INTENSIFICATION ÉCOLOGIQUE L’indispensable révolution N°158 AVRIL-mAI 2012 CErTIFICATION Les coûts en question NOIx dE COCO L’arbre de vie INTErvIEw Olivier De Schutte r, rapporteur spéci al des Nations unie s sur le droit à l’alime ntation Le magazine du développement agricole et rural des pays ACP http://spore.cta.int 4 | À la une 6 | Actualités 7 | Agriculture 8 | Élevage et pêche 9 | Environnement 10 | Recherche 11 | Entreprise et commerce 12 | Interview 13 | DOSSIER Intensification écologique : l’indispensable révolution Améliorer la sécurité alimentaire tout en préservant l’environnement, un défi à relever 17 | Point de vue Dov Pasternak : terres reconquises Les femmes en première ligne pour revaloriser les terres dégradées 18 | Reportage Madagascar : le semis direct pour sauver la forêt Un parc naturel préservé grâce à des techniques culturales plus productives et respectueuses de l’environnement 20 | Filière Noix de coco : l’arbre de vie 21 | Publications 25 | Agir avec le CTA INTENSIFICATION ÉCOLOGIQUE L’indispensable révolution Éditorial Accroître l’emploi des jeunes en milieu rural Ces derniers temps, fournir des emplois aux jeunes figure en tête des programmes de campagne de tous les candidats à la présidence, dans tous les pays d’Afrique. Cela n’a rien de surprenant quand on sait que 17  millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail et que ce chiffre devrait atteindre 30  millions d’ici 2050. En Afrique, 70 % des jeunes vivent en zone rurale. Nombre d’entre eux n’ont pas les compétences ou l’expérience nécessaires à l’obtention d’un emploi rémunérateur. En suivant une formation professionnelle appropriée, les jeunes Africains auront plus de chances de trouver un emploi décent ou de créer leur propre entreprise. Et l’essor de l’économie rurale non agricole est essentiel pour leur fournir ces emplois. Le développement des technologies de l’information et de la communication  (TIC), telles que les télécentres ruraux et les services de téléphonie mobile, contribuera non seulement à apporter des emplois, mais aussi à stimuler la croissance de l’économie rurale. En septembre 2011, le CTA et l’Agence de planification et de coordination du NEPAD ont organisé à Bruxelles un briefing sur le développement, visant à étudier différentes mesures susceptibles de développer l’emploi en zone rurale. Les gouvernements devraient mettre en œuvre des politiques pour stimuler la croissance des secteurs ruraux, agricoles et non agricoles. Ils devraient également augmenter les investissements dans l’éducation et la formation professionnelle. Par ailleurs, il est essentiel que les femmes – dont l’accès à la terre, au crédit et aux services est limité – bénéficient du même soutien que les hommes, dans la mesure où elles représentent une main-d’œuvre considérable dans les zones rurales. Enfin, un appui aux organisations paysannes s’impose afin de leur permettre d’accéder plus facilement aux marchés. DOSSIER13 CErTIFICATION Les coûts en question À LA UNE4 OLIvIEr dE SChUTTEr L’alimentation, un droit INTERvIEw12 Ph ot o de c ou ve rt ur e : © D . Ro se /P an os -r éa SPOrE N° 158 - AvrIL-mAI 2012 Michael Hailu Directeur du CTA SOmmAIRE AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 3 est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par l’Accord de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. • CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int • DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Michael Hailu • COMITÉ DE RÉDACTION : Thierry Doudet, Stéphane Gambier, Anne Legroscollard, Armelle Degrave, Isolina Boto, Vincent Fautrel, José Filipe Fonseca, Ibrahim Tiémogo • MARKETING : Thérèse Burke • RÉDACTION : Directrice de la rédaction : Marie- Agnès Leplaideur • Rédactrice en chef de la version française et coordinatrice : Anne Perrin • Syfia International, 20 rue du Carré-du-Roi, 34000 Montpellier, France • Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick • Via dello Spagna 18, 06049 Spoleto (PG), Italie • Rédacteur en chef de la version portugaise : João de Azevedo, Sítio Alportel 20 A, 8150-014 S, Brás de Alportel, Portugal • CORRESPONDANTS : ont participé à ce numéro M. Andriatiana (Madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), G. Bugaga (Burundi), I. Daddy (Niger), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), A. Labey (France), M. Libebele (RDC), I. Maïga (Burkina Faso), M. Mumero (Kenya), N. Mutumwendo (Zambie), F. Nangoli (Ouganda), C. Nforgang (Cameroun), F. Niyonagize (Rwanda), M. Nzikou-Massala (Congo), Cheikna D. Salif (Côte d’Ivoire), J. Saizonou (Bénin), M. Seck (Sénégal), A. Taitt (Barbade) • AUTRES CONTRIBUTEURS : L. Andahazy-Colo, Atenao, J. Bodichon, J. Cessou, L. de Araújo, Tradcatts, Trado Verso • DESIGN ET MISE EN PAGE : Intactile DESIGN, France • IMPRESSION : Pure Impression, France • © CTA 2012 – ISSN 1011-0054 C e peut être déroutant pour le consommateur. Normes “Commerce équitable”, “Rainforest Alliance” (Alliance pour la forêt tropicale), indi-cations géographiques, écolabels. Que choisir lorsqu’on veut être un consommateur responsable ? Conçus pour aider les petits agriculteurs à accéder aux marchés mondiaux et donner aux consommateurs des garanties sur les produits qu’ils achètent, les programmes de certification prolifèrent, surtout pour le commerce de détail dans les pays du Nord. Mais ces processus sont coûteux et, bien que la certification puisse augmenter la valeur d’un produit, les gains supplémentaires ne par- viennent pas forcément aux producteurs. La certification est sans aucun doute un outil marke- ting efficace, qui permet aux consommateurs, de par leurs achats, d’affirmer leurs positions en matière sociale et envi- ronnementale. Mais pour ses détracteurs, outre qu’ils per- turbent le consommateur, ces programmes l’induisent par- fois en erreur. Selon l’économiste britannique Tim Harford, de nombreux consommateurs croient ainsi que la totalité du surcoût pour ces produits certifiés est reversée aux agri- culteurs. En réalité, ce surcoût résulte, pour l’essentiel, d’une majoration considérable de la part des détaillants. D’après les calculs de T. Harford, seuls 10 % du supplément payé pour consommer un café certifié Fairtrade (issu du commerce équitable) vont au producteur. D’autres études confirment cette analyse et montrent que, si la certification des produits crée bien de la valeur ajoutée, moins de 10 % en moyenne de cette valeur est redistribuée au pays d’origine du produit. La valeur est créée, explique Jacky Charbonneau du Centre du com- merce international. Mais pas récupérée. Dans le cas de la banane, des analyses de la chaîne de valeur indiquent que l’essentiel des revenus supplémentaires est perçu par les acteurs en aval, côté importations, en particulier les détaillants qui en touchent souvent entre 40 et 48 %. Outil marketing ou obstacle aux échanges ? Les programmes de certification, toujours plus nom- breux, ont chacun des approches et objectifs différents. Les produits biologiques représentent toujours une part importante du marché de la certification, même si d’autres labels se développent rapidement. Fairtrade paie une prime aux producteurs respectant des normes de travail et de production spécifiques, qui sert à financer des pro- grammes communautaires. La Rainforest Alliance ne paie aucune prime, mais offre aux producteurs formations, conseils et accès au crédit. Le Marine Stewardship Council (MSC) est un programme de certification pour la pêche durable. En janvier 2012, la région Pacifique a ainsi ob- tenu la certification pour son thon listao, désormais com- mercialisé sous la marque Pacifical. Longtemps, la certification s’est limitée à des niches. Puis les grandes chaînes de distribution ont lancé leurs propres gammes de produits biologiques ou issus du commerce équitable, exigeant le respect de la norme GLOBALGAP. Techniquement, il s’agit d’une certification volontaire, puisque ce n’est pas une norme publique. Pourtant, dans les pays du Nord, tous les fournisseurs des principales chaînes de supermarchés sont tenus de s’y conformer. Outre qu’elle facilite l’accès aux marchés, la certi- fication peut aider les petits agriculteurs à améliorer la qualité de leurs produits et les techniques employées. Ces acteurs peuvent alors tirer parti d’une chaîne de valeur mieux organisée. En revanche, les frais et les CErTIFICATION Les coûts en question Les marchés de produits certifiés, à forte valeur ajoutée, ouvrent des perspectives commerciales aux producteurs des pays ACP. Mais le processus de certification est coûteux et complexe. En vaut-il la peine ? Le “poivre de Penja” (Cameroun), bénéficie d’une indication géographique. Récolté à maturité, il est trempé puis séché au soleil. À LA UNE 4 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 contraintes administratives sont plus lourds, et certains programmes leur posent des problèmes techniques. Le secteur des produits certifiés dépend beaucoup des bail- leurs, le processus bénéficiant souvent de l’appui d’ONG ou d’autres soutiens extérieurs, ce qui pose la question de la viabilité réelle de cette approche. Au Kenya, les petits producteurs hésitent de plus en plus à faire certifier leurs produits biologiques, explique Su Kahumbu, elle-même productrice dans l’agriculture biologique. Les coûts qui pèsent sur les agriculteurs incluent les frais liés à la certification, aux contrôles annuels et à la mise en œuvre des améliorations nécessaires. Concernant l’élevage, les impératifs relatifs à l’alimentation du bétail, à l’élevage proprement dit, au transport et à l’abattage sont très oné- reux. Les coûts de certification devant être payés bien à l’avance, les critiques estiment que ces programmes se sont détournés de leur objectif initial – aider les petits exploi- tants – à mesure qu’ils se sont bureaucratisés. “La certifica- tion permet peut-être à certains producteurs d’accéder à des marchés plus lucratifs et de percevoir des revenus supérieurs pour leurs produits. Mais les coûts élevés et les exigences de la certification excluent aussi les plus pauvres au profit des exploitants mieux lotis et déjà organisés”, dénonce Emma Blackmore, coauteur d’un rapport récent de l’Institut inter- national pour l’environnement et le développement. En règle générale, ce sont les producteurs qui assument le coût de la certification, bien que les exportateurs contri- buent parfois à payer la note. Au Vanuatu, 1 200 agricul- teurs ont formé l’Association des producteurs biologiques des Vanuatu avec l’aide du chocolatier français Kaoka, qui leur a versé des primes, apporté un soutien technique et fourni des équipements. Dépenses élevées, faibles gains Le temps est un poste de dé- pense important à prendre en compte. Car pour obtenir la certi- fication biologique, un exploitant doit suivre une période de conver- sion, qui dure de deux à trois ans. Le producteur peut aussi être ame- né à réduire ses rendements. Les rendements du coton biologique au Burkina Faso et au Mali sont ainsi nettement inférieurs à ceux du coton traditionnel. La certification devenant de plus en plus courante, il existe un risque de saturer le marché et les capacités limitées des organismes certificateurs pourraient bien allonger les délais d’attente pour nombre de producteurs éligibles. Des producteurs de café éthiopiens ont dû vendre 70 à 90 % de leur café biologique aux prix habituels. Ironiquement, moins d’un quart des produits certifiés Fairtrade sont vendus sous ce label. Lorsque les agences de certification internationales disposent de filiales locales, cela diminue légèrement les coûts facturés aux producteurs, puisque les frais de dé- placement et de gestion se trouvent réduits. Ugocert en Ouganda en est un bon exemple. La mise en commun des ressources est aussi un moyen de renforcer le rapport coût-efficacité de la certification, et le regroupement de producteurs au sein d’associations est obligatoire pour obtenir la certification Fairtrade. Dans certains pays ACP, une solution possible consiste à mettre en place des systèmes de garantie participatifs. Ces systèmes, comme le label biologique Organic Pasifika dé- veloppé dans la région Pacifique, impliquent davantage les producteurs dans la définition des procédures. Cependant, cette approche fragilise la confiance du consommateur dès lors qu’aucun audit n’est pratiqué par un tiers. Les systèmes de qualité liés à l’origine du produit, tels que les indications géographiques, sont une autre solution. Les agriculteurs sont directement impliqués dans la défini- tion de ces normes, lesquelles requièrent néanmoins tou- jours une certification. C’est le cas du café Jamaican Blue Mountain et de la marque True Pacific, lancée depuis peu. Néanmoins, les indications géographiques nécessitent un soutien considérable aux producteurs et l’État doit consa- crer des fonds importants pour en garantir la bonne appli- cation. Souvent, ce sont d’ailleurs les détaillants et non les producteurs qui en retirent les bénéfices. Parmi les exemples récents, on citera le détournement, par un géant du secteur, de noms d’origine comme “Ghana” et “Madagascar” pour ses produits au chocolat, sans qu’un seul centime ait été reversé aux producteurs. COLEACP Réseau interprofessionnel pour un commerce horticole durable entre pays ACP et UE www.coleacp.org CTA Le respect des normes de sécurité alimentaire : implications sur les exportations agricoles ACP http://tinyurl.com/7dqe2s2 FAO Réglementations, normes et certification pour l’exportation de produits agricoles http://tinyurl.com/7kg6che IDH Sustainable Trade Initiative www.idhsustainabletrade.com/francais IIED Institut international pour l’environnement et le développement Pro-Poor Certification: Assessing the Benefits of Sustainability Certification for Small-Scale Farmers in Asia, 2012 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/6t6xegd ITC Centre du commerce international www.intracen.org Pour aller plus l oin à la une AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 5 © C . N fo rg an g mArAUdAGE Système sécurisé Super Centre, la principale chaîne de supermarchés de la Barbade, applique un système de reçus à ses fournisseurs de produits frais, afin d’écarter les biens volés de sa chaîne d’approvisionnement. Les agriculteurs doivent désormais présenter une carte nominative (avec photo d’identité), délivrée par le supermarché lui-même ou par la Société agricole de la Barbade. Les négociants doivent eux présenter, en plus de cette carte, les certificats de vente signés par les agriculteurs enregistrés dans le système. Faute de quoi, le produit est rejeté. Cette mesure vient répondre à l’évolution du maraudage qui, d’individuel, s’organise et prend de l’ampleur, portant parfois sur une culture entière. SAhEL Urgence alimentaire ■ Un important déficit pluviométrique et de longues périodes sèches durant la saison de végétation ont provoqué une forte baisse de la récolte céréalière 2011 au Sahel. Elle totalise, dans cette région, 16,6 millions de tonnes, soit 25 % de moins qu’en 2010, et jusqu’à 50 % et 52 % de moins au Tchad et en Mauritanie, les deux pays les plus touchés. Ailleurs, les zones les plus sensibles sont le nord des régions de Kayes et Koulikoro et le Delta du fleuve Niger au Mali, le nord, centre-nord et l’est du Burkina Faso et les régions de Niamey, Tillabéry et du sud-est de Zinder au Niger. Globalement, le Sahel enre- gistre, sans tenir compte des importations, un déficit céréalier brut de 2,5 millions de tonnes. Le bétail est également touché par la mauvaise pluviosité avec une transhumance précoce en Mauritanie et au Tchad et des changements de parcours du Mali vers le Burkina Faso. Des appels à l’aide internationale ont été lancés dès le mois de décembre 2011 pour vArIÉTÉS AmÉLIOrÉES Des avantages pécuniaires Les variétés culturales améliorées rapportent plus. Le Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé a mené une enquête auprès des producteurs d’arachide ougandais. “Nous avons constaté que l’adoption de variétés d’arachide [améliorées] augmente le revenu net de 130 à 254 $ US (100-119 €) par hectare”, indique menale Kassie, coauteur de l’étude. ALImENTATION Le bio a la cote Les produits alimentaires biologiques ont la cote en Afrique de l’Ouest ; 95 % des consommateurs béninois et 86 % des Ghanéens seraient prêts à payer 50 % plus cher des fruits et légumes bio, selon un sondage réalisé auprès de 100 consommateurs de ces deux pays. respectivement 90 % et 70 % des personnes interrogées se disent au courant des dangers potentiels des pesticides pour la santé humaine. SUCrE BIO À la rescousse des planteurs À Fanandrana Brickaville, littoral est de Madagascar, le sucre bio fait revivre les espoirs des petits planteurs depuis la disparition de l’industrie sucrière locale (SIRAMA) ; 80 % des paysans avaient coupé leur canne pour planter maïs, cultures maraîchères ou riz. Aujourd’hui, regroupés au sein de l’Union des groupements de planteurs de canne à sucre bio (UGPCSB), ils exportent du sucre bio, pur, à la cannelle ou à la vanille, très prisé car riche en minéraux, au goût naturel et surtout certifié biologique… Ces planteurs utilisent compost et engrais organiques en guise d’intrants, feuilles d’arbres autochtones (voandelaka) pour lutter contre maladies et insectes, et font de l’assainissement périodique contre les rongeurs. Grâce à l’appui de divers organismes de développement, ils ont décroché une certification biologique et leur unité de transformation s’est vue rénovée. © M . An dr ia ti an a réunir les fonds nécessaires au comblement du déficit. Un “Plan de réponse à la crise alimentaire et nutritionnelle au Sahel” a été finalisé le 15 décembre par les partenaires humanitaires regroupés au sein du Comité permanent inter-organisations (IASC). Ce plan présente des estimations précises des be- soins par pays pour un total de 725 millions de dollars (546,5 millions d’euros), dont 481 mil- lions (362,83 M €) pour la sécurité alimentaire et 244 millions (184 M €) pour la nutrition. Il estime que 1,03 million de personnes risquent de se retrouver rapidement en situation de malnutrition aiguë, dont 175 000 personnes au Mali et près de 100 000 au Burkina Faso. Début février, plus de 200 millions de dol- lars (150,75 M €) ont été promis par les donateurs, dont 138 millions de dollars (104,48 M €) de l’Union européenne, 67 mil- lions de dollars (50,50 M €) de l’Agence des États-Unis pour le développement internatio- nal (USAID). Parmi ces fonds, 25,5 millions (19,30 M €) sont destinés au Programme alimentaire mondial (PAM) au Niger et au Tchad. La France et la Grande-Bretagne ont promis chacune 10 millions de dollars à cinq pays du Sahel. Les organisations humani- taires soulignent l’importance de compléter ces opérations d’aide à court terme par un soutien aux opérations de lutte structurelle contre la malnutrition. Ailleurs en Afrique, la faible récolte de riz à Madagascar et le renchérissement de cette céréale aggravent la situation alimentaire, tandis que de mauvaises pluies créent des tensions dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, notamment en Éthiopie, au Kenya, en Somalie et au Soudan. Une femme du village de Bazigui (Niger) sort d’une banque céréalière. ACTUALITÉS 6 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © F AO /I . Sa n og o © D R AGrOFOrESTErIE Ça marche vraiment C’est officiel ! Planter des arbres et des arbustes sur les terres agricoles accroît le rendement des autres cultures. Une étude du Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF) révèle que les arbres fertilisants, comme l’acacia, capturent l’azote de l’air et le transfèrent au sol.  Ce processus, la fixation de l’azote, restaure les nutriments et augmente la productivité agricole, pouvant doubler, voire tripler, les récoltes. Ces arbres améliorent aussi l’efficacité d’utilisation de l’eau par les plantes et préviennent l’érosion des sols. Selon l’étude, les rendements du maïs sont nettement plus élevés dans les zones où l’on plante ce type d’arbre, et, corrélativement, les revenus des exploitants augmentent également. dIvErSIFICATION Gros plan sur petites céréales ■ On encourage l’exploitation commerciale de petites céréales comme le sorgho et le mil, qui peuvent servir de filet de sécurité dans les régions arides du Zimbabwe. Ces cultures, auparavant négligées faute de semences et du fait de rendements et de prix bas, sont résis- tantes à la sécheresse et très nutritives. Un projet de la FAO fournit aux agriculteurs de quoi planter chacun un demi-hectare et produire des semences. Le ministère de l’Agri- culture forme les exploitants à cultiver et com- mercialiser les petites céréales dans les trois provinces du Zimbabwe les plus vulnérables à la sécheresse : Matabeleland Nord et Sud et Masvingo. Le projet met aussi en relation agri- culteurs et marchés, même si, d’après l’agro- nome Davison Masendeke, du Matabeleland, certains acheteurs se sont plaints d’une qualité médiocre. “Nous fournissons des décortiqueurs et des batteuses pour résoudre ce problème”, explique-t-il. Les hôpitaux de Bulawayo ont évoqué la possibilité de remplacer le maïs uti- lisé pour préparer les repas de leurs patients par du sorgho, tandis que les brasseries locales, comme Delta Beverages, font d’ores et déjà entrer le sor- gho dans la composition de leur bière, de marque Eagle. PILI-PILI Profits pimentés ■ Le village de Nhacoongo, au sud du Mozambique, est devenu un pôle de pro- duction et de commercialisation agricoles, grâce à la redynamisation de son Centre de recherche agronomique. Son marché local est aujourd’hui célèbre grâce à la commer- cialisation du pili-pili (Capsicum frutescens), considéré comme le meilleur du pays. C’est ici que Rachida Ismael, propriétaire de la petite unité de production “Dona Rachida”, s’est installée, misant sur le fort potentiel de ces piments. Elle approvisionne depuis lors la plupart des petits marchés installés le long de la route nationale en flacons de pili-pili, préparé sous différentes formes. Installée en 2010 dans la région pour pro- duire du mil qu’elle exporte vers les marchés eu- ropéen et sud-africain, la société Moçambique Orgânico s’est aussi lancée dans la production de pili-pili. Son directeur annonce la mise en culture de cinq hectares pour faire face à la forte demande. Les quantités de flacons ven- dues quotidiennement à Nhacoongo incitent l’entreprise à explorer les possibilités qui lui permettraient de faire des affaires et ainsi aug- menter sa production pour approvisionner la petite unité de “Dona Rachida”, mais égale- ment pour installer de petites usines de trans- formation de pili-pili encore vert. POIvrON Alerte rouge à Diffa Sale temps pour le poivron de diffa (Niger), dont la culture fournit 10 000 tonnes de poivron séché, soit environ 10 milliards de francs CFA annuels (15,25 millions €). Ce fleuron de l’économie locale est en passe d’être rayé de la carte, victime de deux minuscules vers, dont le nématode à galles (Meloidogyne javanica). Accourus au chevet du malade, spécialistes, experts et acteurs de la filière se sont réunis fin 2011, mais aucune solution n’a été trouvée contre cette menace que les producteurs appellent “sida” tant elle est redoutée. L’éleusine, une “petite céréale”qui joue un grand rôle pour la sécurité alimentaire Le piment, indispensable, sous toutes ses formes, dans le panier de la ménagère rIZ meilleurs produits, meilleurs marchés L’amélioration des technologies de transformation et de traitement post- récolte rehausse la qualité marchande du riz local. Un projet du Centre du riz pour l’Afrique dans huit pays d’Afrique forme les agriculteurs à fournir des produits rizicoles de qualité qui sauront répondre aux exigences du marché. Le but : augmenter les revenus des producteurs en encourageant les nouveaux produits à base de riz et dérivés du riz. COTON Champs mesurés au GPS L’opération “Mesures parcellaires”, déclenchée au Bénin depuis la campagne 2010-2011, consiste à mesurer grâce au GPS toutes les parcelles semées dès la levée des jeunes plants de cotonniers. Un “cahier coton” est remis au producteur après la mesure de son champ, qui lui permettra d’accéder aux intrants. Cette technique permet une meilleure maîtrise des superficies emblavées et de la consommation d’intrants. En utilisant le GPS, les agents de vulgarisation peuvent définir la forme, les dimensions et la superficie des champs avec une grande précision. Cette évaluation, qui se faisait auparavant sur des échantillons, présentait des écarts de plus en plus importants entre prévisions et réalisations. © J. S ai zo no u AGRICULTURE AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 7 © B . Ba fa n a © J. -T . N go yi © IC RA F CrOCOdILES Une affaire qui marche ■ En Ouganda, trois éleveurs de crocodiles se sont associés pour ré- pondre à la demande croissante que suscitent la peau et la viande de cet animal. Paul Bakashabaruhanga, Chris Katsigazi et Duncan Majere ont fondé la marque Uganda Crocs et mis en place un élevage de plus de 4 000 crocodiles du Nil (Crocodylus niloti- cus). La peau ventrale est exportée vers l’Ita- lie et la Corée du Sud pour le secteur de la maroquinerie ; la viande est consommée loca- lement, comme aliment exotique. Responsable d’exploitation, Henry Lubowa, indique que le groupe exporte 300 peaux par an, soit un re- venu total de 38 000 €. Chaque peau se vend environ 127 €. “Nous recevons de plus en plus de com- mandes d’Europe. Nous craignons même de ne pas pouvoir les honorer”, dit-il. Bien que la peau tannée rapporte plus, les éleveurs ex- portent des pièces brutes, humides et salées, faute de tannerie. H. Lubowa ajoute qu’il est prévu d’en créer une et de développer la trans- formation et le conditionnement de la viande. Avec l’accord de l’Uganda Wildlife Authority, les éleveurs prélèvent 2 500 œufs par an dans le parc national des chutes Murchison et les mettent à couver à Buwama. L’incubation dure 3 mois. Les femelles, fécondables à partir de 8 ans, pondent jusqu’à 50 œufs par an. SUrPÊChE Pélagiques menacés Au Sénégal, la pêche (artisanale et industrielle) occupe une place importante dans l´économie nationale. Avec 17 500 pirogues officiellement recensées en 2011, la pêche artisanale fournit 80 % des 450 000 tonnes de poisson capturé, selon la Direction des pêches maritimes du Sénégal (DPM). De cette quantité de poissons, les petits pélagiques (sardinelles, chinchards, maquereaux, etc.), qui fournissent 70 % des protéines animales dont ont besoin les Sénégalais, viennent en tête. Mais aujourd’hui, les pélagiques sont devenus rares, victimes de surpêche industrielle. Les ménagères ne trouvent plus au marché le Yaaboy (sardinelle en wolof) tant prisé et dont les prix ont doublé en cinq ans. vACCINATION Animaux de trait protégés dans la province orientale de Zambie, le taux élevé de mortalité des animaux de trait chute grâce à la vaccination en masse des troupeaux. Olive Chiboola, coordinatrice du projet d’investissement pour les petits éleveurs, explique que la vaccination a contribué à ramener les incidences de la fièvre de la Côte orientale et de la péripneumonie bovine à des niveaux gérables, permettant aux éleveurs de reconstituer leurs cheptels. Des crocodiles de l’élevage Uganda Crocs (Ouganda), prisés pour leur peau comme pour leur viande ÉLEvAGE BOvIN La relance par le métayage ■ À Voka, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Brazzaville, des petits éleveurs louent des terres en échange d’un bœuf et de deux vaches. Ces nouveaux métayers sont les pro- moteurs de la renaissance de l’élevage bovin, qui jadis faisait la fierté des départements du Pool et du Niari. Appelé mweko en langue kon- go, le métayage est maintenant exercé dans le Pool, la Bouenza, la Lékoumou et le Niari, quatre départements du sud du Congo où se trouve la plus grosse partie du bétail congo- lais. Après la disparition des grands ranchs d’État, de petits élevages de 10 à 20 têtes sont ainsi apparus dans ces départements. Pour encourager ces métayers, constitués en association, le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a ouvert des centres d’appui tech- nique sur le site des anciens ranchs qui four- nissent notamment des reproducteurs. Selon les estimations du Schéma directeur pour le développement des filières de l’élevage, document conçu par le gouvernement congo- lais en collaboration avec la FAO, le cheptel bovin congolais est d’environ 11 000 têtes. Les pertes de bétail dues aux guerres de 1997 à 2000 commencent à être compensées. Jeune éleveur avec ses bœufs dans la région de la Lékoumou (sud du Congo) ChANGEmENT CLImATIQUE Poissons migrateurs La hausse des températures marines aura un impact considérable sur les habitats des animaux et des plantes, estime une étude publiée dans la revue Science. Certaines espèces marines devraient connaître de grandes difficultés à changer d’environnement. En étudiant 36 espèces de poissons de l’hémisphère Nord, des scientifiques ont constaté que 13 d’entre elles se sont déjà déplacées vers le nord de 48 à 403 km ces 50 dernières années. AGrICULTUrE INTÉGrÉE Poisson et riz Une technique traditionnelle combinant riziculture et pisciculture pourrait être rétablie pour aider les exploitants à accroître leurs productions de riz et de poisson tout en réduisant leur impact sur l’environnement. Une étude révèle qu’en introduisant des poissons dans les rizières inondées, les riziculteurs obtiennent la même quantité de céréales qu’avec la monoculture traditionnelle, mais avec deux tiers de pesticides et un quart d’engrais en moins. La présence de poissons atténue nettement le risque de pyriculariose du riz et réduit adventices et ravageurs, en particulier la cicadelle. Les plants de riz font de l’ombre aux poissons, leur permettant de rester actifs. Les insectes attirés par les plantes complètent aussi leur alimentation. © J. V an A ck er ÉLEvAGE ET PÊCHE 8 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © M . N zi ko u M as sa la © M . Se ck © F . N an go li SAChETS PLASTIQUE La guerre est déclarée ■ Le gouvernement burkinabé a lancé fin 2011 une opération “zéro sachet plas- tique” destinée à nettoyer la capitale, Ouagadougou, des sachets plastique aban- donnés dans les rues. Pour encourager les vocations, le ministère de l’Environnement et du Développement durable offre 75 FCFA (12 centimes d’euro) par kilogramme de sachets ramassés, qui sont ensuite triés et recyclés. Cette activité, principalement confiée aux femmes, permettra de les ap- puyer économiquement. Plusieurs pays africains ont pris des mesures similaires, comme le Togo, en mai 2010. D’autres, comme le Rwanda, ont purement et simple- ment interdit l’usage des sachets plastique, ou s’apprêtent à le faire, comme le Mali ou le Gabon. En Afrique, les sachets plastique, utilisés à profusion, sont une réelle menace pour l’environnement et l’agriculture. Au Burkina Faso, environ 30 % de la morta- lité du bétail est attribuée à l’ingestion de sachets plastique. De même, leur multipli- cation dans les champs aux alentours des villes compromet la fertilité des sols et em- pêche l’infiltration des eaux, indispensables à l’agriculture périurbaine. NIvEAUx dES mErS Allier science et savoir local ■ Alors que le niveau de la mer monte, des communautés insulaires vulnérables du Pacifique associent leur savoir traditionnel aux connaissances scientifiques pour s’adap- ter au changement climatique. Leur ap- proche, testée avec succès dans les îles Cook, consiste à rapprocher les cartes officielles et les modèles climatiques des données locales. Menée par l’ONG locale Te Rito Enua, cette initiative se concentre sur quatre com- munautés habitant deux îles, Rarotonga et Aitutaki. Il a été demandé aux participants d’identifier les problèmes spécifiques qui touchent leurs familles et leur communauté et de fournir des informations sur les zones les plus inondables durant les pluies saison- nières, les marées hautes et les surcotes. Les cadres de référence ainsi élaborés ont en- suite été combinés à des modèles climatiques pour produire un atlas détaillé des vulnérabi- lités et identifier les pratiques traditionnelles susceptibles d’inspirer des stratégies d’adap- tation. Chercheur au sein de Te Rito Enua, John Waugh explique que l’approche pour- rait être reproduite dans la région. Et d’ajouter : “J’aimerais même qu’elle soit appliquée en Afrique.” ENCENS Des résineux condamnés Selon les chercheurs, la production d’encens en Éthiopie est sérieusement menacée. Cette résine aromatique, qui sert à fabriquer parfums et bâtonnets, est produite par les arbres du genre Boswellia. Mais il est apparu, au terme d’une étude réalisée sur 12 populations de Boswellia, que ces dernières pourraient disparaître à 90 % au cours des 50 prochaines années. Les arbres adultes meurent en effet des attaques de longicornes, qui pondent sous l’écorce, tandis que les jeunes plants sont ravagés par les incendies et les herbivores. Frans Bongers, scientifique néerlandais, précise : “Nos modèles montrent que, d’ici 50 ans, les populations de Boswellia seront décimées, et leur déclin condamnera la production d’encens.” Dans le Pacifique, le niveau des mers monte inexorablement. ImPLUvIUmS Eau potable pour tous La collecte des eaux de pluie lancée depuis deux ans dans le nord du Burundi facilite la vie des habitants confrontés à une pénurie d’eau croissante. Le reboisement et la construction d’impluviums sont les moyens mis en œuvre par le programme Eau potable pour tous. Ces citernes en plastique surmontées d’un tuyau qui canalise l’eau venue des toits des maisons sont faciles à installer, surtout que la population apporte pierres et sable pour les mettre en place. Les impluviums domestiques coûtent 150 000 FBu (83,75 €) et stockent de 500 à 1 000 l, alors que ceux adaptés pour des collectivités, villages ou écoles, peuvent contenir 1 000 à 10 000 l. des familles qui avaient quitté la région à cause de la sécheresse commencent à revenir progressivement. Un point de collecte des sachets plastique à Ouagadougou (Burkina Faso) BrACONNAGE Des amendes à la hauteur Le gouvernement du Mozambique a approuvé un décret de révision de la Loi sur la forêt et la faune sauvage, qui prévoit d’augmenter les taxes relatives à l’exploitation des ressources forestières et de la faune dans le pays. L’ancienne loi présentait des lacunes qui, par le passé, laissèrent commettre des infractions car les sanctions n’étaient pas assez dissuasives. Par exemple, l’amende appliquée en cas d’abattage d’un éléphant ne correspondait même pas au prix rapporté par l’animal abattu. Pour inverser la tendance, les nouvelles sanctions appliquées se situent aujourd’hui dans une fourchette de 280 à 28 000 euros, en fonction de l’espèce animale ou végétale touchée. © P . De lm as ENvIRONNEmENT AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 9 © V . Pr as ad © I. M aï ga © F AO /R . M es so ri rAvAGEUrS Sauver les bananes ■ Les technologies de suivi des insectes peuvent aider les agriculteurs dans leur lutte contre les ennemis des cultures. Les cher- cheurs du CIRAD en Martinique ont équipé des charançons du bananier de puces à fré- quences radio (RFID) permettant de suivre les déplacements des insectes. Le responsable de l’étude, Fabrice Vinatier, explique que les informations recueillies serviront à définir des stratégies contre ces ennemis des cultures. C’est la première fois qu’on utilise cette technologie sur des in- sectes rampants, indiquent les chercheurs, et cette démarche pourrait être adaptée à d’autres parasites. Les données ont permis de construire un modèle informatique qui simule les attaques des charançons, en tenant compte de facteurs comme l’espacement entre les bananiers et la présence de résidus de culture. Le modèle “peut être considéré comme un laboratoire virtuel pour étudier différentes pratiques agricoles dans les pays en déve- loppement”, estime F. Vinatier. Le charançon du bananier constitue une grave menace, notamment en Afrique, où, dans certaines régions, il peut détruire plus de 90 % de la récolte. mANIOC Transformation express ■ À Kisangani, à l’est de la RDC, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a développé un système pour transformer le manioc en une seule journée après la récolte. L’opération exige un matériel approprié : dé- coupeur, machine à râper, pressoir et séchoir. Cette nouvelle pratique rencontre un tel suc- cès qu’elle commence à s’étendre à d’autres villes de la Province orientale. “J’apprécie cette technologie : elle nous donne une fa- rine de bonne qualité sans trop de peine”, déclare Colette Basila, présidente de l’Asso- ciation des femmes cultivatrices de Kisangani (AFECU/KIS). “L’IITA a déjà appuyé quatre associations des paysans des environs de Kisangani”, explique Judith Enene, char- gée de transformation dans cette structure. Cet appui est intervenu en novembre 2011, après une formation sur l’utilisation de ces matériels, ajoute-t-elle. Les agriculteurs non partenaires louent le matériel à l’IITA et bénéficient d’un accompagnement lors de l’opération de transformation. Les produc- teurs peuvent transformer le manioc ainsi traité en farine, en ami- don ou en tapioca. ArBrES FrUITIErS Manguiers nains Une technologie de greffage des manguiers en bas du tronc simplifie la gestion de ces arbres fruitiers au Kenya, facilitant leur élagage ainsi que la lutte contre les ravageurs et les maladies. Cette technique, mise au point par l’Agence de développement des cultures horticoles, permet d’obtenir des manguiers à haut rendement, avec des fruits de qualité. Le directeur de l’agence, Victor Omari, explique que la technique stimule la production, abondante grâce aux fortes températures. “Les manguiers se passent très bien de pluie pendant près de six mois ; cette technologie permettra aux producteurs d’accroître fortement leurs rendements”, indique-t-il. dIPLômES Spécialistes africains des sols L’Université Kenyatta au Kenya propose un cursus de master et de doctorat en science des sols. Son objectif : former des étudiants africains en pédologie, afin qu’ils puissent résoudre les problèmes des sols africains. Ce programme sur la santé des sols, l’ISFm, dispose d’un laboratoire tout neuf, équipé de matériel de pointe. La moitié des étudiants scolarisés actuellement sont des femmes. Charançon du bananier avec une puce RFID permettant de suivre ses déplacements AGrOFOrESTErIE Meilleures semences Une étude vient de démontrer que des semences certifiées permettraient de meilleurs résultats en agroforesterie en Afrique. Seuls trois pays (Burkina Faso, Madagascar et Rwanda) ont des semences certifiées répondant aux standards de l’OCDE, une certification coûteuse. Pourtant, selon Betserai Nyoka, consultant pour le Centre mondial d’agroforesterie au Malawi, faute d’appliquer une certification intégrale OCDE, les pays devraient appliquer des normes minimales de certification incluant l’origine, le potentiel de germination et les conditions favorables à la croissance de la semence. OAm Les agricultures auscultées L’Observatoire des agricultures du monde (OAm) a été présenté en octobre 2011 au siège de la FAO à rome, à l’occasion de la réunion annuelle du Comité de la sécurité alimentaire mondiale. Initié au sein de la FAO en collaboration avec le CIrAd et ouvert à de nombreux partenaires, cet observatoire a pour objectif d’étudier les rapides transformations structurelles que connaissent les agricultures du monde. http://tinyurl.com/7e5zcme Machine à râper le manioc © A G RA © G . Ka m ad i RECHERCHE 10 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © C IR AD /P h . Ti xi er © M . Li be be le COmmErCIALISATION Unités d’affaires ■ Pour faciliter la mise en marché des ré- coltes de ses membres, la Fédération Nian Zwè (FNZ), une organisation paysanne ac- tive dans le centre-ouest du Burkina Faso a mis en place des “unités d’affaires”. Il s’agit de regroupements de deux à trois villages dans un rayon de 5 à 10 km servant de cadres d’échanges de proximité entre producteurs pour la recherche de marchés. “Avant, pour la vente groupée, le produc- teur transportait ses produits au niveau du chef-lieu de la commune. Il se trouve que, si certains sont à 3 km du lieu du magasin, d’autres sont à 30, voire 50 km. Or tous étaient payés le même prix. Quand on tient compte du transport, certains étaient pénali- sés par rapport à d’autres”, explique Joseph Dagano, président de la FNZ. C’est pour ré- parer cette injustice que les unités d’affaires ont été créées. Chaque unité d’affaires devient autonome et peut ainsi collecter facilement les produits de ses membres et organiser la vente grou- pée au niveau local. “Tous ceux qui veulent vendre vont là-bas”, assure J. Dagano. Cette organisation semble porter ses fruits. “Avec les bénéfices réalisés grâce à la vente groupée, chaque unité d’affaires recrute un gestionnaire pour son fonc- tionnement”, ajoute-t-il. BIÈrE Pression au manioc ■ Fin 2011, l’entreprise Cervejas de Moçambique (CDM) a lancé une nou- velle bière appelée Impala, composée à 70 % de manioc. Selon elle, il s’agit d’une première mondiale, fruit de plusieurs années de recherche. Impala est aujourd’hui pro- duite à l’échelle commerciale par l’usine de CDM à Nampula, dans le nord du pays. Le manioc, dont la production natio- nale excède la consommation du pays, est riche en amidon. Or, celui-ci commence à se dégrader immédiatement après la cueillette et sa forte teneur en eau rend son transport sur de longues distances difficile. Pour préserver ses propriétés, la société Cervejas de Moçambique a mis en place un partenariat avec la DADTCO, une entreprise de commerce et de développe- ment agricole néerlandaise, qui installe des unités mobiles de transformation de manioc dans les régions où il est cultivé. La production de la bière Impala devrait nécessiter l’utilisation annuelle d’envi- ron 40 000 tonnes de manioc, procurant ainsi du travail à plus de 1 500 petits agriculteurs, tout en répondant à la de- mande locale de bière. ENvIrONNEmENT Innovations primées Une société gambienne qui transforme les coques d’arachide en briquettes de combustible, une entreprise kényane dans laquelle des femmes produisent des cosmétiques à l’aloe vera, une initiative népalaise qui transforme les déchets organiques en biogaz : voilà trois des lauréats des derniers prix pour Soutenir les entrepreneurs pour l’environnement et le développement (SEED). Ces prix récompensent des entreprises ayant trouvé des solutions innovantes à des problèmes d’environnement et de développement. Les lauréats ont reçu un lot comprenant un soutien personnalisé pour leur activité, un accès à des conseils d’expert et une assistance technique. hOrTICULTUrE Feu vert aux haricots Les États-Unis autorisent désormais les agriculteurs kényans à vendre des haricots verts sur leur territoire. Les autorités ont en effet jugé que leurs produits satisfaisaient aux conditions de pré-exportation relatives à la transformation, au lavage et au conditionnement. Un rapport récent de l’USAId montre que le secteur horticole kényan, deuxième sous-secteur agricole le plus rentable du pays, s’est développé six fois plus que les importations. EmBALLAGES Entrepreneurs ingénieux Farine de manioc, sosoma (mélange de sorgho, soja et maïs), bananes et ananas en morceaux se passent désormais de poussières et de mouches. Le rwanda se lance dans la fabrication d’aliments de qualité, emballés dans des contenants fiables, hygiéniques et permettant une conservation maximale. des petits entrepreneurs rwandais ont ainsi permis à leurs compatriotes de consommer local. Avec les unités d’affaires, les producteurs tirent le meilleur profit de leur travail. CACAO Retour de l’État 2011 a été une année record pour le cacao en Côte d’Ivoire, avec une excellente récolte. Parallèlement, l’État ivoirien a décidé de revenir aux commandes de la production et la commercialisation. Une décision passée inaperçue face à la tempête financière mondiale, mais aux impacts importants si elle est mise en œuvre. Le relèvement du prix aux planteurs est un des principaux objectifs de la réforme, soutenue en filigrane par le FMI et la Banque mondiale qui veulent un assainissement du secteur. Mais cette réforme, qui implique la suppression d’avantages fiscaux conférés à de puissants industriels locaux, se heurte à des oppositions et ne se fera pas en un jour… © C .- D. S al if Ces six pages ont été réalisées avec la contribution de : m. Andriatiana (madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), G. Bugaga (Burundi), I. Daddy (Niger), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), A. Labey (France), m. Libebele (rdC), I. maïga (Burkina Faso), m. mumero (Kenya), N. mutumwendo (Zambie), F. Nangoli (Ouganda), F. Niyonagize (rwanda), m.  Nzikou-massala (Congo), Cheikna D. Salif (Côte d’Ivoire), J. Saizonou (Bénin), m. Seck (Sénégal), A. Taitt (Barbade). ENTREPRISE ET COmmERCE AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 11 © I. M aï ga © G re en Te ch Où en est-on, début 2012, de la reconnaissance du droit à l’alimentation ? Depuis quelques années, je constate que les choses bougent et c’est encourageant : la faim n’est plus considérée comme une calamité. On reconnaît qu’elle est surtout le fait de mauvais choix. De vrais débats ont désormais cours dans les lieux de décision, sur les questions de gouvernance et de responsabilité. Des pays, chaque jour plus nombreux, reconnaissent le droit à l’alimentation dans leur constitution et il est de plus en plus protégé. Bien qu’inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ce droit est relativement neuf. Constatant qu’il était très abstrait et peu respecté, la communauté internationale a souhaité le clarifier, lors du Sommet mon- dial sur l’alimentation de la FAO en 1996. Quelques années plus tard, en 2004, les “di- rectives volontaires à l’appui de la concrétisa- tion progressive du droit à l’alimentation” ont été adoptées. Depuis lors, ce droit tient une place de plus en plus grande dans les débats, tendance d’autant plus forte qu’elle est relayée par la société civile (ONG et organisations de producteurs), comme en Amérique latine où cette évolution est apparue en premier lieu. Quel est le rôle des gouvernements pour limiter la volatilité des prix qui menace la sécurité alimentaire ? Il faut faire la distinction entre l’échelle inter- nationale et l’échelle locale. À l’échelle locale, les gouvernements peuvent agir en garantis- sant les prix aux producteurs et en offrant des subsides aux consommateurs, par exemple. En Chine, en Inde, les gouvernements ont mis en place des systèmes permettant de stocker les denrées, en vue de soutenir les revenus des producteurs, et de libérer ces stocks lorsque le besoin s’en fait sentir. À l’échelle internationale, c’est plus complexe car cela demande une approche coordonnée de tous les États, et donc la transparence sur les marchés agricoles. C’est vers cela que tend la mise en place, suite à la réunion du G20, d’un système d’information sur les marchés agricoles (Agricultural Market Information System, AMIS) géré par la FAO. L’objectif : avoir une meilleure transparence sur les stocks et les récoltes afin de limiter les tentations de spéculer sur les marchés phy- siques comme financiers. Mais il faut parvenir à surmonter les réticences de certains pays à donner des informations qu’ils considèrent comme stratégiques. D’autres ne disposent tout simplement pas de ce type d’information. Comment les politiques agricoles peuvent-elles jouer en faveur du droit à l’alimentation ? Longtemps, les politiques agricoles des pays en développement ont été déterminées par les marchés internationaux. Les États ont massi- vement investi pour l’exportation, aux dépens des marchés locaux et régionaux. Or, les petits producteurs, qui font du sorgho, du manioc, etc., ont besoin de ces marchés pour exister et se développer. En Afrique, par exemple, les infrastructures témoignent aujourd’hui de ces politiques : il est plus facile d’exporter des pro- duits agricoles vers l’Europe que de faire circu- ler des marchandises entre pays africains. Les producteurs les plus robustes ont été favorisés tandis que les autres, l’immense majorité, ont été laissés pour compte. L’intégration régionale est clé pour un rétablissement de la situation. Elle permettra aux agriculteurs d’accéder à des marchés où ils ne sont pas défavorisés. Que faut-il faire pour produire plus, durablement ? L’Afrique importe près de 95 % de ses engrais chimiques. On parle de développer l’agriculture pour réduire la dépendance alimentaire tandis que l’on se rend encore davantage dépendant pour les intrants. Il est indispensable d’aller vers une agriculture moins intensive en pétrole et en gaz. En Tanzanie, au Malawi, au Mozambique, en Ouganda, de grandes surfaces ont été regagnées grâce à des pratiques écologiquement intensives (agroforesterie, etc.). Au Kenya, la technique du “push and pull” (cf. p. 14) offre aussi des résultats concrets. Ces techniques présentent de multiples avantages : préservation de l’envi- ronnement, diminution des émissions de gaz à effet de serre, moindres dépenses pour les pro- ducteurs et les États. Ce changement de cap est souhaitable, il est même inévitable à mes yeux. On annonce au Sahel des déficits céréaliers très importants. Une crise alimentaire se profile. Est-on mieux préparé que lors des précédentes crises ? On est mieux préparé qu’en 2005-2010. L’information a mieux circulé. Les signaux d’alerte précoce ont été déclenchés. Certains États sont plus lents que d’autres à réagir, pour- tant, la rapidité de réaction est cruciale dans ce genre de situation : quand les populations se sont déplacées pour chercher de la nour- riture, elles deviennent dépendantes, et il est beaucoup plus coûteux et aléatoire de les aider. Intervenons tôt ! OLIvIEr dE SChUTTEr L’alimentation, un droit La faim n’est pas qu’une question technique, c’est avant tout une question politique. Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, en multipliant les initiatives, parvient à donner du sens à un droit encore trop peu respecté. “La faim n’est plus considérée comme une calamité. C’est encourageant.” Olivier De Schutter est le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation depuis le 1er mai 2008. Professeur à l’Université catholique de Louvain et au Collège d’Europe (Belgique), il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles. www.srfood.org INTERvIEw 12 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 INTENSIFICATION ÉCOLOGIQUE L’indispensable révolution Nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050 tout en préservant l’environnement : tel est le défi de l’agriculture mondiale. L’intensification écologique se présente ainsi comme une alternative à l’agriculture industrielle qui a montré ses limites. Si elle n’est pas la panacée, elle est une voie intéressante dans de nombreuses régions des pays ACP pour améliorer la sécurité alimentaire. 17 | POINT DE vUE Dov Pasternak : Terres reconquises 18 | REPORTAGE À mADAGASCAR Le semis direct pour sauver la forêt DOSSIER 13AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | © N . Ac kb ar ra lly P roduire davantage avec moins d’intrants afin que la production soit moins dangereuse pour la santé, moins coûteuse et préserve les ressources naturelles et l’environnement, tel est le principe de base de l’intensification écologique. Les pratiques qui en découlent, pas toujours nouvelles ou innovantes, sont nombreuses et variées. Le concept même, revenu sur le devant de la scène dans un contexte de crises multiples (alimentaire, économique, financière, climatique) et de pressions sur les ressources, se décline en différents termes. Ainsi différentes écoles de pensée et pratiques se rallient-elles à l’“agroécologie” (résultant de la fusion de l’agronomie et de l’écologie, défendue par le CIRAD), l’“écoagriculture” (concept utilisé par l’UICN, qui met l’accent sur la conservation de la nature), la “révolution doublement verte” (concept prôné par le CGIAR, princi- pal organisme de coordination de la révolution verte), ou l’“agriculture de conservation”. Produire plus et mieux Les chemins qu’emprunte ce mode d’intensification sont divers. Les pratiques, nombreuses, se complètent souvent les unes les autres : agroforesterie, conservation de l’eau et des sols, amélioration des cultures, gestion intégrée des ravageurs, association de bétail et cultures fourragères, etc. Les améliorations variétales sont au cœur de l’intensi- fication écologique. Ainsi de nouvelles légumineuses ont- elles fait leur apparition avec de bons résultats en Afrique australe et de l’Est. En travaillant avec les organisations paysannes, les ONG et les semenciers, l’Institut interna- tional de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) a introduit les premières variétés hybrides de pois d’Angole (Kenya, Malawi, Mozambique, Tanzanie, Ouganda). Avec deux récoltes par an, elles sont désormais si rentables que leur culture remplace celle du café chez certains producteurs, qui l’appellent “notre café”. La gestion intégrée des ravageurs, qui vise à limiter l’usage des pesticides de synthèse, tient également une place importante. Au Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal, la diffusion de ces systèmes de gestion intégrée des plantes et des ravageurs à travers 3 500 fermes écoles a entraî- né l’adoption de nombreuses autres approches d’inten- sification durable : utilisation de compost, pépinières hors-sol, expansion de “nouvelles” cultures (mangue, niébé, sésame). Au Kenya, la technique du “push and pull” (“répulsion-attraction”) est de plus en plus utilisée. Elle réunit deux composantes essentielles : Desmodium adscendens planté parmi les plants de maïs, dont l’odeur chasse la pyrale qui pond ses œufs, et l’herbe à éléphant (Pennisetum purpureum), qui l’attire hors du champ. On li- mite ainsi les pertes de rendement sans employer d’engrais chimiques ni de pesticides. En outre, l’herbe à éléphant et le Desmodium constituent un fourrage sain pour le bétail. Les engrais, s’ils sont utilisés avec circonspection, peuvent faire partie de techniques d’intensification écolo- gique ; on parle alors de microdosage. La conservation de l’eau et des sols est une préoccupa- tion majeure. Un système d’irrigation adapté, combinant Coton sans labour En réponse à la perturbation des dates de semis du coton au Bénin du fait de la sécheresse, la recherche béninoise travaille à un nouvel itinéraire technique. Les chercheurs du Centre de recherches agricoles coton et fibres (CRA-CF) ont ainsi conduit, pour le compte de l’Association interprofessionnelle du coton du Bénin (AIC), des essais sur un nouvel itinéraire technique du cotonnier. Quatre-cent-sept essais au total ont été installés au cours de la campagne 2011-2012 pour apprécier le comportement du cotonnier dans des conditions particulières : zéro labour, lignes de semis tracées à sec avec le coutrier sur des résidus de récolte, herbicides pour contrôler les adventices, amendement phosphocalcique pour favoriser un bon enracinement. Avec cette préparation du sol, les semis peuvent intervenir précocement pour gagner le pic de minéralisation qui intervient avec les premières pluies de la saison. Les résultats satisfaisants de ces essais permettent d’envisager l’élargissement du champ d’expérimentation durant la campagne 2012-2013 aux producteurs réceptifs aux innovations. DOSSIER 14 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © J . Sa iz on ou la récupération ingénieuse d’eau de pluie à la culture de plantes supportant la sécheresse, a été implanté avec succès au Niger. Il a permis le développement d’activi- tés de maraîchage et d’arboriculture par des femmes sur des terres dégradées, auparavant impropres à la culture. Organisées en association, les femmes cultivent notam- ment des plantes traditionnelles à haute valeur ajoutée comme le gombo ou le moringa. Initié par l’ICRISAT, ce système a été mis en place dans trois villages de la région de Zinder en 2009 et 2010, puis étendu à de nombreux autres villages. Des privés s’intéressent désormais à cette forme d’agri- culture, y voyant une valeur ajoutée. C’est le cas de Biotropical, qui produit, vend au Cameroun et à l’étran- ger des produits Bio depuis 24 ans. Son directeur, Jean- Pierre Imélé, affirme ainsi son engagement total dans l’agriculture écologique qui se matérialise par des mé- thodes culturales innovantes : gestion des sous-produits de transplantation, respect des normes biologiques, uti- lisation d’amendements naturels (fiente, compost, etc.). L’entreprise pratique aussi les associations de cultures pour créer de bénéfiques synergies, la carotte, l’ail et l’oignon étant ainsi souvent associés. Au Cameroun, Malawi, Mozambique, en Tanzanie et en Zambie, c’est la pratique de l’agroforesterie qui a permis aux paysans d’améliorer leurs sols. Ils consacrent deux an- nées sur cinq à des plantes à croissance rapide et fixatrices d’azote (Calliandra et Tephosia) : sur une période de cinq ans, les rendements en maïs sont passés de cinq à huit tonnes. Au Niger, qui subit de plein fouet les conséquences des changements climatiques, un projet prévoit la plantation de 21 000 ha de gommiers dans les régions de Dosso, Tahoua et Diffa. Au-delà de la diversification, la produc- tion de la gomme arabique permettra aux communautés locales d’adopter des pratiques agroforestières durables. Les bénéfices environnementaux sont multiples : préser- vation des ressources naturelles (eau et sol), réhabilita- tion des zones dégradées, lutte contre l’érosion et contre la désertification, lutte contre le changement climatique grâce à la séquestration de carbone permise par les plan- tations d’essences forestières. Pour 2012, il est prévu de séquestrer un total de 240 000 tonnes de carbone à vendre sur le marché international. Sous les acacias, les cultures d’arachide, de pois et d’autres semences locales consti- tuent également une source additionnelle de revenus. L’intensification écologique contribue à la lutte contre la déforestation en permettant aux agriculteurs de regagner des terres, sans détruire le couvert forestier. Les éleveurs ne sont pas en reste. De nouvelles races de bétail, qui sont mieux adaptées aux conditions locales, comme des poulets en Ouganda et des chèvres au Kenya, ont été développées sur place. Par ailleurs, la culture d’ar- bustes fourragers spécialement mise au point en Afrique de l’Est est très appréciée : Caliendra calothyrsus, Morus alba, Gliricida sepium, sources de protéines, améliorent la pro- duction laitière des petits éleveurs. Les arbustes fourra- gers contribuent à hauteur de 3,8 millions $ US (2,87 mil- lions €) aux revenus des producteurs de la région. Décloisonner les recherches Ces exemples encore ponctuels montrent qu’on peut augmenter la production agricole avec moins d’intrants dans de bonnes conditions pour préserver les sols et l’en- vironnement. La recherche travaille à démontrer cette affirmation. Mais trop de rivalités et d’incompréhensions subsistent entre les différentes disciplines de la recherche. Pour avancer, il est nécessaire qu’agronomes, généticiens, sociologues travaillent de concert. Pour Francis Forest, ancien directeur de l’unité de re- cherche Systèmes de culture en semis direct sous couver- ture végétale au CIRAD, “il n’existe ni plante ni système miracle”. Mais en combinant les savoirs, on peut parvenir à des résultats concluants. C’est précisément autour des sys- tèmes de culture sous couverture végétale (SCV), ou agri- culture de conservation (AC), que de forts antagonismes sont apparus. Celle-ci présente trois caractéristiques prin- cipales : couverture permanente du sol, labours profonds proscrits et rotation des cultures. Ses tenants défendent une agriculture moins gourmande en intrants, plus Des producteurs de riz NERICA, issu du croisement d’une ancienne variété africaine très résistante et d’une variété asiatique à haut rendement , dans une rizière du district d’Apac (au nord de l’Ouganda) DOSSIER AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 15 © F AO /W . As tr ad a respectueuse de l’environnement et moins nocive pour la santé. Pour ses détracteurs, elle ne peut réussir que dans des contextes très précis et donc limités, elle nécessite le recours encore important aux herbicides pour détruire le couvert végétal, et demande beaucoup de main-d’œuvre et une assez forte technicité. Mise en œuvre avec succès et à grande échelle au Brésil notamment, l’agriculture de conservation n’a pas encore conquis les pays en dévelop- pement. La recherche tente d’améliorer les techniques. Ainsi, au Cambodge, des machines sont mises au point pour détruire le couvert végétal et permettre le désher- bage mécanique, évitant l’utilisation d’herbicides. Innovations paysannes et savoirs locaux mé- ritent aussi d’être mieux pris en compte (cf. Point de vue). En utilisant des techniques locales de ré- cupération de l’eau (zaï) et des plantes locales ré- sistantes à la sécheresse (Ziziphus mauritiana, pommes du Sahel), l’ICRISAT a permis la récupération de terres dégradées au bénéfice de femmes (cf. point de vue). Aux Caraïbes, le Réseau caribéen pour le développe- ment de systèmes agroécologiques horticoles (DEVAG) s’appuie sur un constat largement partagé d’un dévelop- pement insuffisant de productions horticoles agroécolo- giques dans la région, alors même que ces productions sont reconnues comme une composante essentielle d’une alimentation saine, de l’autosuffisance alimentaire, mais aussi une importante source de reve- nus. Son objectif est d’accélérer la mise au point de systèmes de culture innovants et adoptables afin de satis- faire une forte demande des marchés locaux, tout en réduisant l’impact négatif de ces cultures sur des environnements insulaires très fragiles. Des pratiques à étendre Cependant, le véritable défi de l’intensification écolo- gique est son changement d’échelle, car, sur le terrain, la plupart des pratiques sont encore peu répandues et ren- contrent parfois des résistances. L’exemple des systèmes de riziculture in- tensive (SRI) à Madagascar est ainsi révéla- teur. Réputés gros consommateurs de riz, les Malgaches voient leurs besoins augmenter chaque année sans que la production suive, alors que les rizières produisent de moins en moins. Depuis les années 1980, le SRI a été adopté par bon nombre d’agriculteurs (25 %) dont les rendements des rizières sont passés de 3 à 6 voire 10 tonnes à l’hectare. Le SRI repose sur des principes simples : repiquage des plants très jeunes, repiquage en ligne, assèchement partiel des rizières, sans utilisation d’engrais chimiques. Cependant, cette technique a du mal à convaincre les petits paysans. Pire, presque 40 % l’ont abandonnée pour revenir à la technique traditionnelle. En cause, des exi- gences techniques (semences améliorées, sar- clage systématique, etc.), la nécessité d’un en- cadrement technique permanent, les difficultés d’apprentissage et l’importante main-d’œuvre nécessaire… Les avancées techniques de l’intensification écologique nécessitent des moyens : services, financement, formation et politiques agri- coles doivent ainsi évoluer. La technicité des approches requiert une formation régulière, au plus près des paysans, et la mise en œuvre d’essais participatifs. Au rang des politiques agricoles, la Convention des Nations unies Gérer le patrimoine agricole mondial Partout à travers le monde, des générations d’éleveurs et de producteurs ont façonné des systèmes agricoles et des paysages spécifiques, en fonction des ressources naturelles, avec des techniques propres. Basés sur l’expérience et les savoirs locaux, ces systèmes ingénieux reflètent l’évolution de l’humanité, la diversité de ses connaissances et la profondeur de ses relations avec la nature. Le projet Systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM) a été inauguré en 2002 par la FAO pour sauvegarder et appuyer l’héritage des agricultures du monde. Cette initiative vise à établir les bases pour la reconnaissance internationale, la conservation et la gestion des systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial. Des sites pilotes ont été identifiés (en Afrique : au Kenya et en Tanzanie). Des approches de conservation dynamique ont été développées sur ces sites pour aider les acteurs locaux à préserver ces systèmes et leurs composantes. http://tinyurl.com/7dc6qaz Une femme met de l’engrais dans un zaï dans la région de Zinder, Niger (cf. Point de vue). DOSSIER 16 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © D . Pa st er na k © F AO /G . Bi zz ar ri contre la désertification, au niveau mondial, appuie l’intensification écologique. Au niveau national, le soutien des agriculteurs familiaux, le développement de services (vulgarisation, développement d’infrastructures routières et de stockage) sont des prérequis indispensables. Au cas par cas, des évolutions sont perceptibles : au Malawi par exemple où l’État, après avoir développé une politique fructueuse de subventions aux engrais, l’accompagne au- jourd’hui de consignes plus écologiques qui prônent les associations légumineuses-céréales, l’utilisation de fumier et de compost et des résidus de récolte pour fertiliser les terres. Si l’intensification écologique n’est pas très étendue dans les ACP, elle bénéficie d’un accueil de plus en plus favorable. De nombreux freins demeurent, mais le modèle d’une agriculture fondée sur l’utilisation intensive et mas- sive de pesticides, d’engrais chimiques, d’eau et d’énergies fossiles est aujourd’hui remis en cause au Nord comme au Sud. Des changements tout aussi culturels que culturaux s’amorcent. Point de vue Dov Pasternak, professeur à l’Université Ben Gourion en Israël, a mis son expérience sur l’agriculture en zone aride au service de la recherche sur la revalorisation des terres en Afrique sahélienne. Après avoir été directeur scientifique à l’ICRISAT à Niamey (Niger) pendant plus de dix ans, il est désormais conseiller. ChIFFrES CLÉS 9 milliards d’êtres humains à nourrir en 2050 70 % d’augmentation de la production agricole mondiale sont nécessaires pour nourrir ces 9 milliards d’êtres humains. 6 fois la production de riz “traditionnelle” : ce sont les résultats obtenus par les paysans malgaches qui utilisent le système de riziculture intensive (SRI). 265 millions des 1,02 milliard d’êtres humains souffrant de la faim dans le monde en 2009-2010 vivent en Afrique subsaharienne, 642 millions en Asie et dans le Pacifique. Terres reconquises En quoi consistent les systèmes de “biorécupération des terres dégradées” (BDL) que vous avez mis en place au Niger ? Les femmes creusent des cuvettes en forme de lune appelées “demi-lunes” où elles plantent des arbres locaux domestiqués appelés pommiers du Sahel (Ziziphus mauritiana), qui donnent de petits fruits semblables à des pommes, très savoureux et nourrissants. Entre ces cuvettes, des trous sont creusés (zaï, “récolte précoce” en langue mossi), où, après avoir mis de l’engrais, elles cultivent divers légumes locaux : okra (Abelmoschus esculentus), roselle (Hibiscus sabdariffa), etc. Des tranchées sont creusées tous les 20 mètres pour collecter l’eau de ruissellement, où l’on plante moringa et henné. Pourquoi les femmes sont-elles le plus impliquées dans ces systèmes ? J’ai la conviction que les femmes sont les moteurs du développement. Rassemblées en groupes de 70 à 150, elles gèrent seules les systèmes de BDL. Dans la plupart des pays africains, les femmes ne peuvent être propriétaires et n’ont accès qu’aux terres les plus dégradées. Dans la région de Zinder, il y a peu de bonnes terres, et les parcelles laissées aux femmes sont très petites. Nous avons demandé aux chefs de village de leur garantir la propriété de ces parcelles pour 25 ans. Dans quelle mesure ce projet peut-il contribuer à l’adaptation au changement climatique et à la sécurité alimentaire ? L’objectif des BDL est de faire face aux longues périodes entre les pluies, en collectant et stockant l’eau. Cela contribue à la lutte contre la dégradation des terres. Le travail réalisé sur les sols en latérite permet à l’eau d’y pénétrer, les rendant plus fertiles. Les systèmes de BDL contribuent à la sécurité alimentaire en permettant aux productrices de cultiver des légumes pour nourrir leurs familles, et générer des revenus. En général, les femmes font sécher les légumes cultivés, elles gardent ce qui leur est nécessaire et vendent le reste au marché. Quels sont les obstacles rencontrés ? Il faut protéger les cultures des animaux, et cela a un coût. La réalisation de clôtures est le seul financement initial extérieur indispensable pour mettre en place le système. Un suivi est aussi très important, avec des animateurs villageois qui aident les productrices techniquement (que planter ? quand ? etc.). Enfin, l’organisation est cruciale, avec la mise en place d’une hiérarchie propre dans chaque groupe (présidente, secrétaire, trésorière). Cette organisation est traditionnellement très importante dans la région. Une bonne gestion de l’eau, élément indispensable de l’intensification écologique (ici sur la commune de Gouna, région de Zinder, Niger) Dossier rédigé avec la collaboration de Mamy Andriatiana (Madagascar), Ibbo Daddy (Niger), Charles Nforgang (Cameroun) et Joachim Saizonou (Bénin). DOSSIER AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 17 © P . De lm as “ J’ai enterré coupe-coupe et allumette ! C’est fini ! Cela n’a été que désastre et perte de temps.” Sur ce ton, Julien Rakoto, cet ancien fervent du tavy (culture sur brûlis) de la commune d’Andasibe, à 140 km à l’est de la capitale malgache, a mis fin à une trentaine d’années de valse avec le feu, durant lesquelles il avait détruit, à lui seul, un demi-hectare de forêt par an. À ce rythme, plus de 50 ha sont décimés chaque année par les 22 000 riverains, affirme Hery Ramanakirija, respon- sable de conservation du parc. La couverture végétale supplante le tavy Depuis trois ans, Rakoto s’est tourné vers une agricul- ture responsable et écologique : le système de semis direct sur couverture végétale permanente (SCV). Tout pousse sur son champ, d’une surface de 3 ha : riz, maïs, légumes, cultures maraîchères, intercalées entre des arbres fruitiers. Le tout entouré de haies vives, constituées par des espèces légumineuses riches en azote. D’un pas vif, il se dirige vers une parcelle, ramasse quelques détritus organiques, tout noirs, et les exhibe : “Voyez la biomasse ! Cela témoigne de la vie dans le sol. De l’air, de l’humidité, des substances vivantes…” Depuis lors, plus de 200 ménages situés aux abords du parc ont emboîté le pas à Rakoto. Le SCV consiste à ne pas travailler la terre, tout en la couvrant de tapis végétaux. Selon Jeannot Raharison, technicien agricole de l’Agence nationale d’actions environnementales, une association spécialisée en SCV, cette technique présente au moins deux grands avantages. D’abord, le sol est couvert, donc pas exposé à l’érosion. Puis, la couverture végétale en décomposition enrichit le sol en éléments nutritifs et main- tient l’humidité. Le sol devient très productif même pendant la saison sèche : “Je produis du riz toute l’année, ma pro- duction est passée de 0,5 tonne à 6 tonnes l’hectare”, se Le semis direct pour sauver la forêt Dans le Parc national malgache d’Andasibe-Mantadia, plus de 50 hectares de forêts partent en fumée chaque année. Conscients du danger, les riverains s’initient au semis direct sur couverture végétale. L’objectif : préserver le parc et assurer la survie des habitants. rEPOrTAGE à mAdAGASCAr Les cultures jouxtent la forêt. Les producteurs peuvent se réjouir, la récolte sera bonne. La couverture végétale permanente enrichit le sol et maintient l’humidité. De gauche à droite : DOSSIER 18 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © M . An dr ia ti an a réjouit Solo Amalonobe, une paysanne adepte du SCV. Si la première année de l’exploitation demande plus d’inves- tissements, les années suivantes sont bénéfiques : “Moins de sarclage, moins d’arrosage, moins d’engrais, moins de maladies.” Solo ne songe plus à se déplacer, “il me suffit de valoriser mes propres parcelles”, soutient-elle. La lutte est loin d’être terminée Si la population locale a compris les méfaits du tavy, les ravages continuent : “Les résidents sont encore fortement attachés aux techniques traditionnelles. Le brûlis étant égale- ment le plus court chemin pour cultiver car il suffit de défri- cher puis brûler”, avoue Razanakoto, un vieux chef tradition- nel d’Andasifahatelo. Mais après deux ans d’exploitation, le sol se dégrade. La terre arable et les tissus organiques sont emportés par l’érosion, et les bas-fonds s’ensablent. Les consé- quences sont inquiétantes : “Après le tavy, il ne reste plus sur ma parcelle que des cailloux et un sol durci”, se plaint le vieux chef. La perte d’humidité met à sec la nappe phréatique. Les rongeurs, chassés par le feu, se réfugient dans les villages. L’année suivante, les tavistes sont contraints d’abandonner et de prospecter d’autres lieux. Pire, les enfants doivent souvent abandonner l’école à cause de l’éloignement, “car, les espaces disponibles se raréfiant, nous pénétrons jusqu’à 15 km à l’in- térieur de la forêt”, ajoute le chef traditionnel. Les activités de restauration du sol avancent pourtant lentement, mais sûrement, aux alentours du Parc national d’Andasibe-Mantadia. Plus de 100 ha ont été aménagés en deux ans. L’ANAE a appuyé la communauté en lui oc- troyant formation, encadrement technique sur le terrain, semences améliorées, mais aussi engrais organiques et divers petits matériels agricoles. Bon an mal an, la popu- lation se mobilise pour éradiquer le mal. Jusqu’aux écoles primaires à proximité du parc qui s’initient aux techniques de SCV et entretiennent des bas-fonds. mamy Andriatiana Pour aller plus l oin Agriculture de conservation Le portail des agricultures écologiquement intensives www.agriculture-de-conservation.com Agroécologie et droit à l’alimentation Rapport du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, présenté à la 16e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 8 mars 2011  http://tinyurl.com/5vuakln Association internationale pour une agriculture écologiquement intensive www.aei-asso.org/ L’agriculture écologiquement intensive : nature et défis S. Bonny, 2011 Cahiers Agricultures, 20 (6) : 451-62, nov.-déc. 2011 http://tinyurl.com/7d4sok2 CGIAR, ILRI, USAID Transforming African agricultural systems through sustainable intensification: Project design workshops http://tinyurl.com/7yxpkhs CIRAD Intensification écologique http://tinyurl.com/6sxyraq DEVAG Réseau caribéen pour le développement de systèmes agroécologiques horticoles http://tinyurl.com/6lwdug6 FAO Produire plus avec moins. Guide à l’intention des décideurs sur l’intensification durable de l’agriculture paysanne http://tinyurl.com/3os8not IAASTD http://tinyurl.com/5uprvl ICRISAT Microdosage des engrais, http://tinyurl.com/7va2e4u Inter-réseaux Développement rural Agroécologie : où en est-on ? Bulletin de synthèse souveraineté alimentaire, septembre 2011 http://tinyurl.com/86qms35 Sustainable intensification in African agriculture J. Pretty, C. Toulmin, S. Williams, 2011, International Journal of Agricultural Sustainability, 9 (1), 2011. Earthscan http://tinyurl.com/79kebcp DOSSIER AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 19 © M . An dr ia ti an a © M . An dr ia ti an a Presque tout dans la noix de coco a une utilité. Alors que la demande de coprah faiblit, de nouvelles initiatives aident les petits exploitants à valoriser des parties du fruit jusque-là ignorées. A u fin fond de la brousse mozambi-caine, l’usine Coconut Oil Organics, dans la province d’Inhambane, fa-brique divers produits biologiques, de l’huile vierge de coco à la chair de noix de coco séchée. Lancée par Graham Ford, exploitant sud-africain, cette entreprise pro- cure un marché aux agriculteurs locaux et elle approvisionne des réseaux de distribu- tion à Johannesburg et au Cap. Quelque 96 % des noix de coco dans le monde sont produites par de petits agri- culteurs, dont les exploitations couvrent au maximum quatre hectares. Bien que la noix de coco contribue à faire vivre 10 millions de petits producteurs, avec une production annuelle mondiale d’envi- ron 70 milliards de noix, le secteur traverse une crise. La demande de coprah – dont on extrait l’huile de coco – diminue, surtout face à la progression de l’huile de palme. Aujourd’hui, le coprah représente seulement 2 % du marché mondial d’huile alimentaire. Et la production de noix de coco recule, les cocotiers vieillissants n’étant pas remplacés. Pour remédier à ce déclin, les activités de transformation se développent. Elles visent à faire des noix de coco des produits à forte valeur ajoutée, en tirant profit de parties du fruit jusque-là ignorées. Damian Hinkson, pisciculteur à la Barbade, utilise les coques dans ses viviers pour l’élevage de juvéniles. Cela lui coûte moins cher que le coton hy- drophile dont il se servait avant, et il peut acheter ces coques auprès d’une usine de recyclage toute proche. Plus de valeur, moins de déchets Le cocotier (Cocos nucifera) est un arbre aux usages extraordinairement variés. Certains produits issus de la noix de coco, comme le coco caoutchouté utilisé pour le garnissage des voitures ou encore le charbon actif fabriqué avec la coque du fruit et utilisé pour purifier l’eau et dans les masques à gaz, ont un fort potentiel sur les marchés interna- tionaux. D’autres, par exemple les savons, ap- provisionnent les marchés intérieurs. Dans le Pacifique, les noix de coco servent de plus en plus à produire du carburant. Dans de nom- breuses îles des Caraïbes, l’industrie artisanale prend de l’ampleur, les artisans vendant leurs produits à base de coco au bord des routes. Un projet du Réseau international sur les ressources génétiques du cocotier aide les petits exploitants à produire et à commer- cialiser des produits à valeur ajoutée dans plusieurs pays ACP. Aux Fidji, les agriculteurs se sont organisés en associations communautaires et apprennent différentes tech- niques de valorisation (fabrica- tion de nattes, fabrication d’huile vierge, tissage de géotextiles pour stabiliser les zones du lit- toral). Ces groupes, composés à 30 % de femmes, bénéficient aussi d’un accès plus facile au microcrédit et aux marchés. En Côte d’Ivoire, les producteurs râpent la chair de coco avec des machines industrielles. Aux îles Fidji, Salomon, Samoa et Tonga ainsi qu’en Papouasie-Nouvelle- Guinée et au Vanuatu, des centres de transformation polyvalents ont été mis en place pour développer de nou- velles lignes de produits. Appui à la filière et lutte contre les maladies Au Bénin et au Togo, différentes initia- tives de transformation approvisionnent la région en produits à base de coco, surtout le Nigeria, qui constitue un marché important. La création en 2007 de l’Autorité kényane pour le développement de la noix de coco (KCDA) a redynamisé le secteur, incitant un nombre croissant de producteurs à cultiver des cocotiers. Le développement concluant des chaînes de valeur de la noix de coco dépendra sans doute du soutien des pouvoirs publics, du secteur privé et des organismes de recherche régionaux. Parmi les autres aspects problé- matiques figurent le coût et la fiabilité du transport depuis les zones rurales reculées. Les maladies posent également des pro- blèmes majeurs. Le jaunissement mortel, l’anneau rouge du cocotier et l’acarien des palmiers ont touché les cocoteraies des Caraïbes, la cochenille du cocotier celles du Pacifique. La lutte biologique semble heureu- sement porter ses fruits. NOIx dE COCO L’arbre de vie 0 10 000 20 000 30 000 Utilisations de la noix de coco (en millions de noix) huile vierge eau de coco verte lait frais lait en conserve alimentation animale séchée boissons huile de cuisine fraîche huile FILIèRE 20 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 © V . Pr as ad D’ ap rè s Vi n ay C ha n d - ID Pesticides et horticulture Le numéro 15 du magazine d’information du Programme initiative pesticides UE- ACP propose un important dossier sur les nouvelles exigences européennes et les opportunités qu’elles offrent pour les petits horticulteurs des pays ACP. PIP magazine n° 15, décembre 2011 COLEACP, 2011, 28 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7x3nmlg PIP, c/o COLEACP 130, rue du Trône 1050 Bruxelles, Belgique Fax : + 32 2 514 06 32 E-mail : pip@coleacp.org www.coleacp.org/pip Pêche durable Ce document contient un résumé des activités du Comité des pêches de la FAO dans le domaine de l’écoétiquetage, notamment l’évaluation des dispositifs privés d’écoétiquetage qui permet de certifier et promouvoir l’utilisation durable des ressources halieutiques. Directives pour l’étiquetage écologique du poisson et des produits des pêches de capture continentales FAO, 2011, 114 p. ISBN 978-92-5-006932-6 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/75rs7pp Terre et eau La rareté des terres et de l’eau est un risque pour les systèmes de production alimentaires et constitue un défi majeur pour la sécurité alimentaire, affirme un nouveau rapport de la FAO. Des pratiques agricoles innovantes, telles que l’agriculture de conservation ou l’agroforesterie, sont cruciales pour une production durable. L’état des ressources en terre et en eau pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde. Gérer les systèmes en danger Earthscan/FAO, 2011, 192 p. ISBN 978-1-84971-327-6 36 € www.fao.org/nr/solaw/the-book/fr/ Nouveau Compendium Agritrade Compendium 2011 Agritrade CTA, 2012 ; Cd-rOm ISBN 978-9-290-81487-0 CTA n° 1665 10 unités de crédit Tout sur le palmier à huile Première production mondiale d’huile végétale avec 47,5 millions de tonnes (33 % de la production mondiale) devant les huiles de soja, de colza et de tournesol, l’huile de palme est principalement produite en Indonésie, Malaisie, Thaïlande, au Nigeria et en Colombie. Tirée du palmier à huile, Elaeis guineensis, comme sa sœur l’huile de palmiste (extraite de l’amande des fruits du même arbre), elle est de couleur rouge et dite “semi-concrète”, car solide à tempéra- ture ambiante. Fortement décriée pour son mode de produc- tion souvent peu respectueux de l’environne- ment, la culture du palmier à huile connaît néanmoins une croissance de 8,5 % par an depuis les années 1970-1980 et représente un poids économique et alimentaire consi- dérable dans les régions tropicales humides. Ce guide pratique, très complet, clair et bien illustré, s’adresse au praticien. Il indique comment mettre en place et exploiter une palmeraie commerciale tout en minimisant les impacts négatifs de la culture du palmier à huile sur l’environnement. Les conditions de travail des personnels et leur santé font aussi l’objet d’une attention spécifique. Le palmier à huile Par J.-C. Jacquemard Éd. Quæ/CTA/Presses agronomiques de Gembloux, décembre 2011, 240 p. ISBN 978-92-9081-480-1 CTA n° 1666 10 unités de crédit Le site Internet Agritrade du CTA a construit sa réputation sur sa capacité à fournir des analyses approfondies et fac- tuelles des problèmes commerciaux touchant l’agriculture et la pêche dans les pays ACP. Comme chaque année, un compendium vient de paraître, rassemblant les différentes notes de synthèse publiées sur le site Agritrade en 2011. Le CD-ROM bilingue pré- sente des faits et des points de vue sur des sujets clés, qu’il s’agisse de la sécurité ali- mentaire ou de la différenciation des pro- duits, de l’accès aux marchés ou encore de l’Accord sur l’agriculture de l’OMC. Ces notes de synthèse couvrent également les der- nières évolutions observées dans les régions ACP et incluent des analyses sur les secteurs de 13 produits de base, dont la viande, les céréales, le cacao, le café, l’horticulture, le sucre, pour n’en citer que quelques-uns. La pêche fait l’objet d’une section spécifique, qui traite de l’impact de la Politique com- mune de la pêche (PCP), du sec- teur thonier et de l’accès au marché et des échanges entre pays ACP et UE. Les compendiums des années précédentes sont accessibles dans une rubrique d’archives. Les visiteurs sont aussi invités à découvrir le site Internet Agritrade. En vous créant un compte, vous pouvez personnaliser toutes les lettres d’in- formation que vous recevez, en fonction de vos besoins et de vos centres d’intérêt. Vous pouvez aussi accéder sans restriction à une communauté en ligne grandissante et com- menter toutes les publications sur le site. PUbLICATIONS AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 21 PUbLICATIONS Mémoires d’expert ■ Jacques Giri fait partie de ces experts de ter- rain dont l’itinéraire professionnel se confond avec l’histoire du développement du continent africain. Quelque cinquante ans ont passé de- puis que, tout jeune ingénieur français, il dé- barque en Afrique noire, pour une mission géo- logique et minière dans un pays qui n’était pas encore la Guinée Conakry. Ensuite, les missions s’enchaînent à partir des années soixante, à un moment charnière de transition entre la colo- nisation et la construction de nouveaux États. Sans amertume, Jacques Giri s’interroge a posteriori sur les échecs et les occasions man- quées de la coopération et de l’aide extérieure, en particulier en matière d’industrialisation du continent, bien avant que “la mondialisa- tion à la sauce libérale” n’y exerce ses ravages. Vingt ans plus tard, en 1983, devenu un vieux routier du développement, il découvre l’Asie du Sud-Est : certains pays vont amor- cer leur décollage (Thaïlande), d’autres pas (Philippines). Le parallèle avec l’Afrique fran- cophone inspire à Jacques Giri cette réflexion : la clé du développement réside en partie dans une saine alliance entre les pouvoirs en place et des entrepreneurs dynamiques. Le livre s’achève sur ce constat de bon sens que “le développement ne se produit que si la société le désire”. Du Tiers monde aux mondes émergents. Un demi-siècle d’aide au développement Par J. Giri Karthala, 2012, 204 p. ISBN 978-2-8111-0596-9 20 € Éditions Karthala 22-24, boulevard Arago 75013 Paris, France Fax : + 33 (0)1 45 35 27 05 www.karthala.com Pressions sur le foncier Au cours des cinq dernières années, 50 à 80 millions d’hectares auraient fait l’objet de transactions foncières dans le monde. Selon que l’on parle “accaparement de terres”, “acquisitions” ou “appropriations à grande échelle”, les avis divergent sur ces questions. Mais la nécessité de réguler davantage ces dynamiques, dont les impacts sociaux, économiques et environnementaux sont encore mal appréciés, fait l’unanimité. Bulletin de synthèse sur la souveraineté alimentaire n° 4 Inter-réseaux développement rural, décembre 2011 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7ja28lp Littoral mauritanien Cet ouvrage collectif, le premier du genre consacré au littoral de la Mauritanie, fait appel à 26 auteurs mauritaniens et européens de diverses disciplines, avec pour ambition de décrypter les principales dynamiques humaines à l’œuvre, hier et aujourd’hui, le long des côtes mauritaniennes. Le littoral mauritanien à l’aube du XXIe siècle. Peuplement, gouvernance de la nature, dynamiques sociales et culturelles Par S. Boulay, B. Lecoquierre Éditions Karthala, 2011, 432 p. ISBN 9782811105525 32 € Adresse Éditions Karthala, voir ci-dessus Cultures vivrières stratégiques ■ À la lumière des conséquences drama- tiques de la hausse des prix agricoles mon- diaux en 2008 sur la sécurité alimentaire de nombreux pays en développement, l’ouvrage propose une analyse du rôle crucial que peuvent jouer les cultures vivrières pluviales en Afrique subsaharienne. Elles sont straté- giques pour les marchés régionaux, les reve- nus des agriculteurs et la création d’emplois dans les zones rurales, observent les auteurs. Cet ouvrage est la synthèse de travaux menés avec des Centres de recherche et d’expertise régionaux africains (AGRHYMET, CORAF) par l’AFD, le CIRAD et le FIDA à travers trois études sur : la cartographie des bassins de production et de consommation vivriers de la zone ; l’identification des apports de la recherche sur ces filières et l’analyse des pra- tiques des projets vivriers. Il fait un état des lieux des connaissances sur les principales filières vivrières de la région, riz, maïs, ma- nioc, mil-sorgho, igname, arachide et niébé, et identifie les pistes à creuser. Les cultures vivrières pluviales en Afrique de l’Ouest et du Centre. Éléments d’analyse et propositions pour l’action Par m. raïssac, N. Bricas, F. maraux, h. Boirard, P. remy, d. Simon, m.-C. Thirion, C. Uhder AFd, 2011, 192 p. Agence française de développement (AFd)  5, rue roland Barthes  75598 Paris Cedex 12, France www.afd.fr Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cgcdv9d Relations Suds-Suds Ce numéro de la revue Tiers Monde met en relation les Suds des trois continents en croisant trois types d’acteurs : les États, les firmes multinationales du Sud et les populations et trois types de relations : économiques, politiques et culturelles. Économie politique tricontinentale : les nouveaux paradigmes Suds-Suds revue Tiers Monde n° 208 Sous la direction de P. hugon et J. marques Pereira Éditions Armand Colin, 2011, 232 p. ISBN 978-2-200-92733-2 20 € Armand Colin 5 rue Laromiguière 75240 Paris Cedex 05, France Fax : + 33 1 40 46 49 90 Mesurer la faim ■ Le nombre de personnes qui souffrent de la faim a reculé dans le monde depuis 1990, mais pas de manière significative et il demeure à un niveau élevé. Ce constat est dressé par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) dans son rapport 2011 sur l’“In- dice de la faim dans le monde (IFM)”. Cet indice permet de mesurer et de suivre sta- tistiquement l’évolution de la faim dans le monde, pays par pays et région par région. Les scores IFM varient considérablement selon les régions et les pays. L’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne présentent les indices les plus élevés. De manière géné- rale, 19 pays sont sortis des deux dernières catégories : “extrêmement alarmant” et “alarmant”. L’Angola, le Bangladesh, l’Éthio- pie, le Mozambique, le Nicaragua, le Niger et le Vietnam sont ceux qui ont connu de notables améliorations entre 1990 et 2011. Les pays présentant un IFM 2011 “extrême- ment alarmant” – Burundi, Tchad, RDC et Érythrée – sont en Afrique subsaharienne. Indice de la faim dans le monde 2011. Relever le défi de la faim, maîtriser les chocs et la volatilité excessive des prix alimentaires IFPrI/Concern worlwide/deutsche welthungerhilfe, octobre 2011, 62 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl. com/895m5et 22 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 PUbLICATIONS SIG pour le développement L’engagement des communautés est clé pour le bon fonctionnement des systèmes participatifs d’information géographique (SPIG). Ce livre le démontre, en identifiant les bénéfices potentiels, comme la gestion des ressources naturelles ou la mise en œuvre de stratégies de sécurité alimentaire et de survie. Systèmes d’informations géographiques participatifs et aménagement du territoire. Expériences philippines citoyennes de désenclavement Par F. Orban-Ferauge Éditions Presses universitaires de Namur, coll. Éclairage Nord-Sud, décembre 2011, 158 p. ISBN 978-2-87037-719-2 15 € Modéliser pour mieux décider ■ Développé il y a près de 15 ans par l’INRA, l’Institut agronomique méditerranéen et le CIRAD, le logiciel Olympe est un outil d’aide à la décision au service des agriculteurs (grou- pés ou non), mais aussi des chercheurs et des développeurs. Ceux-ci peuvent par exemple prévoir les conséquences d’une innovation technique (achat d’un tracteur, introduction d’une nouvelle variété, etc.) dans une exploita- tion ou une région et tester plusieurs variantes. Cet ouvrage fait le point sur les différents domaines d’utilisation de ce logiciel par des organismes de développement, de re- cherche, des établissements d’enseignement en France, mais aussi dans le monde entier, en particulier en zone tropicale. Afin de montrer la diversité des approches et des développements réalisés à l’aide d’Olympe, cet ouvrage présente des cas très concrets de son utilisation : de la compréhension des stra- tégies paysannes (Pérou, Vanuatu, Indonésie, etc.) à l’évaluation de l’impact des innova- tions, en passant par la gestion de réseaux de fermes de référence (Madagascar) ou l’aide à la décision pour des projets de développement agricole (Burkina Faso, Ghana, etc.). Si vous souhaitez simplement en savoir plus sur le fonctionnement de ce logiciel, reportez-vous au site qui lui est consacré : www.olympe-project.net/accueil Exploitations agricoles, stratégies paysannes et politiques publiques. Les apports du modèle Olympe Sous la coordination d’E. Penot Quæ, 2012, 326 p. ISBN 978-2-7592-1694-9 42 € / version PdF : 27,30 € Éditions Quæ rd 10 78026 versailles Cedex, France Fax : + 33 1 30 83 34 49 serviceclients-quae@versailles.inra.fr OP et politiques agricoles Les organisations paysannes (OP) sont parvenues à défendre leur vision dans les négociations des politiques agricoles. Mais dans la pratique, elles se sont heurtées aux décideurs qui ont misé sur l’agrobusiness. Considérant leur implication comme nécessaire à la légitimité et la pertinence des politiques, ce rapport formule des recommandations pour la renforcer. La participation des organisations paysannes dans les processus d’élaboration et de négociation des politiques agricoles et commerciales en Afrique de l’Ouest Bureau Issala/Jade Productions/LArES, janvier 2012, 71 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7yccr6r Faim au mali À partir d’une analyse documentaire et d’enquêtes de terrain, cet ouvrage montre qu’au Mali la grande pauvreté et la faim restent le lot des milieux populaires, notamment en ville. Cette situation nourrit le mécontentement et la désaffection à l’égard du pouvoir. La lutte contre l’insécurité alimentaire au mali. Réalités et faux semblants Par C. Arditi, P. Janin et A. marie Éditions Karthala, 2011, 384 p. ISBN 9782811105792 29 € Adresse Éditions Karthala, voir page 22 ■ Ce “dictionnaire de botanique” est un ma- gnifique ouvrage. Fruit de 15 années de tra- vail à plein temps, ce dont le lecteur ne pour- ra s’étonner, il présente plus de 3 000 termes français de botanique accompagnés de leur traduction anglaise. Il offre ainsi l’étymo- logie, la définition, les antonymes et syno- nymes et termes associés des principaux mots du monde végétal. Les entrées qui le composent se rapportent aux plantes vascu- laires, aux résineux et conifères, de même qu’aux plantes à fleurs. Des illustrations, fi- gures, schémas viennent compléter un texte si bien ornementé de lettrines et culs-de- lampe qu’il en devient poétique. Un cahier d’images, composé de dessins originaux, gravures, photographies, peintures et her- biers, vient clore l’ouvrage. Véritable “thésaurus végétal”, ce nouveau dictionnaire de botanique sera un outil indis- pensable pour tous ceux qu’intéresse cette discipline : le spécialiste comme l’amateur, le pédagogue comme le curieux, le profession- nel comme le traducteur. Les mots de la botanique Par F. Brice Éditions Actes Sud, 2011, 432 p. ISBN 978-2-7427-9890-2 45 €  Éditions Actes Sud Place Nina Berberova, BP 90038 13633 Arles Cedex, France Fax : + 33 4 90 96 95 25 www.actes-sud.fr La botanique de A à Z LIC TI S AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 23 La ruée sur les terres : un fléau ■ Apparu à la suite de la crise alimentaire de 2008, le terme “accaparement des terres” s’est imposé depuis. Il manquait jusqu’à pré- sent d’études de grande ampleur sur ce phé- nomène. Pas moins de 33 organisations ont participé à ce projet de recherche sur les pressions commerciales à grande échelle dans le monde. Les conclusions de ce projet sou- lignent la nécessité de s’orienter vers des poli- tiques foncières centrées sur les populations locales. Elles pourront aider la société civile, les gouvernements et les partenaires du déve- loppement à y voir plus clair et à agir. Les chiffres donnent le vertige : depuis 2000, 203 millions d’hectares sont concernés par ces acquisitions, dont 134 en Afrique. Ce sont les meilleures terres les plus ciblées. Les popula- tions pauvres de ces zones rurales se trouvent ainsi dépossédées des terres et des ressources en eau gérées par les régimes coutumiers. Les solutions passent naturellement par une meilleure gouvernance et une réelle trans- parence, ainsi que par la reconnaissance et le respect du droit des populations rurales sur les ressources dans toutes les transactions à grande échelle. Les auteurs vont plus loin en proposant d’amener les lois internationales sur les droits humains à s’appliquer à ces populations. Les droits fonciers et la ruée sur les terres. Conclusions du projet de recherche sur les pressions commerciales sur les terres dans le monde Par w. Anseeuw, L. Alden wily, L. Cotula et m. Taylor IIEd, CIrAd, ILC, 2012 résumé en français : http://tinyurl.com/7czbq4k rapport complet en anglais : www.landcoalition.org/ cplstudies Couvrir les risques La volatilité excessive des prix alimentaires est préjudiciable aux consommateurs comme aux producteurs. Cette publication analyse les mécanismes de couverture des risques prix à l’importation, et confronte cette analyse à des administrations et opérateurs privés de six pays africains (Burkina Faso, Cameroun, Éthiopie, Kenya, Maroc et Sénégal). Le risque prix sur les produits alimentaires importés. Outils de couverture pour l’Afrique À Savoir n° 10 Par P. Baris, J. Cordier, N. Gergely AFd, 12 décembre 2011, 98 p. Adresse AFd, voir p. 22 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7a8meq5 Climat, migrations et conflits Un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) présente les résultats d’une analyse faisant le lien entre les changements climatiques, les migrations qui en découlent et les conflits que celles-ci provoquent en Afrique de l’Ouest. Sécurité des moyens d’existence. Changements climatiques, migrations et conflits au Sahel PNUE, 2011, 190 p. ISBN 978-92-807-3230-6 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/87frb6z Foncier dans les Grands Lacs ■ L’insécurité foncière est une des prin- cipales causes de la sous-exploitation des potentialités agricoles et de la sous-alimen- tation de 40 à 75 % de la population des pays d’Afrique des Grands Lacs. Un accès sécurisé des paysans et des éleveurs au fon- cier est donc un enjeu crucial, à la fois pour le développement économique, mais aussi pour le maintien de la paix dans la région. C’est dans ce contexte que, depuis plus de 15 ans, le CCFD-Terre solidaire et ses par- tenaires ont engagé, dans cette région, des actions pour pallier les insuffisances des acteurs publics en matière de gestion fon- cière et offrir aux populations rurales un accès sécurisé à la terre et à ses ressources. Cette étude a fait un premier bilan de ces actions et, plus généralement, de celles des États et de la société civile, et contribue à la réflexion stratégique dans la recherche de solutions durables. Afrique des Grands Lacs : droit à la terre, droit à la paix. Des clés pour comprendre et agir sur la sécurisation foncière rurale Par E. Pèlerin, A. mansion, P. Lavigne delville CCFd-Terre solidaire/ GrET, coll. Études et Travaux, série en ligne n° 30, 2011, 127 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl. com/6u6ndb3 POUR OBTENIR LES PUBLICATIONS Les titres précédés du logo peuvent être obtenus comme suit : Vous êtes abonné(e) aux publications du CTA : N’utilisez qu’un seul canal ! • Vous avez un compte sur http://publications.cta.int  ? Connectez-vous et choisissez vos titres à concurrence de vos unités de crédit en cliquant sur “Ajouter au panier” et “Passer la commande”. • Pas d’accès à Internet ? Vous pouvez continuer à utiliser le bon de commande fourni par le CTA. Vous êtes une organisation ACP active dans l’agriculture mais pas encore abonnée aux publications du CTA : demandez un abonnement : • via http://publications.cta.int en cliquant sur “demander un abonnement gratuit” ; • par la poste ou par courriel à  pdsorders@cta.int Vous n’êtes pas une organisation ACP active dans l’agriculture : vous pouvez acheter les ouvrages auprès des éditeurs ou en librairie. Les liens vers les portails des éditeurs sont accessibles à travers http:// publications.cta.int Certaines publications sont aussi téléchargeables gratuitement sur http://publications.cta.int Les titres précédés du symbole sont disponibles à l’achat chez les éditeurs mentionnés ou en librairie. PUbLICATIONS 24 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 Le catalogue des publications CTA pour l’année 2012 vient de paraître ! Il présente une vaste collection de livres, de DVD et de CD-ROM. Organisées par langue (anglais, français, portugais, espagnol et swahili) et par titre, les publications sont classées selon les mêmes sujets que sur le site Internet CTA Éditions (http://publications.cta.int). Trouver et commander un ouvrage est plus facile que jamais. 5 qUESTIONS à MURIELLE VANDRECK sur CTA Éditions Murielle Vandreck est coordinatrice du programme de distribution des publications. Beaucoup de nos lecteurs la connaissent, puisqu’elle est en charge de la distribution de Spore et des publications CTA. Avant de rejoindre le CTA, Murielle a travaillé dans plusieurs petites et moyennes entreprises, où elle a acquis des compétences en gestion et en marketing. Elle se passionne pour les langues et possède une licence en traduction, ainsi qu’un diplôme de deuxième cycle en marketing. Mes 5 dates 1988 diplômée de l’université 1998 recrutée au CTA 1999 Première mission en Afrique – Salon international du livre du Zimbabwe 2002 Coordinatrice du programme PdS 2012 Lancement du site http://publications.cta.int CTA ÉdITIONS Un nouveau catalogue 1 Le 1 er février a été lancé le nouveau site Internet CTA Éditions. Quels en sont les avantages pour les abonnés au Service de distribution des publications (PDS) ? Le nouveau site leur offre une expérience en ligne beaucoup plus conviviale. Non seulement la recherche de publications est plus facile, mais on peut aussi, pour la première fois, commander en ligne. Cela fera gagner à nos abonnés du temps et de l’argent, puisqu’ils n’auront plus à nous envoyer leur commande par la poste. Notre service par voie postale est bien sûr maintenu pour ceux qui n’ont pas accès à Internet. Plusieurs publications sont également téléchargeables directement au format PDF. Les abonnés peuvent actualiser en ligne leurs coordonnées s’ils déménagent ou changent d’employeur, ils seront ainsi certains de ne manquer aucun numéro de Spore. 2 Quelles sont les autres caractéristiques du site ? Nous avons conçu ce site avec le plus grand soin, en pensant toujours à nos abonnés. Dès la page d’accueil, ils ont un aperçu des titres les plus demandés, des nouveautés du catalogue et d’autres ouvrages mis en vedette. Les visiteurs ont la possibilité de souscrire à notre bulletin électronique mensuel, pour se tenir informés des dernières parutions. 3 Que faire si on n’est pas abonné au PDS ? Le site permet désormais de s’abonner à notre magazine Spore et – pour les organisations des pays ACP – à nos publications. Se créer un compte est très simple. Il suffit de cliquer sur “Demander un abonnement gratuit” en page d’accueil, puis de suivre les indications. On reçoit ensuite un courriel d’activation du compte. Dès que celui-ci a été approuvé par le CTA, le nouvel abonné peut passer ses commandes. 4 Quelles ont été les premières réactions au site ? Nous sommes ravis de l’accueil que nos abonnés ont réservé au site et nous constatons déjà une forte augmentation des commandes. 5 Avez-vous des conseils pour les abonnés qui utilisent le site ? Nous conseillons aux abonnés de ne recourir qu’à un seul canal (courriel, courrier ou commande en ligne), sans quoi leur compte sera débité plusieurs fois et ils recevront leur publication en plusieurs exemplaires. Il faut aussi leur rappeler qu’ils peuvent commander plusieurs livres d’un coup en cliquant sur “Ajouter au panier” puis “Passer ma commande” et “Retour vers la boutique” pour commander un autre ouvrage. Il ne faut sélectionner “Terminer ma commande” que quand le panier contient tout ce qu’on souhaite commander. Catalogue 2012 ISBN 978-92-9081-479-5 CTA n°100 0 unité de crédit AGIR AvEC LE CTA www.cta.int AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 25 En mars et en avril, cinq nouveaux col- laborateurs rejoignent l’équipe du CTA. Leurs compétences et leur expérience seront mises à profit pour accroître nos capacités d’action et nous permettre d’atteindre l’en- semble des objectifs définis dans notre plan stratégique 2011-2015. Le programme “Communication et ges- tion du savoir” (KMC) est renforcé par l’arri- vée de trois nouveaux collaborateurs. M. Chris Addison, Coordinateur de pro- gramme senior/Gestion des connaissances, a pour mission de renforcer les ressources informationnelles en ligne du CTA et de ses partenaires. Fort de plus de 15 ans d’expé- rience dans la gestion de l’information en ligne, il contribuera à renforcer les capacités des organisations ACP en édition électro- nique. Originaire du Royaume-Uni, il était depuis 2009 responsable de la communica- tion web de l’IFPRI. M. Krishan Bheenick occupe le poste de Coordinateur de programme senior/ Gestion des connaissances. Krishan pos- sède une vaste expérience des TICs pour le développement agricole et rural qu’il mettra au service des organisations ACP. Originaire de l’île Maurice, il travaillait encore récem- ment pour le Secrétariat de la SADC, où il était responsable régional de la formation, de l’information et de la communication. De nationalité belge, Thierry Lewylie re- joint lui aussi le programme KMC en tant que Coordinateur de programme/Internet. Il apporte avec lui ses 17 ans d’expérience en conception graphique et développement web. En plus de ses tâches de webmaster, Thierry assurera la supervision technique de nos différents portails et pilotera un projet destiné à dynamiser la présence du CTA sur la toile. Le Programme du CTA intitulé “Politiques, Marchés et TICs” sera dirigé par M. Lamon Rutten, originaire des Pays-Bas. Lamon dispose de plus de 20 ans d’expérience en financement de la filière des produits agri- coles de base. Ancien Directeur général et PDG de la bourse multiproduits (MCX) indienne, il fera profiter le Centre de sa connaissance approfondie du secteur privé international. Il a également travaillé dans le passé pour la CNUCED. Mme Tarikua Getachew, Éthiopienne, est recrutée en tant qu’expert junior au sein de l’unité de Suivi, évaluation et enseigne- ments institutionnels. De formation juri- dique, Tarikua s’intéresse particulièrement au droit à l’alimentation. Elle a également dirigé un projet en République démocra- tique du Congo. M. Juma Lumumba, de nationalité ke- nyane, nous a rejoints en mai 2011 en tant que responsable de l’informatique. Juma a travaillé pendant plus de treize ans comme responsable des systèmes d’information et ingénieur réseau/système. Son expérience, ses compétences techniques et ses capa- cités de gestion lui permettront d’appuyer les opérations stratégiques et de gestion du CTA en matière de technologies de l’infor- mation. C’est une période fort stimulante pour le CTA, qui a hâte de mettre à profit l’énergie, l’expérience et les compétences de ses nou- veaux collaborateurs. Le CTA vient d’annoncer les gagnants de la première édition des Prix YoBloCo des meil- leurs blogs sur les jeunes et l’agriculture. Le 1er prix dans la catégorie indivi- duelle a été remporté par Nawsheen Hosenally (http://nawsheenh.blogspot.com). Les gagnants dans la catégorie institu- tionnelle sont l’Agribusiness Society de l’UWI (http://technology4agri.wordpress. com), Farming and Technology for Africa (www.jeuneagrimadagascar.org) et Syecomp Business Services (http://agricinghana.wor- dpress.com). Les blogs choisis informent sur les initia- tives et les défis des jeunes qui travaillent dans l’agriculture et sur la façon dont les TICs peuvent être utilisées afin de soutenir la transformation du secteur. Pour plus d’informations : http://ardyis.cta.int • Vous pouvez désormais commander nos publications directement en ligne sur http://publications. cta.int • Le prochain Briefing de Bruxelles sur le développement a lieu le 4 avril. Il s’intitulera “Petites économies insulaires : convertir les vulnérabilités en opportunités”. Pour plus d’informations, consultez : www.brusselsbriefings.net TEXTOS rESTrUCTUrATION Le CTA accueille cinq nouveaux collaborateurs mEILLEUrS BLOGS Bloguer se révèle fructueux AGIR AvEC LE CTA 26 | SPOrE 158 | AvrIL-mAI 2012 D’une pierre deux coups m. Saleck Rhousseini, qui exerce le métier d’agronome, s’est réjoui de lire notre article intitulé “mille jardins potagers en Afrique” paru dans Spore n° 152 d’avril-mai 2011. Selon lui, créer des jardins dans les écoles et dans les villages africains constitue une excellente initiative qui, si elle se généralisait jusqu’aux villages reculés de chaque pays, pourrait non seulement contribuer à la préservation de l’environnement, mais aussi améliorer le régime alimentaire des élèves en leur procurant davantage de vitamines et de sels minéraux. Et de conclure : “dans les localités nomades du Nord-Niger où les élèves n’ont pas accès aux fruits et légumes, il serait intéressant d’associer à ces jardins des pépinières de certaines espèces en voie de disparition, pour faire d’une pierre deux coups.” Notre lecteur se dit prêt à promouvoir un tel projet. Alors si vous êtes intéressés pour vous associer à lui, contactez-nous ! Combattre la faim cachée m. Vutseme est revenu vers nous au sujet de la biofortification, ce procédé très prometteur en matière de lutte contre la malnutrition. Notre lecteur nous confie avec grand enthousiasme : “à l’Université catholique du Graben en rd Congo, nous avons commencé avec les essais de la culture de haricot biofortifié. C’est vraiment intéressant.” Nous nous réjouissons de ces excellents résultats et souhaitons à l’Université plein succès dans ses travaux. Bambous résistants Après avoir lu notre article sur l’habitat paru dans Spore n° 155 d’octobre-novembre 2011, m. Florent Lumbu partage avec nous son point de vue sur l’utilisation des bambous par les villageois. Selon lui, c’est un moyen bon marché pour eux de couvrir les toits de leurs maisons ou faire les enclos de leurs champs. Il ajoute : “Il faut encourager les villageois à planter davantage de bambous, au lieu de profiter du travail fourni par les générations précédentes. Le bambou reste un excellent moyen pour arrêter l’érosion, il est indestructible.” Urgence pour les forêts m. Kambassoue Fridolin lance un cri d’alarme en direction des responsables politiques pour qu’ils revoient leurs stratégies de protection de la forêt et de la faune. “Chaque jour, écrit- il, des milliers d’arbres sont coupés dans mon village et les espèces sont menacées. Bien plus, mes frères pygmées n’ont plus d’abris.” Nous espérons que sa voix sera entendue. En effet, sans forêt, quels seront nos lendemains ? Cyber-champignons Un de nos lecteurs, Samuel, nous informe qu’il a créé un blog spécialement consacré à la culture de champignons comestibles. Il tente d’expliquer les techniques de base, ainsi que les paramètres de culture de plus de 20 espèces. Alors, si, comme lui, cette activité vous passionne, rendez-vous sur son site : www.champignonscomestibles.com GMV Beaucoup de lecteurs nous ont écrit au sujet de “la Grande muraille verte”, projet de reboisement consistant à relier dakar à djibouti. Tous se réjouissent de cette heureuse initiative. m. Godefroy nous écrit ainsi : “Je suis ravi que les jeunes s’engagent dans l’amélioration non seulement des conditions économiques de leur milieu, mais aussi de cet environnement qui constitue notre premier partenaire de la vie. Que les jeunes Sénégalais puissent inspirer d’autres peuples.” Vertus du bouloukoutou m. Boubanga massala Emi, médecin au ChU de Brazzaville (Congo), était heureux de lire notre article sur les vertus du bouloukoutou domestiqué paru dans Spore n° 156. Il nous écrit : “Très bonne initiative. vous mettez là à notre disposition des informations capitales. Cette plante nous l’avons dans nos plaines mais nous ne connaissions pas ses vertus.” Services aux lecteurs Écrire à Spore CTA — rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ wageningen Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore rECEvOIr LA vErSION ImPrImÉE L’abonnement est : • gratuit pour les organisations et personnes actives dans le développement rural et résidant dans un pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) ou de l’UE : s’abonner - via http://publications.cta.int en cliquant sur « demander un abonnement gratuit » ; - par la poste (CTA Spore Abonnements, PO Box 173, 6700 AJ wageningen, Pays-Bas) ou par courriel à spore@cta.int. • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) Abonnement à souscrire auprès de SmI (distribution Services) Ltd PO Box 119, Stevenage hertfordshire SG1 4TP royaume-Uni Fax : + 44 1438 748844 E-mail : CTA@earthprint.co.uk rECEvOIr LE rÉSUmÉ GrATUIT PAr E-mAIL Abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int LIrE SPORE SUr ÉCrAN • sur le Web : consultez spore.cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable AGIR AvEC LE CTA Boîte post@le AvrIL-mAI 2012 | SPOrE 158 | 27