CÔTE D’IVOIRE Kadio Ahossane, Abdulai Jalloh, Gerald C. Nelson et Timothy S. Thomas L a Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest, a une superficie de 322 465 kilomètres carrés, avec un littoral de 540 kilomètres le long du Golfe de Guinée. Elle partage des frontières avec le Libéria dans le sud- ouest, la Guinée dans le nord-ouest, le Mali et le Burkina Faso au nord, et le Ghana à l’est. La partie sud de la Côte d’Ivoire borde l’océan Atlantique. Dans la partie occidentale des zones côtières, il y a seulement deux saisons, humide et sèche. À l’intérieur du pays vers l’est, une courte saison sèche se produit au milieu de la saison des pluies, créant un cycle annuel de quatre saisons. Le pays tout entier bénéficie d’un climat humide, avec au moins sept mois pluvieux et pas moins de 1000 millimètres de précipitations annuelles. La majeure partie de l’intérieur du pays a une pluviométrie annuelle comprise entre 1000 et 1500 millimètres. Les températures sont remarquablement constantes tout au long de l’année, avec des températures moyennes des mois chauds et froids très proches : 27 °C et 24 °C pour Bouaké et Tabou, 28 °C et 25 °C pour Abidjan, et 29 °C et 26 °C pour Ferkessédougou. Dans la capitale, Abidjan, la température moyenne annuelle de l’air est de 26,2 °C ; mars y est le mois le plus chaud, et août est le mois le plus froid. Analyse de la situation actuelle Population En 2009, la population estimée de la Côte d’Ivoire était de 20,6 millions. La population a doublé tous les 20 ans depuis que le pays est devenu indépendant en 1960, passant d’environ 4 millions en 1960 à 8 millions en 1980 et 16 millions en 2000. La Figure 5.1 montre l’évolution de la population totale et la population rurale (axe de gauche), ainsi que la part de la population urbaine (axe de droite). La Côte d’Ivoire est l’un des pays qui ont une très grande population immigrée des pays voisins, ainsi qu’une communauté d’expatriés non africains composée d’environ 10 000 ressortissants français et jusqu’à 60 000 ressortissants libanais. Chapitre 5 115 L’urbanisation s’est accrue en Côte d’Ivoire depuis 1960, quand seulement 20 pour cent de la population vivait dans les zones urbaines. En 2008, près de 50 pour cent de la population ivoirienne vivait dans des zones urbaines. Le taux de croissance de la population urbaine se reflète dans le Tableau 5.1. Entre 2000 et 2008, le taux de croissance de la population urbaine était quatre fois plus élevé que le taux de croissance de la population rurale. La migration FIGURE 5.1 � Tendances de la population en Côte d’Ivoire : population totale, population rurale et pourcentage de population urbaine, de 1960 à 2008 0 10 20 30 40 50 0 5 10 15 20 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Total Rurale Urbain M ill io ns Pourcentage Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). TABLEAU 5.1 � Taux de croissance de la population de la Côte d’Ivoire de 1960 à 2008 (pourcentage) Décennie Taux de croissance total Taux de croissance en milieu rural Taux de croissance en milieu urbain 1960  –  69 4,2 2,7 9,0 1970  –79 4,8 3,5 7,5 1980  –  89 4,1 3,6 4,8 1990  –  99 3,2 2,6 4,1 2000  – 2008 2,2 0,9 3,6 Source : Calculs des auteurs basés sur les indicateurs de développement dans le monde (Banque mondiale, 2009). 116  Chapitre 5 des zones rurales vers les zones urbaines ainsi que les meilleures conditions de santé dans les zones urbaines peuvent être des facteurs importants dans la croissance rapide de la population urbaine. La Figure 5.2 montre la répartition géographique de la population de Côte d’Ivoire. La densité de la population est plus élevée dans la partie sud du pays, qui a des zones plus urbaines ainsi que de grandes plantations de cacao qui attirent les travailleurs migrants, en particulier du Burkina Faso voisin. Revenus La Figure 5.3 montre les tendances du produit intérieur brut (PIB) par habitant et la part du PIB provenant de l’agriculture. La Côte d’Ivoire représente 40 pour cent de la production mondiale de cacao et est un important exportateur d’autres produits agricoles, ainsi que des produits de bois tropicaux et le thon. Toutefois, la dépendance aux exportations de produits expose l’économie aux fluctuations des cours mondiaux. Le PIB par habitant a augmenté dans les années 1960 et 1970, mais a chuté de façon spectaculaire. Inversement, la contribution de l’agriculture au PIB a diminué de façon constante de 1960 à 1980 pendant que les secteurs manufacturiers et des services de l’économie se sont améliorés après FIGURE 5.2 �R épartition de la population en Côte d’Ivoire, 2000 (habitants au kilomètre carré) < 1 1 à 2 2 à 5 5 à 10 10 à 20 20 à 100 100 à 500 500 à 2,000 > 2,000 Source : CIESIN et al. (2004). Côte d’Ivoire  117 l’indépendance, puis a commencé à augmenter dans les années 1980 pendant que les autres secteurs de l’économie ont continué à baisser. Néanmoins, à la fin de la première décennie après l’indépendance, la stratégie du gouvernement pour la croissance économique et le développement s’était avérée réussie. La production des cultures de rente s’est développée et grâce aux revenus tirés des ventes des produits d’exportation, le gouvernement a amélioré les routes, les communications et relevé le niveau d’éducation de la population active. L’accroissement des flux d’aide, les politiques macroéconomiques rigoureuses, et les cours élevés des produits d’exportation au niveau international, parallèlement à la dévaluation, ont donné des taux de croissance annuelle du PIB de 6 à 7 pour cent entre 1994 et 1998. Cependant, depuis ce temps, le déclin économique a entraîné une baisse du niveau de vie. La baisse des prix des produits d’exportation, ainsi que la corruption du gouvernement et la mauvaise gestion budgétaire, avait mis l’économie à genoux à la fin de 1999. À ce moment, un coup d’État et l’installation d’une junte militaire ont causé l’annulation de l’aide étrangère. L’investissement étranger privé a fortement diminué, tandis FIGURE 5.3 �P IB par habitant en Côte d’Ivoire (constant 2000 dollars) et part du PIB provenant de l’agriculture (pourcentage) de 1960 à 2008 20 30 40 50 0 500 1000 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs Pourcentage PIB par habitant Part dans l’agriculture Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). Remarques : PIB = Produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. 118  Chapitre 5 que la dette interne et externe du gouvernement a gonflé. En conséquence, l’économie s’est contractée de – 2,3 pour cent en 2000. Par la suite, la situation économique s’est encore détériorée au moment où la situation politique a entrainé une division du pays entre le Nord et le Sud, contrôlée respectivement par les soldats dissidents et l’armée soutenue par le gouvernement. Toutefois, la stabilité s’est progressivement rétablie à la suite de l’installation d’un gouvernement civil après les élections en 2010. Vulnérabilité aux changements climatiques Le Tableau 5.2 fournit des données sur la performance de la Côte d’Ivoire en matière d’indicateurs de vulnérabilité ou de résilience d’un pays aux chocs économiques au-delà de celle du niveau de revenu : le niveau d’éducation, d’alphabétisation, et la concentration de la main-d’œuvre dans les secteurs les plus pauvres ou moins dynamiques. La Côte d’Ivoire, comme nombre d’autres pays de la région, a un effectif relativement plus élevé à l’école primaire (72,1 pour cent) que dans les écoles secondaires (24,6 pour cent). L’alphabétisation des adultes, bien que faible, est relativement plus élevée que dans de nombreux pays de la région. La majorité de la population travaille dans l’agriculture. La Figure 5.4 présente les données sur la Côte d’Ivoire concernant deux corrélats non économiques de la pauvreté : l’espérance de vie et la mortalité des moins de cinq ans. Le gouvernement ivoirien a reconnu très tôt la nécessité d’investir dans les secteurs, notamment de l’éducation, la santé et l’infrastructure socioéconomique de base, afin d’améliorer le niveau de vie de la population. Après l’indépendance, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 40 à 55 ans à la fin des années 1970, tandis que le taux de mortalité des moins de cinq ans a diminué fortement, passant de 300 pour 1000 dans les années 1960 à moins de 200 pour 1 000 en 1980 et 125 pour 1000 en 2008. TABLEAU 5.2 � Statistiques sur l’éducation et le travail pour la Côte d’Ivoire, années 1990 et 2000 Indicateur Années Pourcentage Scolarisation au primaire (pourcentage brut, moyenne de trois ans) 2007 72,1 Scolarisation au secondaire (pourcentage brut, moyenne de trois ans) 2002 24,6 Taux d’alphabétisation 2000 48,7 Pourcentage d’employés dans l’agriculture 1996 60,0 Malnutrition chez les moins de cinq ans (poids par rapport à l’âge) 2006 16,7 Source : Calculs des auteurs basés sur les indicateurs de développement dans le monde (Banque mondiale, 2009). Côte d’Ivoire  119 FIGURE 5.4  Bien-être des indicateurs en Côte d’Ivoire, 1960  –2008 0 100 200 300 0 20 40 60 1960 1970 1980 1990 2000 2010 N om bre de décès pour 1000 An né es Espérance de vie à la naissance Taux de mortalité chez les moins de cinq ans Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). En ce qui concerne les niveaux de pauvreté basés sur des mesures de consommation, Wood et al. (2010) rapportent que légèrement moins de la moitié des 20 millions d’habitants de Côte d’Ivoire vit en dessous du seuil de pauvreté fondée sur le dollar US de 2005 et la mesure de la parité du pouvoir d’achat. Analyse de l’utilisation des terres et de l’agriculture Aperçu de l’utilisation des terres La Figure 5.5 montre le couvert végétal et l’utilisation des terres en Côte d’Ivoire à partir de 2000. La partie sud du pays est caractérisée par un relief en mosaïque, avec des terres cultivables, des arbres et autres végétations naturelles ainsi que des lopins de couvert forestier (forêts de conifères à feuilles larges). La région du Nord est caractérisée par un couvert arboré (feuillus, à feuillage caduc, ouvert). Cinquante-deux pour cent de la superficie totale des terres de plus de 322 000 kilomètres carrés est considérée comme terre agricole, s’élevant à un peu plus de 3,6 hectares par habitant. 120  Chapitre 5 FIGURE 5.5 � Couvert végétal et utilisation des terres en Côte d’Ivoire, 2000 Couvert arboré, forêts latifoliées, sempervirent Couvert arboré, plantes latifoliées, forêts caducifoliées, couvert forestier fermé Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts caducifoliées, couvert forestier ouvert Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts aciculifoliées, sempervirent Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts aciculifoliées, forêts caducifoliées Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts à feuilles mixtes Couvert arboré, forêts latifoliées, régulièrement inondée, eau douce Couvert arboré, forêts latifoliées, forêt régulièrement inondée, eau saline Mosaïque de couvert arboré/autre végétation naturelle Couvert arboré, brûlé Couvert arbustif, fermé−ouvert, sempervirent Couvert arbustif, fermé−ouvert, forêts caducifoliées Couvert herbécé, fermé-ouvert Couvert herbacé ou arbustif clairsemé Couvert arbustif ou herbacé régulièrement inondé Zones cultivées et aménagées Mosaïque de terre cultivée/couvert forestier/autre végétation naturelle Mosaïque de terre cultivée /couvert arbustif/herbacé Espaces découverts Plan d’eau Neige et glace Surfaces artificielles et surfaces associées Aucune donnée Source : GLC2000 (Bartholome et Belward 2005). Côte d’Ivoire  121 La Figure 5.6 montre les zones protégées, comprenant les parcs et réserves. Ces zones environnementales fragiles peuvent aussi être importantes pour l’industrie du tourisme. La Côte d’Ivoire dispose de neuf parcs et réserves. Le Parc national de Taï couvre une superficie d’environ 536 000 hectares et est situé dans le département sud-ouest de Guiglo (Roth et al 1979 ; UICN/ BRAO 2008). Il représente plus de 50 pour cent des zones forestières totales d’Afrique de l’Ouest ayant le statut de protection élevé et est la plus grande forêt tropicale intacte en Afrique de l’Ouest (Myers 1990). Le Parc national de Taï a été classé comme réserve de biosphère en 1978 et patrimoine mondial en 1983. La Réserve de faune d’Abokouamékro est située à 60 kilomètres de Yamoussoukro et couvre 20 430 hectares. Elle accueille des éléphants, des buffles, des cobes de buffon, des rhinocéros, et des girafes (UICN/BRAO 2008). Le Parc national d’Asagny est situé à 100 km d’Abidjan, à l’embouchure de la rivière Bandama, et couvre 19 400 hectares ; c’est principalement une savane marécageuse avec des palmiers. Des éléphants, des potamochères, des buffles, des singes, et plusieurs espèces d’oiseaux y vivent en harmonie (UICN/BRAO 2008). FIGURE 5.6 A ires protégées en Côte d’Ivoire, 2009 Ia: Réserve naturelle intégrale Ib: Zone de nature sauvage II: Parc national III: Monument national IV: Habitat/zone de gestion des espèces V: Paysage terrestre/marin protégé VI: Aire protégée de ressources naturelles aménagée Area Non applicable Inconnu Sources : Les aires protégées proviennent de la base de données mondiale sur les aires protégées (PNUE et l’UICN 2009). Les plans d’eau sont tirés de la base de données mondiale des lacs et zones humides du Fond Mondial pour la Nature (Lehner et Döll 2004). 122  Chapitre 5 Le Parc national de la Comoé fondée en 1968 comme le “Livre de Bouna”, est situé à Bouna et est le parc le plus ancien et le plus grand en Côte d’Ivoire, avec 1 149 250 hectares (UICN/BRAO 2008). Le parc dispose de 500 km de pistes pour véhicules à moteur et constitue le foyer d’une grande variété de la faune : éléphants, buffles, cobes de buffon, lions, hippopotames, cynocéphales, et plusieurs espèces d’oiseaux (Chape et al., 2003). D’autres importants parcs nationaux sont : Marahoué (101 000 hectares), situé dans la région centre-ouest de Bouaflé, et le Parc national du Mont Sangbé, situé au nord de Man dans la partie ouest du pays (95 000 hectares) (UICN/BRAO 2008). La Figure 5.7 montre le temps Voyage vers les zones urbaines, qui sont des marchés potentiels pour les produits agricoles et les sources d’intrants agricoles et de biens de consommation pour les agriculteurs. Le réseau routier est assez bon en Côte d’Ivoire, et toutes les grandes villes sont assez bien connectées. Les plantations y sont également accessibles. La majorité de la population vit dans ou à proximité de villes de 100 000 habitants ou plus. Ces zones urbaines et leurs environs immédiats sont associés à une variété d’activités de production agricole. Les durées moyennes de déplacement sont inversement proportionnelles à la densité de la population : les zones les plus peuplées ont de meilleurs réseaux routiers et donc connaissent moins de temps voyage vers les villes avoisinantes. Apercu général du secteur agricole Les Tableaux 5.3 à 5.5 montrent les principaux produits agricoles en termes de superficie récoltée, de valeur de la récolte, et d’approvisionnement en aliments pour la consommation humaine (selon leur indice de poids). Le cacao est la principale culture de rente et occupe la plus grande superficie cultivée, tandis que l’igname occupe la plus grande superficie exploitée pour les cultures vivrières. L’igname, le manioc et le plantain sont les principaux aliments de base en Côte d’Ivoire. Les autres cultures vivrières sont le taro (dans le sud) et les variétés de mil et de sorgho (dans le nord). Les quatre figures suivantes montrent les rendements actuels estimés et les zones de culture pour les principales cultures. L’igname et la patate douce sont produites dans toutes les régions du pays (Figure 5.8), avec des rendements allant de 7 à 10 tonnes par hectare et une plus grande production dans la région forestière, qui est aussi la principale région de production de manioc et de banane plantain (Figures 5.9 et 5.10). Les rendements de racines de manioc vont de 4 à 7 tonnes par hectare, et les rendements de plantain et de bananes varient de 2 à 4 tonnes par hectare. Le café est cultivé principalement dans la partie nord du pays (Figure 5.11), avec des rendements de moins de 1 tonne par hectare. Côte d’Ivoire  123 FIGURE 5.7 � Temps de déplacement vers les zones urbaines de diverses tailles en Côte d’Ivoire, circa 2000 Vers les villes de 500 000 habitants ou plus Vers les villes de 100 000 habitants ou plus Vers les villes de 25 000 habitants ou plus Vers les villes de 5 000 habitants ou plus Emplacement urbain < 1 heure 1 à 3 heures 3 à 5 heures 5 à 8 heures 8 à 11 heures 11 à 16 heures 16 à 26 heures > 26 heures Source : Calculs des auteurs. 124  Chapitre 5 TABLEAU 5.3 � Zone de récolte de principaux produits agricoles en Côte d’Ivoire, 2006  –  08 (milliers d’hectares) Rang Culture Pourcentage du total Surface de récolte Total 100,0 6.940 1 Fèves de cacao 31,0 2.151 2 Ignames 10,4 723 3 Noix de cajou 9,5 657 4 Café 8,4 585 5 Banane plantain 5,5 382 6 Riz 5,4 375 7 Manioc 4,9 339 8 Maïs 4,2 292 9 Coton graine 3,6 247 10 Graine de palmier à huile 3,1 212 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarque : Toutes les valeurs sont basées sur une moyenne de trois ans pour la période 2006  –  08. TABLEAU 5.4 �V aleur de la production de produits agricoles phares en Côte d’Ivoire, 2005  –  07 (millions de dollars) Rang Culture Pourcentage du total Valeur de la production Total 100,0 3.871,4 1 Fèves de cacao 24,5 949,2 2 Ignames 22,4 869,0 3 Manioc 8,8 339,6 4 Banane plantain 7,8 303,8 5 Bananes 4,8 186,5 6 Riz 3,7 143,3 7 Café 3,6 139,1 8 Maïs 3,1 121,7 9 Caoutchouc 2,8 110,2 10 Coton 2,3 89,8 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarques : Toutes les valeurs sont basées sur une moyenne de trois ans pour la période 2005  –  07; dollars = dollars des États-Unis. Côte d’Ivoire  125 FIGURE 5.8 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour les ignames et patates douces pluviales en Côte d’Ivoire, 2000 < 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha 4 à 7 TM/ha 7 à 10 TM/ha > 10 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM/ha = tonnes métriques par hectare. TABLEAU 5.5 � Consommation des principaux produits alimentaires en Côte d’Ivoire, 2003  –  05 (en milliers de tonnes métriques) Rang Culture Pourcentage total Consommation alimentaire Total 100,0 11.068 1 Ignames 29,8 3.298 2 Manioc 17,2 1.899 3 Bananes plantains 10,9 1.210 4 Riz 7,7 855 5 Autres légumes 5,7 636 6 Boissons fermentées 4,0 446 7 Bière 3,4 380 8 Maïs 3,4 380 9 Blé 2,6 293 10 Sucre 1,8 203 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarque : Toutes les valeurs sont basées sur la moyenne de trois ans pour la période 2003  –  05. 126  Chapitre 5 FIGURE 5.10 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour la banane plantain et la banane douce pluviales en Côte d’Ivoire, 2000 < 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha 4 à 7 TM/ha 7 à 10 TM/ha > 10 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. FIGURE 5.9 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le manioc pluvial en Côte d’Ivoire, 2000 < 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha 4 à 7 TM/ha 7 à 10 TM/ha > 10 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. Côte d’Ivoire  127 Scénarios économiques et démographiques Population La Figure 5.12 montre les projections démographiques de la Côte d’Ivoire jusqu’en 2050 selon le Bureau des Nations Unies pour la population (UNPOP 2009). Les trois scénarios montrent une population croissante jusqu’en 2050, avec un doublement de la population actuelle en 2043 (sur la base de la variante haute) ou en 2050 (sur la base de la variante moyenne). L’augmentation rapide de la population a des conséquences sur l’agriculture et le niveau de vie. L’accès aux ressources naturelles, surtout les terres agricoles, deviendra de plus en plus difficile, et la qualité nutritionnelle pourrait en souffrir. L’accès croissant à l’emploi, ainsi que le développement des infrastructures pour les routes et les services sociaux tels que les écoles et centres de santé, sont les défis supplémentaires auxquels le pays devra faire face. Revenus La Figure 5.13 présente trois scénarios d’ensembles du PIB par habitant en Côte d’Ivoire, obtenus en combinant trois scénarios de PIB aux trois scénarios FIGURE 5.11 �R endement (tonnes par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le café pluvial en Côte d’Ivoire, 2000 < 0,5 TM/ha 0,5 à 1 TM/ha 1 à 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha > 4 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. 128  Chapitre 5 FIGURE 5.13 �P roduit intérieur brut (PIB) par habitant en Côte d’Ivoire, scénarios du futur, 2010  –  50 0 2,000 4,000 6,000 2010 2020 2030 2040 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs Sources : Calculées à partir des données du PIB tirées du Projet de la Banque mondiale du l’adaptation économique aux changements climatiques (Banque mondiale 2010), des rapports du Millennium Ecosystem Assessment [évaluation des écosystèmes pour le millénaire] (2005) et des données démographiques des Nations Unies (DPNU 2009). Remarque : Dollars = dollars des États-Unis. FIGURE 5.12 P rojections démographiques pour la Côte d’Ivoire de 2010 à 2050 0 10 20 30 40 50 2010 2020 2030 2040 2050 Variante haute Variante moyenne Variante basse M ill io ns Source : DPNU (2009). Côte d’Ivoire  129 de la population sur la Figure 5.12 (sur la base des données des Nations Unies sur la population). Le scénario optimiste combine PIB élevé et faibles scénarios démographiques pour tous les pays, le scénario de référence combine la projection du PIB moyen et le scénario moyen de la population, et le scénario pessimiste combine le scénario de faible PIB et le scénario de forte population. La modélisation agricole dans la section suivante utilise ces scénarios. Le scénario pessimiste montre une augmentation relativement insignifiante du PIB par habitant, alors que le scénario optimiste montre un PIB par habitant qui a plus que doublé en 2030 et augmentant fortement par la suite pour atteindre plus de 6 000 dollars américains en 2050. Scénarios biophysiques Scénarios climatiques La Figure 5.14 montre les variations projetées des précipitations annuelles dans les quatre Modèles à échelle réduite de Circulation Générale (MCG) dans le scénario A1B.1 Le CNRM-CM3 et l’ECHAM 5 montrent généralement une plus haute pluviométrie que le CSIRO Mark 3 et le MIROC 3.2.2 Le CNRM-CM3 une augmentation des précipitations de 50 à 100 millimètres dans le nord et sur la côte ; l’ECHAM 5 montre une augmentation similaire dans le sud-ouest. Le CSIRO Mark 3 montre une diminution des précipitations de –200 à –100 millimètres dans le nord, alors que MIROC 3.2 montre une diminution de jusqu’à –  400 millimètres dans le sud-ouest et de –200 à –100 millimètres dans le sud-est. La Figure 5.15 montre la variation de la température maximale moyenne quotidienne pour le mois le plus chaud de l’année modelée sur la base du scénario A1B. Le modèle CNRM-CM3 montre une augmentation de 2,0°C à 2,5°C dans tout le pays, alors que le MCG ECHAM 5 montre la même que pour la partie nord du pays, mais prévoit que la moitié sud connaîtra une augmentation de seulement 1,5°C à 2,0°C. Le MCG CSIRO a une distribution spatiale similaire à celle de l’ECHAM 5, mais prévoit que les températures seront systématiquement   1 Le scénario A1B est un scénario d’émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie.   2 CNRM-CM3 est Centre National de Recherche Météorologique – Modèle Climatique 3. ECHAM 5 est un modèle climatique de cinquième génération développé à Max Planck Institute for Meteorology de Hambourg. CSIRO est un modèle climatique développé à la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation en Australie. MIROC est le modèle interdisciplinaire de recherche sur le climat, développé Centre de Recherche du Système Climatique de l’Université de Tokyo. 130  Chapitre 5 FIGURE 5.14 �V ariations des précipitations annuelles moyennes en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2050, le scénario A1B (millimètres) CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution < − 400 − 400 à −200 −200 à −100 −100 à −50 −50 à 50 50 à 100 100 à 200 200 à 400 > 400 Source : Calculs des auteurs basés sur Jones, Thornton, et Heinke. Remarque : A1B = scénario d’émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. Côte d’Ivoire  131 FIGURE 5.15 �V ariation de la température journalière maximale moyenne mensuelle en Côte d’Ivoire pour le mois le plus chaud, de 2000 à 2050, le scénario A1B (° C) CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution < −1 −1 à −0,5 −0,5 à 0 0 à 0,5 0,5 à 1 1 à 1,5 1,5 à 2 2 à 2,5 2,5 à 3 3 à 3,5 > 3,5 Source: Calculs des auteurs basés sur Jones, Thornton et Heinke (2009). Remarque : A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. 132  Chapitre 5 un demi-degré plus basses. Le MCG MIROC 3.2 à moyenne résolution est le moins pessimiste, montrant une augmentation maximale de température de seulement 1,0°C à 1,5°C, avec un patch considérable dans le sud qui devrait connaître une augmentation de seulement 0,5°C à 1,0°C. Réponse physiologique des cultures aux changements climatiques L’effet du changement climatique sur les principales cultures est représenté dans les deux prochaines séries de chiffres. Les rendements des cultures avec le climat de 2050 sont comparés aux rendements supposant un climat inchangé (2000). Les MCG CSIRO, ECHAM 5 et MIROC 3.2 montrent une perte de rendement de 5 à 25 pour cent du niveau de référence pour le riz dans les régions centrales et du nord du pays (Figure 5.16). Le MIROC 3.2 montre une perte de rendement supérieur à 25 pour cent dans une portion de la partie centrale du pays. En revanche, le CNRM-CM3 montre un gain de rendement de 5 à 25 pour cent du niveau de référence dans nombreuses régions du pays, avec une petite partie du pays montrant des pertes comprises entre 5 et 25 pour cent. Tous les modèles présentent un scénario relativement plus pessimiste pour le maïs par rapport au riz en Côte d’Ivoire (Figure 5.17). L’ECHAM 5 notamment, prédit que la plupart du quadrant nord-ouest aura une perte de plus de 25 pour cent de rendement, tandis que CNRM prédit autant de nombreux domaines de gains que des pertes. Scénarios de vulnérabilité de l’agriculture (spécifiques aux cultures) Les quatre figures suivantes montrent les résultats de simulation à partir du modèle IMPACT associé à d’importantes cultures agricoles en Côte d’Ivoire. La figure pour chaque culture représentée comporte cinq graphiques : production, le rendement, la région, les exportations nettes, et les cours mondiaux. Tous les scénarios montrent des tendances similaires pour la patate douce et l’igname en production, la surface en production et les exportations nettes (Figure 5.18). La production de patate douce et de l’igname devrait légèrement augmenter, à un maximum de 3,5 à 4,0 millions de tonnes en 2025, puis diminuer à 3,0 millions de tonnes en 2050. La superficie cultivée devrait diminuer de 435 000 hectares en 2010 à 400 000 hectares en 2050 ; le rendement par hectare sera compris entre 8 et 10 tonnes. Les exportations nettes devraient diminuer progressivement malgré l’augmentation des cours mondiaux. De 2035 à 2050, les cours mondiaux projetés de patate douce et d’igname divergent de plus en plus entre les scénarios pessimistes et optimistes. Côte d’Ivoire  133 FIGURE 5.16 �V ariation du rendement due au changement climatique : cas du riz pluvial en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2050, A1B scénario CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution 2000 : ancien espace perdu Perte de rendement > 25% de 2000 Perte de rendement 5 à 25% Changement de rendement de l’ordre de 5% Gain de rendement 5 à 25% Gain de rendement > 25% 2050 : nouvel espace engrangé Source : Calculs des auteurs. Remarque : A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. 134  Chapitre 5 FIGURE 5.17 �V ariation du rendement due au changement climatique : cas du maïs pluvial en Côte d’Ivoire, de 2000 à 2050, A1B scénario CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution 2000 : ancien espace perdu Perte de rendement > 25% de 2000 Perte de rendement 5 à 25% Changement de rendement de l’ordre de 5% Gain de rendement 5 à 25% Gain de rendement > 25% 2050 : nouvel espace engrangé Source : Calculs des auteurs. Remarque : A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. Côte d’Ivoire  135 FIGURE 5.18 � Incidence de l’évolution du PIB et de la population sur l’igname et la patate douce en Côte d’Ivoire, 2010–50 0 1.000 2.000 3.000 4.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es 0 2 4 6 8 10 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es m ét ri qu es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 100 200 300 400 500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste 1.000 0 –1.000 – 2.000 – 3.000 Surface Exportations nettes 0 500 1.000 1.500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs p ar t on ne m ét ri qu e Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. Comme pour les cas de la patate douce et de l’igname, la production, la superficie des terres, la productivité et le cours mondial pour le manioc augmentent dans tous les scénarios (Figure 5.19). La production de manioc et d’autres racines et tubercules en Côte d’Ivoire devrait augmenter de 2,2 millions de tonnes en 2010 à 2,5 à 3,0 millions de tonnes de 2030 à 2050. La superficie consacrée au manioc ne devrait pas changer, tandis que les exportations nettes 136  Chapitre 5 FIGURE 5.19 � Incidence de l’évolution du PIB et de la population sur le manioc en Côte d’Ivoire, 2010  –  50 0 1.000 2.000 3.000 4.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es Pessimiste Référence Optimiste 0 2 4 6 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es m ét ri qu es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 200 400 600 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste –1.500 – 500 –1.000 500 0 M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es Surface Exportations nettes 0 50 100 150 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs p ar t on ne m ét ri qu e Pessimiste Référence Optimiste Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. diminueront progressivement malgré l’augmentation des cours mondiaux. Une plus grande augmentation de la population par rapport à l’augmentation de la production de manioc pourrait expliquer les exportations nettes en déclin. Les tendances de la production totale de riz, de rendement à l’hectare, et de la zone de production sont similaires dans tous les scénarios (Figure 5.20). La production et la productivité totale sont en hausse, tandis que la superficie Côte d’Ivoire  137 FIGURE 5.20 � Incidence de l’évolution du PIB et de la population sur le riz en Côte d’Ivoire, 2010–50 0 500 1.000 1.500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es Pessimiste Référence Optimiste 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es m ét ri qu es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste 0 0,5 1 1,5 2 2,5 Production Rendement 0 200 400 600 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es –1.000 – 2.000 – 3.000 – 4.000 0 Surface Exportations nettes 0 100 200 300 400 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs p ar t on ne m ét ri qu e Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. consacrée à la culture augmentera faiblement. La production devrait augmenter de 700 000 tonnes en 2010 à près de 1,2 millions de tonnes en 2050 dans le scénario pessimiste et à environ 1,1 millions de tonnes dans le scénario optimiste. Bien que les exportations nettes diminuent dans tous les scénarios, la baisse sera plus importante dans le scénario optimiste que dans le scénario pessimiste. Cela pourrait être attribué à la baisse du cours mondial prévu dans le scénario optimiste. 138  Chapitre 5 FIGURE 5.21 � Incidence de l’évolution du PIB et de la population sur le maïs en Côte d’Ivoire, 2010  –  50 0 500 1.000 1.500 2.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es Pessimiste Référence Optimiste 0 0,5 1 1,5 2 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es m ét ri qu es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 200 400 600 800 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 0 100 200 300 400 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es m ét ri qu es Surface Exportations nettes 0 100 200 300 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs p ar t on ne m ét ri qu e Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. Les tendances pour la production, la productivité, la superficie cultivée, et le cours mondial du maïs en Côte d’Ivoire sont similaires à celles pour les racines et tubercules et le riz (Figure 5.21). Mais, pour les exportations, sauf dans le cas du riz, des racines et tubercules, les exportations nettes de maïs devraient augmenter, puis diminuer après 2035. Toutefois, il y a une incertitude croissante dans les tendances pour les exportations nettes et Côte d’Ivoire  139 FIGURE 5.22 � Nombre d’enfants de moins de cinq ans malnutris en Côte d’Ivoire dans de multiples scénarios climatiques et de revenus, 2010  –  50 0 200 400 600 800 1.000 M ill ie rs 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarque : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. les cours mondiaux à tous les scénarios puisque les effets du changement climatique deviennent plus prononcés. Scénarios de vulnérabilité humaine La Figure 5.22 montre l’impact de futurs scénarios de PIB et de population sur les taux de malnutrition des moins de cinq ans en Côte d’Ivoire. Les diagrammes en boîte à moustaches dans la figure indiquent la gamme des effets de scénarios climatiques. Le nombre d’enfants malnutris de moins de cinq ans diminue à la fois au niveau du scénario de référence qu’au niveau du scénario optimiste, mais augmente dans le scénario pessimiste. Le scénario optimiste montre une diminution chez les enfants malnutris de moins de cinq ans, de 740 000 en 2010 à 240 000 en 2050, alors que le scénario pessimiste montre une augmentation à 880 000 en 2050. Avec l’augmentation de la population, même cette augmentation du nombre de malnutris représente une diminution en pourcentage des enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition. La Figure 5.23 montre les kilocalories disponibles par habitant. Le scénario pessimiste montre cet indicateur en baisse, à partir de 2400 en 2010 à 2000 en 140  Chapitre 5 FIGURE 5.23 � Kilocalories par habitant en Côte d’Ivoire dans de multiples scénarios climatiques et de revenu, 2010  –  50 0 1.000 2.000 3.000 4.000 Ki lo ca lo ri es 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarque : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. 2050. Le scénario optimiste montre une augmentation, à 3000 en 2043 et 3600 en 2050. Ces tendances sont en corrélation avec les scénarios pour les enfants malnutris de moins de cinq ans. Conclusions et recommandations de politiques L’augmentation de la production alimentaire est nécessaire pour nourrir la population croissante en Côte d’Ivoire, la majorité étant concentrée dans les zones urbaines. Ce défi nécessitera des interventions de recherche appropriées pour assurer une production agricole durable sans nuire à la base de ressources naturelles, en particulier dans le contexte des défis du changement climatique. Certains modèles montrent une diminution des précipitations, et tous montrent une augmentation de la température, certains montrant des augmentations allant jusqu’à 2,5°C d’ici à 2050. La récolte de maïs devrait s’avérer particulièrement vulnérable à ces conditions climatiques défavorables. Compte tenu de la proportion importante de la population de Côte d’Ivoire tirant sa subsistance de l’agriculture, les politiques gouvernementales relatives à Côte d’Ivoire  141 l’agriculture devraient être réexaminées et révisées si nécessaire pour soutenir un environnement et des activités qui assureront la résilience des agriculteurs en ce qui concerne la base des recours naturels de sorte que la production alimentaire durable puisse être maintenue dans le contexte du changement climatique. Le Gouvernement de Côte d’Ivoire devrait refléter l’importance de l’agriculture dans l’économie dans sa globalité en définissant des politiques pour ralentir la croissance de la population, soutenir la croissance rapide de l’agriculture, et fournir une base solide pour la croissance d’autres secteurs de l’économie. Ces politiques devraient inclure des mesures pour accomplir ce qui suit : • Améliorer le système d’enregistrement des données météorologiques quotidiennes ainsi que le développement des prévisions saisonnières pour aider les agriculteurs à choisir des technologies plus appropriées pour les conditions prévues. • Améliorer l’infrastructure de marché, y compris les installations de stockage appropriées et des routes rurales, pour faciliter le transport et le stockage de produits. Des réseaux de communication fiables permettront d’améliorer grandement la capacité des agriculteurs à accéder à l’information pertinente sur le marché. • Augmenter le financement de la recherche et la vulgarisation agricoles pour soutenir le développement de technologies appropriées et pratiques de gestion visant à optimiser la productivité dans le contexte du changement climatique et d’examiner si des mesures incitatives pourraient être créées pour renforcer la participation dans le développement et la distribution de ces technologies à la fois par le secteur privé et les secteurs non gouvernementaux. Les interventions agricoles possibles sont les suivantes : • Le développement de variétés de grandes cultures, notamment le maïs, qui sont adaptables aux changements climatiques et qui sont compatibles avec les cultures associées. • La détermination des temps et des modèles appropriés de plantation dans l’évolution du climat. • En plus de l’élaboration de politiques soutenant directement l’adaptation agricole, fournir un soutien pour la planification familiale et d’autres interventions visant à ralentir la croissance de la population, ce qui pourrait réduire la demande de produits alimentaires et renforcer la sécurité alimentaire dans le pays. 142  Chapitre 5 Enfin, les politiques d’atténuation des changements climatiques, telles que les politiques encourageant le reboisement, l’augmentation du carbone organique du sol, et la modification des pratiques de gestion du bétail, devraient être considérées, dont certaines pourraient également améliorer les rendements. Avec un environnement politique favorable et l’amélioration de la recherche et de la vulgarisation, les agriculteurs auront plus d’espoir de s’adapter au changement climatique dans les prochaines décennies. Références bibliographiques Banque mondiale. 2009a. Indicateurs du développement mondial. Site intérêt visité en mai 2011. http://data.worldbank.org/data-catalog/world-development-indicators. —. 2010. Économie de l’adaptation aux changements climatiques: Rapport de synthèse. Washington, DC. http://climatechange.worldbank.org/content/ economics-adaptation-climate-change-study-homepage. Bartholome, E., et A. S. Belward. 2005. « Base de données sur la couverture terrestre pour l’année 2000, GLC2000: nouvelle approche de cartographie de la couverture terrestre basée sur les données d’observation de la terre ». Revue Internationale de Télédétection 26 (9): 1959–1977. Chape, S., S. Blyth, L. Fish, P. Fox, et M. Spalding, compilers. 2003. 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