Programme de valorisation du système d’information  FILIERE MAÏS DANS LA ZONE CMA/AOC NOTE TECHNIQUE Version finale / juill. 2005 Programme de valorisation du système d’information  TABLE DES MATIERES CONTEXTE GENERAL ............................................................................................................... 2 1. PRESENTATION DE LA PLANTE .............................................................................................. 3 1.1 Caractéristiques générales .................................................................................... 3 1.2 Types d’utilisations................................................................................................. 3 2. PLACE DE LA CULTURE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL.............................................. 4 2.1 Etat de la production .............................................................................................. 4 2.2 Commerce du maïs................................................................................................ 5 2.3 Consommation du maïs ......................................................................................... 6 3. PLACE DE LA CULTURE DANS LES PAYS DE LA CMA/AOC....................................................... 6 3.1 Stratégies de développement de la filière maïs...................................................... 6 3.2 Evolution et répartition de la culture dans les principales zones d'exploitation ....... 7 3.3 Etat de développement de la filière ........................................................................ 7 3.3.1. Production ........................................................................................................... 7 3.3.2. Commercialisation ............................................................................................... 8 3.3.3. Consommation..................................................................................................... 8 4. CONDITIONS ET POTENTIEL DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE EN AOC................................. 9 4.1 Contraintes ............................................................................................................ 9 4.1.1. Niveau Production ............................................................................................... 9 4.1.2. Niveau transformation et conservation................................................................ 9 4.1.3. Niveau commercialisation .................................................................................... 9 4.2 Atouts et potentialités............................................................................................10 Version finale / juill. 2005 1 Programme de valorisation du système d’information  CONTEXTE GENERAL Troisième céréale cultivée (142,7 millions d'hectares) après le blé et le riz, le maïs nourrit aujourd'hui près d'un milliard d'humains sur la terre1. Cependant, dans les pays développés, la production est destinée pour 2/3, à l'alimentation animale, La plante, très plastique, est cultivée sous la latitude 40° Sud, en Argentine et en Afrique du Sud, à la latitude 58° Nord, au Canada. Elle peut pousser à 4000 m d’altitude dans les Andes comme au dessous du niveau de la mer près de la mer Caspienne. De nombreuses recherches ont marqué le développement de la plante et ont permis la mise en place de variétés hybrides à potentiel de rendement élevé (3 à 6 tonnes par hectare)2. Grâce au progrès du génie génétique, des variétés transgéniques ont été mises au point aujourd'hui, mais leur utilisation divise les chercheurs et décideurs en raison des dangers potentiels qu'elles peuvent présenter sur la santé humaine et l'environnement. Dans la région CMA/AOC, les pays du Golfe de Guinée constituent la zone où le maïs est le plus cultivé, même si la productivité de la culture se caractérise par sa très faible productivité. Fortement intégré dans les habitudes alimentaires des populations de cette région, le système de commercialisation et d’échange du produit y est néanmoins très mal organisé. 1 http://www.arvalisinstitutduvegetal.fr 2 Données FAO Version finale / juill. 2005 2 Programme de valorisation du système d’information  1. PRESENTATION DE LA PLANTE 1.1 Caractéristiques générales Culture annuelle, le maïs, Zea mays (L), est une Andropogoneae de la famille des Poaceae. Les épis de la plante comportent 12 à 16 rangées de grains, selon la variété et les conditions de production. Exigeante en lumière par le fait de son métabolisme photosynthétique en C4, la plante l’est aussi en eau. Elle pousse bien sur différents types de sols profonds (la profondeur de son enracinement peut atteindre 185 cm), aérés mais bien pourvus en matière organique. La productivité de la culture est faible sur sols acides ou salés. La plante est sensible à la sécheresse surtout lorsque celle-ci intervient au moment de la floraison. Les très fortes températures, associées à un climat sec ou venteux, provoquent aussi des brûlures sur les feuilles. Le maïs est une des rares plantes cultivées dont l’ascendance sauvage et l’origine soit encore incertaines. Ce serait dans la région centrale du Mexique que la plante aurait été domestiquée et, son plus proche parent, serait aussi une plante annuelle connue sous le nom de téosinte (Euchluena mexicana Schrod). Produit essentiel dans les civilisations maya et aztèque, le maïs jouait un rôle des plus importants aussi bien au plan de l'alimentation que des croyances religieuses et des cérémonies organisées lors des fêtes traditionnelles. Après s’être propagée sur l’ensemble du continent américain, des Andes au Canada, la culture est présente à partir du XVIe siècle, sur tous les continents, en zone tropicale comme en zone tempérée. Plusieurs variétés de maïs, se distinguant par leur morphologie, sont cultivées pour l'alimentation humaine : le maïs doux, perlé, denté, farineux et vitreux. Cette dernière variété est également utilisée comme fourrage, alors que la variété farineuse, dont le grain se caractérise par la tendresse de son albumen, est très utilisée dans l'alimentation des populations des pays grands consommateurs comme le Mexique, le Guatemala. On relève la présence relativement récente d’autres variétés, dont principalement : les variétés riches en huile (contenant des antioxydants, les rendant plus stables), les variétés (type cireux) caractérisées par leur forte teneur en amylopeptine, utilisée comme épaississant, les variétés dites amylo-maïs riches en amylose, utilisées dans l'industrie agroalimentaire comme films pour l'emballage des aliments), etc. 1.2 Types d’utilisations Les utilisations du maïs varient en fonction du niveau de développement économique et social des pays. Ainsi, dans les pays en développement, la céréale constitue un produit alimentaire de base. Ses graines sont utilisées sous forme d’épis immatures grillés ou bouillis, ou transformés en farine et en semoule. Dans ces pays, les tiges érigées servent souvent à la fabrication de clôtures et de parois très résistantes. Dans les pays à économie développée, la graine de maïs sert principalement à l’alimentation animale (volaille, porcins, ruminants), aux industries de la semoule et de l’amidon. Ce dernier produit est aujourd’hui fortement utilisé en Europe et aux Etats-Unis dans l’industrie alimentaire, chimique, pharmaceutique, textile et papetier. Par ailleurs, l’huile extraite des germes de maïs sert à l’alimentation humaine, la fabrication de margarine, de savons, de vernis, de textiles artificiels, etc. Dans certains de ces pays la plante sert aussi comme culture de fourrage vert ou pour de l’ensilage destiné aux bovins. La fermentation du maïs permet aussi d’obtenir des boissons alcooliques. Face à la hausse des prix des carburants, les recherches sont aussi relancées dans les pays développés, sur la technique de la fermentation, pour une production importante et efficiente d’alcool, comme substitut à l’essence. Version finale / juill. 2005 3 Programme de valorisation du système d’information  Les autres utilisations du maïs portent sur les résidus de plants de maïs pour l'alimentation animale, la production de certaines substances chimiques (furfural, xylose) obtenues à partir des rafles ainsi que la préparation des sols. Il faut aussi souligner le rôle important de la plante dans la production d’oxygène. On relève en effet, qu’ un hectare de maïs produit 4 fois plus d’oxygène qu’un hectare de forêt et absorbe 4 fois plus de gaz carbonique. 2. PLACE DE LA CULTURE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL 2.1 Etat de la production Première culture de céréale au monde, la production de maïs représente 41% de la production mondiale de céréales (blé : 40%, orge : 9%) et couvre (moyenne 2 000 à 2003) 140 millions d'hectares, pour une production de 600 millions de tonnes (contre 570 millions de tonnes de blé, sur 210 millions d'hectares). Sur la période 1970 et 2000, le volume de la production de maïs a plus que doublé, passant de 232 millions à 600 millions de tonnes. Les performances réalisées dans les domaines de l’amélioration génétique, des techniques culturales, y compris l’utilisation de fertilisants et d’introductions variétales sont à l’origine de cet accroissement. Cependant, c’est dans les pays développés que les performances sont les plus nettes avec très souvent des rendements, quatre fois supérieurs à ceux des pays en développement. Ainsi si aux Etats-Unis, les rendements sont passés de 4 à 8,6 tonnes par hectare, entre 1961 et 2000, pour le Mexique et le Nigeria, l’augmentation des rendements est marginale. Les données disponibles pour 2004, montrent que la production mondiale de maïs est estimée à plus de 721 000 000 tonnes. Elle dépasse celle de 2003 de 80 millions (FAO, 2005). Sur cette production, les parts respectives des E.U et de la Chine représentent 40% et 18%. Viennent ensuite le Brésil (8%), le Mexique (3%), l’Argentine (2,4%), l’Inde (2,3%) et la France (1,8%). Cette augmentation est surtout notée en Asie et en Amérique du Nord. Pour l’Asie, les facteurs explicatifs de cette augmentation sont liés notamment :  aux mesures prises par le gouvernement chinois pour inverser la baisse tendancielle de la production observée ces dernières années ;  aux accroissements des superficies sous maïs et à l’adoption des techniques d’amélioration des rendements favorisés par les prix avantageux du marché, aux Philippines. En Amérique du Nord, l’estimation faite indique un volume de 265 millions de tonnes, soit 3% de plus que l'an dernier et 9% de plus que la moyenne des cinq dernières années. L’utilisation industrielle du maïs qui a tendance à croître et celle pour la production d'éthanol aux Etats-Unis du fait des récentes flambées des prix du carburant pourraient être à l’origine de cette augmentation. Il faut cependant relever que depuis les années 90, la progression dans la production est surtout rapide dans les pays asiatiques. La Chine est à l’heure actuelle considérée comme le deuxième producteur mondial. L’Indonésie et les Philippines enregistrent un taux de 4% de croissance annuelle de leur production. La tendance est également à la croissance en Amérique latine et en Afrique subsaharienne. Cependant, la production sud-africaine qui représente 27% de la production de l’Afrique subsaharienne, devrait baisser d’environ 18%. Version finale / juill. 2005 4 Programme de valorisation du système d’information  2.2 Commerce du maïs Les statistiques disponibles montrent que sur le volume annuel moyen de 75 millions de tonnes de maïs exporté à travers le monde, 60% environ sont américains (46 millions de Tonnes). Suivent l'Argentine avec 11 millions de Tonnes, la Chine avec 10 millions Tonnes et le Brésil avec 4 millions de Tonnes. Pour ce qui concerne les importations, le Japon occupe la première place pour 22% des importations mondiales, soit 17 millions de T. Il est suivi de la Corée du Sud (12%, 9 millions de T) et de Taiwan (6%, 5 millions de T). Les pays asiatiques, Malaisie, Indonésie et Arabie Saoudite sont aussi de gros importateurs de maïs. Au total, l'Asie importe 35 millions de tonnes, le continent américain 18 millions et l'Afrique 11 millions. Cette configuration des échanges dominée par le repositionnement des pays asiatiques industrialisés (Japon, République de Corée, Taiwan) et émergents (Malaisie, Indonésie) comme principaux animateurs de la demande par leurs besoins accrus d’aliments de bétail, s’explique, en partie, par le retrait du marché de l’Union Européenne, consécutivement à son autosuffisance atteinte en 2000. Un autre facteur explicatif de cette configuration est le retrait des pays de l’ex URSS du fait de la pénurie de devises qui y est relevée. La situation est cependant plus complexe, car l’UE est redevenue importateur de maïs à la suite de la chute de sa production en 2001. La part de sa demande représente environ 12% du volume global de demande. En Afrique, les grands pays importateurs sont l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud. Pour 20033, les données de la FAO révèlent que les échanges internationaux de maïs représentent 86 millions de tonnes, soit une progression de 7% par rapport à 2002. Les Etats-Unis, l’Argentine et la Chine demeurent les trois premiers exportateurs, avec respectivement, 60, 12 et 10% des volumes exportés. Pour 2004, le volume des échanges de maïs devrait être d’environ 79 millions de tonnes. Cette baisse, par rapport à 2003, s’explique probablement par la chute attendue des importations et l’augmentation des exportations dues à celle de la production prévue en Indonésie. Pour les autres pays asiatiques, la demande de maïs devrait baisser à la suite d’une contraction de la production de volaille, affectée par l’épidémie de grippe aviaire en 2004. Dans les pays de l’UE, il est aussi attendu une augmentation significative des importations qui pourraient atteindre leur plus haut niveau depuis 15 ans et, ceci, du fait de la baisse de la production en 2003 et des faibles disponibilités de blé pour l’alimentation animale. Dans les pays de la Fédération de Russie, en Pologne et en Hongrie, les déficits de production enregistrés en 2003, dus à la sécheresse, ont également entraîné une augmentation des besoins d’importation. Ces besoins pourraient néanmoins être satisfaits par la forte reprise de la production d'orge et de maïs en Ukraine. Par ailleurs, les observateurs attendent que les expéditions de maïs en provenance de la Chine reculent encore en 2004/05, pour tomber à 4 millions de tonnes par suite de la réduction des disponibilités intérieures. Au Brésil, en raison de la réduction de la production totale de maïs, il est aussi attendu que les exportations reculent en 2004/05 pour s'établir à 4 millions de tonnes. Pour les pays de l’Afrique, il est prévu que les ventes de l'Afrique du Sud reculent en 2004, par contre, mais la Zambie devrait connaître une production exceptionnelle de maïs qui pourrait entraîner une forte hausse de ses exportations. 3 En fin octobre 2003, la baisse de l’offre de maïs chinois avait entraîné une hausse des cours. Version finale / juill. 2005 5 Programme de valorisation du système d’information  2.3 Consommation du maïs Les principaux pays utilisateurs de maïs sont les USA (plus de 200 millions de tonnes, 1/3 de la consommation mondiale,) et la Chine (environ 125 millions de tonnes, 20% de la consommation mondiale). Suivent le Brésil (4%), le Mexique (4%) et le Japon (3%). L'alimentation animale constitue la plus grande part de la production mondiale. Ainsi la répartition du volume cumulé de 583 millions de tonnes4 d’utilisations diverses du maïs, indique 20% de consommation humaine, 67 % de consommation animale et 13 % pour les autres utilisations. La plus grande part du volume de la consommation humaine est notée dans les pays en développement où le maïs est une denrée alimentaire de base. Pour un volume ainsi estimé à plus de 111 millions (moyenne FAO sur trois ans), la Chine (18%), le Mexique (11%), l’Inde (9%) et l’Indonésie (7%) se répartissent les plus grands volumes. Certains de ces pays utilisent également beaucoup de maïs pour l’alimentation de leurs cheptels. Il en est ainsi de la Chine et du Brésil qui utilisent respectivement 20 et 8 % des 407 millions de tonnes de la consommation animale, contre 37 % pour les Etats-Unis. La part de 25 % de la consommation de l’Afrique subsaharienne revient à l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, le Kenya, le Nigeria et la Tanzanie. Les besoins industriels et l’alimentation animale constituent les plus gros usages de la production de maïs des pays industrialisés. Pour ce qui est des stocks mondiaux, ils n’ont pas cessé de régresser depuis le début des années 2000. Les estimations indiquent qu’ils sont en dessous du seuil critique de 100 millions de tonnes, avec 45 % pour la Chine et 32 % pour les USA 3. PLACE DE LA CULTURE DANS LES PAYS DE LA CMA/AOC 3.1 Stratégies de développement de la filière maïs Des années 60 jusqu'en 1984, la commercialisation des céréales était assurée par les Etats qui fixaient le prix au producteur et celui de la cession aux consommateurs. Dans nombre de pays (Mali, Sénégal, Cameroun et Côte-d'Ivoire….), ce sont les sociétés cotonnières qui ont participé à la vulgarisation de la culture de maïs comme plante de rotation du cotonnier, même si les résultats, du point de vue intensification, restent limités. Le désengagement des sociétés cotonnières consécutives à la libéralisation du système de commercialisation des céréales a conduit à la démotivation des producteurs et, conséquemment, à la baisse tendancielle des rendements du fait de l’adoption du mode traditionnel de production du maïs. Les agriculteurs concernés ont adopté des stratégies propres à assurer leur sécurité alimentaire. Ainsi, de culture de soudure, le maïs est devenu culture commerciale pour devenir à nouveau culture de soudure.5 La dévaluation du F CFA en 1994, a amené certains gouvernements africains à promouvoir le maïs en appelant à l’utilisation des produits locaux et à renforcer ainsi la compétitivité des filières locales. Il en est ainsi de la Côte d'Ivoire dont les importations de maïs ont baissé de 83%.6 D’autres pays, comme le Sénégal, ont mis en place un programme de relance de la filière maïs pour un objectif de production d’un million de tonnes en 2003/04, ramené à 250 000 tonnes, en 2004/2005. Pour ce faire, des mesures ont été prises pour une importation de semences hybrides. Selon les 4 Moyenne FAO 1999/00 à 2001/2002 5 CIRAD, Actes du séminaire «Maïs prospère», 25-28 janvier 1994, Cotonou, Bénin in www.fao.org 6 http://www.sadaoc.bf Version finale / juill. 2005 6 Programme de valorisation du système d’information  chiffres officiels, la production en 2003/04, a cru de 32% et 200 000 tonnes de maïs sont disponibles pour l'exportation.7 D’autres pays, comme le Bénin, ont mis en place avec l'appui de la FAO durant les années 1990, un certain nombre de projets qui ont permis, entre autres, le développement de techniques améliorées de gestion des stocks de maïs et d'amélioration de la culture attelée pour la production du maïs. Au niveau régional, dans le cadre du volet recherche, un réseau de recherche sur le maïs a été mis en place par le Conseil Ouest et Centre Africain de Recherche et de Développement Agricoles (CORAF/WECARD). Il s'agit d'unités régionales où des équipes de chercheurs travaillent sur la filière ou des thèmes connexes.8 3.2 Evolution et répartition de la culture dans les principales zones d'exploitation Introduit à partir des comptoirs de la côte béninoise du Golfe de Guinée dans la zone CMA/AOC au début du XVIe siècle par les Portugais, le maïs qui s’étendait pour la campagne 2003/04 sur une surface estimée à 8,8 millions d’hectares est, à l’heure actuelle, la céréale la plus cultivée. Elle a connu depuis une vingtaine d'années, un grand développement, qui est allé de pair avec celui de l'industrie agroalimentaire. Dans certains des pays (Mali, Sénégal, Cameroun, Côte-d'Ivoire..) de la zone cotonnière, sa diffusion s'est faite avec l'expansion du coton, en particulier. La culture est très développée dans la zone côtière de l’Afrique de l’Ouest, particulièrement au Nigeria (53% des emblavures de la zone CMA/AOC), en Côte d’Ivoire (8%), au Ghana (8%), au Bénin (7%) et au Togo (5%). En zone sahélienne, le Mali et le Burkina abritent les principaux producteurs. Au Bénin la filière maïs revêt un intérêt particulier, dans la mesure où le produit représente plus de 70 % de la production céréalière. Le maïs est cultivé essentiellement dans les petites exploitations agricoles familiales et fait l'objet d'importantes transactions commerciales. Dans le pays, existe également des utilisations diverses du maïs qui est ainsi à la base "d’une sorte de vivier de savoir- faire, de techniques de transformation du maïs".9 On relèvera notamment :  une culture de case plus ou moins intensive avec l’utilisation de fumier et de compost avec un produit généralement consommé en frais en période de soudure ;  une culture pure, pratiquée en zone cotonnière où le maïs entre en rotation avec le coton ;  un système basé sur l’association de la culture avec d’autres céréales (mil, riz), des légumineuses (arachide, niébé) ou des racines et tubercules (manioc, igname). 3.3 Etat de développement de la filière 3.3.1. Production Abstraction de la baisse ponctuelle de 18 % notée en 2000, la tendance est à l’augmentation avec un taux moyen de croissance de 10% par an. Cette croissance est favorisée par divers facteurs, dont notamment les conditions climatiques favorables et les décisions politiques de promotion de la culture dans certains pays. Chiffré à 10,6 millions de tonnes en 2002/03, le volume de production a atteint près de 11,8 millions en 2003/04. Pour l’année 2004/2005, les estimations indiquent une production de 10,9 millions de tonnes. Dans la zone CMA/AOC, ce sont les pays du Golfe de Guinée (Nigeria, Côte d'Ivoire, Togo, Bénin, Ghana) qui ont connu en premier lieu la culture. Ce sont ces pays qui concentrent aussi plus de 80% de la production. Il faut relever que le Nigeria, représente à lui tout seul 53% de la production de 2004. La longue expérience et tradition de ces pays dans la culture de maïs et les conditions climatiques plus favorables qui y prévalent, expliquent ces performances. 7 www.fao.org 8 http://www.coraf.org 9 CIRAD, Actes du séminaire «Maïs prospère», 25-28 janvier 1994, Cotonou, Bénin in www.fao.org Version finale / juill. 2005 7 Programme de valorisation du système d’information  Pour la plupart de ces pays, les rendements moyens sont généralement faibles, de l’ordre de 1,2 tonnes à l'hectare. Ces faibles rendements s'expliquent, en partie, par la dégradation de la fertilité des terres et la faible présence des technologies (nouvelles variétés, itinéraires techniques, etc.) de production dans ces pays. 3.3.2. Commercialisation Longtemps assurée par les Etats, la fonction de commercialisation des céréales a été, depuis la libéralisation, transférée aux producteurs qui assurent eux-mêmes l'écoulement de leur production. L’analyse des échanges intra régionaux se heurte le plus souvent à la rareté des données statistiques fiables. Selon celles de la FAO, le volume de ces échanges est estimé à moins de 86 000 tonnes en 2000. En année normale, le Bénin, le Niger et le Burkina exportent du maïs essentiellement vers le Nigeria, le Mali, le Ghana et la Côte d'Ivoire.10 En cas de pénurie, la direction des flux peut changer et les pays exportateurs de maïs peuvent devenir importateurs. L’influence de la zone CMA/AOC, sur le volume des importations de maïs et les conditions de fonctionnement du marché international, est marginale. On peut néanmoins craindre les conséquences que les importations peuvent avoir sur le développement de la filière locale quand on sait, en effet, que les pays de cette zone importent du maïs essentiellement, de l'Argentine (134 000 tonnes en 2001, selon la FAO) et des Etats-Unis ( 46 000 tonnes). En année normale, le Bénin, le Niger et le Burkina exportent du maïs essentiellement vers le Nigeria, le Mali, le Ghana et la Côte d'Ivoire. 11 La direction de ce flux est inversée lorsqu’il y’a déficit de production dans les pays exportateurs. Sur le plan intérieur, la vente sur le marché des pays concernés, est assurée par des opérateurs dont une partie est constituée par des femmes. Les récoltes sont généralement achetées auprès des fermiers et transportées dans les villes. Les ventes sont assurées au niveau de plusieurs types de marchés allant des sites de collecte (exploitations) à ceux de distribution (magasins, entrepôts ou marchés). Les contre performances dans les échanges commerciaux sont liées principalement au manque d'organisation des producteurs au faible accès de certains producteurs au marché du fait de l'enclavement de certaines zones de production. 3.3.3. Consommation Les données disponibles montrent que l'utilisation directe du maïs dans l'alimentation humaine des pays de la CMA/AOC est estimée, en 2003/04, à 6,87 millions de tonnes, correspondant à une augmentation de 3% par rapport à 2002/03. Dans les grands pays consommateurs, comme le Bénin et le Togo où la consommation est estimée à 69 kg par tête d’habitant, le maïs est utilisé autant en milieu rural que dans les centres urbains. Le produit y est disponible et consommé sous diverses formes. 10 CIRAD, Actes du séminaire «Maïs prospère», 25-28 janvier 1994, Cotonou, Bénin in www.fao.org 11 CIRAD, Actes du séminaire «Maïs prospère», 25-28 janvier 1994, Cotonou, Bénin in www.fao.org Version finale / juill. 2005 8 Programme de valorisation du système d’information  4. CONDITIONS ET POTENTIEL DE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE EN AOC 4.1 Contraintes Les principales contraintes qui freinent le développement de la filière maïs sont liées aux facteurs analysés ci-dessous. 4.1.1. Niveau Production  facteurs phytosanitaires Différentes maladies limitent le développement de la culture en milieu tropical. Il en est ainsi de la rouille et des helminthosporioses qui causent des lésions semblables à des brûlures. D’autres maladies comme les pourritures des épis produites par des champignons comme Aspergillus niger ou Fusarium monoliforme et qui s’accompagnent de la production de mycotoxines, sont présentes. La striure causée, virose la plus fréquente, causée par le Maize Streak Virus, est une cause de destruction des plantes en cas d’attaques précoces cause Les foreurs des tiges ou des épis, les défoliateurs et les prédateurs des grains stockés sont les insectes qui causent le plus de dégâts. Les dégâts des adventices comme le striga conduisent très souvent à l’abandon des terres après trois à quatre ans de culture. Leur contrôle sur un champ exige le développement de moyens disproportionnés par rapport à la productivité de la culture.  Déficit d’utilisation de technologies performantes Le manque de moyens et d’information sur les technologies performantes et appropriées de production disponibles, conduit généralement les producteurs à se contenter des connaissances et pratiques traditionnelles peu compatibles avec le niveau actuel de baisse de la fertilité des terres. Le coût élevé des intrants et du matériel sur le marché, sont aussi à la base des contre performances constatées au niveau de la productivité de la culture 4.1.2. Niveau transformation et conservation La forte utilisation dans l'alimentation humaine n’a pas engendré une implantation importante des unités de transformation industrielle de maïs. Compte tenu des difficultés de conservation de la récolte du fait de l’attaque des grains par les ravageurs et du manque de technologies traditionnelles adaptées, ce déficit de transformation crée dans nombre de zones un désintérêt pour la culture au profit des cultures de rente comme le coton, le café, le cacao ou le palmier à huile. En outre, la qualité de la transformation sous les différentes formes connues (décortiqué, brisures de différentes tailles, farine, etc.) fait que le produit a une très faible qualité commerciale pour les consommateurs. 4.1.3. Niveau commercialisation La commercialisation du maïs se heurte dans les différents pays aux contraintes relatives au manque de débouchés réguliers et rentables, favorisé par la mauvaise organisation de la filière et l’absence d'une politique de collecte, de prix et de commercialisation. A cela s’ajoute « l’in formalisation » des circuits commerciaux nationaux, avec parfois des régions excédentaires coexistant avec des régions déficitaires pour un même pays. L’absence d'un marché officiel, organisé et structuré à l'image du système de commercialisation d’autres produits (coton, café..), la concurrence des céréales importées comme le riz, le blé et le maïs, font que les consommateurs urbains n'achètent le maïs que lorsqu’il est vendu moins cher que les autres céréales Version finale / juill. 2005 9 Programme de valorisation du système d’information  4.2 Atouts et potentialités Nombre de pays africains de la zone CMA/AOC placent la filière au centre des options fondamentales de leurs politiques et stratégies de sécurité alimentaire. Les facteurs militant en faveur de ces options sont liés à la capacité d'adaptation de cette céréale à différentes zones écologiques, la diversité des formes traditionnelles de consommation et vertus alimentaires et énergétiques pour les pauvres. Une large place lui est réservée dans les systèmes de cultures mixtes des agricultures de subsistance12 favorisée par le fait que sa période de maturation est très courte et permet ainsi aux paysans d'avoir accès relativement tôt au marché. En culture de case, il peut être consommé en frais durant la soudure. En outre, la plante s'adapte à une large gamme de températures, de sols et de niveaux d'humidité. Il a également un potentiel de rendement élevé et possède une certaine résistance à des périodes de sécheresse courtes. Il trouve également toute sa place dans les petits élevages de volailles ainsi que dans l'alimentation des petits ruminants et des porcs. Les autres facteurs favorables de la production sont relatifs à :  une volonté politique affichée pour le développement de la production dans certains pays ;  l’existence de débouchés importants pour le maïs avec ses multiples utilisations dans l’industrie agro-alimentaire, le textile, la provenderie, la pâtisserie et la boulangerie, etc. ;  son potentiel plus important de réponse à l'intensification et sa plus grande productivité du travail comparativement au mil ;  sa moindre consommation en irrigué par rapport au riz ;  l’existence de variétés performantes capables de donner des rendements importants par rapport au mil ou au sorgho ;  le niveau élevé d’intégration dans les habitudes culinaires ;  le grand intérêt du produit pour de nombreuses structures de recherche comme le CIRAD, le CORAF ou l'IITA qui mènent des travaux sur l'amélioration des systèmes de culture, la création variétale et l'amélioration des variétés locales, l'amélioration des systèmes et techniques traditionnels de valorisation et de transformation du produit, etc. 12 www.fao.org Version finale / juill. 2005 10