C'est pourtant simple : on veut vendredès la récolte, au prix de la période desoudure, et être payés à l'avance”, lance un paysan croqué par un dessinateur humoristique. De fait, tout agriculteur aspire à vendre les fruits de son travail à un prix correct et être payé dans des délais qui lui permettent d'acheter semences et intrants pour la campagne suivante sans avoir à s'en- detter. Cela reste un idéal, surtout pour les petits producteurs africains qui, après avoir vécu sous la tutelle des organismes de com- mercialisation étatiques, se sont retrouvés exposés brutalement à la libéralisation des marchés agricoles à partir des années 1980. Le secteur privé a alors été amené, le plus souvent sans préparation, à prendre le relais de l'État pour commercialiser les produits agricoles. Mais l'insuffisance du crédit, liée à la faiblesse et à l’inadaptation du système bancaire, ainsi que le manque de capacité de stockage et l’absence d’outils de couverture des risques liés à la volatilité des prix ont longtemps freiné le développement des petites et moyennes entreprises agricoles. La faiblesse de ce maillon dans la chaîne qui va du producteur au consommateur est lourde de conséquences en Afrique. Elle oblige notamment les paysans à supporter la charge financière et les risques du stockage dans des pays où les pertes après récolte sont élevées. Les producteurs ne peuvent pas non plus se protéger des risques de variation à la baisse des prix de leurs produits. Cette situa- tion incite les commerçants à acheter par petites quantités pour ne pas devoir financer Spore 124 • PAGE 1 Dans ce numéro Infiniment petit. La nanotechnologie annonce une ère nouvelle et pourrait venir bouleverser bien des secteurs. Ce numéro de Spore vous en donne un aperçu. Un bouleversement de plus pour les producteurs ACP, après celui de la libéralisation des marchés agricoles dans les années 1980. Qu’en est-il de certains outils de commercialisation introduits depuis, comme le certificat d’entrepôt ? Spore vous invite à le découvrir dans le premier article. Quand il s’agit de nouveaux outils et de technologies améliorées, les femmes ne sont pas en reste. Vous verrez dans le Point de vue comment certaines s’en servent afin de rendre l’agriculture attrayante pour les jeunes. Le potentiel est là. Infiniment grand. Commercialisation Des outils au banc d'essai La professionnalisation de l'agriculture va de pair avec celle de la commercialisation des produits agricoles. En Afrique, où apparaissent de nouveaux outils de commercialisation, les producteurs, grands et petits, n'en tireront bénéfice que si les règles du jeu sont claires. Information pour le développement agricole des pays ACP N° 124 AOÛT 2006 Commercialisation Des outils au banc d'essai 1 Travail des enfants À éliminer en douceur 3 Nanotechnologie Le pouvoir de l’infiniment petit 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Agroalimentaire L’appel de l’agriculture 16 Site Web : spore.cta.int ” De ss in : Int ac tile D ES IG N des stocks toujours coûteux. Il en résulte parfois une hausse des prix de détail pour le consommateur. C'est pour corriger ce schéma pernicieux, qui bride les échanges, la consommation et en retour la production, que sont apparus de nouveaux outils de commercialisation (Spore 122, page 14) : le système de certifi- cat d'entrepôt, appelé également warrantage, crédit warranté, crédit sur nantissement des stocks ou crédit-stockage, et les bourses d'échanges agricoles. Un jeu à trois Le système de certificat d'entrepôt permet à un emprunteur d'obtenir d'une banque ou d'un institut de microfinance (IMF) un prêt garanti sur des produits (souvent des céréales) et non sur des biens immobiliers comme l'exigent le plus souvent les établisse- ments de crédit. Il fait intervenir un troi- sième acteur : l'entreposeur professionnel. L'emprunteur peut être un commerçant, un groupement de producteurs ou un agricul- teur disposant d'une certaine quantité. Traditionnellement, les paysans stockent leurs excédents de récolte dans leurs propres greniers avec l'espoir de les vendre au meilleur prix à la période de soudure. Cette stratégie a deux grands inconvénients. Les paysans doivent assumer les risques du stoc- kage – pertes estimées entre 6 et 8 % de la récolte de maïs au Ghana pour des périodes de trois à sept mois. Et ils ne disposent pas d'argent liquide au moment où ils en auraient besoin, par exemple pour préparer la campagne suivante (achat d'engrais) ou se lancer dans d'autres spéculations à cycle court (petit élevage, maraîchage, etc.). Le producteur choisit un entreposeur à qui il confie sa récolte et qui lui remet en échange un reçu (certificat ou récépissé d'en- trepôt) qui servira de garantie auprès de la banque. Les frais de stockage sont à sa charge. Selon les cas, soit il peut retirer son dépôt à tout moment et alors rembourser la banque, soit il est astreint à aller jusqu'au terme du contrat. La fiabilité et le professionnalisme de l'entreposeur sont les clés de voûte de ce dispositif, qui n'est pas sans rappeler celui des banques de céréales des années 1990. La plupart avaient échoué précisément en raison de leur amateurisme et de leur mauvaise gestion. Dans cette par- tie, le prêteur a un rôle dynamique à jouer. Les banques commerciales doivent pouvoir jouer le jeu librement, sans contraintes de l'État, et avec le souci de s'adapter à leur clientèle en pratiquant des taux et des délais raisonnables. Éviter les interférences Ce système ne peut réellement s'épanouir que si l'État se garde de toute intervention sur le crédit et surtout sur les échanges (prix, volume, circulation). En effet, la moindre menace de blocage des prix risque de décou- rager les emprunteurs qui tablent logique- ment sur une hausse des prix entre la récolte et la période de soudure (de 30 à 100 % selon les pays et les produits). Établir une relation gagnant-gagnant entre tous les partenaires suppose un climat de confiance entre eux. Dans beaucoup de pays d'Afrique, cela suppose aussi une évolu- tion des mentalités pour que les commer- çants et les intermédiaires en général cessent d'être stigmatisés et regardés, y compris par l'État, comme des parasites et non comme des acteurs économiques indispensables. Avec la libéralisation, l'État n'a plus à intervenir directement sur le marché, mais il lui incombe de créer les conditions de son bon fonctionnement dans l'intérêt de tous. “Le crédit sur nantissement des stocks ne peut fonctionner que dans un milieu admi- nistratif propice. Il exige aussi la disponibi- lité de services de soutien tels que des systèmes d'information sur les marchés (SIM)”, rappelle Jonathan Coulter, du Natural Resources Institute, spécialiste britannique de ces questions. À ses yeux, toute interférence politique est de nature à gripper la machine, mais une législation commerciale souple accordant la possibilité de négocier les certificats d'entre- pôt sécuriserait l'entreposage et lui donnerait une impulsion. Ce qui vaut pour les États en Afrique vaut aussi pour les bailleurs de fonds. L'aide alimentaire a souvent été accu- sée de perturber les échanges et de concur- rencer la production locale. Quelle place peuvent occuper les produc- teurs, notamment les plus petits, dans ce système de warrantage agricole ? Pour eux comme pour les entreposeurs, l'opération ne peut être rentable que si les quantités dépo- sées sont suffisantes pour pouvoir amortir les frais qui en résultent. Cela les incite à se regrouper, à créer des coopératives, et exige d'eux un nouvel état d'esprit à l'égard de l'activité commerciale. L'exemple réussi des Greniers villageois communautaires de Madagascar, sous la houlette des Caisses d'épargne et de crédit agricoles mutuels (CECAM), démontre la pertinence du cré- dit-stockage en faveur des petits riziculteurs (Spore 123). Au Niger, le warrantage évite aux paysans de brader leur production dès la récolte et leur permet d'acheter des intrants. Cotés en bourse À une tout autre échelle, et au-delà de la perspective de sécurité alimentaire, les pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe dis- posent de systèmes de certificats d'entrepôt plus avancés. C'est le cas du Kenya (maïs), de l'Ouganda (café), de la Tanzanie (café et coton), de la Zambie (céréales) et du Zimbabwe (café et soja). L'Afrique du Sud a été pionnière en la matière tout comme dans la mise en place d'une bourse d'échanges agricoles qui brasse chaque jour des milliers de tonnes de céréales. Avec ces bourses, la commercialisation des produits agricoles entre clairement dans une logique de rentabilité et d'efficacité. Un des constats de la consultation d'experts organi- sée par le CTA sur les nouveaux outils du marché, en novembre 2005, était que “les meilleurs exemples de bourses se trouvent dans des pays où il existe un nombre élevé de grandes exploitations”. Les bourses d'échanges agricoles fonctionnent soit comme un marché au comptant avec livrai- son physique de la marchandise, soit sur le mode plus virtuel du marché à terme, c'est- à-dire d'une bourse des valeurs classique. C'est sur ce dernier modèle que s'est construit à partir de 1987 le South African Futures Exchange (SAFEX) sud-africain, qui a ouvert en 1995 une section spécialisée dans la cotation des produits agricoles (maïs, blé, soja et tournesol). D'autres projets sont en cours ou à l'étude en Éthiopie, au Kenya, au Malawi, au Nigeria et en Ouganda. De l'avis des experts, “le crédit sur nantis- sement des stocks pourrait constituer un premier pas vers la création de systèmes plus évolués comme les bourses d'échanges”. Tous requièrent les mêmes préalables : des règles du jeu claires et des marchés transparents. Voir Repères page 10 Commercialisation • Spore 124 • PAGE 2 D’ ap rè s J. C ou lte r Le Bureau international du travail (BIT)est optimiste : “Un avenir sans travaildes enfants est enfin à notre portée.” Les derniers chiffres sont encourageants : entre 2000 et 2004, le nombre d’enfants astreints à un travail a baissé de 11 % et même de 26 % pour les travaux dangereux. Mais l’agriculture reste plutôt mal lotie : 69 % des enfants de 5 à 14 ans qui travail- lent dans le monde sont employés dans ce secteur. Une part stable : il y a quatre ans, le BIT notait que “70% des enfants travailleurs sont occupés dans l’agriculture, la chasse et la pêche commerciale ou la sylviculture”. Une conséquence de la pauvreté Pas étonnant dès lors que l’Afrique, large- ment agricole, connaisse la plus grande pro- portion d’enfants au travail, alors que les Caraïbes sont, avec l’Amérique latine, les régions où le travail des enfants a le plus décliné. Les enfants travaillent d’abord sur l'exploitation familiale, qui reste la structure agricole la plus répandue en Afrique. Toutefois, les plantations ne sont pas en reste : en Ouganda, par exemple, 40 000 enfants travaillent à temps plein dans des plantations de thé. Selon les résultats d'une autre enquête du BIT d’octobre 2003, plus de 5 000 enfants travaillent comme salariés, donc hors du cadre familial, dans les plantations en Côte d'Ivoire. Le cacao est directement concerné, comme l’indique éga- lement une étude de terrain réalisée au Cameroun par l’agence Jade pour le BIT, en 2004. Hors pays ACP, le Brésil est aussi largement concerné, dans les plantations de canne, de sisal, de tabac, de même que l’Égypte et les États-Unis où, selon un rap- port du BIT de 2002, près de 300 000 petits migrants travaillent dans des exploitations. Ces constats sont d’autant plus inquié- tants que les travaux agricoles sont parmi les plus dangereux. Selon José Gomez Cerda, secrétaire général de la Fédération mondiale des travailleurs de l’agriculture, l'alimenta- tion, l’hôtellerie et secteurs connexes (FEMTAA), “les risques sont plus élevés pour les enfants des pays pauvres travaillant en secteur rural”. La récolte implique un contact avec des produits chimiques pouvant affecter la peau, les yeux, les systèmes respiratoire et nerveux. Les enfants sont souvent dépourvus des équipements nécessaires de protection. Porter de lourdes charges dans des positions inhabituelles peut provoquer des lésions permanentes à la colonne vertébrale et aux membres. Il en résulte de graves atteintes à leur “développement physique, mental, spirituel, moral ou social”, selon les termes de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (1989) ; ces atteintes s'ajoutent à la malnutrition, à l'analphabé- tisme et aux accidents, parfois mortels. Alors, haro sur le travail des enfants ? Pas si simple. Dans les années 1990 déjà, certains, comme l’UNICEF, avaient attiré l’attention sur la nécessité de comprendre les causes de la mise au travail des enfants : l’extrême pauvreté de nombreuses familles rurales. Les enfants apportent un revenu nécessaire à la survie. C’est d’ailleurs aussi la pauvreté rurale qui explique une autre forme de travail, à savoir la domesticité. En Haïti, par exemple, les res- taveks sont généralement des petits ruraux envoyés chez de lointains parents en ville ; ils travaillent pour eux comme domestiques en échange d’une possibilité, souvent illusoire, d’aller à l’école. Une autre raison de ne pas vouloir éradi- quer à tout prix le travail agricole des enfants est, paradoxalement, leur propre éducation. C’est en travaillant avec leurs parents que les futurs agriculteurs et éleveurs apprennent leur métier, en même temps que les règles de la vie dans la collectivité locale. Quelle serait, sinon, l’alternative à cette forme de socialisation ? Différencier les instruments Dès lors, s’il faut éradiquer les “pires formes de travail des enfants” (exploitation dans les plantations, quasi-esclavage ou prostitution), pour les autres formes, cependant, une approche pragmatique est nécessaire. “Au- delà d’un âge minimum [n.d.l.r. qui varie selon le pays] et dans des conditions qui ne ressemblent pas aux pires formes de travail, les enfants seraient autorisés à travailler. Mais il faut que leurs conditions de travail soient tout à fait conformes aux autres conventions de l’OIT”, nous confiait Alice Ouedraogo, ancienne directrice du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC). Les outils de lutte doivent donc être différenciés, sans prétendre interdire tout travail des enfants, en tout cas à court terme. La Convention 182 de l’OIT porte sur l'interdiction des pires formes de travail des enfants. Celle de 1989, promue par l’UNICEF, va dans le même sens. Le programme IPEC lui-même se veut plus un outil d’aide à progresser pour les pays touchés qu’un organe de contrôle et de sanction. D’autres initiatives sont à relever. Au plan international, des accords existent pour le tabac (1999) et le cacao (2001) ; les entre- prises s’y engagent à ne pas recourir à des fournisseurs utilisant des enfants. S’y ajou- tent des actions nationales ou locales comme celle de la Fédération des employeurs d’Ouganda, qui organise des ateliers de sensibilisation et met en place des commis- sions locales de surveillance, dans les secteurs du thé, du sucre ou du riz, en attendant le café et la pêche. Travail des enfants À éliminer en douceur Les enfants continuent de fournir une main-d’œuvre abondante à l’agriculture, souvent dans des conditions dangereuses. Mais ce secteur est aussi pour eux un espace de socialisation et d’apprentissage. D’où la nécessité d’une approche pragmatique, qui tienne compte de la pauvreté des familles. Ph ot o : © S yfi a Int er na tio na l Spore 124 • PAGE 3 Des enfants battent du soja au Congo. Ph ot o : © S yfi a Int er na tio na l Prenez un cheveu et essayez de l'imagi-ner dix mille fois moins épais.Impossible bien sûr ! Bienvenue au royaume de la nanométrie, qui abrite l’un des plus neufs et, aux dires de certains, des plus excitants domaines : celui de la nano- technologie. En bref, la science de l’infini- ment petit. Mais son rayon d’action est vaste, au point que beaucoup la voient comme “la” révolution technologique après Internet, avec des implications encore plus nombreuses. Ses partisans soutiennent que la nanotech- nologie peut aider à résoudre les problèmes de développement les plus préoccupants dans divers domaines : qualité de l’eau, éner- gie, santé, agroalimentaire, TIC (voir TIC nouvelle génération). La nanotechnologie repose sur le principe du contrôle d’atomes et molécules isolés afin de fabriquer des matériaux, composants et systèmes plus petits, légers, rapides et performants. On parle avec enthousiasme de sa capacité potentielle à produire plus à faible coût tout en limitant la pollution des techniques de fabrication et de l’exploitation minière. L’énergie solaire stockable produite grâce à elle devrait énormément réduire les émis- sions de gaz carbonique. Une caractéristique de la nanotechnologie est que certains matériaux se modifient lors- qu’ils sont manipulés en quantités microsco- piques. Des substances utilisées en quantités infimes peuvent produire de la chaleur ou de la lumière. Il en découle toutes sortes d’ap- plications, mais cela soulève également quelques questions brûlantes. Des doutes subsistent sur les risques liés à ces manipula- tions et, selon certains, il est trop tôt pour se lancer à l’aveuglette sur ce terrain encore lar- gement inexploré. D’autres critiques portent sur l’aggravation de la fracture Nord/Sud si les pays les plus pauvres ratent le train de la nanorévolution. Small is beautiful Le monde industrialisé (Australie, Europe, États-Unis, Japon) investit massivement dans cette nouvelle technologie. Mais pour certains, elle est l’espoir des pays du Sud (voir le Top dix des applications pour le Sud). Selon un rapport de l’équipe du projet du Millénaire des Nations unies sur la science, la technologie et l’innovation, intitulé L’innovation : appliquer les connais- sances au développement, “la nanotechnologie revêt une importance particulière dans le monde en développement, parce qu’elle exige peu de travail, de terre ou d’entretien ; elle est hautement productive et bon marché et ne requiert que des quantités limitées de matériaux et d’énergie”. L’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde sont au nombre des pays du Sud qui ont mis sur pied des pro- grammes de recherche nationaux en nano- technologie. L’Institut brésilien de recherche agronomique (EMBRAPA) a récemment dévoilé les plans d’un Laboratoire national de nanotechnologie pour l’agroalimentaire. En projet : la production de nanofibres pour renforcer les fibres naturelles telles celles de la noix de coco et du sisal et le recours à la nanotechnologie pour fabriquer des systèmes programmés d’apport de pesticides. Parmi les pays ACP, l’Afrique du Sud mène la danse avec une douzaine d’universi- tés, quatre conseils scientifiques et plusieurs entreprises impliquées dans la recherche et le développement. Le gouvernement a lancé en avril 2006 une “Stratégie nationale de nano- technologie”, dotée de 170 millions de rands (18,6 millions €) sur les trois prochaines années. Les premiers produits commerciaux devraient inclure des systèmes de purifica- tion de l’eau, des générateurs d'énergie solaire économiques, des traitements pour accroître la fertilité des sols et des substances biodégradables délivrant des doses progres- sives de médicaments. Une équipe de chercheurs de l’université du Zululand a déjà obtenu des résultats pro- metteurs en explorant les applications pos- sibles des nanomatériaux dans le traitement de l’eau et la conservation de l’énergie. Le papetier sud-africain Sappi teste l’utilisation de nanocapteurs sur les arbres pour une détection précoce des maladies, termites ou champignons. Des physiciens de l’université du Cap travaillent sur un projet d’utilisation de nanoparticules de silicone en électronique Nano-glossaire Nanomètre : un milliardième de mètre, 1/1 000 000 000 m. Nanostructure : structure inférieure à 1 000 nanomètres, diamètre d’une cellule biologique moyenne. Nanotechnologie : domaine de recherche et développement impliquant la fabrica- tion de structures à l’échelle des atomes et des molécules. Nanotube : structure moléculaire en forme de tube, généralement composée d’atomes de carbone. Ceux-ci sont 100 fois plus résistants que l’acier, peuvent sup- porter des températures supérieures à 3 600 °C et leur taille n’excède pas quelques nanomètres. Source : SciDev.Net Nanotechnologie Le pouvoir de l’infinim Les nanomatériaux révolutionnent le stockage et la transmission de données. Ici, une plaque de silicium utilisée pour dupliquer rapidement des puces électroniques par nano-impression. Spore 124 • PAGE 4 La nanoscience est prometteuse dans de multiples secteurs, de l’agroalimentaire à l’énergie en passant par les TIC. Les pays ACP arriveront-ils à obtenir leur juste part des bénéfices et la nanotechnologie est-elle vraiment sans danger ? Photo : © AC CELRYS Ph ot o : © C N RS P ho to thè qu e/ E. P er rin Deux nanotubes monofeuillets, composés d'atomes de carbone, disposés en une alternance d'hexagones et de pentagones. d’impression. L’objectif : mettre au point des cellules photovoltaïques (énergie solaire) littéralement imprimables sur papier – une option plus légère et bien moins onéreuse que les volumineux panneaux solaires actuels. Les chercheurs développent déjà toute une gamme de nano-applications économiques telles que des nanodétecteurs pour surveiller la santé des cultures et du bétail et des nano- particules magnétiques pour dépolluer les sols. Les nanotubes (voir le Nano-glossaire) réduiraient le coût de construction des serres et, partant, la pression exercée sur les terres et l’eau. Les chercheurs de l’université de Berkeley (États-Unis) travaillent sur la détec- tion de pathogènes à l’aide de microsystèmes électromécaniques (MEMS). Ces systèmes intelligents d’apport de traitements stoppe- raient les maladies des plantes dès les premiers signes de modification du métabo- lisme et de la respiration. Les spécialistes de l’université du Michigan travaillent sur des nanodétecteurs bio-analytiques qui pour- raient être greffés sur le bétail pour repérer la présence de virus bien avant l’apparition des premiers symptômes. Des outils intelligents dans l’agroalimentaire Dans le secteur de l'agroalimentaire, on met au point des techniques pour améliorer la traçabilité des produits, exigence croissante de nombreux marchés d’exportation. Aux États-Unis, des chercheurs travaillent sur des nanosystèmes capables de suivre le produit alimentaire sans rupture tout au long de la filière afin de détecter toute trace de patho- gène, virus, pesticide et même OGM. Un avantage incertain, au vu des exigences sanitaires sévères qui pèsent déjà lourdement sur de nombreux producteurs ACP. L’une des applications les plus séduisantes concerne la purification de l’eau. Des systèmes filtrants sont déjà capables de recy- cler l’eau saumâtre ou polluée pour un usage agricole ou domestique. Les filtres à pores nanométriques peuvent supprimer 100 % des bactéries, des virus ou même des prions (particules infectieuses protéiniques). Dans le secteur de la santé, le microlabo- ratoire – un morceau de plastique de la taille d’une pièce de monnaie – permettrait de diagnostiquer une série de maladies à partir d’une goutte de sang, ce qui serait idéal pour les petits hôpitaux de campagne. Autre pro- messe : les nanomédicaments et microsys- tèmes d’administration progressive, mieux adaptés aux conditions des pays du Sud, par- tout où l’on manque de personnel et de bonnes installations de conservation. Le défi sera d’en rendre le coût abordable. Des nanomatériaux entrent déjà dans la fabrication d’une nouvelle génération de cel- lules photovoltaïques et de piles à hydrogène, ainsi que de nouveaux systèmes de stockage de l’hydrogène qui promettent une énergie plus propre. Les panneaux de verre photo- voltaïques sont encore bien trop chers et fragiles pour les utilisateurs de la plupart des pays ACP, mais la nanotechnologie pourrait permettre la fabrication de films photovol- taïques bon marché à dérouler sur les toitures des bâtiments. Promesses et risques Tout le monde ne souscrit pas à l’idée que la nanotechnologie ouvre un nouvel âge d’or. Au nombre des opposants les plus viru- lents, l’ONG Action Group on Erosion, Technology and Concentration (ETC) alerte sur les risques sanitaires et environnemen- taux, et les conséquences désastreuses pour les petits agriculteurs du Sud. Selon elle, ces producteurs vulnérables pourraient se trou- ver privés de revenu si les matières premières destinées à l’exportation – caoutchouc et coton par exemple – venaient à être remplacées par de nouveaux produits issus de la nano- technologie. La main-d’œuvre est abondante dans la plupart des pays du Sud ; par conséquent, l’introduction de nanotechno- logies économes en main-d’œuvre signifie- rait des emplois en moins et des recyclages en masse. Certains groupes de pression exigent davantage d’analyses des risques pour la santé et l’environnement avant toute large diffusion des applications de la nanotechno- logie. On craint l’accumulation de nanopar- ticules dans la chaîne alimentaire et, selon certains, l'avance trop rapide de cette nou- velle technologie ne permet pas de construire des cadres réglementaires solides. Il y aurait un décalage entre le rythme de leur dévelop- pement et le temps nécessaire à des investi- gations sérieuses, avec le risque de susciter l’hostilité de l’opinion publique, comme pour les biotechnologies. Un rapport de la CE lance un avertissement : “La confiance du public et des investisseurs dans la nano- technologie sera cruciale pour son dévelop- pement à long terme et son application fructueuse.” Voir Repères page 10 Spore 124 • PAGE 5 • Nanotechnologie Ph ot o : © C N RS P ho to thè qu e/ J. C ha tin ment petit Top dix des applications pour le Sud Une étude du Centre de bioéthique de l’université de Toronto (Canada) a identi- fié les dix principales applications de la nanotechnologie susceptibles d’avoir un impact dans les pays du Sud. 1. Stockage, production et transformation de l’énergie 2. Amélioration de la productivité agricole 3. Traitement et assainissement de l’eau 4. Dépistage et diagnostic des maladies 5. Systèmes d’administration automatique des médicaments 6. Transformation et stockage des aliments 7. Dépollution et assainissement de l’air 8. Construction 9. Veille sanitaire 10. Dépistage et lutte contre les vecteurs et ravageurs TIC nouvelle génération C’est dans le domaine des TIC que sont attendus les principaux bénéfices de la nanotechnologie : elle améliorera la rapi- dité et la qualité des connexions et met- tra ordinateurs, écrans et connexions à la portée de tous. Selon les experts, elle ouvrira la voie à la prochaine vague de progrès des TIC : l’in- formatique dite pervasive, un système où les ordinateurs sont intégrés dans l’envi- ronnement, interconnectés et accessibles en continu. Les objets informatiques per- mettront la communication multifonc- tion, servant à la fois de téléphone, lien à Internet, vidéo et clé d’accès à divers réseaux de détection et bases de données. Ces objets exigeront des sources d’éner- gie fiables. La recherche vise à les doter de feuillets imprimables de nanocellules photovoltaïques rechargeables à la lumière naturelle ou artificielle. Plongé dans une eau polluée, ce cylindre de nanotubes de carbone absorbe les éléments indésirables. ■ L’agriculture familiale a, dans les pays ACP, une grande impor- tance, par le nombre de personnes qui en vivent (plus de 60 % de la population en Afrique) et par le rôle qu’elle joue dans la souverai- neté alimentaire. Le CTA a donc coorganisé avec le Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest (ROPPA), le Collectif stratégies alimentaires (CSA, Belgique), l’UE et le Secrétariat ACP, à Bruxelles, début mai, un sémi- naire centré sur la question : Quel avenir pour l’agriculture familiale dans les pays ACP ? Signe des incertitudes qui pèsent sur le sec- teur en raison de l’insuffisance des appuis qu’il reçoit, de la faiblesse des prix agricoles et d’une concurrence accrue dans le contexte de la mondialisation. Les quelque 100 participants ont examiné le rôle des organisations de producteurs et les appuis nécessaires pour que les produc- teurs soient de vrais interlocu- teurs dans les processus de décision qui les concernent. L’ensemble des régions ACP était représenté à ce séminaire, qui visait à sensibiliser les bailleurs de fonds et les décideurs aux actes qu’ils peuvent poser pour sauver l’agriculture fami- liale. Parmi les nombreux intervenants d’un programme très chargé, ceux du Sud, issus de l’agriculture familiale, ont plaidé pour la défense d’un modèle pay- san, qui donne la priorité à la sur- vie des personnes vivant de l’agriculture, plutôt qu’à un modèle purement productiviste. Élisabeth Atangana, par exemple, de la Plate-forme des organisa- tions paysannes d’Afrique cen- trale, a souligné que l’agriculture familiale est d’abord “un mode de vie, (…) une unité sociale, écologique et culturelle”. D’autres, comme le Kényan John Mutunga, de la Fédération nationale des producteurs agri- coles, ou Ibrahima Coulibaly, de la Coordination nationale des organisations paysannes maliennes, ont évoqué leurs efforts pour faire entendre la voix des paysans par le monde politique national. Car, a souligné le Français Marcel Mazoyer, un avenir meilleur n’est envisageable que si les agricul- teurs reçoivent l’appui nécessaire des principaux décideurs ; ce ne sont pas les terres à cultiver qui manquent, mais les ressources pour les exploiter de manière moderne. En bref • Spore 124 • PAGE 6 L’agriculture familiale a-t-elle un avenir ? Ph ot o : © S yfi a Int er na tio na l Halte au vol de bétail ! ■ Le vol de bétail est une plaie pour l'élevage des pays ACP et une triste spécialité dans certaines régions comme le sud de Madagascar où sévissent les dahalo qui volent les zébus la nuit dans les villages. En Guinée, dans la région de Kindia, à 135 km au nord-est de la capitale Conakry, des éleveurs ont trouvé la parade pour que les bandits n'arrivent plus à revendre facilement leur butin. Désormais, ce sont eux qui délivrent le certificat de propriété des animaux, exigé lors de la vente, et non plus les autorités administratives locales. Les chefs des groupements d’éleveurs des districts ont l’avantage de mieux connaître les éleveurs de leur localité et leurs bêtes. À charge pour eux de délivrer le précieux document aux propriétaires des animaux de leur groupement et de le refuser aux autres. Le certificat, où figurent le nom du propriétaire, les signes particuliers de l'animal (tatouages, etc.) ainsi que de nombreuses illustrations difficiles à imiter, coûte 3 000 francs guinéens (FG), soit 0,6 €. Un prix raisonnable quand on sait qu'un bœuf se vend au minimum 400 000 FG (environ 80 €). Les sommes ainsi engrangées sont réparties entre le groupement local et les coor- dinations sous-préfectorales et préfectorales des éleveurs. Les premiers résultats sont très encourageants. Avant l'introduc- tion du certificat de propriété, les éleveurs de la région estimaient qu'on leur volait en moyenne 200 bœufs par mois. Depuis, selon les services de police de Kindia, les plaintes pour vol de bétail se font de plus en plus rares. L'idée du certificat est née lors du congrès des éleveurs de Guinée en 2004. Les éleveurs de Kindia, en pointe, pourraient faire des émules. Ph ot o : © Te rre n ou rri ci èr e Un certificat de propriété protège les éleveurs. Le CTA appuie la formation à distance ■ Le CTA et l’université de Pretoria (Afrique du Sud) se sont alliés pour proposer deux cours sur Internet, dans le domaine des services communautaires de santé animale : communication vétérinaire et vulgarisation et méthodologie de la recherche. Le CTA financera la participation de 20 ressortissants ACP à chacune de ces formations qui se dérouleront de février à juin 2007. Il fera aussi des évaluations formatives et des bilans de ces cours. L’université de Pretoria a développé ces deux modules en collaboration avec l’Institut de médecine tropicale d’Anvers (Belgique). Cette initiative complétera la formation “face à face” que le CTA organise pour appuyer les chercheurs en agronomie des pays ACP. ✍ Rodger Obubo CTA Postbus 380 6700 AJ Wageningen Pays-Bas Fax : +31 317 460067 E-mail : obubo@cta.int Site Web : ww.cta.int/about/ training_support.htm Sachets de semences ■ Le Projet nouvelles forêts (NFP) a grandi depuis l’époque où il a figuré dans Spore 89 (p. 7). Il fournit gratuitement des sachets de graines d’arbres, de l’information technique et du matériel pédagogique aux groupements paysans désireux de s’investir dans des projets de reforestation avec des espèces à croissance rapide fixant l’azote. Depuis 1982, il a aidé plus de 4 400 villages dans plus de 120 pays. La gamme de graines a été étendue à 16 espèces ligneuses aptes à fournir du bois de chauffage, de construction ou de menuiserie, ou à être utilisées comme fourrage ou barrière anti-érosive. Le NFP a aussi lancé un réseau d’agroforesterie pour stimuler les échanges de semences et d’informations. ✍ The New Forests Project 731 Eighth Street, SE Washington, DC 20003 États-Unis Fax : +1-202-546-4784 E-mail : WSP@newforestsproject.com Site Web : www.newforestsproject.com Chapitre africain ■ Le volet africain de l’Association internationale des spécialistes de l’information agricole (IAALD) a été lancé à la conférence qui s’est tenue en mai 2006 à Nairobi (Kenya) avec le soutien du CTA et en présence de plus de 200 délégués du monde entier. L’objectif de l’IAALD est d’exploiter l’information pour un usage plus productif et durable des ressources naturelles de la planète. À l’occasion de la conférence, le CTA a animé une discussion sur l’utilisation des TIC dans l’agriculture et l’entreprise rurale. Site Web : www.iaald-africa.org Cultures vivrières à l'ouest du Cameroun • En bref Spore 124 • PAGE 7 Nouveaux rivaux ■ Du nouveau dans les parcelles rwandaises où le règne de la banane, du café et du thé n'est plus aussi absolu. Dans la province de l’Est, trois millions de Moringa oleifera ont été mis en terre depuis 2003. Les feuilles sont vendues et consommées localement. Le reste est transformé en poudre, savon et huile. Cinq mille hectares de patchouli (Pogostemon cablin) vont être plantés dans le pays. Plus de 20 000 exploitants recevront gratuitement des boutures de cette herbacée dont l'huile essentielle est utilisée en parfumerie. La culture du fruit de la passion (maracuja ou grenadille, Passiflora edulis) se développe également. Une société rwandaise propose un jus de maracuja, plusieurs fois primé en Europe. Les premiers fruits de la Transsaharienne ■ Dernier chaînon manquant entre Tanger au Maroc et Dakar au Sénégal, la Transsaharienne, 475 km de goudron au milieu des sables, relie depuis octobre dernier les deux villes mauritaniennes de Nouakchott et Nouadhibou. Sur les marchés du pays, les fruits et légumes (pommes de terre, oignons, oranges, pommes) importés du Maroc arrivent désormais en abondance. Leurs prix ont en moyenne baissé de 40 %. Les effets se font sentir aussi sur les marchés du Sénégal voisin où le prix de certains fruits importés via la Mauritanie, et non plus d'Afrique du Sud, a baissé de 30 %. Pacifique transhumance ■ Début mai, la Mauritanie et le Sénégal ont signé la révision d'un important accord datant de 1981. Cette dernière version insiste sur l’obligation d’avoir des gardiens de troupeau, la nécessité pour les éleveurs de posséder un certificat de transhumance avec mention des vaccinations, et l’échange d’informations sanitaires entre les deux pays. Elle impose aussi aux troupeaux de passer la frontière de jour, par un des postes désignés dans chacune des régions des deux pays. Les dividendes de la paix ■ En Papouasie-Nouvelle-Guinée, un projet de caféiculture de qualité supérieure réunit des tribus traditionnellement rivales. Le Projet café Sihereni a convaincu ces ennemis jurés de déposer les armes et d’unir leurs efforts dans la culture d’un café de premier choix. Les hommes ont réhabilité ensemble une plantation de 100 ha et s’attachent à pratiquer les meilleures méthodes de production et de contrôle de la qualité. Ils en ont été récompensés par des contrats d’exportation au double ou au triple du prix habituel. ■ Un groupement paysan du district de Thyolo, au sud du Malawi, a trouvé une parade contre les disettes récurrentes. Guidés par Charles Mkwapatira, agriculteur semi-lettré, les pro- ducteurs du village Samson ont construit un système d’irrigation très performant. Tout commence en 2001 lorsque Mkwapatira décide de creuser à la houe un petit canal pour irriguer son hec- tare de maïs avec l’eau de la rivière Mapelera voisine. “Cette idée m’est venue en raison des pluies incertaines et parce qu’à la maison on manquait toujours de nourriture en période de soudure.” Il a ainsi pu faire trois récoltes de maïs la première année et vendre le surplus. Stimulés par ce succès, d’autres agriculteurs l'ont rejoint pour créer le Système d’irrigation Manthimba. L’association compte à présent 500 membres qui ont remplacé la houe par des outils plus sophistiqués, à savoir des bacs plastifiés qui acheminent l’eau sur plus de 93 ha plantés en maïs, haricots, canne à sucre, bananiers et légumes. “Si des gens ont faim dans la région, c’est qu’ils ne sont pas membres du programme”, affirme Modesta Chipatala, une des participantes. Le groupement a reçu l’appui de l’ONG World Vision Malawi qui l’aide à installer des canaux d’irrigation plus larges et plus longs. Beaucoup se sont aussi mis à l’aquaculture en utilisant les canaux pour acheminer l’eau vers les étangs. “Mon idée est que, si l’on exploite les nombreuses rivières existantes, on en finira avec la faim”, ajoute Mkwapatira. Irrigation “maison” Ph ot o : © M . C hi m w al a ■ Un cactus sympathique ! La pitaya ou pitahaya (Hylocereus undatus), dont les magnifiques fleurs blanches et odorantes ne s’épanouissent que le temps d’une nuit, donne de beaux fruits rouges sans épines. Rafraîchissante, la pulpe sucrée parsemée de petites graines noires peut se consommer en jus, en salade, en gelée ou en sorbet. La pitaya est exploitée pour l'heure dans des zones tropicales sèches d'Asie et surtout d'Amérique centrale dont elle est originaire. Elle supporte des températures de près de 40 °C, demande peu d'eau et n'est sensible ni aux rava- geurs, ni aux maladies. À Maurice, l'Institut de recherches de l'industrie sucrière (MSIRI) cherche à développer la culture de cette plante, appelée aussi “cactus-tortue”, qui pousse spontanément dans toute l’île. Peu exigeant, ce nouveau fruit tropical devrait séduire les plan- teurs de canne à sucre qui cher- chent à diversifier leurs activités mais aussi les consommateurs, sensibles à sa beauté et à son pou- voir antioxydant. Le MSIRI est en train de multiplier la pitaya pour en distribuer quelque 4 000 plants d'ici la fin de l'an- née. Il laissera ensuite le soin aux centres agricoles et aux pépinières de poursuivre la diffusion. L'Europe représente un créneau pour ce fruit certes fragile et coûteux à transporter, mais déjà largement commercialisé en Asie et dont les importations ont fortement augmenté sur le vieux continent depuis dix ans. Ph ot o : © N . A ck ba ra lly L'Initiative horticole mondiale est née ■ Difficile, quand on est petit agriculteur dans les pays ACP, d'avoir accès aux marchés des grandes villes, de vendre ses produits à un prix satisfaisant, de résister à la concurrence des pro- duits importés et d'espérer, en outre, satisfaire une demande de plus en plus exigeante en quan- tité, en diversité et en qualité. Le World Vegetable Center (AVRDC), le CIRAD et l’International Society for Horticultural Science (ISHS) ont uni leurs compétences et leurs réseaux pour lancer, fin mars, l’Initiative horticole mondiale, en présence de plus de 70 délégués d’organisations de recherche- développement. Près de 2 mil- lions € devraient ainsi être injectés afin d'aider les pays les plus pauvres à développer leur production horticole, essentielle- ment les fruits et légumes à haute valeur nutritive et commerciale. Site Web : www.globalhort.org La pitaya, un fruit de charme Au Malawi, un système d'irrigation simple et performant ■ Au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, le champignon est de plus en plus populaire auprès de milliers d'agriculteurs en manque de terres et auprès des consomma- teurs avides d’améliorer leur menu. Au point que les marchés des villages et ceux des centres urbains en sont désormais inondés. Le champignon peut être cul- tivé sur de petites surfaces et même à l’intérieur des maisons, à l'abri d'éventuels voleurs ; la cul- ture, de cycle court, peut pro- duire plusieurs fois dans l’année et rapporte donc plus et plus vite que n'importe quelle autre plante de la région. Au Sud-Kivu, le temps chaud et humide pendant de longues périodes offre d'excel- lentes conditions pour cultiver ce végétal qui pousse aussi bien sur des racines en décomposition que sur le bois mort, les termitières ou en terre. Autour de Bukavu, les myci- culteurs cultivent surtout des pleurotes dans des sacs en plas- tique. Ils produisent eux-mêmes le mycélium, semence de cham- pignon ou “blanc”, une opéra- tion délicate qui nécessite de bonnes conditions d'hygiène et certaines connaissances (voir Spore 122, page 12). La culture des champignons est encore relativement peu dévelop- pée en Afrique centrale, bien que ceux-ci représentent une source appréciable et économique de protéines, de vitamines et de minéraux. En Ouganda, Asenanthi Byaruhanga, de Kireka a réussi le passage de la culture de subsis- tance à la culture d'exportation. Il doit son succès à la production de champignons, des pleurotes (Pleurotus ostreatus) biologiques, dans laquelle il s’est lancé voilà 10 ans. Il a inspiré 250 cultiva- teurs – dont quelque 80 % de femmes – qui ont suivi le mouve- ment dans plusieurs districts ougandais et formé l’Association des producteurs de champignons ougandais (UMGA). Comme il s’agit d’une culture biologique, les marchés à l’export sont florissants. Les cultivateurs en vendent actuellement 44 t par an au Japon, 40 t aux États-Unis et 2 t à la République démocra- tique du Congo. L’UMGA pré- voit d’approvisionner d’autres pays d’Afrique de l’Est (Burundi, Kenya, Rwanda et Tanzanie). MGA c/o AUPWAE, YMCA Building PO Box 11432, Kampala Ouganda Fax : 256 041 343703 E-mail : aupwae@africaonline.co.ug En bref • Spore 124 • PAGE 8 ■ Une invention simple et abor- dable offre une solution à l’un des problèmes les plus préoccupants dans les pays du Sud, à savoir l’accès à une eau propre et potable. LifeStraw® est un filtre tubulaire en plastique de 25 cm de long qui coûte environ 2 $ US (1,60 €). La durée de vie de cette “paille” inventée par une entreprise établie en Suisse est d'environ 700 l d'eau, la consommation annuelle d'une personne ; elle ne requiert ni électricité, ni pièces de rechange. Cet objet ingénieux que l’on peut porter attaché à un cordon autour du cou purifie l’eau grâce à une résine spéciale à base halogène, un matériau extra- ordinairement efficace qui éli- mine les bactéries par simple contact. Le carbone actif contenu dans le tube retient les particules telles que les germes. Des tests ont prouvé l’efficacité du filtre contre les bactéries Shigelle, Salmonelle, Entérocoque, Sta- phylocoque doré et Escherichia coli, responsables de diarrhées, dysenterie, typhoïde et choléra. Environ la moitié de la popula- tion pauvre mondiale souffre de maladies d’origine hydrique et plus de 6 000 personnes – des enfants surtout – meurent chaque jour pour avoir bu de l’eau insa- lubre. LifeStraw® n’est dispo- nible à la vente qu’auprès des organisations humanitaires, à raison d’un minimum de 5 000 unités par commande. ✍ Vestergaard Frandsen S.A. Chemin de Messidor 5-7 1006 Lausanne, Suisse Fax : +41 (0) 21 310 7330 Email : hq@vestergaard-frandsen.com Site Web : www.lifestraw.com Une “paille” pour purifier l’eau Ph ot o : © Li fe St ra w Ph ot o : © M . W oo d Un tube de plastique capable de filtrer 700 l d'eau Champions, les champignons ! La culture de la pleurote (Pleurotus ostreatus) se développe en Ouganda. Un code-barre pour les aliments ■ Identifier l'origine géographique d'un produit importé (poisson, fruit, légume), même emballé, grâce aux micro-organismes qu'il contient : tel est le principe du procédé de code-barre biologique mis au point par l'unité “Qualité des aliments tropicaux” du CIRAD. À terme, les chercheurs ont pour objectif de concevoir des puces électroniques, véritables cartes d'identité du produit alimentaire importé. Une innovation de nature à rassurer les importateurs qui doivent pouvoir garantir la traçabilité des produits qu'ils commercialisent en Europe. ✍ CIRAD UPR Qualité des aliments tropicaux 73, rue J.-F. Breton, TA 50/16 34398 Montpellier Cedex 5 France E-mail : didier.montet@cirad.fr Mieux conserver le safou ■ Au Cameroun, l'Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) a élaboré une méthode de conservation du safou grâce au 1-méthylcyclopropène (MPC), un produit non toxique déjà utilisé pour les bananes. Le fruit du safoutier (Dacryodes edulis), arbre répandu en Afrique tropicale, s'abîme très rapidement. Les pertes après récolte peuvent atteindre 50 %. Le procédé permet de conserver 95 % des safous pendant deux semaines à température ambiante. Une autre méthode, plus onéreuse, consiste à stocker les fruits dans une pièce climatisée (19 à 23 °C). Ce fruit saisonnier est consommé surtout cuit ou séché. E-mail : Irad-fruits@camnet.cm Traquer la pêche illégale ■ La pêche illégale, non déclarée et non réglementée, est responsable de 4 à 9 millions $ US (entre 3,16 et 7,12 millions €) de pertes par an et est l’une des menaces principales pour la durabilité des pêches dans le monde. Un nouveau site Web centralise l’information sur le sujet et propose des documents clés, des actualités, un calendrier des événements et des liens vers d’autres sources. ✍ Site Web : www.illegal- fishing.info/index.php Coton : qualité d'abord ! ■ Face à la chute persistante des cours sur le marché international, le Mali, premier producteur africain de coton en 2004, mise désormais sur la qualité plus que sur la quantité. Pour augmenter sa faible proportion (40 %) de coton de qualité supérieure, le pays compte sur ses planteurs. Le kilo de coton graine de premier choix leur est acheté 160 FCFA (0,24 €) contre 135 FCFA (0,20 €) le deuxième et 125 FCFA (0,19 €) le troisième. Les meilleurs producteurs reçoivent aussi des intrants, du matériel agricole et des ristournes. • En bref ■ Un projecteur solaire qui éclaire les cours du soir pour adultes en Afrique ? Depuis jan- vier 2005, c’est le cas du projec- teur Kinkajou dans 45 villages du Mali. L’alphabétisation et les cours sur la nutrition et la pré- vention du sida ont habituelle- ment lieu à la nuit tombée, dans des villages dépourvus d’électri- cité : en bref, dans l’obscurité. Ce projecteur résout le problème grâce à une diode électroluminescente blanche de 5 watts produisant u n e source de lumière qui dure 100 000 heures. La bat- terie de 12 volts du projecteur, d'une durée de vie de 40 ans, est alimentée par un panneau solaire de 10 watts. Les images projetées sont stockées sur un microfilm d'une capacité de 10 000 images. L’appareil pèse seulement 1 kg et coûte 100 $ US (80 €) pour le projecteur, le panneau solaire et la batterie. Selon Timothy Prestero, cofondateur de Design that Matters à Cambridge (États- Unis), l’association sans but lucratif qui a développé et com- mercialise le projecteur, cet équi- pement suscite un réel intérêt de la part d'organismes qui envisagent de l’utiliser aussi dans la format ion agricole ou la promo- tion médi- cale. “L’un des défis pour les populations rurales, dit-il, est d’accéder à une information pertinente et facile à partager avec d’autres et Kinkajou est une réponse à ce défi.” ✍ Design that Matters One Broadway, 14th Floor Cambridge MA 02142 États-Unis Fax : +1 877.820.8479 E-mail : info@designthatmatters.org Site Web : www.designthatmatters.org/ Les leçons de l’énergie solaire Ph ot os : © D es ig n tha t M at te rs Spore 124 • PAGE 9 ■ Des cliniques botaniques mobiles aident les cultivateurs africains à identifier parasites et maladies des plantes et à leur trouver des remèdes. La Global Plant Clinic a lancé cette initia- tive en Ouganda à partir d’un modèle pilote kényan. Des consultations ont lieu une fois par semaine dans des lieux publics comme les marchés. Les agriculteurs apportent des échan- tillons de leurs plants atteints afin que des agronomes et des agents de vulgarisation puissent dia- gnostiquer la maladie et prescrire un remède. Les cliniques font un tabac auprès des cultivateurs ougan- dais. Au marché Mukono de Nakifuma, en moins de deux heures, les médecins des plantes ont diagnostiqué 57 problèmes, du flétrissement bactérien de la banane à la cécidomyie, un mou- cheron ravageur du sorgho, en passant par la maladie de crois- sance du napier. “Notre devise est ‘Toutes les cultures, quels que soient les problèmes’, affirme Okaasai Opolot, chef du projet. La plupart nous sont familiers, mais nous avons été surpris de voir que très peu de personnes connaissaient les maladies cou- rantes.” Dans l’une des premières cli- niques ougandaises, les spécia- listes phytosanitaires ont repéré le virus de la striure brune du manioc et ont pu conseiller les cultivateurs sur les manières de réduire le risque de propagation de cette maladie qui entraîne le pourrissement du manioc. ✍ Global Plant Clinic CABI Bioscience Bakeham Lane, Egham Surrey TW20 9TY Royaume-Uni Fax : +44 1491 829100 E-mail : Plant.clinic@cabi.org Site Web : www.globalplantclinic.org Ph ot o : © C AB I Cliniques botaniques Les agriculteurs apportent des échantillons de plantes malades. Au Mali, un projecteur solaire change les soirées au village. Rencontre Afrique-Europe ■ La première d’une série de conférences annuelles de recherche visant à réduire la fracture numérique s’est tenue à Pretoria (Afrique du Sud) en mai 2006. L’événement, qui fait partie de l’Initiative Technologies de la société de l’information (IST-Afrique) financée par la CE, a réuni des délégués d’organisations commerciales, gouvernementales et de recherche d’Afrique et d’Europe. Au programme : l’e-commerce, l’enseignement en ligne et l’application des TIC dans l’agriculture. La prochaine conférence IST-Afrique se tiendra à Maputo (Mozambique) en mai 2007 ; la date de clôture de l’appel à contributions est fixée au 30 novembre 2006. Site Web : www.IST-Africa.org Agriculture de conservation ■ L'agriculture de conservation (AC) se caractérise par un travail minimal du sol, toujours protégé par une couverture végétale, et par la pratique systématique des rotations culturales. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous sur le nouveau site Web de la FAO. Y sont expliqués les principes et les bénéfices de ce type d’agriculture, l'importance des plantes de couverture, la préparation du sol, les aspects économiques et les projets en cours, pays par pays. Site Web : www.fao.org/ag/ca/fr/index.html Enseignement virtuel ■ L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) lance un Programme international d’apprentissage en ligne. Ce programme gratuit propose un cours en ligne, en anglais, du 1er octobre 2006 au 31 janvier 2007, pour qui veut améliorer ses compétences en communication scientifique et faire publier ses résultats de recherche. ✍ Learning and Capacity Strengthening IFPRI-ISNAR Division PO Box 5689, Addis-Abeba Éthiopie Fax : +251-011-6462927 Site Web : http://learning.ifpri.org/ Conserver l'eau et le sol ■ Un atelier régional des Écoles aux champs en Afrique, axé sur la conservation de l'eau et du sol, s’est tenu en avril 2006 à Jinja (Ouganda). Organisé par le CTA, l’ONG ougandaise Environment Alert, la FAO et le Centre de recherche universitaire de Wageningen (Pays-Bas), il a rassemblé 50 praticiens, chercheurs et officiels de 11 pays d’Afrique. Résultats : un guide pratique des écoles aux champs et une série de recommandations soulignant la nécessité d’investir dans la gestion de l’eau et du sol pour une agriculture durable. Voir aussi le site Web : www.fao.org/ag/agl/agll/ farmspi/default.stm Le CTA a organisé en novem-bre 2005, à Amsterdam, uneconsultation d'experts sur les Systèmes d'information de marché (SIM) et les bourses d'échanges agricoles (Spore 122). Cette consultation avait été pré- cédée d'un forum électronique dont les débats très riches sont en ligne et vous permettront de bien saisir l'intérêt et les limites des instruments tels que les SIM, le certificat d'entrepôt et les bourses d'échanges agricoles. L'ouvrage Le crédit sur nantissement des stocks : une stratégie de dévelop- pement des marchés agricoles, rédigé par l'un des experts parti- cipant à cet atelier, vous permet- tra d'aller encore plus loin et de comprendre comment fonc- tionne ce système de crédit. Il peut être téléchargé sur le site de la Division des systèmes de sou- tien à l'agriculture de la FAO. Le site du Natural Resources Institute propose, en anglais uni- quement, un tour des pays d'Afrique qui ont expérimenté ce système et suit l'actualité qui s'y rapporte. Sur celui du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD),une fiche explique clairement le fonctionnement du crédit-stoc- kage et présente l'expérience mal- gache des greniers communs villageois. Un document en anglais de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développe- ment (CNUCED) fait un rapide tour du monde des principales bourses d'échanges agricoles. Ensuite, pour en savoir plus, il vous faudra vous rendre sur les sites des principales bourses africaines de produits agricoles, en particulier la Division des marchés agricoles du South African Futures Exchange (SAFEX) en Afrique du Sud, le Malawi Agricultural Commodity Exchange (MACE) et le Kenya Agricultural Commodity Exchange (KACE). La compréhension de ces outils suppose d’avoir bien assimilé les mécanismes des marchés. Si vous débutez, l'ouvrage Comprendre et utiliser les informations sur les marchés guidera utilement vos premiers pas. Spore 124 • PAGE 10 Repères • Les nanotechnologies sontune affaire complexe, maiscertains organismes accom- plissent un travail remarquable pour les rendre plus accessibles. Les efforts les plus aboutis sont ceux du Réseau Science et Développement (SciDev.Net) qui consacre un dossier, en anglais, à leurs implications pour les pays du Sud. Le portail de l’UE sur les nano- technologies offre un bon aperçu des activités européennes ainsi que des informations sur la coopération internationale dans ce domaine. Vous pouvez y télé- charger une revue, La nanotech- nologie : l’innovation pour le monde de demain, qui précise dans un langage clair les bases scientifiques, les progrès tech- niques et les applications de cette science en pleine expansion. À visiter également le site bilingue NanoQuébec et son centre vir- tuel de documentation Docnano. Le Meridian Institute, orga- nisme américain à but non lucra- tif, a organisé plusieurs débats sur le sujet et publié un intéressant rapport, en anglais, sur les chances et les risques des nano- technologies pour les pauvres. Ce rapport explore certains des bénéfices potentiels dans les secteurs de l’agriculture, de la santé et de l’énergie. Dans le même temps, le groupe écolo- giste Action Group on Erosion, Technology and Concentration (ETC) prend fermement position contre les nanotechnologies. En dépit de son militantisme, son site vous apprendra beaucoup sur les arguments pour et contre. D’un clic sur “nanotechnolo- gies”, vous accédez à une longue liste de rapports et de documents, y compris en français. Malgré sa vision plutôt apoca- lyptique, le rapport Down on the farm (Main basse sur la ferme) présente une vue intéressante sur les recherches en cours dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture. Enfin, le Foresight Institute, organisme éducatif américain, se consacre à la promotion des nanotechnologies à effet béné- fique. Fondé par Éric Drexler, inventeur du terme “nanotechno- logie”, c'est une source d’infor- mations qui fait autorité sur les politiques, les applications et les recherches. Miniaturisation extrême Pour en savoir plus • Down on the farm Téléchargeable en PDF : http://www.etcgroup.org/documents/ ETC_DOTFarm2004.pdf Marchés en mouvement Pour en savoir plus CIRAD Site Web : http://microfinancement.cirad.fr/fr/ news/Dakar_2002.html CTA Documents et discussions de la consultation d’experts : www.dgroups.org/groups/cta/mis/ index.cfm?CookieTested=TRUE& setlang=2 CNUCED Site Web : ww.unctad.org/infocomm/ exchanges/ex_overview.htm FAO Division des systèmes de soutien à l'agriculture ETC 431 Gilmour St, Second Floor Ottawa, ON K2P 0R5 Canada Fax : +1 613 241 2506 E-mail : ETC@ETCGROUP.ORG Site Web : www.etcgroup.org/ Foresight Institute PO Box 61058 Palo Alto, CA 94306 États-Unis Fax : +650 289 0863 E-mail : foresight@foresight.org Site Web : www.foresight.org Meridian Institute 920 L Street, NW, Suite 500 Washington, DC 20036 États-Unis Fax : +1 202 354 6441 Site Web : www.merid.org/index.html • Nanotechnology and the Poor: Opportunities and Risks Par T. Barker et al. Téléchargeable en PDF : http://nanotech.dialoguebydesign.net /rp/NanoandPoor-NoGraphics NanoQuébec Site Web : www.nanoquebec.ca/nanoquebec_w/ site/index.jsp SciDev.Net Nanotechnology Quick Guide www.scidev.net/quickguides/index.cf m?fuseaction=qguide&qguideid=5 UE Site Web : www.cordis.lu/nanotechnology • La nanotechnologie : l’innovation pour le monde de demain ftp.cordis.lu/pub/nanotechnology/doc s/nano_brochure_fr.pdf Site Web : www.fao.org/ag/ags/index_fr.htm • Le crédit sur nantissement des stocks : une stratégie de développement des marchés agricoles Par J. Coulter et A. W. Shepherd Bulletin des Services agricoles n° 120 10 € Téléchargeable sur : www.fao.org/ag/Ags/subjects/fr/ agmarket/inventory.html • Comprendre et utiliser les informations sur les marchés Guide de vulgarisation en matière de commercialisation n° 2 Par A. W. Shepherd Téléchargeable sur : www.fao.org/waicent/faoinfo/ agricult/ags/AGSM/unmisfr/unmisfr.pdf KACE Site Web : www.kace.com MACE Site Web : www.ideaamis.com NRI Site Web : www.nri.org/projects/wrs/countries.htm SAFEX Site Web : www.safex.co.za La nanotechnologie, un espoir pour l’avenir ? Ph ot o : © A C C EL RY S Spore 124 • PAGE 11 • Publications Publications La fièvre médiatique est tombée. La grippe aviaire ne fait plus les gros titres, mais les problèmes de santé animale et humaine qu'elle soulève restent entiers. En Afrique, notamment, une flambée de l'influenza aurait des conséquences incalculables pour les petits élevages et les populations qui en dépendent. Ce livret éducatif, de la série Savoirs partagés, arrive à point nommé pour essayer de com- prendre calmement ce qui s'est passé et tirer les enseignements de ce fléau qui, rappelons-le, a démarré en 1997 en Asie du Sud- Est avant de toucher l'Europe fin 2005, et l'Afrique début 2006. Une des leçons importantes à retenir du récent épisode, c'est que “la grippe aviaire est fonda- mentalement un problème de santé animale avant d'être, très hypothétiquement, un problème de santé publique”. Mais il reste encore beaucoup d'aspects à étu- dier pour parer efficacement à une éventuelle recrudescence du virus H5N1. Ce livret pédagogique vaut bien des volumes indigestes. S’adressant à tous les publics, il vulgarise un maximum d'infor- mations de spécialistes de l'éle- vage en zone tropicale en un minimum de place. Une couleur permet de repérer chaque catégo- rie d’informations, selon qu’elles se rapportent à l'agent patho- gène, à l'hôte grippé ou à l'éle- veur. Vous pourrez aller plus loin grâce à une liste de sites Web de référence. À lire aussi les réponses courtes et parfois surprenantes à une vingtaine de questions. Par exemple, combien y a-t-il de pou- lets et de poules dans le monde ? Environ 100 milliards ! La grippe aviaire. L'influenza de l'Asie à l'Afrique Coll. Savoirs partagés CIRAD et collectif de partenaires dont le CTA, 2006, 48 p. ISBN 2 87614 630 4 CTA n° 1314 0 unité de crédit Informations à propager Le dernier-né de la collec- tion PROTA fait l’inven- taire des nombreuses espèces cultivées et sauvages de céréales et de légumineuses d'Afrique tropi- cale. Selon la même formule que les précédents volumes Légumes (voir Spore 116) et Colorants et tanins (voir Spore 121), il décrit en détail 35 des espèces les plus importantes. Chaque entrée, accompagnée de dessins et d’une carte de répar- tition, fournit des informations sur les origines de la plante, ses usages, ses propriétés nutrition- nelles et sa place sur le marché international. Vous y trouvez d’autres données utiles, entre autres sur la croissance, la multi- plication et la culture, les rava- geurs et maladies, la récolte et l'après-récolte. L’ouvrage décrit plus sommairement 38 autres espèces de moindre importance. De nombreuses céréales et légumineuses présentées ici sont des sources alimentaires impor- tantes pour les familles d’Afrique tropicale. Certaines ont aussi d’autres utilisations. Le pois cajan ou d'Angole (Cajanus cajan), par exemple, est consommé depuis des siècles en Afrique. Ses fanes donnent un excellent fourrage et la plante elle-même peut servir de brise-vent sur sols secs et d’en- grais vert en agroforesterie. Les tiges et les branches sont exploi- tées en vannerie, comme com- bustible ou pour la construction de clôtures et de toitures en chaume. Beaucoup de céréales et légumineuses ont également des applications en médecine tradi- tionnelle. En Éthiopie, la racine d’Amaranthus caudatus est utili- sée comme laxatif et pour traiter certaines maladies des yeux. Dans de nombreux pays d’Afrique, les feuilles et les graines du niébé (Vigna unguiculata) sont em- ployées pour soigner les plaies tuméfiées et la racine est utilisée comme anti-venin en cas de mor- sure de serpent. Ressources végétales de l’Afrique tropicale 3 : Céréales et légumes secs Sous la direction de G. Belay et M. Brink PROTA/Backhuys Publishers/CTA 2006, 298 p. ISBN 90 5782 172 9 (livre seul) ISBN 90 5782 173 7 (avec cédérom) CTA n° 1303 (livre seul) 40 unités de crédit CTA n° 1304 (avec cédérom) 60 unités de crédit Des bienfaits à égrener Objectifs du millénaire ■ Ce troisième volume de la série des miniAtlas de la Banque mondiale réitère un exploit : condenser une masse de données utiles dans un ouvrage à la fois clair et concis. Vous y visualisez sans peine les problèmes et défis mondiaux les plus urgents, de l’éradication de la pauvreté à la réduction de la mortalité infantile en passant par l’élimination du VIH/sida et le développement durable. Cartes du monde en couleurs et schémas donnent vie aux chiffres. MiniAtlas des objectifs de développement pour le millénaire : Édifier un monde meilleur Par Banque mondiale et F. Bourguignon Coll. miniAtlas Eska, 2006, 63 p. ISBN 2747208524 7,60 € Éditions Eska 12, rue du Quatre-Septembre 75002 Paris France E-mail : eska@eska.fr Site Web : www.eska.fr Guinée paysanne ■ La Confédération nationale des organisations paysannes de Guinée (CNOPG) s’est dotée d’un bulletin trimestriel : La Guinée paysanne. Le dernier numéro présente l'actualité agricole des régions et se penche sur la faisabilité d'un Système d’information de marché (SIM) piloté par les organisations paysannes en Guinée. La Guinée paysanne CNOPG Bd du Commerce BP 5381, Conakry Guinée E-mail : cnopguinee@yahoo.fr Téléchargeable à partir du site de l'Inter-réseaux : www.inter-reseaux.org/IMG/doc/ Guinee_paysanne_bulletin3_CNOP _2006.doc Du producteur au lecteur ■ À Maurice, près de 5 000 petits planteurs regroupés en association, lassés d'être snobés par les grands médias, ont décidé de lancer leur propre journal. Planters Vérité est un tabloïd hebdomadaire de 12 pages tiré à 2 000 exemplaires. Les articles, en français et en anglais, traitent de la production et de la commercialisation et conseillent les planteurs et les consommateurs. Le journal se veut aussi un aiguillon en dénonçant les promesses non tenues des gouvernants. Seize numéros sont déjà parus. Planters Vérité The Mauritius Vegetable Planters' Association 62, Telfair Avenue Quatre Bornes Maurice Fax : + 230 467 0032 Site Web : http://mvpa.intnet.mu/ E-mail : m.vp.a@intnet.muPh ot o : A. C ar on © C IRA D Publications • Spore 124 • PAGE 12 La crise qui touche actuel- lement la pêche et l’aqua- culture représente un défi majeur pour tous – pour les décideurs politiques comme pour les cher- cheurs, et surtout pour les mil- lions de personnes qui vivent de ces activités. Santé et gestion des écosystèmes, moyens de subsis- tance et emploi, sécurité et hygiène alimentaires sont autant de sujets de préoccupation. Les systèmes de pêche et d’aquacul- ture sont en général imprévisibles et incertains. De plus, leur ges- tion implique une diversité d’ac- teurs aux intérêts divergents. Ce guide a pour but d’aider les personnes impliquées de près ou de loin dans la gestion et l’admi- nistration de la pêche et de l’aquaculture à renouveler leur approche des processus. Les auteurs l’ont conçu comme un “guide du praticien, un guide de voyage pour naviguer dans les eaux troubles de la pêche et de l’aquaculture”. L’ouvrage ne se borne pas à présenter les défis, il fournit aussi un cadre pour com- prendre la dynamique de la gou- vernance des pêches et offre un ensemble de principes de conduite, inspirés des meilleures pratiques. Gouvernance interactive des pêches : un guide pour une meilleure pratique Par M. Bavinck et al. CTA/EBURON/MARE, 2006, 72 p. ISBN 90 5972 110 1 CTA n° 1315 10 unités de crédit Eaux troubles Près de 500 documents, 12 000 pages, 6 000 images ! À lui tout seul, ce cédérom tri- lingue (français, anglais, espa- gnol) constitue une véritable bibliothèque, consultable à partir d'un équipement relativement simple : un PC relié à Internet, équipé d'un navigateur et d'un logiciel de lecture PDF. Une dizaine d'organisations membres du Réseau international sur l'information technique (INTI) ont accepté d’y regrouper leurs ouvrages et textes sur des technolo- gies adaptées. Les documents sont organisés en huit grands thèmes : agricul- ture et nutrition, agroforesterie, construction, eau et santé, élevage, environnement, fabrication et procédés de fabrication. La recherche peut se faire sur un mot, un titre, un sujet, un thème ou l’organisation éditrice des ouvrages. Vous y retrouverez par exemple des manuels de la collection Agrodok, éditée par Agromisa et le CTA, et des documents de la coopération allemande (GTZ). Vous pourrez y apprendre entre autres comment fabriquer des savons ou du vinaigre, planter des engrais verts ou construire avec les bons matériaux. Une mine d'informations à portée de clic. Appropriate Technology Knowledge Collection Cédérom, 2006 CTA/INTI/Human Info NGO CTA n° 1316 10 unités de crédit Petits volumes, grande capacité ■ S'informatiser : une bonne idée ! La décision est prise, mais comment s'y préparer pour ne pas faire d'erreur et se doter des bons outils ? Bon nombre de coopératives agricoles qui envisa- gent de s'équiper se retrouvent souvent livrées à elles-mêmes, ne sachant par où commencer. Ce guide pratique – uniquement accessible sur le Net et c'est à la fois dommage et quelque peu contradictoire – comble un vide. À partir d'expériences concrètes africaines, il initie dans un lan- gage simple les directeurs, les for- mateurs et les décideurs au bon usage des nouvelles technologies. À l'heure de la libéralisation des marchés, les coopératives doi- vent pouvoir s'informer en temps réel et être capables de traiter de manière fiable un plus grand nombre de données grâce à l'or- dinateur. Ce guide virtuel balise les différentes étapes d’un plan d’informatisation : définir un objectif précis, s'inspirer des organismes déjà informatisés, établir une équipe de base char- gée du projet. Et ne pas oublier la maintenance et la mise à niveau. Des dessins amusants égaient le propos. Informatisation des coopératives agricoles : guide pratique FAO, 2006, 60 p. Coll. Institutions pour le développement rural Téléchargeable sur : ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/007/ y5471f/y5471f00.pdf FAO Division de l'information Service de la gestion des publications Viale delle Terme di Caracalla 00100 Rome Italie Fax : +39 06 5705 3360 E-mail : publications-sales@fao.org Site Web : www.fao.org/icatalog/inter-f.htm Apprivoiser l'ordinateur Révolution raisonnée ■ La croissance de la production animale est positive, mais trop rapide elle n'est pas sans danger. La FAO lance une nouvelle série qui examine les questions de production animale, expose des mesures politiques et présente les approches les plus probantes. Faire face à la “Révolution de l'élevage” Politiques d'élevage n° 1 Téléchargeable gratuitement sur : www.fao.org/ag/AGAinfo/ resources/documents/pol-riefs/ 01/FR/AGA01_FR_08.pdf Colloques en ligne ■ Le CEMAGREF, le CIRAD, l’IFREMER et l’INRA, organismes publics français de recherche, regroupent sur leur nouveau site SympoScience les communications issues de leurs colloques et séminaires. La consultation du site est gratuite et permet aussi d’accéder à des colloques organisés par d’autres partenaires sur des thèmes communs ou proches. Site Web : www.symposcience.org/ Profils nutritionnels ■ En 1996, le Plan d'action du Sommet mondial pour l'alimentation de Rome a lancé les fondements des Systèmes d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV). Ce cédérom fournit des synthèses sur la situation alimentaire et nutritionnelle de pays fragilisés, y compris des statistiques de base sur la production agricole, la santé, l'économie et la démographie. Profils nutritionnels par pays 2005 FAO, 2005 Cédérom ISBN 92 5 005371 1 25 $ US • 20 € (FAO voir adresse ci-contre) Dossier coton ■ Surproduction mondiale, subventions déstabilisantes et baisse des prix. Ce numéro spécial de la revue Cahiers Agricultures propose un tour d'horizon des problèmes rencontrés par les petits producteurs de coton et aborde les perspectives d'avenir de cette filière en restructuration. Le coton, des futurs à construire Coordination éditoriale de J.-P. Deguine et J.-P. Pichot John Libbey Eurotext/CIRAD 2006, 168 p. ISBN 2876145979 18 € 9 € pour les pays du Sud Quae, INRA Éditions RD 10 78026 Versailles cedex France Fax : +33 1 30 83 34 49 E-mail : serviceclients-quae@versailles.inra.fr Site Web : www.quae.com Sommaire en ligne : www.john-libbey-eurotext.fr/fr/ revues/agro_biotech/agr/sommaire .md?cle_parution=1175&type= text.html Ph ot o : © M AR E Spore 124 • PAGE 13 • Publications Regards sur le travail des enfants ■ La question du travail des enfants est complexe et délicate, comme le montre notre article en page 3. Si la limite est claire entre le travail des mineurs d’âge, perçu comme formateur et vital pour les ressources des familles, et le trafic des enfants, “vendus” par des parents pauvres à des employeurs sans scrupules, il n’empêche qu’entre ces extrêmes les situations varient d'un pays et d'un secteur à l'autre. Au Ghana, depuis la création du lac Volta dans les années 1960, des enfants sont envoyés par leurs parents aider les pêcheurs dans leurs tâches quoti- diennes. Cet ouvrage tente de comprendre le sens de ce travail pour chacun des acteurs concer- nés et de faire la différence entre le travail traditionnel et l'exploi- tation. Plus général, le second ouvrage fait un large tour d'horizon du travail des mineurs, notamment dans l'agriculture, en Afrique subsaharienne. Il passe en revue les actions entreprises pour démanteler les réseaux de trafi- quants au Bénin, au Gabon et au Togo. Le travail des enfants en Afrique subsaharienne. Le cas du Bénin, du Gabon et du Togo Par D. Landria Ndembi L'Harmattan, 2006, 274 p. ISBN 2 296 00136 X 24 € Version PDF téléchargeable (7709 Ko) 14,70 € Les enfants pêcheurs du Ghana. Travail traditionnel ou exploitation ? Par F. Manghardt L'Harmattan 2006, 244 p. ISBN 2 296 00599 3 21 € Version PDF téléchargeable (7709 Ko) 14,70 € Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris France Fax : + 33 1 43 29 86 20 E-mail : harmattan1@wanadoo.fr Site Web : www.editions-harmattan.fr ■ Passer de l'autosuffisance à la sécurité alimentaire est un pas crucial pour bon nombre de pays du Sud. Sous-équipement et enclavement de certaines zones, faible qualité des infrastructures de base, déséquilibre de produc- tion au sein d'un même pays, frais élevés de transport et de stockage, difficile accès au crédit, manque d'information sur le marché et insuffisance de com- munication entre pays fronta- liers… Les handicaps sont sévères pour les petits agriculteurs qui veulent être plus productifs. L'ouvrage se concentre sur le rôle des infrastruc- tures de commerce dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest confrontés à une crise économique tenace ces dernières décennies : Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Mali et Togo. Après avoir dressé l'état des lieux des infra- structures dans ces cinq pays, il plaide pour un renforcement des programmes d'équipement et d'aménagement du territoire, volet indispensable d'une lutte efficace contre la pauvreté. Un second ouvrage des mêmes auteurs traite plus largement du commerce agricole dans une optique de sécurité alimentaire durable. Chaque livre contribue à sa manière à engager le débat et à renforcer le dialogue entre déci- deurs, chercheurs et opérateurs économiques dans le domaine de la sécurité alimentaire. Infrastructures de commerce et échanges des produits alimentaires Disponibilité, utilisation et coût en Afrique de l'Ouest centrale Par B. Kouassi, G. Sirpé et A. Gogué Coll. Économie et développement Karthala, 2005, 352 p. ISBN 2 84586 696 8 28 € Commerce des produits agricoles et sécurité alimentaire durable en Afrique de l'Ouest centrale Par B. Kouassi, G. Sirpé et A. Gogué Coll. Économie et développement Karthala, 2006, 224 p. ISBN 2 84586 749 2 22 € Éditions Karthala 22-24, boulevard Arago 75013 Paris France Fax : +33 1 45 35 27 05 E-mail : karthala@wanadoo.fr Site Web : www.karthala.com Infrastructures et sécurité alimentaire Lait concentré ■ L'Agricultural Research and Extension Unit (AREU) mauricienne a édité un petit guide de l'élevage des vaches laitières : système de production, savoir- faire technologique, disponibilité des animaux, main-d'oeuvre, mécanisation, marketing du lait… Un concentré d'infos pratiques ! Lait : guide pour nouveaux entrepreneurs AREU, 2006, 12 p. Gratuit AREU Newry Complex, St Jean Road Quatre Bornes Maurice Fax : + 230 464 8809 E-mail : support@areu.mu Site Web : www.areu.mu L'égalité aux champs ■ Aux hommes les travaux agricoles, aux femmes la cueillette et la transformation. La division du travail s'est longtemps faite sur ce schéma au Burkina Faso. Cet ouvrage expose les conditions d'une participation nouvelle, à valeur égale, des femmes à l'agriculture. Les petites jachères des femmes Condition féminine et travail agricole au Burkina Faso (Sud-Ouest) Par C. Fourgeau et S. Traoré Coll. Terrain, récits et fictions L'Harmattan, 2006, 256 p. ISBN 2 296 00319 2 22 € (L'Harmattan voir adresse ci-contre) Politiques agricoles ■ Difficile de résumer les politiques de développement agricole avec leurs réussites et leurs échecs. Eau, foncier, financement, développement technologique… Ce volumineux ouvrage destiné aux décideurs et managers présente un cadre conceptuel très documenté sur chacun de ces domaines. Politiques de développement agricole Concepts et expériences Renforcement des capacités en politiques agricoles et alimentaires nº 2 Par R.D. Norton FAO, 2005, 650 p. ISBN 92 5 205207 0 55 € (voir adresse FAO page 12) Troupeaux et cultures ■ La revue trimestrielle Troupeaux et cultures des Tropiques, éditée par le Centre agronomique et vétérinaire tropical de Kinshasa (CAVTK), continue son chemin. Les derniers numéros thématiques proposent des dossiers sur le maraîchage, sur les intrants et sur la filière semencière en République démocratique du Congo. Troupeaux et cultures des Tropiques CAVTK Laboratoire vétérinaire Avenue Wangata/Gombe Kinshasa RDC E-mail : cavtk@ic.cd Ph ot o : O . B ar riè re © IR D L’une des initiatives les plus abouties duCTA est son Service Questions-Réponses (SQR) qui répond aux demandes d’informations émanant notam- ment d’ONG, de groupements agricoles et d’instances commerciales. Lancé en 1985, ce service a été progressivement décentralisé et il opère à présent dans plusieurs pays d’Afrique et dans les régions Caraïbes et Pacifique. La décision de déléguer semble avoir porté ses fruits. Le service est de plus en plus popu- laire : en 2005, les centres SQR ont répondu à plus de 7 000 questions. Le CTA ne se repose pas sur ses lauriers et essaie d’amélio- rer encore le service. Des ateliers de gestion destinés aux praticiens et partenaires des SQR ont été programmés en 2006. Le pre- mier s’est tenu au CTA en mars et a réuni plus de 50 participants de 10 pays d’Afrique anglophone. Au menu : la promotion et le marketing d'un SQR ainsi que le rôle de l’information dans le développement en Afrique. Le second atelier aura lieu en octobre pour les SQR francophones et ceux des régions Caraïbes et Pacifique. Entre nous • Spore 124 • PAGE 14 Boîte postale 380 Un de nos très fidèles lecteurs, Ahmed Baba Counta, ancien responsable de la radio rurale de la Radiodiffusion natio- nale du Sénégal, aujourd'hui à la retraite, a eu la sympathique idée de composer pour les lecteurs de Spore cette astucieuse grille de mots croisés. Alors, à vos crayons et à vos gommes ! Mots croisés agricoles Horizontalement I. Zoonose (en deux mots). Bonne santé des espèces. II. Épuisa. Facteur. Pas intensive. Tuteurer. III. Mot d'enfant. Début de gel. Prospère. Fruit. Décalage anglais. Pays de l'érable. IV. Cheptel. Céréale. En tête de Spore. Coutume. Radon. Adverbe. V. Immaculé. Édite Spore. Franc. Fleuve italien. Aperçu. VI. Fin de vers. Possédé. Groupe de pays du Sud. Cœur de veau. Dans le caféier. Année. VII. Surveille. Conjonction. Abréviation routière. Garçons d'écurie. Déchiffré. VIII. Plante oléagineuse. Plaine sud-américaine. Bouts de manioc. Sens. Fromage hollandais. IX. Départ d'aéroport. Pronom. Pas out. Interjection. Cage tron- quée. Instrument. X. Négation. Menue mon- naie. Végétal. Os du pied. Indéfini. XI. Producteur. Note. Tentative. Entre vos mains. Liquide végétal. XII. Elles vivent à la cam- pagne. Périodes. Tuent les parasites. Surface. Verticalement 1. Un des inspirateurs de Spore. 2. Pays de Mandela. Singe. Distingué. 3. Tranche de viande. Bardot. Capitale Bangui. Fin d'infini- tif. 4. Prise d'eau. Pays de la clairette. Progresse. 5. Lettre grecque. Adverbe. Condiment. 6. Dans l'eau. Bête de somme. Porcherie. 7. Grands acteurs du dévelop- pement. 8. En veille. 9. Coincés au centre. Calcium. Prairie naturelle. 10. Commune belge. Technetium. Se rendre. 11. Début d'appel. 12. Note. Pas de roses sans elles. 13. Fermiers. 14. Cheville de golf. Début d'espoir. 15. Dure extrémité. Domaine agri- cole. À moitié aéré. 16. Début d'inhibition. Ferme d'élevage. Est anglais. 17. Tentes. 18. Cœur d'endive. Agriculteur. Note. 19. Avortement. Ordinateur. 20. Petits bovins. Dans Lomé. Pronom. 21. Post-scrip- tum. Faux à long manche. 22. Roulement. Généalogie d'un animal de race. 23. Hybridées. 24. Pays. Possédé. 25. Écorce de chêne. Avance. Ajoute. 26. Âme bouleversée. Premier. Dette. Note. 27. Ville du Nigeria. Travail agricole. 28. Migration saisonnière. Questions et réponses Solutions Horizontalement –I. Grippe aviaire. Biodiversité. –II. Usa. Agent. Extensive. Ramer. – III. Na. Ge. Riche. Pêche. Gap. Canada. –IV. Bétail. Blé. SP. Us. Rn. En. –V. Blanc. CTA. Fr. Pô. Vu. –VI. Rs. Eu. ACP. Ea. Fei. An. –VII. Garde. Et. RN. Lads. Lu. –VIII. Ricin. Pampa. Mc. Ouïe. Édam. –IX. Aé. Se. In. Eh. Cge. Tuba. –X. Ne. Sou. Plante. Tarse. On. –XI. Eleveur. Ré. Essai. Spore. Suc. –XII. Rurales. Ères. Pesticides. Aire. Verticalement –1. Gunter Gruner. –2. RSA. Saï. Élu. –3. Ia. BB. RCA. Er. –4. Gel. Die. Va. 5. Eta. En. Sel. –6. Ea. Âne. Soue. –7. Agriculteurs. –8. Veil. –9. Inc. Ca. Pré. –10. Ath. Tc. Aller. –11. Ap. 12. Ré. Épines. –13. Exploitants. –14. Tee. Esp. –15. Bec. Ferme. Aé. –16. Inh. Ranch. Is. –17. Oses. –18. Di. Paysan. Si. –19. IVG. PC. –20. Veaux. Lo. Toi. –21. PS. Faucard. 22. Ra. Pédigree. –23. Croisées.–24. Iran. Eu. –25. Tan. Va. Et. Écorce de chêne. Avance. Ajoute. –26. Ema. Un. Dû. Si. –27. Ede. Labour. –28. Transhumance. Nécessité est mère d'invention. Lesagriculteurs innovent depuis dessiècles pour conserver les sols et l’eau, lutter contre les maladies, gérer le bétail et réhabiliter des terres. Ils inventent de nou- velles techniques parce qu’ils y voient la pos- sibilité de développer des méthodes plus productives. De fait, l’innovation agricole offre un potentiel important pour le développement agricole des régions ACP, à condition que les chercheurs, universitaires et décideurs politiques reconnaissent sa valeur et s’en inspirent. Dans cette optique, le CTA a organisé, en collaboration avec des orga- nismes partenaires, des ateliers en Jamaïque, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) et au Sénégal sur le thème “Identifier et analyser les expériences et innovations des agricul- teurs”. Les participants étaient des délégués d’organisations paysannes, de groupements de commercialisation, d’organismes d’ensei- gnement et de recherche et de ministères clés. Ensuite, une série d’études de cas a été menée dans chacun des trois pays. Les rap- ports seront largement diffusés, afin d’attirer l’attention des décideurs et d’autres parties prenantes sur des exemples d’innovations paysannes. Un exercice pilote sur le terrain a permis d'élaborer une méthodologie afin d'identifier, documenter et promouvoir ce type d’innovation. Tranfert de technologies L’exercice a confirmé, s’il en était besoin, que les agriculteurs eux-mêmes peuvent grandement contribuer au transfert de tech- nologies. À de nombreuses reprises, des petits producteurs inventifs ont montré que leurs innovations pouvaient apporter des solutions à d’autres agriculteurs et constituer le maillon le plus efficace dans la diffusion de nouvelles techniques. En PNG, Diom Kuingiong Gorom, un jeune éleveur de volailles, a conçu un pou- lailler après avoir perdu des douzaines de poussins, victimes de prédateurs et de chiens. Bon marché et facile à fabriquer, ce poulailler est fait d’un support en bambou auquel est suspendu un nid qui protège les poules en couvaison. Facile à transporter, il a été montré à d’autres éleveurs qui se sont mis à fabriquer leurs propres modèles. Dans le village sénégalais de Banoba, un groupe d’agriculteurs a réussi à protéger la terre contre les incursions d’eau salée afin d’y faire pousser des patates douces. En Jamaïque, Robert Logan, éleveur, a inventé un biodigesteur pour recycler les déchets animaux ; le gaz produit alimente un réfrigérateur et un chauffe-eau. Les eaux usées de son exploitation sont acheminées vers une mare (pour nourrir les poissons) et une unité hydroponique (pour le maraî- chage). Des chercheurs étudieront certaines des innovations repérées au cours du processus afin d'en établir la base scientifique et voir comment les adapter pour d’autres agriculteurs. Mais le plus important, ce sont les liens qui se forgent ainsi entre agriculteurs inno- vateurs, chercheurs et vulgarisateurs. Ils ont tant à apprendre les uns des autres ! Rapports publiés sur : http://knowledge.cta.int/index.php/en/cta_and_s_t http://knowledge.cta.int Le magazine Spore Spore est le magazine bimestriel du Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – ACP-UE. Le CTA est régi par les Accords de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne. © CTA 2006, ISSN 1011 0054 Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accords de Cotonou ACP-UE CTA, Postbus 380 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : +31 317 467 100 Fax : +31 317 460 067 E-mail : cta@cta.int Site Web : http ://www.cta.int Rédaction : Directrice de la rédaction : Marie-Agnès Leplaideur Syfia International 20, rue du Carré-du-Roi 34000 Montpellier, France Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick Via dello Spagna 18 06049 Spoleto (PG), Italie Rédactrice en chef de la version française : Denise Williams Syfia International (adresse ci-dessus) Ont participé à ce numéro : N. Ackbarally, J. Bodichon, A. Camara, V. Ebner, F. Le Meur, A. Linard, D. Manley, L. Nalugwa, M. Ould Oudaa, E. de Solère Stintzy, F. Traoré, T. Hyawe-Hinyi, E. Tassé, A. B. Twizeyimana, avec l'appui éditorial du CTA. Mise en page : Intactile DESIGN, France Design : B. Favre Impression : Imprimerie Publicep, France Spore 124 • PAGE 15 • Entre nous L’innovation, source d’inspiration Services aux lecteurs Ecrire à Spore CTA - rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore ■ Recevoir la version imprimée L'abonnement est : • gratuit pour les organisations et particuliers vivant dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans l’UE : CTA Spore subscriptions, PO Box 173 6700 AJ Wageningen Pays-Bas ou spore@cta.int • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) : abonnement à souscrire auprès du distributeur commercial (voir ci-dessous). ■ Recevoir le résumé gratuit par e-mail Abonnez- vous à l'édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int ■ Lire Spore sur écran • sur le Web : consultez spore.cta.int • par satellite : captez les émissions de Spore Plus sur les canaux d’Afristar des programmes multimédia de First Voice International. 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La liste des publications disponibles est consultable dans le catalogue électronique du CTA (www.cta.int). ■ Toutes les autres publications, qui sont précédées d'un carré orange, sont disponibles chez les éditeurs mentionnés ou dans les librairies. Distributeur commercial SMI (Distribution Services) Ltd Units 17-18 Gunnels Wood Park Gunnels Wood Road Stevenage Hertfordshire SG1 4TP Royaume Uni Fax : + 44 1438 748844 E-mail : Darren@earthprint.co.uk Au Suriname, nous avons la chanced'avoir quantité de terres fertiles, derivières, de lacs, de marais et de sources d’eau douce. Ce pays pourrait être la corbeille de fruits et de légumes frais des Caraïbes. Ces richesses ne sont pourtant pas pleinement exploitées. De fait, l’agriculture n’est pas considérée comme une activité attrayante. Prenez le district de Para. On y trouve de nombreuses plantations anciennes – de sucre, café, cacao, bois et indigo – qui appartiennent à des descendants d’esclaves. Malgré de bonnes perspectives écono- miques, peu de gens s’intéressent à l’agricul- ture, car ils y voient une activité très pénible et peu rémunératrice. De nombreux jeunes, garçons et filles, migrent vers la capitale pour chercher du travail, laissant derrière eux des milliers d’hectares de bonnes terres qui ne demandent qu’à être exploitées. Le problème est qu’ils ne réalisent pas le potentiel énorme de l’agroalimentaire, de l’agriculture bio et de l’agrotourisme. Nous manquons d’informations et de connais- sances sur la manière d'articuler technologie et agriculture. Notre gouvernement ne fait pas grand-chose pour promouvoir ce secteur et beaucoup de paysans ont du mal à s'infor- mer. Tous n’ont pas accès à Internet et ils ignorent bien souvent vers qui se tourner pour obtenir de l’aide ou un conseil tech- nique. Ici comme ailleurs dans les Caraïbes, les jeunes Noirs ont tendance à laisser tomber les études. La drogue, la criminalité qui lui est associée et le VIH/sida nous font vivre des heures difficiles. Cependant, les femmes, en particulier les mères, ont un rôle à jouer pour réinsérer les jeunes. Ce sont les femmes qui traditionnellement cultivent dans ce pays et, si on peut les aider à profiter de la technologie et des marchés bio émergents, elles seront à même d’offrir un avenir meilleur à la jeunesse. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont attrayantes pour les jeunes. Elles peu- vent donner un élan innovateur à l’agricul- ture, un coup de pouce aux petites entre- prises agricoles, et ainsi les jeunes verront qu’on peut bien gagner sa vie grâce à l’agri- culture. Des technologies au service des communautés À la fondation, nous tentons d’attirer les jeunes vers l’agriculture en leur proposant des formations de base en TIC, e-commerce, agriculture biologique et agroalimentaire. Dernièrement, nous avons créé une exploita- tion qui sert d’unité de démonstration et de production d’un éventail de produits bio (légumes, tubercules, fruits, plantes médici- nales et fleurs). Nous avons jusqu’à présent défriché 3 ha de terre où nous cultivons des arbres fruitiers, du gingembre et des fleurs. Nous construisons aussi trois maisons pour de jeunes ménages qui vivront sur place. L’exploitation offrira des formations en transformation et en commercialisation. Les jeunes pourront y faire des stages et nous les aiderons, s’ils le souhaitent, à démarrer leur propre exploitation. Je crois qu’il est important d’aider les communautés à préserver leur tradition et à en tirer un revenu. Nous aidons des groupes de femmes à produire du pain de manioc, une céréale appelée kwak, du porridge et d’autres produits à plus grande échelle, à l’aide de moulins à manioc à moteur. Avec d’autres partenaires, nous mettons sur pied une fabrique de biscuits biologiques de manioc destinés à l’export, en collaboration avec des femmes marronnes de l’intérieur. Nous menons aussi un programme de recherche et développement sur les tisanes, les bains aux plantes et les huiles naturelles. Les Marrons et les autres groupes autoch- tones détiennent un riche savoir dans ce domaine. Toutefois, les plantes ne se conser- vent pas indéfiniment. Si les producteurs utilisent un humidificateur, ils peuvent conserver ces plantes plus d’un an. Un emballage plus attrayant du produit lui- même peut rapporter plus. Dans un autre projet, les femmes appren- nent à fabriquer des tissus d’ameublement à partir de fibres de feuilles de palmier, de coton, d’écorce d’ananas ou de bananier, ainsi que de textiles tissés. Elles ont déjà une gamme de produits mais, pour la diversifier, nous introduisons de nouveaux matériaux naturels de la forêt tropicale. Ces tissus seront vendus aux touristes, sur les marchés locaux et via Internet. Cette même commu- nauté apprend à développer sa production d’ananas. Dans l’immédiat, nous recher- chons une technologie de séchage solaire de morceaux d’ananas et d’autres fruits pour l’exportation. Hommes et femmes côte à côte Le succès de tous nos projets repose sur la coopération des hommes. Les femmes ont besoin d’eux pour les aider à récolter les matières premières. Les hommes doivent donc en tirer un revenu correct sur des quan- tités intéressantes. Soutenus par l’Institut interaméricain de coopération pour l’agri- culture (IICA), nous avons récemment lancé la section surinamienne du Réseau de femmes productrices rurales des Caraïbes (CANROP). La section SUNROP appuiera le secteur agricole au Suriname et sensibili- sera les jeunes hommes et femmes à l’idée d’un secteur agroalimentaire florissant, digne d’investissement. Il faut absolument amener le métier d’agriculteur au niveau où les outils de l’in- formation peuvent aider à améliorer les pra- tiques rurales et où ordinateurs et téléphones portables, Internet, sites Web et équipement high-tech de transformation font partie de l’environnement. La profession agricole, souvent dépréciée par les jeunes, y gagnera une nouvelle aura : elle peut leur offrir un avenir plus brillant que celui qui les attend pour l’heure. E-mail : colivieira@yahoo.com Spore 124 • PAGE 16 Point de vue • Cornelly Olivieira est cofondatrice de la Women’s Business Group Foundation (WBG), créée en 1993 pour encourager les femmes à monter de petites entreprises afin de lutter contre la pauvreté. Spécialiste de l’agriculture et des technologies de transformation, Mme Olivieira plaide pour le rapprochement de ces deux éléments afin d'offrir de nouvelles perspectives aux jeunes. “ Les jeunes verront qu’on peut bien gagner sa vie grâce à l’agriculture “ Agroalimentaire L’appel de l’agriculture Au Suriname comme dans d’autres pays ACP, nombre de jeunes se détournent de l’agriculture : elle exige trop de travail pour peu de profit, selon eux. Mais la technologie peut aider à améliorer les revenus et donner au secteur agricole un nouvel attrait aux yeux de la nouvelle génération. Les opinions exprimées dans ce Point de vue sont celles de l’auteur, et ne reflètent pas nécessairement les idées du CTA.