Les familles européennes pourraientbientôt mettre le fonio à leur menu. Lacéréale africaine (Digitaria exilis) fait partie de ces aliments de plus en plus nom- breux dont on reconnaît les bénéfices pour la santé et qui sont vendus aux consommateurs du Nord pour prévenir les maladies et amé- liorer la qualité de vie. En pleine croissance, le créneau de ces aliments dits fonctionnels – ou “aliments à usage de santé spécifique” (FOSHU) au Japon où le concept est né – offre des opportunités intéressantes aux pro- ducteurs du Sud, d’où provient la majorité de ces aliments. La promotion du fonio en Europe fait par- tie d’un projet financé par l’UE, qui vise à améliorer le régime alimentaire tout en pro- curant des revenus aux producteurs locaux. Le fonio est plus riche en magnésium, zinc et manganèse que d’autres céréales ; il est riche aussi en acide aminé soufré, important pour la transmission nerveuse et le bon fonction- nement du cœur. Généralement définis comme des aliments qui ont des effets bénéfiques pour la santé au-delà de leur simple valeur nutritionnelle, les aliments fonctionnels émergent comme un important créneau commercial. Selon la Banque mondiale, leur part de marché dépasse celle des aliments biologiques. Leur marché mondial en forte croissance est déjà estimé à 72 milliards $ US (57,4 mil- liards €) par an. Dans l’industrie, on appelle cette nouvelle approche de la production alimentaire “nutrition positive”. La multiplication des recherches sur les liens entre alimentation et santé favorise ce secteur en pleine expansion. Les consommateurs sont soucieux de préve- nir la maladie et de garder la forme jusqu’à un âge avancé et les gouvernements, face à l’augmentation de l’espérance de vie et à SPORE 126 • PAGE 1 Dans ce numéro Le monde bouge. Très vite. En une dizaine d’années, les outils de communication, surtout l’Internet, ont profondément modifié la production et la circulation de l’information scientifique. Nous vous proposons un tour d’horizon, non exhaustif, des possibilités offertes aux chercheurs ACP pour rester branchés et participer à la science mondiale. Le changement est aussi dans les assiettes. De nouveaux aliments dits fonctionnels apparaissent. Plus nourrissants, bons pour la santé et peut-être profitables pour les producteurs du Sud. Même au plus profond des forêts la vie change. Les droits des communautés forestières à gérer leur milieu progressent, même s’il reste beaucoup à faire pour les enraciner dans la loi. Et la formation des agronomes a-t-elle évolué pour s’adapter aux mutations de l’agriculture ACP ? Des jeunes en débattent dans notre Point de vue. Information pour le développement agricole des pays ACP N° 126 DECEMBRE 2006 Produits de niche Alimentation + 1 Foresterie communautaire Loi des forêts, forêt des lois 3 Information scientifique et TIC Le désenclavement virtuel : petit tour d’horizon 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Formation agronomique Réactions en chaîne 16 Site Web : spore.cta.int Produits de niche Alimentation + L’augmentation des troubles de santé liés à l’alimentation attise l’intérêt pour les aliments qui, outre leurs qualités nutritives, réduisent le risque de maladie. Ces dix dernières années, les aliments fonctionnels sont arrivés en force sur le marché mondial. Reste à voir s’ils représentent un créneau porteur pour les producteurs ACP. Illu str at io n : © In ta cti le D ES IG N l’explosion des dépenses de soins de santé, désirent promouvoir des régimes alimen- taires plus sains. Cette tendance ouvre de nouveaux horizons pour les producteurs ACP. Selon un rapport récent de la Banque mondiale, les aliments fonctionnels offrent de meilleures marges bénéficiaires et leurs prix au détail sont habituellement de 30 à 500 % (!) supé- rieurs à ceux des aliments traditionnels. Il n’existe pas jusqu’ici de définition bien établie de ce qu’est un aliment fonctionnel. En termes pratiques, c’est un aliment naturel bon pour la santé ou auquel ont été ajoutés des éléments bénéfiques tels que vitamines, antioxydants (substances naturelles aidant à éliminer les radicaux libres néfastes des cel- lules), fibres alimentaires ou probiotiques. Ces derniers sont des microbactéries alimen- taires, très en vogue auprès des consomma- teurs du Nord. Un aliment fonctionnel peut aussi être un aliment auquel on a retiré des composants, tels que les mauvais acides gras saturés. Certaines définitions incluent les ali- ments contenant des OGM. La technologie agroalimentaire évolue à grands pas et trouve de nouvelles façons de produire des aliments fonctionnels, par extraction et fortification. Les isoflavones (substances bénéfiques produites presque exclusivement par certaines légumineuses) peuvent être extraites du soja et ajoutées à des produits destinés à réduire l’ostéoporose (maladie osseuse), améliorer le fonctionne- ment cardiovasculaire et soulager les troubles de la ménopause. On étudie aussi la capacité des glucosinolates (composants naturels de certaines plantes, particulièrement de la famille des crucifères) à détoxiquer le foie. Plusieurs produits sur le marché contiennent des stérols végétaux ou phytostérols, consti- tuants naturels de plantes comme le soja et le maïs, qui, ajoutés aux aliments, réduisent le cholestérol. Le pouvoir des plantes On sait que de nombreux aliments tradi- tionnels (fruits, légumes, herbes) sont bons pour la santé. Les pays ACP produisent déjà toutes sortes d’aliments fonctionnels natu- rels. Les choux ont des propriétés antioxy- dantes, l’avocat réduirait le cholestérol, les tomates sont riches en lycopène – un anti- oxydant majeur associé à la réduction du risque de cancer de la prostate – et les poissons gras tel le thon sont une source d’acides gras oméga-3 qui protègent des maladies cardiaques et du diabète. Dans les pays ACP, un large éventail d’autres produits pourrait être déployé sur ce créneau : le cur- cuma (ou safran des Indes) pour ses propriétés anti-inflammatoires, l’ail, dont les c o m p o s a n t s organo-sulfu- rés feraient baisser le choles- térol, et des aliments dérivés de micro-orga- nismes tels que les champi- gnons et les algues. Certains thés comme le rooibos (Aspalathus linearis) et honeybush (Cyclopia intermedia), originaires tous deux d’Afrique du Sud, sont riches en flavo- noïdes antioxydants, qui renforcent les défenses contre les allergies, virus et cancers. Ils rencontrent déjà un succès considérable sur les marchés étrangers. L’Aloe vera (Aloe barbadensis), très cultivé dans les Caraïbes, entre dans la composition de quantité d’ali- ments fonctionnels et l’acérola (Malpighia glabra) ou cerise des Barbades, très riche en vitamine C, commence à se faire connaître hors de ses Caraïbes natales. Des huiles végé- tales largement produites en Afrique de l’Ouest offrent des perspectives intéressantes comme base d’“huiles fonctionnelles” enri- chies de substances bénéfiques. Au Japon, des huiles enrichies en vitamine E et phyto- stérols sont déjà disponibles. “Le problème, c’est que la plupart de ces produits intéressants sont repris et dévelop- pés hors des régions ACP”, indique Denzil Phillips, consultant phytologue au Centre pour le développement de l’entreprise, qui insiste sur la nécessité de protéger les droits de propriété des communautés locales afin qu’elles ne soient pas exclues des bénéfices. Le succès des aliments fonctionnels est pour une large part affaire de marketing. Sans aide, l’accès des petits producteurs ACP à ce nouveau secteur sera difficile. Selon Denzil Phillips, “il y a de grandes opportu- nités sur le marché des aliments fonction- nels, mais aussi des obstacles”. Leur développement requiert de gros investisse- ments scientifiques et, dans de nombreux cas, il faudra améliorer les technologies de récolte, de transformation et de stockage. Les producteurs ACP auront aussi besoin d’aide pour l’emballage, car certains de ces aliments sont extrêmement sensibles : seul un conditionnement spécial peut sauvegar- der leurs précieuses propriétés. La réglementation de l’UE relative aux nouveaux aliments, qui interdit l’importa- tion des denrées dont l’innocuité n’est pas démontrée, est une grosse pierre d’achoppement. L’absence de cadres régle- mentaires risque également d’entraver leur essor. Il n’y a pas encore de consensus international sur les règles de sécurité, même s’il est envisagé d’intégrer ces aliments au Codex Alimentarius de la FAO et de l’OMS. En Europe, le programme FUFOSE (Sciences des aliments fonctionnels en Europe) prépare le terrain pour une approche commune de l’évaluation de ces aliments. Certaines organisations travaillent à fonder scientifiquement leurs supposés bienfaits. Pour que ces “aliments miracles” profitent à la santé publique – et que les producteurs ACP bénéficient des retombées commerciales –, les consommateurs devront avoir pleine confiance en leur efficacité. Miser sur la variété La mode des aliments fonctionnels pourrait aussi avoir des répercussions régionales, dynamiser la demande sur les marchés locaux et contribuer à la prévention des maladies. Au Sénégal, deux grands hôpitaux de Dakar ont mis le fonio au menu de leurs patients diabétiques. Un indice glycémique très bas est l’une de ses multiples qualités nutritionnelles (voir Spore 111). Les aliments enrichis ont déjà un impact positif sur la santé publique dans des pays où les carences en micronutriments et vitamines sont fré- quentes. L’ajout d’huile de palme rouge au régime alimentaire des femmes et des enfants du centre-est du Burkina Faso a permis de réduire le déficit en vitamine A (voir Spore 111). La farine enrichie en fer se répand aux Fidji et le projet Sorgho africain bio-enrichi développe une variété dont les taux en acides aminés essentiels, vitamines, fer et zinc sont supérieurs. Les aliments fonctionnels n’offrent toute- fois pas de solution à la faim et à la malnu- trition, dont les causes réelles sont la pauvreté et l’accès insuffisant à la terre. Qui plus est, une alimentation variée sera tou- jours préférable à un régime monotone d’ali- ments enrichis, sans compter que l’excès de certains additifs peut s’avérer dangereux. Les consommateurs tout comme les producteurs ACP ont besoin d’être plus informés. Aussi fonctionnels que soient ces aliments, il est trop tôt pour parler de révolution alimentaire. Produits de niche • SPORE 126 • PAGE 2 L’acérola ou cerise des Barbades est particulièrement riche en vitamine C. Pho to : © Syfi a In tern atio nal Ph ot o : B ai xa ki © Te re za C ris tin a Po ro ca Li ns La forêt tropicale, qui occupe 6 % de lasurface terrestre, disparaît au rythme de14 millions d’hectares par an, selon la FAO. Une menace pour les quelque 240 millions de personnes qui y vivent et pour tous les riverains qui en tirent un revenu ou un emploi. La déforestation est liée à la surexploita- tion des bois tropicaux à des fins commer- ciales, mais aussi et surtout au défrichage des terres par les populations rurales. L’idée d’as- socier les communautés locales à la gestion de la forêt pour mieux la préserver n’a fait son chemin dans les milieux du développe- ment qu’à la fin des années 1970. Auparavant, les actions de conservation consistaient principalement à créer des zones protégées d’où les populations étaient exclues car considérées comme un risque pour le maintien de la biodiversité (voir Spore 112). Depuis, il est devenu peu à peu évident pour les bailleurs et les politiques qu’on ne peut protéger la forêt et ses res- sources aux dépens de ses habitants. Parmi les ressources, il y a le bois, bien sûr, mais aussi les produits forestiers non ligneux (PFNL) : fruits, feuilles, écorces, bois de feu, viande de brousse et plantes médicinales, dont la récolte et l’utilisation ont été dans bon nombre de pays (Cameroun, Niger, Ouganda) le point de départ d’une gestion communautaire. D’après le directeur du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), “les petits agriculteurs et les populations locales sont aujourd’hui pro- priétaires ou disposent de droits d’usage à long terme sur environ un cinquième des forêts dans les pays en développement, mais en contrôlent bien plus de manière informelle”. Conformément aux recommandations du Sommet de Rio de 1992, de plus en plus de pays admettent désormais le principe d’une participation des communautés locales à la gestion des forêts. Dans de nombreux pays africains, l’État est passé d’une approche purement répressive, héritée de la colonisa- tion, à un dialogue plus ou moins ouvert avec les populations. Enfin reconnues En Gambie, les communautés locales ont obtenu l’exemption des restrictions au prélè- vement et à l’utilisation des produits fores- tiers et sont dispensées des redevances et des permis normalement requis. En Sierra Leone, l’État les aide à négocier directement des contrats avec les exploitants. Aux Seychelles, des comités consultatifs issus des communautés locales sont habilités à donner leur avis sur toute nouvelle réforme fores- tière. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, une centaine de communautés autochtones tirent bénéfice d’une gestion écologique des forêts sur une superficie d’environ 200 000 ha. D’autres pays ACP parient sur le dévelop- pement des aires forestières protégées tout en associant les populations à la mise en valeur de zones écotouristiques. Ainsi, le pro- gramme de Conservation centrée sur les communautés (CCC) de l’Institut Jane Goodall, présent en Afrique du Sud, au Congo, en Ouganda et en Tanzanie, s’at- tache à la protection des grands singes en concilliant biodiversité et traditions cultu- relles. Des opérateurs privés associent égale- ment les populations locales à la gestion et à la protection des aires écotouristiques. Quelles que soient leurs retombées posi- tives, ces initiatives souvent soutenues par des ONG ou des bailleurs de fonds étrangers ne peuvent se développer durablement sans un cadre politique et juridique solide. La définition précise et la reconnaissance for- melle des droits des communautés est un préalable indispensable à toute action d’amé- nagement durable. Quelques pays ACP ont franchi cette étape législative. C’est le cas au Cameroun où une loi de 1994 établit les droits d’usage des communautés. Depuis 2001, celles-ci peuvent signer une conven- tion avec l’administration pour exploiter une forêt. En Guinée équatoriale, une loi simi- laire existe depuis 1997. Au Mozambique, une loi de 1999 fixe les droits des popula- tions y compris celui d’être consultées pour l’attribution de permis d’exploitation à des tiers. La récente loi forestière d’octobre 2006 au Liberia reconnaît pour la première fois l’importance du rôle des communautés dans la foresterie. Toutefois, disposer d’une loi ne garantit pas son application. En cinq ans, seules 55 forêts communautaires ont été reconnues officiellement au Cameroun sur quelque 340 demandes enregistrées. Les coûts extrêmement élevés et la complexité des démarches sont les principaux freins à l’ap- plication de ce statut, qui suppose un accord préalable au sein des communautés sur le partage des retombées financières. Des lois à appliquer En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Forest Trends, organisation internationale indépendante, insiste dans son rapport 2006 sur la nécessité de sensibiliser davantage les communautés sur leurs droits et d’enquêter sur les cas de “corruption potentielle” impliquant respon- sables de l’industrie du bois et politiciens locaux. La garantie des droits des communautés est la pierre angulaire d’un aménagement décentralisé des forêts tropicales qui, en Afrique, restent encore largement sous la tutelle des gouvernements. Le passage de flambeau ne peut profiter à la forêt et aux communautés que si celles-ci disposent de technologies compatibles avec une gestion durable de ces milieux et sont formées à la gestion financière des ressources tirées de la forêt. Mais cette bonne gouvernance passe par la reconnaissance préalable des savoirs des communautés locales et des peuples autochtones, qui ont été trop souvent déra- cinés et déresponsabilisés. Voir Repères page 10 SPORE 126 • PAGE 3 Autrefois considérées comme les premières destructrices des forêts et de leur biodiversité, les populations prennent aujourd’hui en main la gestion de forêts communautaires. Très souvent encore hors de tout cadre juridique. Foresterie communautaire Loi des forêts, forêt des lois Ph ot o : © S yfi a Int er na tio na l Les scientifiques des pays ACP, toutcomme leurs collègues d’autres pays,ont besoin de se tenir au courant des dernières avancées dans leur discipline, de diffuser le plus largement possible les résul- tats de leurs travaux et de communiquer voire collaborer avec leurs pairs dans d’autres pays. Depuis une dizaine d’années, l’omnipré- sence des nouvelles technologies a considéra- blement modifié la production et la circulation de l’information scientifique et technique (IST). En théorie, Internet offre aux chercheurs du Sud la chance de mieux s’intégrer à la société mondiale de l’informa- tion et du savoir. En réalité, si les TIC sont un formidable accélérateur au Nord, elles sont paradoxalement, par certains aspects, un facteur d’exclusion des chercheurs du Sud, en raison du manque de moyens des centres de recherche et des établissements d’enseignement. Les éditeurs de revues scientifiques de référence, au Nord pour la plupart, sont massivement passés de la diffusion exclusive- ment sur papier à des formules d’abonne- ment incluant des versions électroniques, tout aussi onéreuses sinon plus. Les revues électroniques étant en grande partie finan- cées par l’édition papier, il en est résulté de fortes augmentations du prix des abonne- ments (près de 10 % par an en moyenne au cours des dix dernières années). Des hausses difficiles à assumer pour les centres de recherche, surtout ceux des pays en dévelop- pement qui n’ont souvent qu’un très petit budget de documentation. Les producteurs institutionnels d’IST se sont également laissés séduire par le formi- dable potentiel de diffusion d’Internet : ils créent leurs propres sites, portails et lettres d’information, abandonnant même parfois l’impression de bulletins ou d’ouvrages auparavant diffusés aux chercheurs du Sud. “Un accès universel” En isolant les chercheurs, la fracture numé- rique, née de l’inégalité dans l’usage et l’accès aux TIC entre pays riches et pauvres, contribue à la “fracture scientifique”. Unanimement jugée pénalisante pour les pays en développement, la fracture scienti- fique est aussi dommageable pour la recherche mondiale, privée ainsi de regards et d’apports différents. Ce constat a conduit le Sommet mondial de l’information de Genève (Suisse) de 2003 à reconnaître dans sa déclaration de principes la nécessité de “promouvoir un accès universel, avec égalité des chances, pour tous, aux connaissances scientifiques, ainsi que la création et la diffu- sion des informations scientifiques et tech- niques, y compris les initiatives entreprises en vue d’assurer un accès ouvert aux publi- cations scientifiques”. Le Nouveau partena- riat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a lui aussi fait de cet objectif l’une de ses priorités. De multiples initiatives visent à rétablir un équilibre en donnant aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants des pays en développement l’accès gratuit ou à prix réduit à des revues et des publications. C’est le cas du Système de recherche mondiale en ligne sur l’agriculture (AGORA), né en 2003 d’un partenariat entre la FAO et des éditeurs de revues scientifiques (37 aujourd’hui). Quelque 850 institutions du Sud peuvent déjà consulter en ligne 900 revues et publi- cations. AGORA s’élargit actuellement à une centaine de pays à faibles revenus. Depuis juin 2006, CGVlibrary, la biblio- thèque virtuelle du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), permet d’interroger les principales bases de données sur l’agriculture, la sécurité alimen- taire, la pauvreté et l’environnement. Sous réserve de disposer d’une connexion à haut débit – et c’est loin d’être le cas partout –, les chercheurs du Sud ont donc virtuellement la possibilité de s’informer en temps réel de l’actualité de leur discipline. À condition aussi de ne pas se perdre sur la Toile et d’avoir appris à y naviguer. Le foi- sonnement des sites est tel qu’il a fallu créer des portails thématiques aux contenus par- fois redondants. En plein développement, le système du fil RSS permet désormais d’être informé en temps réel et sur un seul écran des dernières nouveautés de quantité de sites sans perdre du temps à les ouvrir et à les visiter. Une visibilité accrue Un autre besoin particulièrement pressant des scientifiques est de faire connaître leurs travaux le plus largement possible. Cette visibilité est d’autant plus importante pour les scientifiques ACP que le volume de leurs publications a fortement diminué au cours des dernières années. L’Afrique, par exemple, a perdu au cours de la dernière décennie 20 % de parts de marché dans l’arène des publications mondiales indexées, selon un rapport sur La science en Afrique à l’aube du Information scientifique et TIC Le désenclavement virtuel : petit Informations à la demande Le service de Diffusion sélective de l’infor- mation (DSI) du CTA permet aux cher- cheurs ACP en sciences agronomiques d’obtenir des informations actualisées sur des sujets de recherche (dits profils) jugés prioritaires par leur institution. Chaque usager reçoit tous les deux mois par cour- riel ou par la poste les résumés des nou- velles publications. Il dispose d’un quota annuel d’unités correspondant par exemple à un article d’une revue, d’un rapport ou d’un ouvrage. Les documents de son choix lui sont envoyés par courrier postal ou par courriel. Pour faire lien entre la recherche et d’autres publics, le service de DSI a été notamment élargi aux leaders d’organisa- tions paysannes. En 2005, 620 chercheurs et décideurs ACP, représentant près de 1 600 profils, ont bénéficié de ce service ; plus de 380 500 références leur ont été fournies au total. SPORE 126 • PAGE 4 Se tenir informés, être lus, échanger : grâce aux TIC, les chercheurs ACP devraient pouvoir mieux participer à la science mondiale. À condition de réduire d’abord la fracture scientifique. Divers projets et initiatives s’y emploient. Ph ot o : H . P in ea u © Te rre n ou rri ci èr e XXIe siècle. À l’origine de ce déficit : le manque de moyens, mais aussi de stratégie de communication des instituts ACP, et les barrières de coût pour se faire publier et de langue posées par les éditeurs. De manière générale, l’omniprésence de l’anglais repré- sente un obstacle pour de nombreux chercheurs non anglophones. Très institu- tionnels, la plupart des sites des instituts de recherche nationaux des pays ACP ne met- tent pas assez en valeur leurs travaux et ne sont pas mis à jour régulièrement. Divers projets s’attachent à faire circuler l’IST produite au Sud. Ainsi, African Journals OnLine (AJOL) contribue à mieux faire connaître la recherche africaine en pré- sentant en ligne les résumés de 250 revues scientifiques publiées sur le continent. Les articles peuvent être commandés gratuite- ment par les utilisateurs des pays en déve- loppement et en payant pour les autres pays. Au sein de l’International Network for the Availability of Scientific Publications (INASP), le Programme de soutien à l’infor- mation de recherche (PERI) cible la produc- tion, l’accès et la diffusion de l’information scientifique et technique par les TIC. La dif- fusion de l’information nationale et régio- nale est une de ses priorités. La révolution du libre accès La concentration de l’édition scientifique évaluée par les pairs aux mains de quelques grandes entreprises, le coût des publications et les délais de parution ont conduit les cher- cheurs du Nord à réagir et à saisir l’occasion que leur offrait le numérique de pouvoir toucher un public plus large plus rapide- ment. Ainsi est né il y a une quinzaine d’an- nées le mouvement dit du libre accès (open access) qui est en train de révolutionner le monde de la communication scientifique. Un chercheur peut déposer ses travaux (article, thèse, cours, etc.) sur un serveur et recevoir les commentaires de ses pairs. Un article ainsi enrichi peut être ensuite publié par un éditeur selon la procédure classique d’évaluation par un comité de lecture. La version finale sera alors mise en ligne sur le serveur en libre accès avec un gain de visibilité évident. Les pionniers du libre accès ont été peu à peu rejoints par les plus hauts représentants de la science mondiale, qui, en 2003, ont signé la Déclaration de Berlin. Par ce texte, ils reconnaissent qu’“Internet a fondamenta- lement changé les réalités économiques et concrètes de la distribution du savoir scienti- fique et du patrimoine culturel. Pour la première fois, Internet offre la possibilité de constituer une représentation globale et interactive du savoir humain, incluant un héritage culturel et une garantie d’accès dans le monde entier”. Le libre accès bénéficie aujourd’hui du soutien d’institutions inter- nationales et alimente des débats passionnés, notamment sur la propriété intellectuelle, l’évaluation de la recherche et les aspects éco- nomiques de l’édition. À noter : libre accès ne signifie pas accès gratuit. Enfin, à l’heure de la mondialisation, les chercheurs doivent pouvoir échanger avec leurs collègues où qu’ils soient. Il est égale- ment important qu’ils puissent faire connaître leur point de vue dans les grands débats en cours sur des sujets comme la modification génétique ou la propriété intel- lectuelle, qui les concernent au premier chef. Le site Scidev.net, lancé en 2001 par l’éditeur de la revue Nature avec le soutien de la coopération britannique, leur permet de faire entendre leur voix et de suivre l’actua- lité scientifique du développement. Des sites spécialisés hébergent des groupes de discus- sion où les chercheurs peuvent intervenir et dialoguer. Dgroups, par exemple, consacré au développement international, abrite près de 2 000 forums à participation libre ou sélective. Rebrancher la recherche des pays ACP sur la science mondiale n’est pas qu’une simple question d’équité. C’est une nécessité vitale pour tous les pays à l’heure où le “village global” a tant de solutions à trouver pour survivre. Voir Repères, page 10 SPORE 126 • PAGE 5 • Information scientifique et TIC Ph ot o : H . P in ea u © Te rre n ou rri ci èr e Glossaire Archive ouverte : Désigne un réservoir où sont déposées des données issues de la recherche scientifique et de l’enseigne- ment et dont l’accès se veut ouvert. Cette ouverture est rendue possible par l’utilisa- tion de protocoles communs. Auto-archivage : Acte par lequel les chercheurs déposent eux-mêmes leurs articles (avant et après publication) dans des archives ouvertes. Blog : Site Web particulier sur lequel une ou plusieurs personnes s’expriment de façon libre selon la périodicité de leur choix. Fil RSS : Les fils RSS (Rich Site Summary ou Really Simple Syndication) sont des flux de contenus gratuits en provenance de sites Internet ou de blogs. Pour les récupérer automatiquement et en temps réel, vous devez être équipé d’un logiciel de lecture spécifique. Une fois le logiciel installé, sélectionnez les fils RSS qui vous intéressent sur les sites où s’affiche le logo . Libre accès : “Mise à disposition gra- tuite de littérature scientifique sur l’Internet public, permettant à tout un chacun de lire, télécharger, copier, trans- mettre, imprimer, chercher ou faire un lien vers le texte intégral de ces articles, les disséquer pour les indexer, s’en servir comme données pour un logiciel, ou s’en servir à toute autre fin légale, sans bar- rière financière, légale ou technique autre que celles indissociables de l’accès et l’uti- lisation d’Internet. La seule contrainte sur la reproduction et la distribution, et le seul rôle du copyright dans ce domaine, devrait être de garantir aux auteurs un contrôle sur l’intégrité de leurs travaux et le droit à être correctement reconnus et cités.” (Initiative de Budapest pour l’accès ouvert). Revue en libre accès : Revue, nouvelle ou existante, qui répond aux exigences de qualité des articles par la présence d’un comité de lecture, mais dont le mode de financement permet une diffusion aussi large que possible sans restriction d’accès et d’utilisation. Wiki : Site Web dynamique dont tout visi- teur peut modifier les pages à loisir. Exemple : Wikipédia Sources : INIST, Wikipédia tour d’horizon L’accès à Internet a révolutionné l’information des chercheurs. Ph ot o : H . P in ea u © Te rre n ou rri ci èr e ■ Dresser ensemble la carte de leur territoire est une belle aven- ture riche de sens pour les membres d’une communauté (Spore 120). Les Ogiek du Kenya en ont fait l’expérience en août dernier, en pratiquant le Système participatif d’information géogra- phique (SPIG) pour construire une maquette représentant leur environnement naturel et culturel (528 km2 à l’échelle 1 : 10 000). Les Ogiek espèrent ainsi valoriser et protéger leur patrimoine et leurs savoirs. Le SPIG s’est avéré un puissant outil de cohésion sociale pour cette communauté de cueilleurs chas- seurs forte de 10 000 personnes et divisée en 21 clans. Pour commencer, les anciens se sont librement accordés pour reconstituer leur environnement tel qu’il était aux alentours de 1925 quand le gouvernement installa une plantation d’arbres ; cet événement marquant de leur histoire devait leur servir de point commun de repère temporel pour l’exercice. Les enfants des écoles ont ensuite construit une maquette vierge figurant le relief. Puis les adultes ont fait appel à leur mémoire directe ou non pour situer ici un ruisseau, là un arbre, ou encore un endroit sacré. Ce furent des moments intenses d’échanges entre générations, entre membres de clans diffé- rents, entre hommes et femmes. À l’issue des séances, en visua- lisant d’un coup sur la maquette toutes leurs connaissances, les participants ont partagé la fierté de mieux comprendre leur envi- ronnement physique, culturel, biologique et social. Dans l’en- thousiasme, une vieille dame s’est exclamée : “Je me sens comme une hirondelle ! C’est la première fois que je peux revoir notre terri- toire comme il était il y a long- temps.” Cet exercice de cartographie participative, facilité par le CTA, l’ONG Environmental Research, Mapping and Information Systems (ERMIS Africa) et le Comité de coordination des peuples autochtones d’Afrique (IPACC), s’est déroulé pendant deux semaines à Nessuit, un village du district de Nakuru, au centre-ouest du Kenya. Sites Web : www.ipacc.org.za www.ermisafrica.org En bref • SPORE 126 • PAGE 6 Savoirs en relief OMC, APE : l’Afrique de l’Ouest tente d’élargir le dialogue ■ Comme les autres régions ACP, l’Afrique de l’Ouest est impliquée dans une série de négociations commerciales mul- tilatérales, à l’OMC, et bilatérales (APE, Accords de partenariat économique) avec l’UE. Ces négociations auront un impact majeur sur le commerce agricole de la sous-région et donc sur l’avenir des économies ouest-afri- caines. Les négociations à l’OMC sont suspendues depuis juillet dernier pour permettre aux diffé- rents pays membres de prendre du recul et d’affiner leurs posi- tions. Les négociations des APE quant à elles entrent dans la phase critique de rédaction du projet d’accord, alors même qu’aucun consensus ne semble se dégager. En effet, la société civile ouest-africaine et en particulier les organisations professionnelles agricoles sont très critiques vis-à- vis de l’approche actuelle. Dans ce contexte, la Conféren- ce des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC) a organisé du 30 août au 1er septembre 2006, à Saly Portudal (Sénégal), un atelier intitulé “les enjeux majeurs du commerce et des politiques agricoles en AOC : élargir le dialogue pour bâtir une alliance”. Cet atelier régional financé par le CTA, l’International Lawyers and Economists Against Poverty (ILEAP) et l’African Capacity Building Foundation (ACBF) a permis de dresser un état des lieux des négociations agricoles à l’OMC et des négocia- tions APE, d’identifier les liens et les stratégies communes et sur- tout de lancer la création d’al- liances et de réseaux d’acteurs (parlementaires, journalistes, chercheurs, décideurs) au niveau régional afin de poursuivre le dia- logue et d’influencer le cours des négociations actuelles. Sites Web: www.cmaoc.org http://agritrade.cta.int/fr Toute la communauté des Ogiek au Kenya participe à la cartographie de son environnement. Réseauter dans le Pacifique ■ Un nouveau réseau a été lancé dans la région Pacifique. Son objectif : favoriser le dialogue sur les politiques agricoles régionales entre agences gouvernementales, communautés agricoles, organisations paysannes, ONG, groupements de femmes et de jeunes. Les fondations du Réseau pour la politique régionale agricole et forestière du Pacifique (PRAFPNet) ont été jetées lors de l’atelier organisé par le CTA et le Secrétariat général de la Communauté du Pacifique (SPC) en août 2006 à Nadi (Fidji). L’inscription au réseau est ouverte à tous, particuliers, organisations ou autres réseaux liés à l’agriculture et à la foresterie. Le SPC se charge de la coordination. ✍ Pacific Regional Agricultural and Forestry Network c/o Land Resources Division SPC Private Mail Bag Suva Fidji Fax : +679 337 0021 E-mail : InokeR@spc.int Site Web : www.spc.int Le retour de l’ota ■ Grâce à une initiative du ministère de l’Agriculture des Fidji, on peut de nouveau cultiver dans les jardins familiaux l’ota (Athyrium esculentum), légume traditionnel autrefois très consommé dans le Pacifique. Ces dernières années, l’abattage des arbres et les feux intempestifs ont considérablement diminué les stocks d’ota sauvage, que l’on récoltait en forêt depuis des générations. Des chercheurs ont planté des boutures de plants découverts dans la province de Namosi sur une parcelle de démonstration ; ils ont protégé les plants du soleil et répandu de la sciure sur le sol pour en préserver l’humidité. Selon eux, l’ota est facile à cultiver, idéale pour les petits agriculteurs comme pour les citadins. ✍ Sigatoka Research Station Ministry of Agriculture, Sugar & Land Resettlement Box 24, Sigatoka Fidji Fax : +679 520 307 E-mail : apisainu@is.com.fj Îlot modèle ■ Le projet “Amatuku” veut faire de Tuvalu un exemple pour tous en matière de respect de l’environnement. La première pierre d’un Centre de formation aux énergies renouvelables a été posée en août dernier sur un îlot de 0,1 km2 de l’atoll Funafuti, Deux digesteurs de déchets fournissant du biogaz, une petite unité de production de biodiesel, une éolienne et des cellules photovoltaïques seront installés sur cet îlot dans le cadre du plan Small is beautiful. Une leçon de courage pour ce petit pays menacé par le changement climatique. Site Web : www.alofatuvalu.tv/page _cadres_fr.html Ph ot os : C TA © G . R am ba ld i • En bref Sucres de demain ■ Le Brésil, premier producteur mondial de sucre, investit dans la recherche de nouveaux produits à haute valeur ajoutée tirés de la canne : rehausseurs de goût, emballages écologiques et même alicaments et médicaments. Des entreprises de biotechnologie spécialisées se créent pour développer des produits innovants. Déjà pionnier dans la production de bioéthanol à partir de la canne, le Brésil entend prendre ainsi une nouvelle avance technologique. ■ Confrontée à l’érosion des marges préférentielles des pays ACP sur les marchés européens du sucre (voir Spore 122), la Barbade construit une raffinerie de sucre de plusieurs millions de dollars dans le cadre d’un plan de restructuration et de diversification de l’industrie. Ce nouveau complexe, qui devrait ouvrir en 2008, fabriquera divers produits, dont 10 000 t annuelles de sucres spéciaux d’exportation. Il inclura une centrale énergétique et une distillerie pour la production d’éthanol carburant – 14 millions de litres pour commencer, sur les 20 millions prévus à terme. Trêve de la pêche au chalut ■ Quatre grandes compagnies de pêche ont prononcé un moratoire sur la pêche au chalut dans 11 zones de grands fonds du sud de l’océan Indien. Le but est de préserver la flore et la faune des fonds marins, et ainsi la biodiversité, dans ce qui devient l’une des plus larges zones maritimes protégées au monde. Les quatre compagnies (australienne, mauricienne, néo-zélandaise et namibienne), qui dominent la pêche au chalut dans la région, ont formé une association (SIODFA) et délimité un territoire de 309 000 km2 de fonds marins interdits à leurs navires. Afin de vérifier l’application de ces restrictions volontaires, elles suivront les déplacements et activités de leurs bateaux par un système satellite spécial. Analyse des sols ■ Des chercheurs de l’Institut britannique Rothamsted Research ont mis au point un nouveau programme informatique capable d’estimer les variations et la complexité de la composition du sol en temps réel pendant le processus d’échantillonnage. Un modèle mathématique détermine les variations de la composition du sol à travers une aire déterminée. L’accumulation des données aboutit à une cartographie fiable. Un outil qui pourrait permettre aux petits producteurs de mieux connaître leurs terres et d’utiliser les quantités adéquates d’engrais pour de meilleurs rendements. ✍ Rothamsted Research Harpenden, Hertfordshire AL5 2JQ Royaume-Uni Fax : + 44 (0) 1582 760 981 Site Web : www.rothamsted.ac.uk SPORE 126 • PAGE 7 ■ La découverte d’un site où Lippia multiflora est endémique a changé la vie d’une communauté agricole fragile de Trayonya au Ghana. La vente des feuilles de cette plante utilisées comme tisane aromatique a permis aux producteurs d’améliorer leurs conditions de vie. Épaulés par le Programme de développement agro-indus- triel des produits à base de plantes africaines (ASNAPP), 30 ménages ont créé une coopérative très active dans la récolte et la commercialisation de ces feuilles. Cette plante n’avait jamais été exploitée alors qu’elle pousse probablement dans la région depuis des siècles. L’ASNAPP a accordé une sub- vention au groupe pour fabriquer un séchoir tandis que des cher- cheurs formaient les agriculteurs aux techniques de culture et d’après récolte de Lippia multi- flora. Le Centre de recherche scientifique sur les plantes médi- cinales (CSRPM) de l’OMS est intervenu dans le conseil sur la commercialisation des feuilles séchées. Les espèces du genre Lippia sont depuis longtemps utilisées comme tisanes en Afrique. L’infusion de feuilles traite traditionnellement les fièvres, les troubles gastro- intestinaux, les entérites, les toux et les rhumes. Avec du miel ou du sucre, c’est aussi un breuvage délicieux. Les agriculteurs de Trayonya ont bénéficié d’une formation de base en gestion financière. Ils ont vu leurs revenus pratiquement dou- bler depuis qu’ils ont commencé à vendre la tisane. Le prix est passé de 4 000 cedi (0,35 €) à 7 600 cedi (0,67 €) le kilo. Il est prévu d’augmenter la valeur ajou- tée et les bénéfices grâce à la vente de la tisane en sachets sur les mar- chés régionaux et internationaux. ✍ ASNAPP - Ghana P.M.B. (18) Kanda Accra Ghana Fax : +233 21 505-617 E-mail : info@asnapp.org Site Web : www.asnapp.org ■ Les affaires marchent pour Bernadette Namusisi du district de Mukono en Ouganda. Bernadette fabrique du vin d’hi- biscus (Hibiscus sabdariffa). Elle avait tenté de faire du vin de papaye et du jus d’ananas avant de se lancer dans le vin d’hibis- cus. Cette boisson rouge et sucrée a une teneur en alcool de 7 % et fait un tabac auprès des consom- mateurs. L’hibiscus est connu sous le nom de bissap au Sénégal, poivrier de la Jamaïque (sorrel) dans les Caraïbes et marakwanga dans le nord de l’Ouganda. La première récolte de Bernadette a été modeste : 8 kg qui ont donné quatre bidons de vin. Mais la saison dernière, elle en a récolté 51 kg et elle vient de planter un demi-hectare de plus. Chaque capsule contient 25-30 graines qui se multiplient rapidement. La récolte débute dès le sixième mois et le vin met six autres mois pour arriver à maturité. Les plants peuvent être cultivés asso- ciés au maïs ou en alternance avec des haricots, du niébé ou des ara- chides. Avec les fruits, on peut fabriquer du jus et des confitures. Bernadette envisage à présent de lancer un jus d’hibiscus pour les clients qui ne boivent pas d’alcool. En Mauritanie, la bonne idée de Mamadou Ly a fait son che- min. Délicieuse et très sucrée, sa confiture de dattes s’exporte bien. Détenteur de deux brevets pour le procédé de fabrication d’une confiture sans conservateur, ce Mauritanien, épaulé par des par- tenaires locaux et étrangers, lance en 2005 la Confiturerie nationale de Mauritanie (CONFINAM). Coût global de l’investissement : 300 millions FCFA (457 000 €). Depuis bientôt un an, l’usine, installée à Atar, à 400 km de Nouakchott, emploie une cen- taine de personnes et fabrique 250 kg de confiture à l’heure. À terme, l’entrepreneur et son équipe, qui exportent déjà 60 % de leur production vers l’UE, ambitionnent de créer une gamme complète d’aliments. Confitures, bien sûr, mais aussi jus, sirops et boissons. Ph ot o : © C IRA D Le goût d’entreprendre L’hibiscus et les dattes mieux valorisés en Ouganda et en Mauritanie Une tisane qui réveille les revenus Lippia multiflora : une plante traditionnelle redécouverte au Ghana Ph ot o : © A SN AP P Ph ot o : © P N UD En bref • Riz à succès G ra ph iq ue : © g en om eb io lo gy .c om ■ La demande mondiale de riz devrait, selon les prévisions, aug- menter de 153 millions de tonnes d’ici 2030. La chasse aux solu- tions pour doper les rendements est donc ouverte. Le défi est d’au- tant plus grand que les terres et l’eau pour la riziculture sont en diminution constante. Le séquençage complet du génome du riz, achevé en 2005, a permis de sélectionner une nouvelle génération de variétés qui ont de meilleurs rendements, résistent à divers stress et utilisent l’eau plus efficacement. Trois programmes de recherche ont obtenu des résultats qui laissent espérer une amélioration de la riziculture durable. Variétés tolérantes à l’inondation Des scientifiques ont identifié un gène qui permet au riz de survivre plus longtemps en immersion totale, ouvrant ainsi la voie au développement de varié- tés résistantes aux inondations. Cette innovation résoudrait l’un des défis les plus anciens de l’agri- culture et pourrait améliorer la vie de millions de riziculteurs. Le riz est la seule céréale qui tolère la submersion, mais la plu- part des variétés meurent en cas de submersion complète prolon- gée. Lorsque la plante est sous eau, elle n’a plus assez d’oxygène et de dioxyde de carbone pour réaliser la photosynthèse et respi- rer. Elle meurt habituellement au bout de quatre jours. Les pertes annuelles de riz dues aux inonda- tions sont estimées à plus de 1 milliard $ US (786 000 €). À l’aide des techniques de car- tographie génétique, des cher- cheurs aux Philippines et aux USA ont identifié un groupe de trois gènes liés aux processus bio- logiques qui rendent le plant de riz résistant à l’immersion. Ils se sont ensuite concentrés sur l’un de ces trois gènes, le Sub1A. Ils ont découvert que, lorsque celui- ci est surexprimé ou suractivé, une variété de riz normalement intolérante à l’immersion devient tolérante. Grands espoirs pour le riz C4 Les résultats de la recherche internationale pour améliorer la capacité de photosynthèse des plants de riz sont promet- teurs. Cet objectif passe par ce que les experts nomment la conver- sion des plants C3 en plants C4, “C” indiquant le taux de carbone cap- turé par photo- synthèse pour la croissance. Plus la plante capte d’éner- gie solaire, plus elle va produire et, selon les chercheurs, C4 offre un réel espoir d’augmentation importante des rendements du riz à l’hectare. “Le C4 pourrait produire de 15 à 20 % de plus que les variétés et hybrides exis- tants les plus performants”, affirme M. Nguu Nguyen, secré- taire de la Commission interna- tionale du riz. Résistance au virus de la panachure jaune Des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD, France) ont identifié le gène de la résistance à l’une des plus graves maladies des rizières africaines : la panachure jaune du riz. Le virus, transmis par un insecte, provoque de fortes baisses des rendements rizicoles depuis une quarantaine d’années en Afrique. Après avoir observé que cer- taines variétés de riz échappent à la maladie, les chercheurs ont identifié un gène, Rymv1, qui doit interagir avec le virus pour que celui-ci se développe, mais dont la forme observée chez les variétés résistantes ne permet pas l’interaction. Par la suite, des croisements conféreront cette résistance à des variétés de riz à haut rendement, particulièrement affectées par la panachure. La sélection variétale sera confiée au Centre du riz pour l’Afrique (ADRAO) et à des instituts de recherche nationaux en Côte d’Ivoire, à Madagascar et au Sénégal. Site Web : www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2006/ fas247.pdf Le séquençage du génome du riz ouvre de vastes perspectives pour la recherche de nouvelles variétés. Ph ot o : © S yfi a Int er na tio na l SPORE 126 • PAGE 8 Concombres de mer ■ Les concombres de mer ou holothuries intéressent à présent les Mauriciens qui cherchent à les élever. Malgré leur aspect peu engageant, ces gros vers marins d’une dizaine de centimètres, de la famille des échinodermes, ont été partout victimes de l’appétit des gourmets asiatiques. Vendus entre 13 et 25 € le kilo sur le marché mondial, ils sont activement pêchés par les populations côtières, notamment, à l’est de la Papouasie-Nouvelle- Guinée et à Madagascar où ils ont presque disparu de certaines zones. Des chercheurs mauriciens ont mis au point une technique de reproduction de certaines espèces d’holothuries, qui consiste à provoquer la ponte par choc thermique. Les larves sont ensuite élevées dans des cuves et nourries avec des micro-algues. Contre la pêche de contrebande ■ Le programme FishCode de la FAO organise pour les services de pêche une série d’ateliers pratiques afin de renforcer leurs techniques de lutte contre la pêche illégale, non déclarée ou non réglementée (INN) et de les entraîner aux meilleures pratiques d’inspection des navires de pêche. Un autre objectif est d’améliorer la communication entre services afin qu’ils échangent leurs informations sur les contrevenants récidivistes. Le premier atelier, organisé avec l’Agence des pêches du Forum du Pacifique Sud, s’est déroulé aux Fidji en août 2006. ✍ George Kouros FAO Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie Fax : +39 06 570 3729 E-mail : george.kouros@fao.org Les malheurs du kava ■ Spore a suivi les avatars du kava (Piper methysticum), plante originaire du Pacifique et interdite depuis 2002 en France puis en Allemagne, car soupçonnée d’être à l’origine de cancers du foie. La Grande-Bretagne, suite aux résultats d’études scientifiques, a maintenu l’interdiction de tous les produits médicinaux ou alimentaires contenant du kava, malgré les protestations de l’industrie phytothérapeutique. Cette plante aux propriétés sédatives bien connues et utilisée depuis des temps immémoriaux dans les îles du Pacifique avait trouvé des débouchés dans certains pays d’Europe, en Australie et aux USA en phytothérapie et comme ingrédient dans des tisanes, des produits céréaliers, des smoothies (boissons à base de fruits frais) et des boissons énergisantes. ■ L’organisation ougandaise ICTARD recourt aux TIC pour améliorer le sort des agriculteurs marginalisés. Elle aide ceux-ci à augmenter leur productivité en leur donnant accès à des informa- tions essentielles comme les prévisions météo, des conseils agricoles et les prix du marché. L’un de ses premiers succès est le FICOM, un projet pilote qui utilise les technologies mobiles pour aider les petits agriculteurs à améliorer leurs revenus. Un sys- tème d’information sur les mar- chés met en contact vendeurs et acheteurs. Un site Internet four- nit des conseils sur les meilleures pratiques de culture et d’élevage et le système RANET permet aux agriculteurs d’accéder à l’infor- mation sur le Net au moyen d’ordinateurs et de radios numé- riques WorldSpace qui ne nécessi- tent pas de connexion Internet. RANET est une collaboration internationale qui permet une meilleure diffusion de l’informa- tion climatique et environne- mentale auprès des populations isolées (www.ranetproject.net). ICTARD a également équipé des groupements villageois d’ordina- teurs, de photocopieurs, d’impri- mantes et de téléphones portables et appris aux producteurs à obte- nir les prix des marchés par SMS. Il est prévu d’étendre au reste du pays ce projet actuellement cen- tré sur le district de Kayunga. ✍ ICTARD Plot 4654, Kazimiri Road Muyenga, PO Box 4456 Kampala Ouganda E-mail : info@ictard.org Site Web : www.ictard.org Moins marginalisés grâce aux TIC ■ Les acteurs du secteur agricole de la région Pacifique peuvent à présent se connecter à Internet par satellite. Le Service multimé- dia de First Voice International (FVI-MMS) leur permet de s’in- former sur l’agriculture, le VIH/sida, le climat ou les tech- nologies grâce à une simple connexion entre ordinateur per- sonnel ou ordinateur portable et un récepteur satellite. Spore et d’autres informations du CTA, sous le nom de Spore Plus, sont également accessibles via ce ser- vice. Les utilisateurs peuvent télé- charger 64 kilobits par seconde (kbps) de documents directe- ment sur disque dur, sans dépendre d’aucune infrastructure terrestre ni d’un fournisseur Internet. Le personnel d’ONG agricoles et de services de vulgari- sation s’est familiarisé avec cette technologie lors d’un atelier orga- nisé par le CTA du 17 au 21 juillet 2006 à Nadi, aux Fidji, en collaboration avec le Secrétariat général de la commu- nauté du Pacifique. Les participants se sont initiés aux concepts fondamentaux de la transmission numérique et du système radionumérique par satellite. Ils ont aussi appris à télécharger l’information d’un satellite vers un ordinateur, de même qu’à monter et démonter une antenne parabolique afin d’en augmenter le signal – une nécessité en raison de la topogra- phie de la plupart des îles du Pacifique. Ce système devrait se révéler utile pour l’accès à des informa- tions actualisées et leur diffusion auprès des communautés rurales isolées de la région. En effet, beaucoup d’ONG et de services de vulgarisation agricole ne sont pas couverts par le réseau Internet. D’autres n’ont qu’un accès limité ou intermittent, ou dépendent de fournisseurs d’ac- cès très chers. Forts de leur savoir, les participants à l’atelier vont pouvoir apprendre à leurs col- lègues et partenaires à se servir de cette technologie. ✍ CTA Postbus 380 6700 AJ Wageningen Pays-Bas E-mail : cta@cta.int L’information agricole par satellite Ph ot o : © LI N KS • En bref ■ L’anthurium, plante ornemen- tale de la famille des Aracées, retrouve une seconde jeunesse dans sa patrie d’origine, l’île Maurice. Deux centres de recherche de l’île, le Food and Agricultural Research Council (FARC) et l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU), ont lancé cinq variétés prometteuses, développées à par- tir d’espèces résistantes aux mala- dies. Objectif : donner un nouvel essor à la culture de cette fleur pour les marchés domestique et d’exportation. Au début des années 1980, le pays était le deuxième exporta- teur au monde après les Pays-Bas. Plus récemment, la forte concur- rence de nouveaux pays jointe à l’interdiction d’importer de nou- velles variétés étrangères en raison de la propagation de la bactérie Xanthomonas axonopodis p.v dif- fenbachiae ont freiné le dévelop- pement de la culture. En 2005, Maurice a exporté pour environ 2,3 millions € d’anthurium. Par ailleurs, des chercheurs des Caraïbes ont réussi à développer des variétés résistantes aux mala- dies, ce qui laisse espérer une renaissance de la culture d’anthu- riums dans la région. À la fin des années 1980, les cultivateurs des Caraïbes produisaient plus de 10 millions d’anthuriums par an, mais la production s’est par la suite effondrée en raison des maladies bactériennes. Un labo- ratoire de culture de tissus a été installé à l’Université des Indes occidentales à Trinidad pour approvisionner les planteurs en matériel végétal amélioré. SPORE 126 • PAGE 9 Bananes du Burkina ■ La crise ivoirienne a été une chance pour les producteurs de bananes burkinabé. Le ralentissement des échanges entre les deux pays a permis au Burkina de raffermir sa filière banane. Lui qui, il y a quelques années, importait de son voisin l’essentiel de sa consommation en produit à présent 15 000 t par an, de quoi couvrir ses besoins et même exporter vers le Mali et le Niger. Au Burkina Faso, parmi les cultures irriguées, la banane est celle qui rapporte le plus aux producteurs. Robusta haut de gamme ■ Soutenu par l’Organisation internationale du café (OIC), le Gabon entend jouer la carte de l’excellence pour son café robusta qui, en 2005, a été primé au Salon du terroir à Paris. L’origine et la qualité, scrupuleusement contrôlées, donneront une plus grande valeur ajoutée à ce robusta d’exception. Le Gabon souhaite ainsi relancer sa production caféière, divisée presque par dix depuis les années 1980 et le boom de la production pétrolière. La Côte d’Ivoire, la Guinée et le Togo bénéficient également de l’appui de l’OIC pour mieux valoriser leur robusta. Poissons colorés ■ Une unité sud-africaine se lance dans la production d’astaxanthène, un pigment tiré d’algues planctoniques, utilisé pour nourrir et colorer les poissons d’ornement. Ce pigment aux propriétés anti- oxydantes supérieures à celles de la vitamine E et du bêta-carotène se vend 2 000 € le kilo sous forme de poudre aux industries européennes spécialisées. L’astaxanthène est également commercialisé comme complément alimentaire pour les humains. L’unité sud-africaine s’est fixé un objectif de production de 1 600 kg par an. Site Web : www.biotech-weblog.com/ 50226711/cape_carotene_to_pro duce_astaxanthin_from_algae.php Lait équitable ■ Après le poulet congelé, la poudre de lait. L’ONG SOS Faim lance une nouvelle campagne internationale pour souligner les effets néfastes des exportations de lait subventionnées sur l’élevage et l’agriculture familiale en Afrique. Elle vise à convaincre l’UE d’inclure la notion de protection des marchés intérieurs des pays ACP dans les discussions sur les Accords de partenariat économique (APE). ✍ SOS Faim Rue aux Laines 4 1000 Bruxelles Belgique Fax : +32 2 514 47 77 E-mail : info@sosfaim.be Site Web : www.sosfaim.org L’anthurium s’épanouit SPORE 126 • PAGE 10 Repères • Le maquis de l’informationscientifique et technique(IST) est devenu très dense sur le Web. Pour s’y retrouver, il importe donc de démarrer du bon pied. Le site du Réseau INASP, qui se consacre à la circu- lation de l’information scienti- fique notamment entre les pays dont les systèmes de publication et de diffusion sont les moins développés, est un bon point de départ. Si vous lisez l’anglais, il vous permettra de poursuivre votre chemin vers les nombreux autres projets et partenaires. Citons, par exemple, le pro- gramme African Journals OnLine (AJOL), base de données de jour- naux scientifiques publiés en Afrique, qui couvre plusieurs disciplines. Le Système de recherche mondiale en ligne sur l’agriculture (AGORA) donne, lui, accès gratuitement ou à faible coût à la littérature scientifique dans ce domaine. Également en lien avec la FAO, AGRIS, le système international d’informa- tion pour les sciences agricoles et la technologie, fait circuler l’IST entre 240 centres nationaux, internationaux et intergouverne- mentaux. Il existe sur la Toile quantité de bibliothèques virtuelles spéciali- sées. Une liste de celles-ci se trouve sur le site du United States Agricultural Information Network (USAIN). La toute récente CGVlibrary est une mine, qui renvoie entre autres aux bibliothèques des centres du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) – voir aussi page 11. Dix pays d’Afrique subsaharienne bénéficient déjà du Système d’information scientifique et technique (SIST), qui vise à encourager et développer les échanges, la production et la diffusion d’IST en Afrique. Pour ce qui est des applications des TIC dans la recherche agri- cole des pays ACP, n’oubliez pas bien sûr ICT Update, le portail du CTA en français et en anglais. Vous pouvez aussi rejoindre diffé- rents forums ouverts sur ce sujet sur Dgroups, dont le très animé groupe de discussion intitulé Information and agricultural services (iNARS). À noter aussi le site de l’Association internationale des spécialistes de l’information agricole (IAALD), qui s’est enrichi récemment d’un volet Afrique où les scientifiques pour- ront à terme échanger leurs expériences. Visitez aussi Google Scholar qui répertorie les travaux universitaires, et le site de SciDev, pour suivre l’actualité de la science du développement. Le “libre accès” ou open access est un sujet complexe sur le plan technique et qui suscite bien des débats. Ses enjeux sont importants pour les pays ACP. Avant d’en découvrir les infinies ressources, vous pouvez d’abord vous familiariser avec cette notion en allant sur Wikipédia, l’encyclopédie en ligne, puis approfondir en vous rendant sur celui très complet et très pointu de l’Institut de l’information scientifique et technique (INIST). Vous y trouverez notamment une liste des principales initiatives de libre accès vers les pays en déve- loppement. Enfin, pour ceux que le débat global sur le sujet inté- resse, deux sites partiellement bilingues valent le détour : Le libre accès à l’information scientifique et technique, en lien avec l’INIST, et Archive ouverte en sciences de l’information et de la communication (@SIC). La science au bout des doigts Pour en savoir plus AGORA Site Web : www.aginternetwork.org/fr/ AGRIS Site Web : www.fao.org/agris/Default_Fr.htm AJOL Site Web : www.ajol.info/index.php?jid=1 @SIC http://archivesic.ccsd.cnrs.fr CGVlibrary Site Web : http://vlibrary.cgiar.org Dgroups Site Web : www.dgroups.org/ Forum iNARS Site Web : www.dgroups.org/groups/iNARS Google Scholar Site Web : http://scholar.google.com/ intl/fr/scholar/about.html IAALD Site Web : www.iaald.org/ ICT Update Site Web : ictupdate.cta.int/ INAPS Site Web : ww.inasp.info/index.html INIST Site Web : www.inist.fr/openaccess/fr/ openaccess_impl_initiatives.php SciDev Site Web : www.scidev.net/ SIST Site Web : www.sist-sciencesdev.net/index.html USAIN http://usain.org/developingresources. html Wikipédia Site Web : http://fr.wikipedia.org/ wiki/Portail:Informatique Ph ot o : H . P in ea u © Te rre n ou rri ci èr e Des forêts et des droits Le Centre pour la rechercheforestière internationale(CIFOR) est spécialisé sur les liens entre la forêt et les hommes. Également en anglais, le site de l’Institut international pour l’environnement et le déve- loppement (IIED) consacre une section à la foresterie et au fon- cier. Le site du Département des forêts de la FAO, quant à lui, fournit des informations sur la foresterie communautaire, en français, en anglais et en espa- gnol, sous la rubrique Forêts et populations. La synthèse des actes du XIIe Congrès forestier mondial de Québec en 2003, intitulée La forêt, source de vie, traite largement la question de l’harmonie entre les gens et les forêts. Plus militante, l’ONG américaine Forest trends soutient les communautés et les peuples indigènes dans une optique de développement durable de la forêt. L’ouvrage Tendances du droit forestier en Afrique et en Europe, gratuit en ligne, cible les aspects juridiques en Afrique franco- phone et anglophone. Pour un retour aux sources législatives, la base de données FAOLEX permet de rechercher des textes de loi, en vigueur ou abrogés, pays par pays. Pour en savoir plus CIFOR Site Web : www.cifor.cgiar.org IIED Foresterie et foncier Site Web : www.iied.org/NR/forestry/index.html FAO Département des forêts Site Web : www.fao.org/forestry/index.jsp • Tendances du droit forestier en Afrique et en Europe FAO, 2003, 211 p. ISBN 92 5 204686 0 18 $ US • 14 € Téléchargeable sur : ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/006/ y2777f/y2777f00.pdf • La forêt source de vie FAO, 2004, 142 p. ISBN 92 5 205161 9 14 $ US • 11 € E-mail : publications-sales@fao.org Site Web : www.fao.org/icatalog/inter-f.htm FAOLEX Site Web : http://faolex.fao.org/ faolex_fra/index.htm Forest trends Site Web : www.forest-trends.org/index.php SPORE 126 • PAGE 11 • Publications Publications ■ Environ 60 % de la population de la planète vivra probablement en milieu urbain d’ici à 2030. Inquiétant, car le chômage, la faim et la malnutrition sont déjà omniprésents dans la plupart des grandes villes. Pour tenter de faire face, certains citadins cultivent eux-mêmes. Les politiques locaux considèrent encore trop souvent cette agriculture urbaine comme une source de désordres. D’autres se rendent heureusement compte que, bien gérées, ces activités peuvent au contraire contribuer à la sécurité alimentaire. Elles créent aussi des emplois et appor- tent une valeur ajoutée aux espaces vacants de la ville. Cet ouvrage expose les recherches entreprises pendant deux décennies par le Centre de recherches pour le développe- ment international (CRDI) et ses partenaires. Il formule plusieurs principes clés pour mieux gérer cette forme d’agriculture : conce- voir de façon participative les politiques d’aménagement, per- mettre aux producteurs urbains d’utiliser des espaces libres privés et publics, et favoriser leur regroupement. Et une première recommandation à l’intention des responsables locaux : se poser la bonne question, à savoir “Que peut faire l’agriculture urbaine pour ma ville ?” et non l’inverse. Cultiver de meilleures villes Agriculture urbaine et développement durable Par L. J. A. Mougeot CRDI, 2006, 136 p. Cédérom inclus ISBN 1 55250 2279 Téléchargeable gratuitement en ligne : www.crdi.ca/un_focus_villes/ ev-95297-201-1-DO_TOPIC.html CRDI CP 8500 Ottawa (Ontario) K1G 3H9 Canada Fax : +1 613. 238 7230 E-mail : info@idrc.ca Pour être informé des nouvelles parutions, inscrivez-vous sur : www.idrc.ca/idrcbulletin Paysans des villes Vivre avec le sida (suite) Le manuel pratique présenté dans Spore 125 est disponible sur cédérom. Il explique les liens entre régime alimentaire, environnement, hygiène et immunité. Des tableaux et des dessins permettent d’animer des ateliers riches en exercices interactifs et en discussions. Comment Vivre Positivement Un manuel pratique pour faciliter l’action communautaire dans les zones affectées par le VIH/SIDA Par S. L. J. Page et F. Nyakanda CTA/CABI, 2006 Cédérom CTA n° 1311 5 unités de crédit Le CRDI sur cédérom ■ Tout un site Web sur un double cédérom gratuit ! Cette mine d’informations du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), disponible pour ceux qui n’ont pas de connexion Internet, contient, entre autres, plus de 100 livres en version intégrale et quatre dossiers de développement. CRDI 2006 Cédérom (voir adresse CRDI ci-contre) Commande en ligne : www.crdi.ca/un_focus/ev-1-201- 1-DO_TOPIC.html Bonne conduite ■ Ce document mondial d’orientation s’adresse aux instances publiques et privées qui distribuent ou utilisent des pesticides. Code international de conduite pour la distribution et l’utilisation des pesticides. Version révisée FAO, 2006, 42 p. ISBN 92 5 205411 1 12 $ US • 9 € FAO Division de l’information Service de la gestion des publications Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie Fax : +39 06 5705 3360 E-mail : publications-sales@fao.org Site Web : www.fao.org/icatalog/inter-f.htm Manuels en ligne ■ Spore a déjà signalé l’existence de l’encyclopédie en ligne gratuite Wikipédia. Mais avez- vous déjà entendu parler de sa sœur Wikibooks, collection de manuels en accès libre et source utile d’informations gratuites en ligne ? Ce portail en rapide expansion, que vous pouvez consulter par thème ou par ordre alphabétique, propose à l’heure actuelle plus de 20 000 textes en anglais et 2 300 en français. Comme pour Wikipédia, les visiteurs peuvent y contribuer et y mettre leurs propres publications en ligne, puis en modifier le contenu ultérieurement. Site Web : http://fr.wikibooks.org ■ Que celui qui ne s’est jamais cassé la tête sur un cadre logique lève le doigt ! Cet ouvrage, uni- quement disponible sur Internet, vient au secours de tous ceux qui sont amenés à présenter un projet à des bailleurs de fonds. Les tableaux logiques simplifiés per- mettent de montrer de façon syn- thétique la logique interne d’un projet. Leur construction vous aide aussi à clarifier vos propres objectifs. Ce guide, qui explique l’usage des cadres logiques simplifiés et le suivi-évaluation d’un projet, fait suite à un premier tome axé sur la conception, la présentation et la conduite d’un projet. Des outils pour programmer, évaluer et présenter ses projets. Faciliter la mise en débat et se référer aux objectifs initiaux à chaque étape d’un projet. Les Tableaux logiques simplifiés, tome 2. Coopérer aujourd’hui n° 47 Par Daniel Neu Téléchargeable sur le site du GRET : www.gret.org/ressource/pdf/07740.pdf Tableaux logiques simplifiés, tome 1 Représenter la logique d’un projet pour mieux en débattre. Un outil pour faciliter la conception, la pré- sentation et la conduite d’un projet : les tableaux logiques simplifiés Coopérer aujourd’hui n° 43 www.gret.org/ressource/resume.asp? cle=179 Des projets bien présentés Si vous êtes producteur ou exportateur en Afrique de l’Ouest et que vous souhaitez vendre des produits agricoles aux États-Unis, en Europe ou au Japon, ce fascicule d’une quaran- taine de pages, illustré de sympa- thiques dessins, vous aidera à y voir plus clair. Vous découvrirez d’abord les principales réglementations de ces pays avant d’aborder les six grands programmes de certifica- tion volontaire (label bio ou équi- table, par exemple) avec leurs objectifs, avantages et contraintes et la marche à suivre pour les obtenir. Un carnet de bonnes adresses sous forme de liens vous permettra d’aller plus loin sur Internet et de suivre notamment l’évolution des réglementations. Guide pratique pour les producteurs et les exportateurs de l’Afrique de l’Ouest. Réglementations, normes et certification pour l’exportation de produits agricoles FAO/CTA, 2006, 44 p. CTA n° 1323 10 unités de crédit Bien certifié, bien exporté Publications • SPORE 126 • PAGE 12 Une révolution doublement verte ■ Comment nourrir les 9 mil- liards d’êtres humains que comp- tera la Terre en 2050 ? C’est la question lancinante à laquelle cet ouvrage très documenté tente de répondre en traçant surtout des pistes de réflexion. Faut-il limiter les naissances, étendre les surfaces cultivées ou les terres irriguées, favoriser les échanges, déplacer les populations ? Toutes ces solu- tions passées en revue sont insuf- fisantes tant les besoins sont énormes : l’Afrique doit quintu- pler sa production pour que tous ses habitants mangent à leur faim au milieu du siècle. Pas question pour autant de tenter une nouvelle révolution verte à laquelle l’ouvrage consacre un long chapitre : elle a montré ses limites sur le plan des rende- ments et causé de graves pro- blèmes écologiques tels que pollutions, déforestation et éro- sion de la biodiversité. L’auteur propose plutôt de ten- ter une “révolution doublement verte”. Comme la révolution verte, elle doit permettre d’ac- croître notablement la production et être économiquement viable mais elle doit en outre respecter l’environnement. Elle fait appel à l’écologie scientifique et aux mécanismes du vivant : contrôler plutôt qu’éradiquer les mauvaises herbes ou les insectes, améliorer les conditions de vie des animaux plutôt que de les traiter aux anti- biotiques. Il ne s’agit plus de maximiser les rendements en arti- ficialisant le milieu et en forçant la nature à coups d’engrais et de traitements chimiques. Il s’agit plutôt d’utiliser au mieux les fonctionnalités de l’écosystème, pour améliorer durablement la production, par exemple en recy- clant la biomasse, en préférant les cultures associées à la monocultu- re, en pratiquant la lutte biolo- gique contre les prédateurs. Proche de l’agriculture biolo- gique, la révolution doublement verte n’exclut pas pour autant l’utilisation raisonnée d’intrants. Elle suppose aussi une nouvelle politique agricole basée sur l’équité, qui ait pour objectif de sortir les petits agriculteurs du cercle vicieux de la pauvreté. Une belle idée dont l’auteur reconnaît lui-même qu’il est diffi- cile d’évaluer les résultats et la faisabilité. Nourrir la planète Par M. Griffon Odile Jacob, 2006, 464 p. ISBN 2738118054 23,90 € Éditions Odile Jacob 15, rue Soufflot 75005 Paris France Fax : +33 1 56 24 46 16 ou + 33 1 43 29 88 77 Site Web : www.odilejacob.fr/ ■ C’est sur le terrain, près des sites d’accueil des oiseaux migra- teurs et chez les éleveurs de volaille, que se gagnera ou non la bataille contre la grippe aviaire. L’alerte précoce étant le pivot de cette lutte, il est capital de bien informer les personnes les plus exposées au risque. L’École inter- États des sciences et médecine vétérinaires (EISMV) de Dakar, avec le soutien de la FAO, de l’Organisation mondiale de la santé animale et de la Coopération française, a relevé le défi. Sa cellule de veille sur la grippe aviaire met à la disposition de tous les acteurs de cette sensibili- sation (agents des services vétéri- naires, agents des parcs et réserves, vétérinaires privés, ani- mateurs, groupements de pro- ducteurs, animateurs de radio rurale, personnel technique des ONG) une mallette pédagogique astucieuse et vraiment conçue en fonction de son public. Chacun des outils qu’elle contient peut ainsi être adapté en langues locales. Vous y trouverez dix exem- plaires d’un livret explicatif, un guide d’animation, un fascicule “Saynètes de sensibilisation” et du matériel audiovisuel sur cédé- rom : de petites pièces de théâtre enregistrées et filmées vous aideront à animer des réunions et à faire passer les messages de vigilance. Mallette pédagogique pour la sensibilisation sur la grippe aviaire EISMV Cellule Grippe aviaire Centre d’information et de documentation BP 5077 Dakar Sénégal 20 000 FCFA • 30,50 € (hors frais d’envoi) E-mail : mariamd@refer.sn ou ykaboret@refer.sn La grippe aviaire ne passera pas par moi Dynamiques citoyennes ■ Deux publications de l’ONG belge SOS Faim. La première revient sur les Accords de partenariat économique (APE) et la possibilité pour les citoyens du Sud d’influencer les politiques commerciales de leurs gouvernements. La seconde se focalise sur la technique d’irrigation par déviation des crues en Érythrée. Les citoyens du Sud face au commerce mondial Défis Sud n° 73 Disponible en ligne : www.sosfaim.org/pages_be/fr/pub lications/publications_ds73.html Techniques d’irrigation : exemple érythréen Dynamiques paysannes n° 11/12 Téléchargeable sur : www.sosfaim.org/pdf/fr/dp/Dyna m11-12_FR_PRINT.pdf Site Web : www.sosfaim.org/pages_be/fr/ publications/publications_dyna.html Terre-à-terre ■ Après avoir fêté ses dix ans par un double numéro spécial sur les évolutions des systèmes et des structures agraires de production, la revue Grain de sel propose un dossier sur la terre et les réformes foncières en Afrique. Agricultures d’Afrique de l’Ouest : un paysage qui se redessine Grain de sel nº 34/35 Le foncier, un enjeu crucial aux multiples dimensions Grain de sel nº 36 Abonnement gratuit pour le Sud 20 € pour le Nord Secrétariat de l’Inter-réseaux 32, rue Le Peletier 75009 Paris France E-mail : secretariat@inter-reseaux.org Numéros téléchargeables gratuitement sur : www.inter-reseaux.org/rubrique. php3?id_rubrique=7 Bibliothèque virtuelle ■ CGVlibrary est un portail Internet vers les principales bases de données touchant à l’agriculture, la politique alimentaire et l’environnement. Développée par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), cette bibliothèque virtuelle permet d’obtenir les résumés, références ou textes intégraux de milliers de documents provenant des centres de recherche du GCRAI et de plus de 160 autres bases de données. Elle donne aussi accès à plus de 4 000 journaux en ligne. Les visiteurs peuvent se documenter, via des bases de données présélectionnées, sur des thèmes comme le riz ou les ressources génétiques et créer leurs propres groupes de bases de données, selon leurs intérêts spécifiques. Site Web : http://vlibrary.cgiar.org. ■ Lutte contre la pauvreté ou guerre contre les pauvres ? Ce numéro d’Alternatives Sud relaie des points de vue critiques du Sud à propos des Objectifs du millénaire pour le développe- ment, les fameux OMD. Adoptés par l’Assemblée géné- rale des Nations unies en 2000, les OMD ambitionnent d’amé- liorer le quotidien d’un milliard d’humains qui vivent avec moins d’un dollar par jour. Réduire l’ex- trême pauvreté, lutter contre la faim et le sida, favoriser l’école primaire pour tous… Des objec- tifs ambitieux assortis d’une échéance : 2015. Malgré ces bonnes intentions, les critiques sont nombreuses de la part des auteurs, chercheurs et économistes du Sud. Les OMD, qui visent à réduire de moitié la proportion de pauvres et non le nombre de pauvres, seraient des sortes d’objectifs a minima, trop technocratiques pour être réelle- ment efficaces. Pire, selon eux, la réduction des inégalités et la jus- tice sociale auraient été sacrifiées sur l’autel de la libéralisation à tout va. Une des critiques adressées aux OMD est de faire l’impasse sur les pratiques populaires. De tout temps, les populations ont en effet cherché à sécuriser leurs conditions de vie à travers des pratiques économiques popu- laires et une multitude de méca- nismes de redistribution et de solidarité. Pour les auteurs, cet oubli condamne à l’avance les politiques associées aux OMD à échouer en matière de développe- ment humain. Objectifs du millénaire pour le développement Points de vue critiques du Sud Coll. Alternatives Sud Centre Tricontinental et Éditions Syllepse, 2006, 206 p. ISBN 2 84950 083 6 18 € Éditions Syllepse 69, rue des Rigoles 75020 Paris France E-mail : edition@syllepse.net Site Web : www.syllepse.net/ SPORE 126 • PAGE 13 • Publications ■ Ici des inondations et des cyclones tropicaux, là des séche- resses et des incendies. Et au bilan, plusieurs milliers de vic- times et des milliards d’euros de dégâts. Telles sont quelques-unes des images fortes associées à El Niño. Ce phénomène climatique a été particulièrement violent en 1997-98. Les pêcheurs de la côte pacifique sud-américaine le connaissent depuis des siècles. Cet ouvrage décortique les mécanismes de ce courant chaud. À l’aide de mots simples et d’ex- plications claires, il aide à com- prendre ce qu’il appelle “la singularité équatoriale" : en bref, le stockage et le transport de la chaleur du soleil par les océans, des tropiques vers les régions tempérées. Une mission essen- tielle qui contribue à rendre notre planète habitable. En quelques décennies, l’océa- nographie a beaucoup progressé dans l’étude de l’influence des océans sur le climat. D’une approche purement descriptive et géographique, elle est passée à une approche plus analytique et géophysique. Les progrès tech- niques, comme le GPS, combinés à ceux de la météorologie permet- tent désormais de prévoir avec de plus en plus de précision les variations climatiques et de mesurer le rôle essentiel que l’océan y joue. Océan et climat Par J. Merle IRD, 2006, 222 p. ISBN 2 7099 1584 7 32 € IRD Éditions 32, avenue Henri-Varagnat 93143 Bondy cedex France Fax : +33 1 48 02 79 09 E-mail : diffusion@bondy.ird.fr Site Web : www.ird.fr L’influence des océans Les OMD chahutés Nouvelles approches ■ Ce riche dossier (chronologie, textes, cartes, liens) aborde les échecs des politiques de développement et les nouvelles stratégies de lutte contre la pauvreté du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Au programme : règles du jeu plus transparentes, contrôle accru des actions des financeurs privés et respect de la démocratie participative. Banque mondiale, FMI et développement Dossier de la Documentation française en libre accès en ligne : www.ladocumentationfrancaise.fr/ dossiers/banque-mondiale- fmi/index.shtml La Documentation française Service commandes 124, rue Henri-Barbusse 93308 Aubervilliers cedex France Fax : + 33 1 40 15 68 00 Site Web : www.ladocumentationfrancaise.fr/ Pêche durable ■ Un tour rapide des objectifs réalistes, des actions concrètes et des principaux obstacles à une pêche durable. Une vue d’ensemble de l’approche par écosystèmes. Mise en pratique de l’approche écosystémique des pêches FAO, 2006, 92 p. ISBN 92 5 205396 4 14 $ US • 11 € (voir adresse FAO page 11) La vie des TIC ■ Les deux derniers numéros du Webzine du CTA ICT Update examinent les apports des TIC, l’un dans l’agriculture urbaine, et l’autre dans la traçabilité des produits agricoles. http://ictupdate.cta.int/ Projections 2006-2015 ■ Cette douzième édition des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO évalue les perspectives des marchés agricoles mondiaux à moyen terme. Elle fournit des données de base sur la production, la consommation, les échanges et les prix des céréales, des oléagineux, de la viande et des produits laitiers. Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2006-2015 OCDE/FAO 2006, 224 p. ISBN 92 64 02462 X 60 € Synthèse (63 p.) en libre accès : www.oecd.org/dataoecd/41/19/ 37038993.pdf Texte intégral en anglais en libre accès (version non imprimable) : http://213.253.134.29/oecd/pdfs/ browseit/5106081E.PDF Éditions de l’OCDE 2, rue André-Pascal 75775 Paris cedex 16 France Fax : + 33 1 45 24 19 50 E-mail : oecdpublishing@oecd.org Site Web : www.oecdbookshop.org/ oecd/index.asp?lang=fr Pas de calendrier 2007 ! Désolés, le calendrier 2007 sur la gestion intégrée des ravageurs, présenté dans Spore 125, ne paraîtra pas. Que ceux d’entre vous qui avaient déjà passé comman- de veuillent bien nous excu- ser pour ce désagrément. Les voyages d’étude réguliers au coursdesquels des participants des pays ACPpartagent informations et expériences sur un sujet donné comptent au nombre des initiatives les plus populaires et réussies du CTA. Tous les participants peuvent à la fois contribuer et apprendre. Ces voyages, qui couvrent un large éven- tail de thèmes liés au développement rural ou agricole, combinent à merveille débat théorique et apprentissage “sur le tas”. C’est l’occasion pour des décideurs, experts et pra- ticiens de milieux divers d’échanger des idées avec d’autres personnes travaillant dans le même secteur. Le programme conduit des groupes d’une vingtaine de personnes dans les diffé- rentes régions ACP à tour de rôle. Sa cible : des personnes en position d’enrichir les connaissances tirées de l’expérience afin de les transmettre à leur communauté. Le dernier voyage en date était un voyage d’étude de huit jours au Kenya, suivi d’un atelier de deux jours sur le “rôle des femmes dans le développement de la microfinance en Afrique”. Trente spécialistes de la question venus de 16 pays y ont pris part du 18 au 29 septembre 2006. La visite était co-organi- sée par le CTA et l’Association africaine de crédit rural et agricole (AFRACA) qui regroupe des banques et des institutions de microfinance rurale. Les participants ont rendu visite à de petits emprunteurs qui avaient bien tiré parti de leur crédit, ainsi qu’à plusieurs organismes de microfinance (IMF). L’une des visites les a conduits à la Kalamba FSA, une banque villageoise déte- nue et gérée par les petits exploitants agri- coles du district de Makueni (province Est). Depuis son lancement, il y a quatre ans, la banque communautaire donne accès à des services financiers (prêts, épargne et trans- ferts de fonds) à des personnes qui jusque-là en étaient exclues. Kalamba FSA a démarré avec 411 membres et un capital social de 135 000 shillings (1 500 €). Elle compte à présent 2 180 actionnaires pour un capital social de 12,3 millions de shillings (135 000 €). Du temps a été réservé à des débats avec des représentants de banques commerciales, d’IMF et d’ONG impliquées dans le micro- crédit, sur des questions clés telles que les modèles alternatifs de services financiers et les moyens de les mettre à la disposition des populations rurales pauvres. “Les visites d’échange entre pays exposent les praticiens de la microfinance aux méthodes nouvelles et innovantes qui permettent d’étendre aux plus pauvres l’accès aux services financiers”, a souligné Mme Lea Bila, du ministère de la Planification et du Développement du Mozambique, à cette occasion. Pour Alache Otowo, de l’Union Bank of Nigeria Plc, “une rencontre comme celle-ci permet de partager et de consolider les idées qui nous aident tous à mieux faire notre travail, avec à la clé une amélioration des services aux pauvres”. Entre nous • SPORE 126 • PAGE 14 Boîte postale 380 Des biocarburants à l’élevage des vers de terre en passant par l’apiculture, votre Boîte postale témoigne une fois encore de la grande diversité de vos réflexions, de vos actions sur le terrain et de vos attentes. Merci de nous les faire partager ! Biocarburants et CO2 Marie Hélène Novak, spécialiste de chimie végétale à la faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux, en Belgique, nous écrit pour apporter une pré- cision à Harry van den Burg qui, dans notre précédent numéro, avait réagi à l’article sur les biocarburants (Spore 123). "Je suis d’ac- cord avec lui, écrit-elle, sur le fait que les terres agricoles doivent d’abord servir à nourrir la population. Concernant les aspects environnementaux, il doit considérer que le gain pour l’atmosphère se mesure dans le cas où une plante remplace le pétrole (permet d’économiser des ressources fossiles). Quelle que soit la plante, une salade ou un arbre, son cycle du carbone est fermé, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’émission ’nette’ de CO2 dans l’atmosphère. Par contre, l’utilisation de pétrole rejette du CO2. Si on remplace le pétrole par des plantes, on évite de rejeter davantage de CO2 dans l’atmosphère. Cultiver des plantes sur des terres nues n’a donc aucun effet ’CO2’ en soi sur l’atmo- sphère, puisque le cycle du carbone est fermé. C’est bien le remplacement du Apprendre en partageant Agritrade se refait une beauté Après presque cinq ans d’existence, Agritrade, le portail Internet du CTA consacré au commerce des produits agri- coles dans le cadre des relations ACP-UE, change de look. Restructuré et plus convi- vial, il offre plus de fonctionnalités. Que les fidèles abonnés aux lettres d’informa- tion mensuelles et les inconditionnels se rassurent : le contenu technique du site reste le même. http://agritrade.cta.int/fr Le magazine Spore Spore est le magazine bimestriel du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – ACP-UE. Le CTA est régi par les Accords de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne. © CTA 2006, ISSN 1011 0054 Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accords de Cotonou ACP-UE CTA, Postbus 380 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : +31 317 467 100 Fax : +31 317 460 067 E-mail : cta@cta.int Site Web : http ://www.cta.int Rédaction : Directrice de la rédaction : Marie-Agnès Leplaideur Syfia International 20, rue du Carré-du-Roi 34000 Montpellier, France Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick Via dello Spagna 18 06049 Spoleto (PG), Italie Rédactrice en chef de la version française : Denise Williams Syfia International (adresse ci-dessus) Ont participé à ce numéro : N. Ackbarally, J. Bodichon, F. Le Meur, D. Manley, L. Nalugwa, M. Seck, E. de Solère Stintzy, avec l’appui éditorial du CTA. Mise en page : Intactile DESIGN, France Design : B. Favre Impression : Imprimerie Publicep, France Ph ot os : C TA © E . W aw er u M ug o Voyage d’étude et contacts au Kenya Vous êtes nombreux à visiter le siteInternet de Spore (http://spore.cta.int)pour y lire le dernier numéro ou consulter les éditions précédentes à la recherche d’un article précis. Une récente enquête en ligne commandée par le CTA sur ses quatre portails Web – Agritrade, ICT Update, Connaissances pour le développement et Spore – a révélé la popu- larité du site Spore, très fréquenté. Avec environ 3 500 abonnés réguliers à l’édition e-mail et un grand nombre de visiteurs occa- sionnels, ce site enregistre plus de 9 400 “hits” par jour. Selon les résultats de l’enquête – un tout grand merci aux 360 personnes qui ont répondu pour Spore –, les utilisateurs de la version électronique incluent des praticiens du développement, des agriculteurs et pro- ducteurs, des agents du secteur public, des représentants de la société civile, d’universi- tés ou d’instituts de recherche. Ils apprécient le site comme outil de recherche sur un thème ou un article précis du magazine et comme source générale d’information sur l’agriculture et le développement rural. Parmi les pages les plus visitées, celles de notre édition spéciale 20e anniversaire, Spore 121. Le site Web actuel a toutefois ses limites. Pour l’heure, il est plus proche de l’archive en ligne du magazine imprimé que d’un véritable portail, et certains utilisateurs voudraient le voir se transformer en un outil plus dynamique qui offrirait plus de contenu et de services. Un grand nombre de personnes interro- gées souhaitent que le futur site Web de Spore donne accès à des documents en texte intégral, des liens vers des sources d’informa- tion, des articles de fond, de nouvelles rubriques, des dossiers thématiques et un service d’alerte e-mail. Certaines ont aussi demandé des groupes de discussion. D’autres aimeraient y trouver un calendrier d’événements et des offres de formation, régulièrement actualisés. Enfin, des demandes concernent le traitement de thèmes spécifiques, qui vont de la médecine traditionnelle à la lutte contre les ravageurs, et une meilleure couverture de certaines régions, en particulier les Caraïbes. Le CTA digère tout cela à présent, pour voir comment mieux servir à l’avenir les uti- lisateurs de Spore en ligne. Affaire à suivre, donc. Gardez bien cette rubrique à l’œil ! Services aux lecteurs Ecrire à Spore CTA - rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore ■ Recevoir la version imprimée L’abonnement est : • gratuit pour les organisations et particuliers vivant dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans l’UE : CTA Spore subscriptions, PO Box 173 6700 AJ Wageningen Pays-Bas ou spore@cta.int • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) : abonnement à souscrire auprès du distributeur commercial (voir ci-dessous). ■ Recevoir le résumé gratuit par e-mail Abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int ■ Lire Spore sur écran • sur le Web : consultez spore.cta.int • par satellite : captez les émissions de Spore Plus sur les canaux d’Afristar des programmes multimédia de First Voice International. Informations détaillées : spore@cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. Merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable. Publications Pour obtenir les publications Les publications du CTA identifiées dans Spore par la feuille verte sont disponibles gratuitement pour les abonnés au Service de distribution des publications (SDP) du CTA. Les autres lecteurs peuvent les acheter auprès du distributeur commercial du CTA. Seules les organisations agricoles et rurales et les particuliers résidant dans les pays ACP peuvent s’abonner au SDP. Les abonnés au SDP bénéficient chaque année d’un certain nombre d’unités de crédit gratuites pour obtenir des publications du catalogue du CTA. La liste des publications disponibles est consultable dans le catalogue électronique du CTA (www.cta.int). ■ Toutes les autres publications, qui sont précédées d’un carré orange, sont disponibles chez les éditeurs mentionnés ou dans les librairies. Distributeur commercial SMI (Distribution Services) Ltd Units 17-18 Gunnels Wood Park Gunnels Wood Road Stevenage Hertfordshire SG1 4TP Royaume Uni Fax : + 44 1438 748844 E-mail : Darren@earthprint.co.uk SPORE 126 • PAGE 15 • Entre nous Spore en ligne pétrole par des plantes qui a un impact positif sur l’environnement !" Site Web : www.valbiom.be Vers de terre en vedette Un fidèle lecteur de Spore, Cécil-Yves Fantondji, technicien d’agriculture tropi- cale spécialisé dans l’élevage, nous écrit du Bénin pour demander des conseils sur l’éle- vage des vers de terre. Il souhaite également correspondre et échanger avec des produc- teurs et des associations agricoles. Cécil-Yves H. Fantondji 01 BP1743 Porto-Novo Bénin E-Mail : fantyves@yahoo.fr Nous profitons de sa demande pour rappe- ler une bonne adresse à nos lecteurs intéres- sés par le sujet : celle du Bureau pour l’échange et la distribution de l’information sur le mini-élevage BEDIM Faculté universitaire des Sciences agronomiques Passage des Déportés 2 030 Gembloux Belgique E-mail : goorickx.m@fsagx.be Le BEDIM a publié un guide technique sur les vers de terreau disponible sur simple demande et accessible sur Internet : www.bib.fsagx.ac.be/bedim/production/ guide/pdf/6.pdf. Faire son miel Des débutants regardent l’intérieur d’une ruche et s’initient à l’apiculture lors d’un Camp agricole organisé par la fondation camerounaise Georgeslemaraicher en août 2006 (le prochain camp aura lieu en juillet 2007). Cette association de développement rural, dont le siège est Ngaoundéré, est représentée dans les provinces de l’Amadaoua et de l’Est. Un blog régulièrement alimenté montre ses activités, photos à l’appui : http://fgeorgeslemaraicher.blogspot.com/ @ Pendant très longtemps, les agronomesafricains ont été formés pour travaillerdans des bureaux (ils sont d’ailleurs appelés les ingénieurs en col blanc). Ils conti- nuent à être formés pour travailler dans les bureaux alors que le contexte socio-écono- mique africain a complètement changé. Plusieurs actions devraient être menées pour remédier au constat qui est fait dans Spore. Par exemple : • changer entièrement les programmes de formation des agronomes africains, conçus au moment des indépendances pour répondre aux besoins de l’époque, et deve- nus obsolètes. Il faut concevoir des pro- grammes qui répondent à la nouvelle donne africaine, voire mondiale. L’agronome afri- cain doit de nos jours être formé pour s’installer à son propre compte, pour créer des entreprises agricoles et non plus pour attendre d’être intégré à la fonction publique ; • revoir les politiques agricoles des pays africains, fondées uniquement sur le prin- cipe des aides et financements des pays riches, lesquels sont rapidement engloutis dans des projets mal conçus et inadaptés. Les gouvernements africains devraient penser plus à des politiques qui mettraient des terres à la disposition des jeunes agronomes, à des crédits de financement des projets agricoles conçus par les jeunes et mis en œuvre par eux. Orienter la politique agricole des pays ACP dans cette direction pourrait contri- buer à la résolution de l’épineux problème des jeunes agronomes africains.” Calixte Midjangninou, du Bénin, estime que cette analyse et ces propositions “ne sont pas tout à fait défendables”. “Les programmes de formation ne sont pas aussi obsolètes que le dit Aurélie. Sinon à quoi aurait servi l’insertion des enseignants dans des réseaux régionaux et mondiaux, cadres d’échanges et de co-apprentissage par excellence où chacun acquiert de nouvelles connaissances qu’il valorise en améliorant le contenu des cours et des pratiques ? De nouveaux sujets ont émergé, qui n’ont pas été auparavant enseignés à l’école ou à l’université. Exemples : la microfinance, la société civile, les OGM, etc. Il est vrai que certains enseignants ne se donnent pas la peine d’améliorer le contenu des cours, mais ce sont des cas isolés à ne pas généraliser. Le contenu des cours – même si des efforts doivent être consentis pour les améliorer – me semble être plus ou moins adapté à l’en- treprenariat. Une formation orientée vers l’initiative privée ne peut être qu’une porte de sortie pour les États qui cherchent des solutions à la question du chômage. La vraie question se situe au niveau des politiques agricoles, en termes de moyens pour encourager l’initiative privée et le mar- ché. En effet, l’entreprenariat agricole néces- site des moyens financiers que les États africains se refusent à mettre en place. Les banques agricoles sont rares sinon inexis- tantes. Heureusement, quelques ONG, avec des moyens très modestes, s’investissent dans l’accompagnement financier et matériel des micro-entreprises agricoles. De plus, l’entrepreneur agricole doit faire face au marché qui, dans presque tous les pays africains, lui est défavorable. La poli- tique des États consiste à ouvrir les marchés aux produits des pays du Nord alors que les conditions sont réunies pour assurer la sou- veraineté alimentaire des pays du Sud. Je crois, comme Aurélie, que les politiques agricoles dans les pays d’Afrique doivent être revues afin de donner l’envie aux jeunes agronomes de s’installer.” Norindin Bamogo, du Burkina Faso, rejoint Aurélie sur certains points. “Les agronomes ne sont pas faits pour tra- vailler dans les bureaux mais en campagne. Cela pose le problème de l’implantation de nos écoles et institutions d’agronomie, qui très souvent se trouvent en ville. Le mieux serait de les placer là où les étudiants agro- nomes pourraient se confronter directement aux réalités du monde agricole. Les programmes d’enseignement ne sont pas forcément à revoir. Il y a des écoles qui suivent bien l’évolution des connaissances. Par exemple, l’Université de Ouagadougou accueille chaque année des professeurs des universités de France et de Dakar pour dis- penser des cours et animer des conférences avec les étudiants. Il s’agit plutôt d’adapter les enseignements aux réalités du terrain dans chaque pays. L’installation privée des agronomes serait intéressante comme toute autre entreprise. Cependant, le domaine de l’agriculture est particulier. Dans un pays comme le mien se pose le problème de la rareté des terres culti- vables, déjà insuffisantes pour les paysans eux-mêmes, source de véritables conflits. Les installations privées s’avèrent souvent diffi- ciles. Oui, il faut revoir les politiques agricoles des pays africains. De nouvelles politiques de financement doivent être élaborées. Il faut faciliter la création de banques agricoles pour un financement assez flexible des pro- jets. De nouvelles politiques de commercia- lisation doivent être aussi élaborées, notamment en faveur des jeunes. Tout cela nécessite une concertation interafricaine afin de mieux défendre nos productions.” Blandine Laure Tientcheu, du Cameroun, apporte quelques nuances à certains points de vue d’Aurélie. “Au Cameroun où j’ai fait mes études d’agronomie, le programme de formation n’est pas du tout obsolète. Le gouvernement a réussi à rendre très pratique cette forma- tion (40 % de celle-ci est consacrée à la pra- tique). Les agronomes ne sont pas formés pour les bureaux, au contraire. Le ministère de l’Agriculture les recrute comme agents de vulgarisation des villages et ils travaillent avec les ONG et organisations paysannes. L’agronome africain veut bien s’installer à son propre compte, mais il se heurte à plu- sieurs problèmes. Le foncier tout d’abord : les terres appartiennent à l’État ou sont com- munautaires. Il est difficile pour un individu de posséder des hectares de terrain à exploi- ter. Le financement ensuite : les banques financent difficilement les projets agricoles car le risque d’échec est assez élevé. Par son manque d’expérience, un jeune agronome a une faible valeur marchande auprès des banques. Et quand bien même une banque financerait son projet agricole, il lui faudrait un apport personnel qu’il n’a pas. Enfin, l’agriculture africaine ne peut se développer que sur la base d’une politique commune des pays africains. À l’intérieur, les États doivent s’organiser en mettant en place et en soutenant des sociétés de développe- ment ou des coopératives agricoles qui pourront utiliser efficacement nos jeunes diplômés.” SPORE 126 • PAGE 16 Point de vue • Formation agronomique Réactions en chaîne L’article de notre dernier numéro sur la 2e Conférence des jeunes pour la science et la technologie à Accra, Ghana (Spore 125 page 14), a fait réagir Aurélie Nyapeye Yatchou, ingénieur des eaux et forêts au Cameroun et gestionnaire d’un projet de foresterie communautaire. Pour elle, la problématique de fond est la formation inadaptée des agronomes africains. Son opinion a fait réagir à leur tour d’autres jeunes professionnels présents à Accra. Le débat est ouvert.