SPORE 93 • PAGE 1 Politique agricole Qui formule nos politiques ? 1 Nomades et politiques pastorales À l’horizon des nomades 3 Équipement agricole Sarcle, binette, sarcle… 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE L’agriculture à l’école Apprendre tôt, apprendre juste 16 Site Web : www.cta.nl Information pour le développement agricole des pays ACP N° 93 JUIN 2001 Dans ce numéro « Du commerce, pas de l’aide », « Moderniser les campagnes » : on a commencé à entendre ça il y a une quarantaine d’années. Plaider pour que les villageois échappent à la pauvreté et retrouvent leur dignité en exportant leurs produits agricoles vers les marchés lointains, c’était à contre- courant à l’époque. Aujourd’hui, le marché mondial est bien là et c’est à la Bourse que nos pays conduisent les affaires et comptent les points. Nos agriculteurs sont donc invités à s’aider eux-mêmes et, par exemple, à moderniser leur outillage. C’est une approche globale : produire plus et générer des profits au village – et dans le pays. Une approche globale, c’est toujours utile pour comprendre des choses aussi complexes que le pastoralisme ou l’élaboration des politiques agricoles. Et votre Spore, en voilà un qui est global ! Quand vous aurez pris globalement connaissance des nouvelles, points de vue et publications, lisez donc pages 14 et 15 ce que nous avons repéré dans le rapport annuel du CTA, et comment votre magazine va se rapprocher encore de ses lecteurs, globalement. Et de vous, particulièrement. Fin avril 2001, un lundi matin, lacommission du développementdurable de l’Assemblée générale des Nations unies est réunie. C’est un paysan des États-Unis qui capte son attention en présentant une liste de thèmes à prendre en compte dans les politiques alimentaires mondiales. Parmi eux : le respect des savoirs locaux, la possibilité de « brevets populaires », le plein accès aux résultats de la recherche scientifique. Ses revendications ne constituent pas un événement, pas plus que sa présence à cette auguste assemblée. La nouveauté, c’est que ce paysan – qui pratique l’agriculture biolo- gique dans l’État de Washington – s’expri- me en tant que membre de la commission, dans le cadre d’une procédure de « dialogue multipartite des intéressés ». Certains y voient un grand espoir pour le futur. La contribution de cet agriculteur se situe à une extrémité du spectre de l’élabo- ration des politiques, de prime abord très éloignée des campagnes d’où il est originai- re. Là-bas, « formuler une politique » n’est pas une notion abstraite. Il s’agit de régler concrètement des différends entre commu- nautés sur les droits d’accès à l’eau d’irriga- tion, par exemple, ou entre deux banques communautaires rurales qui se disputent les cyclomoteurs nécessaires à la collecte des remboursements de prêts. La formulation des politiques n’est pas une fin en soi, mais le moyen pour une communauté, ou une nation, d’atteindre un objectif ou de satisfaire un besoin en se Politique agricole Qui formule nos politiques ? L’art de formuler des politiques ne s’est ouvert que récemment et ne retournera peut-être jamais à l’ombre de cabinets discrets. Pour ceux qui prônent la participation et la transparence, c’est un progrès. Examinons la question. Illu str at io n Lu kin o SPORE 93 • PAGE 2 Politique agricole • fixant des étapes. Ceux qui formulent des politiques remplissent donc une des plus nobles tâches déléguées par la communau- té. Mais alors que cette fonction s’exerçait autrefois dans les cabinets et les bureaux discrets de l’appareil gouvernemental, elle devient aujourd’hui accessible à un plus grand nombre d’individus. À l’échelle d’un pays, le but d’une poli- tique agricole générale est de rassembler les dynamiques parfois divergentes à mettre en œuvre pour augmenter les récoltes, déve- lopper le cheptel, maximiser les recettes d’exportation, conserver ou développer l’emploi rural, respecter l’environnement et les cultures traditionnelles, fournir des recettes à l’administration… Parfois les res- ponsables de ces politiques semblent n’être que les arbitres impuissants d’une bagarre générale. Une plus grande participation facilitera-t-elle la formulation des poli- tiques ? La souveraineté absolue, c’est fini L’élaboration des politiques relevait au- trefois d’une ordonnance immuable. Aujourd’hui, après vingt ans de profonds bouleversements, il n’est plus possible de décider d’en haut d’une stratégie et de décréter son application sur tout un terri- toire. C’en est fini des décisions autori- taires, mal étudiées et lourdes de consé- quences, comme le plan arachide (ground- nut scheme) en Afrique de l’Est dans les années 40, ou la collectivisation des terres en Tanzanie dans les années 70, puis au Bénin la décennie suivante. Pour le meilleur ou pour le pire – l’his- toire jugera –, il n’y a plus de nos jours de nations souveraines, de pays pleinement indépendants, pas plus en agriculture que dans d’autres domaines. L’agriculture est aujourd’hui dépendante du marché mondial, et pas seulement dans les pays ACP. Elle est tributaire des fluctua- tions du dollar comme des inondations provoquées par le changement climatique. Il n’y a plus de souveraineté. Et moins encore quand un soutien budgétaire appor- té de l’extérieur par un pays bailleur s’assor- tit d’exigences sur la transparence et la par- ticipation. Concilier, réconcilier Il est pourtant souhaitable, même si ce conseil vient de l’extérieur, que les poli- tiques agricoles soient formulées dans un cadre participatif, impliquant chacun, du champ à l’épicerie en passant par les étals des marchés. Il vaut mieux chercher à concilier des intérêts différents dès le début du processus que de subir les effets de conflits difficiles à aplanir après coup. Cela peut parfois sembler utopique, comme quand il faut partager l’eau ou des terres déjà surexploitées. Le processus d’élaboration des politiques est à présent décentralisé, plus ouvert et plus participatif, parfois aussi plus bruyant, plus confus, plus coûteux. Pour bien des observateurs il ressemble au fonctionne- ment des autorités locales des siècles passés. Mais pour certains visionnaires, la partici- pation de tous les intéressés à un dialogue multipartite, où chacun cherche à définir et à atteindre des buts communs en dépassant ses différences, constitue le socle de nou- velles formes de gouvernance, stables et créatives à la fois. Nous n’en sommes pas encore là. Nous sommes dans une phase de libéralisation des économies nationales et de démocrati- sation de la gouvernance. Certains seg- ments de l’administration sont aujourd’hui faibles, ou inexistants, et dans bien des cas, le rôle du gouvernement se résume à assu- rer, par des réglementations, un environne- ment « porteur ». Les nouveaux cherchent leurs mots Il y a donc des vides de décision politique et économique que les parties intéressées s’empressent d’occuper. Un triangle gou- vernement-secteur privé commercial-socié- té civile se forme. La collaboration sur l’axe gouvernement-secteur commercial a fait de grands progrès, comme en témoigne le suc- cès de l’économie mixte. Il en est de même entre le gouvernement et la société civile, qui reconnaissent avoir besoin l’un de l’autre. L’axe le plus faible est l’axe secteur commercial – secteur non commercial où s’affrontent des valeurs incompatibles. Toujours est-il qu’on peut voir au Sénégal et au Mali une décentralisation de l’autorité politique aux organes et aux forums ruraux locaux. Au Burkina-Faso, au Botswana et au Ghana, la gestion des parcs nationaux est confiée à des ONG. La pri- vatisation de la recherche agricole est un problème dans de nombreux pays, mais dans d’autres secteurs de l’économie agri- cole, la privatisation est en général bien accueillie, avec l’émergence de chambres d’agriculture. Avec la démocratisation de l’élaboration des politiques, la pièce a changé: le décor est nouveau et les acteurs sont plus nom- breux. Mais les débutants n’ont pas bien appris leur rôle et, comme on peut bien l’imaginer, leur inexpérience fait douter certains de la « vieille garde ». Le pouvoir n’est pas donné, il se mérite Persuader ceux qui monopolisaient l’élabo- ration des politiques de devenir plus ouverts est une chose – après tout, ils n’ont pas le choix. C’est autre chose d’aider les nouveaux venus à s’adapter à leurs nou- velles responsabilités. En tant qu’ONG, groupes de base ou organes de la société civile, ils sont accoutumés à pointer les erreurs et les défauts des autres. À eux maintenant de partager la tâche ardue de définir des politiques sans erreur ni défaut. Il en est de même pour le secteur privé, qui a souvent demandé au gouvernement de gouverner moins sans se préoccuper de la manière dont il pouvait partager les charges de ce gouvernement. En vingt ans de réforme, une foule de « boîtes à outils » ont été produites pour aider les gouvernements à devenir plus par- ticipatifs. L’une d’elles issue de la Banque mondiale, déconseillait même aux gouver- nements de faire une cour trop pressante à la société civile, celle-ci risquant de « se fati- guer » de trop de sollicitations. Maintenant que le processus politique s’est ouvert, il y a un urgent besoin de boîtes à outils pour les nouveaux acteurs concernés. Tant qu’ils ne pourront pas faire preuve de compétences adéquates, ils auront, en effet, le sentiment de n’être pas correcte- ment impliqués. Prédisposés à la critique plus qu’à la construction, certains peuvent refuser de s’engager. Quant à ceux qui acceptent l’épreuve, ils ont du pain sur la planche. Une récente étude sur la concep- tion des politiques nous prévient : le pou- voir, comme la propriété, ne se donne pas. Il se mérite. L’efficacité de l’élaboration participative des politiques repose sur : • la capacité des responsables tradition- nels d’accepter de nouveaux venus ; • la capacité des nouveaux venus de déve- lopper les compétences complexes de: – contrôle et analyse – évaluation des politiques – négociation et médiation – construction de consensus – esprit de partenariat. Des compétences et aussi des comporte- ments qui peuvent s’apprendre, mais qui doivent surtout être cultivés. Repères, voir page 10 Illu str at io n Lu kin o SPORE 93 • PAGE 3 I l y a plusieurs milliers d’années, bien avantque l’on songe à planter en terre un grainde blé, nous avions déjà l’habitude de suivre les grands troupeaux de pâturages en points d’eau. Là où les animaux allaient, nous allions. Nous les avons apprivoisés, nous avons appris à traire leur lait et à tisser leur poil, à les défendre et à améliorer leur race en les croisant. Nous nous déplacions sans cesse et nous avons construit sur cette mobilité, sur ces pratiques, des civilisations où la richesse se mesure en nombre de têtes de bétail et où cha- cun se définit par l’appartenance à un clan, à une famille plus que par son lieu de naissance. Touaregs, Peuls ou Massai, FulBe ou Toubous, de l’Atlantique à l’océan Indien et du Nil aux Grands Lacs, les pasteurs perpé- tuent ce mode de vie dans les régions arides de nombreux pays africains. Pasteurs et agriculteurs : un malentendu réciproque Les rapports des nomades avec les autres populations sont souvent marqués par des rivalités qui relèvent d’abord d’une perception différente de l’espace et du temps. Le territoi- re de l’agriculteur, c’est sa terre, celui du nomade, au contraire, est rarement délimité. Ce peut être une série de points d’eau et les chemins qui y mènent. La liberté de se dépla- cer à sa guise sur ces parcours est pour le nomade une nécessité. Pour compliquer les choses, ces besoins ne sont pas fixés une fois pour toutes. Les nomades ont toujours dû leur salut à leur très grande souplesse d’adaptation, à leur opportu- nisme : qu’une période de sécheresse – ou au contraire une série de pluies inattendues – survienne, qu’un conflit rende une région dangereuse, et ils modifient leur parcours en conséquence. L’agriculture elle-même est loin d’être une donnée fixe. De nouveaux arrivants et l’accroissement de la population provo- quent une augmentation de la surface cultivée (de 50 % au Niger entre 1968 et 1980, par exemple – voir Spore n° 39 « Sahel, les éleveurs de demain ») au détriment des terres de par- cours. Pas étonnant que les conflits entre agri- culteurs et pasteurs soient nombreux et constants. Certains ont pris une ampleur alar- mante : au Sénégal en 1991, des milliers de pasteurs FulBe ont dû abandonner la forêt de Mbegu aux planteurs d’arachide « affamés de terre ». Des nomades qui dérangent Pour les nomades, les limites administratives ont une importance relative. Les frontières ayant été souvent tracées dans des régions arides, les zones de pastoralisme se trouvent fréquemment à cheval sur deux, voire trois ou quatre pays différents. Difficiles à contrôler en raison de leur mobilité, souvent considérés comme étrangers, les nomades paraissent, aux yeux des gouvernants, rétifs à une rationalisa- tion satisfaisante de leur activité. Les approches gouvernementales vis-à-vis du pastoralisme ont varié au fil du temps. Les années 60 et 70 ont vu fleurir les ranches pri- vés ou publics. Au sein d’immenses étendues clôturées, le bétail était transféré d’une pâture à l’autre selon des rotations programmées. Au Kenya, la création des Group Ranches devait permettre aux éleveurs Massai de devenir pro- priétaires des terres autrefois communes. Lourds à gérer, peu rationnels en fait, la plu- part de ces ranches n’ont pas survécu aux pre- mières années de sécheresse. Après la grande sécheresse de 1974 en Somalie, 120 000 éleveurs de chameaux furent « invités » à quitter leurs troupeaux et à s’ins- taller dans des villages de la côte de l’océan Indien, où l’on espérait les voir se convertir à l’agriculture ou à la pêche. Cette sédentarisa- tion brutale fut un échec. Cette période a sur- tout été celle des techniciens : les vétérinaires ont mis en place la couverture sanitaire des troupeaux – d’un coût élevé vu la mobilité de ceux-ci –, les ingénieurs ont creusé des forages profonds avec station de pompage. « C’est une logique qui a bénéficié aux plus riches, qui ont pu réduire la main-d’œuvre nécessaire, et aux plus pauvres, qui ont profité de l’eau abondan- te », commente André Marty, de l’Institut de recherches et d’application des méthodes de développement. Les éleveurs de base, ceux qui gèrent avec finesse le parcours de leur troupeau entre de multiples pâturages et points d’eau, en ont peu bénéficié : le piétinement des trop nombreux animaux autour de ces forages a fait disparaître la végétation et les forages se sont souvent dégradés faute d’entretien. À partir de 1975, l’accent a plutôt été mis sur l’organisation des éleveurs. À l’exemple des agriculteurs, ils ont été incités à gérer en com- mun les points d’eau et les pâturages, les stocks de céréales ou les produits vétérinaires. Encore un schéma venu de l’extérieur, encore un résultat décevant. Reconnaître l’intérêt du pastoralisme Les troubles qui ont marqué la décennie sui- vante dans plusieurs pays sahéliens ont été vio- lents et prolongés. La paix conclue, de nou- veaux sentiments sont nés : une redécouverte de la spécificité des sociétés nomades et de leur complémentarité avec les sédentaires, une reconnaissance de leur utilité agro-économique et de l’intérêt de la mobilité pastorale pour l’ex- ploitation durable des pâturages arides. Les chercheurs qui avaient depuis longtemps souli- gné l’impact favorable des pratiques pastorales sur l’évolution du couvert végétal ont enfin été entendus. Dans des champs différents, la compréhen- sion des enjeux du pastoralisme s’affine. Les modes de vie intermédiaires prennent de l’im- portance : les familles deviennent le pivot de déplacements plus réduits (Mali, Niger), les activités pastorales sont complétées par l’agri- culture (Sénégal) ou par le tourisme (Sahel, Kenya). Des rencontres inter-communautaires visent à reconstituer le tissu social et le dialogue au Mali, un projet qui s’inscrit dans le cadre de la décentralisation. Des parcs et des réserves se créent en Guinée, au Mali (Bafing Falémé) ou au Tchad (Binder Léré) en concertation avec les pasteurs. Le code foncier du Mali s’articule maintenant sur une « charte pastorale » spéci- fique. En matière hydraulique, le projet Almy Bahaïm (« de l’eau pour les troupeaux ») vise à doter le Tchad d’un réseau de puits qui prenne en compte l’intérêt de la mobilité du bétail. Ces initiatives sont récentes, encore disper- sées. Elles montrent cependant que quelque chose se lève enfin à l’horizon des nomades. Le droit à la différence, peut-être ? Pour plus d’informations : IRAM – Parc scientifique Agropolis, bât 14, 34397 Montpellier, France Les actes du colloque international sur « Les sociétés pastorales en Afrique sahélienne » (Agadez 1997) se lisent comme un roman. À découvrir, donc : Horizons nomades en Afrique sahélienne, sociétés, développement et démocratie, sous la direction de André Bourgeot, Karthala 1999. Nouvelles orientations du développement pastoral en Afrique. Sous la direction de I. Scoones. Coédition CTA/Karthala, 1999. 366p. ISBN 2 86537 969 8 N° CTA 957. 40 unités de crédit. Nomades et politiques pastorales À l’horizon des nomades Sédentaires et nomades peuvent cohabiter si l'on veut bien prendre en compte leur complémentarité. La mobilité nomade mérite d’être comprise Ph ot o Be tty P re ss © P an os P ic tur es Ph ot o C la ire La na ud /C ira d Prenez deux proverbes : « Le travail d’unefemme n’est jamais terminé » et « unmauvais artisan blâme toujours ses outils ». Qui oserait contredire le premier, sur- tout dans le contexte de l’agriculture ACP ? Le deuxième est plus complexe : après tout, nous sommes tous fiers de notre travail, nous aimons qu’il soit apprécié et nous rêvons d’être considérés comme de bons artisans. Mais si le résultat n’est pas aussi bon que nous le souhai- tons, blâmer nos outils, c’est un peu recon- naître l’échec. Il vaudrait nettement mieux améliorer notre technique. C’est l’idéal et nous voudrions tellement qu’il en soit ainsi ! En réalité, c’est bien souvent l’outil qui est responsable de rendements insuffisants dans les champs ou dans les unités de transformation, en même temps que des erreurs dans la pro- grammation des intrants, des récoltes, dans les conditions de conservation, sans compter les éléments imprévisibles de météo. Même de simples outils manuels sont mal conçus et médiocrement réalisés ; leur usage est donc inefficace. Comme la plupart des petits outils agricoles sont principalement utilisés par les femmes, il n’est pas étonnant que leur travail – d’agricultrices – ne soit jamais vraiment terminé. Une simplicité trompeuse Derrière l’apparente simplicité d’une tâche manuelle, comme sarcler des mauvaises herbes ou décortiquer des épis de maïs, se cache sou- vent un vrai besoin de sophistication. Un outil peut apparaître simple au premier abord, mais pour être efficace, il doit répondre à beau- coup d’exigences : en termes de conception, de solidité, de facilité d’utilisation, de coût, de disponibilité et par-dessus tout d’acceptation culturelle. Les outils agricoles sont souvent rudimen- taires, ce qui masque l’importance de la préci- sion scientifique de leur concep- tion. Prenez une simple houe. Elle appelle une infinité de considéra- tions : la forme du manche et de la main qui va le tenir, la taille, le poids, le centre de gravité, la faci- lité de manipulation, l’angle de la lame pour attaquer la terre et y pénétrer pour extirper les racines des mauvaises herbes. Ce sont des aspects que de nombreux concep- teurs d’outils agricoles et forge- rons villageois ont longuement étudié pour produire une houe appropriée. Les houes sont très diverses et varient d’une localité à l’autre dans un même pays et encore plus d’une région à l’autre. Après tout, il a fallu des millé- naires d’usage pour mettre au point la houe. Pourtant, quel qu’en soit le modèle, fût-il le plus simple, sa conception est aujour- d’hui encore l’objet de controver- se. Pour ses utilisateurs, elle peut être aussi parfaite que possible, et il y aurait sans doute beaucoup à dire sur la pertinence scientifique d’une conception basée sur des générations d’usage. Dans ce sens, on peut dire que la « technologie villageoise » est un mélan- ge de bon sens et de raisonnement scientifique et il ne faut pas la disqualifier ou la considérer, comme certains ‘modernistes’ le voudraient, comme un désir nostalgique de retour à un passé révolu. Il n’empêche que pour un spécialiste en ergonomie, qui vise à l’utilisation efficace de l’énergie humaine ou animale dans la manipu- lation d’un outil, cette conception tradition- nelle peut être en contradiction avec toutes les règles fondamentales de la physique. Qui a rai- son, qui a tort ? Le manche doit-il être long et donc permettre à l’utilisateur de garder le dos droit et d’éviter douleur et inconfort, ou le manche doit-il être court et permettre à l’utili- sateur courbé de ramasser et de se débarrasser plus facilement des mauvaises herbes déraci- nées ? La bonne réponse a une grande inciden- ce sur la santé de l’utilisateur, sa vitesse de tra- vail et son rendement (voir encadrés). SPORE 93 • PAGE 4 Forgerons sans frontières Les artisans locaux ne manquent pas d’idées pour commercialiser leur produc- tion à petite échelle d’outils et d’équipe- ments d’atelier. Et la promotion sur le Web? C’est ce que plusieurs petites entreprises ont fait au Cameroun : le Groupe des agriculteurs modernes de Esse (GAME) et le Centre de liaison et d’appui des artisans au Cameroun (CLAAC) exposent désormais fièrement leurs articles sur le site d’Africadev : casseroles, râpes à main, pas- soires et presses sont à la disposition de tous (équipés d’un ordinateur). À voir ou à acheter. Et pourquoi pas ? Après tout, c’est dans une remise ou un garage que beaucoup de multinationales ont vu le jour. Visitez : www.africadev.net GAME, BP 14731, Yaoundé, Cameroun CLAAC, BP 3723, Douala, Cameroun Un bon outil décuple les forces. Ph ot o G ia co m o Pir oz zi © P ic tur eN ET A fri ca Ph ot o Je re m y H ar tle y © P an os P ic tur es Équipement agricole Sarcle, binette, sarcle… Les outils et les technologies les plus simples constituent toujours la base de la plupart des activités de production et de transformation agricoles. Après des décennies de vulgarisation, d’ateliers expérimentaux et de petite industrialisation, soyons clairs : on est loin d’avoir mis au point les outils idéaux. Une question de formes Il n’y a probablement pas de houe parfaite. Même si elle est conçue pour répondre par- faitement aux caractéristiques physiques de l’utilisateur, elle peut se heurter à des obs- tacles liés à la culture ou – de plus en plus – à des changements dans les besoins des utilisa- teurs. Un peu partout, les caractéristiques physiques des populations rurales évoluent. Des changements alimentaires peuvent avoir une influence sur la taille et le poids, mais c’est surtout la structure de l’âge de la popu- lation active qui change. Au cours de ces der- nières décennies, la migration vers les villes et l’embauche dans les plantations d’autres zones ou dans l’industrie dans d’autres pays ont considérablement modifié la structure des populations villageoises. De nombreuses communautés rurales sont aujourd’hui sur- tout composées de femmes, de jeunes et de vieillards. Les implications de ces change- ments pour la conception des outils agricoles, bien qu’évidentes, sont sous-estimées. La situation est exacerbée par la brutale intrusion du sida qui décime des populations entières. La disparition de plus de 20% des groupes ‘productifs’ d’une communauté est dévastatrice pour aujourd’hui et pour demain. Encore une fois – et de nombreuses réunions de spécialistes l’ont souli- gné récemment – il est urgent de prendre en compte la situation et les besoins des com- munautés épargnées, notamment concernant le type et la forme des outils qui leur permettront d’assurer leur sécurité ali- mentaire. L’ergonomie des outils à main destinés à de toutes jeunes filles, par exemple, n’est sans doute pas le sujet de prédilection d’un concepteur industriel, mais c’est un thème qui demande- ra bientôt, disons même dès maintenant, beaucoup plus d’attention. Sera-t-on capable de relever ce défi ? De la distribution à la vente Ces questions de forme ne préoccupaient guère les stratèges agricoles il y a quelques décennies. Dans les années 60 et 70 du siècle dernier, l’accent était mis sur la reproduction de petits équipements en nombre suffisant pour permettre un usage villageois généralisé à un prix accessible. Le but était de supprimer ou au moins d’alléger la pénibilité des tâches de production et de transformation agricoles et d’augmenter la productivité en améliorant l’efficacité et en réduisant les pertes. Des houes aux presses à huile villageoises, des décortiqueuses à main aux moulins à pédales en passant par les voitures à bras et les petits dispositifs de mise en bouteille ou en conser- ve, la liste est longue. C’était le temps où des guides très détaillés et innovants pour l’époque étaient publiés sur toutes sortes d’équipements simples. Des ouvrages comme le Village Technology Handbook, First Steps to Village Mechanisation and Matériels pour l’Agriculture ont promu des idées nouvelles. Dans de nouveaux modes de transfert de technologies, des concepts d’outils étaient échangés, copiés et adaptés par les forgerons et ingénieurs agricoles dans différents pays en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique et entre ces continents. Des concepts provenant du Brésil, de l’Inde ou du Japon, pour ne citer que trois des principales sources d’équipe- ments agricoles adaptés, hors du groupe ACP, ont été largement reproduits. La pra- tique la plus courante jusqu’aux années 90 consistait à subventionner la fabrication et les circuits de distribution des outils en vue de créer un marché qui deviendrait, à terme, viable. C’est cette voie qu’ont emprunté le Centre de la mécanisation et de la technolo- gie agricoles en Tanzanie, la Société africaine d’études de développement (SAED) dans le Sahel, du Burkina Faso au Sénégal, ainsi que de petits ateliers au Swaziland, Mozambique, Ethiopie et Cameroun, par exemple. Bien souvent cependant, le développement de la capacité industrielle locale a été entravé par un accès insuffisant au crédit tant pour les producteurs que pour les consomma- teurs. Des appuis du Centre pour le développement des entre- prises et du Projet d’appui au développement de l’Afrique (du Groupe de la Banque mondiale), entre autres, ont permis de corriger ces défauts. La concurrence des construc- teurs de machines et d’outils des larges marchés comme le sud des Etats- Unis, l’Inde, la Chine et le Brésil est aujour- d’hui la principale constrainte. Dans tous les cas, il s’agit surtout de stimu- ler la production et l’ingéniosité locales et de faire en sorte que les principales étapes de la mécanisation villageoise soient franchies par le village et non pas au village. Améliorer l’image de la technologie locale en valorisant ses liens culturels et ses solutions scientifiques de bon sens semble être la voie de l’avenir. Cela devrait attirer la créativité et les finance- ments de concepteurs et d’investisseurs sans lesquels la plupart des dispositifs locaux de production et de transformation ne parvien- dront pas à atteindre les niveaux qualitatifs et quantitatifs requis par le marché et la sécurité alimentaire. • Équipement agricole SPORE 93 • PAGE 5 Manche court ou long ? Une étude récente, par la FAO et le FIDA, sur l’usage répandu de houes à manche court a relevé que beaucoup de femmes se plaignent de fatigue et de douleurs fré- quentes. « Il est clair, dit le rapport, que les houes à manche court ont l’avantage d’offrir une meilleure prise aux utilisa- teurs (trices) pendant qu’ ils (elles) sar- clent, leur laissant une main libre pour retirer les mauvaises herbes et en secouer les racines ». A l’inverse, on a noté que dans la région centrale du Sénégal, les femmes utilisent des houes à manche long et peuvent ainsi travailler sans se courber. Elles ont pratiquement abandonné les houes traditionnelles qui les obligeaient à travailler accroupies ou assises sur les talons. Alors, pourquoi les houes à manches longs n’ont-elles pas été adoptées par les femmes dans d’autres pays ? « Partout ailleurs qu’au Sénégal, ajoute le rapport, il y a une croyance tenace que le travail ne peut être bien fait que si le travailleur est plié en deux et armé d’une houe à manche court. Ce type de conditionne- ment culturel fait obstacle à l’introduc- tion d’outils à manches longs plus confor- tables, comme les plantoirs, car travailler debout est considéré comme de la pares- se». Au Burkina, un groupe de femmes ont déclaré qu’elles souhaitaient des manches plus longs sur leurs houes, mais que leurs maris s’y refusaient. Ph ot o H en ne r F ra nk en fe ld © P ic tur eN ET A fri ca Ph ot o R. G ue gu en © C IRA D Ph ot o © IR D SPORE 93 • PAGE 6 Sésame biologique ■ Les agriculteurs du Burkina Faso ont franchi une nouvelle étape sur la route du bio. Avec le soutien de TROPEX, la Société tropicale des produits export, plus de 3 000 agriculteurs cultivent du sésame biologique. La production totale de la campagne 1999-2000 a atteint 4 000 t, soit une valeur de 2 milliards de francs CFA (3 millions d’h ). Les prévisions pour la saison prochaine sont encourageantes. Le clou de girofle : le retour ■ Zanzibar produisait 20 000 t de clous de girofle par an dans les années 60. Cette production s’est ensuite ralentie. Tandis que l’Indonésie, sa meilleure cliente, devenait autosuffisante au milieu des années 80, le vieillissement des arbres, les maladies, les sécheresses qui ont sévi dans les années 90 entraînant l’incendie de millions d’arbres ont précipité la chute du girofle. En 1998, sa production n’atteignait plus que 204 t. Elle a repris dernièrement et le clou de girofle se développe à nouveau sur l’île de Zanzibar. Des marchés de niche ont été développés en Inde, en Thaïlande et aux Pays-Bas. Sa production a atteint 10 000 t en 2000. Selon la FAO, la production mondiale annuelle est de 89 500 t. Le Japon aime les potirons ■ L’année 2000 a été bonne pour les cultivateurs de potirons de l’île de Tonga (Pacifique). Avec une augmentation de 33 %, les exportations ont atteint près de 8 millions de $ US (8 880 000 h ). Le principal importateur est le Japon, qui s’approvisionne aussi auprès d’autres îles du Pacifique comme le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie. Un prix pour des innovations en irrigation ■ L’association pour l’irrigation (IA) a lancé un concours d’innovations en technologies d’irrigation pour les petits producteurs. Le lauréat recevra 10 000 US$ (11 000 h ) offerts par Winrock International. Soumettez vos propositions en anglais (pas plus de 3 pages) avant le 1er octobre 2001. ✍ The Irrigation Association 6540 Arlington Blvd. Falls Church, VA 22042-6638, USA Fax: +1 703 53670 19 Email: smallholderscontest@ irrigation.org Site web: www.irrigation.org/ ia/worldbank.html En bref • ■Fin 2000, la première cargai- son d’éco-bois issu des forêts de la zone du Lagon de Marovo aux Iles Salomon atteignait l’Australie. Cette nouvelle « voie éco-exportatrice », qui s’est ouverte alors même que des compagnies forestières étrangères poursuivent leur abattage destructif, marque une étape dans la bataille du bois tropical du Pacifique. Dans les années 80 et 90, alors que les rendements en bois tropi- caux de l’Indonésie et de la Malaisie s’épuisaient, les entre- prises forestières asiatiques et aus- traliennes ont commencé à explorer d’autres territoires, fai- sant des forêts vierges des Iles Salomon leur nouvelle cible. Des milliers d’hectares étant coupés à blanc chaque année, les commu- nautés locales ont cherché des solutions pour protéger leurs forêts tout en assurant à la popu- lation des ressources à long terme. Le FSC, une organisation internationale qui se positionne, en tant que conseil en gestion forestière, contre la destruction des forêts, fait alors figure de contre-pouvoir politique. En 1997, un premier chargement d’éco-bois certifié par cet orga- nisme quittait les îles pour l’Australie. 41 000 hectares d’éco-bois sont aujourd’hui certifiés par le FSC. L’exportation est limitée à 1 000 m3 par an, mais les revenus correspondants restent essentiels pour les communautés locales. Le nouveau gouverne- ment des Iles Salomon n’a pas pour l’instant fait appliquer la nouvelle loi forestière qui prévoit une réduction de l’abattage industriel et qui devrait concou- rir à assurer la gestion durable des forêts. Une forêt sous surveillance. Ph ot o H el du r N ec to ny © P an os P ic tur es La bataille du bois dans les Iles Salomon ■Quand vos fournisseurs et vos marchés traditionnels sont à 5 000 ou 10 000 kilomètres, il est rai- sonnable de chercher à développer un commerce plus près de chez vous – même si vos voisins sont à un ou deux jours de bateau. Prenons l’exemple des produc- teurs et des marchands des îles de l’océan Indien (les Comores, Madagascar, Maurice, la Réunion et les Seychelles). Le commerce inter-îles ne représente actuelle- ment que 3 % de leurs échanges commerciaux et il y a beaucoup à faire pour le développer tout en respectant des normes de qualité conformes à celles du commerce international. Les économies des Comores et de Madagascar sont dominées par une activité agricole axée sur le marché national ; il y a pour elles bien des opportunités d’ex- portation à saisir. Les autres îles sont plus ouvertes au marché international mais aussi très dépendantes de l’importation de produits alimentaires, en partie à cause du développement du tou- risme haut de gamme. Elles pour- raient réaliser des économies significatives en important des îles voisines, et non plus de Chine, d’Europe, d’Inde, du Kenya ou d’Afrique du Sud. La difficulté est toutefois de garantir la qualité des produits et la fiabilité de la chaîne de distri- bution, en particulier dans le sous-secteur de la transformation des produits périssables (poisson, viande, fruits et légumes). Com- ment développer et renforcer les petites entreprises de commerce inter-îles était le thème du sémi- naire organisé en mars 2001 dans la capitale malgache Antananarivo par le CTA, le Bureau internatio- nal du travail et le Programme régional intégré pour le dévelop- pement des échanges commer- ciaux (PRIDE). Les enquêtes pré- liminaires sur le commerce actuel, par produit et par pays, ont ouvert des perspectives sur des produits finis et des méthodes qui peuvent être intéressants pour d’autres groupes d’îles. Les trente participants à ce séminaire ont demandé une meilleure harmonisation des normes sanitaires et de qualité des aliments, la suppression des droits de douane et un meilleur accès à l’information sur les mar- chés. C’est sur ce dernier point qu’on serait le plus avancé, si les diverses initiatives de réseaux régionaux d’information, une fois opérationnelles, étaient plus étroitement intégrées et si les organisations régionales jouaient plus activement leur rôle. Il est clair qu’en travaillant ensemble à augmenter les exportations des uns vers les autres, les cinq pays concernés amélioreront leur capacité commerciale sur le mar- ché régional et mondial. ✍ PRIDE BP 34 Antananarivo 101, Madagascar Fax : + 261 20 22 64136 Site Web: www.coi-info.org/pride Les épices sont au cœur des échanges depuis toujours. Commerce régional : des possibilités croissantes Ph ot o Ja pa ck © S un se t Subventions ■ Le Bureau néerlandais de l’UICN gère un programme de subventions d’un montant maximum de 75 000 $ US (83 681,25 h ). Elles sont attribuées dans 26 pays à des projets mis en œuvre par des ONG locales dans le domaine de la conservation et de la gestion durable des zones humides. Parmi les ACP, le Bénin, le Cap Vert, le Ghana, le Mali, le Mozambique et le Sénégal sont concernés. Les demandes doivent être soumises chaque année avant les 1er mars, 1er juillet et 1er novembre. ✍ IUCN - SWP Plantage Middenlaan 2B 1018 DD Amsterdam, Pays-Bas Fax : +31 20 627 9349 E-mail : henri.roggeri@nciucn.nl Site Web : www.wetlands.nl Cliquez sur l’Horizon ! ■ Pour tout savoir sur une grande variété de programmes réussis et bien documentés du monde entier, visitez Horizon Solutions-Site sur Internet. Parmi les exemples présentés, la lutte contre le striga au Sahel, la production de fèves au Nigeria et la gestion villageoise des ressources marines au Vanuatu. Les études de cas sont validées par un comité scientifique international. Solutions-Site (en anglais seulement) bénéficie de l’appui de l’Unicef, du CRDI, du PNUD, du PNUE et de l’Université de Yale. Site web : www.solutions-site.org Un prix au Malawi ■ Elizabeth Minofu, une scientifique du Malawi, a reçu de la Banque mondiale et du Club Afrique du FMI le prix 2000 pour la sécurité alimentaire. Ce prix récompense ses travaux sur la sélection de variétés de maïs à pollinisation spontanée. Peu coûteuses, ces variétés ont un bon rendement et elles peuvent être réutilisées durant trois ans, ce qui évite aux petits paysans l’achat annuel de semences. Combler le fossé technologique ■ Un atelier sur les politiques de recherche et de technologie pour le développement s’est tenu à l’Université du Ghana, à Legon, à la fin de janvier 2001. Il avait pour but de favoriser le dialogue ACP-UE sur ces politiques et ses conclusions ont souligné l’importance cruciale du développement des capacités institutionnelles dans les pays ACP dans ce domaine. Le CTA a été sollicité pour être le point focal d’un groupe de travail ACP sur la science et la technologie. • En bref SPORE 93 • PAGE 7 ■La République démocratique du Congo est confrontée à de sérieuses pénuries alimentaires. Elles sont dues aux ravageurs et aux maladies qui affectent parti- culièrement le manioc depuis plusieurs années de guerre civile. Le manioc constituant la nourri- ture de base de 70 % de la popu- lation, c’est donc la sécurité ali- mentaire de tout le pays qui est en jeu. En décembre 2000, une équipe de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) basé au Nigeria s’est rendue au Congo occidental. Leur mission a révélé que tous les ravageurs ou maladies du manioc pouvaient être rencontrés, le virus de la mosaïque apparaissant toutefois comme le problème majeur. L’II- TA a développé au fil des ans plu- sieurs variétés résistantes, mais leur diffusion a été impossible du fait de l’état de guerre existant au Congo. Avec le soutien de la FAO, l’Unité des secours d’urgence et le laboratoire de cultures de tissus de l’IITA vont produire du maté- riel végétal indemne et gratuit, ce qui évitera les procédures habi- tuelles de quarantaine. En République démocratique du Congo, l’Institut national de recherches agronomiques a intro- duit 200 nouvelles variétés expé- rimentées par l’IITA. Celles qui s’adapteront le mieux aux condi- tions locales seront multipliées et distribuées aux paysans. À cette fin, deux pépinières sont en cours d’équipement près de Kinshasa. ✍ IITA PMB 5320 Ibadan, Nigeria Fax : +234 2 241 22 21 E-mail: IITA@cgiar.org ■ SACRED-Africa est une jeune ONG kenyane (voir Spore 82, p. 14) qui développe un programme d’amélioration des cultures inter- calaires maïs – légumes qui puisse être rapidement adopté par les agriculteurs. Ce programme s’ap- pelle MBILI, ce qui signifie « deux » en swahili et en anglais « gérer les avantages des cultures de légumes intercalées » (Managing Beneficial Interactions in Legume Inter-crops). Il s’agit d’améliorer le rendement des cultures de légumes comme les haricots, les pois et les arachides, en les intercalant avec le maïs. Le principe de base consiste à planter alternativement une ran- gée de maïs et deux rangées de légumes. Ce procédé crée de meilleures conditions de lumière et de sol pour les plantes les plus basses tout en préservant les autres plantes. Le champ expérimental de SACRED a permis de compa- rer les performances de différents légumes en association avec le maïs, en utilisant ou non l’engrais local DAP, ainsi que les rende- ments en monoculture. Ces essais indiquent que, sans engrais, les deux rangées MBILI peuvent améliorer le rendement des légumes et la récolte totale de plus de 13% par rapport à une culture intercalaire avec une seule rangée de maïs et de légumes. Les légumes qui demandent plus de soleil, comme les pois et les ara- chides, sont les plus performants. Si les agriculteurs peuvent ajouter de modestes doses d’engrais DAP, le rendement peut être amélioré de 20% supplémentaires. S’ils se maintiennent, ces résultats pour- raient être intéressants, bien que de telles performances soient fré- quentes dans les champs expéri- mentaux. SACRED recommande de rester réaliste en interprétant les résultats. Dans de nombreux cas, même des investissements modestes sont difficiles pour les agriculteurs. Le véritable test sera de voir si les paysans adoptent MBILI à grande échelle et sont prêts à adapter leurs pratiques cul- turales en conséquence. ✍ SACRED AFRICA PO Box 2275 Bungoma Kenya Fax: +254 33 72 02 35 E-mail: sacred@africaonline.co.ke Site Web: www.acts.or.ke/sacred Les nouvelles variétés arrivent. Ph ot o FA O Ph ot o SA C RE D Af ric a Quand la famine menace au Congo Ensemble, produire plus … Plantés sur deux rangées en alternance avec du maïs, les légumes disposent de plus d’espace et de lumière. Les rives du lac réduites en poussière ■ En 38 ans, le lac Tchad s’est réduit de 95%. Un déclin graduel des précipitations depuis les années 60 et une augmentation de la consommation d’eau, particulièrement pour l’irrigation, sont les causes de cette baisse. En 1980, un financement international a permis de mettre en place des dispositifs d’irrigation par diversion des eaux du Chari et du Logone, qui charrient 90% des eaux alimentant le lac Tchad. Aujourd’hui, la superficie du lac représente un vingtième des 25000 km2 des années 60 ; 20 millions de personnes, dans sept pays riverains, dépendent du lac pour leurs besoins en eau. Deux semaines pour le développement rural ■ L’organisation néerlandaise Agromisa propose trois fois par an deux semaines pédagogiques consacrées à la participation au développement rural. La « Semaine A » est une série de cours d’initiation, suivie par la « Semaine A + » dont le programme plus pratique intègre tous les aspects concrets facilitant l’élaboration de plans de développement participatifs et collectifs. Ces deux semaines successives sont proposées à trois périodes : en juin, du 24 septembre au 5 octobre et du 14 au 25 janvier 2002. ✍ Agromisa BP 41 6700 AA Wageningen, Pays-Bas Fax : + 31 317 419 178 E-mail : agromisa@wxs.nl Site Web : www.agromisa.org Vous avez la parole… ■ Rejoignez l’un des 16 forums de discussions et d’échanges par courrier électronique de Conserve Africa International (CAI). Partagez des informations et commentez divers points de vue dans ces forums qui couvrent les thèmes liés à l’environnement et au développement durable en Afrique, qu’il s’agisse de l’alimentation, du tourisme, de l’énergie, de plantes médicinales ou de questions de conservation. Cette initiative a été lancée au Kenya en mai 2000 dans la foulée de la Conférence des parties de la Convention (COP-5) sur la biodiversité. Pour vous abonner, visitez le site de CAI ou contactez : ✍ E. Rukangira, CAI PO Box 19648 Nairobi, Kenya Fax : + 254 2 257 159 22 E-mail : ernestruka@yahoo.com Site Web : www.conserveafrica.org En bref • SPORE 93 • PAGE 8 ■Le commerce, surtout à l’échelle internationale, révèle rarement le meilleur de nous mêmes. La com- pétition peut être sauvage et quand la survie économique est en jeu, casser les prix marche mieux que la meilleure campagne de promo- tion. C’est une dure empoignade et la perte de solidarité entre les nations en est une triste séquelle. L’Union européenne a annoncé récemment la suppression de tous les quotas d’importation et taxes sur les produits des 48 pays les moins avancés (beaucoup de PMA sont des pays ACP). Cette mesure a pris effet le 9 mars 2001 dans un concert de louanges, du moins en Europe, mais il semble qu’on soit loin d’un effet mondial. Beaucoup de PMA bénéficiaient déjà d’un libre accès pour de nombreux pro- duits et de quotas préférentiels sur des produits phares comme les bananes. En 1998, la valeur totale des droits de l’Union européenne sur les produits en provenance de tous les PMA s’élevait à environ 7 millions h , essentiellement sur une poignée de produits provenant de l’agriculture tempérée : du maïs, quelques fromages, du bœuf, de la banane, du riz, du sucre et des pro- duits dérivés du sucre. Les fournis- seurs actuels, principalement dans les pays ACP, ne sont pas très heu- reux de la concurrence d’autres PMA, dans le groupe ACP ou ailleurs. Les 7 millions h d’économies permettront-ils de baisser les prix à la consommation, donc de stimu- ler la demande, et finalement favo- riser les producteurs ? Tout dépend de ceux qui maîtrisent la chaîne de distribution. Il ne fait pas de doute que plusieurs pro- duits provenant de certains pays sont désormais plus compétitifs sur le marché européen. Mais, deman- deront les finauds, pourquoi tant de bruit puisque l’OMC est en train d’abolir toutes les taxes à l’importation de toute façon ? Peu importe. La portée réelle de cette décision réside dans son effet d’entraînement, son ‘impact dyna- mique’. On espère que certaines exportations de PMA seront telle- ment dynamisées par les nouvelles perspective de vente sur le marché européen qu’elles vont inciter les PMA à produire et à vendre davan- tage et à gagner les marchés nord- américains qui ont récemment aussi baissé leurs tarifs douaniers pour les PMA. Soit, mais cela ne se fera sûre- ment pas sans gros investissements dans la capacité productive de plu- sieurs PMA. Les exportateurs de bœuf malgache, par exemple, sont aujourd’hui devant une porte grande ouverte, mais sans bêtes disponibles à la vente. Sans comp- ter la cacophonie de protestations des fournisseurs favorisés d’avant le 9 mars, qu’il s’agisse des omnipré- sents producteurs de bananes, des producteurs de canne à sucre dans les petites îles ACP ou en Europe, ou des producteurs de riz ACP. La libéralisation de ces trois filières se fera plus en douceur puisque l’ac- cès libre est prévu seulement en 2006 et 2009. Mais au-delà des grognements et des coups bas, même entre pays ACP, la véritable leçon à tirer est que, en matière de commerce, il faut penser loin pour aller de l’avant. Cela vaut bien 7 millions h de la poche des contri- buables européens ? Merci UE. Beaucoup de bruit pour presque rien ? Un marché qui fait les gros titres des journaux. 1973/75 1983/85 1993/95 estimation 2005 Total Monde million de tonnes250 200 150 100 50 0 Afrique Asie Amérique Latine et Caraïbes Tendances de la production de manioc ■La production mondiale de manioc devrait augmenter de façon continue au cours des cinq pro- chaines années, avec l’Afrique comme leader. Cinq pays – le Brésil, la République démocratique du Congo, l’Indonésie, le Nigeria et la Thaïlande – assurent près de 70 % de la production mondiale. En 1996, la FAO avait prévu qu’au cours de la période 1996- 2050, la production augmente- rait de plus de 700% dans les 21 pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est où le manioc est l’aliment de base. Source: FAO Ph ot o A. D ev ou ar d © C IRA D/ IN IB AP Congrès mondial ■ Une agriculture fondée sur des techniques de gestion durable des sols, tel est le thème du Congrès mondial qui se tiendra du 1er au 5 octobre 2001 à Madrid (Espagne). Organisé par la FAO et la Fédération européenne d’agriculture durable (European Conservation Agriculture Federation - ECAF), il traitera en particulier des cultures de couverture, des techniques de non-labour et de semis directs dans différentes conditions climatiques, et de leurs avantages agronomiques, économiques et environnementaux. Le tout en trois langues : français, anglais et espagnol. ✍ ECAF Congress Secretariat Apdo. 4084 14080 Cordoba, Espagne Fax : +34 957 76 07 97 E-mail : conservation. agriculture@ecaf.org Site Web : www.ecaf.org La papaye soigne la volaille ■ Les chercheurs de l’Université de Dschang (Cameroun) ont découvert qu’en diluant des graines de papaye on peut traiter les volailles ayant des infestations gastro-intestinales provoquées par Heterakis sp. et Eimeria sp. Séchées au soleil pendant deux semaines, les graines sont ensuite réduites en poudre et diluées dans l’eau (10 g par litre). Une dose de 0,2 ml est ensuite administrée à chaque poule. Après le traitement, le nombre d’œufs et d’oocytes de parasites diminue sensiblement dans les excréments. ✍M Mpoame et LI Essombain Faculté d’Agronomie et des Sciences agricoles Université de Dschang BP 222 Dschang, Cameroun Fax : + 237 45 14 36 Belize dopée aux légumes secs ■ En 2000, les exportations de légumes secs de Belize ont atteint 2,6 millions h , principalement vers les pays de la CARICOM où ils constituent une nourriture de base. Avec le soutien du Brésil, le gouvernement a lancé un programme de développement de l’industrie du soja. D’un coût de 10,5 millions de dollars (11,65 millions h ), ce programme vise à accroître la production, la transformation et la commercialisation des fèves de soja. Une unité de prétraitement de fèves rouges et noires a été inaugurée à Spanish Lookout en février 2001. Des négociations sont en cours pour l’exportation de légumes secs vers la Jamaïque. • En bref SPORE 93 • PAGE 9 ■La question du genre progresse de manière presque satisfaisante dans le domaine de l’agriculture, une fois que les nombreux obs- tacles ont été aplanis avec soin. Les décideurs reconnaissent que les femmes jouent un rôle clé dans le développement agricole. Il y a même des hommes très sen- sibles à cette question et désireux de modifier en conséquence leur comportement professionnel. Mais toutes les avancées réali- sées par les femmes, ou par des hommes et des femmes en faveur des femmes, ne seront pas suffi- santes si elle ne se concrétisent pas dans le droit, confortées, gar- dées et protégées. Prenez le droit des femmes à la terre, leurs droits à hériter, leur accès au finance- ment et leur sécurité en tant que conjoint, aucun de ces droits n’a de traduction juridique dans la plupart des pays ACP. Voilà ce qui s’est dit au sémi- naire organisé fin février 2001 à Kampala (Ouganda) par le CTA, le ministère de la condition fémi- nine d’Ouganda et les agences autrichienne et allemande de développement. Le thème en était la révision des cadres juri- diques dans la perspective du ren- forcement de la condition écono- mique et du rôle des femmes dans l’agriculture et le développe- ment rural. Le problème clé dans bien des pays ACP réside dans la dualité du droit. Il y a dans chaque société un droit coutumier, sou- vent discriminateur à l’égard des femmes. La colonisation a imposé par-dessus un droit colo- nial, mais les constitutions actuelles prévoient souvent la prééminence du droit coutu- mier. La plupart des pays d’Afrique orientale et australe ont hérité un système fondé sur la common law anglaise, mais dans cinq pays d’Afrique australe (Lesotho, Nami- bie, Swaziland, Afrique du Sud et Zimbabwe) s’ajoute le droit romain hérité de l’influence néer- landaise. Ailleurs, dans l’Afrique francophone et les Caraïbes franco- phones ou dans les pays luso- phones, l’équation est aussi complexe même si les termes en sont différents. Si les outils de la discrimination dif- fèrent d’un pays à l’autre, les solutions sont souvent sem- blables : il s’agit de travailler ensemble à un environnement juridique favorisant l’égalité des femmes. Le rapport du séminaire comportera des études détaillées par pays. Dix femmes membres de conseils locaux ont présenté des exemples réconfortants de l’Ouganda, pays hôte du séminai- re. Elles ont expliqué les progrès des femmes en matière de codé- tention de droits fonciers avec les maris, et les normes garantissant un bon degré de représentation des femmes dans toutes les ins- tances de décision. Cette question de la représen- tation est essentielle dans la mesure où c’est de plus en plus du parlement que doit venir l’im- pulsion de réforme du droit. Il faut une offensive « féministe », une éducation patiente et conti- nue fondée sur des arguments solides, pour susciter l’attention favorable des députés et des fonc- tionnaires de l’appareil juridique. Quand le droit existant com- prend des dispositifs permettant de faire sauter des verrous grâce à des cas d’école, tels que l’aide juridique légale pratiquée en Afrique du Sud, il faut les exploi- ter à fond. Soixante responsables politiques, représentants d’ONG, juristes de 14 pays et les institu- tions internationales les soute- nant, se sont accordés sur le fait que ce séminaire n’était pas qu’une étape, mais un grand pas dans la bonne direction. La mise en réseau des expériences et des études de cas doit bien entendu se poursuivre tant que le droit n’est pas réformé. A lire aussi : Le rôle économique des femmes dans le développement agricole et rural : promouvoir les activités génératrices de revenus (En point de mire). Grace Akello et Fatou Sarr. CTA. 2000. CTA Nº 980. O unités de crédit. Nous demandons aux abonnés PDS d’utiliser leurs bons de commande. ■La publicité de début 2001 pour le ‘riz doré’ (Golden Rice), génétiquement enrichi en vitami- ne A, et pour ses promesses de réduction de la cécité infantile a ravivé l’intérêt pour les vaccins comestibles. Ce riz est jaune en raison de l’addition d’un gène tiré d’une jonquille (Narcissus pseudo- narcissus), mais son producteur, Syngenta, l’a depuis lors retiré du devant de la scène. Compte tenu du faible taux de provitamine A dans une ration quotidienne de 300 g de riz, il est clair, dit Gordon Conway de la Fondation Rockefeller, que le riz doré ne peut pas être considéré comme la « solution aux pro- blèmes de carence en vitamine A. On parlera plutôt d’un excellent complément aux fruits, légumes et produits animaux dans le régime alimentaire ainsi qu’à divers ali- ments enrichis et compléments vitaminiques ». Syngenta continue de travailler pour partager cette technologie avec des chercheurs d’institutions publiques, avec le soutien de la Fondation Rocke- feller. En tout, les chercheurs tra- vaillent sur plus d’une trentaine de ces vaccins comestibles, mais les problèmes de dosage, de mode d’administration, de disponibilité et de coûts s’avèrent épineux. Riz moins doré Ces membres d'une coopérative au Mozambique partagent la terre, mais ailleurs, c'est souvent les maris qui ont tous les droits sur le sol. Un droit plus féminisé, SVP! Ph ot o Be rn ar d Fa vr e © Lo um a pr od uc tio ns Ph ot o Be rn ar d Fa vr e © Lo um a pr od uc tio ns SPORE 93 • PAGE 10 Repères • Si vous décidiez d’améliorervos capacités, par quoicommenceriez-vous ? Le fait que vous ayez pris cette déci- sion est déjà le meilleur des signes, mais il y a tant de possibi- lités que le véritable défi, c’est de trouver le bon parcours. Si vous commencez par vous renseigner autour de vous, en un jour ou deux, vous aurez déjà trouvé une centaine de possibilités. Si vous allez sur Internet, vous pourrez trouver un demi-million de réponses pour ‘améliorer les capa- cités’. Déjà perdu ? Première leçon : apprenez à être sélectif, à trouver et à emprunter la voie la plus directe de A vers B, et à vous fier à votre propre jugement. Devenez un vrai nomade des réseaux d’information. Faites comme les nomades : n’errez pas sans but mais allez directement vers les lieux et les gens qui sem- blent les plus prometteurs. La première escale évidente est l’African Capacity Building Foundation (ACBF) qui tra- vaille dans le cadre du Parte- nariat pour le développement des capacités en Afrique (PACT). Créé en 1991, cet orga- nisme bilingue français-anglais a étendu ses missions en 1999 pour servir le secteur public, le secteur privé et la société civile. Un de ses thèmes de prédilection est le renforcement des interfaces entre le secteur privé, le secteur public et la société civile et l’amélioration de l’efficacité des organisations de la société civile. Contact : African Capacity Building Foundation, PO Box 1562, Harare, Zimbabwe. Fax : + 263 4 702915 ; E-mail : root@acbf.co.zw L’ACBF déve- loppe des programmes d’appui à la formulation des politiques au niveau national et régional à tra- vers l’Afrique et elle est elle- même soutenue par une série d’institutions internationales. Créée par les gouvernements, l’ACBF manque quelquefois de familiarité avec les organisations de la société civile qu’elle est sup- posée servir, mais en persévérant avec une bonne approche en réseau, vous en obtiendrez des informations intéressantes si vous la contactez. Branchés sur les ONG Le Centre de recherche et de for- mation INTRAC est une ONG internationale créée également il y a une dizaine d’années, mais beaucoup plus proche des besoins spécifiques des organisations non gouvernementales et de la société civile. Si vous redoutez la perte de liberté et d’autonomie qui peut être liée à un engagement dans la sphère politique, soyez assuré qu’INTRAC défend « les ONG comme acteurs indépendants » et veille « à protéger et à promou- voir » les valeurs portées par les ONG : justice sociale, émancipa- tion et participation des plus pauvres et marginalisés. L’IN- TRAC propose une série de cours sur mesure sur tous les aspects des organisations, en collaboration avec différents organismes, en portugais, en espagnol, en anglais, et, dans une moindre mesure, en français. De plus, elle édite une belle série de publica- tions axées sur la thématique du développement des capacités : finances, confiance en soi, codes de conduite dans les relations avec le secteur privé. Le bulletin ONTRAC est un espace de découverte d’opportunités et de rencontre avec d’autres organisa- tions. Malgré son fort tropisme « Sud », INTRAC est situé au Nord : INTRAC, PO Box 563, Oxford OX2 6RZ, England. Fax : + 44 1865 201852 ; E-mail : intrac@gn.apc.org ; Site Web : www.intrac.org. Un autre portail vers le monde du développement des capacités est l’organisation ‘virtuelle’ appe- lée Capacity.org qui propose en ligne (www.capacity.org) une pro- fusion d’informations et de liens. Expériences nationales L’InterAfrica Group est très bien informée sur les tenants et les aboutissants de la construction de partenariats dans la région et au-delà. Son service de réseau des ONG est une puissante source de contacts et d’expériences. (PO Box 1631, Addis Ababa, Ethiopia ; fax : +251 1 517554 ; E-mail : iag@telecom.net.et ; Site Web : www.interafrica.org) Le développement des capaci- tés est devenu un thème si impor- tant qu’il n’est pas étonnant que les services de conseils pour les ONG et organisations de la société civile se multiplient. L’un d’entre eux mérite d’être distin- gué pour son ouverture et son caractère participatif : c’est le programme régional de coopéra- tion OLIVE (21 Sycamore Road, Durban 4000, South Africa. Fax : +27 31 20 52 114 ; E-mail : learning@oliveodt.co.za ; Site Web : www.oliveodt.co.za) Le journal Development in Practice (NB : articles résumés en français), un forum essentiel pour tous ceux qui travaillent sur le développement des capacités, propose une excellente bibliogra- phie, ouverte et honnête, et un guide opérationnel qui fournit la liste des organisations qui tra- vaillent sur ce thème à travers le monde, dans différentes langues. Development, NGOs and Civil Society est disponible sur le site du journal : www.development inpractice.org/readers/NGOs/ biblio.htm De nombreuses organisations qui travaillent dans le développe- ment des capacités prospèrent grâce à un travail de réseau actif, en se reliant aux autres organisa- tions dans un esprit de coopéra- tion véritable pour échanger des expériences. Vous pourriez en faire autant et en tirer les mêmes bénéfices, alors montrez votre ouverture et votre esprit de parte- nariat! Certains sont meilleurs que d’autres dans ce domaine, comme les organisations mem- bres des comités régionaux des associations de développement. Leurs buts proclamés indiquent qu’elles « visent à fournir des orientations positives en matière de décision politique ». Elles constituent une mine de compé- tences et de ressources. Les secrétariats régionaux pour les principales zones ACP sont : ADIPA (Association of Development Research and Training Institutes of Asia and the Pacific) c/o APDC, Pesiara Duta P.O. Box 12224 50770 Kuala Lumpur - Malaysie Fax : + 603 651 03 89 ; E-mail : adipa@po.jaring.my AICARDES (Association des instituts et centres arabes de recherche pour le développement économique et social) c/o IEQ, 27 rue du Liban, Tunis Belvedere, Tunisie. Fax : +216 1 78 70 34 ; E-mail : ieq@ieq.com.tn CODESRIA (Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique) BP 3304, Dakar, Sénégal Fax : +221 8 24 12 89 ; E-mail : codresdo@telecomplus.sn OSSREA (Organisation for Social Science Research in Eastern and Southern Africa) P.O. Box 31971, Addis Ababa, Ethiopia Fax : +251 1 55 13 99 ; E-mail : ossrea@telecom.net.et ; Site Web : www.ossrea.org Conquérir et apprendre l’émancipation Pour participer au processus de formulation des politiques agricoles, il est nécessaire d’acquérir de nouvelles compétences en analyse et en organisation. Examinons l’offre. Voici un guide pratique de marketing de livres à l’usage des organisations qui ne font pas de l’édition leur fonction principa- le. Souvent obnubilées par leur noble mission, ces organisations échouent dans leurs initiatives d’édition, car elles ne savent pas comment ‘identifier les besoins du marché et y répondre’. En consé- quence, elles publient des piles de livres pour lesquels il n’y a pas de demande ou elles passent à côté d’excellentes opportunités de faire passer leur message et de stimuler leurs ventes. Les huit chapitres du livre explo- rent les mécanismes du marketing et du marché : comment faire un plan de marketing (y compris avec une mention dans Spore), estimer les tirages, les ventes, planifier les aspects financiers et stratégiques. Les chapitres consacrés aux nou- velles techniques de vente sur Internet, aux questions de droits, de coédition et de relations avec les distributeurs sont particulièrement utiles. On y trouve également des informations de base sur ce qu’est un compte de résultats (pourquoi n’y a-t-il rien sur les bilans ?) et même un tableau détaillé pour cal- culer le bon prix de vente et établir les remises pour les revendeurs. C’est un ensemble de conseils didactiques combinés avec une synthèse de l’expérience de l’auteur en matière de vente de livres et avec quelques remarques spéci- fiques sur les possibilités de sub- ventions et de coédition. Cet outil solide sera utile partout, mais il est un peu trop orienté vers le contex- te économique et culturel de l’Afrique orientale et australe, qui sont des régions où l’industrie du livre et l’accès à Internet sont bien développés. Il contient des exemples similaires dans les Caraïbes. Les candidats éditeurs en dehors de ces régions pourraient avoir le sentiment que leurs besoins spécifiques, leurs potentiels et leurs handicaps n’ont pas beau- coup été traités. L’absence de men- tion des colporteurs ou vendeurs ambulants en Afrique de l’Ouest est un exemple des omissions qu’une seconde édition de cet ouvrage pourrait corriger. Il n’y a pas tout à fait dix ans que l’auteur du présent article, dans un rapport au CTA sur les publica- tions techniques en Afrique, a comparé l’offre et la demande de publications à « des bateaux qui se croisent sans se voir dans la nuit » et ce livre fait référence à des situa- tions similaires aujourd’hui. Beaucoup de bonnes choses sont intervenues depuis dans le domai- ne de l’édition dans les pays ACP , notamment l’arrivée d’éditeurs et de libraires dynamiques et indé- pendants et la création d’associa- tions. Le réseau des éditeurs afri- cains (APNET) a désormais une petite sœur caribéenne et une autre association est en gestation dans le Pacifique, alors que l’association panafricaine des libraires s’est affir- mée comme un partenaire plein de vigueur. Cependant, parmi ces professionnels, très peu se sont intéressés à l’agriculture et au déve- loppement rural, car ils considè- rent qu’il n’y a pas de marché viable dans ce secteur. Le guide de Bridget Impey aidera les commu- nicateurs et les éditeurs à adopter un positionnement commercial pour développer ce marché. Un jour, le marché sera viable, et cela d’autant plus vite que chaque édi- teur se procure le livre, dès mainte- nant. Guide pratique de marketing et promotion des publications sur le développement agricole et rural B Impey, Coédition INASP-CTA. 2000. 80 pp. ISBN 92 9081 235 4 N° CTA 1027. 10 unités de crédit Pour les non-abonnés au PDS: GBP 11,95 • h 19,80 plus GBP 5 • h 8,30 pour frais de port. Distribué par African Books Collective, 27 Park End St, Oxford OX1 1HU, UK fax: +44 1865 793298 E-mail: abc@africanbookscollective.com Site Web : www.africanbookscollective.com ■Le terme ‘parcs agroforestiers’ se réfère à un système d’utilisa- tion des terres courant en Afrique, dans lequel les arbres sont systématiquement conservés sur des terres cultivées ou récem- ment mises en jachère. Les arbres sont partie intégrante de ces sys- tèmes agroforestiers qui combi- nent cultures et production ani- male ; ils fournissent du com- bustible, du fourrage, des ali- ments, des remèdes et autres pro- duits. Ce livre fait le bilan de notre savoir sur les parcs forestiers et des expériences qui rendent compte de leur gestion sous les angles bio- physiques, socioéconomiques et politiques. Il identifie les besoins en termes de recherche et les pos- sibilités d’améliorer la gestion, la protection et le développement de ces systèmes. L’accent est surtout mis sur les parc agroforestiers en Afrique de l’Ouest avec quelques références aux autres régions. Les parcs agroforestiers en Afrique subsaharienne Cahiers FAO Conservation 34, 2001. 280 p. ISBN 9252043764 US$ 24 • h 25,30 FAO Sales and Marketing Group Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, ITALIE Fax: +39 06 57 05 33 60 E-mail: publications-sales@fao.org SPORE 93 • PAGE 11 Paroles d’Afrique ■ Si vous avez jamais douté de l’utilité des technologies de l’information et de la communication (TIC) au service du développement local, ce livre est pour vous. Il s’articule autour de plus d’une dizaine d’expériences pratiques racontées par des agents et animateurs de développement. Parmi les thèmes abordés, notons les opportunités et les défis d’Internet en Afrique, le développement d’Internet au Bénin, l’utilisation de la vidéo comme outil d’évaluation participative au Malawi, le rôle des TIC dans la lutte contre la pauvreté en Zambie. On y trouvera également une petite sélection de sites Web consacrés aux organisations de la société civile en Afrique. Par manque de moyens, les éditeurs n’ont pu publier ce livre qu’en version anglaise. Mais si vous pouvez surmonter l’obstacle de la langue, cela en vaut franchement la peine. ICTs in development. Série Words from Africa, numéro 9. Service de liaison non-gouvernemental (NGLS). Nations Unies, Genève. 2000. 119 pages. Gratuit NGLS, Palais des Nations, 1211-Genève 10, Suisse Fax : + 41 22 917 0049 E-mail: ngls@unctad.org Website: www.unsystem.org/ngls Participation virtuelle Ce CD-ROM accompagne et complète l’édition imprimée des actes d’un séminaire sur le développement durable de l’agriculture irriguée dans la zone soudano-sahélienne, qui s’est tenu fin 1999 à Dakar (Sénégal) (voir Spore 90, p. 12). C’est une excellente illustration de la façon dont la technologie électronique peut être utilisée pour donner un caractère interactif à l’information, plutôt que de se contenter d’une simple promotion d’une organisation: le CD-ROM comprend les textes, les illustrations et l’enregistrement sonore des présentations faites au cours du séminaire, plus un panorama de toutes les recherches sur le sujet ainsi que des liens avec d’autres travaux et publications pertinents. Si vous vous intéressez au sujet et n’avez pu assister au séminaire, pas de problème, vous disposerez d’une information au moins aussi intéressante que si vous y aviez assisté. Pour un Développement Durable de l’Agriculture Irriguée dans la zone Soudano-Sahélienne. Coédition CORAF, Cirad, Coopération française et CTA. 2000. N° CTA 1028. 40 unités de crédit. • Publications Publications Les livres publiés par les éditeurs des pays ACP sont toujours bienvenus dans cette rubrique. Nous invitons vivement tous les professionnels locaux à nous faire parvenir leurs ouvrages. Les arbres du parc Vendre des livres là où il n’y a pas de marché Parler de « jachère amélio- rée » peut sembler contra- dictoire. Comment peut-on amé- liorer un processus où la culture a été momentanément interrom- pue pour laisser le sol au repos ? La jachère traditionnelle per- met d’améliorer la fertilité du sol en augmentant ses réserves de matière organique et d’éléments nutritifs. Or, depuis quelques décennies, la jachère traditionnel- le de 10 à 30 ans est en conflit avec des pratiques de production plus continue pour subvenir aux besoins d’une population plus sédentarisée et plus nombreuse. D’où la nécessité de mettre au point une gestion adaptée ou, comme disent certains, une « jachère guidée ». En avril 1999, un séminaire international organisé à Dakar a permis à un groupe de chercheurs ouest-africains de faire le point de leurs travaux sur ce thème, dans le cadre d’un programme « La Jachère en Afrique tropicale » démarré en 1995. Les trois volumes de rapports et d’études de cas résulant de cette rencontre fournissent un panorama com- plet des connaissances actuelles sur la transition des systèmes qui pratiquent encore la jachère vers des systèmes de cultures conti- nues. La place et les fonctions de production de la jachère tradi- tionnelle en Afrique tropicale, l’importance des jachères amé- liorées, les méthodes de substitu- tion à cette jachère, ainsi que certains aspects biologiques, agronomiques et socioécono- miques sont les principaux thèmes abordés au fil des dix chapitres du deuxième volume – La jachère en Afrique tropicale. De la jachère à la jachère amélio- rée – analysé ici. Ce volume s’adresse aux chercheurs, ensei- gnants, étudiants et aménagistes des zones tropicales africaines. Ils y trouveront de nombreuses références originales recueillies au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et au Sénégal. Cette pu- blication a été appuyée entres autres par le CTA. Le volume 1, qui reprend les 92 communications présentées au séminaire, est disponible auprès de l’éditeur ; le troisième est prévu fin 2001. La jachère en Afrique tropicale. De la jachère à la jachère améliorée. Le point des connaissances. Volume 2. Ch. Floret et R.Pontanier. Coédition John Libbey Eurotext, CE, CORAF, CTA et IRD, 2001. 355 pages, ISBN 2-7420-0302-9. N° CTA 1035. 40 unités de crédits. Pour obtenir le volume 1 : Éditions John Libbey Eurotext 127 avenue de la République, 92120 Montrouge, France E-mail : contact@john-libbey-eurotext.fr ■Le palmier à huile et le cocotier sont deux plantes très différentes, mais elles ont des points com- muns, en particulier de nom- breux ravageurs, surtout des insectes. Ce cédérom bilingue français-anglais contient des fiches informatives sur chaque ravageur ou insecte, ses caracté- ristiques biologiques, sa réparti- tion géographique, les dommages qu’il cause et les traitements pos- sibles. Plus de 170 ravageurs et maladies sont ainsi traités. Trois itinéraires permettent de retrou- ver l’information. Ce cédérom peut être exploré par ordre alpha- bétique, par nom zoologique ou par critères thématiques (type de dommages, étape de développe- ment de l’insecte, etc). Chaque fiche est illustrée de photos en couleurs et 800 références sont incluses, classées par insecte. Les ravageurs du palmier à huile et du cocotier : Biologie, description et méthodes de lutte D Mariau (CIRAD. CP), CIRAD, 2000. ISBN 2 87614 437 9 Référence : 802 360 FF • h 54,85 La Librairie du CIRAD TA 283/04, Avenue Agropolis 34398 Montpellier Cedex 5, France Fax: + 33 4 67 61 55 47 Site Web: www.cirad.fr Plusieurs abonnés nous ont réclamé la publication ‘Formation de formateurs d’éle- vage : guide méthodologique’. Ce manuel, momentanément hors stock en 2000, est de nouveau disponible au CTA. Il propose aux formateurs une base de réflexion pour l’élaboration de cours destinés aux auxiliaires vétérinaires, promoteurs de l’éle- vage dans leur communauté. L’auteur recommande une démarche participative, insistant sur la contribution des paysans à la formulation des objectifs de la formation et sur le respect de leurs valeurs culturelles. Formation de promoteurs d’élevage : guide méthodologique J Thonnat, Coédition CTA et Vétérinaires sans Frontières. 1993. 76 pages. ISBN 92 9081 093 9 N° CTA 484. 5 unités de crédit Des ravageurs bien rangés De la jachère à la culture continueSécuriser l’accès aux biensdes communautés ■ « Commons » est un terme anglais qui décrit un régime foncier particulier, géré par une communauté donnée et régi par des règles communautaires concernant les pâturages, la coupe de bois, la pêche, etc. « Securing the commons » est une série de publications portant sur des études de cas en Afrique. Trois d’entre elles ont été publiées en français. Elles décrivent les processus de concertation engagés au niveau villageois et local, notamment en matière de gestion des ressources naturelles. Elles sont très intéressantes en raison des détails et des éclairages qu’elles apportent sur une situation particulière. À ce titre elles devraient être principalement utiles comme « boîtes à idées » et pas seulement comme exemples qui pourraient être reproduits dans d’autres contextes. Qui gère les ressources communes ? Pour une gestion inclusive et durable C Hesse et P Trench. Securing the commons N°. 1. Earthscan, Londres. 2000. 40 pages. ISSN 1605-2293. Gratuit. Hannu Biyu Ke Tchuda Juna – L’union fait la force. Gestion conjointe des ressources communes : une étude de cas de Takiéta, Niger G Vogt et K Vogt. Securing the commons N°. 2. Earthscan, Londres. 2000. 48 pages. ISSN 1605-2293. Gratuit. Du conflit au consensus. Les pasteurs et agro-pasteurs de Kishi Beiga (Burkina Faso) optent pour la co- gestion de leurs ressources naturelles M Banzhaf, B Drabo et H Grell. Securing the commons N°. 3. Earthscan, Londres. 2000. 36 pages. ISSN 1605-2293. Gratuit. International Institute for Environment and Development (IIED),3 Endsleigh Street, London WC1H 0DD, UK Fax: +44 207 388 2826 Email: mailbox@iied.org Ces publications sont gratuites pour les lecteurs ACP. Elles peuvent aussi être téléchargées du Site web: www.iied.org/pdf/index.html Réflexions pratiques Le numéro 2000 de la publication biennale HRARD présente sa collection d’articles (en français, anglais, espagnol et arabe) sur les méthodes et stratégies novatrices dans la communication agricole. Entre autres: la radio locale communautaire dans la zone Mali-Sud et l’impact du sida sur le développement agricole et rural, plus des consignes pour des auteurs désireux de participer à l’édition de 2002. Ressources humaines pour le développement agricole et rural. FAO, 2000. 215 p. ISBN 92-5-004469-0. Gratuit. HRARD, Bureau SDRE FAO, Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italie Fax : + 39 06 57053152 (attn Qamar) Email: kalim.qamar@fao.org Publications • De nouveau disponible au CTA SPORE 93 • PAGE 12 On découvre aujourd’hui avec beaucoup d’intérêt le rôle que les petites entreprises agroalimentaires (PEA) peuvent jouer comme outils de promo- tion agricole et comme mo- teur des économies locales. Positionnées à la fois sur les mar- chés locaux et sur l’exportation, elles proposent une gamme variée de produits, prêts à man- ger ou intermédiaires (gari, attie- ké, etc.) et savent s’insérer de manière très vivante dans la dynamique de l’économie mon- diale. Ce type d’exportations s’est développé en Afrique, en Europe et aux Etats-Unis. Dans quelles conditions ce secteur peut-il s’épanouir, en termes d’appuis financiers, de crédit, de formation, de régle- mentation ? Cette étude, qui s’inscrit dans une série produite pour le CTA, aborde ces diffé- rents aspects, en partant de l’analyse des institutions d’appui et de leurs interactions avec les entreprises. Elle intègre aussi des observations sur le terrain. Quels résultats ? S’agissant de la mobilisation des institutions, services d’appui et ONG, on note que c’est le niveau local qui est le plus pertinent pour la promotion des PEA. Quant à la formation, l’étude conclut que c’est « sans doute un des domaines où l’incompréhension est la plus forte ». Divers aspects de la formation sont abordés : gestion, hygiène, qualité, marke- ting, maintenance, législation. Mais les questions d’organisa- tion pratique de la formation (démarches, insertion territo- riale) restent les plus difficiles à résoudre. L’étude préconise la promotion des centres pratiques d’apprentissage agroalimentaire au niveau local, le renforcement des dispositifs universitaires et la valorisation des complémentari- tés régionales et des dynamiques interafricaines. Promotion des petites entreprises agroalimentaires en Afrique. Échanges de savoir-faire, systèmes d’apprentissage et institutions locales (Bénin, Sénégal) J-J Magloire Bazabana et J Muchnik, CTA, 2001. 140 pages. N° CTA 1030. 10 unités de crédit. SPORE 93 • PAGE 13 Les publica- tions signalées dans ces pages par la feuille verte viennent s’ajouter au catalogue CTA, et vous pouvez les obtenir du CTA si vous êtes abonné(e) au Service de diffu- sion du CTA. Pour les autres publications (signalées par un simple carré orange), vous devez vous adresser à l’éditeur men- tionné, ou à un libraire, mais pas au CTA. Les publications du catalogue CTA sont gratuites pour les abon- nés du Service de diffusion des publications. Les abonnés peu- vent commander ces publications jusqu’à concurrence de leur cré- dit, en utilisant impérativement le bon de commande qui leur a été fourni. Les non-abonnés peuvent demander un formulaire d’ins- cription au CTA. Le service est ouvert aux organisations et institutions de développement agricole et rural des pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), ainsi qu’aux particu- liers qui résident dans ces pays. Si vous ne remplissez pas les condi- tions d’abonnement au service, ou si vous avez épuisé vos unités de crédit, vous pouvez acheter les publications du catalogue CTA auprès du distributeur suivant : Triops, Hindenburgstrasse 33, 64295 Darmstadt, Allemagne – Fax : + 49 6151 3140 48 – E-mail : triops@net-library.de – Site Web : http ://www.net-library.de Comment obtenir ces publications ■De tous les animaux domes- tiques, le lapin est celui qui four- nit le plus de viande dans un minimum de temps. Pratiqué à petite échelle, l’élevage du lapin peut contribuer à l’alimentation familiale. Une production plus importante peut être source de revenus et de profits pour l’en- semble de la famille. C’est une activité apparemment facile, mais elle demande une bonne organisation, s’agissant particu- lièrement de l’adaptation des soins de santé et d’hygiène aux conditions climatiques des zones tropicales. Le CECURI (Centre cunicole de recherche et d’information), au Bénin, travaille sur ce thème depuis de nombreuses années. Il a synthétisé cette expérience dans un remarquable guide pra- tique de l’éleveur de lapins en Afrique de l’Ouest. C’est un livre très pratique, avec un texte simple accompagné d’une qua- rantaine d’illustrations claires. Il a été produit avec l’appui finan- cier de la coopération belge. Il aborde les aspects les plus variés, depuis la biologie du lapin, sa pathologie, la commer- cialisation et la rentabilité, en passant par tous les détails de la conduite de l’élevage : installa- tion, ventilation, cages, besoins alimentaires, nids… Bref, une couverture complète à laquelle il ne manque que quelques recettes de préparations culinaires! Le guide pratique de l’éleveur de lapins en Afrique de l’Ouest Y Dago et M Kpodekon. CECURI, Cotonou, 2000. 106 pages. ISBN 99919 917 0 0 h 2,30 plus frais de port. (h 3 en Afrique, Pacifique et Europe ; h 3,80 ailleurs). CECURI 01 BP 2009, Cotounou, Benin Fax : +229 360 589 E-mail : cecuri@syfed.bj.org L’agroalimentaire (suite) L’Arche de Noé ■ Le pafuri, le jiddu et le manjaca sont des bovins indigènes d’Afrique, respectivement du Mozambique, de Tanzanie et de Guinée-Bissau. Avec des milliers d’autres animaux, mammifères et oiseaux, sauvages ou domestiques, ils sont rassemblés dans la troisième édition de la Liste World Watch de la diversité animale, l’organe du système d’alerte rapide pour les ressources génétiques animales. World Watch List for domestic animal diversity (uniquement en anglais) FAO, 3e édition, 2000. 750 pages. ISBN 9 251 045 119 US$ 80 • h 89,25 Marketing and Rural Finance Service Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italie Fax : + 39 06 57 05 33 60 E-mail : publications-sales@fao.org Agriculture urbaine ■ Une introduction convaincante à l’agriculture urbaine, ainsi qu’à la distribution et à la gestion des aliments. Aliments pour les villes. Politiques d’approvisionnement et de distribution alimentaires pour réduire l’insécurité alimentaire urbaine. Guide à l’intention des maires, des conseillers municipaux et des planificateurs urbains dans les pays en développement et en transition O. Argenti, Collection « Food into cities », FAO, 2000. 40 pages. Gratuit Marketing and Rural Finance Service Agricultural Support Systems Division Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome, Italie Fax : + 39 06 57 05 68 50 E-mail: sadaseries@fao.org Le texte est aussi disponible sur le site : www.fao.org/ag/ags/AGSM/ SADA/SADAE-5_.HTM Oriflash ■ L’organisation non gouvernementale ORIDEV publie un nouveau bulletin d’information Oriflash portant sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) au Bénin. Cette liste, qui paraît plusieurs fois par mois, permet de diffuser des informations ponctuelles relatives à des événements (formations, ateliers, candidatures, ...) et complète le bulletin mensuel Orita d’informations sur l’état des TIC au Bénin. Pour s’abonner, envoyer un message à bulletin_oriflash- subscribe@egroups.com avec comme objet: subscribe ou écrire à pis@oridev.org Site d’information : www.egroups. fr/group/bulletin_oriflash/ Site Oridev : www.oridev.org/ Cette nouvelle a paru dans le numéro d’avril 2001 des « Dernières nouvelles TIC – bulletin d’alerte pour l’agriculture ACP » du CTA. Voir: www.agricta.org/ictupdate/ indexfr.htm • Publications Élevez des lapins, c’est l’avenir SPORE 93 • PAGE 14 Entre nous • Un service d’annonce électronique, quidémarre avec ce numéro de Spore,offre un nouveau service à nos lec- teurs toujours plus nombreux. Nous invi- tons nos abonnés et les autres lecteurs qui ont accès à Internet à s’y abonner. Depuis 1998, chaque numéro de Spore fait l’objet d’une publication imprimée et d’une édition électronique sur Internet. Avec cette édition électronique, nous sommes en mesu- re d’apporter un plus à nos lecteurs des pays ACP qui ont accès à Internet et qui impri- ment ainsi le bulletin entièrement ou par- tiellement. L’édition électronique signifie aussi que Spore est disponible gratuitement pour les lecteurs hors Groupe ACP ou Union euro- péenne, comme pour ceux qui travaillent dans des secteurs qui ne sont pas au cœur de notre mandat. Spore est consacré à l’agricul- ture et au développement rural dans les pays ACP et la version imprimée est gratuite seu- lement pour les professionnels de ces sec- teurs dans les 77 pays ACP et pour ceux de l’Union européenne (qui assure le finance- ment du CTA) qui coopèrent avec les parte- naires ACP. Les autres personnes que nous appelons ‘lecteurs secondaires’ doivent payer un abonnement, au moins pour l’édition imprimée (voir p 13). Atteindre un public plus large Grâce à l’édition en ligne de Spore, nous pouvons désormais diffuser notre informa- tion qui est en fait la vôtre, l’information ACP, à un public plus large que celui de notre édition imprimée, qui a une portée et un financement inévitablement limités. Il y a bien sûr des différences entre les deux versions. La version imprimée arrive régulièrement (nous l’espérons!) dans vos boîtes aux lettres, circule dans votre organi- sation ou vous parvient par vos collègues ou amis. Dans tous les cas, Spore vient à vous. La version électronique, à l’inverse, est sim- plement mise en ligne sur le site du CTA et c’est à vous de vous y rendre en vous y connectant par votre ordinateur. Vous devez aller à Spore et vous rappeler de le faire. L’annonce vous y fera penser. L’annonce de chaque numéro Pour annoncer chaque édition Web de Spore, notre nouveau service envoie un message E- mail qui donne le sommaire de la vingtaine de sujets traités dans la nouvelle édition avec des résumés et des illustrations. Chaque sujet comporte un lien vers l’article complet sur le Web. ‘L’annonce électronique’ est faite en trois langues (anglais, français et portugais) et propose des liens vers chaque version lin- guistique de l’édition électronique. Nous l’adressons à chaque abonné ou lecteur de Spore qui le demande, ainsi qu’à quelques lecteurs potentiels ou secondaires. Conditions Pour utiliser ce service, il y a deux conditions techniques : il est nécessaire de disposer d’un logiciel de messagerie de type Outlook ou Eudora (en version 4 ou postérieure), capable de lire en « format HTML », et il faut accéder au Web avec un navigateur comme Netscape ou Explorer (version 4 ou postérieure). Si vous utilisez un système de courrier électronique comme hotmail.com, yahoo.com, yahoo.fr ou netscape.com, ça marchera. Ce service est gra- tuit, mais ne sous-estimez pas le temps et le coût de votre connexion à Internet. Pour être abonné à ce service, l’interrompre ou le modifier Si vous êtes déjà abonné à Spore et si votre adresse E-mail est connue du CTA, nous vous adresserons un message avec cette infor- mation en vous invitant à vous abonner à ce service. Si vous n’êtes pas abonné à Spore (ou bien vous l’êtes mais votre adresse E-mail n’est pas connue du CTA) pour recevoir l’annonce en français, envoyez-nous un E-mail sans texte dans la partie message et avec le mot « sub- scribe » dans la ligne « sujet » à l’adresse suivante : announce-fr@spore-magazine.org (Pour recevoir l’annonce en anglais, faites la même chose en adressant votre demande à announce-en@spore-magazine.org, et pour l’annonce en portugais à annonce-po@spore- magazine.org ). Si vous souhaitez la version en « texte seul », sans illustrations, merci d’ajouter la mention « texte seul » dans votre message. Vous recevrez l’annonce E-mail à l’adresse à partir de laquelle vous avez envoyé votre message. Si vous souhaitez la recevoir à une autre adresse, spécifiez-le dans la partie « texte » de votre message. Pour interrompre la réception de l’annon- ce, il suffit d’envoyer un E-mail comme ci- dessus avec le mot ‘unsubscribe’ dans la par- tie « sujet ». Pour changer l’adresse E-mail sur laquelle vous recevez l’annonce, il faut envoyer deux messages ; l’un pour stopper l’ancienne adresse et le deuxième pour s’abonner à la nouvelle. Les autres services continuent L’annonce électronique est un nouveau servi- ce pour les abonnés PDS et elle ne modifie en rien votre abonnement à l’édition imprimée et aux autres services de publications PDS. Nouveau service internet pour les lecteurs anciens et nouveaux De meilleures liaisons pour les abonnés ? ■ Du Nigeria également, le pasteur Emmanuel Akindele nous demande de « fournir un réper- toire des abonnés, afin d’augmenter l’échange d’informations sur le développement ».ª Chouette idée, Monsieur le pasteur, mais pas très pratique car ce répertoire compterait plus de mille pages ! Nous allons approfondir cette suggestion, et en attendant les lecteurs peu- vent se rencontrer dans les pages de Spore. @Séchage solaire sûr■ David Yisa, du Nigeria, demande : « Comment conserver les couleurs natu-relles des tomates et piments séchés au soleil, en évitant leur brunissement. Nous avons entendu parlé du sulfitage, mais quelles sont les doses inoffensives pour le consommateur ? » Avant de sécher les fruits au soleil, prépa- rer une solution avec 4,5 litres d’eau froide propre et une cuillère à soupe (cs) de bisul- fite de sodium (ou deux cs de sulfite de sodium, ou bien quatre cs de métabisulfite de sodium). Plonger les fruits dans cette solution pendant cinq minutes, les rincer à l’eau propre et froide, les essuyer et les faire sécher. Rappelez-vous que le séchage au soleil n’est efficace que si l’humidité atmosphérique ne dépasse pas les 20 %. Boîte postale 380 Plus d’espace, plus de lettres la prochaine fois ! L’an 2000 a vu plusieurs cycles se clôtu-rer. L’Accord de partenariat ACP-CEde Cotonou, succédant à la Convention de Lomé, a vu le jour et avec lui un nouveau mandat pour le CTA. Au CTA, le Plan à moyen terme 1997-2000 est arrivé à échéance et le terrain a été préparé pour de nouvelles actions. Le Rapport annuel 2000 du CTA com- prend un commentaire du directeur, Carl B. Greenidge, sur le nouvel Accord de partena- riat et ses implications pour l’agriculture des pays ACP et pour le rôle du CTA. Il note que la notion de partenariat prévue dans l’accord, et donc commune à tous ses signa- taires, implique en particulier « un processus de dialogue avec tous les intéressés ». Il sug- gère que ce terme peut avoir un sens plus large pour certains. C’est par son Plan à moyen terme que le CTA a formulé officiellement son désir de remplir son mandat en partenariat avec tous ceux qui sont concernés par celui-ci. C’est ainsi qu’en 2000, pour ne retenir que quelques éléments de ce rapport détaillé, le CTA a organisé dix séminaires thématiques avec près de 30 partenaires, a permis à 85 res- sortissants des pays ACP de prendre part à cinq visites d’étude, et à 177 de participer à 47 séminaires organisés par des tiers, pour la plu- part dans des pays ACP. Vingt ateliers de for- mation ont aussi eu lieu, regroupant 350 par- ticipants, dans le but d’améliorer les compé- tences des institutions nationales en matière de gestion de l’information et de la communi- cation. Cinq nouveaux partenariats pilotes ont été lancés avec des organes de la société civile. Cette même année, une bonne dizaine d’actes, de rapports d’étude et de documents de travail ont été publiés, tandis que près de trente coéditions techniques – toutes annon- cées dans des numéros récents de Spore – et une belle série de publications indépendantes ont bénéficié de l’appui du CTA. Au total, plus de 80 000 exemplaires de publications ont été distribués, la grande majorité à la demande des abonnés. Le CTA s’est ainsi attaché à maximiser son impact, ce qui a absorbé pas mal d’énergie lors des études et échanges. Au niveau politique, le Centre s’est impliqué dans des initiatives et des échanges variés visant à renforcer les «métiers » de la vulgarisation agricole, de la formulation de politiques et de la gestion de la recherche, le tout avec une plus grande effica- cité grâce au travail en partenariat. C’est en 2000 que se referme le premier chapitre d’une « organisation apprenante » Du partenariat pilote pour distribuer les publications au soutien de réseaux régionaux pour l’information et la stratégie, en passant par des projets à long terme de coédition avec des partenaires ACP, bien des activités ont été conçues pour fournir des enseigne- ments pour l’avenir. Canaliser toutes ces énergies vers l’avenir suppose que tous les intéressés adhèrent à la définition du parte- nariat que le CTA a mise en avant dès 1996 : partager les risques, les ressources et les résultats. Or, s’il est difficile d’apprendre à partager, il est encore plus difficile d’en faire la démonstration. Rapport annuel 2000. CTA, Wageningen. 2001. 152 p. ISBN 92 9081 2427. Numéro CTA 1032. Gratuit. Nous demandons aux abonnés PDS d’utiliser leurs bons de commande. • Entre nous SPORE 93 • PAGE 15 Spore est un bimestriel d’information pour le développement agricole des pays ACP. Spore est gratuit pour les particuliers et les organisations des pays ACP et de l’UE s’occupant de développement agricole et rural. Il est aussi possible de souscrire un abonnement auprès de Triops (voir page 13). Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accord de Cotonou ACP-CE CTA : Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : + 31317 467 100 Fax : + 31317 460 067 E-mail : cta@cta.nl Site Web : http ://www.cta.nl E-mail des lecteurs : spore@cta.nl Rédaction : SPORE est rédigé par un consortium rassemblant Louma productions et Médiateurs. Louma productions, 3, rue Neuve, 34150 Aniane, France Fax : + 33 4 67570180 E-mail : louma@louma.fr Médiateurs, W-Alexanderpoort 46, 1421 CH Uithoorn, Pays-Bas Fax : + 31297540514 E-mail : info@spore-magazine.org Ont participé à ce numéro : Didier Chabrol, Marcel Chimwala, O'Neil Cuffe, Bernard Favre, Erik Heijmans, Catherine Marzin, Dudley Moloi, Paul Osborn, Jacques Sultan, Christine Tissot. Mise en page : Louma productions Impression : Imprimerie Publicep, France © CTA 2 001 – ISSN 1011-0046 Le contenu de Spore peut être librement reproduit. Merci de mentionner Spore comme source. Livres utiles ■ Richard A Mwanakuluya du Projet de préservation des ressources naturelles et de gestion de la terre à Iringa, Tanzanie, se réjouit « de la façon dont les livres que vous nous avez envoyés nous ont aidés. Dans nos villages, il y a beaucoup de mauvaises herbes Digitaria abyssinica, particulièrement dans les terres récemment défrichées ou qui ont été mises en jachère pendant un ou deux ans. Les agriculteurs ont noté une faible germination et une maigre récolte initiale et nous n’avions pas d’explication claire à leur donner à ce sujet. A travers vos livres, nous avons décou- vert que la décomposition du D. abyssinica a un effet allélopathique (d’inhibition de la croissance – ed. ) sur les jeunes plants. Nous avons donc conseillé aux agriculteurs de lais- ser les plantes se décomposer totalement ou de les retirer des champs. Nous nous demandions aussi comment réin- troduire l’agroforesterie dans nos villages, compte tenu de la diminution continue de terres cultivables, d’arbres pour la construc- tion ou le combustible et de la faible fertilité des sols. Les systèmes agroforestiers à notre disposition ne convenaient pas à la culture et aux traditions des agriculteurs, mais à travers les livres que vous nous avez adressés, nous avons découvert que les cultures en allées leur conviendraient mieux. » Soutien à des pépinières ■ Paulin Fianou, coordinateur du grou- pe « Matthieu 7, 8 » de l’ORJEDEC (BP 05, Kouvé-Tabligbo, Togo) nous écrit pour demander « un appui pour le travail du groupe en pépinières de fruitiers, de teck et d’autres arbres agroforestiers ». L’article en point de mire du rapport annuel 2000 par Patrick A. Antoine, s’intitule : « Mettre l’information et la com- munication au service des acteurs du déve- loppement rural dans le contexte de l’évo- lution de l’économie mondiale : le cas de la région des Caraïbes. » Cet article est disponible séparément du rapport annuel. Numéro CTA 1034. Gratuit. Nous demandons aux abonnés PDS d’utiliser leurs bons de commande. Rapport annuel 2000 – Le partenariat à l’épreuve R A P P O R T A N N U E L 2 0 0 0 C e n t r e t e c h n i q u e d e c o o p é r a t i o n a g r i c o l e e t r u r a l e C’est en 1994 que SCOPE a été lancédans une école primaire et une écolesecondaire de chacune des neuf pro- vinces du Zimbabwe. Notre programme est simple. Deux enseignants de chaque école reçoivent une formation sur les principes de la permaculture, ou agriculture biologique. Ils peuvent être indifféremment professeurs de sciences, d’anglais ou de mathématiques, mais nous tenons à ce qu’ils intègrent l’agri- culture dans leur enseignement. L’école tout entière est concernée. Il ne s’agit pas seulement de jardiner, de reverdir l’établissement ou de construire des brise- vent autour des maisons des enseignants. L’enseignement permet d’aborder plusieurs aspects : la collecte des eaux, l’amélioration de la santé et de la nutrition, la production de revenus pour l’école. Il s’étend par-delà l’école aux villages voisins et aux familles qui profitent de ce qu’apprennent leurs enfants. Certes, les parents résistent aux idées nou- velles. Comme les techniciens agricoles, ils s’appuient sur ce qu’ils ont appris quand ils étaient jeunes. Les enfants, eux, sont plus maléables et dynamiques. C’est essentiel, car ce sont eux les paysans de demain. À chacun son plan Des représentants d’élèves, de parents d’élèves et des enseignants suivent un stage d’une semaine organisé par SCOPE. Ce stage les initie à la conception d’un plan intégré d’utilisation du terroir. Les ensei- gnants formés discutent ensuite avec les autres élèves, parents et enseignants d’un projet global pour l’école. Un plan intégré d’utilisation du terroir est alors réalisé après une analyse collective de la situation qui permet notamment d’identifier les pro- blèmes principaux et les ressources mobili- sables. Nous n’avons donc pas de plan prédéter- miné : chaque école a le sien, bâti sur une analyse spécifique à son contexte. Nous demandons ensuite au groupe parents-élèves-enseignants comment il sou- haiterait voir l’école dans vingt ans. Cela per- met d’avoir une vision générale de leurs inté- rêts et de leurs attentes. Certains veulent des fruits, d’autres un jardin, une école plus ombragée ou simplement plus jolie. Nous dessinons un plan et nous élaborons ensemble le programme concret des tâches à remplir et des missions à affecter à telle ou telle classe, avec les délais de réalisation. Nous définissons aussi les contributions des parents et du personnel de l’école. Les parents peuvent, par exemple, fournir des plants, apprendre ce qui est enseigné à leurs enfants et le mettre en pratique. En quelques années, les réalisations peuvent être specta- culaires et les différences sont visibles d’une école à l’autre. École ou « République bananière » ? À Bindura, l’école publique Chireka est maintenant surnommée « République bana- nière », parce qu’elle est presque cachée par une plantation de bananiers. Les bananes sont vendues aux enfants pendant les récréa- tions, bien moins cher qu’au marché. À Rufa, l’école secondaire Saint-Vincent s’est concentrée sur les plantes et arbustes à fleurs. Le programme marche bien et 54 écoles – neuf dans chaque province – y participent maintenant. Depuis 1997, nous sommes soutenus par le ministère de l’Éducation qui choisit les écoles et les enseignants et facilite la recherche de fonds. Cet appui du gouver- nement est essentiel, car il devrait permettre de modifier les manuels d’enseignement et d’élaborer des examens adaptés. Mais rien n’est encore acquis. Certains enseignants ont du mal à traiter à la fois de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle. Je crois que la bonne méthode consiste à essayer les deux et à lais- ser les élèves comparer. Il y a plus délicat encore. Les parents reçoivent, en effet, des messages différents : ceux de l’agriculture biologique, via l’école des enfants, et ceux de l’agriculture conventionnelle, via le techni- cien agricole dont les paysans dépendent beaucoup, pour obtenir des certificats, par exemple. Les sociétés agro-chimiques sou- tiennent financièrement l’éducation et la vulgarisation agricoles. Pour notre part, nous avons d’autres objectifs. Nous souhaitons appliquer notre programme dans une école primaire et une école secondaire de chacun des 63 districts. Nous souhaitons aussi inclu- re la formation à la permaculture dans les écoles d’agriculture et les établissements où sont formés les futurs professeurs et techni- ciens. Le programme peut également être mis en œuvre dans d’autres pays comme nous l’avons expliqué lors d’un séminaire de trois semaines en Zambie où nous envisa- geons une initiative similaire. L’agriculture à l’école Apprendre tôt, apprendre juste SPORE 93 • PAGE 16 Point de vue • Les opinions exprimées dans ce Point de vue sont celles de l’auteur, et ne reflètent pas nécessairement les idées du CTA. La Save, l’une des plus importantes rivières du Zimbabwe, n’est plus aujourd’hui qu’un fleuve de sable, comme beaucoup de nos cours d’eau. C’est le résultat d’une grave érosion des sols et de la déforestation provoquées par une agriculture conventionnelle de moins en moins viable en termes de rentabilité et de durabilité. Il faut donc apprendre aux enfants à réfléchir à ces questions dès le plus jeune âge et leur montrer qu’une autre option existe. Il y va de l’avenir de l’agriculture et de ses ressources économiques, de la sécurité alimentaire, mais aussi de notre environnement. Mugove Walter Nyika est coordinateur de SCOPE, le Programme de permaculture pour les écoles et les collèges de l’Institut de permaculture du Zimbabwe (ZIP). Ce géographe de formation a abandonné l’enseignement après avoir pris conscience que la permaculture – ou agriculture permanente – était une alternative intéressante à l’agriculture conventionnelle. Science de la gestion des milieux, la permaculture permet de comprendre les interactions de nombreux systèmes vivants et de les utiliser en respectant leurs équilibres. « Les jeunes sont les agriculteurs de demain »