COMMERCE AGRICOLE ACP Pays émergents, nouvel eldorado ? NOIX DE COLA Plus qu’un symbole AGRICULTURE URBAINE Produire en ville INTERvIEw Sindiso Ngwenya , Secrétaire généra l du COMESA N°157 Février-mars 2012 Le magazine du développement agricole et rural des pays ACP http://spore.cta.int 4 | À la une 6 | Actualités 7 | Agriculture 8 | Élevage et pêche 9 | Environnement 10 | Recherche 11 | Entreprise et commerce 12 | Interview 13 | DOSSIER Agriculture urbaine : produire en ville Source d’alimentation et de revenus, l’agriculture urbaine est de plus en plus appréciée. 17 | Point de vue Job Ndebele : aménager l’espace urbain Un aménagement indispensable pour éviter les conflits 18 | Reportage Kenya : Jardins verticaux et mini-serres Sacs et serres de petite taille permettent de gros bénéfices. 20 | Filière Noix de cola : plus qu’un symbole 21 | Publications 25 | Agir avec le CTA AGRICULTURE URBAINE Produire en ville Éditorial Plus de valeur Le concept de chaîne de valeur est très en vogue depuis une dizaine d’années chez les professionnels du développement agricole ; un nombre croissant d’organisations d’aide au développement y recourent, tant pour améliorer les filières existantes et promouvoir l’innovation que pour identifier les opportunités d’accès au marché pour les petits exploitants. Le Plan stratégique du CTA pour la période 2011-2015 voit dans l’amélioration des chaînes de valeur une étape essentielle au développement agricole et rural. Dans un premier temps, nous avons commandé une “étude de cadrage”, afin de mieux comprendre la façon dont le concept de chaîne de valeur est appliqué dans les pays ACP, et le rôle potentiel que peut jouer le CTA dans le développement des chaînes de valeur. Ce rapport recommande notre intervention notamment dans le renforcement des capacités, la mise en réseau des acteurs et le partage des connaissances. En novembre, nous allons organiser une conférence internationale afin de rassembler les praticiens des chaînes de valeur agricoles du monde entier et de familiariser les décideurs politiques, le secteur privé ou encore la société civile avec les principaux enjeux liés à cette question. Parmi les thèmes de discussion probables : comment assurer la viabilité écologique des chaînes de valeur ; comment passer d’un ensemble de petites actions pilotes à des actions de plus grande envergure de type commercial ; quel rôle les pouvoirs publics doivent-ils jouer dans le développement des filières ; comment financer celles- ci  ; et enfin, comment rendre les outils de formation existants plus pertinents pour leurs utilisateurs des pays ACP. Nous espérons qu’un grand nombre de participants viendront nous parler de leur approche innovante du développement des chaînes de valeur. Nous publierons avant cette conférence un numéro spécial de Spore consacré aux chaînes de valeur agricoles. DOSSIER13 COMMERCE AGRICOLE ACP Pays émergents, nouvel eldorado ? À LA UNE4 SINDISO NGwENyA L’union fait la force INTERvIEw12 Ph ot o de c ou ve rt ur e : © F AO /J . Ko el en SPORE N° 157 - févRIER-MARS 2012 Michael Hailu Directeur du CTA SOmmAIRE févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 3 est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par l’Accord de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. • CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int • DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Michael Hailu • COMITÉ DE RÉDACTION : Thierry Doudet, Stéphane Gambier, Anne Legroscollard, Armelle Degrave, Isolina Boto, Vincent Fautrel, José Filipe Fonseca, Ibrahim Tiémogo • MARKETING : Thérèse Burke • RÉDACTION : Directrice de la rédaction : Marie-Agnès Leplaideur • Rédactrice en chef de la version française et coordinatrice : Anne Perrin • Syfia International, 20 rue du Carré-du-Roi, 34000 Montpellier, France • Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick • Via dello Spagna 18, 06049 Spoleto (PG), Italie • Rédacteur en chef de la version portugaise : João de Azevedo, Sítio Alportel 20 A, 8150-014 S, Brás de Alportel, Portugal • CORRESPONDANTS : ont participé à ce numéro N. Ackbarrally (Madagascar et Maurice), B. Bafana (Zimbabwe), I. Esipisu (Kenya), G. Kamadi (Kenya), A. Labey (France), S. Maâzou (Niger), I. Maïga (Burkina Faso), W. Mawire (Zimbabwe), D. Mitchell (Jamaïque), M. Mumero (Kenya), A. Nabwowe (Ouganda), F. Nangoli (Ouganda), C. Nforgang (Cameroun), C. Njeru (Kenya), J. Saizonou (Bénin), M. Seck (Sénégal) et A. Taitt (Barbade) • AUTRES CONTRIBUTEURS : L. Andahazy-Colo, J. Bodichon, J. Cessou, L. de Araújo, Tradcatts, Trado Verso• DESIGN ET MISE EN PAGE : Intactile DESIGN, France • IMPRESSION : Pure Impression, France • © CTA 2012 – ISSN 1011-0054 A vec un marché de 900 millions de personnes en 2010, qui devrait atteindre 2 milliards en 2050, l’Afrique est très convoitée par les “pays émergents”, ces pays en développe- ment qui ne font pas partie des pays les moins avan- cés et que l’on désigne souvent par l’acronyme BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et ses variantes : BRICS avec l’Afrique du Sud ou BRIICS avec l’Indonésie. Caractérisés par leur intégration rapide à l’économie mondiale sur les plans commercial et financier, les pays émergents ont en commun explosion démographique, forte croissance économique et émergence de classes moyennes. Les BRICS représentent plus de 40 % de la population mondiale et 18 % du PIB planétaire. En outre, Inde et Brésil veulent devenir membres per- manents du Conseil de sécurité de l’ONU et les 54 États africains sont des alliés importants lors des votes ou négo- ciations au sein des organisations internationales. Du côté des ACP, la priorité est partout au renforcement des processus d’intégration régionale avec la volonté des différents États de disposer d’ensembles économiques plus importants et favorisant des dynamiques d’inves- tissement et de croissance. Les négociations actuelles autour de la création d’un accord tripartite entre la CAE, le COMESA et la SADC en témoignent (voir l’interview avec Sindiso Ngwenya, Secrétaire général du COMESA, page 12). Ce nouveau contexte permet de repenser les relations Nord-Sud forgées après les Indépendances et offre aux pays émergents des opportunités nouvelles. Chine, Inde et Brésil sont des puissances agricoles qui pèsent à l’OMC. Leurs politiques agricoles ou leurs importations et exportations ont de fortes répercussions sur le commerce mondial. En particulier sur la sécurité alimentaire en Afrique, comme l’a montré la crise de 2007-2008. Tous ces pays témoignent d’un intérêt gran- dissant pour les ressources naturelles minières et pétro- lières et pour les terres arables africaines. La croissance d’un certain nombre de pays d’Afrique est quant à elle persistante, et semble bien résister à la crise économique mondiale si l’on en croit les indicateurs macro-écono- miques. Les échanges entre l’Afrique et les BRICS ont été multipliés par 20 entre 1990 et 2008, atteignant alors 166 milliards $ US (127,34 milliards €), selon une étude de la Standard Bank. matières premières convoitées Si les partenaires sont “nouveaux”, les échanges ont un air de déjà vu : les pays d’Afrique exportent des matières premières, les émergents des produits transformés… Pour les Caraïbes, la situation est plus nuancée, avec des pays qui développent l’exportation de produits à plus forte valeur ajoutée. Le gouvernement jamaïcain, quant à lui, donne un rôle plus important aux entreprises privées dans la recherche et le développement de nouveaux marchés, en Chine notamment. Les principaux échanges de l’Afrique se font avec la Chine, l’Inde et le Brésil, qui considèrent l’agriculture comme un secteur prioritaire. Pour la Chine, les enjeux sont autant économiques que diplomatiques, et le prag- matisme domine. Aujourd’hui, un dixième des exporta- tions africaines prend la direction de la Chine, qui a COMMERCE AGRICOLE ACP Pays émergents, nouvel eldorado ? Les pays “émergents” s’affirment comme nouveaux acteurs dans les échanges commerciaux agricoles des pays ACP. L’UE, partenaire traditionnel, n’a plus l’exclusivité. Tendance passagère ou mouvement irréversible ? Forum de coopération des BRICS, Sanya, province de Hainan, Chine, 2011 À LA UNE 4 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 élargi de 190 à 4 000 les produits africains exonérés de droits de douane. Ses besoins en matières premières (notamment agricoles : coton, bois, cacao) sont considé- rables. Du côté des exportations chinoises agricoles vers le continent africain, le riz et le thé continuent à domi- ner, l’Afrique de l’Ouest représentant en 2008 près de 40 % des exportations chinoises. Le Brésil a bénéficié de l’activisme de son président Lula, qui, en deux mandats, a visité 20 pays africains. Il s’intéresse particulièrement au secteur cotonnier avec la signature d’un accord avec les “Cotton 4” (4 C : Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad), mettant l’expertise du secteur cotonnier brésilien au ser- vice des producteurs ouest-africains, avec un budget de 700 000 $ US (535 299 €). Le secteur rizicole mérite aussi l’attention : alors qu’il était à peine autosuffisant jusqu’à il y a deux-trois ans, le Brésil est devenu exportateur vers l’Afrique australe et orientale (Sénégal, Nigeria, Bénin, Afrique du Sud) et les Caraïbes (Haïti, Cuba, Trinité-et- Tobago), concurrençant les pays asiatiques, mais aussi les États-Unis, sur ce marché du riz… Des partenariats complémentaires L’UE va-t-elle pâtir de ces nouvelles relations commer- ciales ? Confrontée à une grave crise de la dette, elle doit aussi faire face à un tassement des marchés. Le dévelop- pement des relations des Caraïbes avec les émergents pro- voque une profonde mutation de leurs relations commer- ciales avec l’UE, selon un document publié par le Centre européen de gestion des politiques de développement, ECDPM. Si l’UE restera un partenaire stable et stratégique, la négociation actuelle d’une Stratégie conjointe Caraïbes- UE est « partiellement mue par la reconnaissance par l’UE que sa position et son influence dans la région sont mena- cées ». Les États-Unis partagent les mêmes craintes, en particulier sur l’ancrage croissant et stratégique des intérêts chinois. Cependant, l’UE concentre en- core plus de 40 % des échanges avec le continent africain (256 mil- liards $ US [200,7 milliards €]), trois fois plus que la Chine. Leur importance ne diminue qu’en termes relatifs du fait de la crois- sance très rapide des échanges avec les émergents. En réalité, nouveaux et anciens partenaires sont complémen- taires, les BRICS étant plus actifs dans l’industrie et l’agriculture. Le matériel agricole chinois et indien (motoculteurs, etc.), vendu à prix abordables, a permis à nombre de petits producteurs qui en étaient jusque-là privés d’y accéder. Nouveaux risques et nouvelles opportunités Nouveaux flux commerciaux, nouveaux investissements, l’arri- vée des pays émergents dans les pays ACP est clairement le signe d’une nouvelle donne. Ces nouveaux partenaires sont de potentielles sources de transferts de technologie. Il n’est pas exclu que des unités productives soient délocalisées en Afrique. Les émergents investissent également dans la recherche, comme la Chine qui, depuis peu, a ouvert une station de recherche agricole au Bénin pour conduire des essais sur des spéculations à forte potentialité (comme le palmier à huile, pour lequel le Bénin attend un investissement de plus de 9 milliards de dollars [7,05 milliards d’euros]). Mais la plupart des investissements des pays émergents semblent se faire sans grandes considérations environ- nementales et de développement durable. La production accrue du palmier à huile, qui contribue à la déforestation, est ainsi très controversée. Par ailleurs, ces nouvelles relations ne doivent pas s’éta- blir au détriment de processus d’intégration régionale déjà complexes. Or les partenariats ne tiennent pas toujours compte des communautés économiques régionales. Il existe aussi un risque, pour les ACP, de se cantonner dans un rôle d’exportateurs de matières premières agricoles. Un éventuel contrecoup d’un possible ralentissement de la croissance chinoise, indienne et brésilienne enfin n’est pas à négliger. Il demeure que l’apparition des pays émergents sur les marchés agricoles des pays ACP, en jouant la complémen- tarité dans un monde en crise, est une fenêtre d’opportu- nité à ne pas négliger. CTA Briefings de Bruxelles n° 6 : Nouveaux moteurs, nouveaux acteurs dans le développement rural ACP http://tinyurl.com/88lu65a Agritrade www.agritrade.cta.int/fr ECDPM www.ecdpm.org GAFSP Le programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire http://www.gafspfund.org/gafsp/ International Poverty Reduction Center in China (IPRCC) China Africa in Agriculture. A background paper on trade, investment and aid in agriculture IPRCC, Beijing, Working Paper Series n° 06, 2010 http://tinyurl.com/73balzu OCDE/PNUD/UNECA Perspectives économiques en Afrique 2011 : l’Afrique et ses partenaires émergents http://tinyurl.com/3o6dw65 Revue internationale de politique de développement Les nouveaux acteurs de la coopération en Afrique Par Philippe Hugon. In I, 2010, Dossier Afrique : 50 ans d’indépendance p. 98 à 118 http://tinyurl.com/7lbks3u Pour aller plus l oin à la une févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 5 © X in hu a/ ZU M A/ RE A COMMUNICATION Vulgarisation efficace ■ Une étude révèle que les programmes de vulgarisation devraient sélectionner les agriculteurs formateurs en fonction de leurs compétences à transmettre l’information aux autres exploitants, plutôt que d’après leur expertise agricole. Menée par le Centre mon- dial d’agroforesterie, cette enquête montre que près de 40 % des agriculteurs experts sont de piètres diffuseurs. “Ce constat a des conséquences pra- tiques fortes. Un agriculteur re- cruté pour enseigner aux autres ne sera performant que s’il sait faire passer son message”, 3N Mettre fin à la faim ■ Le Niger veut mettre fin aux crises ali- mentaires répétitives. L’initiative 3N “les Nigériens nourrissent les Nigériens” est le nouveau programme des autorités nigé- riennes pour atteindre cet objectif. “En 50 années d’indépendance, le Niger a enre- gistré une année déficitaire sur deux. Six ménages sur dix ne peuvent couvrir leurs besoins alimentaires que pour trois mois. Il faut mettre fin à cette situation”, a souligné M. Amadou Allahoury Diallo, haut-commis- saire à l’initiative 3N. L’initiative 3N vise à accroître les produc- tions agro-sylvo-pastorales et halieutiques du pays. Pour cela, 900 milliards de FCFA (1,37 milliard d’euros) seront injectés dans le secteur agricole sur les cinq prochaines années. Ce financement vise les exploitations agricoles familiales. Il s’agit d’accroître le rendement des cultures vivrières – mil, sor- gho, niébé et riz – dont la production céréa- lière brute annuelle passera de 3 à 5 millions de tonnes. En plus des cultures pluviales, le pro- gramme 3N comporte des volets sur le déve- loppement des cultures irriguées et la collecte des eaux de ruissellement, le développement de l’élevage et de la pêche, la gestion des ressources naturelles et l’approvisionnement des marchés en produits et intrants agricoles. fORÊTS Politiques récompensées Les politiques forestières rwandaise et gambienne remportent des distinctions prestigieuses : le Rwanda reçoit la médaille d’or et la Gambie celle d’argent dans le cadre du Prix 2011 des politiques du futur, qui récompense les politiques contribuant au développement durable des forêts. Au Rwanda, la couverture forestière a progressé de 37 % depuis 1990 sous l’effet d’un reboisement massif. La Gambie a, quant à elle, mis en œuvre la première loi africaine garantissant des droits de propriété forestière aux populations locales. Transférer la gestion foncière de l’État aux communautés a ainsi permis de réduire l’abattage illégal, de ralentir la désertification et de tirer profit des produits forestiers. ADAPTATION Prêts au pire Des villages africains vont recevoir des données détaillées sur les répercussions qu’aura sur eux le changement climatique. L’expérimentation, CORDEX, pilotée par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme mondial de recherches sur le climat, fournit des projections localisées des impacts afin d’aider les communautés à s’adapter à l’évolution du climat et à affiner leurs plans de réduction des risques de catastrophe. Mary Gichuki, agricultrice formatrice, dans sa plantation d’arbustes fourragers Visite de femmes dans un champ de sorgho au Niger SEMENCES Mini-sachets maxi utiles Dans la province du Sanematenga au centre-nord du Burkina Faso, l’Association paysanne Minim Song Panga (AMSP) tente de vulgariser l’utilisation des semences améliorées de sorgho et de mil en mettant en vente de petites quantités dans des “mini- sachets” de 100 et 500 g vendus respectivement 100 et 500 FCFA (0,15 à 0,76 euros). “Les paysans n’adoptent jamais de nouvelles semences avant de les avoir essayées et évaluées eux-mêmes”, explique Roger Kaboré, président de l’AMSP. Dans le contexte des changements climatiques, l’utilisation de semences améliorées de mil et sorgho est vue plus que jamais comme une nécessité pour augmenter la production de ces céréales, base de l’alimentation de nombreux ménages au Burkina. © I. M aï ga AvICULTURE maïs à prix d’or La pénurie de maïs, due notamment au retard des pluies ayant entraîné de mauvaises récoltes, décime les élevages de volaille au Cameroun. Cette graine, qui entre à 70 % dans la fabrication de la provende, est ainsi passée de 160 à 250 fCfA (0,24 à 0,38 euros) le kilo en avril 2011. L’interprofession avicole a sollicité l’autorisation du gouvernement pour importer 5 000 tonnes de maïs. En attendant sa décision, l’industrie locale se meurt et les consommateurs paient le prix fort. explique le chercheur Steve Franzel. Cette étude a été menée auprès de petits paysans qui cultivent des arbustes fourragers pour nourrir leurs vaches laitières, pratique très importante pour la production de lait. “Les petits exploitants ont porté leur produc- tion laitière de 5 kg à 50 kg par jour depuis qu’ils intègrent des arbustes fourragers à l’alimentation de leurs bovins”, précise Mary Gichuki, agricultrice formatrice dans le com- té de Kiambu au Kenya. D’après S. Franzel, changer les méthodes de sélection des agri- culteurs formateurs est essentiel au transfert des connaissances. ACTUALITÉS 6 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © S . M aâ zo u © F AO /G . N ap ol it an o © G . Ka m ad i POIS D’ANGOLE Meilleurs rendements Développer des pois cajans à haut rendement prend actuellement entre 6 et 10 ans. D’après les chercheurs, qui ont identifié plus de 48 000 gènes de cette légumineuse riche en protéines et très résistante à la sécheresse, le séquençage de son génome devrait ramener cette durée à 3 ans seulement. Il permettra aussi de développer de nouvelles variétés à haut rendement résistantes au stress et aux maladies. “On pourrait tripler le rendement”, explique Rajeev Varshney, de l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi- arides. NUISIBLES Gourmandes chauves-souris ■ Les fruiticulteurs mauriciens ne veulent plus des chauves-souris (Pteropus niger). Chaque année, surtout en été, des dizaines de milliers de chauves-souris s’attaquent aux fruits tropicaux, mangues, litchis et goyaves en particulier, ravageant plus du quart de la production annuelle. Les Mauriciens vou- draient bien se débarrasser d’un tel fléau mais ces animaux, qui jouent un rôle im- portant dans la dispersion des graines et la pollinisation des plantes endémiques, sont protégés. Depuis quelques années, les attaques de chauves-souris se sont multipliées, du fait de la diminution des réserves naturelles où elles s’alimentaient en fruits et autres végétaux non comestibles, mais aussi à cause de la ra- reté des grands cyclones, jusqu’alors moyens naturels de contrôle de ces mammifères. Les différentes techniques de lutte contre les chauves-souris – installation de points de lumière, de drapeaux multicolores, de tiges de bambous ou de carcasses malodorantes à proximité des arbres fruitiers – ne semblent plus donner de résultats. Les autorités agricoles prônent dé- sormais l’installation de filets protecteurs en nylon, que l’État rembourse à hauteur de 75 %. EXPORTATIONS Relance du cacao ■ L’Ouganda relance son secteur cacaoyer, négligé pendant des années d’instabilité politique. Des variétés résistantes à haut ren- dement sont distribuées aux agriculteurs, et les plantations abandonnées remises en état dans le cadre d’un programme de l’Organi- sation nationale de recherche en agriculture et du projet Investissement dans l’agriculture d’exportation. À Mukono, un projet sur la fermentation du cacao forme les exploitants au traitement post-récolte, tandis que l’Orga- nisation pour le développement cacaoyer a lancé une campagne visant à semer 35 mil- lions de fèves de cacao dans les cinq pro- chaines années. Les résultats sont déjà tangibles, puisque les recettes d’exportation du cacao se sont portées de 7 millions $ US (5,2 millions €) à 41,1 millions $ US (30,5 millions €) en 2004. Semei Mumbere, cacaoculteur exploitant 2,4 ha à Kikyo, dans le district de Bundibugyo, a gagné 6,3 millions UGX (1 917 €) la saison dernière en vendant 3 tonnes. Or, pour Augustine Chaiga, respon- sable des exportations chez Esco Uganda, le manque d’équipements de transforma- tion contraint les agriculteurs à exporter des fèves brutes vers l’Asie, l’Europe et les États-Unis. Et la production nationale peut encore pro- gresser. SORGHO Offre et demande Un partenariat entre l’Institut de recherche agricole du Kenya (KARI) et l’East African Breweries Ltd a permis d’augmenter les revenus des agriculteurs. Ceux-ci plantaient en effet du maïs, vulnérable à la sécheresse, alors que les brasseurs manquaient de sorgho pour produire la bière. Le KARI a donc distribué aux exploitants des graines de sorgho, résistant à la sécheresse, et le prix de cette céréale a triplé. Irene Namusis goûte le fruit de son dur labeur. Une chauve- souris prête à déguster de belles mangues CLIMAT Prédire l’avenir “Analogues climatiques”, tel est le nom d’un nouvel outil, en libre accès, que des chercheurs du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) viennent de développer. L’idée : simuler les effets que subiront dans 20 ans les cultures sur un site donné dont le climat se rapprocherait alors d’un autre connu, ailleurs, afin d’élaborer la stratégie d’adaptation future à ce type de climat. http://tinyurl.com/6vf8tjc APPUI-CONSEIL Compétences locales Comment une organisation de producteurs peut-elle assurer un appui-conseil permanent à ses membres à moindre coût ? L’Association nationale des producteurs de haricot vert du Burkina Faso (ANPHV) a trouvé une réponse en mettant en place un réseau d’animateurs endogènes dès 2003. Ils sont 49, choisis parmi les 49 groupements de producteurs existants. “Nous avons pensé qu’il était mieux de renforcer les compétences de ceux qui sont déjà sur le terrain pour minimiser les coûts”, explique Soumaïla Kindo, de l’ANPHV. En assurant le suivi des producteurs et la traçabilité des produits, les animateurs locaux facilitent la collecte et la mise en marché du haricot vert burkinabè, dont plus de 70 % est exporté vers l’Europe. © I. M aï ga AGRICULTURE févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 7 © N . Ac kb ar ra lly © F . N an go li © F AO /G . N ap ol it an o vACCINATION Volaille protégée ■ Teresia Muisyo connaît la difficulté d’élever des poulets locaux. Elle qui détenait 78 de ces volatiles dans son village de Matungulu, dans l’est du Kenya, les a tous perdus, emportés par la maladie de Newcastle. Teresa a depuis reçu une formation d’agent de vulgarisation et vaccine les poulets, se déplaçant à bicyclette pour atteindre les exploitations reculées. Ce dispositif, par- tie intégrante du Programme kényan des terres arides et semi-arides (KASAL), financé par l’UE, a per- mis à près de 700 agriculteurs de lancer leur petite entreprise d’élevage de poulets. Teresa a elle-même repris son activité, vaccinant ses propres volailles contre la maladie. Elle a récemment vendu 120 poulets, pour une somme de 47 000 KES (391 €). “KASAL a formé 64 vulgarisateurs rien que dans la pro- vince orientale du Kenya : les pertes ont chuté de façon spectaculaire”, précise le Dr Anne Wachira, spécialiste de la volaille. Entre-temps, un nouveau vaccin a été dé- veloppé contre la maladie de Newcastle. Le vaccin vivant thermostable avirulent 1-2 ND protégerait jusqu’à 62 % des poulets locaux (soit plus de 80 % des volailles du Kenya). ENSILAGE Stocker le fourrage Les agriculteurs kényans se tournent vers une technologie simple et rentable pour stocker le fourrage qu’ils réservent à leur bétail en prévision des périodes de sécheresse prolongées dues au changement climatique. Les silos-tubes mis au point par l’Institut de recherche agricole du Kenya conservent l’ensilage jusqu’à 2 ans. En polyéthylène, hauts d’environ 1 m et larges de 50 cm, ces silos peuvent contenir 900 kg de fourrage. Il est prévu de les introduire chez les Massaï et dans d’autres tribus nomades sévèrement touchées par les récentes sécheresses. Prenant moins de place et meilleur marché que les techniques concurrentes, ces silos sont parfaitement adaptés aux élevages de moins de 10 animaux. vOL DE BETAIL marquage numérique Une nouvelle technologie de marquage du bétail a été introduite en Afrique orientale pour réduire le vol des bêtes et le banditisme. Il s’agit d’une tablette à capteurs numériques, qui intègre des informations d’identification. Placée dans la panse de l’animal, elle aide à en suivre les déplacements. L’utilisation d’un lecteur numérique permet d’obtenir des informations à tout moment. Près de 10 000 bêtes sont ainsi marquées dans le cadre d’un projet pilote. Une goutte pour sauver la vie des poussins RéGLEMENTATION Pêche durable ■ Les mesures de protection des ressources halieutiques semblent porter leurs fruits. Même des pêcheurs, autrefois réticents, reconnaissent leur bien-fondé. Limiter les quantités autorisées à être pêchées, imposer une taille minimale aux mailles des filets et fermer la pêche pendant une période déter- minée permet une régénération des espèces. Tout le monde en sort gagnant : les pêcheurs, puisque les poissons réapparaissent, et les consommateurs, puisque l’abondance fait baisser les prix sur les étals. Les pêcheurs du lac Albert, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, ont ainsi consta- té les bienfaits de l’interdiction de la pêche pendant dix mois, entre mars 2010 et janvier 2011. Certaines espèces, qui avaient prati- quement disparu, sont réapparues et les prix ont baissé d’environ 40 % sur les marchés. Au Sénégal, la création d’une aire marine protégée près de Saint-Louis, dans le nord du pays, a permis la réapparition des poulpes, dont la surpêche avait raréfié la présence. Dans cette zone maritime de 49 600 hectares où la pêche est réglementée et surveillée, les autorités ont, en outre, disposé plus de 200 récifs artificiels pour attirer et protéger les espèces. En réglementant la pêche, on permet aux poissons de revenir en nombre (ici, près du lac Albert, RDC). GRIPPE AvIAIRE Nouveaux risques Le virus H5N1 de l’influenza aviaire, ou grippe aviaire, pourrait faire une apparition fin 2011 dans plusieurs pays, selon la fAO qui affirme qu’“une couche mutante de ce virus mortel est en train de se propager en Asie et au-delà, avec des risques imprévisibles pour la santé humaine”. CREvETTES Alerte au White Spot Si le virus du syndrome des points blancs (White Spot) ne présente aucun danger pour l’homme, il est très contagieux et mortel pour la plupart des crustacés. Apparu au début des années 1990 en Asie, il est présent dans la plupart des régions du monde, mais n’avait jusqu’à présent pas atteint l’Afrique. Or, il a récemment été détecté dans une ferme de crevettes au Mozambique. FAO, Organisation mondiale de la santé animale, autorités mozambicaines, aquaculteurs sont mobilisés pour circonscrire rapidement l’infection. Le White Spot représente une menace sérieuse pour la biodiversité et l’économie. Au Mozambique, les crustacés ont rapporté 51,8 millions $US (40,27 millions €) en 2010. © D R ÉLEvAGE ET PÊCHE 8 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © I. E si pi su © S yfi a In te rn at io na l © G . Ka m ad i REBOISEMENT Grande muraille verte ■ Depuis qu’il a été approuvé en juin 2005 par l’Union africaine, le projet de la Grande muraille verte (GMV) grandit petit à petit. Au Sénégal, à chaque saison des pluies, des milliers de jeunes, venus d’horizons divers, se donnent rendez-vous dans la zone sylvopasto- rale au nord du Sénégal. Objectif : planter des arbres le long du tracé de la GMV qui devrait, d’ici 50 ans, constituer une barrière de forêt longue de 7 000 km et large de 15 kilomètres, destinée à barrer la route à la désertification et contribuer à lutter contre le réchauffement climatique. La grande muraille verte, qui doit relier Dakar à Djibouti, comprend 15 mil- lions d’hectares à reboiser. Le projet, dont les premières activités ont démarré au Sénégal, concerne 11 autres pays africains. Depuis 2008, plus de 2 500 hectares ont été plantés au Sénégal, par des mouvements as- sociatifs de jeunes, dans le cadre de vacances dites “citoyennes” organisées par le ministère de la Jeunesse. Les populations locales contri- buent également, affectant leurs terres et par- ticipant aux travaux de reboisement et d’amé- nagement. Selon le directeur de la GMV au Sénégal, le colonel des Eaux et Forêts Matar Cissé, l’État y consacre près de deux milliards FCFA (environ 3 millions d’euros) par an. JEUNESSE Charbon bio ■ Une association de jeunes dans le district de Mukono en Ouganda combat la déforestation et réalise des bénéfices en transformant les déchets agricoles en charbon de bois. Les membres du Groupe de développement pour la jeunesse de Kyetume produisent des bri- quettes de charbon de bois à partir de déchets d’herbe, de maïs, de riz et de canne à sucre. “Nous voulons lutter contre la déforestation et éradiquer la pauvreté au sein de la jeunesse”, explique le coordi- nateur du groupe, Charles Bbale. La produc- tion mensuelle se monte à 4 000 kg, pour des recettes totales de 1 008 € à se répartir entre 15 membres, qui ont par ailleurs d’autres reve- nus agricoles. La fabrication des briquettes implique de brûler des déchets secs dans un four. La poudre de charbon est refroidie à l’eau et mélangée à une pâte d’amidon avant d’être placée dans une extrudeuse manuelle. Cette machine coûte 151 €, le four 88 €. Les prix du charbon ne ces- sant d’augmenter, le groupe ne peut faire face à la demande de son produit, meilleur mar- ché. Néanmoins, les affaires ne vont pas sans peine : “Quand il pleut, nous ne pouvons pas travailler, car les déchets doivent être secs”, commente Judith Nampeera. éNERGIE Biogaz de vache Un projet communautaire qui transforme la bouse de vache en biogaz permet de réduire les coûts d’électricité élevés de villageois dans la province sud-africaine du Limpopo. Mis en œuvre à Gawula, près de Giyani, le projet “solution Mpfuneko” consiste à collecter les bouses de vache auprès des éleveurs locaux, puis à les transformer en un gaz exploitable, vendu aux villageois à faible prix. Ce dispositif implique d’installer un digesteur, qui chauffe la bouse de vache jusqu’à obtenir du gaz. L’énergie produite est ensuite acheminée aux ménages par des tuyaux spécifiques. Elle alimente par exemple des cuisinières fonctionnant au biogaz et non au bois, ce qui économise du temps et des ressources naturelles. En outre, ce projet crée des emplois dans le village. De nombreux jeunes participent au chantier de la “Grande muraille verte”. Production de charbon bio à l’aide de l’extrudeuse manuelle ENGRAIS Subventions controversées L’Africa Soil Health Consortium (ASHC), consortium africain pour la fertilité des sols constitué d’un groupe d’experts scientifiques et agricoles et dirigé par l’Organisation internationale des sciences et du développement (CABI), tire la sonnette d’alarme. Selon lui, les programmes de subvention d’engrais mis en place par de nombreux gouvernements africains sont voués à l’échec, à défaut d’encourager simultanément une gestion intégrée de la fertilité des sols et une bonne pratique agricole. George Oduor, directeur régional adjoint (Kenya) du CABI, plaide pour l’utilisation de petites quantités d’engrais, mélangées à des intrants organiques. © S yfi a In te rn at io na l SOLS Une alliance mondiale Un partenariat mondial sur les sols (PMS) a été lancé afin de sauver les sols de qualité pour les générations futures. Le PMS, soutenu par la fAO, vise à sensibiliser les décideurs politiques sur l’importance des sols pour assurer la sécurité alimentaire des populations, mais aussi pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets. Ce partenariat propose des solutions techniques de protection et de gestion des terres. http://tinyurl.com/6u5kp86 DéfORESTATION vive le bambou Le Réseau international sur le bambou et le rotin (INBAR) a présenté à la COP 17 de Durban une initiative promouvant l’utilisation de charbon de bambou pour freiner la déforestation. Le projet vise à transférer une technologie originaire de Chine, le charbon de bambou, en Afrique subsaharienne, une région qui dépend encore à 80 % des forêts comme source de combustible. ENvIRONNEmENT févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 9 © M . Se ck © A . N ab w ow e © F . N an go li BANANIERS Plants ébouillantés sains ■ Plus besoin pour le producteur de bananes d’investir en insecticides, fongicides ou quel- conques produits chimiques pour obtenir de bons rendements. Une méthode expérimentée avec succès par l’Institut international d’agri- culture tropicale (IITA) permet de traiter les plants avant le semis, assurant à la plante une bonne santé et un meilleur rendement. Il suf- fit de disposer d’eau, de bois, d’un fût, d’un bâton, d’un couteau et d’un panier. Le producteur débar- rasse les plants à traiter de la croûte de terre qui la recouvre jusqu’aux racines et s’attaque à l’aide d’un couteau à tous les abris possibles de charançons. Les plants sont immergés pendant trente secondes dans de l’eau bouillante. L’eau ainsi utilisée est jetée et les plants immédiatement mis sous terre pour éviter une nouvelle contamination. Cette méthode qui se pratique à proximité de la plantation permet d’obtenir jusqu’à 80 % de réussite à l’hectare dans une bananeraie. “Un plant malade ne produit pas. Les bulbes trai- tés produisent des bananiers en bonne santé et donnent de bons rendements. Les bananiers résistent par ailleurs aux coups de vent qui déracinent les plantes en saison des pluies”, se réjouit Bertrand Bengono, chercheur à l’IITA. ENGRAIS Le biologique économique Un nouvel engrais biologique améliore les rendements des exploitations agricoles kényanes. Appelé Biofix, il a été mis au point par le professeur Lucy Irungu à l’Université de Nairobi. Près de 3 000 agriculteurs l’utilisent déjà. Il en résulte des récoltes plus abondantes et une moindre application des pesticides, puisque cet engrais rend les plantes plus résistantes. Ce produit coûte moitié moins cher que d’autres engrais biologiques, à savoir 20 € les 50 kg. Parmi les principaux ingrédients entrant dans sa composition figurent des feuilles dépulpées de sesbania (Phylum magnoliophyta), un puissant nutriment. “Par rapport à d’autres produits sur le marché kényan, cet engrais convient idéalement à plusieurs cultures”, explique L. Irungu. GAZ À EffET DE SERRE Objectifs contradictoires Un groupe international de chercheurs a constaté que les efforts visant à augmenter la production alimentaire s’opposent à la volonté de réduire les émissions agricoles de gaz à effet de serre (GES). La Commission sur l’agriculture durable et le changement climatique insiste sur la nécessité d’accompagner toute intensification de la production vivrière par des actions limitant les GES issus de l’agriculture si l’on veut éviter une accélération du changement climatique. Bananeraie au Cameroun CRIQUET Annoncer la couleur Les résultats d’une récente étude du CIRAD sur le criquet nomade (Nomadacris septemfasciata) à Madagascar devraient permettre d’annoncer la dangerosité proche d’un rassemblement de criquets en fonction de la couleur des insectes. Les chercheurs ont réussi à quantifier le lien entre la densité de criquets et leur couleur. Les résultats permettent de considérer la variation de couleur comme un indicateur précoce de regroupement. Solitaire, le criquet est sans danger, mais en groupe il dévaste les cultures. Comprendre le mécanisme de changement de phase des criquets et identifier les étapes initiatrices du phénomène permettraient la mise en place de stratégies de lutte précoces et ciblées. GENRE Fonds convoités Le programme de bourses “AwARD” du GCRAI, destiné aux chercheuses africaines actives dans le domaine des sciences agricoles, a bénéficié depuis 2008 à 250 chercheuses. Les organisateurs se félicitent du succès d’un programme dont ils espèrent pouvoir doubler le nombre de bénéficiaires au cours des cinq prochaines années. © C IR AD /M . Le co q © C . N je ru MALADIE Un manioc plus résistant ■ Une stratégie qui combine sélection tra- ditionnelle et génie génétique promet des variétés de manioc plus résistantes aux mul- tiples maladies virales. L’équipe de recherche travaillant sur le manioc au laboratoire de biotechnologie végétale de l’Institut fédéral de technologie de Zurich a ainsi reçu le prix du Forum suisse pour la recherche agricole inter- nationale pour ses travaux de transfert techno- logique au service des cultures tropicales. Dans plusieurs régions productrices de manioc, les risques d’attaque de certains des pires ennemis de cette plante sont élevés : mouche blanche, acarien vert, mosaïque et marbrure. C’est ce qu’ont constaté les cher- cheurs du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT). En appliquant une tech- nique de modélisation, ils ont trouvé que les conditions sont réunies pour favoriser des at- taques combinées de ces quatre parasites ou maladies dans les zones incluant la vallée du Rift. “Les études montrent l’existence, dans des régions considérées jusqu’ici comme sûres, de niches idéales pour des parasites et des maladies très nuisibles”, explique Tony Bellotti, expert du manioc au sein du CIAT. “L’attaque ou l’apparition d’un de ces enne- mis pourrait avoir des conséquences graves, mais les quatre en même temps feraient des ravages.” Manioc malade RECHERCHE 10 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © C . N fo rg an g © F AO /G . N ap ol it an o NOIX DE COCO Huile profitable ■ Au Guyana, les membres d’une Association de femmes œuvrant dans l’agroalimentaire (PWAPA, à Pomeroon) se sont mises à la pro- duction d’huile vierge de coco pour contreba- lancer l’effondrement des prix de la noix de coco brute. La demande de ce nouveau pro- duit est telle que les 14 adhérentes de l’asso- ciation, qui produisent et conditionnent aussi carambole, sauce au poivre, cerises, chutney à la mangue, achar de mangue verte et vin de malacca, se sont très vite rendu compte de leur difficulté à satisfaire à la fois les marchés locaux et étrangers. Elles ont donc développé leur acti- vité, créant des emplois locaux pour les femmes et fournissant des revenus supplémentaires aux ouvrières de leur petite usine. La méthode de production prévoit de sécher la chair des noix de coco dans un séchoir solaire, puis de la râ- per et de la presser pour en extraire l’huile. La valeur nutritionnelle du produit est préservée. La PWAPA, qui envisage de produire de la farine de plantain, a remporté le premier prix, soit 5 000 $ US (3 726 €), lors d’un concours de projets ruraux inno- vants organisé par l’Unité régio- nale d’assistance technique pour les Caraïbes (CARUTA) TERROIR Produits locaux valorisés ■ Depuis quelque temps, la boutique Label Bénin, supérette exclusivement consacrée aux produits transformés sur place, ne désemplit pas et pour cause. Avec la crise économique, les Béninois se découvrent une nouvelle passion pour les recettes de grand-mère. La farine de maïs fermentée est déshydratée au four et ensachée pour faire de la bouillie instantanée, qui remplace le café au petit- déjeuner. Avec ce procédé et bien d’autres, plusieurs recettes anciennes ont refait sur- face. Ouvert depuis deux ans à Cotonou, le Centre Label Bénin est aujourd’hui au cœur d’un important réseau de partenariats avec les fournisseurs. Les groupements de trans- formateurs bénéficient d’un accompagne- ment technique (qualité et marketing) qui leur permet de présenter des produits bien finis en termes de qualité et de design. Grâce à un mode de transformation essentiellement artisanal, les produits, vendus à un coût rai- sonnable, conservent leur authenticité, ce qui attire une clientèle provenant de toutes les catégories socioprofessionnelles. Recettes du terroir et talents ingénieux ne cessent de se manifester, tant dans l’agroalimentaire que dans la cosmétique et la pharmacopée. MENTORS Agripreneurs compétents Un programme de l’association Alimentation et arbres pour l’Afrique (FTFA) forme les agriculteurs sud-africains à devenir entrepreneurs. L’Initiative paysanne pour l’écodéveloppement de l’entreprise (FEED) alloue quatre hectares de terres à 20 exploitants débutant dans l’agriculture biologique, avant de transposer le modèle à plus grande échelle via un soutien en gestion et en commercialisation, des formations et un système de mentorat. Dans la zone de Bronkhorstspruit, la FEED aide les petits exploitants pratiquant une activité de subsistance à se constituer en coopérative pour proposer plusieurs produits. Un partenaire commercial apporte les fonds nécessaires pour développer les infrastructures et les systèmes d’irrigation, de culture et les serres qui permettront d’obtenir des produits de qualité à une échelle commercialement viable. MANIOC marché américain Dans le Pacifique, les fidji ont identifié un marché aux états-Unis pour leur manioc, connu sous l’appellation de taro ou “dalo” (Colocasia esculenta). Le colonel Mosese Tikoitoga, président de la société fiji Agro Marketing Company Ltd, indique avoir conclu un contrat d’exportation avec une entreprise américaine. Le taro est l’un des principaux produits agricoles exportés par les fidji. vOLAILLES Inquiétudes jamaïcaines Les producteurs de volaille jamaïcains ont exprimé leur opposition à la proposition de leur gouvernement de réduire les droits de douane sur les importations de viande de volaille à 20 %. Ils craignent que cette mesure n’ouvre les portes du marché aux importations de viande bon marché des états-Unis et fragilise ainsi la filière locale. Dans la boutique “Label Bénin” : les produits locaux sont appréciés des consommateurs. fINANCE vERTE Guider les décideurs Un nouveau guide conseille les décideurs politiques sur les moyens de s’introduire dans le monde de la finance verte. Intitulé “Catalysing Climate Finance” (“Catalyser les financements sur le climat”), ce guide, publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), décrit, étape par étape, comment identifier et mettre en œuvre des politiques publiques et des instruments de financement pour s’introduire dans la finance verte. En 2010, les investissements dans le secteur de l’énergie verte ont atteint 243 milliards de dollars (178 milliards d’euros). Mais 90 % des investissements vont dans les pays du G20, faute de compétences ailleurs pour les mobiliser en raison de la complexité de la finance verte. © G re t/ rH Yv ie re Ces 6 pages ont été réalisées avec la contribution de : N. ackbarrally (Maurice), G. Kamadi (Kenya), a. Labey (france), s. maâzou (Niger), i. maïga (Burkina faso), m. mumero (Kenya), F. Nangoli (Ouganda), C. Nforgang (Cameroun), J. saizonou (Bénin), m. seck (Sénégal) et a. Taitt (Barbade). © D R ENTREPRISE ET COmmERCE févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 11 © J . Sa iz on ou © F EE D Quels sont les principaux avantages de l’intégration régionale en Afrique ? La levée des barrières commerciales non tarifaires et la création d’un marché unique favorisent les économies d’échelle pour les producteurs et consommateurs. En outre, la suppression des multiples passages de frontière, qui permet de réduire les coûts de transaction, contribuera à la compétitivité de l’économie africaine. Ce marché unique pourra bénéficier aux investisseurs directs tant étrangers que transfrontaliers, dans la mesure où les coûts de transaction sont minimisés et où un large mar- ché verra le jour. De plus, les conflits ethniques qui minent actuellement certains pays devraient être atténués, puisque la gouvernance politique et économique s’en trouvera améliorée. Quelles sont les priorités du COMESA en matière d’intégration régionale ? La stratégie d’intégration commerciale du COMESA s’appuie sur les échanges et sur l’inves- tissement. Actuellement, le COMESA dispose d’une zone de libre-échange lancée en 2000, qui fonctionne à plein et qui a vu les échanges intra- COMESA passer de 3,1 milliards $ US (2,4 mil- liards €) à 17,2 milliards $ US (13,3 milliards €) en 2009. Le COMESA cherche en priorité à ins- taurer en 2012 une union douanière et à rendre opérationnelle sa zone d’investissement com- mune. Il s’agit pour lui d’encourager la création d’emplois, la diversification économique, ainsi qu’un développement durable et équitable. La zone panafricaine de libre-échange est en prépa- ration. Les projets d’infrastructures visant à ren- forcer l’interconnectivité entre les États membres du COMESA sont en cours de mise en œuvre. Quels avantages ont été observés jusqu’ici ? La zone COMESA de libre-échange bénéficie aux exportateurs et aux consommateurs. Quant aux échanges intra-COMESA, ils ont limité les effets de la crise financière mondiale de 2008. Au fil des années, la région COMESA a vu des compagnies nationales investir dans d’autres pays du COMESA au point que l’investissement transfrontalier s’est mué en une dynamique essentielle aux chaînes de valeur régionales. Le plan directeur du COMESA relatif aux infras- tructures régionales a aussi contribué à instau- rer des réseaux d’infrastructure régionaux. Par son programme en faveur de la paix et de la sécurité, le COMESA soutient le programme de l’Union africaine pour la prévention et la réso- lution des conflits. Il contribue à créer un senti- ment d’appartenance régionale. Pouvez-vous expliciter l’incidence des échanges agricoles sur l’intégration économique régionale ? Les économies du COMESA étant essentiel- lement agricoles, les produits de l’agriculture représentent depuis la libéralisation du com- merce environ 60 % des échanges intra-COME- SA. Pour encourager plus encore les échanges des produits agricoles, le COMESA a élaboré un programme solide centré sur les questions sanitaires et phytosanitaires, qui suppose le respect de normes régionales. Quels autres secteurs profiteraient d’une intégration politique en Afrique ? On peut citer, parmi les autres secteurs figu- rant sur l’agenda, le développement d’infras- tructures, le développement industriel, la libre circulation des personnes, la création d’une monnaie unique, le développement agricole et l’exploitation des sciences et technologies aux fins du développement. Comment les institutions publiques peuvent-elles influencer l’action publique au bénéfice de l’Afrique, et pourquoi ce rôle devrait-il être renforcé ? Les instituts de recherche, les universités et les groupes de réflexion jouent sans aucun doute un rôle crucial dans le processus d’inté- gration régionale, soit en servant de centres de ressources pour les autorités nationales et les organisations régionales, soit en émettant des critiques et en présentant des perspectives objectives sur les changements à apporter et sur le partage des connaissances. Cependant, pour leur permettre d’intervenir en ce sens, les autorités doivent financer ces institutions, qui, si elles dépendent de fonds étrangers, peuvent parfois se concentrer sur des questions non pertinentes pour le développement africain et l’intégration régionale. Comment s’annonce la zone de libre-échange tripartite (ZLE-T) ? Au vu de la feuille de route, la ZLE-T entre le COMESA, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) s’annonce bien. Les négociations pour ce qui sera la plus grande zone de libre-échange d’Afrique débutent cette année et prendront fin dans 24 mois. D’autres piliers du programme tripartite, à savoir le développement d’infrastructures et l’industria- lisation, sont traités en même temps. La ZLE-T porte sur une population totale de 565 millions d’habitants et représente 1 000 milliards $ US (773 milliards €). Quelles belles perspectives pour le développement ! SINDISO NGwENyA L’union fait la force L’intégration régionale s’avère une stratégie efficace pour aider l’Afrique à surmonter certaines des barrières auxquelles se heurtent les États individuellement. Outre qu’il offre un marché de plus de 389 millions de consommateurs, le COMESA travaille à promouvoir la paix et la sécurité. Sindiso Ngwenya, zimbabwéen, est secrétaire général du Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA). Il a joué un rôle majeur dans le lancement, en 2000, de la zone de libre-échange du COMESA. Plus récemment, son action a été décisive pour définir la zone d’investissement commune et l’union douanière du COMESA. Que d’engageantes perspectives ! INTERvIEw 12 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © C OM ES A AGRICULTURE URBAINE Produire en ville L’agriculture urbaine contribue à améliorer la nutrition et les revenus des citadins, en leur fournissant des produits locaux, en supprimant le transport depuis les zones rurales et en créant des emplois. Il est toutefois essentiel d’améliorer les pratiques en matière sanitaire afin de s’assurer que les aliments soient propres à la consommation. 17 | POINT DE vUE Job Ndebele : Aménager l’espace urbain 18 | REPORTAGE AU kENyA Jardins verticaux et mini-serres DOSSIER 13févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | © F AO /C . Ah ou n ou Des pneus et des pots en plastique usagés plantés de légumes, des sacs transformés en jardins ver-ticaux. Voilà quelques-unes des nombreuses tech-niques inventives que développe et applique une nouvelle génération d’agriculteurs urbains afin d’exploiter l’espace disponible limité pour cultiver des denrées ali- mentaires. Jennifer Daley vit en périphérie de Mandeville, agglomération densément peuplée de la Jamaïque. Parce qu’elle n’a pas accès aux terres agricoles, elle utilise des brouettes et à peu près tout ce qui peut contenir de la terre pour cultiver son potager. Sheila Hope-Harewood jardine quant à elle dans la paroisse de Saint-Michael, banlieue de Bridgetown et nouveau centre urbain de la Barbade. Elle dispose d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte et produit des goyaves, des citrons, des grenades, des akées, des pommes cannelle, des mangues et des bananes, ainsi que divers légumes qu’elle vend sur le marché local. Toujours dans les zones urbaines des pays ACP, d’autres se consacrent à l’élevage. John et Betty Msowoya ont ainsi installé plusieurs petits bassins d’alevinage en périphé- rie de Mzuzu au Malawi. Le couple élève aussi quelques porcs, dont il utilise le lisier pour fertiliser ses viviers et favoriser la croissance du poisson fourni aux marchés de la ville. À Nairobi, au Kenya, plusieurs habitants s’étant trou- vés sans emploi après un licenciement se sont tournés vers l’élevage urbain de poulets. Cette activité leur rapporte en moyenne 6 € par volaille, sans compter les revenus tirés de la vente des œufs. Pendant des décennies, la pauvreté, l’insécurité alimen- taire et la malnutrition apparaissaient comme autant de fléaux propres aux zones rurales. Mais à mesure de l’ur- banisation de nombreux pays ACP, pauvreté et malnutri- tion deviennent un problème aussi pour les citadins. Plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en zone urbaine, et le nombre de citadins devrait augmenter de 3 milliards d’ici 2050. Selon un rapport récent de la Banque mondiale et du FMI, la pauvreté urbaine progresse rapidement, au point de devancer la pauvreté rurale. Les pauvres en zone urbaine sont en effet très vulnérables à la hausse des prix alimentaires, les denrées alimentaires mobilisant entre 60 et 70 % de leurs revenus. L’agriculture urbaine offre des solutions qui permettent de pourvoir les citadins en légumes frais et autres den- rées lorsque la qualité des routes et des chaînes d’appro- visionnement entrave le transport de produits très péris- sables depuis les zones rurales. On estime à 200 millions le nombre de personnes pratiquant l’agriculture urbaine ou une activité connexe. Pour les citadins très pauvres, la part des revenus tirés de cette production excède souvent 50 %. L’agriculture urbaine, qui inclut l’agriculture périur- baine, se pratique autour de la maison ou sur des parcelles plus éloignées, dans les parcs, le long des routes, des cours d’eau et des voies ferrées ou encore sur les terres des écoles et des hôpitaux. Elle concerne les cultures vivrières, mais aussi l’élevage (volaille, chèvres, brebis, bovins, porcs, co- chons d’Inde, aulacodes et poisson) et les produits non ali- mentaires tels que les plantes médicinales. Elle implique aussi d’autres services comme la transformation, le condi- tionnement, le compost et les soins vétérinaires. Des avantages sur toute la ligne En République démocratique du Congo, un programme d’horticulture urbaine a été mis en œuvre dans les cinq grandes villes du pays, contribuant à réduire la malnutrition chronique. Par ailleurs, la valeur marchande des fruits et légumes produits dans ce cadre dépasse 400 millions $ US (296 millions €). Le programme de la FAO, qui visait à faire face aux flux migratoires, des campagnes vers les villes, dus à cinq années de conflit, a permis aux agriculteurs urbains de produire 330 000 tonnes de légumes par an. Environ 90 % de la production sont vendus sur les marchés urbains et dans les supermarchés. Les quantités produites représentent 28,6 kg de légumes par an et par citadin. Ce programme a aussi donné un emploi à 16 000 petits maraîchers et à 60 000 autres personnes, qui interviennent en aval de la filière horticole. Grâce à cette initiative, les revenus moyens annuels de chaque agriculteur de Kinshasa et de Lubumbashi sont passés de 500 $ US (387 €) en 2004 à 2 000 $ US (1 480 €) en 2010. DOSSIER 14 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © R . St ro hm D’après les estimations de la FAO, rien qu’en Afrique 130 millions de citadins exercent une activité agricole, le plus souvent l’horticulture, soit pour nourrir leur famille directement, soit pour vendre leur production et en tirer des revenus. Cette pratique présente entre autres avan- tages de faibles coûts au démarrage, de courts cycles de production et des rendements élevés par unité de temps, de terre et d’eau. L’agriculture urbaine peut s’avérer une stratégie efficace durant les périodes difficiles. Dans les bidonvilles de Kamae, au Kenya, les autorités locales ont octroyé aux familles de petites exploitations puis les ont formées aux techniques de culture et d’élevage à petite échelle. À La Havane, capitale de Cuba, l’agriculture ur- baine s’est développée après l’effondrement des impor- tations et des exportations causé par la désintégration de l’Union soviétique. Privés de carburant, d’engrais, de pesticides et d’autres intrants, les citadins cubains se sont tournés vers l’agriculture biologique pour nourrir leurs familles. Aujourd’hui, à La Havane, plus de 26 000 jardins couvrent 2 439 hectares et produisent 25 000 tonnes de denrées alimentaires par an. Au Mozambique et en Sierra Leone, l’agriculture urbaine a progressé face à la nécessité de nourrir les réfugiés qui affluaient vers les villes pendant la guerre civile. Dans les deux pays, cette activité reste une source importante d’alimentation, de revenu et d’emploi. Elle a fait naître une filière entière, qui comprend la trans- formation, le conditionnement, le transport et la vente. microjardins Jardins sur les toits, sacs sur les balcons, terrains vagues pour élever la volaille et de petits animaux, arrière-cours dans les îles des Caraïbes et du Pacifique ou encore simples microjardins hydroponiques dans les bidonvilles : autant de bons moyens de tirer parti des rares espaces disponibles dans les zones urbaines densément peuplées. L’agriculture urbaine est souvent pratiquée par les femmes, bien qu’elles aient plus de difficultés à accéder aux services de crédit et de vulgarisation. À Dakar, un projet de microjardins aide plus de 4 000 personnes, principalement des femmes, à améliorer leur alimentation et leurs revenus. L’agriculture urbaine favorise l’accès des citadins pauvres aux aliments frais, en réduisant les coûts de transport, de conservation en chambre frigorifique et de toutes les activités intermé- diaires de la filière. L’écart de prix entre le producteur et le consommateur peut atteindre un ratio de 1 à 10 dans l’agri- culture rurale. Mais il tombe de 1 à 2 ou 3 dans l’agriculture urbaine. Cette dernière peut aussi compléter la production rurale en période de sécheresse ou pendant la saison des pluies, ce qui contribue à stabiliser les marchés. Et elle gé- nère d’autres sources de revenus. Par exemple, l’élevage de volaille et de petits animaux produit du fumier, susceptible d’être vendu pour la production de légumes, puisqu’un bon engrais est d’autant plus précieux dans un espace restreint. Les dernières innovations apportées aux techniques d’agriculture urbaine portent sur la gestion de l’espace et des déchets. Dans certains jardins, par exemple, les exploi- tants utilisent des sacs recyclés ou des sacs de ciment bio- dégradables. Des jardins sur les toits récupèrent et traitent les eaux usées du ménage. Au Sénégal, presque la moitié des fruits et légumes consommés en ville sont produits dans ou à proximité des zones urbaines, et à Dakar les jardins sur les toits font partie du paysage. En 2008, l’agriculture urbaine a généré au Sénégal environ 400 millions $ US (300 millions €) de revenus. Dans les pays ACP, un nombre croissant d’agriculteurs urbains se regroupent en coopéra- tives. Au Zimbabwe, une coopérative urbaine à Bulawayo compte ainsi 200 membres. Il s’agit du “Poultry, Mushroom and Rabbit Group”. Ce groupe propose à ses adhérents des formations pour les aider à acquérir de nouvelles compé- tences, en particulier en gestion d’entreprise. Dans nombre de centres urbains et périurbains d’Afrique, comme au Cap, à Dar es Salaam, Kampala et Lagos, les producteurs se mettent progressivement à l’aquaculture et élèvent notamment des tilapias et des poissons-chats afri- cains. En raison de la demande croissante de poisson frais en zone urbaine, les résultats sont positifs : la plupart des éleveurs vendent leur production soit au bord des bassins d’élevage, soit sur les marchés urbains. L’aquaponie, qui associe l’aquaculture et l’hydroponie, exploite au maxi- mum les petits espaces. Cette pratique se développe dans différentes zones urbaines et périurbaines des pays ACP, En plein coeur de Kigali (Rwanda), les terres cultivées permettent aux habitants d’améliorer leur sécurité alimentaire. DOSSIER févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 15 © F AO /G . N ap ol it an o quoique avec un soutien externe pour couvrir les coûts technologiques et les coûts de démarrage. Soutien municipal L’agriculture urbaine fait désormais l’objet d’une recherche à part entière, qui s’est accompagnée de politiques de mieux en mieux adaptées au cours des 15 dernières années. Mais, selon les experts, les urbanistes doivent encore davantage intégrer l’horticulture urbaine à leurs stratégies de dévelop- pement et d’aménagement. De plus en plus, il est demandé aux autorités municipales de s’assurer que les horticulteurs urbains ont accès à la terre et à l’eau. En 2003, les ministres représentant les collectivités locales du Kenya, du Malawi, du Swaziland, de Tanzanie et du Zimbabwe ont signé la Déclaration de Harare, qui reconnaît officiellement l’agri- culture urbaine comme une stratégie de développement. Mais souvent l’action publique ne suit pas et, dans certains pays ACP, cette pratique est même interdite par la loi. Les directives de la FAO concernant l’agriculture urbaine recom- mandent, avant tout, d’améliorer l’accès à la formation, au crédit et aux marchés. Elles soulignent combien il est néces- saire de voir dans ce secteur un maillon d’une filière entière. Une pression croissante est exercée sur les terres aux fins de développement, privant les agriculteurs de leurs par- celles. Au Zimbabwe, la crise alimentaire de 2008 a ainsi donné lieu, à Harare, à des dissensions quant aux limites des parcelles. Toutefois, le Programme de développement municipal (PDM) de la ville encourage aujourd’hui les programmes d’agriculture urbaine du- rable. Ces conflits montrent la nécessité qu’il y a à légiférer convenablement en matière d’agriculture urbaine. Les urba- nistes doivent aussi veiller à ce que cette pratique coexiste avec la vie citadine, à ce que les ressources limitées, l’eau notamment, soient partagées et les règles d’hygiène respec- tées, en particulier à proximité des élevages. Les municipa- lités doivent soutenir les marchés alimentaires, et promou- voir les services de vulgarisation. En Namibie, un groupe de 75 agriculteurs urbains est parvenu à décrocher un contrat pour approvisionner un supermarché. Avec le soutien des autorités municipales de Dakar, des familles ont installé dans leurs quartiers des kiosques où vendre leurs surplus de production. À Kinshasa – qui devrait devenir la ville afri- caine la plus densément peuplée d’ici 2020 avec 12,7 mil- lions d’habitants –, les jardins maraîchers produisent d’après les estimations 75 000 à 85 000 tonnes de légumes par an, soit 65 % de l’offre dans la capitale. Eau et déchets L’agriculture urbaine peut s’avérer utile pour recycler les déchets organiques de populations citadines en plein essor démographique (voir encadré). Elle récupère par exemple les eaux usées à des fins d’irriga- tion. Or l’eau non traitée pré- sente des risques sanitaires élevés. À Dakar, casser les cana- lisations pour accéder aux eaux usées est une pratique cou- rante. À Nairobi, des milliers de familles prélèvent l’eau polluée du fleuve pour arroser leurs parcelles. Une étude montre que, sur les marchés ghanéens, les légumes affichent en général des niveaux de contamination microbiologique et par les pes- ticides qui menacent la santé humaine. Il existe pourtant des moyens de contenir ces risques sanitaires. L’Institut internatio- nal de gestion de l’eau recom- mande de tracer la production urbaine, “de l’étable à la table”, et de s’assurer que des mesures d’hygiène simples (utilisation Gestion des déchets À Kampala, la capitale ougandaise, l’agriculture urbaine aide à gérer les déchets. Les agriculteurs et les éleveurs urbains font en effet du porte- à-porte et parcourent les alentours des marchés pour ramasser les déchets, qui leur servent soit à faire du compost, soit à nourrir leurs bêtes. Le fumier animal est recyclé en engrais et de nombreux ménages utilisent les déchets organiques des marchés pour fertiliser leurs petits jardins d’arrière-cour. L’eau est recyclée pour l’irrigation. “Considérés comme une ressource, les détritus font l’objet d’une gestion disciplinée. En ville, les agriculteurs doivent collecter tout déchet susceptible de nourrir leurs animaux ou de produire du compost”, explique Paul Kagimu, conseiller au sein de l’autorité de Kampala capitale (KCCA). La KCCA propose aux agriculteurs urbains des formations pour apprendre à maximiser les rendements sur de petites parcelles et à faire du compost à partir des déchets ménagers. Au pied des “HLM Fass”, au nord du centre ville de Dakar (Sénégal), un petit élevage de moutons permet un complément de revenus. DOSSIER 16 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © IR D/ P. G az in © IR IN /C . Ak en a de gants, nettoyage des aliments et des marchés) sont mises en place à chaque étape de la chaîne. Il encourage aussi les autorités municipales à agir pour veiller au respect des normes sanitaires sur les points de vente. Suite à la cam- pagne de sensibilisation menée par la Fondation RUAF, ré- seau international de centres de ressources consacré à l’agri- culture urbaine et à la sécurité alimentaire, la municipalité d’Accra, au Ghana, élabore des programmes spécifiques en faveur de l’agriculture urbaine, et le ministère ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture a lancé un prix du meilleur agriculteur urbain du pays. Aux Fidji, la hausse des prix alimentaires a incité le minis- tère de l’Agriculture à déclencher une campagne encoura- geant tout un chacun à cultiver son jardin dans les arrière- cours. Ainsi, Dhurup Ram Sharma exploite un petit terrain autour de sa maison pour faire pousser des fruits, des lé- gumes, des racines et des tubercules, et nourrir sa famille. “Chacun devrait cultiver les plantes vivrières de son choix dans la mesure où un jardin potager est accessible à toute la famille à tout moment, que l’on ait de l’argent ou pas, témoigne-t-il. En plus, nous sommes sûrs que nos produits ne contiennent aucun pesticide. Et puis nous occupons notre temps libre utilement.” Point de vue Job Ndebele dirige les services d’ingénierie de la municipalité de Bulawayo, au Zimbabwe. Il est aussi président du Forum multi-acteurs de la ville, créé en 2005 pour promouvoir l’agriculture urbaine après les dissensions qui ont opposé le conseil municipal et les citadins désireux de cultiver et d’élever des petits animaux. © B . Ba fa na CHIffRES CLéS 800 millions de personnes dans le monde bénéficient de l’agriculture urbaine pour leur sécurité alimentaire. Aménager l’espace urbain Quelle importance revêt l’aménagement du territoire pour l’agriculture urbaine ? Aménager l’espace urbain est crucial pour éviter les cultures anarchiques. Nous avons ainsi identifié des zones propices à l’agriculture urbaine, et aidons les citadins à pratiquer une agriculture durable. L’agriculture occupe une bonne partie des sols de la ville. Nous devons donc nous assurer qu’elle est pratiquée de manière ordonnée. Que faites-vous pour harmoniser l’action municipale en matière d’agriculture urbaine ? Nous tentons de populariser l’agriculture urbaine. Les producteurs peuvent investir des zones jusque-là interdites, à condition de tenir compte des aspects environnementaux. Ainsi, assurer une gestion efficace de l’eau passe par la promotion de pratiques comme l’irrigation au goutte-à-goutte. Certains agriculteurs urbains, au lieu d’eau de forage, se servent d’eau potable, onéreuse, ce qui n’est pas viable. Nous avons associé des exploitants à un programme d’agriculture urbaine ; ils s’emploient, avec la Direction du logement et des services publics, à sensibiliser la population à la nécessité d’utiliser les sols à bon escient, en particulier là où la terre est fragile. Quel a été le rôle du Forum dans ce programme ? Le Forum a beaucoup œuvré en faveur de l’agriculture urbaine. Les méthodes culturales se sont améliorées. On a aidé les exploitants à créer des associations et à renforcer celles qui existaient, si bien qu’à présent ils pratiquent une agriculture professionnelle et les associations sont mieux gérées. Selon vous, votre programme est-il un modèle pour les autres villes ? Oui. Bulawayo a développé de bonnes pratiques. Notre projet pilote Plantation de gommiers, qui mobilise plus de 1 000 agriculteurs, a renforcé la capacité de production alimentaire des exploitants. Dix-sept groupes d’agriculteurs ont été formés à des méthodes agricoles viables et nous poursuivons nos efforts afin que les exploitants de Bulawayo soient plus performants. Reste-t-il des défis à relever ? Sans aucun doute. Les terres utilisées pour l’agriculture urbaine n’appartiennent pas toutes à la municipalité, certaines sont privées, ce qui occasionne des conflits entre les exploitants et les propriétaires des terres. Par ailleurs, nous nous heurtons encore à des difficultés de nature environnementale. Les sous- comités du Forum travaillent d’arrache-pied sur ces problèmes. Un micro-jardin en Haïti Dossier rédigé avec la collaboration de Busani Bafana, (Zimbabwe), Isaiah Esipisu (Kenya), Geoffrey Kamadi (Kenya), Wallace Mawire (Zimbabwe), Damion Mitchell (Jamaïque), Angella Nabwowe (Ouganda), Charles Njeru (Kenya) et Andy Taitt (Barbade). 60 % de la population mondiale habitera en ville d’ici 2030. 15 à 20 %  de l’alimentation mondiale est produite par l’agriculture urbaine ou périurbaine. 40 %  des besoins alimentaires totaux de la ville de Kampala (Ouganda) sont couverts par l’agriculture urbaine. DOSSIER févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 17 © F AO /T . Be liz ai re L e bidonville de Kibera, à Nairobi au Kenya, compte un million d’habitants. C’est l’une des plus grandes zones de peuplement informel d’Afrique. C’est aussi l’une des plus insalubres : des égouts à ciel ouvert y déversent les eaux usées non traitées à même les ruelles. Mais, désormais, l’agriculture urbaine améliore les régimes alimentaires, en introduisant des pratiques agri- coles hygiéniques dans des espaces restreints. La principale technique est le “jardinage en sac”. Ce système simple, aussi appelé jardinage vertical, consiste à utiliser un sac de 90 kg rempli de terre. On peut y cultiver jusqu’à 50 plantes et obtenir ainsi des légumes à consom- mer et à vendre. Le jardinage en sac connaît un si grand succès à Kibera que l’Olympic High School, établissement d’enseigne- ment secondaire, achète des légumes à ses élèves, ce qui les aide à payer leurs livres et leurs frais de scolarité. Les jeunes font pousser des choux et des épinards avec l’aide de l’ONG Solidarités International, qui fournit la terre et l’engrais. L’eau servant à l’irrigation des légumes provient du forage de l’école. Des bénéfices sains “Les élèves qui ont du mal à s’acquitter des frais de scolarité et de cantine participent à ce programme”, ex- plique le directeur de l’établissement, Maurice Okumu. Disposant chacun d’un jardin en sac, ils récoltent leurs légumes deux fois par semaine : ils en vendent une partie à l’école et ramènent le reste chez eux. Keith Porter, chef de mission à Solidarités International, estime que l’agriculture urbaine a per- mis une nette augmentation du volume de légumes consommés dans le bidonville. “Grâce au jardinage en sac, précise-t-il, l’apport nutritif s’est élevé et le Jardins verticaux et mini-serres Deux technologies simples aident les citadins à cultiver des produits frais sur de très petits espaces. Le résultat pour les familles : un régime alimentaire plus varié et un complément de revenu grâce à la vente des surplus de production. REPORTAGE AU KENyA Des “jardins verticaux” dans un bidonville au Kenya Esther Kirimi dans sa petite serre, dite “serre Kadogo” Le chef d’établissement Maurice Okumu montre un “jardin vertical”. De gauche à droite : DOSSIER 18 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © G . Ka m ad i © G . Ka m ad i régime alimentaire s’est diversifié.” En conclusion, cette méthode culturale “présente un intérêt immédiat pour les groupes de jeunes, elle renforce le tissu social et exerce un effet positif sur l’environnement”. Une étude menée par Solidarités International in- dique que la vente de légumes en surplus génère pour les ménages un revenu mensuel de 600 KES (5 €) à 1 500 KES (12,5 €). Jusqu’à 80 % des habitants du bidonville consomment à présent des légumes cultivés en sac et économisent ainsi jusqu’à 480 KES (4 €) par mois. Outre les écoliers, quelque 22 000 ménages pra- tiquent ce type d’agriculture. Petite, mais efficace Parallèlement, un outil innovant, une mini-serre conçue par l’agripreneur kényan Oliver Ndegwa, se dé- veloppe rapidement au service de l’agriculture urbaine. Cette serre “Kadogo” – petit en swahili – est entièrement pensée pour l’horticulture citadine. Contrairement aux serres classiques, qui mesurent 8 m de large sur 30 m de long et coûtent 160 000 KES (1 333 €), la Kadogo, com- pacte (5 x 10 m), vaut seulement 30 000 KES (250 €). Esther Kirimi, enseignante, est mère de cinq enfants. Elle a installé une serre Kadogo dans son jardin, dans la zone de Rimpa (comté de Kajiado), pour faire pousser des concombres, des tomates, des courgettes et du chou chinois. “Je voulais couvrir nos besoins en légumes, et apprendre à mes enfants à cultiver un potager”, confie Mme Kirimi. “Ce type de serre peut abriter 250 plantes, on peut donc gagner 10 KES (0,08 €) par plante et par jour, soit un revenu mensuel de 75 000 KES (625 €), sur une durée moyenne de 4 à 9 mois”, fait valoir O. Ndegwa. Geoffrey kamadi Pour aller plus l oin Banque mondiale Improving Wastewater Use in Agriculture: An Emerging Priority Banque mondiale, 2010. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/blvtven CGLU Cités et gouvernements locaux unis http://tinyurl.com/d7y6jxz CRDI Centre de recherches pour le développement international Agriculture in Urban Planning: Generating Livelihoods and Food Security Earthscan/CRDI, 2009 http://tinyurl.com/7xw33r4 ETC-UA ETC – Urban Agriculture www.etc-urbanagriculture.org (site en anglais) FAO Programme Aliments pour les villes www.fao.org/fcit/fr Manuel de référence du producteur urbain. Guide pratique pour travailler avec les organisations de producteurs urbains et périurbains à faible revenu FAO, 2007. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/88489vk Fondation RUAF Réseau international de centres de ressources consacré à l’agriculture urbaine et à la sécurité alimentaire www.ruaf.org (site en anglais) Cities, Poverty and Food: Multi-Stakeholder Policy and Planning in Urban Agriculture Practical Action Publishing/RUAF, 2010 UA Magazine n° 17 – Strengthening Urban Producers’ Organisations Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/bsacze3 GlobalHort Initiative mondiale pour l’horticulture www.globalhort.org/francais OMS Guidelines for the Safe Use of Wastewater, Excreta and Greywater. Volume 2: Wastewater Use in Agriculture OMS, 2006. Téléchargeable sur : http://tinyurl. com/87454vt ONU-Habitat http://tinyurl.com/6mwqdlw PROLINNOVA www.prolinnova.net (site en anglais) SARNISSA Réseaux de recherche en aquaculture durable en Afrique subsaharienne www.sarnissa.org/tiki-index.php DOSSIER févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 19 © G . Ka m ad i L e genre Cola comprend une quarantaine d’espèces en Afrique de l’Ouest parmi lesquelles Cola acuminata (kolatier sau-vage) ou Cola nitida (kolatier) sont les plus importantes. Quatre-vingt-dix pour cent des noix consommées dans le monde pro- viennent de Cola nitida. Originaire d’Afrique tropicale, le kolatier est produit principale- ment au Nigeria (170 190 tonnes) et en Côte d’Ivoire (67 000 tonnes). Suivent le Cameroun (38 000 tonnes), le Ghana (21 300 tonnes), la Sierra Leone (5 300 tonnes). (Source : FAO, 2010.) Cet arbre touffu d’une dizaine de mètres de hauteur produit des fruits, les noix de cola (ou “kola”), caractérisées par une grande amer- tume. Originaire de la zone forestière, il de- mande un climat humide avec une saison sèche inférieure à trois mois. Une production existe, bien moindre, dans les Caraïbes (en Jamaïque) ou aux Fidji. La noix de cola contient deux alca- loïdes qui permettent de lutter contre la fatigue et coupent la faim. Utilisée dans la pharma- copée traditionnelle, elle est aussi recherchée par les industries pharmaceutiques et pour ses vertus tinctoriales. Mais son usage principal est social : pas un baptême, un mariage ou une cé- rémonie rituelle sans noix de cola dans bien des pays d’Afrique de l’Ouest. La noix de cola est ainsi une marchandise et une source de revenus substantiels pour de nombreux ménages tant ruraux qu’urbains, ainsi que pour les pouvoirs publics. Exportée désormais aussi vers l’Occident (États-Unis) et l’Inde, elle rapporte gros aux pays producteurs, notamment la Côte d’Ivoire, “plaque tournante” de la production et commercialisation de cola, dont les exportations lui rapporteraient 100 mil- liards de FCFA (152 millions €) par an (d’après une étude INADES-Formation Côte d’Ivoire). Obstacles à l’exportation En Côte d’Ivoire, la cola est désormais ré- coltée dans des plantations de 15 hectares. Mais dans ce pays, comme au Nigeria, le ver- ger vieillit, les producteurs ont des difficultés à trouver des semences sélectionnées et les plants en pépinière ont un coût prohibitif. Peu transformée en Afrique, la cola est ex- portée brute et suit une filière faiblement orga- nisée. Les noix fraîches sont transportées dans des contenants visant à conserver un certain degré d’humidité. En Jamaïque, la noix, appe- lée “bissy”, est transformée en poudre pour être consommée diluée dans de l’eau avec du sucre ou du miel. L’économie de la cola est très spéculative dans la sous-région ouest-africaine. Les États n’inter- viennent pas dans la commercialisation et il n’y a pas de prix garanti au producteur. Alors qu’elle ne devrait pas faire l’objet de taxes spécifiques au sein de l’UEMOA (au même titre que les fruits et légumes), la précieuse noix doit faire face à de nombreux obstacles pour traverser les frontières (douanes, police, gendarmerie), au grand dam des commerçants. Les producteurs sont très dépendants des exportateurs, qui fixent les prix. Pour ces derniers, la filière semble très rentable : une étude menée dans le Grand Nord- Cameroun relève que 89 % des commerçants grossistes opérant dans la commercialisation de la cola tirent l’essentiel, sinon la totalité, de leurs revenus de la vente de ce produit. mieux produire et mieux vendre Les possibilités d’amélioration et de déve- loppement de la filière sont présentes à tous les niveaux. En matière de production, les priori- tés sont un accès à de meilleures semences et le renouvellement des kolatiers. Stockage et conservation de la cola pourraient également être davantage assurés, pour éviter les pertes, qui sont nombreuses, et garan- tir la qualité souvent irrégulière du produit. Pour la commercialisation, une meilleure organisation de la filière semble indispensable. Celle-ci ne signifie pas une multiplication des structures. En effet, en Côte d’Ivoire par exemple, les associations de producteurs de noix de cola sont plétho- riques et peinent à s’entendre. Un fonction- naire ivoirien basé à la direction des organi- sations professionnelles agricoles du ministère de l’Agriculture a ainsi été chargé de l’organi- sation de la filière, signe que l’État ivoirien est conscient des besoins, et mise sur la cola. Mais c’est à l’échelle sous-régionale que les besoins sont les plus pressants. Une améliora- tion de la fluidité du trafic entre pays est indis- pensable. Ce produit, emblématique de la sous- région, qui ne connaît pas les frontières pour sa consommation, devrait pouvoir voyager sans se voir taxé au moindre déplacement. La noix de cola, partout appréciée en Afrique de l’Ouest pour sa valeur symbolique et culturelle et ses vertus stimulantes, est produite principalement dans cinq pays ouest-africains. Source de revenus considérables, elle mériterait plus d’attention des États producteurs. NOIX DE COLA Plus qu’un symbole Distribution de la cola lors d’une cérémonie de fiançailles au Burkina Faso FILIèRE 20 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © G . N ab al ou m Coopération renouvelée Plus d’un demi-siècle après la fin de la période coloniale, l’aide au développement est encore d’actualité. Mais la donne a changé. Les pays émergents, entrés sur la scène de l’aide, en modifient les paradigmes. Ce livre propose de repenser l’aide, en offrant conseils, informations et propositions. Coopération au développement. Les raisons de persévérer Par J.-f. Bijon éditions Charles Léopold Mayer, 2011, 208 p. ISBN 978-2-84377-161-3 20 € éditions Charles Léopold Mayer 38, rue Saint-Sabin 75011 Paris france fax : + 33 1 48 06 48 86 www.eclm.fr Améliorer la gestion de l’eau La plupart des pays ACP n’exploitent pas encore pleinement le potentiel qu’offre la gestion des eaux agricoles. Le séminaire annuel du CTA organisé en 2010 à Pretoria avait pour objectif d’identifier les principales informations et connaissances nécessaires à un usage agricole efficient des ressources en eau dans les pays ACP. Cette compilation en fait la synthèse. Gestion intégrée de l’eau pour une agriculture durable. réduisons l’écart des connaissances. Séminaire 2010 CTA, 2011, 36 p. CTA n° 1659 2 unités de crédit Assez d’eau Les grands fleuves ont assez d’eau pour soutenir le doublement durable de la production alimentaire au cours des prochaines décennies. Selon le rapport du Challenge Program “Eau et Alimentation” (CPWF) du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), ce sont l’utilisation inefficiente et la distribution inéquitable de l’eau et non sa rareté qui constituent le principal problème, les agriculteurs africains n’utilisant qu’à peine 4 % de l’eau disponible. Plus d’informations : http://tinyurl.com/82vy8qc Penser à demain Un avenir pour l’agriculture. Pour une action politique concertée face au changement climatique Par C. Pye-Smith CTA/CCAfS, 2011, 36 p. CTA n° 1662 2 unités de crédit Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7u8ub8q Les effets du changement climatique sur l’agriculture se répercutent au- delà de l’offre alimentaire. Dans les pays en développement, l’agriculture représente 29 % du produit intérieur brut et emploie 65 % de la population. Ainsi, les effets en chaîne du réchauffement mondial risquent de s’apparenter à un raz-de-marée. Or l’agriculture doit aussi endosser sa part de responsabilité. Les activités agricoles sont directement responsables de 10 à 12 % des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique. L’agriculture intelligente est une première réponse, qui suscite un intérêt croissant. Pensée en ce sens et première d’une nou- velle collection du CTA, cette publication vise à aider les agriculteurs à accroître leur production vivrière tout en renforçant leur résilience au changement climatique et en réduisant les gaz à effet de serre. Elle fait état des solutions intelligentes mises au point en agriculture, certaines étant appliquées dans plusieurs régions ACP. La généralisation de ces pratiques dépendra cependant de la place que l’on accordera à l’agriculture dans les négociations inter- nationales et lors de l’élaboration des poli- tiques nationales. Petites îles et développement durable ■ Les petits États insulaires en développe- ment (PEID) plus connus sous le sigle SIDS (Small Island Developing States) sont deve- nus, au fil des années, une catégorie à part, au même titre que les pays les moins avan- cés (PMA). Cet ouvrage scientifique collec- tif, consécutif à un colloque international qui s’est déroulé à l’Université de la Réunion en novembre 2009, se propose d’apporter des éléments nouveaux et une réflexion approfondie sur la mise en perspective de l’insularité et du développement durable. Il questionne les spécificités supposées ou avérées du développement durable dans les petits espaces insulaires. Il s’articule autour des quatre thèmes majeurs : sociétés et cultures ; environnement et ressources ; économie, enjeux et risques ; gouvernance et interactions. Qu’elles soient riches ou pauvres, situées au Nord ou au Sud, les îles sont décrites ici dans toute leur variété, ap- portant des éléments concrets de réflexion sur les perspectives de mise en œuvre du développement durable dans leur contexte propre. insularité et développement durable Sous la direction de f. Taglioni IRD éditions, 2011, 551 p. ISBN 978-2-7099-1709-4 42 € IRD éditions 44, boulevard de Dunkerque 13572 Marseille Cedex 02 editions@ird.fr www.editions.ird.fr PUbLICATIONS févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 21 PUbLICATIONS Prix stabilisés Faut-il stabiliser le prix des céréales ? Cette question demande des réponses différenciées, selon qu’il s’agit de marchés intérieurs ou internationaux, de pays développés ou de pays en développement, sujets à l’insécurité alimentaire. stabiliser les prix des céréales ? Différencier la réponse selon le marché  Par f. Galtier  Perspective n° 10  CIRAD, 2011 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/75cgbar. Protéger les agriculteurs Le warrantage et l’assurance indicielle climatique ont été institués pour réduire les risques agricoles. Des neuf cas analysés en Inde et en Afrique de l’Est, il ressort qu’ils n’atteindront pas vraiment les petits producteurs sans politiques sectorielles volontaristes. assurance indicielle et warrantage, quel intérêt pour les petits agriculteurs ? analyses d’expériences en afrique de l’est et en inde Par A. Chetaille, A. Duffau, G. Horréard, D. Lagandré, B. Oggeri et I. Rozenkopf GRET, 2011, 44 p. ISBN 978-2-86844-276-5 Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/868v88j La gestion participative, un leurre ? ■ Au fur et à mesure qu’elles prenaient de l’importance, les questions de développement durable et d’environnement ont engendré de nouveaux dispositifs, souvent très complexes, destinés à traduire ces problématiques en actions sur le terrain. Parmi ceux-ci, la gestion participative des ressources naturelles, présen- tée comme la panacée en réaction aux échecs des anciennes approches étatiques, directives et centralisées. Ce mode de gestion s’appuie aujourd’hui sur un dispositif bien rodé qui rem- place l’ancien système étatique. Il repose sur des conventions internationales de préservation de la nature et des ONG environnementales, institutions intermédiaires entre les grandes institutions internationales et les populations concernées, dont la taille dépasse souvent celles des États. Au nom de la “gestion participative”, les ONG ne servent souvent que de courroies de transmission pour imposer aux “communautés locales” des décisions prises à très haut niveau, dans les instances internationales. Cette analyse critique de la gestion participative ne pourra qu’interroger ceux qui s’intéressent aux ques- tions d’environnement et plus généralement de développement. Comment préserver les ressources naturelles ? Par J. Ballet, J.-M. Koffi, K.-B. Koména et T.-M. Randrianalijaona éditions Rue d’Ulm, 2011, 57 p. ISBN 978-2-7288-0461-0 7 € éditions Rue d’Ulm/ Presses de l’école normale supérieure 45, rue d’Ulm 75230 Paris Cedex 05 france www.presses.ens.fr Le “roman de l’actualité mondiale” Depuis 1981, cette parution annuelle permet de prendre du recul sur l’actualité internationale en privilégiant l’analyse de l’“état du monde”, pays par pays. Depuis 2006, le livre est désormais adossé à une encyclopédie en ligne. état du monde 2012. Nouveaux acteurs, nouvelle donne La Découverte, 2011, 237 p. ISBN 978-2707168887 17 €  éditions La Découverte  46, route de Sermaises  BP 11  45331 Malesherbes Cedex  france  fax : + 33 2 38 32 71 28  L’encyclopédie en ligne : www.etatdumonde.com propose un mois d’essai gratuit. Un titre foncier pour tous ■ Face à l’insécurité foncière, de nom- breuses propositions émergent pour assu- rer un droit de propriété à ceux qui en sont démunis et se trouvent, de ce fait, fragilisés. La solution présentée dans cet ouvrage consiste en un titre de micropro- priété simple et sécurisé, applicable par- tout dans le monde. Ce projet se veut une réponse juridique, pratique et technique à l’épineux problème de la propriété foncière. Il se fonde sur un document officiel, simple, que chaque citoyen, même démuni, peut obtenir en peu de temps, à faible coût et qui lui certifie sa propriété. Chacun pourra ainsi attester qu’il est propriétaire de la case qu’il habite, du lopin de terre qu’il cultive ou de la petite ferme qu’il exploite, et voir ainsi l’avenir avec moins d’incertitude. Le système se fonde notamment sur l’analyse de nombreuses expériences de sécurisation foncière menées dans différentes parties du monde, en particulier à Madagascar et au Vietnam. La terre, un droit humain Par A. Harissou éditions Dunod, 2011, 191 p. ISBN 978-2-10-056330-2 23€ éditions Dunod 5, rue Laromiguière 75240 Paris Cedex 05 france Poissons catalogués ■ C’est sous la forme très accessible d’un catalogue que les auteurs ont choisi de publier cette encyclopédie des poissons de mer de l’Ouest africain tropical. Chaque espèce y est présentée sur une double page. À gauche, un court texte décrit le poisson en soulignant ses signes distinc- tifs, fournit des données sur sa répartition géographique, son habitat, sa biologie et sa pêche. À droite, son dessin en permet une reconnaissance aisée. L’ordre de pré- sentation suit la classification par grandes familles : requins, raies et poissons osseux. Un glossaire permet une recherche rapide de chaque espèce. Dans la présente édition, les noms vernaculaires en langue soussou et vili ont été ajoutés aux noms scienti- fiques et commerciaux des précédentes éditions. D’un accès et d’un usage particulièrement simples, cet ouvrage s’adresse à un vaste public : naturalistes amateurs, pêcheurs sportifs, chasseurs et plongeurs sous-ma- rins, touristes curieux, en fait à tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, à la vie sous-marine. Les pêcheurs profession- nels et les agents des pêches y trouveront également de précieux renseignements. Poissons de mer de l’Ouest africain tropical Par B. Seret et P. Opic IRD éditions, 2011, 450 p. ISBN 978-2-7099- 1702-5 22 € Adresse IRD éditions voir p.21 22 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 PUbLICATIONS Cohérence des politiques commerciales S’appuyant sur diverses études réalisées par les membres de la commission Agriculture et alimentation de Coordination SUD, ce rapport porte sur la cohérence des politiques commerciales et agricoles avec les objectifs de développement. Un outil précieux pour mieux comprendre les concepts de cohérence des politiques commerciales et de développement, pas toujours bien explicités. La cohérence des politiques commerciales et agricoles avec les objectifs de développement Par L. Levard Coordination SUD, 2011, 56 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/86uz95c Défis pour l’irrigation Avec une population mondiale de 9 milliards de personnes en 2050, la nécessaire conciliation de la productivité de la terre et de l’eau avec la conservation des milieux naturels, il convient de repenser, au Nord comme au Sud, l’utilisation de l’eau. Ce numéro spécial de la revue Cahiers Agricultures s’y attache. Quels nouveaux défis pour les agricultures irriguées ? Coordination de J.-y. Jamin, S. Bouarfa et J.-C. Poussin Cahiers Agricultures, vol. 20, n° 1-2, éditions John Libbey Eurotext, 2011, 180 p. ISBN 978-2-7420-0814-8 15 €  Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/88hc7t7 Biopesticides contre Bruchinae ■ La lutte chimique est la méthode de protection la plus utilisée pour sauvegar- der les cultures et les stocks, mais elle est onéreuse et peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des producteurs et des consommateurs ainsi que sur l’environ- nement. La mise en œuvre de différentes méthodes préconisées dans cet ouvrage devrait permettre aux agriculteurs afri- cains de limiter l’utilisation des produits phytosanitaires de synthèse. Après avoir présenté, dans une première partie, la bio- logie des Bruchinae, insectes ravageurs, et de leurs plantes-hôtes, l’ouvrage propose des stratégies de lutte raisonnée fondées sur les recherches menées en Afrique, notamment l’utilisation de biopesticides extraits de plantes africaines. Il préconise en particulier la lutte biologique à l’aide d’hyménoptères parasitoïdes et la culture de lignées de plantes résistantes aux larves de Bruchinae. Cet ouvrage s’adresse parti- culièrement aux chercheurs et spécialistes des légumineuses, de la protection des denrées stockées et de la lutte raisonnée contre les Bruchinae. insectes ravageurs des graines de légumineuses. Biologie des Bruchinae et lutte raisonnée en afrique Par J. Huignard, I.-A. Glitho, J.- P. Monge et C. Regnault-Roger éditions Quæ, 2011, 145 p. ISBN 978-2-7592-1659-8 30 € Adresse éditions Quæ, voir colonne précédente Adapter le conseil Le conseil à l’exploitation agricole s’est beaucoup développé. Cet article analyse deux études de cas, au Bénin et au Burkina Faso, pour en tirer des enseignements visant à mieux appuyer ces systèmes complexes principalement contraints par le financement, la gouvernance et les ressources humaines. Une analyse systémique des dispositifs de conseil à l’exploitation familiale en afrique de l’Ouest Par G. faure, P. Rebuffel et D. violas Cahiers Agricultures, vol. 20, n° 5, éditions John Libbey Eurotext, sept.-oct. 2011, 6 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7u9wwdt ■ Par quel heureux hasard toutes les plantes tropicales consommées en Europe se trouvaient-elles réunies en Afrique à la fin du XIXe siècle, à portée de main du colonisateur ? En réalité, cela ne tient nullement au hasard. Et l’Afrique n’a ja- mais été ce jardin d’Éden où tout aurait poussé naturellement. Le cacao de Côte d’Ivoire vient en fait d’Amérique latine, tout comme l’arachide du Sénégal ou la vanille de Madagascar. Quant à la banane camerounaise et la mangue malienne, elles sont originaires d’Asie. Toutes ces plantes ont été importées sur le continent africain par l’homme. Il n’y a guère que le palmier à huile et le caféier à être véritablement originaires d’Afrique. C’est donc à une histoire très mouvementée que nous convie cet ouvrage qui retrace l’origine de la culture africaine de ces plantes aujourd’hui toujours largement présentes sur le conti- nent africain et qui continuent à faire l’objet d’un intense commerce. Richement et savamment illustré de photos souvent très anciennes, de planches botaniques et de cartes, ce bel ouvrage se déguste sans modération en faisant défiler sous nos yeux toute l’histoire de l’agriculture coloniale africaine jusqu’à nos jours. Une histoire des plantes coloniales Par S. volper éditions Quæ, 2011, 144 p. ISBN 978-2-7592-1030-5 26 € éditions Quæ RD 10 78026 versailles Cedex, france fax : + 33 1 30 83 34 49 serviceclients-quae@versailles.inra.fr Vanille, cacao & Co LIC TI S févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 23 Décrire les sols ■ Ce guide pratique passe en revue toutes les étapes de la description des sols : choi- sir les emplacements à observer, préparer la prospection et la notation, choisir le maté- riel à utiliser, prélever, stocker les prélève- ments, traiter et transmettre les informa- tions recueillies… Le cœur de l’ouvrage est consacré à la description systématique des solums, hori- zon par horizon, en fonction de nombreux critères concernant l’aspect physique, les propriétés mécaniques et chimiques, le re- pérage des traces d’activités biologiques et humaines. La partie consacrée à l’interpréta- tion et au traitement de données décrit les différents types de diagnostics à établir. Elle insiste sur les interprétations des observa- tions en termes de pédogenèse, d’enracine- ment, de réservoir en eau, de désignation des sols… Cet ouvrage s’adresse à tous ceux qui, par leur profession, ont à décrire des sols : pédologues, agropédologues, agronomes, techniciens forestiers, phytoécologues, etc. Paru initialement en 1995, il a été entière- ment revu et mis à jour. Il est le complément indispensable du Guide des analyses en pé- dologie et du Référentiel pédologique. Guide pour la description des sols Par D. Baize et B. Jabiol éditions Quæ, 2011, 448 p. ISBN 978-2-7592-1034-3 38 € Adresse éditions Quae, voir p.23 bibliographie de la biodiversité Biodiversité et développement sont des thèmes traités dans de multiples ouvrages, sous différents angles. Ce document a été conçu pour proposer un ensemble de ressources bibliographiques accessibles en français sur les différentes dimensions de la biodiversité et le développement dans le monde. Lutte contre la pauvreté et conservation de la biodiversité Par A. Chetaille et C. Gautier GRET, 2011, 97 p. Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/852x2v8 mieux gérer la volatilité La dix-septième édition des Perspectives agricoles présente des projections en termes de production, consommation, échanges, stocks et prix, ainsi qu’une évaluation de l’évolution récente des marchés, des questions et des incertitudes pour un certain nombre de produits de base. Cette édition offre des suggestions aux décideurs politiques afin de les aider à réduire et à mieux gérer la volatilité. Perspectives agricoles de l’OCDe et de la FaO 2011-2020 fAO, 2011, 224 p. ISBN 978-92-5-206922-5 I2325/f Téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7r5avza POUr OBTeNir Les PUBLiCaTiONs Les titres précédés du logo peuvent être obtenus comme suit : vous êtes abonné(e) aux publications du CTa : N’utilisez qu’un seul canal ! • Vous avez un compte sur http://publications.cta. int (lancement le 1er février 2012)  ? Connectez-vous et choisissez vos titres à concurrence de vos unités de crédit en cliquant sur “Ajouter au panier” et “Passer la commande”. • Pas d’accès à Internet ? Vous pouvez continuer à utiliser le bon de commande fourni par le CTA. vous êtes une organisation aCP active dans l’agriculture mais pas encore abonnée aux publications du CTa : Demandez un abonnement : • via http://publications.cta.int en cliquant sur “Demander un abonnement gratuit” ; • par la poste ou par courriel à  pdsorders@cta.int vous n’êtes pas une organisation aCP active dans l’agriculture : vous pouvez acheter les ouvrages auprès des éditeurs ou en librairie. Les liens vers les portails des éditeurs sont accessibles à travers http:// publications.cta.int Certaines publications sont aussi téléchargeables gratuitement sur http://publications.cta.int Les titres précédés du symbole sont disponibles à l’achat chez les éditeurs mentionnés ou en librairie. Fragile nature, fragile société ■ Ce recueil de textes de différents auteurs souligne, à partir d’analyses empiriques sur le cas de Madagascar, les relations entre la vulnérabilité de l’environnement et la vulnérabilité économique et sociale des populations. Issus pour la plupart d’un séminaire organisé par le Centre d’écono- mie et d’éthique pour l’environnement et le développement à Madagascar (C3EDM) en janvier 2010, ils plaident pour une meil- leure compréhension entre les sciences de la nature et les sciences de la société. Le cas de Madagascar est emblématique de ce lien entre vulnérabilité environnementale et vulnérabilité économique et sociale des populations. La Grande île est de plus en plus nettement affectée par le changement climatique avec une accentuation des phé- nomènes extrêmes que sont les cyclones à l’Est et la sécheresse au Sud. Cette dégrada- tion de l’environnement constitue bien une réduction des opportunités futures de déve- loppement et donc une augmentation de la vulnérabilité des populations. vulnérabilité, insécurité alimentaire et environnement à madagascar Sous la direction de J. Ballet et M. Randrianalijaona éditions L’Harmattan, 2011, 243 p. ISBN 978-2-296-56191-5 22,50 € éditions L’Harmattan 5-7, rue de l’école Polytechnique 75005 Paris, france fax : + 33 (0)1 43 25 82 03 www.editions-harmattan.fr PUbLICATIONS 24 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 Notre collègue et ami Aboubacar Koda Traoré nous a quittés soudainement le 1er janvier 2012. Il avait 47 ans. Il laisse une épouse, Nana, et deux enfants, Malik et Ismaël. Nos plus profondes pensées les accompagnent dans cette dure épreuve. (lire page 26) 4 QUESTIONS à ANDREW SHEPHERD Conseiller technique senior en développement de marché Andrew Shepherd a rejoint le CTA en septembre 2011 au poste de conseiller technique senior en développement de marché. Après plus de 25 ans au poste d’économiste de marketing à la FAO, il apporte une expertise substantielle au CTA en participant à la planification du programme de travail sur les chaînes de valeur. Mes 5 dates 1978 Je quitte l’Economist Intelligence Unit pour entamer une carrière dans le marketing agricole en Papouasie-Nouvelle-Guinée. 1982 Première mission auprès de la fAO, pour un projet de développement rural intégré en Tanzanie 1985 Intégration du Groupe de commercialisation agricole de la fAO à Rome 1991 Rencontre avec mon épouse, brésilienne, lors de ma seule et unique visite en Amérique latine pour la fAO 2011 Je quitte la fAO pour le CTA. HOMMAGE Tristesse et chagrin au CTA 1 Dans son nouveau Plan stratégique, le CTA encourage le développement de chaînes de valeur prioritaires en agriculture. En quoi consistent ces chaînes ? Une chaîne de valeur commence chez l’agriculteur et se termine chez le consommateur ou l’utilisateur final. Ce concept inclut toutes les activités nécessaires à la fabrication, la commercialisation et l’acheminement du produit jusqu’au consommateur. L’approche par chaîne de valeur est utile quand il s’agit d’analyser ou de développer des chaînes qui relient les exploitants aux demandes spécifiques des acheteurs (agro-transformateurs, supermarchés ou exportateurs). Une production qui tient compte de la demande exige de chaque acteur une plus grande implication que l’approche plus traditionnelle, centrée sur l’offre, selon laquelle les agriculteurs produisent puis tentent de vendre leur production. 2 Pour mieux comprendre le paysage des chaînes de valeur, le CTA a mené une étude de cadrage. Qu’a révélé cette étude ? Beaucoup a été fait pour appliquer le concept de chaîne de valeur à l’agriculture dans les pays ACP. Pourtant, beaucoup d’acteurs ne sont pas encore très familiers avec cette approche. Les méthodes existantes, souvent complexes, sont surtout employées par les bailleurs de fonds qui ne prennent pas toujours en compte les situations spécifiques à chaque région. Il convient donc de mettre au point des méthodologies et des supports de formation ciblés qui se prêtent à une utilisation dans les pays ACP. 3 Comment le programme des chaînes de valeur s’intègre-t-il au sein du CTA ? Cette nouvelle approche par chaînes de valeur cadre bien avec les atouts du CTA en matière de communication et de TIC. Nos projets seront menés par des collaborateurs issus de différentes disciplines, et pas seulement par un petit nombre de spécialistes des chaînes de valeur. Le développement des chaînes de valeur s’inscrit en outre dans les actions du CTA visant à promouvoir les politiques et stratégies agricoles dans les pays ACP. 4 Pouvez-vous nous donner des exemples de produits et services prévus cette année pour les chaînes de valeur ? Il est prévu cette année d’organiser une conférence internationale sur les chaînes de valeur pour le développement agricole. Le programme devrait porter sur les thèmes suivants : comment renforcer la viabilité des chaînes de valeur agricoles ; comment transposer à une plus grande échelle les initiatives visant à développer les chaînes de valeur; comment rendre l’approche des chaînes de valeur plus pertinente pour les pays ACP. AGIR AvEC LE CTA www.cta.int févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 25 © L . Se rp a Lo pe s © G . Ra m ba ld i Le 1er février 2012, le CTA a lancé une nouvelle plateforme électronique consacrée à ses publications : http://publications.cta. int. Baptisé CTA Éditions, ce nouveau site n’est pas qu’une mise à jour de l’ancien cata- logue électronique du CTA. Il comprend des fonctions supplémentaires au service de l’uti- lisateur. Pour la première fois, il est désor- mais possible de commander auprès du CTA des publications en ligne et de suivre l’état de ses commandes en cours. Le visiteur a aussi la possibilité de s’abonner à Spore ou à d’autres publications. De plus, les abonnés peuvent mettre à jour leurs informations personnelles sur le site, ce qui les assure de recevoir le dernier numéro de Spore après un déménage- ment ou un changement d’emploi. Il est aussi plus facile de découvrir les dernières parutions et les titres à succès, grâce à une présentation plus conviviale et à des fonctions de recherche avancée. Les visiteurs peuvent filtrer par langue (anglais, français ou portugais), titre, thème ou col- lection. Chaque utilisateur est aussi invité à s’abon- ner au bulletin d’information électronique mensuel de CTA Éditions pour ne manquer aucune des nouvelles publications du CTA. Ceux qui n’ont pas accès à Internet peuvent bien sûr toujours commander les publica- tions du CTA par courrier. D’ailleurs, notre organisation vient de publier son catalogue 2012. Si vous souhaitez en recevoir un exem- plaire, contactez le CTA dès aujourd’hui. HOMMAGE Le CTA vient de perdre un ami cher et un précieux collègue • Le CTA mène actuellement une étude sur sa présence en ligne. L’objectif est de rationaliser ses différents sites pour offrir un meilleur accès à ses différents produits et services • La Conférence internationale 2012 du CTA portera sur les chaînes de valeur au service du développement agricole et rural. Vous trouverez plus d’informations à ce sujet dans les prochains numéros de Spore. TEXTOS PASSAGE AU NUMéRIQUEUn nouveau site pour les publications du CTA (suite de la page 25) De nationalité nigé- rienne, Koda a étudié les sciences de l’infor- mation à l’Université du Bénin de Cotonou, puis les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour le développe- ment à l’Université de Limoges. Il a rejoint le CTA en 1994 après une brillante carrière au ministère nigérien de l’Agriculture. Avec talent et rigueur, Koda a géré de nom- breux programmes d’information, dont le service Questions-Réponses, les packs de radio rurale et le programme d’appui aux sé- minaires. En tant que Coordinateur du pro- gramme CTA TIC pour le Développement, il a conçu et mis sur pied le Centre de res- sources virtuel du CTA. Son rôle a égale- ment été déterminant dans le développe- ment des systèmes d’information de marché. Dernièrement, il a coordonné le magazine ICT-Update, en impliquant de nouveaux spé- cialistes TIC des pays ACP pour en enrichir le contenu. Ces dernières années, il s’était beau- coup engagé en faveur des plates-formes d’information destinées à transmettre aux producteurs le savoir-faire agricole. Il était ainsi impliqué dans différents projets de champs-écoles paysans et dans des partena- riats, avec le RESIMAO, le réseau FEMNET et avec les observatoires de la CMA-AOC. Koda était un fervent défenseur du mouve- ment des télécentres, qui encourage le déve- loppement d’approches viables sur les plans tant technique, économique que social. L’impact de son action, sur le terrain, est par- faitement résumé par l’un de ses nombreux partenaires du réseau SATNET : “[Sa dispa- rition] est un choc pour le mouvement des télécentres et les réseaux de connaissances africains [...]. Par son engagement passion- né, il a joué au CTA un rôle déterminant dans le développement des technologies de l’in- formation et de la communication. [...] Koda comptait parmi les principaux défenseurs des TIC et des télécentres comme outils au service du développement en Afrique.” Plus récemment, Koda avait cherché à fa- voriser l’accès des petits exploitants, des communautés rurales et autres acteurs du secteur agricole aux TIC, à l’information et aux connaissances, par le biais d’initiatives d’informatique communautaire. Il était convaincu de la nécessité de construire une économie du savoir à partir des com- munautés rurales. Koda a toujours rempli sa mission avec professionnalisme, passion, bonne humeur et avec une grande ouver- ture d’esprit face aux idées et opinions nou- velles. Il était très conscient des dimensions sociales et humaines des projets qu’il gérait ou qu’il appuyait. Il a, d’une manière ou d’une autre, influé sur la vie de beaucoup. Koda faisait preuve d’une gentillesse, d’une chaleur et d’une générosité de cœur et d’esprit qui nous manqueront cruellement. Nous venons de perdre un collègue et un ami exceptionnel. Un blog a été mis en place pour permettre à ceux qui le souhaitent d’exprimer leurs condoléances : http://kodatraore.cta.int Vous pouvez aussi envoyer vos messages à kodatraore-memoriam@cta.int AGIR AvEC LE CTA 26 | SPORE 157 | févRIER-MARS 2012 © C TA La vulgarisation fait réagir Parue dans le numéro 156, l’interview de David Mwangi Miano sur la vulgarisation communautaire a suscité beaucoup de commentaires. m. David Otieno nous écrit ainsi son enthousiasme face à l’approche mise en avant dans cet entretien, qui fait le lien avec le marché. Selon lui, le secteur du développement doit absolument renforcer ce type de lien pour réduire la pauvreté. Ce lecteur précise que les petits exploitants font preuve de beaucoup d’initiatives, quelle que soit leur origine, mais que l’accès au crédit est l’un des principaux problèmes auxquels tous sont confrontés. Il est convaincu qu’avec l’assurance d’accéder au crédit les agriculteurs seraient à même de fournir des produits d’une qualité et en quantité adaptées à la consommation et à la vente sur les marchés. Poursuivant son raisonnement, il suggère, pour soutenir les petits exploitants, de multiplier les partenariats avec des banques commerciales et d’autres institutions financières partageant les mêmes valeurs. Cette démarche aurait à ses yeux plus de portée que le simple ajout d’un maillon supplémentaire à la filière. Elle encouragerait les ménages ruraux à penser en investisseurs et à économiser. m. Octavian mghanga a aussi réagi à cette interview, faisant observer que les services de vulgarisation communautaire peuvent gagner en viabilité s’ils intègrent des concepts de chaîne de valeur appropriés. Il pense que cette approche permettrait aux agriculteurs pauvres d’accéder à des marchés de niche et, ainsi, d’augmenter leurs revenus. En conséquence, ces agriculteurs disposeraient de plus de moyens pour payer les services de vulgarisation communautaire. m. Yusuff sakiru écrit que les autorités devraient être impliquées et définir une ligne d’action à respecter scrupuleusement. Il souhaite un recrutement plus important de vulgarisateurs, des services plus axés sur les résultats et une meilleure formation des agriculteurs. Qu’en pensez-vous ? Gingembre, “y’a plus qu’à” ! m. mamadou Bamba est intéressé par les opportunités qu’offre le gingembre à l’agriculture familiale. Selon lui, il reste maintenant à s’assurer des débouchés commerciaux. Stopper le bXw Suite à notre article paru dans Spore 156 sur le Banana Xanthomonas wilt (BXw), la redoutable maladie des bananiers, m. vutseme Lusenge nous précise que cette maladie ne fait pas seulement des dégâts au Burundi, elle existe dans presque tous les pays de l’Afrique des Grands Lacs. En RD Congo, précisément dans la province du Nord-Kivu, les dégâts sont considérables. Le bananier, principale culture vivrière de cette région, a pratiquement disparu des champs des paysans qui souffrent encore des conséquences des guerres. À Butembo, par exemple, un régime de bananes est passé de 1,5 $ US (1,15 €) à 8 $ US (6,15 €). Le CIALCA, organisme de recherche de la région, concentre ses efforts sur l’éradication de cette maladie. Engrais mieux acceptés Après avoir lu notre SMS sur les déchets valorisés paru dans le numéro 155, m. Goodfellow Tsilizani nous a contactés au sujet des engrais à base d’urines. Il suggère une nouvelle façon de surmonter leur impopularité, due à leur mauvaise odeur et à leurs courts délais d’utilisation. Il suffit de mélanger l’urine avec de l’eau et de la citronnelle, qui élimine les mauvaises odeurs et ralentit la décomposition. Il cite en exemple Bionitrate, un engrais à base d’urines vendu au Malawi 1 $ US /litre et socialement acceptable. AGIR AvEC LE CTA Boîte post@le Services aux lecteurs Écrire à Spore CTA — rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ wageningen Pays-Bas fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore RECEvOIR LA vERSION IMPRIMéE L’abonnement est : • gratuit pour les organisations et personnes actives dans le développement rural et résidant dans un pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) ou de l’UE : s’abonner - via http://publications.cta.int en cliquant sur « Demander un abonnement gratuit » ; - par la poste (CTA Spore Abonnements, PO Box 173, 6700 AJ wageningen, Pays-Bas) ou par courriel à spore@cta.int. • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) Abonnement à souscrire auprès de SMI (Distribution Services) Ltd PO Box 119, Stevenage Hertfordshire SG1 4TP Royaume-Uni fax : + 44 1438 748844 E-mail : CTA@earthprint.co.uk RECEvOIR LE RéSUMé GRATUIT PAR E-MAIL Abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int LIRE SPORE SUR éCRAN • sur le Web : consultez spore.cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. Merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable févRIER-MARS 2012 | SPORE 157 | 27