INFOMUSA La Revue Internationale sur Bananiers et Plantains Vol. 10 N° 1 Juin 2001 DANS CE NUMÉRO Propagation en masse in situ de FHIA-20 par emploi de benzylaminopurine Aspects socio-économiques de la culture du plantain en Colombie Production de feuilles de bananier pour l’industrie agro- alimentaire Evolution des photosynthèse, transpiration et chlorophylle pendant le développement de la feuille de bananier Estimation du développement des racines à partir des caractéristiques des parties aériennes chez Musa Luttes culturale, chimique et biologique contre la pourriture vasculaire et le flétrissement du plantain Evaluation d’hybrides de la FHIA comparés à des variétés locales de Musa au Pérou Evaluation de matériel génétique de Musa pour la résistance aux charançons La fusariose du bananier au Kenya : distribution et impact sur les petits producteurs GCV des populations de Fusarium (Foc) au Viêt-nam La cercosporiose noire au Mexique Effet du nombre de repiquages sur la multiplication in vitro de bananiers Nouvelles des Musa La communauté bananière perd deux amis et collègues Nouvelles de l’INIBAP Thèse Livres etc. Annonces Nouvelles de PROMUSA CTA INFOMUSA est publié avec le soutien du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) La mission de l’INIBAP est d’accroître de façon durable la productivité des bananiers et des bananiers plantain cultivés sur de petites exploitations pour la consommation locale et pour les marchés d’exportation. Le programme de l’INIBAP a quatre objectifs principaux : • organiser et coordonner un effort global de recherche sur la banane et la banane plantain vi- sant au développement, à l’évaluation et à la dissémination de matériel génétique de Musa INFOMUSA amélioré ainsi qu’à la conservation et à l’utilisation de la diversité génétique des Musa ; La Revue Internationale sur Bananiers et Plantains Vol. 10 N° 1 • promouvoir et renforcer la collaboration et le partenariat en matière de recherche sur les Juin 2001 DANS CE NUMÉRO Propagation en masse in situ de FHIA-20 par emploi de benzylaminopurine bananiers au niveau national, régional et international ; Aspects socio-économiques de la culture du plantain en Colombie Production de feuilles de bananier pour l’industrie agro- alimentaire Evolution des photosynthèse, transpiration et chlorophylle • renforcer la capacité des Systèmes nationaux de recherche agricole à conduire des re- pendant le développement de la feuille de bananier Estimation du développement des racines à partir des caractéristiques des parties aériennes chez Musa Luttes culturale, chimique et cherches sur la banane et la banane plantain ; biologique contre la pourriture vasculaire et le flétrissement du plantain Evaluation d’hybrides de la FHIA comparés à des variétés locales de Musa au Pérou Evaluation de matériel génétique de Musa pour la • coordonner, faciliter et appuyer la production, la collecte et l’échange d’information et de résistance aux charançons La fusariose du bananier au Kenya : distribution et impact sur les petits producteurs GCV des populations de Fusarium (Foc) au Viêt-nam documentation sur la banane et la banane plantain. La cercosporiose noire au Mexique Effet du nombre de repiquages sur la multiplication in vitro de bananiers Nouvelles des Musa L’INIBAP est un programme de l’Institut international pour les ressources phytogénétiques La communauté bananière perd deux amis et collègues Nouvelles de l’INIBAP Thèse Livres etc. (IPGRI), un centre “Future Harvest”. Annonces Nouvelles de PROMUSA CTA INFOMUSA est publié avec le soutien du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) Vol. 10, N° 1 INFOMUSA Vol. 10, N° 1 Photo de couverture : Vente locale de bananes en Bolivie (L. Pocasangre, INIBAP). SOMMAIRE Editeur : Réseau international pour l’amélioration Propagation en masse in situ de l’hybride de bananier plantain FHIA-20 de la banane et de la banane plantain par emploi de benzylaminopurine ...................................................................3 (INIBAP) Aspects socio-économiques de la culture du bananier plantain en Colombie ....4 Rédacteur en chef : Claudine Picq Production de feuilles de bananier plantain assouplies au feu pour l’industrie Comité de Rédaction : agro-alimentaire ................................................................................................9 Emile Frison, Jean-Vincent Escalant, Evolution de la photosynthèse, de la transpiration et de la chlorophylle Suzanne Sharrock, Charlotte Lusty pendant le développement de la feuille de bananier Imprimé en France (Musa AAB Simmonds) ....................................................................................12 ISSN 1023-0068 Estimation du développement des racines à partir des caractéristiques Rédaction : des parties aériennes chez les bananiers et les bananiers plantain INFOMUSA, INIBAP, (Musa spp.) .......................................................................................................15 Parc Scientifique Agropolis II, Evaluation des luttes culturale, chimique et biologique contre la pourriture 34397 Montpellier Cedex 5, France. vasculaire et le flétrissement du bananier plantain Téléphone : + 33-(0)4 67 61 13 02 ; (Musa AAB Simmonds) ....................................................................................17 Télécopie : + 33-(0)4 67 61 03 34 ; Courrier électronique : inibap@cgiar.org Evaluation d’hybrides de la FHIA comparés à des variétés locales de Musa URL : http://www.inibap.org dans une région de l’est du Pérou indemne de cercosporiose noire............21 L’abonnement est gratuit pour les pays en Evaluation de matériel génétique de Musa pour la résistance développement. Les lecteurs sont invités à aux charançons.................................................................................................26 envoyer lettres et articles. La rédaction se réserve le droit d’abréger ou de reformuler La fusariose du bananier au Kenya : distribution et impact sur les petits les textes publiés pour des raisons de clarté producteurs ......................................................................................................28 et de concision. INFOMUSA ne peut s’enga- Groupes de compatibilité végétative des populations de Fusarium oxysporum ger à répondre à toutes les lettres reçues, f.sp. cubense au Viêt-nam ...............................................................................32 mais s’efforcera de le faire dans un délai La cercosporiose noire (Mycosphaerella fijiensis Morelet) au Mexique.............33 raisonnable. La reproduction de tout extrait du magazine est autorisée, à condition d’en Effet du nombre de repiquages sur la multiplication in vitro de quatre variétés spécifier l’origine. de bananiers.....................................................................................................38 INFOMUSA est également publié en an- Nouvelles des Musa ...............................................................................................40 glais et en espagnol. Changement d’adresse : La communauté bananière perd deux amis et collègues....................................40 Merci d’en informer la rédaction Nouvelles de l’INIBAP ............................................................................................42 d’INFOMUSA à l’adresse indiquée ci-dessus, Thèse.......................................................................................................................47 avec si possible six semaines de préavis, afin d’éviter toute interruption de réception Livres etc.................................................................................................................47 de la revue. Annonces................................................................................................................49 Les opinions émises dans les articles n’en- gagent que leurs auteurs et ne reflètent Nouvelles de PROMUSA..................................................................................I à XVI pas nécessairement le point de vue de l’INIBAP. Agronomie Multiplication rapide Propagation en masse in situ de l’hybride de bananier plantain FHIA-20 par emploi de benzylaminopurine D. Manzur Macias tuée à la ferme « Montelindo » (propriété B1G de l’université de Caldas), localisée à 5°5N et 75°40’W, à 1050 m d’altitude, d’une tem- Les bananiers et les bananiers plan- pérature moyenne de 23°C et aux sols detain sont des herbes géantes pé- classe ‘Typic Distrandept’. Un mois aprèsrennes, provenant de l’hybridation leur plantation, les plants ont été fertilisés intra et interspécifique de deux espèces fo- en accord avec les résultats des analyses restières diploïdes : Musa acuminata (ba- de sol et les besoins nutritionnels du maté- nanier) et M. balbisiana (bananier plan- riel végétal FHIA-20. tain). Ils prolifèrent sous les tropiques et Dix mois après la plantation, chaque sont la source d’hydrates de carbone la plant s’était multiplié à raison de 8 à 10 re- plus importante dans les économies locales jets par emplacement ; rejets d’une hau- (Stover et Simmonds 1987). Le plus alar- teur de 15 à 20 cm et d’un pseudotronc mant pour leur culture a été l’apparition et d’un diamètre de 15 à 20 cm à la hauteur la dissémination de maladies comme la du collet du rhizome. On a appelé ces re- cercosporiose noire (Mycosphaerella fi- jets : bourgeons de première génération jiensis Morelet) et de celles dues au virus (B1G) (figure 1). de la mosaïque à tirets (BSV) et de la mo- Figure 1. Différenciation des bourgeons A l’aide d’un coutelas désinfecté au for- de première génération (B1G) saïque du concombre (CMV). Ces pro- mol à 2% avant chaque opération, on a blèmes ont été résolus grâce aux pro- coupé transversalement le pseudotronc de grammes d’amélioration génétique mis en chaque rejet à 2 cm du collet du rhizome place par des organisations internationales A B2G et on a ensuite extrait le méristème apical qui ont permis d’obtenir des variétés de ba- situé à quelque 4 cm de profondeur, ce naniers plantain résistants à la cercospo- D qui a laissé une cavité de 2 cm de dia- riose noire (Vuylsteke 1998), à haut rende- mètre sur le rhizome (figure 2A). On a en- ment avec un haut potentiel à la C suite incisé transversalement et en croix consommation comme l’hybride FHIA-20 le fragment de pseudotronc restant créé par le Dr Phil Rowe à la Fundación jusqu’au niveau du collet du rhizome Hondureña de Investigación Agrícola (figure 2B). Une fois ces coupures faites (FHIA). sur chaque rejet, on a déposé dans la ca- Les bananiers plantain améliorés sont vité laissée par l’extraction du méristème polyploïdes et parthénocarpiques, c’est apical, 4 ml d’une solution de cytoquinine pourquoi ils se multiplient de façon végéta- Figure 2. Différenciation des bourgeons de benzylaminopurine (BAP) à la concentra- tive à partir de bourgeons provenant de seconde génération (B2G). tion de 40 mg par litre d’eau distillée pieds mères prêts à être récoltés. La coupe A. Méristème apical extrait. B. Incision en croix. (figure 2C). On a recouvert enfin les rhi- du régime lève la dominance apicale exer- C. Cavité du méristème apical. D. Bourgeon de seconde génération. zomes avec un mélange à parties égales cée sur les bourgeons dormants du rhi- de limon sableux et de compost de fiente zome. On tronçonne celui-ci en autant de de poule jusqu’à 5 cm au-dessus de la sur- morceaux qu’il présente de bourgeons dor- La présente étude est destinée à évaluer face du sol. Au bout de 3 mois, sont appa- mants afin de stimuler leur croissance ou une technique de multiplication in situ du rus des bourgeons dits de seconde généra- bien on l’isole en arrachant la base des bananier plantain FHIA-20. tion (B2G) issus de chaque rejet recépé gaines foliaires et en incisant en croix les (figure 2D). bourgeons déjà développés afin de stimuler Matériels et méthodes Quand les propagules (bourgeons) issues le bourgeonnement des dormants (Auboi- Des vitroplants de l’hybride FHIA-20 prove- des B2G se sont différenciées et ont atteint ron 1997). La multiplication en masse in nant de la FHIA ont été multipliés par mi- une hauteur de 20 à 30 cm, on les a inci- vitro ou micropropagation se pratique de cropropagation au laboratoire de culture sées de nouveau selon le protocole décrit façon routinière à partir de la prolifération de tissus du Département de Phytotechno- auparavant, en ajoutant dans les cavités la de méristèmes apicaux sur le milieu de cul- logie jusqu’à obtention de plantules com- même quantité de BAP et en complétant ture Murashige-Skoog enrichi en cytoqui- plètes selon les protocoles établis par di- l’opération de la même façon (figure 3A) nines et en vitamines (Krikorian et vers auteurs (Ma et Shii 1972, Hwang et al. jusqu’à obtention de propagules appelés Cronauer 1984). Un des facteurs limitants 1984), puis acclimatés aux conditions du bourgeons de troisième génération (B3G) les plus fréquents quand on désire agran- champ sous un système de brumisation in- (figure 3B). dir une plantation est l’obtention du maté- termittente et enfin transplantés sur leur Soixante jours après, les B3G ont été trai- riel à planter qui est plutôt rare du fait de emplacement définitif : une parcelle utile tés de la même façon que les générations la nature même de la plante, de la faible de 25 plants encadrée par du bananier précédentes jusqu’à obtention de bourgeons production de rejets et de son lent dévelop- plantain Dominico hartón, à la distance de de quatrième génération (B4G) que l’on a pement (Tézenas du Montcel 1985). 2 x 3 m entre les plants et les sillons, si- laissés se développer (figure 4A) pour les INFOMUSA — Vol 10, N° 1 3 A B3G B4G B A B Figure 3. Différenciation des bourgeons de Figure 4. Différenciation des bourgeons de quatrième génération (B4G). troisième génération (B3G). A. Méristème apical A. Bourgeons en cours de développement. B. Plantule transplantée en sac. extrait. B. Bourgeon de troisième génération. enraciner ensuite dans de la terre stérile et élimine le méristème apical pour y incor- Références sous brumisation intermittente (figure 4B). porer la BAP, ils développent de 4 à 5 pro- Auboiron E. 1997. La multiplication sur souche dé- pagules dans le cas des B1G et des B2G et cortiquée. Fiche technique : propagation rapide Résultats jusqu’à 13 pour les B3G. de matériel de plantation de bananiers et plan- Cette technique de propagation en masse Il faut remarquer que cette technique se tains. CRBP, Douala, Cameroun. 4pp. in situ [de l’extraction du méristème api- pratique quand le pied-mère a développé Krikorian A.A. & S.S. Cronauer. 1984. Aseptic cul- cal a l’incision en croix en passant par des rejets de 30 cm, et ce, sans abîmer le ture techniques for banana and plantain impro- l’addition de BAP] permet d’obtenir une système racinaire de la plante-mère, qui vement. Economic Botany 38 : 322-331. moyenne de quatre bourgeons aux stades produit son régime de façon normale. Elle Hwang S.C., C.L. Chen, J.-C. Lin & H.L. Lin. 1984. des B1G et des B2G mais, quand on la permet d’obtenir également en huit mois Cultivation of banana using plantlets from meris- poursuit jusqu’au stade des B3G, on ar- des propagules quasiment exemptes de tem culture. Hort Science 19 : 231-233. rive à une moyenne de 13 plantules, ce maladies ou de parasites puis l’on peut sé- Ma S.S. & C.I. Shii. 197 2. In vitro formation of ad- qui est tout à fait comparable aux résul- lectionner des plantes saines au champ ventitious buds in banana shoot apex following tats obtenus in vitro. Si l’on totalise les pour les multiplier. decapitation. Journal of the Chinese Society of propagules issues d’un bourgeon, de la Il est facile et pratique de développer au Horticultural Science 18 : 135-142. première jusqu’à la troisième génération, champ cette technique en cas de pénurie Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Banana. 3ème on obtient 156 plantules [(4+4+4)x13]. de matériel ou pour multiplier massive- ed. Longman, RU. 468pp. Si l’on prévoit de sélectionner pour cette ment des variétés prometteuses et à haut Tézenas du Montcel H. 1985. Le bananier plantain. propagation en masse in situ, cinq B1G rendement telles que l’hybride FHIA-20. Maisonneuve & Larose, Paris. 143pp. de chaque plant FHIA-20, on obtiendrait En appliquant cette technique aux Vuylsteke D.R. 1998. Shoot–tip culture for the pro- 780 plantules (156 x 5) par emplacement plants de FHIA-20 sur le point de fleurir, pagation, conservation, and distribution of Musa en huit mois. on a favorisé la suppression du temps de germplasm. IITA, Ibadan, Nigeria. 82pp. latence du bourgeonnement axillaire en in- Discussion hibant la dominance apicale. Potentiellement, un rhizome d’hybride L’auteur est professeur titulaire, spécialiste en FHIA-20 possède de 14 à 16 bourgeons Remerciements culture de tissus au Departamento de Fitotecnía, quand le régime apparaît. Chacun d’eux L’auteur remercie les techniciens Jairo Facultad de Ciencias Agropecuarias, Apartado Aéreo produit de 6 à 8 bourgeons axillaires. Castaño Z. et Manuel Aristizábal L. pour 275, Manizales, Colombie. Courrier électronique : Quand on incise ces bourgeons et qu’on en avoir revu cette publication. ■ cafolios@cumanday.ucaldas.edu.co Ago-économie Enquête en Colombie Aspects socio-économiques de la culture du bananier plantain en Colombie J. L. Rodríguez Martínez brage de la culture caféière et représente Le bananier plantain est cultivé dans et A. Rodríguez Saavedra un composant essentiel du programme différentes zones agro-écologiques, de 0 à alimentaire. En Colombie, plus de la moi- 2000 m d’altitude et entre 17 et 35°C. On y tié de la surface cultivée appartient aux cultive environ 358 000 ha produisant an- La culture du bananier plantain est petits producteurs (Rodríguez Saavedra nuellement 2,5 millions de tonnes de ba-devenue un axe de grande impor- et al. 1999). nanes dont 95% vont au marché interne ettance socio-économique en Colom- Dans le secteur agronomique, la banane le reste à l’exportation. Les principaux bie du point de vue de la sécurité alimen- plantain occupe le cinquième rang après centres producteurs se trouvent dans les taire et de la création d’emplois. De plus, le café, la canne à sucre, la pomme de zones caféières de la région andine où le bananier plantain appartient au sec- terre et les fleurs. Elle participe à la pro- sont cultivés 231 000 ha (64% de la sur- teur traditionnel de l’économie rurale où duction agricole du pays pour 6,8% du face cultivée totale) rapportant 67% de la il est utilisé principalement comme om- total (CCI 2000). production nationale. D’autres régions na- 4 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 turelles importantes pour le bananier On estime que 10% des bananes plantain vers les marchés des Etats-Unis et de plantain sont l’Orénoque, le Pacifique, les importées par les Etats-Unis sont destinés l’Union Européenne, avec une croissance Caraïbes et l’Amazonie. à l’élaboration de produits dérivés dont lente en terme de volumes exportés. En Parmi les surfaces cultivées en bananier la consommation a augmenté de 15% 1995, on a exporté 105 000 tonnes pour plantain, 87% le sont comme culture tradi- entre 1991 et 1995. Ce type de produits 36 millions de dollars US FOB, chiffre tionnelle associée au café, au cacao, au continue à être destiné aux communautés porté à 121 000 tonnes en 1998, pour yuca et aux fruitiers et les 13% restants d’origine latino-américaine ou africaine. 42,1 millions de dollars US FOB, ce qui re- comme monoculture mécanisée (Rodrí- Mais on cherche aussi à cibler les consom- présente un taux de croissance positif de guez Saavedra et al. 1999). mateurs d’origine anglo-saxonne car ils re- 4,9%. Dans le cas des Etats-Unis, la Colom- La zone caféière centrale fournit la ma- présentent la majorité de la population bie est passée de 80 000 tonnes exportées jorité des principaux marchés du pays. Le nord-américaine, ce qui fait de ce marché pour 28 millions de dollars US CIF en 1992 clone Dominico hartón est la variété la potentiel l’un des plus recherchés par les à 109 000 tonnes pour 40,4 millions de dol- plus utilisée dans cette région. Dans exportateurs de bananes plantain. Le mar- lars US CIF en 1999, représentant une d’autres régions productrices comme les ché est couvert à 90% par les entreprises croissance des volumes exportés de 4,6%. Caraïbes, l’Orénoque, le Pacifique et suivantes : Mariquita, Migrand Chips, Goya Equateur. C’est le deuxième pays exporta- l’Amazonie, le clone prédominant est le food et Chifles Chips (CCI 2000). teur après la Colombie. Ses exportations Hartón, plus adapté et productif en zones Dans le marché de l’Union Européenne, vers les Etats-Unis ont considérablement d’altitude inférieures à 1000 m (Rodríguez les Pays Bas, la Belgique et l’Espagne sont diminué ces huit dernières années avec Saavedra et al. 1999). les principaux pays importateurs qui, à une variation moyenne de 7,3%. La plus Selon la Corporación Colombia Interna- leur tour, exportent le produit vers faible participation a eu lieu en 1999 où on cional la consommation de bananes plan- d’autres membres de l’Union. Le marché est passé de 57 000 tonnes pour 10,6 mil- tain en produit frais est estimée, pour européen du plantain vert est limité et re- lions de dollars US CIF en 1992 à 26 000 l’année 1999, à 62 kg/personne/an, une des lativement stable car la demande ne pro- tonnes pour 7,5 millions de dollars US CIF plus élevées au monde. vient que des communautés latino-améri- en 1999, ce qui représente un taux de caine, caribéenne ou africaine. Les croissance négatif de 10,6%. Le pays Etat actuel de la culture principaux pays pourvoyeurs sont la Colom- a fourni 13,1% du total importé par les du bananier plantain Etats- Unis en 1999. En revanche, les ex- Tableau 1. Production mondiale portations vers l’Union Européenne ont Dans le monde de banane plantain en 1999 (FAO 1999). augmenté, passant de 396 tonnes en 1995 Pour des raisons agro-climatiques, la cul- Région Aire Rendement Production à 546 tonnes en 1998, ce qui représente un ture du bananier plantain est concentrée (103 ha) (t/ha) (103 t) taux de croissance positif de 11,3%. en Afrique, en Amérique latine et dans les Amérique Venezuela. C’est le troisième fournisseur de Caraïbes. latine et Caraîbes 830,7 8,30 6 898,0 bananes plantain pour le marché nord- Le tableau 1 montre que, en 1999, l’aire Afrique 3 966,5 5,72 22 706,7 américain : ses exportations ces huit der- mondiale du bananier plantain couvre Asie 89,0 11,39 1 013,3 nières années ont été en moyenne de 8,2% 4,8 millions d’hectares plantés produisant Total 4 886,2 6,27 30 618,0 et sa participation au total importé par les 30,6 millions de tonnes. Les régions les Etats-Unis en 1999 a été de 13%, égalant plus productrices du monde se trouvent l’Equateur. Le pays a augmenté progressive- en Afrique et en Amérique latine avec res- ment ses parts de marché, passant de pectivement 74,2% et 22,5% de la produc- bie et le Costa Rica bien que certains pays 16 000 tonnes en 1992 pour 6,5 millions de tion mondiale contre 3,3% pour le conti- africains participent également de façon dollars US CIF à 26 000 tonnes en 1999 pour nent asiatique. marginale à l’approvisionnement de ce 17,2 millions de dollars US CIF, soit un taux Les quatre plus gros pays producteurs marché (CCI 1998). de croissance positif de 6,8%. En revanche, pour le continent africain sont, dans sa participation a diminué sur le marché de l’ordre : l’Ouganda, le Rwanda, le Ghana Pays importateurs l’Union Européenne où on est passé de et le Nigéria; pour l’Amérique latine et les Les Etats-Unis, l’Europe et le Japon sont 33 tonnes en 1994 à 12 tonnes en 1998, ce Caraïbes : la Colombie et le Pérou et les principaux importateurs de bananes qui représente un taux de croissance néga- enfin, pour le continent asiatique : le Sri plantain achetant 80% des exportations. tif de 22,4%. Cette situation a été mise à Lanka. Les Etats Unis importent uniquement profit par le Costa Rica et la Colombie pour La Colombie représente 39,1% de la pro- d’Amérique latine et des Caraïbes : entre augmenter leurs parts de ce marché. duction d’Amérique latine et des Caraïbes autres de Colombie, d’Equateur, du Vene- et 8,8% de la production mondiale, zuela, du Costa Rica et de République Do- Prix internationaux chiffres relativement stables ces huit der- minicaine. Le Japon se fournit aux Philip- De façon générale, le prix de la banane nières années. Le Pérou suit avec une par- pines, en Chine et en Afrique du Sud alors plantain n’a pas augmenté de façon signifi- ticipation de 4,4% à la production mon- que l’Union Européenne importe la banane cative sur le marché nord-américain au diale et de 19,5% à celle d’Amérique latine plantain de ses anciennes colonies mais cours des huit dernières années. La Répu- et des Caraïbes. aussi d’Amérique latine et des Caraïbes. blique Dominicaine obtient le prix moyen L’Europe produit également ce que l’on a le plus élevé avec 0,58 dollar US/kg, suivie Consommation mondiale coutume d’appeller le « plantain commu- par le Venezuela avec 0.45 dollar US/kg, le La plus grande partie de la production nautaire », qui provient d’Espagne, du Por- Costa Rica et la Colombie avec 0.39 dollar mondiale de bananes plantain est presque tugal, de Grèce ou des territoires et des dé- US/kg et enfin l’Equateur avec 0.19 dollar uniquement destinée à répondre aux be- partements d’outre-mer français comme la US/kg. soins internes des pays producteurs. Seule- Martinique et la Guadeloupe (Rodríguez La figure 1 montre que le Venezuela dé- ment 1% est commercialisé sur les mar- Saavedra et al. 1999). tient le record historique des prix face à la chés internationaux pour satisfaire la Colombie et à l’Equateur. Ceci s’explique demande de consommateurs d’origine la- Pays exportateurs par la taille plus grande de la banane plan- tine et, dans une proportion moindre, d’ori- Colombie. Ce pays est considéré comme le tain vénézuélienne par rapport à celle de gine africaine (CCI 2000). principal exportateur de bananes plantain la banane plantain colombienne ou équato- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 5 0,70 sont sensiblement plus élevés. Or, on réex- 0,66 porte la banane plantain sur les marchés 0,60 0,63 de France et d’Angleterre toute l’année, les meilleurs prix étant obtenus en Angle- 0,50 0,50 terre (CCI 1998, CCI 2000). 0,40 0,40 0,40 La culture de la banane plantain 0,35 0,36 0,400,33 0,37 0,37 au plan national 0,36 0,30 0,32 0,34 0,32 0,32 0,29 0,29 0,29 Distribution des zones productrices 0,25 Le tableau 2 représente la répartition de la 0,20 0,19 0,19 production selon les zones géographiques naturelles en 1999. La région andine appa- 0,10 raît comme la zone productrice la plus im- 0,01 0,01 portante avec 64% de l’aire cultivée produi- 0,00 sant 67% du total national. Suivent, par 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 ordre d’importance, la région Pacifique Années avec 12% de l’aire cultivée produisant 9% du Colombie Equateur Venezuela total ; puis les régions des Caraïbes, de l’Orénoque, d’Amazonie, des îles de San An- Figure 1. Prix d’achat CIF par les USA en dollar US/kg de bananes plantain en provenance de Colombie, Equateur et Venezuela (1992–1999, Calculs de Corpoica Regional Nueve, Oficina drés et de Providencia qui participent à de Planeación, sur des données du CCI 1999). hauteur de 24% pour la production et l’aire cultivée du total national. Les départements possédant les plus 1,80 grandes surfaces cultivées et production au 1,62 1,64 1,60 1,64 niveau national sont l’Antioquia, le Quindío 1,46 et le Tolima avec respectivement 14%, 10% 1,40 1,34 et 9% des surfaces en culture. En ce qui concerne la production, le Quindío et l’An- 1,20 1,31 1,18 tioquia représentent 14% et le Tolima 10%. 1,08 1,00 La production de bananes plantain pro- 1,00 0,97 0,89 0,82 vient pour 81% de systèmes d’association 0,80 0,82 avec le café, 15% de monoculture et 4% de 0,62 0,63 0,650,59 0,65 cultures intercalaires.0,60 0,63 0,60 0,60 0,51 0,55 0,560,40 Types de producteurs En se fondant sur le nombre d’hectares 0,20 cultivés et le genre de l’exploitation, on 0,06 0,00 peut établir quatre catégories de produc- 1994 1995 1996 1997 1998 teurs (petit, moyen, grand et industriel) (tableau 3) dont le système de culture do- Années Dominique minant est l’association puis, à une échelle Colombie moindre, la monoculture (Rodríguez Saa- Costa Rica Ghana Venezuela vedra et al. 1999). Dans tous les cas, la production est com- Figure 2. Prix d’achat CIF en dollar US/kg du plantain frais par l’Union Européenne en 1994–1998 mercialisée localement, nationalement ou (Calculs Corpoica Regional Nueve, Oficina de Planeación, sur des données du CCI 1999). internationalement selon les volumes obte- nus, exception faite de celle du petit pro- ducteur qui la réserve à sa consommation rienne : cela la rend très appréciée des zuela avec 0,75 dollar US/kg (ce dernier personnelle ou à l’alimentation animale. communautés latino-américaines résidant pays accuse un taux d’évolution des prix Les exploitations industrielles et parfois, aux Etats Unis, et plus particulièrement à négatif de 77,5% de l’année 1996 par rap- les grands producteurs, possèdent des as- Miami et à New York, où est concentrée la port à 1998), puis par le Costa Rica avec sistances techniques spécialisées alors que plupart des latino-américains et des cari- 0,63 dollar US/kg et enfin la Colombie avec la majorité des petits et moyens produc- béens consommateurs de plantain vert. 0,58 dollar US/kg en moyenne. Le compor- teurs ne disposent pas de ce genre de ser- Sur les marchés européens, les prix de la tement des prix de ces deux dernières an- vices (Rodríguez Saavedra et al. 1999). banane plantain sont supérieurs au prix nées a été stable sur la période analysée. nord-américain. Cela est dû principale- Il est à noter que le produit colombien a Consommation nationale ment aux coûts élevés du fret et des tarifs atteint des niveaux supérieurs à ceux du En Colombie, le bananier plantain est une douaniers sans oublier qu’il s’agit d’un pro- produit costaricien en France et en Grande culture de grande importance stratégique duit exotique sur ce type de marché. La Fi- Bretagne en 1998. En Grande Bretagne, le au sein du secteur rural. De plus, il occupe gure 2 montre que le prix a varié entre 0,06 prix a varié entre 0,4 et 1,7 dollar US/kg. A une situation privilégiée dans la distribu- et 1,64 dollar US le kg de plantain frais. partir de février 1999, le produit colombien tion alimentaire urbaine. La banane plan- D’autre part, le prix le plus élevé a été ob- a été payé entre 0,1 et 0,5 dollar US/kg de tain se consomme aussi bien verte que très tenu par un pays africain, le Ghana : 1,53 moins que le produit costaricien du fait mûre et est préparée selon des recettes dollar US/kg en moyenne sur quatre ans, d’une offre moindre en provenance de la différentes dans les diverses régions du suivi par l’île de la Dominique (Petites An- région de Uraba. Les prix sur les marchés pays. On la trouve également sous forme de tilles) avec 0,99 dollar US/kg et le Vene- où sont réexportées les bananes plantain farine, de chips ou de snacks mais la trans- 6 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 US$/kg/plantain US$/kg/plantain formation industrielle ne représente qu’un Tableau 2. Surfaces cultivées, production et rendement de la culture du bananier très faible pourcentage de la production. plantain en 1999 dans différentes régions de Colombie. (Carlos Humberto Gutiérrez,Minagricultura, juin 2000). La consommation de plantain frais a chuté ces huit dernières années, passant Région Surface Production Rendement % Production % Surface cultivée (ha) t/an t/ha/an cultivée de 73,3 à 61,9 kg/personne/an, soit un taux Caraïbe de croissance négatif de 2,4% de 1992 à Guajira 2 276 14 339 6,3 0,58 0,63 1999. La consommation per capita de ba- Magdalena 1 780 11 715 6,6 0,47 0,50 nane plantain transformée a, par contre, Cesar 3 381 23 905 7,1 0,97 0,94 augmenté de 6% sur la même période, pas- Atlántico 418 3 201 7,7 0,13 0,12 sant de 0,02 à 0,03 kg/personne/an. Ceci Bolívar 5 417 35 980 6,6 1,46 1,51 s’explique par les changements des com- Sucre 1 027 4 886 4,8 0,20 0,29 portements alimentaires : la tendance est Córdoba 25 101 169 496 6,8 6,87 7,00 aux produits transformés (CCI 2000). Sous-total 39 400 263 522 6,7 10,68 10,99 Quant à la demande agro-industrielle Pacifique du produit, on constate que les perspec- Choco 16 245 98 541 6,1 3,99 4,53 tives sont favorables. La consommation Cauca 5 576 34 937 6,3 1,42 1,56 est en effet passée de 900 tonnes en 1992 Nariño 20 561 88 681 4,3 3,60 5,74 à 2000 tonnes en 1999, ce qui représente Sous-total 42 382 222 159 5,2 9,01 11,82 un taux de croissance de 12,1%. Les indus- Andine et Interandine tries de transformation considèrent que Antioquia 49 594 340 041 6,9 13,78 13,83 ce comportement peut se poursuivre dans Valle del Cauca 11 985 127 283 10,6 5,16 3,34 les cinq ans à venir si l ’ intérêt des Caldas 18 651 106 675 5,7 4,32 5,20 consommateurs pour ce type de produit Risaralda 18 135 72 227 4,0 2,93 5,06 ne faiblit pas (CCI 2000). Quindío 36 080 345 262 9,6 14,00 10,06 La figure 3 montre que, sur la totalité de Tolima 32 972 234 581 7,1 9,51 9,20 l’offre nationale de banane plantain, Bo- Cundinamarca 12 808 127 932 10,0 5,19 3,57 gota est le plus gros consommateur avec Boyacá 3 305 39 413 11,9 1,60 0,92 29% répartis en 70% de Hartón et 30% de Santander 8 530 70 842 8,3 2,87 2,38 clones divers comme Cachaco et Dominico Norte Santander 12 475 89 223 7,2 3,62 3,48 hartón. Suivent les marchés de Medellin et Huila 26 638 95 310 3,6 3,86 7,43 de Cali avec respectivement 17% et 14% ré- Sous-total 231 173 1 648 789 7,1 66,84 64,48 partis en 80% de Dominico hartón et 20% Orenoque de Hartón. Barranquilla vient en dernier Arauca 8 909 60 976 6,8 2,47 2,49 avec 5% de la consommation nationale, en Casanare 2 367 19 439 8,2 0,79 0,66 majorité du plantain Hartón. Près de 20% Vichada 157 1 413 9,0 0,06 0,04 des consommateurs des marchés de Cali, Meta 11 458 117 881 10,3 4,78 3,20 de Barranquilla et de Bogota ainsi que 32% Sous-total 22 891 199 709 8,7 8,10 6,39 de ceux de Medellin préfèrent la banane Amazonie plantain mûre (CCI 2000). Amazonas 243 413 1,7 0,02 0,07 Caquetá 10 094 61 629 6,1 2,50 2,82 Création d’emplois Guainía 547 3 702 6,8 0,15 0,15 La culture mécanisée, traditionnelle ou Guaviare 4 252 21 718 5,1 0,88 1,19 intercalaire d’un hectare de bananiers Putumayo 7 033 41 333 5,9 1,68 1,96 plantain génère respectivement la créa- Vaupés 476 3 630 7,6 0,15 0,13 tion de 1,68, 0,39 et 0,19 emplois directs Sous-total 22 645 132 425 5,8 5,37 6,32 permanents par ha et par an. Conformé- San Andrés y Prov. 14 152 10,9 0,01 0,00 ment à ce qui précède, on estime qu’un TOTAL 358 505 2 466 756 6,9 100,00 100,00 hectare de bananier plantain génère en moyenne 0,75 emplois permanents par an. Ce qui, rapporté à l’aire cultivée natio- nale, donne environ 288 375 créations d’emplois directs permanents par an. Ceci Il faut noter que les trois principaux Tableau 3. Types de producteurs, taille équivaut à 58 000 familles de cinq per- marchés de gros du pays (Bogota, Cali et de l’exploitation et système de culture sonnes se consacrant aux travaux de cul- Medellin) ont un comportement identique (Rodríguez Saavedra et al. 1999). ture du bananier plantain. tant pour l’offre que pour la demande, et Type de Taille de Système de ce, bien que la banane plantain soit un producteur l’exploitation (ha) culture Prix nationaux produit de récolte permanente (Rodríguez Petit 0,1-5,0 Intercalaire* Bien que la banane plantain soit un pro- Saavedra et al. 1999). Associé** duit de production permanente, les Les variations saisonnières des prix cou- Monoculture époques de récolte sont influencées par rants de 1992 à 1999 sur les trois marchés Moyen 5,1-15,0 Associé des facteurs externes comme la production de gros du pays sont reportées sur la fi- Monoculture et le ramassage du café ou bien encore par gure 4. On peut y constater que ces prix su- Grand 15,1- 30,0 Associé des saisons extrêmement froides. Ces mou- bissent une hausse entre janvier et avril, Monoculture vements ou périodes de production sont à avec un prix inférieur à Bogota. Pour le Industriel Supérieure à 30,1 Associé leur tour à l’origine de mouvements de deuxième semestre, on observe une baisse Monoculture hausse et/ou de baisse des prix en fonction des prix à Cali et à Medellin et un maintien *Sans distribution spatiale uniforme, qui peut inclure diverses des volumes de l’offre et de la demande à Bogota de prix très élevés jusqu’en sep- espèces de plantes cultivées**Sa répartition obéit à des systèmes de plantation définis en (Rodríguez Saavedra et al. 1999). tembre. Ensuite la situation est inversée. accord avec la plante associée principale. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 7 donc influence le prix final (Rodríguez Saavedra et al. 1999). Comme la banane plantain est un fruit qui se consomme généralement frais et que Barranquilla 5% Bucaramanga sa commercialisation est immédiate, elleSantafé de Bogotá 4% Cali présente des caractéristiques spécifiques de 30% 14% mise sur le marché communes à toutes les denrées périssables, lesquelles ont un sys- Cartagena tème complexe de production et une distri- 2% bution difficile à rationnaliser. Dans ce pro- cessus interviennent beaucoup de Cúcuta producteurs et peu de grossistes chargés de 2% distribuer massivement la banane plantain au consommateur. Comme ces grossistes sont peu nombreux, les informations sur le produit circulent rapidement entre eux et Autres Medellín cela leur permet de s’entendre entre autres 26% 17% sur les prix et les quantités de produit à mettre sur le marché (Rodríguez Saavedra et al. 1999, CCI 2000). Pour la banane plantain en effet, la majo- rité des producteurs sont de petits produc- Figure 3. Répartition de la consommation de banane plantain en Colombie (CCI 2000). teurs très dispersés qui vendent générale- ment le fruit sur place. Aussi les intermédiaires jouent-ils un rôle essentiel dans la coordination des achats, le transport 1,10 et la mise en vente de la banane plantain, ce qui leur permet d’empocher une grande partie de la valeur ajoutée au produit au cours du 1,05 processus (Rodríguez Saavedra et al. 1999). Les marchés traditionnels constitués par les centrales d’achat, les places de marché, 1,00 les marchés forains, quelques supermarchés et boutiques sont caractérisés par la main mise des intermédiaires. Pour définir les conditions de négociation, et du fait de l’hé- 0,95 térogénéité du produit, il est nécessaire de présenter la totalité des bananes plantain à l’endroit de la transaction (Rodríguez Saave- 0,90 dra et al. 1999). Le marché spécialisé est caractérisé par une structure appropriée où se déroulent les 0,85 processus de sélection, de tri et d’embal- jan. fév. mar. avr. mai juin juil. août sep. oct. nov. déc. lage. Les chaînes de supermarchés, sous ré- serve de leur avoir présenté un échantillon Bogota Cali Medellín du produit, avoir satisfait leurs exigences in- ternes de qualité et garanti leur approvi- Figure 4. Indice des variations saisonnières des prix de la banane plantain sur les trois principaux sionnement, acceptent ou non les arrivages marchés de gros du pays. 1992-1999 (Calculs Corpoica Regional Nueve, Oficina de Planeación, sur des données de Cordicafé et du CCI 1992-1999). des fournisseurs. Généralement ce type de transaction fixe une fourchette de prix afin d’éviter des écarts trop brutaux et impose une classification du produit conforme aux Finalement, les prix diminuent sur les trois Commercialisation qualités habituellement commercialisées marchés de gros entre novembre et (Rodríguez Saavedra et al. 1999) décembre Canaux de commercialisation Le marché national de la banane plantain Il y a une déterioration des revenus réels La commercialisation de la banane plan- répond comme partout aux exigences de en fonction du temps aussi bien chez les tain est très difficile en raison de la disper- l’offre et de la demande mais manque d’un producteurs que chez les revendeurs à sion des zones de production, de l’absence organisme régulateur, ce qui a contribué au cause de divers facteurs parmi lesquels ou du mauvais état des voies de communi- développement de canaux complexes de l’influence du phénomène « el Niño » qui a cation avec les centres urbains de consom- commercialisation. Dans ce contexte, on perturbé le climat de mars 1997 au pre- mation et de l’approvisionnement irrégu- peut identifier cinq canaux principaux mier semestre 1998 et de celui de « la lier du marché par les grossistes et les conduisant au consommateur : Niña » qui a débuté au deuxième semestre intermédiaires qui imposent les prix. De collecteur>grossiste>détaillant 1998 et est prévu jusqu’au premier se- plus, des produits périssables comme la ba- fournisseur>grossiste>supermarché mestre 1999. Ces perturbations ont in- nane plantain subissent des détériorations producteur>supermarché fluencé directement les niveaux de produc- continuelles du fait d’une mauvaise gestion grossiste>agro-industrie tion et entraîné une offre réduite et des post-récolte, ce qui augmente les pertes en et producteur>agro-industrie prix élevés. qualité et en quantité de la production et (Rodríguez Saavedra et al. 1999, CCI 2000). 8 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Indice Pertes après récolte sur l’exploitation plantain est également emballée et congelée Corporación Colombia Internacional (CCI). 1999. Les pertes de fruits après récolte sont esti- entière pour certaines agro-industries qui ex- Boletín CCI : SIM. Perfil de Producto Plátano mées à 10%. Sachant que, pour 1999, la pro- portent la banane plantain sous forme No. 7. enero–marzo. 16pp. duction nationale est de 2,5 millions de d’amuse-gueules, de farines ou congelée vers Corporación Colombia Internacional (CCI). 1998. tonnes de bananes plantain, les pertes totales les marchés internationaux. Inteligencia de Mercados. Precios Internacio- en fruits sont évaluées à 250 000 tonnes, ce Selon Day (1987), il est possible, après la nales de Bananito (Musa acuminata). Boletín qui représente près de 62,5 milliards de pesos récolte, d’utiliser le pseudotronc, les feuilles, No. 4, octubre. (36 millions de dollars US), en utilisant pour les fleurs et les racines pour faire, entre Corporación Colombia Internacional (CCI). 1998. cette estimation un prix moyen de vente sur autres, de la farine, du vinaigre, du papier, des Inteligencia de Mercados. Precios Internacio- place de la production de 250 pesos colom- galettes comestibles, de l’aggloméré, des ali- nales de Plátano Verde. Boletín No. 3, sep- biens/kg (1 dollar US = 1 758,11 pesos colom- ments pour animaux, de la teinture. tiembre. biens en 1999). Ces chiffres illustrent bien la Dans la région de l’axe caféier central, il Corporación Colombia Internacional (CCI). 1998. nécessité de mettre au point un processus qui existe de grandes attentes pour le développe- Sistema de Información de precios y volúmenes permette, en plus d’éviter ces pertes écono- ment agro-industriel futur. transados. “SIPSA”. Precios mayoristas 3(42), oc- miques, de générer de la valeur ajoutée au tubre 10 al 16. produit frais et d’éviter les problèmes de pol- Opportunités du marché de la banane Day B. 1987. Suculenta Fruta Tropical. Revista Se- lution dus aux résidus agricoles de produits plantain au niveau national lecciones : 76-80. mal utilisés. et international FAO. 1999. http ://www.fao.org Les causes des pertes sont principalement La Colombie pourrait amplifier son offre sur Rodríguez Saavedra A. & J.-L. Rodríguez Martínez. le faible niveau technologique au niveau de la le marché nord-américain, en particulier sous 1999. Aspectos Socioeconómicos del Cultivo del culture, une récolte inadéquate, la manipula- la forme d’amuse-gueules et d’aliments pour Plátano en Colombia. Oficina Regional de Pla- tion inefficace du produit depuis le lieu de enfants, dans la mesure où la consommation neación - Corpoica, Regional Nueve. Manizales, production jusqu’à celui de consommation et du plantain frais ou transformée augmente abril. le manque de conformité du produit. L’embal- dans les groupes latino-américains, africains, Rodríguez Martínez J.-L., A. Rodríguez Saavedra & lage et surtout le transport sont les facteurs anglo-saxons et européens (CCI 2000). S. Belalcázar Carvajal. 1998. Importancia Socioe- qui affectent la qualité et la présentation du Selon les prévisions du Ministère de l’Agri- conómica del Cultivo del Plátano en la Zona Cen- fruit car l’intermédiaire ne porte aucun inté- culture pour l’an 2000, la production ne satis- tral Cafetera (Segunda Versión) Oficina Regional rêt à l’amélioration du système d’emballage fera pas la demande du marché interne de Planeación - Corpoica, Regional Nueve. Mani- pour le transport du fruit. La plupart du même si la consommation du produit frais a zales, marzo. temps, les régimes sont transportés en vrac ce diminué. Cela implique que l’on dispose de Ministerio de Agricultura y Desarrollo Rural, Ofi- qui entraîne coups et meurtrissures et par nouvelles surfaces à cultiver ou que l’on cina de Información y Estadística. 2000. Area Co- conséquent une mauvaise présentation et une mette en place un processus de transfert de sechada, Producción y Rendimiento del Cultivo baisse de la qualité (Rodríguez Saavedra et al. technologies pour mécaniser quelques exploi- del Plátano por Regiones Naturales en Colombia. 1999). tations en cultures intensives afin de ré- Información telefónica. Bogotá, D.C. Dans le cas des marchés spécialisés, pondre aux besoins non satisfaits. On évite- le produit est emballé et transporté en rait ainsi l’importation croissante de bananes José Luis Rodríguez Martínez travaille comme caisses qui protègent le fruit pendant les plantain en provenance d’Equateur et du Ve- économiste et Alfredo Rodríguez Saavedra comme opérations de distribution, ce qui permet au nezuela (CCI 2000). ■ Directeur de la Oficina de Planeación, Corporación final une meilleure acceptation du Colombiana de Investigación Agropecuaria (Corpoica) produit par le consommateur (Rodríguez Références Regional 9, Apartado 1287. PBX : (0968) 876197 Saavedra et al. 1999). Corporación Colombia Internacional (CCI). 2000. Fax : (0968) 876204 Manizales, Caldas, Colombia. http ://www.cci.org.co E-mail : corpoica@col2.telecom.com.co Développement agro-industriel La culture de bananiers plantains Hartón et Agro-économie Production et utilisation des feuilles Dominico hartón dans des zones chaudes faci- lite l’épluchage des fruits, ce qui les rend po- tentiellement plus faciles à transformer. Les industries de transformation ont établi des Production de feuilles de bananier distinctions entre les deux clones : la teneur en eau et la dimension sont plus importantes plantain assouplies au feu pour pour le fruit du clone Hartón et la teneur en matière soluble pour celui du clone Dominico l’industrie agro-alimentaire hartón. D’autre part, il faut préciser qu’il n’y a aucun résultat concluant permettant une telle E. Echeverry Navarro duction de feuilles à assouplir au feu pour caractérisation des deux clones et de leurs l’industrie agro-alimentaire. Ce clone a avantages pour l’agro-industrie (CCI 2000). démontré une très bonne adaptabilité, En Colombie, on préfère consommer le fruit a zone plane et chaude du centre sud à 400 m d’altitude, dans des conditions frais et très peu sous forme de farine ou de du département de Tolima est habi- édaphiques et climatiques difficiles, ca- chips. Le développement agro-industriel de la Ltée dans sa quasi totalité par des in- ractérisées par des sols dégradés de faible banane plantain dans la zone caféière cen- digènes descendants de la tribu des «Pi- fertilité, un climat chaud et sec, 1000 à trale est récent. Au début de l’an 2000 s’est jaos» dont beaucoup, réunis en conseils 1300 mm de précipitations mal réparties établi à Murrillo, municipalité d’Armenia, une municipaux indigènes, se consacrent à par an et une température moyenne usine agroalimentaire où sont élaborés des l’agriculture et à l’élevage à petite échelle. annuelle de 25°C. « patacones » (portions de banane écrasées Parmi leurs habitudes agricoles de sub- A l’intérieur de la zone étudiée (600 ha), puis frites dans un bain d’huile) de deux sistance, l’une des principales espèces 4500 à 5000 personnes participent à la pro- tailles différentes et des rondelles qui sont qu’ils cultivent est le bananier plantain du duction de feuilles assouplies au feu et vi- congelées en vue de leur distribution ulté- clone appelé “Cachaco común” (Musa vent des revenus procurés par leur vente rieure dans les supermarchés. La banane ABB, Simmonds) qu’ils destinent à la pro- en ballots de 50 feuilles. Dans ce processus INFOMUSA — Vol 10, N° 1 9 de production n’interviennent que des cycle de croissance d’environ 120 à chán (1994) confirment que le bananier groupes familiaux composés des pères et 130 jours par feuille et ce, quand les condi- plantain émet de 36 à 39 feuilles à peu près de leurs fils, quelque soit leur âge. tions agro-météorologiques (sol, précipita- durant toute sa période végétative, sauf en La feuille de bananier plantain “Cachaco tions, température, vent et humidité rela- cas de conditions climatiques extrêmes dif- común” est la plus utilisée pour envelopper tive essentiellement) sont favorables au ficiles à maîtriser. et contenir les aliments cuisinés parce développement de la plante et qu’il n’y a De l’avis de Belalcázar et. al. (1998), de qu’elle ne provoque aucun changement des pas de maladies, surtout du feuillage. La tous les clones de bananiers plantain tri- propriétés organoleptiques des aliments et défoliation ou élimination de feuilles a été ploïdes à codominance balbisiana (ABB), qu’elle est tout à fait stérilisée après son jusqu’à présent de nature phytosanitaire le “Cachaco común” apparaît comme le passage au feu ou à la flamme pour l’assou- sur les bananiers plantain : elle consiste à meilleur par sa rusticité et sa tolérance à plir. Ce n’est pas le cas avec les feuilles de supprimer toutes les feuilles infectées ou l’égard des conditions de sécheresse et de bananiers plantain appartenant à des celles qui sont sèches à plus de 60%. stress hydrique. clones différents, comme le «Harton», par En général, les dimensions des feuilles exemple, qui donne, entre autres, une cou- de bananiers plantain adultes mesurent 70 Matériel leur verdâtre aux tamales1 et aux fromages à 100 cm de large et de 150 à 400 cm de Cette étude s’est déroulée pendant emballés dans ses feuilles. Le tamale a une long, avec des corrélations foliaires qui os- 15 mois, de novembre 1996 à janvier 1998, odeur particulièrement agréable quand il cillent entre 2 et 4 en fonction du clone dans l’exploitation d’un agriculteur située est enveloppé dans une feuille de bananier cultivé, des conditions climatiques et du au lieu-dit «Agua Fría», localité de plantain “Cachaco común”. sol. L’épaisseur de la feuille varie de 0,35 à Coyaima, Centre Sud du département de On ne connaît pas de travaux antérieurs 1 mm selon la portion de limbe considéré Tolima (Colombie). La propriété est à à celui-ci portant sur des plantations de et le stade de polyploïdie (Champion 1978, 400 m d’altitude. Elle reçoit des précipita- bananiers plantain du clone “Cachaco Belalcázar 1991). tions annuelles de 1000 à 1300 mm, mais de común” exclusivement dédiées à la pro- Dans de bonnes conditions et dans son répartition bimodale irrégulière, et la tem- duction de feuilles pour l’industrie agro- milieu, un bananier plantain émet une pérature moyenne annuelle est de 25°C. alimentaire. Ceci explique qu’on ne feuille tous les 8 à 10 jours. On sait par L’année 1997 a été une année atypique connaisse pas les réactions de la plante ailleurs que, pour obtenir un bon régime du point de vue climatique : de façon géné- face à une défoliation fréquente et sévère. de bananes plantain, il faut que le pied ait rale, les pluies ont été très rares toute On peut s’attendre à ce que la plante ac- au moins 7 à 8 feuilles fonctionnelles au l’année à cause du phénomène météorolo- célère l’émission de feuilles et en aug- moment de la floraison (émission de la gique provenant du Pacifique appelé «el mente le nombre, comme le rapporte Be- fleur mâle) (Arcila et al. 1994, Belalcazar Niño». Cette sécheresse a entraîné la dis- lalcazar (1991), à moins qu’au contraire et al. 1996, Martinez 1984). parition de nombreuses petites plantations elle n’en diminue le nombre, mais c’est Dans d’autres études, on a montré que le de bananiers plantain ainsi que, de temps moins probable. bananier plantain a besoin de 8 feuilles à autre, une flambée des prix des ballots Quand un petit cultivateur de bananier fonctionnelles pour que la taille et le poids de feuilles qui passaient de 1500 à 3500 plantain “Cachaco común” décide de pro- du régime ne soient pas diminués (Marti- pesos colombiens l’unité, prix considéré duire des feuilles, on sait à l’avance qu’il nez 1984). Quand il y a seulement 4 à 6 comme très élevé par les intermédiaires et préfère vendre des feuilles toutes les se- feuilles fonctionnelles pendant la durée du les grossistes mais jugé très convenable maines ou tous les quinze jours plutôt cycle végétatif, le poids du régime est ré- par les agriculteurs. qu’un régime par an. D’autant que les ré- duit de 50 et 40% respectivement. La propriété où l’étude a été menée a un gimes produits dans ces conditions, quand D’autre part, Belalcázar (1991) a égale- sol franc et limoneux. De pH 6,9, ce sol pré- ils existent, sont très petits, faute de ment souligné que, quand on coupe non sente un faible pourcentage de matières feuilles et donc de photosynthèse pour seulement les feuilles sèches mais aussi les organiques (1,3%), une quantité moyenne bien en remplir les doigts. vertes avant la floraison, on obtient de soufre (6,0 ppm), des quantités élevées Actuellement, le ballot de 50 feuilles de quelques avantages par cette défoliation, de phosphore (42,9 ppm), de cuivre (1,13 bananier plantain assouplies au feu se parmi lesquels: ppm), de fer (18,4 ppm) et de manganèse vend de 2000 à 2500 pesos colombiens, • Le renforcement des processus physiolo- (37,02 ppm), de faibles quantités de zinc soient de 1 à 1,25 dollars US, équivalent giques de la plante entraînant une aug- (0,72 ppm) et de bore (0,19 ppm), de fortes plus ou moins au prix d’un régime de ba- mentation de la production. teneurs en calcium (18,43 meq/100 g de nanes plantain. En un an, la production de • Une meilleure pénétration de la lumière sol) et en magnésium (4,03 meq./100 g de feuilles par bananier est de 150 à 175, re- jusqu’au pied de la plante, stimulant le sol), une faible teneur en potassium présentant une valeur de 6000 à 7500 pesos bourgeonnement et le développement (0,15 meq/100 g de sol) et une teneur en alors qu’il n’y a qu’un régime commerciali- des rejets. sodium normale (0,10 meq/100 g de sol). sable de plantain “Cachaco” qui lui, vaut à • Une aération facilitée, diminuant l’humi- On a planté des bananier plantain du peine 2500 pesos. dité relative dangereusement propice au clone “Cachaco común”. Celui-ci ayant le Sur la même plantation, les années développement de maladies. meilleur comportement sur la zone grâce à suivantes, la production de feuilles se pour- • Une décomposition plus rapide de la ma- sa rusticité et sa tolérance à la sécheresse, suit de façon stable et continue, et peut tière organique. est aussi le plus utilisé pour produire des même augmenter, alors que la production • La diminution des pertes en eau par feuilles assouplies au feu destinées à l’in- de régimes diminue tant en qualité transpiration en période de sécheresse. dustrie agro-alimentaire des tamales, fro- qu’en quantité après le premier cycle de Des recherches menées entre autres par mages, envueltos2 de plantain, de maïs, de production. Belalcázar (1991), Martinez (1984) et Mer- riz, etc. On n’a employé aucun fertilisant ni pesticide d’aucune sorte. Revue bibliographique Selon les études faites par Martinez 1 Le tamale est un plat typique colombien composé de Méthodologie (1984), Arévalo (1986) et Belalcázar poulet, de légumes et de farine de maïs, le tout cuit à On a planté 96 rejets dans des trous de (1991), le bananier plantain peut conser- l’étouffée dans une feuille de bananier. 30 cm x 30 cm x 30 cm et à 2 m x 2 m de 2 L’envuelto est une galette à base de maïs, de pomme de ver jusqu’à 16 feuilles fonctionnelles, éri- terre ou de banane plantain enveloppée dans une feuille de distance, conformément aux habitudes de gées, vertes et saines. Ceci correspond à un bananier. la région. 10 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Une analyse de sol a été réalisée mais Tableau 1. Protocoles d’expérimentation de production de feuilles de bananiers aucune fertilisation n’a été pratiquée en- plantain “Cachaco común”, en vue de leur utilisation comme emballage dansl’industrie agro-alimentaire. Espinal 1999. suite. Dans une précédente expérimenta- tion, l’application de fertilisants inorga- Protocole Description niques comme l’azote (urée à 46% de N) et 1 Laisser 3 feuilles sur toutes les plantes, après chaque récolte de feuilles le potassium (chlorure de potassium à 60% 2 Laisser 4 feuilles sur toutes les plantes, après chaque récolte de feuilles de K2O) avait entraîné le noircissement 3 Laisser 5 feuilles sur toutes les plantes, après chaque récolte de feuilles total des feuilles à leur passage au feu et 4 Laisser 6 feuilles sur toutes les plantes, après chaque récolte de feuilles on n’avait pas pu les utiliser dans l’indus- trie agro-alimentaire à cause de cela. Tableau 2. Effet de la défoliation sur la croissance des clones du bananier plantain Le contrôle des mauvaises herbes s’est ef- “Cachaco común”. Espinal 1999. fectué à la main et à trois reprises pendant Protocole Hauteur de la plante Périmètre du pseudotronc la durée de l’expérimentation (15 mois). Il (moyenne, en cm) (moyenne en cm, à 1m du sol) n’y a pas eu d’élimination des rejets. Sur 1 257,71 a* 34,92 a chaque emplacement, autour de chaque 2 264,17 a 40,00 a pied-mère, on a laissé pousser tous les bour- 3 258,13 a 38,29 a geons axillaires comme il est de coutume 4 258,83 a 39,88 a dans la région : plus il y a de plantes par * Les valeurs aux lettres identiques ne diffèrent pas significativement entre elles. site, plus il y a de feuilles à récolter. Tableau 3. Total des feuilles récoltées et poids moyen d’une feuille sur les huit On a travaillé en randomisation totale récoltes. Espinal 1999. avec quatre protocoles et trois répétitions pour chacun. Les protocoles consistaient à Protocole Total des feuilles récoltées Poids moyen d’une feuille (g) laisser 3, 4, 5 ou 6 feuilles sur toutes les 1 792 a* 277,08 plantes d’un site après chaque récolte ou 2 579 b 277,00 b coupe de feuilles comme indiqué sur le 3 520 b 271,39 b tableau 1. 4 338 c 298,24 * Les valeurs aux lettres identiques ne diffèrent pas significativement entre elles. Chaque protocole a été appliqué à une rangée de huit plantes ou de huit emplace- ments, comprenant chacun un pied-mère est le protocole No.1, suivi par les No. 2 et de la fréquence des pluies ainsi que des et ses rejets. 3, qui produisent respectivement 72,6% et conditions du marché. Les trois premières coupes ont été faites à 65,2% du No. 1. Le No. 4 a produit le plus Dans les conditions climatiques de la lo- intervalles de trois semaines. Ensuite, en petit nombre de feuilles, soient seulement calité de Coyaima, la plante émet une l’absence de pluies, les autres coupes se 42,4% du No. 1. feuille tous les 7 à 8 jours en saison des sont succédées toutes les quatre semaines, pluies et tous les 10 à 11 jours en saison jusqu’à atteindre un total de huit récoltes de Poids, longueur et largeur des feuilles sèche. La coupe des feuilles intervient feuilles, chiffre considéré comme peu élevé Le poids d’une feuille n’est pas un para- quand une feuille, deux feuilles ou plus pour une période de 14 mois. En condition mètre décisif ou essentiel pour la produc- sont prêtes à passer au feu ou bien, plus de pluviométrie normale, il se forme une tion de feuilles destinées à l’industrie agro- spécifiquement, quand le marché l’exige. feuille tous les huit jours et en période de alimentaire car ce n’est pas lui qui Mais, d’une façon générale, la coutume est sécheresse, une tous les 10 ou 12 jours. détermine le prix à payer pour la feuille. de récolter toutes les deux semaines en Les critères les plus importants sont la lon- saison des pluies et toutes les trois se- Résultats et discussion gueur, la largeur et surtout l’état sanitaire maines en saison sèche. des feuilles. Paramètres de croissance La longueur et la largeur des feuilles ne Paramètres économiques Le tableau 2 présente les résultats des me- sont pas des caractéristiques très précises. Après la récolte, la feuille est passée à la sures de croissance réalisées durant les huit Une feuille de bananier plantain “Cachaco flamme pour l’assouplir directement sur récoltes de feuilles de l’expérimentation. común” est considérée apte à envelopper place. Ensuite elle est pliée, empaquetée Les valeurs moyennes des paramètres de ou à contenir des tamales, des fromages, et ficelée en ballots de 50 feuilles chacun. croissance (hauteur et diamètre) pour le des envueltos ou d’autres produits alimen- Ces paquets sont vendus directement aux bananier plantain “Cachaco”, dans la loca- taires du moment que son limbe ou que sa intermédiaires transporteurs qui, pendant lité de Coyaima, Tolima (Tableau 2), ne lame foliaire mesure plus d’un mètre de la période considérée, les ont payés de montrent pas de différences statistique- long et 30 cm de large en sa partie cen- 2000 à 2500 pesos colombiens (1 à 1,25 dol- ment significatives, ce qui suggère que la trale. Ces deux paramètres ont été mesu- lars US), selon l’époque de l’année et en défoliation systématique, et à différents ni- rés pendant l’expérimentation, à chaque fonction de l’offre et de la demande. veaux, n’a pas eu d’influence sur le déve- coupe ou récolte de feuilles, uniquement à Ces achats se font au comptant sur des loppement végétatif des plantes. titre de référence. On peut souligner que la points de vente mobiles, situés dans diffé- feuille de plus grande longueur a été ren- rents endroits de la zone productrice et à Paramètres de production de feuilles contrée dans le protocole No. 2 : 206 cm de différents jours selon l’époque de l’année, Sur le Tableau 3 sont exposés les deux long sans pétiole et 69 cm de large dans sa et plus particulièrement lors des festivités paramètres mesurés immédiatement après partie centrale, suivie par une feuille de populaires de milieu et de fin d’année. la récolte des feuilles, et servant d’indica- 196 cm de long et 67 cm de large, issue du Les meilleurs prix d’achat des feuilles teurs de la biomasse produite dans le protocole No. 4. sont ainsi atteints au mois de juin pour les cadre de chaque protocole. fêtes de la Saint Jean et de la Saint Pierre En considérant le nombre total de Epoque des coupes et aux mois de décembre et de janvier pour feuilles commercialisables récoltées pen- S’il n’intervient pas de maladies ou de les fêtes de Noël, de fin d’année et de l’Epi- dant les huit coupes faites au cours de l’ex- dommages graves dûs au vent, le moment phanie. Les prix de vente des feuilles bais- périmentation, les valeurs obtenues indi- de couper les feuilles de bananier plantain sent un peu pendant la saison des pluies quent clairement que la meilleure formule “Cachaco común” dépend principalement puisqu’il y a alors une forte production et INFOMUSA — Vol 10, N° 1 11 donc une offre importante. Ils diminuent coïncide avec les festivités du moment, ducción del cultivo de plátano (C.S. Belalcázar, également pendant les mois où la demande lorsque la demande en aliments cuisi- O. Jaramillo, J.A. Valencia, M.I. Arcila, H. Mejía est moindre. nés, et en particulier celle des tamales & H. García, eds). ICA-CORPOICA, Colombia. tolimenses, est au plus haut. Belalcázar S., G. Cayón, G.O. Jaramillo & L.C. Cor- Conclusions • Le moment de couper les feuilles dé- tez. 1996. Tecnología del Eje Cafetero para la • Dans le processus de production de pend principalement de la période (sai- siembra y explotación rentable del cultivo de plá- feuilles de bananier plantain du clone son des pluies ou saison sèche). Ainsi, tano. Comité departamental de Cafeteros del “Cachaco común”, assouplies au feu et par temps de pluie, on peut faire une ré- Quindío. Tercer informe técnico 1994-1996. Re- utilisées ensuite pour contenir ou enve- colte de feuilles tous les quinze jours ou gional 9 CORPOICA, CRECED, Armenia, Quindío. lopper des aliments cuisinés, le plus même toutes les semaines alors qu’en 130pp. grand nombre de feuilles commerciali- période sèche, la coupe peut attendre Belalcázar S. M.I. Arcila & J.A. Valencia. 1998. Re- sables a été obtenu quand on a laissé un trois semaines et dans les cas les plus cursos généticos y métodos de caracterización. minimum de trois feuilles par plante extrêmes, jusqu’à quatre semaines. Conservación y evaluación de la colección Co- après la coupe des feuilles à vendre et lombiana de Musáceas. Pp. 1-21 in Seminario in- ce, sans avoir procédé à l’élimination des Remerciements ternacional sobre producción de plátano. Memo- rejets ni appliqué d’engrais ou de pesti- L’auteur remercie M. Antonio María Cai- rias. (M.J. Giraldo, S.L. Belalcázar, D.G. Cayón & cide. cedo, ingénieur au Centre de Recherches R.G. Botero, eds). Armenia, Quindío, Colombia. • La plus importante production de Nataima pour sa collaboration à l’analyse Belalcázar S., G. Cayon & M.I. Arcila. 1998. Manejo feuilles correspond au protocole No. 1, statistique des données. ■ Agronómico. Manejo de plantaciones. Pp. 123- dans lequel on a laissé trois feuilles par 136 in Mejoramiento de la producción del cultivo plante après chaque coupe. La plus Références de plátano (C.S. Belalcázar, O. Jaramillo, faible production est obtenue dans le Arcila M.I., S. Belalcázar, J.A. Valencia & G. Cayón. J.A. Valencia, M.I. Arcila, H. Mejía & H. García, cadre du protocole No. 4, où on a laissé 1994. Influencia del número de hojas en postflo- eds). ICA-CORPOICA, Colombia. six feuilles par plante. ración sobre el llenado de los frutos del clon de Champion J. 1978. El plátano. Traducción de Pa- • La plus grande quantité de feuilles obte- plátano Dominico Hartón, Musa AAB Simmonds. lenque. Impreso por Romagraf S.A. Barcelona. nue en une seule coupe a été de 150 Pp. 90-93 in Mejoramiento de la producción del 247pp. feuilles, au cours du protocole No. 1. cultivo de plátano (C.S. Belalcázar, O. Jaramillo, Martínez G.A. 1984. Determinación del área foliar • La commercialisation des feuilles se fait J.A. Valencia, M.I. Arcila, H. Mejía & H. García, para el plátano en el trópico húmedo. Revista dans des points de vente ambulants dans eds). ICA-CORPOICA, Colombia. ICA 19(2):183-186. les localités productrices et à des jours Arévalo E. 1986. Como manejar su platanera para Merchán, V.M. 1994. Comportamiento del clon de fixés au préalable avec les grossistes mis reducir el ataque de Sigatoka negra. Cartilla di- plátano Dominico Hartón, Musa AAB Simmonds, en concurrence. vulgativa No. 00-4.4-33-086. ICA Regional No 5. en diferentes épocas de su ciclo vegetativo. Pp. • La feuille est présentée à la vente en Pasto. 14pp. 168-179 in Mejoramiento de la producción del ballots de 50 feuilles pliées qui sont Belalcázar S. 1991. El cultivo de plátano en el tró- cultivo de plátano (C.S. Belalcázar, O. Jaramillo, vendus directement et au comptant aux pico. Manual de asistencia técnica No. 50. Insti- J.A. Valencia, M.I. Arcila, H. Mejía & H. García, intermédiaires transporteurs à des prix tuto Colombiano Agropecuario. ICA, Cali, Colom- eds). ICA-CORPOICA, Colombia. variant entre 1500 et 2500 pesos colom- bia. 376pp. biens le ballot. Belalcázar S., J.A. Valencia, M.I. Arcila & G. Cayón. • Les meilleurs prix se paient au produc- 1994. Efecto de la defoliación selectiva durante teur pendant les mois de juin, de dé- la floración sobre el llenado de los frutos del clon cembre et pendant la première quin- de plátano Dominico Hartón, Musa AAB Sim- L’auteur est chercheur à CORPOICA, C.I. Nataima, zaine de janvier de chaque année. Cela monds. Pp. 104-111 in Mejoramiento de la pro- apartado postal 064, Espinal, Tolima, Colombie. Physiologie Etudes sur les feuilles Evolution de la photosynthèse, de la transpiration et de la chlorophylle pendant le développement de la feuille de bananier (Musa AAB Simmonds) G. Cayón S. tion horizontale de la feuille (Yoshida sance et à l’adaptation des plantes à leur 1972). L’angle d’insertion est très impor- environnement. Kumar et al. (1972) ont tant pour la productivité de la culture mis en évidence un gradient de chloro- La croissance et le développement puisque de lui dépendent l’exposition des phylle chez la canne à sucre allant ded’une plante cultivée dépendent es- feuilles aux rayons du soleil et donc une ré- l’apex à la base des feuilles individualiséessentiellement de l’augmentation pro- partition plus uniforme de la lumière à tra- ainsi qu’entre feuilles d’âges différents. La gressive de sa surface foliaire, laquelle lui vers le couvert végétal : ceci autorise une photosynthèse présente de grandes varia- permet d’utiliser plus efficacement l’éner- activité photosynthétique plus efficace aux tions selon l’âge de la plante. Au fur et à gie solaire au cours de la photosynthèse. niveaux intermédiaires et inférieurs de la mesure que la feuille se développe et que Le captage du rayonnement solaire par la plante (Cayón 1992). La chlorophylle, pré- les chloroplastes s’organisent, l’activité surface foliaire est influencé par la taille, sente dans toutes les plantes vertes, est un photosynthétique augmente rapidement la forme, l’âge, l’angle d’insertion sur le des pigments les plus étroitement liés à jusqu’à un taux maximum, atteint à l’ex- tronc, la séparation verticale et la disposi- l’efficacité photosynthétique, à la crois- pansion complète de la lame foliaire, puis 12 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 elle perd progressivement ses capacités pendant le vieillissement foliaire. Contrai- 14 rement à ce que l’on a cru pendant long- temps, à savoir que les taux de photosyn- 12 y = -0.0006 x2+ 0.0242 x + 8.4694 R2thèse des cultures pérennes étaient moins = 0.8010 élevés que ceux des plantes herbacées, des recherches récentes ont démontré que 8 beaucoup d’arbres, d’arbustes, y compris 6 certains conifères, présentent des taux maxima de photosynthèse très proches de 4 ceux des plantes en C3 (Catsky et al. 1987). Pour la plupart des feuilles, le plus 2 fort taux de photosynthèse est atteint 0 quand le limbe est complètement déroulé 20 40 60 80 100 120 140 160 et, à partir de ce chiffre, diminue forte- -2 ment avec l’âge. Cette réduction de la ca- Age de la feuille (jours) pacité photosynthétique est typique des feuilles de plantes pérennes et à cycle 4000 court (Silveira 1987). 3500 2 Le but de ce travail a été de déterminer y = -0.3246 x + 23.966 x + 3215.1 R2 = 0.86 le comportement et l ’ intensité des 3000 échanges gazeux ainsi que ceux des pro- 2500 cessus de synthèse et de dégradation de la chlorophylle au cours du développement 2000 de la feuille du bananier plantain. 1500 Matériel et méthodes 1000 L’expérimentation a été menée au Centre 500 de Recherches Palmira, situé dans la muni- cipalité de Palmira, département du Valle 0 del Cauca, à 3º31’ de latitude nord et 0 20 40 60 80 100 120 140 160 76º19’ de longitude ouest, à 1001 m d’alti- Age de la feuille (jours) tude, température annuelle moyenne de 24ºC, humidité relative moyenne de 75% et 12 1000 mm de précipitations annuelles moyennes, conditions climatiques corres- 10 y = -0.0007 x2 + 0.065 x + 6.6622 pondant à la forêt tropicale sèche (fs-T). R2 = 0,68 Le sol du champ expérimental est de tex- 8 ture limoneuse-argileuse, de pH 6,8 et com- portant 2,9 % de matières organiques. On a 6 utilisé le clone Dominico hartón, planté à 3,0 m de distance entre les sillons et à 2,0 4 m de distance entre les emplacements de plantation, un rejet par emplacement pour 2 une densité globale de 1666 plantes ha-1. On a employé un protocole expérimental complètement aléatoire, trois répétitions 00 20 40 60 80 100 120 140 160 et six plants par répétition. Age de la feuille (jours) Quand les plants ont eu émis 16 feuilles (cinq mois après la plantation) on a repéré sur chacun d’eux la plus jeune feuille com- Figure 1. Evolution de la photosynthèse, de la transpiration et de la concentration en chlorophylle pendant le développement de la feuille de Dominico hartón. plètement déroulée (feuille 1) et on a me- suré tous les 20 jours les taux de photosyn- thèse nette, de transpiration et de tion en faisant macérer à froid chaque Cla = [(13,7 x A665) - (5,76 x A649)] x V / PD concentration en chlorophylle depuis le disque foliaire dans un mortier contenant Clb = [(25,8 x A649) - (7,6 x A665)] x V / PD déroulement complet des demi-limbes 4,0 ml d’une solution d’éthanol à 98% et de V = volume final de l’extrait éthanolique (jour 0) jusqu’à la sénescence totale de la MgCO3 à 0.5 g l -1, en tranvasant l’extrait (8,0 ml) feuille (jour 140). Les taux de photosyn- dans un tube à essais, puis en lavant le PD = poids sec du disque foliaire (g) thèse et de transpiration ont été évalués mortier avec 4,0 ml de la solution de façon Les résultats ont été soumis à une dans le secteur central de la feuille, à à compléter le volume final à 8,0 ml. La sé- analyse de variance, de corrélation et de l’aide du système portatif de photosynthèse paration de l’extrait s’est faite par centrifu- régression en utilisant le programme LI-6200 (Licor). Pour évaluer la chloro- gation à 3000 x g, durant cinq minutes. Une statistique MSTAT-C (Michigan State phylle, on a employé la méthode d’extrac- fois obtenu l’extrait éthanolique, on a lu University). tion à l’éthanol (Wintermans et al. 1965), les absorptions à 649 et 665 nm sur un sur des disques foliaires de 1,3 cm2, préle- spectrophotomètre Spectronic 21 et, à par- Résultats et discussion vés sur le même secteur foliaire central tir de ces données, on a calculé les concen- La figure 1 montre que, pendant la durée que celui utilisé pour l’évaluation des taux trations en chlorophylle a (Cla), b (Clb) et de vie de la feuille depuis le jour 0 jusqu’au d’échanges gazeux. On a réalisé l’extrac- totale (Clt), grâce aux formules suivantes: jour 140, l’évolution des taux des échanges INFOMUSA — Vol 10, N° 1 13 Transpiration (µmol/m2/s) Chlorophylle totale (mg/g m.s.) Photosynthèse (µmol/m2/s) Tableau 1. Matrice de corrélation entre l’âge de la feuille, la photosynthèse, la et al. 1983, Kura-Hotta et al. 1987, Makino transpiration et la concentration en chlorophylle totale. et al. 1983). Variables Age de la feuille Photosynthèse Transpiration Chlorophylle totale Des études réalisées pour expliquer le Age de la feuille 1,000 - 0,783 ** - 0,688 ** - 0,634 ** mécanisme de réduction de la photosyn- Photosynthèse - 1,000 0,771 ** 0,842 ** thèse durant la sénescence des feuilles in- Transpiration - - 1,000 0,538 * diquent que ce phénomène est dû à des Chlorophylle totale - - - 1,000 changements de concentration et de ciné- ** significatif (P<0,01) * significatif (P<0,05). tique de l’enzyme Rubisco (Evans 1986, Makino et al. 1985). L’activité de la chaîne gazeux (photosynthèse et transpiration) contribue à la diminution progressive des des transporteurs d’électrons, directe- et de ceux de la synthèse de chlorophylle taux de photosynthèse et de transpiration ment corrélée à celle de la photosyntèse, suivent un modèle quadratique de régres- d’où les répercussions sur le bilan des diminue également pendant la sénes- sion. Au stade initial de développement échanges gazeux dans la plante. Ces résul- cence foliaire, ce qui montre que la réduc- de la feuille, le taux de photosynthèse est tats concordent avec ceux de différents tion de la photosynthèse est due principa- bas et augmente rapidement jusqu’à un auteurs qui ont étudié les interactions lement à la dégradation fonctionnelle des maximum (12,22 µmol CO -2 -1 2 m s ) at- entre l’âge de la feuille et son activité phy- systèmes photosynthétiques (Camp et al. teint 20 jours après le déroulement de la siologique pour des bananiers et des bana- 1982, Holloway et al. 1983, Kura-Hotta et feuille (JAD) puis il diminue légèrement niers plantain en phase végétative de al. 1987). La moindre concentration de et se maintient à peu près constant croissance. Ils ont constaté que les plus chlorophylle et des autres pigments pho- jusqu’au 80ème JAD et enfin il se réduit forts taux de photosynthèse et de transpi- tosynthétiques actifs peut limiter le pro- considérablement jusqu’à la mort des ration se situent au niveau des feuilles les cessus photochimique des feuilles: ceci di- limbes (140 JAD). L’activité photosynthé- plus jeunes (feuilles 2, 3, 4 et 5), pour se minue l’activité photosynthétique si la tique moindre de la feuille au stade le réduire drastiquement au niveau des concentration passe au-dessous du seuil plus jeune (0 JAD) est due au fait que les feuilles les plus anciennes (feuilles 6, 7, 8 optimum nécessaire au phénomène (Gra- systèmes photosynthétiques et enzyma- y 9) (Robinson et Bower 1988, Kallarackal brielsen 1948). tiques ne sont pas complètement formés. et al. 1990, Eckstein et Robinson 1995, La photosyntèse, la transpiration et la La synthèse de la chlorophylle en est aux Cayón et al. 1998). concentration en chlorophylle sont inver- étapes initiales et la concentration en L’évolution de la concentration en chlo- sement corrélées à l’âge de la feuille pigment n’est pas suffisante pour capter rophylle est semblable à celle de la photo- (P<0,001) ce qui indique qu’elles dépen- l’énergie solaire nécessaire à la photosyn- synthèse et de la transpiration : elle pré- dent de l’ontogénie de la feuille et qu’elles thèse. Quant aux stomates, ils ne sont pas sente des concentrations maxima du diminuent progressivement à mesure que opérationnels au maximum de leurs capa- pigment entre le 20ème et le 40ème JAD et celle-ci avance (tableau 1). La photosyn- cités physiologiques. Il suffit de considé- diminue ensuite jusqu’à atteindre les va- thèse est directement corrélée à la transpi- rer la couleur vert clair présentée par les leurs minima à la sénescence complète. ration et au contenu en chlorophylle pour feuilles immédiatement après le déroule- La concentration en chlorophylle est n’importe quel stade de développement de ment de la feuille “cigare”. Le taux maxi- basse durant la période de déroulement la feuille, ce qui montre que la photosyn- mum de photosynthèse (12,2 µmol CO2 de la feuille puisque celle-ci n’est pas thèse est liée fonctionnellement à la trans- m-2 s-1 ) de chaque nouvelle feuille formée complètement exposée à la lumière so- piration et qu’elle dépend de la concentra- se maintient pendant un laps de temps laire et que c’est de cela que dépendent tion en chlorophylle de la lame foliaire. relativement court (20 jours), après quoi la synthèse et l’accumulation des chloro- L’angle d’insertion des feuilles sur la il diminue légèrement et se situe durant phylles. Quand la feuille a fini de se dé- plante est un paramètre très important 60 jours entre 5,53 et 7,12 µmol CO m-22 s -1 rouler, l’augmentation de la concentra- pour la productivité de la culture du bana- avant d’atteindre la valeur minimum à la tion en chlorophylle est remarquable, nier plantain car c’est de lui que dépen- sénescence totale (140 JAD). Cette ré- puis elle se maintient constante pendant dent l’exposition des feuilles aux rayons duction drastique du taux de photosyn- la période intermédiaire de la vie de la du soleil et la distribution dans la plante thèse pendant la sénescence foliaire rend feuille pour décroître quand elle entre en du rayonnement photosynthétiquement le bilan en carbone négatif car la respira- sénescence. actif (RPA). La photosynthèse se déroule tion des feuilles reste constante pendant Les taux de photosynthèse et de dans les différentes strates de feuilles su- tout le processus de développement de la concentration en chlorophylle pendant le perposées se faisant de l’ombre les unes plante. développement de la feuille sont propor- aux autres, de façon que la RPA incidente La transpiration de la feuille est basse tionnels, avec des maxima au 20ème JAD, soit absorbée en traversant les strates et aussi au début du développement, puis apparemment moment de concentration ce, au maximum pour les feuilles les elle continue à augmenter jusqu’à un optimum du pigment pour la photosyn- mieux exposées. De ce fait, la photosyn- maximum atteint au 40ème JAD et enfin thèse. De plus, le processus photosynthé- thèse est plus importante pour les feuilles diminue à mesure que la feuille entre en tique diminue drastiquement quand la des strates moyennes ; les strates infé- sénescence. Comme on peut l’observer, la concentration en chlorophylle est limi- rieures, qui reçoivent moins de RPA, ont feuille continue à transpirer au maximum tante. A ce sujet, Cayón et al. (1994) ont des taux de photosynthèse plus bas. jusqu’au 60ème JAD, c’est à dire durant observé que le taux maximum de photo- Chaque feuille produite par la plante va une période plus longue que celle de la synthèse de la feuille de bananier plan- changer de position au fur et à mesure de photosynthèse, ce qui, probablement, ac- tain dépend du contenu en chlorophylle et la croissance de la plante, ce qui implique célère le processus de sénescence. En rai- que la plus forte concentration en chloro- que son activité photosynthétique ne sera son des caractéristiques phyllotaxiques du phylle se trouve dans la zone centrale du maximum que tant qu’elle restera bien ex- bananier plantain et de l’émission perma- limbe. Bien que la perte de chlorophylle posée à la RPA. Comme les résultats de nente de nouvelles feuilles, celles-ci chan- soit un symptôme typique observé pen- cette étude montrent que le taux de pho- gent de position pendant le développe- dant la sénescence foliaire, sa disparition tosynthèse maximum des feuilles juvéniles ment de la plante et donc d’exposition à la est toutefois plus lente que celle des se maintient durant un laps de temps re- lumière solaire, jusqu’à se retrouver par- autres composants photosynthétiques lativement court (20 jours) et qu’ensuite tiellement à l’ombre. Cette situation (Friedrich et Huffaker 1980, Holloway ce taux diminue considérablement quand 14 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 les feuilles sont ombragées par de nou- 236 in Memorias. Seminario internacional sobre Kura-Hotta M., K. Satoh & S. Katoh. 1987. Relation- velles feuilles, il est probable que ces nou- producción de plátano. (M.J. Giraldo, S.L. Be- ship between photosynthesis and cholorophyll velles jeunes feuilles émises réalisent une lalcázar, D.G. Cayón & R.G. Botero, eds). Arme- content during leaf senescence of rice seedlings. compensation physiologique en produi- nia, Quindío, Colombia. CORPOICA, Universidad Plant Cell Physiol. 28:1321-1329. sant leur plus fort taux de photosynthèse del Quindío, Comitecafé Quindío, Sena, INIBAP. Makino A., T. Mae & K. Ohira. 1983. Photosynthe- immédiatement après les feuilles plus an- Eckstein K. & J.C. Robinson. 1995. Physiological sis and ribulose 1,5 bisphosphate-carboxylase in ciennes. De plus, le fait que la photosyn- responses of banana (Musa AAA, Cavendish rice leaves. Changes in photosynthesis and en- thèse se stabilise entre 5,53 et 7,12 µmol sub-group) in the subtropics. I. Influence of in- zymes involved in carbon assimilation from leaf CO m-2 s-1 2 pendant les 60 jours suivants ternal plant factors on gas exchange of banana development through senescence. Plant Phy- du développement peut constituer une leaves. Journal of Horticultural Science 70:147- siol.:1002-1007. contribution essentielle aux processus 156. Makino A., T. Mae & K. Ohira. 1985. Photosynthesis physiologiques de la plante. En effet, du Evans J.R. 1986. The relationship between CO2-limi- and ribulose 1,5 bisphosphate-carboxylase/oxyge- point de vue de la productivité, il est très ted photosynthetic rate and ribulose-1,5 bisphos- nase in rice leaves from emergence through se- important que les feuilles fonctionnelles phate-carboxylase content in two nuclearcyto- nescence. Quantitative analysis by carboxyla- maintiennent le taux de photosynthèse plasm substitution lines of wheat and tion/oxygenation and regeneration of ribulose 1,5 moindre certes mais constant pendant la coordination of ribulose-bisphosphate-carboxyla- bisphosphate. Planta 166:414-420. période la plus longue possible. ■ tion and electron-transport capacities. Planta Robinson J.C. & J.P. Bower. 1988. 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E-mail: corpoarm@armenia.multi.net.co Physiologie Etude de la rhizosphère Estimation du développement des racines à partir des caractéristiques des parties aériennes chez les bananiers et les bananiers plantain (Musa spp.) G. Blomme, R. Swennen, le millet à chandelle d’après le nombre de estimer le développement des racines à A. Tenkouano, R. Ortiz feuilles. Henderson et al. (1983) ont partir des caractéristiques des parties aé- et D. Vuylsteke constaté que l’étendue des ramifications riennes d’une grande diversité de géno- des racines, très régulière chez l’épicéa de types de Musa. Sitka, pouvait être évaluée à partir du dia- Le système racinaire fait le lien entre mètre du tronc. Smith (1964) a signalé Matériel et méthodesla plante et le sol. Il assure l’absorp- qu’il était possible d’estimer le développe- Cette étude a été effectuée à la stationtion de l’eau et des éléments nutri- ment des racines de plusieurs espèces li- d’Onne de l’IITA, située en zone de forte tifs, l’ancrage de la plante, la synthèse gneuses en mesurant des caractéristiques pluviométrie dans le sud-est du Nigeria. Le d’hormones et le stockage (De Langhe et des parties aériennes. En ce qui concerne sol est un ultisol dérivé de sédiments cô- al. 1983, Martin-Prével 1987, Stover et Sim- le bananier, Swennen (1984) et Blomme et tiers, bien drainé mais pauvre en éléments monds 1987, Lahav et Turner 1989, Price Ortiz (1996) ont observé des corrélations nutritifs, avec un pH de 4,3 dans 1:1 H2O. 1995). Il existe des relations étroites entre positives entre le développement du sys- La pluviométrie annuelle moyenne est de le développement du système racinaire et tème racinaire et la croissance des parties 2400 mm répartis entre février et no- la croissance des parties aériennes de la aériennes, tandis que Gousseland (1983) a vembre en régime monomodal. Ce site a plante (Pearsall 1927, Broschat 1998, Fort évalué le nombre de racines adventives du été décrit de manière détaillée par Ortiz et et Shaw 1998). Russell (1977) indiquait bananier dessert “Giant Cavendish” al. (1997). Dans cette étude, on a évalué 27 qu’on pouvait estimer le développement d’après la surface foliaire. Dans cette génotypes représentatifs des différents des racines d’ancrage chez le blé d’hiver et étude, on a mis au point une méthode pour groupes génomiques de Musa et des diffé- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 15 Tableau 1. Coefficients de corrélation (P<0,05) entre la croissance des parties racinaire pendant la phase du développe- aériennes et les caractéristiques du système racinaire à 20 SAP (semaines après plantation). ment végétatif (tableau 1), ce qui confirme les observations antérieures (Beugnon et Caractéristique SF HP CP HR Champion 1966, Gousseland 1983, Swennen PR 0,72*** 0,65*** 0,65*** -0,09 1984, Lavigne 1987, Blomme et Ortiz 1996). NR 0,46* 0,41* 0,29 0,16 L’analyse de régression a produit plu- LR 0,64*** 0,54** 0,46* 0,08 sieurs équations attribuant au moins 90 % DM 0,47* 0,51** 0,70*** -0,38* de la variation de la croissance du système LT 0,41* 0,25 0,01 0,49* racinaire à la variation du développement PT 0,65*** 0,53** 0,38 0,25 2 des parties aériennes. Les meilleurs indi-SF : surface foliaire (cm ), HP : hauteur de plant (cm), CP : circonférence du pseudotronc (cm), HR : hauteur du plus grand rejet (cm), PR : poids sec des racines (g), NR : nombre de racines adventives, LR : longueur des racines adventives (cm), DM : diamètre cateurs de la croissance racinaire étaient moyen à la base des racines adventives (mm), LT : longueur totale des racines adventives de la touffe (cm), PT : poids sec total du la surface foliaire, la circonférence du système racinaire de la touffe (g) *, **, *** significatif aux seuils P<0,05, 0,01 et 0,001 respectivement. pseudotronc et la hauteur du plus grand rejet (tableau 2). Tableau 2. Modèles de régression pour prédire les caractéristiques du système Ces modèles montrent qu’une réduction racinaire à 20 SAP, avec la croissance des parties aériennes et le degré de ploïdie de la surface foliaire, comme c’est le cas comme variables indépendantes. lors d’une infection de cercosporiose noire, affectera le développement du système ra- Caractéristique ^ 2 cinaire, tandis qu’une augmentation de laCaractéristique SF CP HR DP R surface foliaire, sous l’effet par exemple de PR 0,001628*** 0,596934** 0,93 la fertilisation, stimulera le développement NR 0,001459*** 1,255633*** 0,93 des racines. Le pseudotronc, étant consti- LR 0,066704*** 23,476717** 0,94 tué de gaines foliaires, reflète le nombre DM 0,093835*** 0,681434*** 0,97 de feuilles et la vigueur du plant. Par LT 0,099478*** 14,69139*** 0,92 conséquent, la circonférence du pseudo- PT 0,002066*** 0,426590 0,171415* 0,93 voir la signification des abréviations au tableau 1 ; DP : degré de ploïdie tronc reflète la croissance des parties aé- ^ : variables indépendantes riennes et elle est un facteur important *, **, *** significatif aux seuils P<0,05, 0,01 et 0,001 respectivement. pour déterminer la vigueur des racines dans les modèles de régression. Il s’est rents degrés de ploïdie. Le matériel végétal culer la surface foliaire, on a procédé selon avéré que la hauteur du plus grand rejet a été obtenu par culture de méristèmes la méthode d’Obiefuna et Ndubizu (1979) contribuait positivement à l’étendue du selon les méthodes de Vuylsteke (1989, après avoir mesuré la longueur et la lar- système racinaire de la touffe. La plupart 1998). On a acclimaté les plantules pen- geur maximale des feuilles. On a aussi me- des rejets observés sur les plants de 20 se- dant six semaines dans une pépinière en suré la hauteur du plus grand rejet (HR, maines étaient des rejets “écailles” (petits serre (Vuylsteke et Talengera 1998, Vuyl- cm). Après avoir entièrement déterré le rejets à feuilles squamiformes) ou des re- steke 1998) avant de les transférer au système racinaire, on a déterminé le jets “baïonnettes” (grands rejets à feuilles champ en juin 1996. L’essai a été implanté nombre de racines adventives (NR), le dia- lancéolées). Ces rejets avaient leur propre dans un dispositif en blocs de mètre moyen à la base des racines adven- système racinaire, ce qui confirme les ob- Fisher avec deux répétitions de deux tives (DM, mm), le poids sec des racines servations de Robin et Champion (1962) et plants par génotype. (PR, g), la longueur des racines adventives de Beugnon et Champion (1966), qui ont Les parcelles, sous jachère herbacée de- (LR, cm), le poids sec total du système ra- signalé que les rejets baïonnettes du bana- puis huit ans, ont été préparées manuelle- cinaire de l’ensemble de la touffe (plante nier dessert “Poyo” possédaient un système ment de façon à perturber le sol au mini- mère plus rejets) (PT, g) et la longueur to- racinaire bien développé. L’effet positif du mum. On a utilisé un espacement de 2 m x tale des racines adventives de l’ensemble degré de ploïdie sur le diamètre des ra- 2 m pour éviter que les systèmes racinaires de la touffe (LT, cm). On a utilisé un pied à cines adventives qui a été enregistré dans des plants adjacents ne se mêlent. Afin de coulisse à vernier pour mesurer le dia- cette étude confirme les observations réduire la population de nématodes, on a mètre moyen des racines adventives, et la faites antérieurement par Monnet et Char- traité l’aire expérimentale avec le némati- méthode de Newman (1966) et Tennant pentier (1965). cide Némacur (m.a. fénamiphos) à la dose (1975) pour estimer la longueur des ra- Le ratio parties aériennes/racines dé- de 15 g par plant (trois traitements an-1). cines adventives. pend du stade de développement du plant Les plants ont été fertilisés avec 300 N et On a procédé à l’analyse statistique des (Brouwer 1966). Dans le cas du bananier, 450 K (kg·ha-1·an-1) en six doses fraction- données des 27 génotypes à l’aide du logi- Gousseland (1983), ayant estimé le nombre nées égales pendant la saison des pluies ciel SAS (SAS 1989). Par analyse des corré- de racines adventives à partir de la surface (de février à novembre). On a appliqué le lations, on a évalué les relations entre la foliaire, a noté un effet du stade de déve- fongicide Bayfidan (m.a. triadiménol) trois croissance des parties aériennes et les ca- loppement du plant sur la précision du mo- fois par an à la dose de 3,6 ml par plant ractéristiques du système racinaire. On a dèle de régression. Il a mis en évidence afin de prévenir toute infection de cerco- fait aussi une analyse de régression mul- une sous-estimation du nombre de racines sporiose noire (Mycosphaerella fijiensis tiple de manière séquentielle, en mettant adventives en début de phase végétative. Morelet). les variables dépendantes (c’est-à-dire les Cela signifie donc qu’il faut ajuster les mo- Les caractéristiques des parties aé- caractéristiques du système racinaire) en dèles de régression en fonction du stade de riennes et des racines ont été évaluées à relation avec la croissance des parties aé- développement du plant. mi-chemin de la croissance végétative (les riennes et le degré de ploïdie (DP). En outre, le ratio parties aériennes/ra- plants étant âgés de 20 semaines). Pour la cines est fortement influencé par les croissance des parties aériennes, on a pris conditions environnementales (Brouwer et en considération les caractéristiques sui- Résultats et discussion De Wit 1969, Squire 1993, Martinez Gar- vantes : hauteur de plant (HP, cm), circon- Des corrélations significatives ont été éta- nica 1997, McMichael et Burke 1998). Par férence du pseudotronc au niveau sol (CP, blies entre la croissance des parties aé- conséquent, il faut aussi ajuster ces cm) et surface foliaire (SF, cm2). Pour cal- riennes et les caractéristiques du système modèles lorsque les plants sont cultivés 16 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 dans des conditions environnementales Gousseland J. 1983. Etude de l’enracinement et de SAS. 1989. SAS/STAT user’s guide. Version 6, 4th edi- différentes. l’émission racinaire du bananier ‘Giant Cavendish’ tion, Vol. 1. SAS Institute Inc., Cary, N.C., USA. Cette étude démontre qu’on peut esti- (Musa acuminata AAA, sous-groupe Cavendish) Smith J.H.G. 1964. Root spread can be estimated from mer le développement du système raci- dans les andosols de la Guadeloupe. Fruits 38:611- crown width of Douglas fir, lodgepole pine and naire de Musa à partir de la croissance des 623. other British Columbia tree species. Forestry Chro- parties aériennes des plants. La mise en Henderson R., E.D. Ford, E. Renshaw & J.D. Deans. nicle 40:456-473. relation de ces deux éléments offre donc 1983. Morphology of the structural root system of Squire G.R. 1993. The leaf canopy and root system. une méthode non destructive pour évaluer Sitka spruce: 1. Analysis and quantitative descrip- Pp. 33-70 in The Physiology of Tropical Crop Pro- le développement des racines. tion. Forestry 56:121-135. duction (G.R. Squire). CAB International, Walling- Lahav E. & D.W. Turner. 1989. Banana Nutrition. In- ford, Royaume-Uni. Remerciements ternational Potash Institute, Berne, Suisse. Stover R.H. & N.W. Simmonds. 1987. Bananas. 3rd ed. Cette étude a bénéficié d’un financement Lavigne C. 1987. Contribution à l’étude du système ra- Longman, New York. 468pp. de la VVOB (Vlaamse Vereniging voor cinaire du bananier. Mise au point de rhizotrons et Swennen R. 1984. A physiological study of the sucke- Ontwikkelingssamenwerking en Tech- premiers résultats. Fruits 42:265-271. ring behaviour in plantain (Musa cv. AAB). 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Fruits 38(4):318-325. des racines de la variété du bananier Poyo. Fruits Kampala (Ouganda). R. Swennen travaille au Labo- Fort S.B. & D.V. Shaw. 1998. Phenotypic correlations 17:93-94. ratory of Tropical Crop Improvement, K.U. Leuven, between root and shoot traits of strawberry in fu- Russell R.S. 1977. Plant root systems: their function Kasteelpark Arenberg 13, 3001 Leuven, Belgique. migated and non-fumigated soils. HortScience and interaction with the soil. McGraw Hill, D. Vuylsteke travaillait à l’IITA et a disparu tragique- 33(2):222-224. Londres. ment dans un accident d’avion le 30 janvier 2000. Maladies Flétrissement bactérien Evaluation des luttes culturale, chimique et biologique contre la pourriture vasculaire et le flétrissement du bananier plantain (Musa AAB Simmonds) L.E. Gómez-Caicedo, E. Echeverry N. bananiers plantain, pour la majorité en ment, les troubles se sont manifestés sur le et R. González S. zone caféière. Au second semestre 1996, bananier plantain “Cachaco” (Musa ABB). dans la localité de Icononzo, on a rapporté Mais dernièrement, on a constaté des at- l’apparition d’une maladie qui, par la ca- taques de cette maladie sur le clone de ba- Al’est du département de Tolima (Co- ractérisation de ses symptômes, a permis nanier plantain Dominico hartón (Musalombie), sont cultivés quelques de diagnostiquer qu’il s’agissait d’un pro- AAB Simmonds), ce qui a provoqué de25 000 hectares de bananiers et de blème nouveau pour la région. Initiale- graves pertes chez les petits producteurs. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 17 Actuellement, la production moyenne agent de la pourriture du pseudotronc du des cultures mécanisées de bananiers bananier plantain. plantain dans la zone d’étude est de 1000 Jiménez et al. (1994) rapportent que régimes/ha, représentant une valeur com- E. chrysanthemi Burk. et al. est l’agent merciale proche de 3 millions de pesos causal de la nécrose du corme du bananier (1500 dollars US). En présence de cette plantain. Les mêmes auteurs ont isolé trois maladie, la production pourrait se réduire souches de bactéries appartenant à la rhi- de près de 70%, entraînant de graves pro- zosphère de bananiers plantain apparem- blèmes dans les zones d’économie rurale ment sains provenant d’un champ où les (Echeverry, données non publiées). symptômes de la nécrose du corme La symptomatologie de la maladie se ca- n’étaient pas très développés. Ces bacté- ractérise par la chlorose des feuilles ries sont antagonistes in vitro d’isole- basses, suivie par leur repliement au ni- ments de E. chrysanthemi et de E. caroto- veau du pseudopétiole, puis une générali- vora. D’après leurs caractéristiques sation ascendante du flétrissement qui morphologiques, physiologiques et biochi- finit par toucher toutes les feuilles de la miques, ces souches appartiennent au plante (figure 1). En pratiquant à environ genre Pseudomonas spp. 1 m du sol une coupe transversale du pseu- Belalcázar et al. (1991) font remarquer dotronc affecté, on constate une pourriture que la bactérie E. chrysanthemi p.v. para- acqueuse et d’odeur désagréable (figure disiaca Victoria et Barros est endémique 2). De plus, les gaines foliaires internes dans les régions où se cultivent les Musa- présentent des colorations allant du brun cées et que les attaques y sont favorisées au marron foncé (figure 3). Figure 1. La pourriture vasculaire est par des conditions de sécheresse et de ca- Contrairement aux symptômes de la caractérisée par une chlorose des feuilles basses rence nutritionnelle des plantations. pourriture molle du pseudotronc observés suivie par leur repliement au niveau du Les observations de Schneider (1991) pseudopétiole et enfin un flétrissement général par Guzmán et Sandoval (1996) sur des hy- ascendant de la plante jusqu’à affecter sur la relation entre la nutrition minérale brides FHIA-01 et FHIA-02, l’infection dé- complètement toutes les feuilles et la condition d’hôte ont montré que crite à Icononzo progresse du rhizome vers (photo: L.E. Gómez-Caicedo). toutes les applications de K, de Ca et de la partie supérieure de la plante. Mg avaient limité le développement de cer- Dans une étude réalisée sur la pourri- tains types d’étiolement, en particulier dû ture molle du pseudotronc chez les hy- à du Fusarium sp. En l’absence de KCl, brides FHIA, présentant des symptômes l’exudat produit réduit les sucres et les semblables à ceux observés sur le clone acides organiques en plus grande propor- de bananier plantain Dominico hartón, tion. Le KCl, quant à lui, réduit le taux Guzmán et Sandoval (1996) ont isolé, à d’infection. La nutrition minérale a donc partir des tissus végétaux, la bactérie un effet distinct sur la nature de l’exudat Erwinia carotovora. Les pourritures et sur l’infection. molles ou acqueuses provoquées par des Le Trichoderma peut inhiber l’agent bactéries appartenant au genre Erwinia pathogène par l’intermédiaire de ses spp. se rencontrent fréquemment asso- substances antibiotiques ou bien en dé- ciées aux Musacées en Amérique latine gradant les parois bactériennes grâce (Stover 1972). à l’action d’enzymes comme les quiti- Stover (1972) note qu’il existe des bacté- nases, les ß-1,3-glucanases, les protéases, ries E. chrysanthemi et E. carotovora qui Figure 2. La coupe transversale du pseudotroncinfecté par la pourriture vasculaire permet les mannases et autres hydrolases (Limón affectent le corme et le pseudotronc, aussi d’observer un pourrissement acqueux avec et al. 1999). bien chez les bananiers que chez les bana- production d’un exudat jaune, d’odeur fétide La relative importance de ces deux mé- niers plantain. et d’aspect désagréable, caractéristique del’attaque bactérienne canismes dans le processus antagoniste dé- Stover (1972) a constaté que des culti- (photo: L.E. Gómez-Caicedo). pend spécifiquement des interactions pa- vars du sous-groupe Cavendish sont sen- thogène-hôte (Limón et al . 1999). sibles à Erwinia sp., mais que les géno- Cependant la combinaison de l’action des types AAB et ABB sont plus tolérants. enzymes hydrolytiques et des substances Selon Rivera et Ezavin (1989), dans dif- antibiotiques de Trichoderma a démontré férentes zones bananières du Venezuela, sa synergie antifongique (Schirmböck et on a observé une pathologie caractérisée al. 1994). par une maladie du corme sur des cultivars de Musa acuminata (AAA). L’agent patho- Matériels et méthodes gène s’est trouvé être la bactérie E. chry- L’étude a été menée de 1997 à 1999 dans santhemi Burk. et al. la localité d’Icononzo, région de Piede- Cedeño et al. (1990) signalent que la cuesta, département de Tolima, Colom- bactérie E. carotovora subsp. atroseptica bie. L’exploitation San Isidro où a été est l’agent de la pourriture molle du pseu- conduite l’expérimentation est située dotronc du bananier plantain “Hartón” à 1380 m d’altitude, avec des précipita- (Musa AAB) dans la région du sud du lac tions annuelles moyennes de 1500 à de Maracaibo. 1700 mm et une humidité relative Urdaneta (1994), dans le répertoire qu’il moyenne de 80%. Elle possède un sol li- a dressé des principales maladies de la cul- Figure 3. Les gaines foliaires internes présentent moneux-argileux, légèrement acide, avec une coloration qui va du brun au marron foncé ture des Musacées de l’Etat de Zulia au Ve- avec un exudat jaune un pourcentage modéré de matières orga- nezuela, mentionne E. carotovora comme (photo: L.E. Gómez-Caicedo). niques et peu de potassium. 18 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Tableau 1. Résumé des résultats des tests morphologiques et physico-chimiques – Traitement cultural (T2). Unique- pratiqués pour caractériser la bactérie isolée à partir de pseudotroncs de bananiers plantain du clone Dominico hartón (AAB). ment application de potassium sous forme de KCl à raison de Test Résultat 200 g/plante tous les 30 jours. Cette Gram - fertilisation se distribuait en trois Confirmation du Gram avec KOH à 3% + points autour de la plante, à 50 cm Odeur Fétide de la base du pseudotronc. Couleur Crème – Traitement biologique (T3). Une Consistance Butyreuse seule inoculation, au début du se- Rouge Congo Forme bacillaire cond cycle végétatif, du champignon Fluorescence sur King-B - Trichoderma spp. dont la souche, Catalase + isolée de sols provenant de plantes Levan - infectées, avait été multipliée au la- Croissance en O-F (Hugh-Leifson) + boratoire sur le milieu sélectif Hydrolyse de la gélatine + d’Elad et al. (Chet 1987). On employait NaCl 3% + des doses de 50 g/plante, incorporées NaCl 4% + au sol en quatre points autour du Tetracycline + pseudotronc. Streptomycine + – Traitement témoin (T4). Aucune ap- Penicilline - plication. Genre Erwinia + = Positif; - = Negatif. Résultats et discussion Résultats de laboratoire Sur des bananiers plantain Dominico L’expérimentation s’est déroulée en On a réalisé des tests morphologiques et hartón (Musa cv. AAB) présentant des deux phases: physico-chimiques pour déterminer l’agent symptômes de l’infection, on a prélevé des • La phase I, de novembre 1997 à août responsable de la pourriture vasculaire. La échantillons de la partie interne du pseu- 1998 (8 mois), pendant laquelle on a ap- coloration de Gram, test morphologique, a dotronc pour les analyser au laboratoire et pliqué et évalué les traitements suivants : permis d’observer des bacilles de couleur identifier l’agent pathogène. – Traitement chimique (T1). Applica- rosée, caractéristiques des bactéries Gram Les échantillons ont été lavés au préa- tion mensuelle par aspersion autour négatives. lable à l’eau courante, puis coupés en pe- du pseudotronc de chaque plante On a réalisé aussi une coloration au tits tronçons de 2 cm de long et enfin d’une solution de Vanodine à 5 cc par rouge Congo qui a permis d’observer la désinfectés par de l’hypochlorite de so- L d’eau (composition: c/100ml : com- forme bacillaire des cellules bactériennes. dium à 2,5% pendant 3 minutes sous agita- plexe d’Iode surfactant; 2,5% d’Iode Pour confirmer la coloration de Gram, tion constante. On les a lavés à l’eau distil- disponible. Marque Pfizer). on a déposé sur un porte-objets un frag- lée stérile pour éliminer les résidus – Traitement cultural (T2). Applica- ment de culture bactérienne auquel on a d’hypochlorite. tion des engrais suivants aux doses ajouté une goutte de KOH à 3%. On a ob- Une fois désinfectés, les échantillons ont indiquées: Urée (46%) 150 g/plante, servé la formation d’une suspension vis- été mis à macérer dans un mortier conte- KCl (60% K2O) 200 g/plante, DAP queuse et mucilagineuse. Cette réaction nant 1 ml d’eau distillée stérile. On a ino- (phosphate de diammonium: 48% positive a confirmé que la bactérie est culé du milieu LB (Luria-Bertani) (Extrait P2O5 et 18% N) 66 g/plante et 200 Gram négative. de levure 5 g/l, Tryptophane 10 g/l, NaCl g/plante de “Micronfos” (Microfer- Parmi les tests physico-chimiques prati- 10g/l, Agar 20g/l, de pH 5,5-6,0) avec 50 µl tiza. Colombie); on a ajouté de plus qués, la croissance sur le milieu de King-B de cette macération. Les boîtes de Pétri 300g/plante de chaux dolomitique pour caractériser les bactéries fluores- ont été alors placées dans un incubateur, comme correcteur de pH. centes a donné un résultat négatif. Le test de marque Precision Scientific Inc., à – Traitement biologique (T3). On a ap- de la catalase, consistant à émulsionner 28°C pendant 48 heures. Pour caractériser pliqué autour du pseudotronc du Ka- une anse de culture bactérienne avec du l’agent pathogène, on a utilisé les tests sui- sumin à 2% [Kasugamycine: 3-0-(2- péroxyde d’hydrogène (H2O2) à 10%, a vants: coloration de Gram, confirmation du amino-4(1-carboxyformidoyle) amino donné un résultat positif. Le test de la li- Gram par KOH à 3%, catalase, liquéfaction 2, 3, 4, 6 tétra oxy-alpha-D-arabino quéfaction de la gélatine a été positif, ce de la gélatine, Levan, King-B, croissance hexapyranosyl)inositol] à raison de 1 qui indique la présence d’enzymes protéo- en O-F (Hugh-Leifson), tolérance à NaCl à cc par L d’eau. lytiques chez la bactérie. Le test d’oxyda- 3 et 4%, antibiogramme avec tétracycline, – Traitement témoin (T4). Aucune ap- tion-fermentation (O-F), sur le milieu de streptomycine et pénicilline. plication. Hugh & Leifson, a été positif et a permis de Dans une exploitation commerciale de • La phase II, de septembre 1998 à février détecter la production d’acides par oxyda- 2600 m2 plantée de bananiers plantain du 1999 (6 mois), pendant laquelle, après tion en aérobiose. Le test de croissance sur clone Dominico hartón âgés de 29 mois et observation des résultats obtenus précé- gélose nutritive additionnée de NaCl à 3% présentant des symptômes de pourriture demment, on a modifié les trois traite- et à 4% a été positif: les colonies ont vasculaire, on a délimité trois parcelles ments appliqués en phase I. Les traite- poussé de manière normale. correspondant à trois distances de planta- ments appliqués et évalués en phase II Pour ce qui est de la réaction aux antibio- tion : 5, 4 et 3 mètres entre les sillons et sont les suivants: tiques Tétracycline, Streptomycine et Pénicil- 2,5 mètres entre les plantes. Pour chaque – Traitement chimique (T1). Injec- line, on a utilisé le milieu à antibiogrammes distance, on a déterminé quatre sous-par- tion, à l’aide d’une seringue de plas- n° 5, de pH 8,0 ± 0,1 (extrait de viande 1,5 g/l, celles de cinq plantes chacune, avec trois tique à aiguille hypodermique, de extrait de levure 3,5 g/l, peptone pour viande répétitions. 5 cc de Vanodine dans quatre empla- 6,0 g/l, agar-agar 15,0 g/l). On y a déposé 1 ml On a appliqué quatre traitements à cha- cements à 1 m du sol du pseudotronc de culture bactérienne en solution saline que cune des sous-parcelles. de chaque plante. l’on a étalée au râteau de verre avant de pla- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 19 cer les disques d’antibiotiques. La réaction a Tableau 2. Comparaison des moyennes de feuilles saines et de feuilles flétries par été positive pour la Tétracycline et la Strepto- plante chez le bananier plantain Dominico hartón, selon trois distances deplantation. Icononzo (Tol.). Phase I, 1997-1998; phase II, 1998-1999. mycine, négative pour la Pénicilline. Ceci in- dique que la bactérie a été très sensible aux Distances de plantation Moyenne de feuilles saines/plante Moyenne de feuilles flétries/plante deux premiers antibiotiques comme l’attestait phase I phase II phase I phase II le halo transparent, sans culture bactérienne, 5 m x 2,5 m 3,1 A* 8,0 A* 0,77 A* 1,4 AB* autour des deux disques concernés. 4 m x 2,5 m 2,3 A 7,3 A 0,70 A 1,6 A L’analyse des résultats des ces tests pra- 3 m x 2,5 m 3,1 A 8,0 A 0,82 A 1,2 AB * Moyennes portant la même lettre dans la même colonne ne diff’rent pas significativement (Pr = 0.05). tiqués sur les prélèvements bactériens pro- venant de pseudotroncs de bananiers plan- tain infectés par la pourriture vasculaire a Tableau 3. Effet de quatre traitements sur les moyennes de feuilles saines et de permis de déterminer que les colonies cor- feuilles flétries par plante chez le bananier plantain Dominico hartón. Icononzo respondaient à des bactéries du genre (Tol.). Phase I, 1997-1998; phase II, 1998-1999. Erwinia sp. (tableau 1). Traitements Moyenne de feuilles saines/plante Moyenne de feuilles flétries/plante phase I phase II phase I phase II Résultats au champ Chimique 3,0 AB* 7,9 AB* 0,81 A* 1,70 AB* Il est important de noter qu’il n’y a pas eu Cultural 3,8 B 8,6 A 0,79 A 1,07 B de différences significatives entre la Biologique 2,6 AB 7,7 B 0,78 A 1,61 A moyenne des feuilles saines et celle des Témoin 2,0 B 6,9 C 0,67 A 1,33 AB * Les valeurs portant les mêmes lettres dans les mêmes colonnes ne diffèrent pas (Pr = 0,05). feuilles flétries parmi les parcelles princi- pales de la phase I. Cela signifie que les densités de plantation ne sont pas des fac- Tableau 4. Nombre total et poids moyen des régimes de bananiers plantain teurs de prédisposition au flétrissement as- Dominico hartón récoltés par traitements, pendant la phase I, 1998 et la phase II, cendant des feuilles (tableau 2). En ce qui 1999. Icononzo (Tol.). concerne la moyenne des feuilles saines, la Traitements Nombre de régimes récoltés Poids moyen (kg) même tendance a été observée parmi les phase I phase II phase I phase II parcelles principales pendant la phase II. Cultural 33 30 15,2 15,8 En revanche, il y a eu des différences signi- Chimique 19 10 12,8 14,1 ficatives quant à la moyenne des feuilles Biologique 19 11 11,8 12,6 flétries, comme on peut le constater sur le Témoin 7 5 10,6 12,1 tableau 2. Bien que la phase I soit statistiquement semblable à la phase II, il existe cependant un décalage marqué des moyennes des traitements de la phase II. Le contrôle cul- tural qui a obtenu les meilleurs résultats feuilles saines et flétries par plante. Alors tural reste le meilleur traitement par rap- en nombre et en poids moyen (tableau 4). que pendant la phase I, la moyenne des port au chimique, au biologique et au té- Pour ce qui est du poids total des ré- feuilles saines est de 2,84 par plante, elle moin. Mais il faut souligner que la gimes commerciaux récoltés pendant cha- atteint 7,77 en phase II. De même pour les moyenne des feuilles saines présente une cune des phases de l’expérimentation, on feuilles flétries : 0,76 en phase I et 1,40 en différence de 4,92 entre les deux phases, remarquera qu’il n’y a pas eu de diffé- phase II. c’est à dire qu’il y a plus de feuilles saines rences significatives entre les poids obte- Cela pourrait s’expliquer par le change- pendant la phase II que pendant la phase I nus sur les parcelles principales ; en re- ment opéré dans la fertilisation : de l’urée (tableau 3). vanche les différences sont très fortement + DAP+ «Micronfos», on est passé à uni- Pour expliquer ces différents comporte- significatives entre ceux obtenus sur les quement du KCl. A ce sujet, selon Jacob ments, il existe diverses hypothèses dont la sous-parcelles. Ceci démontre l’efficacité et al. (1961), de tous les nutriments extra- plus acceptable tient compte d’une réac- des traitements, en particulier du cultural, its et assimilés par le bananier plantain, le tion synergique entre la présence du cham- qui intervient dans l’apport des éléments potassium l’est en quantité extrêmement pignon Trichoderma sp. et la capacité de nutritifs dans la fertilisation. élevée. la plante à absorber les éléments nutritifs Il n’y a pas eu non plus de différences si- Le même auteur remarque que, puisqu’il du sol. gnificatives pour l’interaction distances de s’agit d’une plante avide de potasse, il faut Cela a pu être vérifié par l’observation de plantation/traitements (PP*SP), comme le prendre très au sérieux certaines considé- la taille et de la couleur des feuilles du montrent les résultats de l’analyse de va- rations concernant l’application des autres clone Dominico hartón qui, pendant la riance du tableau 5. éléments nutritifs comme le Ca et le Mg : il phase II, ont dépassé en taille et en inten- L’analyse démontre que le traitement a été démontré en effet qu’un excès de po- sité de vert les feuilles produites pendant la cultural présente des différences signifi- tassium conduit à la manifestation du phase I. Le champignon Trichoderma sp. catives à 5% par rapport aux traitements trouble physiologique appelé «bleu», ainsi influence positivement l’augmentation de chimique, biologique et au témoin pour la qu’à l’obtention de pulpe jaune, dépréciant poids, la taille et la production de feuilles et variable «poids des régimes récoltés». la qualité du fruit. de fleurs (Chet 1987). Ceci confirme ce qui avait été déjà re- Il est important également de noter que, A ce sujet, Kleifel et al., cités par Chet marqué par Machado, cité par Jacob et al. pour la moyenne des feuilles flétries par (1987), ont observé sur des plants de (1961) quand il affirme que la plus grande plante, le chiffre témoin est au-dessous de melon, de tomate, de concombre, de radis partie de l’absorption de potassium (84%) ceux des autres traitements. Cela pourrait et de haricot une germination avancée et a lieu pendant la période de formation du s’expliquer par le fait que les plantes té- une augmentation de la longueur, de la lar- fruit. Ce même auteur a calculé à environ moins n’avaient pas un nombre normal de geur et du poids sec des feuilles. 3493 kg la quantité totale de potassium feuilles, qu’il y a eu une faible émission fo- Quant au nombre et au poids des ré- qu’une plantation de 1333 pieds par hec- liaire et qu’elles ont pratiquement toutes gimes commerciaux récoltés aussi bien tare absorbe en 14 mois. été infectées (tableau 3). On a observé le pendant la phase I que pendant la phase Il n’y a pas eu de différences significa- même phénomène pour la réponse aux II, on constate que c’est le traitement cul- tives entre les traitements chimique et 20 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Tableau 5. Analyse de variance pour la variable “poids des régimes récoltés” des ternationale Handelmaatschappij voor Meststof- bananiers plantain Dominico hartón pendant la phase I, 1998 et la phase II, 1998- 1999. Icononzo (Tol.). fen N.V., Amsterdam. 626pp. Jiménez G. & N. Cordoves. 1992. Caracterización de phase I phase II bacterias de la rizosfera del plátano antagónicas Source de variation Degrés de Carré des Pr – F Degrés de Carré des Pr – F a Erwinia chrysanthemi Burk. Protección de liberté moyennes liberté moyennes Plantas (Cuba) 2(2):67-75. PP (Distance plantation) 2 53,08 0,8992 ns 2 332,111 0,53 ns SP (Traitements) 3 3183,064 0,0001 ** 3 444,444 0,0001 ** Limón M.C., J.A. Pintor-Toro & T. Benitez. 1999. In- PP x SP 6 134,91 0,687 ns 6 235,37 0,376 ns creased antifungal activity of Trichoderma har- ** Fortement significatif (Pr = 0,01) ; ns = non significatif. zianum transformants that overexpress a 33-kDa chitinase. Phytopathology 89:254-261. Rivera N. & M. Ezavin. 1989. Necrosis del cormo del biologique pour cette même variable tivo del plátano en el trópico. Comité Departa- plátano causada por Erwinia chrysanthemi. “poids des régimes récoltés” ; en re- mental de cafeteros del Quindío. ICA. CIID. IN- Ciencia y Técnica en la Agricultura 12(2):59-70. vanche, il y en a eu par rapport au traite- IBAP. Armenia, Quindío, Colombia. Sait G. 1999. Trichoderma. A promising bio-fungi- ment témoin. Belalcázar S., C. Salazar, G. Cayón, J.E. Lozada, LE. cide. Nutri-Tech Solutions (NTS), New Zealand. Pendant les phases I et II de l’expéri- Castillo & J.A. Valencia. 1991. Manejo de Planta- 4pp. mentation, les traitements chimique et ciones. Pp. 149-239 in El cultivo del plátano en el Schirmböck M., M. Lorito, M., Y. Wang, C.K. Hayes, biologique ont montré des résultats très trópico. Comité Departamental de cafeteros del I. Arisan-Atac, F. Scala, G. Harman & C. Kubicek. semblables entre eux quant au poids des Quindío. ICA. CIID. INIBAP. Armenia, Quindío, 1994. Parallel formation and synergism of hydro- régimes récoltés. Pourtant, il y a quelques Colombia. lytic enzymes and peptaibol antibiotics, molecu- écarts qui pourraient être attribués au Cammue B.P.A., M.F.C. De Bolle, F.R.G. Terras & lar mechanisms involved in the antagonistic ac- nombre de feuilles fonctionnelles pré- W.F. Broekaert. 1993. Fungal disease control in tion of Trichoderma harzianum against sentes au moment de l’émission florale, pa- Musa: application of new antifungal proteins. Pp. phytopathogenic fungi. Appl. Environ. Microbiol. ramètre déterminant pour le poids et la 221-225 in Breeding banana and plantain for re- 60:4364-4370. qualité des fruits (Belalcázar et al. 1991). sistance to diseases and pests (J. Ganry, ed.). In- Schneider R.W. 1991. Influence of mineral nutrition ternational Symposium on Genetic Improvement on Fusarium wilt: a proposed mechanism invol- Conclusions of Bananas for Resistance to Diseases and Pests, ving cell water relations. Pp. 83-91 in Fusarium L’agent responsable du pourrissement et Montpellier, France, 7-9 Sept. 1992. CIRAD- wilt of banana (R.C. Ploetz, ed.). International du flétrissement vasculaire du bananier FLHOR, Montpellier, France. Conference on Fusarial Wilt of Banana, Miami plantain est la bactérie Erwinia, probable- Cedeño M., L.R; B.M. Nieves M. & E.L. Palacios. (USA), 27-30 Aug. 1989. APS, St Paul, USA. ment de l’espèce carotovora. 1990. Erwinia carotovora subsp. atroseptica, Stover R. 1972. Banana, plantain and abaca diseases. Les densités de plantation n’ont aucune causante de la pudrición blanda del plátano Commonwealth Mycological Institute/Common- influence quant à la présence ou non de la “Hartón” (Musa AAB) en Venezuela. Fitopato- wealth Agricultural Bureaux, Kew, United pourriture vasculaire dans les cultures de logía Venezolana 3(1):6-9. Kingdom. 316pp. bananiers plantain. Chet I. 1987. Trichoderma - application, mode of ac- Urdaneta U.R. 1994. Principales enfermedades en el Une fertilisation riche en potassium et la tion, and potential as a biocontrol agent of soil- cultivo de musáceas del estado Zulia. FONAIAP, présence du champignon Trichoderma sp. borne plant pathogenic fungi. Pp. 137-160 in In- Maracaibo, Venezuela. aident la plante à rester vigoureuse et di- novative Approaches to Plant Diseases Control minuent sa probabilité d’être attaquée par (I. Chet, ed.). John Wiley & Sons, New York. des microorganismes pathogènes. Guzmán M. & J. Sandoval. 1996. Síntomas de la pu- Les traitements chimiques (emploi de drición suave del pseudotallo en los híbridos Vanodine) et biologique (application de FHIA-01 y FHIA-02. CORBANA 2(46):145-150. Kasugamycine à 2%), bien que ne partici- Jacob A. & H. von Uexküll. 1961. Fertilización. Nu- Les auteurs travaillent au Centro de Investigación pant pas directement au contrôle de la trición y abonado de los cultivos tropicales y sub- Nataima, CORPOICA, Apartado Postal 064, Espinal, pourriture vasculaire du bananier plantain, tropicales (L. López Martínez de Alva, trad.). In- Tolima, Colombie. sont des opérations qui contribuent à pré- venir la diffusion du problème. Evaluation de matériel génétique Résistance aux maladies L’emploi fréquent de l’hypochlorite de sodium dans sa présentation commerciale Evaluation d’hybrides de la FHIA (dilution dans l’eau à 50%) est une pra- tique essentielle pour désinfecter les outils comparés à des variétés locales qui doit être fortement encouragée. de Musa dans une région Remerciements Les auteurs remercient M. Alfonso Guer- de l’est du Pérou indemne rero Gacha, propriétaire de l’exploitation San Isidro de la localité Icononzo, pour de cercosporiose noire toutes les facilités qu’il leur a ménagées durant l’expérimentation au champ. U. Krauss, W. Soberanis munément cultivées dans plus de 50 pays Ils remercient également M. Antonio et J. Jarra des différentes régions du monde (Orjeda María Caicedo, ingénieur au centre re- et al. 1999). Le Pérou ne participe pas à cherches Nataima, CORPOICA, pour sa col- cette entreprise. Krauss et al. (1999), laboration dans l’analyse statistique des ré- e Programme international d’évalua- après avoir examiné les informations limi- sultats. ■ Ltion des Musa (IMTP) a pour but de tées qui sont disponibles sur la productioncomparer la performance du matériel bananière au Pérou, ont recommandé de Références génétique amélioré, et en particulier des faire des essais pour comparer les hybrides Belalcázar S., V.M. Merchán & M. Mayorga. 1991. hybrides de la FHIA, avec celle des variétés de la FHIA avec les variétés locales popu- Control de Enfermedades. Pp. 243-297 in El cul- de bananiers et bananiers plantain com- laires et/ou à haut rendement. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 21 Tableau 1. Hybrides et variétés de Musa évalués dans une région de l’est du Pérou indemne de cercosporiose noire. Les réactions aux maladies sont celles établies par Krauss et al. (1999) au Pérou ou, à défaut, par Jones (2000). Réaction précédemment établie Hybride Constitution Sous-groupe Cercosporiose Cercosporiose Cordana ou variété génomique (dénomination int.) noire 1 jaune 1 FHIA-01 AAAB Hybride Résistant n.c. 2 n.c. FHIA-03 AABB Hybride Résistant n.c. n.c. Inguiri AAB French plantain Sensible Moyennement résistant Sensible Bellaco AAB Plantain corne (Hartón) Sensible Moyennement résistant Sensible Isla del Alto Huallaga 3 ABB ? Pisang Awak ? Moyennement résistant Résistant Sensible 1 Krauss et al. (1999) ont évalué la réaction d’une grande diversité de variétés locales aux cercosporioses noire et jaune. Les réactions indiquées ci-dessus correspondent aux conclusions établies dans leur article. 2 n.c. = non connu. 3 D’après Thierry Lescot (communication personnelle, 1999), Isla appartient au groupe Iholena (AAB). Tant que l’affiliation d’Isla à un groupe n’est pas confirmée, nous continuons de la classer comme “ Pisang Awak ? ”, ainsi qu’on le fait généralement au Pérou (Krauss et al. 1999). Les maladies, aggravées par l’absence drainage, l’absence de contrôle du rejeton- Peu de temps après son établissement, presque totale de mesures de lutte, sont le nage et les dégâts des ravageurs. C. musae la parcelle de Cotomonillo a été abandon- principal facteur limitant la production ba- s’attaque à plusieurs espèces de Musa et à née en raison d’activités terroristes, et l’on nanière au Pérou. La cercosporiose noire Ensete glaucum ; la plupart des sous- ne dispose donc d’aucune donnée pour ce n’est présente que dans une partie des groupes de Musa sont considérés comme site. Dans les autres sites, on a procédé à zones de production (Krauss et al. 1999). sensibles à cette maladie (Jones 2000). des évaluations toutes les deux semaines. Ailleurs, la cercosporiose jaune et l’affec- Cette étude avait pour objectif de com- Pour le premier cycle de culture, on a en- tion foliaire Cordana prédominent. Ni parer les hybrides améliorés FHIA-01 registré les paramètres six mois l’une ni l’autre n’ont reçu beaucoup d’at- (AAAB) et FHIA-03 (AABB) avec les varié- (182 jours) après la plantation, à la florai- tention de la part des sélectionneurs, car tés locales Inguiri (AAB, French plantain), son et à la récolte. On a calculé le taux la cercosporiose noire revêt davantage Bellaco (AAB, plantain corne “Harton”) et maximum d’émission foliaire à partir de d’importance à l’échelle internationale. En Isla del Alto Huallaga (ABB, sous-groupe courbes de Gompertz établies à l’aide du fait, peu d’évaluations récentes sont dispo- Pisang Awak ?) sur les plans agronomique, modèle de régression logistique sur Gens- nibles sur la résistance à la cercosporiose pathologique et économique. tat 5. Pour le second cycle, on a enregistré jaune, car celle-ci est remplacée par la cer- les paramètres uniquement à la floraison cosporiose noire, sauf à haute altitude, et Matériel et méthodes et à la récolte. On a comparé le second les données existantes sont extrêmement Le tableau 1 indique les réactions aux ma- cycle d’Isla avec le premier cycle des variables. Il n’existe pas de corrélation ladies précédemment observées chez le autres cultivars, car ils ont coïncidé dans entre la résistance à la cercosporiose jaune matériel testé dans cette étude. Les carac- le temps, et donc aussi les fluctuations sai- et à la cercosporiose noire (Jones 2000). téristiques des sites expérimentaux sont sonnières des conditions climatiques, de la Quant à Cordana, nous n’avons trouvé au- décrites au tableau 2. Les parcelles expéri- pression des maladies et du potentiel com- cune étude comparative à son sujet. mentales étaient situées dans la “ceinture mercial, tandis que le premier cycle d’Isla La cercosporiose jaune, causée par de la coca” dans la haute vallée de l’Hual- avait déjà été récolté avant qu’aucune Mycosphaerella musicola Leach, est pré- laga. Tous les producteurs associés aux es- autre variété ait fleuri. sente dans le monde entier. En l’absence sais avaient plusieurs années d’expérience de cercosporiose noire, causée par Mycos- de production bananière dans des champs Résultats phaerella fijiensis Morelet, la cercospo- adjacents et ont manifesté un vif intérêt Le tableau 3 présente les caractéristiques riose jaune peut provoquer des pertes im- pour des “cultures alternatives”. Les essais agronomiques des variétés et hybrides de portantes, en particulier chez les ont été conçus de manière participative : Musa évalués dans le cadre de cette étude. bananiers AAA. Les bananiers plantain on n’a aucunement essayé d’optimiser ou Le cycle de production le plus court a été (AAB) résistent à la cercosporiose jaune de standardiser les pratiques agrono- enregistré chez Isla, dont le nombre de au niveau de la mer. Mais à plus haute alti- miques, celles-ci étant laissées à la discré- jours de la plantation jusqu’à la floraison et tude, et surtout s’ils sont cultivés dans des tion des producteurs (tableau 2). Nous jusqu’à la récolte était significativement conditions peu favorables, ils sont sen- pensons que c’est l’approche la plus va- plus faible que celui des autres variétés. sibles à cette maladie. Les variétés ABB, lable pour évaluer du matériel génétique Dans le second cycle de culture, ce phéno- comme Pisang Awak, sont considérées dans les conditions locales, car elle permet mène était encore plus prononcé. FHIA-01 comme résistantes (Jones 2000). Au Pérou, de prendre en considération les méthodes s’est classé en deuxième position pour le quand les méthodes culturales sont insuffi- culturales locales. Cependant, cela a pour nombre de jours de la récolte du premier santes, les groupes AAB et ABB sont tous effet d’accroître la variabilité des données. cycle à la récolte du second cycle, FHIA-03 deux affectés par la cercosporiose jaune On a donc utilisé dix plants par parcelle, et Inguiri étant en position intermédiaire (Krauss et al. 1999). au lieu des quatre à six plants normale- et Bellaco en dernière position. Isla s’est L’affection foliaire Cordana est causée ment recommandés. Par ailleurs, on a suivi aussi caractérisée par le taux d’émission par Cordana musae (Zimmermann) Höh- les directives de l’INIBAP pour l’évaluation foliaire le plus élevé dans le premier cycle, nel et se rencontre dans le monde entier. du matériel génétique (Orjeda 1998). La sans toutefois que la différence soit statis- Bien que d’importance mineure à l’échelle FHIA a fourni gracieusement des vitro- tiquement significative. On n’a donc pas internationale, elle peut provoquer une sé- plants de ses hybrides. Après acclimatation analysé ce paramètre pour le second cycle. vère défoliation, en particulier chez les ba- en serre, les plantules ont été repiquées Toutes les variétés étaient marginale- naniers plantain. Cette maladie est favori- avec un espacement de 2 m x 3 m, selon la ment plus hautes à la récolte qu’à la florai- sée par un climat humide et par le manque pratique usuelle pour les variétés locales. son ; toutes, excepté FHIA-01 en premier de vigueur des plants, facteurs existant Les essais ont été implantés dans un dispo- cycle, ont eu aussi une légère augmenta- tous deux au Pérou où la pluviométrie at- sitif en blocs randomisés, avec un bloc in- tion de la circonférence du pseudotronc teint 4000 mm dans certaines zones et où complet : la variété Bellaco n’a pas été entre la floraison et la récolte. Bellaco les plants sont affaiblis par le manque de plantée dans la parcelle de Marona. était la variété la plus haute, suivie par In- 22 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 guiri. Ces deux variétés avaient aussi les Le nombre de feuilles fonctionnelles sorte que les feuilles non fonctionnelles pseudotroncs les plus larges. Les deux hy- était très proche du nombre total de ont été surtout éliminées à proximité de la brides de la FHIA étaient de hauteur simi- feuilles. En premier cycle, les variétés récolte. L’indicateur le plus réaliste, pour laire à la floraison et à la récolte. Isla s’est conservaient entre 93% (Inguiri) et 100% évaluer la progression des maladies, est la caractérisée par la plus faible hauteur de (FHIA-03) de leurs feuilles à la floraison, diminution à la fois du nombre total de plant et le pseudotronc le plus mince. En et toutes en conservaient plus de 98% à la feuilles et du nombre de feuilles fonction- ce qui concerne la circonférence du pseu- récolte (tableau 3). Cette “augmentation” nelles entre la floraison et la récolte. En dotronc, les variétés se sont classées, par apparente de la santé des plantes avec le premier cycle, cette diminution était la ordre croissant, comme suit : Isla, FHIA-01, temps est due au fait qu’on n’a procédé à plus marquée chez Inguiri qui a perdu FHIA-03, Inguiri, Bellaco. Cette tendance l’effeuillage qu’aux derniers stades du dé- 23,6% du total des feuilles et 18,1% des s’est accentuée avec le temps (tableau 3). veloppement des plantes (tableau 2), de feuilles fonctionnelles entre la floraison et Tableau 2. Description des parcelles expérimentales gérées par les producteurs. Conditions selon l’appréciation Site Date de des producteurs des chercheurs Pratiques agronomiques plantation (nombre de jours après plantation) Cotomonillo 19/03/98 Bon sol pour les Sol alluvial fertile, sujet à l’inondation ; Non déterminées (Aucayacu) bananiers/plantains. 30 ans de culture de bananiers/plantains Dégâts du vent. sans fertilisation, mais avec paillis. Dégâts de foreurs de tiges ; applications occasionnelles de Furadan. Pendencia 19/03/98 Bon sol pour les Sol assez fertile, sujet à l’inondation ; Désherbage et effeuillage (181, 234, 503) (Fondo Bazán) bananiers/plantains. 3 ans de culture de bananiers/plantains sans Effeuillage (292, 345, 651) Dégâts du vent. fertilisation ; paillis ; culture de cacao Lutte contre les foreurs de tiges (Furadan) (234) antérieurement. Dégâts de foreurs de tiges ; Désherbage, effeuillage et lutte contre les foreurs de tiges (471) applications occasionnelles de Furadan. Marona 23/3/98 Assez bon sol pour Sol alluvial fertile ; pas de risque d’inondation. Désherbage et effeuillage (260, 281, 425) les bananiers/plantains. Dégâts de foreurs de tiges ; présence de Effeuillage (325, 437, 589) Foreurs de tiges la fusariose à confirmer dans ce champ. “ Seca seca ” Application de chaux en 1997 et de Furadan (= fusariose). en 1998. Première année de culture de bananiers, après des papayers. Pendencia 16/4/98 Bon sol pour les . Sol alluvial fertile, sans drainage naturel, Désherbage (22, 83, 338) (Fondo Magno) bananiers/plantains. sujet à l’inondation. Dégâts de foreurs de Effeuillage (464) Foreurs de tiges. tiges confirmés. Première année de culture Désherbage et effeuillage (193, 263, 316, 542, 625) de bananiers. Tableau 3. Caractéristiques agronomiques : comparaison entre les hybrides de la FHIA et les variétés péruviennes. FHIA-01 FHIA-03 Inguiri Bellaco Isla 1 (hybride AAAB) (hybride AABB) (French plantain) (plantain corne) (Pisang Awak ?) Premier cycle Nombre de jours jusqu’à la floraison 268 b 279 b 279 b 284 b 198 a Nombre de jours jusqu’à la récolte 390 b 411 b 403 b 410 b 299 a Hauteur à la floraison (cm) 239 b 233 b 268 c 311 d 201 a Hauteur à la récolte (cm) 243 b 238 b 287 c 320 d 203 a Circonférence du pseudotronc à la floraison (cm) 77,3 b 88,7 b 91,7 b 109,8 c 59,4 a Circonférence du pseudotronc à la récolte (cm) 76,5 b 93,7 c 101,2 c 114,1 d 62,5 a Nombre total de feuilles à la floraison 10,8 b 11,1 b 8,9 ab 8,1 a 7,9 a Nombre total de feuilles à la récolte 9,9 b 10,3 b 6,8 a 6,7 a 6,7 a Perte totale de feuilles de la floraison à la récolte (%) 8,3 7,2 23,6 17,3 15,2 Nombre de feuilles fonctionnelles à la floraison 10,7 b 11,1 b 8,3 a 8,0 a 7,7 a Nombre de feuilles fonctionnelles à la récolte 9,9 b 10,1 b 6,8 a 6,7 a 6,6 a Perte de feuilles fonctionnelles de la floraison à 7,5 9,0 18,1 16,2 14,3 la récolte (%) Taux maximum d’émission foliaire 0,28 a 0,42 a 0,41 a 0,35 a 0,64 a (nombre de feuilles par semaine) Second cycle Nombre de jours de la floraison à la floraison 278 b 286 b 283 b 296 b 150 a Nombre de jours de la récolte à la floraison 156 b 150 b 154 b 164 b 49 a Nombre de jours de la récolte à la récolte 265 b 276 bc 276 bc 298 c 149 a Hauteur à la floraison (cm) 245 b 244 b 291 c 328 d 211 a Hauteur à la récolte (cm) 250 b 248 b 296 c 334 d 216 a Circonférence du pseudotronc à la floraison (cm) 72,9 a 86,7 b 98,7 c 115,1 d 62,2 a Circonférence du pseudotronc à la récolte (cm) 77,2 b 89,0 c 102,0 d 115,5 e 65,5 a Nombre total de feuilles à la floraison 10,2 b 10,4 b 7,7 a 8,5 a 7,9 a Nombre total de feuilles à la récolte 9,7 b 9,8 b 7,2 a 7,5 a 7,2 a Perte totale de feuilles de la floraison à la récolte (%) 4,9 5,8 6,5 11,8 8,9 Nombre de feuilles fonctionnelles à la floraison 10,0 b 10,3 b 7,7 a 8,5 a 7,7 a Nombre de feuilles fonctionnelles à la récolte 9,5 b 9,7 b 7,2 a 7,4 a 7,0 a Perte de feuilles fonctionnelles de la floraison 5,0 5,8 6,5 12,9 9,1 à la récolte (%) 1 On a comparé le second cycle d’Isla avec le premier cycle des autres variétés et des hybrides. a, b, c, d Dans une même rangée, les valeurs suivies de la même lettre ne présentent pas de différence significative au seuil P = 0,05 (test de Tukey). INFOMUSA — Vol 10, N° 1 23 Tableau 4. Réaction aux affections foliaires : comparaison entre les hybrides de la FHIA et les variétés péruviennes. FHIA-01 FHIA-03 Inguiri Bellaco Isla 1 (hybride AAAB) (hybride AABB) (French plantain) (plantain corne) (Pisang Awak ?) Premier cycle Cercosporiose jaune Taux moyen de sévérité (%) 2 0,54 a 0,12 a 4,09 c 0,69 ab 2,57 bc Indice d’infection 6 mois 0,53 a 0,00 a 4,37 b 0,58 a 4,36 b après plantation 3 Indice d’infection à la floraison 1,09 a 0,56 a 3,55 b 0,82 a 3,73 b Indice d’infection à la récolte 1,67 ab 0,25 a 7,45 c 3,11 b 6,73 c Cordana Taux moyen de sévérité (%) 1,21 a 0,95 a 2,00 ab 2,96 b 1,57 ab Indice d’infection 6 mois 1,73 a 1,26 a 2,37 ab 3,62 b 2,52 ab après plantation Indice d’infection à la floraison 1,85 ab 0,92 a 3,01 b 2,67 b 3,00 b Indice d’infection à la récolte 2,28 ab 1,95 a 3,55 b 5,88 c 5,04 bc Second cycle Cercosporiose jaune Taux moyen de sévérité (%) 2,13 a 1,71 a 5,48 b 2,05 a 3,68 ab Indice d’infection à la floraison 1,07 a 0,79 a 3,03 a 2,15 a 3,04 a Indice d’infection à la récolte 1,86 a 1,27 a 2,61 a 1,07 a 3,37 a Cordana Taux moyen de sévérité (%) 2,08 a 0,97 a 4,91 a 1,57 a 1,65 a Indice d’infection à la floraison 0,64 a 0,11 a 1,50 a 1,51 a 1,60 a Indice d’infection à la récolte 1,05 a 0,19 a 1,43 a 0,06 a 1,67 a 1 On a comparé le second cycle d’Isla avec le premier cycle des autres variétés et des hybrides. 2 On a multiplié le taux de sévérité par feuille avec le taux de feuilles infectées, puis on a calculé la moyenne des valeurs dans le temps. 3 Indice d’infection calculé selon la méthode d’Orjeda (1998). a, b, c Dans une même rangée, les valeurs suivies de la même lettre ne présentent pas de différence significative au seuil P = 0,05 (test de Tukey). la récolte. Bellaco en a perdu respective- nière encore plus prononcée, les deux ma- tables dans le second cycle de culture, bien ment 17,3% et 16,2%, et Isla 15,2% et 14,3%. ladies chez Bellaco ont semblé régresser que le prix au producteur ait alors dimi- Les pertes les plus faibles ont été enregis- entre la floraison et la récolte. Ce phéno- nué, excepté pour Bellaco. trées chez les hybrides de la FHIA : 8,3% et mène peut être attribué à l’effeuillage ef- 7,5% pour FHIA-01, 7,2% et 9,0% pour fectué juste avant la récolte de ces variétés Discussion FHIA-03. En second cycle, les hybrides de (tableau 2) et il concorde aussi avec le Nous avons délibérément opté pour une mé- la FHIA ont eu de nouveau le moins de taux élevé de perte de feuilles chez Bellaco thode d’évaluation participative, car il nous pertes de feuilles : 4,9% et 5,0% chez FHIA- entre la floraison et la récolte (tableau 3). a semblé que c’était le meilleur moyen pour 01, 5,8% et 5,8% chez FHIA-03 tandis que En ce qui concerne la performance éco- faire des essais représentatifs des condi- les plus fortes pertes ont été enregistrées nomique (tableau 5), il s’est avéré que tions culturales locales. Nous avons ainsi pu chez Bellaco (11,8% et 12,9%), suivie par FHIA-03 était la variété de Musa la plus inclure dans l’évaluation à la fois les pra- Isla (8,9% et 9,1%) et Inguiri (6,5% pour les rentable pendant le premier cycle de cul- tiques agronomiques (ou leur absence) et deux valeurs) (tableau 3). ture. Cet hybride a produit le plus grand les préférences variétales personnelles. Il Les pertes de feuilles étaient directe- nombre de doigts par régime et s’est vendu est à noter que l’un des producteurs a dé- ment en relation avec la sensibilité aux au prix le plus fort, ce dernier étant cal- cidé de ne pas planter Bellaco. Il s’est en- maladies (tableau 4). Les hybrides de la culé sur la base de 1000 doigts dans l’est suite avéré que cette variété a donné la plus FHIA, en particulier FHIA-03, se sont mon- du Pérou. En deuxième position venait mauvaise performance globale. Néanmoins, trés à tout moment les moins sensibles à la Isla, qui s’est caractérisée à la fois par de les producteurs qui ont participé aux essais cercosporiose jaune comme à Cordana, gros régimes et par un cycle court. Dans le avaient l’expérience de la production bana- que l’on mesure leur incidence par le taux second cycle de culture, Isla a surpassé nière, s’y intéressaient et étaient les plus moyen de sévérité ou par l’indice d’infec- FHIA-03 grâce à une vitesse de croissance consciencieux de la zone. Il ne fait aucun tion. En premier cycle, Inguiri et Isla ont et de floraison remarquable (tableau 3). doute que les méthodes culturales appli- été les plus affectées par la cercosporiose Cette caractéristique a compensé sa sensi- quées étaient d’un niveau supérieur à la jaune. Bellaco a été la plus sensible à Cor- bilité à la cercosporiose jaune et son prix moyenne régionale. dana, suivie de près par Inguiri et Isla. En de vente légèrement plus bas. FHIA-01 Aucun des paysans participants ne second cycle, toutes les variétés ont été da- s’est classé en troisième position dans l’un considérait les affections fongiques comme vantage affectées par la cercosporiose et l’autre cycles grâce à ses gros régimes et un facteur limitant la production. A leurs jaune que par Cordana, mais les taux de à sa résistance aux maladies. Son prix se yeux, il s’agissait d’un phénomène normal. sévérité et les indices étaient plus va- situait au même niveau que celui d’Isla. In- Tous ont eu des problèmes de chute de riables. Inguiri, suivie par Isla, a exhibé la guiri était moins rentable et Bellaco s’est plantes, qu’ils attribuaient au vent (de plus forte sévérité de cercosporiose jaune. classée en dernière position. La plus faible force négligeable dans la région) ou aux Les autres paramètres et l’infection par rentabilité de ces deux variétés de bana- charançons (omniprésents). Les paysans Cordana n’étaient pas statistiquement si- niers plantain s’explique par leurs petits moyens ne connaissent généralement pas gnificatifs (tableau 4). Contrairement au régimes (tableau 5) et leur forte sensibilité ce ravageur. L’absence totale de drainage premier cycle où la maladie s’est intensi- aux maladies (tableau 4), que leur prix de dans les champs sujets à l’inondation a fiée avec le temps, en second cycle, la cer- vente élevé n’a pas suffi à compenser. aussi contribué à affaiblir les systèmes ra- cosporiose jaune chez Inguiri et, de ma- Toutes les variétés sont devenues plus ren- cinaires. Les nématodes ne posaient pas de 24 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 problème majeur car toutes les parcelles, si bons résultats et ont été acceptés tant cercosporiose jaune et à l’affection foliaire sauf celle qui a dû être abandonnée à Coto- sur les marchés locaux que sur ceux de la Cordana dans l’environnement et avec les monillo, n’étaient plantées que depuis peu capitale. Le succès de FHIA-03, en particu- pratiques culturales médiocres de l’est du avec des bananiers (tableau 2). L’un des lier, est surprenant. Alors que Bluggoe Pérou. FHIA-03, qui s’est révélé être le paysans a appliqué un insecticide pendant n’est pas apprécié au Pérou (Krauss et al. moins sensible à ces maladies, a produit la durée de l’essai. Tous les producteurs 1999), les producteurs ont considéré qu’ils les plus gros régimes et s’est vendu au pratiquaient le désherbage et l’effeuillage pouvaient utiliser FHIA-03 pour de mul- meilleur prix. On peut donc penser qu’il a manuellement. Ils n’ont commencé à éli- tiples usages. un excellent potentiel commercial sur miner les feuilles non fonctionnelles qu’en- Dans cette étude, la variété Isla del Alto les marchés péruviens. La variété Bellaco viron six mois après la plantation, alors Huallaga s’est montrée moyennement sen- s’est vendue à peu près au même prix que qu’Isla avait commencé à fleurir, et ils ont sible à la cercosporiose jaune dans l’est du FHIA-03 (pour 1000 doigts), mais a été la renouvelé l’opération avant la période de Pérou. Cette constatation contredit les moins rentable du fait de ses petits ré- pointe de la récolte dans les deux cycles de données du tableau 1, mais pourrait aider gimes. FHIA-01, quoique moins populaire, culture (tableaux 2 et 3). Ils n’ont prêté à résoudre une question contestée : Isla a a aussi un bon potentiel. Il s’est vendu au que peu d’attention aux plants durant les été classée par différents auteurs comme même prix qu’Isla, l’une des variétés les premiers stades de développement, c’est-à- sensible à hautement résistante, et Inguiri plus prisées au Pérou (Krauss et al. 1999). dire au moment où les régimes se différen- et Bellaco comme sensibles à résistantes. On n’a inclus dans cette étude que les va- ciaient et où se déterminait le nombre de Krauss et al. (1999) ont établi qu’Isla est riétés locales les plus appréciées et il est doigts, sur lequel repose le prix de vente. résistante et qu’Inguiri et Bellaco sont particulièrement remarquable qu’une nou- FHIA-01 a été créé pour remplacer des moyennement résistantes à la cercospo- velle variété parvienne à leur faire concur- bananiers dessert. C’est le seul hybride ca- riose jaune, mais que leurs réactions dé- rence sur le marché dès la première année pable de résister à la fois à la cercospo- pendent des conditions culturales. Les de production. Les paysans participants riose noire, à la fusariose et à la pourriture trois variétés ont été notées sensibles à ont également jugé qu’il existait de bonnes de la couronne. En outre, il produit un ren- Cordana (Krauss et al. 1999). D’après les possibilités pour commercialiser le maté- dement élevé même dans des conditions données enregistrées dans le premier cycle riel végétal des hybrides de la FHIA. Toute- défavorables, et notamment en cas de sé- de culture, Isla et Inguiri présentent une fois, aucun d’entre eux n’était prêt à cheresse (FHIA 2000). Il tend à donner sensibilité similaire à la cercosporiose vendre du matériel de FHIA-03, qui produit une meilleure performance en conditions jaune, tandis que Bellaco apparaît moins moins de rejets que FHIA-01. En revanche, subtropicales qu’en conditions tropicales, sensible à cette maladie, mais plus sen- ils ont étendu leurs propres superficies cul- surtout en ce qui concerne la qualité des sible à Cordana. En revanche, dans le se- tivées avec FHIA-03. fruits (Jones 2000). FHIA-03 a été créé cond cycle de culture, toutes les variétés Nous pouvons sans hésitation recom- pour remplacer Bluggoe. Il résiste à la cer- ont souffert davantage de la cercosporiose mander d’introduire les hybrides de la cosporiose noire et à la maladie de Moko. jaune que de Cordana. La forte variabilité FHIA à plus grande échelle au Pérou, et Il s’agit d’un hybride rustique, qui produit de l’incidence de ces maladies dans le se- cela d’autant plus que la cercosporiose bien en conditions défavorables, par cond cycle, en particulier à l’approche de la noire ne cesse de s’étendre. Des évalua- exemple sur sols pauvres ou en cas de sé- récolte, pourrait s’expliquer par le fait que tions sont en cours sur les hybrides de la cheresse. Son principal défaut est la courte l’effeuillage phytosanitaire était pratiqué de FHIA dans des zones affectées par la cer- durée de sa vie verte. Il est donc recom- manière plus intense vers cette période. cosporiose noire (Phil Rowe et Raúl An- mandé de le cultiver dans le jardin des ha- Isla a été récemment intégrée dans le guiz, comm. pers., 1999). bitations et pour la consommation locale programme d’amélioration de la FHIA (FHIA 2000). Le temps de cuisson (par (Phil Rowe, comm. pers., 2000). Il serait Remerciements ébullition) des fruits verts de FHIA-03 intéressant d’étudier si les pathotypes Cet article a été élaboré dans le cadre n’est que la moitié de celui de Bluggoe agressifs de M. musicola sont propres à la d’un projet de diversification financé par (Jones 2000). vallée de l’Huallaga et/ou de confirmer l’af- l’USDA-ARS (United States Department of Dans la zone indemne de cercosporiose finité des variétés Isla avec Pisang Awak. Il Agriculture-Agricultural Research Ser- noire où cette étude a été effectuée, FHIA- a été suggéré qu’Isla pourrait appartenir vice) et géré par CABI Bioscience. Pen- 03 a donné une performance similaire à au sous-groupe Iholena (AAB) (Thierry dant les trois premiers mois, un finance- celle de la meilleure variété locale (Isla) et Lescot, comm. pers., 1999). En outre, “Isla” ment complémentaire a été reçu de FHIA-01 s’est aussi très bien comporté. est un terme collectif qui recouvre cinq à l’Organisation des États américains Dans la vallée de l’Huallaga à environne- sept variétés distinctes appartenant à un (Inter-American Drug Abuse Control ment tropical marqué, c’est le manque de même groupe (Krauss et al. 1999). Il n’est Commission, IADACC/OAS). Les hybrides drainage plutôt que la sécheresse qui pose pas impossible que leur réaction à la mala- de la FHIA ont été fournis gracieusement problème (Krauss et al. 1999). Dans ces die soit différente. par Phil Rowe. Les auteurs remercient conditions, il est satisfaisant de constater Ces essais ont montré que les hybrides aussi leurs collègues du CABI (Common- que les hybrides de la FHIA ont donné de de la FHIA font preuve de résistance à la wealth Agricultural Bureau Internatio- Tableau 5. Rentabilité économique : comparaison entre les hybrides de la FHIA et les variétés péruviennes. FHIA-01 FHIA-03 Inguiri Bellaco Isla 1 (hybride AAAB) (hybride AABB) (French plantain) (plantain corne) (Pisang Awak ?) Nombre moyen de doigts par régime 120 150 84 33 110 Premier cycle Prix au producteur (US$ pour 1000 doigts) 30,03 39,04 36,04 39,04 30,03 Revenu brut (US$ ha-1 an-1) 2 3747 5778 3047 1747 4481 Second cycle Prix au producteur (US$ pour 1000 doigts) 28,90 34,68 28,90 40,46 28,90 Revenu brut (US$ ha-1 an-1) 1 5307 7644 3567 1817 8653 1 On a comparé le second cycle d’Isla avec le premier cycle des autres variétés et des hybrides. 2 Sur la base d’une densité de 1111,11 plants par ha. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 25 nal, Royaume-Uni), du Cirad-Flhor Toute mention de produit commercial sariose. Guide technique INIBAP 3. INIBAP, (Centre de coopération internationale en dans cet article ne doit pas être considérée Montpellier, France. recherche agronomique pour le dévelop- comme une recommandation. ■ Orjeda, G., J.-V. Escalant & N. Moore. 1999. pement - Département des productions Phase II du Programme international d’éva- fruitières et horticoles, France), de la Références luation des Musa (IMTP) : synthèse du FAO (Organisation des Nations unies pour FHIA. 2000. Bananas and Plantains. rapport final et des résultats. INFOMUSA l’alimentation et l’agriculture), de l’UNAS . 8 (1):3-10. (Universidad Nacional Agraria de la Jones D.R. (ed.). 2000. Diseases of banana, Selva, Pérou) et de WINROCK pour leurs abacá and enset. CABI Publishing, Walling- commentaires et contributions. Nous ford, Royaume-Uni. sommes particulièrement reconnaissants Krauss U., R. Figueroa, A. Johanson, E. Aré- Ulrike Krauss (adresser toute correspondance à cet à Phil Rowe qui a revu le manuscrit. C’est valo, R. Anguiz, O. Cabezas & L. García. auteur) travaille au CABI Bioscience, c/o CATIE, 7170 avec une grande tristesse que nous avons Turrialba, Costa Rica, Fax : (+506) 556 0606, E-mail1999. Les variétés de Musa au Pérou : clas- ukrauss@catie.ac.cr. Whilly Soberanis travaille au appris la disparition de Phil Rowe qui res- si f ication, uti l isations, potentiel et CABI Bioscience, c/o Universidad Nacional Agraria de tera dans nos mémoires comme la per- contraintes de production. INFOMUSA la Selva (UNAS), Apdo 156, Tingo María, Pérou. sonne magnanime et toujours encoura- 8(2):19-26. José Jarra travaille à l’IAHRC (Inter-American Human geante que nous avons eu le privilège Orjeda, G. 1998. Évaluation de la résistance Rights Court of the Organization of American States, de connaître. des bananiers aux cercosporioses et à la fu- OAS) à Tingo María, Pérou. Evaluation de matériel génétique Résistance aux charançons Evaluation de matériel génétique de Musa pour la résistance aux charançons B. Padmanaban, P. Sundararaju, K.C. Velayudhan et S. Sathiamoorthy Parmi les principales cultures despays en développement, les bana-niers et les plantains se classent en quatrième position et l’Inde en est le pre- mier producteur. Sur 40 millions de tonnes de fruits produites dans ce pays, la banane occupe la première place avec un volume annuel de 13,5 millions de tonnes pour une superficie de 400 000 ha. Les principaux insectes s’attaquant à cette culture sont le charançon du rhizome, Cosmopolites sordidus (Germ.), et le charançon du pseudotronc, Odoiporus longicollis (Oliv.), qui limitent à la fois la production et la productivité des bana- niers et des bananiers plantain (figure 1) (Ostmark 1974). Tous deux sont une me- nace pour les cultures de jardins et on a 1 2 3 signalé aussi leur présence dans des zones de culture non traditionnelles du Figure 1. Infestation par le charançon du pseudotronc du bananier. Tamil Nadu (Padmanaban et Sundararaju (1) Pied infesté présentant un pourrissement et un dessèchement des gaines. (2) Pied infesté dont on a enlevé la gaine extérieure pour observer les dégâts. 1999). Des études ont été consacrées à la (3) Charançon adulte et larves creusant des tunnels dans la gaine. bionomie de ces ravageurs et aux mé- thodes de lutte chimique (Dutt et Maiti 1972, Reghunath et al. 1992, Mathew bananiers et de plantains sous infestation Ortiz et al. (1995) ont noté que, dans et al. 1997). naturelle de charançons du pseudotronc l’étude des mécanismes de résistance au Anitha et al. (1996) ont étudié la réac- (CP, Odoiporus longicollis) et de charan- niveau de la souche, il fallait envisager la tion de variétés de bananiers aux princi- çons du rhizome (CR, Cosmopolites présence de substances antiappétantes paux stress biotiques. Toutefois, cette sordidus). ou l’absence d’éléments nutritifs essen- étude n’incluait pas le charançon du pseu- Une corrélation négative entre la dureté tiels. L’attractivité du pseudotronc pour dotronc, O. longicollis. Peu de cultivars de la souche et le taux d’infestation a les adultes n’a pas été retenue comme ont été évalués pour leur résistance au amené à formuler l’hypothèse d’une résis- critère de résistance aux charançons, car charançon du pseudotronc (Charles et al. tance mécanique à la ponte ou au dévelop- aucune corrélation n’a été établie entre 1996). Nous décrirons ici les résultats d’un pement larvaire du charançon du rhizome ce paramètre et les taux d’infestation criblage en champ de diverses variétés de (Pavis et Minost 1993). (Pavis et Minost 1993). 26 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Matériel et méthodes Tableau 1. Accessions indemnes tégie sûre pour lutter à long terme contre Dans un essai en champ en 1999-2000, on a d’infestation par le charançon du les charançons du bananier (Seshu Reddy évalué le matériel génétique de bananier pseudotronc (CP, O. longicollis). et Lubega 1998). D’après les observations disponible à la station régionale de Vella- IC N° Nom local Génome faites dans ces évaluations, les charançons nikkara (Kerala) du National Bureau of TCR 7 Sannachenkadali AA semblent avoir une préférence pour les Plant Genetic Resources (NBPGR) afin de 84809 Karumpoovan AAB groupes génomiques AAB et ABB. Des déterminer sa résistance aux charançons. TCR 22 Nattuvazhai ABB études effectuées par d’autres chercheurs La parcelle avait été établie en 1995 avec TCR 29 Sivakositu ABB dans d’autres sites ont mis en évidence une un espacement de 2,8 x 2,8 m entre les ran- 84833 Sakkai (Chakkiya) ABB tendance similaire (Haddad et al. 1979, gées et entre les plantes. On a appliqué les 84863 Poozhachendu AAB Mesquita et al. 1984, CRBP 1992, Sim- pratiques culturales usuelles dans un sys- 84889 Senkadali AAA monds 1966). tème de culture pluviale. On a enregistré la TCR 78 Koombillakai AAB Les CP manifestent un degré élevé de circonférence au sommet et à la base du TCR 133 Morris AAA préférence pour certaines plantes hôtes. pseudotronc, ainsi que le taux d’infesta- 127933 Kadali AA Quand des cultivars commerciaux comme tion. On a ouvert les pieds fortement infes- 127936 Tongat AA Nendran, Robusta, Rasthali, Red Banana et tés afin de déterminer le nombre de cha- 127938 Namrai AAB Pisang awak sont tous présents dans un rançons adultes et de larves présents à 127940 Sannachenkadali AA même site, les charançons du pseudotronc l’intérieur. Après la récolte, les rhizomes 127941 Karivazha AAA reconnaissent les cultivars de plantains et ont été déracinés et les dégâts évalués. 127943 Bodles Alta Fort AAAA s’attaquent uniquement à eux. La capacité 127944 Hybrid sawai ABBB des charançons à distinguer une plante Résultats et discussion 127946 Elavazhai BB hôte acceptable s’explique peut-être par la Dans l’évaluation en champ pour la résis- 127947 Kunnan AB présence d’une série de chimiorécepteurs tance au charançon du pseudotronc, il 127952 Padalimoongil AB sensoriels sur les antennes et les organes s’est avéré que sur 229 accessions, 62 ap- 127958 Radjasree AAB buccaux (Nahif et al. 1994, Nahif et al. partenant aux groupes génomiques AAB, 127963 Vannan AAB 2000). Il faudrait faire des études en labo- ABB, AB, AAA, BB et ABBB étaient infes- 127974 Karibale AAB ratoire sur les accessions identifiées tées par les CP. Le taux d’infestation maxi- 127978 Velipadathi AAB comme résistantes afin de sélectionner les mum a été enregistré chez le génome AAB, 127980 Peyan ABB plus prometteuses. tandis que 37 accessions appartenant aux 127981 Ashy Bathesa ABB génomes ABB, AAB, AA, BB, AB, AAA, 127984 Octoman ABB Remerciements ABBB et AAAA étaient indemnes d’infesta- 127986 Kalibow AAB Les auteurs remercient Z. Abraham, cher- tion par les CP (tableau 1). 127987 Boodithabontha bath ABB cheur au NBPGR à Thrissur, qui a mis à L’incidence des CP a été constatée chez TCR 195 Padathi AAB leur disposition les équipements néces- 5,5 % des accessions en 1999, et ce taux a 127994 Ennabenian ABB saires, et Mlle C. Rajalakshmy, techni- quadruplé (21,36 %) en 2000. 127996 Cheenabale AAB cienne, pour son assistance. ■ Du fait de l’infestation par les CP, il y a TCR 216 Boothibale ABB eu une réduction de 50-86 % de la circonfé- TCR 221 Morris AAA Références rence au sommet du pseudotronc. Chez les TCR 241 Padalimoongil AB Anitha N., L. Rajamony & T.C. Radhakrishnan. 1996. plantes infestées, on a trouvé 2-15 charan- 84776 Njalipoovan AB Reaction of banana clones against the major bio- çons adultes, 10-15 larves et 5-8 coques de 84760 Madavazha ABB tic stresses. The Planter 72: 315-321. nymphose. Dutt et Maiti (1972) ont signalé TCR 300 M. balbisiana BB Charles J.S.K., M.J. Thomas, R. Menon, T. Premala- que les sites de ponte préférés sont les par- tha & S.J. Pillai. 1996. Field susceptibility of ba- ties du pseudotronc ayant une circonfé- nana to pseudostem borer, Odoiporus longicollis rence de 25 à 50 cm et une hauteur allant Tableau 2. Accessions indemnes (Oliv.). P. 32 in Symposium on Technological ad- jusqu’à 125 cm chez les variétés de haute d’infestation par le charançon du vancement in banana/plantain production and taille comme Martaman (AAB), Champa rhizome (CR, C. sordidus). processing - India - International, 20-24 Aug. (AAB) et Kanchekela (ABB), et une hau- 1996. Abstracts of papers. (N.K. Nayar & T.E. IC N° Nom local Génome teur allant jusqu’à 100 cm chez les variétés George, eds.). Kerala Agricultural University, TCR 7 Sannachenkadali AA naines comme Kabuli (AAA). Nos études Mannuthy, Inde. 84809 Karumpoovan AAB n’ont mis en évidence aucune relation CRBP. 1992. Rapport de synthèse. Recherches 1991. 84863 Poozhachendu AAB entre le taux d’infestation, la circonfé- Centre Régional Bananiers et Plantains (CRBP), 84866 Sakkai ABB rence du pseudotronc et la hauteur de la Douala, Cameroun. 84889 Senkadali AAA plante ; en effet, même les plantes de plus Dutt N. & B.B. Maiti. 1972. Occurrence of non-sex li- 127946 Elavazha BB petite taille étaient infestées. 127949 Njalipoovan AB mited variations in conspecific sympatric phena On a évalué au champ la résistance au TCR 216 Borthibale ABB of Odoiporus longicollis (Oliv.). Sci. & Cult. 37: charançon du rhizome, C. sordidus, sur TCR 261 Njalipoovan AB 572-574. 143 accessions. Parmi celles-ci, 134 appar- Haddad O., J.R. Surya & M. Wagner. 1979. Relacion tenaient aux groupes génomiques sui- de la composicion genomica de las musaceas con vants : ABB, AAB, AAA, AA, BB, AB et kadali était tolérante ; dans le groupe AB, el grado de attrecion de adultos y larvas de Cos- ABBB et étaient infestées par le CR, tandis Njalipoovan, Kunnan et Poomkalli étaient mopolites sordidus (Germ.) (Coleoptera : Curcu- que neuf accessions appartenant aux résistantes ; dans le groupe AAB, Mysore lionidae). Agronomia Tropical 29: 429-438. groupes génomiques ABB, AAB, AAA, AA, Poovan s’est montrée hautement tolé- Mathew M.P., S.R. Nair & S. Sivaraman. 1997. Mana- BB et AB étaient indemnes (tableau 2). rante ; et dans le groupe ABB, Jamani était gement of pseudostem borer of banana, Odoipo- Anitha et al. (1996) ont criblé 87 varié- tolérante, tandis que Malaimonthan et rus longicollis (Oliv.). Indian J. Entomology tés de différents groupes génomiques (AA, Peykunnan ont fait preuve d’un degré 59:269-273. AB, AAA, AAB et ABB) pour déterminer moyen de résistance au ravageur. Mesquita A.L.M., I.J. Alves & R.C. Caldas. 1994. Re- leur résistance au CR en conditions natu- La résistance de la plante hôte obtenue sistance of banana cultivars to C. sordidus (Ger- relles. Parmi les variétés AA, Sannachen- par amélioration génétique offre une stra- mar, 1824). Fruits 39: 254-257. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 27 Nahif A.A., A. Koppenhofer & G. Madel. 1994. Mor- mar (Coleoptera : Curculionidae) : Role of pseu- genetic improvement of bananas for resistance phologie, Biologie und Bedeutung von Cosmopo- dostem attractivity and physical properties of the to diseases and pests, Montpellier, France, 7-9 lites sordidus Ger. Z. Angew. Zool. 4: 435-447. rhizome. Pp. 129-142 in Breeding bananas and Sept. 1992 (J. Ganry, ed.). CIRAD-FLHOR, Mont- Nahif A.A., B. Padmanaban & P. Sundararaju. 2000. plantain for resistance to diseases and roots. In- pellier, France. Ultrastructure of the banana pseudostem weevil, ternational symposium on genetic improvement Simmonds N.W. 1966. Bananas. Longman, Londres. Odioporus longicollis (Coleoptera : Curculioni- of bananas for resistance to diseases and pests, dae). Poster présenté à l’Entocongress 2000 tenu Montpellier, France, 7-9 Sept. 1992 (J. Ganry, à l ’Université de Kerala, Trivandrum, 5-8 ed.). CIRAD-FLHOR, Montpellier, France. novembre 2000. Reghunath P., A. Visalakshi, T. Biju Mathew, N. Mo- Ortiz R., D. Vuylsteke, B. Dumpe & R.S.B. Ferris. handas, S. Naseema Beevi & K.S. Remamoni. 1995. Banana weevil resistance and corm hard- 1992. Insecticidal management of the pseudos- ness in Musa germplasm. Euphytica 86:95-102. tem borer Odoiporus longicollis Oliver (Coleop- Ostmark H.E. 1974. Economic insect pests of bana- tera : Curculionidae) in banana. Entomon nas. Ann. Rev. Entomol. 19: 161-176. 17(1-2): 113-115. B. Padmanaban, P. Sundararaju et S. Sathiamoorthy travaillent au National Research Centre on Banana, Padmanaban B. & P. Sundararaju. 1999. Occurrence Seshu Reddy K.V. & M.C. Lubega. 1993. Evaluation #17, Ramalinga Nagar South Extn., Vayalur Road, Tiru- of banana weevil borers (Curculionidae : Coleop- of banana cultivars for resistance/tolerance of chirapalli - 620 017, Inde. K.C. Velayudhan est basé à tera) in Tamil Nadu. Insect Environment 5: 135. the weevil C. sordidus (Germar.). Pp. 143-148 in la station régionale du NBPGR (National Bureau of Pavis C. & C. Minost. 1993. Banana resistance to the Breeding bananas and plantain for resistance to Plant Genetic Resources), Vellanikkara, Thrissur - 680 banana weevil borer Cosmopolites sordidus Ger- diseases and roots. International symposium on 654, Inde. Le point sur … La fusariose au Kenya La fusariose du bananier au Kenya : distribution et impact sur les petits producteurs J.N. Kung’u, M.A. Rutherford fets du type de sol. En Amérique centrale, au Kenya, identifier les cultivars affectés et P. Jeffries on avait déjà observé que la fusariose se par cette maladie et évaluer s’il existe des diffusait plus rapidement dans certaines corrélations entre la distribution de la ma- régions que dans d’autres (Stotzky et Mar- ladie et les ZAE, les ZAC ou certains fac- La banane (Musa spp.) occupe une tin 1963), ce qui avait amené à classer les teurs du sol. Ce sont là des informationsplace de plus en plus importante sols des zones de production bananière sur importantes pour la gestion de la maladie,dans l’économie kenyane, qui repose la base de la “durée de vie productive du car elles faciliteront la mise en place de de manière prépondérante sur l’agricul- bananier” (courte, moyenne ou longue). stratégies d’utilisation de cultivars tolé- ture. Depuis une vingtaine d’années, les su- On s’est alors efforcé d’établir des corréla- rants/résistants dans les “zones d’épidé- perficies consacrées à sa production ont tions entre cette durée de vie productive et mie”, de façon à ne cultiver les cultivars fortement progressé, ce qui s’explique en les caractéristiques des sols : texture, pH, sensibles (et ne pouvant être actuellement partie par la baisse des revenus tirés du capacité d’échange cationique, sels so- remplacés par d’autres types de bananiers) café, qui a amené les agriculteurs à se re- lubles totaux, éléments nutritifs assimi- que dans les zones indemnes de maladie. convertir à la culture des bananes pour les lables, matière organique et drainage vendre sur les marchés locaux. Cette cul- (Stotzky et Martin 1963). Parmi ces carac- Matériel et méthodes ture est pratiquée principalement par les téristiques, on a constaté que la minéralo- petits producteurs et s’intègre bien avec gie de l’argile était en corrélation forte- Zones de collecte des échantillons les autres activités agricoles. Par exemple, ment positive avec la durée de vie On a prospecté tous les districts du Kenya une fois que les régimes ont été récoltés, productive du bananier. dans lesquels la production bananière est les pseudotroncs servent à nourrir les ani- Le Kenya est divisé en plusieurs zones importante, à l’exception du district de maux laitiers, en particulier pendant les agroécologiques (ZAE) (Jaetzold et Lamu. L’aire prospectée a été divisée en périodes de sécheresse, ce qui contribue à Schmidts 1982 a, b, c) et agroclimatiques trois grandes zones (figure 1) : zone litto- développer la production de lait (autre (ZAC) (Sombroek et al. 1982) dans les- rale (districts de Kilifi, Kwale et Taita-Ta- source de revenus importante pour les pe- quelles on trouve divers types de sols. Il veta), zone centre-est (districts de Mu- tits producteurs), et ils fournissent égale- importe de prendre ces zones en considé- rang’a, Kirinyaga, Nyeri, Embu et Meru) et ment un engrais vert qui est recyclé dans ration quand on étudie les épiphyties. Les zone ouest (districts de Kisii, Homa Bay, les champs. Cette culture offre un bon po- ZAE ont été définies par la FAO (1978) sur Migori, Kisumu, Siaya, Kakamega et tentiel d’exportation, mais celui-ci est ac- la base du potentiel de rendement clima- Busia). Les exploitations et les plants tuellement limité par les maladies et les tique des principales cultures au sein échantillonnés ont été sélectionnés de ma- ravageurs (Kung’u 1995). Parmi les mala- d’une région. Quant aux ZAC, elles repo- nière aléatoire (Kung’u 1998). dies, la fusariose est celle qui cause le plus sent sur la disponibilité d’humidité et la de dégâts dans ce pays (Kung’u 1995, température annuelle moyenne d’une ré- Isolement et identification des souches de 1998). gion (Sombroek et al. 1982). La zone de F. oxysporum f.sp. cubense (Foc) Les effets du climat et de la pluviométrie disponibilité d’humidité d’une ZAC est dé- De retour au laboratoire, on a pelé les sur la distribution, l’incidence et la sévé- terminée par le ratio entre la pluviométrie gaines des morceaux de pseudotronc préle- rité de la fusariose du bananier sont com- annuelle mesurée (r) et l’évapotranspira- vés dans les champs, avant d’essuyer leur plexes (Wardlaw 1972). Etudiant les effets tion annuelle moyenne calculée (Eo). face externe avec de l’alcool à 70 % (v/v) et du climat, Wardlaw (1972) a noté qu’il fal- Les objectifs de cette étude consistaient de les passer rapidement à la flamme. À lait aussi prendre en considération les ef- à déterminer la distribution de la fusariose l’aide d’un scalpel stérilisé, on a excisé de 28 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 toral. Entre Vanga au sud et Malindi au nord, on a constaté que le principal cultivar, 34°E 38°E 42°E Bluggoe (ABB), était affecté par la fusa- riose. Les types normal et nain de Bluggoe N A D étaient cultivés, le premier étant le plus U S O courant et tous deux présentant des symp- E T H I O P I E tômes. On soupçonne que ce cultivar a été 4°N progressivement décimé par plusieurs fac- teurs, dont la fusariose, qui n’a pas été iden- tifiée par les producteurs. Les cultivars Wang’ae (= Ney Poovan, AB), Mshale (AA) et Mbuu (probablement Silk, AAB), cultivés par un petit nombre de producteurs de cette zone, étaient aussi affectés. Dwarf Caven- dish (AAA), également courant, n’était pas atteint par la maladie, même dans les ex- ploitations où il était cultivé en association avec des plants de Bluggoe sévèrement in- fectés. Gros Michel (AAA) n’a pas été ren- 1 contré dans cette zone. 3 2 1 2 0° 4Kisumu Zone centre-est13 9 1 0 Dans la zone centre-est, on a observé que5 1 1 7 8 Gros Michel (AAA), Wang’ae (AB), Mu- 6 raru (AA ?), Mbuu (AAB) et Mugithi Nairobi (degré de ploïdie inconnu) étaient affec- tés par la fusariose. Muraru, probable- T A ment un bananier d’altitude d’Afrique deN Z 1 7A N Lamu l’Est (EA-AAA), semblait tolérer la mala-I E die par laquelle il n’était affecté que dans quelques exploitations du district de Mu- Malindi rang’a. Gros Michel, cultivé principale-0 100 200 Taveta 1 6 ment dans le district de Murang’a, mais Km 1 4 aussi présent dans les districts d’Embu, 4°S Mombasa Kirinyaga et Meru, était également af- 1 5 fecté. Il n’était pas communément cultivé dans le district de Nyeri où, en dépit de prospections intensives, on n’a pas dé- tecté la fusariose (y compris chez le culti- Figure 1. Carte du Kenya montrant les principaux districts prospectés : 1. Busia, 2. Siaya, 3. Kakamega, var Wang’ae). Dans les districts de Mu- 4. Kisumu, 5. Homa Bay, 6. Migori, 7. Kisii, 8. Murang’a, 9. Nyeri, 10. Kirinyaga, 11. Embu, 12. Meru, rang’a et d’Embu, la sévérité de la 13. Nithi, 14. Taita-Taveta, 15. Kwale, 16. Kilifi. Le district 17 (Lamu) n’a pas été prospecté. fusariose a forcé certains producteurs à remplacer totalement Gros Michel par petits morceaux de faisceaux vasculaires ZAE, les ZAC, les types de sols et l’altitude. Lacatan (AAA). décolorés qui ont été placés sur de la gé- En procédant à un géocodage, c’est-à-dire La fusariose n’a été rencontrée sur lose à l’eau du robinet à 2 % (p/v). Les colo- en introduisant les coordonnées correspon- aucun des deux types de bananiers Caven- nies fongiques émergentes ont été repi- dant à l’origine géographique des isolats et dish (Lacatan et Valery) cultivés dans la quées sur de la gélose saccharosée à la des cultivars hôtes, on a pu cartographier zone centre-est, ni sur des bananiers d’alti- pomme de terre et sur de la gélose nutri- avec précision la distribution de la fusa- tude d’Afrique de l’Est (EA-AAA) comme tive synthétique (Nirenberg 1976). On a riose dans les zones étudiées. On a ensuite Kiganda, Mutika et Mutore, ou encore Mu- identifié les isolats au niveau des espèces à superposé toutes ces cartes, ce qui a per- tahato (probablement aussi AAA). l’aide des clés morphologiques décrites par mis d’obtenir des cartes thématiques indi- Booth (1971) et Nelson et al. (1983). A par- quant la distribution de la fusariose en Zone ouest tir des cultures sur gélose nutritive synthé- fonction du cultivar, de la ZAE, de la ZAC, La fusariose était présente dans tous les tique, on a fait des cultures monoconi- du type de sol (propriétés physico- districts prospectés dans la zone ouest. diennes afin de poursuivre la chimiques) et de l’altitude. Dans le district de Kisii, elle se limitait caractérisation, en les préservant dans du au cultivar Wang’ae (appelé localement sol stérile (Smith et Onions 1983) pendant Résultats et discussion Egesukari). Les autres cultivars, princi- toute la durée de l’étude. Des tests de pa- palement des bananiers d ’alt itude thogénicité (Kung’u 1998) ont permis de Distribution de la fusariose d’Afrique de l ’Est, ne présentaient confirmer la présence de Foc. et cultivars affectés aucun symptôme. Les producteurs inter- La fusariose du bananier était présente rogés dans ce district ont déclaré qu’ils Traitement des données et cartographie dans tous les districts prospectés, à l’ex- avaient constaté de manière générale A partir d’une carte du Kenya (échelle ception du district de Nyeri (figure 1). une forte chute du rendement de 1/1000 000e), on a établi des cartes des Wang’ae sous l’effet d’une maladie qu’ils zones prospectées à l’aide du logiciel Zone littorale ne connaissaient pas mais qui, d’après MapInfo for Professionals (version 4.1). Dans les districts de Kwale et Kilifi, la cul- leur description, semble être la fusa- De même, on a établi des cartes pour les ture bananière est pratiquée le long du lit- riose. L’incidence de cette maladie était INFOMUSA — Vol 10, N° 1 29 Lac Victoria O UU GG AA NN DD AA OCEAN S O M A L I EINDIEN a rka n Lac Tu Tableau 1. Nombre d’échantillons de plants collectés au Kenya chez les différents cultivars sensibles à la fusariose (ces chiffres ne comprennent que les échantillons dans lesquels on a isolé un agent identifié comme étant probablement F. oxysporum). Cultivar et nombre d’échantillons collectés District Bluggoe Gros Michel Muraru Wang’ae Mbuu Total Kwale 10 0 1 2 0 13 Kilifi 9 0 0 2 1 12 T/Taveta 10 7 0 6 1 24 Murang’a 0 6 5 9 0 20 Kirinyaga 0 3 0 6 0 9 Meru 0 8 0 7 4 19 Embu 0 13 1 7 0 21 Kisii 0 0 0 10 0 10 Migori 0 1 0 4 1 6 Homa Bay 0 0 0 11 0 11 Kisumu 2 0 0 11 2 15 Siaya 2 0 0 1 4 7 Busia 6 0 0 3 4 13 Kakamega 0 0 0 14 0 14 Total 39 38 7 93 17 194 proche de 100 % dans certaines exploi- Wang’ae. Bluggoe, dont on n’a observé Corrélations entre la distribution tations plantées exclusivement avec que quelques plants dans ce dernier dis- de la fusariose et les facteurs écologiques Wang’ae. trict, était indemne de maladie. D’après les observations faites dans le Dans les districts de Homa Bay et Mi- cadre de cette étude, il apparaît que la fu- gori, on a constaté la présence de la fusa- Isolement et identification des souches sariose est en corrélation avec la ZAC, et riose chez Wang’ae et Mbuu (Odhigo), de F. oxysporum chez les plants en particulier avec la zone de température principaux cultivars dans cette zone. On présentant des symptômes (figures 2 et 3), mais pas avec la ZAE ou le l’a observée sur Bluggoe, Wang’ae et Sur 204 échantillons collectés dans les type de sol. De manière générale, la mala- Mbuu (Odhigo) dans les districts de Ki- trois zones, on a isolé un agent identifié die n’était présente que dans les zones de sumu, Siaya et Busia. Dans le district de comme étant Fusarium oxysporum dans température 1, 2 et 3 (0-1 500 m d’alti- Kakamega, elle affectait principalement 194 échantillons (tableau 1). tude), son incidence étant la plus forte dans la zone de température 3 (20-22 °C, 1 200 à 1 500 m d’altitude). La zone de tem- pérature 1 (24-30 °C) prévaut dans la 38°E bande littorale, à l’exception des collines de Taita (zone de température 2). Au Kenya, la région littorale a dans l’ensemble un climat chaud et humide, ce qui semble IV2 favoriser le développement de la maladie. III3 Dans les provinces du Centre et de l’Est, on a également constaté la présence de la M E R U I5 maladie dans la zone de température III4 II3 IV6 III2 2 (22-24 °C, 900-1 200 m d’altitude). LesIII6 zones de température 1, 2 et 3 se caractéri- Equateur IV5 0°N sent aussi de manière au moins occasion- I4 II2 nelle, sinon fréquente, par des stress hy- Mt Kenya III6 I6 driques, en particulier aux mois de juillet, I5 août et septembre. C’est pendant cette pé- III6 IV5 III5 III2 riode que les bananiers semblent le plus I6 I6 I5 II3 affectés par la fusariose, soit parce que II6 IV4 E l’infection est plus probable et plus rapide, IV1 N Y R I II4 II3 soit simplement parce que les symptômesI6 Limites de I4 III4 E M B U sont plus prononcés. On n’a pas rencontrédistrict IV2 la fusariose dans les zones de températureZones affectées par IV3 4 (18–20 °C), 5 (16-18 °C) et 6 (14-16 °C)I6 M U I4R la fusariose A N G où les bananiers poussent dans d’assez A Zone de bonnes conditions. III3 température 3 L’effet de la température sur le dévelop- III4 Zone de pement de la fusariose s’explique par plu-IV3 0 15 30 température 2 sieurs causes, directes et indirectes. L’une Km de ces causes concerne la capacité de la plante hôte à produire des gels et thylles qui, en obstruant les faisceaux vasculaires, limitent l’invasion par l’agent pathogène. Figure 2. Corrélation entre la distribution de la fusariose et les zones agroclimatiques dans la région Aux températures les plus favorables à la centre-est du Kenya (les chiffres romains représentent les zones humides et les chiffres arabes les zones de température). La maladie est apparue comme plus sévère dans la zone de température 3 maladie (27-28 °C), la structure des gels mais a été trouvée occasionnellement en zone de température 2. est beaucoup plus faible chez les hôtes 30 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 K I R I N Y A G A N I T H I sensibles que chez les hôtes résistants, ce qui permet la colonisation systémique des premiers (Beckman 1990). Si la tempéra- I4 ture annuelle moyenne, dans la zone 3 par II4 II5 exemple, est de 22-24 °C, la température I3 maximale y atteint entre 26,4 et 30,4 °C de décembre jusqu’à mars, ce qui favorise le I3 développement de la maladie chez les I3 I5 hôtes sensibles. 0 I4 La maladie, absente chez les bananiers I3 d’altitude d’Afrique de l’Est, n’a pas été rencontrée non plus dans le groupe Caven- III3 I3 dish. Les Cavendish constituent manifeste- I4 0° N ment une bonne solution pour remplacer II3 les bananiers dessert sensibles. III3 II3 I4 II3 Bien qu’on ne connaisse pas les dates II4 précises, on sait que Bluggoe et Wang’ae II5 ont été introduits au Kenya antérieure- III3 ment à Gros Michel. Etant donné que la fu- sariose a été signalée pour la première fois III4 Limites de au Kenya en 1952 dans la province du litto- II4 districtII4 ral (peut-être chez Bluggoe) et, dans la III3 Zones affectées par même année, dans la province centrale II4 la fusariose (peut-être chez Wang’ae), on peut suppo- II3 I3 I5 ser que la fusariose du bananier est arrivée I4 I4 Zone de au Kenya avec ces cultivars. III3 I3I3 I3 température 3 Impact de la maladie III3 I4 sur les petits producteurs II3 0 20 40 La fusariose exerce un impact considé- Km rable au Kenya. Actuellement, si l’on consi- dère les zones couvertes par cette étude, II4 elle affecte directement la subsistance de populations estimées à plus d’un million de II5 personnes dans la zone littorale, plus de trois millions dans la zone centre-est et Figure 3. Corrélation entre la distribution de la fusariose et les zones agroclimatiques dans la région plus de cinq millions et demi dans la zone centre-est du Kenya (les chiffres romains représentent les zones humides et les chiffres arabes leszones de température). La maladie n’a été rencontrée que dans la zone de température 3. ouest (ces chiffres sont basés sur le recen- sement national de 1989 et n’incluent pas les consommateurs des centres urbains et des autres régions). Après la première et al. 1997). Les revenus que les produc- généralisée et dévastatrice de la fusariose identification de cette maladie en 1952, on teurs tiraient du café sont tombés à un ni- chez ce cultivar extrêmement sensible. ne sait guère quelle a été son incidence au veau nettement inférieur à ceux de cul- Kenya pendant les quelque 40 années sui- tures vivrières comme la banane, le maïs et Remerciements vantes. Les effets socioéconomiques désas- les haricots, de sorte qu’en 1986, la plupart Les auteurs remercient le Department for treux qui ont résulté des épidémies des an- des producteurs avaient abandonné la cul- International Development (DfID, nées 80, en particulier dans les provinces ture du café pour celle de la banane. Des Royaume-Uni) qui a financé cette étude du Centre et de l’Est, doivent être mis en cultivars de bananiers dessert sensibles à dans le cadre du projet de protection des relation avec le déclin de la production ca- la fusariose comme Gros Michel, Wang’ae végétaux du Kenya Agricultural Research féière, principale source de revenus pour et Muraru, les plus prisés sur les marchés Institute (KARI)/DfID. ■ les petits producteurs. Du début des an- urbains, ont été plantés de manière mas- nées 60 jusqu’au milieu des années 70, sive. En l’absence de pépinières pour leur Références ceux-ci en ont tiré des revenus substantiels fournir des rejets, les producteurs ont mul- Beckman C.H. 1990. Host responses to the patho- (Turner et al. 1997). Ils ont étendu les su- tiplié eux-mêmes le matériel existant, ce gen. Pp. 93-105 in Fusarium wilt of banana (R.C. perficies caféières aux dépens des autres qui a certainement exacerbé la maladie. Ploetz, ed.). American Phytopathological Society, cultures, car le café leur procurait des re- Gros Michel, dénommé “Kampala” dans St Paul, Minnesota. venus suffisants pour répondre à leurs be- certaines zones, a été initialement intro- Booth C. 1971. The Genus Fusarium. Common- soins fondamentaux, et notamment pour duit par quelques producteurs qui se sont wealth Mycological Institute, Kew, Surrey, acheter de la nourriture. Le café était alors procuré un petit nombre de rejets dans un Royaume-Uni. la principale source de devises du Kenya, pays voisin vers la fin des années 60. A par- FAO. 1978. Report on the agroecological zones pro- au point qu’on l’appelait l’“or noir”. Mais tir de ces quelques plants, le cultivar, dont ject. Vol. 1: Methodology and results for Africa. en 1978-1979, lors de la crise pétrolière la base génétique est très étroite, s’est pro- World Soil Resources Report n° 48. FAO, Rome. mondiale, les coûts de la production ca- gressivement répandu dans les principales Jaetzold R. & H. Schmidt (eds.). 1982a. Farm mana- féière ont augmenté du fait de la hausse du zones de production bananière, et en parti- gement handbook of Kenya. Volume II/A: West prix des intrants à base de produits pétro- culier dans le centre et l’est du Kenya. Si le Kenya. 360pp. liers. Entre 1980 et 1990, les cours interna- matériel importé était peut-être indemne Jaetzold R. & H. Schmidt. (eds.) 1982b. Farm mana- tionaux du café exporté par l’Afrique ont de maladie, ce mode de diffusion pourrait gement handbook of Kenya. Volume II/B: Central chuté, en termes réels, de 70 % (Turner fort bien expliquer la propagation rapide, Kenya. 686pp. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 31 Lac V i c t o r i a 34°E Jaetzold R. & H. Schmidt (eds.) 1982c. Farm mana- Nirenberg H. 1976. Untersuchungen über die mor- nas in central America. Plant and Soil gement handbook of Kenya. Volume II/C: East phologische und biologische Differenzierung in 18: 317-337. Kenya. 328pp. der Fusarium Sektion Liseola [Research on the Turner T.E., W.M. Kaara & L.S. Brownhill. 1997. So- Kung’u J.N. 1998. Ecology, distribution and popula- morphological and biological differentiation in cial reconstruction in rural Africa: a gendered tion structure of Fusarium oxysporum f.sp. cu- the Fusarium Section Liseola]. Mitteilungen class analysis of women’s resistance to export bense in Kenya. PhD Thesis, University of Kent at aus der Biologischen Bundesantsalt für Land- crop production in Kenya. 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Kung’u travaille actuellement au sein de la Plant Pathology Section, National Agricultural Research La- Kung’u J.N. & R.W. Gatumbi. 1989. Banana diseases tic zone map of Kenya, 1980 (Scale 1:1000000). boratories, Kenya Agricultural Research Institute, PO in Kenya. Kenya Farmer n° 17 novembre 1989. Kenya Soil Survey, National Agricultural Labora- Box 14733, Nairobi, Kenya. M.A. Rutherford tra- Nelson P.E., T.A. Toussoun & W.F.O. Marasas. 1983. tories, Ministry of Agriculture, Republic of vaille à l’Université de Kent, Canterbury, Kent CT2 Fusarium species. An illustrated manual for Kenya. 6NJ, Royaume-Uni. P. Jeffries travaille au CABI Bios- identification. The Pennsylvania State University Stotzky G. & R.T. Martin. 1963. Soil mineralogy in cience, UK Centre, Bakeham Lane, Egham, Surrey Press, University Park & Londres. 193pp. relation to the spread of Fusarium wilt of bana- TW20 9TY, Royaume-Uni. Le point sur … La diversité de Fusarium au Vietnam Groupes de compatibilité végétative des populations de Fusarium oxysporum f.sp. cubense au Viêt-nam Do Nang Vinh, Nguyen Van Khiem, partie d’un système de reconnaissance qui été appariés avec des mutants témoins Chu Ba Phuc et Le Huy Ham permet aux individus de s’identifier les uns nit M des quatre GCV connus (GCV 0123, les autres et de se différencier les uns des 0124, 0124/5 et 0125) sur un milieu mini- autres. Ils peuvent délimiter les pathotypes mum avec du nitrate comme seule source La fusariose (ou maladie de Panama), de champignons phytopathogènes asexués d’azote. Le développement d’un mycéliumcausée par Fusarium oxysporum comme ceux du genre Fusarium (Correll aérien dense au point de contact entre lesSchlecht. f.sp. cubense (E.F. Smith) et al. 1987, Ploetz 1990). deux mutants nit indiquait qu’il y avait W.C. Snyd. & H.N. Hans (Snyder et al. L’objectif de cette étude était de carac- complémentation. 1940), est considérée comme l’une des tériser les isolats présents dans différentes principales menaces pour la production de provinces du Nord Viêt-nam sur la base de Résultats et discussion bananes (Musa spp.) dans toutes les ré- leur compatibilité végétative. On a testé 42 isolats de Foc collectés gions du monde (Persley et al. 1987), y dans 11 districts de 7 provinces du Nord compris le Viêt-nam (Vakili 1968). Matériel et méthodes Viêt-Nam (Hanoi, Hatay, Hungyen, Vinh- Fusarium oxysporum f.sp. cubense Afin de déterminer les GCV auxquels ap- phuc, Phutho, Bacninh et Thuathien- (Foc) affecte les différentes espèces de partiennent les populations viêt-na- hue). Parmi ces isolats, 21 isolats pré- Musa et Heliconia, et ses souches ont été miennes de Foc, on a prélevé dans diffé- sents dans l ’ensemble des sept classées en quatre races physiologiques rentes provinces du Nord Viêt-nam des provinces appartenaient au GCV 0124 ; 4 d’après leur pathogénicité vis-à-vis des cul- échantillons de plants de bananiers mani- isolats des provinces de Hanoi et Hun- tivars hôtes : race 1 – Gros Michel (AAA), festant des symptômes de fusariose. Après gyen appartenaient au GCV 0124/5 ; 2 Lady Finger (AAB) ; race 2 – Bluggoe et dissection de ces plants, des spores isolées isolats des provinces de Hanoi et Hun- clones étroitement apparentés (ABB) ; des faisceaux vasculaires décolorés ont été gyen appartenaient au GCV 0125 ; 2 iso- race 3 – Heliconia sp. ; et race 4 – cultivars maintenues sur du papier filtre stérile lats de la province de Hungyen étaient Cavendish et tous les cultivars sensibles selon la méthode décrite par Correll et al. végétativement compatibles avec les aux races 1 et 2 (Persley et al. 1987). (1986). On a obtenu des mutants non utili- GCV 0124/5 et 0125 ; 13 isolats des pro- Les groupes de compatibilité végétative sateurs de nitrate (nit) en transférant des vinces de Hanoi, Hungyen et Bacninh (GCV) sont un mode naturel de subdivision morceaux de papier filtre colonisé sur de la étaient végétativement compatibles des populations fongiques. Les échanges gélose dextrosée à la pomme de terre avec les GCV 0124, 0124/5 et 0125. Tous d’informations génétiques au sein d’une amendée avec 1,5 % de KClO3 et en les lais- ces isolats de Foc sont de race 1. population asexuée se limitent aux indivi- sant incuber pendant 7-14 jours à 25 °C. Les isolats compatibles entre eux iden- dus pouvant former un hétérocaryon Les mutants résistants au chlorate ont été tifiés dans cette étude forment un pont viable. Les locus régissant l’incompatibilité transférés sur un milieu minimum (Pu- entre les GCV 0124, 0124/5 et 0125. Il se au sein d’un hétérocaryon sont les locus halla 1995) et classés dans les groupes peut qu’ils représentent un stade de di- het, tal, vc et vic (Leslie 1990). Les locus phénotypiques décrits par Correll et al. vergence allant vers la formation d’un het se comportent comme s’ils faisaient (1987). Tous les mutants nit 1 ou nit 3 ont “nouveau GCV”. Des résultats similaires 32 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 ont été obtenus avec des isolats étudiés en Il est nécessaire de sélectionner et de on the basis of colony size, virulence and vegeta- Australie par Brake et al. (1990). créer de nouveaux cultivars dotés de résis- tive compatibility. Phytopathology 76: 396-400. Les résultats de l’analyse ont montré que tance à Foc pour remplacer les cultivars Correll J.C., C.J.R. Klittich & J.F. Leslie. 1987. Ni- le GCV 0124 et le “GCV 0124-0124/5-0125” Chuoi Tay et Com La infectés. Il apparaît trate non-utilising mutants of Fusarium oxyspo- sont largement répandus au Nord Viêt-nam. possible d’utiliser des cultivars Cavendish rum and their use in vegetative compatibility On n’a trouvé aucun isolat appartenant au pour replanter les zones où la fusariose est tests. Phytopathology 77: 1640-1646. GCV 0123 dans la partie nord du pays, alors présente. Les résultats de notre étude Leslie J.F. 1990. Genetic exchange within sexual que Mai Van Tri (1997), qui a collecté et montrent aussi qu’il est indispensable and asexual populations of the genus Fusarium. analysé 8 isolats dans 6 districts de 4 pro- d’appliquer des mesures de quarantaine Pp. 37-38 in Fusarium wilt of banana (R.C. vinces du Sud Viêt-nam, a démontré que 5 de pour empêcher l’introduction de la race 4 Ploetz, ed.). APS, St Paul, USA. ces isolats appartenaient au GCV 0123 et les au Viêt-nam. Mai Van Tri. 1997. Vegetative Compatibility of iso- 3 autres au GCV 0124/5. Cela pourrait signi- lates of Fusarium oxysporum f.sp. cubense in fier que les GCV 0123 et 0124/5 sont répan- Remerciements the MeKong Delta. Journal of Agriculture and dus dans la partie sud du pays. En 1998, Cette étude a bénéficié d’un financement Food Industry 6: 255-256. Bentley et al. ont analysé 21 isolats de 7 pro- de la Banque mondiale. Les auteurs remer- Persley G.J. & E.A. De Langhe. 1987. Summary of vinces du Nord, du Centre et du Sud Viêt- cient également Natalie Moore, Ken Pegg discussions and recommendations. Pp. 9-17 in nam. Ils ont constaté que 5 de ces isolats ap- et Bob Davis du QDPI (Department of Pri- Banana and Plantain Breeding Strategies (G.J. partenaient au GCV 0124/5, 11 au GCV 0123 mary Industries, Queensland, Australie), Persley & E.A. De Langhe, eds.). ACIAR Procee- et 5 au GCV 0124-0125. qui ont supervisé les tests sur les GCV et dings n° 21. ACIAR, Canberra, Australie. Il s’est avéré que les cultivars Chuoi Tay fourni les témoins. ■ Ploetz R. 1990. Population biology of Fusarium (Pisang Awak ABB), Chuoi Ngop (Bluggoe oxysporum f.sp. cubense. Pp. 63-76 in Fusarium ABB) et Chuoi Com La (Silk AAB) étaient Références wilt of banana (R.C. Ploetz, ed.). APS, St Paul, attaqués par la race 1 de Foc (GCV 0124, Bentley S., K.G. Pegg, N.Y. Moore, R.D. Davis & I.W. USA. 0124/5 et 0125, GCV 0124/5-0125, GCV Buddenhagen. 1998. Genetic variation among ve- Puhalla J.E. 1985. Classification of strains of 0124-0124/5-0125). On n’a encore jamais getative compatibility groups of Fusarium oxy- Fusarium oxysporum on the basis of vegetative détecté d’infection de la race 4 chez les sporum f.sp. cubense by DNA fingerprinting. compatibility. Canadian Journal of Botany cultivars du groupe Cavendish (AAA) au Ecology and Population Biology 88(12): 1283- 63: 179-183. Viêt-nam. 1293. Snyder W.C. & H.N. Hansen. 1940. The species Cette étude démontre la valeur de l’ana- Brake V.M., K.G. Pegg, J.A.G. Irwin & P.W. Langg- concept in Fusarium. Am. J. Bot. 27: 64-67. lyse de la compatibilité végétative pour don. 1990. Vegetative compatibility groups within Vakili N., L.V. Thai & V.N. Dinh. 1968. Chuoi Viet évaluer la variabilité des populations de Australian populations of Fusarium oxysporum Nam - Phuong phap trong tia, cai thien. Vien Foc. Elle donne aussi une indication du po- f.sp. cubense, the incitant of Fusarium wilt of ba- khao nghien cuu Nong nghiep Saigon. tentiel de diffusion des souches de cet nana (Musa sp.). Australian Journal of Agricultu- agent pathogène, ce qui permettra d’appli- ral Research 41: 863-870. quer des stratégies plus efficaces pour uti- Corell J.C., J.E. Puhalla & R.W. Schneider. 1986. Les auteurs travaillent à l’Institute of Agricultural Ge- liser des cultivars résistants. Identification of Fusarium oxysporum f.sp apii netics, Tu liem, Hanoi, Viêt-nam. Le point sur … La cercosporiose noire (Mycosphaerella fijiensis Morelet) au Mexique M. Orozco-Santos, rique du sud (Fullerton et Stover 1990, Sto- maladie dans les régions productrices de J. Farías-Larios, ver 1980). Au Mexique, on l’a identifiée pour bananes et de bananes plantain du G. Manzo-Sánchez la première fois dans le sud-est du pays, Mexique ainsi que de faire le point sur et S. Guzmán-González dans les états du Chiapas et du Tabasco quelques uns des aspects de l’épidémiolo- (Contreras 1983) et on la trouve actuelle- gie, des traitements et de la recherche. ment dans toutes les régions productrices La cercosporiose noire, causée par le de bananes ou de bananes plantain du Importance des bananiers champignon ascomycète Mycosphae- Mexique (Orozco-Santos 1998). au Mexiquerella fijiensis Morelet (téléomorphe) La présence de cette maladie au Les cultures de bananiers et de bananiers ou Paracercospora fijiensis (Morelet) Mexique a entraîné de graves pertes dans plantain occupent au Mexique une superfi- Deighton (anamorphe), est la plus impor- toutes les régions de production bananière cie de 72 700 ha qui produisent 2,2 millions tante des pathologies affectant la produc- en perturbant la conduite des exploita- de tonnes de fruit, dont 95 % sont destinés tion commerciale de bananes et de bananes tions, en particulier au niveau des pro- au marché national (Orozco-Romero et al. plantain (Musa spp.) de la plupart des ré- grammes d’aspersion des fongicides. Ceci a 1998). Les zones productrices sont situées gions productrices du monde (Fullerton eu pour conséquence l’augmentation des dans les régions tropicales des côtes du 1994, Fullerton et Stover 1990, Mourichon et coûts de production. Actuellement, la lutte Golfe du Mexique et de l’océan Pacifique. Fullerton 1990). Sur le continent américain, contre la maladie dans les plantations du Les principaux états producteurs sont ceux la cercosporiose noire a été identifiée pour pays dépend principalement de produits du Chiapas, de Veracruz, du Tabasco, de la première fois en 1972 (Stover et Dickson chimiques dont l’action est complétée par Nayarit, de Colima, de Michoacan, 1976) au Honduras, d’où elle a essaimé en certaines pratiques culturales. L’objectif d’Oaxaca, de Jalisco et de Guerrero regrou- direction de tous les pays d’Amérique cen- du travail présenté ici est de fournir des in- pés en trois grandes régions productrices : trale, du Mexique et d’une partie de l’Amé- formations sur la situation actuelle de la celle du Golfe du Mexique avec 4,6 % des INFOMUSA — Vol 10, N° 1 33 fongicides. Avant les années 80, la cerco- ETATS-UNIS D'AMERIQUE sporiose jaune était le plus important des problèmes phytosanitaires du feuillage des Veracruz espèces cultivées, mais elle n’imposait pas pour autant de programmes stricts d’asper- Oaxaca sion de fongicides. L’introduction de la cer- cosporiose noire a considérablement modi- fié ces programmes de contrôle en imposant l’emploi de fongicides plus puis- Tabasco sants et en réduisant les intervalles d’ap- plication. On estime que les moyens de GOLFE DU lutte contre la cercosporiose noire repré- Nayarit MEXIQUE sente 35 à 45 % des coûts totaux de produc- lisc o tion. Parallèlement, les changements ont Ja Chiapas porté sur une plus grande technicité de la culture (nutrition minérale, densité de po- Colima pulation, élimination des feuilles, élimina- Michoacán tion des rejets, contrôle des ravageurs, des PACIFIQUE CENTRE PACIFIQUE SUD maladies et des mauvaises herbes), ce qui a amélioré la qualité des fruits et les ren- dements par unité de surface (Orozco- Santos 1998). Figure 1. Localisation des régions de production bananière au Mexique. A l’heure actuelle, le contrôle chimique est l’alternative la plus fiable pour maîtri- surfaces cultivées, du Pacifique Central première fois dans la zone de Tapachula ser la maladie. Mais cela a donné lieu, en avec 24,4 % et du Pacifique Sud avec 30,1% (Chiapas) fin 1980 (Contreras 1983). De- plus de l’augmentation des coûts de pro- (Figure 1). Les groupes taxonomiques les puis cette époque, la cercosporiose noire duction, à des problèmes de pollution de plus importants parmi ceux cultivés au n’a cessé de s’étendre rapidement vers les l’environnement, de santé publique et de Mexique sont les suivants : AAA (« Grande états de Veracruz et d’Oaxaca, atteints en résistance aux fongicides, dus aux résidus Naine » et « Valery », sous-groupe Caven- 1985 (Robles et al. 1988). des produits chimiques et des substances dish), AAB (« Macho » ou « Faux Corne » Dans la région du Pacifique Centre, la protectrices (citroline). Chaque année, il et « Dominico », sous-groupe Plantain), maladie a été détectée pour la première se dépense au Mexique près de 370 mil- AAB (« Manzano » ou « Silk »), ABB fois dans l’état de Colima en 1989 et, un an lions de pesos (43 millions de dollars US) (« Pera » ou « Cuadrado ») et AA après, elle était passée dans les états voi- pour la lutte contre la cercosporiose noire. (« Dátil »). Sur le tableau 1 sont regrou- sins de Michoacan, de Jalisco et de Guer- Jusqu’en 95, on répandait annuellement pées les informations concernant les ré- rero. En novembre 1994, on la trouvait environ 430 000 kg de principes actifs, en gions productrices, les groupes taxono- dans l’état de Nayarit (Orozco-Santos et al. majorité des fongicides systémiques et miques et les surfaces cultivées au 1996). Avec ce dernier enregistrement, on quasiment 13 millions de litres de Citro- Mexique. peut dire que la cercosporiose noire est au- line, soit en moyenne 184 l/ha/an. De nos Les principales caractéristiques de cli- jourd’hui présente dans pratiquement jours, les programmes de contrôle à base mat et d’altitude des régions productrices toutes les zones productrices de Musacées de fongicides protecteurs ont pu réduire de du Mexique sont présentées dans le du Mexique (Orozco-Santos 1998). façon significative l’usage de la citroline ou tableau 2. de l’huile agricole. Cependant la quantité Impacts de la maladie de principes actifs de fongicides appliqués Distribution de la cercosporiose et de la lutte chimique par unité de surface a augmenté et atteint noire en Amérique La cercosporiose noire a eu un effet dévas- les 7 millions de kg annuels à l’échelle na- Durant de nombreuses années, la maladie tateur sur les zones bananières du pays. La tionale (Orozco-Santos 1998). appelée “chamusco” ou cercospriose jaune, première épidémie a entraîné des pertes Jusqu’à présent, peu de recherches ont due au champignon Mycosphaerella musi- de 50 à 100 % de la production fruitière été faites sur l’impact environnemental et cola Leach, a été la plus importante des ainsi qu’une diminution importante des les problèmes de santé résultants de l’ap- pathologies du feuillage des bananiers et surfaces cultivées. Au début des années 80, plication en continu de fongicides et de ci- des bananiers plantain du Mexique. Son in- la maladie a provoqué la disparition d’envi- troline dans les bananeraies. Pourtant, on troduction s’est faite en 1936 dans les états ron 2 000 ha de bananiers dans l’état de Ta- sait que certains fongicides ou bactéricides du sud-est (Chiapas et Tabasco), d’où elle basco. Dans celui de Colima où elle avait sont hautement toxiques et agissent a essaimé en direction de toutes les autres été détectée en septembre 1989, huit mois comme inducteurs moléculaires de l’acti- régions productrices du pays (Stover plus tard, plus de 3 000 ha avaient été arra- vité cellulaire responsable des fonctions 1962). Elle est refoulée actuellement par la chés pour cause de non productivité, avec endocrines régulatrices du contrôle hormo- cercosporiose noire. Cela serait dû à une des pertes estimées à 50 000 tonnes de nal de la reproduction, de la différencia- plus grande agressivité et à une meilleure fruits. En mars 1991, les surfaces abandon- tion des sexes et de la prolifération des cel- adaptabilité de M. fijiensis dans les ré- nées se montaient à 5 000 ha soit une ré- lules immuno-compétentes (Chambers et gions tropicales dont l’altitude n’excède duction de 50% des surfaces cultivées Yarbrough 1982). Les hommes comme la pas 500 m, conformément à ce que rappor- (Orozco-Santos et al. 1996). Aujourd’hui, faune sont exposés aux fongicides ou aux tent Mouliom-Pefoura et Mourichon (1990) on ne cultive plus que 4 700 ha dans l’état bactéricides par la faute des épandages aé- et Mouliom-Pefoura et al. (1996). Les pre- de Colima (Orozco-Romero et al. 1998). riens, des produits alimentaires contami- mières notifications officielles d’attaques L’apparition de la cercosporiose noire au nés et de l’eau potable polluée. L’aspersion de M. fijiensis ont été faites dans les états Mexique a été à l’origine de changements par voie aérienne est certes une technique du Chiapas et du Tabasco en 1981. Cepen- dans la gestion des plantations, en particu- rapide d’application des produits sur des dant, la maladie avait été observée pour la lier dans les programmes d’aspersion des zones très étendues. Mais le lessivage des 34 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 sites de stockage et des pistes d’aterrissage Tableau 1. Régions productrices de bananes et de bananes plantain du Golfe du comme celui des sites traités peut polluer Mexique. les systèmes aquatiques et terrestres avoi- Région (états) Groupes taxonomiques Surfaces cultivées (ha) sinants (Henriques et al. 1997). Golfe du Mexique Le fongicide Propiconazole, qui a été Tabasco AAA, AABp*, AA 12 900 utilisé pendant près de 20 ans au Mexique Veracruz AAA, AABp 14 200 pour lutter contre la cercosporiose noire, Oaxaca AAA, AABp, AAB 3 900 se retrouve à des concentrations élevées Pacífique Centre dans les eaux de drainages adjacentes Colima AAA 4 700 aux bananeraies comme cela a été dé- Michoacán AAA 4 700 montré au Costa Rica, où on a détecté des Jalisco AAA 1 800 concentrations de 24,2 µg par litre d’eau Nayarit AAA, AAB, AABp, ABB 6 600 (Mortensen et al. 1998). A partir de 1995, Pacífique Sud le Mancozèbe est devenu un fongicide clé Chiapas AAA, AABp 21 900 des programmes de lutte. Au Costa Rica, Autres AAA, AAB, AABp, ABB 2 500 après une application, on a enregistré NATIONAL 72 900 * AABp = Sous-groupe plantain. Source: Orozco-Romero et al. (1998). dans les canaux des résidus de Manco- zèbe de 0,77 à 2,38 µg/cm2 (Mortensen et al . 1998). Le Chlorothalonil est Tableau 2. Caractéristiques de climat et d’altitude des régions productrices reconnu être toxique pour les invertébrés du Mexique. aquatiques et les poissons, tandis que le Mancozèbe possède des propriétés cancé- Région Climat Température Précipitations Nombre de Altitude (mm) mois secs (m) rigènes et que le Benomyl est tératogé- Golfe du Mexique chaud et humide 24-27 °C 1 700 à 3 900 0 à 2 10 à 80 nique (Lacher et al. 1997). Pacifique Centre chaud et sec 26-28 °C 700 à 1 100 7 à 8 10 à 500 D’autre part, l’utilisation intensive de Pacifique Sud chaud et subhumide 26-27 °C 1 500 à 2 500 4 à 5 20 à 80 quelques fongicides systémiques a provo- qué l’apparition de résistances chez le champignon M. fijiensis (Castro et al. naturelles (chaînes montagneuses) sépa- sévérité moyenne est de 5 à 10 % (Ramírez 1995, Romero et Sutton 1997, 1998). Cela rant les zones ou les régions bananières. et Rodríguez 1996). est dû au fait que certains types de fongi- En l’espace de quatorze ans seulement, la Pacifique Centre. De juin à novembre, cides systémiques (benzimidazoles et tria- maladie s’est diffusée dans tous les états dans des bananeraies sans contrôle chi- zoles) possèdent une forte activité à des producteurs de bananes et de bananes mique, la période d’incubation allant de doses faibles et agissent sur un seul site plantain. La dissémination de l’agent pa- l’infection au stade précoce (degré 2 de chez le pathogène (Russell 1995). Les pro- thogène peut être imputée aux mouve- l’échelle de Fouré) dure de 24 à 39 jours blèmes de résistance font que la lutte ments de matériel végétatif infecté et, au stade des taches (degré 4 de contre la cercosporiose noire est devenue (feuillage séché) pendant le transport des l’échelle de Fouré), de 33 à 58 jours. Pen- plus complexe et plus coûteuse car la perte fruits (Orozco-Santos et al. 1996), des dant la saison sèche (décembre à mai), le de sensibilité aux fongicides impose un plantes ou des rhizomes infectés ainsi qu’à temps d’incubation jusqu’au stade pré- plus grand nombre d’applications. l ’action du vent. Les ascospores de coce est de 48 à 87 jours et jusqu’à celui M. fijiensis restent la principale source des taches, de 84 à 141 jours. Les dégâts Actions entreprises contre d’inoculation et de dispersion à grande dis- les plus graves concernent les feuilles les la diffusion de la maladie tance sur une zone déterminée (Burt et al. plus récentes. Les feuilles émises de juin La présence de la cercosporiose noire dans 1997, Stover 1980). à octobre sont totalement détruites en un les régions productrices de bananes du laps de temps de 82 à 120 jours alors que sud-est du Mexique a conduit la Direction Comportement de celles émises de novembre à mai résistent générale phytosanitaire à décréter la qua- la cercosporiose noire de 135 à 200 jours. La plus forte sévérité rantaine intérieure permanente No. 18. Golfe du Mexique. Quelques études épidé- est étroitement liée à la saison des pluies L’objectif principal de cette mesure visait miologiques ont été réalisées dans la ré- (juin à octobre) et à celle de formation de à éviter ou à retarder l’introduction de la gion du Tabasco (Avila et al. 1994). Dans rosée sur les feuilles (novembre à jan- maladie dans des zones ou des régions ba- d’autres zones productrices du Golfe du vier). Ces résultats montrent que, dans nanières encore indemnes. La campagne Mexique (San Rafael, Veracruz et Tuxte- des conditions de climat tropical sec, la recommandait de respecter entre autres pec, Oaxaca), les recherches sur la mala- cercosporiose noire présente une phase les points suivants : die sont plutôt rares. Dans des bananeraies épidémique induite par les pluies et une de 1. Restriction des mouvements de matériel sans contrôle chimique, les symptômes faible sévérité due à la saison sèche végétal provenant de zones infectées. précoces (degrés 1 et 2 de l’échelle de (Orozco-Santos 1998). 2. Mise en place de postes de quarantaine. Fouré) apparaissent 18 à 32 jours après la Pacifique Sud. L’information recueillie 3. Interdiction d’utiliser les feuilles pour contamination, et les taches entre 34 et 73 dans une bananeraie au contrôle chi- protéger les fruits dans les véhicules de jours après. Le développement complet des mique déficient a montré que les dégâts transport. symptômes peut prendre de 50 à 115 jours. les plus graves (12 à 25 % de sévérité) in- 4. Désinfection des véhicules. La durée d’incubation la plus longue est terviennent de juin à décembre, saison 5. Inspection des bananeraies. enregistrée pendant la période la plus des plus fortes pluies. Pendant cette pé- 6. Application de produits fongicides. sèche de l’année. La maladie se manifeste riode, les symptômes du stade des taches 7. Arrachage des plantations les plus sévè- de façon endémique et sa sévérité varie en sur les feuilles infectées n° 4 à 6 concer- rement touchées. fonction des conditions climatiques. La nent 25 à 58 % d’entre elles. La plus faible Cette quarantaine n’a pas eu les effets plus forte sévérité correspond à la période sévérité (janvier à mai) coïncide avec la escomptés et la maladie s’est étendue à des plus fortes précipitations ; elle atteint saison des plus faibles précipitations, tout le Mexique malgré les grandes dis- 15 à 25 % de juillet à décembre. De janvier pendant laquelle les taches apparaissent tances (plus de 1 000 km) et les barrières à mars, la maladie est moins agressive ; la sur les feuilles infectées n° 7 à 9 sur 7 à INFOMUSA — Vol 10, N° 1 35 25 % d’entre elles(Escudero, données non Tableau 3. Axes de recherche sur la cercosporiose noire au Mexique. publiées). Régions productrices Axes de recherche Golfe du Mexique Pacifique Centre Pacifique Sud Traitement de (Tabasco) (Colima) (Chiapas) la cercosporiose noire Biologie du champignon X X Le traitement de la maladie dans les exploi- Epidémiologie X X X Pratiques culturales X X X tations bananières est très fortement dépen- Contrôle chimique X X X dant des fongicides. Leur action est complé- Avertissement biologique X tée par quelques pratiques culturales Contrôle biologique X (élimination des feuilles, élimination des re- Evaluation de matériel génétique X X X jets, drainage, contrôle des mauvaises Sensibilité aux fongicides X X herbes et nutrition minérale) visant à ré- Diversité génétique1 X X duire les sources d’inoculation et à éviter la 1Etudes réalisées par le Centre de Recherches Scientifiques du Yucatan (A. James, communication personnelle), l’Université de réunion de conditions favorables au dévelop- Colima et l’Institut National de Recherches Forestières, Agricoles et de Pêche. pement de l’agent pathogène (Marín et Ro- Note : Les études sur la transformation génétique sont réalisées par le Centre de recherches avancées (CINVESTAV) de l’Institut polytechnique national (Gómez-Lim 1998). mero 1992). Jusqu’en 1995, la lutte chi- mique était menée grâce à des fongicides sement biologique proposé par Marín et Ro- Methyl (Madrigal et al. 1998), qui activerait d’action systémique appartenant au groupe mero (1992), on n’a eu besoin que de 10 à les défenses naturelles de la plante, phéno- des triazoles (Tebuconazole, Propiconazole, 12 passages pendant la saison des pluies et mène connu sous le nom de résistance systé- Bitertanole et Hexaconazole), des pyrimi- celle de la rosée alors que pendant la saison mique acquise (Sticher et al. 1997). A dines (Fenarimole), des benzimidazoles sèche, aucune application n’a été nécessaire l’heure actuelle, le nombre de fongicides (Benomyl, Carbendazime et Méthyltiopha- (Orozco-Santos 1995). Sur des plantations systémiques utilisés dans la lutte contre la nate) et des morpholines (Tridemorphe). associées au cocotier, le contrôle de la mala- cercosporiose noire est réduit, aussi est-il Plus récemment, on y a adjoint le groupe die s’est révélé insuffisant. En effet, les urgent de les employer à bon escient afin de chimique des strobilurines (Azoxistrobine) arbres obligent les avions à voler à 35 ou leur garantir une plus longue vie utile tout et autres triazoles (Fenbuconazole) 40 m d’altitude ce qui provoque la perte en maintenant leur efficacité face au cham- (Orozco-Santos 1998). Parallèlement, les d’une partie de l’émulsion qui est déposée pignon (Marín et Romero 1992, Stover 1990, fongicides de contact (Chlorothalonil et sur les palmes (Orozco-Santos et al. 1996). Wielemaker 1990). Mancozèbe) étaient également inclus dans Dans le cadre des programmes de fongicides les programmes d’aspersion. A l’heure ac- protecteurs comme le Mancozèbe, il faut des Recherches sur la cercosporiose tuelle, l’usage des fongicides protecteurs applications hebdomadaires pendant la sai- noire au Mexique s’est intensifié dans toutes les zones produc- son des pluies et tous les 10 ou 14 jours en La recherche sur la maladie a été orientée trices (Escudero et Rendón 1996), sous saison sèche, ce qui porte le nombre de trai- vers la biologie du pathogène, l’épidémiolo- forme d’applications périodiques tous les 7 à tements annuels à 30 ou 35. gie, l’évaluation de matériel végétal, le 12 jours. Dans la région du Pacifique Sud, il fallait contrôle chimique, l’avertissement biolo- Dans la région du Golfe du Mexique, il fal- jusqu’à 35 traitements annuels avec le pro- gique et plus récemment, vers la résistance lait, dans le cadre du programme tradition- gramme traditionnel de fongicides systé- aux fongicides, la diversité génétique du nel fongicides systémiques/substances pro- miques/substances protectrices, en appli- pathogène et la transformation génétique, tectrices, de 20 à 25 applications dans la quant les systémiques tous les 10 à 14 jours les recherches sur ce dernier point se dérou- zone de San Rafael, Veracruz et de 30 à 35 en saison des pluies et en alternant systé- lant en dehors des zones de production dans celle du Tabasco. A la saison des miques et substances protectrices en saison (tableau 3). pluies, on utilisait des fongicides systé- sèche. Dans cette région, de même que dans miques seuls ou en mélange tous les 10 à le Golfe du Mexique, on utilise exclusive- Conclusions et perspectives 12 jours et, pendant la saison sèche, des fon- ment les fongicides protecteurs (principale- Depuis son apparition au Mexique en 1980, gicides de contact, tous les 14 jours (Ramí- ment du Chlorothalonil) (Escudero et la cercosporiose noire est devenue le princi- rez et Rodríguez 1996). Récemment, on a in- Rendón 1996). On réalise des applications pal problème phytosanitaire de toutes les troduit des programmes d’aspersion hebdomadaires pendant la saison des pluies zones productrices de bananiers et de bana- comprenant exclusivement des fongicides et tous les 10 à 14 jours pendant la saison niers plantain. La maladie s’est adaptée à protecteurs (principalement du Mancozèbe) sèche. diverses conditions d’environnement et le pour éviter d’employer la citroline. Les in- A l’échelon mondial, le contrôle chimique pathogène est devenu plus agressif, ce qui tervalles d’application varient entre 7 et de la cercosporiose noire est considéré à rend l’exploitation plus difficile et augmente 12 jours selon l’époque de l’année. Avec les haut risque à cause des problèmes de résis- les coûts de production. Dans la région tro- progammes de substances protectrices, on tance développée par le champignon vis-à- picale sèche (Pacifique Centre), son inci- pratique de 40 à 52 applications annuelles. vis de quelques groupes de fongicides. Il y a dence et sa sévérité sont moindres que dans Dans la région du Pacifique Centre, le de nombreuses publications sur la perte de les régions tropicales humides (Golfe du nombre d’applications de fongicides systé- sensibilité de M. fijiensis aux benzimida- Mexique et Pacifique Sud) en raison des dif- miques et de substances protectrices fluctue zoles (Romero et Sutton 1998, Stover 1979) férences de quantité et de répartition des entre 15 et 20. Pendant la saison des pluies et plus récemment aux triazoles (Castro précipitations. En vingt ans, la maladie s’est (juin à octobre) et celle de formation de et al. 1995, Romero et Marín 1990, Romero répandue dans toutes les zones bananières, rosée (novembre à janvier), la maladie est et Sutton 1997). L’évaluation de nouvelles où la lutte chimique reste le moyen le plus contrôlée grâce aux aspersions de fongicides molécules de fongicides n’ayant pas ou peu utilisé pour la combattre. Cependant, avec à action systémique tous les 14 à 21 jours d’effets nocifs sur l’environnement et la le temps, il apparaît que l’application de alors que pendant la saison sèche (janvier à santé devient prioritaire dans la recherche fongicides n’a pas été une solution adéquate mai), on emploie des fongicides protecteurs de nouveaux moyens de traiter la maladie. du fait de la nature complexe de l’agent pa- ou systémiques tous les 25 à 40 jours Dans ce groupe, on trouve l’Azoxistrobine thogène (type de reproduction, pathogéni- (Orozco-Santos 1998, Orozco-Santos et al. qui est sûre du point de vue environnement. cité, dissémination, entre autres) et des 1996). Des études récentes ont démontré D’autre part, on a mis sur le marché une caractéristiques de l’hôte (uniformité géné- qu’avec l’appui de la technique de l’avertis- nouvelle molécule appelée Acibenzolar-S- tique, plantation extensive, etc.), qui ont fa- 36 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 cilité une relation hôte-parasite très étroite. ternational workshop held at San José, Costa Rica, phaerella fijiensis) dans l’ouest du Mexique La recherche devrait se concentrer sur une March 28 – April 1, 1989. INIBAP, Montpellier, INFOMUSA 5(1): 23-24. gestion durable de la maladie ayant pour but France. 374 pp. Ramírez S.G. & C.J.C. Rodríguez. 1996. Manual de pro- de réduire les risques de pollution de l’envi- Gómez-Lim M.A. 1998. Genetic transformation of ducción de plátano para Tabasco y Norte de Chia- ronnement, les dangers pour la santé et per- bananas: strategies to control sigatoka disease. pas. INIFAP. CIRGOC. 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Sersitivity of My- et l’évaluation de programmes d’application 274 in Proceeding XIII ACORBAT Meeting, Guaya- cosphaerella fijiensis causal agent of black Siga- de fongicides en fonction de leur impact sur quil, Ecuador. toka of bananas, to propiconazole. Phytopatho- l’environnement permettront de réduire le Marín V.D. & C.R. Romero. 1992. El combate de la Si- logy 87: 96-100. nombre de cycles d’aspersion. Parallèle- gatoka negra en banano. Corporación Bananera Romero R. A. & T.B. Sutton. 1998. Characterization ment, il est très important de mener des re- Nacional. Costa Rica. Boletín No. 4. 22 pp. of benomyl resistence in Mycosphaerella fijien- cherches spécifiques sur le pathogène Mortensen S.R., K.A. Johnson, C.P. Weisskopf, M.J. sis, cause of black Sigatoka of banana, in Costa (diversité génétique et variabilité pathogé- Hooper, T.E. Lacher & R.J. Kendall. 1998. Avian ex- Rica. 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E-mail: R.C., Zentmeyer, G.A., Nishijima, W.T., Rohrbach, XXII Congreso Nacional de la Sociedad Mexicana ctecoman@volcan.ucol.mx , Javier Farías-Larios, K.G., et Ohr, H.D., eds.). APS Press. St. Paul, Min- de Fitopatología. Guadalajara, Jalisco, Mexique. Gilberto Manzo-Sánchez et Salvador Guzmán- nesota, USA. Résumé No. 19. González à la Facultad de Ciencias Biológicas y Agro- Fullerton R.A. & R.H. Stover (eds.). 1990. Sigatoka Orozco-Santos M., J. Orozco-Romero, J. Farias-Larios pecuarias, Universidad de Colima, Apartado postal leaf spot diseases of bananas: Proceeding of an in- & V. Vazquez. 1996. La cercosporiose noire (Mycos- 36, Tecomán, Colima, Mexique. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 37 Brève communication Effet du nombre de repiquages sur la multiplication in vitro de quatre variétés de bananiers nombre de repiquages sur la multiplication nés sur milieu MS + 3 mg/l d’acide naphty- N.D. Jambhale, S.C. Patil, des bananiers. lacétique (NAA) solidifié avec de l’agar A.S. Jadhav, S.V. Pawar (8 g/l). Cinq massifs méristématiques, et B.D. Waghmode Matériel et méthodes comportant chacun trois pousses, ont été Des méristèmes apicaux des quatre varié- transférés sur milieu frais dans des pots à tés Basrai (AAA), Nendran (AAB), Lal Kela confiture toutes les trois semaines. On a La culture des vitroplants s’est large- (AAA) et Safed Velchi (AB) ont été établis procédé à des observations après le 8 e, le ment répandue en Inde au cours de in vitro, multipliés sur milieu MS + 6 mg/l 10e, le 12e et le 14e repiquage. Après ces dernières années, car elle a de benzylaminopurine (BAP) + 1 mg/l chaque repiquage, on a observé la crois- pour avantages de donner des plants d’acide indole-3-butyrique (IBA) et enraci- sance des plantules acclimatées en serre. sains, précoces et à maturation syn- chrone. Cependant, on observe parfois Tableau 1. Taux de formation de pousses multiples chez différentes variétés des plants anormaux, à morphologie dif- en fonction du nombre de repiquages. férente et vigueur réduite. Cela pourrait Variété Nombre moyen de pousses multiples par pot après le être dû aux repiquages répétés des cul- 8e repiquage 10e repiquage 12e repiquage 14e repiquage tures in vitro. Les dangers potentiels de Basrai (AAA) 12,33 10,91 7,62 7,10 la culture de tissus ont été déjà soulignés Nendran (AAB) 8,63 6,22 5,47 5,92 (Daniells 1997). Une étude a donc été en- Lal Kela (AAA) 10,72 7,91 6,62 7,12 treprise afin de déterminer les effets du Safed Velchi (AB) 8,63 8,09 7,24 6,33 Tableau 2. Croissance des plantules de différentes variétés après différents nombres de repiquages. Variété Caractères Croissance après quatre mois d’acclimatation de plantules issues du 8e repiquage 10e repiquage 12e repiquage 14e repiquage Basrai (AAA) Hauteur de plant (cm) 49,09 45,00 31,60 19,70 Circonférence 6,50 6,00 4,10 3,50 du pseudotronc (cm) Nombre de feuilles 12,00 12,00 9,00 7,00 Largeur du limbe (cm) 10,50 9,80 6,20 4,90 Longueur 20,50 18,90 15,70 11,60 du limbe (cm) Couleur des feuilles Vert foncé Vert clair, Vert pâle, Jaunâtres, cireuses, légèrement parcheminées cireuses, parcheminées parcheminées Vigueur Normale Légèrement rabougri Moyennement rabougri Fortement rabougri Nendran (AAB) Hauteur de plant (cm) 55,0 50,3 36,7 27,2 Circonférence du pseudotronc (cm) 7,0 6,2 5,1 4,4 Nombre de feuilles 10,0 8,0 7,0 6,0 Largeur du limbe (cm) 7,5 8,2 4,23 3,3 Longueur du limbe (cm) 27,0 23,4 17,4 12,33 Couleur des feuilles Vert foncé Vert clair Vert pâle, parcheminées Très parcheminées Vigueur Normale Légèrement rabougri Moyennement rabougri Fortement rabougri Lal Kela (AAA) Hauteur de plant (cm) 59,0 53,0 39,2 29,3 Circonférence ) 5,1 4,3 3,8 2,7 du pseudotronc (cm Nombre de feuilles 8,0 6,0 6,0 5,0 Largeur du limbe (cm) 7,8 6,3 5,1 4,7 Longueur du limbe (cm) 18,2 15,2 13,3 11,7 Couleur des feuilles Vert foncé Vert pâle Vert pâle, parcheminées Jaunâtres, cireuses, parcheminées Vigueur Normale Légèrement rabougri Moyennement rabougri Fortement rabougri Safed Velchi (AB) Hauteur de plant (cm) 52,7 52,2 40,3 35,1 Circonférence du 6,2 6,0 5,0 4,6 pseudotronc (cm) Nombre de feuilles 9,0 8,0 8,0 6,0 Largeur du limbe (cm) 6,6 6,5 5,8 5,2 Longueur du limbe (cm) 20,4 18,2 18,2 16,0 Couleur des feuilles Vert foncé Vert pâle Vert pâle, parcheminées Vert pâle, parcheminées Vigueur Normale Légèrement rabougri Légèrement rabougri Moyennement rabougri 38 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Tableau 3. Spectre de variants observés chez les vitroplants de différentes variétés. Variété Variant Description Basrai Variant 1 Plant de haute taille et vigoureux, pseudotronc vert pâle, feuilles longues et larges, légèrement maculées, avec marge rouge jusqu’au pétiole vert pâle. Variant 2 Plant de haute taille et mince avec longue hampe vert pâle, pseudotronc vert pâle, feuilles longues et étroites sans macules. Nendran Variant 1 Plant nain, pseudotronc et hampe rouge clair, feuilles courtes et larges, à marge rouge et légèrement maculées. Variant 2 Plant nain, pseudotronc et hampe rouge clair, feuilles longues et étroites à pétiole court, marge verte. Variant 3 Plant nain, pseudotronc et hampe rouge clair, feuilles longues et étroites à pétiole court, marge rouge. Variant 4 Grand pseudotronc et longue hampe vert violacé, feuilles longues et larges à marge rouge. Lal Kela Variant 1 Plant nain, pseudotronc et hampe rouge clair, feuilles longues et larges à marge rouge clair. Safed Velchi - Néant- Tableau 4. Fréquence des variants selon le nombre de repiquages. Nombre et fréquence des variants après le Variété 8e repiquage 10e repiquage 12e repiquage 14e repiquage Basrai —- Variant 1 : 3 (1,0 %) Variant 1 : 11 (1,89 %) Variant 1 : 31 (3,44 %) —- —- Variant 2 : 9 (1,54 %) Variant 2 : 19 (2,11 %) Nendran —- Variant 1 : 18 (7,14 %) Variant 1 : 35 (11,20 %) Variant 1 : 46 (15,43 %) —- Variant 2 : 22 (8,73 %) Variant 3 : 48 (15,38 %) Variant 2 : 30 (10,06 %) —- —- —- Variant 3 : 30 (10,06 %) Lal Kela —- Variant 1 : 7 (3,00 %) Variant 1 : 12 (4,8 %) Variant 1 : 28 (7,20 %) Safed Velchi 0,00 0,00 0,00 Résultats et discussion plantules qui étaient nettement distinctes servée chez les plants acclimatés et l’aug- Le taux de formation de pousses multiples des clones parentaux (tableau 3). Le pour- mentation du nombre de variations soma- a varié selon la variété. Après le 8e repi- centage de variants variait chez les diffé- clonales après le 8e repiquage, il semble quage, le nombre moyen de pousses mul- rents génotypes étudiés. Gomez et Garcia préférable, pour certaines variétés, de ne tiples par pot était le plus élevé chez Bas- (1997) ont fait état précédemment de ré- pas faire plus de huit repiquages. ■ rai (12,33), suivie par Lal Kela (10,72), et sultats similaires. Chez toutes les variétés le plus faible chez Nendran et Safed Velchi excepté Safed Velchi, on a constaté des va- Références (8,63). Chez les quatre variétés, ce taux a riations dans la stature, la pigmentation, la Daniells J. 1997. Les dangers potentiels de la cul- ensuite diminué à chaque nouveau repi- croissance, la dimension des feuilles et des ture de tissus. INFOMUSA 6(2): 17-18. quage. Après le 14e repiquage, il n’était pétioles, etc. après les 10e, 12e et 14e repi- Daniells J.W. & M.K. Smith. 1993. Somatic mutations plus que de 7,10 chez Basrai, 7,12 chez Lal quages. Nendran s’est caractérisée par le of bananas -their stability and potential. Pp. 162- Kela, 6,33 chez Safed Velchi et 5,92 chez plus grand nombre de variants après le 10e 171 in International symposium on recent develop- Nendran (tableau 1). repiquage (15,87 %), le 12e (26,58 %) et le ments in banana cultivation (R. V Valmayor et al., La croissance des variétés, mesurée 14e (36,49 %). Basrai a eu une fréquence eds). INIBAP/ASPNET, Los Baños, Philippines. par la hauteur de plant, la circonférence de variants de 1 à 5,55 %, tandis que le Gomez I.H. & E.G.Garcia. 1997. Étude agronomique du pseudotronc, le nombre de feuilles et pourcentage de variation était de 15,87 à de bananiers du clone Cavendish obtenus par la dimension des feuilles, a diminué 36,49 % chez Nendran et de 3 à 7,20 % chez culture in vitro. INFOMUSA 6(2): 23-26 après le 8e repiquage, certains plants Lal Kela (tableau 4). étant très rabougris après le 14e repi- Daniells et Smith (1993) avaient déjà si- quage (tableau 2). Safed Velchi a été la gnalé un pourcentage de variants attei- Les auteurs travaillent au Plant Tissue Culture Labo- moins affectée. gnant 91 % chez des vitroplants. Etant ratory, Department of Agricultural Botany, Mahatma Parmi les populations de plants acclima- donné la réduction du taux de multiplica- Phule Krishi Vidyapeeth, Rahuri 413-722, Dist. Ah- tés après le 8e repiquage, on a observé des tion, de la croissance et de la vigueur ob- mednagar, Maharashtra, Inde. Errata dans INFOMUSA 9(2) – Décembre 2000 de huit, neuf et dix vraies mains à la floraison sont les suivants : 1) élimination de deux vraies mains et 2) élimination de trois Distribution de la maladie du sang vraies mains.“ Dans la section PROMUSA (p. IX), il était indiqué que la mala- Criblage d’hybride de bananiers résistants à Radopholus die du sang s’est répandue depuis l’Indonésie jusque dans similis l’Ouest de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il s’agissait en fait de Dans l’article de Dochez et al. (p. 3-4), les véritables appella- la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée (Irian Jaya) et non tions des hybrides désignés dans le texte sous les noms TMP2x- de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La maladie du sang n’a en- 47 et TMP2x-50 sont respectivement TMP2x2521S-47 core jamais été signalée dans ce dernier pays. et TMP2x2521S-50. Considérations méthodologiques pour l’évaluation L’acceptabilité des bananes exotiques par le consommateur de l’élimination sélective de mains de bananes ougandais (Musa AAA, cv. ‘Valery’) Dans l’article de Nowakunda et al. (p. 22-25), il faut lire Une erreur s’est glissée dans l ’article de A. Vargas TMPx5511-2 et non TMPx5511/2 (tableau 1). Par ailleurs, le gé- et F. Blanco (p.19). Dans la partie ‘Matériel et méthodes’, 3ème nome de ce même hybride TMPx5511-2 est AAAB et non AABB paragraphe, il faut lire: “Les traitements réalisés sur les régimes comme indiqué sur les tableaux 1, 2, 3 et 5. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 39 Nouvelles des Musa diploïdes qui sont utilisées dans le pro- tégies d’amélioration in vitro, incluant la gramme d’hybridation. L’université a créé création d’une variabilité par mutagenèse Épidémie de cercosporiose noire plusieurs diploïdes synthétiques promet- et l’utilisation d’agents antimitotiques en Australie teurs qui servent à faire de nouveaux croi- pour accroître le degré de ploïdie. Une épidémie de cercosporiose noire a été sements avec des diploïdes et triploïdes récemment signalée au Queensland, en cultivés. Certains des hybrides synthé- Pour toute information sur le programme d’amé- Australie. La zone concernée se situe à tiques nouvellement obtenus semblent pré- lioration des bananiers de la Tamil proximité de Tully, dans la partie septen- senter un bon niveau de résistance aux né- Nadu Agricultural University, contacter : trionale du Queensland, à environ 140 km matodes et aux affections foliaires, ainsi K. Soorianathasundaram et N. Kumar, Dept. of Pomology, Horticultural College and au Sud de Cairns. Le Nord du Queensland que des caractères agronomiques accep- Research Institute, Tamil Nadu Agricultural étant la principale région bananière de tables. Le programme d’amélioration University, Coimbatore, Inde 561003. l’Australie, cette maladie apparaît comme conventionnelle est complété par des stra- Courrier électronique : sooriak@yahoo.com une véritable menace pour une production d’une valeur annuelle de 200 millions de La communauté bananière perd deux amis et collègues dollars. On craint qu’elle ne fasse monter en flèche les coûts de production locaux. Si huit épidémies de cercosporiose noire ont Ren Gonsalves avoir obtenu un PhD. à l’université de touché les bananiers sauvages dans la par- L’INIBAP a le regret d’annoncer le décès l’État du Michigan, il est parti avec son tie septentrionale du Queensland au cours de Reynold Gonsalves le 15 février 2001 à épouse, Jeannette, au Honduras pour tra- des dix dernières années, c’est la première la suite d’un cancer. Ren était âgé de vailler à la United Fruit Company. Il est fois que la maladie est détectée dans une 72 ans. devenu rapidement chef du programme zone de production commerciale. Jusqu’à Né à Cuba in 1928, Reynold Gonsalves, d’amélioration des bananiers, dont il a présent, les services de quarantaine ont de nationalité jamaïcaine, obtint son BSc. conservé la responsabilité lorsque cette argué de la présence de la cercosporiose à l’université d’Howard, Washington où il entreprise privée a été transformée en un noire dans beaucoup de pays d’Amérique excellait en biologie. institut de recherche public, la Fundación centrale pour rejeter les demandes d’im- En 1952, il devint responsable principal Hondureña de Investigación Agrícola portation. Si cette épidémie n’est pas jugu- de la station d’amélioration des bananiers (FHIA). lée, on peut s’attendre à de nouvelles pres- de Jamaïque puis en 1969 améliorateur en Les remarquables hybrides de la FHIA, sions en faveur de l ’autorisation des chef. Ren était reconnu au sein de la com- créés par Phil, figurent parmi les variétés importations de bananes en Australie. munauté bananière du fait de ses re- de bananiers les plus performantes du cherche sur l’amélioration des bananiers monde. Huit de ces hybrides ont été inté- L’amélioration des bananiers en vue de leur résistance à la fusariose et grés dans les essais du Programme interna- en Inde aux cercosporioses jaune et noire. Il a tional d’évaluation des Musa. Ils se sont ré- d’ailleurs reçu l’ordre de distinction de vélés résistants aux multiples ravageurs et commandeur pour sa contribution à l’agri- maladies, hautement productifs et ca- culture. pables de fournir une performance stable De par son travail, Ren a apporté beau- dans des conditions environnementales coup à l’amélioration des Musa au niveau très diverses. Sur la base de ces résultats, international et il a participé à ce titre ces hybrides ont été sélectionnés et sont à de nombreuses conférences et réunions progressivement diffusés dans les zones de internationales. Ren était un personnage production bananière. Ils offrent un inté- important pour le Réseau régional de rêt particulier pour les petits exploitants l’INIBAP pour l’Amérique latine et les Ca- qui cultivent des sols marginaux sans pesti- raïbes au sein duquel sa participation et cides ni engrais. Là où ils ont été intro- ses interventions étaient des plus appré- duits, ces hybrides sont rapidement adop- ciées. tés. Des projets sont en cours pour les Reynold Gonsalves était Directeur du distribuer aux petits producteurs du Nica- Jamaican Banana Board depuis 1996. Il ragua et de Tanzanie, où ils ont déjà aug- était marié et avait quatre fils et une fille. menté les rendements dans une proportion Son autre centre d’intérêt était les courses d’un tiers. Mais c’est Cuba, où les hybrides de chevaux et il était Président de la de la FHIA ont été adoptés à grande Jamaica Racing Commission. échelle, qui fournit la démonstration la plus impressionnante. L’augmentation des Dès 1949, un programme d’amélioration Phil Rowe rendements enregistrée dans ce pays, en des bananiers a été lancé par la station Le dimanche 25 mars 2001, Phillip R. Rowe l’absence de toute application de pesti- centrale de recherche bananière d’Aduthu- est décédé à l’âge de 62 ans à La Lima cides, a exercé un impact considérable et rai, dans le Tamil Nadu. C’était l’un des (Honduras). Pendant plus de 30 ans, il immédiat sur les revenus des producteurs. premiers efforts systématiques entrepris avait consacré sa carrière à l’amélioration Le dévouement à la tâche de Phil conti- dans ce domaine en Inde. En 1971, la des bananiers et des bananiers plantain. Il nuera de rendre service à des millions de Tamil Nadu Agricultural University a a créé plusieurs variétés exceptionnelles personnes dans le monde entier. Sa géné- pris la relève à Coimbatore. L’université qui sont aujourd’hui distribuées dans le rosité, son humour et sa compassion de- maintient une collection de 127 accessions monde entier, depuis la Floride jusqu’en meureront assurément dans la mémoire du et travaille à l’hybridation et à la sélection Ouganda, où elles atténuent considérable- cercle plus restreint des amis, collègues et des descendances présentant une résis- ment les effets des ravageurs et des mala- connaissances qui ont bénéficié de son al- tance aux nématodes, aux affections fo- dies des bananiers, notamment la cerco- truisme. Il laisse derrière lui son épouse, liaires et à la fusariose. Le criblage de la sporiose noire et la fusariose. deux fils et un petit-fils. Dans le témoi- collection de matériel génétique a révélé la Phil est né dans l’Arkansas, où il a fait gnage qui suit, son collègue et ami de résistance d’un certain nombre de variétés ses études primaires et secondaires. Après longue date, Franklin Rosales, coordina- 40 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 teur régional de l’INIBAP pour l’Amérique qu’il faisait. Il n’a même jamais demandé latine et les Caraïbes, rend hommage à de nouveau véhicule, alors que nous ne dis- Phil en brossant un tableau de sa vie. posions que d’une vieille guimbarde pour nous déplacer. Pour vous donner une idée In memoriam de ses désirs matériels, je peux vous dire Il est difficile de parler d’un ami qui vient qu’il n’a jamais possédé que deux voitures de nous quitter. On voudrait résumer en pendant toute sa vie professionnelle au quelques lignes toutes les bonnes choses Honduras (plus de 30 ans !) : une vieille qu’il a accomplies, mais bien vite, on se Chevrolet et une Toyota rouge dont Jea- rend compte que ce n’est pas si facile. nette, son épouse, se servait pour aller Faut-il, en Phil Rowe, évoquer l’ami, le faire les courses à San Pedro Sula. La pre- chercheur, le père, le frère, l’époux, le mière, il l’a vendue à un missionnaire pour conseiller, le confident ? On hésite à privi- une bouchée de pain et il riait chaque fois légier l’un ou l’autre aspect, car il excellait qu’il racontait l’histoire : “Jamais je n’ai vu dans chacun d’entre eux. Quoi qu’on dise, de visage plus heureux que celui de ce mis- en définitive, ce sera toujours trop peu sionnaire quand je lui ai dit qu’il pouvait pour donner une idée réelle de l’influence avoir la vieille Chevy pour 300 dollars.” Il qu’il a exercée en ce monde. ne s’inquiétait pas de l’argent ni de choses C’était un “bon Samaritain”, et davan- matérielles – non parce qu’il était riche, tage encore que celui de la Bible, car il a mais parce qu’il aimait vivre simplement. Il aimé et secouru les gens non pas une fois, disait toujours : “Quand on aime les choses mais chaque jour de sa vie. Chaque jour, à simples, on vit plus facilement et plus heu- la grille d’entrée de la station de sélection reux que n’importe qui.” Il était parfaite- de Guarumas, à la Lima, ou sur le chemin ment heureux à dormir sous la tente, avec menant à la station, il y avait une file de rien d’autre à manger que des haricots gens qui l’attendaient pour lui demander rouges et des tortillas. Parfois, il me parlait de l’aide. Une aide que Phil leur donnait en riant du jour où il avait essayé de jouer toujours sans hésitation. Bien des garçons en bourse : “Franklin”, me disait-il, “tu ne et des filles ont reçu de lui une “bourse” peux pas savoir à quel point je suis content pour aller à l’école primaire ou secondaire. de ne pas avoir gagné de l’argent, car pour Combien ? Seuls Phil et le Bon Dieu le sau- te dire la vérité, je ne sais pas ce que j’en ront jamais, car il a toujours fait en sorte aurais fait.” que personne ne “découvre” l’ampleur de Phil avait un caractère positif et enthou- ses œuvres de bienfaisance. Parmi les gens siaste, non seulement dans son travail qu’il protégeait au quotidien figuraient des d’hybridation qui était sa “passion”, mais paraplégiques, des veuves, des personnes aussi dans toutes ses autres activités. Il ne âgées, des malades. Comme l’a dit son fils connaissant pas l’adversité ; il gardait tou- aîné, Mark : “La sollicitude de mon père jours espoir, même quand la situation sem- vis-à-vis des pauvres restera dans toutes les blait désespérante à d’autres. Doté d’un mémoires. Quand quelqu’un frappait à merveilleux sens de l’humour, il était tou- notre porte, il ne repartait jamais sans un jours prêt à plaisanter. Quand il faisait un peu d’argent, un bon conseil ou quelque exposé sur l’amélioration variétale, il com- chose à manger. Ayant grandi dans une fa- mençait invariablement par une blague, mille très modeste, il a toujours eu à cœur dont il était le premier à rire. d’aider les plus démunis.” Il était de nature très calme. Quand on Ayant travaillé avec Phil pendant plus de lui cherchait querelle, il ne ripostait pas, 10 ans, je peux dire que les mots sont indi- même si on lui disait des paroles désobli- gents pour rendre compte du témoignage geantes. À la manière d’un Gandhi, il avait qu’il a porté en tant que chrétien, au vrai une “patience de moine” et s’efforçait de sens du terme. Je reverrai toujours le sou- résoudre tous les problèmes de manière rire serein qui éclairait son visage, quel pacifique. En revanche, il se “battait” pour que soit le problème auquel nous pouvions les membres de son équipe, afin de leur ob- nous trouver confrontés, et sa main tou- tenir de meilleures conditions de travail, et jours ouverte pour donner de l’aide à tous l’on en voyait les résultats chaque année ceux qui en avaient besoin. quand l’administration lui demandait de Il était modeste, et cela même quand les évaluer. De tout le personnel de la nous devions présenter un rapport aux do- FHIA, c’étaient toujours ses techniciens nateurs. Il disait toujours : “J’aime voir les qui recevaient les meilleures notes. Il était yeux des donateurs quand ils viennent me fier d’eux et s’efforçait de les aider à pro- demander ce que nous avons fait de l’ar- gresser, même si cela pouvait se traduire gent ou ce qu’il nous a permis d’obtenir.” occasionnellement par une réprimande. Et Quand on lui demandait ce qu’il voulait en tous lieux, il s’est toujours efforcé de pour le programme d’amélioration, il ré- convaincre les gens que l’“amélioration pondait sans hésitation toujours la même traditionnelle” était la meilleure solution chose : “De nouveaux pollinisateurs.” Ja- pour les bananes et les bananiers plantain. mais il n’a rien demandé pour lui-même ; Malheureusement, il y a eu très peu de et jamais il n’a promis davantage que ce gens qui ont compris le message de Phil ou qu’il était possible d’attendre du travail qui étaient prêts à exprimer des vues al- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 41 australe. Elle sera ensuite détachée tout d’abord à l’IITA, puis au Centre africain de recherche régionale sur bananiers et plan- tains (CARBAP, anciennement CRBP) au Cameroun, et consacrera une grande par- tie de son temps à des recherches en mi- lieu paysan et en laboratoire sur les mé- thodes de lutte intégrée permettant de limiter les dégâts des nématodes sur les bananiers. Elle s’intéressera aussi au transfert de technologie et contribuera aux activités du bureau d’Afrique de l’Ouest et centrale. Mr Kamulindwa a rejoint l ’IPGRI- INIBAP le 3 mai 2001 en tant qu’adminis- trateur du projet ‘Nouvelles approches de l’amélioration de la production bananière en Afrique de l’Est – les applications des biotechnologies’, financé par le Gouverne- ment ougandais. Avant de rejoindre l’INIBAP, Mr Kamulindwa a travaillé dans différentes instances telles que le minis- tère des Finances d’Ouganda, CRRE Inter- Phil Rowe (au centre) avec deux paysans cubains qui ont obtenu le record mondial de poids national, le CIAT-Afrique et Heifer Project pour un régime de FHIA-03 : 84.5 kg! International. Il arrive donc à l’INIBAP avec une riche expérience dans la gestion de projets. Il partagera son temps entre le lant dans le sens de sa vision. A mon avis, nière silencieuse mais abondante. Son am- NARO-KARI à Kawanda (75%) et le bureau très peu de gens se rendent compte actuel- bition était de créer un meilleur type de ba- régional de l’INIBAP à Kampala (25%). lement de la portée de son travail et de la nane ou de banane plantain, qui permet- signification qu’il aura pour l’humanité trait, dans le monde entier, de nourrir les Colloque sur l’agriculture en Asie dans les années à venir. Parmi les rares in- gens qui dépendent presque exclusivement Un colloque scientifique organisé conjoin- terlocuteurs qui comprenaient et appré- de cette culture pour leur subsistance. Je tement par l’Asian Crop Science Associa- ciaient le travail de Phil figurent les Cu- suis certain que le rêve de Phil de voir ses tion (ACSA), la Society for the Advance- bains. Nous sommes allés ensemble à Cuba bananiers hybrides cultivés dans tous les ment of Breeding Research in Asia and et, de la Havane jusqu’à Guantanamo à coins de la planète ne tardera pas à se ma- Oceania (SABRAO) et la Federation of l’autre bout de l’île, nous avons visité térialiser. Et j’espère qu’un jour, je pourrai Crop Science Societies of the Philippines toutes les plantations contenant des hy- le rejoindre au ciel où il se trouve mainte- (FCSSP) a eu lieu du 24 au 27 avril à Ma- brides de la FHIA. La gratitude que les Cu- nant. nille (Philippines) sur le thème “sécurité bains lui ont exprimée, à tous les niveaux Franklin E. Rosales alimentaire et protection de l’environne- de la hiérarchie, était phénoménale et je ment au nouveau millénaire”. ne doute pas qu’il l’a appréciée au plus Nouvelles de l’INIBAP L’INIBAP et l’IPGRI avaient un stand profond de son coeur. Comme l’a dit José commun présentant des informations sur Manuel Alvarez dans son message de Nouveaux recrutements la distribution des différents types de ba- condoléances : “À Cuba, nous nous souvien- Kim Jacobsen rejoint l’INIBAP comme naniers dans le monde, ainsi que des pan- drons toujours de lui avec admiration, chercheur associé au sein du bureau neaux et posters sur les activités de leurs amour et respect ; et ces sentiments se ma- d’Afrique de l’Ouest et centrale. Son poste, réseaux et sur l’importance des bananes et térialiseront dans toutes les plantations de financé par la Vlaamse Vereniging voor autres ressources phytogénétiques pour la notre île où les fruits de son travail sont Ontwikkelingsamenwerking en Tech- sécurité alimentaire. À cette occasion, une aujourd’hui en train de fleurir.” Lorsque nische Bijstand (VVOB), est axé sur le dé- démonstration pratique a été faite sur l’uti- nous sommes rentrés au Honduras, il a ar- veloppement et le lisation de MUSADOC 2000 et du prototype boré pendant plusieurs jours un si large transfert de tech- du CD-ROM multimédia sur la banane. En- sourire que Jeanette lui a dit. “Phil, je ne nologie et sur la viron 500 chercheurs en sciences agricoles sais pas ce que tu as fait à Cuba, mais nématologie. Après et décideurs de la région et d’ailleurs chaque fois que je voudrai voir un sourire avoir étudié la zoo- étaient présents à cet événement. heureux sur ton visage, je n’aurai qu’à t’en- logie et l’embryolo- Parmi les autres centres internationaux voyer de nouveau là-bas.” gie des nématodes proposant un stand figuraient l’Institut in- Comme je l’ai déjà dit, il est difficile de pendant sept ans ternational de recherches sur le riz (IRRI), parler de Phil, car tout ce qu’on peut dire (avec des interrup- l’Institut international de recherche sur ne suffira jamais. Je garderai le souvenir tions) à l’univer- l’élevage (ILRI) et l’International Service d’un ami très cher, d’un patron qui était un sité de Gand en for the Acquisition of Agri-biotech Appli- sélectionneur remarquable, mais avant tout Belgique, elle a obtenu un Masters et cations (ISAAA). d’une personne faisant preuve d’une grande s’achemine vers un PhD. Entrant en fonc- sensibilité pour les aspects sociaux et hu- tion à l’INIBAP le 1er mai, elle passera ses Quatrième réunion du Comité mains de l’existence. Il était humble trois premiers mois en Ouganda, où elle se- de pilotage de MUSACO comme le sont tous les grands chercheurs, condera Guy Blomme et se familiarisera La quatrième réunion du Comité de pilo- il était modeste, simple, noble, effacé et avec le projet de gestion intégrée des rava- tage du Réseau Musa pour l’Afrique de toujours bon. Il a servi les pauvres de ma- geurs mis en œuvre en Afrique de l’Est et l’Ouest et centrale, MUSACO, a eu lieu du 42 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 2 au 4 avril 2001 à Accra (Ghana). Le mi- nistre ghanéen de l’Environnement, des Sciences et de la Technologie a prononcé le discours d’ouverture. Tout en encoura- geant les chercheurs à continuer à mettre au point des technologies pour développer la production des bananes et bananes plantain, il a regretté l’absence des pro- ducteurs à cette réunion. Après le discours de bienvenue de Walter Alhassan, direc- teur général du Council for Scientific and Industrial Research, Marcel Nwalozie a annoncé que le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développe- ment agricoles (CORAF) allait fournir des fonds à MUSACO pour lui permettre d’achever la collecte d’informations de base sur la production bananière en Afrique de l’Ouest et centrale. À la différence des réunions précé- dentes, dans lesquelles les rapports natio- naux servaient de base aux discussions, la réunion de cette année a été structurée au- tour des projets en cours (culture périur- baine de la banane, évaluation de matériel génétique et collecte d’informations de base sur la production bananière) et des présentations de l’équipe ghanéenne de re- cherche sur les plantains. Les représen- tants de l’IITA, de l’INIBAP et du CORAF ont également fait le point sur les activités de ces institutions. Des chercheurs de l ’université du Ghana, du Crops Research Institute, de la Kwame Nkrumah University of Science and Technology et du ministère de l’Ali- mentation et de l’Agriculture ont présenté des rapports succincts sur les activités de recherche-développement bananière me- nées au Ghana dans divers domaines comme la nématologie, la virologie et la multiplication des rejets. Par exemple, les “champs-écoles” organisés par le projet na- tional de lutte intégrée contre les rava- geurs permettent de former les paysans ghanéens aux méthodes d’assainissement Vues du stand INIBAP au Colloque sur l’agriculture en Asie. Participants de la quatrième réunion du Comité de pilotage de MUSACO. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 43 des rejets de plantains pour l’établisse- naniers et plantains (CARBAP). La créa- • échanger des informations sur les tech- ment de nouvelles parcelles. tion de CARBAP démontre la volonté du niques de production avec des cher- On a sélectionné les producteurs qui Gouvernement camerounais de donner une cheurs, vulgarisateurs et producteurs do- participeront au projet de culture périur- véritable dimension régionale à ce centre minicains et costa-riciens ; baine au Ghana et au Bénin, et des pépi- qui prend la relève du CRBP. • établir des liens avec des chercheurs nières et serres d’acclimatation ont été Dans le cadre du programme Musa com- d’Amérique latine et des Caraïbes dans construites dans l’un et l’autre pays. Au mun pour l’Afrique subsaharienne, qui éta- le cadre du réseau MUSALAC coordonné Ghana, le projet est mis en œuvre par le blit des liens entre les activités de l’IITA et par l’INIBAP. Crops Research Institute, le ministère de de l’INIBAP, la revue MusAfrica est désor- Des chercheurs et vulgarisateurs de Ré- l’Alimentation et l’Agriculture et World mais coéditée par les deux institutions. Les publique dominicaine se sont joints au Vision International aux abords de Ku- membres ont été invités à en informer groupe pendant deux journées d’exposés et masi et de Sekondi-Takoradi, respective- leurs collègues et à leur demander d’en- de discussions dirigées par Sylvio Belalcá- ment deuxième et troisième villes du pays. voyer des contributions à l’IITA ou à zar, chercheur colombien initiateur des Le projet du Bénin est implanté à la péri- l’INIBAP. Des informations sur les activités techniques mises en œuvre. Le groupe a phérie de Cotonou et d’Abomey Calavi sous du réseau MUSACO sont placées sur les rendu visite à un producteur installé à la direction de l’Institut national de re- sites Web de l’INIBAP et du CORAF. Le Moca dans la province d’Espallat en Répu- cherche agricole du Bénin (INRAB) et du CORAF a offert d’accueillir des discussions blique dominicaine, qui, avec une forte CARDER-Atlantique. Dans les deux pays, le électroniques sur son serveur. densité de plantation, récolte 110 000 personnel du projet a été formé aux mé- La présidente de MUSACO, Mme Adèle doigts de plantains par hectare et par an thodes de sevrage et d’acclimatation des Sambo du Gabon, a été réélue à son poste au lieu des 27 200 doigts obtenus en vitroplants. et il a été décidé que la cinquième réunion moyenne avec les méthodes tradition- Les essais d’évaluation de matériel gé- du Comité de pilotage du réseau aura lieu nelles. nétique seront entièrement mis en place à à Cotonou (Bénin). Le groupe, incluant les chercheurs de la fin de cette année. Le sevrage et l’accli- République dominicaine, s’est ensuite matation des vitroplants ont entraîné Visite de chercheurs rendu au Costa Rica où il a été rejoint par quelque retard dans certains des neuf pays ouest-africains le responsable d’une coopérative de com- impliqués. Les participants ont recom- en République dominicaine mercialisation de bananes plantain, un vul- mandé d’organiser un cours pour familiari- et au Costa Rica garisateur et un chercheur de la Corpora- ser les chercheurs et techniciens avec ces Dans les zones de bas-fonds humides de ción Bananera Nacional (CORBANA). Des opérations. L’Institut international d’agri- l’Afrique de l’Ouest et centrale, la banane discussions animées ont eu lieu avec plu- culture tropicale (IITA), l’INIBAP et le ré- plantain occupe une place de premier sieurs producteurs de la région de Tala- seau rechercheront conjointement des plan parmi les cultures vivrières et com- manca. Sur leurs exploitations, le poids des fonds à cet effet. merciales. Le CORAF, organisme coordon- régimes est passé de 9-12 kg à 15-20 kg La collecte de données de base sur la pro- nant la recherche et le développement depuis l’adoption d’une densité de planta- duction bananière a lieu dans neuf des 12 agricoles dans cette sous-région, en a re- tion plus serrée, et les revenus ont donc pays membres du réseau, mais pour l’ins- connu l’importance en faisant de la ba- fortement augmenté. tant, seuls quatre d’entre eux ont mené nane plantain l’un de ses axes prioritaires. Les nouvelles techniques consistent es- cette tâche à bien. Un jeune chercheur déta- Les rendements moyens de la sous-région, sentiellement à : ché auprès du secrétariat de MUSACO par se situant à moins de 10 t/ha, arrivent loin • planter des plantains faux corne avec l’Organisation des Nations unies pour l’ali- derrière ceux de l’Amérique latine et des une forte densité (2500 à 5000 plants par mentation et l’agriculture (FAO) doit aider Caraïbes, où des techniques améliorées ha) ; à accomplir ce travail, et des fonds seront sont appliquées. • utiliser du matériel végétal uniforme ; mis à disposition pour les enquêtes. En avril 2001, deux producteurs, quatre • appliquer des engrais, fongicides et pes- Le coordinateur du Programme interna- chercheurs et deux vulgarisateurs du ticides aux stades critiques du dévelop- tional d’évaluation des Musa (IMTP) de Bénin, du Cameroun, du Ghana, de Côte pement. l’INIBAP, Jean-Vincent Escalant, a invité d’Ivoire et de Guinée (Conakry), accompa- Afin de maximiser les rendements, on les pays membres à participer soit aux es- gnés par le coordinateur régional de replante les parcelles après chaque ré- sais d’évaluation approfondie, soit aux es- l’INIBAP pour l’Afrique de l’Ouest et cen- colte. sais d’évaluation de la performance. Il a trale et par le chef du Département sémi- Si l’on veut que cette technologie puisse été demandé aux pays qui veulent s’enga- naires et études du Centre technique de porter ses fruits en Afrique de l’Ouest et ger dans des essais IMTP de nommer des coopération agricole et rurale (CTA), ont centrale, il faudrait que les producteurs candidats pour le cours sur les affections participé à un cours d’une durée de 10 aient accès au crédit nécessaire pour ache- foliaires et la collecte des données prévu jours sur les techniques de production des ter les intrants, qui doivent aussi être dis- en juin 2001 en Asie. bananes plantain qui a eu lieu tout d’abord ponibles à des prix abordables. Là où la Adiko Amoncho, représentant l’Afrique en République dominicaine, puis au Costa pluviométrie est insuffisante, il faudrait de l’Ouest et centrale au sein du Comité de Rica. Le CTA et l’INIBAP ont financé cette pratiquer l’irrigation pour répondre aux pilotage de PROMUSA, a présenté un bref visite d’étude, à laquelle le Centro para el besoins en eau qu’implique la forte évapo- rapport sur la réunion de PROMUSA tenue Desarrollo Agropecuario y Forestal transpiration liée à une densité de planta- en Thaïlande. Soulignant le faible degré de (CEDAF) et le bureau régional de l’INIBAP tion élevée. En outre, la commercialisation représentation des chercheurs de la région pour l’Amérique latine et les Caraïbes ont joue un rôle extrêmement important. Les au sein des groupes de travail, il a invité apporté un appui logistique. participants ont jugé unanimement qu’il les représentants des pays membres à Les objectifs de cette visite consistaient à : serait souhaitable de diffuser cette techno- nommer des chercheurs pour l’un des cinq • étudier les différents systèmes de pro- logie dans la sous-région. Ils ont décidé groupes. duction de bananes plantain de la Répu- d’élaborer une requête de financement Une délégation spéciale du ministère ca- blique dominicaine et du Costa Rica, et pour des essais participatifs en milieu pay- merounais de la Recherche scientifique et les comparer avec ceux de l’Afrique de san destinés à rendre cette technologie ap- technique a annoncé la création du Centre l’Ouest et centrale afin d’identifier les si- plicable dans les conditions biophysiques africain de recherche régionale sur les ba- militudes et les différences ; et socioéconomiques de l ’Afrique de 44 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 l’Ouest et centrale. Ils ont également ties prenantes. Dans chaque pays, on a sé- des résultats et facilitera la collaboration convenu que chacun d’entre eux établira lectionné un site pour le projet et com- avec les SNRA. La revue MusAfrica est dé- une parcelle de démonstration de la cul- mencé à collecter des données de base. sormais coéditée par les deux institutions. ture de bananes plantain avec une forte Les options qui doivent être testées sont Les membres du Comité ont été priés d’en densité de plantation. déterminées en collaboration avec les pro- informer leurs collègues et de leur deman- ducteurs participant au projet et tous les der d’envoyer des contributions à l’IITA ou Sixième réunion du Comité essais seront effectués en milieu paysan. à l’INIBAP. de pilotage du réseau BARNESA Plusieurs techniques intéressantes sont Le mandat du (ou de la) présidente de La sixième réunion du Comité de pilotage envisagées, notamment l’utilisation de BARNESA étant renouvelable une fois, du Réseau de recherche bananière pour plantes, de cendres et d’urine de bovins Mary Wabule du KARI (Kenya) continuera l’Afrique de l’Est et australe a eu lieu les comme pesticides naturels. d’exercer cette fonction en 2001-2002. Il a 22 et 23 février 2001 à Zanzibar (Tanza- Charles Eledu, chercheur chargé du pro- été convenu que la prochaine réunion aura nie). Après l’ouverture de la réunion par le jet de collecte d’informations de base sur lieu en Éthiopie. Le coordinateur a proposé ministre adjoint à l’Agriculture, le ministre la recherche et la production bananières, que cette réunion soit organisée parallèle- de la Santé a prononcé un discours de financé par la fondation Rockefeller, a ment à une réunion nationale des parties bienvenue. Les participants ont salué la présenté une description de ce projet. prenantes, afin de permettre aux membres présence de nouveaux membres du Soudan Celui-ci, auquel participent six pays, est du Comité d’avoir des interactions avec les et d’Érythrée. mis en œuvre en collaboration avec l’IITA acteurs locaux de la recherche et de la pro- et la NARO de l’Ouganda. Il est prévu qu’il duction bananières, et cette proposition a Plan stratégique du réseau BARNESA sera étroitement lié avec le programme de été retenue. Le coordinateur du réseau BARNESA a in- recherche sur les sols de la NARO, égale- diqué que les consultants engagés par ment financé par la fondation Rockefeller. Projet de biotechnologies l’Union européenne ont achevé l’évaluation Les équipements nécessaires, et en parti- Le projet intitulé “Nouvelles approches des réseaux de l’ASARECA. En consé- culier le matériel et le logiciel SIG, sont de l’amélioration de la production bana- quence, BARNESA a été classé comme un maintenant en place et il est espéré que nière en Afrique de l’Est – les applica- réseau en émergence et recevra un finan- des progrès rapides seront faits dans la tions des biotechnologies”, financé par le cement limité de l’UE à partir de juillet collecte et l’analyse des données dispo- Gouvernement ougandais, va de l’avant. 2001. Cependant, la continuité de ce finan- nibles sur la recherche et la production Conjuguant les expertises de l’Institut in- cement sera conditionnée par le réaligne- bananières. ternational d’agriculture tropicale (IITA), ment de la stratégie du réseau sur l’ap- Le chercheur de l’INIBAP responsable de la National Agricultural Research proche “orientée vers le marché“ de de la conservation du matériel génétique a Organization (NARO), de l’université de l’ASARECA. Afin de répondre à cette exi- fait une présentation sur le Programme in- Makerere, du Centre de coopération in- gence, les participants ont décidé de créer ternational d’évaluation des Musa (IMTP). ternationale en recherche agronomique un Comité spécial pour travailler à la fina- Il a été demandé aux membres du réseau pour le développement (Cirad), de la lisation du plan stratégique du réseau BARNESA d’envisager de participer à ce Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et BARNESA. Ils ont établi des termes de ré- programme en accueillant soit des “essais de l’INIBAP, ce projet vise à accroître la férence et un calendrier de travail pour ce d’évaluation de la performance“, soit des production des variétés de bananiers d’al- Comité. “essais d’évaluation approfondie“. Plu- titude d’Afrique de l’Est en améliorant Les membres du Comité de pilotage ont sieurs pays ont exprimé leur intérêt pour leur résistance à la cercosporiose noire, aussi observé que les priorités du réseau ces essais. aux nématodes et aux charançons. À ce BARNESA, telles qu’elles avaient été défi- La présidente de BARNESA a présenté projet travaillent le chef du laboratoire de nies dans le plan stratégique initial, de- un rapport sur la réunion de PROMUSA culture de tissus de la NARO, l’adminis- meurent valables, mais qu’il faudra les si- tenue en novembre 2000 en Thaïlande, à trateur et quatre techniciens. On est en tuer dans le contexte d’une recherche laquelle elle participait en tant que repré- train d’équiper le laboratoire et des me- orientée vers le marché. À cet égard, ils sentante des SNRA d’Afrique de l’Est et sures sont prises pour assurer que tout le ont noté que le Comité de pilotage, com- australe. Elle a noté que, PROMUSA étant matériel électrique fonctionne sans à- posé exclusivement de chercheurs en axé principalement sur l’amélioration gé- coups. Il est aussi prévu de réaménager le sciences biologiques, manque actuelle- nétique, les charançons n’étaient pas in- “Coffee Building” de la station de re- ment d’expertise dans le domaine de la clus jusqu’à présent dans le champ de ses cherche de la NARO pour accueillir un la- commercialisation. Ils ont reconnu qu’il activités. Cependant, au cours de cette ré- boratoire de biologie moléculaire qui s’agit là d’une lacune pour une recherche union, il a été recommandé de prendre des contribuera aux études en cours et per- orientée vers le marché. Ils ont donc dé- mesures pour aller vers la constitution mettra de développer les capacités dans cidé de demander au Comité spécial de for- d’un groupe de travail sur les charançons. ce domaine. muler des recommandations en vue de C’est là une excellente nouvelle pour la ré- On est en train de mettre en place un l’admission de nouveaux membres qui gion du réseau BARNESA, où les charan- approvisionnement régulier en bourgeons pourront combler les lacunes constatées çons sont l’une des principales contraintes mâles pour fournir le matériel de départ au sein du Comité. pour la production. servant à l’établissement de suspensions cellulaires embryogènes. Pour l’instant, Activités en cours Programme conjoint INIBAP/IITA ce sont des producteurs qui fournissent Guy Blomme, coordinateur adjoint pour pour l’Afrique ce matériel, mais les plants cultivés à la l’Afrique de l’Est et australe, a fait le point Afin de renforcer leur collaboration, station de recherche de la NARO à sur le projet de lutte intégrée contre les ra- l’INIBAP et l’IITA ont décidé d’opérer une Kawanda assureront bientôt un approvi- vageurs et les maladies des bananiers, fi- fusion de leurs programmes de recherche sionnement suffisant. Actuellement, nancé par le DFID (Royaume-Uni), qui est bananière en Afrique. Cela signifie que les 450 plants appartenant à quatre cultivars mis en œuvre au Kenya, en Tanzanie et en deux institutions planifieront et exécute- différents ont été établis. Leur culture Ouganda. Plusieurs réunions ont été orga- ront conjointement leurs activités en sera gérée avec le plus grand soin afin nisées aux niveaux régional et local pour Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est. Il d’éviter les attaques de cercosporiose présenter le projet et ses objectifs aux par- est espéré que cela améliorera la diffusion noire, nématodes, charançons et virus. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 45 Un cours sur la culture de tissus a eu lieu grammes de l’INIBAP et de l’IITA en Ou- du 19 au 25 avril 2001 à la NARO. Animé par ganda. Les connaissances acquises facilite- trois chercheurs de la KUL et du Départe- ront l’exécution du projet et la diffusion ment des productions fruitières et horti- des techniques de lutte intégrée dans les coles (Cirad-Flhor), il a permis de familiari- trois pays concernés et ailleurs. ser le personnel du projet avec les méthodes appliquées pour inoculer les dif- Cours de formation sur le MGIS férents types de matériel de départ, obtenir et atelier sur les Noms des cultures embryogènes et établir des sus- et synonymes en Inde pensions cellulaires embryogènes. Plus de Un cours national de formation sur le sys- 200 bourgeons mâles de quatre variétés dif- tème d’information sur le matériel géné- férentes, rejets de six cultivars et cultures tique bananier (MGIS) s’est tenu à Tiru- méristématiques de six autres variétés de chirapally, Tamil Nadu, en Inde du 21 au bananiers en provenance de la collection de 24 Mai. Le cours était co-organisé avec le matériel génétique de l’INIBAP ont été ino- National Research Centre on Banana culés. Le chef du laboratoire de culture de (NRCB) sous la supervision de S. Sathia- tissus, Mlle Priver Namanya, recevra une moorthy et S. Uma. Douze responsables de formation complémentaire aux méthodes collection, venus des régions de production Participants du cours de formation MGIS. d’établissement de suspensions cellulaires à la KUL et au CIRAD. Enfin, des contacts ont été établis avec des partenaires potentiels au Royaume-Uni : John Innes Centre, université de Leeds et DFID. Le John Innes Centre a élaboré et soumis au DFID une requête pour un projet complémentaire de transformation géné- tique des bananiers d’altitude d’Afrique de l’Est. Le service de coopération au déve- loppement de l’ambassade de France à Kampala a aussi réservé un accueil favo- rable à ce projet. Cours sur la lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies Un projet de lutte intégrée contre les rava- geurs et les maladies des bananiers, fi- nancé par le DFID et facilité par l’INIBAP, est actuellement mis en œuvre par les SNRA d’Ouganda, de Tanzanie et du Kenya. Dans ce cadre, un cours a été organisé du 3 au 10 mai 2001 à l’intention des techni- ciens de terrain et des chercheurs. Ce Applications pratiques du cours MGIS dans une bananeraie. cours, qui a eu lieu au Kawanda Agricultu- ral Research Institute (KARI-NARO) en Ouganda, portait sur les éléments suivants : ravageurs et maladies des Musa, tech- niques de lutte intégrée, diversité des culti- vars, méthodes de recherche participative en milieu paysan, aspects socioécono- miques et systèmes de production. Cette formation combinait des exposés et des sessions pratiques sur l’application des protocoles d’évaluation des ravageurs et des maladies. Une visite sur des exploi- tations a permis d’examiner de plus près les aspects socioéconomiques de la re- cherche participative et l’évaluation de la distribution et de l’incidence des ravageurs et des maladies. Ce cours regroupait 15 participants : vul- garisateurs, techniciens des SNRA, cher- cheurs, représentants d’ONG, représen- tants de projets de “champs-écoles” de la FAO, responsables de collections de bana- niers, un membre du projet KCDP de Ka- gera en Tanzanie, et Kim Jacobsen, ex- perte associée de la VVOB en visite d’orientation de trois mois auprès des pro- Participants de l’atelier sur les Noms et synonymes. 46 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 bananière les plus importantes d’Inde (An- Thèse drah Pradesh, Karnataka, Kerala, Tamil Nadu, West Bengal, Andaman et îles Nico- bar) ont participé à ce cours. Caractérisation de la résistance Les participants se sont montrés très en- thousiastes à propos du MGIS et quant à partielle des bananiers son utilité comme outil de gestion des banques de gènes. Le MGIS a également à la maladie des raies noires été perçu comme un support très utile à l’échange d’information sur les ressources et évaluation de la variabilité génétiques non seulement avec des respon- sables de collection d’Inde mais aussi de de l’agressivité de l’agent causal, l’ensemble de la région asiatique et au- delà. En incluant les participants formés Mycosphaerella fijiensis durant ce cours, le nombre total de respon- sables de collection formés au MGIS est Thèse de Doctorat présentée à la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques, maintenant de 40. Le MGIS contient au- Gembloux, Belgique, 2000. jourd’hui 4122 références et l’INIBAP tra- vaille actuellement à sa mise en ligne pour consultation gratuite sur Internet. Le cours de formation sur le MGIS a Abdelbasset El Hadrami relles que contrôlées. Ainsi, certaines été suivi par un atelier sur les Noms et composantes de résistance ont été suggé- synonymes des variétés de bananier en rées. Le dispositif expérimental utilisé au Inde. Cet atelier s’est avéré un excellent Les programmes d’amélioration géné- champ n’a toutefois pas permis de juger complément au cours, apportant une tique chez le bananier visent la création du poids épidémiologique de certaines occasion, pour les responsables de de nouvelles variétés partiellement résis- d’entre elles. Par ailleurs, une faible va- collection, de discuter des questions tantes à la maladie des raies noires. L’ob- riabilité de l’agressivité chez M. fijiensis relatives à la biodiversité des bananiers jectif principal de cette étude était de ca- a été détectée et aucune interaction spé- en Inde. Un grand nombre de synonymes ractériser les composantes de cette cifique n’a été mise en évidence. Ces ré- est en effet déjà reconnu pour les résistance à l’aide de paramètres du cycle sultats ont une implication pour la sélec- bananiers dans ce pays mais un certain infectieux, de juger de leur poids épidé- tion de résistances partielles efficaces et nombre d’accessions n’existant que dans miologique et d’évaluer la variabilité de durables. certaines régions ont été identifiées lors l’agressivité de l’agent pathogène. Des Titre original : Partial resistance as- de l’atelier. Le rôle important que peut différences significatives ont été mises en sessment of bananas against the black jouer le MGIS dans la clarification des évidence entre cultivars partiellement ré- leaf streak disease and evaluation of the noms et des synonymes est devenu sistants pour certaines séquences du aggressiveness variability of the causal évident au cours de ces deux ateliers. cycle infectieux tant en conditions natu- agent, Mycosphaerella fijiensis. Livres etc. cherche à l’IITA en publiant sa thèse de ment à la cause de l’amélioration des Strategies for utilization doctorat. Dirk en a rédigé l’introduction Musa, dont il souhaitait voir bénéficier en of genetic variation générale et la synthèse en août 1997 à Co- particulier les petits producteurs africains. in plantain improvement penhague, et il a lui-même sélectionné Comme le souligne son directeur de thèse, (Stratégies pour l’utilisation de la varia- neuf de ses articles (publiés dans des re- le Prof. De Langhe, dans l’hommage qu’il tion génétique dans l’amélioration des ba- vues spécialisées internationales ou dans lui rend en préambule, “Particulièrement naniers plantain) des livres collectifs) qui forment les cha- frappant est le tout dernier paragraphe de Dirk R. Vuylsteke pitres de cette thèse. Tous les matériaux sa thèse qui, de manière prophétique, for- Thèse soumise pour l’attribution inclus dans celle-ci ont été récupérés sur mule son credo en quelques phrases, un posthume d’un Ph.D. en sciences agricoles son ordinateur personnel dans son bureau credo dont on peut constater actuellement et biologiques appliquées, Katholieke à Namulonge (nom de fichier : Magnum qu’il repose sur une vision juste et scienti- Universiteit Leuven (K.U.Leuven), Belgique Opus) et compilés chez lui à Kampala en fiquement mature.” Selon les propres avril 2000. Cette thèse, dont le promoteur à termes de Dirk : “La condition indispen- Le 30 janvier 2000, la K.U.Leuven était le Prof. ém. Edmond sable, pour viabiliser la culture de cette Dirk R. Vuylsteke, De Langhe, se compose de quatre parties : plante pérenne à reproduction végétative, éminent chercheur I. Introduction générale ; II. La variation est de disposer d’un matériel génétique de bananier empreint somaclonale chez les bananiers plantain Musa amélioré, à base large et capable de d’humanitarisme, (regroupant trois articles de revues scien- résister aux ravageurs et aux maladies. disparaissait dans tifiques et un chapitre de livre) ; III. L’hy- On pourra obtenir ce matériel en combi- un tragique acci- bridation des bananiers plantain (regrou- nant les méthodes d’amélioration conven- dent d’avion. Les pant un article de revue scientifique, trois tionnelles avec des techniques innovantes, membres de sa fa- homologations de matériel génétique et un destinées à introduire une variation géné- mille, en particu- chapitre de livre) ; et IV. Stratégies pour tique additionnelle. En outre, le recours lier son épouse Ka- l’amélioration des bananiers plantain. Le aux marqueurs moléculaires permettra thelyne et leurs enfants Sarah et Yannick, Prof. Rony L. Swennen en a fait la présen- d’accélérer le processus de sélection récur- ont décidé, avec l’aide de leurs amis, de tation oralement lors de la soutenance qui rente du matériel amélioré, de façon à fa- mettre à la disposition de la communauté a eu lieu le 29 mars 2001 à la K.U.Leuven. ciliter la création de nouveaux hybrides. des chercheurs bananiers les éléments les La thèse de doctorat de Dirk témoigne L’amélioration des bananiers et des bana- plus significatifs de ses vingt années de re- de ses idées novatrices et de son dévoue- niers plantain offre des perspectives illi- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 47 mitées et l’intensification des efforts dans et l’on constate que les variants somaclo- du catalogue est accompagnée d’une photo ce domaine ne manquera pas d’ouvrir naux ne donnent qu’une médiocre perfor- et d’une description morphotaxonomique une nouvelle phase de l’évolution des mance horticole. Le but des recherches de la plante telle qu’elle peut être observée Musa.” Cette thèse de doctorat, ainsi que décrites dans cette thèse était de promou- sur le terrain. Cette publication repose sur les nombreux autres articles de revues et voir une approche non plus empirique, les informations que les responsables des chapitres de livres que Dirk a publiés, de- mais scientifique, de l’amélioration des collections de matériel génétique de Gua- meureront à jamais une source d’inspira- bananiers plantain (et des bananiers). deloupe, du Cameroun, d’Australie et d’Ou- tion pour ses collègues et pour la nouvelle Son auteur espérait aussi qu’elle contri- ganda ont fournies à l’INIBAP au travers génération de scientifiques œuvrant à buerait, ne serait-ce qu’indirectement, à du Système d’information sur les res- l’amélioration de cultures tropicales négli- la transformation si nécessaire de l’agri- sources génétiques des Musacées (MGIS). gées par la recherche. culture africaine traditionnelle en un Des exemplaires de Musalogue II sont système moderne reposant sur les acquis disponibles au siège de l’INIBAP. Résumé de la science et de la technologie, et privi- On a longtemps considéré que le bananier légiant la durabilité. Cryoconservation de matériel plantain ne se prêtait pas à l’amélioration génétique de bananier génétique, seules des variétés indigènes Disponibilité Bart Panis et Nguyen Tien Thinh étant cultivées en dépit de nombreuses Pour obtenir un exemplaire de cettethèse Guides techniques INIBAP 5 années d’efforts d’hybridation. Cepen- de doctorat, contacter : Edité par J.V. Escalant et S. Sharrock dant, les avancées récentes de plusieurs Prof. R.L. Swennen, ISBN : 2-910810-44-5 programmes d’amélioration des Musa dé- K.U.Leuven, Cette publication décrit les méthodes de montrent que la production de matériel Laboratory of Tropical Crop cryoconservation mises au point pour les génétique amélioré de bananier plantain Improvement tissus de bananier à la KUL (Katholieke et de bananier à l’aide des méthodes d’hy- Kasteelpark Arenberg 13 Universiteit Leuven, Belgique) et au bridation conventionnelles pourrait dé- B-3001 Leuven, Belgique boucher sur l’obtention de nouveaux culti- Tél : (32-16) 32 14 20 vars pour la consommation locale et la Fax : (32-16) 32 19 93 production commerciale. L’intérêt récent ou pour l’amélioration des Musa est né prin- Siège de l’INIBAP cipalement de l’épidémie de cercospo- Parc Scientifique Agropolis 2 riose noire, maladie pour laquelle on dis- 34397 Montpellier Cedex 5, France pose désormais de cultivars résistants. Tél : (33) 4 67 61 13 02 L’attention des améliorateurs se tourne à Fax : (33) 4 67 61 03 34 présent vers les autres contraintes qui li- mitent la production, notamment les né- Musalogue II – Diversity matodes, la fusariose et les affections vira- in the genus Musa les. Les nouveaux progrès de J. Daniells, C. Jenny, D. Karamura l’amélioration devraient permettre d’éri- et K. Tomekpe ger les Musa au rang de culture moderne. Compilé par E. Arnaud et S. Sharrock Il s’avère que beaucoup de sous-groupes ISBN : 2-910810-42-9 de Musa ont des taux de production de L’INIBAP vient de publier la deuxième édi- graines qui peuvent être exploités. On tion de Musalogue – un catalogue sur la di- connaît de mieux en mieux les aptitudes à versité des Musacées. Cette publication la combinaison, les groupes hétérotiques JIRCAS (Japanese International Research et la génétique des caractères qualitatifs Centre for Agricultural Sciences). Elle et quantitatifs, ce qui confère davantage fournit les protocoles détaillés des opéra- d’efficacité aux efforts d’amélioration. tions à effectuer à chaque étape, de la pré- Des études sont en cours sur une diver- paration du matériel végétal à la reprise et sité de systèmes d’amélioration combi- à la régénération de plantes entières. Les nant les méthodes conventionnelles et techniques employées sont spécifiques au des approches innovantes pour produire type de tissu destiné à être maintenu en des cultivars potentiels à partir de tétra- cryoconservation: méristèmes individuels, ploïdes primaires, de triploïdes secondai- massifs de méristèmes (structures en chou- res et d’autres populations. Plusieurs gé- fleur), suspensions cellulaires embryogènes notypes améliorés font actuellement et embryons zygotiques. Chaque méthode l’objet d’évaluations multilocales qui met- est illustrée par des figures et des photo- tent en lumière les interactions génotype graphies couleur. Les avantages et les li- x environnement et la stabilité des ca- mites de chaque méthode sont indiqués et ractères essentiels. Pour certains sous- les possibilités d’optimisation sont discu- groupes importants de Musa (Cavendish, tées. Ce guide technique devrait faciliter plantain faux corne) qui demeurent récal- contient des descriptions et des photos des l’adoption et l’utilisation des méthodes dé- citrants aux méthodes d’amélioration con- différentes espèces et variétés, couvrant crites. Il comprend également une liste de ventionnelles, les biotechnologies offrent l’essentiel de la diversité présente au sein références bibliographiques et des informa- des perspectives prometteuses. Cepen- de ce genre. Le catalogue est divisé en tions pratiques: composition des milieux de dant, la variation somaclonale obtenue deux parties. La première concerne les es- culture et des solutions, et liste de l’équipe- par culture de tissus est d’un intérêt li- pèces sauvages : sections Australimusa, ment de base nécessaire. Ce guide est aussi mité pour l’amélioration des plantains, Callimusa, Eumusa et Rhodochlamys tan- publié en anglais et en espagnol. car elle ne fait essentiellement qu’imiter dis que la seconde donne des informations Cette publication est disponible au siège la variation qui se produit à l’état naturel sur les variétés cultivées. Chaque entrée de l’INIBAP à Montpellier. 48 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 A tentative key for identification Asie. Une première conférence internatio- bientalmente amigable” qui s’est tenu au and classification of Indian nale sur la fusariose, organisée en 1989 à Costa Rica en juillet 1998 est maintenant bananas Miami, avait donné lieu à la publication d’un publiée. H.P. Singh, S. Uma et S. Sathiamoorthy Des copies sont disponible auprès du bu- Il existe en Inde une riche diversité de ba- reau régional de l’INIBAP au Costa Rica. naniers, plus de 90 variétés distinctes ayant été identifiées dans les différentes Biologie et biotechnologies banques de matériel génétique du sous- cellulaires, incluant les techniques continent. Cependant, la multitude des sy- de mutation en vue de la création nonymes (généralement en langues verna- de nouveaux génotypes de culaires) fait qu’il est difficile de bananiers déterminer systématiquement les identités L’IAEA a reproduit dans un document de entre cultivars d’un site à un autre. Par travail à distribution limitée (réf : IAEA- exemple, pour le cultivar bien connu “Poo- 312.D2.RC.579.3) la version intégrale des van”, on a recensé pas moins de 27 syno- contributions présentées au cours de la 3ème réunion IAEA/FAO de coordination de la recherche sur “biologie et biotechno- logies cellulaires…”. Les résumés de ces contributions avaient été publiés dans la section PROMUSA (4 pp. VI-XVI) d’INFO- MUSA vol. 8, n° 2. ouvrage intitulé “Fusarium wilt of banana”. Depuis lors, la situation a beaucoup évolué. Bientôt disponibles La recherche a été de l’avant, permettant Deux nouvelles fiches techniques sur les notamment le développement et la diffu- maladies des Musa sont actuellement sous sion de variétés résistantes, ainsi que la ca- presse. ractérisation biochimique et moléculaire La fiche technique N° 9 sur “la Fausse des souches de l’agent pathogène. Un maladie de Panama sur le bananier“ a été deuxième atelier international a donc été préparée par Zaag de Beer, Julio M. organisé en 1999 afin de faire le point sur Hernández et Sonia Sabadel. La fiche tech- la situation actuelle de la maladie et d’identifier les priorités futures de la re- cherche. Les actes de cet atelier rassem- nymes dans le pays. Cette publication four- blent les communications scientifiques pré- nit une clé pour classer les cultivars de sentées par des experts internationaux sur bananiers indiens sur la base du système les thèmes suivants : diversité de l’agent pa- de classification génomique de Simmonds thogène ; méthodologie de suivi et de cri- et Shepherd. Elle décrit de manière dé- blage ; amélioration variétale ; et gestion de taillée plusieurs espèces sauvages de Musa la maladie. La publication contient aussi des et les principaux sous-groupes de bana- rapports sur les recherches menées dans niers cultivés. Outre la clé de classifica- différents pays d’Asie, du Pacifique, tion, on y trouve une liste des synonymes d’Afrique et d’Amérique latine. de chaque cultivar. Un grand nombre de Cette publication est disponible auprès planches en couleur illustrent la diversité du bureau régional de l ’INIBAP aux des bananiers en Inde et montrent claire- Philippines. ment les caractères taxonomiques utilisés dans la clé. A lire absolument par tous Organic/environmentally friendly ceux qui s’intéressent à la diversité des banana production nique N° 10, dont les auteurs sont Africano Musacées en Inde. Edité par F.E. Rosales, S.C. Tripon Kangire et Mike Rutherford, traite d’un Pour obtenir un exemplaire de cette pu- et J. Cerna “désordre similaire a la fusariose du bana- blication, contacter : The Director, Natio- ISBN : 2-910810-99-2 nier en Ouganda“. Ces fiches seront dispo- nal Research centre for Banana (ICAR) La version anglaise des actes de l’atelier nibles dès juillet en français, anglais et es- #17 Ramalinganagar South extension, “Producción de banano orgánico y, o, am- pagnol. Vayalur Road, Tiruchirapalli, 620 017, Tamil Nadu, Inde. Courrier électronique : nrcb-sathya@eth.net ; nrcbaris@tr.dot.net.in Banana Fusarium wilt management : towards sustainable cultivation Edité par A.B. Molina, N.H. Nik Masdek et K.W. Liew ISBN : 971-91751-14-1 La fusariose, qui est l’une des maladies des bananiers les plus dévastatrices à l’échelle mondiale, représente la principale contrainte pour la production bananière en INFOMUSA — Vol 10, N° 1 49 Annonces La FHIA recrute un sélectionneur The Honduran Foundation for Agricultural Research (Fundación languages is desired. A competitive salary, based on qualifica- Hondureña de Investigación Agrícola – FHIA) is seeking an ex- tions and experience, plus benefits is offered. perienced plant breeder to direct and play an active breeding Interested parties please contact Dr Dale T. Krigsvold, Director role in its internationally recognized banana and plantain bree- of Research at dkrigsvold@fhia.org.hn; Telephone: (504) 668- ding programme located in La Lima, Honduras, Central America. 2809; Fax (504) 668-2313 or send applications with résumés to The successful candidate will have an advanced degree in plant Recursos Humanos, FHIA, Apartado Postal 2067, San Pedro Sula, breeding, experience in Musa breeding, experience in research Cortés, Honduras 21105 or by E-mail at fhia@fhia.org.hn. Appli- administration, and knowledge and experience in modern tech- cations will be received until a suitable candidate niques used in plant breeding. Fluency in English and Spanish is found. Bourses de recherche Vavilov-Frankel 2002 L’IPGRI a créé le Fonds des bourses de recherche Vavilov- sur l’amélioration des plantes ou la caractérisation moléculaire Frankel pour commémorer les éminentes contributions à soient sélectionnés. Les boursiers sont encouragés à présenter l’étude des végétaux apportées par l’Académicien Nikolai Iva- leurs travaux à une conférence internationale. Celle-ci pourra novich Vavilov et par Sir Otto Frankel. avoir lieu dans l’année suivant l’expiration de la bourse. Ce Fonds a pour objet d’encourager la conservation et l’uti- Les bourses de l’an 2002 s’adressent à des ressortissants des pays lisation des ressources phytogénétiques dans les pays en déve- en développement âgés de 35 ans au plus et titulaires d’un diplôme loppement grâce à l’octroi de bourses de recherche à de de maîtrise (ou l’équivalent) et/ou d’un doctorat dans une disci- jeunes chercheurs de haut niveau. pline pertinente. Des formulaires de candidature en anglais, en es- Ces bourses de recherche permettront aux candidats sélection- pagnol ou en français peuvent être obtenus auprès de : Vavilov- nés de mener des recherches pertinentes et novatrices en dehors Frankel Fellowships, IPGRI, Via dei Tre Denari 472/a, 00057 de leur pays d’origine pendant une période allant de trois mois à Maccarese (Fiumicino), Rome, Italy; Fax: (39)0661979661 ou par un an. Les recherches devront avoir une utilité évidente pour le courrier électronique: e.clancy@cgiar.org ou URL pays d’origine du boursier. Les bourses sont cumulables avec http://www.ipgri.cgiar.org/training/vavilov.htm et devront être ren- d’autres sources de soutien. voyés à la même adresse. Les candidatures peuvent être envoyées En l’an 2002, 50 000 dollars US au total seront disponibles pour par courrier, fax ou courrier électronique. Les candidatures doi- ces bourses, dont le montant individuel ne pourra dépasser 25 vent être reçues à l’IPGRI le 16 novembre 2001 au plus tard. 000 dollars US. Les bourses sont destinées à couvrir les frais de Les dossiers de candidature devront être obligatoirement rédi- voyage, de subsistance, de laboratoire et de matériel, ainsi que la gés en anglais, en espagnol ou en français et devront comprendre participation à des conférences et toute autre dépense appro- une lettre d’introduction, le formulaire de présentation de candi- priée. Les recherches doivent concerner des sujets innovants liés dature dûment rempli, un curriculum vitae complet, une proposi- à la conservation et à l’utilisation des ressources phytogéné- tion de recherche (maximum 1000 mots indiquant clairement les tiques, tels que les nouvelles technologies et stratégies de objectifs, la faisabilité, la méthodologie et le matériel utilisés, conservation, les aspects socio-économiques et humains de leur une justification des liens avec les ressources phytogénétiques, conservation et de leur utilisation, la gestion du matériel géné- ainsi que les résultats et impacts envisageables), une lettre d’ac- tique, les ressources génétiques forestières, le développement de ceptation de l’institut d’accueil envisagé et une lettre de soutien politiques, l’évaluation et l’atténuation de l’érosion génétique, de l’institut d’origine. Les candidats seront informés de l’issue ainsi que la conservation et l’utilisation de plantes cultivées par- donnée à leur candidature le 31 mars 2002 et devront démarrer ticulières. Il est peu probable que des projets ciblés uniquement leur programme de recherche avant le 31 décembre 2002. VIe Symposium international sur les biotechnologies des plantes (1ère annonce) les cultures de tissu in vitro ; Obtention de métabolites secon- IPB, Cuba, 17-21 Juin 2002 daires ; Information, commerce et propriété intellectuelle dans le cadre des biotechnologies des plantes. Ce symposium est organisé par l‘Instituto de Biotecnología de Pour de plus amples informations, contacter : Las Plantas (IBP) et l’Université centrale “Marta Abreu” de Las Lic. Orlando Gregorio Chaviano, Instituto de Biotecnología de Villas, Villa Clara, Cuba. Las Plantas, Carretera a Camajuaní km. 5.5, Santa Clara, Villa Les principaux thèmes abordés seront les suivants :Transfor- Clara, Cuba. mation génétique et biologie moléculaire ; Culture de tissus ; Em- Courrier électronique : ogregorioch@yahoo.com bryogenèse somatique et semences artificielles ; Propagation en Des informations plus détaillées et un formulaire d’inscription masse ; Amélioration des plantes par mutagenèse ; Variation so- (anglais et espagnol) sont également disponibles à l’adresse maclonale et sélection in vitro ; Assainissement et diagnostic des suivante : microorganismes pathogènes ; Contamination microbienne dans http://www.inibap.org/actualites/villaclara/indexevenin.htm 50 INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Les adresses de l’INIBAP Siège C/o CATIE Plot 106, Katalima Road Parc Scientifique Agropolis II Apdo 60-7170 Turrialba, COSTA RICA Naguru 34397 Montpellier Cedex 5 - FRANCE Tel/Fax : (506) 556 2431 Kampala, OUGANDA E-mail : inibap@cgiar.org E-mail : inibap@catie.ac.cr Fax : (256 41) 28 69 49 http://www.inibap.org E-mail : inibap@imul.com Directeur : Bureau Régional Dr Émile FRISON pour l’Asie et le Pacifique Centre de Transit INIBAP (ITC) E-mail : e.frison@cgiar.org Coordinateur Régional : Responsable : Responsable de l’amélioration génétique : Dr Agustín MOLINA Melle Ines VAN DEN HOUWE Dr Jean-Vincent ESCALANT C/o IRRI Collaborators Center Katholieke Universiteit Leuven E-mail : j.escalant@cgiar.org 3 rd Floor Laboratory of Tropical Crop Improvement Responsable des ressources génétiques : Los Baños, Laguna 4031 Kasteelpark Arenberg 13, Melle Suzanne SHARROCK PHILIPPINES B-3001 Leuven, BELGIQUE E-mail : s.sharrock@cgiar.org Fax : (63 2) 891 12 92 Fax : (32 16) 32 19 93 Responsable de l’Information E-mail : a.molina@cgiar.org E-mail : ines.vandenhouwe et de la Communication : Bureau Régional pour l’Afrique @agr.kuleuven.ac.be Melle Claudine PICQ occidentale et centrale E-mail : c.picq@cgiar.org Experts associés, NématologieCoordinateur Régional : Responsable du MGIS : Inge VAN DEN BERGHDr Ekow AKYEAMPONG Melle Élizabeth ARNAUD C/o VASIBP 12438 E-mail : e.arnaud@cgiar.org Van Diem, Than TriDouala, CAMEROUN Responsable Financier : Hanoi, VIET-NAMTel/Fax : (237) 42 91 56 Mr Thomas THORNTON Fax : (84 4) 86 13 937E-mail : inibap@camnet.cm E-mail : t.thornton@cgiar.org E-mail : ingegeert@fpt.vn Bureau Régional Thomas MOENS Bureau Régional pour l’Amérique latine pour l’Afrique orientale et australe C/o CORBANA et les Caraïbes Coordinateur Régional : Station de recherche La Rita Coordinateur Régional : Dr Eldad KARAMURA Apdo 390-7210 Dr Franklin E. ROSALES Expert associé, transfert de technologies : Guápiles, COSTA RICA Expert associé, transfert de technologies : Guy BLOMME Fax : (506) 763 30 55 Luis POCASANGRE PO Box 24384 E-mail : fitonema@corbana.com Conseils aux auteurs Les textes dactylographiés seront préparés Bibliographie Illustrations en français, anglais ou espagnol et envoyés Les références bibliographiques seront Numérotez-les et faites référence à ces nu- au rédacteur en chef de la revue. Ils seront présentées par ordre alphabétique d’au- méros dans le texte. N’oubliez pas d’indi- présentés en double interligne. Toutes les teurs. L’appel à référence dans le texte in- quer les légendes. pages seront numérotées (y compris les ta- diquera le nom de l’auteur et l’année de Graphiques : Merci de fournir avec le gra- bleaux, figures, légendes et références) à publication (ex : Sarah et al. 1992). phique les données brutes correspon- partir de la page de titre. Le titre sera le Vous trouverez ci-dessous trois exemples dantes. plus court possible. Mentionnez le nom de références parmi les plus courantes : Dessins : dans la mesure du possible, four- complet de tous les auteurs ainsi que leur Articles de périodiques : Sarah J.L., C. Bla- nir des originaux. adresse au moment de l’étude. Indiquez vignac & M. Boisseau. 1992. Une méthode Photographies noir et blanc : elles doivent également l’auteur auquel doivent être de laboratoire pour le criblage variétal des être tirées sur papier brillant et très adressées les correspondances. bananiers vis-à-vis de la résistance aux né- contrastées. Si le texte a été saisi sur un système informa- matodes. Fruits 47(5): 559-564. Photographies en couleur : fournir un très tisé, merci d’envoyer avec votre version im- Livres : Stover R.H. & N.W. Simmonds. bon tirage papier ou des diapositives de primée une copie sur disquette ou par cour- 1987. Bananas (3rd edition). Longman, bonne qualité. rier électronique en indiquant les références Londres, Royaume Uni. du logiciel de traitement de texte utilisé. Articles (ou chapitres) de publications Note : Les auteurs citant dans leur article Résumés non-périodiques : Bakry F. & J.P. Horry. du matériel végétal originaire du Centre de Un résumé dans la langue du texte et éven- 1994. Musa breeding at CIRAD-FLHOR. Pp. transit de l’INIBAP (ITC) à Leuven ou in- tuellement dans les deux autres langues de 169-175 in The Improvement and Testing dexé dans ce centre indiqueront les numé- la revue devra accompagner la contribution. of Musa: a Global Partnership (D.R. Jones, ros de code ITC des accessions citées. Il ne devra pas excéder 200 à 250 mots. ed.). INIBAP, Montpellier, France. Sigles Tableaux Ils seront développés lors de leur première Numérotez-les et faites référence à ces nu- Merci de suivre ces conseils. apparition dans le texte et suivis du sigle méros dans le texte. Chaque tableau sera Cela facilitera et accélérera le travail entre parenthèses. accompagné d’un titre. d’édition. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 51 g .o r ba p Les publications de l’INIBAP i .inw w w Disponibles au Siège central à Montpellier : INIBAP/ACIAR 1997. E. Arnaud & J.P. Horry (eds). Musalogue, a catalogue of Musa germplasm: Papua New Guinea collecting missions 1988-1989. INIBAP/CTA/CIRAD 2001. J. Daniells, C. Jenny, D. Karamura & K. Tomekpe. Musalogue II – INIBAP/CTA/FHIA/NRI/ODA 1997. B.K. Dadzie & J.E. Orchard. Evaluation post-récolte des Diversity in the genus Musa (E. Arnaud & S. Sharrock, compil.). hybrides de bananiers et bananiers plantain : critères et méthodes. Guides techniques INIBAP/CTA/2001. B. Panis & N.T. Thinh. Cryoconservation de matériel génétique de INIBAP 2. bananier (J.V. Escalant et S. Sharrock, eds). Guides techniques INIBAP 5 INIBAP/CTA 1997. P.R. Speijer & D. De Waele. Evaluation du matériel génétique de Musa INIBAP 2001. Annual Report 2000. pour la résistance aux nématodes. Guides techniques INIBAP 1. INIBAP 2000. M. Holderness, S. Sharrock, E. Frison & M. Kairo (eds). Organic banana 2000: INIBAP/The World Bank 1997. E.A. Frison, G. Orjeda & S. Sharrock (eds). PROMUSA: A Towards an organic banana initiative in the Caribbean. Report of the international Global Programme for Musa Improvement. Proceedings of a meeting held in Gosier, workshop on the production and marketing of organic bananas by smallholder farmers. Guadeloupe, March 5 and 9, 1997. 31 October-4 November 1999, Santo Domingo, Dominican Republic. INIBAP-IPGRI/CIRAD 1996. Descripteurs pour le bananier (Musa spp.). INIBAP 2000. G. Orjeda (compil.). Evaluating bananas: a global partnership. Results of IMTP Phase II. Disponibles directement auprès du bureau régional INIBAP/EARTH/IDRC 1999. F.E. Rosales, S.C. Tripon & J. Cerna (eds).Organic/ d’Asie/Pacifique environmentally friendly banana production. Proceedings of a workshop held at INIBAP-ASPNET/MARDI 2001. A.B. Molina, N.H. Nik Masdek & K.W. Liew (eds). Banana EARTH, Guácimo, Costa Rica, 27-29 July 1998 . Fusarium wilt management: towards sustainable cultivation. Proceedings of the INIBAP/CRBP/CTA/CF 1999. C. Picq, E. Fouré & E.A. Frison (eds). Bananas and Food international workshop on the management of Fusarium wilt disease held in Genting, Security/Les productions bananières : un enjeu économique majeur pour la sécurité Malaysia, 18-20 October 1999. alimentaire. Proceedings of an International Symposium held in Douala, Cameroon, 10- INIBAP-ASPNET 2000. R.V. Valmayor, S.H. Jamaluddin, B. Silayoi, S. Kusumo, L.D. Danh, 14 November 1998. O.C. Pascua & R.R.C. Espino. Banana cultivar names and synonyms in Southeast Asia. INIBAP/FHIA 1999. F.E. Rosales, E. Arnaud & J. Coto (eds). A tribute to the work of Paul INIBAP-ASPNET 2000. A.B. Molina & V.N. Roa (eds). Advancing banana and plantain R & D Allen : a catalogue of wild and cultivated bananas. in Asia and the Pacific. Proceedings of the 9th INIBAP-ASPNET Regional Advisory INIBAP/RF/SDC 1999. E.A. Frison, C.S. Gold, E.B. Karamura & R.A. Sikora (eds). Mobilizing Committee meeting held at South China Agricultural University, Guangzhou, China, 2-5 IPM for sustainable banana production in Africa. Proceedings of a workshop on banana November 1999. IPM held in Nelspruit, South Africa, 23-28 November 1998. INIBAP-ASPNET/FFTC 2000. A.B. Molina, V.N. Roa, J. Bay-Petersen, A.T. Carpio & J.E.A. INIBAP 1999. E. Akyeampong (ed.). Musa Network for West and Central Africa. Report of the Joven(eds). Managing banana and citrus diseases. Proceedings of a regional workshop second Steering Committee meeting held at Douala, Cameroon, 15-16 November 1998. on disease management of banana and citrus through the use of disease-free planting INIBAP 1999. K. Shepherd. Cytogenetics of the genus Musa. materials held in Davao City, Philippines, 14-16 October 1998. INIBAP 1998. E. Akyeampong (ed.) Musa Network for West and Central Africa. Report of INIBAP-ASPNET 1999. V.N. Roa & A.B. Molina (eds). Minutes: Eighth meeting of INIBAP- the first Steering Committee meeting held at Douala, Cameroun, 8-10 Decembre 1998. ASPNET Regional Advisory Committee (RAC) hosted by the Queensland Horticulture INIBAP 1998. E.A. Frison & S.L. Sharrock (eds). Banana streak virus: a unique virus-Musa Institute (DPI) in Brisbane, Australia, 21-23 October 1998. interaction? Proceedings of a workshop of the PROMUSA virology working group held in INIBAP-ASPNET 1998. Minutes: Seventh meeting of INIBAP-ASPNET Regional Advisory Montpellier, France, 19-21 January 1998. Committee (RAC) hosted by the Vietnam Agricultural Science Institute (VASI) in Hanoi, INIBAP 1998. C. Picq (ed.). Segundo seminario/taller de la Red regional de información sobre Vietnam, 21-23 October 1997. banano y plátano de America Latina y el Caribe. San José, Costa Rica, 10-11 de Julio 1997. INIBAP-ASPNET 1997. V.N. Roa & R.V. Valmayor (eds). Minutes: Sixth meeting of INIBAP- INIBAP 1998. B.K. Dadzie. Post-harvest characteristics of black Sigatoka resistant banana, ASPNET Regional Advisory Committee (RAC) hosted by National Research Center on cooking banana and plants hybrids. INIBAP Technical Guidelines 4. Banana (ICAR) in Tiruchirapalli, India, 26-28 September 1996. INIBAP 1998. G. Orjeda, en collaboration avec les groupes de travail de PROMUSA sur la INIBAP-ASPNET 1996. R.V. Valmayor, V.N. Roa & V.F. Cabangbang (eds). Regional fusariose et les cercosporioses. Évaluation de la résistance des bananiers aux Information System for Banana and Plantain – Asia and the Pacific (RISBAP): cercosporioses et à la fusariose. Guides techniques INIBAP 3. Proceedings of a consultation/workshop held at Los Baños, Philippines, 1-3 April 1996. CIRAD/INIBAP 1998. Les bananes. (ASPNET Book Series No. 6). PROMUSA N° 7 Sommaire Réunion des facilitateurs des groupes de travail de PROMUSA . . . . . . . . . . . . . .p. I 2ème Symposium international sur la biologie moléculaire et cellulaire du bananier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. II PROMUSA Résumés des communications présentées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. II Un programme mondial pour l’amélioration des Musa • Génomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. II • L’expression des gènes chez les plantes transgéniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. V • Propriété intellectuelle et organismes Réunion des facilitateurs des groupes de travail génétiquement modifiés . . . . . . . . . .p. VII de PROMUSA • Phytopathologie et résistance aux maladies . . . . . . . . . . . . . . . . . . .p. VII La première réunion des facilitateurs des groupes • les matériels, outils et méthodes disponibles ; de travail de PROMUSA a eu lieu du 18 au • les matériels biologiques disponibles et les • Biodiversité et évolution . . . . . . . . . .p. XIII 20 avril à Montpellier. Le point a été fait sur les conditions pour les obtenir ; • des informations sur les activités de recherche • Biochimie et maturation des fruits . .p. XVI activités des cinq groupes de travail et il a été conjointes en cours et sur les nouveaux convenu que le groupe sur l’amélioration géné- domaines de collaboration ; tique continuerait d’opérer sous la forme de deux • des informations sur les activités de formation Qu’est-ce que PROMUSA ? sous-groupes, plutôt que de se scinder en deux en cours, les domaines de compétence et les groupes distincts comme cela avait été proposé. infrastructures de formation. Le programme mondial pour l’amélioration des Deux niveaux de participation aux groupes de Il a été proposé de remanier le site Web de bananiers (PROMUSA) est un programme qui travail ont été identifiés : PROMUSA. Chaque groupe de travail aura sa cherche à impliquer les principaux acteurs de • ceux qui souhaitent recevoir des informations propre page, donnant des informations sur : l’amélioration des bananiers. Il est un moyen de relier le travail mené sur les problèmes des pro- pour contribuer au développement de la • les membres (avec un lien vers la nouvelle ducteurs travaillant pour l’exportation et les initia- recherche en général ; base de données susmentionnée) ; tives dans le domaine de l’amélioration de la pro- • ceux qui interviennent plus activement, en • les priorités de recherche ; duction d’autosubsistance et à petite échelle pour participant au développement de la recherche • toutes les bases de données pertinentes sur les marchés locaux. Le programme mondial est dans les domaines prioritaires définis par le les divers aspects de la recherche (par basé sur les acquis de la recherche et se construit sur les recherche en cours. PROMUSA groupe. exemple, base de données sur Foc) ; est donc un mécanisme qui permet de maximiser Les facilitateurs devront se familiariser avec le • les protocoles et méthodologies disponibles les résultats et d’accélérer l’impact de l’effort travail des participants, identifier ceux d’entre (avec les coordonnées des chercheurs ou mondial en matière d’amélioration des bananiers. eux qui sont le plus actifs, et stimuler les institutions à contacter) ; Ce mécanisme novateur, qui permet de catalyser échanges d’informations et l’utilisation de la liste • les publications utiles : fiches techniques, les recherches menées tant à l’intérieur qu’à l’ex- de messagerie électronique. Ils encourageront guides techniques, documents de travail térieur du GCRAI, favorise la création de nou- veaux partenariats entre les Systèmes nationaux les membres des groupes de travail à envoyer (version Word ou PDF) ; de recherche agricole (SNRA) et les instituts de régulièrement des informations sur les publica- • des liens vers d’autres pages Web en rapport recherche dans les pays développés et dans les tions, réunions et formations, et à collaborer à la avec le domaine. pays en voie de développement. La création de rédaction des projets. Le secrétariat de PRO- Il a également été proposé de préparer des tels partenariats contribue aussi à renforcer la ca- MUSA contribuera à préparer les projets en four- posters pour les réunions scientifiques, au sujet pacité des SNRA à conduire des recherches sur nissant des lignes directrices pour leur rédaction, de PROMUSA en général et des activités des dif- les bananiers. L’une des initiatives majeures de PROMUSA des informations sur les donateurs, des données férents groupes de travail. Les participants ont dis- est le développement d’un large éventail de nou- de référence sur la production des bananes et cuté des avantages respectifs des réunions mon- veaux hybrides de bananier correspondant aux plantains, et en apportant au besoin une aide diales de PROMUSA et des réunions des groupes différentes attentes des petits producteurs du pour la mise en forme rédactionnelle. Il a été de travail. A l’avenir, les réunions mondiales de- monde entier. Le programme rassemble à la fois souligné que les coordinateurs régionaux de l’IN- vront toujours être programmées immédiatement les acteurs de l’amélioration conventionnelle, basée sur les techniques d’hybridation et ceux IBAP ont pour responsabilité de susciter des par- après une autre réunion scientifique importante. travaillant sur des approches liées au génie gé- ticipations de toutes les zones productrices de Le calendrier provisoire suivant a été établi : nétique et aux biotechnologies. Cet effort en ma- bananes et que le secrétariat doit appuyer le tra- • groupe de travail sur la nématologie (24-25 tière d’amélioration génétique s’appuie sur les vail des facilitateurs. mai 2001) après le Symposium international recherches menées sur des ravageurs et des Il a été décidé de créer une base de données sur la nématologie en Afrique du Sud maladies spécifiques dans le cadre des diffé- sur les membres de PROMUSA, avec des liens (21-23 mai 2001); rents groupes de travail de PROMUSA. Le mé- canisme efficace mis en place pour évaluer les vers les bases de données BRIS et MUSALIT de • groupe de travail sur les cercosporioses nouvelles variétés produites dans le cadre de l’INIBAP. Le contenu de cette base de données (mars 2002) en Amérique latine, à la suite du PROMUSA est une autre composante essen- sera relativement large et il sera demandé aux Symposium international sur les affections tielle du programme. membres de fournir des informations sur : foliaires des bananiers ; INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA I • groupe de travail sur l’amélioration génétique • groupe de travail sur la fusariose – à décider, serait plus de temps aux groupes de travail pour + réunion sur les stratégies d’amélioration du les suggestions sont bienvenues ; tenir leurs propres réunions spécifiques et pro- bananier, à la suite du Troisième symposium • groupe de travail sur la virologie – à décider, gresser dans leurs activités. La prochaine ré- international sur la biologie moléculaire et les suggestions sont bienvenues. union de PROMUSA pourrait donc avoir lieu en cellulaire du bananier à Louvain, Belgique Il a également été proposé d’organiser les ré- 2003, éventuellement à la suite d’un Colloque in- (septembre/octobre 2002) ; unions mondiales tous les trois ans, ce qui lais- ternational sur les bananiers. 2ème Symposium international sur la biologie moléculaire et cellulaire du bananier Le Symposium inaugural sur la biologie molécu- dustries). Le comité d’organisation local a aussi priété intellectuelle et OGM” (Dianne Nicoll, Uni- laire et cellulaire du bananier avait été organisé reçu une importante assistance sur le plan inter- versité de Tasmanie). Les délégués du CSIRO par le Boyce Thompson Institute for Plant Re- national de l’INIBAP, de Zeneca et de la DNAP (Commonwealth Scientific and Industrial Re- search en mars 1999 à Ithaca (New York, Etats- (DNA Plant Technology Corporation, Etats-Unis). search Organization) Plant Industry ont égale- Unis). L’idée était de créer un forum où tous les Les participants, venus de pays en développe- ment fait des présentations en introduction aux acteurs de cette discipline pourraient se rencon- ment et de pays développés, ont présenté leurs ac- sessions sur l’expression des gènes chez les trer et échanger des informations sur leurs activi- tivités de recherche sur une diversité de sujets. plantes transgéniques (Peter Waterhouse), la tés de recherche. Au vu de l’énorme succès de Le symposium était structuré en sessions por- phytopathologie et la résistance aux maladies cette réunion, il a été décidé de la rééditer sous tant sur les thèmes suivants : génomique ; ex- (Jeff Ellis) et la biochimie et la maturation des l’égide de PROMUSA. pression des gènes introduits dans les plantes fruits (Simon Robinson). C’est ainsi que le 2ème symposium internatio- transgéniques ; phytopathologie et résistance Avec 60 délégués venus de 17 pays et un total nal sur la biologie moléculaire et cellulaire du ba- aux maladies ; propriété intellectuelle et orga- de 50 communications, ce symposium est à nanier a eu lieu à Byron Bay (Australie) du 29 oc- nismes génétiquement modifiés ; biodiversité et considérer comme l’un des principaux forums tobre au 3 novembre 2000. Il était organisé par la évolution ; biochimie et maturation des fruits. scientifiques sur les bananiers. Queensland University of Technology (QUT) avec Des chercheurs internationaux, invités grâce à A titre de contribution additionnelle, l’INIBAP la collaboration locale du CRCTPP (Cooperative l’appui reçu des institutions participantes, ont publie ci-après un supplément spécial à PRO- Research Center for Tropical Plant Pathology) et présenté des exposés sur les thèmes “géno- MUSA regroupant les résumés des présenta- du QDPI (Queensland Department of Primary In- mique et bananier” (Colin Bird, Zeneca) et “pro- tions faites à cette réunion. pour détecter l’aneuploïdie chez Musa. Avec des entre les tissus foliaires et les tissus racinaires Résumés noyaux de globules rouges de poulet (GRP) chez un même plant. Les aneuploïdes sont ex- des communications comme témoin, on a calculé l’indice d’ADN en trêmement utiles pour les études génétiques présentées comparant la position du pic des noyaux de de nombreuses espèces végétales comme leGRP et des noyaux de l’échantillon. Au niveau maïs, la tomate, le tabac et le blé (Khush triploïde, la différence minimale entre un plant 1973). A la suite des travaux de Sears, on a Génomique euploïde (3x) et un plant aneuploïde (3x ± 1) doit pu constituer une collection de lignées aneu- être approximativement de 3 %. Par consé- ploïdes pour définir les relations entre les Induction, détection et utilisation des quent, tous les plants présentant un indice chromosomes de blé hexaploïde du point de aneuploïdes pour les études génétiques d’ADN différant de plus de 1,5 % de l’indice éta- vue de leur origine et de leur fonction (Law et sur Musa spp. bli pour les plants témoins (3x) ont été considé- al. 1987). Chez Musa spp., on rencontre relati- rés comme aneuploïdes. On a vérifié les résul- vement fréquemment des aneuploïdes viables N.S. Roux1, A. Toloza1, J. Dolezel2 tats de l’analyse par cytométrie en flux en parmi les clones triploïdes. Etant stériles, ils et F.J. Zapata-Arias1 comptant les chromosomes dans des cellules de n’offrent qu’un intérêt limité pour les analyses 1Plant Breeding Unit, FAO/IAEA Agriculture and Biotechnology méristèmes apicaux des racines (Dolezel et al. génétiques. Néanmoins, ils peuvent être très Laboratory, Seibersdorf, Autriche; 2Laboratory of Molecular Cytogenetics and Cytometry, Institute of Experimental Botany, 1998). Les résultats obtenus ont montré que la utiles pour la cartographie physique et pour Olomouc, République tchèque. cytométrie en flux était suffisamment sensible établir des relations entre les cartes géné- pour détecter l’aneuploïdie chez Musa. Cepen- tiques et physiques, à l’aide des marqueurs Des plants de bananiers polyploïdes et aneu- dant, pour détecter l’aneuploïdie avec une préci- moléculaires déjà disponibles. ploïdes ont été obtenus par traitement aux sion de ± 1 chromosome, il a fallu des analyses rayons gamma et à la colchicine. Une variation à haute résolution avec un coefficient de varia- Références du nombre de chromosomes a aussi été obser- tion des pics d’ADN inférieur à 2 %. L’avantage Dolezel J., M. Lysak, I. Van den Houwe, M. Dolezelova vée chez des plantes régénérées par organoge- de l’analyse par cytométrie en flux est qu’elle & N. Roux. 1997. Utilisation de la cytométrie en flux nèse ou embryogenèse somatique à partir de pour la détermination rapide du degré de ploïdie des permet de détecter les anomalies de teneur en cultures de tissus, qui n’avaient été exposées à espèces de Musa. InfoMusa 6(1):6-9. ADN à un stade précoce de la croissance des Dolezel J., M. Dolezelova, N. Roux & I. Van den aucun traitement mutagène. On a analysé les plants, et aussi pendant la culture in vitro. En Houwe. 1998. Une nouvelle méthode de préparation plants hors-type régénérés à l’aide de la cytomé- outre, cette méthode permet de détecter la de lames pour l’étude à haute résolution des trie en flux, selon la méthode décrite par Dolezel chromosomes chez Musa. InfoMusa 7(1):3-4. mixoploïdie. Ainsi, on a, dans plusieurs cas, et al. (1997), afin d’estimer leur degré de ploïdie Khush G.S. 1973. Cytogenetics of aneuploids. détecté des différences de degré de ploïdie Academic Press, New York, USA. et de déterminer la sensibilité de cette méthode II PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Law C.N., J.W. Snape & A.J. Worland. 1987. du BSV (Balint-Kurti et al. 2000 , Dolezelová et de cellules végétales subissant un ou plusieurs Aneuploidy in wheat and its uses in genetic al. 1998 , Harper et al. 1999). Il reste à isoler da- cycles de croissance cellulaire désordonnée. La analysis. Pp. 71-108 in Wheat breeding : its scientific basis (F.G.H. Lupton, ed.). Chapman vantage de séquences d’ADN et à les cartogra- plupart des processus de transformation utilisés & Hall, Londres. phier pour élucider la structure moléculaire des pour produire des plantes transgéniques compren- chromosomes et établir les mécanismes de diffé- nent au moins une étape dans laquelle on cultive Remerciements renciation des génomes de Musa. L’identification des cellules pour régénérer ensuite des plantes. Nous remercions Ines Van den Houwe (IN- de chaque chromosome à l’aide des séquences Par conséquent, tous les individus transgéniques IBAP) pour les clones végétatifs de Musa et d’ADN cartographiées physiquement permettra obtenus par cette méthode peuvent contenir une Rony Swennen (K.U. Leuven) pour les sus- d’analyser leur comportement et leur ségrégation variation, même en l’absence de toute mutation vi- pensions cellulaires embryogènes de Musa. pendant leur évolution et dans le cadre des pro- sible. A l’aide des techniques RAPD et AFLP, on a Cette étude a été financée par un projet de grammes d’amélioration génétique. Les sé- déjà mis en évidence beaucoup d’altérations gé- recherche conjoint FAO/AIEA/DGCI (Direction quences d’ADN à copie unique et à faible nomiques chez des plantes transgéniques. Bien générale de la coopération internationale nombre de copies cartographiées physiquement qu’on ait constaté que des polymorphismes simi- belge). Elle a été réalisée dans le cadre du fourniront les sites d’ancrage nécessaires pour laires se produisent de manière répétée, aucun Programme mondial pour l’amélioration des intégrer les cartes physiques et génétiques. des variants ne s’est révélé utile pour prédire le ni- Musa (PROMUSA). veau de variation génomique qui a eu lieu. Dans Références cette étude, des hors-types bien connus issus de Cytogénétique moléculaire et analyse Balint-Kurti P.J., S.K. Clendennen, M. Dolezelová, la culture de tissus de bananiers ont servi de sys- cytométrique des génomes de Musa M. Valárik, J. Dolezel, P.R. Beetham & G.D. May.2000. Identification and chromosomal localization tème modèle pour identifier les régions du gé- of the monkey retrotransposon in Musa sp. Mol. nome qui sont particulièrement susceptibles de J. Dolezel, M. Valárik, J. Vrána, M. Dolezelová, Gen. Genet. 263:908-915. changer et pour développer des marqueurs per- J. Safár, M. Lysák et H. Simková D’Hont A., A. Paget-Goy, J. Escoute & F. Carreel. mettant de déterminer l’ampleur du changement. Laboratory of Molecular Cytogenetics and Cytometry, 2000. The interspecific genome structure of On a procédé à l’analyse des différences repré- Institute of Experimental Botany, Olomouc, cultivated banana, Musa spp. revealed by genomic République tchèque. DNA in situ hybridization. Theor. Appl. Genet. sentatives pour isoler les différences génomiques 100:177-183. entre deux paires de cultivars de bananiers nor- La cytométrie en flux et la cytogénétique molécu- Dolezel J., M. Dolezelová & F.J. Novák. 1994. Flow maux et variants – entre Williams et un hors-type cytometric estimation of nuclear DNA amount in laire ont fait progresser la connaissance du gé- diploid bananas (Musa acuminata and masada/chlorotique et entre un individu Curare nome de Musa aux niveaux nucléaire et chromo- M. balbisiana). Biol. Plant. 36:351-357. Enano normal et un hors-type nain (cette dernière somique. L’analyse par cytométrie en flux, Dolezel J., M. Dolezelová, N. Roux & I. Van den paire ayant été fournie par R. Swennen). Dans méthode pratique et efficace pour estimer la te- Houwe. 1998. Une nouvelle méthode de l’un et l’autre cas, on a identifié des différences préparation de lames pour l’étude à haute neur en ADN nucléaire du bananier (Dolezel et résolution des chromosomes chez Musa. entre les clones. Beaucoup de séquences étaient al. 1994), est utilisée pour vérifier le degré de InfoMusa 7(1):3-4. communes aux deux groupes de produits de ploïdie du matériel des collections existantes, ca- Dolezelová M., M. Valárik, R. Swennen, J.P. Horry & l’analyse différentielle, en dépit du fait qu’ils cor- ractériser le matériel nouvellement collecté et J. Dolezel. 1998. Physical mapping of the 18S- respondaient à des phénotypes aberrants diffé- 25S and 5S ribosomal RNA genes in diploid évaluer la stabilité caryologique in vitro. Grâce à bananas. Biol. Plant. 41:497-505. rents. L’un des produits identifiés était une sé- son débit élevé, cette méthode peut être facile- Harper G., J. Osuji, J.S.P. Heslop-Harrison & R. Hull. quence minisatellite qui s’est aussi révélée labile ment intégrée dans les programmes d’améliora- 1999. Integration of banana streak badnavirus into chez le palmier dattier. Ces résultats apportent de tion génétique existants. On peut envoyer des the Musa genome: Molecular and cytogeneticevidence. Virology 255:207-213. nouveaux éléments pour démontrer la présence échantillons aux laboratoires équipés d’un cyto- Lysák M.A., M. Dolezelová, J.P. Horry, R. Swennen d’un segment labile du génome qui est modifié de mètre en flux, car il ne faut qu’une petite quantité & J. Dolezel. 1999. Flow cytometric analysis of manière préférentielle lors de la production de va- de tissus végétaux. Cette méthode permet aussi nuclear DNA content in Musa. Theor. Appl. Genet. riants somaclonaux. On est en train de poursuivre 98:1344-1350. de déterminer la dimension du génome nu- la caractérisation des produits de l’analyse diffé- cléaire. On a constaté que les génomes de Musa Remerciements rentielle afin de développer une série de mar- sont petits, et que le génome B est plus petit que queurs qui pourront servir à identifier les change- Cette étude, effectuée dans le cadre du Pro- le génome A (Lysák et al. 1999). Il reste à mettre ments génomiques précoces, et aussi à gramme mondial pour l’amélioration des Musa au point des protocoles fiables et rapides pour diagnostiquer les phénotypes spécifiques résultant (PROMUSA), a été financée par le contrat de détecter l’aneuploïdie et pour trier les flux de du processus de culture de tissus. recherche n° 8145/RB de l’Agence internatio- chromosomes. Etant donné la petite taille et la nale de l’énergie atomique. faible différenciation morphologique des chromo- Identification de marqueurs somes de Musa (Dolezel et al. 1998), la cytogé- Marqueurs pour déterminer l’intégrité AFLP et ISSR associés aux variants nétique moléculaire offre des perspectives très génomique : des variants somaclonaux somaclonaux nains chez les prometteuses pour analyser le caryotype et étu- de bananiers utilisés comme bananiers Cavendish dier l’organisation chromosomique. Tandis que 1 1système modèle T.R. Benatti , S.A.C.D. Souza , l’hybridation in situ d’ADN génomique sert à dé- J.A. Scarpare2 Filho, P.C. Santos3, A. Tulmann terminer la constitution génomique des hybrides C.A. Cullis1, K. Kunert2 et B. Okole3 Neto1, E.A. Kido1 et A. Figueira1 (D’Hont et al. 2000), l’hybridation in situ en fluo- 1Case Western Reserve University and NovoMark 1Centro de Energia Nuclear na Agricultura, Universidade de rescence (FISH) permet la cartographie phy- Technologies LLC, Cleveland, Ohio 44106, Etats-Unis; 2Botany São Paulo, CP 96, Piracicaba, SP, 13400-970, Brésil; 2 sique des séquences d’ADN des chromosomes. Department, Forestry and Agricultural Biotechnology Institute, ESALQ-USP (Escola Superior de Agricultura « Luiz de University of Pretoria, Pretoria 0002, Afrique du Sud; 3African Queiroz », Universidad de São Paulo), Brésil; 3UNESP On a déjà localisé dans les chromosomes de Biotechnologies (PTY) LTD, Tzaneen 0850, Afrique du Sud. (Universidade Nacional do Estado de São Paulo), Ilha Solteira, Musa plusieurs catégories de séquences répéti- Brésil. E-mail : figueira@cena.usp.br tives d’ADN, parmi lesquelles des gènes d’ARN Il est depuis longtemps établi que la variation so- Lors de la production de vitroplants, une variation ribosomal, un rétrotransposon et des séquences maclonale est un sous-produit de la multiplication somaclonale se produit communément chez cer- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA III tains cultivars de bananiers, pour des raisons in- l’ADN dans les feuilles de vitroplants de bana- Xiong L.Z., C.G. Xu, S. Maroof & Q. Zhang. 1999. déterminées. Il est souhaitable de pouvoir détecter niers “Grande Naine” (Musa AAA). Les explants Patterns of cytosine methylation in an elite rice hybrid and its parental lines, detected by a rapidement ces variants lorsqu’on produit des vi- utilisés étaient issus de jeunes apex floraux methylation-sensitive amplification polymorphism troplants à des fins commerciales ou si l’on veut mâles ou de rejets, et les cultures induites à par- technique. Mol. Gen. Genet. 261:439-466. mettre au point des méthodes pour accroître la va- tir de ces explants ont été repiquées cinq fois. riabilité à des fins d’amélioration. Les marqueurs Des tissus foliaires équivalents ont été prélevés Les séquences du badnavirus moléculaires offrent un grand potentiel pour détec- sur dix plants multipliés de manière convention- de la mosaïque en tirets chez Musa ter la variation somaclonale et en identifier les nelle pour servir de témoins pour l’analyse 1 2 2 causes. L’objectif de cette étude était de tester MSAP (Xiong et al. 1999). On a utilisé dix com- G. Harper , T. Schwarzacher , C. Hansen , 2 1 l’analyse AFLP (polymorphisme de longueur des binaisons d’amorces pour l’analyse AFLP et huit P. Heslop-Harrison et R. Hull 1 fragments d’amplification) et l’analyse ISSR (am- amorces pour l’analyse MSAP. On n’a constaté John Innes Centre, Colney Lane, Norwich NR4 7UH, Royaume-Uni; 2Department of Biology, University of Leicester, plification intermicrosatellite), avec électrophorèse aucune différence significative entre les deux Leicester LE1 7RH, Royaume-Uni. sur gels de polyacrylamide colorés au nitrate d’ar- types d’explants avec l’AFLP ou le MSAP dans gent, pour comparer un cultivar Cavendish “Na- les tissus foliaires des plants obtenus par multi- Les données moléculaires et cytogénétiques dé- nicão Jangada” avec son variant somaclonal nain. plication conventionnelle. Cependant, le nombre montrent de manière incontestable que des sé- Sur 12 amorces ISSR testées, deux (16,6 %) pré- de polymorphismes de l’ADN était significative- quences du badnavirus de la mosaïque en tirets sentaient trois fragments polymorphes qui ment plus élevé chez les vitroplants que chez du bananier (BSV) sont intégrées dans le génome n’étaient présents que chez le variant nain. On a les explants dont ils étaient dérivés. En outre, il du bananier plantain Obino l’Ewai (AAB) et que testé toutes les combinaisons d’amorces AFLP du s’est avéré que l’origine de l’explant exerçait ces séquences sont pour l’essentiel identiques à kit AFLP System I (Life Technologies, Rockville, une influence significative sur le taux de poly- celles d’un virus épisomal qui provoque une infec- MD, Etats-Unis) en amplifiant un total de 1665 morphismes mis en évidence par l’AFLP, les ré- tion chez Musa (Harper et al. 1999 , Ndowora et bandes. Chaque combinaison d’amorces a ampli- générants dérivés de l’inflorescence présentant al. 1999). Il existe chez Obino l’Ewai deux locus fié en moyenne 26,4 fragments allant de 7 à 44 une plus forte variation (6,36 %) que ceux déri- différant par le nombre de copies des séquences bandes. On a identifié 43 fragments polymorphes vés de rejets (3,96 %). du BSV, et dans au moins l’un d’entre eux, la (2,6 %), dont 19 (1,1 %) n’étaient présents que On a constaté la méthylation des cytosines structure des séquences virales intégrées est ré- chez le variant nain. Les fragments polymorphes dans un total de 107 bandes sur 465 (23 %) chez arrangée. Des infections importantes du BSV sont étaient stables d’un essai à un autre. On a égale- les vitroplants, tandis que cette proportion était de détectées durant la méiose ou la culture de tissus ment fait un essai AFLP de sensibilité à la méthy- 18 % chez les plants multipliés de manière chez certaines variétés contenant le génome B, et lation, sur la base de la capacité différentielle conventionnelle. Il n’y avait aucune différence si- les observations tendent à démontrer que l’infec- d’une paire d’isoschizomères à restreindre la cyto- gnificative dans le taux de polymorphismes de tion du BSV épisomal est produite par l’activation sine méthylée. On a utilisé une combinaison de 24 méthylation de l’ADN entre les vitroplants dérivés ou la mobilisation de séquences intégrées du amorces pour amplifier l’ADN des deux génotypes. de l’inflorescence (3 %) et ceux dérivés de rejets BSV. On a proposé un modèle faisant intervenir En moyenne, 24,8 fragments ont été amplifiés à (1,7 %). La plupart des bandes polymorphes une recombinaison, qui établit un lien entre les sé- partir des ADN traités avec HpaII et 22,1 à partir étaient hyperméthylées et avaient un poids molé- quences intégrées et la production de formes ré- des ADN traités avec MspI, ce qui est comparable culaire élevé (supérieur à 700 pb). C’était aussi le plicatives du virus (Ndowora et al. 1999). Ce phé- aux résultats obtenus avec l’AFLP normale. Douze cas de la plupart des bandes hyperméthylées nomène a des implications majeures pour la bandes polymorphes (2,1 %) étaient présentes communes à tous les vitroplants, mais qui pathologie, l’amélioration, les mouvements de ma- uniquement chez “Nanicão Jangada” dans les pro- n’étaient pas méthylées chez les plants multipliés tériel génétique et la quarantaine. duits de la digestion avec HpaII, tandis que huit de manière conventionnelle. On a établi une cor- Le phénomène de l’intégration du BSV peut fragments (1,6 %) étaient polymorphes dans les rélation entre certains plants présentant des poly- être mis en parallèle avec deux autre cas impli- produits de la digestion avec MspI. Seulement morphismes AFLP et des plants présentant des quant des pararétrovirus : le virus de la décolora- trois polymorphismes (0,5 %) pouvaient provenir polymorphismes de méthylation. tion des nervures de Petunia (Petunia vein-clea- de différences de méthylation. D’autres variants La micropropagation engendre donc des chan- ring virus, PVCV) (Richert-Pöggeler and Shepherd nains sont actuellement testés avec les mêmes gements génétiques (et peut-être aussi épigéné- 1997) et le virus de la décoloration des nervures combinaisons d’amorces, et les fragments poly- tiques) importants chez les plants de bananier du tabac (Tobacco vein-clearing virus, TVCV) morphes seront clonés et séquencés. “Grande Naine” obtenus par cette voie. Il reste à (Lockhart et al. 2000). Il existe chez Petunia hy- déterminer si l’hyperméthylation observée chez brida un PVCV épisomal qui apparaît à la suite Application des techniques AFLP tous les régénérants est liée à leur développe- d’un stress environnemental (par exemple, une (polymorphisme de longueur des ment ou si elle est provoquée par les conditions carence en éléments nutritifs) et chez l’hybride fragments d’amplification) et MSAP mêmes de la culture de tissus. Les corrélations Nicotiana edwardsonii un TVCV épisomal qui ap- (polymorphisme de sensibilité à la méthylation) à la détection des constatées entre les polymorphismes AFLP et paraît après un changement de durée de la photo- polymorphismes de l’ADN et des MSAP démontrent indirectement que l’hypermé- période. Chez ces deux espèces hybrides, on changements dans la méthylation de thylation peut induire des changements dans les trouve des séquences virales intégrées, pratique- l’ADN chez des vitroplants de bananiers bases, peut-être par déamination (Kaeppler et al. ment identiques aux séquences du virus épisomal, A. James, V. Herrera, L. Peraza et S. Peraza 2000). Nous cultivons actuellement tous les régé- avec un grand nombre de copies. De même que nérants jusqu’à la maturité dans notre station ex- pour le BSV du bananier, les séquences virales ne Centro de Investigación Científica de Yucátan, Calle 43 #130, Colonia Churburna de Hidalgo, CP 97200, Mérida, Yucatan, périmentale du Yucatan afin de pouvoir procéder sont intégrées que dans l’un des génomes paren- Mexique. à leur caractérisation phénotypique. taux de l’hybride, bien que le virus épisomal ne soit pas détectable chez le parent en question. Références On a étudié les effets de l’origine de l’explant Kaeppler S., H.F. Kaeppler & Y. Rhee. 2000. Cela semble indiquer que l’autre génome parental sur les polymorphismes de l’ADN et sur les Epigenetic aspects of somaclonal variation in plants. joue un rôle dans l’“activation” des séquences vi- changements intervenant dans la méthylation de Plant Mol. Biol. 43:179-188. rales chez l’hybride. IV PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Des fragments d’une séquence similaire au (respectivement), University of Minnesota, St. Paul, Minnesota grées dans le génome de Musa. A l’aide de pararétrovirus du tabac (TPVL) ont été trouvés 55108, Etats-Unis. sondes pour la totalité du génome du BSV-Mys dans l’ADN génomique de Nicotiana sp. (Jako- En 1999, plusieurs infections sévères du virus de (Geering et al. 2000), nous avons observé des witsch et al. 1999). Nous avons montré que les la mosaïque en tirets du bananier (BSV) se sont schémas d’hybridation complexes avec l’ADN di- séquences de pararétrovirus constituent proba- produites dans des plantations d’hybrides IRFA géré par EcoRI et HindIII de trois bananiers di- blement une composante importante et fré- 909, 910 et 914 localisées dans des sites distincts ploïdes B, ainsi que des cultivars Obino l’Ewai quente des génomes des plantes, chez les gym- en Nouvelle-Galles du Sud et au Queensland. Ces (groupe AAB), Goldfinger (groupe AAAB) et Pi- nospermes comme chez les angiospermes. Leur nouveaux hybrides, provenant du programme sang Ceylan (groupe AAB), ce qui semble indi- présence a peut-être des effets sur l’inhibition de d’amélioration des bananiers du CIRAD, faisaient quer que la séquence du BSV-Mys est intégrée. l’expression de certains gènes et sur l’évolution l’objet d’une évaluation pour la résistance à Fusa- De manière similaire, en utilisant une sonde de du génome. Il n’existe encore aucune preuve rium oxysporum f.sp. cubense depuis 12 à 18 1,3 kb du BSV-GF (Geering et al. 2000), nous que ces séquences donnent lieu à de nouveaux mois au moment où les symptômes du BSV se avons détecté un fragment de HindIII d’environ symptômes viraux, comme cela semble être le sont exprimés. Ils avaient été soumis à des tests 20 kb dans l’ADN de deux bananiers diploïdes B, cas pour les séquences pararétrovirales inté- par PCR avec immunocapture (IC-PCR) qui ainsi que dans celui des cultivars Obino l’Ewai, grées qui leur sont apparentées. avaient donné des résultats négatifs pour le BSV- Goldfinger et Pisang Ceylan, ce qui laisse à pen- La nature et le contexte génomique des sé- Onne. Toutefois, les tests avaient donné des ré- ser que la séquence du BSV-GF y est également quences intégrées du BSV sont en cours d’étude sultats positifs pour le BSV-Goldfinger chez IRFA intégrée. Nous n’avons observé aucune hybrida- chez Obino l’Ewai et chez d’autres variétés. Une 909 et 910. Le badnavirus isolé chez IRFA 914 ne tion entre les sondes BSV-Mys ou BSV-GF et séquence modérément répétée, qui flanque la ressemblait à aucun de ceux qui ont été examinés l’ADN d’une série de cultivars AA et AAA, ce qui séquence intégrée du BSV chez Obino l’Ewai jusqu’à présent. Nous avons appelé cet isolat semble indiquer que l’ADN intégré est lié au gé- (MusaOL), est concentrée avec un nombre va- BSV-IM. Nous avons amplifié l’ADN du BSV-IM nome B des bananiers cultivés. riable de copies près des centromères de la plu- avec des amorces PCR dégénérées et, à partir de part des chromosomes dans le génome A la séquence du fragment d’ADN, nous avons créé Référence comme dans le génome B. Le faible nombre des amorces spécifiques de ce virus. Nous avons Geering A.D.W., L.A. McMichael, R.G. Dietzgen d’intégrants apparentés au BSV par génome in- ainsi procédé à une nouvelle analyse par PCR qui & J.E. Thomas. 2000. Genetic diversity amongBanana streak virus isolates from Australia. dique que l’intégration du BSV a eu lieu après a montré qu’IRFA 909 et 910 étaient infectés à la Phytopathology 90:921-927. l’amplification et la distribution des séquences fois par le BSV-Goldfinger et par le BSV-IM. Dans MusaOL, et qu’il s’agit donc très probablement une série d’essais échelonnés dans le temps, L’expression des gènes d’un événement récent. IRFA 914 n’a donné de réaction positive que pour chez les plantes transgéniques le BSV-IM, et jamais pour le BSV-GF. Nous avons Références aussi constaté l’infection d’un plant d’IRFA 914 Harper G., J.O. Osuji, J.-S. Heslop-Harrison & R. Hull. par le BSV-IM en Nouvelle-Calédonie. Obtention de bananiers (Musa spp.) 1999. Integration of banana streak badnavirus into the Musa genome: molecular and cytogenetic En purifiant ce virus chez IRFA 910, nous transgéniques par transformation evidence. Virology 255:207-213. avons obtenu des clones d’ADN représentant la à l’aide d’Agrobacterium Ndowora T., G. Dahal, D. LaFleur, G. Harper, R. Hull, totalité du génome du BSV-IM. Nous avons entiè- N. Olszewski & B. Lockhart 1999 Evidence that rement séquencé ce virus et les premières ana- badnavirus infection in Musa can originate from J.-B. Pérez Hernández1*, R. Swennen1, integrated pararetroviral sequences. Virology lyses des séquences semblent indiquer qu’il s’agit V. Galán Saúco2 et L. Sági1 255:214-220. d’une espèce virale distincte. Lors de la comparai- 1 Richert-Pöggeler K.R. & R.J. Shepherd. 1997. Petunia son des protéines codées par les ORF I, II et III du Laboratory of Tropical Crop Improvement, Katholieke 2 vein clearing virus: a plant pararetrovirus with the Universiteit Leuven, Belgique; Department of Tropical Fruits,BSV-OL (accession AJ002234 de la banque géné- core sequences for an integrase function. Virology Instituto Canario de Investigaciones Agrarias, La Laguna, 236:137-146. tique) et du BSV-IM, les identités de séquences Espagne ( *Adresse actuelle : Department of Tropical Fruits, Lockhart B.E., J. Menke, G. Dahal & N. E. Olszewski. étaient respectivement de 60,5 %, 42,3 % et Instituto Canario de Investigaciones Agrarias, La Laguna, Espagne). 2000. Characterization and genomic analysis of 64,3 %. Nous avons envisagé la possibilité que le tobacco vein-clearing virus, a plant pararetrovirus BSV-IM soit issu de séquences virales intégrées. L’évaluation systématique des étapes succes- that is transmitted vertically and related to sequences integrated in the host genome. J. Gen. Nos clones viraux se sont hybridés avec l’ADN di- sives des interactions naturelles entre Agrobac- Virol. 81:1579-1585. géré par EcoRI et HindIII de deux parents di- terium et les plantes a permis d’élaborer un pro- Jakowitsch J., M.F. Mette, J. van der Winden, M.A. ploïdes B des lignées hybrides IRFA, mais ne se tocole de transformation efficace pour le Matzke & A.J.M. Matzke. 1999. Integrated sont pas hybridés avec l’ADN digéré de manière bananier. On a observé chez différentes cel- pararetroviral sequences define a unique class of dispersed repetitive DNA in plants. Proceedings of similaire d’Obino l’Ewai, de Calcutta 4 et de plu- lules et différents tissus de plusieurs cultivars the National Academy of Sciences USA sieurs autres cultivars AAA. Les clones viraux se de bananiers un phénomène de chimiotactisme 96(23):13241-13246. sont aussi hybridés avec l’ADN génomique non et de fixation physique de cellules bactériennes coupé des deux parents diploïdes B. Ces derniers (Pérez Hernández et al. 1999). L’expression La souche OL du virus de la mosaïque n’ont jamais présenté de symptômes du BSV et, transitoire d’un gène reporter a été mise en évi- en tirets du bananier est-elle le seul dans des essais par immunoélectroscopie sur dence dans plusieurs tissus cultivés en associa- intégrant activable du virus extraits concentrés de feuilles, ont donné des ré- tion avec Agrobacterium induit par vir, les fré- dans le génome de Musa ? actions négatives pour le BSV. Les schémas d’hy- quences les plus élevées étant enregistrées bridation observés ne correspondent pas à ceux dans les cultures de suspensions cellulaires A.D.W. Geering1, J.N. Parry1, L. Zhang2, attendus pour un ADN viral épisomal. Ces résul- embryogènes. Une transformation stable a été N.E. Olszewski3, B.E.L. Lockhart2 tats semblent indiquer que l’infection par le BSV- obtenue après sélection sur un milieu contenant et J.E. Thomas1 IM résulte de l’activation de séquences intégrées. de la généticine ou du Basta. Au total, on a ré- 1Queensland Horticulture Institute, Department of Primary Industries, 80 Meiers Road, Indooroopilly, QLD 4068, Nous avons aussi examiné la possibilité que généré plus de 600 plantes transgéniques au Australie; 2,3Departments of Plant Pathology and Plant Biology d’autres souches du BSV soient également inté- cours de cinq expérimentations distinctes ; plus INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA V de 90 % de ces plantes exprimaient le gène in- gène(s) intégré(s) : on a observé des insertions Des bananes de meilleure qualité grâce troduit (gfp ou gusA). La caractérisation molécu- correctes ainsi que des insertions tronquées, et aux biotechnologies laire a révélé un schéma d’intégration simple l’on a pu identifier les plantes contenant les sé- chez la plupart de ces plantes transgéniques. quences de l’ossature du vecteur. En outre, on P. Balint-Kurti, E. Firoozabady, Y. Moy, On a criblé des plantes transgéniques conte- a pu facilement reconnaître les plantes transgé- J. Mercier, R. Fong, L. Wong et N. Gutterson nant le gène codant pour le peptide antimicro- niques correspondant à des événements de DNAP (DNA Plant Technology Corporation), 6701 San Pablo Avenue, Oakland, Ca. 94608-1239, Etats-Unis. bien Ace-AMPI (Cammue et al.) dans un essai transformation identiques. Enfin, l’analyse des E-mail : balint-kurti@dnap.com sur des morceaux de feuilles et l’on a identifié séquences nucléotidiques de fragments APCR des plantes susceptibles de présenter une tolé- clonés a entièrement confirmé les résultats ci- Les activités de la DNAP dans le domaine de rance supérieure aux champignons (Pérez dessus (Pérez Hernández 2000). l’amélioration des bananiers sont axées sur la Hernández 2000). résistance à la cercosporiose noire. Il s’agit en Références particulier de comprendre, aux premiers stades Références Siebert P.D., A. Chenchik, D.E. Kellogg, K.A. Lukyanov du développement des variétés, les caractéris- Pérez Hernández J. B., S. Remy, V. Galán Saúco, & S.A. Lukyanov. 1995. An improved PCR method for walking in uncloned genomic DNA. Nucleic Acids tiques des signaux d’expression des gènes can-R. Swennen & L. Sági. 1999. Chemotactic movement and attachment of Agrobacterium Research 23:1087-1088. didats. En utilisant les constructions génétiques tumefaciens to single cells and tissues of banana. Becker D.K., B. Dugdale., M.K. Smith, R.M. Harding chimériques uidA pour évaluer la fonction des Journal of Plant Physiology 155:245-250. & J.-L. Dale. 2000. Genetic transformation of promoteurs, nous avons réussi à identifier plu- Cammue B.P.A., K. Thevissen, M. Hendricks, Cavendish banana (Musa spp. AAA group) cv “Grand Nain” via microprojectile bombardment. sieurs promoteurs ayant une activité relative-K. Eggermont, I.J. Goderis, P. Proost, J. Van Damme, R.W. Osborn, F. Guerbette, J.-C. Kader & Plant Cell Reports 19:229-234. ment importante dans les tissus des feuilles, des W.F. Broekaert. 1995. A potent antimicrobial protein Pérez Hernández J.-B. 2000. Development and fruits et des racines. En champ, ces activités sem- from onion (Allium cepa L.) seeds showing application of Agrobacterium-mediated genetic blent se maintenir sur plusieurs générations végé- sequence homology to plant lipid transfer proteins. transformation to increase fungus-resistance in banana (Musa spp.). Thèse de PhD, Katholieke tatives. Deux de ces promoteurs ont aussi été utili-Plant Physiology 109:445-455. Pérez Hernández J.-B. 2000. Development and Universiteit Leuven, Belgique. sés dans des expérimentations visant à retarder la application of Agrobacterium-mediated genetic maturation des fruits en inhibant la synthèse de transformation to increase fungus-resistance in Promoteurs dérivés de virus l’éthylène spécifique des fruits par suppression de banana (Musa spp.). Thèse de PhD, Katholieke et de plantes pour l’expression sens. Dans des essais en champ sur des plantes Universiteit Leuven, Belgique. de transgènes chez le bananier transgéniques au Costa Rica et dans le sud du Une nouvelle méthode de PCR Mexique, un certain nombre de lignées ont mani-S.R. Hermann, B. Dugdale, O.K. Becker, pour caractériser l’insertion festé un retard significatif de la maturation des des transgènes dans les plantes R.M. Harding et J.-L. Dale fruits sur plusieurs générations. Un fragment transgéniques Centre for Molecular Biotechnology, Queensland University of d’ARN de ~23 bases permettant de diagnostiquer Technology, GPO Box 2434, Brisbane QLD 4001, Australie. le phénomène d’inhibition de l’expression du gène J.-B. Pérez Hernández*, R. Swennen et L. Sági Des promoteurs dérivés de composants satel- a été identifié chez ces lignées. Laboratory of Tropical Crop Improvement, Katholieke lites (S1 et S2) du virus du bunchy top du bana- Des lignées transgéniques exprimant cinq gènes Universiteit Leuven, Belgique (*Adresse actuelle : Department of Tropical Fruits, Instituto Canario nier (BBTV) et des gènes de l’actine du bananier putatifs de résistance aux maladies sont actuelle- de Investigaciones Agrarias, La Laguna, Espagne). ont été isolés et caractérisés chez des bananiers ment évaluées dans des essais en champ au Costa transgéniques. Les promoteurs S1 et S2 du Rica. Des transformants exprimant 11 autres gènes On a mis au point une méthode de PCR avec BBTV régulaient l’expression de gènes reporters putatifs de résistance aux maladies ou des combi- ancrage (APCR) pour procéder rapidement à la associés au système vasculaire chez les dicoty- naisons de ces gènes en sont à des stades divers caractérisation moléculaire de plantes transgé- lédones et les monocotylédones. Chez le bana- de développement. Nous appliquons aussi un test niques obtenues par transformation à l’aide nier, l’activité de ces promoteurs a été intensifiée sur des morceaux de feuille pour évaluer certaines d’Agrobacterium. Des fragments d’ADN géno- de manière significative par l’inclusion d’introns de nos lignées transgéniques dans notre labora- mique, obtenus par digestion par des enzymes dérivés de monocotylédones. Des gènes candi- toire. Les symptômes produits par ce test sont simi- de restriction, sont amplifiés spécifiquement dats de l’actine et les séquences associées en 5’ laires à ceux observés en champ, tant en ce qui avec une amorce spécifique de l’ADN-T combi- en amont ont été isolés chez diverses plantes concerne leur aspect que leur moment d’apparition née à une amorce spécifique de l’adaptateur. sources, dont le bananier, à l’aide d’une nouvelle et leur spécificité par rapport aux cultivars. La PCR se faisant en conditions suppressives méthode de PCR avec ligation pour amplifier les (Siebert et al. 1995), la méthode est considéra- séquences flanquantes. On a ensuite caractérisé Approches biotechnologiques blement améliorée et permet d’amplifier les les niveaux d’expression et la spécificité de tis- pour l’amélioration des bananiers fragments APCR spécifiques en une seule sus d’un gène particulier de l’actine du bananier étape. L’hybridation Southern de sondes spéci- (ACT1). D’après les résultats de l’analyse Nor- T.R. Ganapathi, P. Suprasanna, L. Srinivas fiques des bordures de l’ADN-T avec les frag- thern, le promoteur ACT1 du bananier est ex- et V.A. Bapat ments APCR a révélé que ceux-ci étaient cor- primé à la fois dans les tissus reproducteurs et Plant Cell Culture Technology Section, Nuclear Agriculture and Biotechnology Division, Bhabha Atomic Research Centre, rectement amplifiés. L’analyse par APCR d’un les tissus végétatifs. Chez les bananiers transgé- Trombay, Mumbai 400 085, lnde. groupe de 20 bananiers transgéniques a dé- niques, le promoteur ACT1 régulait une forte ex- montré qu’environ 70 % contenaient des inser- pression de gènes reporters dans les feuilles et Les bananes et les bananes plantain, aliments tions d’un ou deux transgènes, ce qui constitue dans les racines. Des troncations du promoteur de base de millions de personnes dans les pays un meilleur résultat que le schéma d’insertion ACT1 ont montré que tous les éléments régula- en développement, se classent au quatrième de transgènes chez les plantes obtenues par teurs nécessaires à un niveau d’expression rang des cultures vivrières à l’échelle mondiale. bombardement de microparticules (Becker et al. élevé (deux fois supérieur à celui du promoteur L’Inde est le premier pays producteur de ba- 2000). Cette technique a aussi permis de mettre CaMV 35S), quasi constitutive, sont situés dans nanes. Dans ce pays, la banane occupe la se- en évidence la structure fine du (ou des) trans- 1,2 kb d’ATG de l’ACT1. conde place parmi les cultures fruitières avec VI PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 0,4 million d’hectares fournissant une production 1. évolution de la recherche scientifique et L’article 27 de l’accord sur les ADPIC laisse aux de 10 millions de tonnes. Cependant, l’applica- nécessité de rendre compte de ses résultats en pays membres une certaine flexibilité pour décider tion des méthodes d’amélioration convention- termes économiques ; des types d’inventions biotechnologiques qui sont nelles est rendue difficile par la nature triploïde 2. nature de la recherche dans le domaine des brevetables. En outre, les tribunaux nationaux ont de cette plante, seules quelques variétés di- biotechnologies : elle coûte cher, exige la possibilité d’interpréter diversement la législa- ploïdes produisant un pollen viable. Pour créer beaucoup de temps et ses produits peuvent être tion nationale en matière de DPI. Ainsi, chaque des variétés productives et capables de résister facilement copiés ; pays conserve une certaine liberté pour assurer le aux maladies, il faut donc faire appel aux bio- 3. intervention croissante du secteur privé dans la niveau de protection des DPI qu’il juge acceptable technologies. Les activités de notre équipe cou- recherche. selon ses propres normes culturelles, morales vrent les domaines suivants : culture de tissus, Le principal traité international régissant les et légales (en dehors de toutes barrières embryogenèse somatique, semences synthé- droits de propriété intellectuelle (DPI) est l’Accord commerciales). tiques, mutagenèse in vitro et sélection, em- sur les aspects des droits de propriété intellectuelle Des institutions et programmes internationaux preintes génétiques et transfert de gènes à l’aide liés au commerce (ADPIC) qui figure en annexe à comme l’INIBAP et PROMUSA ont un rôle impor- d’Agrobacterium. Trente cultivars ou espèces l’accord de l’OMC. Si un pays veut faire du com- tant à jouer dans la gestion des DPI. Ils peuvent en sauvages ont été conservés et multipliés in vitro. merce, il doit avoir une législation compatible avec particulier influer sur les décisions concernant l’ac- Dans des essais multilocaux, les plants issus de l’accord sur les ADPIC. Dans l’article 27 de cet ac- quisition de matériel génétique pouvant servir à culture in vitro se sont caractérisés par un rende- cord, l’objet brevetable est défini comme suit : mettre au point des inventions brevetables, ainsi ment accru, une maturation précoce et un cycle • 27.1. Les brevets sont obligatoires pour toutes que le transfert des technologies nécessaires pour de production plus uniforme. Après traitement de les inventions dans tous les domaines de la exploiter ce matériel génétique. cultures in vitro avec des rayons gamma, l’éva- technologie. L’invention doit être nouvelle, luation en champ de la population irradiée a per- impliquer une activité inventive (non-évidence) Phytopathologie et résistance mis d’identifier un certain nombre de variants et être susceptible d’application industrielle aux maladies prometteurs. Les variants isolés et leurs parents (utile). ont fait l’objet d’évaluations en champ et • 27.2. Il sera possible d’exclure les inventions La biologie moléculaire du virus d’études moléculaires à l’aide de RAPD. dont il est nécessaire d’empêcher l’exploitation du bunchy top du bananier Nous avons élaboré des protocoles d’embryo- commerciale pour protéger l’ordre public ou la genèse somatique à partir de méristèmes apicaux moralité, y compris pour protéger la santé et la R.M. Harding, B. Dugdale, G.J. Hafner, du cv. Rasthali (AAB) et de bourgeons mâles du vie des personnes et des animaux ou préserver C.L. Horser*, R. Wanitchakorn et J.-L. Dale cv. Shrimanti (AAA). Les cultures cellulaires em- les végétaux, ou pour éviter de graves atteintes Centre for Molecular Biotechnology, Queensland University of bryogènes ont été établies avec succès et sont à l’environnement. Technology, GPO Box 2434, Brisbane QLD 4001, Australie. * maintenues depuis deux ans par des repiquages • 27.3. Les inventions suivantes pourront aussi ( Adresse actuelle : CSIRO Plant Industry, Canberra, ACT, 2601, Australie). réguliers (pour Rasthali). On a obtenu un taux être exclues de la brevetabilité : a) les méthodes élevé de conversion des embryons somatiques en diagnostiques, thérapeutiques et chirurgicales Le bunchy top, causé par un nanovirus (banana plants et ceux-ci sont à présent évalués dans des pour le traitement des personnes ou des bunchy top virus, BBTV), est considéré comme essais en champ. animaux ; b) les végétaux et les animaux autres la principale affection virale des bananiers. On Nous avons standardisé la méthode de trans- que les micro-organismes ; c) les procédés rencontre cette maladie dans presque toutes les formation de cultures cellulaires embryogènes du biologiques d’obtention de végétaux ou régions productrices de bananes du monde, à cv. Rasthali avec Agrobacterium et nous l’appli- d’animaux, mais non les procédés techniques. l’exception des Caraïbes et des Amériques. quons maintenant couramment pour transférer (Texte intégral de l’Accord disponible sur le site Dans les années 20, le bunchy top était le princi- des gènes. Nous travaillons actuellement avec un Web de l’OMC : http://www.wto.org/french/tratop_f/ pal facteur limitant la production bananière en peptide antimicrobien, msi99 (homologue synthé- trips_f/t_agm3c_f.htm) Australie. L’application de mesures phytosani- tique de Magainin). Des études ont montré que ce La possibilité de breveter le vivant est demeurée taires rigoureuses, appuyées par une stricte lé- peptide est efficace pour inhiber la croissance de incertaine jusqu’à ce que la Cour suprême des gislation, a permis de contrôler la maladie dans Fusarium oxysporum, agent causal de la fusa- Etats-Unis rende l’arrêt Diamond v Chakrabarty ce pays. Notre groupe travaille depuis une di- riose. Nous l’avons utilisé pour transformer Ras- 447 US 303 (1980). Par une courte majorité (5 zaine d’années à la caractérisation de ce virus thali, cultivar extrêmement sensible à cette mala- contre 4), elle a décidé que les organismes vivants afin de développer une résistance transgénique die, et des plantes transgéniques ont été pouvaient être brevetés. La décision contraire au- et de pouvoir exploiter le virus. régénérées. rait peut-être entraîné une diminution des investisse- En se basant sur les symptômes de la mala- ments dans le secteur des biotechnologies. die, sa transmission persistante par un puceron Propriété intellectuelle D’après la jurisprudence aux Etats-Unis et en Eu- et les profils de l’ARN double brin, on a cru tout et organismes génétiquement rope, on peut voir que les limites de la brevetabilité d’abord que le BBTV était causé par un lutéovi- modifiés des inventions biotechnologiques ne sont pas en- rus. Cependant, on sait aujourd’hui qu’il s’agit core entièrement définies. d’un virus isométrique dont le génome comprend Introduction du thème 1. Dans leur interprétation du droit des brevets, les au moins six composantes d’ADN simple brin cir- tribunaux admettent le principe de la brevetabilité culaire (ADN-1 à -6) d’une dimension de 1018 D. Nicoll des organismes vivants. à 1111 nucléotides. Ces différentes compo- Centre for Law and Genetics, Law School, University of 2. L’argument de l’ordre public ou de la moralité n’a santes de l’ADN ont une organisation génomique Tasmania, GPO Box 252-89, Hobart, Tas 7001, Australie. de chances de prévaloir que dans les cas les plus commune comprenant : i) un gène majeur dans Il faut désormais s’attendre à ce que la prise de extrêmes. le sens virion (sauf l’ADN-1 qui contient deux brevet entre de plus en plus dans les préoccupa- 3. Les tribunaux américains s’efforcent de gènes) associé à un signal de polyadénylation ; tions des chercheurs généticiens. Plusieurs élé- répondre à certains des problèmes liés aux ii) une région commune majeure conservée ments vont dans ce sens : demandes de brevets à couverture très large. (CR-M) et une région en épingle à cheveu INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA VII (CR-SL) ; et iii) une séquence TATA potentielle pour des protéines Rep. Cependant elles diffè- Cependant, il apparaît que son épidémiologie est située en 3’ de l’épingle à cheveu. La région CR- rent de l’ADN-1 par plusieurs aspects : très différente de ce qui est observé dans d’autres M se trouve en 5’ de la région CR-SL et com- • organisation génomique – en général, les pays, car ici, il ne crée pas de véritable épidémie prend approximativement 92 nt avec au moins régions CR-M et CR-SL sont absentes, et la et semble se diffuser plus lentement dans les 72 % d’homologie entre les composantes de séquence TATA se trouve en 5’ de l’épingle à plantations. Le BBTV, dont la transmission se fait l’ADN (sauf l’ADN-1 qui a une délétion de 26 nt). cheveu ; par l’intermédiaire du puceron Pentalonia nigro- On pense que la CR-M intervient dans la réplica- • distribution géographique limitée – on les nervosa ou par des rejets et souches infectés, se tion, en faisant fonction de site de liaison pour trouve presque exclusivement dans le groupe diffuse normalement avec rapidité au sein des une amorce d’ADN endogène de ~80 nt. La CR- asiatique du BBTV. plantations. Mais au Viêt-Nam, il n’est pas inhabi- SL comprend 69 nt avec au moins 62 % d’homo- Nous avons étudié la réplication du BBTV afin tuel de trouver des plantes plus âgées infectées logie entre les composantes. Elle comporte une de déterminer : 1) les composantes faisant partie par le BBTV à proximité de plantes saines, alors structure en épingle à cheveu qui contient une intégrante du génome du BBTV ; 2) la compo- même que les pucerons se nourrissent sur toutes tige de 10 bp (14 nt conservés) et une boucle de sante codant pour la Rep “maîtresse” ; et 3) le les plantes. En outre, nous n’avons pas observé 11 nt (9 nt conservés). D’après l’analyse de la rôle du gène interne de l’ADN-1. Pour ce faire, de symptômes typiques du BBTV chez le cultivar séquence des ADN-1, -3 et -5, il existe deux nous avons bombardé des suspensions cellu- local Chuoi tay. On ne sait si Chuoi tay est un hôte groupes distincts d’isolats du BBTV : le groupe laires embryogènes de Bluggoe avec des du BBTV, ou s’il est résistant à l’infection par le du Pacifique Sud (Australie, Burundi, Egypte, « 1.1mers » clonés des différentes composantes BBTV. Afin de mieux comprendre l’épidémiologie Fidji, Inde, Tonga et Samoa) et le groupe asia- de l’ADN du BBTV, séparément ou en combinai- du BBTV au Viêt-Nam, nous nous sommes pen- tique (Philippines, Taiwan et Viêt-Nam). Ces son. Nous avons extrait l’ADN des cellules 0, 4 et chés sur un certain nombre de facteurs. Première- deux groupes diffèrent d’environ 10 % sur l’en- 8 jours après le bombardement et l’avons ana- ment, en étudiant la variabilité des séquences de semble de la séquence nucléotidique et d’envi- lysé à l’aide de sondes spécifiques de chaque l’ADN-1, codant pour la Rep “maîtresse”, nous ron 30 % au sein de la CR-M. composante pour déterminer les intermédiaires avons trouvé un niveau de variabilité plus élevé au Le gène majeur de l’ADN-1 contient des mo- de la réplication. Cette étude a montré que Viêt-Nam que ceux enregistrés jusqu’à présent en tifs associés à une réplication en cercle roulant l’ADN-1 code pour la protéine virale Rep “maî- Asie. Nous avons aussi constaté une différencia- et à une liaison de dNTP, et code pour une pro- tresse” et qu’elle constitue l’unité réplicative mini- tion entre les séquences des isolats originaires du téine d’initiation de la réplication (Rep). On a male du BBTV, car, contrairement aux autres Nord Viêt-Nam et du Sud Viêt-Nam. Deuxième- établi que cette protéine Rep possède une acti- composantes codant pour des Rep, elle est ca- ment, nous avons identifié une nouvelle compo- vité d’entaille et de ligation spécifique d’un site pable de s’autorépliquer et de réguler la réplica- sante putative d’ADN satellite, endémique au Viêt- (opérant un clivage entre les nt 7 et 8 de tion des autres composantes génomiques faisant Nam. Enfin, nous avons criblé des plants de Chuoi l’épingle à cheveu). La fonction du gène interne partie intégrante du BBTV. Nous avons aussi pu tay provenant de toutes les régions du pays, mais de l’ADN-1 n’est pas encore connue. L’ADN-3 établir que le gène interne de l’ADN-1 n’est pas nous n’avons pu détecter le virus dans aucun, que code pour la protéine capsidique, tandis que le indispensable à la réplication, mais qu’il renforce ce soit avec la PCR et/ou avec l’hybridation Sou- produit génique de l’ADN-5 possède une acti- celle-ci en cis (peut-être de manière analogue à thern. Cela semble indiquer que Chuoi tay fait vité de liaison du rétinoblastome et semble être la protéine REn des bégomovirus). Enfin, nous preuve de résistance au BBTV au Viêt-Nam, ce qui une protéine du cycle cellulaire faisant passer avons identifié des sites potentiels de liaison des pourrait être l’un des facteurs influant sur l’épidémio- les cellules infectées en phase S pour faciliter la Rep (itérons) au génome du BBTV qui semblent logie de la maladie du bunchy top dans ce pays. réplication du virus. L’ADN-4 et l’ADN-6 sem- similaires à ceux des bégomovirus. D’après les blent coder pour des protéines associées res- résultats de cette étude, on peut penser qu’il Les virus infectant le matériel pectivement au mouvement de cellule en cellule existe deux groupes de nanovirus : 1) le BBTV, génétique de Musa et au transport nucléaire. La fonction de d’ADN- qui infecte les monocotylédones et dont la Rep 2 reste à élucider. “maîtresse” contient un gène interne ; et 2) le J.E. Thomas, C.F. Gambley, A.D.W. Geering, On a récemment classé le BBTV dans le FBNYV, le MDV et le SCSV, qui infectent les di- L.A. McMichael, J.N. Parry et M. Sharman genre Nanovirus – virus à virions isométriques cotylédones et dont la Rep “maîtresse” ne Queensland Horticulture Institute, Department of Primary Industries, 80 Meiers Road, Indooroopilly, QLD 4068, Australie. dont l’activité se limite au phloème et qui possè- contient pas de gène interne. dent un génome à ADN simple brin, circulaire et Les espèces de Musa offrant un intérêt commer- à composantes multiples. Dans ce genre figurent L’épidémiologie du virus du bunchy top cial sont les bananiers comestibles et les bana- également le virus du rabougrissement du trèfle du bananier au Viêt-Nam niers plantain (pour la plupart des hybrides de souterrain (subterranean clover stunt virus, K. Bell1, P.A. Revill2, H.V. Cuong3, V.T. Man3 M. acuminata et/ou de M. balbisiana) et l’espèce SCSV), le virus du jaunissement nécrotique de la et J-L. Dale2 à fibres Musa textilis. A ce jour, on a caractérisé féverole (faba bean necrotic yellows virus, 1Seowon Building, 4th Floor, 57 Garak-Dong, Songpa-Gu, Séoul, six virus infectant ces espèces (Jones 2000), 2 FBNYV), le virus nain de l’astragale (milk vetch Corée du Sud 138-160; Centre for Molecular Biotechnology, mais il en existe d’autres qui n’ont pas encore Queensland University of Technology, GPO Box 2434, Brisbane dwarf virus, MDV) et peut-être aussi le virus de la QLD 4001, Australie; Department of plant Pathology, Hanoi été caractérisés. pourriture foliaire du cocotier (coconut foliar Agricultural University, Gia Lam, Hanoi, Viêt-Nam Le virus du bunchy top du bananier (banana decay virus, CFDV). Le virus du bunchy top du bananier (banana bun- bunchy top virus, BBTV) a des virions isomé- On considère que les ADN-1 à 6 font partie in- chy top virus, BBTV) est à l’origine de l’affection triques de 18-20 nm et son génome comprend tégrante du génome du BBTV, car ces compo- virale la plus dévastatrice pour cette culture. Il a plusieurs composantes d’ADN simple brin. Il est santes sont systématiquement associées à presque entièrement détruit les plantations de ba- transmis de manière persistante par le puceron toutes les infections du BBTV dans le monde en- naniers en Australie au début des années 20 et Pentalonia nigronervosa et a une distribution tier. On a isolé plusieurs autres composantes de des épidémies similaires se sont produites dans dispersée en Afrique et dans la région Asie- l’ADN associées au BBTV dans divers cas d’in- toutes les régions du monde. Au Viêt-Nam où il a Pacifique. Le virus de la mosaïque du fection par ce virus. De même que l’ADN-1 du été identifié pour la première fois en 1968, le concombre (cucumber mosaic virus, CMV) a BBTV, ces autres composantes semblent coder BBTV est endémique dans l’ensemble du pays. des virions isométriques de 29 nm et son gé- VIII PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 nome se compose d’ARN simple brin tripartite. Tous les virus de Musa se transmettent par le Jones D.R. (ed.) 2000. Diseases caused by viruses. Transmis de manière non persistante par plu- biais des propagules végétatives, y compris les Pp. 241-293 in Diseases of banana, abacá and enset. CABI Publishing, Wallingford, Royaume- sieurs espèces de pucerons, il est largement ré- vitroplants, ce qui a des implications pour l’état Uni/New York, USA. pandu dans le monde entier. Le virus de la mo- sanitaire du matériel végétal, la conduite des Sharman M., J.E. Thomas & R.G. Dietzgen. 2000. saïque des bractées du bananier (banana bract programmes d’amélioration et de transformation, Development of a multiplex immunocapture PCR mosaic virus, BBrMV) et le virus de la mosaïque et les transferts de matériel génétique. L’utilisa- with colourimetric detection for viruses of banana. Journal of Virological Methods 89:75-88. de l’abaca (abaca mosaic virus, AbaMV) ont tion de matériel végétal indemne de virus est un Thomas J.E., M.K. Smith, Kessling, A.F. & S.D. Hamill. tous deux des virions filamenteux, un génome facteur fondamental pour lutter contre ces 1995. Inconsistent transmission of banana bunchy composé d’ARN simple brin, et sont transmis de agents pathogènes dans les champs. En outre, top virus in micropropagated bananas and its manière non persistante par diverses espèces plusieurs de ces virus ont une distribution limi- implication for germplasm screening. Australian Journal of Agricultural Research 46:663-671. de pucerons. L’AbaMV n’a été rencontré jusqu’à tée. Peu d’études ont été effectuées sur la trans- présent qu’aux Philippines, tandis que le BBrMV mission des virus du bananier par la culture de Application de la cryoconservation a une distribution dispersée dans la région Asie- tissus. Plusieurs études ont montré qu’avec les pour éliminer les affections virales Pacifique. Le virus de la mosaïque en tirets du repiquages successifs qui sont normalement des bananiers et bananiers plantain bananier (banana streak virus, BSV) a des vi- opérés, on obtient un certain nombre de méris- (Musa spp.) rions bacilliformes (30 x 130 nm) dont le gé- tèmes indemnes de virus à partir de clones initia- 1 nome est constitué d’ADN double brin, et il est lement infectés par le BBTV. Ce processus B. Helliot , B. Panis 2, A. Locicero1, K. Reyniers2, 2 1 présent dans le monde entier. semble être légèrement accéléré à haute tempé- R. Swennen et P. Lepoivre 1 Les virions filamenteux du virus de la mo- rature et les plants issus de ces méristèmes de- Unité de phytopathologie, Faculté des sciences agronomiques de Gembloux, 5030 Gembloux, Belgique. E-mail : saïque légère du bananier (banana mild mosaic meurent indemnes de virus (Thomas et al. 1995 helliot.b@fsagx.ac.be; 2Laboratory of Tropical Crop virus, BanMMV) ont un génome constitué d’ARN et références citées par ces auteurs). Récem- Improvement, K.U. Leuven, 3001 Leuven, Belgique. simple brin d’une dimension de 7353 nt, codant ment, on a observé la situation inverse avec le pour cinq cadres de lecture ouverts (ORF). Bien BSV. Des infections virales ont été détectées On a de plus en plus recours à la technique de la qu’apparenté aux carlavirus, fovéavirus et potex chez la descendance d’hybrides de programmes cryoconservation in vitro pour surmonter les pro- virus, le BanMMV a une organisation génomique d’amélioration, alors qu’il n’y avait aucun signe blèmes posés par les techniques traditionnelles et des relations phylogénétiques qui le classent d’infection virale chez les lignées parentales. On de conservation du matériel génétique dans des collections au champ, collections de semences à part de tous les taxons viraux décrits jusqu’à a établi que ce phénomène était dû à l’“activa- et collections de cultures in vitro. La conserva- présent (Gambley et Thomas, sous presse). Ce tion” ou à la “libération” de séquences du BSV tion à ultra-basse température (généralement virus se rencontre chez une grande diversité de qui sont intégrées dans le génome de Musa (Hull –196°C, température de l’azote liquide) permet génotypes de Musa et a une distribution mon- et al. 2000). Des travaux récents semblent indi- de stocker les ressources phytogénétiques pen- diale. On le trouve souvent sous forme d’infec- quer que plusieurs autres souches du BSV sont dant une période prolongée et à l’abri de toute tion asymptomatique ou d’infection en mélange intégrées dans différentes composantes du gé- contamination. Récemment, Brison et ses colla- avec d’autres virus, mais son mode de transmis- nome chez les hybrides de Musa (A.D.W. Gee- borateurs (1997) ont démontré qu’on pouvait sion n’est pas connu. On ignore également son ring, N.E. Olszewski, B.E.L. Lockhart et J.E. aussi se servir de cette technique pour éliminer impact économique. Thomas, non publié). le virus de la sharka (plum pox virus) chez des vitroplants de pruniers infectés, le taux d’éradica- Des tests sérologiques et des tests basés sur Le Centre de transit de l’INIBAP, basé à la tion atteignant jusqu’à 50 %. La possibilité d’ap- la PCR sont disponibles pour tous les virus de Katholieke Universiteit Leuven, détient la plus pliquer un traitement de cryoconservation de Musa caractérisés, mais le BSV demeure pro- importante collection in vitro de matériel géné- courte durée (quelques heures) au lieu d’un trai- blématique. Avec le BSV, les symptômes peu- tique de Musa du monde. Cette collection com- tement à la chaleur de longue durée (plusieurs vent être importants, mais ils se manifestent de prend plus de 1100 accessions. Celles-ci sont semaines) apparaît extrêmement prometteuse. manière sporadique. On a trouvé chez le BSV actuellement soumises à des tests dans les Nous avons précédemment publié les ré- une diversité considérable de séquences, et trois centres internationaux d’indexation pour sultats d’essais fructueux de cryoconservation cinq de ces isolats (BSV-OL, BSV-Mys, BSV- les virus (CIRAD à Montpellier, PPRI à Pretoria de méristèmes en prolifération de différentes GF, BSV-IM et BSV-Lac) sont probablement et QDPI à Brisbane), et l’on ne distribue que les accessions de bananiers, l’une des cultures suffisamment différents pour être considérés accessions dont les résultats sont négatifs pour vivrières les plus importantes à l’échelle mon- comme des virus distincts (Geering et al. 2000 , les virus connus. Les virus les plus souvent dé- diale (Panis et al. 2000). Les bananiers ap- A.D.W. Geering, N.E. Olszewski, B.E.L. Lockhart tectés sont le BanMMV et le BSV, probable- partiennent au genre Musa; ils sont cultivés et J.E. Thomas, non publié). Il faut des tests par ment en raison de la fréquence des infections sur cinq continents dans environ 120 pays, immunocapture (IC) pour différencier les sé- latentes, plus le facteur de l’intégration pour le principalement tropicaux et subtropicaux, et quences épisomales et les séquences intégrées BSV. On n’a détecté ni le BBTV ni le BBrMV au assurent la subsistance de millions de per- du BSV. On a mis au point la technique de l’IC- sein de cette collection. sonnes. Cependant, ils sont menacés par dif- PCR avec microplaque, permettant de détecter férents agents biotiques : bactéries, champi- tous les virus du bananier qui ont été caractéri- Références gnons et virus tels que le virus de la sés. Un test multiplex a été publié pour le Gambley C.F. & J.E. Thomas. 2001. Molecular mosaïque du concombre (CMV), le virus du BBrMV, le BBTV et le CMV (Sharman et al. characterisation of Banana mild mosaic virus, a new bunchy top du bananier (BBTV), le virus de la filamentous virus in Musa spp. Archives of Virology 2000). Des tests ont été aussi mis au point pour (sous presse). mosaïque en tirets du bananier (BSV), le virus le BanMMV et toutes les souches connues du Geering A.D.W., L.A. McMichael, R.G. Dietzgen & J.E. de la mosaïque des bractées du bananier BSV (multiplex) (M. Sharman, A.D.W. Geering, Thomas. 2000. Genetic diversity among Banana (BBrMV) et le virus de la mosaïque légère du J.N. Parry et J.E. Thomas, non publié). Ces streak virus isolates from Australia. Phytopathology bananier (BaMMV). tests sont utilisés en combinaison avec le test 90:921-927. Dans le cadre d’un projet de l’INIBAP intitulé Hull R., G. Harper & B. Lockhart. 2000. Viral ELISA et l’immunoélectroscopie (ISEM) pour sequences integrated into plant genomes. Trends in “Mise au point de techniques de culture in vitro l’indexation ordinaire des virus. Plant Science 5(9):362-365. pour éliminer les affections virales des bana- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA IX niers et bananiers plantain (Musa spp.)”, nous CRCTPP (Cooperative Research Center for Tropical Plant lie. Grâce à ce système, il sera possible de dé- travaillons à évaluer les effets de la cryothéra- Pathology), University of Queensland, Level 5, John Hines tecter et d’identifier Foc directement à partir du Bldg St Lucia, Brisbane QLD 4072, Australie. pie sur l’état sanitaire du matériel végétal par matériel végétal et du sol. On pourra s’en servir rapport à des méthodes traditionnelles comme La fusariose est un sérieux problème pour la pour détecter la présence de races de Foc dans la culture de méristèmes. A cette fin, nous production bananière en Australie. Le champi- les champs avant toute plantation, pour cribler avons appliqué la cryoconservation à des amas gnon à l’origine de cette maladie, F. oxysporum les rhizomes ou rejets utilisés comme matériel méristématiques excisés sur des cultures de f.sp. cubense (Foc), est un agent pathogène ex- végétal et pour identifier les isolats de Foc dans méristèmes hautement proliférantes en utilisant trêmement divers. Actuellement, on ne trouve en les tissus de plants ou les sols infectés. Ce sys- la technique de la vitrification avec la solution Australie qu’une fraction de la diversité mondiale tème sera également utile aux chercheurs pour PVS-2 (Sakaï et al. 1990). de Foc. Sur 33 groupes de compatibilité végéta- étudier la biologie et l’écologie de Foc. Nos résultats montrent que, pour le CMV tive (GCV) et génotypes de Foc identifiés dans le et le BSV, les taux d’éradication après cryocon- monde, neuf se rencontrent en Australie. La Isolement de gènes potentiels servation de méristèmes hautement proliférants quasi-totalité de la diversité de Foc ayant été de résistance aux maladies atteignent respectivement 39 % (32 plants sur identifiée en Asie, notre proximité de l’Asie du 83 plants testés) et 94 % (31 plants sur Sud-Est signifie que nous risquons fortement l’in- K.M. Taylor, J.A. McMahon, R.M. Harding 33 plants testés). En comparaison, les taux troduction d’autres souches de Foc, et en parti- et J-L. Dale d’éradication obtenus par culture de méris- culier de nouvelles introductions de la race 4 Centre for Molecular Biotechnology, Queensland University of Technology, GPO Box 2434, Brisbane QLD 4001, Australie. tèmes excisés sur des méristèmes hautement “tropicale” qui s’attaque aux Cavendish. Cette E-mail : K0.taylor@ gut.edu.au proliférants se chiffraient respectivement à race est répandue en Indonésie et en Malaisie, 11 % et 63 %. et elle a été récemment détectée à Irian Jaya. De toutes les maladies s’attaquant aux bana- L’étude de l’ultrastructure des méristèmes Plusieurs infections de la race 4 “tropicale” se niers, la fusariose et les cercosporioses noire et hautement proliférants, effectuée au bout d’une sont déjà produites dans le Territoire Nord, mais jaune sont les plus dévastatrices. Si la plupart semaine de culture in vitro après cryoconserva- ont pu être contenues par des mesures de qua- des bananiers dessert cultivés commercialement tion, a montré que la cryothérapie agit comme rantaine. Cette souche de la fusariose fait peser sont sensibles à ces champignons pathogènes, il un micro-scalpel. De petites zones de cellules une menace sur les importantes zones de pro- existe des sources de résistance chez des bana- vivantes localisées dans le dôme méristéma- duction de bananes Cavendish du nord du niers sauvages. Afin d’identifier les gènes R qui tique et à la base des primordiums survivent au Queensland, jusqu’à présent indemnes de toute confèrent cette résistance, on a mis au point une processus de cryoconservation, tandis que les souche s’attaquant aux Cavendish. nouvelle approche consistant à amplifier l’ADN cellules plus différenciées, distantes du dôme Nous sommes en train de mettre au point un génomique à l’aide d’amorces dégénérées apical, sont tuées. Ce phénomène, associé à test basé sur l’ADN pour diagnostiquer spécifi- conçues pour les gènes R de classe 3. Cette une répartition inégale des particules virales quement la race 4 “tropicale” de Foc. A l’aide de méthode a été appliquée avec succès à la laitue, dans le méristème, pourrait expliquer l’efficacité méthodes d’analyse de l’ADN génomique total au soja, au riz et au maïs, mais à ce jour, aucun de la cryoconservation. Les études en cours comme les empreintes génétiques de produits résultat n’a encore été publié pour les gènes R portent sur la localisation spécifique des parti- d’amplification de l’ADN (DAF) et d’autres mé- candidats (GRC) du bananier. cules virales au sein du méristème. Nous espé- thodes basées sur la PCR telles que le polymor- Nous avons utilisé des amorces dégénérées rons ainsi parvenir à mieux comprendre les va- phisme de longueur des fragments de restriction pour amplifier cinq séquences GRC indépen- riations qui sont enregistrées dans les taux (RFLP) et l’analyse des séquences de l’ADN ri- dantes du bananier, montrant toutes une homo- d’éradication en fonction du virus et en fonction bosomique (ADNr), nous avons étudié de ma- logie avec des gènes R déjà caractérisés. Il de la thérapie. nière approfondie la diversité génétique de Foc à s’agissait de séquences isolées chez des culti- tous les niveaux taxonomiques, du genre au ni- vars résistants et des cultivars sensibles où elles Références veau spécifique à la souche. Nous avons ainsi étaient présentes en un faible nombre de copies. Brison M., M.T. de Boucaud, A. Pierronnet & F. Dosba. obtenu des informations sur les séquences En outre, les cinq séquences ont toutes été am- 1997. Effect of cryopreservation on the sanitary state of a cv Prunus rootstock experimentally d’ADN propres à la race 4 “tropicale” de Foc et plifiées à partir de l’ARN, ce qui indique qu’elles contaminated with Plum Pox Potyvirus. Plant avons créé des amorces PCR qui amplifient ex- étaient transcrites. En comparant les séquences Science 123(1-2):189-196. clusivement l’ADN de cette souche. Des re- d’ADN et d’ARN des cultivars résistants et des Panis B., H. Schoofs, N.T. Thinh & R. Swennen. 2000. cherches dans les bases de données sur les sé- cultivars sensibles, on a constaté une variabilité Cryopreservation of proliferating meristem cultures of banana. Pp. 238-243 in Cryopreservation of quences d’ADN publiées dans Genbank ont entre les cinq séquences GRC (< 53 % d’homo- tropical plant germplasm. Current research progress montré que ces amorces n’ont de correspon- logie) et au sein de chaque séquence GRC (97- and applications (F. Engelmann & H. Takagi, eds.). dance avec aucun autre organisme, mais nous 100 % d’homologie). L’amplification des sé- Japanese International Research Center for sommes néanmoins en train d’achever les cri- quences flanquant les GRC a révélé un domaine Agricultural Sciences, Tsukuba, Japon / International Plant Genetic Resources Institute, blages en laboratoire pour établir la spécificité de leucine zipper (LZ) en 5’ et un domaine de répé- Rome, Italie. ces amorces. Nous adapterons ensuite les titions riches en leucine (LRR) en 3’, ce qui est Sakai A., S. Kobayashi & I. Oiyama. 1990. conditions de la PCR en laboratoire pour pouvoir conforme aux gènes R de classe 3. Cryopreservation of nucellar cells of navel orange amplifier l’ADN de Foc directement à partir de (Citrus sinensis Osb. var. brasiliensis Tanaka) by vitrification. Plant Cell Rep. 9:30-33. plantes et de sols infectés. Il faudra ensuite vali- Les promoteurs du virus de la der le test de diagnostic et l’essayer sur le terrain mosaïque en tirets du bananier sont Un test basé sur l’ADN pour avant de le diffuser aux producteurs et/ou aux la- extrêmement actifs chez les bananiers diagnostiquer la race 4 “tropicale” boratoires commerciaux. transgéniques et chez d’autres plantes de la fusariose du bananier Nous avons aussi entrepris de mettre au point monocotylédones et dicotylédones un système d’identification basé sur l’ADN qui S. Bentley, N. Moore, J. Pattemore, J. Anderson permettra de caractériser de manière précise T. Remans1, L. Sági4, A.R. Elliott5, et K. Pegg toutes les souches de Foc présentes en Austra- R.G. Dietzgen3, R. Swennen4, P. Ebert1, X PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 C.P.L. Grof5, J.-M. Manners2,5 servée dans les tissus vasculaires et les racines tine du maïs (tableau 1). L’expression du promo- et P.M. Schenk2,3 latérales émergentes. Chez les plants contenant teur Cv et du promoteur de l’ubiquitine du maïs 1Department of Biochemistry, The University of Queensland, les constructions du promoteur My, le niveau est demeurée élevée dans le second cycle de Brisbane QLD 4072 Australie; 2CRCTPP (Cooperative quantitatif d’activité de GUS dans les tissus des culture des plants de canne à sucre. Le promo- Research Center for Tropical Plant Pathology), University of Queensland, Level 5, John Hines Bldg St Lucia, Brisbane QLD feuilles, des racines et de la souche était plus teur My s’est montré actif chez les jeunes plants, 4072, Australie; 3QDPI, Queensland Agricultural Biotechnology élevé que chez les plants ayant reçu des mais on n’a pas observé d’expression de GFP Centre, The University of Queensland, St. Lucia, QLD 4072, constructions du promoteur de l’ubiquitine du chez les plants adultes. On a enregistré une forte Australie; 4Laboratory of Tropical Crop Improvement, Katholieke Universiteit Leuven, Belgique; 5CSIRO Plant maïs (tableau 1). Chez des plants de bananiers activité du promoteur Go dans des cals de canne Industries, Long Pocket Laboratories, 120 Meiers Road, cultivés en serre, le promoteur My a fait preuve à sucre transgéniques, mais pas d’expression de Indooroopilly, QLD 4068, Australie. E-mail pour la d’une activité plus importante que le promoteur GFP dans les plants régénérés. Les promoteurs correspondance: remans@biosci.uq.edu.au de l’ubiquitine du maïs et le promoteur 35S du Cv et My se sont aussi montrés actifs dans des Le génie génétique permet d’introduire dans les virus de la mosaïque du chou-fleur (tableau 1). plants de tabac cultivés in vitro, mais cette acti- plantes des caractères désirables (comme la ré- Le promoteur Cv a manifesté une activité simi- vité a disparu lorsque les mêmes plants cultivés sistance aux maladies) qui s’expriment dans les laire (racines et souche) ou supérieure (feuilles) en serre ont atteint l’âge adulte (tableau 1). phénotypes modifiés. Des séquences régula- à celle du promoteur de l’ubiquitine du maïs chez Les promoteurs du virus de la mosaïque en trices, ou promoteurs, sont nécessaires pour in- les plants de bananiers cultivés in vitro, mais tirets du bananier constituent donc des outils ef- duire l’expression effective du gène introduit cette activité s’est trouvée fortement réduite chez ficaces pour obtenir un niveau élevé d’expres- dans les plantes transgéniques. On se sert fré- des plants de plus grande taille cultivés en serre sion de gènes étrangers chez des monocotylé- quemment de promoteurs viraux, comme le 35S (tableau 1). Cela pourrait s’expliquer par le phé- dones et dicotylédones transgéniques. On peut du virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV) nomène d’inhibition de l’expression des gènes les utiliser de manière interchangeable avec le (Kay et al. 1987), pour obtenir l’expression associé à la séquence intégrée du BSV (Ndo- promoteur CaMV 35S ou celui de l’ubiquitine constitutive des transgènes chez diverses es- wora et al. 1999 , Harper et al. 1999) chez les du maïs. pèces végétales. Afin d’identifier des promoteurs plants de Three Hand Planty (génome AAB). efficaces, qui induisent un niveau élevé d’ex- Cette séquence intégrée du BSV étant apparem- Références pression des gènes chez les bananiers transgé- ment liée au génome B, il serait intéressant de Geering A.D.W., L.A. McMichael, R.G. Dietzgen & J.E. niques, nous avons analysé trois nouvelles sé- voir si le promoteur Cv est plus actif chez des Thomas. 2000. Genetic diversity among Banana streak virus isolates from Australia. Phytopathology quences de promoteurs d’isolats australiens du bananiers de type AAA. 90:921-927. badnavirus de la mosaïque en tirets du bananier Les niveaux de GFP dans les feuilles et les Harper G., J.O. Osuji, J.-S. Heslop-Harrison & R. Hull. (BSV). Pour ce faire, nous avons procédé à dif- tiges de plants transgéniques de canne à sucre 1999. Integration of banana streak badnavirus into férents essais de transformation transitoire et de contenant une fusion du promoteur Cv et du the Musa genome: molecular and cytogenetic transformation stable à l’aide de gènes reporters gène GFP mesurés par fluorométrie (Remans et evidence. Virology 255:207-213. codant pour la protéine à fluorescence verte al. 1999) se sont révélés comparables aux ni- Kay R., A. Chan, M. Daly & J. McPherson. 1987. Duplication of CaMV 35S promoter sequences (GFP) et de l’enzyme reporter de la ß-glucuroni- veaux de GFP enregistrés chez des plants conte- creates a strong enhancer for plant genes. Science dase (GUS) (Schenk et al. 2001). Dans ces es- nant une construction du promoteur de l’ubiqui- 236:1299-1302. sais, nous avons analysé l’activité de promotion de la transcription dans des fragments d’ADN de 1322 bp (Cv), 2105 bp (My) et 1297 bp (Go) en- Tableau 1. Comparaison entre l’activité des promoteurs Cv, My et Go du BSV et celle du promoteur tourant le site d’initiation de la transcription chez CaMV 35S et du promoteur de l’ubiquitine du maïs chez différentes espèces végétales. Les valeurs les isolats Cavendish, Mysore et Goldfinger du correspondent au plant à plus forte expression : activité enzymatique de GUS (MU) en nmol MU/h/mg BSV (Geering et al. 2000). de protéine et accumulation de GFP en mg GFP/mg de protéine. Dans les essais d’expression transitoire, les Cv My Go CaMV 35S Ubiquitine fragments Cv, My et Go ont tous manifesté une du maïs activité de promoteur chez une grande diversité Plants transgéniques d’espèces végétales : monocotylédones (bana- Bananier (feuilles in vitro) 1076 MU 6299 MU nt nt 214 MU Bananier (racines+souche in vitro) 2502 MU 10650 MU nt nt 2571 MU nier, maïs, orge, mil, sorgho), dicotylédones Bananier (feuilles en serre) 0 MU 1658 MU nt 430 MU 418 MU (tabac, colza, tournesol, Nicotiana benthamiana, Canne à sucre (feuilles en serre) 13,1 GFP < 0,05 GFP nt nt 11,6 GFP jacaranda jaune Tipuana tipu), gymnosperme canne à sucre (tige en serre) 5,57 GFP nt nt nt 0,80 GFP (Pinus radiata) et fougère (Nephrolepis Tabac (feuilles in vitro) 0,68 GFP 1,35 GFP nt 1,68 GFP nt cordifolia) (tableau 1). Tabac (feuilles en serre) < 0,06 GFP < 0,06 GFP nt 0,29 GFP nt Nous avons analysé l’activité de l’enzyme re- Essais d’expression transitoire porter GUS chez des vitroplants de bananiers Maïs +++ +++ +++ + +++ transgéniques (cultivar Three Hand Planty) Orge +++ +++ nt + nt transformés avec les constructions des promo- Bananier +++ +++ nt nt nt teurs Cv ou My. Des sections longitudinales et Mil +++ +++ nt nt +++ transversales des racines, de la souche, du Sorgho +++ +++ nt + +++ Colza ++ ++ ++ +++ nt pseudotronc et des feuilles ont révélé une colo- Tabac ++ ++ nt +++ nt ration bleue dans tous les types de cellules étu- Tournesol ++ ++ nt +++ nt diés (des photos en couleur se trouvent sur le N. benthamiana ++ ++ nt +++ nt site http://www.uq.edu.au/~uqtreman). La plus T. tipu +++ +++ nt +++ nt forte expression a été enregistrée dans la Pin ++ ++ nt ++ nt souche et les tissus vasculaires. Dans les ra- N. cordifolia ++ ++ nt ++ nt cines, une forte intensité de coloration a été ob- nt = non testé, +++ = forte expression, ++ = expression moyenne à forte, + = expression moyenne à faible. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA XI 250 5 CIEN BTA-03 200 4 150 3 100 2 50 1 0 0 Juil A S O N D Jan F M A Mai J Juil Mois Precipitations (mm) PISANG MAS GRAN NAIN WILLIAMS CIEN-BTA-03 YANGAMBI KM5 Degre d'infection (Cercosporiose jaune): 0 Non visible 1 Tres faible Yangambi Km 5 > CIEN BTA-03 > FHIA-02 > Prata Ana > Gros Michel Pisang2 Faible >"Saba" FHIA-03 Cavendish Mas 3 Intermediaire 4 Eleve 5 Tres eleve Figure 3. Evaluation de l’incidence de la cercosporiose jaune chez cinq clones de bananiers cultivés en zone forestière sèche à une altitude de Figure 1. Le variant somaclonal CIEN BTA-03. 450 m. Station expérimentale de Samán Mocho, Carabobo, Venezuela (1999-2000). 250 5 600 100 Plante (pousse) Cell./ml Quant. totale 200 4 Riz 60 608 5 064 Titiaro 41 738 5 119 500 Brasilero 27 632 5 126 150 3 Tetraploid 6 815 CIEN BTA-03 53 081 5 056 100 2 400 50 1 300 0 0 Juil A S O N D Jan F M A Mai J Juil 200 Mois Precipitations (mm) PISANG MAS GRAN NAIN WILLIAMS CIEN-BTA-03 YANGAMBI KM5 100 Degre d'infection (cercosporiose noire) 0 Non visible 1 Tres faible 0 2 Faible Yangambi Km 5 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 > Gran Nain > Pisang Mas > WilliamsFL1 500 3 Intermediaire CIEN BTA - 03 4 Eleve Partec 5 tres eleve Speed 0.50µl/s Lamp (h) 113 Figure 4. Evaluation de l’incidence de la cercosporiose noire chez cinq Par Gain FL1 400 clones de bananiers cultivés en zone forestière sèche à une altitude de 450 m. Station expérimentale de Samán Mocho, Carabobo, Venezuela Figure 2. Analyse de quatre clones de bananiers par cytométrie en flux. (1999-2000). Ndowora T., G. Dahal, D. LaFleur, G. Harper, R. Hull, Facultad de Agronomía, Universidad Central de Venezuela, Les études biochimiques, reposant sur l’ana- N.E. Olszewski & B. Lockhart. 1999. Evidence that Maracay, Venezuela. lyse des protéines par électrophorèse sur gel badnavirus infection in Musa can originate from En 1996, Trujillo et de García ont obtenu un va- d’acrylamide à gradient de dénaturation SDS- integrated pararetroviral sequences. Virology 255:214-220. riant somaclonal résistant à la cercosporiose PAGE, avec coloration au bleu de Coomassie et Remans T., P.M. Schenk, J.-M. Manners, C.P.L. Grof jaune par induction de pousses adventives à lecture par densitomètre imageur modèle GS- & A.R. Elliott. 1999. A protocol for the fluorometric partir du clone triploïde Williams, du sous- 690 (Bio-Rad), ont mis en évidence chez le quantification of mGFP5-ER and sGFP(S65T) in groupe Cavendish, dénommé localement “Bra- clone Williams la présence de deux polypep- transgenic plants. Plant Molecular Biology Reporter 17(4):385-395. silero” et sensible à cette maladie (Trujillo et de tides (14 et 17 kDa) qui ne sont observés ni Schenk P.M., T. Remans, L. Sági, A.R. Elliott, R.G. García 1996, Trujillo et al. 1999). Ce variant so- chez CIEN BTA-03 ni chez Fragro 7 (AAAA), Dietzgen, R. Swennen, P. Ebert, C.P.L. Grof & J.- maclonal non seulement résiste à la maladie, tous deux résistants à la cercosporiose jaune M. Manners. 2001. Promoters for pregenomic RNA mais présente une série de caractères morpho- (Giménez 1998). of banana streak badnavirus are active for transgene expression in monocot and dicot plants. logiques et anatomiques qui le distinguent des L’analyse cytogénétique a montré que les Plant Molecular Biology (soumis pour publication). clones triploïdes : a) limbe 1,4 fois plus épais deux clones présentent des tissus en mo- “CIEN BTA-03”, un nouveau variant que celui du clone Williams (Hermoso et al. saïque, mais avec une distribution différente du somaclonal résistant à la cercosporiose 1997 , Trujillo et al. 1997) ; b) plus faible nombre de chromosomes : 22 % des cellules de2 jaune : caractérisation biochimique, nombre de stomates par mm dans les couches Williams ont plus de 33 chromosomes et 78 % génétique et moléculaire superficielles et internes de l’épiderme (Her- en ont moins de 33. Au contraire, 65 % des cel- et évaluation agronomique moso et al. 1997, Trujillo et al. 1997) ; et c) te- lules du variant somaclonal résistant CIEN BTA- neur supérieure en phénol. Ce clone a été ap- 03 ont plus de 33 chromosomes et 35 % en ont E. de García1, C. Giménez1, M. del Carmen pelé CIEN BTA-03 (figure 1). moins de 33 (Giménez 1998, Giménez et al. Vidal1, G. Palacios1 et O. Haddad2 Les résultats de la caractérisation biochi- 2000). mique, génétique et moléculaire du variant CIEN L’analyse par cytométrie en flux a démontré 1Laboratorio de Biotecnología Vegetal, Universidad Central de Venezuela, Apartado 80970, Caracas 1080, Venezuela BTA-03, et de l’évaluation de sa résistance au que CIEN BTA-03 présente une teneur en ADN (E-mail : egarcia@reacciun.ve); 2Instituto de Agronomía, champ sont présentés ci-dessous. similaire ou supérieure à celle de Fragro 7 XII PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 Quantité Précipitations (mm) Précipitations (mm) Degré d'infection Degré d'infection (figure 2). Les valeurs obtenues pour le rapport Références ternationale et de mettre des espèces et culti- moyen bananier/riz (indice B/R) se situent entre de García E., O. Haddad, M. Dagert vars de Musa à la disposition des programmes 2,92 et 2,99, ce qui est similaire aux valeurs ob- et R. Campagnone. 2000. Segundo informe de recherche-développement. de avance. Proyecto CONICIT G-97000700. tenues pour le clone tétraploïde. 269pp. L’objectif du projet est de procéder à la carac- On a procédé à l’analyse en grappes des don- Giménez C. 1998. Características genéticas y térisation moléculaire de ce matériel génétique nées obtenues par amplification aléatoire de sé- moleculares del variante somaclonal de banano afin de faciliter la classification et la gestion de la quences polymorphes d’ADN (RAPD) pour CIEN (CIEN BTA-03) asociadas al mecanismos de banque de gènes. Chaque année depuis 1998, BTA-03 et 16 génotypes différents de Musa spp. resistencia a la Sigatoka amarilla y su estabilidadgenética. Tesis Doctoral. Facultad de Ciencias, on a caractérisé quelque 200 individus au (Giménez 1998, Giménez et al. 2000, Vidal et de Universidad Central de Venezuela, Caracas, CIRAD-FLHOR en Guadeloupe à l’aide de mar- García 2000). On a utilisé 56 bandes poly- Venezuela. 114pp. queurs moléculaires. morphes pour cette analyse, en appliquant les Giménez C., E. de García, N. Xena de Enrench et Parmi les différentes méthodes disponibles, le méthodes de la moyenne non pondérée des I. Blanca. 2001. Somaclonal variation in banana: choix des sites microsatellites à séquences réper- cytogenetic and molecular characterization of the groupes appariés et de la moyenne pondérée somaclonal variant CIEN-BTA-03. In Vitro Plant toriées (STMS) comme marqueurs se justifie par des groupes appariés de Ward pour calculer les 37(2). de nombreux avantages : ces marqueurs PCR distances City-Block (Manhattan). Les dendro- Hermoso L., H. Lindorf & E. de García. 1997. codominants hautement polymorphes, utilisables grammes produits par ces méthodes différentes Anatomía foliar del variante somaclonal CIEN BTA- sur vitroplants, sont disponibles et les schémas 03 (Musa spp.), resistente a la Sigatoka Amarilla. étaient identiques et montraient que CIEN BTA-03 Anales de Botánica Agrícola. 4:63-66. obtenus peuvent être interprétés en termes de se classe dans le même groupe que FHIA-02 Trujillo I. & E. de García. 1996. Stratégies pour génotypes, ce qui permet de détecter des allèles (AAAB) et n’est pas étroitement apparenté au l’obtention de variants somaclonaux résistants à la spécifiques d’une espèce ou d’identifier les simila- sous-groupe Cavendish, auquel appartient son cercosporiose jaune (Mycosphaerella musicola). rités. On a évalué le polymorphisme STMS par parent Williams (AAA) (Giménez 1998, Giménez InfoMusa 5(2):12-13. électrophorèse sur gel d’urée-polyacrylamide non Trujillo I., L. Hermoso & E. de García. 1997. et al. 2000). Caracterización estructural de clones de banano: radioactif, méthode simple et transférable, qui Dans l’évaluation au champ de la résistance resistentes y no resistentes a la Sigatoka Amarilla. coûte moins cher que la plupart des autres tech- de CIEN BTA-03 (García et al. 2000), ce soma- Anales de Botánica Agrícola. 4:59-62. niques moléculaires (Lagoda et al. 1998a). On a clone a fait preuve d’une résistance à la cerco- Trujillo I., E. de García & J.-L. Berroterán. 1999. mis au point des schémas et des protocoles de sporiose jaune comparable à celle du cultivar Evaluación de banano obtenidas “in vitro”. Analesde Botánica Agrícola. 6:29-35. migration sur petits et grands gels, que l’on a ap- Yangambi km5 (figure 3). Il s’est également mon- Vidal M.C. & E. de García. 2000. Analysis of a Musa pliqués selon la différenciation requise entre les tré résistant à la cercosporiose noire (figure 4). spp. somaclonal variant resistant to yellow Sigatoka. clones. Les 10 marqueurs STMS utilisés ont un On a comparé les indices de performance Plant Molecular Biology Reports. 18:23-31. grand pouvoir de discrimination et sont localisés et de productivité de CIEN BTA-03 avec ceux indépendamment sur les différents groupes de de FHIA-01, FHIA-02 et FHIA-03 (García et Biodiversité et évolution liaison (Lagoda et al. 1998b). On a ainsi identifié al. 2000). Les résultats de CIEN BTA-03 au moins 18 allèles pour chaque STMS. On a pu étaient très voisins de ceux de FHIA-02 et Caractérisation des accessions détecter des allèles spécifiques des génomes de FHIA-03 (tableau 1). de la banque de matériel schizocarpa, balbisiana et Australimusa, qui per- Nous pouvons en conclure que nous avons génétique de Musa de l’INIBAP mettent d’identifier les clones interspécifiques. La là un nouveau clone résistant à la cercospo- à l’aide de marqueurs STMS-PCR plupart des clones ont révélé des schémas diffé- riose jaune, et très probablement aussi à la rents, excepté les clones appartenant à des sous- cercosporiose noire, et présentant de bonnes groupes tels que Cavendish. La classification des 1 2 caractéristiques agronomiques. Il produit un F. Carreel , A. Duarte Vilarinhos , clones a été vérifiée. On a étudié plus de 464 3 4 régime de 34,53 kg et a un indice de produc- I. Van den Houwe et S. Sharrock clones, décelé 34 erreurs de classification, com- 1 tivité de 0,28 kg par jour. CIRAD-FLHOR Neufchâteau, Sainte Marie, 97130 Capesterre plété la classification de 23 clones et classé 31 Belle Eau, Guadeloupe (E-mail : carreel@cirad.fr); 2 clones (jusqu’alors non classés) dans un groupe, Remerciements CNPMF/EMBRAPA, Cx Postal 007, CEP44380000 Cruz Das Almas, Brésil; 3Katholieke Universiteit Leuven, ITC, et pour certains aussi dans un sous-groupe. 4 Cette recherche a bénéficié d’une subvention Kasteelpark Arenberg 13, 3001 Leuven, Belgique; INIBAP, Ces données aideront à compléter la base de Parc scientifique Agropolis II, 34397 Montpellier cedex 5, France. du Consejo Nacional de Investigaciones Cientí- données morphologiques de l’INIBAP (MGIS), ficas y Tecnológicas du Venezuela (CONICIT), La collection internationale de matériel géné- ainsi que les données de l’analyse des degrés accordée à Eva de García dans le cadre du tique de Musa que l’INIBAP maintient à la Ka- de ploïdie par cytométrie en flux (voir plus haut, contrat n° G-97000700. Les auteurs remercient tholieke Universiteit Leuven (KUL) contient ac- Dolezel et al.), et ultérieurement aussi les don- Nicolas Roux (Plant Breeding Unit, FAO/AIEA, tuellement plus de 1100 accessions. Cette nées de la caractérisation génomique des chro- Seibersdorf, Autriche) pour l’analyse par cyto- banque permet de conserver la diversité des mosomes par hybridation in situ d’ADN géno- métrie en flux. bananiers pour le compte de la communauté in- mique (GISH) (D’Hont et al. 2000). Références Tableau 1. Comparaison des indices de performance et de rendement de quatre clones de bananiers D’Hont A., A. Paget-Goy, J. Escoute & F. Carreel. pendant le second cycle de culture. Station expérimentale de Samán Mocho, Carabobo, Venezuela. 2000. The interspecific genome structure of Clone/ Génome Cycle Poids du Indice de Indice cultivated banana, Musa spp. revealed by genomic DNA in situ hybridization. Theor. Appl. Genet. cultivar floraison- régime (kg) performance de productivité 100:177-183. récolte (jours) (jours/kg) (kg/jour) Lagoda P.J.L., D. Dambier, A. Grapin, F.-C. Baurens, FHIA-01 AAAB 121,67 26,67 4,61 0,22 C. Lanaud & J.-L. Noyer. 1998a. Nonradioactive FHIA-02 AAAB 124,77 31,27 3,99 0,25 sequence-tagged microsatellite site analyses: a FHIA-03 AABB 126,90 36,85 3,47 0,29 method transferable to the tropics. Electrophoresis CIEN BTA-03 AAAA 121,07 34,53 3,52 0,28 19:152-157. INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA XIII Lagoda P.J.L., J-L. Noyer, D. Dambier, F-C. Baurens, Ty 1-copia trouvés chez d’autres espèces végé- 2ESALQ-USP (Escola Superior de Agricultura « Luiz de A. Grapin & C. Lanaud. 1998b. Sequence tagged tales, comme le Tto1 de Nicotiana tabacum (Hi- Queiroz », Universidad de São Paulo), Brésil;3EMBRAPA microsatellite site (STMS) markers in the Musaceae. (Empresa Brasiliera de Pesquisa Agropecuaria) Mandioca Molecular Ecology 7:657-666. rochika et Hirochika 1993). On a aussi isolé des Fruticultura, Cruz das Almas, BA, Brésil. E-mail: rétrotransposons de type Ty 3-gypsy présentant figueira@cena.usp.br Etudes moléculaires sur des identités de 55 à 80 % par rapport aux élé- Au Brésil, des bananiers des sous-groupes Musa acuminata ssp. malaccensis ments similaires de la base de données. Du fait “Pome” et “Silk” (AAB) sont couramment culti- et sur des espèces de leur ubiquité et de leur hétérogénéité, les ré- vés, principalement par de petits producteurs. malaisiennes locales trotransposons de type Ty 1-copia et Ty 3-gypsy Le programme d’amélioration de l’EMBRAPA sont des marqueurs appropriés pour déterminer Mandioca Fruticultura (basé à Cruz das Almas, Yasmin Othman1, Norzulaani Khalid1, la biodiversité des espèces de bananiers de la dans l’Etat de Bahia) a créé des hybrides tétra- Asif Javed1, Mak Chai1 et Tan Siang Hee2 Malaisie. ploïdes à partir d’un nombre limité de sélections Dans le cadre d’un autre projet, on a utilisé la 1Institute of Biological Sciences, University of Malaya, commerciales triploïdes et de diploïdes sau- 50603 Kuala Lumpur, Malaisie; 2Genome Centre, cytométrie en flux (Dolezel et al. 1991) pour étu- vages. On peut penser qu’il existe un bon Institute Bioscience, Universiti Putra Malaisie, dier la variation du degré de ploïdie et de la di- Serdang, Selangor, Malaisie. nombre de cultivars identiques portant desmension du génome nucléaire chez des espèces E-mail pour la correspondance: yasmin@gene.um.edu.my noms distincts (synonymes) et de génotypes de Musa indigènes de Malaisie, à savoir Musa distincts portant des noms similaires (homo- La banane, deuxième culture fruitière dans la acuminata ssp., Musa balbisiana, Musa violas- péninsule de Malaisie, contribue pour plus de nymes), et les mutations somatiques tendent àcens et Musa textilis. Aucune variation n’a été 20 millions de ringgits aux recettes d’exportation s’accumuler chez les bananiers. Cette étudeconstatée dans le degré de ploïdie. En revanche, de ce pays (Jamaluddin 1998). avait pour objectif de caractériser 33 cultivarson a observé une importante variation de la commerciaux triploïdes et hybrides tétraploïdes, Cependant, les problèmes de maladies demeu- dimension du génome entre les différentes plus 49 génotypes diploïdes sauvages du pro- rent une contrainte majeure pour la production ba- espèces analysées. La variation était plus ré- gramme d’amélioration de l’EMBRAPA à l’aide nanière, d’où la nécessité d’intensifier les efforts duite au niveau intraspécifique au sein de l’es- de marqueurs microsatellites. On a acheté des pour introduire de nouveaux cultivars résistants. pèce Musa acuminata. L’analyse statistique et amorces à la société Research Genetics Inc. Le programme de recherche sur les bana- en grappes des données sur la dimension du gé- (Huntsville, AL, Etats-Unis) et l’on a analysé les niers de l’université de Malaisie et de l’Universiti nome pour les différents groupes correspondait fragments amplifiés sur des gels de polyacryla- Putra Malaysia a récemment créé un groupe de bien à la classification taxinomique de Musa mide séquençant en conditions dénaturantes et génétique moléculaire dont le travail est axé sur généralement acceptée. colorés au nitrate d’argent. Sur la base d’une les espèces indigènes locales, et en particulier Les études sur la résistance aux maladies des analyse en grappes, on a groupé les cultivars sur le bananier sauvage Musa acuminata ssp. bananiers sauvages locaux sont axées sur Fusa- triploïdes et tétraploïdes selon leur constitution malaccensis. Les projets en cours sont les sui- rium oxysporum, principal agent pathogène en génomique (présence du génome B) et leur vants : analyse des étiquettes de séquences ex- Malaisie. L’objectif final consistera à introgresser sous-groupe. Aucune différence n’a été détec- primées (EST), des STMS, des rétrotranspo- les gènes de résistance des espèces sauvages tée entre les cultivars des sous-groupes “Ca- sons, de gènes potentiels de résistance aux dans des variétés cultivées en utilisant des mé- vendish” et “Pome”. On a identifié des cultivars maladies, et études taxinomiques à l’aide de la thodes combinant la génomique et la sélection à qui n’étaient pas classés dans le bon sous- cytométrie en flux et de la cytologie. l’aide de marqueurs. groupe. Les sélections tétraploïdes issues du On a établi une bibliothèque d’ADNc, consti- L’approche intégrée de ce programme, mis en même croisement n’étaient pas identiques et tuée avec un vecteur phagique ltrip1ex2, pour œuvre en étroite relation avec les équipes tra- présentaient une similarité attendue avec les tri- analyser les EST des gènes de Musa acuminata vaillant sur la génétique et la transformation en ploïdes maternels. Les diploïdes étaient extrê- ssp. malaccensis. Dans le cadre d’un projet à Malaisie, devrait apporter une contribution aux mement divers, les principales lignées diploïdes long terme de génomique du bananier, les programmes d’amélioration des bananiers loca- parentales employées pour créer les hybrides clones de cette bibliothèque sont séquencés de lement et à l’échelle mondiale. tétraploïdes étant très distinctes. Certaines manière aléatoire et analysés. Les recherches amorces ont amplifié plus d’un locus, ce qui de similarités par rapport aux séquences Références laisse à penser que la duplication des locus connues déposées dans les bases de données Dolezel J. 1991. Flowcytometric analysis of nuclear DNA contents in higher plants. Phytochem. Analysis pourrait être un phénomène commun chez leont déjà révélé des identités avec des gènes de 2:143-154. bananier, comme on l’a déjà mentionné dansfonction connue et avec d’autres clones d’EST. Hirochika H. & R. Hirochika. 1993. Ty 1-copia group des articles publiés précédemment. On pourrait Toutes les séquences obtenues permettront retrotransposons as ubiquitous components of plant se servir des distances génétiques pour sélec- d’établir une base de données sur les EST de genomes. Jpn. J. Genet. 68:35-46. tionner les produits des futurs croisements. Musa dont on se servira pour approfondir la Jamaluddin S.H. 1999. Commercial exploitation of connaissance des gènes des bananiers et leur banana diversity in Malaysia. Pp. 45-51 inProceedings of the First National Banana Seminar, Etudes sur la structure des populations éventuelle exploitation. 23-25 Nov. 1998, Genting (Z. Wahab et al., eds.). de Mycosphaerella fijiensis L’analyse des rétrotransposons a permis et sur la résistance partielle d’identifier des éléments de type Ty 1-copia chez Caractérisation génétique de cultivars des bananiers 10 variétés de bananiers. Une recherche dans la commerciaux triploïdes et tétraploïdes base de données, pour établir une comparaison 1et de génotypes diploïdes sauvages C. Abadie , G.-G. Rivas 2, A. El Hadrami3, avec les gènes RT connus de rétrotransposons 3 3du Brésil à l’aide de microsatellites M.-F. Zapater et J. Carlier de type Ty 1-copia, a mis en évidence des identi- tés de 85 à 97 % dans les nucléotides et prédit S.A.C.D. Souza2, A. Figueira1, 1CRBP (Centre régional de recherches sur bananiers 2 des identités de 57 à 82 % dans les acides ami- A. Tulmann Neto1 et S.O. Silva3 et plantains), BP 832, Douala, Cameroun ; CATIE (Centro Agronómico Tropical de Investigacíon y Enseñanza), 7170, nés. Les séquences ont été subdivisées en huit 1Centro de Energia Nuclear na Agricultura, Universidade de Turrialba, Costa Rica ; 3CIRAD (Centre de coopération groupes distincts similaires aux rétrotransposons São Paulo, CP. 96 Piracicaba, SP, 13400-970, Brésil; internationale en recherche agronomique pour le XIV PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1 développement), TA 40/02, avenue d’Agropolis, Nous avons constaté qu’au sein des popula- Références 34398 Montpellier, France. tions locales, la majeure partie de la variabilité Carlier J., M.H. Lebrun, M.F. Zapater, E-mail : jean.carlier@cirad.fr C. Dubois & X. Mourichon. 1996. Genetic génétique est distribuée à une petite échelle structure of the global population of Banana Le champignon ascomycète Mycosphaerella correspondant à l’échelle de la plante. Dans la black leaf streak fungus Mycosphaerella fijiensis (anamorphe Paracercospora fijiensis) région Amérique latine et Caraïbes (ALC), la di- fijiensis. Molecular Ecology 5:499-510. est à l’origine de la maladie des raies noires ou versité génétique de M. fijiensis est relative- Carlier J., M.F. Zapater, F. Lapeyre, D.R. Jones & X. Mourichon. 2000. Septoria leaf spot of cercosporiose noire, la plus destructrice des af- ment plus élevée au Honduras et au Costa banana: a newly discovered disease caused fections foliaires des bananiers (Jones 2000). Il Rica qu’ailleurs, ce qui permet de penser que by Mycosphaerella eumusae (anamorph importe de connaître l’ampleur et la distribution c’est par là que l’agent pathogène a pénétré Septoria eumusae). Phytopathology de la variabilité de M. fijiensis pour pouvoir dans cette zone. Au sein de la zone ALC tout 90: 884-890. El Hadrami A., M.F. Zapater, F. Lapeyre, créer des variétés résistantes et appliquer des comme en Afrique, on a détecté un niveau C. Abadie & J. Carlier. 1998. A leaf disk assay stratégies de gestion de la résistance à cette élevé de différenciation génétique entre la plu- to assess partial resistance of banana maladie. Une étude de la structure génétique part des populations analysées, ce qui indique germplasm and aggressiveness of des populations de M. fijiensis à l’échelle mon- que le flux de gènes est limité (Rivas et al. et Mycophaerella fijiensis, the causal agent of black leaf streak disease. 7th International diale a montré que les différentes populations Carlier et al. non publié). Il est donc probable Congress of Plant Pathology, Edinburgh, peuvent maintenir un degré élevé de diversité que la maladie s’est diffusée dans ces régions Scotland. BSPP Vol. 2, p. 1.1.24. génétique et que la recombinaison joue un rôle par l’intermédiaire de plantes infectées et/ou El Hadrami A. 2000. Caractérisation de la important chez cet agent pathogène (Carlier et par une dispersion restreinte d’ascospores. La résistance partielle des bananiers à la maladiedes raies noires et évaluation de la variabilité al. 1996). Les programmes d’amélioration doi- poursuite des recherches au niveau des pays de l’agressivité de l’agent causal, vent donc faire appel de préférence à une ré- nous permettra de préciser l’importance relative Mycosphaerella fijiensis. Thèse d’université. sistance partielle, mais supposée durable. La de ces deux moyens de transmission. On a Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, Belgique. 153pp. présente étude avait pour objectifs de décrire la évalué la variabilité de l’agressivité de l’agent Johanson A. & M.J. Jegger. 1993. Use of PCR for structure génétique des populations de M. fi- pathogène sur deux échantillons collectés au detection of Mycosphaerella fijiensis and jiensis à l’échelle continentale et à l’échelle lo- Cameroun et aux Philippines, en inoculant cinq M. musicola, the causal agents of Sigatoka cale, et d’évaluer l’efficacité et la durabilité de cultivars partiellement résistants dans un essai leaf spots in banana and plantain. Mycological Research 97:670-674. la résistance partielle. sur des morceaux de feuilles (El Hadrami et al. Jones D.R. 2000. Diseases of banana, Abaca Pour étudier la structure des populations 1998). Il s’est avéré que la variabilité était faible and Enset. CABI Publishing, CAB d’une espèce pathogène donnée, il faut tout et d’un niveau similaire dans les deux pays, International, Royaume-Uni. 544pp. d’abord la distinguer des espèces étroitement bien que la diversité génétique observée aux Nouvelles méthodes cytologiques apparentées et déterminer sa distribution. Des Philippines soit nettement plus importante (Car- pour l’étude du bananier recherches en ce sens en Asie du Sud et du lier et al. 1996). On n’a détecté aucune interac- Sud-Est ont amené à découvrir un champignon tion spécifique isolat x cultivar. Etant donné M. Pillay, M.T.V. Adeleke et A. Tenkouano encore jamais décrit jusqu’alors, Mycosphae- qu’on ne cultive que des hôtes sensibles dans Crop Improvement Division, Plantain and Banana rella eumusae (anamorphe Septoria eumusae, ces pays, ces résultats pourraient s’expliquer Improvement Project, International Institute of Tropical Carlier et al. 2000). Dans le cadre d’une étude par l’absence de sélection par l’hôte. Il faudrait Agriculture, PMB 008 Nchia-Eleme, Port-Harcourt, Nigeria. taxonomique et phylogénétique de l’ADN ribo- analyser le potentiel d’adaptation des popula- L’amélioration génétique des bananiers est ren- somique, nous avons établi qu’on peut isoler à tions pathogènes à la résistance partielle en due difficile par un certain nombre de partir des feuilles de bananiers au moins neuf suivant leur évolution dans le temps dans des contraintes, qui tiennent notamment au manque espèces appartenant à Mycosphaerella ou aux parcelles de génotypes de bananiers résis- de connaissance de la structure des chromo- genres anamorphes apparentés (Carlier et al. tants. somes, des degrés de ploïdie et des causes de non publié). Compte tenu de la présence de Pour évaluer l’efficacité et la durabilité de la stérilité. On n’a pas encore pu établir de caryo- types de Musa, car ses chromosomes sont pe- toutes ces espèces, les amorces définies dans résistance partielle, trois approches complé- tits, uniformes et se colorent mal, de sorte qu’il la région ITS (Johanson et Jegger 1993) ne mentaires ont été adoptées : caractérisation est difficile d’obtenir de bons étalements. Il est sont strictement spécifiques ni de M. fijiensis ni des composantes de la résistance partielle en également indispensable d’identifier correcte- de M. musicola. Ces résultats montrent qu’il conditions contrôlées, évaluation de l’efficacité ment les degrés de ploïdie et de mettre au point faut avoir une bonne connaissance du com- de ces composantes dans des essais en plein des techniques pour déterminer les causes de plexe d’espèces fongiques pour élaborer des champ et analyse de la structure des popula- stérilité si l’on veut faire progresser l’améliora- outils de diagnostic. A partir de l’étude phylogé- tions de l’agent pathogène. Dans un essai sur tion. Cette étude décrit : i) l’utilisation du nitrate nétique, nous avons mis au point un autre outil des morceaux de feuilles, on a constaté des d’argent pour colorer les chromosomes ; ii) un nouveau protocole pour examiner les chromo- reposant sur une analyse de restriction de la différences significatives entre 10 génotypes de somes pendant la méiose ; iii) l’analyse de la région ITS et nous avons commencé à recher- bananiers à tous les stades du cycle infectieux variation du degré de ploïdie au sein du matériel cher de nouvelles amorces spécifiques. Ces (El Hadrami 2000). On peut donc en conclure génétique ; et iv) l’observation de la croissance outils devraient aider à déterminer la distribu- que différentes composantes de la résistance des tubes polliniques chez Musa. La coloration tion et l’importance des différentes espèces. partielle interviennent à ces différents stades. à l’acétocarmine, la plus fréquemment utilisée Nous avons analysé la structure des popula- Nous avons entrepris d’étudier les rôles épidé- dans les études cytologiques sur les bananiers, tions de M. fijiensis à l’échelle continentale et à miologiques de certaines composantes de la est efficace quand les chromosomes sont l’échelle locale à partir d’échantillons collectés résistance dans des essais en plein champ sur condensés, comme c’est le cas pendant la mé- taphase, mais elle n’est pas efficace pendant la dans des pays d’Amérique latine, des Caraïbes différentes parcelles contenant chacune un prophase. La coloration au nitrate d’argent offre et d’Afrique, en utilisant huit séquences poly- seul génotype de bananier. La structure des une bonne solution de remplacement. L’étude morphes amplifiées et digérées par des en- populations pathogènes et leur variation dans présente une méthode améliorée pour examiner zymes de restriction (CAPS) comme mar- l’espace et dans le temps selon les parcelles les chromosomes de Musa pendant la méiose. queurs moléculaires (Zapater et al. non publié). sont également en cours d’étude. Les différentes étapes sont les suivantes : dis- INFOMUSA — Vol 10, N° 1 PROMUSA XV section de microsporocytes des anthères, cen- gétative, les semences synthétiques permet- clonale. Nous avons observé une fréquence de trifugation pour obtenir un grand nombre de mi- crosporocytes, digestion à l’aide d’enzymes et tront de planter directement les variétés clo- régénération plus élevée chez Pisang Berangan traitement des cellules à l’acide acétique et à nales et elles pourraient aussi servir à maintenir (AAA) que chez Pisang Mas (AA). Nous l’éthanol. Bien que les colorations de Giemsa et le matériel d’élite. sommes aussi en train d’établir des suspensions de Leishman soient efficaces pour les chromo- Après avoir produit des semences synthé- cellulaires des deux variétés. Les suspensions somes de Musa, la coloration au nitrate d’argent tiques en encapsulant des méristèmes apicaux et cellulaires dérivées d’inflorescences mâles se s’est révélée la plus efficace pendant la pro- des embryons somatiques, on a étudié leur développent à un rythme plus rapide que celles phase où ils sont moins condensés. Cette tech- conversion en plantules. Des méristèmes api- dérivées de méristèmes apicaux. nique pourra servir à établir les caryotypes pen- caux du cv. Basrai, encapsulés dans de l’alginate Nous avons fait des essais de transformation dant le pachytène, caractériser les nouveaux hybrides et identifier les mécanismes de restitu- de sodium contenant différentes matrices de gel, à l’aide de la biolistique et d’Agrobacterium. Les tion nucléaire (FDR ou SDR). L’analyse du ont été régénérés in vitro sur divers substrats. scalps et les cals embryogènes ont donné les degré de ploïdie et de la composition du gé- Avec le milieu de Whites, on a obtenu un taux meilleures réponses. Des analyses histochi- nome de certaines de nos accessions a mis en élevé de conversion en plantules. On a aussi pro- miques nous ont permis d’optimiser les para- évidence des différences par rapport aux don- duit des semences synthétiques avec des em- mètres de transformation et d’identifier des ex- nées existantes, ce qui montre la nécessité de bryons somatiques dérivés de cultures cellulaires plants appropriés. De nouveaux essais de mieux caractériser le matériel génétique exis- embryogènes du cv. Rasthali. Les taux de transformation doivent être faits sur des suspen- tant. Enfin, l’étude décrit une méthode permet- conversion sur différentes matrices de gel et dif- sions cellulaires des deux variétés. tant d’observer la croissance des tubes polli- férents substrats ont été variables. Les plantules Nous nous efforçons aussi d’isoler le gène an- niques dans les styles des hybrides de Musa. obtenues à partir de semences synthétiques se tifongique du bananier sauvage Musa acuminata Biochimie et maturation sont établies avec succès dans le sol. Les se- ssp. malaccensis. D’après les données publiées, mences synthétiques constituent donc un instru- cette espèce est résistante aux races 1 et 4 de la des fruits ment utile, car on peut s’en servir comme de se- fusariose (Vakili 1965). mences ordinaires pour stocker, transporter et D’autre part, nous réalisons des innovations Les semences synthétiques : distribuer le matériel génétique de bananier. pour la production commerciale de vitroplants. un nouveau mode de multiplication Nous avons créé ce que nous appelons une et de distribution du matériel Evaluation de systèmes “chambre stériponique”, qui combine les prin- génétique de bananier de transformation et de régénération cipes de la culture de tissus et de l’aéroponique. chez Musa acuminata var. Pisang Elle offre plusieurs avantages : production accé- T.R. Ganapathi, P. Suprasanna, L. Srinivas Mas (AA) et Pisang Berangan (AAA) lérée des plants, minimisation des risques de et V.A. Bapat contamination et besoins réduits en main- Norzulaani Khalid, Yasmin Othman, Plant Cell Culture Technology Section, d’oeuvre. Cette chambre pourrait aussi servir à Nuclear Agriculture and Biotechnology Division, Wirakarnain Sani, Mahanom Jalil et Noraziah Juli des essais physiologiques et à l’évaluation Bhabha Atomic Research Centre, Trombay, Institute of Biological Sciences, Faculty of Science, University d’agents pathogènes. Mumbai 400 085, lnde. Malaya, 50603 Kuala Lumpur, Malaisie. Enfin, nous avons mis au point un système de Les bananiers comestibles ne produisant géné- La fusariose du bananier (ou maladie de Pa- suivi des données pour contrôler la production ralement pas de semences viables, leur multipli- nama), originaire de la péninsule de Malaisie, des plantes à l’aide de codes barres. Ce sys- cation se fait de manière végétative, sous forme est considérée comme une sérieuse menace tème permettra le suivi des plantes indexées de rejets. Il serait avantageux de mettre au pour la production locale (Thompson et Johns- pour les virus et le contrôle de qualité, et fournira point de nouveaux modes de multiplication plus ton 1953). Cependant, les méthodes conven- les données de production requises. efficaces pour assurer la maintenance, les tionnelles d’amélioration se heurtent à la stérilité échanges et aussi le transport du matériel gé- des bananiers cultivés. C’est pourquoi notre la- Références nétique. La culture in vitro de méristèmes végé- boratoire travaille à mettre au point des proto- Escalant J.V., C. Teisson, A. Grapin & F. Côte. tatifs ou d’apex floraux apparaît comme la mé- coles de culture de tissus et de transformation 1994. Embryogenèse somatique de différents thode la plus prometteuse pour multiplier du pour les variétés locales de Musa acuminata Pi- cultivars de bananiers à partir de jeunes fleurs. InfoMusa 3(2):4-6. matériel en grande quantité. On applique de sang Mas (AA) et Pisang Berangan (AAA). Nous Novak F.J., R. Afza, M. Van Duren, M. Perea- plus en plus la technique des semences synthé- avons testé des méthodes de régénération à Dallos, B.V. Conger & Tang Xiolang. 1989. tiques, consistant à encapsuler des embryons partir de méristèmes individuels et nus (scalps), Somatic embryogenesis and plant somatiques et des propagules végétatives, qui de globules méristématiques et de cals embryo- regeneration in suspension cultures of dessert (AA and AAA) and cooking (ABB) banana offre un excellent rendement pour multiplier le gènes. Ces derniers étaient dérivés de méris- (Musa spp.). Biotech. 7:154-159. matériel d’élite. Cette technique exercera un im- tèmes (Novak et al. 1989) et d’inflorescences Thompson A. & A. Johnston 1953. A host list of pact significatif tant sur la production des mâles (Escalant et al.). Les scalps ont donné le plant diseases in Malaya. Mycological papers plantes à multiplication végétative que sur celle plus grand nombre de plants régénérés. Nous n° 52. CMI, Kew, Surrey, Royaume-Uni. Vakili N.G. 1965. Fusarium wilt resistance in des plantes se reproduisant par semences. En sommes en train de transférer les plants régé- seedlings and mature plants of Musa species. ce qui concerne les plantes à multiplication vé- nérés en champ afin d’étudier la variation soma- Phytopathology 55:135-140. XVI PROMUSA INFOMUSA — Vol 10, N° 1