L’approche participative dans la recherche sur le mode de gestion des espèces cultivées localement en fonction du genre au Mali : méthodologie et techniques Cas du Mali GENRE ET RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES ISBN 92-9043-554-2-IPGRI 9 7 8 9 2 5 2 0 4 8 7 7 0 TC/M/Y4414F/1/12.02/1000 ISBN 92-5-204877-4 L’approche participative dans la recherche sur le mode de gestion des espèces cultivées localement en fonction du genre au Mali : méthodologie et techniques Cas du Mali Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture Février, 2000 L’institut International des Ressources Phytogénétiques GENRE ET RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a été créée en octobre 1945 dans le but d'améliorer l'état nutritionnel, le niveau de vie, la productivité agricole et le sort des populations rurales en général. Elle est l'une des plus grandes institutions spécialisées du système des Nations Unies, chef de file dans les domaines de l'agriculture, des forêts, des pêches et du développement rural. Organisation intergouvernementale, la FAO regroupe 183 Etats Membres, auxquels s'ajoute la Communauté européenne. Depuis sa création, la FAO lutte contre la faim et la pauvreté en oeuvrant en faveur du développement agricole, de l'amélioration nutritionnelle et la sécurité alimentaire - à savoir l'accès de tous, à tout moment, à la nourriture nécessaire à une vie active et saine. Son objectif est de satisfaire les besoins des générations présentes et futures en suscitant un développement qui ne dégrade pas l'environnement, tout en étant techniquement approprié, économiquement viable et socialement acceptable. L'Institut International des Ressources Phytogénétiques (IPGRI) est un organisme scientifique autonome à caractère international fonctionnant sous l'égide du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (GCIAR). Le mandat de l'IPGRI consiste à promouvoir la conservation et l'utilisation des ressources phytogénétiques au profit des générations actuelles et futures. Le siège de l'IPGRI est basé à Rome (Italie) et l'IPGRI a des bureaux dans 14 autres pays. L'institut fonctionne à travers 3 programmes: (1) le Programme sur les ressources phytogénétiques, (2) le Programme international du CGIAR sur les ressources génétiques, et (3) le Réseau international pour l'amélioration de la banane et de la banane plantain (INIBAP). © FAO et IPGRI 2002 Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Tous droits réservés. Les informations ci-après peuvent être reproduites ou diffusées à des fins éducatives et non commerciales sans autorisation préalable du détenteur des droits d’auteur à condition que la source des informations soit clairement indiquée. Ces informations ne peuvent toutefois pas être reproduites pour la revente ou d’autres fins commerciales sans l’autorisation écrite du détenteur des droits d’auteur. Les demandes d’autorisation devront être adressées au Chef du Service des publications et du multimédia, Division de l’information, FAO, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie ou, par courrier électronique, à copyright@fao.org Collaboration : L’Institut d’Economie Rurale (IER), CARE International, CEDREF-GED et Maliba. Cherceurs : Alassane Kanoute, Tiina Huvio et Gry Synnevag. Coordination et conseils : Service parité hommes-femmes et du développement, Division de la parité hommes-femmes et du développement, (FAO-SDW) L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, et L’Institut des ressources phytogénétiques (IPGRI). Cas du Mali iii CONTENTS Sigles et abréviations vii I. Introduction 1 II. Présentation du projet 2 III. Contexte et historique 3 IV. Le choix de l’approche participative pour réaliser le projet 6 4.1 Les institutions et structures partenaires : role et objectifs 6 4.2 La mise en œuvre de l’approche participative : apprentissage et contraintes du terrain 8 V. Les choix méthodologiques 11 5.1 Le genre 11 5.1.1 Les outils et techniques d’enquête selectionnés 11 5.2 La restitution 12 VI. Un effort continu d’adaptation de la méthodologie au contexte local 13 6.1 Phase de l’étude initiale 13 6.2 Phase de restitution 13 VII. Présentation de quelques résultats de l’étude de cas selon le genre 15 VIII. La restitution et les résultats 19 8.1 La cohésion de l’équipe 20 8.2 Identification et description des variétés 21 8.3 L’érosion des ressources génétiques locales : conceptions paysannes et concepts formels 23 8.3.1 Expressions utilisées par l’équipe de l’étude initiale 24 8.3.2 Expressions locales 24 8.4 Introduction ou disparition de variétés 26 8.5 Femmes : une contribution discrète mais efficace à la préservation des stocks familiaux de semences 27 8.6 La Carte du terroir : cas de Koïto 28 IX. Conclusion 31 X. Recommandations 34 Annexe I. Atelier préparatoire des 05–06 Mai 1998 36 Annexe II. Guide méthodologique initial pour la restitution des questions aux villageois 40 Annexe III. Identification et caractéristiques des variétés 43 iv Cas du Mali Annexe IV. Description morphologique, organoleptique et post récolte 47 Annexe V. Glossaire Français – Sonrhay 51 Annexe VI. Identification et caractéristiques des variétés. Tableau de synthèse 52 AnnexeVII. Profil historique — de Diré 58 Bibliographie 60 Cas du Mali v LES IMAGES Figure 1. Carte du Mali et de la zone de Diré/Goundam 4 Figure 2. Collaboration interinstitutionnelle. 8 Figure 3. Confusion des rôles et difficultés d’intégration dans l’équipe. 9 Figure 4. Mme Mariam Coulibaly,assistante communautaire (AC) du CARE-Diré, lors de la formation. 13 Figure 5. MM. Mouhammed Ali et Boureima Djiré, assistants communautaires (AC) du CARE-Diré, lors de la formation. 16 Figure 5a. Femmes de Saobomo pendant les entretiens. 16 Figure 5b. Groupe de travail de femmes de Minéssingué encadré de sa formatrice, Mme Diarra Sangho (AC du CARE-Diré). 16 Figure 6. Mme Diarra Sangho, assistante communautaire (AC) du CARE-Diré. 17 Figure 7. Femme de Saobomo pilant le grain. 17 Figure 8. L’imam de Saobomo. 17 Figure 9. Analyse des résultats de Minésingué par MM. A. Kanouté et A. S. Cissé. 21 Figure 10. Reconnaissance des rôles et entente dans l’équipe. 21 Figure 11. Repiquage du riz au bord du Niger. 23 Figure 12. Savoir-faire et connaissance locale. 25 Figure 13. Village de Koïto. 29 Figure 13a. Carte du terroir villageois de Koïto (cercle de Diré) - Etude de cas. 29 Figure 14. Carte du terroir villageois de Koïto (cercle de Diré) - Résultats de la restitution. 30 vi Cas du Mali LES TABLEAUX Tableau 1. Moyenne pluviométrique annuelle entre 1983 et 1997 3 Tableau 2. Conservation des semences par espèce et suivant la situation sociale 5 Tableau 3. Profil d’activité de Saobomo – Espèce : Riz Kobé 18 Cas du Mali vii SIGLES ET ABRÉVIATIONS ASEG : Analyse Socio-Économique selon le Genre CARE International : Cooperative for Assistance and Relief Everywhere CEDREF-GED : Centre d'Etudes, de Documentation, de Recherches et de Formation en Genre et Développement FAO : Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture IER : Institut d’Économie Rurale IPGRI : Institut international des ressources phytogénétiques MALIBA : Le Grand Mali / ONG nationale MARP : Méthodologie Accélérée de Recherche Participative ONG : Organisation non gouvernementale PA : Plan d’Action sur la conservation et l’utilisation des ressources phytogénétiques SDWW : Service parité hommes-femmes et développement URG : Unité des Ressources Génétiques viii Cas du Mali En milieu rural, la conservation et l’utilisation des ressources phyto- génétiques sont surtout sous la responsabilité des femmes. En tant que petites agricultrices, les femmes participent à toutes les étapes du cycle de culture : à partir du choix des semences et du semis, jusqu’à la récolte, le stockage et le conditionnement des grains. Au sein du leur foyer, les femmes sont responsables du bien-être des membres ainsi que de leurs besoins alimentaires. Elle s’occupent, par conséquent, de la récolte et l’utilisation de produits alimentaires, des fourrages, des combustibles, des plantes médicinales et des plantes à fibres soit pour l’utilisation domestique, soit pour la vente. Ce sont donc souvent les femmes qui prennent les décisions concernant la variété des semences à planter ou bien les produits alimentaires à garder ou à vendre sur le marché local. Comme il a été démontré par cette étude de cas sur les agricultrices de la région sahélienne de l’Afrique de l’Ouest, les femmes rurales ont un intérêt spécial dans l’utilisation multiple des plantes et des autres ressources biologiques, à cause de cette grande responsabilité au sein des foyers ruraux. Les expériences acquises sur la gestion de ces ressources en matière de revenu, des conditions de santé et de sécurité alimentaire, constituent un système de connaissances qui assure à la fois les besoins et la survie de la communauté tout en contribuant à la conservation et à l’utilisation des variétés locales. Dans plusieurs projets relatifs à la conservation et l’utilisation des ressources phytogénétiques, la dimension critique de l’analyse du genre a souvent été négligeant, privant ainsi d’une source d’information potentiellement riche sur les connaissances, le savoir-faire et les pratiques des femmes. La sous- estimation de la contribution importante des femmes dans les stratégies de conservation et la gestion des ressources phytogénétiques a affaibli leur portée. En fournissant des informations sur les connaissance et les systèmes de gestion des ressources phytogénétiques des femmes, cette série comble cette lacune. Cette connaisance plus approfondie constitue une étape importante pour le développement d’une stratégie de gestion durable des ressources naturelles et de la diversité biologique. Avant-propos de la série FAO/IPGRI sur le genre et la gestion des ressources génétiques : Cas du Mali 1 Atteindre la sécurité alimentaire est l’un des objectifs prioritaires du gouvernement du Mali et le développement de la production et de la productivité agricole forme l’un des éléments essentiels de ce projet. Compte tenu des aléas climatiques, les efforts déployés dans ce domaine ont surtout porté sur le choix du matériel génétique en privilégiant la stabilité de production. Le Mali constitue une importante zone de culture et de diversification des espèces. Ainsi, le riz africain (O. glaberrima), dont les premières traces de culture remontent à 5000 ans, est originaire du Delta du Niger et présente une grande diversité génétique (FAO, 1998). Toutefois, l’évaluation largement incomplète de ce patrimoine limite encore beaucoup l’utilisation de ses potentialités dans les programmes de sélection. Les changements climatiques, les systèmes de production à haute technologie et la croissance démo- graphique accélérée sont les risques majeurs d’érosion génétique. Ainsi, au Mali, les 30 dernières années ont vu apparaître une diminution de la pluviométrie et un changement du régime des crues qui ont profondément marqué la diversité génétique. Il semble, en conséquence, important de chercher les moyens de développer des stratégies pratiques et durables pour la conservation de la diversité génétique des plantes locales dans le milieu paysan. Les paysans et les paysannes sont des acteurs indispensables à la réhabilitation et à l’utilisation durable de la biodiversité ainsi qu’au renforcement des connaissances sur le matériel génétique des variétés. Concrètement, il serait souhaitable de valoriser le savoir local, de recenser les variétés les plus appréciées — surtout celles en voie de disparition — de favoriser leur multiplication intra- et inter- communautaire, d’apporter un appui à la sélection des semences par les paysans, à la multiplication et à la diffusion à des fins de conservation d’un matériel génétique local compétitif et enfin de promouvoir l’agriculture durable sur la base de la biodiversité locale. Pour élaborer ces stratégies pratiques, il faudrait une connaissance et une compréhension meilleures des stratégies locales paysannes et la création d’une véritable synergie entre tous les intervenants du secteur, tant au niveau international, national que local. C’est dans cette optique que la FAO et l’IPGRI ont collaboré avec un certain nombre de structures nationales, publiques et privées, ainsi qu’avec des organisations non gouvernementales, nationales et internationales — l’Institut d’Économie Rurale (IER), le CARE International, le CEDREF-GED et le MALIBA — afin de déterminer une méthodologie appropriée de l’évaluation participative de la diversité génétique au Mali. La collaboration de ces partenaires, dont les champs d’intervention sont complémentaires et les intérêts convergents, s’est structurée autour d’un certain nombre d’axes : • La reconnaissance des connaissances locales et autochtones ; • La prise en compte du rôle des femmes ; • La responsabilisation des institutions nationales, notamment les ONG ; • La coordination des activités. C’est dans ce cadre que s’inscrit cette étude qui a entrepris, par une approche I. Introduction participative, de recenser la diversité génétique des variétés de riz Kobé, de riz flottant, de mil et de sorgho et les savoir-faire locaux y afférents dans une région du Mali. Elle a, par ailleurs, cherché à définir les modifications de la diversité liées aux conditions climatiques en utilisant les données fournies par les acteurs à tous les niveaux et a tenté d’analyser la manière dont a été ressentie l’érosion génétique par les paysans et les paysannes. Ceci a été fait dans le souci d’un ajustement constant de la méthodologie au terrain. Pour cette étude, les critères guidant le choix des écotypes locaux ont été, d’une part, leur grande adaptabilité aux conditions environnementales locales et, d’autre part, la très bonne qualité des graines employées dans la confection des plats culinaires locaux. C’est pourquoi, malgré leur faible potentiel de productivité, les écotypes locaux ont la préférence des agriculteurs, des agricultrices et des consommateurs. On comprend alors tout l’intérêt de les utiliser indirectement pour l’obtention de nouvelles variétés de céréales ou directement dans des programmes de sélection pour améliorer leur seul défaut majeur, la faiblesse de leur potentiel de production, tout en préservant leurs atouts. De plus, leur conservation in situ favorisera non seulement la mise en valeur des connaissances locales, mais aussi le développement durable dans le domaine de la conservation et l’utilisation des ressources génétiques pour la sécurité alimentaire des générations actuelles et futures. En 1996, la Conférence technique internationale sur les ressources phytogénétiques, organisée par la FAO, a adopté un Plan d’action (PA) pour la conservation et l’utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, particulièrement in situ. Grâce à leurs connaissances, leurs qualifications et leurs pratiques, les agriculteurs et les agricultrices contribuent à la conservation, au développement, à l’amélioration et à la gestion des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture. Afin de mieux comprendre ce savoir- faire, il est nécessaire de développer des méthodologies d’analyse et d’évaluation de la biodiversité et d’analyse du mode de gestion de cette biodiversité. Dans cette optique, la distinction entre les connaissances acquises par les femmes et celles acquises par les hommes est fondamentale. Elle constitue l’un des facteurs principaux de la gestion des ressources au niveau de l’exploitation. En septembre 1998, le Service des femmes dans le développement de la FAO, le Service des semences et des ressources phytogénétiques et l’IPGRI financèrent une étude «Genre et diversité génétique locale de trois espèces : riz kobé, riz flottant (issa-mô) et mil (Haïni) dans les cercles de Diré et Goundam » (Huvio 1998, Synnevag 1998). Les objectifs de ce projet étaient : • D’inventorier les diversités génétiques locales et d’analyser leur importance dans la sécurité alimentaire ; 2 Cas du Mali II. Présentation du projet • D’analyser les systèmes de production et de reproduction des variétés locales et de dégager les contraintes et les possibilités pour renforcer leur utilisation ; • D’élaborer une méthodologie pour l’intégration des aspects socio- économiques et culturels en matière de gestion des ressources génétiques locales en vue de leur meilleure conservation et valorisation. La méthodologie adoptée pour l’étude prévoyait une restitution des résultats de l’étude de cas aux populations. La mission de restitution s’est déroulée sur le terrain en mars 1999. Elle avait pour objectifs la validation des résultats et des outils de la mission précédente ainsi que l’amélioration de la méthodologie. La présente publication a été établie sur la base de cette étude et a pour buts : • De présenter la méthodologie utilisée, en l’illustrant par quelques résultats concrets ; • De faire ressortir les leçons tirées de sa mise en œuvre ; • D’établir des recommandations à l’intention de ceux qui, comme les partenaires engagés dans ce projet, sont à la recherche d’une méthodo- logie appropriée d’évaluation participative de la diversité génétique locale. Les cercles1 de Diré et de Goundam font partie de la circonscription administrative de la région de Tombouctou, située au nord du Mali. Du point de vue climatique, cette région forme une zone de transition entre le Sahel et le Sahara, caractérisée par une très faible pluviométrie et de longues périodes sèches. Durant les 30 dernières années, les pluies sont survenues plutôt tardivement et leur quantité a été faible. En outre, les crues, piliers de base du système agricole local, ont été tardives et imprévisibles. Le tableau 1 indique une moyenne annuelle de 185 mm de pluie tombée dans la zone entre 1983 et 1997. Dans la zone, les pluies sont mal reparties et sujettes à de nombreuses variations. Il est courant d’assister à l’installation de pluies précoces, s’arrê- tant brusquement sur une période de temps assez longue, entraînant le dessè- chement des germinations et des plants repiqués. À l’inverse, on peut tout aussi bien assister à l’installation de pluies tardives et régulières jusqu’aux périodes de floraison-maturation des cultures. Les pluies deviennent subitement rares ou inexistantes à cette période critique Cas du Mali 3 III. Contexte et historique Tableau 1 Moyenne pluviométrique annuelle entre 1983 et 1997 Années 1983 -84 -85 -86 -87 -88 -89 -90 -91 -92 -93 -94 -95 -96 -97 Pluviométrie Cumul (en mm) 126 126 237 120 151 360 164 70 273 201 173 393 147 146 84 Nombre de jours 12 20 14 13 16 26 25 16 22 19 18 23 14 11 - Crue du fleuve Niger Maximum de crue (en m) 4,15 3,75 4,60 4,60 4,54 4,59 4,22 4,10 4,35 4,28 4,17 5,32 4,97 4,66 - Source : Station de Recherche agronomique - Diré 1 Dans l’organigramme administratif du Mali, le cercle est un niveau de circonscription administrative regroupant plusieurs arrondissements. Il est dirigé par un commandant de cercle. C'est l'échelon administratif situé entre l'arrondissement et la région. L'arrondissement est constitué par un ensemble de villages. Il est dirigé par un chef d'arrondissement. Aujourd'hui le cercle est une collectivité décentralisée. provoquant l’avortement des cultures. Les paysans ne récoltent alors que du fourrage. Sur le plan hydrographique, le cercle de Diré constitue, en principe, la zone la plus irriguée de la région de Tombouctou. Toutefois, cette hydro- graphie avantageuse se ressent des effets de la mauvaise pluviométrie. De nombreuses mares ne reçoivent que peu ou plus du tout de l’eau du fleuve, entraînant une diminution des superficies exploitées dans les mares de cultures de décrue voire, dans certains cas, leur abandon pur et simple. Ces dernières années, le manque, l’insuffisance ou la disparition des semences de certaines variétés des espèces cultivées sont devenues l’une des préoccupations majeures des paysans. L’enquête menée dans la zone (tableau 2) a constaté que 51 % des ménages ne conservent pas de semence. 77% des ménages riches et seulement 22% des ménages pauvres possèdent des stocks de semences (CARE-Diré, 1997). Dans ce paysage, trois villages — deux situés dans le cercle de Diré (Koïto et Minéssingué) et le troisième (Saobomo) 4 Cas du Mali Figure 1 Carte du Mali et de la zone de Diré/Goundam A L G E R I A M A U R I T A N I A M A L I N i g e r S A H A R A Tombouctou Ségou Kayes dans le cercle de Goundam — ont été retenus pour les besoins de cette étude. Ces trois villages ont été choisis parce que des systèmes de culture traditionnels y sont encore utilisés, malgré les risques de désertification et d’érosion génétique. De plus, ils sont peuplés par différents groupes ethniques. Situé à 30 km au sud-est du chef-lieu du cercle de Diré, Koïto est un village de l’arrondissement de Sareyamou. Il compte 300 habitants (recensement 1987) principalement d’ethnie Sonhray (Koyra-booro). On y dénombre deux grandes familles Peules (Foulaan). Le système de production est agropastoral à dominante agricole. Le village de Minéssingué est situé au sud-est à 25 km du chef-lieu du cercle de Diré et à 5 km au nord-est de Koïto. Minéssingué est un village de l’arrondissement de Haïbongo. Il compte 1717 habitants représentant deux groupes ethniques différents : 80% de Peuls répartis en deux classes sociales distinctes (les nobles 79% et les esclaves affranchis rhimaïbés 1%) et 20% de Sonhray. Le système de production est agropastoral à dominante pastorale. L’agriculture, bien que secondaire, est pratiquée par l’ensemble des familles. Saobomo est situé au nord-est et à 56 km du chef-lieu du cercle de Goundam. Saobomo est un village de l’arrondissement de Douékiré et compte 300 habitants, tous Tamasheq (Bellah). Le système de production est agropastoral à dominante agricole. L’activité principale est l’agriculture et l’élevage de petits ruminants. Anciens esclaves affranchis des Targuis, les Bellah constituent également un réservoir de main-d’œuvre pour les Sonhray et les Peuls. Le choix des espèces de riz et de mil a été guidé par les raisons suivantes : • Le mil et le riz sont les céréales les plus importantes pour la sécurité alimentaire des familles de la région. Ces deux espèces se sont adaptées aux conditions écologiques et ont évolué selon les usages et les méthodes agricoles ; • Certaines variétés locales risquent de diminuer ou disparaître en raison de la sécheresse fréquente ; • Le savoir-faire local en matière de conservation des semences est en train de se perdre ; • Les femmes ont un rôle primordial, notamment dans la production du riz flottant ; • Le sorgho, absent des cultures des villages, n’a pas été étudié (Synnevag, 1998). Cas du Mali 5 Tableau 2 Conservation des semences par espèce et suivant la situation sociale Espèces % de semences gardées Stock de semences en fonction de la situation sociale 0% 1% et + Niveau bas Niveau moyen Niveau haut pauvres : 2-0 riches : 3-4 riches : 5-7 Riz Kobé 43,4 56,6 Riz Flottant 67,4 32,6 21,5% 54,5% 77,1% Mil de décrue/ Mil dunaire 45,8/59,3 54,2/407 Source : CARE - Diré, 1997 IV. La choix de l’approche participative pour réaliser le projet développement et populations locales et le renforcement des capacités des femmes et des hommes pour ce qui est de la conduite de leur propre développement. Le projet a également favorisé la collaboration de la FAO avec l’Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI). À travers ce projet, l’IPGRI recherchait la collaboration avec une institution de renforcement des capacités comme la FAO et l’élargissement de la base de la conservation des ressources génétiques en y associant les structures au niveau national et local (bureau d’étude, institut de recherche et ONG nationale et internationale). L’IER a vu dans ce projet de nombreux intérêts : le choix de variétés qui n’avaient pas jusque-là fait l’objet d’étude, une information nouvelle sur le mode de gestion de la biodiversité génétique in situ dans les localités concernées, l’importance des espèces identifiées pour l’agriculture et l’alimentation des populations locales, la pertinence de l’approche et la possibilité de la dupliquer et enfin, l’occasion de s’impliquer, malgré la faiblesse des moyens dont il est doté, dans de telles initiatives. L’IER a participé à l’étude à travers son unité spécialisée (l’Unité des Ressources Génétiques) et son antenne locale. L’antenne locale, novice pour ce qui est des méthodes de recherche participatives (genre, MARP), a exprimé un vif intérêt pour la démarche de prise en compte du savoir et du savoir-faire paysans dans l’étude de la biodiversité génétique locale. Le CARE est une ONG internationale qui intervient au Mali depuis 1985 et qui effectua en 1987, à travers son projet PDRT (Projet de développement rural de Tombouctou), une enquête sur les systèmes de production dans les cercles de Diré et Goundam. Cette enquête a couvert un échantillon de 800 ménages composés de Sonhray, Tamasheq, Peuls et Bozo. Les données de cette étude ont concerné plusieurs cultures pratiquées dans la zone dont les espèces retenues par le présent projet (CARE-Diré, 1997). Le CARE dispose d’une grande expérience sur la gestion des ressources locales et a souhaité partager et approfondir cette expérience dans sa zone d’intervention. Il a accepté de mettre à la disposition du projet des moyens importants à des conditions préférentielles chaque fois qu’il ne pouvait pas le faire gracieusement. Le CEDREF-GED est un bureau d’étude privé spécialisé dans la recherche, la documentation et la formation sur les aspects de genre dans les actions de développement. En outre, le CEDREF dispose d’une grande expérience dans la zone du projet et des personnes ressources appropriées. Le CEDREF- GED a été chargé des dispositions à prendre au niveau national de l’étude de cas initiale. Le MALIBA est une ONG nationale connue pour ses actions de développement et ses études utilisant l’approche participative. Le MALIBA intervient beaucoup dans le domaine de la facilitation, de l’information, de la formation et de la communication en matière de gestion durable des ressources naturelles. L’organisation de la mission de restitution lui a été confiée. Le projet a reçu l’appui financier de l’IPGRI et de la FAO. La restitution sur Cas du Mali 7 le terrain des résultats de l’étude de cas a également bénéficié de l’appui des ces deux institutions. La FAO a pris en charge les frais d’élaboration de la présente publication qui sera éditée conjointement par les deux institutions. Reflétant la variété des institutions, une équipe mixte, multidisciplinaire et internationale a été formée et s’est composée d’une phytogénéticienne, d’une spécialiste du genre, d’un agronome et d’un sociologue ; soient deux femmes et deux hommes. Sur le terrain, des assistants communautaires (AC) du CARE International (deux femmes et deux hommes) et un chercheur de la station de recherche agricole locale ont renforcé l’équipe. Ils ont reçu une formation de deux jours afin d’éclaircir les objectifs, les questions de recherche et les outils. Au cours de cette formation, les mots clés ont été définis en français puis traduits en langue sonhray pour limiter les interprétations. 4.2 La mise en œuvre de l’approche participative : apprentissage et contraintes de terrain Nonobstant la clarté et la complémentarité du domaine de compétence, de l’intérêt et des objectifs des institutions et des structures partenaires, la première phase du projet (l’étude de cas) a montré la difficulté qu’il y avait à rendre opérationnelle une équipe si hétéroclite, dont les niveaux de formation et d’expérience, les profils 8 Cas du Mali Figure 2 Collaboration interinstitutionelle et les cultures étaient si variés. La participation réelle a nécessité beaucoup de temps dans les premières étapes, une fois l’équipe constituée. À ces complications, se greffèrent des difficultés d’ordre plus organisationnel et technique. Au plan organisationnel, une meilleure définition du rôle, des responsabilités et des modalités de participation des institutions locales et de leurs représentants aurait réduit la série d’incompréhensions, de frustrations et de malentendus au sein de l’équipe. Dans l’approche participative, une définition claire du rôle des différents partenaires est essentielle. L’évolution des membres de l’équipe sur le terrain a révélé des difficultés certaines, qui n’avaient pas été considérées, d’acceptation des contraintes liées à la mise en œuvre de l’approche participative, notamment par rapport au temps. L’approche participative s’en est trouvée réduite à l’utilisation de méthodes, d’outils et de techniques spécifiques de collecte de l’information tels que le genre et la MARP. La maîtrise inégale de ces outils et des concepts sur la biodiversité génétique par les chercheurs des institutions et structures spécialisées a un peu déséquilibré les rapports au sein de l’équipe, au détriment des représentants des structures et institutions locales, qui étaient, en revanche, mieux informés sur les ressources génétiques locales et leur Cas du Mali 9 Figure 3 Confusion des rôles et difficultés d’intégration dans l’équipe 10 Cas du Mali mode de gestion. Ceci n’a pas permis de valoriser et de capitaliser suffisamment leurs connaissances du terrain, de les faire participer judicieusement à l’analyse des résultats et de leur conférer un niveau de responsabilité approprié par rapport aux résultats de l’étude. Il faut garder à l’esprit, qu’au-delà de la présence formelle sur le terrain des représentants de l’ensemble des institutions impliquées dans le projet, le résultat recherché par l’adoption de l’approche participative est l’élargisse- ment de la base de la conservation des ressources génétiques in situ. Ceci suppose un bon niveau de formation, d’information, d’échange d’expérience, de compréhension des objectifs et des enjeux de l’exercice, d’implication et d’appropriation du mécanisme et des résultats par l’ensemble des partenaires et, en particulier, par l’équipe. En raison de l’insuffisance de communication, de la trop grande focalisation de l’équipe sur la quantité d’information collectée et de la contrainte de temps mal évaluée, les représentants des structures et institutions locales n’ont pas toujours eu l’opportunité de s’exprimer. Il importait, au cours de cette première phase, de concilier la gestion d’un temps trop court avec les impératifs de l’approche participative. Il a également été essentiel de rappeler, notamment aux membres de l’équipe locale, que, s’il était clair qu’une bonne connaissance de la zone, des langues et des cultures locales était indispensable aux succès de l’étude, il importait par- dessus tout de recueillir le savoir et le savoir-faire des populations, aussi fidèlement que possible, même s’il arrivait que les définitions locales et les définitions scientifiques diffèrent où que l’on constatât des variations d’un groupe cible à l’autre. Outre la nouveauté de l’approche participative adoptée dans l’exécution de ce projet pilote, tant pour les institutions que pour les membres de l’équipe, cette dernière a innové en effectuant deux choix méthodologiques importants : • L’utilisation des outils participatifs et genre sensibles ; • L’adoption du principe de la restitution des résultats de l’étude de cas aux populations. 5.1 Le genre La notion de « Genre » met particulièrement l’accent sur les rapports qui existent entre les hommes et les femmes dans une communauté donnée. Elle permet d’analyser ces relations complexes et évolutives afin de prendre conscience des particularités et des disparités qui existent entre les sexes (différences socialement et culturellement définies). • Le genre est un « outil » qui intègre les relations femmes/hommes dans le développement en tant que variable importante du processus de développement socio-économique. • Le genre sert de « cadre d’analyse et d’action » et permet d’incorporer dans les actions de développement les relations qui existent entre les hommes et les femmes dans une communauté donnée. • Le genre vise un développement plus juste et plus équitable entre les hommes et les femmes, mais aussi à l’intérieur de la communauté entre les différents groupes socio- économiques. La démarche théorique dont s’inspire le GED (le genre et le développement) implique que les questions soient abordées non pas sous l’angle du développement et de ses problèmes, mais sous celui des populations et de leurs difficultés face au développement. L’utilisation d’outils genre sensibles a permis d’établir une distinction entre les connaissances acquises par les femmes et celles acquises par les hommes. Cette distinction est fondamentale car elle constitue un des principaux facteurs qui influencent la gestion des ressources au niveau de l’exploitation. L’approche participative a été choisie afin de souligner l’importance de l’intégration des paysans au travail. Les résultats obtenus par l'approche participative ne sont pas aussi précis que ceux découlant de méthodes classiques scientifiques, mais ils donnent une indication des opinions et des souhaits des participants, les encourageant en même temps à agir par eux-mêmes. L’approche participative essaie de donner des moyens analytiques directement aux paysans. Pour cela, la valeur des résultats doit être validée en fonction de son utilité pour les paysans et non pas pour les chercheurs. Ces deux approches devraient être vues comme complé- mentaires et non pas concurrentes. C’est pourquoi, un effort a été fait dans cette étude de cas afin de les combiner. 5.1.1 Les outils et techniques d’enquêtes choisis Afin de comprendre les dynamiques d’état des variétés, l’équipe a choisi des outils participatifs renseignant sur l’utilisation, l’évolution, la distribution des variétés locales du riz kobé, de riz flottant et de mil. Elle a également étudié les perceptions des paysans et des paysannes ainsi que la répartition des Cas du Mali 11 V. Les choix méthodologiques responsabilités et des différentes activités entre les hommes et les femmes. Les outils suivants ont été choisis : • La carte des ressources (ou carte du terroir) permet d’inventorier les espèces, leurs différentes variétés et les changements survenus dans leur répartition au niveau du terroir ; • Le profil historique renseigne sur les événements marquants qui ont affecté l’évolution des espèces ; • Le calendrier annuel ou saisonnier indique l’échelonnement des activités au cours des saisons ; • La matrice d’identification et de caractérisation des variétés donne des informations sur les perceptions des paysans et des paysannes à propos des différentes variétés ; • La matrice de classification préférentielle permet de classer les variétés selon les critères paysans ; • La pyramide des problèmes permet d’ordonner les problèmes selon leur importance et par ordre de priorité ; • Les proverbes et citations révélateurs renseignent sur les pensées profondes de la communauté : les rapports homme/femme, la production, les famines, les sécheresses, etc. • Le profil d’activités permet d’inventorier les activités de production, de reproduction et les activités liées à la gestion communautaire et de faire des constats sur la charge de travail des catégories sociales. Il donne des informations très fines sur la division sociale du travail et met ainsi en évidence les disparités et les discriminations dans les rapports hommes/femmes ; • Le profil accès / contrôle des ressources et des bénéfices permet de connaître, dans les rapports hommes/femmes, la façon dont les ressources et les bénéfices sont utilisés et gérés au sein d’une communauté ; il met ainsi en évidence les inégalités et les discriminations dans les rapports hommes/femmes (Synnevag, 1998). 5.2 La restitution Une réunion de restitution est, en général, une réunion villageoise qui conclue une phase de collecte, de mise en forme ou d’analyse interne d’un problème et vise une série d’objectifs. L’idéal, en ce cas, est d’organiser une réunion dans chaque village afin de limiter les contraintes de participation des populations et réussir une forte mobilisation à cette occasion. La qualité de la participation des populations est l’un des indicateurs majeurs de la validité et de la fiabilité des résultats obtenus. Les questions essentielles d’une restitution concernent : • Les informations à compléter ; • Les informations à adapter ; • L’assentiment des villageois aux informations collectées ; • Les modifications à apporter ; • Les aspects et questions importants qui ont été oubliés. Il est évident que plus les participants villageois sont nombreux, plus les résultats représentent l’opinion de la communauté. Dans cette étude, l’équipe s’est concentrée particulièrement sur le transfert des résultats au plus grand nombre de villageois, le partage complet des informations et la correction des informations mal comprises. 12 Cas du Mali En dépit de la nouveauté de l’approche pour les uns et la nouveauté du concept de biodiversité pour les autres, l’équipe s’est constamment appliquée à adapter la méthodologie et les outils de travail aux réalités de terrain. Qui plus est, le cadre méthodologique élaboré pour exécuter l’étude a connu une évolution constante afin de l’adapter, non seulement au contexte local, mais aux autres types de contraintes. 6.1 Phase de l’étude initiale La méthodologie de l’étude initiale a été élaborée au cours d’un atelier de deux jours avec les participants des instituts de recherche et des ONG travaillant sur le sujet. Les objectifs de l’étude, les questions de recherche, les variables et les indicateurs ainsi que les outils susceptibles de collecter les informations désirées ont été définis. Une série de guides d’entretien furent préparés pour la passation des différents outils. Avant le départ sur le terrain, les membres de l’équipe ont, au cours d’un atelier de deux jours, entrepris une refonte du contenu du guide méthodologique initial pour tenir compte d’un ensemble de contraintes. Un guide méthodologique révisé quant aux questions de recherche, aux objectifs, aux variables et indicateurs initiaux a été obtenu. Les guides d’entretien, élaborés pour la passation des outils sélectionnés, ont également été réaménagés (Annexe 1). Une fois sur le terrain, les choix préliminaires, effectués au cours du deuxième atelier, ont été réexaminés avec les membres de l’équipe locale en fonction de leur connaissance du terrain et de leur propre niveau d’information sur l’objet de l’étude. Des modifications importantes ont été apportées à l’ensemble du dispositif, en particulier par rapport à la durée de la formation et au choix définitif des villages d’étude. 6.2 Phase de la restitution La restitution a été organisée afin de vérifier, d’approfondir et de compléter les résultats acquis. Lors d’une réunion Cas du Mali 13 VI. Un effort continu d’adaptation de la méthodologie au contexte local Figure 4 Mme Mariam Coulibaly, assistante communautaire (AC) du CARE-Diré, lors de la formation préalable, l’équipe chargée de la restitution a examiné la mise en forme pédagogique des données à restituer, la note méthodologique préliminaire proposée pour la restitution et la programmation du travail de terrain. La note méthodologique préliminaire proposée pour la restitution a été préparée par le Service des femmes dans le développement de la FAO (Annexe 2). Outre les résultats, le cadre général de l’étude, le guide sur l’aménagement des ressources phytogénétiques (l’Analyse socio-économique selon le genre) et les notions que recouvre le concept de restitution ont été présentés et discutés à cette occasion. Le même exercice d’adaptation du guide méthodologique et des différents outils s’est donc poursuivi au cours de la phase de restitution. Le rôle de chaque membre de l’équipe et celui des institutions partenaires ont été clairement définis par rapport au déroulement de la mission. Une fois ces précisions admises, le travail a porté, dans un premier temps, sur l’examen du document de méthodologie élaboré pour la restitution. L’équipe a adopté, comme point de départ, la liste des thèmes et la démarche proposées par l’équipe chargée de l’analyse des résultats de l’étude de cas précédente. De plus, pour des besoins évidents de continuité, l’équipe chargée de la restitution a sollicité et obtenu du CARE la reconstitution de l’équipe initiale. Trois des quatre agents concernés ont pu être détachés. Dans le même esprit, la station de recherche agricole locale a libéré l’agent ayant participé à la première phase de l’étude. L’équipe a été renforcée par une femme ingénieur des Eaux et forêts ayant une bonne connaissance de la zone de l’étude et du dialecte dominant. Le choix des thèmes à débattre avec les populations a été discuté à partir de l’examen des thèmes préalablement sélectionnés dans le document de méthodologie. Cette flexibilité par rapport aux documents initiaux a permis d’établir, pour les thèmes retenus, deux séries de questions : des questions variables suivant les villages et des questions constantes. La restitution a été organisée autour des quatre thèmes ci-dessous. Le choix de ceux-ci a obéit à des critères simples : le temps disponible pour la restitution sur le terrain et la conformité des thèmes avec les objectifs d’une restitution. Ces thèmes ont donné lieu, par la suite, à la production de supports pédagogiques destinés aux villageois : • Les cartes du terroir ; • Les profils historiques ; • L’identification et les caractéristiques des variétés ; • Les descriptions morphologiques, organoleptiques et post récolte. Ces deux derniers points n’ont été abordés que partiellement. Les critères de sélection des résultats à présenter aux villageois ont été : leur valeur pour les paysans où les paysannes et les résultats différant en fonction du sexe. Comprendre la raison et l’importance des différences d’appréciation en fonction du sexe et étudier de quelle manière les utiliser afin de mieux appréhender le système de production ont été les objectifs de ces choix. Ainsi, sans être définitivement écartées, toutes les interrogations dont les 14 Cas du Mali réponses relevaient de la logique d’une étude complémentaire n’ont pas été retenues comme prioritaires. L’équipe s’est proposée de s’en occuper en fonction du temps disponible. Une fois les thèmes choisis, leur mise en forme pédagogique a consisté à concevoir des tableaux de synthèse simples et compréhensibles pour les populations afin de favoriser leur participation active aux débats. Chaque tableau contenait des thèmes homogènes et permettait de croiser les réponses selon le genre. Des symboles, issus de la communication courante entre les villageois, ont été choisis et utilisés afin que les hommes et les femmes reconnaissent distinctement les colonnes et les rangées conçues à leur intention et interprètent plus facilement les résultats. La "daba"2 pour les hommes, le mortier et le pilon pour les femmes, la lune pour représenter les cycles végétatifs et le système de calcul en bâtonnets illustrent cette symbolique. La préparation des tableaux de synthèse, leur illustration visuelle à l’aide de la daba et du mortier et le remplacement des chiffres par des bâtonnets destinés à remplir les colonnes et à faire ressortir les différences dans les réponses ont été accompagnés de l’élaboration d’un guide d’entretien. L’étude initiale a fourni une énorme quantité des résultats (Sidibé, 1998). Les tableaux des descripteurs des variétés utilisés par les hommes et les femmes pour l’identification sont présentés dans les Annexes 3 et 4. En général, les points suivants ont pu être dégagés : • Les 20 dernières années ont vu de grands changements du système de production et, par conséquent, de l’approvisionnement en semences et de leur gestion. • Les semences de certaines variétés locales se raréfient et, dans certains cas, sont en voie de disparition. Parmi les espèces étudiées, le riz flottant a particulièrement souffert de la sécheresse. • La sécheresse récurrente a entraîné un changement pour les variétés précoces, en particulier de riz Kobé et de riz flottant. • Dans toutes les ethnies, les hommes sont les producteurs principaux et gèrent le système semencier. Dans plusieurs cas, ils s’occupent aussi des bénéfices. • Les femmes bellah (anciens esclaves des Targuis) ont plus d’accès et de contrôle sur les greniers que les femmes des groupes Sonhray et Peul. • Les femmes ont une grande connaissance des variétés locales. Elles maîtrisent plutôt les caractéristiques liées à la récolte et à la transformation. • Les activités de sélection et de conservation des semences sont détenues uniquement par les hommes. Cas du Mali 15 2 La daba est l’appellation bambara de la houe. VII. Présentation de quelques résultats de létude de cas selon le genre • Les Sonhray sont les détenteurs principaux des informations sur les semences locales. Les plus grands propriétaires sont les plus compétents et possèdent une longue tradition pour le stockage de sécurité (Bun Banda Fadda). Les femmes n’ont pas le droit de toucher les semences à cause de leur trop grande sensibilité devant leurs enfants tenaillés par la faim (Huvio, 1998 ; Synnevag, 1998) Le tableau 3 montre un exemple du profil d’activités des hommes et des femmes du village de Saobomo. 16 Cas du Mali Figure 5 MM. Mouhammed Ali et Boureima Djiré, assistants communautaires (AC) du CARE-Diré, lors de la formation Figure 5a Femmes de Saobomo pendant les entretiens Figure 5b Groupe de travail de femmes de Minéssingué encadré de sa formatrice, Mme Diarra Sangho (AC) du CARE-Diré Cas du Mali 17 Figure 6 Mme Diarra Sangho, assistante communautaires (AC) du CARE-Diré Figure 7 Femme de Saobomo pilant le grain Figure 8 L’imam de Saobomo 18 Cas du Mali Tableau 3 Profil d’activité de Saobomo – Espèce : Riz Kobé Focus groupe femmes Focus groupe hommes Profil d’activites Femmes Hommes Femmes Hommes A. Production Confection des planches de pépinière x (+) xx x Labour des planches de pépinière x x Semis x x Arrosage à la calebasse x x Désherbage des pépinières - - x xx Arrachage des plants - - xx x Transport des plants x xx x Repiquage xx (+) x x x Désherbage des pépinières xx x Gardiennage x (+) xx xx x Désherbage des champs x (+) xx x Fauchage x xx x Transport x (+) - - Battage x (+) x Mise en sacs x x xx Transport au village x (+)* xx* x xx Stockage x (+) x - - B. Reproduction 1er Pilage x x - - Vannage x x 2e Pilage x - - Blutage x x Lavage x x Cuisine x x Recherche du bois x - - Recherche de l’eau x (+) - - C. Communautaire** Battage x Vannage x Approvisionnement Banques de céréales x x x xx ( + ) les enfants aident les femmes. * Les femmes transportent sur la tête et les hommes avec un âne. ** Les hommes ont considéré que toutes les tâches peuvent aussi être communautaires. - L’activité n'a pas été donnée par ce groupe. Sur le plan organisationnel, l’équipe avait initialement convenu, compte tenu des conditions météorologiques locales habituellement contraignantes à cette période de l’année, conjuguées à l’absence d’infrastructures adéquates dans les villages retenus, d’organiser à Diré une série de réunions regroupant les représentants des villages. Toutes les dispositions avaient été effectivement prises dans ce sens. Toutefois, la prise en compte des conditions météorologiques du moment, des suggestions et de l’expérience de terrain du partenaire principal de l’étude (CARE) ont amené une reprogrammation pour accroître les chances de succès de la mission. La souplesse d’adaptation aux réalités de terrain a toujours été un principe de ce travail. Il a donc été finalement décidé que les réunions de restitution se dérouleraient dans chacun des trois villages concernés par l’étude (Koïto, Minéssingué et Saobomo). L’équipe s’est alors efforcée de communiquer aux villages la nouvelle programmation et toutes autres informations relatives à la nature de la restitution et aux objectifs poursuivis ainsi que les dispositions pratiques envisagées. Ce changement a été primordial, particulièrement pour la participation des femmes compétentes. L’équipe a pu constater que si la restitution avait eu lieu à Diré, seules les femmes dont le statut social, matrimonial, l'âge ou le niveau d'instruction le permettait auraient pu venir, et non pas celles véritablement expérimentées dans les activités agricoles et qui sont les véritables personnes ressources au village. Un accent particulier a été mis sur l’importance de la participation effective des populations à la réunion de restitution en précisant que les hommes et les femmes seraient constitués en groupes séparés pour tenir compte du contexte culturel de la zone. En effet, il est notoire que les populations de cette région, fortement islamisées, sont assez conservatrices. Généralement dans de telles communautés villageoises, le groupe des hommes et le groupe des femmes évoluent toujours séparément. Cette règle n’est plus systématiquement observée partout. Certaines commu- nautés villageoises acceptent, de plus en plus si on le leur demande, la présence sélective des femmes au sein d’un groupe mixte composé d’adultes ou de personnes plus âgées des deux sexes. Mais dans ce cas, on observe que les femmes ne s’expriment que rarement et s’alignent le plus souvent au point de vue des hommes. Dans les sociétés traditionnelles maliennes, les femmes sont rarement conviées à une réunion organisée avec les hommes adultes. Le cas échéant, elles observent en présence des hommes adultes une règle stricte de discrétion. C’est pourquoi, les membres de l’équipe ont préféré l’organisation de réunions séparées pour les hommes et les femmes, afin de créer un cadre favorable à l’expression de ces dernières. La mise en évidence des différences d’appréciation peut créer une atmosphère de concurrence entre les femmes et les hommes. Il est donc nécessaire, dès le départ, de bien expliquer le but de cet exercice qui est, non pas de confronter, mais de comprendre la raison de ces différences et leur signification. Cas du Mali 19 VIII. La restitution et les résultats Au plan technique, les visites de terrain ont été suivies par une série d’interactions destinées à mettre les membres de l’équipe au même niveau d’information et à harmoniser les modes de passation des guides d’entretien. Les questions du guide d’entretien ont fait l’objet de traduction dans la langue de communication choisie (le sonhray) afin de se mettre à l’abri d’éventuelles érosions sémantiques (Annexe 5). Trois types de résultats ont été obtenus lors de la restitution: • Ceux liés aux démarches des activités et à la dynamique du groupe ; • Ceux qui ont éclairci la compréhension du système de production ; • Ceux qui expliquent l’érosion génétique dans la région. Par ailleurs, le rôle des femmes dans le système de production a été étudié séparément. 8.1 La cohésion de l’équipe Ce second passage sur le terrain a permis d’améliorer le fonctionnement de l’équipe, de créer les conditions d’une meilleure collaboration institutionnelle, d’approfondir les résultats de l’étude de cas sur des aspects essentiels et d’élargir le cadre de la participation aux responsables au niveau national. La direction du CARE à Bamako et l’Unité de recherche génétique (URG) de l’IER étaient représentées aux travaux préparatoires de la restitution. Tirant les leçons de la première phase, le rôle et les modalités de participation de chaque membre de l’équipe et celui des institutions partenaires ont été, cette fois, clairement définis par rapport au déroulement de la mission. L’équipe en était plus à l’aise, mieux informée et désormais convaincue du sérieux et de la détermination à recueillir correctement le savoir et le savoir-faire des hommes et des femmes. La restitution a ainsi permis de réaliser les conditions d’une meilleure appropriation de l’ensemble du processus et des résultats de l’étude par les représentants des structures locales dans la mesure où elle leur a donné l’opportunité de vérifier les points sur lesquels ils avaient des réserves ou des opinions contraires. Les informations récoltées par les femmes de l’équipe auprès des femmes rurales ont été importantes pour la reconnaissance de la valeur du travail effectué par toutes les femmes de l’équipe et les paysannes partenaires. Non seulement, la connaissance qu’ont les paysannes de la diversité génétique locale est énorme mais leurs explications sur des aspects importants se sont aussi montrées pertinentes. 20 Cas du Mali La règle d’or de la communication au cours de la restitution consiste à mettre les populations à l’aise en les remerciant de leur disponibilté et de la quantité importante d’information fournie lors du passage de l’équipe. Il s’agira ensuite de rappeler les enjeux et les objectifs de l’étude en leur disant qu’il se pourrait que les étrangers que nous sommes aient mal compris, mal noté ou oublié de noter des aspects essentiels pour eux. C’est pourquoi, l’équipe revient pour corriger et compléter les informations, avec leur concours, afin de noter fidèlement ce qu’elles ont bien voulu nous apprendre sur leur terroir. 8.2 Identification et description des variétés Les tableaux de synthèse sont présentés dans l’Annexe 6. Il a été constaté que la restitution a particulièrement permis l’harmonisation des résultats entre les femmes et les hommes. Les changements les plus conséquents sont mentionnés ci-après. Les sous-variétés La question cruciale de l’existence des sous-variétés, constatées au cours de l’étude initiale, a été définitivement éclaircie lors des discussions plus approfondies avec les populations au cours des réunions de restitution, levant toute équivoque. Désormais, ni les femmes ni les hommes ne reconnaissent des sous-variétés. Cas du Mali 21 Figure 10 Reconnaissance des rôles et entente dans l’équipe Figure 9 Analyse des résultats de Minésingué par MM. A. Kanouté et A. S. Cissé Par exemple, dans le cas du riz kobé, la croyance à l’existence de sous-variété a résulté d’un malentendu. Les populations locales (les hommes, surtout) ont l’habitude de désigner certaines variétés à partir d’un ou de deux de leur traits distinctifs : couleurs différentes, difficultés ou facilités particulières de leur transformation, formes particulières. C’est cette appellation locale qui a fait croire à l’existence de sous-variétés pour les espèces concernées. Pour certains caractères, des différences d’appréciation persistent entre les hommes et les femmes, sans que cette divergence soit systématiquement contradictoire. Parfois, il n’y a qu’une différence de degré dans l’échelle d’appréciation. L’équipe a admis que beaucoup de divergences auraient pu certainement se dissiper si l’échelle de notation qui a été proposée avait été plus adaptée. Le rendement L’équipe a rapidement convenu que ces divergences d’opinion, loin de donner raison ou tort à l’un ou l’autre des deux groupes d’acteurs, devraient être comprises comme constituant autant de pistes de recherche susceptibles d’approfondir les connaissances sur les variétés locales. Après le constat initial de différences dans les estimations du rendement suivant le genre, la restitution a permis d’établir que les femmes déterminaient le rendement à partir de la quantité totale stockée après récolte. Les hommes, en revanche, utilisent une unité locale de surface pour déterminer le rendement : le soumbey. Le soumbey équivaudrait à une parcelle de 3m de large environ sur une longueur variable selon la dimension du champ. Cette unité locale est différente de l’hectare. Il serait peut-être judicieux de comparer les calculs de rendement obtenu suivant le soumbey et suivant la notion plus académique d’hectare et de comprendre pourquoi les hommes utilisent plutôt le soumbey et les femmes non. Le cycle végétatif Il avait été également constaté au cours de l’étude initiale que, sur le plan de l’estimation des cycles végétatifs, les hommes et les femmes avaient répondu différemment dans l’ensemble des villages. La restitution a permis d’établir que, si les hommes comptent le cycle d’une variété à partir du repiquage, les femmes le faisaient à partir de la pépinière, fournissant l’explication des différences observées dans la durée des cycles végétatifs selon les hommes et les femmes. La description morphologique, organoleptique et post-récolte Concernant les descriptions morpholo- giques, organoleptiques et post-récolte, on a pu constater qu’au terme d’un certain nombre de confrontations des opinions, les deux groupes se sont accordés à reconnaître que les aspects liés à la transformation des produits (cuisson, goût, pilage) sont mieux maîtrisés par les femmes et que ceux liés à la production (caractéristiques des variétés) sont mieux maîtrisés par les hommes. Les informations complémentaires Ce partage des compétences est logique si l’on se réfère à la division sexuelle du travail en cours dans les villages visités. Toutefois, en dépit de cette concession réciproque, l’équipe de restitution a pu témoigner de la pertinence et de la précision des connaissances des femmes sur les questions de production 22 Cas du Mali (caractéristiques des différentes variétés, occupation et utilisation des mares). Les femmes ont apporté, à chaque fois, des explications pertinentes pour soutenir leurs observations. Il semble donc que ce consensus renvoie davantage au désir des hommes et des femmes, mais surtout des femmes, de ne pas se voir sans cesse opposées aux hommes par rapport au niveau de connaissance sur les espèces et variétés locales. Il est judicieux de rappeler à ce niveau que c’est l’addition des domaines de savoir et de savoir-faire des hommes (aspects de production) et des femmes (aspect de transformation) qui permet une connaissance plus complète de chaque variété. Au terme de ce consensus et en référence à la division sexuelle du travail, les connaissances des hommes et des femmes sur la diversité génétique paraissent donc complémentaires sans que cette répartition convenue du domaine d’excellence de chacun des deux groupes ne signifie une absence de compétence de chaque groupe sur l’ensemble des questions. Cette connivence s’est brisée sur quelques questions précises où les femmes ont maintenu leur opinion en dépit du fait qu’elle n’était pas partagée par les hommes. 8.3 L’érosion des ressources génétiques locales : conceptions paysannes et concepts formels Le décalage des échelles d’appréciation Concernant l’évolution des variétés par espèce et par période (notamment, la permanence, la diminution, la rareté, la disparition, la voie de disparition, l’introduction et les changements de pratiques culturales), l’équipe a obtenu deux types de résultats : la liste des expressions courantes utilisées pour Cas du Mali 23 Figure 11 Repiquage du riz au bord du Niger décrire l’évolution des ressources génétiques locales et la liste des espèces ou variétés introduites ou ayant disparu au cours de la période de référence. 8.3.1 Expressions utilisées par l’équipe de l’étude initiale Afin de réussir à bien décrire et bien comprendre l’évolution des ressources génétiques dans les trois villages concernés, les membres de l’équipe ont adopté les définitions ci-après : • Diminution signifie que les semences se font rares à cause des conditions climatiques. • Rareté signifie que la variété est difficile à trouver dans le village. • En voie de disparition signifie que la variété se fait rare, difficile à trouver dans le village et les environs. • Disparition signifie que la variété n’existe plus au niveau régional et national. L’articulation entre ces concepts a été schématisée (cf. graphique en bas de page). L’équipe, au cours de la phase initiale a donc essayé de recueillir les informations sur l’évolution des ressources génétiques à travers cette grille de définitions. La restitution des résultats de l’étude de cas à permis de constater que les concepts paysans et les concepts formels ne se recouvraient pas. Il existait, en particulier, un certain décalage dans les échelles d’apprécia- tion. Au niveau sémantique, les populations locales utilisent des concepts très élaborés pour décrire l’évolution des ressources génétiques, riches de nombreuses nuances qui n’apparaissaient pas dans le champ sémantique de référence des membres de l’équipe. 8.3.2 Expressions locales Les différentes expressions utilisées pour décrire l’érosion génétique renvoient à deux échelles bien distinctes : l’échelle villageoise et celle du cercle. Cinq expressions servent à décrire la situation de l’évolution des ressources dans le village et à l’échelle du cercle. On constate que, par rapport à l’évolution des ressources génétiques à l’échelle du cercle comme au niveau du village, les populations établissent une distinction assez nette entre une rupture de stock momentanée (plus ou moins habituelle) survenue graduellement dans une période de temps variable suivant les villages et une disparition plus ou moins totale de la variété elle-même. Échelle cercle a kuma : Cette expression est utilisée pour décrire la situation des semences en année intermédiaire où les récoltes ne sont ni bonnes, ni mauvaises. Les stocks de semence des familles ne sont pas ceux escomptés. L’expression constate le manque dans la quantité de semence disponible. a ciina : Ceci exprime la diminution de la quantité de produit précédemment disponible. L’expression signifie qu’il ne reste plus beaucoup de semence. 24 Cas du Mali Diminution Rareté En voie de Disparition disparition a duu di ga sendu : Cette expression signifie littéralement qu’il est difficile d’obtenir la semence. Elle exprime la rareté de la semence concernée et semble utilisée quand la semence n’est disponible qu’auprès de quelques rares personnes dans le village. a baka dere : Cette expression signifie que l’on ne peut plus se procurer la semence au niveau du village et qu’il faudrait se rendre dans les villages voisins ou au marché hebdomadaire pour s’en procurer. Elle indique que la semence est en voie de disparition. a si bara ; a dere : C’est l’expression ultime utilisée pour signifier la disparition d’une semence. Elle se dit quand on ne peut plus se procurer la semence à l’échelle du cercle. L’utilisation du superlatif a été signalée par le représentant de l’État au niveau de l’arrondissement dont relève Saobomo. Le chef d’arrondissement, présent à Saobomo au moment de la réunion villageoise, a rappelé aux représentants du village que chaque fois qu’ils lui rendent compte de la disparition totale d’une semence à l’échelle du cercle, ils utilisent le superlatif « far far ». Ils diraient donc : « a dere far far ». Échelle village Pour apprécier l’évolution de leur ressources génétiques internes, les villages de Koïto et Minéssingué emploient un nombre plus réduit d’expressions — seulement trois — et utilisent des unités statistiques plus précises (la moitié du village, le quart Cas du Mali 25 Figure 12 Savoir-faire et connaissance locale du village et personne dans le village) et un intervalle de temps plus long (3 ans). a kuma (manque) : dans le cas où seule la moitié des habitants du village aurait récolté a ciina (diminution) : en deuxième année, quand seulement le 1/4 du village a récolté a dere (disparition) : dans le cas où aucune récolte ne serait obtenue au cours de la troisième année. Si à l’échelle du village, trois expressions seulement semblent être utilisées pour rendre compte de la situation de l’évolution des ressources génétique, on constate cependant, qu’au niveau sémantique, les villageois utilisent indifféremment la même expression, accompagnée ou non de superlatif, selon le cas, pour signifier la disparition de la semence ou de la variété aux deux échelles indiquées. 8.4 Introduction ou disparition de variétés Introduction L’équipe a étudié l’origine des variétés et l’époque de leur introduction dans les villages. • À Koïto, les femmes considèrent que les variétés Kountti, Chinois et Gorbal (riz Kobé) sont d’introduction récente dans le village. • À Saobomo, les femmes considèrent que les 3 variétés Tre, Macina et Bawa (riz Kobé) existent dans leur village depuis leur enfance et qu’elles sont les leurs contrairement à Chinois qui proviendrait de Issa Ber. Disparition Sur la base de ce descriptif de l’érosion des ressources génétiques, quelques cas de disparition effective d’une variété ou d’une espèce, au niveau d’un village, ont été portés à la connaissance de l’équipe : • À Saobomo, les populations ont dû cesser la culture du mil à cause de son inadaptation aux conditions actuelles de pluviométrie. Pour ce cas d’espèce, le mot abandon conviendrait peut-être mieux que celui de disparition pour décrire la situation. • À Minéssingué, les femmes estiment que, cette année, le Mô-béri (riz flottant) a disparu complètement du village. • À Koïto, les femmes estiment, qu’à l’exception des 2 dernières années, le mil et le riz flottant étaient disponibles en permanence dans le village de 1972 à 1997. Toutefois, on trouvait plus irrégulièrement le riz flottant que le mil au cours de cette période. Aucune variété de riz flottant ne serait disponible en ce moment au village. Cependant, les habitants pourraient s’en procurer dans les villages environnants (Dangha, Niambourgou, Katoi...). Les variétés auraient disparu du village en raison de la sécheresse. À l’étape de la disparition du village, les habitants sont conscients qu’il est encore facile de se procurer des semences le jour du marché hebdomadaire ou dans les villages voisins en s’appuyant sur les relations de lignage ou d’alliance. Par exemple, la population de Koïto affirme qu’il est encore possible de trouver toutes les variétés de riz kobé, de riz flottant et de mil à Chirfiga et à Sareyamou, même si les prix ont flambé. Un seul épi de mil coûterait en ce moment jusqu’à 50 FCFA. 26 Cas du Mali À cette étape, les stocks de semence disponibles dans les villages se reconstituent donc plus ou moins rapidement. La disparition véritable se situe au cours d’une étape ultérieure quand les villageois estiment que la variété n’est plus disponible à l’échelle du cercle. Les populations utilisent donc essentiellement une échelle spatiale (cercle) pour apprécier la disparition totale d’une espèce ou d’une variété. À l’échelle du village, l’observation et la description de l’évolution des ressources génétiques ne sont plus ni aussi simples, ni aussi instantanées. Elles semblent s’effectuer de façon plus longitudinale (échelle de temps) et utilisent, outre l’échelle spatiale (celle du village), des estimations statistiques. C’est par rapport à une période de temps estimée à 3 ans que les habitants des villages de Koïto et Minéssingué apprécient le niveau d’évolution des ressources génétiques. 8.5 Femmes : une contribution discrète mais efficace à la préservation des stocks familiaux de semences Les questions, à ce niveau, portaient sur la vérification du rôle des femmes dans la production de certaines variétés et dans le contrôle des semences. Aucune question n’avait trait au rôle des hommes, celui-ci ayant été clairement décrit dans le document initial. La restitution a également contribué à mettre davantage en relief le rôle des femmes dans la conservation des ressources génétiques locales. Concernant la participation des femmes, la restitution a surtout mis en évidence une forme de contribution indirecte (importante mais pas toujours connue ou reconnue) au processus de conservation des ressources génétiques locales. En effet, les femmes de Saobomo nous ont appris, qu’aux moments critiques, elles vont travailler à l’extérieur du village pour assurer la prise en charge de la nourriture de la famille et ce, dans le but explicite d’éviter la consommation des semences familiales. Les femmes participent à l’arrachage des plants, au repiquage, au transport après fauchage, au battage et au vannage. Elles travaillent en dehors du village pour assurer la prise en charge de la nourriture de la famille afin de sauvegarder les semences. Une fois la récolte emmagasinée, ce sont elles qui contrôlent le stock, avec l’aval des hommes confiants dans leur sens de l’économie. Elles soutiennent qu’elles aident physiquement et financièrement les hommes. Elles participent aux travaux communautaires, accordent des crédits aux hommes et s’entraident également beaucoup. Les crédits aux femmes de Saobomo sont accordés par le CARE. Les femmes sont exclues du système de sélection et de conservation des semences. Elles interviennent plus explicitement dans le processus de transformation et de commercialisation des céréales et contribuent avec les hommes au processus de production des variétés locales. Elles ont, dans la plupart des cas, accès au grenier familial et en assurent quelquefois le contrôle avec les hommes. Les femmes tamasheq semblent avoir plus d’accès et de contrôle au grenier familial que les femmes des autres ethnies. Les précisions complémentaires suivantes sur le rôle des femmes ont été données pour les trois villages : Cas du Mali 27 • À Koïto, pour l’ensemble des variétés de riz, le battage et le vannage sont des travaux exclusivement féminins. • À Minéssingué, le désherbage et le battage sont exécutés conjointement par les hommes et les femmes. Le vannage est une activité exclusivement féminine. Pour le mil, les femmes participent au semis, à la chasse aux oiseaux et au transport des produits après la récolte. • À Saobomo, les hommes et les femmes ont accès et contrôlent les greniers. Les hommes ont le contrôle des semences. Quand les hommes vont chercher les semences dans les villages voisins et en assurent la garde, seules les veuves auraient accès aux semences. Ces informations sont conformes à une étude du CEDREF-GED indiquant que les femmes sonhray n'ont pas d'accès et de contrôle réel sur la production et les moyens de production. Les femmes tamasheq bénéficient d’une plus grande liberté dans les activités et dans la gestion de leurs biens et des produits de leur travail. Les hommes peuls prônent généralement le maintien des femmes sous leur tutelle et désapprouvent qu’elles puissent avoir des moyens suffisants afin de s’affranchir des hommes. Cependant, il y a beaucoup de variation entre les groupes ethniques. Les Peuls sédentaires semblent être plus traditionnels sur les aspects genre (CEDREF-GED, 1996). Les femmes et le stock de sécurité Il existe, localement et singulièrement dans le milieu Sonhray, une philosophie particulière en matière de préservation et de conservation des stocks familiaux de semence, le Bun Banda Fadda. Cette philosophie traduit la détermination à accepter de mourir de faim plutôt que de consommer le stock familial de semences avant la période des semis. Les Sonhray, dont l’agriculture constitue la principale activité, restent très attachés à la terre et sont fiers de cet adage. Chez ces autochtones agriculteurs, les semences de toutes les variétés locales sont soigneusement sélectionnées et gardées dans des sacs traditionnels à base de feuilles de doums appelés Fadda. Elles sont ensuite stockées avec précaution dans un ou plusieurs endroits sécurisés de leur maison ou concession sous le contrôle et l’autorité d’un seul responsable. Les stocks de semences ainsi sécurisés ne sont jamais consommés même en cas de famine ou de disette et doivent être retrouvés après le décès de celui qui en assure la garde d’où son nom de Bun Banda Fadda3 (Synnevag, 1998). Les femmes réputées pour leur sens maternel aigu ne sont jamais responsables du stock familial de semence géré suivant les principes du Bun Banda Fadda. Elles ne peuvent pas supporter le spectacle de leurs enfants mourant de faim. Cette sensibilité de la femme explique son exclusion de la gestion des stocks de semence. Au village tamasheq, de la même façon, en année de mauvaise récolte, les chefs de famille doutant de leur autorité devant leurs femmes confient leurs semences à des personnes plus fermes qui les leurs remettent aux périodes propices aux semis. 8.6 La Carte du terroir : cas de Koïto La carte du terroir donne des indications sur la manière dont les paysans et les 28 Cas du Mali 3 Littéralement : Le sac en natte tressée dans lequel on conserve les céréales (fadda) que l’on trouvera après (banda) ma mort (Bun). paysannes visualisent leur environne- ment. Cet exercice a été fait seulement avec les hommes pendant l’étude initiale. À Koïto, la restitution a clairement changé un certain nombre de données sur la carte du terroir initiale. Des corrections ont été apportées à la liste des mares, à leur positionnement et à leur utilisation actuelle. L’utilisation des mares et leur évolution a été un point important dans la discussion des changements du système de production. Actuellement, il semble qu’une seule mare (Koïto-Bangou) contienne de l’eau. Cas du Mali 29 Figure 13 Village de Koïto Figure 13a Carte de terroir villageois de Koïto (cercle de Diré) – Etude de cas Mares abandonnées • Makka Chinganda, depuis 25 ans. • Banaté, depuis 3 ans. • Kama Bangou, depuis 2 ans. • Koro-Garou et Agourbangou, depuis un an. • Akkachirfanda Kaîna, depuis un an par absence de crue. • Yeya Tibi et Gawdi, seulement depuis l’hivernage dernier. Mares encore sous culture La mare de Koïto-Bangou, aménagée par le CARE, a été cultivée la saison écoulée (riziculture). Malheureusement, l’eau a emporté tous les plants et seules les personnes qui y ont cultivé du riz flottant ont pu récolter. Mares homonymes Il existerait sur le terroir de Koïto, deux mares du nom de Agourbangou (une petite et une grande) ainsi que 2 mares du nom de Koro-Garou (une petite et une grande). Ces mares homonymes sont séparées par une digue. Le nombre des mares abandonnées a rapidement augmenté pendant les dernières années. Une comparaison avec les données météorologiques pourrait indiquer si ce phénomène touche toute la région ou si l’abandon des mares est encore aléatoire. Les cartes de terroir de Saobomo et Minéssingué semblent avoir été, en revanche, plus exhaustives. Il n’y a donc pas eu de correction majeure. Les femmes de Saobomo ont néanmoins précisé que le PIV4 est implanté au bord de la mare de Tawretan. A Minéssingué, les précisions complémentaires suivantes ont été apportées à propos de la carte du 30 Cas du Mali Figure 14 Carte de terroir villageois de Koïto (cercle de Diré) - Résultats de la restitution 4 Périmètres irrigués villageois. terroir : il n’y aurait pas de mare abandonnée dans ce village et on cultiverait le sorgho de décrue dans la mare de Saogamé. Par rapport à la carte de terroir, la mission n’a pas observé de divergence particulière selon le genre. On se rappelle que la passation de cet outil n’avait pas concerné les femmes au cours de la mission initiale. Pourtant, les femmes ont montré combien elles connaissaient leur terroir pour ce qui est de l’utilisation et de l’occupation des mares. Outre le fait que la carte de terroir n’a pas été établie selon le genre, on peut déplorer également que le guide d’entretien élaboré à cet effet n’ait pas été conçu de façon à cibler et à collecter simultanément les informations liées à l’occupation et l’utilisation des mares et leur évolution. Il aurait été intéressant de superposer ces différentes données sur un même support cartographique. En règle générale, les femmes n’ont pas voulu discuter de la carte du terroir établie par les hommes, ce qui souligne l’importance de travailler, dès le départ, séparément avec les femmes et les hommes afin qu’ils expriment leurs diverses opinions. Par ailleurs, les informations complé- mentaires collectées, notamment à Koïto, révèlent toute la vulnérabilité des systèmes traditionnels de culture. En effet, les cultures sont menacées autant par la sécheresse que par l’arrivée intempestive d’une lame d’eau. L’approche mise en œuvre, les outils choisis et les étapes définies ont permis de mieux comprendre le savoir et le savoir-faire traditionnels selon le genre en matière de gestion des ressources génétiques locales et de confirmer, qu’à Diré, des systèmes traditionnels de culture sont encore utilisés, malgré les risques liés à la désertification et à l’érosion génétique. Le mil et le riz local sont, en effet, des céréales primordiales pour la sécurité alimentaire des familles de la région qui les préfèrent aux variétés améliorées qu’elles sont obligées de consommer en ce moment. L’utilisation des outils de genre a également contribué à mettre davantage en relief les rôles dévolus aux femmes et aux hommes dans la conservation des ressources génétiques locales. Les femmes interviennent plus explicitement dans le processus de transformation et de commercialisation des céréales et participent avec les hommes au processus de production des variétés locales. Elles ont, dans la plupart des cas, accès au grenier familial et en assurent quelquefois le contrôle avec les hommes. En revanche, elles ne sont que marginalement associées (cas des veuves) au système de reproduction des variétés (sélection et conservation des semences). La restitution a aussi mis en évidence une forme de contribution indirecte des femmes (importante mais pas toujours connue ou reconnue) au processus de conservation des ressources génétiques locales. En effet, les femmes de Saobomo vont travailler en dehors du Cas du Mali 31 IX. Conclusion village en période critique pour assurer la prise en charge de la nourriture de la famille et ce, dans le but explicite d’éviter la consommation des semences familiales. La restitution a amélioré la participation et l’appropriation des résultats par les acteurs de l’étude tant au niveau paysan qu’au niveau des institutions locales. La restitution a contribué à préciser la distinction entre les connaissances (que les populations veulent complémen- taires) acquises par les femmes et celles acquises par les hommes dans la ges- tion des ressources génétiques locales. En effet à l’issue d’un certain nombre de confrontations des opinions, les deux groupes se sont accordés sur ce partage des connaissances. Les hommes reconnaissent que les aspects liés à la transformation des produits (cuisson, goût et pilage) sont mieux maîtrisés par les femmes qui, à leur tour, concèdent que les hommes sont les mieux informés sur la description des aspects liés à la production. Au terme de ce consensus et en référence à la division sexuelle du travail, les connaissances des hommes et des femmes sur la diversité génétique paraissent donc complémentaires sans que cette répartition «convenable » du domaine d’excellence de chacun des deux groupes ne signifie une absence de compétence de chaque groupe sur l’ensemble des questions. Il est arrivé, d’ailleurs, que cette connivence se soit brisée sur quelques questions précises, où les femmes ont maintenu une opi- nion divergeant de celle des hommes. Il persiste, naturellement, des différences d’appréciation entre les sexes sans que cela soit systématiquement contradic- toire. Il n’existe, parfois, qu’une différence de degré dans l’échelle d’appréciation. L’équipe a admis que certaines de ces divergences auraient pu certainement s’estomper si l’échelle de notation proposée avait été plus adaptée. Concernant la différence d’appréciation du rendement selon le genre, la mission de restitution a permis d’établir clairement que, si les femmes déterminent le rendement à partir de la quantité totale de produits stockés après récolte, les hommes, eux, emploient une unité locale de surface : le soumbey. Le soumbey est égal à une parcelle de 3m de large environ sur une longueur variable selon la dimension du champ. Sur l’existence de sous-variétés et les divergences relatives au nombre de variétés selon le genre, les hommes et les femmes ont convenu du même nombre de variétés à une exception près et, ni les hommes, ni les femmes ne reconnaissent désormais de sous- variétés. Un dernier résultat, clairement établi au cours de la restitution, concerne l’expli- cation des différences d’appréciation des cycles végétatifs faites par les hommes et les femmes. Les informations collectées montrent que les hommes comptent le cycle d’une variété à partir du repiquage au champ et les femmes à partir de la pépinière. Plus généralement, le guide d’entretien élaboré pour l’outil n’était pas centré sur la description de l’évolution génétique et pour corriger ces lacunes, l’équipe a choisi de travailler sur une période de référence de 30 ans pour tenir compte de l’ensemble des contraintes évoquées plus haut. La période de référence était plus longue pour l’étude initiale. L’équipe s’est 32 Cas du Mali efforcée, dans cet intervalle de temps, de mieux cibler les questions sur l’évolution génétique et le changement des pratiques culturales traditionnelles. Les profils historiques des trois villages après la restitution sont présentés dans l’annexe 7. Concernant l’évolution des variétés par espèce et par période, notam- ment la permanence, la diminution, la rareté, la disparition, la voie de disparition ou l’introduction et les changements de pratiques culturales, deux types de résultats ont été obtenus : la liste des expressions courantes utilisées pour décrire l’évolution des ressources génétiques locales et la liste des espèces ou variétés introduites ou ayant disparu au cours de la période de référence. À ces deux niveaux, les populations établissent une distinction assez nette entre une rupture de stock momentanée (plus ou moins habituelle) survenue graduellement dans un intervalle de temps variable suivant les villages et une disparition plus ou moins totale de la variété elle-même. La restitution a permis de constater la très grande vulnérabilité des systèmes traditionnels de culture et leur impact sur la conservation des ressources génétiques locales. En effet, en raison du niveau de technologie des populations, les variétés disparaissent des villages, non seulement sous l’effet de la mauvaise pluviométrie, mais paradoxalement, quelquefois aussi à cause de crues subites survenant avant que les plants ne soient suffisamment robustes. Le suivi de l’érosion génétique est important tant au niveau local que global. Les systèmes utilisant les technologies informatiques doivent fonctionner de façon complémentaire avec les systèmes locaux déjà employés par les paysans. Les définitions apportées par cette étude de cas peuvent ouvrir la voie à la recherche des relations entre ces deux types de systèmes. Il serait intéressant d’intégrer les observations et les avis des paysans aux échelons supérieurs régional et global. Cas du Mali 33 Au terme de la restitution des résultats de l’étude sur le savoir-faire des femmes et des hommes sur les espèces locales de riz flottant, de riz Kobé et de mil dans les cercles de Diré et de Goundam, la mission formule les recommandations suivantes : Relations inter-institutionnelles Au plan de la collaboration inter- institutionnelle, de la dynamique de groupe et du rapport avec les populations, l’utilisation de l’approche participative nécessite que le rôle, les responsabilités et les modalités de participation de chaque partenaire (institutions et membres de l’équipe) soient clairement établis. Il importe aussi de tenir compte du contexte culturel de la zone d’étude. Finalisation des travaux de recherche Il faut se rappeler que le résultat définitif de l’étude est constitué par le rapport initial finalisé par l’intégration des résultats de la restitution. Il faudrait en conséquence, autant que faire se peut, intégrer les résultats de la restitution dans le document initial. Équipe de recherche Il conviendrait de renforcer la capacité d’analyse des membres de l’équipe par une formation plus poussée sur la biodiversité, l’approche participative, le genre et la restitution de façon à faire face à d’éventuelles remises en cause de leur conviction et résultats de recherche et de leur permettre de reconnaître les informations significatives. Information des populations Il faudrait porter un soin particulier à l’information des populations sur l’objet de l’étude, son importance pour elles, les enjeux qui sont en cause et discuter des problèmes de programmation. Organisation de la restitution Il est souhaitable d’inclure le budget de la restitution dans le budget prévision- nel initial de l’ensemble de l’étude. Cette disposition aura pour avantage de permettre l’organisation de la restitution suivant une programmation plus maîtrisée. Il conviendrait de prévoir une durée suffisante et un budget conséquent. Outils de collecte Un effort important devra être fait pour adapter les outils au milieu et aux données recherchées. Les symboles utilisés et l’échelle de notation adoptée doivent être conçus et testés dès l’étude initiale. Les populations auront ainsi la possibilité de discuter entre elles à partir de symboles familiers. Les guides d’entretien élaborés pour la passation des outils devront également être plus centrés sur la recherche de données spécifiques. Par exemple, le guide d’entretien conçu pour la carte du terroir aurait pu mieux cibler les aspects liés à l’occupation et l’utilisation des mares et leur évolution et parvenir ainsi à établir un rapport entre ces deux aspects. Le profil historique pourrait également mettre davantage en relief les aspects liés à l’érosion génétique et au changement des pratiques culturales. Utilisation des outils selon le genre Les outils devraient être utilisés systématiquement selon le genre dès le début de l’étude initiale pour permettre de vérifier, comparer et compléter les points de vue dans un même sexe et entre les sexes. 34 Cas du Mali X. Recommandations Échantillon d’étude En plus des investigations effectuées au niveau village, l’étude gagnerait à retenir trois à six unités familiales par village pour y mener une enquête plus fine. Cette comparaison des trajectoires des différentes unités familiales d’un même village et entre villages pourrait être significative des disparités qui caractérisent le milieu et donner des informations très utiles sur les ménages. Données à collecter Il serait judicieux de rechercher des informations sur la fréquence de disparition des semences dans un même village au cours d’une période de référence, sur l’évolution de la distance que les populations doivent parcourir pour se procurer les semences des différentes variétés au cours de la même période de référence et sur l’évolution des prix des semences. Il serait également profitable d’effectuer une analyse, même sommaire, de la situation des variétés dans les zones d’approvisionnement (par exemple, dans les villages de Chirfiga et Sareyamou, etc.). La comparaison des résultats entre les zones d’approvision- nement actuelles et les zones où il est observé une certaine érosion génétique, permettra de mettre en relief l’importance des facteurs climatiques et anthropiques dans l’évolution des ressources génétiques au niveau local. Cette étude comparative permettra également de mieux appréhender le maillon approvisionnement (commer- cialisation, distribution et l’ensemble des aspects institutionnels et sociaux y afférents) de la filière de production des semences. Il serait souhaitable — et c’est la recommandation majeure — que la recherche sur la méthodologie participative soit liée à des objectifs plus spécifiques tel qu’un plan de conservation in situ et/ ou de collecte. Le domaine couvert par le projet est trop vaste et probablement trop abstrait pour les populations qui cherchent des solutions concrètes à des problèmes pratiques rencontrés à chaque maillon de la filière semencière au niveau local. Il faut donc que la recherche méthodologique aboutisse à l’élabora- tion d’un plan concret de conservation, de collecte, d’amélioration de la participation des femmes, etc. et dont la mise en œuvre et le suivi puissent se faire sur la base d’une définition très claire du rôle et des responsabilités de chaque partenaire. Cas du Mali 35 36 Cas du Mali ANNEXE I. Atelier préparatoire des 05–06 Mai 1998 G u id e m ét h o lo gi q u e in it ia l d e l’ ét u d e d e ca s O bj ec tif s Q ue st io ns d e re ch er ch e Va ri ab le s et in di ca te ur s O ut ils 1. A na ly se r - Q ue lle e st l’ im po rta nc e de - D is po ni bi lit é de s se m en ce s G ui de d ’e nt re tie n l’i m po rta nc e de l’e sp èc e po ur la s éc ur ité - Q ua nt ité p ro du ite l’e sp èc e po ur la al im en ta ire ? - Pé rio de s d’ ut ili sa tio n sé cu rit é al im en ta ire - U til is at eu rs - V al eu r nu tri tiv e 2. In ve nt or ie r le s 1. Q ue lle s so nt le s va rié té s - N om s en la ng ue s lo ca le s G ui de d ’e nt re tie n di ve rs ité s gé né tiq ue s lo ca le s po ur c ha qu e es pè ce ? - Sy no ny m es lo ca le s et a na ly se r - Se ns (t ra du ct io n) l’i m po rta nc e de s 2. Q ue lle s so nt le s ca ra ct èr es - C yc le G ui de d ’e nt re tie n va rié té s lo ca le s po ur sp éc ifi qu es à c ha qu e va rié té ? - R en de m en t la s éc ur ité a lim en ta ire - R és is ta nc e au x ra va ge ur s, c ha ng em en ts c lim at iq ue s - D es cr ip tio n de s gr ai ne s : c ou le ur , t ai lle , g oû t, va le ur n ut rit iv e, u til is at io n, c on se rv at io n de s al im en ts e t d es g ra in es , c on di tio ns d e st oc ka ge - D es cr ip tio n de la p la nt e : t ai lle , f eu ill ag e, C ar te d u te rr oi r ha ut eu r, de sc rip tio n m or ph ol og iq ue d e l’é pi - C on di tio n d’ ad ap ta tio n éc ol og iq ue - C om po rte m en t e n pé pi ni èr e - C ar ac tè re p rin ci pa l p ou r l’u til is at io n de la v ar ié té - Q ua lit é d’ ap pr éc ia tio n : o rg an ol ep tiq ue , pr ép ar at io n, c on di tio nn em en t 3. Q ue lle s es t l a pl ac e de s - D is po ni bi lit é de s se m en ce s G ui de d ’e nt re tie n di ffé re nt es v ar ié té s da ns le s - Pé rio de s d’ ut ili sa tio n st ra té gi es d e sé cu rit é al im en ta ire ? 4. Q ue lle s so nt le s va rié té s - V ar ié té s pr éf ér ée s C la ss ifi ca tio n pr éf ér en tie lle pr éf ér ée s ? - R ai so ns d es p ré fé re nc es 5. C om m en t o nt é vo lu é le s - Év ol ut io n du n om br e d’ ut ili sa te ur s -G ui de d ’e nt re tie n di ffé re nt es v ar ié té s ? - Év ol ut io n de l’ ai re g éo gr ap hi qu e et d es s up er fic ie s -P ro fil h is to riq ue -C ar te d u te rr oi r à de s pé rio de s di ffé re nt es (g én ér at io ns ) 3. A na ly se r le s 1. C om m en t s on t o rg an is ée s le s 3. 1 Sy st èm es d e pr od uc tio n C al en dr ie r sa is on ni er sy st èm es d e fil iè re s de p ro du ct io n au n iv ea u - A pp ro vi si on ne m en t e n in tra nt s Pr of il d’ ac tiv ité pr od uc tio n et d e de s es pè ce s/ va rié té s ? - C on du ite d es o pé ra tio ns c ul tu ra le s Pr of il ac cè s et c on trô le re pr od uc tio n de s - B én éf ic e (re ve nu ) e t u til is at io n Pr of il fa ct eu rs d ’in flu en ce es pè ce s et d ég ag er - St oc ka ge e t c om m er ci al is at io n le s co nt ra in ts e t 2. Q ue lle s so nt le s sy st èm es d e 3. 2 R ep ro du ct io n G ui de d ’e nt re tie n po ss ib ili té s po ur re pr od uc tio n de s se m en ce s ? - C rit èr es e t m od e de s él ec tio n re nf or ce r le ur - M od e de c on se rv at io n (m ét ho de s, m oy en s, a ut re s) ut ili sa tio n 3. C om m en t l es tr ad iti on s 3. 3 A sp ec ts s oc io cu ltu re ls G ui de d ’e nt re tie n in flu en ce nt -e lle s la r ep ro du ct io n - T ab ou s et in te rd its Pr ov er be s et C ita tio ns r év él at eu rs de s va rié té s/ es pè ce s ? - A ut re s di sp os iti on s ré gl em en ta ire s et lé gi sl at iv es Pr of il fa ct eu rs d ’in flu en ce (ré gi m e fo nc ie r pa r ex .) 4. Q ue lle s so nt le s co nt ra in te s 3. 4 C on tr ai nt es e t op po rt un ité s G ui de d ’e nt re tie n et o pp or tu ni té s de r en fo rc em en t - A pp ro vi si on ne m en t de l’ ut ili sa tio n de s va rié té s - Pr od uc tio n, c on se rv at io n lo ca le s ? - C om m er ci al is at io n, tr an sf or m at io n - In fo rm at io n (d is po ni bi lit é, c on na is sa nc es ) - O rg an is at io n - Q ua lit é de s se m en ce s Cas du Mali 37 Phases de l’étude de cas selon le genre Phase préparatoire • Analyse documentaire. • Mise au point des méthodes et techniques de recherche. Phase terrain • Échantillonnage. • Formation des enquêteurs et traduction des concepts et terminologies. • Pré-test • Villages et critères de choix. • Nombre : 3-6 villages. • Critères : – Ethnies. – Pratique des cultures. – Appartenance à la même zone agro-écologique. – Ancienneté. – Village faiblement encadré. – Village distant des gros marchés. – Village à forte tradition. – Village peu enquêté. • Groupe cibles. • Focus-groupe (hommes, femmes, jeunes, vieux) supérieur ou égal à 7 personnes. • Interviews individuelles des personnes bien informées. • Interviews selon la situation socio- économique (niveau de richesse ; statut du chef du foyer : homme, femme ; statut social : caste, chefferies traditionnelles…) • Collecte des données. • Information des villages. • Conduite des enquêtes (cf. outils). • Restitution/discussion des résultats préliminaires. • Mise en commun par l’équipe. Phase de rédaction • Dépouillement et analyse. • Élaboration du cadre de saisie des données. • Analyse et interprétation des données. • Rédaction du rapport. Restitution des résultats de recherche au niveau de Diré • Représentants des villages cibles. • Représentants des collectivités. • Représentants des organismes d’appui. • Rapport de restitution. Guides d’entretien élaborés pour les outils sélectionnés Objectif 1 : Analyser l’importance de l’espèce pour la sécurité alimentaire 1.1 Quelle est l’importance de l’espèce pour la sécurité alimentaire ? Cibles : • Focus-groupe hommes et femmes. • Personnes ressources. • Informateurs privilégiés. Espèces : • Place dans l’alimentation en comparaison des autres cultures (production, période d’utilisation, valeur nutritive, nombre de consommateurs) • Rôle au niveau du ménage/famille (autoconsommation, commercialisa- tion, alimentation cheptel…) • Utilisateurs et période d’utilisation • Disponibilité des semences (quantité et qualité) Objectif 2 : Inventorier les diversités génétiques locales et analyser l’importance des variétés locales pour la sécurité alimentaire 2.1. Quelles sont les variétés locales pour chaque espèce ? 2.2. Quelles sont les caractères spécifiques à chaque variété ? 2.3. Quelle est la place des différentes variétés dans les stratégies de sécurité alimentaire ? Cibles : • Personnes ressources bien informées en focus-groupe séparé (hommes et femmes). • Entretiens individuels avec les informateurs privilégiés. 2.1. Identification • Variété de riz Kobé ou de sorgho de décrue = • Nom : • Synonyme : • Sens du nom : • Origine/Provenance : • Utilisation courante : autoconsom- mation, commercialisation, fourrage, autres. • Cultivateur principal de la variété : hommes, femmes, castes, groupement, autres… 2.2. Caractéristiques • Cycles. • Rendement. • Résistance : – Aux ravageurs. – À la sécheresse. – À l’inondation. – Aux mauvaises herbes – À la divagation des troupeaux. – Autres. • Description morphologique de la plante. • Description morphologique de la graine. • Qualité de la préparation culinaire : facilité de cuisson, nombre et coût des ingrédients additionnels, etc. • Qualité gustative (organoleptique) : consistance, goût, arôme, apparence. • Qualité de conditionnement (post- récolte) : égrenage, pilage, lavage. • Utilisation des sous-produits (paille, construction, fourrage, autres...) • Sols/milieux de culture (vallée, bas- fond, plaine, mare, lac). • Comportement en pépinière. • Caractère principal permettant l’identification de la variété. 2.3. Importance pour la sécurité alimentaire • Disponibilité en quantité et qualité. • Période d’utilisation. Classification préférencielle par matrice directe Objectif 2 2.4. Quelles sont les variétés préférées ? Cibles : • Femmes, hommes. Variétés préférées : • Liste des variétés / identification des symboles. • Liste des critères/symboles. • Notation des variétés. • Discussion et validation des résultats. Profil historique Objectif 2 2.5. Quelles sont les origines et les évolutions des différentes variétés ? Cibles : • Personnes ressources : hommes et femmes. Évolution du nombre de variétés par époque (génération) : • Identification des repères chronologiques dans l’histoire récente du village. • Représentation de l’importance relative des principales variétés par période. • Évolution du nombre d’utilisation par période. • Discussion et validation des résultats (causes, conséquences…) 38 Cas du Mali Cas du Mali 39 • Évolution du nombre de personnes qui conservent les semences. Carte du terroir Objectif 2 2.5. Quelles sont les origines et les évolutions des différentes espèces/variétés ? Cibles : • Hommes. Sols et milieux de culture des variétés : • Représentation du terroir sur des grandes feuilles. • Localisation des milieux de culture pour chaque variété. • Justification de la distribution géographique actuelle. • Changements intervenus depuis l’indépendance (depuis votre jeunesse pour les plus âgés). Calendrier saisonnier par espèce Objectif 3 : Analyser les systèmes de production et de reproduction des espèces et dégager les contraintes et possibilités pour renforcer leur utilisation. 3.1. Comment sont organisées les filières de production au niveau des espèces/variétés ? Cibles : • Focus-groupe hommes et femmes. • Représenter l’année à travers ses divisions. • Indiquer pour chaque espèce les principales opérations culturales et leur période d’exécution (visualiser le tout dans un schéma). • Discuter et valider les résultats. Profil d’activites Objectif 3 3.1. Comment sont organisées les filières de production au niveau des espèces/variétés ? Cibles : • Focus-groupe hommes et femmes. • Réalisation de cadre avec les populations. • Représentation par des symboles des éléments de référence. • Remplissage (collecte de données). • Discussion et validation. Profil accès contrôle Objectif 3 3.1. Comment sont organisées les filières de production au niveau des espèces/variétés ? Cible : • Focus-groupe hommes et femmes. • Réalisation de cadres avec les populations. • Représentation symbolique des éléments de référence. • Remplissage (collecte de données). • Discussion et validation. Guide d’entretien (Suite) Objectif 3 Cible : • Personnes ressources bien informées en focus-groupe séparé (hommes et femmes). • Entretiens individuels avec les informateurs privilégiés. Reproduction : 3.2. Quelles sont les procédures de sélection et de conservation des semences ? • Critères et méthodes de sélection. • Mode de conservation (méthode, moyens, autres). • Sélectionneurs (Hommes et Femmes). Aspects socioculturels : 3.3. Comment les traditions influencent-elles la reproduction des variétés par espèce ? • Tabous et interdits (dispositions coutumières éventuelles pour protéger la variété). • Réglementation et législation «officielle » pour protéger ou encourager la variété. • Transfert des savoir-faire locaux. Contraintes et opportunités : 3.4. Quelles sont les contraintes et opportunités de renforcement de l’utilisation des variétés locales ? • Approvisionnement. – Existence de marché. – Existence de structures appropriées (Banque de semences, projet, coopératives, tons villageois, groupements). – Existence de circuit d’échanges. – Crédit. • Production. – Manque de terre. – Insuffisance de pluie, de crue. – Manque de moyen. – Manque de ressources essentielles. • Commercialisation. – Pouvoir d’achat. – Enclavement. – Demande. – Crédit. • Transformation. – Niveau de technologie. – Produits et sous-produits dérivés. • Organisation (à tous les niveaux). • Qualité des semences. – Méthode de stockage. – Méthode de sélection. • Potentiel génétique. Un glossaire à traduire en langues locales pour les besoins de l’enquête a été annexé à ce guide. La validation des résultats et de la méthodologie comportera trois parties : • L’analyse et l’amélioration des résultats, des outils et des questions de recherche effectuées par les membres de l’équipe ; • La validation des informations générales avec les agents du CARE ; • La validation au cours de l’atelier de restitution avec les villageois des trois villages séparément. L’analyse des résultats se fonde sur le rapport de la mission précédente et sur d’autres informations concernant les groupes ethniques et leurs traditions. En conséquence, les questions portant sur la vérification des résultats ont été reparties entre celles destinées au CARE et celles destinées aux villageois (aussi bien à tous les villageois qu’aux femmes et aux hommes séparément). Si les résultats obtenus restent imprécis, l’équipe de recherche discutera de la méthode de modification des questions afin d’obtenir des explications claires. Les outils de caractérisation des variétés et d’étude des changements seront modifiés et comparés aux autres outils connus afin d’améliorer la méthodologie. Toutes les questions auxquelles des groupes cibles, constitués de femmes et d’hommes, ont répondu différemment, seront approfondies. Questions aux villageois Certaines questions sont destinées aux villageois dans leur ensemble et d’autres, notées F/H, seront posées 40 Cas du Mali ANNEXE II. Guide méthodologique initial pour la restitution questions aux villageois Cas du Mali 41 séparément aux femmes et aux hommes. Caractérisation des participants (vérification de l’échantillonnage) Analyse du ménage et du groupe ethnique à partir de l’identité des participants • Noms des participants afin de vérifier leur groupe ethnique ; • Utilisation des terres (tableaux 6 -9). La restitution des résultats aux villageois Description des variétés • L’avis des villageois, description des caractères des différentes variétés et des critères de sélection des semences et raisons de ces choix (espèce par espèce) ? F/H ; • Les femmes et les hommes ont répondu différemment pour l’érosion génétique. Peut-on le confirmer ? F/H. Changements et conséquences Les résultats obtenus sont présentés et discutés. • Pour chaque céréale et pendant les dernières 30 ans, quels sont les changements survenus au niveau : – Des lieux de culture ? – De la surface cultivée ? – De la production (durée du stockage, période de soudure) ? – De la consommation (diminution du nombre quotidien de repas, composition différente des repas, graines empruntées) ? • Quelles en sont les conséquences au niveau : – Des revenus (augmentation ou diminution des revenus liés à la vente des céréales) ? – Du système d’approvisionnement et d’alimentation (quantités produites, quantités achetées) ? – De la main-d’œuvre (charge de travail pour les femmes et pour les hommes, impacts des variétés irriguées ; temps utilisé ; éloignement des champs, etc.) ? – Du travail en dehors de l’exploitation ? – De l’émigration vers d’autres régions ? Questions facultatives à poser à chaque village • Définition d’une variété locale ? F/H • Comment et pourquoi différencier les variétés ? F/H Cultures des espèces • Les veuves peuvent-elles exécuter les mêmes activités que les hommes ? • A partir de quel âge les enfants des veuves exécutent-ils les tâches considérées comme masculines ? • Qui s’occupe du contrôle des greniers ? Questions aux differents villages Cette partie se fonde sur les questions dont les réponses diffèrent selon le genre. Les questions ci-après tentent d’éclaircir les raisons qui justifient ces différences et leur importance pour la gestion des variétés locales. Les questions marquées F ou H sont destinées à être posées aux femmes ou aux hommes, selon le cas. Les autres questions sont destinées à l’ensemble des villageois. Koïto • Riz Kobé F : Pourquoi les femmes font-elles la différence entre Kountti et Chinois ? H : Les hommes savent-ils que les femmes font cette différence ? Les hommes savent-ils que les femmes subdivisent Paratou en deux sous- variétés ? F/H : Est-ce que les deux variétés Paratou sont séparées ? • Riz flottant F : La participation des femmes à la culture du riz flottant semble moindre qu’à Minéssingué. Pourquoi ? (Question comparative à poser aux deux villages.) F/H : Qui participe à la gestion des semences ? • Activités F/H : Est-ce que les hommes participent au battage/vannage ? Minéssingué • Riz Kobé F : Quelle sont les proportions de la production destinées à la vente et à l’échange ? Pourquoi les femmes connaissent-elles mieux les variétés que celles de Koïto ? H : Est-ce que toute la production est consommée ? F/H : Pourquoi les femmes connaissent-elles les variétés dans le niveau des groupes ? Sont-elles conscientes des différences constatées avec les réponses des hommes ? • Riz flottant F : La participation des femmes à la culture du riz flottant semble plus importante qu’à Koïto. Pourquoi ? (Question comparative à poser aux deux villages.) F/H : Pourquoi les femmes connaissent-elles les variétés dans le niveau des groupes ? Sont-elles conscientes des différences constatées entre leurs réponses et celles formulées par les hommes ? • Mil F/H : Pourquoi les femmes connaissent-elles les variétés dans le niveau des groupes ? Sont-elles conscientes des différences constatées entre leurs réponses et celles formulées par les hommes ? • Activités F/H : Est-ce que les femmes et les hommes participent au battage ? Saobomo • Riz Kobé F/H : Pourquoi les femmes et les hommes ont-ils donné des noms tellement différents aux variétés ? Certains noms sont-ils en sonhray et d’autres en tamasheq ? • Riz flottant F : Les femmes ne connaissent pas la variété Barkaney. En connaissent-elles le nom ? • Activités F/H : Pourquoi les femmes ont-elles un meilleur accès au crédit ? Pourquoi le travail communautaire est- il plus pratiqué à Saobomo que dans les autres villages ? Qui a accès et contrôle les greniers ? Quelles en sont les raisons ? Qui a accès aux semences ou aux motopompes ? Qui travaille en dehors du village ? 42 Cas du Mali Cas du Mali 43 Pour tous les tableaux, les chiffres indiqués sont la traduction du nombre de bâtonnets et représentent : • Pour l’utilisation : 1 – Utilisation principale ; 2 – Utilisation secondaire • Pour le rendement, une classification comparative : 1> 2 > 3 > 4 en termes de rendement • Pour les résistances, une échelle croissante : 1 – très résistant, 2 – résistant, 3 – moyennement sensible, 4 – sensible, 5 – très sensible Remarques Les hommes regroupent les variétés Dembu-bibi, Dembu-korey et Djefatta sous le nom de Koïra-Kobé, alors que les femmes distinguent Koïra-Kobé de Djefatta. Les femmes distinguent deux types dans la variété Paratou : Sokoma-Taouré (décorticage et enlèvement de son difficile) et Sokoma-Gnaly (décorticage et enlèvement de son facile). La production des hommes est entière- ment réservée à la consommation. Les femmes cultivent préférentielle- ment la variété Chinois à des fins commerciales. Pour les hommes, les variétés Chinois et Paratou sont les plus précoces et dotées du meilleur rendement. Gorbal est la plus résistante à la sécheresse. Les Koïra- kobé sont plus résistantes aux inondations temporaires. ANNEXE III. Identification et caractéristiques des variétés R iz K o b e - K o ït o N om d e So us -v ar ié té s Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n N om br e R en de m en t R és is ta nc e R és is ta nc e R és is ta nc e va ri ét é C on s. Ve nt e de c yc le sé ch er es se in on da tio n ra va ge ur s H om m es Ko ira -k ob é D em bu -b ib i Ko bé d u vi lla ge 1 2 4 2 2 1 4 D em bu -k or ey D je fa tta C hi no is Ko un tti 1 2 3 1 3 4 3 Pa ra to u 1 2 3 1 3 4 4 G or ba l R ug ue ux 1 2 4 2 1 3 2 Fe m m es Ko ira -k ob é Ko bé d u vi lla ge 1 2 4 4 3 1 2 D je fa tta 4 4 3 2 2 C hi no is 1 2 3 2 2 2 1 Pa ra to u So ko m a- 2 1 4 1 3 4 4 Ta ou re So ko m a- G na ly G or ba l 1 2 4 3 3 1 2 Ko un tti 1 2 3 1 1 2 1 De l’avis des femmes, Kountti, Chinois et Paratou sont les plus précoces et dotées des meilleurs rendements. Kountti et Chinois résistent beaucoup plus à la déprédation, à la sécheresse et à la divagation des troupeaux. Les femmes notent aussi la grande résistance de Koïra-kobé et de Gorbal aux inondations temporaires. Pour les femmes, Gorbal a des épillets qui piquent les oiseaux dans les yeux et Djefatta a «des ailes » la permettant de mieux se protéger. 44 Cas du Mali Riz Kobe - Minessingue Nom de Sous- Sens Utilisation Cycle Rendement Résistance/ Résistance/ variété variétés du nom Cons. Vente sécheresse mauvais herbes Hommes Coberi- Dembu- Grand 1 2 4 2 2 4 beri bibi Mô-korey Kobé Tchiechtie- boko Djefatta Gnessia Coberi- Dembu- Kobé 1 2 3 1 2 4 kono bibi précoce Mô-korey Tchiechtie- boko Djefatta Gnessia Gorbal Rugueux 1 2 4 2 1 4 Chinois 1 2 3 1 3 4 Paratou Paratou Rapide 1 2 3 1 3 4 korey Paratou bibi Femmes Dembu- Couleur 1 2 4 3 5 1 bibi Koira- Kobé du 1 2 4 4 5 2 kobé village Djefatta Avec des 2 1 4 4 5 3 Chinois ailes 2 1 3 2 1 4 Paratou Rapide 2 1 2 4 3 4 Gorbal/ Difficile à 2 1 4 4 4 4 Sokoma- décortiquer Taoure Kountti Court 2 1 3 1 2 4 Cas du Mali 45 R iz K o b e - S ao b o m o N om d e Sy no ny m e Se ns U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é du n om C on s. Ve nt e ra va ge ur s in on da tio n m au va is he rb es H om m es Te te re Pr éc oc e 1 2 3 3 4 5 5 D je fa tta Ko bé -b ér i Pe u pr éc oc e 1 2 4 2 1 2 5 B aw a Ko bé ri- bé ri Pe u pr éc oc e 1 2 4 2 1 2 5 C hi no is C ou rt 1 2 3 1 4 4 5 Fe m m es Tr e Ko bé n oi r 1 2 3/ 4 2 1 2 1 Ko bé r ou ge M ac in a So ko m a- Ta ou re 1 2 4 3 1 2 1 B aw a 1 2 4 1 1 1 1 R iz F lo tt an t - K o ït o N om d e So us - va ri ét é Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e sé ch er es se in on da tio n m au va is he rb es H om m es M ô- be ri D em bu -b ib i Is sa -m ô R iz d u fle uv e 2 1 6 2 2 1 4 Ko yb an e D ia ka -s ik ey ri G ne ss ia O ur m a Ko ss a D em bu -b ib i Pr éc oc e 2 1 5- 5, 5 2 2 1 4 D je fa tta D je m bu -k or ey D jin ga -b ib i D jin ga -b ib i 2 1 4- 5 2 2 1 4 D jin ga -k or ey D jin ga -d je fa tta Sa lm ah al li 2 1 4 2 2 1 4 Fe m m es M ô- be ri G ra nd r iz 2 1 6 2 1 1 1 Ko ss a R ap id ité p ré co ci té 1 2 4 1 2 2 2 Sa lm ah al li 3 2 4 1 4 2 2 D jin ga A id er 3 2 4 1 3 2 2 46 Cas du Mali R iz F lo tt an t - M in es si n gu e N om d e So us - va ri ét é Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e sé ch er es se ra va ge ur s in on da tio n H om m es M ô- be ri D je fa tta G ra nd r iz 1 2 6 2 2 5 1 Tc hi e tc hi e- bo ko D em bu -b ib i D em bu -k or ey G ne ss ia D jin ga M ô- ko no D je fa tta Ko ss a Pr éc oc e 1 2 5- 5, 5 2 2 5 1 Tc hi e tc hi e- bo ko D em bu -b ib i D em bu -k or ey G ne ss ia D jin ga Fe m m es M ô- be ri G ra nd r iz 1 2 6 2 1 3 1 Ko ss a M ô- ko no Pr éc oc e 1 2 5+ 5 1 3 2 3 jo ur s R iz F lo tt an t - S ao b o m o N om d e Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e ra va ge ur s in on da tio n H om m es D em bu M ô- be ri G ra nd r iz 1 2 4 1 4 1 Sa ng -S an g Ko ss a Pr éc oc e 1 2 3 2 4 1 D jin ga 1 2 2, 5 4 1 5 B ar ka ne y 1 2 D je fa tta 1 2 4 3 1 4 Fe m m es Sa ng -S an g R ap id e 1 2 - - 2 2 D em bu 1 2 - - 2 1 D jin ga 1 2 - - 2 2 D je fa tta Po us se d es a ile s 1 2 - - 1 1 Cas du Mali 47 M il - K o ït o No m d e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e sé ch er es se in on da tio n H om m es Ko ira -H ai ni M il du v ill ag e 1 2 3/ 4 2 3 5 O la l K er e M il ja un e 1 2 3/ 4 2 3 5 Fe m m es O la l K er e M il ja un e 1 2 7/ 8 1 H ai ni B ib i M il no ir 1 2 7/ 8 1 M il - M in es si n gu e N om d e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t va ri ét é C on s. Ve nt e H om m es G aw ri- N ’G ou rd i M il m as cu lin 1 2 3/ 4 2 G aw nr i-N ’D ai rr i M il fé m in in 1 2 3/ 4 1 Fe m m es G aw ri- N ’G ou rd i 7/ 8 G aw nr i-N ’D ai rr i 7/ 8 ANNEXE IV. Description morphologique, organoleptique et post récolte R iz K o b e - K o ït o N om d e Pl an te C ou le ur G ra in e Fa ci lit é de C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é Ti ge Fe ui lle Pa ni cu le Pa dd y C ar yo ps e Ta ill e Fo rm e cu is so n Eg re na ge Pi la ge H om m es Ko ira -k ob e Lo un ge , Ef fil ée Lo ng ue , p eu N oi r/B la nc / R ou ge G ro ss e O va le 2 1 2 2 1 gr os se co m pa ct e no ir et ja un e C hi no is C ou rte M oy en ne C ou rte Ja un e sa le B la nc he C ou rte O va le D iff . 2 1 1 1 Pa ra to u Lo ng ue , Pe u la rg e Lo ng ue N oi r et ja un e R ou ge Pe u lo ng ue O va le D iff . 2 2 1 1 gr os se m oi ns co m pa ct e lo ng ue G or ba l R ob us te , La rg e Lo ng ue , N oi r R ou ge G ro ss e Pl at e D iff . 1 4 1 2 lo ng ue lâ ch e Fe m m es Ko ir a- ko bé Lo un ge , g ro ss e Ef fil ée M oy en ne N oi r et b la nc R ou ge M oy en ne O va le 3 1 2 4 4 D je fa tta M oy en ne Pe u la rg e M oy en ne N oi r et b la nc R ou ge M oy en ne - 3 1 2 3 4 C hi no is C ou rte , La rg e Pe tit e R ou ge Ja un e Pe tit C ou rte 1 2 1 1 - pe u gr os se Pa ra to u Lo un ge , g ro ss e Pe u la rg e Lo ng e co m pa ct e N oi r et b la nc R ou ge Pe u lo ng ue O va le - - - - - G or ba l Tr és g ro ss e, Tr és la rg e G ro ss e, lo ng ue N oi r R ou ge G ro ss e - - 4 4 3 5 lo ng ue Ko un tti C ou rte , La rg e M oy en ne B la nc B la nc M oy en ne O va le 2 3 3 1 3 pe u gr os se 48 Cas du Mali R iz K o b e - M in es si n gu e N om d e C ou le ur d e G ra in e Fa ci lit é G oû t Po st r éc ol te va ri ét é pa dd y Ta ill e Fo rm e de c ui ss on Eg re na ge Pi la ge H om m es C ob er i-b er i* - G ro ss e O va le 1 1 2 1 D em bu -b ib i N oi r M ô- ko re y Ja un e Tc hi ec ht ie -b ok o N oi r, ja un e D je fa tta N oi r, ja un e G ne ss ia B la nc he s al e C ob er i-k on o N oi r G ro ss e O va le 1 1 1 1 D em bu -b ib i Ja un e M ô- ko re y N oi r, ja un e Tc hi ec ht ie -b ok o N oi r, ja un e D je fa tta B la nc he s al e G ne ss ia N oi r G or ba l Ja un e sa le G ro ss e - 2 4 1 2 C hi no is B la nc he M oy en ne , l on gu e O va le 2 3 1 1 Pa ra to u N oi r - O va le 2 2 1 1 Pa ra to u ko re y Pa ra to u bi bi Fe m m es D em bu -b ib i N oi r C ou rte Pl at e 1 1 1 4 Ko ir a- ko bé B la nc , n oi r C ou rte - 1 1 1 4 D je fa tt a N oi r - Pl at e 2 1 3 4 C hi no is Ja un e sa le Pe tit e C ou rte 5 3 3 1 Pa ra to u Ja un e sa le Lo ng ue - 3 2 2 3 So ko m a- ta ou re Ja un e - O va le 4 2 3 5 Ko un tt i Ja un e Pe tit e Pl at e 5 3 3 2 * Le s so us -v ar ié té s so nt é cr ite s no rm al em en t e t l es v ar ié té s en c ar ac tè re g ra s. R iz K o b e - S ao b o m o N om d e Pl an te C ou le ur G ra in e Fa ci lit é de C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é Ti ge Fe ui lle Pa ni cu le Pa dd y C ar yo ps e Ta ill e Fo rm e cu is so n Eg re na ge Pi la ge H om m es Te te re C ou rte , p eu Ef fil ée M oy en ne , p eu N oi r R ou ge - O va le 4 4 3 1 1 gr os se co m pa ct e D je fa tta Lo ng ue , Lo ng ue , Lo ng ue , N oi r, bl an c R ou ge G ro ss e Pl at e 1 1 1 3 2 gr os se ef fil ée co m pa ct e B aw a Lo ng ue , Lo ng ue , Lo ng ue , N oi r, bl an c R ou ge G ro ss e Pl at e 1 2 1 3 3 gr os se ef fil ée co m pa ct e C hi no is C ou rte , La rg e, Lo ng ue , Ja un e sa le B la nc - O va le 3 3 2 3 3 pe u gr os se co ur te la rg e Fe m m es Tr e Lo ng ue , Ef fil ée Lo ng ue , N oi r R ou ge G ro ss e - 1 2 2 1 1 m in ce co m pa ct e M ac in a Pl us lo ng ue , Ef fil ée Lo ng ue , Ja un e sa le R ou ge G ro ss e - 3 1 3 1 1 m in ce co m pa ct e B aw a Pl us lo ng ue , Ef fil ée Lo ng ue , Ja un e sa le R ou ge G ro ss e - 2 3 1 2 3 m in ce co m pa ct e Cas du Mali 49 R iz F lo tt an t - K o ït o N om d e Pl an te C ou le ur G ra in e Fa ci lit é de C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é Ti ge Fe ui lle Pa ni cu le Pa dd y C ar yo ps e Ta ill e Fo rm e cu is so n Eg re na ge Pi la ge H om m es M ô- be ri Lo ng ue , g ro ss e Ef fil ée Lo ng ue , l âc he - R ou ge Lo ng ue G ro ss e 1 1 1 1 1 D em bu -b ib i N oi r Ko yb an e N oi r D ia ka -s ik ey ri N oi r et b la nc G ne ss ia B la nc O ur m a N oi r Ko ss a M oy en ne , m in ce Ef fil ée Lo ng ue , d en se - R ou ge Lo ng ue Pl at e 1 1 1 1 1 D em bu -b ib i N oi r D je fa tta B la nc D je m bu -k or ey N oi r et b la nc D jin ga M oy en ne , m in ce Ef fil ée Lo ng ue , m oi ns lâ ch e - R ou ge Lo ng ue Pl at e 1 1 1 1 1 D jin ga -b ib i N oi r D jin ga -k or ey B la nc D jin ga -d je fa tta N oi r et b la nc Sa lm ah al li M oy en ne , m in ce Ef fil ée Lo ng ue , m oi ns lâ ch e B la nc R ou ge Lo ng ue Pl at e 2 1 1 1 1 Fe m m es M ô- be ri Lo ng ue , g ro ss e A pl at ie G ro ss e, N oi r Lo ng ue Pl at e 1 1 1 2 1 lo ng ue , r em pl ie Ko ss a Pe u gr os se Pe u la rg e M oi ns g ro ss e, m in ce N oi r et b la nc M oy en ne Pl at e 2 1 2 1 2 Sa lm ah al li M oy en ne M oy en ne , l ar ge M oy en ne N oi r et b la nc M oy en ne Pl at e 2 1 2 1 2 D jin ga M oy en ne M oy en ne , l ar ge M oy en ne N oi r et b la nc M oy en ne Pl at e 2 1 2 1 2 R iz F lo tt an t - M in es si n gu e N om d e C ou le ur d e Fa ci lit é C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é pa dd y de c ui ss on Eg re na ge Pi la ge H om m es M ô- be ri - 1 1 1 1 1 D je fa tta N oi r et b la nc Tc hi e tc hi e- bo ko N oi r et b la nc D em bu -b ib i N oi r D em bu -k or ey Ja un e G ne ss ia Ja un e M ô- ko no - 1 1 1 1 1 D je fa tta N oi r et b la nc Tc hi e bo ko N oi r et b la nc D em bu -b ib i N oi r D em bu -k or ey Ja un e G ne ss ia Ja un e Fe m m es M ô- be ri 1 1 1 2 1 Ko ss a 2 1 2 3 2 50 Cas du Mali R iz F lo tt an t - S ao b o m o N om d e G ra in e Fa ci lit é C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é Ta ill e Fo rm e de c ui ss on Eg re na ge Pi la ge H om m es D em bu Lo ng ue O va le 1 1 1 3 1 Sa ng -S an g C ou rte O va le 2 1 2 3 1 D jin ga Lo ng ue Pl at e 1 1 2 3 2 B ar ka ne y/ D je fa tt a Lo ng ue Pl at e 1 1 3 2 1 Fe m m es Sa ng -S an g M in ce Lo ng ue 1 1 2 4 1 D em bu M in ce Lo ng ue 1 1 1 4 1 D jin ga M in ce Lo ng ue 2 1 2 4 1 D je fa tt a C ou rte Pl at e 1 1 1 4 1 Se ul s le s ho m m es c on na is se nt le s ca ra ct ér is tiq ue s m or ph ol og iq ue s du p la nt (t ig e, fe ui lle e t p an ic ul e) M il - K o ït o N om d e Pl an te G ra in e Fa ci lit é de C on si st an ce G oû t Po st r éc ol te va ri ét é Ti ge Fe ui lle Pa ni cu le C ou le ur Ta ill e/ Fo rm e cu is so n Eg re na ge Pi la ge H om m es Ko ir a- H ai ni Lo ng ue , La rg e, Lo ng ue e t G ris e R on de 1 1 1 2 2 gr os se lo ng ue m oy en ne O le l K er e Lo ng ue , La rg e, Lo ng ue e t G ris e R on de 1 1 3 2 2 gr os se lo ng ue m oy en ne Fe m m es O la l K er e Lo ng ue Lo ng ue G ro ss e Ja un e Pe tit e/ R on de 1 1 1 2 1 H ai ni B ib i N oi r R on de a ve c un 1 1 1 2 1 pe tit b ou t Cas du Mali 51 ANNEXE V. Glossaire Français – Sonrhay Français Sonhray Accès Haakoubaal yan Alternative Aldibara Analyse Kolssi Approvisionnement Tossi missey Bas-fonds Baana bangu Bénéfices Ariiba, albaha Calendrier saisonnier Giro Goyo Carte de terroir Ganda Kanando Caste Bibidiyo/Boro dunbo Cause Addlil Classification préférentielle Bissa cereyeney Commercialisation Mamaala Conservation Gissirey Contraintes Alwaazibi Contrôle Hawgayyan Coopération Cerekassinay/ Gakassinay Coutume Alaada Crédit Garaaw Critère Tagoumaansso Crue Hari-hourey Cycle Handu hinna Décrue Hari-kogey Divagation Adaba hassaroy Enclavement Nougour citante Espèce Tassu-dumi Ethnie Kabila Evolution Tontoni Facteurs d’influence Génération Conday ize Interdits Législation Mare Bangu Mauvaises herbes Soubou toutou Ménage Hu Méthode de sélection Mode de conservation Opportunités Missey Organisation Margo haceyeno Français Sonhray Participation des femmes Woyeï-goro Pauvre Talka Pépinière Boussougou Période de soudure Alwat : cindo Place Doo/Nataw Pluie Baana Production Durey Profil historique Berey geneye Qualité Sybananta Qualité de semences Dumii alhalo Ravageurs Ajara Récolte Hegay Régime foncier Labo missey Réglementation Rendement Durey Reproduction Hougou Goyei Résistance Ka Mougney Ressources Alman/Natow haya Riche Almankoyni Riz kobé Cobe Rôle Sécheresse Kogorey Sécurité alimentaire Huney tabitanta Sélectionneur Souba kow Semence Dumii Sens du nom Maana Solution Adibaaro Sorgho de décrue Bangou Saba Sous-produits Natto kacia Stockage Gissiyan Stratégie Aldibara Symbole Tagoumaansa Synonyme Masito Tabous Fandaniyana Tradition Alaada Transformation Bereyan Utilisation Naaway Valeur nutritive Albarka Variété Sii 52 Cas du Mali ANNEXE 6 Remarque Pour tous les tableaux, les bâtonnets représentent : • Pour l’utilisation : 1 : Utilisation principale 2 : Utilisation secondaire • Pour le cycle, le nombre de lunes • Pour le rendement, une classification comparative : 1> 2 > 3 > 4 en termes de rendement • Pour les résistances, une échelle croissante : 1 — très résistant, 2 — résistant, 3 — moyennement sensible, 4 — sensible, 5 — très sensible ANNEXE VI. Identification et caractéristiques des variétés. Tableau de synthèse R iz K o b e - K o ït o N om d e So us - va ri ét é Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é sé ch er es se in on da tio n ra va ge ur s C on s. Ve nt e H om m es Ko ir a- ko bé D em bu -b ib i Ko bé d u vi lla ge 1 2 4 2 4 1 1 D je m bu -k or ey D je fa tta C hi no is 1 2 4 1 3 4 4 Pa ra to u Ko un tti 1 2 4 1 1 4 4 G or ba l R ug ue ux 1 2 4 2 2 3 1 Fe m m es Ko ir a- ko bé Ko bé d u vi lla ge 1 2 4 4 3 1 2 C hi no is C ou rte e t r ou ge 2 1 3 2 2 2 2 Pa ra to u So ko m a- ta ou re 1 2 4 1 3 4 2 So ko m a- G na ly G or ba l R ug ue ux 1 2 4 3 3 1 1 Cas du Mali 53 R iz K o b e - M in es si n gu e N om d e So us -v ar ié té s Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e sé ch er es se m au va is es he rb es H om m es C ob er i-b er i G ra nd K ob é 1 2 4 1 2 4 C ob er i-k on o Ko bé p ré co ce 1 2 3 2 3 4 G or ba l R ug ue ux 1 2 4 1 1 4 C hi no is 1 2 3 1 1 4 Pa ra to u Pa ra to u ko re y R ap id e 1 2 3 3 3 4 Pa ra to u bi bi Fe m m es Ko ira -k ob é Ko bé d u vi lla ge 1 2 4 4 5 2 D je fa tta A ve c de s ai le s 2 1 4 4 5 3 C hi no is C ou rte e t r ou ge 2 1 3 2 1 4 Pa ra to u R ap id e 2 1 3 4 3 4 G or ba l D iff ic ile à 2 1 4 4 4 4 (= So ko m at ou re ) dé co rti qu er Ko un tti C ou rte 2 1 3 1 2 4 * Le s ho m m es o nt c ité c es s ou s- va rié té s po ur C ob er i-b er i e t C ob er i-k on o : D em bu -b ib i, M ô- ko re y, T ch ie ch tie -b ok o, D je fa tta , G ne ss ia R iz K o b e - S ao b o m o N om d e Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é ra va ge ur s in on da tio n m au va is es C on s. Ve nt e he rb es H om m es Te te re Pr éc oc e 1 2 3 3 4 4 5 D je fa tta C ob e- be ri Pe u pr éc oc e 1 2 4 2 1 2 5 B aw a C ob er i-b er i O rig in e B aw a 2 1 4 2 1 2 5 C hi no is C ou rte 2 1 3 1 4 4 5 M ac in a So ko m a- ta ou re O rig in e M ac in a 2 1 3 1 4 4 5 Fe m m es Tr e Te te re R ap id e, p ré co ce 1 2 3/ 4 2 2 2 5 M ac in a Ko bé r ou ge 1 2 4 2 2 2 5 B aw a O rig in e B aw a 1 2 4 1 1 1 5 C hi no is C ou rte , b la nc he 1 2 3/ 4 1 1 2 5 54 Cas du Mali R iz F lo tt an t - K o ït o N om d e So us -v ar ié té s Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é sé ch er es se in on da tio n m au va is es C on s. Ve nt e he rb es H om m es M ô- be ri D em bu -b ib i R iz d u fle uv e 1 2 6 2 2 1 4 (= Is sa -M ô) Ko yb an e D ia ka -c ik ay ri G ne ss ia O ur m a Ko ss a D em bu -b ib i Pr éc oc e 2 1 5/ 6 2 2 1 4 D je fa tta , D je m bu -k or ey D jin ga D jin ga -b ib i 2 1 4/ 5 2 2 2 4 D jin ga -k or ey D jin ga -d je fa tta Sa lm ah al li 2 1 4 2 2 2 4 Fe m m es M ô- be ri G ra nd r iz 2 1 6 2 1 1 1 Ko ss a R ap id e, p ré co ce 1 2 4 1 2 2 2 D jin ga A id er 1 2 4 1 3 2 2 Sa lm ah al li 1 2 4 1 4 2 2 R iz F lo tt an t - M in es si n gu e N om d e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e sé ch er es se ra va ge ur s in on da tio n H om m es M ô- be ri* G ra nd r iz 1 2 6 1 1 5 1 M ô- ko no * Pr éc oc e 1 2 5/ 6 2 3 5 3 (= Ko ss a) Fe m m es M ô- be ri G ra nd r iz 1 2 6 2 1 2 1 Ko ss a Pr éc oc e 1 2 5+ 5 jo ur s 1 3 1 2 * Le s ho m m es o nt c ité c es s ou s- va rié té s po ur M ô- be ri et M ô- ko no : D em bu -b ib i, D em bu -k or ey , T ch ie ch tie -b ok o, D je fa tta , G ne ss ia Cas du Mali 55 R iz F lo tt an t - S ao b o m o N om d e Sy no ny m e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t R és is ta nc e/ R és is ta nc e/ va ri ét é C on s. Ve nt e ra va ge ur s in on da tio n H om m es D em bu M ô- be ri G ra nd R iz 1 2 3 2 4 1 Sa ng -S an g Ko ss a Pr éc oc e 1 2 3 3 4 4 D jin ga 2 1 2. 5 5 2 5 B ar ka ne y 2 1 4 1 1 1 D je fa tta 1 2 4 3 1 4 Fe m m es D em bu M ô- be ri 1 2 1 3 3 4 Sa ng -S an g R ap id e, p ré co ce 1 2 4 2 4 1 D jin ga 1 2 3 3 2 4 D je fa tta B ar ka ne y A ve c de s ai le s 1 2 4 1 1 1 M il - K o ït o N om d e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t va ri ét é C on s. Ve nt e H om m es Ko ira -H ai ni M il du v ill ag e 1 2 D : 7/ 8 2 H : 3/ 4 O le l K er e M il ja un e 1 2 D : 7/ 8 2 H : 3/ 4 Fe m m es H ai ni b ib i M il no ir 1 2 D : 7/ 8 2 H : 3/ 4 O le l K er e M il ja un e 2 1 D : 7/ 8 1 H : 3/ 4 M il - M in es si n gu e N om d e Se ns d u no m U til is at io n C yc le R en de m en t va ri ét é C on s. Ve nt e H om m es G aw ri- N ’G ou rd i M il m as cu lin 1 2 D : 7/ 8 2 H : 3/ 4 G aw ri- N ’D ai rr i M il fé m in in 1 2 D : 7/ 8 3 H : 3/ 4 Fe m m es G aw ri- N ’G ou rd i M il m as cu lin 1 2 D : 7/ 8 2 H : 3/ 4 G aw ri- N ’D ai rr i M il fé m in in 1 2 D : 7/ 8 3 H : 3/ 4 C in da ri Ép i d e co ur te ta ill e 1 2 D : 7/ 8 1 H : 3/ 4 56 Cas du Mali Description morphologique, organoleptique et post-récolte Pour tous les tableaux et tous les descripteurs, les bâtonnets représentent : 1 — Très facile, 2 — Facile, 3 — Moyennement facile, 4 — Difficile, 5 — Très difficile Riz Kobe - Koïto Nom de Facilité Consistance Goût Post récolte variété de cuisson Egrenage Pilage Hommes* Koira-kobé 2 1 1 1 2 Chinois 1 2 2 2 1 Paratou 2 2 2 1 2 Gorbal 2 1 1 1 2 Femmes Koira-kobé 3 1 2 4 4 Chinois 1 2 1 1 1 Paratou (=Kountti) 2 3 3 1 2 Gorbal 2 4 4 3 5 * Les hommes du village ont précisé que les femmes connaissent mieux ces aspects qu’eux-mêmes. Ils ont modifié le tableau initial établi par les femmes avant que celles-ci n’aient précisé leur opinion pendant la session de travail. Riz Kobe - Minessingue Nom de Facilité Goût Post récolte variété de cuisson Egrenage Pilage Hommes Coberi-beri 1 1 2 1 Coberi-kono 2 2 1 1 Gorbal 2 4 1 2 Chinois 2 3 1 1 Paratou 2 4 1 1 Femmes Koira-kobé 1 1 1 4 Djefatta 2 1 3 4 Gorbal 3 4 4 4 Chinois 2 3 3 1 Paratou 3 2 2 3 Kountti 3 3 3 2 Riz Kobe - Saobomo Nom de Facilité Consistance Goût Post récolte variété de cuisson Egrenage Pilage Hommes Tetere 4 4 2 2 1 Coberi-beri 1 1 1 3 2 Bawa 1 2 1 3 3 Chinois 3 3 3 3 3 Paratou 2 2 2 1 2 Gorbal 2 1 1 1 2 Femmes Tre 1 2 2 3 2 Bawa 1 2 1 3 2 Chinois 3 1 1 2 4 Macina 3 4 3 1 1 58 Cas du Mali ANNEXE VII. Profil historique — étude de cas de Diré Koïto (30 ans) Dates Evènements importants Changements intervenus Causes des changements Conséquences 1972-93 Règne de Antar Début des grandes Pluviométrie et crues Diminution du Hamadoun sécheresses et début de insuffisantes cheptel. Réduction réduction des superficies des superficies en riz flottant et en mil cultivées en riz Kobé, riz flottant et mil. Réduction des variétés de riz Kobé, de riz flottant et de mil. Réduction des variétés de riz flottant et de mil. 1993-95 Règne de Amadou Poursuite des sécheresses Pluviométrie et crues Diminution du Hamadoun insuffisantes cheptel. Réduction des superficies cultivées en riz Kobé, riz flottant et mil. Réduction des variétés de riz Kobé, de riz flottant et de mil. 1995 -> Règne de Brema Poursuite des sécheresses Pluviométrie et crues Diminution du cheptel. H. Antar insuffisantes Réduction des superficies cultivées en riz Kobé, riz flottant et mil. Réduction des variétés de riz Kobé, de riz flottant et de mil. Minessingue (30 ans) Dates Evènements importants Changements intervenus Causes des changements Conséquences 1973-83 Sécheresse Diminution du cheptel Pluviométrie et crues Disparition du riz et du Diminution de la flore insuffisantes sorgho. Migration des Disparition des pâturages populations. Diminution des superficies Introduction des cultivables variétés Gorbal, Chinois et Paratou (riz Kobé) 1984-87 Sécheresse Disparition de la presque Pluviométrie et crues Exode massif avant totalité du cheptel insuffisantes saisonnier. Diminution des superficies Aide alimentaire cultivées (UNICEF). Diminution des pâturages 1987-90 Sécheresse Disparition de la presque Pluviométrie et crues Installation de totalité du cheptel insuffisantes motopompes (PIV). Diminution des superficies Tentative d’irrigation cultivées d’appoint. Repiquage Diminution des pâturages de riz Kobé dans les mares de riz flottant. 1991-94 Pluviométrie moyenne Récolte moyenne Pluies et crues moyennes Stabilité des semences. Disponibilité des semences. 1995 -> Sécheresse Comme pendant la sécheresse Cas du Mali 59 Saobomo (30 ans) Dates Evènements importants Changements intervenus Causes des changements Conséquences A partir Grande sécheresse Introduction des variétés Diminution remarquable Exploitation des de 1973 Djefatta, Bawa et Tetere et progressive des crues et bas-fonds de mare de la pluviométrie à stagnation d’eau de ruissellements de pluie 1991-94 Attestation de Moussa Introduction de la variété Diminution remarquable Exploitation des Traoré Chinois et progressive des crues et bas-fonds de mare Diminution des récoltes de la pluviométrie à stagnation d’eau de de Mô-béri et de mil ruissellements de pluie. Exode massif de la population. 1994-95 Crue exceptionnelle Exploitation de grande Rentrée d’eau de crue Retour d’exode et bonne pluviométrie superficie en mil et en dans les mares de décrue sorgho de décrue 1995-> Sécheresse continue Perte des semences et des Pluviométrie et crues Exode de plusieurs plants de pépinières de riz insuffisantes familles. Kobé par manque de lieu Pratiques des de repiquage. Mauvaise cultures irriguées. adaptation du Mô-beri et diminution des superficies. 60 Cas du Mali CARE-Diré. 1997. Système de suivi- évaluation : Rapport d’enquête de base. Projet de développement rural de Tombouctou (PDRT). CARE-Diré, Mali. CEDREF-GED. 1996. Analyse sociale et concept genre dans quatre aires socioculturelles et linguistiques du Mali. Bamako, Mali. FAO. 1996. Plan d’action mondial pour l’alimentation : l’état des ressources phytogénétiques mondiales, Rome, Italie. FAO. 1997. From farmer to planner and back: Harvesting Best Practices 8-12 December 1997. A workshop on Gender and participation in Agricultural Planning. Part 2. Key issues from ten case studies. Gender information major findings with relevance for agricultural planning. Nepal, Afghanistan. Rome, Italie. FAO. 1998. Rapport sur l’état des ressources phytogénétiques dans le monde, Rome, Italie. Huvio, T. 1998. Rapport de mission 24.8-15.9.1998. Genre et ressources génétiques locales. 7p. FAO, Rome, Italie. Kanouté, A., T. Huvio, G. Synnevag, Y. Sidibé, M. Touré, M. Coulibaly, D. Sangho, A.S. Cissé et B. Djiré. 1999. Genre et ressources génétiques locales. Restitutions des résultats de l’étude de cas ; villages : Koïto, Minéssingué, Saobomo. Rapport pour la FAO, Bamako, Mali. Sidibé, Y. 1998. Genre et diversité génétique locale de trois espèces dans les Cercles de Diré – Goundam. (Région de Tombouctou). 155 p. CEDREF- GED, Bamako, Mali. Synnevag, G. 1998. Genre et ressources génétiques locales, le sorgho de contre-saison hivernale et le riz Kobé dans la zone de Diré. Report from the mission Aug 25 – Sep 16, 1998. 8p. IPGRI, Rome, Italie. Synnevag, G., T. Huvio, Y. Sidibé et A. Kanouté. 1999. Farmer’s indicators for decline and loss of local varieties from traditional farming systems. A case study from northern Mali. In: J. Serwinski (FAO) and I. Faberová (RICP) (eds). In: Proceedings on the Technical meeting on the methodology of the FAO World Information and Early Warning System on Plant Genetic Resources held at Reseach Institute of Crop production, Prague, Czech Republic 21-23 June 1999. p. 61- 69. FAO, Rome, Italie. Bibliographie L’approche participative dans la recherche sur le mode de gestion des espèces cultivées localement en fonction du genre au Mali : méthodologie et techniques Cas du Mali GENRE ET RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES ISBN 92-9043-554-2-IPGRI 9 7 8 9 2 5 2 0 4 8 7 7 0 TC/M/Y4414F/1/12.02/1000 ISBN 92-5-204877-4