La Revue Internationale sur Bananiers et Plantains Parthénocarpie chez des hybrides Impact de la culture associée Les trous de plantations doivent-ils être profonds ? Le goût des hybrides améliorés Bananes biologiques du Pérou Georges Wilson Vol. 13 N°1 Juin 2004 InfoMusa Vol. 13 N°1 Photo de couverture : Petit vendeur ougandais (Régis Domergue, CIRAD) INFOMUSA Vol. 13, N° 1 Editeur : Réseau international pour l’amélioration de la banane et de la banane plantain (INIBAP) Rédacteur en chef : Claudine Picq Comité de Rédaction : Anne Vézina, Jean-Vincent Escalant, Richard Markham, Nicolas Roux Avec l’appui scientifique de : Frédéric Bakry, Sylvio Belalcázar, Guy Blomme, Xavier Draye, Charles Staver, Jean Tchango Tchango Mise en page : Crayon & Cie Imprimé en France ISSN 1023-0068 Rédaction : INFOMUSA, INIBAP, Parc Scientifique Agropolis II, 34397 Montpellier Cedex 5, France. Téléphone : + 33-(0)4 67 61 13 02 ; Télécopie : + 33-(0)4 67 61 03 34 ; Sommaire Courrier électronique : inibap@cgiar.org L’abonnement est gratuit pour les pays en Croissance de suspensions cellulaires du cultivar ‘Cau man’ développement. Les lecteurs sont invités à Bui Trang Viet et Tran Thanh Huong 2 envoyer lettres et articles. La rédaction se réserve le droit d’abréger ou de reformuler Utilisation du Biobras-6 dans la micro-propagation du bananier plantain FHIA-21 les textes publiés pour des raisons de F.A. Jiménez Terry, D. Ramírez Aguilar et D. Agramonte Peñalver 4 clarté et de concision. INFOMUSA ne peut s’engager à répondre à toutes les lettres Influence du parent mâle et du parent femelle sur la parthénocarpie reçues, mais s’efforcera de le faire dans V. Krishnamoorthy, N. Kumar et K. Sooriyanathasundaram 7 un délai raisonnable. La reproduction de tout extrait du magazine est autorisée à Effets de l’ablation de mains et de la distance de plantation sur les caractéristiques de condition d’en spécifier l’origine. productivité du bananier plantain ‘FHIA-20’ INFOMUSA est également publié en anglais et en espagnol. Une version électronique M. Aristizábal L. 9 est disponible à l’adresse suivante : http: //www.inibap.org/publications/infomusa/ Effet de la profondeur de plantation sur la durée du cycle de culture et le rendement infomusa_fre.htm S. B. Bakhiet et G. A. A. Elbadri 12 Changement d’adresse : Merci d’en informer la rédaction d’INFOMUSA à l’adresse Relation entre la capacité électrique et les caractéristiques des racines indiquée ci-dessus avec si possible six G. Blomme, I. Blanckaert, A. Tenkouano et R. Swennen 14 semaines de préavis afin d’éviter toute interruption de réception de la revue. Productivité du bananier plantain False horn en culture associée avec le niébé et le maïs dans le sud-est du Nigeria Les opinions émises dans les articles n’engagent que leurs auteurs et ne J.O. Shiyam, B.F. D. Oko et W. B. Binang 18 reflètent pas nécessairement le point de Effet de l’œilletonnage sur la résistance de FHIA-23 et SH-3436-9 aux maladies et ravageurs vue de l’INIBAP. A. Vargas et M. Guzmán 20 Evaluation de nouveaux hybrides de bananiers résistants à la maladie des raies noires V. Krishnamoorthy, N. Kumar, K. Angappan et K. Soorianathasundaram 25 Qualités organoleptiques des fruits des hybrides SH-3640 et CRBP-39 S. Coulibaly et C. Djédji 27 Le point sur la littérature scientifique sur les espèces sauvages de Musa 31 La mission de l’INIBAP est d’accroî-tre de façon durable la productivité des bananiers et Le point sur l’impact du projet de banane biologique dans la vallée de Chira au Pérou 32 des bananiers plantain cultivés sur de petites exploitations pour la consommation locale et In Memoriam Georges Wilson 34 pour les marchés d’expor-tation. L’INIBAP est un programme de l’Institut Thèses 35 international pour les ressources Nouvelles des Musa 38 phytogénétiques (IPGRI), un centre Future Harvest. Forum 44 Elever les standards scientifiques Editorial De temps en temps, on nous demande d’envisager transformer INFOMUSA en un journal à comité de lecture. Récemment, cette demande s’est renouvelée plus fréquemment, du fait que l’avancement dans la carrière d’un chercheur est de plus en plus lié au nombre d’articles publiés dans des journaux scientifiques reconnus. Notre position a toujours été de résister à un tel changement. Nous pensons que le rôle d’INFOMUSA est d’informer les membres de la communauté de la recherche et du développement de ce qui se passe dans le monde du bananier, même s’il ne s’agit pas nécessairement de recherche de pointe, ou si l’expérimentation n’a pas produit les résultats attendus. Sans une publication comme INFOMUSA, nous croyons que les chercheurs travaillant sur le bananier passeraient à côté d’une quantité importante d’informations qui resteraient enfouies dans ce que l’on appelle la littérature grise. Les bananiers sont cultivés dans des zones écologiques très variées et un sentiment de déjà vu est inévitable lorsque les chercheurs reproduisent dans leur coin de pays une variation sur le même thème, comme le criblage de matériel génétique pour une résistance à des maladies et ravageurs connus. Les résultats négatifs sont une espèce encore plus négligée et aboutissent rarement dans les journaux scientifiques respectés. Cependant, les résultats négatifs sont extrêmement utiles pour éliminer les hypothèses erronées. Le fait de les rapporter empêche également la duplication d’efforts inutiles et la dilapidation de ressources qui, dans les pays en développement où la majeure partie de la recherche sur Musa est réalisée, sont particulièrement peu abondantes. Bien que nous voulions qu’INFOMUSA demeure un journal accessible pour les auteurs, nous ne pensons pas que cela doit se faire au détriment de l’intégrité scientifique. Les informations sont peu utiles si les lecteurs ne comprennent pas comment elles ont été produites ou si aucune analyse statistique des résultats n’est présentée. Cependant, les règles guidant la recherche scientifique et leur présentation, et dont nous dépendons pour utiliser avec confiance les résultats publiés, ne sont pas intuitivement évidentes. La plupart des auteurs, même ceux dont la langue maternelle est l’une des trois dans lesquelles nous publions, ont besoin d’aide pour présenter leurs travaux, particulièrement en ce qui concerne l’analyse des données. Nous essayons de nous assurer que les articles que nous publions correspondent aux critères de base de la publication scientifique, en soumettant aux membres de notre comité éditorial les manuscrits pour une révision informelle, sur la base de laquelle les textes sont souvent retournés aux auteurs pour qu’ils les améliorent. La question à laquelle nous sommes confrontés est jusqu’où nous devons aller pour améliorer la qualité d’INFOMUSA sans sacrifier ce que vous, nos lecteurs, appréciez dans ce journal. Nous avons argumenté contre un INFOMUSA à comité de lecture, mais peut-être avez-vous une opinion différente ? Merci de nous faire savoir ce que vous pensez en répondant au questionnaire inclus dans ce numéro, qui a été conçu pour connaître votre opinion sur les changements que nous avons récemment apportés à INFOMUSA et sur ce que nous pouvons faire pour produire un journal qui réponde mieux à vos attentes. Vous pouvez également nous écrire. Dans ce numéro, nous inaugurons une section Forum, qui est ouverte à tous nos lecteurs. Nous espérons que vous l’utiliserez pour commenter des articles passés ou pour initier des débats sur des sujets importants. Le site Web de l’INIBAP a également subi des changements. Il a été élargi pour inclure une section sur les utilisations du bananier et de ses produits, des informations d’intérêt général sur le bananier destinées au grand public et un site Web sur la génomique, destiné à rapporter les avancées scientifiques dans le décodage des génomes du bananier et de Mycosphaerella. Les éditeurs InfoMusa - Vol. 13 - N°1 1 Suspensions cellulaires Croissance de suspensions cellulaires du cultivar ‘Cau man’ Bui Trang Viet et Tran Thanh Huong L a multiplication de bananiers in un filtre métallique de 0,8 mm. La croissance vitro provient principalement de la cellulaire a été mesurée comme étant le prolifération de méristèmes végétatifs. volume de cellules décantées (VCD) après Le développement récent des suspensions 5 mn de sédimentation (Gomez et al. 2000, cellulaires embryogènes rend possible la Schoofs 1997). production massive de plants de banane à L’intensité respiratoire a été mesurée tout faible coût (Haicour et al. 1998). De nombreuses au long de la croissance de la suspension études concernant les suspensions cellulaires cellulaire. Les variations de pH, de la ont été réalisées à l’Université Nationale du concentration en oxygène et en sels totaux du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (Bui Trang Viet et milieu de culture ont également été mesurées al. 2000, Tran Thanh Huong et Bui Trang Viet chaque semaine. La suspension cellulaire a 2000, Cung Hoang Phi Phuong et Bui Trang été isolée du milieu de culture en centrifugeant Viet 2000, Tran Thanh Huong et Bui Trang Viet à 1000 rpm pendant 5 mn. 2003). Dans cette étude, nous présentons les La présence d’une auxine, l’acide indole- résultats de la croissance d’une suspension acétique (AIA), et de l’acide abscissique ont cellulaire issue de fleurs mâles immatures été révélés en chromatographie sur couche d’un cultivar couramment cultivé au Vietnam, mince de silice (60 F254, 105554, Merck). Les ‘Cau man’. chromatographies ont été développées dans un Matériel et méthodes mélange chloroforme:méthanol:acide acétique (80:15:5 v/v). Les hormones de croissance Des fleurs mâles immatures ont été prélevées ont été visualisées en lumière UV d’après la et placées sur milieu MA1 (Escalant et al. méthode décrite par Yokota et al. 1980. Elles 1994, Shii et al. 1992). La suspension cellulaire ont été identifiées en comparaison avec des a été initiée en plaçant un cal de 4 mois dans références connues en AIA et zéatine. La le milieu de culture liquide MA2 (Escalant et concentration en AIA a été mesurée grâce au al. 1994, Shii et al. 1992) additionné de 35 test d’élongation du coléoptile d’Oryza. Ce test g/L de saccharose, 1 mg/L de 2,4-D (acide est basé sur la capacité de l’auxine à stimuler 2,4-dichlorophénosyacétique) et 15 mg/L l’élongation de sections de coléoptiles flottant d’acide ascorbique. Les cultures ont été dans un milieu liquide. L’activité zéatine a été placées dans des Erlenmeyers de 100 ml sur déterminée grâce au test basé sur l’expansion un agitateur orbital à 80 rpm à une température de cotylédons de concombres dépendante de de 28°C et une source lumineuse de 1000 lux la cytokinine (Meidner 1984). (photopériode de 12 h). Le milieu de culture a Des aliquotes de suspension cellulaire de été remplacé toutes les deux semaines. Après 5 ml ont été filtrées à travers un filtre de 800 deux mois, la suspension cellulaire contenait µm avant d’être inoculées sur 5 ml de milieu un mélange d’amas cellulaires et de cellules solide MA3 additionné de 0,2 mg/L d’acide individuelles. Deux semaines après repiquage, naphtalène acétique (ANA), (0,1 mg/L de Figure 1. Taux de respiration pendant la croissance de la suspension cellulaire. la suspension cellulaire a été filtrée à travers kinétine et 0,05 mg/L de zéatine (Escalant et al. 1994, Shii et al. 1992). 800 Résultats et discussion La croissance de la suspension cellulaire 600 dans le temps a suivi une composante sigmoïdale. Jusqu’à 7 jours, la croissance a été lente et est devenue rapide entre les 7ème et 21ème jours. Cette croissance rapide a 400 ensuite été suivie d’une phase stationnaire. La respiration a augmenté pendant la phase de croissance rapide pour décroître avant la 200 phase stationnaire (figure 1). L’influence de la densité initiale d’inoculation sur la croissance de la suspension cellulaire a 0 été étudiée en testant les volumes de cellules 0 7 14 21 28 décantées suivants : 50, 75 et 100 μl/ml de Jours milieu. Le plus grand pourcentage de cellules 2 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 3 Respiration (�l O2/g/h) embryogènes à cytoplasme dense et à gros visible. Nos résultats montrent bien la capacité Figure 2. Amas cellulaires après deux semaines noyaux a été obtenu à 75 μl/ml (figure 2). embryogène des cellules ‘Cau man’ mais de culture. Après avoir renouvelé le milieu de culture, les conditions de culture telles que décrites la suspension était hétérogène et contenait dans ce texte devront être modifiées si l’on un mélange d’amas cellulaires et de cellules veut obtenir des embryons somatiques bien individuelles. Les amas cellulaires ont formés. été divisés en trois groupes suivant leurs diamètres : petits amas (< 200 μm), amas Remerciements moyens (200-800 μm) et gros amas (> 800 Cette étude a été financée par une bourse du μm). La croissance de la suspension cellulaire Conseil National du Viêt-nam se rapportant a été mesurée en comptabilisant le nombre aux questions fondamentales en sciences de de ces cellules et amas. Le nombre maximum la vie. d’amas petits et moyens (respectivement 48 000±147 et 1820±120) a été observé au 14ème jour, alors que le nombre maximum de cellules individuelles (77 280±2219) et de gros Figure 3. Evolution du pH, de la concentration en sels totaux et en amas cellulaires (338±18) n’a été observé oxygène du milieu de culture. qu’au 21ème jour. 6 Pendant la phase de croissance rapide, un 6 grand nombre de petits amas se sont formés à partir des gros amas. Le volume total de 5 5 cellules décantées était très faible lorsque la culture était initiée à partir de petits amas 4 4 (tableau 1). On a observé une diminution du pH et des 3 Oxygène 3 concentrations en oxygène et sels totaux dans Sels totaux le milieu de culture pendant la croissance de la pH2 2 suspension cellulaire (figure 3). L’activité auxinique due à l’AIA a été 1 1 identifiée en chromatographie sur couche mince à une dimension, à Rf 0.84-0.89 et l’activité cytokinine correspondant à la zéatine 0 0 à Rf 0.67-0.74. Les teneurs de ces hormones 0 7 14 21 28 Jours Tableau 1. Volume de cellules décantées (μl/ml de milieu) des suspensions cellulaires après 14 jours de culture. Taille initiale des Taille finale des amas cellulaires amas cellulaires < 200 µm 200-800 µm > 800 µm Total < 200 µm 22,7 ±1,4 27,4 ±2,4 3,9 ±3,2 54,0 ± 5,1 200–800 µm 19,6 ±2,0 20,2 ±2,0 58,1 ± 5,9 97,9 ± 8,6 < 800 µm 7,5 ± 0,6 42,9 ± 1,7 50,4 ±1,2 100,8 ±10,0 > 800 µm 57,4 ± 4,3 25,4 ±2,8 67,2 ± 5,0 150,1 ±12,0 de croissance pendant la croissance de la Figure 4. Evolution des concentrations en hormones de croissance pendant la croissance de la suspension cellulaire. suspension cellulaire apparaissent dans 9 160 la figure 4. Les résultats montrent que AIA la croissance de la suspension cellulaire 8 Zéatine augmente avec un accroissement de la 7 120 concentration en zéatine alors que de fortes Crossance de la suspension cellulaire teneurs en AIA inhibent cette croissance. 6 Les embryons somatiques se sont 5 développés normalement jusqu’au stade 80 globulaire (au plus tôt à 8 jours de culture) 4 avec 0,2 mg/L d’ANA, 0,1 mg/L de kinétine et 3 0,05 mg/L de zéatine mais leur développement 402 ultérieur a été stoppé. L’absence de bipolarité chez l’embryon a été causée par une 1 faible individualisation des pousses et des 0 0 méristèmes de racine. Un épiderme était 0 7 14 21 28 présent mais l’organisation interne n’était pas Jours 2 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 3 Concentration en hormones de croissance (�g/l) Concentration (mg/L) Volume des cellules décantées (�/ml de milieu) pH Références Schoofs H. 1997. The origin of embryogenic cells in Musa. Dissertationes de Agricultura. Catholic University of Bui Trang Viet, Cung Hoang Phi Phuong, Tran Thanh Leuven, Belgium. 258pp. Huong & Pham Thanh Luong. 2000. Callus and cell suspension initiation from male flowers of M. balbisiana Shii C.T., S.S. Ma, I.C. Huang & W.H. Ching. 1992. cv. Hot and M. cavendishii cv. Gia cui (abstract in Somatic embryogenesis and plantlet regeneration English). Université Nationale du Viêt-Nam, HCM-Ville, in suspension cell cultures of triploid banana (Musa Département des Sciences Naturelles, Mai-2000. AAA, subgroup Cavendish). Pp. 21-22 in Abstract of Comptes-rendus de Symposium, pp. 114-118. International Symposium on Recent Development Cung Hoang Phi Phuong & Bui Trang Viet. 2000. in Banana Cultivation Technology. Fifth meeting of Development of embryos and callus initiation from International Group on Horticultural Physiology of immature embryos of Musa balbisiana (abstract in banana, Pingtung Taiwan, 14-18 Dec. English). J. Science & Technology Development 3(5- Tran Thanh Huong & Bui Trang Viet. 2000. Effects 6):38-44. of various antioxidants on Musa cavendishii cell Escalant J.V., C. Teisson & F. Cote. 1994. Amplified suspension culture (abstract in English). Viet Nam somatic embryogenesis from male flowers of triploid National University-HCM City, College of Natural banana and plantain cultivars (Musa spp.). In Vitro Sciences, May-2000. Proceedings of Symposium, Bui Trang Viet travaille au Plant Cell and Dev. Biol. 30:181-186. pp.17-23. Département de Physiologie Gomez R.K., T. Gilliard, L.A. Barranco & M. Reyes. Tran Thanh Huong & Bui Trang Viet. 2003. Growth of the 2000. Embriogenèse somatique en milieux liquides. végétale, Université des Maturation et augmentation de la germination du cell suspension of Musa paradisiaca L. cv. Cau Man Sciences Naturelles, Viêt-nam, cultivar hybride FHIA-18 (AAAB). INFOMUSA 9(1): (abstract in English). Viet Nam National University- e-mail: btviet@hcmuns.edu.vn, 12-16. HCM City, College of Natural Sciences. Proceedings Tran Thanh Huong Haicour R., V. Bui Trang, D. Dhed’a , A. Assani, F. Bakry of Symposium on Natural Sciences, October 2002, pp. et à 423-430. l’Université Nationale du Viêt-nam, & F.X. Cote. 1998. Banana improvement through biotechnology-ensuring food security in the 21st century Yokota T., N. Murofushi & N. Takahashi. 1980. 227 rue Nguyen Van Cu, district 5, (Abstract in English). Cahiers Agriculture 7:468-475. Molecular aspects of plant hormones. Pp. 113-201 in Hô Chi Minh-Ville, Viêt-nam, Meidner H. 1984. Class Experiments in Plant Physiology. Encyclopedia of plant physiology, 9 (J. MacMillan, ed.). e-mail: trthuong@hcmuns.edu.vn. George Allen and Unwin (London). 169pp. Springer New York. Culture de tissus Utilisation du Biobras-6 dans la micro-propagation du bananier plantain FHIA-21 F.A. Jiménez Terry, D. Ramírez Aguilar et D. Agramonte Peñalver Une prolifération réduite des pousses, une Phase de multiplicationoxydation élevée des explants et une Pendant l’étape de multiplication, on a utilisé croissance lente sont quelques-unes des comme milieu de base les sels de Murashige difficultés rencontrées lors de la micro-propagation et Skoog (sels MS), additionnés de 1,0 mg/L de des bananiers plantain et plus particulièrement de thiamine, de 3% de saccharose et de 8% d’agar. l’hybride FHIA-21 (AAAB). L’utilisation du Biobras- Chaque flacon contenait 30 ml de milieu et 10 6, un analogue de brassinostéroïde, pourrait se explants. Il y a eu 10 répétitions par traitement. substituer à certains des régulateurs de croissance Pour les variantes en milieu de culture liquide, employés dans la culture de tissus (Gómez et al. les sels MS ont été réduits à 70% et 15 ml de 2000). Le travail présenté ici a été réalisé dans milieu ont été ajoutés par flacon de 250 ml. le but d’évaluer l’effet du Biobras-6 sur la micro- Trois repiquages ont été réalisés, à raison d’un propagation in vitro de FHIA-21. tous les 21 jours. Les bourgeons axillaires ont Matériel et méthodes été séparés, les tissus phénolisés extraits et le corme des plantes complètement formées Les essais ont été réalisés à l’Instituto de coupé transversalement. Biotecnología de las Plantas avec des plants issus Deux expérimentations, en milieux semi- du troisième repiquage in vitro de l’hybride FHIA- solide et liquide, ont été réalisées au cours de la 21. Les instruments ont été stérilisés dans un four phase de multiplication. Plusieurs combinaisons à chaleur sèche à 180ºC et les milieux de culture des deux concentrations de cytokinine 6-BAP passés à l’autoclave à 121ºC et 1,2 kg/cm² de (2,0 et 4,0 mg/L) et de Biobras-6 (0,01 et 0,05 pression, durant 20 minutes. Le matériel végétal mg/L) ont été évaluées (tableau 1). Le taux de a été placé dans des chambres sous une lumière multiplication, le nombre de bourgeons et de naturelle de 4500 lux en moyenne et à température racines par explant ainsi que la longueur des constante (28±2ºC). plantules ont été enregistrés après 21 jours. 4 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 5 Au cours de la phase d’enracinement, les Tableau 1. Concentration de Biobras-6, 6-BAP et d’acide indole acétique (AIA) utilisées concentrations de saccharose dans le milieu pendant la phase de multiplication de culture ont été augmentées de 4%. Les Traitements 6-BAP Biobras-6 AIA concentrations de Biobras-6 testées au cours (mg/L) (mg/L) (mg/L) 1 0 0,01 - de la phase d’enracinement sont présentées 2 0 0,05 - dans le tableau 2. Le taux de multiplication, le 3 2 0,01 - nombre de bourgeons et de racines par explant 4 2 0,05 - et la longueur de la tige ont été enregistrés au 5 4 0,01 - bout de 28 jours. 6 4 0,05 - Phase d’acclimatation Témoin 4 - 0,65 Au cours de la phase d’acclimatation, les racines des vitroplants ont été immergées pendant 10 Tableau 2. Concentrations de Biobras-6 et minutes dans différentes solutions de Biobras- d’acide indole acétique (AIA) utilisées pendant 6 et d’acide naphtalènacétique (ANA) avant la phase d’enracinement la plantation (tableau 3). Les vitroplants ont Traitements Biobras-6 AIA (mg/L) (mg/L) ensuite été transférés dans des plateaux de 1 0,01 - polystyrène de 69 cm x 45 cm comportant 70 2 0,05 - alvéoles. Le nombre de feuilles et de racines par 3 0,01 0,65 explant et les poids frais et sec des plants ont 4 0,05 0,65 été enregistrés 45 jours après la plantation. 5 0,01 1,3 Les données de l’ensemble des 6 0,05 1,3 expérimentations ont été traitées par Témoin - 1,3 l’intermédiaire du programme Statistical Program Scientific System (SPSS), version Tableau 3. Concentrations de Biobras-6 et 9.0 pour Windows. On a tout d’abord réalisé d’acide naphtalènacétique (ANA) utilisées la comparaison des hypothèses d’homogénéité pendant la phase d’acclimatation des variances et de normalité des données, puis Traitements Biobras-6 ANA effectué une analyse de variance multifactorielle (mg/L) (mg/L) suivie du test des rangs multiples de Duncan. 1 0,01 - 2 0,01 10 Résultats et discussion 3 0,05 - 4 0,05 10 Phase de multiplication Témoin - 10 Comme on peut le noter sur le tableau 4, le nombre de bourgeons par explant et le taux nombre de bourgeons et le taux de multiplication de multiplication en milieu semi-solide ont été les plus faibles et le nombre de racines le plus beaucoup plus élevés dans les traitements 5 élevé. Ces résultats suggèrent que le Biobras- et 6 contenant tous les deux 4 mg/L de 6-BAP 6 pourrait être utilisé comme substitut de l’AIA et respectivement 0,01 mg/L et 0,05 mg/L de dans le milieu de multiplication du bananier Biobras-6. Malgré tout, le nombre de bourgeons plantain FHIA-21. Les résultats en milieu liquide par explant sur le témoin qui contenait 4 mg/L de 6-BAP mais pas de Biobras-6, n’a pas été ont suivi le même schéma (tableau 5) que ceux significativement différent des valeurs obtenues en milieu semi-solide. pour les traitements 5 et 6. On a pu observé que les brasinostéroïdes ont Les plantules les plus longues ont été un effet sur l’élongation, la division cellulaire, le observées dans les traitements 1 et 2 (Biobras-6 développement vasculaire et la reproduction sans 6-BAP), suggérant un effet auxinique. Les (Núñez 2000). L’utilisation du Biobras-6 explants de ces traitements ont également eu le pendant la culture in vitro de FHIA-18 a Tableau 4. Effet de diverses concentrations de régulateurs de croissance en milieu de multiplication semi-solide sur les plantules de FHIA-21 (voir tableau 1 pour le détail des traitements) Traitements Nombre de bourgeons Taux de Nombre de racines Longueur des par explant multiplication par explant plantules (cm) 1 1,3 c 1,1 d 6,1 c 2,9 ab 2 1,7 c 1,1 d 7,9 c 3,2 a 3 2,6 b 2,2 c 0,6 a 2,5 bc 4 2,9 b 2,5 c 1,3 b 2,7 b 5 3,4 a 3,1 a 0 a 2,3 c 6 3,8 a 3,5 a 0 a 2,6 b Témoin 3,1 a 2,8 b 0,2 a 2,5 bc Les valeurs suivies de lettres différentes présentent des différences significatives pour p< 0,05. 4 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 5 engendré un effet sur la germination des la phase d’établissement (Barranco 2001) et à embryons somatiques (Gómez et al. 2000). l’AIA pendant la phase d’enracinement (Nuñez Un milieu de culture contenant une 2000). combinaison de Biobras-6 et de 6-BAP Phase d’acclimatation est favorable à la division cellulaire et à la Les plantules les plus longues et celles ayant croissance des bourgeons, ce qui permet le poids frais le plus élevé ont été observées l’augmentation du taux de multiplication sans dans le traitement 4 contenant 0,05 mg/L de l’inconvénient de la formation des racines Biobras-6 + 10 mg/L d’ANA (tableau 7). observée lorsque Biobras-6 est utilisé seul. Phase d’enracinement Références Les meilleures valeurs concernant le nombre Barranco L.A. 2001. Desarrollo de la embriogénesis somática en medios líquidos (Musa AAA cv. Gran de racines par explant, la longueur de la enano). Taller Internacional de Biotecnología Vegetal. plantule, les poids frais et secs ont été Centro de Bioplantas. Ciego de Avila. Cuba. observées dans les traitements contenant Gómez R., T. Gillard, L.A. Barranco & M. Reyes. une combinaison de Biobras-6 et d’AIA. La 2000. Embryogenèse somatique en milieux liquide. Maturation et augmentation de la germination du longueur des plantules et le poids frais n’étaient cultivar hybride FHIA-18 (AAAB). INFOMUSA 9(1): pas significativement différents lorsque que 12-16. l’on employait de AIA seul (tableau 6). Des Murashige T & F Skoog.1962. A revised medium for rapid résultats antérieurs concernant la micro- growth and biossays with tobacco tissue culture. Plant propagation à grande échelle de bananiers Physiology 15:473-479.Núñez M. 2000. Tendencias actuales del uso de los et de bananiers plantain ont démontré que le brasinoesteroides en la agricultura. P. 24 in XII Biobras-6 peut se substituer au 6-BAP pendant Seminario Científico INCA. Tableau 5. Effet de diverses concentrations de régulateurs de croissance en milieu de multiplication liquide sur les plantules de FHIA-21 (voir tableau 1 pour le détail des traitements) Traitements Nombre de bourgeons Taux de Nombre de racines Longueur des par explant multiplication par explant plantules (cm) 1 1,1 c 1,0 d 5,3 c 3,1 a 2 1,1 c 1,0 d 5,5 c 3,2 a 3 2,2 b 1,8 c 0,3 a 2,6 b 4 2,4 b 2,1 c 1,3 b 2,7 b 5 2,7 a 2,5 a 0 a 2,4 b 6 3,0 a 2,8 a 0 a 2,7 b Témoin 2,7 a 2,5 a 0,2 a 2,5 b Les valeurs suivies de lettres différentes présentent des différences significatives pour p< 0,05. Tableau 6. Effet de diverses concentrations de régulateurs de croissance en milieu d’enracinement sur les plantules de FHIA-21 (voir tableau 2 pour le détail des traitements) Traitement Nombre de feuilles Nombre de racines Longueur des Poids frais Poids sec par explant par explant plantules (cm) (g) (g) 1 3,5 4,9 c 3,8 b 1,8 b 0,30 d 2 3,7 5,1 c 4,0 b 2,0 b 0,36 c 3 3,5 5,6 b 4,2 b 2,4 a 0,39 bc 4 3,8 5,8 ab 4,7 a 2,6 a 0,41 ab 5 3,7 6,3 a 4,9 a 2,6 a 0,43 a 6 3,9 6,2 a 4,8 a 2,4 a 0,46 a Témoin 3,8 5,6 b 4,8 a 2,5 a 0,39 bc Les valeurs suivies de lettres différentes présentent des différences significatives pour p< 0,05. Tableau 7. Effet de diverses concentrations de régulateurs de croissance en phase d’acclimatation sur les plantules de FHIA-21 (voir tableau 3 pour le détail des traitements) Traitement Longueur des plantules Poids frais (cm) (g) Les auteurs travaillent à 1 12,3 d 109,9 d l’Instituto de Biotecnología de 2 12,8 b 117,6 b las Plantas, Universidad Central 3 12,5 c 112,4 c 4 13,2 a 119,0 a de Las Villas, Carretera a Témoin 12,6 c 111,2 cd Camajuani km 5 1⁄2, Santa Clara, Les valeurs suivies de lettres différentes présentent des différences Villa Clara, CP 54830, Cuba significatives pour p< 0,05. 6 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 7 Influence du parent mâle et du parent femelle sur la Amélioration parthénocarpie V. Krishnamoorthy, N. Kumar et K. Sooriyanathasundaram L e fait que les cultivars triploïdes comme parent mâle. Au total, 7830 croisements soient dépourvus de graines les rend ont été faits, représentant 71 combinaisons. comestibles mais c’est également Les croisements ont été effectués entre une contrainte si l’on cherche à améliorer 7 h 30 et 10 h 30 du matin. Le jour même du leur rendement et leur résistance à des croisement, les anthères encore fermées des stress biotiques. Par croisement, on parents mâles ont été récoltées à partir de recherche toujours à obtenir des hybrides fleurs ouvertes. Les anthères ont été tordues parthénocarpiques avec une meilleure afin de les forcer à la déhiscence. Le pollen résistance. Simmonds (1952, 1953 et 1959) a été récolté et a été répandu sur le stigmate a montré que la parthénocarpie était contrôlée de la fleur femelle avec un pinceau n°2. Un par trois gènes complémentaires dominants. stigmate réceptif était collant au toucher Nous avons cherché à étudier la germination tandis qu’il devenait bleuâtre ou brun après des graines ainsi que la parthénocarpie dans avoir perdu sa réceptivité. Les fleurs ont été la descendance issue de croisements entre recouvertes d’un sac en papier perforé et les diploïdes, triploïdes et entre diploïdes et données concernant la date du croisement, la triploïdes. combinaison parentale et le nombre de doigts croisé ont été enregistrés. Les sacs ont été Matériels et méthodes enlevés cinq jours plus tard. Les régimes ont Cette étude a été menée au Horticultural été récoltés lorsqu’un ou deux doigts avaient College and Research Institute, Tamil Nadu mûri in situ. Fruits de l’hybride tetraploïde résultant d’un Les graines ont été extraites de la pulpe croisement de ‘Karpooravalli’ et ‘Red banana’Agricultural University à Coimbatore. Le tableau 1 présente les triploïdes et les diploïdes utilisés manuellement et classées comme « bonnes » dans cette étude et le tableau 2, les hybrides ou « mauvaises » suite à une immersion dans diploïdes synthétiques. l’eau. En effet, les graines qui flottaient ont Tous les cultivars ont été utilisés en tant été considérées comme mauvaises et ont été que parent mâle ou femelle à l’exception de jetées. Les bonnes graines ont été trempées ‘Rasthali’, ‘Nendran’ et ‘Ney poovan’, dont les pendant huit jours et plantées dans un terreau fleurs mâles sont stériles. ‘Robusta’ a été utilisé stérilisé (Rowe et Richardson 1975). Elles ont été mises en chambre humide et surveillées jusqu’à la germination. Seules 312 plantules Tableau 1. Cultivars utiliés dans les croisements hybrides ont été obtenues à partir de 18 des 71 Groupe Sous-groupe combinaisons effectuées. Les hybrides ont été Cultivars triploides plantés en champ et au moment de la floraison, Nendran AAA French plantain les fleurs femelles ont été couvertes d’un Red banana AAA Red sac en papier pour empêcher la pollinisation Robusta AAA Giant Cavendish Rasthali AAB Silk naturelle. Un mois après la floraison, une Bareli chinia ABB coupe des fleurs femelles a permis d’observer Karpooravalli ABB Pisang awak le développement de la pulpe. Cultivars diploides Le niveau de ploïdie des hybrides a été Ambalakadali AA estimé à deux moments différents. La densité Anaikomban AA des stomates ainsi que la taille et le nombre Eraichivazhai AA de chloroplastes par paire de cellules de Matti AA garde ont été mesurés sur la plantule. Les Namarai AA hybrides montrant de 62,6 à 109,6 ; 50,4 à Nivediyakadali AA 56,9 et de 19,7 à 35,1 stomates par mm² Pisang lilin AA Sannachengadali AA ont été respectivement classés comme étant Tongat AA des diploïdes, triploïdes ou tétraploïdes Ney poovan AB (Sathiamoorthy 1973). Le nombre de chloroplastes dans une paire de cellules de garde a été mesuré avec la méthode proposée Tableau 2. Parenté des hybrides synthétiques par Tenkouano et al. (1998). Les plantes ayant diploïdes utilisés dans les croisements une densité de chloroplastes comprise entre Groupe Parents 10,1 et 10,3, entre 13,1 et 13,3 et entre 15,5 et H-110 AA Matti × Tongat 15,8 ont été classées respectivement comme H-201 AB (Bareli chinia × Pisang lilin) × Robusta diploÏdes, triploïdes ou tétraploïdes. 6 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 7 Ensuite, les chromosomes ont été comptés sur On a observé un mauvais lot de graines et une pointes racinaires. Le nombre de chromosomes haute fréquence de graines en partie remplies a été déterminé par une version légèrement ou vides. Simmonds (1952, 1959) a suggéré modifiée de la méthode de Dolezel et al. (1997). que l’existence chez le bananier de graines La composition génomique des nouveaux partiellement remplies, d’une perte de germination hybrides a été évaluée par une méthode de ou d’une mortalité précoce des plantules, peuvent notation morphologique (Simmonds et Shepherd être attribuées à des évènements génétiques et 1955). cytologiques ayant eu lieu immédiatement après la fécondation. Les taux relativement importants Résultats et discussion de germination sont peut-être dus au fait qu’elles Des 71 combinaisons effectuées, seules 23 ont eu lieu en février et mars à un moment où ont produit des graines pour un total de 1096 les jours étaient ensoleillés et les nuit fraîches. (tableau 3). De celles-ci, 1003 étaient viables Notre expérience nous a montré qu’il fallait éviter et les 93 restantes, qui étaient flottantes, ont les mois les plus frais (novembre à janvier) et les été considérées comme mauvaises. Le nombre mois les plus chauds (mai et juin). Sathiamoorthy moyen de graines par fruit était de 1,23. Les (1987) a observé que la germination était très taux de germination les plus élevés ont été faible et irrégulière en hiver. obtenus avec la pollinisation libre de H-201 et Le degré de ploïdie a été estimé par les croisements H-201 × H-110 et ‘Karpooravalli’ l’apparence phénotypique et confirmé par × ‘Red banana’. Aucune des graines obtenues la densité stomatale ou par le nombre de suite aux croisements de ‘Anaikomban’ avec chromosomes des paires de cellules de garde ‘Pisang lilin’, ‘Anaikomban’ avec ‘Eraichivazhai’, et par le comptage des chromosomes sur les ‘Ambalakadali’ avec ‘H-110’, ‘Karpooravalli’ avec pointes racinaires. Dans cette étude, la densité ‘Anaikomban’ et ‘Red banana’ avec ‘Pisang stomatale ne correspondait pas aux degrés de ploïdie rapportés dans des travaux antérieurs lilin’ n’ont germé. Des 1003 graines viables (Sathiamoorthy 1987). Nous avons donc utilisé obtenues, 312 graines ont germé, représentant l’éventail des densités stomatales des parents 18 combinaisons. Le temps à la germination a pour évaluer le degré de ploïdie. Sur la base de ce varié de 15 jours (pollinisation libre de H-201) à critère, 299 hybrides (197 diploïdes, un triploïde 54 jours (‘Anaikomban’ × H-110). Tableau 3. Nombre et caractérisation des hybrides obtenus à partir des 23 combinaisons réussies Combinaison Nombre Nombre Nombre Niveau de P* NP** de doigts Graines ayant de jours à la d’hybrides ploidie croisés coulé flotté germination obtenus 2x 3x 4x 5x AA × AA Anaikomban × Pisang lilin 31 2 Anaikomban × Eraichivazahi 30 1 Anaikomban × H-110 33 7 54 1 1 1 Ambalakadali × Anaikomban 15 1 51 1 1 1 Ambalakadali × H-110 30 2 Matti × Pisang lilin 30 30 1 26 4 4 4 AB × AA H-201 × Eraichivazhai 64 142 31 29 49 38 5 6 1 48 H-201 × Anaikomban 102 105 7 18 15 12 3 2 13 H-201 × Ambalakadali 30 5 1 18 1 1 1 H-201 × Pisang lilin 79 340 11 18 115 90 25 1 114 H-201 × Nivediyakadali 36 2 2 26 1 1 1 H-201 × H-110 53 73 4 18 33 17 16 4 29 H-201 (pollinisation libre) 64 50 5 15 37 Triploïde × Diploïde Karpooravalli × Pisang lilin 1105 25 3 32 7 1 6 3 4 Karpooravalli × H-110 630 9 34 1 1 1 Karpooravalli × Nivediyakadali 135 10 2 37 3 3 3 Karpooravalli × Eraichivazhai 107 16 3 35 1 1 1 Karpooravalli × Ambalakadali 155 54 2 34 1 1 Karpooravalli × Anaikomban 80 1 Red Banana × Pisang lilin 137 0 4 Triploïde × Triploïde Karpooravalli × Red banana 233 87 6 26 33 1 29 4 16 17 Karpooravalli × Robusta 150 80 13 28 8 5 3 1 7 Karpooravalli (pollinisation libre) 195 33 11 26 * Nombre d’hybrides parthénocarpiques ** Nombre d’hybrides non-parthénocarpiques. 8 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 9 et 101 tétraploïdes) se sont retrouvés à l’intérieur gènes dominants complémentaires dérivés de de l’éventail des cultivars parentaux, alors que 15 diploïdes naturels dont les fruits sont comestibles se sont retrouvés à l’extérieur. D’après le nombre et dont la composition génétique est hétérozygote de chloroplastes, les 15 hybrides n’étaient ni des pour ces gênes. Ceci est une considération diploïdes, des triploïdes ou des tétraploïdes. importante pour l’amélioration car les plantes Les comptages de chromosomes sur les parthénocarpiques peuvent être facilement triées pointes racinaires ont été faits sur 48 hybrides dans des croisements impliquant ces parents et les 15 hybrides qui ne pouvaient être classés diploïdes. en tant que diploïde, triploïde ou tétraploïde. Le Dans les croisements AA x AA, cinq hybrides degré de ploïdie de 33 hybrides s’accordait avec parthénocarpiques diploïdes ont été obtenus mais les résultats de densité stomatale et 13 des 15 aucun triploïde ou tétraploïde parthénocarpique. Fruit de l’hybride H-201 hybrides avaient 55 chromosomes. Ceci n’est toutefois pas la règle étant donné que Des 312 hybrides obtenus, 36 étaient dans une étude antérieure, des hybrides triploïdes parthénocarpiques. Des six hybrides obtenus ont été obtenus avec les mêmes parents, bien suite à des croisements AA × AA, cinq étaient qu’en faible proportion (Sathiamoorthy 1987). parthénocarpiques (tableau 3). L’hybridation Les hybrides parthénocarpiques obtenus à partir d’un AB avec un AA a produit 214 hybrides dont des croisements AB × AA mériteraient d’être 8 parthénocarpiques. Les croisements triploïde x évalués en tant que parents potentiels dans des diploïde ont donné 13 hybrides dont seulement programmes d’amélioration. 4 étaient parthénocarpiques, alors que les croisements triploïde x triploïde ont donné 41 Références hybrides, dont 17 étaient parthénocarpiques. Rowe P.R. & D.L. Richardson. 1975. Breeding bananas Lorsque des croisements entre H-201 for disease resistance, quality and yield. Technical et des diploïdes AA ont été réalisés, de Bulletin No.2. Tropical Agricultural Research Service, Les auteurs travaillent au nombreux hybrides se sont montrés non- La Lima, Honduras. parthénocarpiques, ce qui suggère l’influence Simmonds N. W. 1952. Experiments on the pollination Department of Fruit Crops, of seeded diploid bananas. Journal of Genetics 51: Horticultural College and d’un parent femelle hautement fertile. Lorsque 32-40. Research Institute, Tamil l’on consulte le pedigree de l’hybride H-201, il Simmonds N.W. 1953. Segregation in some diploid Nadu Agricultural University, semblerait que ‘Bareli chinia’, qui a été utilisé bananas. Journal of Genetics 51:458-469. Coimbatore-641 003, Tamil comme parent femelle, pourrait expliquer Simmonds N.W. 1959. Experiments on the germination Nadu, Inde. L’adresse actuelle l’absence de parthénocarpie observée dans cette of banana seeds. Tropical Agriculture Trinidad 29: de V. Krishnamoorthy est Krishi étude. Les hybrides parthénocarpiques obtenus 259–273. Vigyan Kendra, Vriddhachalam Sathiamoorthy S. 1987. Studies on male breeding dans les croisements impliquant H-201 et un ou potential and certain aspects of breeding bananas. - 606 001, Cuddalore, plusieurs parents diploïdes peuvent être dus au Ph.D. Thesis, Tamil Nadu Agriculture University, Tamil Nadu, Inde, conditionnement de la parthénocarpie par des Coimbatore. courriel: krishort@hotmail.com Effets de l’ablation de mains et de la distance de Pratiques culturales plantation sur les caractéristiques de productivité du bananier plantain ‘FHIA-20’ Manuel Aristizábal L. E n Colombie, la banane plantain est ne remplissent pas les conditions standard de commercialisée sous forme de régimes qualité exigées par les marchés spécialisés. entiers mais, depuis quelque temps, les L’ablation de mains consiste à enlever une marchés spécialisés proposent des mains ou partie des dernières mains (Rodríguez et al. des doigts (Arcila et al. 2000a). Dans ce cas- 1988) de façon à ce que la matière sèche qui là, c’est la taille de ces derniers qui détermine ne possède aucune valeur commerciale se le prix de vente (Giraldo 1998). Les régimes répartisse entre les mains restantes et de ce fait ont une durée de vie commerciale plus longue augmente leur grosseur. On ignore cependant si mais sont plus difficiles à manipuler et les pertes la distance de plantation influence ce résultat. sont plus élevées comparativement aux doigts Comme la taille du fruit est un critère important ou aux mains (Arcila et al. 2000a). En général, pour les marchés spécialisés, l’objectif de cette les dernières mains sont plus petites et sont étude était d’évaluer l’effet de la distance de jetées ou vendues à prix réduit puisqu’elles plantation sur la production et la qualité des 8 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 9 fruits de FHIA-20 soumis à différents niveaux On a utilisé un dispositif expérimental en blocs d’ablation de mains. de Fisher, avec un ajustement factoriel de 2∗4, Matériel et méthodes quatre répétitions et sept plantes utiles par répétition. Les résultats ont été soumis à une L’étude a été menée à la ferme Montelindo analyse de variance (ANOVA) et les moyennes (propriété de l’Université de Caldas), située ont été comparées en utilisant le test de dans la région de Santagueda, municipalité de comparaisons multiples de Tukey. Pour toutes les Palestina (Caldas), à 5º05’ de latitude nord et analyses statistiques, le programme informatique 75º40’ de longitude ouest, 1050 m d’altitude, SAS (Statistical Analysis System) a été utilisé. avec une température moyenne de 22,5ºC, une humidité relative de 76%, des précipitations Résultats annuelles de 2100 mm et un ensoleillement L’ablation de mains a eu un effet significatif annuel de 2010 heures. sur toutes les variables étudiées. L’impact de Des rejets baïonnette de FHIA-20 provenant la distance de plantation s’est révélé fortement de la ferme et taillés pour peser environ 500 g significatif pour la variable rendement seulement ont été plantés dans des trous de 40 cm x 40 cm. alors que l’effet de l’interaction entre la distance La distance entre les plants a été fixée à 3 m de plantation et l’ablation de mains a toujours été tandis que deux distances entre les rangs ont significatif (tableau 1). été testées : 3 et 4 m. Les pratiques culturales Pour les deux distances de plantation, les telles que la fertilisation, l’élimination des gaines témoins ont obtenu les poids de régime les plus foliaires sèches, l’œilletonnage, l’effeuillage, le élevés mais les valeurs les plus basses en ce désherbage et l’ensachage des régimes ont été qui concerne le poids des mains et le poids des effectuées au besoin. doigts car le nombre de mains par régime était L’ablation de mains a eu lieu 15 jours après de 11 en moyenne. Plus le nombre de mains sur l’émergence de la fleur. L’intensité du traitement le régime était élevé, plus le régime était lourd, est exprimée par le nombre de mains laissées du fait du plus grand nombre de doigts présents sur le régime, soit 6, 7 ou 8 mains. Aucune main alors que le poids moyen des doigts et des mains n’a été éliminée sur les plantes témoins mais le décroissaient en fonction de l’augmentation du bourgeon mâle l’a été. nombre de mains restantes (tableau 2). Les A la récolte, on a enregistré le poids du régime, régimes à six mains ont présenté le poids du le poids moyen des doigts, le poids moyen des régime le plus faible mais les poids moyens des mains, le poids de chaque main, le poids moyen mains et des doigts les plus élevés. Le poids des doigts de chaque main et le rendement. moyen des mains a été supérieur de 48,7%, Tableau 1. Carrés des moyennes et degrés de signification de l’effet de l’ablation de mains et de la distance de plantation sur les paramètres agronomiques de FHIA-20 Source de variation dl Poids du régime Poids moyen d’une main Poids moyen d’un doigt Rendement Ablation des mains 3 100,7** 4,2** 25501** 93,3** Distancie 1 8,3 0,16 5832 1100** Interaction 3 11,6** 0,24* 6104 * 13,5 * Résiduel 24 3,7 0,06 2011 4,2 R2 0,821 0,926 0,722 0,941 CV 5,12 5,04 12,14 5,15 *, ** : Différences ou effets significatifs (1%) et hautement significatifs (5%) d’après le test de Fisher. Tableau 2. Effet de l’ablation de mains et des distances de plantation sur les paramètres agronomiques de FHIA-20 Distance Nombre de mains Poids du Poids moyen Poids moyen Rendement de plantation laissées sur le régime d’une main d’un doigt (T/ha) régime (kg) (kg) (g) 3 x 3 m 6 mains 36,6 cd 6,1 a 497 a 40,6 bc 7 mains 37,3 cd 5,3 bc 375 b 41,4 b 8 mains 37,5 bcd 4,7 d 342 b 41,6 b Témoin 44,6 a 4,1 e 308 b 49,5 a 4 x 3 m 6 mains 33,1 d 5,5 ab 393 b 27,5 f 7 mains 37,7 bcd 5,4 bc 387 b 31,4 ef 8 mains 39,1 bc 4,9 cd 357 b 32,6 ed Témoin 42,0 ab 3,8 e 297 b 41,6 b Plus petite différence significative (5%) 4,67 0,593 106,4 4,87 Des moyennes dans chaque colonne accompagnées de lettres différentes montrent des différences significatives selon le test de comparaisons multiples de Tukey à 5% de probabilité. 10 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 11 29,3% et 14,6% par rapport au témoin pour les et 52,0% la valeur obtenue pour le témoin et régimes comportant respectivement 6, 7 et 8 de 14,8% 42,6% et 29,5% respectivement à mains à la distance de 3 m x 3 m. Les valeurs 4 m x 3 m (tableau 3). A la distance de plantation correspondantes pour la distance de 4 m x 3 m de 3 m x 3 m, le poids moyen des doigts de ont été de 44,7%, 42,1% et 28,9% ce qui indique chaque main a augmenté à mesure que le que l’effet de l’ablation de mains a été plus nombre de mains restantes diminuait mais à 4 m important avec une plantation plus espacée. x 3 m, la tendance était moins nette. Le rendement a été significativement plus élevé En général, les régimes de bananiers plantain pour la distance de plantation la plus petite en ont tendance à avoir une forme triangulaire raison des différences de densités de population : puisque les mains situées dans la zone proximale 1111 et 833 plants à l’hectare pour 3 m x 3 m sont plus importantes que celles situées dans la et 4 m x 3 m, respectivement. Cependant, les zone distale (Aristizábal 1995). Dans cette étude, différences entre les traitements d’ablation de le poids de la dernière main représentait 28,3% du mains n’ont pas été significatives (tableau 2). poids de la première main des régimes témoins Les moyennes des traitements d’ablation de pour la distance de plantation de 3 x 3 m et 21,3% mains en fonction des distances de plantation pour celle de 4 x 3 m. Mais, avec l’ablation de indiquent que, par rapport aux témoins, le mains, les pourcentages ont été respectivement poids du régime a diminué significativement de 43,5% 43,0% et 58,8% pour les régimes à 8, 7 de 19,4%, 13,4% et 11,5% pour les régimes et 6 mains à 3 x 3 m et de 38,5% 42,7% et 49,4% comportant respectivement 6, 7 et 8 mains. à 4 x 3 m. Ainsi, l’ablation de mains a donné des Des résultats similaires ont également été régimes de forme moins triangulaire. observés sur le rendement dont les diminutions ont été respectivement de 19,2% , 14,0% et Discussion 12,3% (tableau 3). Ainsi, en terme de volume Dans cette étude, l’ablation des mains a réduit le de production, l’ablation de mains se révèle poids du régime de FHIA-20 mais a amélioré la désavantageuse pour le producteur, en particulier qualité des fruits, à savoir le poids des mains et si six mains sont laissées sur les régimes. des doigts, tout particulièrement quand le régime Les poids de régime les plus faibles peuvent ne comportait que six mains. être attribués au nombre de doigts par régime L’augmentation du poids des mains et des (78, 97 et 111 pour respectivement 6, 7 et 8 mains fruits à la suite de l’ablation de mains a été restantes) plutôt qu’à leur taille, le poids moyen rapportée par Arcila et al. (2000b) chez ‘FHIA-21’, des doigts ayant été supérieur pour toutes les par Rodríguez et al. (1988) chez ‘Superplatano’, mains des régimes qui en comportaient le plus ‘Laknau’ et ‘Maricongo’ ainsi que par Quintero petit nombre. En effet, le poids moyen des doigts et Aristizábal (2003) chez ‘Dominico harton’. Le a augmenté significativement de 42,9%, 22,1% fait que ce résultat ne compense pas la perte et 11,9% et le poids moyen des mains de 48,7%, de poids du régime coïncide avec les résultats 35,9% et 23,1% respectivement par rapport au obtenus par Irizarry et al. (1994). témoin. La meilleure qualité a donc été obtenue L’ablation de mains est supposée redistribuer avec les régimes à six mains. la matière sèche destinée au remplissage des Pour les deux distances de plantation, le poids mains éliminées dans celles qui restent sur moyen des doigts de chaque main était plus le régime. Ceci est valable en théorie si l’on faible sur les témoins. considère qu’il n’y a pas de modification de la A 3 m x 3 m, pour les régimes de 8, 7 et 6 surface foliaire fonctionnelle. D’après l’hypothèse mains, le poids moyen des doigts de la première d’une relation source-puits, l’ablation de mains main a dépassé respectivement de 21,9% 48,3% implique la diminution de la taille du puits et la Tableau 3. Poids moyen (g) des doigts des régimes de FHIA-20 en fonction de la distance de plantation et du nombre de mains restant sur le régime Rang Distance de 3 m x 3 m Distance de 4 m x 3 m de la main Témoin Huit Sept Six Témoin Huit Sept Six 1 333 406 494 506 359 412 512 465 2 347 381 412 473 341 406 412 412 3 347 386 446 478 306 367 373 400 4 343 343 357 467 329 350 371 350 5 314 331 353 454 315 338 336 367 6 315 292 317 427 285 333 373 325 7 285 283 309 283 275 350 8 293 250 264 245 9 267 280 10 270 256 11 189 186 10 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 11 réduction de l’activité de la source, c’est-à-dire Colombia (D.G. Cayón Salinas, G.A. Giraldo Giraldo & de l’activité photosynthétique (Shibles 1984). M.I. Arcila Pulgarín, eds). CORPOICA y Universidad del Ceci explique pourquoi chez les plantes ayant Quindío. Armenia, Colombie. un nombre identique de feuilles fonctionnelles à Arcila P.M.I., J.A. Valencia, C.S. Belalcázar & H. Morales. 2000b. Efecto del desmane sobre la calidad y la la floraison (12 en moyenne dans cette étude), producción del híbrido de plátano FHIA-21. Pp. 71-78 le poids des régimes dont on a réduit le nombre in Postcosecha y Agroindustria del Plátano en el Eje de mains est inférieur à celui des régimes Cafetero de Colombia (D.G. Cayón Salinas, G.A. intacts. Giraldo Giraldo & M.I. Arcila Pulgarín, eds). CORPOICA L’effet bénéfique de l’ablation de mains est y Universidad del Quindío. Armenia, Colombie. l’amélioration de la taille commerciale des fruits, Aristizábal L.M. 1995. Componentes del rendimiento en plátano (Musa AAB cv Dominico hartón). Revista tout particulièrement quand le produit est mis Universidad de Caldas 15(1-2):65-75. en vente sous forme de mains ou de doigts ou Belalcázar C.S. & D.G. Cayón. 1998. Altas densidades bien destiné aux marchés spécialisés comme le de siembra. Pp.147-154 in Seminario Internacional veut la tendance actuelle (CCI 2000). Dans ce de Producción de Plátano. Memorias. (M.J. Giraldo contexte, le poids des mains ou des doigts est Cardona, S. Belalcázar Carvajal, D.G. Cayón Salinas & R.G. Botero Izaza, eds). INIBAP, Palmira, Colombie. un facteur déterminant pour stabiliser le prix de CCI. 2000. Acuerdo de competitividad de la cadena vente de la production et, par conséquent, les productiva del plátano en Colombia. Corporación revenus du producteur. Colombiana Internacional, Secretaría Técnica, Bogotá. Belalcázar et Cayón (1998) ont remarqué Giraldo G.G. 1998. Conservación e industrialización que, chez ‘Dominico hartón’, l’élargissement del plátano. Pp. 266-273 in Seminario Internacional de la distance de plantation augmentait le poids de Producción de Plátano. Memorias. (M.J. Giraldo Cardona, S. Belalcázar Carvajal, D.G. Cayón Salinas du régime. Dans notre étude, les meilleures & R.G. Botero Izaza, eds). INIBAP, Palmira, Colombie. réponses ont été obtenues à 3 x 3 m, ce qui Irizarry H., E. Hernández & J. Rodríguez. 1994. Yield of the suggère que les conditions microclimatiques dwarf banana cultivars grown with minimum tillage in the régnant dans l’environnement d’un tel Puerto Rico’s mountain region. The Journal of Agriculture espacement, en particulier celles concernant les of the University of Puerto Rico 78(1-2):1-7. Quintero S.J.A. & L.M. Aristizábal. 2003. Effets de l’ablation radiations solaires, ne limitent ni la croissance ni des mains sur la production de ‘Dominico hartón’ et la productivité de la plante. ‘África’ en Colombie. INFOMUSA 12(1):44-46. Références Rodríguez J.A., H. Irizarry & E. Rivera. 1988. Efecto de la poda de manos en el rendimiento y calidad de las L’auteur travaille au Arcila P.M.I., G. Giraldo, C.S. Belalcázar, G. Cayón & frutas del plátano (Musa acuminata x Musa balbisiana, Departamento de Fitotecnia, J.C. Méndez. 2000a. Comportamiento postcosecha AAB). Pp.537-541 in Memorias VIII Reunión ACORBAT. de los plátanos Dominico Hartón y FHIA-21 en Medellín, Colombia. Universidad de Caldas, PO Box diferentes presentaciones. Pp. 79-84 in Postcosecha Shibles R. 1984. Crop Physiology. Iowa State University 275, Manizales, Colombie. y Agroindustria del Plátano en el Eje Cafetero de Press. Pratiques culturales Effet de la profondeur de plantation sur la durée du cycle de production et le rendement S. B. Bakhiet et G. A. A. Elbadri L es bananiers peuvent être plantés de deux ou de grand vent. L’ensemble de la touffe peut manières, dans des trous ou dans des être déraciné, mettant ainsi terme à la production sillons (Simmonds 1966). La profondeur pour la durée de la plantation. de plantation dépend du type de sol et de l’origine Dans la région de Kassala au Soudan, du plant (Robinson 1995). Etant donné que la les bananiers sont généralement plantés à croissance des rejets se fait à partir des parties une profondeur de 30 à 40 cm. Une grande médianes et supérieures du corme, les pousses proportion de la plantation de bananiers devient ont tendance à émerger près de la surface économiquement non viable après le 4ème cycle du sol et même au-dessus du sol (Simmonds de production. Cette réduction de rendement 1966). Dans les plantes issues de rejets, les pourrait être due à la faible profondeur de racines sont adventives et si les conditions sont plantation. Dans la littérature, plusieurs auteurs défavorables, la sensibilité de la plante aux ont rapporté cette baisse de production après stress hydriques augmente. Lorsque l’étendue plusieurs cycles de production. Turner (1970) a du système racinaire est réduite, les plantes ont montré que les rejets sont potentiellement plus tendance à être moins bien ancrées. Ces plantes productifs parce qu’ils bénéficient des résidus des sont susceptibles de tomber sous le poids d’un cultures antérieures et que la baisse de rendement régime prématuré, surtout en saison des pluies peut être attribuée aux maladies et ravageurs, et 12 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 13 tout particulièrement aux nématodes. Robinson Résultats et discussion (1995) a montré qu’une plantation peu profonde Le temps de germination du corme et le nombre pouvait provoquer un dessèchement de la plante de rejets par touffe n’ont pas varié en fonction et induire la croissance d’un système racinaire de la profondeur de plantation (tableau 1). Ces superficiel chez le pied-mère et les rejets. Cette résultats pourraient être dus au fait que des étude a été initiée dans le but d’étudier les effets rejets baïonnette uniformes ont été utilisés dans de la profondeur de plantation sur la durée du cette expérience. Bakhiet et al. (2003) avaient cycle de production et sur le rendement des observé des différences dans le temps de bananiers. germination du corme lorsque les plants utilisés Matériels et méthodes étaient différents. Le nombre de jours entre la plantation et l’émission de l’inflorescence, et entre Des rejets baïonnette ont été utilisés dans cette la plantation et la récolte du pied-mère, a diminué étude. Ils ont été plantés dans des trous de 30 cm significativement en fonction de l’augmentation de x 30 cm de différentes profondeurs : 30, 40, 50 et la profondeur de plantation, mais le temps entre 60 cm. Les trous ont ensuite été remplis avec la l’émission de l’inflorescence et la récolte n’était terre qui en avait été extraite. Sur ce site, la terre pas significativement différents. Les résultats est constituée par un dépôt de limon profond de montrent qu’une profondeur de plantation de 60 la région de la rivière Gash. Ce type de sol, dont cm a réduit significativement le nombre de jours la texture va d’un limon fin à un limon argileux fin, entre la plantation et l’émission de l’inflorescence, a la plus grande capacité hydrique des terres et entre la plantation et la récolte, mais pas du delta du Gash (Dijkshoorn 1994). Cette terre entre l’émission de l’inflorescence et la récolte. n’est ni meuble ni compacte et l’épaisseur de Les intervalles entre les récoltes des quatre cette couche varie généralement de 40 cm à cycles de production étaient significativement plus de 2 m. différents selon la profondeur de plantation. Une On a utilisé un dispositif expérimental en blocs profondeur de plantation de 60 cm a induit un de Fisher avec 4 répétitions et 4 plantes par intervalle significativement plus court entre les parcelle. Une distance de 3 m a été maintenue récoltes. La seule exception a été le 4ème cycle de entre les plantes et entre les rangs. Les plants production à une profondeur de 50 cm qui n’était ont été plantés le 31 mars 1997 à la station de pas significativement différent de celui à 60 cm recherche expérimentale de Kassala. Mis à part (tableau 1). l’amendement, les pratiques culturales ont été Robinson (1981) a observé que l’augmentation appliquées tout au long de l’expérience, lorsque de la profondeur de plantation semble accélérer nécessaire. la floraison, alors que la maturation du régime Le nombre de jours à la germination des semble contrôlée par la température. En cormes a été noté. Le nombre de nouveaux revanche, Fraser et Eckstein (1998), se servant rejets par touffe a été compté quatre mois de plantules issues de culture de tissus, après la plantation. Les paramètres suivants rapportent que le cycle a tendance à s’allonger ont été enregistrés : le nombre de jours entre lorsqu’on augmente la profondeur de plantation. la plantation et l’émission de l’inflorescence, Cette divergence pourrait être due aux origines de l’émission de l’inflorescence à la récolte et différentes du matériel de plantation. entre deux récoltes pendant quatre cycles de Le poids des régimes a augmenté avec la production. A la récolte, la maturité du régime a profondeur de plantation, le régime le plus lourd été déterminée en mesurant le diamètre du fruit ayant été obtenu à 60 cm, sauf au 2ème cycle de en position médiane sur la rangée externe de la production où les poids des régimes n’étaient 2ème main. Les régimes récoltés ont été pesés pas significativement différents entre 50 et 60 avec une balance à ressort. Le nombre de mains cm (tableau 2). Ces résultats corroborent ceux par régime et le nombre de doigts par main a été de Manica (1976), Obiefuna (1983) et Fraser compté. Les moyennes ont été comparées en et Eckstein (1998) qui ont observé que d’une utilisant le test de Duncan au seuil de probabilité plantation peu profonde résultait des régimes de 5%. moins gros. Tableau 1. Effets de la profondeur de plantation sur les performances agronomiques Profondeur Temps à la Nombre de Temps entre Temps entre Temps entre Temps entre de plantation germination rejets plantation et floraison et plantation et deux récoltes (cm) du como (jours) 4 MAP** floraison (jours) récolte (jours) récolte (jours) CP2 CP3 CP4 30 29 a* 2.7 a 314 a 98 a 412 a 147 a 127 a 147 a 40 32 a 3.0 a 312 a 95 a 407 a 136 a 128 a 125 ab 50 32 a 2.5 a 305 ab 100 a 405 a 144 a 124 a 73 bc 60 32 a 2.3 a 285 b 100 a 385 b 44 b 50 b 54 c * Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5 % d’après le test de Duncan. **MAP: mois après plantation ; CP2 = 2ème cycle de production ; CP3 = 3ème cycle de production ; CP4 = 4ème cycle de production. 12 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 13 Tableau 2. Effet de la profondeur de plantation sur les paramètres de rendement Profondeur Poids du régime (kg) Nombre de mains par régime Nommbre de doigts par main (cm) CP1 CP2 CP3 CP4 CP1 CP2 CP3 CP4 CP1 CP2 CP3 CP4 30 14,5 b* 16,9 b 16,0 b 15,4 b 8,0 c 8,9 b 8,5 b 8,0 c 17,2 a 18,0 a 18,2 a 17,2 a 40 14,5 b 16,7 b 16,0 b 16,2 b 8,8 b 8,7 b 8,4 b 8,3 bc 17,1 a 17,5 a 17,9 a 18,4 a 50 15,3 b 19,3 ab 18,6 b 20,0 b 8,4 b 9,2 ab 9,1 b 9,6 ab 17,6 a 18,9 a 17,7 a 18,3 a 60 18,2 a 22,3 a 25,5 a 25,1 a 9,5 a 9,9 a 10,8 a 10,9 a 18,0 a 19,7 a 18,4 a 18,9 a * Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas significativement différentes au seuil de 5% d’après le test de Duncan. CP1 = 1er cycle de production ; CP2 = 2ème cycle de production ; CP3 = 3ème cycle de production ; CP4 = 4ème cycle de production. A une profondeur de 60 cm, on note que des régimes, il serait nécessaire de faire des le poids des régimes a augmenté jusqu’au études complémentaires pour déterminer les 3ème cycle de production avant d’atteindre un relations entre la profondeur de plantation, la plateau (tableau 2). Ceci n’a pas été observé teneur hydrique du sol, l’absorption de nutriments aux autres profondeurs où le poids des régimes et l’attaque par les nématodes. a commencé à décroître dès le 2ème cycle de production. Normalement, le poids des régimes Références augmente jusqu’au 4ème cycle de production Bakhiet S.B., M.A. Ali & G.A.A. Elbadri. 2003. Effect of avant de plafonner, sauf lorsqu’il y a un problème planting material on crop cycle duration, growth and yield of de croissance au niveau des racines dû à banana (Musa AAA group). A paper submitted to the Crop Husbandry Release Committee, Wad Medani, Sudan. un mauvais drainage ou à une infestation de Dijkshoorn J.A. 1994. Soil-water-plant relationship in Gash nématodes (Stover et Simmonds 1987). Delta assessment on land-use. Technical Report. Kassala, Les résultats montrent également un effet Sudan. significatif de la profondeur de plantation sur le Franser C. & K. Eckstein. 1998. Plantlet size and planting nombre de mains par régime au cours des quatre method for tissue culture banana plant. Acta Hort. (ISHS) cycles de production (tableau 2). En effet, le 490:159-166.Manica I. 1976. The effect of hole size and planting depth on nombre de mains par régime des plants plantés the productivity of the banana cv. Nanicão. Revista Ceres dans les trous de 60 cm de profondeur était 23:426-429. significativement différent du nombre de mains Obiefuna J.C. 1983. Effect of propagule type and depth of de tous les autres traitements, à l’exception des planting on the yield of plantain (Musa AAB) in the rain forest 2ème et 3ème cycle de production dans les trous of Nigeria. Tropical Agric. (Trinidad) 60:107-110. de 50 cm. Cette tendance est semblable à celle Robinson J.C. 1981. Studies on the phenology and production of Williams banana in subtropical climate. Subtropica 2: observée avec le poids des régimes, étant donné 12-16. S.B. Bakhiet travaille à la station la relation entre le poids des régimes et le nombre Robinson J.C. 1995. System of cultivation and management. de recherche de Kassala et de mains par régime. Cependant, le nombre de Pp. 15-65 in Bananas and Plantains. (S. Gowen, ed.). G.A.A. Elbadri à la station de doigts par main n’a pas varié avec la profondeur Chapman and Hall. recherche de Gezira, Agricultural de plantation (tableau 2). Simmonds N.W. 1966. Bananas. Longman, London. Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Bananas. Longman, Research and Technology Bien que nous ayons montré qu’une London. Corporation, Wad Medani, profondeur de 60 cm semble réduire la durée Turner D.W. 1970. The growth of the banana. J. Aust. Inst. P.O. 126, Soudan. du cycle de production et augmenter le poids Agric. Sci. 36:102-111. Système racinaire Relation entre la capacité électrique et les caractéristiques des racines G. Blomme, I. Blanckaert, A. Tenkouano et R. Swennen L a reconnaissance du rôle fondamental des des corrélations élevées qui existent entre les racines dans l’absorption de l’eau et des caractéristiques des parties aériennes et celles nutriments, ainsi que dans l’ancrage de des racines (Blomme 2000, Blomme et al. 2001). la plante, a motivé la réalisation ces dernières Par contre, cette méthode ne peut s’appliquer années de nombreuses études sur le système que sur des plantes au stade végétatif. racinaire des Musa. Or, le déracinement d’une Une méthode, rapide et non destructrice, plante est non seulement laborieux et destructeur basée sur l’utilisation de la capacité électrique mais l’estimation des caractéristiques du système (Chloupek 1972, Chloupek 1977, Dalton 1995, racinaire obtenue est limitée dans le temps. Van Beem et al. 1998) a déjà été essayée pour Une autre option est de prélever des caractériser les systèmes racinaires d’autres échantillons représentatifs de racines (Blomme espèces de plantes (telles que carotte, maïs, 2000). Alternativement, on peut tirer profit avoine, oignon, tournesol et tomate). 14 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 15 Un condensateur est composé de deux de Fisher comprenant deux plants par génotype. plaques parallèles séparées par du vide ou tout Le traitement de la parcelle principale était le autre milieu isolant. Une des plaques est reliée temps d’observation (24, 29 et 33 semaines à une pile et l’autre à la terre. Lorsque le courant après plantation). Le traitement de la sous- est appliqué à la première plaque, une charge parcelle était le génotype : ‘Mbi egome’ (AAB) et simultanée est induite à la deuxième. Toute ‘Fougamou’ (ABB). L’espace entre les plants était différence de potentiel entre les deux plaques de 3.5 m x 3.5 m afin d’éviter le chevauchement est une mesure de la capacité, C. La capacité des systèmes racinaires de plants adjacents. dépend de la constante diélectrique ε du Les mesures de la capacité ont été réalisées r matériau non-conducteur entre les deux plaques: avec un capacimètre portable de type ISO-TECH C=[ε x A]/d (A=la surface et d=la distance entre 9023 RS 205-7496. Les essais préliminaires ont r les deux plaques). permis de fixer l’échelle à 2µF (10-6 F) à une Lorsqu’il s’agit de plantes, on suppose que fréquence de 800 Hz. Les deux pôles ont été le courant électrique appliqué à la plante va fixés à des électrodes aiguille en cuivre par des traverser, sans grande résistance, les tissus pinces crocodiles. vasculaires transportant nutriments et eau, le sol Une électrode positive de 45 cm de long a été et l’interface sol-racine. Chez un bananier, le sol insérée dans le sol. Le courant passait à travers est séparé du tissu vasculaire de la racine par le tissu du cortex de la racine, atteignait le cylindre une zone dont la résistance est significativement central, c’est-à-dire le tissu vasculaire de la plus élevée, le cortex de la racine. Un segment racine, continuait à travers les tissus vasculaires de racine peut être représenté schématiquement du corme avant d’atteindre l’électrode négative comme un condensateur cylindrique symétrique de 15 cm insérée dans le pseudotronc. Le circuit composé de tissu vasculaire entouré par le était fermé par le capacimètre (figure 2). cortex de la racine (figure 1). La face extérieure L’électrode négative a été placée à deux du cortex est en contact avec la solution hauteurs sur le pseudotronc (0 et 10 cm), à deux électrolytique du sol. Les couches centrales profondeurs dans le pseudotronc (1, 5 et 8 cm), et externes sont séparées par le tissu moins tandis que l’électrode positive a été positionnée à conducteur du cortex. différentes distances du pseudotronc (40, 80 et La mesure de la capacité n’a jamais été utilisée 120 cm) et à différentes profondeurs dans le sol sur les bananiers et les bananiers plantain, ce (10, 20, 30 et 40 cm). Les mesures ont été faites qui est surprenant vu le contenu élevé en eau dans chacun des quatre quadrants autour du de leurs tissus. Le but de cette étude a été pied-mère. La ligne de 0° allait du pied-mère au d’évaluer la possibilité d’utiliser la mesure de la rejet le plus grand. Les quadrants ont été évalués capacité pour caractériser le système racinaire dans le sens des aiguilles d’une montre, le du bananier. premier quadrant étant la superficie couverte par Matériel et méthodes les 90° à gauche de la ligne 0°. La valeur de la capacité, qui varie avec le temps, a été notée 60 Les expériences ont été réalisées entre août secondes après la mise sous tension. Toutes les et septembre 1999 à la station High Rainfall de mesures de capacité ont été faites deux heures l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), après une pluie ou après irrigation. à Onne au Nigeria. Des plants issus de rejets ont Une méthode alternative de mesure de été utilisés pour l’expérience en champ. capacité a été testée, basée sur une expérience Le sol a été superficiellement labouré avant la de Chloupek (1977). Quatre électrodes ont été plantation. Le dispositif expérimental était divisé positionnées dans un carré autour du pied-mère en parcelles dans le cadre d’un dispositif en blocs et interconnectées avec un fil de cuivre fin. La Sol �r PP capacimètre Cortex HP D PS Sol Cylindre central Figure 1. Segment de racine assimilé à un condensateur Figure 2. Caractéristiques définissant les positions cylindrique. Le cylindre central et le sol sont séparés par le cortex des deux électrodes (HP: Hauteur sur le pseudotronc, de la racine, moins conducteur et dont la constante diélectrique PP: Profondeur dans le pseudotronc, D: Distance du est εr pseudotronc, PS: Profondeur dans le sol) 14 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 15 pince crocodile a été attachée à l’électrode à Résultats la position 0°, c’est à dire la position du plus Peu de corrélations significatives ont été grand rejet. Les mesures ont été prises à 40 et trouvées entre les valeurs de capacité et 80 cm du pied-mère. La profondeur dans le sol les caractéristiques du système racinaire a été gardée constante, à 40 cm. Les positions pour toutes les combinaisons de positions de l’électrode négative étaient les mêmes d’électrode et stades de développement de qu’avec la méthode standard. Les mesures ont la plante (données non présentées). Des été faites sur toutes les plantes dans les deux corrélations significatives ont été trouvées dans champs expérimentaux. 12,5%, 8% et 5,7% des cas, entre la capacité La présence d’un corme sous-terrain a et le nombre de racines adventives, le poids motivé une expérience supplémentaire visant sec des racines et la longueur des racines à déterminer l’effet de la taille du corme sur adventives, respectivement. Aucune corrélation la mesure de la capacité. Dix cormes de plus significative n’a été trouvée entre les trois génotypes (FHIA-03, TMPx548-9 et positions de l’électrode et les caractéristiques TMPx1658-4) ont été déterrés. Des cormes du système racinaire. De plus, les quelques de différentes tailles ont été choisis. Toutes corrélations positives entre les caractéristiques les racines ainsi que le pseudotronc ont été du système racinaire et les valeurs de capacité coupés. La capacité de chaque corme a été n’étaient pas systématiquement positives. Enfin, mesurée alors que le corme était partiellement aucun des quadrants évalués ne ressort quant immergé dans une cuve d’eau. Une électrode au nombre de corrélations positives. a été insérée à une profondeur de 1 cm dans le Bien que la capacité ne soit significativement corme, sans être en contact avec l’eau, l’autre corrélée avec aucune des caractéristiques du électrode étant maintenue dans l’eau, à une système racinaire, la position de l’électrode a eu distance constante de 20 cm du corme flottant. un effet sur les valeurs de la capacité. La distance Après la mesure de capacité, chaque corme a entre l’électrode et le pseudotronc n’a pas eu été coupé en deux afin de mesurer la hauteur d’effet significatif sur les valeurs de capacité, un et largeur maximale du corme. résultat concordant avec les observations faites Une fois la capacité mesurée, chaque sur le blé par Van Beem et al. (1998). Par contre, plante a été soigneusement déterrée et la hauteur et la profondeur de l’électrode sur le les caractéristiques suivantes des parties pseudotronc ainsi que sa profondeur dans le sol aériennes et des racines ont été enregistrées : ont eu un effet (tableau 1). Le fait d’accroître hauteur de la plante, circonférence du la hauteur d’insertion de l’électrode sur le pseudotronc, nombre de rejets, hauteur du pseudotronc a réduit la capacité étant donné plus grand rejet, surface foliaire du pied- que le fait d’augmenter la quantité de tissu mère, poids du corme du pied-mère, poids végétal dans le circuit électrique a augmenté des cormes des rejets, nombre de racines la résistance du circuit. D’autre part, augmenter adventives de la touffe, poids sec des racines la profondeur à laquelle l’électrode était plantée de la touffe, longueur des racines adventives dans le pseudotronc a augmenté la capacité. de la touffe et diamètre moyen de 40 racines Les valeurs les plus élevées de capacité ont adventives prises au hasard. La surface été obtenues lorsque l’électrode était insérée foliaire a été calculée comme suit : longueur aux plus grandes profondeurs dans le sol. Le de la feuille x largeur maximale de la feuille x quadrant a également eu un effet significatif sur 0.8 (Obiefuna et Ndubizu 1979). La longueur les valeurs de capacité (tableau 2). des racines adventives a été mesurée en L’effet significatif du quadrant suggère une utilisant la méthode de l’intersection à la ligne influence de la distribution inégale des racines (Tennant 1975). Cette méthode consiste à et du tissu du corme autour du pied-mère. Le disperser les racines adventives sur une grille côté sur lequel se développe le rejet ayant une et à compter le nombre de points d’intersection densité plus élevée de racines, on s’attendait à de la grille avec les racines. Le nombre de ce que les valeurs de capacité mesurées de ce points d’intersection est ensuite multiplié par le côté seraient plus élevées que celles mesurées facteur de conversion de 2,3571, qui convient sur le côté où il n’y a pas de rejet ou seulement à la grille de 3 cm x 3 cm utilisée. Le diamètre un petit rejet. Les résultats montrent au contraire de la racine adventive basale a été mesuré que la taille du rejet était négativement corrélée avec un pied à coulisse. avec la capacité. Le corme du rejet, mais Une analyse de variance a été réalisée avec également les changements physiologiques le logiciel statistique SAS. Des diagrammes qui interviennent dans le temps entre le rejet de dispersion et des analyses de corrélations et le pied-mère peuvent influencer de façon linéaires (Proc CORR dans SAS) ont été importante les valeurs de capacité. réalisés avec l’ensemble des données mais Les valeurs de capacité obtenues avec la également en fonction de l’âge des plantes. méthode des quatre électrodes interconnectées 16 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 17 dans le sol ont été fortement corrélées avec Tableau 1. Test des moindres carrés et tests de significativité pour les valeurs de capacité les valeurs obtenues par la méthode classique de ‘Fougamou’ et ‘Mbi Egome’ (4 plants par cultivar, 24 semaines après plantation) (R2= 0.87, p<0.0001), ce qui est en accord avec Source de variation dl Fougamou Mbi egome les observations faites par Chloupek (1977) sur Hauteur du pseudotronc 1 0,32515392*** 0,43843809*** Helianthus annuus L. cv. ‘Maják’. Profondeur dans le pseudotronc 2 0,78452294**** 0,57899544*** Aucune corrélation n’a été trouvée entre la Distance du pseudotronc 2 0,00573300 0,01609219 Profondeur dans le sol 3 0,59036384*** 0,88199040*** hauteur et la largeur du corme et les valeurs de capacité (tableau 3). Contrairement aux autres dl=degré de liberté. plantes cultivées utilisées dans les études Tableau 2. Test des moindres carrés et tests de significativité pour les valeurs de antérieures sur la capacité, les bananiers capacité (deux cultivars, ‘Fougamou’ et ‘Mbi Egome’, 4 plants par cultivar, 24 semaines forment de nombreux cormes au niveau du après plantation) sol. Ces cormes pourraient empêcher le circuit Source de variation dl électrique de donner une image exacte du Quadrant 3 0,17668901*** système racinaire. Hauteur du pseudotronc 1 1,07109907*** Profondeur dans le pseudotronc 1 0,13158450* Discussion Distance du pseudotronc 1 0,04201376 Nos résultats montrent que la mesure de la capacité ne peut être utilisée pour estimer Tableau 3. Coefficients de corrélation entre les les caractéristiques de racines de bananiers valeurs de la capacité et les caractéristiques du juvéniles ou adultes en champ. L’absence de corme corrélations entre les valeurs de capacité et les Hauteur du corme Largeur du corme caractéristiques des racines pourrait être due Valeur de capacité 0,29 0,38 à la morphologie du bananier. Par exemple, Hauteur du corme 0,91*** la position des faisceaux vasculaires dans les tissus du bananier pourrait jouer un rôle. humidité plus faible du sol. L’effet important de la L’électrode n’était pas reliée à la vraie tige température du sol sur la capacité joue un rôle de la plante, qui est en fait le corme, mais au significatif sur l’interprétation des résultats et pseudotronc, qui est formé par les gaines des pourrait être considéré comme une perturbation feuilles. Ce tissu contient des cavités d’air ce importante lors de la mesure de la capacité en qui pourrait influencer la conductivité, mais champ. Il semblerait qu’une augmentation de la l’effet de ces facteurs sur les résultats n’est pas température du sol augmente la résistance de connu. Le bananier est également caractérisé celui-ci, ce qui diminue la valeur de la capacité. par la présence d’un corme sous-terrain et la Enfin, la concentration d’électrolytes dans formation de rejets. En particulier, la présence, le sol affecte également la conductivité. Au la position et la dimension des rejets semblent fur et à mesure qu’une plante grandit, des jouer un rôle important. nutriments sont prélevés du sol, provoquant des Malgré le fait que le champ dans lequel a changements physiques dans les conditions été menée l’expérience était irrigué et que la nutritives du sol qui pourraient également canopée foliaire empêchait des fluctuations affecter la mesure de la capacité. extrêmes de la température du sol, la température du sol a peut-être varié et influencé Remerciements G. Blomme travaille à l’INIBAP-ESA, Boîte postale les valeurs de capacité. De plus, et bien que le Les auteurs remercient l’Association flamande 24384, Kampala, Uganda, sol ait été labouré avant la plantation, il se peut de coopération pour le développement et (e-mail: g.blomme@cgiar.org) que des variations de texture abruptes ainsi que l’assistance technique (Vlaase Vereniging voor mais ce travail a été réalisé des poches d’air dans le sol aient pu influencer Ontwikkelingssamenwerking en Technische lorsque l’auteur était à l’Institut le circuit électrique. Bijstand) et la Direction générale pour la international d’agriculture Des études antérieures (Van Beem et al. 1998, coopération internationale du gouvernement tropicale (IITA), High Rainfall Dalton 1995, Kendall et al. 1982, Chloupek 1977) belge (DGCD). Station, PMB 008 Nchia- ont démontré que l’humidité et la température du Références Eleme, Rivers State, Nigeria. sol influencent la capacité du système racinaire. I. Blanckaert et R. Swennen L’humidité du sol est importante non seulement Blomme G. 2000. The interdependence of root travaillent au Laboratory of pour la conductivité du sol mais également and shoot development in banana (Musa spp.) Tropical Crop Improvement, au niveau du contact entre les racines et le under field conditions and the influence of Katholieke Universiteit Leuven, sol. Ce n’est que lorsqu’il y a un bon contact different biophysical factors on this relationship. Kasteelpark Arenberg 13, 3001 Ph.D. thesis. Dissertationes de Agricultura No. électrique entre la surface des racines et le 421, KULeuven, Faculteit Landbouwkundige Heverlee, Belgique, e-mail: sol que la capacité reflète les caractéristiques en Toegepaste Biologische Wetenschappen. rony.swennen@agr.kuleuven.a du système racinaire. Un manque d’eau dans Belgium. 183pp. c.be, et A. Tenkouano travaille le sol mènera donc à des valeurs de capacité Blomme G., R. Swennen, A. Tenkouano, R. Ortiz and au Humid Forest Ecoregional moins élevées, ce qui pourrait amener à penser D. Vuylsteke. 2001. Estimation du développement Center, IITA, BP 2008 Messa, que cette valeur reflète une masse plus faible des racines à partir des caractéristiques des Yaoundé, Cameroun, e-mail: des racines, alors qu’en réalité elle reflète une parties aériennes chez les bananiers et les A.Tenkouano@cgiar.org. 16 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 17 bananiers plantain (Musa spp.). INFOMUSA Kendall W.A., G.A. Pederson & R.R. Hill. 1982. 10(1):15-17. Root size estimates of red clover and alfalfa Chloupek O. 1972. The relationship between based on electrical capacitance and root diameter electrical capacitance and some other parameters measurements. Grass Forage Sci. 37:253-256. of plant roots. Biol. Plant. 14(3):227-230. Obiefuna J.C. & T.O.C. Ndubizu. 1979. Estimating leaf area of plantain. Sci. Hortic. 11:31-36. Chloupek O. 1977. Evaluation of the size of a plant’s Tennant D. 1975. A test of a modified line intersect root system using its electrical capacitance. Plant method for estimating root length. J. Ecol. 63: Soil 48:525-532. 995-1001. Dalton F.N. 1995. In situ root extent measurements Van Beem J, M.E. Smith & R.W. Zobel. 1998. by electrical capacitance methods. Plant Soil Estimating root mass in maize using a portable 173:157-165. capacitance meter. Agron. J. 90:566-570. Cultures associées Productivité du bananier plantain de type False horn en culture associée avec le niébé et le maïs dans le sud-est du Nigeria J.O. Shiyam, B.F. D. Oko et W. B. Binang L ’association du bananier plantain à rendements dans des systèmes de culture d’autres cultures a déjà été rapportée traditionnels. Nous avons cherché à déterminer pour la région des Andes en Amérique du les effets sur la productivité de l’association sud (Stover and Simmonds 1987), les Antilles bananier plantain/niébé et/ou maïs. (Rao et Edmund 1984) et les Philippines (Alviar et Cuevas 1976). Dans les forêts tropicales Matériels et méthodes humides d’Afrique de l’Ouest, Devos et Wilson L’expérience s’est déroulée pendant les saisons (1979), Ikeorgu et al. (1989) et Oko et al. (2000) de culture des années 1998 et 1999, à la ferme ont remarqué que les cultures associées étaient expérimentale de l’Université de Calabar située souvent pratiquées par des familles à faibles dans la forêt tropicale humide au sud-est du revenus pour maximiser l’utilisation de la terre Nigeria. Le climat est humide et la végétation et comme source de nourriture et de revenus typique des forêts humides tropicales de basse supplémentaires. Sous les tropiques humides, élévation. La pluviométrie annuelle est d’environ surtout au sud-est du Nigeria, le bananier 2000 à 3000 mm. La pluie tombe surtout plantain est souvent associé à d’autres cultures entre mars et novembre avec une répartition telles que le maïs, le taro et les légumes (Francis caractéristique bimodale présentant des maxima et al. 1976). L’association du bananier plantain en juillet et septembre. Les températures à d’autres cultures a également été rapportée minimales et maximales sont de 23 et 33°C, par Karikari (1972) et Obiefuna (1984) pour des respectivement, et l’humidité relative de 80%. Le fermiers ayant accès à peu de ressources. La sol du site expérimental est un terreau sableux culture du bananier plantain est généralement (Cobbina et al 1990) avec un pH de 5.8 et une rentable pendant une ou deux années après teneur en carbone organique de 2%, une teneur lesquelles la fertilité du sol tend à décliner, ce qui en N total de 0,17%, un indice phosphorique conduit à des rendements annuels de seulement (Bray P1) de 55,7 ppm, une acidité échangeable 4 à 8 tonnes/ha (Nweke et al. 1988) par rapport de 1,28, une capacité d’échange cationique aux 30 à 50 tonnes/ha obtenus dans les jardins (CEC) de 4,14 meq/100g et une teneur en de case où le sol peut maintenir des rendements magnésium de 0,6 meq/100g. importants pour de nombreuses années (Wilson Un bananier plantain de type False horn, 1987). communément appelé ‘Agbagba’ en Afrique de Malgré l’intérêt d’associer le bananier plantain l’Ouest, a été cultivé en association avec le niébé à d’autres cultures, il existe peu d’études sur ce (Vigna unguiculata WaIp.) variété 1T82D-719, système de culture au Nigeria. En conséquence, recommandée pour la zone agroécologique de la les interactions entre les plantes, le rendement et forêt tropicale humide du Nigeria (Enwezor et al. la productivité globale de cultures associées dans 1989), et une variété de maïs local de précocité lesquelles le bananier plantain est un constituant moyenne (Zea mays L.) communément appelée majeur, sont relativement méconnues. Ceci ‘Jkom white’. Un dispositif expérimental en blocs est sans doute dû à la difficulté d’évaluer les de Fisher avec quatre répétitions a permis de 18 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 19 tester les six combinaisons suivantes : bananier et la floraison, le nombre de mains par régime, plantain en monoculture ; niébé en monoculture ; le nombre de doigts par main et le poids des maïs en monoculture ; bananier plantain et régimes. Une analyse de variance a été utilisée niébé ; bananier plantain et maïs ; bananier pour traiter les données et un test de Duncan, au plantain, niébé et maïs. seuil de probabilité de 5%, a permis de comparer Les rejets provenaient d’anciens champs de les moyennes. la région. Ils ont été plantés à 2 m les uns des autres dans des trous de 40 cm de profondeur Résultats et 30 cm d’ouverture et remplis avec la terre de Au départ, la culture associée a eu pour effet de surface. Les cultures associées ont été plantées réduire la taille des plants de bananier plantain. immédiatement après le bananier plantain, entre Cet effet était plus prononcé dans la combinaison les rangées. Les densités des plants étaient de maïs et niébé (tableau 1). Cependant, à 1666 plants/ha pour le bananier plantain, 20 000 la floraison, la hauteur du plant n’était pas plants/ha pour le maïs et 55 000 plants/ha pour le significativement différente. Il en est de même niébé. Chaque parcelle, d’une superficie de 10 m en ce qui concerne les différentes combinaisons x 3 m, était constituée d’une rangée centrale de et la circonférence du pseudotronc ainsi que du 6 touffes de bananier plantain distantes de 2 m, nombre de feuilles. les cultures associées étant plantées de part et Les bananiers plantain en monoculture d’autre. ou associés au niébé ont donné des fruits Chaque plant de bananier plantain a reçu 400 g significativement plus tôt que ceux associés de N:P:K (20:10:10) trois mois après la plantation au maïs et au maïs et niébé (tableau 1). De et 300 g, six et neuf mois après la plantation pour même, le nombre de doigts par main, le poids un total de 250kg/ha (Swennen et Wilson 1985). des régimes et le rendement étaient semblables Le maïs et le niébé ont reçu respectivement un dans les monocultures de bananier plantain et les total de 120 kg/ha et de 20 kg/ha de N:P:K (20:10: cultures associées bananier plantain/niébé, mais 10) (Enwezor et aI. 1989). Les mauvaises herbes significativement plus élevé que dans les autres ont été enlevées au besoin. cultures associées (tableau 1). Le maïs a été récolté au bout de 112 jours, La culture associée a réduit da façon séché à l’étuve à 60°C pendant 24 heures et significiative les rendements en niébé et en épluché manuellement, alors que les cosses maïs en 1998 et 1999 (tableau 2). Les meilleurs mûres de niébé ont été ramassées, séchées au rendements provenaient des monocultures, suivi soleil et écossées manuellement. Les régimes des cultures associées de deux espèces puis de de bananier plantain ont été récoltés 90 jours celles de trois espèces. après la floraison. Le rendement à l’hectare était basé sur le poids moyen des régimes. Discussion Les données suivantes ont été enregistrées : Le rendement de la culture associée bananier la hauteur de la plante 7 et 12 mois après la plantain/niébé était proche de celui du bananier plantation, la circonférence du pseudotronc à 1 m plantain en monoculture grâce à la faible taille de hauteur, le nombre de feuilles 12 mois après la du niébé et à sa capacité à fixer l’azote. Ces plantation, le nombre de jours entre la plantation caractéristiques diminuent la compétition pour Tableau 1. Données agronomiques enregistrées après un cycle de production sous les différents systèmes de culture étudiés Système de culture Hauteur de la Circonférence Nombre de Nombre de Nombre de Nombre de Poids du Rendement plante (m) du pseudotronc feuilles jours à la mains/régime doigts/main régime (t/ha) MAP 12 MAP 12 MAP (cm) 12 MAP floraison (kg) Bananier plantain en monoculture 1,6 b 3,9 a 40,6 a 13,0 a 278 a 7,6 a 52 a 11,2 a 18,7 a Bananier plantain/niébé 1,3 c 3,9 a 41,7 a 12,9 a 306 b 6,6 a 38 b 9,8 b 16,3 b Bananier plantain/maïs 0,9 d 3,7 a 40,8 a 12,8 a 300 b 6,3 a 36 b 7,2 b 14,8 b Bananier plantain/niébé/maïs 2,3 a 3,8 a 43,0 a 13,3 a 282 a 7,6 a 54 a 11.8 a 19,7 a *MAP: mois après plantation Les moyennes suivies de différentes lettres sont significativement différentes au seuil de 5% d’après le test de Duncan. Tableau 2. Rendement (t/ha) du bananier plantain, du niébé et du maïs dans différents systèmes de culture Système de culture 1998 1999 Niébé Maïs Bananier plantain Niébé Maïs Bananier plantain en monoculture 19,7 a Niébé en monoculture 1384,6 a 1131 a Maïs en monoculture 4662,4 a 4028,8 a Bananier plantain/niébé 1313,7 a 18,7 a 771,5 b Bananier plantain/maïs 3967,2 b 16,3 b 3661,2 b Bananier plantain/niébé/maïs 1275,4 a 2923,2 c 14,8 b 698,4 c 2045,8 c Les moyennes suivies de différentes lettres sont significativement différentes au seuil de 5% d’après le test de Duncan. 18 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 19 la lumière et l’azote. Au contraire, les faibles Références rendements du bananier plantain associé Alviar N. & S. Cuevas. 1976. Management of selected Coconut au maïs étaient sans doute dus au fait que intercropping farms in Laguna, Batangas and Cavite. J. le maïs a un grand besoin de nutriments. Agric. Economics and Development 6:184-196. La compétition pour les nutriments a dû être Andrews D.J. 1970. Relay and intercropping with sorghum at Samaru Province. Seminar on intercropping. Ford particulièrement importante la deuxième année Foundation/JITA/IART, Ibadan, 1970. lorsque le bananier plantain est entré en phase Cobbina J.A., A.N. Atta-Krah, A.O. Meregini & B. Duguma. de production. En effet, le développement du 1990. Productivity of some plants grown on acid soil in régime est très demandeur de nutriments (Stover Southeastern Nigeria. Tropical Grasslands 24:41-45. et Simmonds 1987, Oko et al. 2000). Devos P. & G.F. Wilson. 1979. Intercropping of plantains with food crops: Maize, cassava and cocoyams. Fruits 33: La réduction initiale de la taille du bananier 169-173. plantain est probablement due à la compétition Enwezor W.O., E.J. Udo, N.J. Usoroh, K.A Ayotade, J.A. avec les différentes cultures associées. Le Adepetu, V.O. Chude & C.I. Udegbe. 1989. Fertilizer use bananier plantain n’a pas les mêmes périodes and management practices for crops in Nigeria. Series No.2. FMAWRRD, Lagos. 163pp. de maturité que les autres cultures, ce qui a pu Francis C.A., C.A. Plor & S.R. Temple. 1976. Cultivars l’aider à se rétablir des contraintes initiales. Cette for intercropping in the tropics. Pp. 235-253 in Multiple observation corrobore celle de Andrews (1970). cropping, edited by Agronomy society of America Special Les rendements en niébé ont décliné dans Publication. tous les systèmes de cultures associées. D’après Ikeorgu J.E.G, H.C. Ezumah & T.A.T. Wahua. 1989. Productivity of species in cassava/maize/okra/egusi melon Oko et al. (2000), le niébé donne les meilleurs complex mixtures in Nigeria. Field crops Research 21:1-7. résultats avec peu ou pas d’ombre ; cette baisse Karikari S.K. 1972. Plantain growing in Ghana. World Crops. de rendement est peut-être due à l’ombrage 24:22-24. fourni par le bananier plantain et le maïs. Il y Nweke F.I., J.E. Njoku & G.F. Wilson. 1988. Productivity and avait plus d’ombre en 1999 qu’en 1998. De fait, limitations of plantain (Musa spp.). Production in compound gardens in Southeast Nigeria. Fruits 43(3):161-166. en 1998, le rendement moyen a été réduit de 109 Obiefuna J.C. 1984. Effect of Potassium application during the kg/ha dans le système à trois cultures associées, floral stage of plantain (Musa AAB). Fertilizer Research 5: comparé à la monoculture, alors qu’en 1999, la 315-319. baisse a été de 433 kg/ha. Oko B.F.D., J.O. Shiyam, A.E. Eneji, T. Honna & S. Yamamoto. 2000. Yield of selected food crops under Alley-cropping with Les rendements en maïs ont également some hedgerow species in humid tropical south-eastern baissé, une baisse qui s’est accentuée avec Nigeria. Japan. J. Trop. Agr. 44(3):167-190. le nombre d’espèces associées et le temps. Rao M.M. & J.E. Edmund. 1984. Intercropping banana with En 1998, le rendement moyen a diminué de food crops: Cowpea, maize and sweet potatoes. Trop. 1739 kg/ha dans le système avec trois cultures Agric. 60:9-11. Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Bananas. Longman associées, comparé à la monoculture, et de 1983 Group UK Ltd. 468pp. kg/ha en 1999. Selon Oko et al. (2000), le maïs est Swennen R. & G.F. Wilson. 1985. Flemingia congesta as a live J.O. Shiyam, B.F. D. Oko et plus sensible à la compétition pour les nutriments cover plant for plantain Banana Newsletter 8:17-18. W. B. Binang travaillent au qu’à tout autre facteur. Il est également possible Wilson G.F. 1987. Status of bananas and plantains in Department of crop science, que la réduction en rendement des cultures West Africa. Pp. 29-35 in Banana and plantain breeding strategies (G. Persley and E.A.L. De Langhe, eds). ACIAR Université de Calabar, associées ait été due à une augmentation des proceedings No.21. ACIAR, Canberra, Australia; INIBAP, Calabar, Nigeria. maladies et ravageurs. Montpellier, France. Hybrides améliorés Effet de l’œilletonnage sur la résistance de FHIA-23 et SH-3436-9 aux maladies et ravageurs A. Vargas et M. Guzmán L a Fundación Hondureña de Investigación FHIA-23 possède de bonnes caractéristiques Agrícola (FHIA) a développé un important agronomiques et organoleptiques ainsi qu’une programme d’amélioration génétique résistance partielle à la maladie des raies conventionnelle des Musacées qui a généré noires et à la fusariose (Fusarium oxysporum un nombre considérable d’hybrides améliorés f.sp. cubense) (Orjeda et al. 1999, Rivera et (Rowe 1998, Rowe 1999) parmi lesquels se Dueñas 2002). La productivité de SH-3436-9 trouvent les tétraploides (Musa AAAA) FHIA-23 est satisfaisante (Alvarez 1997), ses fruits ont (Highgate x SH-3362) et SH-3436 (Highgate x bon goût et il présente une résistance partielle SH-3142). SH-3436-9 est une sélection de ce à la maladie des raies noires (Orjeda et al. dernier réalisée à Cuba. 1999) ainsi qu’un faible indice de reproduction 20 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 21 de Radopholus similis (J. González 1997, parcelle expérimentale comprenait 70 plantes INVIT, comm. pers.). et la parcelle utile, 40. Le comportement des hybrides FHIA face Au champ, les plants ont été disposés en aux maladies est bien documenté. Peu triangle, à 2,75 m les uns des autres, ce qui d’informations sont cependant disponibles représentait une densité de population de 1371 sur les pratiques culturales visant à optimiser plants à l’hectare. la production, tel que l’oeilletonnage, et sur Après 24 semaines, les pousses considérées leur effet sur la résistance des hybrides face comme provenant des bourgeons inférieurs du à des maladies comme celle des raies noires. corme ont été supprimées. Sur les parcelles Dans un système d’oeilletonnage directionnel, dédiées à l’œilletonnage directionnel, le rejet l’alignement des plants et la densité initiale baïonnette le mieux placé pour maintenir sont maintenus dans le temps sans grand l’orientation de l’alignement de départ a été changement, contrairement à ce qui se passe sélectionné et tous les autres ont été éliminés. lors d’un oeilletonnage traditionnel (Pérez Sur les parcelles consacrées à l’œilletonnage 2000). traditionnel, le rejet le plus développé et le Les hybrides FHIA-23 et SH-3436-9 mieux placé a été sélectionné à la floraison. pourraient contribuer à augmenter la Pour les deuxième et troisième cycles de production des bananiers du sous-groupe production, le rejet baïonnette qui permettait Cavendish, dont les cultivars sont sensibles le mieux de maintenir l’alignement initial a été à la maladie des raies noires (Guzmán et sélectionné dans les parcelles à oeilletonnage Romero 1996, Marín et al. 2003). Le travail directionnel. Dans les parcelles à œilletonnage présenté ici avait pour objectifs d’évaluer le traditionnel, le rejet le plus vigoureux et le potentiel agronomique de ces deux hybrides mieux placé par rapport aux plantes voisines a et d’étudier leurs réactions aux maladies et été sélectionné à la floraison. aux ravageurs en utilisant deux systèmes On a procédé à des applications mensuelles d’œilletonnage, directionnel et traditionnel. de 15-3-31 (N-P205-K2O) à raison de 83 g par plante. Pour prévenir la chute des plants, ceux- Matériel et méthodes ci ont été stabilités à l’aide de tenseurs doubles L’étude a porté sur trois cycles de production en polypropylène. et s’est déroulée au centre de recherches L’ensachage des fruits a été pratiqué 15 agricoles de 28 Millas, propriété de la jours après l’émission de l’inflorescence. Ce Corporación Bananera Nacional (CORBANA, travail a été mené à bien en prenant soin S.A.), entre mai 1998 et novembre 2001. Le d’éliminer les deux dernières mains. On a récolté 11 semaines après la floraison. site est situé à 40 m d’altitude, dans le canton Les évaluations à la floraison et à la récolte de Matina, province de Limón, Costa Rica. des variables ayant trait à la sévérité de la Pendant l’étude, les précipitations accumulées maladie des raies noires ont été faites sur 10 ont été de 3480, 3652, 3847 et 3857 mm, la plantes par parcelle, d’après l’échelle de Stover température moyenne mensuelle de 24,4, modifiée par Gauhl (1989). Les évaluations se 24,2, 22,5 et 24,2°C et l’humidité relative sont poursuivies sur ces plants pendant trois moyenne mensuelle de 87, 88, 89 et 89%, au cycles de production. cours des années 1998, 1999, 2000 et 2001, Les variables suivantes ont été mesurées : respectivement. nombre de jours écoulés de la plantation Le site avait été auparavant planté pendant à la floraison,hauteur du pseudotronc à la quatre ans d’hybrides de bananier FHIA-01 et floraison, circonférence du pseudotronc à la FHIA-02 (Musa AAAB). La texture du sol était floraison (mesuré à une hauteur équivalant à de type limon argileux (sable 34%, argile 30%, 25% de la hauteur totale de la plante), nombre limon 36%), le pH 6,3, l’acidité titrable de 0,1, total de feuilles fonctionnelles à la floraison la teneur en matière organique 2,8%, en Ca et à la récolte, poids du régime, nombre de 26,4 cmol/L, en Mg 10,1 cmol/L et en K 0,7 mains, diamètre et longueur du fruit central cmol/L, et la capacité d’échange cationique de la deuxième main, nombre de fruits de 37,2 cmol/L. Le sol appartient à la classe la deuxième main, diamètre et longueur du Aquertic Eutrudept (inceptisol argileux, avec fruit central de la dernière main, nombre de drainage et profil limités) (E. Serrano 2002, fruits de la dernière main, plus jeune feuille CORBANA, comm. pers.). nécrosée, c’est-à-dire le rang de la plus jeune Des plants in vitro ont été utilisés comme feuille à présenter une tache noire visible sur matériel de plantation. Chaque hybride a les deux faces foliaires sans qu’il y ait de halo été évalué en fonction des deux systèmes chlorotique (Fouré 1985), indice d’infection, d’œilletonnage : directionnel et traditionnel. c’est-à-dire le pourcentage de la superficie Un dispositif expérimental en blocs de Fischer totale nécrosée par la maladie des raies noires avec quatre répétitions a été utilisé. Chaque (Romero 1994). 20 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 21 Aucune mesure de lutte contre les Les poids de régime les plus élevés ont été nématodes n’a été appliquée. La population observés avec FHIA-23 lors des deux premiers de nématodes et l’état des racines ont été cycles de production mais aucune différence déterminés au troisième cycle de production avec SH-3436-9 n’a été observée lors le en échantillonnant les rejets des plantes ayant troisième cycle de production. A l’exception récemment fleuri, selon la méthode proposée du diamètre du fruit central de la deuxième par Araya et Cheves (1998). main lors du second cycle de production, il n’y Aucune mesure de lutte contre le charançon a pas eu de différences entre les dimensions du bananier n’a été appliquée. Le coefficient des fruits ni le nombre des fruits de chaque d’infestation et le degré de pourrissement hybride sur la deuxième et la dernière mains du corme ont été déterminé à la récolte des (tableau 1). plantes du troisième cycle de production, selon FHIA-23 avait un plus grand nombre de la méthode de Villardebo (1973). feuilles à la floraison lors des deux premiers Aucun fongicide chimique n’a été appliqué cycles de culture, mais aucune différence n’a pour lutter contre la maladie des raies noires. été notée avec SH-3436-9 lors du troisième Les tissus foliaires nécrosés ou fanés ont été cycle de production. A la récolte, FHIA–23 éliminés au cours des travaux phytosanitaires avait le même nombre de feuilles que SH- d’élimination de feuilles ou d’épointage. 3436-9 lors du premier cycle de production L’analyse statistique a été menée séparément mais en avait un nombre plus élevé lors des pour chaque cycle en fonction de l’arrangement deux cycles de production suivants. Il n’y a factoriel hybrides x systèmes d’œilletonnage. pas eu de différences entre les hybrides en ce Les moyennes ont été calculées sur les 10 qui concerne l’indice d’infection de la maladie plants évalués par parcelle et une analyse de des raies noires, ni en ce qui concerne la plus variance ainsi que la séparation des moyennes jeune feuille nécrosée, tant à la floraison qu’à pour chaque variable ont été réalisés. la récolte (tableau 2). Indépendamment de l’hybride, et à Résultats l’exception de la plus jeune feuille nécrosée à Il n’y a pas eu de différences (P>0,10) entre les la récolte et de l’intervalle entre floraisons, pour deux systèmes d’œilletonnage pour la totalité lesquelles il n’y a eu aucune différence entre des variables étudiées à la floraison et à la les cycles de production, on a mis en évidence récolte au cours des trois cycles de production. des différences entre les cycles de production L’absence (P>0,07) d’interaction hybride x pour le reste des variables étudiées. système d’œilletonnage a permis de ne pas De manière générale, les valeurs de la tenir compte du type d’œilletonnage réalisé hauteur de la plante, la circonférence du lors de la comparaison des hybrides. pseudotronc, le nombre de mains et de fruits A la floraison, la hauteur et la circonférence sur la seconde main et la plus jeune feuille du pseudotronc de FHIA-23 étaient supérieurs nécrosée à la floraison ont augmenté à chaque à ceux de SH-3436-9. Un plus grand nombre cycle de production. A l’inverse, l’indice de mains et de jours écoulés depuis la d’infection de la maladie des raies noires plantation jusqu’à la floraison ont également a diminué. Il y a eu une interaction entre le été observés avec FHIA-23 pour chacun des cycle de production et l’hybride pour le poids cycles de production (tableau 1). du régime, le diamètre du fruit central de la Tableau 1. Caractéristiques agronomiques des hybrides FHIA-23 et SH-3436-9 pendant 3 cycles de production (n= 8 parcelles et 40 plantes par parcelle utile) Hybride Hauteur du Circonférence Nombre de Jours Poids du Diamètre* du Longueur Nombre de Diamètre* du Diamètre* du Nombre de pseudo- du pseudo- mains par écoulés régime fruit de la du fruitde la fruits de la fruit central fruit central fruits sur tronc tronc régime jusqu’à la (kg) 2ème main 2ème main 2ème main de la dernière de la dernière la dernière (m) (cm) floraison (cm) main main main 1er cycle de production FHIA-23 3,3 ± 0,1 25,8 ± 0,3 11,3 ± 0,3 365 ± 10 23,4 ± 1,1 40,6 ± 0,4 21,3 ± 0,2 18,2 ± 0,3 33,4 ± 0,5 16,0 ± 0,3 15,1 ± 0,3 SH-3436-9 2,9 ± 0,1 22,3 ± 0,5 9,9 ± 0,3 342 ± 8 20,2 ± 1,2 41,4 ± 0,5 21,6 ± 0,3 17,9 ± 0,7 35,4 ± 0,4 17,2 ± 0,3 14,4 ± 0.3 Prob>F 0,0009 0,0001 0,0151 0,0556 0,0437 0,8838 0,5430 0,4697 0,8798 0,5553 0,8918 2ème cycle de production FHIA-23 3,9 ± 0,1 30,6 ± 0,4 12,8 ± 0,3 327 ± 7 28,1 ± 0,8 40,5 ± 0,3 21,8 ± 0,1 19,3 ± 0,3 33,5 ± 0,3 16,2 ± 0,2 15,6 ± 0,2 SH-3436-9 3,4 ± 0,1 27,5 ± 0,6 11,5 ± 0,3 284 ± 6 22,7 ± 1,0 39,1 ± 0,4 21,3 ± 0,3 19,0 ± 0,3 33,5 ± 0,4 16,6 ± 0,2 15,3 ± 0,2 Prob>F 0,0001 0,001 0,0004 0,0001 0,0006 0,0461 0,2867 0,3735 0,9288 0,2845 0,1613 3ème cycle de production FHIA-23 4,2 ± 0,1 34,5 ± 0,3 12,7 ± 0,3 324 ± 5 22,2 ± 1,0 37,4 ± 0,5 19,9 ± 0,3 19,2 ± 0,3 31,5 ± 0,2 14,8 ± 0,2 15,5 ± 0,2 SH-3436-9 3,7 ± 0,1 31,3 ± 0,6 12,0 ± 0,3 290 ± 6 22,4 ± 1,4 38,2 ± 0,6 20,5 ± 0,4 20,4 ± 0,7 32,3 ± 0,7 15,3 ± 0,2 15,9 ± 0,2 Prob>F 0,0001 0,0007 0,0654 0,0033 0,8495 0,3362 0,2655 0,1552 0,2603 0,1488 0,2814 * Le diamètre, en pouces, est le chiffre multiplié par un trente-deuxième de pouce 22 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 23 Tableau 2. Réactions à la maladie des raies noires, à la floraison et à la récolte, des hybrides FHIA-23 et SH-3436-9 au cours de 3 cycles de production (n= 8 parcelles et 40 plantes par parcelle utile) Hybride Floraison Récolte Nombre de Indice Plus jeune Nombre de feuilles Indice Plus jeune feuilles fonctionelles d’infection feuille nécrosée fonctionelles d’infection feuille nécrosée 1er cycle de production FHIA-23 8,9 ± 0,1 54,2 ± 0,5 2,9 ± 0,1 3,5 ± 0,2 83,9 ± 0,7 1,0 ± 0,0 SH-3436-9 8,7 ± 0,1 53,0 ± 0,9 3,1 ± 0,1 3,5 ± 0,1 85,0 ± 1,4 1,0 ± 0,0 Prob>F 0,0515 0,2367 0,4749 0,9996 0,4846 0,3559 2ème cycle de production FHIA-23 9,4 ± 0,1 44,7 ± 1,2 3,1 ± 0,1 4,5 ± 0,2 73,9 ± 0,8 1,0 ± 0,0 SH-3436-9 9,1 ± 0,1 44,6 ± 1,1 3,1 ± 0,1 4,0 ± 0,1 72,7 ± 1,5 1,0 ± 0,0 Prob>F 0,0191 0,9022 0,7453 0,0314 0,5468 1,0000 3ème cycle de production FHIA-23 8,7 ± 0,2 33,4 ± 1,1 3,8 ± 0,1 4,1 ± 0,1 68,6 ± 2,5 1,0 ± 0,0 SH-3436-9 8,4 ± 0,3 34,2 ± 2,5 3,8 ± 0,1 3,7 ± 0,1 70,0 ± 1,5 1,1 ± 0,1 Prob>F 0,2718 0,5436 0,8961 0,0221 0,4346 0,3539 seconde et de la dernière mains et le nombre Conformément à ce que constatèrent de fruits dans la dernière main (tableau 1). Orellana et al (1999), Alvarez (1977) et Orjeda Chaque hybride avait un fort pourcentage (2000), FHIA-23 et SH-3436-9 ont produits de de racines fonctionnelles, une absence hauts plants robustes et au cycle végétatif d’infestation par R. similis ainsi que de long par rapport aux bananiers de type faibles populations d’Helicotylenchus spp. Cavendish. La hauteur, en particulier, rend et de Pratylenchus spp. La population de difficile la gestion de ces hybrides (Daniells Meloydogine était moyenne chez FHIA-23 et et Bryde 1993) et explique en partie les faible chez SH-3436-9 (tableau 3). pertes élevées dues au vent au cours de la Chaque hybride a présenté en moyenne un deuxième génération. Pourtant, Orellana et faible taux d’infestation par le charançon du al. (1999) indiquent que les nouveaux hybrides bananier au niveau du corme (respectivement supportent mieux les effets du vent et n’ont pas 2,3 et 1,8% chez FHIA-23 et SH-3436-9). De besoin de tenseurs. Dans la présente étude, plus, le pourrissement bactérien habituellement aucune tendance à la chute des plants n’a associé à l’infestation n’a pas été observé. été observée. Cependant, le lieu de l’étude Soixante-six pour cent des cormes de FHIA-23 n’est pas connu pour subir des vents forts et, en outre, les pointes des feuilles avaient été et 75% de ceux de SH-3436-9 ont été retrouvés coupées peu après la floraison. complètement exempts de dommages dus aux La plus forte productivité de FHIA-23 est charançons. caractérisée, selon Orellana et al. (1999), Discussion par une plus grande quantité de mains par régime. Etant donné que l’étude couvrait seulement Le nombre réduit de feuilles à la floraison trois cycles de culture, la durée était chez chacun des hybrides est dû à une probablement trop courte pour mettre en tendance des feuilles à se plier sous l’effet de évidence des différences entre les deux la maladie des raies noires. Des observations systèmes d’œilletonnage et des variations similaires ont été relevées par Guzmán et dans la composition et la distribution de Romero (1996) chez les hybrides FHIA-01 la population des plantes. Néanmoins, les et FHIA-02. Cette faiblesse des pétioles, résultats indiquent que, jusqu’au troisième constatée également par Simmonds (1952) cycle de culture, et indépendamment du et Stover et Buddenhagen (1986), est une système d’œilletonnage, les performances caractéristique négative des tétraploïdes agronomiques et la réaction des rejets à améliorés. la maladie des raies noires étaient très Dans les études préalables menées au semblables chez chacun des deux hybrides. Costa Rica par Guzmán (2000a et 2000b), les Tableau 3. Poids des racines fonctionnelles et populations de nématodes (n=4) chez les hybrides FHIA-23 et SH-3436-9 après trois cycles de production Poids des racines Nématodes pour 100 g de racine fonctionnelles par plante Hybride g % Radopholus Helicotylenchus Meloidogyne Pratylenchus FHIA-23 90,0 94,0 0 1800 4300 300 SH-3436-9 91,0 96,8 0 2000 100 0 22 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 23 deux hybrides se sont montrés moyennement originaires de Jamaïque et du Honduras. INFOMUSA résistant à la maladie des raies noires. En dépit 2(1):18-20. de la forte sévérité de la maladie rencontrée au Fouré E. 1985. Black leaf streak disease of bananas and plantains (Mycosphaerella fijiensis MORELET). Study cours de cette étude, on peut noter qu’aussi of the symptoms and stages of the disease in Gabon. bien FHIA-23 que SH-3436-9 se sont révélés CIRAD-IRFA, Paris. 20pp. peu résistants et ont eu des réactions similaires Gauhl F. 1989. Epidemiología y ecología de la Sigatoka face à l’agent pathogène, dans les conditions de negra (Mycosphaerella fijiensis Morelet) en plátano climat et de sol de l’expérimentation. (Musa sp.) en Costa Rica. Tesis Ph.D. Universidad de Gottingen. Trad. Jaime Espinoza. Unión de Países Ce résultat avait été anticipé par Guzmán Exportadores de Banano (UPEB). 128pp. et al. (2000), qui avaient observé, en champ Guzman R. 2000a. Results and discussion IMTP black et dans des parcelles de plus de 100 plantes, Sigatoka (1sT cycle) Guápiles, Costa Rica. Pp. 131-149 qu’avec un taux élevé d’infection foliaire, ces in Evaluating bananas: a global partnership (G. Orjeda, hybrides réussissaient à terminer leur cycle et comp.) INIBAP. Montpellier, France. à libérer un inoculum secondaire. Les auteurs Guzman R. 2000b. Results and discussion IMTP black Sigatoka (2nd cycle) Guápiles, Costa Rica. Pp. 150-163 cités précédemment ont souligné le risque que in Evaluating bananas: a global partnership (G. Orjeda, la fréquence d’isolats capables de contourner comp.) INIBAP. Montpellier, France. la résistance augmente avec le temps et que, Guzman M.& R. Romero. 1996. Severidad de la Sigatoka par conséquent, la sévérité de la maladie negra (Mycosphaerella fijiensis Morelet) en los híbridos s’accentue. FHIA-01 y FHIA-02. CORBANA 21(45):41-49. Guzman M.& R.A.Romero. 1998. Evaluación de cuatro Ce qui précède revêt une importance aceites agrícolas utilizados para el combate de la particulière pour les systèmes de conduite Sigatoka negra (Mycosphaerella fijiensis Morelet) en intensive (monoculture et une superficie élevée el cultivo del banano (Musa AAA, cv. Gran enano). de plantation). De ce point de vue et en tenant Pp. 87-89 in Informe anual 1997. Dirección de compte de la faible quantité de surface foliaire Investigaciones. CORBANA, San José, Costa Rica. Guzman M., R. Villalta & G. Murillo. 2000. Estabilidad fonctionnelle de chacun des hybrides, aussi de la resistencia a la Sigatoka negra en híbridos de bien à la floraison qu’à la récolte, il serait banano (Musa AAAA) con un nivel de resistencia indispensable de préconiser une stratégie de intermedio al patógeno. Pp.31-33 in Informe anual contrôle de la maladie des raies noires, bien 1999. Dirección de Investigaciones. CORBANA, San qu’à un degré moins intensif que celui employé José, Costa Rica. Marín D.H, R.A. Romero, M. Guzmán & T.B. Sutton. communément chez les bananiers du sous- 2003. Black Sigatoka: An increasing threat to banana groupe Cavendish. Ces derniers, dans les cultivation. Plant Disease 87(3):208-222. mêmes conditions, n’ont pratiquement plus de Orellana P. P. Alvarado, J.Guijarro, J. Pérez, L. Pérez, feuilles au moment de la récolte (Guzmán et P. Rowe, E. Moreno, J. Clavero, C. Romero & M. Romero 1998). Hernández. 1999. Introducción y validación de híbridos tetraploides de Musa en Cuba. CORBANA 24(51): Compte tenu de la qualité inférieure des 79-84 fruits d’hybrides tétraploïdes par rapport à celle Orjeda G. 2000. Evaluating bananas: a global partnership. des bananiers Cavendish pour l’exportation Results of IMTP phase II. INIBAP. Montpellier, France. (Shepherd et al. 1986, Stover et Buddenhagen 466pp. 1986), le potentiel de chacun de ces deux Orjeda G., J.V. Escalant & N. Moore. 1999. Programa matériels devrait être orienté vers des systèmes Internacional de Evaluación de Musa (IMTP) fase II - sinopsis del informe final y resumen de los resultados. culturaux destinés à la consommation locale. INFOMUSA 8(1):3-10. Etant donné la résistance de FHIA-23 à Pérez L. 2000. Prácticas culturales para aumentar la Fusarium oxysporum f.sp. cubense, et les productividad. Deshija unidireccional. Pp. 6-7 in populations de nématodes faibles voire nulles Informe Anual 1999. Dirección de Investigaciones. et le faible taux d’infestation par les charançons CORBANA, San José, Costa Rica. Rivera M. & J. Dueñas. 2002. Reacción a pudrición de observés au cours de cette étude pour chacun corona de frutos del banano híbrido FHIA-23. Pp. 29- des hybrides, une telle culture avec une 32 in Programa de Banano y Plátano. Informe Técnico utilisation réduite de produits agrochimiques 2001. Fundación Hondureña de Investigación Agrícola devrait être possible. La faisabilité d’une telle (FHIA), Honduras. 35pp. culture dépendrait en dernier ressort du degré Romero R. 1994. Calculation of infection index. Technical Guidelines for IMTP Phase II: Sigatoka Sites. Pp. 277 d’acceptation du consommateur local. in The improvement and testing of Musa: a global Références partnership (D.R. Jones, ed.).Proceedings of the First Global Conference of the International Musa Testing Alvarez J. 1997. Introduction, évaluation, multiplication et Programme held at FHIA, Honduras. INIBAP, France. dissémination des hybrides FHIA à Cuba. INFOMUSA Rowe P. 1998. Breeding bananas and plantain resistant to 6(2):10-14. diseases and pest. Pp. 54-60 in Organic/environmentaly Araya M. & A. Cheves. 1998. Sélection d’un type de plant friendly banana production. Proceedings of a workshop pour l‘échantillonnage des nématodes des bananiers held at EARTH (F. Rosales, S. Tripon & J. Cerna, eds). (Musa AAA). INFOMUSA 7(1):23-26. INIBAP; IDRC; EARTH. Guácimo, Costa Rica. 250pp. Daniells J.& N. Bryde. 1993. La culture de la banane dans Rowe P. 1999. Mejoramiento de bananos y plátanos para le nord du Queensland : Rendement et caractéristiques resistencia a enfermedades: eventos cruciales y sus végétales de 7 variétés hybrides de bananiers implicaciones. CORBANA 24(51):99-110. 24 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 25 Shepherd K., J.L. Loyola & E.J. Alves. 1986. y productividad. Pp. 20-55 in Mejoramiento genético Mejoramiento genético del banano. Pp. 1-19 in de banano y plátano en Brasil y Honduras. Unión de Mejoramiento genético de banano y plátano en Países Exportadores de Banano. Panamá. Les auteurs travaillent à la Brasil y Honduras. Unión de Países Exportadores Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Bananas. 3rd ed. Dirección de Investigaciones, de Banano. Panama. Longman Scientific and Technical. New York. 468pp. CORBANA S.A., Simmonds N. 1952. The strength of banana petiols in Vilardebo A. 1973. Le coefficient d’infestation, critère Apdo 390-72-10, Guápiles, relation to ploidy. Annals of Botany XVI (63):341-347. d’evaluation du degré d’attaques des bananeraies par Limón, Costa Rica. Stover H. & I.Buddenhagen. 1986. Fitomejoramiento Cosmopolites sordidus GERM. le charançon noir du E-mail: alfvarga@corbana.co.cr; del banano: poliploidia, resistencia a enfermedades bananier. Fruits 28(6):417-426 mguzman@corbana.co.cr Evaluation de nouveaux hybrides de bananiers Hybrides améliorés résistants à la maladie des raies noires V. Krishnamoorthy, N. Kumar, K. Angappan et K. Soorianathasundaram L a maladie des raies noires, provoquée intervalles hebdomadaires dès la 9 ème semaine. par le champignon pathogène Toute mesure de lutte chimique, biologique ou Mycosphaerella fijiensis Morelet, est culturale contre la maladie des raies noires a l’une des maladies fongiques les plus graves été exclue. L’œilletonnage a été pratiqué tous dans la production de bananes et bananes les mois afin d’encourager la croissance de la plantain (Stover et Buddenhagen 1986). La plante-mère. Le dispositif expérimental utilisé création de variétés résistantes apparaît était un dispositif en blocs de Fisher, avec comme l’une des meilleures technologies pour cinq répétitions pour chaque hybride et clone contrôler cette maladie foliaire. L’Université parental. Agricole de Tamil Nadu a initié un programme La sévérité de la maladie, ou surface d’amélioration génétique afin d’introduire une foliaire affectée par la maladie, a été annotée résistance durable à la maladie des raies noires suivant les stades 0 à 6 d’après l’échelle de en utilisant des bananiers diploïdes hautement Stover modifiée par Gauhl (Gauhl 1994). Les résistants ainsi que des hybrides synthétiques. paramètres suivants ont été enregistrés : le La présente étude tente d’évaluer la résistance nombre de feuilles fonctionnelles et la plus de nouveaux hybrides à la maladie des raies jeune feuille nécrosée, c’est à dire le numéro noires. de la feuille la plus jeune présentant au moins Matériels et méthodes 10 lésions nécrotiques matures (Vakili 1968). L’indice d’infection a été calculé d’après L’étude a été réalisée au Département des l’équation: Cultures fruitières de l’Université Agricole de Σnb Tamil Nadu à Coimbatore, Inde, entre juin I.I. = (N –1)T 2000 et février 2002. Coimbatore est situé à 11°N et 77°E, à une altitude de 427 m. Les températures maximales et minimales sont Tableau 1. Parenté, degré de ploïdie et génome des hybrides de bananiers étudiés respectivement de 31°C et de 21°C, l’humidité Hybride Parents Ploïdie Génome relative de 85% le matin et de 49% à midi et la H-59 Matti (AA) × Anaikomban (AA) 2× AA pluviométrie annuelle pendant l’étude a été de H-65 Matti (AA) × Pisang lilin (AA) 2× AA 698 mm. La texture du sol est celle d’un limon H-66 Matti (AA) × Anaikomban (AA) 3× AAA argilo-sableux. H-89 Matti (AA) × Namarai (AA) 2× AA Le tableau 1 énumère les hybrides évalués H-110 Matti (AA) × Tongat (AA) 2× AA dans cette étude. Ces hybrides ont été testés H-201 Bareli chinia (ABB) × Pisang lilin (AA) × Robusta (AAA) 2× AB en champs et plantés suivant la méthode H-203 H-59 (AA) × Ambalakadali (AA) 2× AA décrite par Orjeda et al. (1998). H-204 H-65 (AA) × Pisang lilin (AA) 2× AA H-205 H-66 (AAA) × Ambalakadali (AA) 2× AA Des rejets, de taille uniforme, ont été H-208 H-89 (AA) × Anaikomban (AA) 2× AA sélectionnés et plantés dans des fosses de 1 H-209 H-201(AB) × Ambalakadali (AA) 3× AAB pied cube (0.028 m3) espacés de 1.8 m x 1.8 m. H-210 H-201 (AB) × Anaikomban (AA) 3× AAB Les plantes ont reçu quotidiennement 20 litres H-211 H-201 (AB) × Pisang lilin (AA) 2× AA d’eau en goutte à goutte ainsi que 110:35: H-02-01 Ambalakadali (AA) × Anaikomban (AA) 2× AA 330 g de N:P:K. L’azote et le potassium ont H-02-08 H 201 (AB) × Eraichivazhai (AA) 2× AB été distribués grâce à une unité de fertigation H-02-11 H-201 (AB) × H-110 (AA) 2× AB par goutte à goutte, en 36 parts égales, à des H-02-12 H-201 (AB) × H-110 (AA) 2× AB 24 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 25 où n: est le nombre de feuilles à chaque stade nécroses, ont été transformés en arc sinus et (0 à 6) les données ont été soumises à une analyse b: le stade de variance. Les moyennes ont été comparées N: le nombre de stades utilisés dans grâce au test du rapport de K de Waller Duncan l’échelle à p<0.05. T: le nombre total de feuilles évaluées. Certains composants biochimiques et La résistance à la maladie a été évaluée activités enzymatiques ont été mesurées en mesurant le développement de la maladie dans les feuilles à la floraison, à l’aide de (dans ce cas, l’indice d’infection). La résistance méthodes décrites dans la littérature : teneur totale ou immunité est observée lorsque la en chlorophylle (Yoshida et al. 1971), en maladie n’a pu se développer dans les tissus protéines solubles totales (Lowry et al. 1951), de la plante ; l’indice d’infection est alors de en proline (Bates et al. 1973), en phénol total 0. Une résistance partielle s’observe lorsque (Spies 1955), en phénol orthodihydrique l’infection et le développement de la maladie (Arnow 1937), en phénol lié (Chattopadhyay sont limités par rapport à une plante sensible. et Samadar, 1980), en acide chlorogénique et L’indice de la plus jeune feuille nécrosée en tannins (Sadasivam et Manickam 1997), en s’exprime par : lignine (Chesson 1978), en cire épicuticulaire PJFN -1 (Ebercon et al. 1977), l’activité peroxydase IPJFN = T- x 100 (Hartec 1955), l’activité polyphénol oxydase T (Mayer et al. 1965), l’activité ammoniaque où PJFN: est la plus jeune feuille nécrosée lyase (Ross and Sederoff 1992), l’activité T: est le nombre total de feuilles. catalase (Luck 1974) et l’activité acide L’indice de la surface foliaire sans nécroses ascorbique oxydase (Sadasivam et Manickam a été calculé comme suit: 1997). PJFN -1 Résultats et discussion IFSN = x 100 NFE Chez le bananier, le développement du régime dépend du potentiel photosynthétique où NFE: est le nombre de feuilles érigées. des feuilles. Le bananier nécessite plus de Les indices d’infection, de la plus jeune 70% de feuilles photosynthétiquement actives feuille nécrosée et de la surface foliaire sans et un minimum de huit feuilles fonctionnelles (Orjeda 1998) pour l’émission correcte d’un régime. Dans cette étude, aucun des hybrides Tableau 2. Performance agronomique à la floraison d’hybrides de bananiers et de clones et cultivars parentaux n’ont présenté une parentaux exposés à Mycosphaerella fijiensis (n=5) résistance totale à la maladie (tableau 2). Nombre de Plus jeune Indice Indice de Indice de feuilles par feuille d’infection la plus jeune surface foliaire Les hybrides H-209 et H-210, ainsi que plante nécrosée feuille necrosée sans nécroses les clones parentaux H-66 et H-110, ont Hybrides montré une résistance à la maladie des raies H-203 13,2 bc 11,1 cd 3,8 b 23,1 c 76,9 ab Tolérant noires due à leur faible indice d’infection et H-204 17,1 ab 16,2 b 2,0 b 11,8 de 88,2 ab Tolérant leur indice élevé de surface foliaire sans H-205 13,2 bc 12,1 bc 2,6 b 15,4 d 84,6 ab Tolérant nécroses. ‘Anaikomban’ et ‘Ambaladadali’ ont H-208 17,2 ab 14,2 b 4,9 b 23,5 c 76,5 ab Tolérant été classés comme étant sensibles à cause H-209 19,3 a 19,3 a 0,9 a 5,3 e 94,7 a Résistant de leur indice d’infection élevé et la valeur H-210 15,1 b 15,3 b 1,1 a 6,7 e 93,3 a Résistant relativement faible de la plus jeune feuille H-211 18,2 ab 14,4 b 5,6 b 27,8 c 72,2 ab Tolérant nécrosée, alors que H-02-01 a été classé H-02-01 14,1 bc 6,7 e 23,8 d 64,3 b 35,7 d Très sensible H-02-08 17,3 ab 16,2 b 2,0 b 11,7 de 88,2 ab Tolérant comme étant hautement sensible, l’indice H-02-11 15,4 b 12,1 bc 4,4 b 26,7 c 73,3 ab Tolérant d’infection étant très élevé et la surface de H-02-12 11,5 cd 11,2 cd 1,5 b 9,1 de 90,9 a Tolérant feuille ne présentant aucune raie ni tâche Clones parentaux étant très faible. Ambalakadali 15,3 b 11,2 cd 8,9 c 33,3 c 66,7 bc Sensible Les rapports entre l’indice d’infection et Anaikomban 14,2 bc 11,2 cd 8,3 c 28,6 c 71,4 ab Sensible la composition en différentes substances Eraichivazhai 15,7 b 13,1 bc 4,4 b 20,0 cd 80,0 ab Tolérant chimiques a été étudié. Les teneurs en Pisang lilin 10,2 d 10,3 cd 1,7 b 10,0 de 90,0 a Tolérant chlorophylle, en sucres réducteurs, en sucres H-59 13,3 bc 12,0 bc 2,6 b 15,4 d 84,6 ab Tolérant totaux et l’activité de l’acide ascorbique H-65 11,3 cd 10,0 cd 3,0 b 18,2 cd 81,8 ab Tolérant oxydase, étaient corrélées positivement H-66 13,7 bc 13,2 bc 1,3 a 7,7 e 92,3 a Résistant H-89 9,8 d 8,3 d 3,7 b 22,8 c 77,8 ab Tolérant avec l’indice d’infection alors que les teneurs H-110 13,5 bc 13,4 bc 1,3 a 7,7 e 92,3 a Résistant en proline, en lignine et l’activité de la H-201 13,6 bc 12,5 bc 2,6 b 15,4 d 84,6 ab Tolérant peroxydase étaient corrélées négativement Rasthali (témoin) 12,0 c 3,3 f 74,0 e 80,3 a 19,2 e Très sensible avec l’indice d’infection (tableau 3). Les Les moyennes suivies de la même lettre ne sont pas significativement différentes (p≤ 0.05) selon le test de comparaison multiple de Tukey. teneurs en sucres réducteurs, en sucres 26 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 27 totaux et en lignine, l’activité de la phényle Mayer A.M., E. Haul & R.B. Shaul. 1965. Assay of alanine ammoniaque lyase, de l’acide catechol oxidase, a critical comparison of method. ascorbique oxydase et de la catalase étaient Phytochem. 5:783-789. corrélées négativement avec la valeur de la Orjeda G. 1998. Evaluation de la résistance des bananiers aux cercosporioses et à la fusariose. Guides plus jeune feuille nécrosée. La surface foliaire techniques INIBAP 3. INIBAP, Montpellier, France. sans raies était positivement corrélée avec Ross W.W. & R.R. Sederoff. 1992. Phenylalanine les concentrations en sucres totaux, en cire, ammonia lyase from lobololly pine; Purification of the Les auteurs travaillent au en phénols et lignine ainsi qu’avec l’activité enzyme and isolation of complementry DNA clones. Department of Fruit Crops, de la phényle alanine ammoniaque lyase, Plant Physiol. 98:380-386. Horticultural College and l’acide ascorbique oxydase, la catalase et la Sadasivam S. & A. Manickam. 1997. Biochemical Research Institute, Tamil polyphénol oxydase. methods. New Age International Publishers, New Nadu Agricultural University, Delhi. Spies J.R. 1955. Methods in Enzymology, Academic Coimbatore – 641003, Inde. Références press. pp. 467-468. L’adresse de V. Krishnamoorty Arnow L.E. 1937. Colorimetric determination of the Stover R.H. & I.W.Buddenhagen. 1986. Banana breeding, est Krishi Vigyan Kendra, components 2,4 - dihydroxy phenol alanine and polyploidy disease resistance and productivity. Fruits Vriddhachalam, Cuddlore, Tamil tyrosine mixtures. 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Sucres totaux 0,550** -0,515** -0,594** 0,593** Crop Sci. 17:179-180. Proline -0,444* 0,480* 0,542** -0,540** Gauhl F. 1994. Epidemiology and ecology of black Cire 0,138 -0,476* -0,548** 0,548** Sigatoka (Mycosphaerella fijiensis Morelet) on plantain Phénol total 0,260 -0,384 -0,439* 0,442* and banana in Costa Rica. INIBAP, Montpellier, France, Phénol orthodihydrique -0,142 -0,375 -0,384* 0,386* p:120. Phénol total 0,269 -0,445* -0,560** 0,562** Hartec E.F. 1955. Haematin compounds. Pp. 197-245 in Lignine -0,445* -0,519** -0,592** 0,592** Modern Methods of plant analysis Vol.4 (K.Peach & M. Phénilalanine ammoniaque lyase 0,282 -0,524** -0,562** 0,564** Tracq, eds). Springer-Verlag, New York. Acide ascorbique oxydase 0,515** -0,549** -0,612** 0,606** Lowry O.H., J. Rosebrough, L.A. Farr & R.J. Randael. Catalase 0,332 -0,524** -0,581** 0,582** 1951. Protein measurement with folin phenol reagent. Polyphénol oxydase 0,327 -0,362 -0,438* 0,440* J. Biol. Chemi. 193:265-275. Peroxidase -0,431* 0,663** 0,746** -0,748** Luck H. 1974. Methods in enzymatic analysis. Academic * Significatif à 5% de probabilité Press, New York, p. 885. ** Significatif à 1% de probabilité. Qualités organoleptiques des fruits des hybrides Evaluation sensorielle SH-3640 et CRBP-39 S. Coulibaly* et C. Djédji E n Côte d’Ivoire, le programme de (AAAB). Ces hybrides ont montré une résistance recherche sur les fruits et agrumes partielle à la maladie des raies noires. En appoint du Centre national de recherche à ce travail, la Station de recherche technologique agronomique (CNRA) procède actuellement à du CNRA a conduit, une étude sur l’évaluation l’étude du comportement variétal de l’hybride sensorielle de ces hybrides, afin de déterminer de type banane dessert issu du programme de leur acceptabilité par les consommateurs création variétale de la Fundación Hondureña ivoiriens. L’évaluation sensorielle de nouveaux de Investigación Agrícola (FHIA) au Honduras, hybrides et de nouveaux cultivars est une étape SH-3640 (AAAA), et de l’hybride de type plantain décisive dans le processus de sélection et de issu du programme de création variétale du création variétale. Cette étape, qui se situe entre Centre Africain de Recherches sur Bananiers et la production des bananes en station et la diffusion Plantains (CARBAP) au Cameroun, CRBP-39 en milieu paysan des nouvelles plantules, permet 26 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 27 de se prononcer sur l’acceptabilité des nouveaux Les chips produits par les futurs consommateurs. Pour la préparation des chips, on procède de la Matériel et méthodes même manière que pour l’aloco. La différence réside dans une plus faible épaisseur des tranches Les tests ont porté sur les hybrides SH-3640 et (environ 0,3 cm seulement) et un temps de CRBP-39 qui ont été mis à notre disposition par friture plus court (2 à 3 mn) (Tchango Tchango la station de recherche sur les fruits et agrumes et Ngalani 1998). Les chips ainsi obtenues sont du CNRA d’Anguédédou, non loin d’Abidjan. Ils croustillantes. ont été récoltés 338 jours après la mise en place Des chips faites à partir de l’hybride SH-3640 de l’essai, à leur stade de maturation maximale, au stade de mûrissement « jaune » et de l’hybride soit dès l’apparition d’un doigt jaune sur le régime CRBP-39 au stade de mûrissement « vert clair » (Mitra 1997). Des bananes dessert (‘Poyo’, AAA) ont été comparés à ceux faits à partir de bananes et des bananes plantain (de type False horn, AAB), plantain de type False horn aux mêmes stades de achetées au marché et ayant le même degré de mûrissement qui avaient été achetées au marché. mûrissement que les hybrides auxquelles elles En ce qui a trait aux autres méthodes de cuisson, ont été comparées (IPGRI-INIBAP/CIRAD 1996), seules les qualités culinaires de l’hybride CRBP-39 ont été utilisées comme échantillons de référence ont été évaluées. (Watts et al. 1991). Le panel de dégustateurs Pour la comparaison des bananes dessert, Pour les mets tels que les chips et l’aloco, dont les bananes ont été épluchées manuellement et la préparation est peu laborieuse, le panel découpées avec un couteau en acier inoxydable de dégustateurs a été constitué à partir d’un en rondelles de 1 cm d’épaisseur. L’ensemble échantillon du personnel du CNRA d’Abidjan des tests d’évaluation s’est déroulé dans les 10 comprenant une dizaine de personnes des deux minutes suivant le découpage. sexes, de diverses classes sociales et dont l’âge Une appréciation préliminaire faite par varie entre 35 et 50 ans. Ceux-ci ont répondu à un deux chercheurs de la station avait permis de questionnaire tenant compte des spécificités des déterminer les différentes préparations culinaires mets à évaluer. La moitié de ces panélistes avaient envisageables : le foutou ou banane plantain pilée, déjà participé à des tests de dégustation. le foufou ou banane plantain écrasée, l’aloco ou Pour les autres mets courants (foutou et banane plantain frite, et les chips. Ces préparations foufou), cinq ménages ont été choisis. Le choix culinaires se font comme suit : des ménages s’est effectué selon les critères suivants : Le foutou 1°) consommer fréquemment ou régulièrement de Les doigts de banane sont lavés, épluchés la banane plantain, puis fendus en deux avec un couteau en acier 2°) avoir un niveau et une qualité de vie corrects inoxydable, afin d’en extraire les points noirs dans le contexte ivoirien, (graines atrophiées). Les tranches de banane sont 3°) avoir un maximum de cinq personnes dans le ensuite découpées en morceaux homogènes de ménage. 3 cm d’épaisseur, puis cuites à l’eau bouillante Les ménages ont fait leurs commentaires par écrit, pendant 20 mn. Après refroidissement, les après qu’on leur ait précisé les critères à prendre en tranches sont pilées dans un mortier traditionnel en compte, notamment l’élasticité, le caractère collant, bois, jusqu’à l’obtention d’une pâte molle de texture l’appétence et la fermeté de la pâte. collante, appelée foutou (Mosso et al. 1996). Les tests d’évaluation Le foufou Les échantillons identifiés par un code de trois La méthode de préparation est identique à celle chiffres ont été présentés dans un ordre aléatoire du foutou à la différence qu’au lieu du pilage, les aux dégustateurs (Watts et al. 1991). Il s’agissait tranches cuites sont émiettées dans le mortier puis de tests de mesures d’intensité à six niveaux, où mélangées avec de l’huile de palme (environ 0,25 tous les échantillons ont été présentés au même L pour 1 kg de banane cuite). On obtient ainsi une moment aux dégustateurs afin de leur permettre purée appelée foufou. d’en réévaluer certains si nécessaire. Les caractéristiques retenues étaient : le goût, L’aloco la couleur, la consistance, la texture, l’arôme Après lavage et épluchage comme précédemment, et l’arrière-goût. Les notes à attribuer étaient la pulpe de banane est découpée en tranches comprises dans une fourchette de 1 à 5 et homogènes de 1 cm d’épaisseur. Ces tranches correspondaient aux appréciations suivantes : sont ensuite frites pendant 5 mn dans une huile 1=mauvais ; 2=médiocre ; 3=moyen ; 4=bon ; végétale à 160-180°C (Tchango Tchango et 5=très bon. La seule exception était l’évaluation Ngalani 1998). Les tranches ainsi obtenues sont de l’arrière-goût, où une note faible signifiait peu molles. d’arrière-goût. Pour les autres caractéristiques, 28 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 29 Tableau 1. Moyenne et écart-type des notes (de 1 à 5) données par un panel de dégustateurs à la banane hybride SH-3640 et ‘Poyo’, une banane dessert achetée au marché Goût Couleur Consistance Texture Arôme Arrière-goût Total SH-3640 3,1±0,9 3,2±0,9 3,4±0,7 2,9±1,0 2,6±0,8 3,3±0,9 15,2±5,2 Poyo 3,0±0,8 3,0±0,7 3,1±0,8 2,7±0,7 3,0±0,9 3,1±1,0 14,8±5,9 plus la note était élevée, plus la banane était Comparaison des chips appréciée. Le goût et l’arôme des chips de banane Une analyse de variance (ANOVA) a été plantain de type False horn achetée au marché effectuée afin de déterminer s’il y avait des au stade de mûrissement « jaune » ont été différences significatives entre les types de jugés supérieurs à ceux des hybrides et ont bananes évaluées (Watts et al. 1991). obtenus des notes élevées (tableau 3). Les chips préparées à partir des bananes hybrides Résultats et discussion de ‘CRBP-39’ (au stade vert) et ‘SH-3640’ (au Comparaison entre bananes dessert stade jaune) ont été les moins appréciées.Les résultats de l’analyse de variance Les valeurs moyennes des notes octroyées par montrent qu’au niveau de la couleur, de la le panel de dégustation étaient très proches les texture et de l’arrière goût, les différences unes des autres (tableau 1). Selon ces résultats, enregistrées ne sont pas significatives au seuil la banane hybride SH-3640 a été préférée à la de 5% (tableau 4). On relève par contre des banane dessert ‘Poyo’ achetée au marché, en ce différences significatives au seuil de 5% pour qui concerne le goût, la couleur, la consistance le goût, la consistance et l’arôme. On note par et la texture. Outre son arôme, qui a été jugé ailleurs qu’aucune différence significative au inférieur à celui de ‘Poyo’, SH-3640 a été jugé seuil de 5% n’est imputable aux dégustateurs. comme possédant un arrière-goût légèrement Evaluation de l’hybride CRBP-39 après plus prononcé. Mais il est possible que la notation cuisson à l’eau de l’arrière-goût, qui était à l’inverse des autres, Les différentes appréciations des ménages ait été mal comprise. concordent à tout point de vue. Elles peuvent De l’analyse de variance (tableau 2) des être résumées comme suit : résultats de ce test, il ressort que, pour le goût et la consistance, les différences notées ne sont Tableau 2. Analyse de variance réalisée sur les données du panel de dégustation pas significatives au seuil de 5%, tant pour les évaluant les bananes dessert Caractéristique Source de variation Coefficient F traitements que pour les dégustateurs. Les Calculé Tableau* coefficients F calculés sont en effet inférieurs aux Goût Génotype 0,1020 5,1174 valeurs critiques de Snedecor. Pour la couleur, Dégustateur 1,9184 3,1789 la texture et l’arrière goût, aucune différence Couleur Génotype 1,0000 5,5914 significative n’apparaît au niveau des traitements ; Dégustateur 5,4500 3,7470 par contre des différences sont relevées au Consistance Génotype 0,2301 5,3177 niveau des dégustateurs, mais elles demeurent Dégustateur 3,4400 3,4381 négligeables car les écarts entre les valeurs Texture Génotype 0,6286 5,3177 Dégustateur 3,6000 3,4381 calculées des coefficients F et celles du tableau Arôme Génotype 8,2051 5,3177 de Snedecor sont très faibles. Seul l’arôme, avec Dégustateur 3,6461 3,4381 une différence de trois points entre les valeurs de Arrière-goût Génotype 0,4739 5,1177 F, présente une légère différence significative au Dégustateur 3,4745 3,1789 seuil de 5% pour les traitements. * Significatif à P=0,05 Tableau 3. Moyenne et écart-type des notes (de 1 à 5) données par un panel de dégustateurs à des chips faites à partir de bananes plantain de type False horn et des hybrides de banane plantain SH-3640 et CRBP-39 à différents stades de mûrissement Goût Couleur Consistance Texture Arôme Arrière-goût Total Chips de banane 4,0±0,7 3,8±0,6 3,3±1,0 3,2±1,0 3,7±0,7 3,8±0,4 18,0±4,4 plantain jaune du marché Chips de banane 2,8±1,0 3,1±1,0 3,3±1,0 3,2±1,0 2,6±1,0 2,9±0,8 15,0±5,8 plantain verte du marché Chips de banane 3,2±1,3 2,8±0,9 2,2±0,8 2,3±1,1 3,2±0,9 2,9±1,1 13,7±6,1 hybride SH-3640 jaune Chips de banane 2,6±1,2 3,1±1,0 3,0±1,0 3,0±1,0 2,7±1,0 2,9±0,8 14,4±6,0 hybride CRBP-39 verte 28 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 29 Tableau 4. Résultats de l’analyse de variance réalisée sur les données du panel de dégustation évaluant les chips Caractérístique Source de variation Coeficient F Calculé Tableau* Goût Génotype 3,2343 2,9604 Dégustateurs 0,5250 2,2501 Couleur Génotype 2,3033 2,9604 Dégustateurs 1,4075 2,2501 Consistence Génotype 4,0062 2,9604 Dégustateurs 1,7076 2,2501 Texture Génotype 1,7189 3,0088 Dégustateurs 1,4703 2,3551 Arôme Génotype 5,2623 3,0725 Dégustateurs 6,1934 2,4876 Arrière-goût Génotype 3,3744 3,0088 Dégustateurs 2,2654 2,3551 * Significatif à P=0,05 • L e mûrissement des doigts sur le régime En conclusion, ces deux hybrides présentent de bananes se fait de manière progressive. des qualités organoleptiques certaines : SH- Par exemple, deux doigts voisins de la même 3640 comme banane dessert et CRBP-39 rangée d’une même main peuvent être au comme banane à cuire de type plantain. stade de mûrissement « vert clair » pour l’un et L’hybride CRBP-39 n’a pas été apprécié sous « jaune » pour l’autre. Or entre ces deux stades, forme de chips, mais après cuisson à l’eau, il il existe les stades « vert eau » et « vert jaune », se prête bien à la préparation du foutou, surtout selon la charte de couleurs des « Descripteurs lorsqu’il est au stade maturité « vert jaune ». Cet pour le bananier » (IPGRI-INIBAP/CIRAD hybride présente l’avantage du mûrissement 1996). Un stade « vert moyen » précédant le progressif des doigts d’un même régime. Ainsi « vert clair » a aussi été observé. ces bananes peuvent être consommées sur • L ’épluchage est facile mais les fruits n’ont pas une période plus longue sans perte notable. beaucoup de pulpe, comparativement à ceux La poursuite de ces travaux nous permettra de d’autres cultivars. déterminer leurs qualités nutritionnelles. • L a partie centrale contient très peu ou pas de Remerciements points noirs (graines atrophiées), ce qui est un avantage considérable pendant l’épluchage, Les auteurs adressent leurs sincères car l’extraction de cette partie centrale est remerciements au Dr Kobena Kouman, indispensable pour l’obtention de boulettes de chercheur à la Station de Bimbresso du foutou homogènes et d’une belle apparence. CNRA, pour sa contribution déterminante dans Concernant les qualités culinaires, les le cadre de cette étude. ménages ont noté, après cuisson à l’eau Références pendant environ 20 mn et dans la même IPGRI – INIBAP/CIRAD. 1996. Descripteurs pour le casserole de doigts à différents stades de bananier (Musa spp.). IPGRI, Rome, Italie / INIBAP, mûrissement, que : Montpellier, France / CIRAD, Montpellier, France. • L es doigts au stade de mûrissement Mitra G.S.K. (ed.). 1997. Postharvest physiology « jaune » sont faciles à piler car très tendres. and storage of tropical and subtropical fruits. CAB Malheureusement, la pâte se colle au mortier International, Wallingford, United Kingdom. 423pp. Mosso K., N. Kouadio & G. J. Nemlin. 1996. ce qui rend la confection des boulettes Transformation traditionnelle de la banane, du manioc, difficile ; du taro et de l’igname dans les régions du centre et du Souleymane Coulibaly* et • L es doigts aux stades de mûrissement « vert sud de la Côte d’Ivoire. IAA (mars):91-96. Catherine Djédji travaillent moyen » et « vert clair » sont difficiles à piler, Tchango Tchango J. & J.A. Ngalani. 1998. Transformations car très durs ; et utilisations alimentaires de la banane plantain en à la Station de Recherche Afrique centrale et occidentale. Pp. 361-373 in Bananas Technologique (SRT) du • L es doigts au stade de mûrissement « vert and food security - Les productions bananières : un Centre National de Recherche jaune » sont faciles à piler, la pâte se laisse enjeu économique majeur pour la sécurité alimentaire. Agronomique (CNRA), 08 BP modeler aisément pour la confection des International symposium, Douala, Cameroun, 10 – 14 881 Abidjan 08 Côte d’Ivoire. boulettes de foutou. novembre 1998. (C. Picq, E. Fouré and E. A. Frison, eds). INIBAP, Montpellier, France. *Auteur pour correspondance : Les ménages ont attribué un très bon goût Watts B.M., G. L. Ylimaki, L. E. Jeffery & L. G. Elias. 1991. Coulibaly Souleymane. Courriel : aux fruits de CRBP-39, tant sous la forme de Méthodes de base pour l’évaluation sensorielle des abj.CNRA@aviso.ci banane bouillie que de foutou. aliments. CRDI, Ottawa, Canada. 30 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 31 Analyse préliminaire de la littérature scientifique sur Le point sur… les espèces sauvages de Musa L’information contenue dans une sélection Etant donné que MGIS a été conçu pour d’articles scientifiques portant sur la description recevoir des données scientifiques concernant le de bananiers sauvages et leur distribution a été matériel végétal conservé en collections, et non analysée afin de développer une base de données pas celles extraites de la littérature, une liste de bibliographiques sur les bananiers sauvages. recommandations a été dressée afin de rendre cet Diverses bases de données (MusaLit, CAB- outil apte à recevoir l’information provenant de la Abstract, Current Contents, etc.) ont été consultées littérature scientifique. pour dresser cette liste. Des experts en taxonomie Les données incorporées dans le MGIS du bananier, notamment le Dr Edmond de Langhe (coordonnées géographiques, information sur et M. Markkü Häkkinen, ont fourni les informations les populations de bananiers, etc.) ont ensuite complémentaires qu’ils détenaient suite à diverses été transférées vers le logiciel d’information missions conduites en Indonésie et en Thaïlande. géographique DIVA-GIS. Ce logiciel, conçu par Le but ultime de cet exercice était d’intégrer ces Robert Hijmans dans le cadre de son travail informations au Musa Germplasm Information au CIP (Centro Internacional de la Papa), est System (MGIS), une base de données développée distribué gratuitement (http://www.diva-gis.org/) et administrée par l’INIBAP. Celle-ci contient et permet de produire des cartes géographiques les descriptions de plus de 5000 accessions portant particulièrement sur la biodiversité. Des conservées dans des banques de gènes à cartes de la distribution et de la diversité génétique travers le monde (http://mgis.grinfo.net) et dont la des bananiers dans divers pays de l’Asie et du majorité sont des variétés cultivées localement. Pacifique ont été établies. Ce travail a permis Les espèces sauvages y sont sous-représentées, d’améliorer l’état de nos connaissances, puisque d’où l’élaboration de ce projet visant à analyser la dernière carte illustrant la distribution du genre des documents scientifiques portant sur les Musa, datant de 1967, avait été produite par espèces sauvages rapportées ou observées par Jean Champion (figure 1). Depuis celle-ci, des des botanistes lors de missions de collecte ou espèces appartenant à la section Callimusa ont d’enquêtes afin, entre autres, d’en déterminer leur été observées en Chine (Liu et al. 2002) et des distribution. L’information géographique contenue espèces appartenant à la section Australimusa à dans ces documents est cependant souvent Borneo (Hotta 1967). imprécise. Par conséquent, seule une quinzaine Ce travail nous a permis de constater que d’articles ont été incorporés au MGIS. Cette étude certains pays comme le Myanmar (Birmanie), le préliminaire devra être complétée afin d’élargir Cambodge et le Laos – pourtant situés dans le la base bibliographique sur laquelle s’appuie centre de diversité du genre Musa – possèdent l’intégration de données publiées dans la base peu de données sur leurs espèces de bananiers de données. indigènes. De plus, l’habitat de certaines espèces Figure 1 : Distribution des quatre sections de Musaceae selon Champion 1967 (adapté par Guinard 2002) 30 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 31 semble se restreindre avec les décennies. Ce genre d’information pourra éventuellement Par exemple, une mission d’observation permettre à de futures missions de collecte conduite par Argent (1976) au milieu des d’orienter leurs recherches vers des régions années 1970 en Papouasie Nouvelle-Guinée où la distribution des Musa est moins connue, a relevé la présence de Musa balbisiana et éventuellement à développer des stratégies dans la province de Morobe, ce que n’a pas fait une autre mission de collecte en 1988-89 de conservation dans leur habitat naturel. (Sharrock 1989). Lors de cette dernière, Musa Références Ce travail a été réalisé par balbisiana n’a été échantillonné que sur l’île de Patrick Pollefeys dans le la Nouvelle-Bretagne, dénotant une réduction Argent G.C.G. 1976. The wild bananas of Papua New cadre du programme de de sa distribution par rapport aux années Guinea. Notes from the Royal Botanic Garden stages de six mois au sein Edinburgh 35:77-114. antérieures. La présence de Musa coccinea d’organisations internationales en Chine se fait aussi de plus en plus rare Champion J. 1967. Les bananiers et leurs cultures. Edition Setco, Paris. gouvernementales financé à cause de l’activité humaine. Cette espèce par le ministère des Relations Guinard O., E. Arnaud & S. Sharrock. 2002. Preliminary était largement distribuée dans les forêts de la analysis of Musa Germplasm Information System data internationales du Québec. province de Yunnan, mais lors d’une récente for Southeast Asia using the Geographical Information Le travail était encadré par mission de collecte, les scientifiques chinois System Software DIVA-GIS: a data analysis. INIBAP, Suzanne Sharrock, ex- ont eu des difficultés à la localiser (Pollefeys Montpellier, France. responsable du programme et al. 2004). Hotta M. 1967. Notes on the wild bananas of Borneo. de conservation de la diversité La conception de cartes avec le logiciel Journal of Japanese Botany 42: 344-353. des bananiers à l’INIBAP et DIVA a aussi permis de visualiser le schéma Liu A.Z., D.Z. Li and X.W. Li. 2002. Taxonomic notes on Elizabeth Arnaud, responsable de distribution de la section Australimusa en wild bananas (Musa) from China. Botanical Bulletin of du MGIS. Les résultats de cette Papouasie Nouvelle-Guinée. Par exemple, on Academia Sinica 43:77-81. étude ainsi que la bibliographie constate que Musa boman et Musa lolodensis Pollefeys P., S. Sharrock & E. Arnaud. 2004. Preliminary utilisée sont présentés dans le se retrouvent dans la partie nord-ouest de analysis of the literature on the distribution of wild rapport « Preliminary analysis l’île, que Musa peekelii ssp. angustigemma se Musa species using MGIS and DIVA-GIS. INIBAP, of the literature on wild Musa limite à la province du Madang et des Eastern Montpeliier, France. species distribution using MGIS Highlands, alors que M. peekelii ssp. peekelii Sharrock S. 1989. Report on the first and second IBPGR/ and DIVA-GIS » disponible sur le semble se trouver uniquement sur l’île de la QDPI Banana Germplasm Collecting Mission to Papua site de l’INIBAP. Nouvelle-Irlande (Argent 1976, Sharrock 1989). New Guinea. Le point sur... Evaluation de l’impact du projet de banane biologique dans la vallée de Chira au Pérou En 1997, dans la vallée de Chira au Pérou, Ce projet visait à caractériser la la culture de la banane était à son point problématique bananière et organiser, avec le le plus bas en terme de superficie depuis soutien coordonné des deux organismes, des les vingt dernières années, phénomène activités de transfert de technologie, un appui principalement dû à la faible rentabilité de financier (crédits) et logistique, des recherches cette culture, à son faible prix sur le marché et une organisation des producteurs de (0,23 dollars pour une caisse de 18 kg), à un bananes. L’objectif était d’améliorer le niveau système de commercialisation monopoliste, de vie des petits producteurs en adoptant la à de faibles rendements liés au manque culture de banane biologique comme mode d’appui technique et de crédits, à la perte de production afin de diversifier l’offre tout de production causée par le phénomène El en perfectionnant le système de production et l’aide à la commercialisation. Niño et à l’absence d’alternatives pour la Les sols de la vallée de Chira sont commercialisation. sédimentaires, profonds, de faible pente, à En 1998, grâce à un accord passé entre le texture limono-argileuse de clase I, aptes Ministère de l’Agriculture (MINAG) du Pérou pour la culture de banane. Le climat de et l’INIBAP, le projet de banane biologique de la région est idéal pour la culture de la la vallée de Chira a été mis en place dans le banane biologique, avec des températures département de Piura. Ce projet présentait moyennes maximales et minimales de 32ºC des caractéristiques de type participatif, et 17ºC et 7,2 heures de soleil par jour. intégrant protection de l’environnement et L’humidité relative, inférieure à 65%, et les développement durable. faibles précipitations (inférieures à 500 mm 32 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 33 par an) ne favorisent pas le développement 32% supérieur au prix réel perçu en 1999 pour de la maladie des raies noires. La zone de la vente sur le marché national (figure 2). production est située à un endroit stratégique, Le coût de production de la banane à 60 km du port d’embarquement, auquel biologique par hectare a été de 92% elle est reliée directement par des routes supérieur au coût de production de la banane asphaltées. La grande majorité (98%) des traditionnelle (figure 3) du fait du montant plus producteurs de la vallée de Chira possède en élevé des fertilisants et de la main d’œuvre. moyenne 0,72 hectares. En 1998, avant la mise en place du projet Cette étude visait à évaluer ex post de banane biologique, le revenu net moyen l’impact économique de l’implémentation du producteur était de 963 $US/ha (figure 4). du projet. L’étude de terrain a été menée En 2002, le revenu net moyen du producteur entre octobre 2002 et mars 2003, au travers était de 2770 $US. Le petit producteur a vu de 175 enquêtes réalisées auprès des s’accroître ses revenus de 187% en adoptant producteurs, de rencontres avec des groupes la production biologique et en diversifiant son spécifiques, de réunions individuelles avec offre sur le marché local et à l’exportation. Figure 1. Plantations de bananes biologiques des commerçants, de l’obtention, directement Le revenu net réel moyen par hectare certifiées dans la vallée de Chira sur le terrain, de données techniques, a diminué de 65% pendant la période de de production et commerciales, et de la transition du conventionnel au biologique. compilation de données bibliographiques et On doit ce phénomène à l’augmentation statistiques relatives à l’activité bananière du coût de production et au fait que le prix dans la région. L’échantillonnage a été de la banane biologique sur le marché réalisé au hasard incluant des producteurs domestique n’est pas différent de celui de biologiques et traditionnels. la banane conventionnelle. Cette situation Résultats s’est inversée à partir de 2000, période durant laquelle la production biologique Au travers du projet, les petits producteurs a été exportée à des prix très favorables et les techniciens locaux des secteurs public et le prix réel sur le marché national a et privé ont reçu une formation. L’adoption considérablement augmenté. La période de de pratiques culturales biologiques a réduit l’utilisation de fertilisants d’origine synthétique de 18 018 T, qui ont été remplacés par Figure 2. Prix réel au producteur des nutriments d’origine biologique comme le guano des îles, le fumier, le sulfate de potassium, le magnésium minéralisé ainsi que d’autres sources (figure 1). Mille six cent soixante douze petits 30 producteurs ont bénéficié du projet, soit 38% de l’ensemble des producteurs de 25 bananes de la vallée de Chira. Fin 1999, la 20 technologie a été appliquée à 1603 hectares, 15 permettant de certifier avec l’agence OCIA- 10 USA les 210 premiers hectares de banane Biologique5 biologique respectant les normes les plus Conventionnelle0 exigeantes de la régulation relative aux 1999 2000 2001 2002 produits biologiques. En 2000, la production de 115 hectares a été exportée. En 2002, la technologie de production biologique a été Figure 3. Coûts réels de production appliquée sur 3100 hectares environ, dont 1600 ont été certifiés par les agences BSC, Skal et SGS. La production de 823 hectares certifiés a été exportée par les entreprises nationales Gronsa, Exbanor et Biorganika et 2000 l’entreprise transnationale Dole. Le changement de technologie a entraîné d’importantes modifications des revenus, 1000 tant pour les petits producteurs de banane biologique que pour les producteurs Biologique traditionnels, qui ont bénéficié de l’activité Conventionnelle économique générée par le projet. Le prix 0 1999 2000 2001 2002 réel perçu par le producteur pour la banane biologique d’exportation en 2002 a été de 32 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 33 $US par hectare $US par 1000 En 2002, les producteurs biologiques certifiés n’ont pas pu exporter 24% de la production biologique du fait du non-respect des accords passés par les entreprises 3000 exportatrices (non exécution des achats aux dates convenues). De la production non exportée, 61% répondaient aux critères 2000 minima requis pour l’exportation et ont été écoulés sur le marché national. Pour ces 1000 ventes, le producteur a reçu un prix réel Biologique inférieur de 74% au prix qu’il aurait reçu si Conventionnelle 0 ces bananes avaient été exportées. 1999 2000 2001 2002 Perspectives Figure 4. Revenus nets réels la transition vers la production biologique Le changement de système de production et peut être plus longue et nuire davantage au le soutien à la commercialisation offerts au producteur en fonction des conditions initiales travers de la collaboration MINAG-INIBAP du producteur impliqué dans la conversion a contribué à ce que la banane passe de vers un autre système de production. Pour la 17ème place parmi les fruits exportés en les producteurs de la vallée de Chira, le 1999, à la 3ème place en 2002 avec une valeur recouvrement du revenu net réel a eu lieu d’exportation de 6,1 millions de dollars suivie 15 mois après le début du processus de de la mangue et de la mandarine. La banane conversion, étant donné que les producteurs, a connu l’augmentation la plus importante avant d’entamer ce processus de trois ans tant en valeur qu’en volume d’exportation. exigé par la réglementation relative aux La production de banane biologique dans la produits biologiques, pratiquaient déjà depuis vallée de Chira continuera d’augmenter aussi deux ans des pratiques écologiques et non longtemps que la demande extérieure en polluantes et, dans certains cas, n’utilisaient produits biologiques certifiés augmentera et plus de produits chimiques interdits depuis que les entreprises nationales ou étrangères trois ans. amélioreront le système de production La baisse de l’offre de bananes sur le et d’opération dans le but de garantir au marché national causée par l’exportation a producteur un prix équitable et l’intégrité accru le prix payé au producteur sans que biologique de la production. De la même cela ne représente nécessairement une manière, les perspectives peuvent s’améliorer augmentation du prix pour le consommateur. avec la participation du gouvernement dans De même, les producteurs conventionnels les secteurs stratégiques tels que les études Cette étude a été réalisé par ont bénéficié de cette nouvelle dynamique de terrain et de marché, la libéralisation de Salomón Soldevilla Canales de commercialisation des bananes et de la production et du commerce du guano qui travaille pour le Projet l’ouverture à l’exportation. Ainsi, en 2002, le des îles, la réduction des prix du transport Banane Biologique Alto Beni, producteur conventionnel a vu ses revenus maritime, l’amélioration des voies d’accès Sopocachi, Rue Francisco nets réels augmenter de 107% par rapport à et la mise en place de normes claires pour Bedregal N° 2904 P.B., 1999, principalement du fait d’un meilleur prix stimuler l’investissement et la distribution des La Paz, Bolivie. sur le marché local. bénéfices générés. In memoriam Hommage à Georges F. Wilson Le Dr Georges F. Wilson, pionnier de la lorsqu’il était chercheur senior du programme de recherche moderne sur les bananiers plantain recherche de l’IITA sur les systèmes agraires. Il en Afrique, est décédé le 7 mars à Kingston perçut l’importance vitale de cette plante en (Jamaïque) après une longue maladie. Il a joué Afrique bien avant qu’elle ne soit reconnue un rôle important dans la création du programme comme telle par l’IITA et travailla sans relâche de l’IITA sur le bananier/plantain ainsi que dans pour que les scientifiques africains coordonnent celle de l’INIBAP. leurs efforts de recherche. Il lança les premiers essais sur le bananier Il fut l’instigateur de la première conférence plantain au Nigeria au début des années 70, internationale sur le bananier et le bananier 34 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 35 $US par hectare plantain qui eut lieu en 1976 au siège de bureau était toujours ouvert à tous à tout moment l’IITA avec le soutien de l’agence belge de de la journée. Il partageait avec générosité ses coopération pour le développement. Plus de vastes connaissances sur l’agriculture avec 50 chercheurs africains et spécialistes du les plus jeunes générations. En collaboration monde entier y participèrent. Une association avec son ami Edmond De Langhe, il continua internationale pour la recherche sur le plantain à développer la recherche africaine sur Musa. et les autres bananes à cuire (IARPCB) fut Il nomma Rony Swennen comme premier créée, dont le regretté Jean Champion était chercheur sur le bananier plantain basé sur le premier président, feu Harry Stover le vice la station d’Onne et lui demanda de collecter président et Georges le secrétaire. des bananiers et des bananiers plantain dans Grâce à Georges, le concept d’un réseau le monde entier. Cette activité conduisit à la de recherche sur les bananiers devint une création du Centre de transit de l’INIBAP. Avec réalité. La West African Research Corporation le recrutement du regretté Dirk Vuylsteke, il for Plantains (WARCORP) fut créée avec le introduisit à l’IITA le premier biotechnologiste soutien de l’IFAD incluant des chercheurs de du bananier. Avec l’assistance de la Banque pays allant du Congo au Bénin. La station mondiale, Dirk et Georges créèrent le premier de recherche de l’IITA à Onne joua un rôle centre de multiplication in vitro de bananiers essentiel dans ce réseau. Peu de personnes plantain à l’IITA. Georges aida ces jeunes savent que Georges a été l’un des pères scientifiques, qui partageaient avec lui son fondateurs de cette station. Au cours d’une amour de l’Afrique, à devenir des experts deuxième conférence de l’IARPCB, tenue à en bananiers. Il leur apprit qu’il n’y a pas de problèmes mais seulement des solutions. Abidjan (Côte d’Ivoire), l’arrivée en Afrique de la De manière particulièrement remarquable, il maladie des raies noires généra de nombreuses resta toujours optimiste et tranquille. Il profita discussions qui conduisirent à l’idée de créer un également pleinement de la vie avec sa femme réseau global pour faire face à cette menace Peju et son fils Suen. nouvelle et extrèmement préoccupante. L’idée Nous nous souviendrons tout particulièrement fut soutenue par le Centre de recherche pour de lui comme le Jamaïquain avec une moustache le développement international et Barry Nestel, à la Clark Gable, ainsi que le Washington Post son consultant principal, ce qui conduisit à la le décrivit en 1984 en soulignant ses résultats création de l’INIBAP. sur la recherche sur les bananiers plantain. Georges était une personnalité unique, doté d’une force tranquille, qui atteignait ses objectifs Edmond De Langhe et avec une grande sagesse et modestie. Son Rony Swennen Cartographie génétique et cytogénétique chez le Thèse bananier : caractérisation des translocations Alberto Vilarinhos Thèse de doctorat soumise à l’Ecole avait pour objectif de mettre en place un outil basé sur Nationale Supérieure Agronomique de l’hybridation in situ fluorescente de clones BAC (BAC- Montpellier, Montpellier, France, Mars 2004 FISH) pour mieux caractériser ces translocations L’analyse des appariements à la méiose a révélé et d’appliquer cet outil à la caractérisation des l’existence de nombreuses translocations chez les translocations entre les accessions ‘Calcutta 4’ bananiers. Chez Musa acuminata, la principale (2n=2x=22, groupe de translocations Nord A) et ‘Madang’ (2n=2x=22, groupe de translocations espèce à l’origine des bananiers cultivés, sept Central) en s’appuyant sur une carte génétique groupes de translocations (Central, Nord Malaisie, développée à partir du croisement entre ces cultivars. Montagnes malaises, Nord A, Nord B, Indonésie Cette étude a impliqué la construction d’une banque et Afrique de l’Est) ont été identifiés, à l’intérieur BAC de bananier, le développement d’une carte desquels les accessions sont homozygotes pour cet génétique, l’adaptation de la technique d’hybridation élément de structure. Cette situation rend difficile la BAC-FISH sur les chromosomes de bananiers et réalisation de cartes génétiques, la compréhension l’initiation d’une carte cytogénétique. de la transmission des caractères d’intérêt La banque BAC du cultivar ‘Calcutta 4’ que agronomique dans les descendances et plus nous avons construite comprend 55 152 clones globalement l’amélioration génétique. Cette thèse avec une taille moyenne d’insert de 100 Kb. 34 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 35 Environ 1,5% des clones présentent des inserts le GLII appartiennent à trois paires de chromosomes constitués d’ADN chroloplastique ou mitochondrial. homologues dont la structure est différente entre La couverture du génome nucléaire par la banque ‘Madang’ et ‘Calcutta 4’ par la présence de deux BAC a été estimée à 9-10x. La carte génétique translocations liées chez ‘Calcutta 4’. Selon que nous avons développée à partir du croisement l’hypothèse retenue les locus mMaCIR161-rMaCIR ‘Calcutta 4’ x ‘Madang’ et à partir de données 560, rMaCIR 1125, et rMaCIR 36 appartiendraient moléculaires existantes comprend 120 marqueurs à trois chromosomes différents chez ‘Madang’ (dont 20 marqueurs RFLP, 81 marqueurs AFLP, et 19 (codés A, B et C) alors que chez ‘Calcutta 4’ ils marqueurs SSR) répartis en 14 groupes de liaison. ne seraient que sur deux chromosomes différents Le groupe de liaison II a été plus particulièrement (chromosomes A et B). Le locus rMaCIR 1125 ciblé pour la recherche des translocations. En effet, situé sur le chromosome C chez ‘Madang’, serait différents critères (taux de marqueurs distordus, transloqué avec son segment porteur en position taille du groupe, comparaison avec d’autres cartes, interstitielle sur le chromosome B de ‘Calcutta 4’. etc.) suggéraient que ce groupe implique des D’autre part une carte cytogénétique globale de chromosomes portant des translocations. Quatre l’accession ‘Calcutta 4’ a été initiée. Elle est encore clones BAC répartis sur le GL II et sélectionnés partielle et comprend 16 locus (14 clones BACs à partir de 3 locus RFLP et 1 locus SSR ont été sélectionnés à partir de locus RFLP et SSR de la localisés, par BAC-FISH, sur les chromosomes des carte génétique et deux sondes ribosomiques, 45 S accessions ‘Calcutta 4’ et ‘Madang’. L’ensemble des et 5S). Six des 14 GL de la carte génétique ont pu y résultats suggère que les marqueurs impliqués dans être ancrés. Thèse Culture de tissus de Musa acuminata Colla R. Vidhya Thèse de Ph.D soumise en 2002 à l’Université d’ANA et 2 mg/L de BA. Les cals initiés sur des du Kerala, Thiruvananathapuram, Kerala, Inde fragments de feuilles placés sur milieu MT avec Afin de satisfaire la demande grandissante en 1 mg/L d’ANA et 1 mg/L de BA ou 0,1 mg/L de bananiers, la productivité doit être augmentée. TDZ ont également montré une rhizogenèse. L’emploi de technologies modernes, telles que Les explants foliaires placés sur milieu MT avec 2 mg/L de 2,4-D et de BA ont produit des l’utilisation de plantes issues de culture in vitro cals noirs avec des embryons somatiques à a conduit à une productivité synchronisée, différents stades de développement incluant précoce et améliorée. Des rejets baïonnette de les stades globulaire, torpille et bipolaire. Avec ‘Red banana’ ont été collectés dans des champs les suspensions cellulaires, le milieu MT liquide bien entretenus à Vellayani et Kaliyilkkavila, dans avec 1 mg/L de 2,4-D et 2 mg/L de BA a produit le district de Thiruvananthapuram. Les apex le nombre d’embryons somatiques le plus élevé prélevés ont été stérilisés deux fois et inoculés après 45 jours. Les embryons somatiques ont sur milieu MS de base avec 0,2% de charbon été transférés sur milieu MT de base pour leur actif. Au bout de quatre semaines, les cultures croissance ultérieure. stériles ont été sélectionnées, des sections de Des bourgeons floraux mâles terminaux ont feuilles et les apex ont été isolés et inoculés sur été collectés pour la culture d’anthères sur des milieu MS ou MT avec différentes concentrations plantes portant un régime. Des cals spongieux et combinaisons d’auxines et de cytokinines. blancs ont été initiés à partir des anthères au bout Des cals friables rouge pâle ont été initiés à de 60 jours sur milieu MT contenant 2 mg/L de partir des apex placés sur milieu MT avec 0,5 2,4-D et de BA, des cals spongieux jaune pâle mg/L de TDZ et des cals compacts rouges ont été ont été initiés sur milieu contenant 2 mg/L de obtenus sur milieu MT avec 1 mg/L d’ANA, 2 mg/L 2,4-D et 1 mg/L de TDZ et des cals noirs avec des de BA et 1 mg/L de TDZ. Les apex placés sur ébauches racinaires ont été produits avec 2 mg/L milieu MS avec 2 mg/L de 2,4-D ont produit des d’ANA et 1 mg/L de BA. cals friables blancs. Les sections de feuilles sur Les apex ont été inoculés sur milieu MS pour milieu MT avec 1 mg/L d’ANA, 2 mg/L de BA et 1 régénération directe et multiplication. Les pousses mg/L de TDZ ont produit des cals rouges friables. primaires ont émergé des explants en moins Le milieu MS avec 1 mg/L d’ANA et 2 mg/L de BA d’une semaine, quelle que soit la concentration a induit des cals moins compacts vert pâle. en hormones. Des pousses multiples ont été La rhizogenèse a été observée sur des cals produites 60 jours après inoculation, et 78 et 72 produits à partir d’apex sur milieu MT avec 1 mg/L ébauches de pousses, d’une longueur moyenne 36 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 37 de 6,95 cm et 6,13 cm, ont été obtenues avec échantillons de feuilles provenant du traitement un milieu MS contenant respectivement 8 mg/L Kin, contre seulement trois pour le traitement BA. de BA ou 0,1 mg/L d’ANA et 8 mg/L de BA. Les Toutes les protéines de l’essai montraient de la vitroplants ont été endurcis et transférés de la variabilité dans le profil des protéines totales. chambre de culture à température ambiante. Les La banane est un fruit tropical important qui plantes régénérées ont montré 100% de survie. procure une bonne source d’hydrates de carbone, Toutes les plantules étaient vertes pendant la de vitamines et de minéraux. La banane a phase initiale d’endurcissement. Cependant, au bout de 10 jours, la plupart des pseudotroncs longtemps été considérée comme un aliment idéal sont devenues rouges, sauf dans le cas de 36 pour les bébés. La quantité d’hydrates de carbone plantules produites avec 8 mg/L de BA ou avec était plus basse chez les variants rouges et verts 0,1 mg/L d’ANA, qui sont restées vertes. (22,98 et 23,12 mg/g) que chez les cultivars Des caractères morphologiques tels que la locaux ‘Robusta’, ‘Nendran’ et ‘Rasthali’. Le hauteur des plantes, leur circonférence, le nombre contenu en vitamine C était légèrement plus élevé de feuilles, la longueur et la largeur des feuilles ont chez les variants rouges. Les niveaux les plus été enregistrés au départ et au bout de 30, 90, 180 bas de sucres réducteurs étaient obtenus chez et 270 jours. Les plantes rouges ont produit une les variants rouges. Il n’y avait pas de différence moyenne de 80 à 90 fruits et les plantes vertes ont dans le contenu nutritionnel des fruits entre les produit des fruits de taille similaire qui devenaient variants verts et rouges, ni dans la quantité de jaunes en mûrissant. La longueur des fruits, leur fibres du pseudotronc d’échantillons provenant circonférence et leur poids, le poids des régimes, des traitements BA et Kin. Les variants rouges et le nombre de mains, le nombre de doigts par main et le nombre total de fruits de plantes produites sur verts étaient riches en FDN, en FDA et avaient un des milieux avec des concentrations en hormones contenu élevé en hémicelluloses et en lignine. différentes, et établies à partir de quatre écotypes Une analyse par RAPD a été effectuée avec avec 15 traitements, ont été enregistrés et une 20 amorces d’Operon Technologies choisies au analyse statistique a été réalisée. hasard. Parmi ces 20 amorces, 10 ont donné des Des échantillons de feuilles prélevés sur les produits d’amplification. Un total de 96 bandes plantes produites sur milieu MS additionné de a été obtenu, dont 79 étaient polymorphes 8 mg/L de BA ou de Kin et établies au champ, (83%). Après trois semaines de culture sur ainsi que sur les variants rouges et verts obtenus vermiculite, les variants verts et rouges montraient à partir des vitroplants ont été utilisés pour une un polymorphisme marqué pour les bandes électrophorèse SDS-PAGE afin de séparer les majeures. OPB-13 peut être utilisé comme protéines. Des isozymes telles que les estérases, marqueur pour identifier les variants rouges et les phosphatases acides et les peroxydases, verts obtenus au cours de la culture in vitro de ainsi que les profils isoenzymatiques des plantes régénérées ont été analysés. Les Musa acuminata. OPAB-13 peut être utilisé pour profils électrophorétiques des estérases et distinguer les variants verts et rouges. OPB-3 a des peroxydases étaient différents entre les montré un profil de bandes monomorphe chez échantillons de feuilles prélevés sur des plantes tous les échantillons provenant de plantes vertes provenant des traitements avec de la BA et de la et rouges. D’après le dendrogramme établi avec Kin. Le profil électrophorétique des peroxydases la méthode UPGMA, les variants rouges et verts montrait cinq bandes principales pour les étaient situés dans des groupes séparés. Apports de la biotechnologie pour améliorer le Thèse rendement des bananiers Niteen V. Phirke Thèse (PhD) présentée à l’Université de North consommateurs de bananes et l’équilibre Maharashtra, Inde, en février 2002 de l’écosystème. Un dispositif en blocs de Fisher a été établi L’objectif principal de ce travail était de à l’Université de North Maharashtra et sur les développer une solution à coût réduit pour sites expérimentaux de la ferme de Bajirao l’amélioration qualitative et quantitative Agro-Tech pour évaluer l’effet, sur la croissance d’un système de production bananière et le rendement de plants de la variété ‘Shrimanti’ qui ne compromette pas la fertilité du (AAA), de divers apports biotechnologiques, tels sol, les intérêts des paysans et des que l’application d’un conditionneur de sol dérivé 36 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 37 du pseudotronc, de régulateurs de croissance, 4. La cendre a montré un potentiel comme d’engrais biologiques, de cendre, d’une irrigation substitut partiel d’engrais phosphatés et par goutte-à-goutte ainsi que de l’utilisation potassiques et de micronutriments importés, réduite d’engrais chimiques. en conjonction avec des champignons qui Les principaux résultats de ces cinq ans solubilisent le phosphate et des mycorhizes. d’essais en laboratoire et au champ ont été les 5. L’irrigation au goutte-à-goutte a réduit la suivants : quantité d’eau utilisée et la consommation 1. A pproximativement 4 millions de tonnes de d’électricité, diminuant ainsi la salinisation du biomasse de pseudotronc et de feuilles ont sol. été utilisés pour produire un conditionneur du 6. L’utilisation de ces apports biotechnologiques sol, en utilisant une fermentation à l’état solide pour le carbone organique et le recyclage des a permis de réduire de 50% la quantité nutriments. d’engrais chimiques, ce qui a rendu possible la 2. L es régulateurs de croissance basés sur les conversion de terres fortement érodés, stériles acides aminés, produits par hydrolyse de et inutilisées en terre agricole cultivable. sous-produits disponibles localement riches en 7. Les essais, conduits dans deux conditions protéines, ont augmenté le taux de survie des géoclimatiques, à l’Université de North plantes transplantées et leur rendement. Maharashtra et à Bajirao Agro-Tech, ont 3. Des microbes ont été isolés de la rhizosphère globalement montré les mêmes tendances de bananiers élites, et conservés pour pour les observations et la productivité, ce exploitation commerciale dans un consortium qui indique la fiabilité de la technologie de la producteur d’engrais biologiques. gestion intégrée de la nutrition des plantes. Nouvelles de Musa La maladie du bout de cigare à Cuba La maladie bien connue dite du ‘bout de cigare’ se qui peuvent s’étendre jusqu’au point d’insertion caratérise par l’apparition sur le périanthe d’une avec la tige principale. Aucune pourriture ni zone noirâtre qui se diffuse vers le bas, formant détérioration n’apparaissent à l’intérieur des des rides et se couvrant de conidiophores et doigts. Ils restent fermes jusqu’à maturation mais de conidies du pathogène qui donnent un cette dernière est plus tardive. La partie concave aspect cendreux. A Cuba, cette maladie est des doigts est plus affectée que la partie convexe, plus fréquente chez les bananiers dit ‘à cuire’. ceci étant du probablement à la diffusion des Les variétés les plus touchées sont les clones éléments pathogènes par la rosée ou la pluie. ‘Macho 3⁄4’ et ‘CEMSA 3⁄4’. Des morceaux de tissus infectés ont été placés Dans la région de Santo Domingo, Province de Villa Clara, où se situe l’Instituto de en chambre humide et incubés à 28°C dans Investigaciones en Viandas Tropicales, la le but de favoriser la production des structures maladie a été observée sur des régimes de fongiques. Après quatre jours d’incubation, un FHIA-01 (AAAB). Les fruits étaient tachés par des mycélium brun clair et assez rare s’est développé lésions noirâtres profondes aux bords sinueux ou sur les lésions. Observées au microscope, les Figure 1. Lésions produites par Verticillium irréguliers, déprimées en leur centre et d’une structures identifiées se sont avérées appartenir (Stachylidium ) theobromae (Turc.) consistance aqueuse (figure 1). Quand ces à Verticillium (Stachylidium) theobromae (Turc.). lésions se rejoignent, La caractéristique de ce champignon est de les zones touchées produire des conodiophores solitaires et érigés, peuvent représenter d’une taille de 100–400 nm x 4–6 nm, cloisonnés, jusqu’à deux tiers des cilyndriques, d’une couleur jaune clair, avec doigts. Les lésions des nervures verticillées au bout desquelles se se limitent au cortex, forment des groupes de conidies fixés sur du et la pulpe située mucilage. Les conidies sont transparentes, de au-dessous n’est pas forme oblongue ou cylindriques et d’une taille de affectée. 4-6 nm x 2 nm. Les premiers symptômes sont des Source: Lilián Morales Romero, Instituto décolorations d’un de Investigaciones en Viandas Tropicales brun rougeâtre sur le (INIVIT) et Lidcay Herrera Isla, Facultad de pédoncule des doigts Ciencias Agropecuarias, UCLV, Cuba. 38 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 39 Le redressement de bananiers plantain affaissés Nouvelles de Musa Des bananiers plantain abîmés et déracinés pseudotronc augmenta de 165 cm à 180 cm et, ont été redressés dans une ferme familiale presque un mois plus tard, la plante a produit à Ipaja Lagos, au Nigeria. Des supports en trois doigts. La circonférence du pseudotronc forme d’Y ont été utilisés à différents points du resta inchangée à 37,5 cm. pseudotronc. En 2001, deux plantes vinrent s’appuyer En 1997, une plante redressée 90 cm au- sur une clôture, à des angles de 40° et 60°. dessus du sol à 45° produisit des rejets mais La plante redressée à 60° a produit un rejet les racines furent mangées par les termites alors que l’autre a flétri, comme tous les plants après une période de sécheresse, et elle affaissés qui n’avaient pas été redressés. retomba du fait de son poids. Une autre plante Source: Godwin Norense Osarumwense glissa de son support après huit semaines Asemota, Windhoek, Namibie et vint s’appuyer contre une palissade selon (asemotagno@hotmail.com) un angle de 65°. Le pseudotronc a flétri à la douzième semaine et produit dix doigts à la dix-huitième semaine. En 1998, un bananier plantain fut soutenu presque verticalement, à 80°. Il commença Plantain affaissé redressé par une clôture à pousser 18 mois plus tard. La longueur du (Goodwin Asemota) Jean Champion et la au Centre de recherche pour le développement Foruminternational du Canada (CRDI) de mener création de l’INIBAP une étude sur la logique et la faisabilité de soutenir d’une manière ou d’une autre des Le Dr Jean Champion, dont le décès a été recherches sur les bananiers et les bananiers mentionné dans le numéro de décembre plantain sous l’égide du GCRAI. Le CRDI a 2003 d’INFOMUSA, a joué un rôle peu connu alors recruté un consultant afin de discuter les mais significatif dans la création de l’INIBAP. options possibles avec les pays producteurs et Il faisait partie d’un petit groupe de personnes les donateurs potentiels et son rapport a été sans l’enthousiasme et l’expertise desquelles présenté par le CRDI au cours d’une réunion ce réseau aurait pu ne jamais voir le jour. tenue à Washington en novembre 1983 et Au début des années 80, des membres du à laquelle participèrent 16 donateurs. Cette Groupe consultatif pour la recherche agricole réunion déboucha de façon consensuelles internationale (GCRAI) furent impliqués dans sur le fait qu’une initiative internationale pour des discussions concernant la création de soutenir l’amélioration des bananiers et des plusieurs nouveaux Centres internationaux bananiers plantain serait appropriée, et que de recherche agricole (CIRA). Un certain cela devrait être réalisé par une approche en nombre de pays producteurs de bananes et de réseau plutôt que par la création d’un grand bananes plantain suggérèrent que les Musa institut multidisciplinaire situé en un lieu représentaient le groupe le plus important unique. Il fut demandé au CRDI de continuer de plantes alimentaires qui ne recevait pas les consultations avec les programmes de l’attention du GCRAI. A cette époque, la recherche sur le bananier, les spécialistes du plupart des pays donateurs pensaient que bananier et les donateurs, et de présenter les bananes étaient principalement une une proposition officielle au GCRAI lors de sa denrée d’exportation commercialisée par réunion suivante, en mai 1984. des firmes multinationales et leur importance Un élément majeur dans ce processus comme culture vivrière dans les pays en de consultation fut une réunion qui eut développement n’était pas totalement lieu à l’aéroport de Gatwick en décembre reconnue. Cette situation commença à 1983, lorsqu’un groupe de quatre experts changer lorsque la maladie des raies noires internationaux des Musa a rencontré le commença à se disséminer rapidement dans consultant du CRDI pour offrir leurs vues sur le monde entier, avec un effet dévastateur certaines questions clé qui étaient apparues chez les petits producteurs. lors du processus de consultation aux niveaux Fin 1982, lors d’une réunion à Washington, national et régional. Les points soulignés un groupe de donateurs importants demanda couvraient l’identification des manques les plus 38 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 39 importants dans les connaissances techniques bananiers ont été introduits soit par les Portugais concernant la production de banane pour à la fin du 16ème siècle, soit par des marchands l’alimentation, les suggestions de priorités arabes ou perses aux alentours du 8ème siècle globales et régionales pour la recherche, le ou plus tôt, ou enfin par les peuplades de langue développement d’une stratégie internationale austronésienne qui s’installèrent à Madagascar pour l’amélioration des bananiers, un débat au début du premier millénaire, rendant possible sur les besoins en technologie de l’information une introduction ultérieure sur le continent. La du nouvel institut, ses besoins en matière troisième théorie, avancée par le regretté Norman de formation et la structure optimale d’un Simmonds, une autorité dans le domaine des réseau international. Le Dr Champion joua bananiers, a régulièrement gagné du terrain. Ces un rôle clé dans cette consultation, dont les trois théories ont en commun la conviction que recommandations servirent de cadre non les bananiers n’ont pas atteint le continent africain seulement pour la création de l’INIBAP par le avant l’ère chrétienne, il y a 2000 ans. GCRAI en mai 1984 mais aussi pour définir la Nous avons récemment récupéré des politique et les programmes approuvés par le phytolithes lors des fouilles dans des fosses premier Conseil d’administration de l’INIBAP. d’ordures dans le centre du Cameroun et nous les Avant que l’INIBAP puisse être créé de avons identifiées comme provenant de bananiers manière formelle, il était nécessaire d’identifier cultivés, après une étude comparative des genres un pays pour en accueillir le siège. C’était une Musa et Ensete (Mbida et al. 2001). Ils dataient question difficile car la production des Musa d’environ 2500 ans. Si cela est confirmé, une est répartie de manière relativement égale telle découverte apporterait un éclairage différent entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine sur les débuts de l’agriculture en Afrique tropicale et les Caraïbes, mais exception faite d’un humide. Par exemple, l’agriculture dans les forêts groupe d’Amérique centrale appartenant à une humides n’aurait pas reposé sur l’igname, qui n’est société multinationale, aucune de ces régions généralement pas très productive en l’absence de n’avait un programme de recherche solide saison sèche, mais elle aurait pu se développer sur les Musa. Le centre national d’excellence autour des bananiers plantain qui préfèrent un tel le plus fort était le Centre de coopération environnement. internationale en recherche agronomique La période de démarrage de la culture du pour le développement (Cirad), qui avait du bananier en Afrique est hautement pertinente personnel à Montpellier et outre-mer. Certains pour la génétique de la banane comestible. Les donateurs s’inquiétaient de placer en Europe bananiers plantain AAB et les bananiers à cuire l’institut pilote pour une plante tropicale et AAA d’Afrique de l’Est comprennent des groupes avaient des doutes sur le modèle de réseau de cultivars étroitement définis, classifiés sur une base morphologique comme étant au même proposé. niveau que, par exemple, les AAA Gros Michel, Cette situation conduisit à plus de dialogues les AAB Silk et les ABB Pisang awak. Cependant, et de consultations. Comme le Cirad, dont comme le groupe AAB Maia maoli du Pacifique, ils Jean Champion était l’un des chercheurs montrent une diversité qui dépasse celle de tout les plus éminents et respectés, et un certain groupe comparable de triploïdes, avec plus de nombre de pays producteurs appuyaient la 50 AAA d’Afrique de l’Est et plus de 100 cultivars candidature de Montpellier, le gouvernement de bananiers plantain. Une telle diversité a-t-elle français offrit d’y héberger le siège de l’INIBAP. été générée par des mutations somatiques se Le reste, comme l’on dit, est de l’histoire. produisant sur de longues périodes, ou bien ces Barry Nestel, Consultant. triploïdes sont-ils plus sensibles aux types de stress qui génèrent ces mutations ? Le fait que les taux Oui, il y avait bien des de mutation en laboratoire soient beaucoup plus élevés que ceux observés au champ (Vuylsteke bananiers au Cameroun et al. 1991) indique une présence et une culture ancienne des bananiers plantain en Afrique. il y a 2000 ans Il est inévitable que les informations qui appuient l’idée révolutionnaire d’une culture ancienne des L’arrivée en Afrique des premiers bananiers bananiers en Afrique soient examinées de manière cultivés a été un sujet de spéculations pendant critique. Dans une note publiée dans l’édition plus d’un siècle. Alors qu’il est communément 2004 d’Azania, le journal de l’Institut britannique accepté qu’ils sont originaires de « quelque part en d’Afrique de l’Est, Jan Vansina, une autorité Asie », le moment de leur introduction ainsi que les réputée de l’histoire africaine, émet de sérieuses humains responsables de cette introduction n’ont réserves sur cette découverte (Vansina 2004). Il jamais été déterminés avec certitude. écrit qu’on ne peut qu’accepter que la première Trois théories sont avancées pour expliquer preuve de la culture de bananes comestibles sans l’introduction des bananiers en Afrique. Les graines en Afrique remonte au mieux au sixième 40 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 41 siècle de notre ère, et peut-être même seulement ont été récemment confirmées par Denham et al. au neuvième siècle. (2003) et la domestication des bananiers pourrait Vansina argumente que les bananiers ne avoir commencé à Kuk (Papouasie-Nouvelle peuvent pas avoir été cultivés en Afrique de l’ouest Guinée) il y a au moins 10 000 ans. il y a 2500 ans en se basant sur l’hypothèse que La critique faite par Vanzina selon laquelle les bananiers plantain sont originaires du sous- le matériel utilisé pour les comparaisons est continent indien. Cependant, des recherches insuffisant semble refléter une incompréhension chimiotaxonomiques et les analyses d’ADN des besoins méthodologiques nécessaires pour cytoplasmique démontrent que les bananiers ce type d’étude spécifique. Puisque les phytolithes plantain (ainsi que les bananiers à cuire AAA trouvés à Nkang pourraient avoir appartenu à des d’Afrique de l’Est) sont originaires de Nouvelle espèces indigènes d’Ensete africaines, une étude Guinée et des îles environnantes (Horry 1989, comparative à grande échelle a été entreprise pour Lebot et al. 1993, Carreel 1994, Carreel et al. 2002). tenter de savoir si la morphologie des phytolithes De plus, la présence en Asie d’un nombre restreint d’Ensete pouvait être distinguée de celui du genre de variétés de bananiers plantain et l’absence de Musa. Plusieurs exemplaires d’Ensete gilletii et bananiers à cuire AAA d’Afrique de l’Est indiquent d’Ensete ventricosum, la seule espèce africaine2 clairement que le sous-continent indien ne peut ont été examinés. E. gilletii étant typique des pas être à l’origine de la diversité unique que l’on paysages du Cameroun, un spécimen d’une trouve en Afrique tropicale humide. plante provenant de cette région a été introduite Vansina ne semble pas avoir connaissance dans la collection de référence, en plus du d’une autre voie d’introduction (De Langhe et spécimen provenant de la collection internationale de Maret 1999), qui situe comme zone la plus de matériel génétique de Musa. Aucune variation probable d’introduction des bananiers en Afrique frappante dans la forme des phytolithes n’a été équatoriale l’actuelle Tanzanie. Les bananiers se notée parmi les échantillons d’Ensete examinés. seraient disséminés depuis cette zone d’Est en D’autre part, les phytolithes de Musa, s’ils étaient Ouest à travers le continent, pour finir par atteindre présents en Afrique dans des temps anciens, l’actuel Cameroun. Des spéculations sur une devraient nécessairement indiquer une introduction culture primitive du bananier dans les parties plus de plants de bananiers depuis l’extérieur du septentrionales du continent deviendraient non continent. Les cultivars introduits pourraient avoir pertinentes. appartenu à n’importe quels génomes de cultivars Vansina croit que les phytolithes trouvés au de bananiers, AA, AAA, AAB et ABB. Des cultivars Cameroun appartiennent au genre Ensete – que représentatifs de ces groupes génomiques ont été l’on appelle le faux bananier africain – plutôt qu’au examinés pour leurs phytolithes. Nous contestons genre Musa. Dans son article, il affirme qu’aucune donc l’affirmation que le matériel de référence était comparaison directe en laboratoire n’a été faite limité. avec des phytolithes utilisés au cours d’études Un examen minutieux de la morphologie des antérieures, particulièrement en Asie du sud-est phytolithes nous a conduit à conclure que 1) des (Vansina 2004). Lorsque nous avons soumis variations dans la forme des phytolithes ne sont notre article (Mbida et al. 2001), nous n’avions pratiquement pas détectables au sein de chaque connaissance que de deux études se rapportant genre et que 2) leur forme varie fortement entre d’une manière générale aux Musaceae (Tomlinson deux genres (Mbida et al. 2001). Toutes les 1959, Tomlinson 1969) et d’une seule étude caractéristiques examinées sauf une s’excluaient spécifique sur la Nouvelle Guinée (Wilson 1985). mutuellement. En conséquence, les deux Nous avons fait référence à ces articles, de même populations de phytolithes respectives d’Ensete et qu’aux collections de référence publiées pour les de Musa, sont tellement distinctes qu’une analyse continents américain (Piperno 1988), asiatique (Kealhoffer et Piperno 1998) et africain (Runge statistique n’est même pas nécessaire. 1996, Runge 1997). De plus, la méthodologie d’observation des L’article de Wilson ne soutient pas l’affirmation phytolithes employée n’a jamais été critiquée de Vansina qu’il est pratiquement impossible de ni par les spécialistes ni en paléobotanique en faire la distinction entre les phytolithes des Musa général, bien que ce sujet ait été présenté lors de (bananiers) et d’autres Musaceae (dans ce cas nombreuses conférences et réunions depuis la précis Musa ingens) (Vansina 2004). publication de notre article (Vrydaghs et al. 2003). Même si Wilson a éprouvé des difficultés à faire En conclusion, nous maintenons notre la distinction entre M. ingens et d’autres sections conclusion première que les phytolithes du des Musa, il n’a apparemment pas introduit le site de Nkang, qui datent d’environ 2500 ans, genre Ensete dans son étude. Cependant, la 1 Apparemment, Ensete glaucum ne pousse pas à l’altitude différentiation entre les phytolithes d’Ensete et de Kuk et des hauts plateaux qui l’entourent. ceux de toute autre Musa était le sujet même de 2 La zone de distribution d’une troisième espèce, Ensete notre étude (Mbida et al. 2001). Au passage, les homblei, est confinée à une région restreinte du Katanga en République démocratique du Congo et à la Zambie indications d’une culture ancienne du bananier (Simmonds 1960). 40 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 41 appartiennent au genre Musa et indiquent que la Kealhoffer L. & D.R. Piperno. 1998. Opal phytoliths in culture des bananiers était pratiquée dans cette Southeast Asian flora. Smithsonian Contribution to partie de l’Afrique. Cependant, nous acceptons Botany 88. 39pp. Lebot V., K.M. Aradhya, R. Manshardt & B. Meilleur. que les conclusions émises sur les phytolithes 1993. Genetic relationships among cultivated bananas de Nkang doivent être confirmée par l’étude d’un and plantains from Asia and the pacific. Euphytica 67: plus grand nombre de spécimens, de préférence 163-175. en provenance d’autres sites. Nous espérons donc Mbida C.M., H. Doutrelepont, L. Vrydaghs, R.L. Swennen, que le débat que nous avons initié encouragera un R.J. Swennen, H. Beeckman, E. De Langhe & P. de plus grand nombre d’archéologues à rechercher Maret. 2001. First archaeological evidence of banana cultivation in central Africa during the third millennium des phytolithes de bananier en Afrique tropicale before present. Vegetation History and Archaeobotany humide. 10:1-6. C.M. Mbida, H. Doutrelepont, L. Vrydaghs Piperno D.R. 1988. Phytolith analysis. An archaeological et H. Beeckman travaillent au Museum royal and geological perspective. San Diego Academic d’Afrique centrale de Tervuren, Belgique ; R.L. Press. 280pp. Swennen, R.J. Swennen et E. De Langhe à Runge F. 1996. Opal Phytolithe in Pflanzen aus dem Humiden und Semi-ariden Osten Afrikas und ihre la Katholieke Universiteit Leuven, Belgique Bedeutung für die Klima- und Vegetationsgeschichte. et P. de Maret à l’Université de Bruxelles, Botanish Jahrb. Systematik 118 (3):33-363. Belgique. (Auteur pour correspondance : Runge F. & J. Runge. 1997. Opal phytolith in East African rony.swennen@kuleuven.ac.be) plants and soils. Pp. 71-81 in The state-of-the-art of phytoliths in soils and plants. (A. Pinilla, J. Juan- Tresserras & M.J. Machado, eds). Centro de Ciencas Références Medioambientales. CSIC Monografias 4. Carreel F. 1994. Etude de la diversité génétique des Simmonds N.W. 1960. Notes on banana taxonomy. Kew. bananiers du genre Musa à l’aide des marqueurs Bull. 14(2):198-212. RFLP. Thèse, Institut national Agronomique, Paris- Tomlinson P.C. 1959. An anatomical approach to the Grignon. classification of the Musaceae. J. Linn. Soc. Bot. 55: Carreel F., D. Gonzalez de Leon, P. Lagoda, C. 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Classification d’une nouvelle espèce, Musella splendida Débat taxonomique Musella lasiocarpa Musella splendida Origine Province du Yunnan, China du sud Province de Ha Giang, Vietnam du nord Dans notre numéro de décembre 2002, Taille de la plante Petite, moins de 60 cm de haut Moyenne, hauteur de 1,0 a 1,2 m nous avons inclus un article publié dans Rhizome Rhizomateux Non rhizomateux The Philippine Agricultural Scientist, dans Rapport longueur- < 3 > 3 lequel Ramon Valmayor et Le Dinh Danh largeur des feuilles Inflorescence Conique, deltoïde Ové annonçaient la classification d’une nouvelle Bourgeon mâle Fortement imbriquée ; bractées Apex du bourgeon ouvert, bractées espèce, Musella splendida R. Valmayor & étritement attachés au bourgeon individuelles ouvertes précocement L.D. Danh sp. nov. Avant de publier le courrier Coileur de la bractees Jaune, jaune-orange Jaune vif d’un lecteur qui en conteste la classification, Disposition des fleurs Biseriée Uniseniée nous présentons au tableau 1 un résumé des Fleurs de la base Femelles Hermaphrodites caractéristiques utilisées par les auteurs pour Forme des fruits Ovoïde Ové différencier leur nouvelle espèce de Musella Dissémination Graines, rejets Rejets lasiocarpa (Franchet). Référence Wu, D.L. et W.J. Kress. 2000. R. Valmayor et L.D. Danh. 2002. Musaceae. In C.Y. Wu and Classification and Characterization P.H. Raven (eds), of Musella splendida sp. nov. Fl. China 24:314-318 Phillip. Agri. Scientist 85(2):204-209 42 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 43 Musella splendida – réponse à dépasse rarement 60 cm. L’article de Franchet Valmayor et Danh inclut une illustration de M. lasiocarpa qui pourrait bien être une reproduction fidèle de La perspective d’une nouvelle Musella la plante trouvée par l’abbé Delavay en 1885. (Valmayor et Danh 2002) est excitante pour Cependant, le dessin de Franchet ne comporte les amateurs de Musaceae du monde entier, pas d’échelle et ne ressemble à aucune des mais mon enthousiasme initial a diminué. Mon plantes de M. lasiocarpa que j’ai pu voir. inquiétude est centrée sur le fait que les auteurs D’après le dessin de Franchet, il semble que la basent leur séparation de Musella splendida hauteur de la plante, qui n’a pratiquement pas sur une description de Musella lasiocarpa, de pseudotronc, soit de 60 cm depuis le sol qu’ils supposent couvrir l’espèce entière dans jusqu’au sommet de la dernière feuille. Baker toutes les situations. Ils ne font référence à aucun spécimen vivant ou d’herbier de M. (1983) était en accord avec cette observation lasiocarpa et ignorent l’influence possible de et, si la mesure de hauteur faite par Wu est, facteurs édaphiques, climatiques et biotiques comme je le soupçonne, dérivée de Franchet, sur la croissance de M. lasiocarpa. Ils ignorent alors la littérature indique en effet que M. également la possibilité d’une variation lasiocarpa est un tout petit bananier. Mais est- intraspécifique chez M. lasiocarpa et dont le ce généralement vrai pour une plante in vivo ? matériel décrit ferait partie. Un plant de M. lasiocarpa poussant « sur les Figure 1. Plante de M. lasiocarpa dans le jardin Bien que les auteurs s’appuient fortement rochers de Loko-chan » à 1200 m (Franchet de l’auteur. L’échelle est de 1 m. sur la hauteur des plantes pour différencier 1889) aura une allure différente de celle d’un une nouvelle espèce, ils n’indiquent pas la plant poussant sur un sol fertile de forêt avec base utilisée pour leurs mesures et aucune une humidité abondante à 118 m d’altitude des photographies ne comporte d’échelle. dans le nord du Vietnam. Les descripteurs de l’INIBAP pour le bananier Au moment où j’écrivais ces lignes, la spécifient que la hauteur doit être mesurée hauteur, depuis la base du pseudotronc depuis la base du pseudotronc jusqu’au point jusqu’au point d’émergence du pédoncule d’émergence du pédoncule. La précision en d’une M. lasiocarpa en phase mâle dans matière de port est particulièrement importante ma serre (dans le sud-ouest de la Grande chez Musella, plante chez laquelle les feuilles Bretagne), était de 45 cm et l’inflorescence sont relativement dressées et contribuent ainsi était 25 cm au dessus. Lorsque les feuilles de manière significative à la hauteur totale ont atteint leur développement maximal, pendant sa phase végétative. juste avant la floraison, mon plant mesurait Lorsque l’on s’adresse à un caractère aussi environ 1,30 m en tout, c’est-à-dire de la base plastique que le port d’une plante, l’influence du pseudotronc jusqu’à l’extrémité de la plus des conditions de croissance est cruciale. La grande feuille à son inclinaison naturelle. connaissance de M. lasiocarpa qu’ont Valmayor M. lasiocarpa peut être plus grande que cela. et Danh semble dériver exclusivement de C.Y. J’ai fourni deux pieds de M. lasiocarpa à Wu qui décrit une plante haute de moins de M Wim Kea d’Amstelveen, aux Pays Bas. Ils 60 cm. Valmayor et Danh mentionnent, mais ont poussé jusqu’à 2,5 m ou plus (figure 1). ne font pas spécifiquement référence, à la Je prétends donc que M. lasiocarpa est une description de M. lasiocarpa faite par Franchet plante beaucoup plus grande que Valmayor et (1889), qui indique aussi que M. lasiocarpa Danh ne le supposent. Figura 2. a) Inflorescence en phase femelle de Musella lasiocarpa dans la serre de l’auteur en juin 2002. b) Phase mâle de la même inflorescence en avril 2003. c) Phase mâle de la même inflorescence en juillet 2003 42 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 43 Lors de la phase femelle, les extrémités les Musa en se basant sur les caractéristiques du pointues des bractées individuelles de M. périanthe, et non sur le fait qu’elle soit un rhizome lasiocarpa peuvent effectivement être écartées et qu’elle soit polycarpique. précocement, avant de se replier à la base Sur mon spécimen de M. lasiocarpa, les fleurs (figure 2a), une caractéristique par laquelle femelles ont des filets rudimentaires et les fleurs Valmayor et Danh (2002) différencient M. mâles des styles rudimentaires. Il est nécessaire splendida. Mais les caractéristiques des bractées de décrire en détails les fleurs hermaphrodites de changent avec la maturation de l’inflorescence, M. splendida, puisque les fleurs des Musaceae processus qui prend des mois chez M. lasiocarpa. peuvent être structurellement hermaphrodites Lors de la phase mâle (figure 2b), les bractées de mais fonctionnellement hermaphrodites, femelles, M. lasiocarpa sont beaucoup plus petites, fines et mâles ou même stériles. On pourrait argumenter fortement imbriquées. Ce changement dans les caractéristiques des bractées peut être observé que le terme devrait être restreint à des fleurs sur les photographies de Valmayor et Danh eux- qui sont fonctionnellement hermaphrodites, mêmes (figures 2, 3, 5 et 6 dans Valmayor et c’est-à-dire qui ne peuvent être autofécondées Danh 2002). Je pense que les caractéristiques pour produire des graines viables, comme chez des bractées au cours de la phase femelle chez Musa velutina. Si Valmayor et Danh utilisent M. lasiocarpa pourraient être variables selon que le terme dans ce sens précis, alors quelle est la plante a toutes ses feuilles ou n’en a pas à l’explication du fait que les fleurs hermaphrodites l’initiation de la floraison. de M. splendida ne produisent pas de graines ? Les spécimens intéressants de Musella de Valmayor et Danh ne font aucun commentaire sur Valmayor et Danh (figure 9, Valmayor et Danh ce point ou sur la présence ou la viabilité du pollen 2002) sont, je le présume, des photographies qui serait produit par ces fleurs hermaphrodites. de M. lasiocarpa prises par hasard. Il est En conclusion, je crois prématuré de déclarer prématuré de suggérer que la figure 9 soit l’existence d’une nouvelle espèce de Musella au la preuve de l’existence possible d’autres Vietnam alors que les populations de Musella de espèces de Musella. On peut rapidement Chine, du Laos, du Myanmar et du Vietnam sont trouver de nombreuses autres photographies de trop insuffisamment caractérisées. Il se pourrait M. lasiocarpa sur Internet, qui montrent encore bien qu’il y ait d’autres espèces de Musella qui plus de variation entre plantes de cette espèce. attendent d’être découvertes, mais, en se basant Cette variation est principalement due à des sur les preuves qu’ils présentent, Valmayor et facteurs environnementaux ou liée à l’âge de Danh ne me convainquent pas que M. splendida l’inflorescence lorsque le cliché a été pris. est l’une d’elles. Je ne suis pas non plus sûr que le fruit montré sur la figure 8 (Valmayor et Danh 2002) puisse Je possède un M. lasiocarpa de Kunming être décrit comme parthénocarpique. Les (Yunnan), grâce à un don du Prof. Hu Zhihao, grands espaces d’air visibles dans la section et j’ai déposé des vitroplants de cette espèce transversale semblent indiquer que le fruit n’est au Centre de transit de l’INIBAP à Leuven. pas développé. M. lasiocarpa produit le même Je serai heureux d’échanger du matériel in type de fruits si elle n’a pas été pollinisée. On se vivo avec toute autre partie intéressée pour demande immédiatement par quel mécanisme comparer ces matériels côte à côte dans le cette espèce est disséminée dans les vastes même environnement. Je suis sûr qu’il y a de la forêts du nord du Vietnam. variation utile au plan botanique et peut-être pour Valmayor et Danh (2002) mentionnent que l’horticulture chez M. lasiocarpa. M. splendida a des fleurs hermaphrodites à David Constantine la base et opposent cela avec M. lasiocarpa, 2 High Street qui est supposée avoir des fleurs femelles à Ashcott, Somerset la base. Valmayor et Danh ne décrivent pas TA7 9PL, Grande Bretagne convenablement les fleurs hermaphrodites e-mail : drc@globalnet.co.uk de M. splendida ; il en est de même avec Wu pour les fleurs femelles de M. lasiocarpa. Des Références fleurs femelles sont présentes à la base de Baker J.G. 1893. A synopsis of the genera and species of l’inflorescence écrit Wu, cité par Valmayor et Danh Musaceae. Ann. Bot. 7:189-229. (2002). C’est loin d’être un diagnostic. En effet, le Franchet A.R. 1889. Un nouveau type de Musa. Musa manque de précisions de la publication de Wu lasiocarpa. Journ. de Bot. (Morot). 3(20):329-331. sur Musella lasiocarpa est une des raisons pour Royal Horticultural Society. 2003. RHS Plant Finder. lesquelles la Royal Horticultural Society (2003) Dorling Kindersley. London. Simmonds N.W. 1960. Notes on banana taxonomy. Kew persiste à se référer à la plante comme Musa Bull. 14(2):198-212. lasiocarpa, selon Simmonds (1960). Au passage, Valmayor R.V. & Danh, L. D. 2002. Classification Simmonds, qui ne connaissait visiblement pas and characterization of Musella splendida sp. nov. bien du tout la plante, a inclus cette plante dans INFOMUSA 11(2):24-27. 44 InfoMusa - Vol. 13 - N°1 Conseils aux auteurs INFOMUSA est une revue internationale publiée deux fois par Discussion : La discussion ne devra pas s’étendre à nouveau année en anglais, en français et en espagnol. Elle se veut la sur les résultats et ni réitérer l’introduction. Elle pourra être vitrine des résultats de la recherche et des projets intéressant combinée avec les résultats. la communauté bananière. Etant donné qu’INFOMUSA publie Références : Les références bibliographiques seront des articles sur tous les sujets concernant Musa, les auteurs présentées par ordre alphabétique d’auteurs. L’appel à référence doivent viser un style clair et simple, et éviter tout jargon non dans le texte indiquera le nom de l’auteur et l’année de publication indispensable, afin de rendre leur article accessible aux lecteurs (exemple : Sarah et al. 1992, Rowe 1995). Les références à des venant d’autres disciplines. documents à diffusion limitée, tels que des rapports annuels, et Les textes dactylographiés seront préparés en français, les citations de communications personnelles et de données non anglais ou espagnol et ne devront pas excéder 2500 mots. Ils publiées sont à éviter. Une liste de références, classées par ordre seront présentés en double interligne. Toutes les pages seront alphabétique, sera fournie à la fin du texte. numérotées (y compris celle incluant les tableaux, figures, Vous trouverez ci-dessous trois exemples de références parmi légendes et références) à partir de la page de titre. les plus courantes : Mentionnez le nom complet de tous les auteurs ainsi que leur Périodiques : Sarah J.L., C. Blavignac & M. Boisseau. 1992. adresse au moment de l’étude. Indiquez également l’auteur Une méthode de laboratoire pour le criblage variétal des auquel doivent être adressées les correspondances. bananiers vis-à-vis de la résistance aux nématodes. Fruits 47(5): Les manuscrits peuvent être envoyés par courrier électronique 559-564. ou sur une disquette lisible par un ordinateur compatible PC. Ouvrages : Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Bananas (3rd Merci d’indiquer le nom et la version du logiciel de traitement de edition). Longman, London, United Kingdom. texte utilisé et l’adresse de courrier électronique de l’auteur. Nous Articles (ou chapitres) dans des ouvrages : Bakry F. & J.P. aurons besoin dans tous les cas de recevoir par courrier deux Horry. 1994. Musa breeding at CIRAD-FLHOR. Pp. 169-175 in copies imprimées du manuscrit. The Improvement and Testing of Musa: a Global Partnership Titre : Le titre sera le plus court possible et ne devra pas inclure (D.R. Jones, ed.). INIBAP, Montpellier, France. de nombres, d’acronymes, d’abréviations ou de ponctuation. Illustrations et tableaux : Numérotez-les et faites référence Résumé : Un résumé n’excédant pas 200-250 mots devra à ces numéros dans le texte. N’oubliez pas d’indiquer les accompagner la contribution. Il doit résumer de manière concise légendes. Insérez les figures et les tableaux après les références le contenu de l’article et doit être rédigé dans la même langue que bibliographiques ou sous forme de fichiers séparés. l’article. Dans la mesure du possible, des traductions (incluant le Graphiques : Merci de fournir avec le graphique les données titre) dans les deux autres langues seront également envoyées. brutes correspondantes, si possible sous forme de fichier Excel. Mots-clé : Merci de fournir un maximum de six mots-clé Dessins : Dans la mesure du possible, fournir des originaux. classés par ordre alphabétique, sous le résumé dans la langue Photographies : Nous préférons les originaux des photographies d’origine. (sur papier brillant avec un bon contraste pour les photographies Introduction : L’introduction devra présenter les raisons de la en noir et blanc ; des tirages papier de bonne qualité et des recherche ainsi que toute information pertinente. L’introduction négatifs ou des diapositives originales pour des photographies n’ayant pas pour objectif de présenter une revue exhaustive en couleur), mais veuillez noter que nous ne les retournerons du sujet, le nombre de références doit être limité au minimum. pas. Nous publierons les photos qui ont été numérisées ou Les introductions sur l’importance de la banane pour la sécurité prises avec un appareil numérique, à condition que la résolution alimentaire et économique devront être évitées, sauf lorsqu’elles soit suffisante (1 million de pixels ou un minimum de 300 dpi sont absolument nécessaires à la compréhension de l’article. lorsque la photographie est à la taille réelle). Nous acceptons les Matériel et méthodes : Les auteurs devront fournir fichiers JPEG, TIFF et EPS. Évitez d’envoyer des photographies suffisamment de détails sur leur dispositif expérimental pour insérées dans un document Word ou Power Point, sauf si elles permettre au lecteur d’apprécier la validité de la recherche. sont accompagnées par une alternative de meilleure qualité. Pour des matériels et des méthodes communément utilisés, une Acronymes: Ils seront développés lors de leur première simple référence suffit. apparition dans le texte et suivis du sigle entre parenthèses. Résultats : L’unité devra être séparée du nombre par Noms des cultivars : Le nom du cultivar devrait être placé un espace et suivre la nomenclature SI ou la nomenclature entre guillemets simples. S’il s’agit d’un nom composé, seul le habituelle d’un domaine particulier. Les unités non courantes ou premier mot commencera par une majuscule, sauf si l’autre les abréviations devront être définies. fait référence à un lieu ou à une personne. Le nom le plus Présentez les données dans le texte, sous la forme d’une figure couramment accepté, comme ‘Grande naine’ devrait être utilisé ou d’un tableau, mais jamais sous plus d’une de ces formes. et les variations locales ou les traductions, tel que ‘Gran Enano’, Evitez l’utilisation de graphes pour présenter des données qui devraient être évitées. pourraient être présentées de manière plus concise dans le Note : Les auteurs citant dans leur article du matériel végétal texte ou sous forme de tableau. Limitez les photographies à originaire du Centre de transit de l’INIBAP (ITC) à Leuven ou celles qui sont absolument nécessaires pour illustrer les résultats indexé dans ce centre indiqueront les numéros de code ITC des expérimentaux. accessions citées. Merci de suivre ces conseils. Cela facilitera et accélérera le travail d’édition. Publications de l’INIBAP Vient de paraître S. Mohan Jain et R. Swennen (eds). 2004. Banana Improvement - Cellular, Molecular Biology, and Induced Mutations. Ce livre de 392 pages, co-publié par la FAO, l’IAEA et l’INIBAP présente les résultats du projet de recherche coordonné par la FAO/IAEA portant sur la biologie cellulaire et les biotechnologies, incluant les techniques de mutation pour la création de nouveaux génotypes utiles de bananier. Le livre contient également plusieurs articles de fond qui apportent une information actualisée sur les outils de la biotechnologie qui peuvent être utilisés pour produire, d’une façon plus rapide et plus efficace, de nouvelles variétés de Musa possédant des caractères intéressants. Parutions récentes Strosse H., R. Domergue, B. Panis, J.V. Escalant et F. Côte. 2003. Suspensions cellulaires embryogènes de bananiers et bananiers plantain (A. Vézina et C. Picq, eds). Guides techniques INIBAP 8. INIBAP, Montpellier, France. Carlier J., D. De Waele et J.V. Escalant. Evaluation globale de la résistance des bananiers à la fusariose, aux maladies foliaires causées par les Mycosphaerella spp. et aux nématodes : évaluation de la performance (A. Vézina et C. Picq, eds). Guides techniques INIBAP 7. INIBAP, Montpellier, France. A paraître INIBAP 2004. Networking bananas and plantains: Annual Report 2003. Pour obtenir une liste complète de nos publications, consultez notre site web ou contactez Leila Er-rachiq au siège central à Montpellier. E-mail : l.er-rachiq@cgiar.org Les adresses de l’INIBAP • Siège : Expert associé, transfert de technologies : Parc Scientifique Agropolis II Dr Inge Van Den Bergh 34 397 Montpellier Cedex 5 - FRANCE C/o IRRI Rm 31, GS Khush Hall Courriel : inibap@cgiar.org Los Baños, Laguna 4031 Fax : (33) 467 61 03 34 Philippines Directeur : Dr Richard Markham Fax: (63-49) 536 05 32 Courriel : r.markham@cgiar.org Courriel : a.molina@cgiar.org Coordinateur, Amélioration génétique de Musa : Dr Jean-Vincent Escalant • Bureau Régional pour l’Afrique occidentale Courriel : j.escalant@cgiar.org et centrale Coordinateur, Génomique et conservation des ressources Coordinateur régional : Dr Ekow Akyeampong génétiques de Musa : Dr Nicolas Roux Coordinateur régional de l’information pour l’Afrique : Courriel : n.roux@cgiar.org Josué Tetang Tchinda Coordinateur, Agroécosystèmes et recherche de valeur Expert associé, transfert de technologies : Kim Jacobsen ajoutée pour les filières de production : Dr Charles Staver C/o CARBAP - BP 12438 Courriel : charles.staver@cgiar.org Douala, Cameroun Coordinatrice, Information et communication : Tel./Fax : (+237) 342 91 56 Claudine Picq Courriel : inibap@camnet.cm Courriel : c.picq@cgiar.org Responsable MGIS : Elizabeth Arnaud • Bureau Régional pour l’Afrique orientale et Courriel : e.arnaud@cgiar.org Comptable : Emmanuel Gonnord australe Courriel : e.gonnord@cgiar.org Coordinateur régional : Dr Eldad Karamura Expert associé, transfert de technologies : Dr Guy Blomme • Bureau Régional pour l’Amérique latine et P.O. Box 24384 les Caraïbes Kampala, Ouganda Coordinateur régional : Dr Franklin E. Rosales Fax: +(256-41) 28 69 49 Expert associé, transfert de technologies : Courriel : inibap@imul.com Dr Luis Pocasangre Expert associé, nématologie : Thomas Moens • Centre de Transit INIBAP (ITC) C/o CATIE Responsable : Ines Van Den Houwe Apdo 60-7170 Turrialba, Costa Rica Katholieke Universiteit Leuven Tel/Fax : (506) 556 2431 Laboratory of Tropical Crop Improvement Courriel : inibap@catie.ac.cr Kasteelpark Arenberg 13, B-3001 Leuven, Belgique • Bureau Régional pour l’Asie et le Pacifique Fax: (32-16) 32 19 93 Coordinateur régional : Dr Agustín Molina Courriel : ines.vandenhouwe@agr.kuleuven.ac.be www.inibap.org