observer dans ses dimen- sions synchronique et diachronique, c.a.d. à un moment donné et à différents stades de sa chronologie. On tient donc compte du cadre des interventions coloniales et post-coloniales (émanant d’États ou d’ONG) et des pro- grammes d’ajustement structurel parrainés par le FMI. Il faut ensuite analyser le rapport dia- lectique entre le déroulement d’un projet et sa clôture – autrement dit, examiner l’évolution d’un projet par rapport à des projets précé- dents ou à d’autres projets menés simultané- ment dans la même région, les relations entre les bailleurs de fonds, gouvernementaux et non gouvernementaux, et la manière dont ils s’influencent, ainsi que celles entre la commu- nauté bénéficiaire et le reste de la population. Enfin, il faut examiner les niveaux microsco- pique et macroscopique, en d’autres termes procéder à une analyse ethnographique appro- fondie de la communauté, tout en réalisant une étude panoramique du contexte social, culturel et économique à l’aide d’une méthode sociologique plus vaste. Paysagisme Après trois années passées à enquêter sur le ter- rain à l’aide de techniques ethnographiques, j’ai dû accélérer ma collecte de données : les projets de recherche, comme les projets de dé- veloppement, sont soumis à des contraintes financières et temporelles. Avec ma collègue Alexandra Arvéola, nous avons mis au point une méthodologie pour cartographier le “paysage organisationnel” (ensemble des orga- nisations intervenant dans une région et rela- tions entre elles) et pour réaliser des études de cas ethnographiques sur l’organisation sociale de la communauté cible, sur ses moyens d’exis- tence, ses priorités, ses besoins, ses capacités à s’organiser elle-même et ses formes de résis- tance aux interventions jugées inopportunes (un facteur trop souvent négligé). Pour caractériser le paysage organisationnel d’une région donnée, nous avons mené des in- terviews semi-structurées auprès de tous les acteurs : bailleurs de fonds et agences gouver- nementales, organisations non gouvernemen- tales et communautaires. Nous nous sommes concentrées sur les caractéristiques de chaque entité, sur ses interventions et sur ses liens avec la politique des organismes donateurs et des différents maîtres d’œuvre (organisations gou- vernementales et non gouvernementales). Nous avons accompli des visites d’étude, ac- compagné les collaborateurs des organisations concernées et examiné leurs interactions avec les bénéficiaires, tout en comparant les propo- sitions de projets et les rapports techniques avec les résultats obtenus. Je souhaitais toujours transformer cet en- semble de connaissances en un outil perfor- mant. La plupart des publications sur l’évaluation insistent sur la nécessité de créer des réseaux et d’encourager la collaboration entre tous les intervenants. Ceci permettrait de constituer un corpus commun d’informations et d’idées (on manque souvent de données de référence pour le suivi et l’évaluation), mais aussi d’encourager la formation réciproque et d’accroître l’impact. Les rivalités, la duplica- tion inutile des tâches – et des erreurs – et l’absence de synergies entre les organisations de développement sont également fréquentes. Le classement réciproque des organismes Pour permettre à tous les participants d’un projet ou d’une étude d’échanger librement des informations, nous avons constitué une base de données réactualisée en permanence. Nous souhaitions disposer d’une procédure éclectique, souple et adaptative, qui favorise- rait la compatibilité entre les objectifs de res- ponsabilisation et d’apprentissage et surtout qui améliorerait l’efficacité et réduirait les ef- fets négatifs des interventions sur les commu- nautés cibles. Le prototype de la base de données ressemble à une page web : toutes les informations sur les communautés bénéfi- ciaires et les interventions de développement dans une région y sont saisies et analysées, puis complétées par des données sur la démogra- phie, le climat, les sols, l’économie et les infra- structures, pour offrir une image du paysage organisationnel. L’idée est de créer des pay- sages organisationnels, fournissant aux inter- venants des outils pour évaluer les différentes organisations et l’environnement général. Moyennant une grille d’indicateurs et de va- riables, toute personne autorisée (évaluateur ou chercheur) peut introduire son évaluation dans une matrice de classement. À intervalles réguliers, des spécialistes mandatés analysent le classement de chaque organisation et la des- cription du paysage dans son ensemble. Une base de données de ce type ne peut être créée et actualisée qu’au prix d’un travail d’équipe intensif, indispensable pour rassembler les données disponibles et décrire le paysage orga- nisationnel et les communautés bénéficiaires. Le plus délicat, c’est la représentativité : pour garantir l’exactitude du classement, la régula- rité de la mise à jour et l’intégrité du système, le gestionnaire de base de données doit ré- pondre aux besoins de tous les intervenants (bailleurs de fonds, bénéficiaires, ONG, maîtres d’œuvre des bailleurs, institutions et organisations locales). Ces bases de données s’appliquent à des ré- gions précises. Reliées à des bases similaires dans le même pays ou dans des pays limi- trophes, elles peuvent dessiner des paysages organisationnels à l’échelon local, national, ré- gional ou continental, révéler les évolutions ou les caractéristiques des interventions de développement, ou mettre en évidence la dy- namique politique, socioculturelle, institution- nelle et économique au niveau local. Elles fournissent ainsi des fenêtres d’où chaque in- tervenant peut observer des phénomènes plus amples : pouvoir local, gouvernance nationale, interfaces socioculturelles et techniques, muta- tions sociales et effets de la mondialisation. ✍ E-mail : marina_temudo@hotmail.com SPORE 109 • PAGE 16 Point de vue • Les opinions exprimées dans ce Point de vue sont celles de l’auteur, et ne reflètent pas nécessairement les idées du CTA. Marina Padrão Temudo est chercheuse à l’Institut de recherche scientifique tropicale de Lisbonne (Portugal) et travaille souvent en Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest. La transparence des relations entre les acteurs du développement, locaux ou extérieurs, est indispensable à l’amélioration des prestations. Marina Temudo prône l’utilisation d’un réseau dynamique de bases de données, qui permet aux intervenants d’évaluer la fiabilité et les réalisations de chacun ou de consulter les notes qui leur ont été attribuées. “ fournir des outils pour évaluer les organisations“