GROUPE CONSULTATIF POUR LA RECHERCHE AGRICOLE INTERNATIONALE Un Partenariat pour la Recherche et le Développement Le Canada et le CGIAR Un partenariat entre le Canada et le CGIAR Le Canada est un membre fondateur du Groupe consultatif sur la recherche agronomique internationale (CGIAR) avec lequel il entretient de longue date un partenariat constructif et auquel il apporte toute son autorité intellectuelle, ses orientations de recherche, sa politique et son soutien financier. Le Canada est l’un des cinq plus grands investisseurs dans le CGIAR. Dans le cadre de son aide au développement, le Canada soutient les activités de développement durable liées à la lutte contre la pauvreté et à la promotion de la sécurité, de l’équité et de la prospérité dans le monde, un thème privilégié lors du Sommet de Kananaskis en 2002. Dans le domaine de l’agriculture, les priorités du Canada — renforcer les capacités nationales ; créer de nouveaux savoirs et utiliser les connais- sances traditionnelles au service du développement ; accroître la sécurité alimentaire, la productivité agri- cole et les revenus ; promouvoir une agriculture viable et une meilleure gestion des ressources naturelles, et contribuer à l’essor de marchés fonctionnels — coïncident avec les priorités du CGIAR. En 2003, le Canada a œuvré résolument, par le biais du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), pour donner un élan à la recherche agricole en Afrique et il a annoncé que le pays allait plus que doubler sa contribution de base au CGIAR. Le CGIAR a pour partenaires l’Agence canadienne de développement internationale (ACDI) et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Les chercheurs, spécialistes du développement et « La manière dont nous relèverons le défi du décideurs politiques de ce pays ont joué un rôle de pre- développement international montrera si l’on a mier plan dans les affaires du compris ce qu’implique l’interdépendance ou si CGIAR, identifiant de nou- velles opportunités, et nous préférons entretenir l’illusion que nous prenant part au programme pouvons ignorer la pauvreté et les privations de de réforme ayant pour objet de renforcer les partenariats la grande majorité de l’humanité sans qu’il en et de rehausser leur efficac- résulte pour tous des conséquences tragiques. » ité et leur impact. Le Canada a contribué à la — Lester Pearson conception et à la création de ancien Premier Ministre du Canada et deux Centres du CGIAR : le Lauréat du Prix Nobel de la paix World Agroforestry Centre, situé au Kenya (dont l’ancien nom est le Centre International de recherche agroforestière (ICRAF), et le Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), situé en Syrie. Le terme "agroforesterie" a été inventé par John Bene de l’IDRC/CRDI. Un instantané du partenariat en 2003 fait apparaître que des chercheurs canadiens sont à la tête du Centre international pour l’agriculture tropicale (CIAT) en Colombie et du Centre international de la pomme de terre (CIP) au Pérou ; que dix canadiens siégent aux Conseils d’Administration des Centres du CGIAR, dont quatre au titre de Président. Il existe une collaboration active entre les Centres du CGIAR et des universités canadi- ennes de premier plan telles Guelph, McGill, Ottawa, Québec, et Western Ontario ; le Fonds de jumelage CGIAR-Canada (CCLF) créé en 1995 par l’ACDI assure le financement et l’expansion de ces partenariats. Les exemples suivants illustrent l’impact du partenariat Canada-CGIAR sur le développement : ■ Les haricots sont cultivés sur 3 500 000 hectares en Afrique, et constituent la principale source de calories dans l’alimentation de millions de pauvres. Au Rwanda, 95 % des agriculteurs cultivent des haricots qui fournissent un tiers du total des calories et 65 % des protéines consommées dans les régimes rwandais. Le CIAT, en coopération avec d’autres partenaires, joue un rôle moteur dans l’Alliance panafricaine pour la recherche sur le haricot qui vise à améliorer les rendements et la valeur nutritive des haricots, ce qui profite aux agriculteurs dont bon nombre sont des femmes. Au Rwanda, plus de 40 % des familles rwandaises cultivent de nouvelles variétés de haricots (www.ciat.cgiar.org). ■ Le maïs représente 30 % des calories des régimes alimentaires en Afrique de l’Est, 50 % en Afrique australe et environ 15 % en Afrique de l’Ouest. Le blé est la céréale dont la culture est la plus répan- due. Le Programme céréalier de l’Afrique de l’Est accroît la productivité du maïs et du blé, tout en renforçant les capacités scientifiques nationales (notamment par le biais du Réseau de recherche sur le maïs et le blé établi en Afrique de l’Est et du Centre). En Afrique subsaharienne, plus de la moitié de toutes les variétés modernes de blé et de maïs ont été mises au point dans le cadre d’ un programme du CGIAR. (www.cimmyt.org). ■ ICARDA, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), aide à réhabiliter l’agriculture en Afghanistan. La guerre, les troubles civils et la sécheresse ont réduit à néant les capacités de production alimentaire. En coopération avec d’autres partenaires, le plus grand effort d’appro- visionnement en semences a été lancé et 53 tonnes de semences de base ont été distribuées aux agriculteurs afghans (www.icarda.org). ■ La déforestation et la stérilité des sols sont des problèmes majeurs auxquels se heurte l’agricul- ture africaine. Durant les années 1980 et 1990, environ 15 400 000 d’hectares, soit une superficie de la taille de l’Ouganda, en ont pâti. Dans le dis- trict d’Embu au Kenya, 3,000 agriculteurs plantent des légumineuses arbustives dans des banques fourragères dont ils tirent un supplément en protéines peu cher, destiné aux vaches laitières. En Zambie, plus de 10,000 agriculteurs ont recours à des jachères améliorées à rotation rapide pour restaurer la fertilité des sols. Aux Philippines, le World Agroforestry Centre encourage l’adoption de méthodes « Landcare » pour disséminer les pratiques agroforestières et mobiliser l’action communau- taire (www.worldagroforestrycentre.org). ■ Le paludisme est l’une des principales maladies des pays en développement, et deux milliards et demi de personnes en sont menacées dans le monde. La plupart des 3.000 décès qui en résulte chaque jour – 10 nouveaux cas chaque seconde – se situe en Afrique. L’initiative sur le paludisme dans l’agri- culture, qui se déroule à l’échelle de l’ensemble du système CGIAR, a pour objet de lutter contre la maladie à sa source : les eaux stagnantes fréquemment associées à l’agriculture irriguée et où les moustiques prospèrent. Sous les auspices de l’Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI), sept Centres CGIAR participent à cette initiative qui se rattache au programme de l’IDRC (CRDI) mobilisant les éco-systèmes au service de la santé des populations (www.iwmi.cgiar.org/sima/). 1 Le meilleur de la science pour préparer l’avenir 2 Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) Le CGIAR est une alliance stratégique qui rassemble des pays, des organisations internationales et régionales, ainsi que des fondations privées. Il appuie 16 Centres internationaux de recherche agricole qui collaborent avec des organismes nationaux de recherche agricole, le secteur privé et la société civile. L’alliance tire parti de l’agronomie pour réduire la pauvreté, promouvoir le bien-être des populations, stimuler la croissance agricole, et protéger l’environnement. L’agriculture, clé du développement Dans un monde où 75 % des pauvres dépendent de l’agriculture pour survivre, il est impossible de faire reculer la pauvreté sans investir dans ce secteur. Beaucoup des pays à vocation agricole sont connus pour investir régulièrement dans la recherche agronomique et les technologies qui en résultent. Un constat s’impose : la recherche agronomique pour le développement est source de croissance agricole et fait reculer la pauvreté. La recherche agronomique a des effets positifs sur les individus et sur la planète La recherche agricole pour le développement est bien connue pour ses résultats concrets. Les centres du recherche du CGIAR et leurs partenaires nationaux dans le domaine de la recherche agricole ont très large- ment contribué aux recherches à l’origine de la Révolution verte dans les années 60 et 70. Ces travaux ont permis non seulement d’accroître les revenus des petits paysans, mais aussi de protéger des millions d’hectares de forêts, d’herbages et de pâturages, de préserver la biodiversité et de réduire les émissions de carbone dans l’atmosphère. Le programme de recherche du CGIAR est dynamique, souple, et adapté aux nouveaux défis du développement. Son orientation a évolué. Alors qu’à l’origine le CGIAR faisait porter ses recherches sur l’accroissement de la productivité de certaines cultures vivrières jugées d’une importance vitale, aujourd’hui, il accorde toute sa place à la recherche portant sur la biodi- versité et sur l’environnement, et considère ces composantes comme des éléments essentiels pour l’amélioration durable de la productivité agri- cole. Sur les principes de base, nos convictions demeurent : la croissance agricole et l’accroissement de la productivité agricole dans les pays en développement sont source de richesse, permettent de lutter contre la pauvreté et contre la faim, et protègent l’environnement. Investissements prioritaires du CGIAR en 2002 Sauvegarder la biodiversité 9 % Améliorer les politiques 14 % Augmenter la productivité 35 % Protéger l’environnement 19 % Renforcer les SNRA 23 % 3 La recherche agronomique est productive Au cours des dernières années, le CGIAR a obtenu des résultats remarquables, notamment ■ La mise au point d’une variété de maïs à forte teneur en protéines, dite « QPM » (Quality Protein Maize), un maïs plus nutritif qui améliore la santé humaine. Cette variété est plantée sur un million d’hectares dans vingt pays ■ Le développement d’une nouvelle variété de riz dite « NERICA » (New Rices for Africa) qui allie la robustesse des variétés africaines au rendement des riz d’Asie. Cette variété est en train de transformer l’agriculture des zones humides d’Afrique de l’Ouest. En Guinée, pour ne citer que cet exemple, 90 000 hectares seront plan- tés en NERICA, ce qui devrait réduire d’une dizaine de millions de dollars la facture des importations de riz ■ Le CGIAR et ses partenaires réhabilitent l’agriculture en Afghanistan. Un important programme de distribu- tion de semences a été mis en œuvre et une assistance technique est offerte pour reconstruire l’agriculture dévastée par des années de guerre, de troubles et de sécheresse ■ La mise au point de techniques intégrant l’aquaculture et l’agriculture est à l’origine d’une augmentation de la production rizicole et piscicole en Asie, imputable notamment à l’obtention d’une nouvelle espèce de tilapia qui se développe 60 % plus vite ■ La formation de plus de 75 000 scientifiques et chercheurs dans les pays en développement ■ La moindre utilisation des pesticides dans les pays en développement par la promotion de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et des moyens de lutte biologique ■ Adoption de systèmes de culture ne faisant pratiquement pas intervenir le labourage en Afrique et en Asie, ce qui minimise l’érosion des sols et dope les revenus et la productivité agricoles. ■ L’accès des producteurs africains au marché international du pois d’Angole ■ Le montage d’opérations agrosylvicoles avec des organisations de proximité en Asie et en Afrique ■ L’obtention, trois années de suite, du Prix mondial de l’alimentation Évolution du programme de recherche du CGIAR 4 Malgré ces réussites, les défis demeurent redoutables. La population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’ici 2050. La demande alimentaire va doubler dans le même laps de temps. Environ 30% des terres irriguées sont déjà dégradées, et la consommation d’eau augmentera de 50 % au cours des trente prochaines années. Les solu- tions que propose la recherche agronomique pour continuer d’accroître la productivité tout en protégeant les écosystèmes sont de première importance si l’on veut relever de tels défis. Accroître durablement la productivité, renforcer les partenariats qui mettent la science au service du développement, protéger l’environnement Le CGIAR a été créé en 1971. Aujourd’hui, plus de 8 500 scientifiques et employés du CGIAR travaillent dans plus de 100 pays. La recherche du CGIAR porte sur chacune des branches clés du secteur agricole : — agrosylvicul- ture, biodiversité, alimentation, production arboricole et cultures fourragères, façons culturales respectueuses de l’environnement, pêche, sylviculture, élevage, politiques alimentaires et recherche agronomique. Treize des seize centres du CGIAR se trouvent dans les pays en développement. La recherche du CGIAR continue de porter en priorité sur l’Afrique. Les partenariats de recherche du CGIAR contribuent à la réalisation des Objectifs de Développement pour le Millénaire et au renforcement des grandes conventions internationales (sur la Biodiversité, les Changements Climatiques, et la Désertification). Le savoir qui résulte des recherches du CGIAR est mis gratuitement à la disposition de tous. Le CGIAR a cinq domaines d’action prioritaires : ■ Accroître la productivité (des cultures, de l’élevage et de la pêche) ainsi que développer la gestion des ressources naturelles ■ Renforcer les systèmes nationaux (en associant les chercheurs locaux à ces recherches, en accompagnant les politiques publiques, en contribuant aux actions de formation et en facilitant l’échange d’informations) ■ Protéger l’environnement (en mettant au point de nouvelles technologies qui utilisent de façon plus judicieuse la terre, l’eau et les éléments nutritifs, et qui minimisent les effets négatifs de l’agriculture sur les écosystèmes) ■ Sauvegarder la biodiversité (en recueillant, répertoriant et préservant des ressources génétiques - le CGIAR détient en bien commun, accessible à tous, l’une des plus grandes collections mondiales de semences) ■ Améliorer les politiques ayant un impact majeur sur l’agriculture, l’alimentation, la santé, la diffusion des nouvelles technologies et la gestion et la conservation des ressources naturelles 5 Une alliance du XXIème siècle De grandes réformes, ayant pour objet de mobilis- er la science, d’élargir l’alliance, d’intégrer des principes de gestion des affaires publiques et de maximiser les effets sur les questions d’impor- tance mondiale, gagnent du terrain et portent leurs fruits. Dans la mesure où il bénéficie d’un soutien accru, notamment de la part de membres clés comme le Canada, l’Espagne et les États-Unis, le CGIAR est mieux armé pour relever les défis du développement en Afghanistan, dans l’Afrique sub- saharienne et ailleurs encore. L’initiative novatrice «Programmes pionniers » a pour objet de s’atta- quer à des problèmes de portée mondiale et régionale d’une importance décisive, tels que les carences en éléments nutritifs dont souffrent plus de trois milliards de personnes et la pénurie d’eau à laquelle le CGIAR tente de remédier en rational- isant l’utilisation de l’eau dans l’agriculture. Les programmes « Challenge (défi)» favorisent la col- laboration dans le domaine de la recherche et con- tribuent à mobiliser les connaissances, les tech- nologies et les ressources. Le CGIAR est une association ouverte à tous les pays et organismes acquis à une politique de recherche pour le développement et désireux d’in- vestir des ressources financières, humaines et techniques à cette fin. En 2002, quatre nouveaux membres se sont joints à l’association et la liste des adhérents devrait encore s’allonger. En 2002, les contributions des membres du CGIAR se sont élevées à 346 millions de dollars, le plus gros investissement dans des biens publics jamais réalisé pour que la science puisse profiter aux com- munautés agricoles pauvres du monde entier. 6 La recherche passe par la collaboration Rien ne serait possible sans le concours et la motivation des 62 membres et des centaines d’or- ganisations partenaires qui œuvrent au sein de l’alliance en constante expansion du CGIAR. Membres du CGIAR Afrique du Sud États-Unis d’Amérique Nigéria Allemagne Fédération de Russie Norvège Australie Finlande Nouvelle-Zélande Autriche Fondation Ford Organisation des Nations Bangladesh Fondation Kellogg Unies pour l’alimentation Banque africaine de Fondation Rockefeller et l’agriculture développement Fonds arabe de développe- Ouganda Banque asiatique de ment économique et social Pakistan développement Fonds de l’OPEP pour le Pays-Bas Banque interaméricaine de développement international Pérou développement Fonds international de Philippines Banque mondiale développement agricole Portugal Belgique France Programme des Nations Unies Brésil Inde pour le développement Canada Indonésie Programme des Nations Centre de recherches pour le Iran, Rép. islamique d’ Unies pour l’environnement développement international Irlande République arabe syrienne Chine Israël Roumanie Colombie Italie Royaume-Uni Commission européenne Japon Suède Corée, Rép. de Kenya Suisse Côte d’Ivoire Luxembourg Syngenta Foundation for Danemark Malaisie Sustainable Agriculture Égypte, Rép. arabe d’ Maroc Thaïlande Espagne Mexique 7 Les Centres du CGIAR International Center for Tropical International Crops Research International Rice Research Agriculture (CIAT) Institute for the Semi-Arid Tropics Institute (IRRI) www.ciat.cgiar.org (ICRISAT) www.irri.org www.icrisat.org Center for International Forestry International Service for National Research (CIFOR) International Food Policy Agricultural Research (ISNAR) www.cifor.org Research Institute (IFPRI) www.isnar.cgiar.org www.ifpri.org International Maize and Wheat International Water Management Improvement Center (CIMMYT) International Institute of Tropical Institute (IWMI) www.cimmyt.org Agriculture (IITA) www.iwmi.cgiar.org www.iita.org International Potato Center (CIP) West Africa Rice Development www.cipotato.org International Livestock Research Association– The Africa Rice Institute (ILRI) Center (WARDA) International Center for www.cgiar.org/ilri www.warda.org Agricultural Research in the Dry Areas (ICARDA) International Plant Genetic World Agroforestry Centre www.icarda.org Resources Institute (IPGRI) (ICRAF) www.ipgri.org www.worldagroforestrycentre.org WorldFish Center www.worldfishcenter.org 8 www.cgiar.org Secrétariat du CGIAR (l’une des entités du System Office du CGIAR) 1818 H Street, NW Washington, DC 20433, USA téléphone 1 202 473 8951 télécopie 1 202 473 8110 Courriel cgiar@cgiar.org, CGIAR cgiar@worldbank.org 9/03 9