Quelles politiques pour am?liorer la comp?titivit? des petits ?leveurs dans le corridor central de l'afrique de l'ouest: Implications pour le commerce et l'int?gration r?gionale I L R I P r o c e e d i n g s I L R I P r o c e e d i n g s Proceedings of the workshop held in Abidjan C?te d'Ivoire, 17?18 September 2001 Minist?re de la Production Animale et des Ressources Halieutiques International Livestock Research Institute Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales Quelles politiques pour am?liorer la comp?titivit? des petits ?leveurs dans le corridor central de l?afrique de l?ouest: Implications pour le commerce et l?int?gration r?gionale Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in the central corridor of West Africa: Implications for trade and regional integration Proceedings of a workshop held in Abidjan, C?te d?Ivoire 17?18 September 2001 Editors S. Ehui, 1 M.B. Barry, 2 T.O. Williams, 1 M. Koffi-Koumi 3 and Zeleka Paulos 1 1. International Livestock Research Institute (ILRI), Addis Ababa, Ethiopia 2. Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES), Universit? de Cocody, Abidjan, C?te d?Ivoire 3. Conseiller Technique, Minist?re de la Production Animale et des Ressources Halieutiques, Abidjan, C?te d?Ivoire Centre Ivoirien de Recherches Economiques et Sociales BP. V 1295, Abidjan, C?te d?Ivoire International Livestock Research Institute P.O. Box 30709, Nairobi, Kenya Minist?re de la Production Animale et des Ressources Halieutiques BP. V 82, Abidjan, C?te d?Ivoire ? 2003 ILRI (International Livestock Research Institute) All rights reserved. Parts of this publication may be reproduced for non-commercial use provided that such reproduction shall be subject to acknowledgement of ILRI as holder of copyright. ISBN 92?9146?134?2 R?f?rence exacte: Ehui S., Barry M.B.,Williams T.O., Koffi-Koumi M. et Zeleka Paulos. (eds). 2003. Quelles politiques pour am?liorer la comp?titivit? des petits ?leveurs dans le corridor central de l?afrique de l?ouest: implications pour le commerce et l?int?gration r?gionale. Proceedings of a workshop held in Abidjan, C?te d?Ivoire, 17?18 September 2001. ILRI (Institut international de recherche sur l??levage), Nairobi, Kenya. 88 pp. Sommaire Pr?face ...............................................................v S. Ehui Mot de remerciements de l?ILRI ...........................................vii S. Ehui Synth?se du rapport final .................................................1 Communications des participants des pays Francophones du Corridor Central Le commerce du b?tail dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: contraintes et perspectives ..............................................7 S. Sidibe L??levage dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: impact des politiques ?conomiques r?gionales..............................12 Y. M?baye L??levage dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest: impact ?conomiques des maladies du b?tail................................16 Y.Y. Kaboret Professionalisation du secteur ?levage dans le corridor central de l?Afrique de l?Ouest, une r?ponse aux besoins alimentaires?Soci?t? NEMBEL INVEST: exp?rience et r?flexions sur l??levage laitier en C?te d?Ivoire .......................................................22 V.J. Nembelessini-silue L??levage au Niger: syst?mes en place, politiques commerciales, atouts et limites .......27 B. Maidadji L??levage au Mali: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives.........32 A. Coulibaly L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives ......................................................38 M.O. Ouedraogo, A. Dera et T. Barry R?les de l?Union Economique et Mon?taire Ouest Africaine et perspectives pour l?Elevage R?gional ...............................................46 M.A. Maiga L??levage en C?te d?Ivoire: poids ?conomique, d?veloppement et enjeu du secteur.....52 M. Koffi-Koumi, T.T. Mamadou et B.M. Bakar Communication des participants des pays Anglophones du Corridor Central Improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Nigeria: Challenges and opportunities ..........................................61 U. Amogu and A.Y. Salisu CIRES/MPARH/ILRI Workshop iii Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Ghana: Challenges and opportunities..........................67 K. Asafu-Adjei and A. Dantankwa List of participants .....................................................74 Sommaire iv CIRES/MPARH/ILRI Workshop Pr?face L?atelier d?Abidjan sur le th?me ? Quelles politiques pour accro?tre le commerce r?gional du b?tail dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest : implications pour le commerce et l?int?gration r?gionale ? a ?t? organis? par l?International Livestock Research Institute (ILRI), en collaboration avec le Minist?re de l?Agriculture et des Ressources Animales de la R?publique de C?te d?Ivoire, et avec le soutien logistique de la Banque Africaine de D?veloppement (BAD). L?objectif de l?atelier s?inscrivait dans le cadre de la lutte contre la pauvret? engag?e par les Etats et les gouvernements de la sous-r?gion, en collaboration avec les instituts de recherche et les bailleurs de fonds. Il visait de fa?on sp?cifique ? identifier les contraintes qui p?sent sur les petits ?leveurs de la sous-r?gion et qui les emp?chent d?acc?der au march? des produits animaux march? en pleine expansion, en raison notamment d?une pression de la demande, du? ? l?accroissement d?mographique et au ph?nom?ne d?urbanisation. Une des originalit?s de l?atelier ?tait la participation effective des ?leveurs et des marchands de b?tail, venus aussi bien des pays sah?liens producteurs que des pays c?tiers importateurs. A cette pr?sence d?op?rateurs ?conomiques s?ajoutait celle de scientifiques et de chercheurs, ainsi que la pr?sence de d?cideurs et de bailleurs de fonds. Cet interface a permis une fois de plus d?identifier les entraves au march? r?gional du b?tail et de la viande surtout pour les petits producteurs, mais ?galement de r?pertorier les d?fis et opportunit?s du secteur, dans le contexte de la mondialisation des ?changes. Les contributions des participants ont essentiellement port? sur la situation des diff?rentes fili?res animales dans les pays : production, sant? animale, commercialisation, ainsi que sur l?environnement institutionnel et macro?conomique. La compl?mentarit? naturelle des pays en mati?re de produits animaux ? ?t? mise en ?vidence, de m?me que les entraves ? une valorisation syst?matique du b?tail comme facteur privil?gi? d?int?gration ?conomique. Les pr?sentations ont ?t? suivies de discussions en commissions de travail sur les aspects production et commercialisation. Les principales conclusions et recommandations de l?atelier ont port? sur la n?cessit? de r?organiser les op?rateurs ? tous les niveaux, de mettre en place des structures de financement adapt?es, de r?gionaliser et d?harmoniser les programmes de sant? animale et les politiques sectorielles. Enfin les participants ont vivement souhait? que l?atelier d?bouche sur un programme r?gional de d?veloppement des productions animales qui valorise les avantages comparatifs des pays, tout en assurant aux petits producteurs un meilleur acc?s au march?. S. Ehui CIRES/MPARH/ILRI Workshop v Mot de remerciements de l?ILRI S. Ehui Son Excellence Monsieur le Ministre de l?Economie et des Finances Son Excellence Monsieur le Ministre de l?Agriculture et des ressources Animales Son Excellence Monsieur le Vice-Pr?sident de la Banque Africaine de D?veloppement Mesdames, Messieurs les repr?sentants des Institutions Internationales Mesdames, Messieurs les Directeurs des Centres et Instituts de Recherche Mesdames, Messieurs les Directeurs Centraux Distingu?s participants et invit?s Mesdames et Messieurs Nous voici au terme de nos travaux. Deux journ?es d?intense r?flexion et d??changes fructueux entre planificateurs, d?cideurs, chercheurs mais aussi et surtout avec la participation effective d?op?rateurs ?conomiques repr?sent?s ici par les petits ?leveurs et exportateurs, ont conf?r? ? notre atelier toute son originalit?. Nos travaux ont ?galement b?n?fici? de l?oreille attentive des institutions de financement, ce qui, nous l?esp?rons, va contribuer ? r?sorber une contrainte majeure au d?veloppement du secteur, celle de son financement. Je suis convaincu que l?interface Recherche/D?veloppement/op?rateurs ?conomiques/bailleurs de fonds qui a pr?sid? ? l?approche et ? l?esprit de cet atelier permettra de d?boucher sur des actions concr?tes et sur la mise en oeuvre de v?ritables programmes de d?veloppement visant ? r?duire la pauvret?, ? prot?ger l?environnement, ? assurer la s?curit? alimentaire et ? promouvoir l?int?gration des pays du corridor central dans un contexte de d?veloppement durable. C?est dans cette perspective, et pour mettre en oeuvre les recommandations de l?atelier que l?ILRI va s?atteler, en renfor?ant la collaboration avec les Institutions Nationales de Recherche ainsi qu?avec les partenaires du d?veloppement et la soci?t? civile. Excellences Messieurs les Ministres Mesdames et Messieurs Au terme de notre atelier je voudrais, au nom du Directeur G?n?ral de l?ILRI le Dr Hank Fitzhugh, adresser nos sinc?res remerciements au gouvernement de la C?te d?Ivoire et tout particuli?rement ? son Excellence le professeur Bohoun Bouabr?, Ministre de l?Economie et des Finances, ? Son Excellence le Docteur Alphone Douati, Ministre de l?Agriculture et des Ressources Animales, pour tout l?int?r?t qu?ils ont accord? ? cet atelier ainsi que pour le soutien financier qu?ils nous ont apport?. Je voudrais ensuite remercier la Banque Africaine de D?veloppement repr?sent?e ici par Monsieur le Vice-Pr?sident Cyril Enweze pour l?appui logistique qu?il nous a apport?, CIRES/MPARH/ILRI Workshop vii ainsi que pour la mobilisation et la disponibilit? de toutes les ressources pour l?organisation de cet atelier. Nos remerciements vont ?galement ? tous nos invit?s qui ont rehauss? de leur pr?sence les travaux de notre rencontre. A l?endroit des participants, et tout sp?cialement des op?rateurs ?conomiques, je voudrais dire que les r?solutions de l?atelier sont aussi et avant tout les v?tres car vous serez les acteurs principaux sur lesquels vont reposer les actions et programmes de d?veloppement qui vont en d?couler. Je souhaite de tout mon c?ur que nous puissions aboutir ? un ou plusieurs projets ? caract?re r?gional qui puissent promouvoir le commerce et l?int?gration r?gionale pour le bonheur de nos populations et surtout des plus pauvres. Comme je l?ai indiqu? hier, le manque d?action n?emp?chera par le secteur de se d?velopper, mais un d?veloppement sans action planifi?e et ma?tris?e, va avoir un impact peu significatif sur la croissance, la protection de l?environnement et la r?duction de la pauvret?. A tous, je dis merci, au revoir et ? tr?s bient?t. Mot de remerciements de l?ILRI viii CIRES/MPARH/ILRI Workshop Synth?se du rapport final Les 16 et 17 septembre 2001, s?est tenu ? Abidjan dans les locaux de la Banque Africaine de D?veloppement (BAD), un atelier r?gional intitul? ?Quelles politiques pour am?liorer la comp?titivit? des petits ?leveurs dans le corridor central de l?Afrique de l?Ouest : Implications pour le commerce et l?int?gration r?gionale?. La c?r?monie d?ouverture ?tait pr?sid?e par Son Excellence M. le Ministre de l?Agriculture et des Ressources Animales, Dr Douati Alphonse, avec ? ses c?t?s Son excellence M. le Ministre de l?Economie et des Finances, M. Bohoum Bouabr? et M. le vice-Pr?sident de la BAD, M. Cyril Nweze, ainsi que le Repr?sentant du Directeur G?n?ral de l?Institut International de Recherches sur l?Elevage (ILRI) Dr Simeon Ehui. Ont ?galement pris part ? l?atelier les repr?sentants des op?rateurs ?conomiques et des services techniques du Burkina Faso, du Ghana, de C?te d?Ivoire, du Mali, du Niger, du Nigeria ainsi que des responsables des organisations sous r?gionales et internationales UEMOA, CILSS, CLUSA, BAD, ILRI, FAO. Trois discours ont ?t? prononc?s ? la c?r?monie d?ouverture : ? celui du Vice Pr?sident de la BAD souhaitant la bienvenue aux participants ? celui du Repr?sentant de l?ILRI mettant l?accent sur l?int?r?t du pr?sent atelier ? celui du Ministre de l?Agriculture et des Ressources Animales se r?jouissant d?une telle initiative et souhaitant que des recommandations r?alistes sortent de l?atelier. Les travaux de l?atelier se sont d?roul?s en s?ances pl?ni?res et en commissions. Plusieurs communications ont ?t? faites ayant trait au th?me de l?atelier. A l?issue des travaux, l?Atelier a fait les recommandations suivantes : Dans le domaine de la production 1. la conduite d?une ?tude pour trouver de nouvelles formes de financement de l??levage en vue de la promotion et du d?veloppement des syst?mes de financement d?centralis?s (micro cr?dit) 2. l??laboration d?un cadre r?glementaire r?gional pour r?soudre les probl?mes fonciers li?s ? l??levage 3. l?exon?ration des droits et taxes sur les intrants et la mise en place d?un meilleur syst?me d?information pour leur acquisition 4. la mise en place d?un syst?me d?assurance et de couverture de risques et la conduite d?une ?tude sur l?impact des maladies transfrontali?res . 5. la lutte contre les ?pizooties et la surveillance sanitaire ? travers la mise en place de conventions zoo-sanitaires communautaires. 6. la p?rennisation du r?seau panafricain de lutte contre les ?pizooties au-del? des financements ext?rieurs CIRES/MPARH/ILRI Workshop 1 7. le renforcement des capacit?s des services d?appui -conseil et de recherche ? travers le d?veloppement de l?approche participative 8. la promotion des organisations professionnelles ? travers le renforcement des cadres nationaux de concertation (CNC) 9. L?actualisation des ?tudes sur la fili?re b?tail - viande en la prenant dans sa globalit?, c?est ? dire, des pays de production aux zones de consommation Dans le domaine de la commercialisation 1. la simplification et la rationalisation des circuits ? travers la structuration des circuits de commercialisation 2. la suppression des tracasseries routi?res par : ? la r?duction des postes de contr?le ? la mise en place de guichets uniques aux fronti?res ? la mise en place d?un observatoire des pratiques anormales au franchissement des fronti?res 3. l?am?lioration du syst?me de transport par : ? la cr?ation de pools de transporteurs, ? la d?r?glementation du secteur des transports, ? l?utilisation des chemins de fer, ? la recherche d?autres moyens de transport ? la mise en place de bourses nationales et r?gionales de fret 4. la mise en place d?un syst?me d?information performant et en temps r?el par la cr?ation d?un observatoire du commerce de b?tail avec des repr?sentations nationales. 5. le renforcement des capacit?s organisationnelles et techniques des op?rateurs ?conomiques par le d?veloppement de programmes de formation cibl?s et l?organisation de voyages d??tudes et d?exp?rience 6. le renforcement des infrastructures sur les march?s ? b?tail par l??quipement des march?s ? b?tail (p?se-b?tail, rampes d?embarquement,?) et la recherche de financement ainsi que la sensibilisation ? l?utilisation des infrastructures appropri?es. 7. la formalisation des op?rations commerciales par des contrats et la mise en place d?une structure de surveillance 8. l?am?lioration des probl?mes de transfert de fonds par l?extension du r?seau des banques r?gionales notamment la d?concentration de banques comme ECOBANK 9. l??tablissement de normes communes pour les transactions r?gionales du b?tail- viande par la mise en place d?un syst?me harmonis? de normes de qualit? 10. le renforcement et la r?habilitation des infrastructures par la mise en place d?un programme r?gional de modernisation des infrastructures (ex. March? frontalier, pistes ? b?tail; g?tes d??tape etc.). Synth?se du rapport final 2 CIRES/MPARH/ILRI Workshop La c?r?monie de cl?ture a ?t? pr?sid?e par Son Excellence M. le Ministre de l?Economie et des Finances, M. Bohoum Bouabr?, qui dans son discours s?est engag? ? apporter l?appui n?cessaire pour la mise en ?uvre des recommandations issues de l ?atelier. Auparavant, le vice-Pr?sident de la BAD avait pris le m?me engagement. Apr?s la c?r?monie officielle de cl?ture, un cocktail a ?t? offert aux participants par les organisateurs de l?atelier dans la salle de banquet de la BAD. Le mercredi 19 septembre 2001, une visite de terrain par avion, avec ? sa t?te Son excellence M. le Ministre de l?Economie et des Finances, a eu lieu ? Ferkess?dougou pour visiter la ferme laiti?re Nembel Invest. Synth?se du rapport final CIRES/MPARH/ILRI Workshop 3 Communications des participants des pays Francophones du Corridor Central Le commerce du b?tail dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: contraintes et perspectives S. Sidibe Conseiller Technique CLUSA/Mali This paper examines the issue of regional integration as the major challenge facing West African countries against the backdrop of livestock products seen as the most valuable instrument of integration. Although the devaluation of the CFA franc has boosted regional production, some constraints still hamper the development of the livestock sector. These include lack of organisation among farmers and appropriate financing schemes. Moreover, marketing policies and institutional systems are not clearly defined, which leaves a lot of room for illegal tax tariffs and corruption. To overcome these difficulties and improve the competitiveness of the sector, the operators need to get organised in such a way that links between producers and livestock traders could be more systematised. Sch?matiquement, le papier se subdivise en deux parties: la premi?re partie pr?sente la situation du secteur des productions animales dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest ; la seconde propose un certain nombre de r?formes et de politiques ? court et moyen termes, visant ? promouvoir le commerce r?gional du b?tail et des produits animaux. La premi?re partie s?articule autour de quatre points essentiels. 1. D?abord quelques constats. La volont? affich?e des ?tats de la sous-r?gion de relever le d?fi de l?int?gration sous-r?gionale, avec la fili?re b?tail-viande comme instrument privil?gi?, dans le cadre d?une compl?mentarit? naturelle pays sah?liens producteurs - pays c?tiers importateurs. Si la d?valuation du franc CFA, de janvier 1994 a ?t? une occasion de redonner un coup de fouet ? cette coop?ration sous-r?gionale, notamment par l?am?lioration de la comp?titivit? des productions locales, force est de constater que le secteur b?tail-viande reste encore largement du ressort de l?informel. Il convient d?observer par ailleurs que la d?valuation a entra?n? dans les pays sah?liens une hausse des prix des produits animaux et cons?cutivement une baisse de leur niveau de consommation. Au niveau de l?offre, la faible connaissance des syst?mes de production et des statistiques d??levage ne permettent pas de pr?voir les ajustements de la production aux variations de la demande tant au niveau r?gional que sur le plan international. 2. L?auteur rel?ve ensuite un certain nombre de contraintes majeures ?voqu?es par les petits ?leveurs et les commer?ants de b?tail eux-m?mes. Il s?agit principalement de risques li?s ? l?exercice de leur profession. C?est tout d?abord l?absence de contrat client pour l??coulement des produits, ce qui rend les d?bouch?s incertains ; ensuite les longs d?lais d?acheminement des animaux vers les march?s terminaux, entra?nant CIRES/MPARH/ILRI Workshop 7 d?importantes pertes physiques. Enfin l?absence de structures de financement, et les taxes illicites qui jonchent les circuits du b?tail, contribuent ? en accro?tre le prix final de cession. 3. En troisi?me lieu, les conditions de relance du secteur ?levage sont pr?sent?es. Il convient tout d?abord d?assurer une meilleure organisation de la production. En effet, la fragilit? des syst?mes traditionnels de production, mise en ?vidence par les ann?es cons?cutives de s?cheresse, exige une exploitation plus rationnelle des ?levages, notamment par des d?stockages plus judicieux tenant ? la fois compte des conditions climatiques et de la situation ?conomique des ?leveurs. Une modernisation progressive des syst?mes de production, en relation avec le reste de l?Economie permettrait d?assurer au secteur une plus grande viabilit?. Dans cette optique, les producteurs devront adh?rer ? une nouvelle vision du secteur, en acceptant que leurs projets particuliers soient ins?r?s dans des programmes plus globaux de d?veloppement ?conomique et social. Enfin, la mondialisation des ?changes devrait insuffler une nouvelle dynamique au secteur. 4. N?cessit? de d?finir des politiques commerciales performantes. S?appuyant sur les exemples de la C?te d?Ivoire et du Ghana, qui d?veloppent un ?levage bovin dans leur zone septentrionale, et ceux du Burkina-Faso et du Mali qui d?veloppent la production de riz et de ma?s dans leur zone m?ridionale, l?auteur rel?ve une distorsion dans les politiques commerciales et agricoles qui affaiblit l?int?gration, parce que ces politiques ne sont pas fond?es sur les avantages comparatifs respectifs des pays. Ce point examine en outre les conditions d?am?lioration de la comp?titivit? du secteur. Il s?agirait notamment d?assurer une plus grande r?gularit? des flux Sahel-C?te, ainsi qu?une meilleure qualit? et une plus grande diversit? des produits. Une compression des co?ts et une fiscalit? plus adapt?e contribueraient ?galement ? l?am?lioration de la comp?titivit? du secteur. L?organisation du march? est ?galement per?ue comme une n?cessit?, afin notamment de r?duire les co?ts de commercialisation, de promouvoir l?exportation de produits de qualit?, de s?curiser les approvisionnements, d?am?liorer le syst?me de transport et de convoyage. La seconde partie s?int?resse tout d?abord ? la restructuration du secteur. Elle propose ensuite quelques mesures de politiques commerciales ? moyen et long termes, visant essentiellement ? r?duire les co?ts de commercialisation. Elle aborde enfin les m?canismes de financement et de promotion de l?exportation de produits de bas de gamme. Il faudra tout d?abord proc?der ? une r?organisation des professionnels. Au niveau des ?leveurs, il s?av?re n?cessaire de mieux organiser la mise en march? des produits. L?offre de produits de qualit? exige le passage ? des sch?mas plus intensifs, ? l?embouche notamment, avec utilisation d?une alimentation ?quilibr?e. Pour mieux assurer l?approvisionnement en intrants pour les ?levages de type moderne, les producteurs devront s?organiser en coop?ratives afin d?accro?tre leur capacit? de n?gociation et leur ?ligibilit? aupr?s des institutions de financement. Au niveau des commer?ants exportateurs et importateurs de b?tail sah?lien, un minimum d?organisation s?impose ?galement. L?auteur sugg?re la cr?ation d?un pool d?exportateurs au niveau des pays sah?liens, un pool d?importateurs au niveau des pays c?tiers importateurs et des pools mixtes de transporteurs appartenant aussi 8 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Sidibe bien aux pays sah?liens qu?aux pays c?tiers. Cette forme d?organisation permettrait ? terme de r?soudre le probl?me d?acc?s au cr?dit qui appara?t comme la contrainte majeure ? l??panouissement du secteur. Par ailleurs la mise en ?uvre du contrat client permettra de r?duire les pertes physiques et les co?ts li?s ? l?entretien du b?tail en attente d?enl?vement. Ce m?me contrat devra assurer au client une s?curit? et une r?gularit? de ses approvisionnements. Ainsi structur?s, les exportateurs pourront organiser la prospection de fa?on pr?f?rentielle sur les march?s ? int?gr?s ?, ?tablir et d?velopper des relations commerciales directes et p?rennes avec des collectifs de producteurs, et les pools d?importateurs des pays c?tiers. Un tel syst?me permettra de r?soudre ? terme la question de l?asym?trie de l?information, contribuant ainsi ? une r?duction des imperfections du march?. Les op?rateurs vont installer leurs bases autour de march?s ?quip?s du b?tail et de la viande, localis?s sur les grands axes de commercialisation des produits animaux. Ces march?s devront ?galement abriter tous les services administratifs et v?t?rinaires devant intervenir dans le secteur, de fa?on ? assurer aux convois une plus grande fluidit?, en ?vitant tracasseries et taxes sauvages. Au niveau des pays c?tiers, les pools d?importateurs devront faciliter les transactions commerciales en travaillant en ?troite collaboration avec les exportateurs, en diffusant l?information sur les prix, le niveau de la demande, la qualit? du produit demand? etc..Quant aux transporteurs, qui devront se sp?cialiser en convoyage d?animaux, ils devront s?organiser pour assurer des convoyages group?s. Ils devront ?galement ?uvrer ? la recherche d?un partenariat avec tous les op?rateurs de la fili?re ainsi qu?avec les pouvoirs publics, notamment pour ?quiper les parcours en g?tes d??tape, rampes d?embarquement, etc. mais ?galement pour all?ger les proc?dures administratives. Tout ceci va n?cessiter l?implication d?un secteur priv? dynamique. Ces mutations ne seront possibles que si l?on parvient ? simplifier de fa?on notable au niveau institutionnel, les proc?dures administratives, fiscales et routi?res. En effet, ces proc?dures, telles qu?elles sont en vigueur ? l?heure actuelle sont ? l?origine de beaucoup de distorsions du march?. Il convient donc de mettre en place des mesures de simplification de ces proc?dures, afin de favoriser les ?changes intra r?gionaux en mettant fin notamment aux nombreuses tracasseries que subissent les op?rateurs tout au long des circuits du b?tail. M?me si certaines de ces mesures sont d?ores et d?j? institu?es, leur application sur le terrain n?est pas effective. Ce qui signifie que les gouvernements ont encore un r?le important ? jouer pour rendre ces mesures effectives. Ils devront veiller ? ce que toute taxe pay?e par les op?rateurs corresponde ? une prestation de service public, que le passeport du b?tail serve ? la fois de licence d?exportation et de certificat sanitaire. Les pouvoirs publics doivent s?assurer ?galement du fonctionnement du guichet unique situ? au niveau du march? ? b?tail. Les commer?ants de leur c?t? devront adopter des comportements et attitudes qui favorisent la transparence. Ils devront en outre, gr?ce ? leur nouvelle forme d?organisation, pouvoir mieux se faire entendre et comprendre par les gouvernements, pour la prise en compte de leurs pr?occupations en vue d?am?liorer leurs conditions de travail pour une meilleure profitabilit? de leur activit?. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 9 Le commerce du b?tail dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: contraintes et perspectives Le financement du secteur, souvent relev? comme la principale limite au d?veloppement des activit?s, devrait ?tre abord? en concertation ?troite entre op?rateurs et institutions de financement. Cette concertation devrait amener ? r?duire le risque li? aux transactions commerciales et par cons?quent ? une plus grande fiabilit? des op?rations et des projets, donc ? de meilleures possibilit?s de financement. Ceci n?est possible que si les op?rateurs s?organisent dans un cadre r?glementaire et non plus informel. Les banques de leur c?t? doivent sensibiliser les commer?ants et leur apporter les conseils n?cessaires pour rendre leur activit? plus saine et leurs projets moins risqu?s et plus finan?ables. S?agissant des produits dits de bas de gamme (cinqui?me quartier, viande caprine, patte et peau de b?uf), l?auteur sugg?re que le commerce de ces produits fasse l?objet d?une organisation sp?cifique, car le march? pour ces produits existe dans les pays c?tiers. Enfin, il faudra ? terme envisager d?exporter des produits transform?s et conditionn?s ? forte valeur ajout?e plut?t que des animaux sur pied. C?est cette ?volution qui permettra en outre de conqu?rir les march?s lointains, dans le cadre de la mondialisation des ?changes. En guise de conclusion, l?auteur estime que la redynamisation du secteur passe n?cessairement par une red?finition d?un espace sous r?gional, d?barrass? des nationalismes ?troits o? le seul et v?ritable enjeu serait la valorisation de nos compl?mentarit?s. R?f?rences Afrique Agriculture no 283 Juillet-A?ut 2000. Boutonnet J.P., Griffon M., Viallet D. 2000. Comp?titivit? des productions animales en Afrique Sub-saharienne. Publ. 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CIRES/MPARH/ILRI Workshop 11 Le commerce du b?tail dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: contraintes et perspectives L??levage dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: impact des politiques ?conomiques r?gionales Y. M?baye Coordonnateur des activit?s d?appui de Michigan State University ? l?Institut du Sahel/Bamako The paper prescribes sound macro-economic policies as a prerequisite to any successful sector policy and presents the importance of the livestock sector in Mali. Livestock plays a significant role in the Malian national economy as the second largest provider of foreign currency and contributes to an estimated 20% to the GDP. The paper then presents the impact of the structural adjustment programmes on the livestock sector. The effects of the devaluation of the CFA currency on the regional trade are also analysed, together with the implications and recurrent challenges on livestock products and regional integration. L?auteur s?interroge tout d?abord sur la pertinence d?une telle communication. Pour r?pondre ? la question, il rappelle que les politiques sectorielles ne peuvent aboutir que lorsqu?elles s?inscrivent dans un cadre macro?conomique favorable. C?est donc dans cette perspective que le sujet est abord?. Le document pr?sente tout d?abord les particularit?s du secteur de l??levage dans la zone. Il aborde ensuite les effets des programmes d?ajustement structurel et de la d?valuation du franc CFA sur le secteur, et enfin les enjeux et d?fis ? relever. 1 Les particularit?s de l??levage dans la zone Dans le sous-espace centre, l??levage est une activit? tr?s importante, plus particuli?rement pour les pays sah?liens. Au Mali par exemple, le secteur repr?sente 20% du PIB et reste le second pourvoyeur de devises du pays ; pr?s d?un tiers de la population vit de l??levage. Malgr? cette importance le secteur b?n?ficie de peu d?attention de la part des pouvoirs publics, parce que tout simplement les enjeux internationaux sont quasiment absents, contrairement aux sp?culations v?g?tales comme le coton dans le Sahel, le caf? et le cacao dans le Sud. Cette relative marginalisation se traduit par un encadrement faible et le manque de donn?es fiables dans le secteur. 2 Les effets des programmes d?ajustement et de la d?valuation sur le secteur Les programmes de stabilisation et de relance, mis en ?uvre ? partir des ann?es 1980 pour corriger des d?s?quilibres macro?conomiques persistants et relancer la croissance, vont 12 CIRES/MPARH/ILRI Workshop avoir des effets significatifs sur le secteur des productions animales dans la r?gion. La limitation des d?penses publiques a r?duit la possibilit? des Etats de ? r?aliser des investissements publics dans le secteur. Ce d?sengagement de l?Etat de par contre favoris? la privatisation de certains maillons de la fili?re et l??mergence de certaines cat?gories socioprofessionnelles jusque l? du ressort de la fonction publique. C?est ainsi qu?on assiste progressivement ? l?installation de v?t?rinaires priv?s. L?objectif d?accro?tre les recettes budg?taires s?est traduit par une augmentation des co?ts de production, en raison notamment de l?augmentation de la TVA et des droits de douane sur les intrants import?s. En exigeant la lib?ralisation des ?changes, les programmes d?ajustement ont ?galement contribu? ? r?duire la protection du secteur, d?sormais ouvert ? la comp?tition internationale, mais surtout ? une concurrence d?loyale. Au niveau des consommateurs ?galement, l?impact a ?t? nettement ressenti, les red?ploiements dans la fonction publique s??tant traduits tant?t par une r?duction du nombre de fonctionnaires, tant?t par une diminution des salaires. La baisse du pouvoir d?achat a entra?n? une baisse de la demande, surtout de produits animaux. L??volution de la demande de viande de la C?te d?Ivoire illustre cette tendance. La d?valuation du franc CFA de janvier 1994, est consid?r?e comme un fait majeur dans les ?conomies ouest africaines. Avant cette p?riode, les produits animaux sah?liens subissaient une rude concurrence de la part des viandes extra-africaines subventionn?es, en provenance essentiellement de l?Union Europ?enne. Donc l?un des effets attendus de la d?valuation ?tait de restaurer la comp?titivit? des exportations sah?liennes sur les march?s c?tiers. Une des toutes premi?res cons?quences de la d?valuation a ?t? une hausse des prix aussi bien de la viande que des animaux sur pieds. Cette hausse a ?t? cependant beaucoup plus importante dans les pays fournisseurs que dans les pays importateurs. Au niveau de la fili?re ?galement les r?percussions n?ont pas ?t? uniformes d?un op?rateur ? l?autre. Ainsi au Burkina et au Mali par exemple, ce sont les producteurs et les chevillards qui ont le plus b?n?fici? de la hausse des prix. Si cette hausse des prix a constitu? une incitation pour certains op?rateurs, elle a ?galement entra?n? un rench?rissement des intrants import?s, comme les produits v?t?rinaires. Par la m?me occasion certains sous-produits agro-industriels trouvaient des d?bouch?s ? l?ext?rieur de la zone, et donc n??taient plus disponibles sur le march? local pour l?alimentation du b?tail. Au niveau des pr?l?vements, les producteurs ont tout d?abord r?agi favorablement en d?stockant massivement juste apr?s la d?valuation, puis ilyaeuunetendance ? la r?tention, ce qui a conduit ? la situation d?avant d?valuation. Dans l?ensemble, les exportations ont augment? de 58% et 85% respectivement pour le Mali et le Burkina Faso, depuis la d?valuation, par rapport ? la p?riode 1990-1993, alors que les abattages int?rieurs baissaient respectivement de 11% et 18% par rapport ? la m?me p?riode. Les parts de march? ont ?galement connu des bouleversements. La C?te d?Ivoire qui absorbait pr?s de 90% des exportations du Burkina doit c?der 37% de parts de march? au Ghana. Face ? cette hausse des prix, les producteurs ont adopt? de nouvelles strat?gies de production afin de r?duire leurs co?ts. Ces strat?gies vont de la r?duction du cycle d?embouche ? l?int?gration verticale o? le chevillard lui-m?me va chercher les animaux dans les zones de production. Dans une perspective de reconstitution du cheptel, on a ?galement CIRES/MPARH/ILRI Workshop 13 L??levage dans le sous-espace centre d?Afrique de l?Ouest: impact des politiques ?conomiques r?gionales assist? ? cette p?riode ? un rench?rissement des matrices de reproduction. Les consommateurs ont ?galement r?agi ? la hausse des prix en r?duisant leur demande de viande. En C?te d?Ivoire et au Ghana cette baisse de la consommation s?est traduite par une diminution des importations en provenance de l?Union Europ?enne. L?analyse du compte de la fili?re fait ressortir que le co?t support? par le consommateur est essentiellement imputable au prix du producteur et ? la marge du chevillard. Les co?ts de commercialisation, de transport et de transformation sont rest?s relativement stables apr?s la d?valuation. Il est ?galement apparu que le marchand est celui qui enregistre le revenu net d?exploitation le plus bas. Entre 1993 et 1996, le revenu r?el de l ??leveur a augment? de 18% au Mali et de 28% au Burkina Faso. Pour la m?me p?riode, le revenu de l?exportateur ?tait sup?rieur ? celui du marchand op?rant ? l?int?rieur de ses fronti?res. 3 Enjeux et d?fis Un des d?fis du secteur aujourd?hui est de parvenir ? satisfaire les consommateurs sah?liens aux revenus plus modestes, et la demande des pays c?tiers plus solvables. En effet, un des effets n?gatifs de la d?valuation avait ?t? une diminution drastique de la consommation de viande dans les pays sah?liens, avec des cons?quences n?fastes sur l??quilibre nutritionnel des populations. Il s?agira donc de parvenir ? r?tablir les niveaux ant?rieurs de consommation dans les zones sah?liennes tout en satisfaisant la demande des pays du Sud. Au niveau international, les dispositions de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ouvrent de nouvelles perspectives au secteur. On assiste par ailleurs ? une r?duction des subventions accord?es par l?Union Europ?enne aux exportateurs, et ? une diminution des stocks des frigos de la communaut?. Si ? cela on ajoute la d?saffection pour la viande bovine de certains pays europ?ens, en raison de la maladie de la vache folle, les produits du corridor central devraient pouvoir conqu?rir des parts de march? sur le vieux continent. Pour satisfaire une demande en expansion et de plus en plus exigeante, il faudra sans doute am?liorer les syst?mes de production actuels. Il faudra recourir ? des syst?mes plus intensifs, plus performants, g?r?s et exploit?s de fa?on plus rationnelle. Il faudra ?galement proc?der ? une reconstitution du potentiel de reproduction du cheptel, si l?on veut adapter l?offre aux exigences et ? l??volution de la demande. Enfin, du fait de l?arrimage du franc CFA ? l?Euro, la comp?titivit? des produits animaux du corridor central sur le marche mondial d?pendra en grande partie du comportement de la devise europ?enne face aux autres devises. L?auteur conclut en disant que les politiques macro?conomiques peuvent cr?er un environnement ?conomique favorable au d?veloppement du secteur de l??levage. Mais les politiques sectorielles de leur c?t? devront ?tre bien con?ues et s?inscrire dans un cadre coh?rent. R?f?rences Banque Mondiale. L?ajustement en Afrique, r?sultats et chemin ? parcourir. BIRD/Banque Mondiale Washington, DC, USA. , 1994. 14 CIRES/MPARH/ILRI Workshop M?baye Bert? K. et Daniel Z. 1996. ?Impact de la d?valuation sur la fili?re b?tail/viande en C?te d?Ivoire? ENSA/PRISAS. Bert? K. et Daniel Z. 1996. ?Impact de la d?valuation sur la fili?reb?tail/viande en C?te d?Ivoire: synth?se des r?sultats? ENSA/PRISAS. CILSS/Institut du Sahel. 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Kaboret Service de Pathologie M?dicale, Ecole Inter-Etats des Sciences et M?decine V?t?rinaires BP 5077 Dakar/S?n?gal The paper provides a spectrum of the animal diseases in the West Africa sub-region. Rinderpest, Rift Valley fever and trypanosomiasis among others, are cited as the most important. Despite an annual average growth rate of 2 to 3.5%, the overall performance of the sector is still low, due in part to these diseases. It recommends that strategies to fight against these diseases should be undertaken at the regional level to be cost-effective. In order to take advantage of a growing demand for livestock products both in the region and on the international market, measures of prophylaxis should be generalised. Dans une introduction l?auteur resitue la r?gion dans un contexte mondial au plan des maladies du b?tail et de leur impact ?conomique. Dans un premier point il rappelle les tendances r?centes de la performance de l??levage en Afrique de l?ouest, puis dans un second point il examine l?impact des maladies sur la productivit? et la comp?titivit? du secteur, enfin dans un troisi?me point il propose des strat?gies de lutte contre les maladies animales et des mesures visant au renforcement de la productivit? et de la comp?titivit?. 1 Les tendances r?centes de la performance de l??levage en Afrique Au plan mondial, l?Afrique sub-saharienne offre un palmar?s peu reluisant en mati?re de maladies du b?tail. Elles entra?nent des pertes consid?rables qui se chiffrent annuellement en milliards de dollars. Les maladies ?pizootiques hautement contagieuses comme la fi?vre aphteuse, la p?ri-pneumonie contagieuse bovine, la fi?vre de la vall?e du Rift, la peste des petits ruminants et la dermatose nodulaire bovine, continuent d?essaimer d?un pays ? l?autre, en raison des d?placements des animaux (transhumance, ?changes commerciaux). Les tendances actuelles de la performance du secteur dans la sous-r?gion indiquent que depuis 1998, l??levage ouest africain conna?t un taux de croissance annuel qui se situe entre 2 et 3,5% pour les bovins et ? 3,5% pour les petits ruminants des r?gions sah?liennes. Les taux d?exploitation sont respectivement de 10% pour les bovins et de 27% pour les ovins-caprins. Dans les zones c?ti?res les taux de croissance se situent entre 1 et 2,5% pour les bovins, et ? 3% pour les petits ruminants. Pour l?ensemble de l?Afrique de l?ouest, les 16 CIRES/MPARH/ILRI Workshop effectifs ont sensiblement augment? ces derni?res ann?es, atteignant le chiffre de 41,522 millions de t?tes en 1998. Cette augmentation des effectifs ne doit cependant pas cacher la faible productivit? des animaux (poids ? la naissance, poids adulte, inter-v?lages, ?ge au sevrage), un taux ?lev? de mortalit? chez les jeunes, de faibles performances laiti?res. Avec de tels niveaux de production et de productivit?, les ?levages de la r?gion ne peuvent d?gager que de faibles exc?dents commercialisables. Il convient de noter cependant que malgr? ces faiblesses, les animaux de la sous-r?gion poss?dent des avantages, au nombre desquels leur grande rusticit? ( trypanotol?rance, adaptation ? l?environnement tropical, mobilit? sur de grandes distances). L?am?lioration de la comp?titivit? du secteur s?inscrit ?galement dans le cadre de la lutte contre la pauvret?, de la pr?servation de l?environnement, dans un contexte de d?veloppement durable. Pour atteindre ces objectifs, des actions doivent ?tre men?es, non seulement au niveau des syst?mes de production, mais aussi au niveau de l?animal lui-m?me, tout sp?cialement de sa sant?. Il faudra en effet repositionner le secteur en tenant compte du contexte international, de son ?volution et de ses exigences. 2 Impact des maladies du b?tail sur la productivit? S?agissant tout d?abord des efforts entrepris par les Etats, avec l?appui des institutions internationales pour lutter contre les maladies du b?tail, l?auteur rappelle que toute action de lutte devrait ?tre vue sous l?angle co?t -avantage. Une telle approche ne pouvant donner des r?sultats significatifs que si elle s?appuie sur des donn?es fiables. Dans cette perspective, une bonne connaissance de la situation sanitaire de la r?gion s?av?re ?tre un pr?alable. Concernant les maladies transfrontali?res tout d?abord, ce sont des maladies infectieuses hautement contagieuses, appartenant ? la liste A de l?Office International des Epizooties (OIE) et consid?r?es comme des maladies susceptibles de s??tendre au del? des fronti?res nationales et dont les cons?quences socio-?conomiques et sanitaires peuvent ?tre graves? l?incidence sur le commerce international des animaux et de leurs produits pouvant ?tre mat?rialis?e par des interdictions. Les m?thodes de lutte contre ces maladies, particuli?rement celles qui sont transfrontali?res, repose sur un ensemble de mesures d?finies par le code zoosanitaire de chaque pays, conform?ment au Code Zoosanitaire International. L?application de ces mesures reste du ressort des services v?t?rinaires des Etats. Elle est souvent insuffisante, et donne des m?thodes de lutte nombreuses et vari?es S?agissant de la fi?vre aphteuse, il convient de noter qu?elle reste la maladie la plus urgente, mais aussi la plus difficile ? combattre dans le sous-espace. Elle touche toutes les esp?ces et se traduit par une alt?ration des productions animales (lait, travail). Pour ?viter la propagation de la maladie, les animaux sont vaccin?s dans plusieurs pays. La vaccination est interdite dans l?Union Europ?enne depuis 1991. La p?ri-pneumonie contagieuse bovine (PPCB) est une maladie infectieuse et contagieuse des bovins qui a connu une nouvelle flamb?e en Afrique Subsaharienne ces derni?res ann?es, entra?nant des pertes ?conomiques ?normes. En 2000, plusieurs pays ont CIRES/MPARH/ILRI Workshop 17 L??levage dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest: impact ?conomiques des maladies du b?tail d?clar? la pr?sence de nombreux foyers de p?ri-pneumonie bovine. Parmi les strat?gies de lutte mises en ?uvre, l?on retiendra celles relatives aux maladies ?pizootiques transfrontali?res c?est ? dire l?abattage syst?matique des animaux, mais surtout la vaccination. La fi?vre de la vall?e du Rift ou h?patite enzootique est une maladie ?pizootique ? l?origine d?avortements et de forte mortalit?. Le virus se transmet par l?interm?diaire des moustiques, et la pr?vention contre la maladie est difficile car il n?y a pas encore de vaccin. La peste bovine, elle, est pratiquement ?radiqu?e gr?ce ? la mise en ?uvre du programme PARC (Programme Panafricain de lutte contre la Peste Bovine). Les autres maladies ?pizootiques font l?objet de peu d?attention. Les maladies moins contagieuses ou maladies enzootiques sont des maladies transmissibles et qui sont consid?r?es comme importantes du point de vue socio?conomique et sanitaire. Parmi elles figurent la trypanosomiase bovine, les maladies infectieuses (fi?vre charbonneuse, brucellose, tuberculose etc.). Toutes ces maladies ont un impact significatif sur la productivit? des troupeaux. Elles sont responsables notamment de la forte mortalit? des animaux, des pertes de poids, des retards de croissance, de la diminution de la fertilit?, de la r?duction de la force de travail. Les estimations des pertes subies par la sous-r?gion se chiffrent ? plusieurs centaines de millions de dollars par an. A titre d?exemple, la trypanosomiase ? elle seule est responsable de pertes estim?es ? plus de US $500 millions chaque ann?e. Au niveau des ?changes internationaux, ces maladies ont ?galement un impact n?gatif, dans la mesure ou elles sont responsables de l?augmentation de la dur?e de l?embargo commercial que subissent les produits animaux en provenance des pays africains. Traditionnellement la sant? animale ?tait d?ordre public et les services v?t?rinaires relevaient de l?Etat. L?av?nement des programmes d?ajustement structurel a remis cet ordre en cause, et la contribution des Etats au financement des services publics s?est amenuis?e. Une des premi?res cons?quences de ce d?sengagement de l?Etat est la d?t?rioration de la qualit? des services de sant? animale. Au niveau r?gional, les Etats s?efforcent, avec le concours de la coop?ration internationale de mettre en ?uvre des programmes de lutte. Ainsi le Programme de lutte contre la Peste Bovine Africaine (PARC), mis en ?uvre sous les auspices du Bureau Inter Africain des Ressources Animales de l?Organisation de l?Unit? Africaine (BIRA/OUA) a donn? des r?sultats positifs dans la lutte contre la peste bovine. Ces r?sultats positifs permettent d?esp?rer qu?? terme le PACE parviendra ? ?radiquer et ? contr?ler d?autres maladies majeures comme la p?ri-pneumonie contagieuse des bovid?s (PPCB). 3 Strat?gies de lutte et mesures visant au renforcement de la productivit? et de la comp?titivit? Les strat?gies de lutte devront reposer essentiellement sur les avanc?es biotechnologiques et le d?veloppement spectaculaire des nouvelles technologies de l?information. L??radication des maladies transfrontali?res n?cessite la mise en ?uvre de mesures visant ? conf?rer ? tout ou partie du territoire le statut de zone indemne de fi?vre aphteuse et autres ?pizooties, et ne 18 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Kaboret pratiquant pas de vaccination. Quant au contr?le des maladies infectieuses et non infectieuses enzootiques, il se traduit par des campagnes de vaccination de masse. Les maladies transmises par les tiques n?cessitent ?galement des campagnes de vaccination, associ?es ? un programme d??radication des tiques. La FAO, en collaboration avec d?autres institutions, appuie ce programme. Pour le trypanosome, la strat?gie consiste essentiellement ? lutter contre la mouche ts?-ts?, gr?ce notamment ? l?utilisation de la technique des insectes st?riles. La lutte contre les helminthoses repose quant ? elle sur le d?veloppement de programmes de d?parasitage et sur l?am?lioration des conditions d??levage. Ces programmes devraient ?tre entrepris en privil?giant l?approche sous-r?gionale, ce qui en plus de son aspect int?gration, permet une harmonisation et une normalisation des strat?gies de lutte. Le zonage peut ?galement ?tre pratiqu?. Il consiste ? d?finir sur un territoire donn? des aires g?ographiques de statuts zoo-sanitaire diff?rents, ce qui peut permettre au pays de participer aux ?changes internationaux. Pour parvenir ? terme ? une ?radication et ? un contr?le des maladies animales pour une am?lioration des productions animales et des ?changes commerciaux sous-r?gionaux et internationaux, l?auteur formule un certain nombre de recommandations : ? Au niveau sous-r?gional, il s?agira de renforcer la coop?ration en mettant en place un programme conjoint de lutte contre les maladies transfrontali?res et les zoonoses, sous l??gide de la CEDEAO ou de l?UEMOA, d?harmoniser et de normaliser des programmes d??radication des autres maladies enzootiques. ? Au niveau des pays, les capacit?s techniques et institutionnelles devront ?tre renforc?es pour la reconnaissance et la recherche de foyers de maladies end?miques, notamment par la cr?ation de laboratoires, de r?seaux de collecte d?information et de certifications. ? Au niveau des services v?t?rinaires, les propositions concernant l?initiation et la coordination des programmes de vaccination massive, l?utilisation des intrants, notamment des vaccins de bonne qualit?, reconnus au plan international pour leur efficacit? et leur innocuit?, l?am?lioration fonctionnelle des services v?t?rinaires nationaux, la cr?ation d?un cadre institutionnel pour faciliter l?intervention des praticiens priv?s, l?organisation et la ma?trise des d?placements du b?tail, la mise en place de syst?mes d?information et d?alerte rapide tant au niveau national qu?au plan r?gional, la mise en place d?un syst?me d?indemnisation des producteurs en cas d?abattage ? Avec les producteurs, il faudra d?velopper des campagnes de sensibilisation et de formation dans le but d?am?liorer les techniques de production, de ma?trise des maladies animales, de gestion et de commercialisation du b?tail. ? Il faudra encourager la recherche/d?veloppement, notamment sur la r?sistance des animaux aux maladies, les aspects ?pid?miologiques des maladies et leur impact, le d?veloppement des outils biotechnologiques et des vaccins. Ces recommandations devront s?accompagner d?une volont? politique clairement exprim?e par les Etats, de mani?re ? assurer leur mise en ?uvre effective. En conclusion l?auteur rappelle que la demande de produits alimentaires d?origine animale est sans cesse croissante, en raison notamment de l?accroissement d?mographique et du ph?nom?ne d?urbanisation. Pour satisfaire ces besoins, il faudra n?cessairement accro?tre la production, assurer le contr?le des maladies transfrontali?res et enzootiques. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 19 L??levage dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest: impact ?conomiques des maladies du b?tail Dans le contexte de la mondialisation, des strat?gies utilisant la prophylaxie doivent ?tre d?velopp?es pour conf?rer ? moyen terme ? la sous-r?gion ou ? une zone d?un pays, le statut indemne ne pratiquant pas la vaccination contre la fi?vre aphteuse et les autres ?pizooties. Ces m?thodes ne seront d?ploy?es de mani?re efficace que si elles reposent sur des donn?es fiables. Finalement la comp?titivit? du secteur d?pendra de sa capacit? ? moderniser ses techniques, ses outils et ses moyens d??radication des maladies ?pizootiques et de contr?le des enzooties, pour que ses productions s?adaptent ? un environnement sous-r?gional et international ouvert. R?f?rences Afrique Agriculture no 283 juillet-a?ut 2000. Boutonnet J.P., Griffon M., Viallet D. 2000. Comp?titivit? des productions animales en Afrique Sub-saharienne. Publ. 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CIRES/MPARH/ILRI Workshop 21 L??levage dans le sous-espace centre de l?Afrique de l?Ouest: impact ?conomiques des maladies du b?tail Professionalisation du secteur ?levage dans le corridor central de l?Afrique de l?Ouest, une r?ponse aux besoins alimentaires?Soci?t? NEMBEL INVEST : exp?rience et r?flexions sur l??levage laitier en C?te d?Ivoire V. J. Nembelessini-silue PDG de NEMBEL INVEST From a historical perspective, this paper highlights the performances of sub-regional agricultural policies, especially in C?te d?Ivoire. These policies were based on the natural endowments of the country in the region, its comparative advantages, and the indigenous knowledge of the farmers. These policies are also compared with European agricultural policies in the last century, which were characterised by specialisation and high performance. It discusses issues that are presumed to prevent African agriculture from following the same path, such as wrong agricultural policies, lack of entrepreneurship, lack of adequate financing, and weakness of the research system. In that context, livestock have a major role to play; they must be the engine of agricultural development. Many opportunities exist in the sub-sector, especially in the milk and dairy product sectors, where the rate of self-sufficiency is very low. The experience of NEMBEL INVEST shows the challenges to overcome in such an enterprise. S?appuyant sur les statistiques de la FAO, le document commence par pr?senter un certain nombre de g?n?ralit?s sur l??volution de la population mondiale et des besoins alimentaires et nutritionnels qui en d?coulent. Le papier s?appesantit ensuite sur les nouvelles opportunit?s de l??levage qui est per?u ici comme le moteur essentiel du d?veloppement de l?agriculture. 1 G?n?ralit?s Les besoins ?nerg?tiques de la population mondiale ne sauraient ?tre couverts que par une production agricole ?galement en croissance. Cette croissance r?sulte des facteurs suivants : a) une g?n?ralisation de la m?canisation dans les pays d?velopp?s et une sp?cialisation de la production, b) une augmentation des superficies agricoles, surtout dans les pays en d?veloppement, c) le d?veloppement de syst?mes int?gr?s et intensifs dans les r?gions les plus peupl?es du monde et d?pourvues de nouvelles terre ? d?fricher. Cette ?volution ne saurait cependant faire oublier que la majorit? des populations rurales des pays en d?veloppement ne disposent que d?un outillage rudimentaire, d?un mat?riel v?g?tal et 22 CIRES/MPARH/ILRI Workshop animal peu performant. A ces faiblesses s?ajoutent la concurrence d?loyale des agricultures des pays d?velopp?s et la baisse tendancielle des prix des produits agricoles. Cette situation appelle un certain nombre d?interrogations : a) quels sont les moyens et politiques de d?veloppement appliqu?s dans les pays d?velopp?s ? b) quels sont les facteurs d?appauvrissement de la paysannerie africaine ? c) quel bilan de la production agricole et de la consommation peut-on ?tablir pour l?Afrique de l?ouest, et quelles perspectives peut-on envisager pour les d?cennies ? venir ? Pour r?pondre ? ces pr?occupations, l?auteur proc?de tout d?abord ? une analyse des politiques de d?veloppement rural. L?histoire du d?veloppement agricole des pays industrialis?s enseigne que vers la moiti? du 20?me si?cle, le tissu agraire ?tait compos? de petites exploitations de polyculture v?g?tale et animale. Comment en un demi-si?cle, ces exploitations ont-elles pu se transformer en unit?s de production sp?cialis?es et de grande taille ? Cette m?tamorphose qualifi?e souvent de ? r?volution agricole contemporaine ? proc?de en fait d?une s?rie de transformations graduelles qui se sont d?velopp?es au rythme des avanc?es de l?industrie, des transports et communications et de la recherche agronomique. Dans le domaine sp?cifique de l??levage laitier, ces transformations ont ?t? ?galement notables. L?accroissement spectaculaire de la production c?r?ali?re a permis de consacrer une part croissante de grains ? la fabrication d?aliments du b?tail, et cons?cutivement de multiplier les rendements des productions animales. Ce mat?riel animal hautement performant mais fragile a n?cessit? ?galement une attention particuli?re, notamment au niveau de la protection sanitaire. En d?finitive, on peut retenir du mod?le de d?veloppement agricole des pays d?velopp?s, que la m?canisation, la s?lection vari?tale, l?alimentation du b?tail et la m?decine des plantes et des animaux sont des param?tres intimement li?s. Mais au-del? de ces param?tres objectifs et quantifiables, il faut retenir surtout que les op?rateurs, confront?s ? un environnement hostile, ont d? mener un combat de survie contre les hostilit?s de la nature. Ils ont r?ussi ? trouver des solutions ad?quates et ? transformer les probl?mes rencontr?s en avantages pour leur d?veloppement Au niveau sous- r?gional et en C?te d?Ivoire en particulier, l?analyse des politiques de d?veloppement agricole fait ressortir un certain nombre de forces mais ?galement quelques faiblesses. Ces politiques trouvent tout d?abord leur fondement dans les atouts naturels du pays, au titre des ressources naturelles et des pratiques ancestrales, mais ?galement dans le legs colonial (d?veloppement des cultures de rente sur la base des avantages comparatifs). Au lendemain des ind?pendances, la plupart des gouvernements ont cr?? des soci?t?s d?Etat pour pallier l?inexistence d?un capitalisme priv?. Ces soci?t?s para-publiques avaient pour vocation d?assurer l?encadrement et le d?veloppement du monde rural, de soutenir la politique de d?veloppement ?conomique qui devait tirer ses ressources de la vente ? l?exportation des productions agricoles. En C?te d?Ivoire, nombre de ces soci?t?s ont vu le jour entre 1970 et 1980. D?autres structures comme la Caisse de Stabilisation et de Soutien des Prix des Productions Agricoles ont ?t? cr??es. La C?te d?Ivoire r?alisait ainsi une interaction efficiente entre d?une part, les paysans et les soci?t?s d?encadrement charg?es de leur apporter et de leur inculquer de nouvelles techniques culturales, et d?autre part, le couple producteurs-soci?t?s d?encadrement et les soci?t?s de collecte et de commercialisation. Cette politique a permis de hisser la C?te d?Ivoire au premier rang CIRES/MPARH/ILRI Workshop 23 Professionalisation du secteur ?levage dans le corridor central de l?Afrique de l?Ouest mondial pour la production de cacao, au 3 ?me rang pour l?huile de palme et au 4 ?me rang pour le caf?. Le pays exporte ?galement le coton, l?ananas, le bois et beaucoup d?autres produits. Ces succ?s restent cependant limit?s puisque des secteurs aussi importants que l??levage, la p?che, les industries animales et l?agriculture vivri?re n?ont pas connu le m?me essor. Une des faiblesses du syst?me est de n?avoir pas pu cr?er un capitalisme priv? de substitution pour relayer l?action de l?Etat. En dehors de quelques exploitations g?r?es par des soci?t?s para-publiques ou par quelques priv?s ?trangers, la ? r?volution agraire contemporaine ? des pays d?velopp?s n?a quasiment pas touch? l?Afrique Subsaharienne. Le secteur primaire reste encore largement domin? par de nombreux petits paysans qui continuent de pratiquer une agriculture ? faible rendement. L??cart de productivit? avec l?agriculture des pays d?velopp?s est encore consid?rable, de1?30. Les syst?mes de production de type extensif, tels qu?ils sont pratiqu?s dans les pays sah?liens pr?sentent ?galement des limites, en raison notamment de l?amenuisement des potentialit?s fourrag?res et des possibilit?s d?abreuvement du b?tail en eau de surface. Ceci am?ne beaucoup de pasteurs de ces contr?es ? migrer vers le sud ou simplement ? se reconvertir dans d?autres activit?s. Le nord de la C?te d?Ivoire, zone de pr?dilection de l??levage, n?a pas toujours eu le soutien des pouvoirs publics et des institutions de financement pour d?velopper cette activit?. Si les cultures de rente ont b?n?fici? du soutien de la recherche agronomique, des pouvoirs publics et des institutions de financement, les cultures vivri?res et l??levage n?ont pas v?ritablement b?n?fici? d?une politique de d?veloppement soutenue, ni en termes de strat?gie, ni en termes de moyens financiers. En termes de bilan des politiques de d?veloppement agropastoral, l??volution enregistr?e ces derni?res ann?es dans les pays d?velopp?s permet d?observer que leur secteur primaire a aboutit aujourd?hui ? une sp?cialisation et ? une r?gionalisation des sp?culations v?g?tales et animales. Les syst?mes sont devenus ?galement hautement performants (moins de 5% de la population active pouvant nourrir toute la population.) Ces syst?mes sont devenus parall?lement plus intensifs, pour forte utilisation d?intrants, avec des cons?quences souvent dommageables pour l?environnement et la sant? humaine. En Afrique subsaharienne par contre, l?on est encore dans la situation paradoxale o?, en d?pit de l?existence de terres arables, le d?ficit alimentaire est chronique et va en s?aggravant. Dans le cas de la C?te d?Ivoire par exemple, les taux de couverture sont de12,6 % et 54% respectivement pour le lait et la viande. En mati?re de production laiti?re, qu?il s?agisse des ?levages traditionnels conduits par les bergers peuls ou des ?co-fermes familiales, la productivit? reste faible : environ 1,5 ? 2 litres de lait par vache et par jour. Cette faible performance est certes imputable aux g?notypes, mais ?galement aux conditions d?alimentation des animaux. Cette faiblesse du sous-secteur ?levage va encore s?accentuer par le d?sengagement de l?Etat du processus de production et de commercialisation, par la suppression de SODE notamment. L?Etat devrait donc ?tre relay? par les investisseurs priv?s. Mais en l?absence d?un cadre r?glementaire et fiscal global, les investisseurs potentiels ont du mal ? s?implanter en raison notamment de l?inexistences de structures locales de financement, et du faible int?r?t que manifestent les administrations et la recherche pour le secteur. Ainsi, de ce qui pr?c?de, on peut affirmer que les politiques de d?veloppement de l?agriculture vivri?re et de 24 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Nembelessini-silue l??levage n?ont gu?re ?t? couronn?es de succ?s, faute d?un sch?ma op?rationnel pr?cis et de moyens de financement suffisants. 2 Les nouvelles opportunit?s de l??levage Le premier d?fi ? relever demeure celui de l?autosuffisance alimentaire. Pour cela il faudra moderniser et intensifier les exploitations afin d?en accro?tre la productivit?. Le second d?fi r?side dans les opportunit?s de d?bouch?s commerciaux offertes par les march?s occidentaux en proie ? une d?saffection pour leurs propres produits (maladie de la vache folle). L?Afrique peut saisir ces opportunit?s ? condition qu?elle continue de produire dans des conditions qui respectent l?environnement et qui garantissent la sant? humaine. Il faudra ensuite assurer la rel?ve de la puissance publique, pour apporter au secteur les investissements n?cessaires non seulement pour satisfaire les besoins int?rieurs, mais aussi pour saisir les opportunit?s qu?offre le march? international. C?est dans cette perspective que se situent les r?flexions et la vision du groupe NEMBEL INVEST. Il s?agit avant tout d?une vision de professionnalisation des op?rateurs et de sp?cialisation des activit?s dans le domaine de l??levage. Ce qui suppose la cr?ation d?une exploitation ? la dimension d?une PME, diff?rente de la petite exploitation familiale traditionnelle telle qu?elle existe aujourd?hui, le m?tier d??leveur devant ?tre d?finitivement consid?r? comme une profession ? part enti?re. Les exigences d?une telle approche portent sur la comp?tence du promoteur en mati?re de connaissance de l?environnement et du choix du type d??levage. Par exemple, la conduite d?un ?levage laitier est diff?rente de celle d?un ?levage de production de viande. Dans le cas de l??levage laitier, la technicit? et le savoir-faire de l??leveur comptent pour environ 70% dans la r?ussite du projet. Les diff?rentes facettes du m?tier doivent correspondre ? de v?ritables sp?cialisations. Ainsi les techniques de production et de conservation du fourrage, doivent ?tre parfaitement ma?tris?es, quand on sait que l?alimentation du b?tail constitue dans la zone, une contrainte essentielle surtout en saison s?che. Les besoins des animaux doivent ?tre ?galement bien connus afin que les rations puissent ?tre correctement formul?es. Les techniques d?ins?mination, de s?lection, d?entretien et de protection des animaux doivent ?tre ?galement parfaitement ma?tris?es. Enfin au bout de la cha?ne, il faudra assurer la commercialisation des produits. Pour cela il faudra mettre en place de v?ritables strat?gies pour s?assurer des d?bouch?s aussi bien au plan national qu?au niveau sous-r?gional. En mati?re de production laiti?re o? le seuil minimal d?implantation d?une unit? industrielle est de 8000 litres, la strat?gie devra consister en l?encadrement des petits ?leveurs, dont il faudra assurer la collecte de la production. Cette collecte, r?alis?e ? des prix stables et r?mun?rateurs encouragera et stimulera les petits producteurs, contribuant ainsi ? la lutte contre la pauvret? en milieu rural. En conclusion estime l?auteur, l??levage comme instrument privil?gi? d?int?gration r?gionale souffre encore de plusieurs maux, dont la sempiternelle querelle entre agriculteurs s?dentaires et ?leveurs transhumants. Cette question devrait pouvoir se r?gler dans le cadre d?accords communautaires. Les gains de productivit? n?cessaires pour faire CIRES/MPARH/ILRI Workshop 25 Professionalisation du secteur ?levage dans le corridor central de l?Afrique de l?Ouest face ? l??volution de la demande int?rieure et internationale ne seront obtenus que si v?ritablement l??levage tire l?agriculture, comme le b?uf attel? tire la charrue. 26 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Nembelessini-silue L??levage au Niger: syst?mes en place, politiques commerciales, atouts et limites B. Maidadji Conseiller Technique et Abdoulaye MAIGA. Vice-Pr?sident CNC Like in all sahelian countries, livestock are an important element in the economy of Niger. It accounts for 12% of the GDP and plays a major role in poverty alleviation. An estimated 22% of the livelihood of the population relies on livestock. Despite this important role, the sub-sector is still marginalised in the development model of the country. Feed availability, climatic conditions and animal diseases are major constraints to the development of the sector. Despite these constraints, the country has a comparative advantage in livestock production. Large grazing areas can be developed all around the country to enhance production. Moreover, the existence of a large regional market can also boost production. The production systems comprise the pastoralist, the agropastoralist and urban and peri-urban systems. These systems have been conservative to technological innovations, and thus operate with low productivity. In order to improve the competitiveness of the sector, actions should be taken to increase production and productivity of the herd, improve farmer?s organisation, access to credit, transportation and marketing facilities. Dans une introduction, les auteurs pr?sentent les diff?rents ?co-syst?mes du Niger, ainsi que le r?le et l?importance du secteur agricole en g?n?ral, et du sous-secteur ?levage en particulier. Ensuite, dans une premi?re partie, les contraintes de productions animales sont identifi?es, puis dans une seconde partie les atouts sont pr?sent?s. La troisi?me partie d?crit les syst?mes de production animale tels qu?ils sont pratiqu?s aujourd?hui dans le pays, enfin la quatri?me partie pose la probl?matique de la comp?titivit? des productions animales nig?riennes. Le Niger est un pays ? vocation agropastorale, avec environ 22 % de sa population vivant essentiellement des activit?s d??levage, sur trois ?cosyst?mes : la zone sah?lo-saharienne, la zone sah?lo-soudanienne et la zone soudanienne. L??levage contribue pour 12% au PIB, et pour 36% au PIB agricole. Cette importance du sous-secteur fait de l??levage un outil privil?gi? de lutte contre la pauvret?. Malgr? cette importance du secteur, il est relativement marginalis?. A titre d?exemple, les efforts financiers de l?Etat ont chut? de 3 ? 1,5 milliards de F CFA entre 1985 et 1999. 1 Les contraintes de productions animales Au niveau des contraintes, l?alimentation est cit?e en t?te. La production fourrag?re est totalement d?pendante de la pluviom?trie dont la distribution et les quantit?s connaissent des variations drastiques ces derni?res ann?es, en raison notamment de la r?duction du CIRES/MPARH/ILRI Workshop 27 couvert v?g?tal. La faible disponibilit? d?intrants est ?galement une contrainte importante. L?utilisation des sous-produits agro-industriels dans les ?levages est encore ? l??tat embryonnaire. La qualit? du fourrage en saison s?che laisse ? d?sirer, en raison de r?duction de la biodiversit?, mais ?galement du ph?nom?ne de surp?turage. La prolif?ration d?esp?ces de plantes envahissantes non app?t?es entrave ?galement le potentiel fourrager. Enfin la r?duction progressive des aires de production fourrag?re suite ? l?extension des superficies cultiv?es, constitue ?galement une menace pour l?alimentation des animaux. En second lieu figurent les contraintes sanitaires. Si certaines ?pizooties comme la peste bovine ont pu ?tre ?radiqu?es, il n?en demeure pas moins que les contraintes sanitaires constituent une pr?occupation, dans la mesure ou elles compromettent de fa?on significative l?essor des productions animales. Les maladies les plus courantes sont : les maladies parasitaires, les maladies ?pizootiques comme la p?ri-pneumonie contagieuse bovine (PPCB), la peste des petits ruminants, la clavel?e, la pseudo-peste aviaire et les maladies pseudo-telluriques. Sur le plan sociologique, l?attachement des populations ? certaines valeurs traditionnelles laisse peu de place aux innovations technologiques. Malgr? ces contraintes le pays poss?de un certain nombre d?atouts qui lui offrent un avantage comparatif en mati?re de productions animales. 2 Les atouts des productions animales au Niger C?est tout d?abord l?importance des superficies p?turables. Elles sont estim?es ? plus de 62000 km 2 . L?am?nagement d?une infime partie de ces terres peut accro?tre de fa?on significative la production de fourrages, la valeur bromatologique de ces aires et augmenter les productions animales ? moindre co?t. L?importance de la diversit? des ressources g?n?tiques animales rustiques constitue ?galement un atout important. L?int?r?t grandissant pour le secteur de certains groupes d?int?r?t ?conomique, en l?occurrence les femmes, m?rite encouragements. Enfin l?existence d?importants march?s frontaliers comme le Nig?ria est un stimulant pour le secteur. Cet important potentiel peut ?tre valoris? par des syst?mes de production diversifi?s. 3 Les syst?mes de production animale au Niger Dans l?ensemble, ces syst?mes sont rest?s stationnaires, assez r?fractaires aux innovations technologiques. Sch?matiquement, on peut distinguer trois grands groupes de syst?mes : le syst?me pastoral, le syst?me agropastoral et le syst?me urbain et p?ri-urbain. ? Le syst?me pastoral se caract?rise par la mobilit? des ?leveurs et des troupeaux ? la recherche de p?turages et de points d?eau. Il est bas? sur l?exploitation de type extensif des ressources et sur une absence totale de recours aux intrants zootechniques en dehors des ann?es de d?ficit fourrager critique. Il est dominant en zone pastorale et comprend deux sous-composantes : le mode transhumant, pratiqu? beaucoup plus par les peuls 28 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Maidadji woodab?, et le mode nomade, pratiqu? par les touaregs. Le syst?me se caract?rise par un taux d?exploitation du b?tail tr?s faible. ? Le syst?me agropastoral est ?quivalent au syst?me s?dentaire. Il est bas? sur une exploitation extensive des ressources fourrag?res avec cependant une mobilit? relativement r?duite. Il est diff?rent du syst?me pastoral en ce sens que les animaux re?oivent une compl?mentation ? base de r?sidus de m?nage (issues de c?r?ales g?n?ralement). Il est l??uvre d?agriculteurs, de fonctionnaires et de commer?ants, et se caract?rise par un taux d?exploitation ?lev?. ? Le syst?me urbain et p?ri-urbain tend ? prendre de l?importance avec un fort degr? d?intensification. Le co?t de production de ce syst?me est relativement ?lev?, puisqu?il fait recours ? une quantit? importante d?intrants zootechniques et v?t?rinaires, en l?occurrence les produits agro-industriels. Il est l??uvre de fonctionnaires et d?op?rateurs ?conomiques principalement int?ress?s par la production laiti?re, aviaire et de viande de premi?re qualit?. 4 Probl?matique de la comp?titivit? des productions animales L?offre de produits animaux au Niger reste mal connue, faute de recensement du cheptel. Les statistiques officielles qui sont loin de refl?ter la r?alit? estiment les effectifs en l?an 2000 ? 3 312 000 bovins, 5 174 000 ovins, 8 602 000 caprins et 1 111 000 camelins (MRA, 1999). La production nationale de viande disponible ? la consommation, estim?e ? partir des taux d?exploitation de chaque esp?ce est de 140 000 tonnes, soit environ 13 kg/an/habitant. Pour la production laiti?re, les estimations sont de 330l/vache/an, 60l/an/brebis ou ch?vre, et 450l/an/chamelle. La consommation ?tait estim?e en 1995 ? 50l/an/habitant. La production nationale des cuirs et peaux n?a pu ?tre estim?e en raison de la dispersion des zones de production. Du c?t? de la demande, l?enqu?te budget consommation des m?nages (DSCN,1999) r?v?le que la consommation moyenne ?tait de l?ordre 13, 1,4 et 1,3 kg/an/habitant, respectivement pour la viande rouge, la viande de volaille et de lait. Le MRA estimait ? la m?me p?riode la demande en viande ? 139 204 tonnes par an, et la demande en lait ? 74 956 tonnes par an. Une comparaison de l?offre et de la demande permet d?observer que le disponible commercialisable est quasiment inexistant. Les contraintes qui entravent la comp?titivit? des productions animales nig?riennes sont de plusieurs ordres : a) la faiblesse de l?offre par rapport ? la demande se traduit par des prix ?lev?s ? l?exportation ; b) la pr?dominance des syst?mes traditionnels de production ne permet pas d?offrir des produits de qualit? toute l?ann?e ; c) la pr?sence d??pizooties comme la p?ri-pneumonie contagieuse bovine, compromet les possibilit?s d?exportation vers les march?s extra-africains ; d) l?absence de v?ritables professionnels dans le secteur et le caract?re informel des transactions rendent les op?rateurs peu performants ; enfin, e) les difficult?s li?es ? la collecte et au transport des produits animaux gr?vent les co?ts de cession. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 29 L??levage au Niger: syst?mes en place, politiques commerciales, atouts et limites L?analyse des politiques ant?rieures de l?Etat montre qu?? aucun moment l?am?lioration de l?environnement des productions animales n?a ?t? au centre des pr?occupations de l?Etat. En dehors de quelques programmes de relance de la production animale, ayant consist? en l?octroi d?animaux de reproduction ? des ?leveurs sinistr?s suite aux al?as climatiques, et des interventions dans le domaine sanitaire pour contenir certaines maladies r?put?es contagieuses, les actions de soutien ? la production et aux ?changes des productions animales ont ?t? inexistantes ou tr?s timides. Compte tenu de ses potentialit?s, le pays peut tirer partie d?une relance des productions animales. Une telle politique devra reposer sur les actions suivantes : ? une reconversion des mentalit?s des producteurs ? travers des activit?s d?information et de sensibilisation pour les amener ? comprendre les avantages qu?ils peuvent tirer de leur activit?, et en faire de v?ritables op?rateurs ?conomiques. ? un soutien ? la production afin d?augmenter l?offre ; ce qui devrait entra?ner la r?duction des prix de cession des productions. La cr?ation d?un fonds national de d?veloppement des productions animales, aliment? par pr?l?vement d?un pourcentage des taxes de march? ? b?tail, l?imposition d?une taxe ? l?importation des produits et des sous-produits animaux, et l?imposition d?une taxe sur les loteries. ? la constitution d?un fonds de garantie qui pourra encourager les banques ? initier des cr?dits ? la production ; ? le soutien ? l??mergence de v?ritables professionnels par fili?re ? travers les diff?rents niveaux d?intervenants aux techniques d??changes commerciaux avec pour objectif de les rendre agressifs sur le plan de la recherche de march?s ; ? une lutte ardue contre les ?changes informels en mettant en place une politique incitative de regroupement des professionnels, ce qui pourrait leur permettre de partager les risques, mais aussi de r?unir leurs efforts financiers pour la conduite d?op?rations de grande envergure et encourager le d?veloppement de relations directes entre producteurs et commer?ants. ? la r?duction du nombre pl?thorique d?intervenants dans la fili?re. Actuellement ce maillon d?interm?diation comprend les dilalis, des grossistes, des d?taillants, aussi bien en amont qu?en aval. Cette foule d?interm?diaires est ? l?origine de la hausse des prix des produits ; hausse qui ne profite pas aux producteurs, encore moins ? l?Etat. ? l?am?lioration du transport des animaux et des produits, avec comme objectif, l??limination progressive du convoyage ? pied ; ? l?application effective des dispositions de politiques communautaires, convenues d?un commun accord, que ce soit dans le cadre de la CEBV, de l?UEMOA ou de la CEDEAO, afin de r?duire les tracasseries administratives qui augmentent les prix des animaux ? l?exportation ; ? enfin la promotion de la transformation des productions animales sur place plut?t que de continuer ? exporter des animaux sur pied. 30 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Maidadji R?f?rences Ambouta K. et al. Sd. Le d?veloppement durable est un d?veloppement qui r?pond aux besoins du pr?sent sans compromettre la capacit? des g?n?rations futures de r?pondre aux leurs. Bagoudou M. 1997. Rapport de mise en ?uvre du programme pilote pastoral sur les sites de Tanatahamo et de Sayno Tiegel. Cook A. et Mani Y. 1989. Etude du march? Nig?rien du b?tail et de la viande. Rapport d?activit?. Direction D?partementale des Ressources Animales de Dosso. 1998. Kor? H., Danguiwa A. sd. Etude sur la mise en place d?une base de donn?es technico-?conomique des grandes fili?res de production. BNI/SCP. Louis L.S. 1985. D?gradation de la valeur nutritive des p?turage de la zone pastorale du Niger pendant la saison s?che. P.E.I. Tahoua, Niger. Bul. Tech. No.4. Mahamane L.B. 2001. Etude sur la commercialisation des produits et sous produits agropastoraux : Probl?matique, axes strat?giques et ?l?ments de plan d?action. Minist?re du D?veloppement Rural.1998. Etude sur la promotion des exportations des produits agropastoraux. Projet de Promotion des exportations Agropastorales (PPEAP) Banque Mondiale. Minist?re du Plan.1998. Etude sur le budget et la consommation des m?nages. Minist?re des Ressources Animales. 2001. Document cadre pour la relance du secteur de l??levage au Niger : Axes et programmes prioritaires. Minist?re des Ressources Animales. 2001. Document cadre de relance du secteur de l??levage: ?tat des lieux. Saadou M. Proposition phytog?ographie du Niger. D?partement de Biologie Facult? des Sciences Universit? Abdou Moumouni Dioffo de Niamey. Seydou B. 1999. Bilan et perspectives de la production laiti?re en zone p?riurbaine au Niger : cas de la communaut? urbaine de Niamey. Soumana B. Y. 1998. Rapport mission d??tude socio-?conomique et environnementale des sites de Tacha Ibrahim et Iksmane. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 31 L??levage au Niger: syst?mes en place, politiques commerciales, atouts et limites L??levage au Mali: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives A. Coulibaly Directeur G?n?ral O.M.BE.VI Livestock constitute an important component of the Malian economy. In 1998, the sector accounted for 9.7% of the GDP, and was the third foreign currency provider after cotton and gold. Despite its economic and social importance, the performance of the sector is poor. The production and marketing systems are not able to satisfy both the domestic demand and the international market. The major constraints facing the production systems are climate factors, animal diseases, shrinking of grazing areas and lack of animal feed especially in the dry season. Marketing systems are hampered by financial, institutional and managerial constraints. New policies and strategies, based on intensification and diversification, have to be launched, in order to ensure food security, natural resources conservation and regional integration. La communication s?articule autour de cinq points. Dans l?introduction l?importance du secteur ?levage dans l??conomie malienne est pr?sent?e. Dans un second point les diff?rents syst?mes de production sont d?crits, ainsi que les contraintes qui p?sent sur eux. Le troisi?me point traite de la commercialisation et des contraintes y aff?rant, le quatri?me point aborde les aspects d?orientation politique, enfin le cinqui?me point traite des d?fis et opportunit?s. 1 Introduction Le Mali est un pays ? vocation agropastorale. Le secteur rural mobilise plus de 80% de la population et contribue pour plus de 40% du P.I.B. En 1998, la contribution de l??levage au P.I.B. s??levait ? 147,9 milliards de F CFA, soit 9,7% du P.I.B. total. Pour la m?me ann?e sa contribution aux recettes d?exportation ?tait de 28,09 milliards de F CFA soit 8,6% des recettes totales, ce qui place l??levage au 3 ?me rang des recettes d?exportation apr?s le coton et l?or. Malgr? cette importance, l??levage vit une situation de crise, marqu?e par de faibles performances des syst?mes aussi bien de production que de commercialisation ; ce qui explique que le secteur a du mal ? r?pondre ? l??volution et aux exigences de la demande tant int?rieure qu?ext?rieure. L??levage reste par ailleurs tr?s sensible aux fluctuations du climat, et pr?sente une croissance en dents de scie de ses effectifs, avec des modifications tant dans la structure du troupeau que dans sa localisation g?ographique. Aux plans institutionnel et r?glementaire, les syst?mes fonciers, qui reposent encore sur la coexistence de textes 32 CIRES/MPARH/ILRI Workshop modernes et de pratiques coutumi?res ne favorisent pas la modernisation des syst?mes pastoraux. 2 Syst?mes de production et contraintes Selon les estimations de l?Office Malien du B?tail et de la Viande (OMBEVI), en l?an 2000 les effectifs du cheptel malien se r?partissaient comme suit : Bovins : 6 700 000 Ovins-Caprins : 16 800 000 Camelins : 725 000 Ces effectifs se r?partissaient entre les syst?mes de production suivants : ? Le syst?me pastoral nomade ou transhumant sah?lo-saharien, localis? dans la zone aride du Nord. C?est un syst?me ? pur ? extr?mement mobile, qui n?a pratiquement aucun lien avec l?agriculture. Les contraintes de ce syst?me sont li?es ? la rigueur du climat et se manifestent dans l?alimentation et l?abreuvement des animaux. ? les syst?mes agropastoraux transhumants li?s aux terres inond?es. On les retrouve principalement dans le delta du Niger et dans l?arri?re pays o? la production animale est li?e ? l?existence de p?turages sur terres inond?es. Les pasteurs transhumants quittent les bords du fleuve pendant la crue et remontent vers les zones sah?liennes, ? la fronti?re de la Mauritanie. En p?riode de d?crue, ils descendent plus au sud vers la fronti?re du Burkina Faso. Plusieurs contraintes p?sent sur ce syst?me, notamment la r?duction des parcours en raison de l?extension progressive des zones de culture, la forte pression parasitaire, la faiblesse des infrastructures, l?exploitation anarchique des parcours et la multitude de conflits dans le delta central du Niger suite ? l?affaiblissement des r?gles traditionnelles d?exploitation des p?turages. ? les syst?mes agropastoraux transhumants ou s?dentaires li?s aux terres exond?es. Il s?agit de syst?mes associ?s aux cultures pluviales dans toutes les zones de production vivri?re. Les contraintes des ces syst?mes sont relatives ? la comp?tition entre l?agriculture et l??levage, ? la baisse de la qualit? des p?turages, aux difficult?s d?abreuvement et d?alimentation du b?tail en saison s?che (en raison de la destruction de la biomasse par les feux de brousse), enfin au d?veloppement de la trypanosomiase, ? cause de la transhumance vers le sud. ? les syst?mes agropastoraux s?dentaires en zone cotonni?re du Sud. Ici, la production animale est la composante mineure d?un syst?me bas? sur des cultures vivri?res commercialis?es. Les contraintes se situent d?une part autour de la r?duction des parcours entra?nant un surp?turage et des conflits entre agriculteurs et ?leveurs, d?autre part autour de la pr?sence de la trypanosomiase. ? Les syst?mes p?ri-urbains laitiers, plus ou moins intensifs selon les races ?lev?es, sont localis?s principalement autour de Bamako, Sikasso, San S?gou et Mopti. Dans ces syst?mes, la contrainte majeure se situe au niveau de l?alimentation, et notamment de l?approvisionnement en aliments concentr?s. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 33 L??levage au Mali: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives ? Enfin les syst?mes d??levage hors sol, essentiellement les volailles et l?embouche bovine et ovine. Ces syst?mes sont ?galement localis?s dans les m?mes r?gions que les pr?c?dents. Dans l?ensemble on observe que les co?ts de production augmentent du nord au sud alors que les co?ts de commercialisation eux, ont tendance ? cro?tre du sud au nord. En r?sum?, les contraintes g?n?rales de l??levage peuvent se ramener ? neuf types : ? les contraintes au niveau de la production : pr?carit? des syst?mes de production, faible niveau d?intensification, faiblesse du niveau de structuration et de sp?cialisation de la production, faiblesse des ?quipements, faible niveau de d?veloppement du cr?dit rural. ? les contraintes g?n?tiques : malgr? l?existence de bonnes productrices de lait comme le Z?bu Maure (600kg par lactation), et le Z?bu Azawak (800-1000kg par lactation), force est de reconna?tre que le potentiel laitier des races locales est faible. ? les contraintes li?es ? l??cologie : le Mali se caract?rise en effet par la fragilit? de ses ?co-syst?mes. ? les contraintes alimentaires : les animaux tirent essentiellement leur alimentation des p?turages naturels. Les fluctuations de la pluviom?trie jouent sur la disponibilit? et la qualit? des fourrages surtout en saison s?che. ? les contraintes sanitaires : les nombreuses pathologies animales sont un des freins au d?veloppement des productions animales. ? les contraintes au niveau des op?rateurs : faible organisation, faible niveau de formation et de sp?cialisation, faible surface financi?re. ? contraintes au niveau des infrastructures : insuffisance num?rique et faible niveau d??quipement des infrastructures de transformation et de commercialisation, inexistence des infrastructures de conservation et de transport des produits frais, mauvais ?tat des voies de communication. ? contraintes de march? : faible organisation des circuits de commercialisation, faible niveau de consommation des produits d??levage, faible niveau de transformation (valorisation) des produits. ? contraintes au niveau du financement : en raison notamment du faible pouvoir d?achat des populations, de la faible capacit? de gestion des op?rateurs. 3 La commercialisation Le commerce du b?tail au Mali se fait essentiellement des zones de production vers les centres urbains du pays et en direction des march?s c?tiers. En 1999, l?OMBEVI a recens? 334 march?s parmi lesquels 25 sont suivis par l?office pour l?observation des donn?es statistiques. On distingue trois grands types de march?s : les moins importants ?tant dispers?s dans des zones de production extensive, et les plus importants ? proximit? des carrefours des pistes ? b?tail et des grands centres de consommation. Les march?s de collecte : ils sont situ?s dans les zones d??levage. Les vendeurs sont des ?leveurs ; les acheteurs sont des collecteurs, des petits marchands ou encore d?autres ?leveurs. 34 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Coulibaly Les march?s de regroupement sont situ?s en g?n?ral en zone agricole, au carrefour de plusieurs pistes ? b?tail. Les vendeurs sont en grande partie des collecteurs et des petits marchands. Les acheteurs sont surtout des marchands d?envergure variable. Le niveau d?activit? est important sur ces march?s contrairement aux pr?c?dents. Enfin les march?s terminaux : ils sont localis?s ? proximit? des villes ou d?un lieu d?exp?dition. Les vendeurs sont soit des bouchers, soit des marchands exp?diteurs. L?activit? y est journali?re, r?guli?re et importante. Les march?s terminaux se subdivisent en march?s de consommation pour l?approvisionnement des centres urbains et en march?s d?exportation. D?une mani?re g?n?rale, l?approvisionnement des march?s varie en fonction des saisons. Parmi les intervenants sur ces march?s, l??leveur occupe une place de choix. C?est le premier maillon de la cha?ne de commercialisation. Il occupe une place de plus en plus importante dans le processus de mise en march? des animaux. Cela se traduit par une planification de la production en fonction des besoins du march?. Les ?leveurs traditionnels transhumants ou s?dentaires sont tr?s peu motiv?s par la vente de leurs animaux. Paradoxalement le niveau des prix ne constitue pas ? leur niveau une incitation ? vendre plus d?animaux, bien au contraire, car la vente s?effectue juste pour satisfaire un besoin ponctuel. Le collecteur, autre agent important de la cha?ne, se d?place entre les villages, campements et march?s ruraux hebdomadaires pour acheter des animaux aupr?s des ?leveurs s?dentaires ou transhumants, et les revendre ensuite sur le march? rural (de collecte) aux commer?ants qui vont ? leur tour approvisionner les march?s de regroupement et les march?s terminaux. L?activit? de collecteur se limite g?n?ralement ? la saison s?che et finit par conduire ? une carri?re de marchand de b?tail. Les marchands quant ? eux se r?partissent en deux groupes : les marchands ? rayon d?action court, et les marchands ? rayon d?action long ou exportateurs. Les premiers op?rent sur les march?s de collecte, de regroupement et d?exp?dition, le b?tail passant par plusieurs op?rateurs, de la collecte ? l?exportation. Ils ach?tent le b?tail sur les march?s ruraux pour le revendre soit ? des marchands exportateurs, soit ? des bouchers au niveau des march?s de regroupement ou des march?s terminaux. La vente ? cr?dit est une pratique courante, surtout chez les bouchers. Les seconds renferment deux sous-cat?gories : les gros commer?ants import-export et les exportateurs simples. Les importateurs-exportateurs visent avant tout ? r?duire le risque li? ? leur activit?. Pour cela, leur strat?gie consiste 1) ? n?exporter vers la C?te d?Ivoire que sur commande de leurs clients habituels, 2) ? s?appuyer sur des parents install?s ? Abidjan et Bouak?, qui les informe sur la situation du march?, et garantissent la vente et le remboursement du cr?dit accord? aux clients habituels, 3) ? diversifier leurs activit?s, le commerce de b?tail ne repr?sentant que 5 ? 50% de leur portefeuille. Les simples exportateurs sont quant ? eux sp?cialis?s dans le commerce du b?tail. L?organisation de leurs exp?ditions ne repose pas sur un r?seau de parents, et la ma?trise imparfaite du march? ivoirien les oblige ? d?pendre de logeurs interm?diaires. Les interm?diaires servent de trait d?union entre vendeurs et acheteurs, moyennant une commission (1000 F/t?te) pay?e soit par l?acheteur, soit par le vendeur, soit par les deux parties. Ils op?rent sur tous les march?s et rendent des services divers : loger le vendeur, vendre les animaux en accord avec le propri?taire, v?rifier l?origine des animaux, garantir les CIRES/MPARH/ILRI Workshop 35 L??levage au Mali: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives transactions. Le m?tier d?interm?diaire est un m?tier tr?s ancien, qui se transmet de p?re en fils. Les interm?diaires utilisent un r?seau de connaissances bas? sur l?amiti? et les liens ethniques. Sur les march?s terminaux de la C?te d?Ivoire, les marchands font appel ? eux non seulement pour assurer les services traditionnels, mais aussi et surtout pour identifier les acheteurs solvables. Les courtiers ne jouent pas un r?le essentiel dans la commercialisation. On les retrouve g?n?ralement dans les march?s de regroupement o? ils interceptent les animaux avant m?me que le propri?taire n?arrive sur le lieu du march?. Apr?s avoir n?goci? le prix avec le propri?taire, ils assurent la vente des animaux. Les bouchers constituent le dernier maillon de la cha?ne avant le consommateur final. On distingue en fait trois cat?gories de bouchers : les bouchers chevillards qu?on ne retrouve qu?? Bamako ; ils sont titulaires d?une carte professionnelle qui leur donne acc?s ? l?abattoir et qui leur permet de faire le commerce de gros de la viande. Les bouchers d?taillants eux ach?tent la viande aux chevillards pour la revendre au d?tail ; enfin les bouchers abattants d?taillants qu?on retrouve ? l?int?rieur du pays. Cette classification tend ? dispara?tre du fait de la crise que traverse la profession, tous les chevillards tendant ? devenir en m?me temps des d?taillants. A cot? de ces bouchers on note la pr?sence d?apprentis bouchers et de petits d?taillants, qui revendent ? la commission, des viandes crues ou cuites. Les contraintes de commercialisation sont ?galement nombreuses : faiblesse de la surface financi?re des op?rateurs et faible implication des organismes de financement en raison du risque li? ? l?activit? ; manque d?organisation de la fili?re, multiplicit? des interm?diaires, charges de commercialisation trop ?lev?es en raison notamment des taxes sauvages, insuffisance des infrastructures de transport et des ?quipements des march?s, absence de concertation entre op?rateurs maliens et ?trangers. 4 Orientation politique La nouvelle orientation en mati?re de politique d??levage se fixe comme objectifs a) l ?augmentation du revenu et l?am?lioration des conditions de vie des populations, b) la satisfaction des besoins alimentaires quantitatifs et qualitatifs, c) la protection de l?environnement et la conservation des ressources naturelles pour un d?veloppement durable. En croisant ces objectifs avec les options fondamentales du gouvernement, ? savoir : le d?sengagement de l?Etat, la privatisation, la responsabilisation de collectivit?s et la d?centralisation, les orientations strat?giques retenues sont les suivantes : l?am?nagement des p?turages, l?appui ? la production ? travers l?intensification et la diversification, la relance et la modernisation de la commercialisation. Un plan d?action a ?t? adopt? qui propose des actions pr?cises, pertinentes et coh?rentes dans le domaine de la production, de la s?curit? fonci?re, de la commercialisation, du transport, de l?organisation de la fili?re, de la formation des producteurs et autres professionnels du b?tail et de la viande. La strat?gie d?intervention sera bas?e sur deux approches : l?une globale et l?autre participative. L?approche globale prend en compte toutes les composantes de la probl?matique de d?veloppement et les int?gre : l?homme, son environnement physique et ?conomique, les 36 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Coulibaly syst?mes de production, etc.. Les actions doivent ?tre compl?mentaires et synergiques : les actions en faveur du d?veloppement du sous-secteur ?levage compl?tent et renforcent celles entreprises en faveur de l?agriculture et/ou de la foresterie, le tout impulsant l??conomie locale. La concertation et la coordination constituent les instruments d?application de cette approche. L?approche participative repose sur une participation volontaire des populations. Elle doit ?tre bas?e sur la pleine compr?hension des objectifs autour desquels on veut les engager ; elle doit reposer sur le partenariat, ce qui induit la notion de coresponsabilit? et non celle d?assistants et d?assist?s. Sur cette base, la strat?gie d?intervention d?finit trois axes compl?mentaires : ? un axe horizontal qui prend en compte l?ensemble des th?mes transversaux, tout en assurant une coh?rence d?ensemble de la politique de d?veloppement rural, les ?conomies d??chelle sur les mesures conjointes pour plusieurs fili?res, portant notamment sur l?am?lioration des facteurs de production. Cet axe int?gre ?galement la sant? animale (renforcement des capacit?s, lib?ralisation de la m?decine v?t?rinaire), l?am?nagement foncier et la gestion des ressources naturelles, la commercialisation (avec toutes les mesures institutionnelles qui s?imposent), la recherche/d?veloppement, qui devra ?tre r?gionalis?e, enfin le cr?dit et le financement devront ?tre diversifi?s et faire l?objet d?une politique v?ritable. ? l?axe vertical prend en compte les principales fili?res de production : b?tail/viande, lait, aviculture. ? un axe sp?cial qui prend en compte les particularit?s g?oclimatiques des diff?rentes r?gions du territoire et qui permet d?obtenir une approche syst?matique des diff?rents programmes retenus sur la base des principaux syst?mes de production identifi?s. 5 D?fis et opportunit?s Dans la sous-r?gion, l??levage constitue une composante historique des ?changes entre pays sah?liens traditionnellement exportateurs de b?tail et pays c?tiers importateurs. La revue de la litt?rature r?cente sur le secteur permet d?observer que globalement, la sous-r?gion est d?ficitaire en produits animaux. A l?horizon 2010, les pays sah?liens ne pourront pas satisfaire leur propre demande, compte tenu de l??volution d?mographique, du ph?nom?ne d?urbanisation, des conditions de production et des niveaux de productivit? actuels et pr?visibles. Au niveau de la r?gion, l??volution de la demande va exercer une pression telle sur les syst?mes de production et sur les ressources naturelles qu?il faudra n?cessairement recourir ? des sch?mas de production plus intensifs, plus performants et qui pr?servent l?environnement. Il revient au Mali, exportateur net de produits animaux, de se pr?parer ? cette transformation durable, avec une politique et des investissements ? long terme qui permettent de satisfaire sa propre demande et de d?gager un surplus exportable pour une demande sous-r?gionale de plus en plus importante et de plus en plus exigeante. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 37 L??levage au Mali: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives M.O. Ouedraogo, 1 A. Dera 2 et T. Barry 3 1. Directeur des productions et des industries animales, 2. chef Cellule Etudes et Projets et 3. Union des commer?ants et Exportateurs de b?tail (UNACEB) Agriculture and livestock sectors are the backbone of the economy of Burkina Faso. About 80% of the active population relies on these activities for their livelihood. They account for 30% of the GDP, and livestock per se are the second source of foreign currency earning after cotton. Despite its potential, the livestock sector records average performances. Many constraints impede the production including: long dry seasons, persistence of animal diseases, and extensive production systems. At the marketing level, access to markets, credit availability, lack of organisation of market channels, poor equipment and infrastructure are described as major factors constraining the sector. In order to improve the marketing system, several measures based on regional co-operation and harmonisation of policies, are proposed in this paper. These include diversified and adequate transportation conditions and a better access to credit. Le papier comprend six points : le premier d?crit les syst?mes d??levage pratiqu?s au Burkina, le second expose les contraintes li?es au d?veloppement des productions animales, le troisi?me traite de la commercialisation, le quatri?me aborde de fa?on plus sp?cifique les contraintes li?es ? la commercialisation, le cinqui?me pr?sente les politiques ?conomiques en vigueur, enfin dans un sixi?me point des propositions d?am?lioration des circuits de commercialisation sont pr?sent?s. En guise d?introduction, les auteurs pr?sentent tout d?abord l?importance de l??levage dans l??conomie du Burkina. Avec l?agriculture, les deux secteurs emploient plus de 80% de la population active et g?n?rent 80% des recettes d?exportation. Ils contribuent pour 30% ? la formation du PIB. L??levage est la 2 ?me source de recettes d?exportation apr?s le coton et contribue pour plus de 10% ? la formation du PIB. Sur la base des r?sultats de l?Enqu?te Nationale sur les Effectifs du Cheptel (ENEC) de 1989, et des taux de croissance par esp?ce, les effectifs pour l?an 2000 ?taient les suivants : 4 704 000 bovins, 6 585 000 ovins, 8 395 000 caprins, 610 300 porcins, 491 200 asins, 24 200 ?quins, 14 273 camelins, et 21 772 400 volailles. Malgr? cet ?norme potentiel les performances du secteur restent encore modestes. Il convient de s?interroger sur les causes qui entravent son ?panouissement. 38 CIRES/MPARH/ILRI Workshop 1 Les syst?mes d??levage On distingue deux types d??levage : le moderne et le traditionnel. L??levage traditionnel ou extensif comporte l? ?levage de ruminants, l ?levage avicole et l? ?levage porcin. L??levage extensif de ruminants est un syst?me ? faible utilisation d?intrants. Plusieurs sous-types se rencontrent dans ce syst?me. L??levage transhumant en zone sah?lienne, et l??levage s?dentaire, qui se subdivise en sous-syst?me agropastoral au centre et au sud, et en sous-syst?mes mixtes int?gr?s au centre et au sud, en zone cotonni?re notamment. Ces syst?mes, qui reposent essentiellement sur l?utilisation des ressources naturelles, restent vuln?rables sur plusieurs plans. L?agriculture extensive, consommatrice d?espace, restreint chaque ann?e les parcours utilisables par le b?tail, avec comme cons?quence des conflits potentiels entre agriculteurs et ?leveurs. Ces syst?mes paient ?galement un lourd tribut ? la s?cheresse. L??levage avicole extensif reste tr?s populaire. Il s?agit de poules mais surtout de pintades qui, malgr? une faible productivit?, contribuent de fa?on significative ? la s?curit? alimentaire et ? l?am?lioration des revenus des populations. L??levage porcin est une activit? traditionnelle au sens culturel du terme, dans certaines provinces du centre et de l?ouest. Il se conduit sous forme extensive et est l?apanage des femmes. Il conna?t des probl?mes d?alimentation, mais les promotrices restent ouvertes aux innovations. Des syst?mes am?lior?s existent au niveau de chacun de ces types d??levage. Au niveau des ruminants, certains producteurs pratiquent l?embouche intensive ou semi-intensive, ce qui permet aux animaux d?ext?rioriser leur potentiel. Cette pratique conna?t en ce moment un regain d?int?r?t qui m?rite encouragement. L?aviculture moderne est pr?sente seulement en milieu urbain et p?ri urbain. C?est un syst?me qui repose essentiellement sur des intrants achet?s : poussins, aliments, produits v?t?rinaires, etc.. L??levage moderne comporte ?galement des ?levages porcins intensifs et un ?levage laitier urbain et p?ri urbain. 2 Contraintes li?es au d?veloppement des productions animales Ces contraintes sont de divers ordre. Les principales sont les suivantes: ? Sur le plan naturel, les disponibilit?s fourrag?res sont tributaires des conditions climatiques. Ces disponibilit?s s?amenuisent d?ann?e en ann?e en raison de la s?cheresse. Les points d?eau, en nombre ?galement insuffisant, deviennent de plus en plus inaccessibles du fait de la colonisation de leurs abords par les champs. La persistance de nombreuses maladies du b?tail malgr? les efforts d??radication constitue ?galement une contrainte. Enfin le potentiel des races locales montre ses limites, notamment en mati?re de production laiti?re ? Sur le plan technique, le mode de production traditionnel privil?gie le nombre de t?tes au d?triment de la productivit?. Les syst?mes d??levage transhumants, bas?s sur CIRES/MPARH/ILRI Workshop 39 L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives l?exploitation des grands espaces s?adaptent mal ? la r?duction des effectifs. L?interface recherche/vulgarisation/d?veloppement, ainsi que les donn?es statistiques sur le secteur restent limit?s. ? Sur le plan ?conomique et institutionnel, les financements disponibles pour l??levage sont insuffisants et inadapt?s. Le manque d?organisation des acteurs, l?insuffisance de ressources humaines pour l?encadrement ainsi que les nombreux changements de tutelle du secteur constituent des obstacles ? son d?veloppement. ? Enfin sur les plans l?gislatif et r?glementaire, les textes pris pour r?gir le fonctionnement du secteur ( R?organisation Agraire et Fonci?re, code de sant? animale), souffrent dans bien des cas d?insuffisances dans leur application. 3 Commercialisation des productions animales Il s?agit essentiellement du b?tail, de la viande, du lait et des autres produits. ? Pour le b?tail, les acteurs sont nombreux dans toutes les fili?res. Les principaux sont : le vendeur-propri?taire, le vendeur collecteur, l?interm?diaire, le d?marcheur, l?employ? de l?exportateur et l?exportateur. Les modes de transports du b?tail sont vari?s. Du campement au march? de collecte, les animaux sont convoy?s en g?n?ral ? pied. Du march? de collecte au march? de regroupement, les animaux sont conduits ? pied et en camion. A l?exportation, c?est le train et le camion qui sont les modes de transport dominants. Les informations sur la situation du march? circulent de bouche ? oreille. Les circuits de commercialisation vont du campement (troupeau) au march? de collecte o? une partie des animaux est vendue pour la consommation locale (boucherie, culture attel?e, ?levage etc..). Les autres animaux sont achemin?s vers les march?s de regroupement, ? partir desquels ils seront export?s. Pour l?ensemble du pays, 132 march?s ? b?tail ont ?t? recens?s et suivis. Les plus nombreux, les march?s de collecte sont situ?s dans les zones de production ; les march?s de regroupement sont au nombre d?une dizaine, et sont ?galement situ?s dans les zones de production ; les march?s terminaux sont localis?s dans les grands centres urbains et aux fronti?res. Les exportations ont connu un boom apr?s la d?valuation. La C?te d?Ivoire reste le premier pays importateur d?animaux du Burkina. ? En ce qui concerne la viande, il s?agit essentiellement d?abattages pour la consommation locale. On distingue les abattages contr?l?s et les abattages non contr?l?s. Les abattages contr?l?s sont ceux enregistr?s par les services d??levage, apr?s inspection des viandes et des abats, dans le cadre des abattoirs, volailles exclues. Les abattages clandestins sont souvent r?alis?s ? l?occasion de f?tes, mais certains entrent dans le circuit de commercialisation. Les chiffres des abattages contr?l?s permettent d?estimer les taux d?exploitation du cheptel ? 4, 10, et 20% respectivement pour les bovins, les ovins et les caprins. Les acteurs comprennent essentiellement les chevillards, les bouchers, les charcutiers et les r?tisseurs. ? Pour les autres produits comme le lait, les cuirs et les peaux, le march? reste embryonnaire, en raison notamment de la faiblesse de la production. En ce qui concerne le lait, on d?nombre une trentaine de mini-laiteries ?parpill?es sur l?ensemble du territoire. Ces unit?s souffrent de nombreux probl?mes techniques et de gestion. 40 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Ouedraogo et al. 4 Les contraintes sp?cifiques ? la commercialisation Tout d?abord au niveau du b?tail, les contraintes suivantes ont ?t? relev?es : accessibilit? physique et irr?gularit? d?approvisionnement des march?s, v?tust? des infrastructures, multiplicit? du nombre d?interm?diaires, persistance de taxes sauvages, cadres institutionnel et r?glementaire inappropri?s, inad?quation des moyens de transports, acc?s au cr?dit. Au niveau de la commercialisation de la viande, on rel?ve la v?tust? des infrastructures de pr?paration des viandes, l?inadaptation des structures de commercialisation et de transport et le manque de professionnalisme des acteurs. Au niveau des autres produits, notamment du lait, on note la mauvaise organisation des circuits, une forte concurrence des produits laitiers import?s, l?inadaptation des ?quipements, la grande dispersion g?ographique des unit?s de production, la forte variabilit? de la production selon les saisons, les mauvaises conditions d?hygi?ne. Le commerce des cuirs et peaux souffre ?galement du ph?nom?ne de saisonnalit? de l?offre et d?une mauvaise collecte des produits. 5 Les politiques ?conomiques En vue de promouvoir une croissance durable des secteurs de l?agriculture et de l??levage, le Gouvernement a adopt? en Janvier 1998 le Document d?Orientations Strat?giques (DOS). Le document fixe les orientations politiques assign?es aux secteurs de l?agriculture et de l??levage jusqu?en 2010 autour de sept axes strat?giques. Les orientations strat?giques d?finies ont ?t? traduites de mani?re plus pr?cise dans le Plan d?Actions et Programmes d?Investissement du secteur de l??levage adopt? en octobre 2000. les axes d?intervention et les programmes prioritaires sont pr?sent?s en annexe. La politique commerciale est analys?e ? deux niveaux : sous-r?gional et international d?une part et interne de l?autre. Au niveau sous-r?gional et international on a enregistr? ? partir de janvier 1993, une diminution des aides allou?es par l?Union Europ?enne aux exportations de viande vers l?Afrique de l?ouest. La d?valuation du franc CFA en janvier 1994 a entra?n? un rench?rissement des produits import?s et une meilleure comp?titivit? du b?tail sah?lien. La volont? politique des Etats s?est ?galement manifest?e pour privil?gier les ?changes r?gionaux. Ainsi, l?annulation des taxes ? l?exportation par les pays sah?liens, le maintien par la C?te d?Ivoire, le Ghana et le Togo d?impositions plus grandes sur les importations de viande extra-africaine a favoris? l?entr?e des produits sah?liens sur les march?s de ces pays. L?entr?e en vigueur du Tarif Ext?rieur Commun (TEC), a ?galement favoris? les ?changes. Les r?flexions en cours au niveau de l?UEMOA vont certainement contribuer ? leur tour ? stimuler davantage les ?changes r?gionaux, tout en prot?geant le march? contre des produits de mauvaise qualit? en provenance de l?ext?rieur. Dans le contexte actuel, nos pays n?ont d?autre choix que de s?unir pour d?fendre leurs int?r?ts, dans le cadre des grandes n?gociations avec l?Union Europ?enne (UE), et l?OMC. Au plan interne, deux types de politiques retiennent l?attention : les politiques directes ou sp?cifiques au secteur, et les politiques indirectes ou d??conomie g?n?rale. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 41 L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives Au niveau des politiques directes on note l?institution d?une ? contribution du secteur ?levage ? (CSE), la cr?ation d?un fonds de d?veloppement de l??levage (FODEL), l?application de taxes de visite sanitaire, l?interdiction d?importation, de distribution et de commercialisation de viande bovine et de ses d?riv?s, d?aliment du b?tail et de mat?riel g?n?tique provenant de pays contamin?s par l?enc?phalopathie spongiforme. La mise en circulation de la lettre de voiture permet non seulement de couvrir les risques au niveau r?gional, mais aussi de suivre les statistiques. Quant aux politiques indirectes, elles concernent surtout le d?sengagement de l?Etat du processus de production et de distribution des intrants, la lib?ralisation du commerce et des prix. 6 Propositions d?am?lioration des circuits de commercialisation Au vu des contraintes pr?cit?s, la mise en ?uvre des propositions qui suivent pourrait contribuer ? am?liorer les circuits de commercialisation du b?tail et de la viande. ? Am?lioration et gestion des infrastructures et des ?quipements, notamment par la r?habilitation de l?abattoir de Ouagadougou, la construction de nouveaux abattoirs ? Bobo, Pouytenga, la restructuration des march?s ? b?tail et ? viande. ? Fluidification des ?changes r?gionaux, par une lutte plus efficace contre les taxes sauvages, une r?duction des postes de contr?le et des sanctions contre les agents ind?licats, une harmonisation des politiques au niveau sous-r?gional et une r?duction des charges fiscales. ? Am?lioration du transport, gr?ce ? une diversification des modes de transport, l?utilisation de v?hicules frigorifiques pour le transport de la viande et des produits laitiers. ? Mise en place d?un syst?me d?information sous-r?gional performant et cr?ation d?un guichet unique pour toutes les formalit?s d?exportation du b?tail et de la viande. ? Facilitation de l?acc?s au financement, par la mise en place de m?canismes adapt?s, et une plus grande implication des professionnels de l??levage dans la gestion du FODEL. ? Enfin la lutte contre les abattages clandestins et un appui ? la professionnalisation des acteurs contribueraient ? l?am?lioration des circuits de commercialisation. R?f?rences Barry T. Probl?mes et avenir du commerce transfrontalier du b?tail en Afrique de l?Ouest Communication Mai 1999. Calabre M.S. Comp?titivit? pr?sente et future des principaux produits d?exportation du Burkina Faso : coton, or, produits animaux, fruits et l?gumes. Communication symposium sur ? comment diversifier les sources de croissance au Burkina Faso dans le contexte de la mondialisation et de la r?gionalisation de l??conomie ?. Minist?re de l??conomie et des finances 1 er au 4 d?cembre 1999 42 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Ouedraogo et al. Minist?re des Ressources Animales ? PSAE 7 ?me FED : Mission d??tude sectorielle PSAEII-Partie 1 : contexte national Octobre 1999. MRA/PNUD/FAO. Plan d?action et programme d?investissement pour le secteur de l??levage au Burkina Faso. Volumes 1 et 2 Version d?finitive juillet 2000. OUEDRAOGO (PM). Aper?u sur les politiques gouvernementales en mati?re de commercialisation du b?tail et le commerce transfrontalier au Burkina Faso ?Communication Atelier ILRI (International Livestock Research Institute) Niamey, Niger, avril 1999. Ouedraogo P.M., Zoma J.B. et Barry T. Syst?me de commercialisation de la viande et du b?tail au Burkina Faso. Communication Visites d??tude sur la commercialisation du b?tail et de la viande en Afrique de l?Ouest et du centre. Burkina Faso et C?te d?Ivoire CTA f?vrier 2000. UEMOA IRAM. Etude sur la d?finition des grandes orientations de la politique agricole de l?UEMOA. Volume 1: Rapport final avril 2001. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 43 L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives Annexes 1996 1997 1998 1999 Moyenne 1996?1999 Bovins Ovins Caprins Bovins Ovins Caprins Bovins Ovins Caprins Bovins Ovins Caprins Bovins % Ovins % Caprins % RCI 90608 125515 45382 84828 127567 49649 89263 157187 67789 89549 120867 65405 88562 62,81 132784 71,51 57056 52,39 GHANA 37201 10177 16259 50055 32138 33647 35946 44947 49816 30045 50891 44406 38312 27,17 34538 18,60 36032 33,09 TOGO 20332 22285 21574 11404 14845 11678 8181 10947 7920 11740 11242 8325 12914 9,16 14830 7,99 12374 11,36 BENIN 1820 3308 2188 967 3541 3940 642 2047 2202 0 1819 1435 857 0,61 2679 1,44 2441 2,24 AUTRES 390 68 4 213 265 1263 288 691 138 551 2400 2573 361 0,26 856 0,46 995 0,91 TOTAL 1500351 1611353 85407 147467 178356 100177 134320 215819 127865 131885 187219 122144 141006 100 185687 100 108898 100 Sources : DEP/MRA. Les statistiques de l??levage au Burkina Faso 1996, 1997, 1998 et 1999. Le commerce ext?rieur de b?tail se fait essentiellement en direction de la C?te d?Ivoire, du Ghana, du Togo et du B?nin. 44 Tableau 2. Programmes prioritaires du plan d?action. No Intitul?s Programmes Objectifs Projets Prioritaires 1 Appui au d?veloppement de l??levage traditionnel et ? la valorisation des zones pastorales lever les contraintes d?ins?curit? fonci?re ; am?liorer la contribution de l??levage traditionnel ? l??conomie nationale; lutter contre la pauvret? et contribuer ? l?autosuffisance alimentaire. am?nagement et gestion des zones pastorales et pistes ? b?tail. d?veloppement du petit ?levage villageois, suivi des ressources pastorale et organisation de la transhumance. 2 Appui au d?veloppement de l?agriculture villageoise am?liorer la production d?oeufs de chair ; am?liorer les techniques de production. lutte contre les principales maladies aviaires. promotion de l??levage de la pintade. am?lioration g?n?tique, du mat?riel et des ?quipements. 3 Lutte contre les ?pizooties et surveillance sanitaire am?liorer la couverture sanitaire du cheptel et cr?er des zones indemne de maladies ; am?liorer le diagnostic et promouvoir la recherche. ?pid?mio-surveillance et carte ?pid?miologique ; recherche et lutte contre les maladies aviaires. 4 Lutte contre les trypanosomoses animales Eradiquer les glossines et les trypanosomes identification des zones infest?es et lutte int?gr?e contre les trypanosomoses animales. 5 Appui ? la privatisation de la fonction de v?t?rinaire et de zootechnicien baisser le taux de ch?mage ; am?liorer le ratio d?encadrement ; privatiser les fonctions de v?t?rinaire et de zootechnicien. installation de v?t?rinaire et des zootechniciens ; cr?ation d?unit?s de b?tail de fermes pilotes et de cabinets d?appui conseil. 6 Am?lioration de la productivit? des animaux approvisionner les villes et les campagnes ; lutter contrer la pauvret? et l?ins?curit? alimentaire; soutenir le d?veloppement des fili?res et augmenter la comp?titivit? des produits. am?lioration de la productivit? des ?levages ; diffusion de semences am?lior?es ; appui aux ?levages non conventionnels et ? l?organisation laiti?re des ?leveurs. 7 Appui ? la professionnalisation de l??levage et soutien au secteur priv?. renforcer les capacit?s d?organisation et les cadres de concertation ; impliquer les organisations dans les actions de d?veloppement ; am?liorer la gestion des organisations et des revenus. r?habilitation des abattoirs de Ouagadougou et de Bobo et construction d?infrastructures dans 10 villes moyennes ; appui aux initiatives priv?es de commercialisation. 8 Appui ? l?alimentation et l?Hydraulique pastorale augmenter la disponibilit? en eau ; constituer et valoriser les r?serves alimentaires. intensification de la production fourrag?re et de concentr? ; hydraulique pastorale. 9 Appui ? la fili?re lait am?liorer la production laiti?re, la collecte, la transformation et la commercialisation ; diminuer les importations ; am?liorer le niveau de la consommation et le revenu des femmes. am?lioration du potentiel g?n?tique ; promotion de la fili?re lait et cr?ation d?unit?s de transformation. Source : Extrait communication MRA ? Rencontres r?gionales sur le code pastoral ? MRA F?vrier. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 45 L??levage au Burkina Faso: syst?mes en place, politiques commerciales et perspectives R?les de l?Union Economique et Mon?taire Ouest Africaine et perspectives pour l?Elevage R?gional M.A. Maiga Charg? des Ressources Animales. Commission UEMOA The Monetary and Economic Union of West African Countries (UEMOA) aims to build up the competitiveness of economic and financial activities, in a framework of a free and competitive market; ensure the convergence of economic policies; create a common and free market between the states; co-ordinate national sector policies, and bring into line legislations, especially fiscal policies. To meet these objectives, many actions have to be undertaken in the field of creation of institutions and policy implementation. A common market with free trade and a common agricultural policy will benefit the livestock sector. The trade policy of the Union, based on WTO principles, will definitely boost the regional trade on livestock products. As far as regional integration is concerned, livestock are seen as privileged integration factors between sahelian countries that have a comparative advantage in livestock products and the costal countries where the demand is high. La pr?sentation s?articule autour de quatre points : 1) la pr?sentation des objectifs de l?UEMOA, 2) le march? commun de l?UEMOA, 3) le chantier de la politique agricole de l?UEMOA, et 4) les perspectives pour am?liorer la production et les ?changes des produits de l??levage au sein de l?UEMOA. En introduction l?auteur rappelle tout d?abord le r?le et l?importance de l?agriculture et de l??levage dans l?Union, ainsi que la compl?mentarit? naturelle entre pays sah?liens et pays c?tiers en mati?re de production et d??changes de produits animaux. L??levage a longtemps ?t? un puissant facteur d?int?gration des ?conomies de la sous-r?gion. La mise en place de l?UEMOA contribuera-t-elle ? promouvoir davantage ces ?changes? 1 Pr?sentation des objectifs de l?UEMOA Les objectifs assign?s ? l?Union par le trait? du 10 janvier 1994 sont au nombre de cinq : 1) Renforcer la comp?titivit? des activit?s ?conomiques et financi?res des Etats membres dans le cadre d?un march? ouvert et concurrentiel et d?un environnement juridique rationalis? et harmonis?, 2) Assurer la convergence des performances des politiques ?conomiques, par l?institution d?une proc?dure d?urgence multilat?rale, 3) cr?er entre les Etats un march? commun bas? sur la libre circulation des personnes, des biens et des services, ainsi qu?un tarif ext?rieur commun et une politique commerciale commune, 4) instituer une coordination des politiques sectorielles nationales, par la mise en ?uvre des domaines ci-apr?s : ressources humaines, am?nagement du territoire, infrastructures, transport, 46 CIRES/MPARH/ILRI Workshop t?l?communications, environnement, agriculture, ?nergie, industrie et mines, enfin 5) harmoniser les l?gislations, et particuli?rement le r?gime de la fiscalit?. En vue de r?aliser ces objectifs, diff?rents chantiers sont ouverts et mis en place par l?union autour des volets suivants : 1) la mise en place des diff?rents organes n?cessaires au fonctionnement de l?Union, 2) l?harmonisation des l?gislations, 3) la surveillance multilat?rale des politiques macro?conomiques, 4) la r?alisation effective du march? commun, ? travers la suppression des droits de douane et des restrictions quantitatives, 5) la mise en ?uvre des politiques sectorielles. Deux de ces chantiers ont une profonde implication sur la production et le commerce des principaux produits de l??levage. Il s?agit du march? commun et de la politique agricole commune qui fixe le cadre juridique et r?glementaire pour promouvoir les activit?s de production et d??changes dans le secteur de l??levage. 2 Le March? Commun de l?UEMOA La construction du march? commun de l?UEMOA figure parmi les objectifs prioritaires que les Etats membres se sont assign?s. Le march? commun est organis? essentiellement autour d?une union douani?re entre les Etats membres. Cette union est caract?ris?e par : a) la lib?ralisation du commerce intra-communautaire, bas?e sur le principe de la pr?f?rence communautaire, b) la mise en place d?un tarif ext?rieur commun, c) des r?gles communes de concurrence. La lib?ralisation du commerce intra-communautaire est un des fondements de l?Union. En effet, la construction de l?Union douani?re pr?suppose la suppression totale des barri?res douani?res entre les Etats membres. C?est donc dans ce cadre qu?un processus de lib?ralisation des ?changes a ?t? mis en ?uvre par pallier. A cet effet, la conf?rence des Chefs d?Etat et de Gouvernement a d?cid? d?s 1996 d?instaurer, ? travers l?Acte Additionnel n o 04/96, un r?gime pr?f?rentiel transitoire en faveur des produits ?chang?s au sein de l?Union, avec la lev?e imm?diate de toutes les barri?res non tarifaires entravant les ?changes entre les pays membres. Apr?s des ?tapes successives, l?on est parvenu en juillet 1996, au d?sarmement douanier. Le tarif ext?rieur commun (TEC) est con?u comme devant ?tre l?unique cordon douanier ceinturant l?Union, et qui doit r?gir les ?changes ext?rieurs des pays de l?Union avec le reste du monde. Il poursuit les objectifs suivants : a) la volont? d?ouverture de l?espace UEMOA vers l?ext?rieur, b) la protection de l?environnement, c) la lutte contre le d?tournement de tarif ? savoir, ?viter que les exportateurs des pays tiers n?utilisent les pays o? les droits de porte sont les moins ?lev?s comme porte d?entr?e dans l?Union, et de r?exporter par la suite les produits vers les pays o? les tarifs sont les plus ?lev?s. Le dispositif du TEC repose sur une cat?gorisation des droits et taxes permanents et des droits et taxes ? caract?re temporaire. Il existe quatre cat?gories de produits dont les droits et taxes permanents sont fix?s pour toute l?Union ; ces cat?gories not?es de0?4selon la nature du bien, ont des droits de douane de 0,5,10,et 20% respectivement. Le pr?l?vement communautaire de solidarit? (PCS) est une ressource affect?e ? l?Union. Les autres droits et taxes comprennent la Taxe D?gressive de Protection (TDP) pour CIRES/MPARH/ILRI Workshop 47 R?les de l?Union Economique et Mon?taire Ouest Africaine et perspectives pour l?Elevage R?gional compenser les baisses importantes de protection tarifaire li?es ? la mise en place du TEC. Elle est per?ue uniquement sur les produits de l?industrie et de l?agro-industrie import?s des pays tiers. La Taxe Conjoncturelle ? l?Importation (TCI) est un m?canisme destin? ? lutter contre les effets des variations erratiques des prix mondiaux de certains produits sur la production communautaire et ? contrecarrer les pratiques d?loyales ? l?importation. Elle est per?ue uniquement sur les produits de l?agriculture, de l??levage et de la p?che, ? l?exclusion du poisson et des produits ? base de poisson susceptibles de provoquer une d?gradation majeure de la situation de la branche concern?e. Son taux est de 10 % du prix de d?clenchement, mais elle peut ?tre per?ue selon le syst?me de la p?r?quation. La politique commerciale et les r?gles de concurrence de l?Union reposent sur les principes de l?Accord G?n?ral sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT), et par cons?quent de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Elle tient compte de la n?cessit? de contribuer au d?veloppement harmonieux du commerce intra-africain et mondial, de favoriser le d?veloppement des capacit?s productives ? l?int?rieur de l?Union, de prot?ger les productions de l?Union contre les politiques de dumping et de subvention des pays tiers. Elle conclut les accords internationaux dans le cadre de la politique commerciale commune. Afin d?avancer dans la constitution d?un march? unique, l?UEMOA met en ?uvre une politique d?harmonisation des taxes internes. Le r?gime g?n?ral pr?voit une TVA dans tous les Etats membres qui doit converger ? 18 % au 1 er janvier 2002. Dans cette disposition, le secteur rural est dispens? de TVA, mais l?application de cette mesure est diff?r?e jusqu?? la mise en place de la Politique Agricole Commune. La fiscalit? des PME/PMI est aussi en voie d?harmonisation. 3 La Politique Agricole Commune de l?UEMOA Les objectifs de la politique agricole tels que d?finis dans le Protocole Additionnel No II du Trait? instituant l?Union, sont les suivants :a) la r?alisation de la s?curit? alimentaire et d?un degr? ad?quat d?autosuffisance alimentaire au sein de l?Union, en tenant compte de la compl?mentarit? entre les Etats et de leurs avantages comparatifs ; b) l?accroissement sur une base durable de la productivit? de l?agriculture gr?ce ? la ma?trise du progr?s technique, au d?veloppement et ? la modernisation de la production et des fili?res agricoles, ainsi qu?? l?utilisation optimale des facteurs de production ; c) l?am?lioration des conditions de fonctionnement des march?s des produits agricoles et des produits de l??levage et de la p?che, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. L??laboration des principes directeurs de la politique agricole tiendra compte du caract?re particulier de l?activit? agricole, de la n?cessit? d?op?rer graduellement les ajustements opportuns, du fait que dans les Etats membres, l?agriculture est intimement li?e aux autres secteurs de l??conomie. L??laboration d?une politique agricole commune est un processus de longue haleine, si l?on se r?f?re ? l?unique exp?rience concr?te et op?rationnelle existante, celle de l?Union Europ?enne. Afin de gagner du temps, une s?rie d?actions convergentes sont entreprises, portant ? la fois sur la mise en place d?un cadre coh?rent et sur la conception des instruments de la Politique Agricole de l?Union. Ce programme int?rimaire dit de 48 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Maiga ?premi?re g?n?ration? dans le domaine du d?veloppement rural a ?t? adopt? en 1997. Il a identifi? des actions communautaires prioritaires d?int?gration ? court et moyen termes. Parmi ces actions figure la mise en place d?un syst?me harmonis? de classification du b?tail et de la viande en vue de valoriser la production, de faciliter les transactions commerciales, et de satisfaire les exigences des consommateurs au sein de l?espace de l?UEMOA. L??tude sur les grandes orientations de la politique agricole a ?t? r?alis?e en 2000-2001. Elle avait pour but de d?finir les objectifs, les principes directeurs et les principaux axes strat?giques de la politique agricole, et de proposer les grandes lignes d?un plan d?action pour sa mise en ?uvre. Les r?sultats de cette ?tude ont fait l?objet d?examen par un comit? scientifique compos? d?experts internationaux en mati?re d?int?gration ?conomique et de politique agricole, pour ?tre ensuite soumis ? un vaste d?bat au cours d?ateliers nationaux organis?s dans chacun des huit Etats membres. La r?alisation de l?objectif de s?curit? alimentaire au niveau r?gional sera ainsi favoris?e par le march? unique r?gional et la mise en ?uvre de la politique agricole qui, en favorisant la fluidit? des ?changes de produits agricoles et agro-industriels donnera une impulsion ? la production v?g?tale et animale. C?est ?galement dans cette optique que la Commission de l?UEMOA a ?labor?, en collaboration avec la FAO, un Programme Sp?cial R?gional pour la S?curit? Alimentaire (PSRSA). Enfin il convient de noter que la mise en ?uvre de la politique agricole de l?Union s?inscrit dans un contexte de lib?ralisation. Les instruments de cette politique, les m?canismes de l?Union douani?re et d?autres actions devront permettre l?accroissement de la production, la fluidification des ?changes intra-communautaires et favoriser la comp?titivit? des produits sur le march? international. 4 Implication du march? commun de l?UEMOA sur la production et le commerce des produits de l??levage Faute de donn?es sp?cifiques, il est difficile d?appr?cier l?impact du dispositif du march? commun de l?UEMOA sur la production et les ?changes des produits de l?agriculture et en particulier ceux de l??levage. Les donn?es provisoires g?n?rales montrent que le volume global des importations intra communautaires a connu en 1997 une hausse de 7,95% par rapport ? 1996, bien que l?on ait observ? une importante sous-?valuation des importations intra-communautaires, du fait du faible suivi statistique du commerce des produits du cru et de l?artisanat. L?objectif poursuivi par les Etats membres est de porter la part du commerce intra-communautaire estim?e ? 8% aujourd?hui, ? un niveau de 25% ? l?horizon 2025, ce qui suppose l?harmonisation des proc?dures, la suppression de la d?livrance d?un certificat d?origine pour les produits du cru, ? l?exception de certains produits sensibles comme ceux de la p?che. Concernant plus particuli?rement les barri?res tarifaires et non tarifaires, un programme de facilitation des transports a ?t? adopt? par le Conseil des Ministres en septembre 2001. Il prend en compte les pr?occupations li?es aux entraves ? la libre circulation des marchandises, et institue un document unique pour les formalit?s CIRES/MPARH/ILRI Workshop 49 R?les de l?Union Economique et Mon?taire Ouest Africaine et perspectives pour l?Elevage R?gional douani?res, la mise en place d?un observatoire r?gional des pratiques anormales et la construction de bureaux de contr?le juxtapos?s. Les effets du TEC sur les activit?s de production et d??changes de produits de l?agriculture et de l??levage restent difficiles ? estimer. Il faut noter cependant que la cat?gorisation du TEC favorise en g?n?ral le consommateur final, en ne mettant que des tarifs modestes sur la plupart des biens de consommation finaux. Par contre il n?est pas certain qu?il encourage la production communautaire, surtout dans le cas de certains produits comme la viande et le lait. Aujourd?hui, les droits de douane du TEC pour certains produits animaux varient de 5 ? 20%. Il est difficile de r?ellement appr?cier les effets des changements tarifaires et des taxations internes sur l?agriculture et l??levage, en l?absence d??tudes pr?alables. Il est seulement certain que les effets risquent d??tre de grande ampleur dans certains pays pour les fili?res strat?giques comme la viande, pour lesquelles les conditions de concurrence sont s?rieusement modifi?es. Il convient de constater que dans l?ensemble, l?application du TEC pose de s?rieux probl?mes pour les produits agricoles. Les op?rateurs ?conomiques du secteur sont peu associ?s aux consultations avant la mise en application des r?glements. Par ailleurs les cat?gories du TEC semblent parfois mal adapt?es (cas notamment de la taxation du poussin d?un jour). Il para?t donc n?cessaire de faire l??tat des lieux de la mise en ?uvre de l?int?gration commerciale, notamment la mise en place du TEC, et d?analyser l?impact des mesures tarifaires sur les syst?mes de production animale et leur comp?titivit?. Il conviendra ?galement de d?terminer pour les diff?rents produits de l??levage le niveau de protection convenable. Enfin dans le contexte actuel de la mondialisation, il appara?t n?cessaire d?identifier les obstacles auxquels les exportations de produits d??levage doivent faire face dans le cadre des engagements de l?OMC. 5 Perspectives pour am?liorer la production et les ?changes de produits de l??levage au sein de l?UEMOA L??levage constitue une r?elle chance pour la coop?ration et l?int?gration r?gionale en Afrique de l?Ouest (Perspectives ouest africaines 1993). Il est, a-t-on coutume de dire, pour l?Afrique de l?Ouest, ce qu?ont ?t? le charbon et l?acier pour la construction de l?Europe. Les pays de l?UEMOA disposent d?un potentiel important en mati?re d??levage. Le secteur du b?tail et de la viande est de ceux o? les compl?mentarit?s entre les zones g?ographiques (pays sah?liens et pays c?tiers) offrent les meilleures opportunit?s d??changes. L?int?gration r?gionale doit en tirer avantage. Mais une compl?mentarit? ?conomique bien comprise ne consiste pas seulement ? envisager l?avantage qu?auraient les pays producteurs sah?liens ? gagner des parts de march? dans les pays c?tiers, mais aussi ? montrer l?int?r?t pour l?ensemble des pays, d?une augmentation de la valeur ajout?e r?gionale. L?int?r?t de l?Union serait d?utiliser les richesses disponibles pour accro?tre la production et la consommation des produits r?gionaux. En effet, le b?tail et la viande produits dans l?espace de l?UEMOA sont en concurrence directe avec les importations de viandes de pays tiers. Ces importations constituent pour l?Union un manque ? gagner. Les 50 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Maiga produits de la sous-r?gion, dont les viandes bovine, ovine et caprine ont fait la preuve de leur comp?titivit?, mais l?exp?rience a montr? la fragilit? de l??quilibre, face aux pressions des march?s mondiaux. La politique agricole commune offre plusieurs avantages : 1) elle offre un march? plus vaste, avec des perspectives d?accroissement de la production et donc des revenus ; 2) elle offre une gamme plus vari?e de produits ; 3) elle permet de rapprocher l?offre et la demande au plan r?gional ; 4) elle permet de faire jouer les avantages comparatifs et donc d?am?liorer la comp?titivit? des produits de la r?gion sur le march? international. Le processus d??laboration de la politique agricole commune, en cours de finalisation s?articule autour de trois axes : Axe 1 : Adaptation des grandes fili?res et am?lioration de la production. L?enjeu ici est de mettre en place au niveau r?gional, un processus de concertation entre diff?rents acteurs institutionnels et priv?s, pour adapter les grandes fili?res agricoles y compris les fili?res d??levage, et assurer leur d?veloppement. Il s?agira notamment d?exploiter au maximum les potentialit?s offertes par le march? r?gional, de mettre en valeur les compl?mentarit?s agricoles et pastorales entre les pays de l?Union, de favoriser l?adaptation ou la reconversion des fili?res ? la nouvelle situation de la concurrence. Axe 2 : Construction du march? unique agricole. Il s?agit de stimuler les ?changes de produits d??levage au sein de l?Union pour ?largir le march? int?rieur, de prot?ger les consommateurs et les producteurs, et de favoriser la diversification des productions, en r?duisant les entraves aux ?changes. Les interventions porteront sur l?harmonisation des normes de production et de mise en march?, sur les dispositifs de contr?le et les normes sanitaires, et sur la mise en place d?un syst?me d?information sur le march? agricole r?gional. Axe 3 : Insertion dans le march? mondial et dans la sous-r?gion. L?objectif ici est de permettre ? l?UEMOA de pouvoir efficacement repr?senter l?ensemble des Etats membres en d?fendant leurs int?r?ts et ceux de leurs populations dans le cadre des grandes n?gociations avec l?OMC, l?Union Europ?enne et la CEDEAO. Il s?agira notamment de mieux ? s?curiser ? les d?bouch?s ? l?exportation et de limiter la d?pendance alimentaire en assurant une insertion progressive de l?agriculture et de l??levage de la sous-r?gion dans le march? mondial. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 51 R?les de l?Union Economique et Mon?taire Ouest Africaine et perspectives pour l?Elevage R?gional L??levage en C?te d?Ivoire: poids ?conomique, d?veloppement et enjeu du secteur M. Koffi-Koumi, 1 T.T. Mamadou 2 et B.M. Bakar 3 1. Conseiller Technique du MINAGRA, 2. Sous-Directeur des Productions d?Elevage et 3. Chercheur au Centre ivoirien de Recherches Economiques et Sociales (CIRES, Universit? de Cocody) The Ivorian ?miracle? has been in essence propelled by the vitality of its agricultural sector. This dynamism resulted from the conjugate effect of the colonial legacy (international specialisation based on the comparative advantage), and the political will of the government, to set up its economic development on the agriculture sector. The sector employs two-third of the active population and contributes 35% to the national GDP. In that vision, livestock occupied a minor position. As a result, the country relies mainly on imports for livestock products. Despite the lack of comparative advantage (for some type of production systems), there is growing interest in livestock production. Although animal diseases, financial and institutional constraints prevail in the country, all the traditional production systems are developed. From the regional perspective, livestock have always played a major role in the process of economic and social integration. The Ivorian market is also one of the most important terminal markets for sahelian products. In the context of globalisation, the livestock sector is facing many challenges: food security, poverty alleviation and natural resources management. La communication s?articule autour de quatre points : en introduction, l?importance de l??levage est resitu?e dans le contexte de l??conomie ivoirienne ; le second point pr?sente les diff?rentes fili?res de production animale, le troisi?me les atouts et les contraintes des productions animales du pays, enfin le quatri?me point pr?sente les enjeux et d?fis du secteur. 1 Introduction L?agriculture constitue la base de l??conomie ivoirienne. Elle emploie les 2/3 de la population active, contribue pour 35% au PIB total, et pour 70% aux recettes totales d?exportation. Cette importance du secteur agricole r?sulte de la sp?cialisation internationale, h?rit?e du leg colonial, qui avait confin? le pays dans les sp?culations de rente du bin?me caf?-cacao, au nom de la th?orie des avantages comparatifs. Dans ce contexte, l??levage est rest? en marge du ? miracle ivoirien. ? Sa contribution au PIB agricole est d?environ 4,5% et de seulement 2% au PIB total. Cependant l?activit? prend de plus en plus d?importance. L??levage occupe aujourd?hui un grand nombre d??leveurs, il contribue de fa?on significative ? l?augmentation des revenus, ? l??quilibre de la balance des payements, ? la pr?servation et ? l?am?lioration de la gestion de l?environnement. 52 CIRES/MPARH/ILRI Workshop En l?an 2000, le taux de couverture des besoins ?tait de 59% pour les viandes et abats, de 100% pour les ?ufs, de 12% seulement pour le lait et les produits laitiers. La politique actuelle, caract?ris?e par le d?sengagement de l?Etat des activit?s de production et de commercialisation, et le recentrage sur les missions de service public, met un accent particulier sur le d?veloppement des esp?ces ? cycle court (porcs et volailles) et sur la production laiti?re. 2 Situation actuelle des fili?res animales A) Au niveau des ruminants, le cheptel bovin est constitu? d?environ 1 409 000 bovins, dont 834 000 taurins et 575 000 z?bus. La production de ce cheptel, qui couvre 42% de la consommation de viande bovine est de 23 126 tonnes ?quivalent carcasse, pour une valeur de 31,82 milliards de F CFA. La principale caract?ristique de l??levage bovin en C?te d?Ivoire est qu?il se trouve concentr? pour pr?s de 83% dans la r?gion nord du pays. La productivit? du cheptel demeure encore faible et le pays importe pr?s de la moiti? de sa consommation en viande bovine et 88% de sa consommation de lait. Le cheptel des petits ruminants est constitu? d?environ 2 585 000 t?tes dont 1 451 000 ovins, exploit?s ? 25%, et 1 134 000 caprins, exploit?s ? 22%. La production de ce cheptel, qui couvre 75% de la consommation de viande ovine et caprine est de 7 637 tonnes ?quivalent carcasse, pour une valeur de 13,720 milliards de F CFA. Le cheptel est ?galement reparti sur l?ensemble du territoire national, avec cependant une concentration dans le centre du pays qui abrite 40% des effectifs. L??levage de ruminants comprend trois syst?mes bien diff?renci?s : le syst?me traditionnel, le syst?me traditionnel am?lior?, et le syst?me moderne. a) le syst?me traditionnel d??levage bovin est pratiqu? sous deux formes extensives : l??levage transhumant et l??levage s?dentaire. ? l??levage s?dentaire, principalement repr?sent? dans la zone des savanes, reste archa?que, avec un faible niveau d?intervention de la part des propri?taires, des performances zootechniques m?diocres. Les troupeaux sont de petite taille et sont compos?s essentiellement de races taurines (N?dama, Baoul?). ? l??levage transhumant, d?origine sah?lienne, est beaucoup plus homog?ne que le syst?me s?dentaire, notamment au niveau de la taille de l?unit? de production. Sur le plan g?n?tique, les z?bus dominent largement malgr? une tendance fr?quente au m?tissage, par acquisition de g?nisses de races taurines. L?insertion de ce mode d??levage dans l?utilisation de l?espace rural ivoirien reste pour une large part ? r?aliser. ? l??levage de petits ruminants se fait traditionnellement dans et autour des villages, et ne fait l?objet d?aucune surveillance sauf pendant la saison pluvieuse, pour prot?ger les cultures. Les animaux vivent des parcours environnants, de sous-produits agricoles et de d?chets de cuisine. b) le syst?me traditionnel am?lior? : Il r?sulte d?une intensification progressive du syst?me traditionnel. L?adoption des am?liorations propos?es reste conditionn?e par la disponibilit? r?guli?re des intrants (sanitaires, aliments compl?mentaires, mat?riel CIRES/MPARH/ILRI Workshop 53 L??levage en C?te d?Ivoire: poids ?conomique, d?veloppement et enjeu du secteur g?n?tique), la valorisation ?conomique des efforts de l??leveur par le biais de circuits de commercialisation performants et l?acc?s ? un cr?dit adapt?. c) le syst?me moderne : il est repr?sent? par les ranches, les stations d?Etat et les grands ?levages priv?s, mais aussi sous des formes plus modestes mises en place par des projets. L??levage bovin am?lior? est encore minoritaire, mais il se d?veloppe ? un rythme soutenu, encourag? par une conjoncture ?conomique favorable ? la production bovine, en raison notamment de la d?valuation du franc CFA de janvier 1994 qui a rendu les productions domestiques plus comp?titives. Les ?levages modernes se caract?risent surtout par une meilleure conduite des animaux, des interventions sanitaires plus r?guli?res, ainsi que par la distribution de sels min?raux et de compl?ments alimentaires. Le secteur moderne de l??levage de ruminants, malgr? un syst?me de production relativement extensif (p?turages sur savanes naturelles), est handicap? par l?absence d?organisation de la commercialisation et des prix largement d?termin?s par l?offre ext?rieure. B) Au niveau des fili?res avicole et porcine ? l?effectif des volailles est constitu? d?environ 29 390 000 t?tes, dont 21 630 000 volailles traditionnelles et 7 760 000 volailles modernes. La production de ce cheptel qui couvre 88% de la consommation de viande de volailles est de 21 000 tonnes, pour une valeur de 24,260 milliards de F CFA. La production d??ufs est de 33 758 tonnes et couvre la consommation nationale ? plus de 100%. Cette production d??ufs a une valeur de 23,900 milliards de F CFA. Elle est assur?e par deux secteurs : un secteur traditionnel et un secteur moderne ? le secteur traditionnel est une aviculture villageoise r?partie dans tout le pays. Les volailles sont ?lev?es de fa?on traditionnelle autour des cases d?habitation et ne font l?objet d?aucune surveillance. Les animaux vivent d?insectes, de sous-produits agricoles et de d?chets de cuisine. Les volailles disposent souvent d?un abri pour la nuit. ? le secteur moderne est d?velopp? principalement autour d?Abidjan et des autres grandes villes. Il occupe une place importante dans l??conomie ivoirienne, et tous les maillons de cette fili?re sont pr?sents en C?te d?Ivoire. La fili?re moderne regroupe de nombreux op?rateurs : les accouveurs, les unit?s agro-industrielles de production d?aliments compos?s, des ?leveurs de ponte ou de chair et des commer?ants sp?cialis?s dans la distribution de produits avicoles, qui demeurent cependant traditionnels pour la majorit? d?entre eux. La fili?re moderne avicole s?est structur?e autour de l?IPRAVI (Interprofession Avicole Ivoirienne) avec qui l?Etat a sign? en d?cembre 1998 un contrat-plan lui conf?rant la ma?trise d??uvre du d?veloppement de la fili?re. ? le cheptel porcin est constitu? d?environ 336 000 t?tes, dont 261 000 porcs traditionnels et 75 000 porcs modernes. La production de ce cheptel est 7 198 tonnes, pour une valeur de 6,760 milliards. Elle couvre 62% des besoins de consommation. Le secteur moderne est structur? autour de la Soci?t? Ivoirienne d?Abattage et de Charcuterie (SIVAC) dont l?abattoir effectue 60% des abattages contr?l?s. Il existe quelques charcuteries modernes qui produisent environ 70% des besoins nationaux en produits de charcuterie. Le 54 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Koffi-Koumi et al. secteur traditionnel, r?parti sur l?ensemble du territoire national, commercialise environ 40% de la consommation au niveau de la ville d?Abidjan et plus de 98% des productions dans les villes et villages de l?int?rieur. La fili?re porcine a fortement ?t? affect?e par la peste porcine africaine de mai 1996. Comme dans le cas des ruminants, trois syst?mes se r?partissent la production : le syst?me traditionnel, le syst?me traditionnel am?lior? et le syst?me moderne. ? dans le syst?me traditionnel, les porcs sont ?l?ves dans et autour des villages, sous aucune surveillance. Ils se nourrissent en errant dans les villages ? la recherche de d?chets de cuisine et de sous-produits agricoles. ? le syst?me traditionnel am?lior? se compose d?exploitations de petite taille qui utilisent des porcs de race locale ou les produits issus de croisements avec des races exotiques. Les animaux sont nourris avec des d?chets de cuisine r?colt?s ? travers le village. Ils b?n?ficient occasionnellement de soins ?l?mentaires (d?parasitages). Ils sont g?n?ralement commercialis?s sur place ? l?occasion des f?tes de fin d?ann?e. ? le syst?me moderne est repr?sent? par les ?levages concentr?s autour des centres urbains. Ces ?levages s?ins?rent dans une fili?re dot?e d?outils industriels en amont et en aval (firmes d?aliments, abattoirs, charcuterie, etc..). Suite au d?sengagement de l?Etat, la fili?re porcine est entrain de se restructurer autour des producteurs, ? qui l?Etat va, comme dans la fili?re avicole, confier la ma?trise d??uvre du d?veloppement de la fili?re. 3 Avantages comparatifs et contraintes des productions animales en C?te d?Ivoire Un des tous premiers avantages est la pr?sence d?un cheptel traditionnel rustique, bien adapt? ? l?environnement naturel du pays. L?existence de parcours naturels et de points d?abreuvement en eau de surface constitue ?galement un atout important. Sur l?ensemble du territoire national l?on trouve ?galement des sous-produits agro-industriels en quantit?s importantes. A cela il faut ajouter l?existence d?infrastructures pastorales, de laboratoires, d?usines d?aliments du b?tail, et une volont? politique nettement exprim?e, en faveur du secteur. Parmi les contraintes, il faut tout d?abord d?plorer l?absence d?un financement adapt? au secteur, le co?t ?lev? des intrants. Par ailleurs l?absence de s?curisation fonci?re d?courage les investissements dans le secteur. La faible productivit? du mat?riel g?n?tique constitue ?galement un handicap. D?autres faiblesses comme le manque d?organisation des professionnels, les conflits agriculteurs/?leveurs, l?inadaptation du r?gime fiscal peuvent ?tre cit?es. 4 les enjeux et d?fis du secteur A l?instar de la plupart des pays en d?veloppement, la C?te d?Ivoire a connu un essor important de ses productions animales ces derni?res ann?es. Ce prodigieux essor est le CIRES/MPARH/ILRI Workshop 55 L??levage en C?te d?Ivoire: poids ?conomique, d?veloppement et enjeu du secteur r?sultat d?une pression de la demande, due ? l?effet conjugu? de l?accroissement d?mographique, du ph?nom?ne d?urbanisation et de l?augmentation des revenus. Il est aussi l?expression d?une volont? politique clairement exprim?e, qui a fait de l??levage une priorit? dans le sch?ma de d?veloppement du pays. Malgr? ce d?veloppement du secteur, le pays reste encore tributaire de l?ext?rieur pour l?essentiel de ses approvisionnements. C?est dire que le secteur est confront? ? une s?rie de d?fis majeurs, dans un contexte d?int?gration r?gionale et de globalisation des ?changes. ? tout d?abord au niveau de la s?curit? alimentaire, faute d?avoir des taux de couverture suffisants, les approvisionnements devront se faire en mettant l?accent sur les avantages comparatifs qu?offre le march? r?gional, notamment dans les ?changes avec les pays sah?liens. L?accroissement de la production domestique, par le passage ? des sch?mas intensifs peut ?galement contribuer ? la s?curit? des approvisionnements. Un accent particulier devrait ?tre mis sur les esp?ces ? cycle court, aussi bien pour la production que pour une r?orientation des habitudes alimentaires. ? au niveau de la r?duction de la pauvret? : on observe que les pauvres en milieu rural se trouvent souvent parmi les petits ?leveurs, qui ont du mal ? acc?der aux intrants, au cr?dit et au march?. D?s lors, leur comp?titivit? et leur existence face aux gros producteurs est compromise. Il faudra alors mettre en place des m?canismes leur permettant de mieux s?organiser pour pouvoir acc?der au march? des produits animaux. ? au niveau de la protection de l?environnement, il est n?cessaire de passer des syst?mes extensifs qui d?gradent les ressources naturelles, ? des syst?mes intensifs plus performants, au moyen notamment d?une v?ritable int?gration de l?agriculture et de l??levage (et non d?une simple juxtaposition). Ce passage va non seulement permettre d?accro?tre la productivit? des syst?mes aussi bien agraires que pastoraux, mais en m?me temps de pr?server les ressources en eau et les terres fragiles marginales. Par ailleurs la promulgation d?un code pastoral et foncier permettrait non seulement de favoriser et de s?curiser les investissements dans le secteur, mais ?galement de r?duire les conflits entre agriculteurs et ?leveurs dans les zones de production. Enfin dans le cadre de la mondialisation de ?changes, les produits animaux de la C?te d?Ivoire, comme ceux de l?ensemble de la sous-r?gion peuvent saisir les opportunit?s qu?offrent les accords de l?Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En effet, suite ? la d?saffection des consommateurs europ?ens pour certains types de viandes produites sur le vieux continent, nos produits animaux pourraient sous certaines conditions, se tailler une part de march? importante outre atlantique. Ces objectifs ne peuvent ?tre atteints que si les efforts sont poursuivis dans le sens de l?am?lioration des conditions d??levage, de la diversification et de la modernisation de la production, avec un environnement ?conomique et institutionnel favorables. 56 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Koffi-Koumi et al. R?f?rences Cabinet AFC Consultants. 1999. Rapport d??valuation finale du programme d?appui au d?veloppement de l?elevage ovin et bovin ? 6 ?me FED. GmbH (Bonn). Cabinet ADC. 2000. ?Restructuration du Centre National Ovin.? Horus Entreprises. 2001. ?Etude de faisabilit? du programme triennal de d?veloppement de l?aviculture moderne en C?te d?Ivoire (Rapport provisoire). MINAGRA/DGRA. 1996. Programme national d?am?lioration g?n?tique du Cheptel MINAGRA 1997. Plan Directeur du D?veloppement Agricole 1992-2015 MINAGRA/CNEPPA 1998. Rapport Technique et Financier de l?Eradication de la Peste Porcine Africaine en C?te d?Ivoire (Version provisoire). MINAGRA/DGP/DPA. 2000. ?Statistique de la Direction des Productions Animales. ? SOFRECO ; CIRAD-EMVT et BERGAN Sarl. 2001.?Etude de faisabilit? sur la relance et le d?veloppement de la fili?re porcine en C?te d?Ivoire (Rapport provisoire).? Tyc J. et Renard J.F. 1999. ?Restructuration du Ranch de la Marahou?. Phase III. Cabinet; Cheveau, Mazars & Guerard. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 57 L??levage en C?te d?Ivoire: poids ?conomique, d?veloppement et enjeu du secteur Communication des participants des pays Anglophones du Corridor Central Improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Nigeria: Challenges and opportunities U. Amogu and A.Y. Salisu Federal Ministry of Agriculture and Natural Resources, PMB 135 Garki, Abuja, Nigeria La communication commence par une pr?sentation des syst?mes de production animale au Nig?ria, domin?s essentiellement par les syst?mes traditionnels, ? faible intensit? capitalistique. Dans l?ensemble, le secteur est en proie ? des difficult?s de tous ordres qui le rendent peu profitable. La faiblesse des prix administr?s par les pouvoirs publics ne permet pas aux paysans de couvrir leurs co?ts de production. En raison de la nature m?me des productions animales, li?es ? un cycle biologique, l?absence d?un cr?dit adapt? constitue ?galement un handicap majeur ? l?am?lioration de la production. L?alimentation animale, notamment le caract?re saisonnier du potentiel fourrager, ainsi que les maladies animales, sont ?galement mentionn?es comme contraintes vis ? vis du d?veloppement du secteur. Au niveau du commerce r?gional, la comp?titivit? du secteur des productions animales est limit?e par les lourdes proc?dures administratives, les taux de change, les conditions et les infrastructures de transport, les taxes diverses. Les strat?gies visant ? am?liorer la comp?titivit? du secteur devront passer tout d?abord par des prix plus incitatifs. Il faudra ensuite d?velopper les infrastructures, ?quiper les march?s, intensifier les syst?mes de production, privatiser les services de sant? animale afin de les rendre plus efficients. Introduction Livestock production in Nigeria is undertaken by four groups of producers? smallholder, traditional, large-scale and peri-urban producers. About 80% of the nation?s herd is managed under the traditional pastoral system whose primary reasons for keeping animals are as a source of wealth, social status symbol and insurance. The daily needs of the pastoralists are met from fresh milk, and processed products such as sour milk, cheese and butter as well as from sales of yoghurt. Although most of the national beef supply comes from the traditional system of production, it is characterised by transhumance with little or no investment (capital and input), poor management such as keeping excess males, low yield offtake and little or no market orientation. The large-scale producers are few in number and are usually owned by absentee farmers. The ownership of these farms is made up of retired soldiers and civil servants who have poor managerial skill. They have access to government patronages and production is generally CIRES/MPARH/ILRI Workshop 61 inefficient with regard to returns on investment because of the high capital outlay. These farms in total constitute less than 2% of the nation?s herd. The peri-urban producers are scattered around urban settings with close proximity to markets. The production of animals under this system depends mainly on the availability of labour and space. The farms provide livestock and fresh products to the consumers living within the fringes of urban settlements. This system is entirely market-oriented. The smallholders are mainly engaged in mixed agriculture or agro-pastoralism. The animals under this system are grazed in the open range, but they receive feed supplements such as industrial by-products, hay, mineral salt, crop residue and other feed types. This system is market-oriented as rams, bulls, pigs and poultry broilers are raised for a period of time and sold for slaughter. However, this group lacks access to credit that is needed for productive ventures especially in the fattening of livestock for the market. The high interest rate on borrowed money militates against the extension of credit to this group and sustainable livestock production. Problems of competitiveness in livestock production The food price dilemma Low food price has made agricultural production generally unprofitable. While the farmers need to cover their cost of production the government advocates low food prices for the populace. Moreover, households spend their disposable income on staple foods and until these needs are met they cannot spend on the preferred foods of animal origin. Existing policies are such that the consumption of urban dwellers is subsidised by farmers who out of necessity absorb the marketing costs in bringing their products to the urban market. Lack of access to credit/economy of scale Access to credit has remained the most important factor that affects competitiveness in livestock and agricultural production. The Credit Guarantee Scheme, which was established in 1977 together with Central Bank Sectoral Policy Guidelines have failed to induce commercial banks to lend to agriculture. Inefficient markets Livestock production is constrained by biological and technical factors that set the limit to productivity and output. For example, there is usually a long growth (or gestation) period during which the products may not be ready for the market. Such factors that cannot be controlled by farmers result in a lagged supply response. Moreover, livestock products are usually perishable, and because of their seasonal nature, there are immense economic distortions. Apart from the inefficient market and marketing arrangements, the arbitrary taxation of livestock trade and the re-introduction of ?Jangali? (cattle taxes of northern Nigeria) by some local governments in the country, are potent sources of price distortions. 62 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Amogu and Salisu Seasonal scarcity of feed and water Feeds constitute 75?85% of the cost of production for non-ruminants. The rates of growth and reproduction depend on the quality and quantity of feed. Competition for grains between human and animal populations have greatly increased over the years mainly due to the rapid growth in human population. With respect to ruminants, the seasonal scarcity of forage affects the competitiveness of production as smallholders seek alternatives such as nomadic life and transhumance. The only viable alternative is investment in supplementary feeds at a very high cost. Insufficient disease control Incidences of diseases in animals continue to pose a great challenge to livestock enterprises especially smallholder producers. Diseases such as Contagious Bovine Pleuropneumonia (CBPP), foot-and-mouth disease (FMD) and African Swine Fever (ASF) are still a scourge among the nation?s herd. The cost of animal health care delivery has gone up because of the high cost of medication. Opportunity cost of family labour Family labour, which used to be available on farms, now has more valuable alternative uses outside the farm. Family labour is now better employed in selling water, washing cars etc. This is to the detriment of smallholder farm work. Uptake of modern technology The World Bank assisted the Agricultural Development Project (ADP) beginning in 1977, and extended technologies in the areas of agriculture to the grass roots. The production of livestock and fisheries were high and today the massive investment in capacity building under the ADP funding has helped to raise crop productivity and output significantly. Problems of competitiveness in livestock marketing Regional or international nature of livestock trade The regional or international nature of livestock trade in the West African sub-region poses some problems although trade is still carried out among different nations that impose different trade regulations. The regional trade is still undergoing formalisation. The article of trade and currencies for exchange are yet to be standardised. This is introducing limitations on business operations within the region and animal trade is not an exception. Exchange rate/currency instability affecting imported livestock Over the years, exchange rate instability has significantly contributed to problems in the competitiveness of smallholder production in Nigeria. Exchange rate affects some inputs CIRES/MPARH/ILRI Workshop 63 Improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Nigeria such as vaccines and other medication. In some cases it affects the cost of feed ingredients and replacement stocks, which can only be obtained from abroad (e.g. grand parent stock for swine). Instability of transportation costs For quite a long time, it has been very difficult to plan adequately for costs involved in transporting items within the country. This is generally due to the unstable cost of petroleum products. Coupled with the unstable exchange rate, which makes the cost of vehicles unpredictable, animal and input transportation costs become unstable, and impose limitations on smallholder businesses. Transit losses (mortality and attacks by armed bandits) The risks involved in transporting goods on Nigerian roads are very high. Most of the roads are not adequately repaired. Vehicles using them are subjected to unnecessary obstacles that cause accidents or damage to them. When such accidents occur the freight are thrown off and wasted. Smallholders are hardly able to afford insurance premiums that go with such high-risk ventures. Another cause of loss of freight in transit is the activities of armed bandits or robbers who attack vehicles transporting animals or feed. These two causes of transit loss impose limitations on the competitiveness of smallholder production. Feed costs (during transport and while waiting in markets) Additional costs for water and feeds are incurred while animals are in transit from production areas to the market, and while being displayed in the markets. Such costs are unpredictable and can be high enough to cause a major offset in the actual margin of the sellers and hence the producers. This will limit the competitiveness of the producer unless action is taken to reduce such costs. Movement taxes and custom duties (control posts charge per truck instead of per head of animal) In an attempt to increase government revenue, many states and local government councils have set up multiple control posts where various taxes are collected on traded animals. This imposes additional charges that are not necessarily marketing costs as no value is added for the money they collect. Such taxes are charged per truck whether the truck carries only one animal or is filled with animals, thus this method of imposing charges is bound to create business failure. Imposition of too many charges on animals in transit serves to limit the competitiveness of smallholder production. 64 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Amogu and Salisu Illegal taxes (by police, Jangali etc.) The police administration has set up security posts along routes to protect people and property against armed bandits. Unfortunately, the bad ones among them extort money from motorists and charge levies on trucks. The northern Nigerian cattle taxes called ?Jangali? that have been abrogated in the 1980s are still being illegally collected in some areas. These and other illegal tax collections add to the cost of marketing and hinder the competitiveness of the smallholders. Strategies for improving smallholder livestock competitiveness As stated earlier, smallholder producers? contribution to the nation?s production of meat, dairy and animal by-products is very low when compared with the contribution of other producer groups such as pastoralists. Efforts aimed at increasing the production of smallholders will definitely increase their competitiveness. Strategies suggested to improve the competitiveness of smallholders include: Development of appropriate pricing policy for livestock products The government is interested in having that food (meat and milk) available at cheap prices, while farmers are interested in maximising their profit. On the other hand, the government also needs to ensure there is equity between producers and consumers. This can be achieved by implementing a policy that facilitates government purchase of excess supply, and the release of this surplus back to the system when there is shortage. Provision of market infrastructure The inadequacy of infrastructural facilities has often resulted in inefficient markets and marketing of livestock and livestock products. The lack of market information and the absence of weight and measurement standards in the livestock trade are clear setbacks to efficient marketing. There is a need for both government and private sector investment in marketing infrastructure through the building of markets, loading ramps, holding yards, watering points, improvement of cattle kraals, slaughter houses and building of abattoirs. Development of appropriate livestock extension methodology To sustain livestock production, there is a need to develop appropriate ways of extending livestock technologies to smallholders and other livestock producers. The Unified Agricultural Extension System (UAES) established under the ADP for smallholder farmers has not yielded the desired result for livestock producers. The government should give priority to making transferable technologies available, recruiting more staff and funding the training of extension agents. This will enhance the dissemination of technologies to farmers and in so doing, will improve productivity. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 65 Improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Nigeria Crop?livestock integration Crop?livestock complementarity has not been fully exploited as a viable option towards sustaining smallholder livestock production. Under this system, animals are fed on crop residues, they supply draft power for cultivation and animal waste is used as manure. This complementary association will help to enhance efficiency and the returns to smallholders. Provision of storage facilities The storage of processed products offers an opportunity for stabilising supply and prices overtime and space. There is a need to initiate policy measures which will make storage facilities for livestock products available to consumers? co-operatives and other private sector organisations. Privatisation of animal health and input delivery The government should encourage extensive private investment in drugs and vaccine production. A vaccination/drug quality regulatory body should be put in place, which will ensure that vaccines produced within the country or those that are imported meet minimum requirement standards. Challenges and opportunities A vista of opportunity is opened through expanding regional co-operation between states in the West African sub-region. Regional integration promotes trade and serves to create expansive markets for agricultural and non-agricultural products among the nations involved. Organisations such as ECOWAS and OAU (now AU), which guarantee the free movement of citizens, have presented great potentials for the exchange of goods and services. Conclusion There is potential to increase the production of livestock and livestock products by smallholder producers. This is possible through appropriate government policy intervention on marketing, health, crop?livestock integration etc. The success of smallholder livestock production will stimulate the settlement of pastoralists and encourage agro-pastoralists to improve their production systems. 66 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Amogu and Salisu Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Ghana: Challenges and opportunities K. Asafu-Adjei and A. Dantankwa L?importance de l??levage au Ghana se situe ? plusieurs niveaux : une frange tr?s importante de la population, notamment les pauvres, tirent leur subsistance de cette activit? ; l??levage contribue ?galement au processus d?intensification de l?agriculture, dans un contexte de d?veloppement durable. L??levage bovin est essentiellement concentr? dans le nord du pays, tandis que les petits ruminants sont l?apanage des agriculteurs des r?gions foresti?res, dans le cadre de syst?mes semi-intensifs. La commercialisation du b?tail au Ghana est jonch?e d??tapes qui ont marqu? son d?veloppement. Traditionnellement, le b?tail circulait librement des zones m?ridionales pour approvisionner les march?s du sud, sans emb?ches. A partir de 1968, l?Allien Compliance Act va r?glementer et r?genter l?ensemble des activit?s commerciales dans le pays, y compris le commerce du b?tail. Il faudra attendre l?av?nement des programmes d?ajustement structurel pour lib?raliser de nouveau la fili?re. Le Ghana reste importateur net de produits animaux, la sant? et l?alimentation animales restant les deux principales contraintes pour le d?veloppement du secteur. Plusieurs politiques sont actuellement mises en ?uvre pour stimuler la production, en cherchant ? r?soudre les nombreux probl?mes auxquels les petits producteurs sont confront?s : notamment l?acc?s au cr?dit, aux intrants, et ? un mat?riel g?n?tique am?lior?. Background Livestock represent a critical dimension of the livelihood strategies of many poor and disadvantaged rural and peri-urban communities in Ghana. For many, livestock play a central role in their social and cultural identity and are a source of food, employment, food security and are also assets for store or trade. Access to quality services enhances the productivity and health of the animals and thus the income and welfare of individual producer households and the livestock sector as a whole. Effective technical support enhances the quality of meat, milk, eggs and other produce, increasing value added and opening new potential markets in Ghana and abroad. Livestock production in Ghana is important to the country?s agriculture. The sub-sector is estimated to contribute about 9% to the nation?s agricultural gross domestic product (GDP) and is a source of income for several rural farm households, especially in the northern part of the country. For instance, in the northern part of Ghana, livestock are CIRES/MPARH/ILRI Workshop 67 referred to as a ?walking bank? and provide financial reserves, serving as a risk-coping strategy, which is a buffer during crop failures and in periods of economic stress. Ninety-eight percent of crop farmers make up 98% of the people who keep livestock in Ghana. Crop farming in Ghana is mainly rain-fed and therefore provides seasonal income. Livestock keeping, however, provides substantial household cash income, particularly for the poor and supports food security in many rural households. The Upper East region, for instance, has the highest poverty incidence in Ghana with about 88% of the people living below the poverty line compared to the national average of 40%. In this region, livestock keeping serves as insurance against food deficits that occur frequently. Livestock is also a primary source of monetary income to farmsteads and improves the stability of many farm enterprises by providing income for various purchases such as inputs for crop farming. Thus, livestock keeping is crucial to the optimisation of the Ghanaian farming and livelihood systems. Livestock contribute significantly to the process of agricultural intensification and the sustainability of crop production. Livestock keeping increases the labour use per unit of land. The use of animal traction helps to alleviate labour problems, improves the quality and timeliness of farm operations and increases farm productivity. Animal traction is particularly important in increasing transportation and harvesting food crops, particularly in the Northern and Upper regions of Ghana. Moreover, the use of animal manure replenishes soil fertility and improves productivity in crop farming. Livestock population trends The major production of livestock is concentrated in the Northern, Upper East and Upper West regions of Ghana where the vegetation is Sudan savannah and Guinea savannah type. These three regions account for up to 77% of cattle production while the relatively dry costal savannah area accounts for 15%. The remaining 8% is produced in humid forests and transitional zones. Sheep and goats (small ruminants which are mostly of the West African dwarf type) and poultry are evenly distributed across the country. Sheep and goats are a frequent source of cash income for farm families, although the average number of flock is small (about 10 heads of sheep and goats). The offtake rate for small ruminants is about 30% higher than that of cattle, which is only 11%. Pigs are produced both commercially and in smallholder farms. Twenty percent of poultry in Ghana is produced commercially while the other 80% is traditionally produced. Commercial poultry are kept in the periphery of urban areas, especially in the southern parts of the country. Birds are primarily raised for eggs, making poultry meat a secondary production. Livestock numbers have not changed much over the last decade. A study in the Upper East Region suggested a decline in the numbers of cattle over the span of 30 years mainly because of cattle stealing by the Fulani herdsmen from Burkina Faso who practice transhumance. 68 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Asafu-Adjei and Dantankwa Livestock production systems Livestock farming in Ghana continues to be a small-scale, unorganised rural activity. The three northern regions offer very good scope for livestock rearing. Cattle owners in the northern part of the country practice a sedentary management system. Some cattle owners hand over the daily care of their cattle to hired herdsmen (Fulanis) whereas children between the ages of five and fifteen take care of the majority of the cattle population. Small ruminant producers tend to keep their animals close to the homestead under the supervision of younger family members. Husbandry practices are generally the same as that of cattle with the exception that the animals may be washed often with soap and water to remove ticks. Cattle in the Sudan savannah (northern most part of Ghana) are almost exclusively of the Ghana Shorthorn cows and Zebu bulls. This is the region with the highest crop?livestock integration, and livestock are mainly managed extensively. Farmers in the coastal savannah do not use animals for traction and do not produce fodder for cattle. There is limited level of integration of crop and animal farming. However, some farmers apply manure from cattle to their vegetable crops, and livestock are kept as a security asset. Livestock keepers in the rain forest zone engage in crop farming, and over 95% of the farmers keep small ruminants under the semi-intensive system. During the farming season, livestock keeping competes with crop farming in the extensive and semi-intensive management systems practised in this region. In the semi-deciduous forest zone, over 70% of sheep and goat farmers practice the semi-intensive system. Livestock management is similar to that of the rain forest zone except that the system of extensive management for chicken is more prevalent in the semi-deciduous zone. Livestock marketing The marketing of livestock, in particular cattle and small ruminants, has had a long history in Ghana, linking back to the 19th century North?South?West African trade routes that exchanged livestock for forest products. Traditionally, livestock flowed freely from the surplus regions of the Sahel on the hoof across the borders to Kumasi and then further down south to Accra-Tema and Cape Coast or Sekondi-Takoradi. The first break with this traditional marketing system occurred in 1968, when the Ghana government passed the Alien Compliance Act, which effectively removed all foreigners from a wide range of commercial activities including livestock trade. Cattle marketing in particular suffered as a result of the implementation of this Act, and the government subsequently established the Cattle Development Board, which later became the now defunct Meat Marketing Board (MMB). The functions of the Board, among others, were to develop the local livestock industry, and to purchase, handle and transport all cattle imported for consumption in Ghana. It also arranged payments to dealers from cattle sale proceeds, and distributed imported cattle to Butcher Associations that were recognised by the government. The bureaucracy that became the hallmark of the MMB contributed in cutting the flow of cattle from the Sahel to Ghana in the 1970s, resulting in imports of CIRES/MPARH/ILRI Workshop 69 Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Ghana cheaper frozen beef from South America and Europe. The only other agency that imported beef during this period was the Ghana Industrial Holding Corporation (GIHOC), whose beef imports went directly to feed its corned beef factory at Bolgantanga in Northern Ghana. Government control of domestic cattle trade resulted in chronic shortages of beef throughout the mid-1970s and early 1980s, until trade liberalisation under structural adjustment allowed the private sector to regain control of the domestic meat market. There have been three major markets for domestic and imported cattle in the 1990s, namely the Kpong-Tamale (Gushegu) cattle market in the north, the Kumasi cattle in the middle or forest belt, and the Ashiman cattle in the south near Accra-Tema. More recently, the Bawku livestock market where cattle from neighbouring countries (e.g. Burkina Faso) are bought and sold, has essentially replaced the market in Gushegu. The marketing of small ruminants has generally been well organised in Ghana over the years. Livestock move from the north of Ghana to the south by trucks after veterinary inspection and issuance of permit. The animals are inspected again on arrival at their destinations in the southern markets. Livestock traders may be wholesalers and/or retailers depending on their capital for trading activities and the number of animals they are able to purchase per trip. The usual marketing channels that exist move either directly from the producer/farmer to the butcher/consumer or gets to the butcher/consumer via retail itinerant traders, wholesale itinerant traders or wholesalers who then sell to retailers. More recently, many farmers have become livestock traders during the dry season when farming activity is low. Farmers/producers buy livestock from farmers in surrounding villages and sell for profit at the nearby local markets during market days, constituting another vital link in the livestock marketing chain. Ghana depends on imported livestock products, with imports constituting about 70% of the meat and other livestock consumed. Since the early 1990s, the government?s official policy has discouraged livestock imports following an outbreak of anthrax in 1988 in Northern Ghana, believed to have been contracted from cattle imported from Burkina Faso and Niger. Currently, importers of livestock are required to obtain permission from the Animal Health Department of the Ministry of Food and Agriculture. To be granted import permission, imported animals should be kept for examination at the Health department?s quarantines located at the borders, at the importer?s expense. Such cumbersome bureaucratic procedures affect the price and availability of animal products in Ghana. Cattle stock numbers have increased twice as much as that of the mid-to-late 1980s. This increase may be attributed to more cattle imports from the Sahel region, particularly Burkina Faso, in response to the CFA franc devaluation; increases in the offtake of local cattle whose prices might have risen due to increases in demand; as well as the reduction in European beef imports. While the Northern Zone is the major centre of cattle production in Ghana, the Central-West Zone (that includes the Kumasi metropolis) and the South Zone (including the Accra-Tema metropolis) are the most important consumption centres. Other livestock, mainly commercial poultry and pigs, are produced and marketed as peri-urban activities. There are no well-developed market structures exclusively for livestock marketing in any region or district across the country. There also are no ?standardised? weights and prices for 70 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Asafu-Adjei and Dantankwa animals. Cattle and small ruminants are sold in large markets (designated areas usually about an acre in size) with no structures or facilities to facilitate livestock marketing. The most important of such markets include Ashaiman (near Accra), Kumasi, Techiman, Bawku and Gushegu (near Tamale). Markets for livestock and in particular small ruminants, consisting of a few square meters of open space, are more common across the country. Therefore, improvements need to be made in market facilities, standardising sales through the introduction of scales etc. Butchers form a vital link between livestock producers and consumers in Ghana and their activities seem to be well monitored by veterinary staff under the Ministry of Food and Agriculture (MOFA). However, except in a few large towns, the lack of adequate facilities limits their efficient operation. Livestock farmer associations, livestock trader associations and butcher associations play important roles in the marketing of livestock in Ghana. Each type of association is more prominent in a different part of the country, therefore it might be worthwhile to establish the critical roles these associations play in livestock marketing, and ascertain why they operate differently in different parts of the country. Animal health A number of infectious and parasitic diseases pose hindrances to the production and productivity of the livestock industry in Ghana. Even though Rinderpest has been eradicated, diseases such as Contagious Bovine Pleuropneumonia (CBPP), the main zoonoses (Tuberculosis, Brucellosis, Anthrax and Rabies), foot-and-mouth disease (FMD), trypanosomosis and tick-borne diseases (Dermatophilosis, Babesiosis and Anaplasmosis and Heart water) hamper the growth of livestock development. In small ruminant ?peste des petits ruminant? (PPR), mange and internal parasites are the major diseases. Throughout the country, Newcastle and Gumboro are the major epidemics in poultry. In pigs, mange and internal parasites predominate. Rabies is endemic throughout the country and is a threat to humans. Feed is a constraint to animal production. The significant fluctuations in the supply and price of maize affect the quality of maize, consequently affecting the quality of feed. Access to water is an acute problem, especially in the dry season and in the northern parts of Ghana. Extensive trekking of animals in search of water affects their weight. Although around 450 dams and dugouts have been constructed in Northern Ghana for use by both humans and animals, most of them are either silted or overgrown with weeds, partly due to lack of maintenance and partly due to neglect. Livestock policies in Ghana The Unified Agricultural Extension Service (UAES) was launched under the National Agricultural Extension Project in 1992. The basis of the policy was to allow one agricultural extension agent with adequate capacity to advise the farmer on all agricultural issues with back-up support from the subject matter specialists. Under the policy, all technical directors have to provide technical support on the delivery of relevant services to the farmer. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 71 Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Ghana The decentralisation of the Ministry of Food and Agriculture (MOFA) enables the devolution of activities to the district level to facilitate grassroots participation in the implementation of agricultural policies and programmes. The decentralisation was expected to enhance agricultural extension activities under the UAES. A number of impact studies and monitoring reports on the decentralisation process however indicate limited financial decentralisation, leading to financial shortages for District Development Units. Other constraints include lack of office and residential accommodation for staff in some districts, delays in payments of maintenance and inadequate T&T allowances. By privatising animal health care in Ghana, the government has adopted a two-pronged approach. The first was to train Community Livestock Workers (CLWs) who would assist MOFA staff to administer simple prophylactic and basic treatment of livestock ailments, under the Primary Animal Health Care Programme. The CLWs have been selected by livestock producers in their communities, and have been trained and licensed by the Veterinary Services Department (VSD) to perform simple first aid duties, as well as to assist VSD staff in organising vaccinations and other animal health educational campaigns; carrying out livestock census; isolating levels of emergencies of sick animals, intercepting sick or dead animals and their products and selling non-scheduled veterinary drugs and lotions to farmers. The second approach to promoting privatisation of animal health services is the withdrawal of government services in areas where veterinarians establish private practice. Disease control, vaccination campaigns and meat inspection would be contracted out to private veterinary practitioners. The government would maintain adequate animal health personnel to ensure that the quality of service rendered by private practitioners meets acceptable standards. Activities of the private practitioners include: providing good quality animal health services; maintaining good records of all veterinary activities carried out in the private practice area in accordance with the guidelines of the Veterinary Services Department; ensuring availability of veterinary drugs and other medication to livestock and pet owners; performing public functions such as compulsory vaccinations against diseases and inspection of animals for movement and slaughter; submitting monthly returns on all veterinary activities; and reporting by the fastest means possible outbreaks of any scheduled diseases that may occur to the Director of Veterinary Services. Livestock policies in Ghana have undergone some successes as observed under the NLSP especially in the areas of disease control and surveillance, improved breeding stock forage and pasture resources development. Despite these successes, it is observed that these interventions have not had a positive impact on livestock production in general and the livelihoods of the smallholder livestock keepers in particular, resulting in the persistence of rural poverty. This situation may be traced back to the dominance of resource-poor smallholders who employ low levels of technology. The World Bank Report for 2000 indicates that only about a third of all farms that keep ruminants and animal draft power are confined to the northern regions that are free from tsetse fly. Except for commercial poultry and pig producers, livestock farmers rarely use currently available technology to control diseases, feed and house their animals. These factors result in low productivity, low incomes and widespread poverty among the rural population. 72 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Asafu-Adjei and Dantankwa Challenges Smallholder livestock producers are faced with credit constraints, poor access to improved stock, feed problems, inadequate watering facilities and inefficient disease control because of inadequate budget from the central government. The challenges related to marketing and trade are: poor macro-economic management; problems with financial institutions; irregular transportation for traders; illegal taxes by the police, CEPS etc. and the problems with the butchers associations. Other challenges include the numerous checkpoints on the road and poor infrastructure for livestock development. Opportunities With the current stability of the cedi, the local currency, both the producer and the consumer are bound to benefit. Smallholders will gain tremendously as the inflation rate gradually declines (it has dropped from 41% at the beginning of the year to a current rate of 34%). The increased purchasing power of wages and salaries will enable people to eat more meat. Local demand for livestock and livestock products is greater than local supply, but the improvements in technology that can help increase livestock productivity are now available. With a new livestock development project funded by the African Development Fund that is tailored towards the smallholder, the country is poised to be a self-sufficient livestock producer in the near future. CIRES/MPARH/ILRI Workshop 73 Policies for improving the competitiveness of smallholder livestock producers in Ghana List of participants Burkina Faso Tidjani Barry Pr?sident Union des Associations de Commer?ants et Exportateurs de B?tail UNACEB 02 BP 5713 Ouagdougou 02 Burkina Faso Tel:(+226) 35.75 27; GSM (226) 20 33 14 Fax: (+226) 35 75 27 E-mail: barry@liptinfor.bf Ou?draogo P. Michel Directeur des Productions et des Industries Animales 03 BP 7026 Ouagadougou 03 Burkina Faso E.mail dpia@fasonet.bf T?l?phone: (226) 30 66 88/89 GSM: (226) 60 54 16 Fax: (226) 30 85 61 Dera Adama Charg? d?Etudes DEP (Direction des Etudes et de la Planification) Minist?re des Ressources Animales 03 BP 7026 Ouagadougou, Burkina Faso T?l. (226)32 60 49/31 00 93 Fax: (226) 30 85 61 E-mail: dpia@fasonet.bf C?te d?Ivoire S.E.M. Alphonse Douati Ministre de l?Agriculture des Ressources Animals B.P. V82 Abidjan C?te d?Ivoire Tel: 20-21-11-03 Fax: 20-21-46-18 Koffi-Koumi Marcel Conseiller Technique MINAGRA B.P. V82 Abidjan Tel: (225) 20-33-53-61 Fax: (225) 20-33-53-61 Cel: (225) 05-05-2462 E-mail: makokoumi@aviso.ci Abo Soh Jules Directeur G?n?ral des Productions MINAGRA B.P. V82 Abidjan Tel: (225) 20-33-53-61 Fax: (225) 20-33-53-61 Cel: (225) 05-05-2462 E-mail: makokoumi@aviso.ci M?Bras Georges Directeur des Productions Animales MINAGRA/DGP B.P. V84 Abidjan Tel: (225) 20-22-69-79 74 CIRES/MPARH/ILRI Workshop Tacl? Traor? Mamadou Sous-Directeur des Productions d?Elevage MINAGRA/DGP/DPA B.P. V84 Abidjan Tel: (225) 20-22-14-38 Yapi Chia Valentine CNRA 01 BP 1740 Abidjan 01 C?te d?Ivoire Fax : 225-45-33-05 E-mail: cnra@africaonline.co.ci M. Mahilet Felix B.P. 813 Eleveur C?te d?Ivoire Tel: 225-05-73-87-92 Victor J. Nembelessini-Silue NEMBEL INVEST Avenue Lamblin Imm. Bellerive 8e ?tage, Suite 25 01 BP 6732 Abidjan 01 C?te d?Ivoire Tel: (225) 20 33 78 02/20 33 78 03 Fax: (225) 20 33 78 00 Mobile: 07-07-09-27 E-mail: nembel@aviso.ci Ghana Alhaji Issifu Musah Dantankwa General Secretary P.O. Box 2100 Mamprobi Accra, Ghana E-mail: lpiunlsp@ghana.com Kwame Asafu-Adjei Assistant Director & Head Livestock Planning Livestock Planning and Information Unit Ministry of Agriculture P.O. Box M 37 Accra, Ghana Tel: (233) 21-671003 (Office) (233) 21-671003 (Home) Cell: (233) 24-61-29-52 E-mail: lpiunlsp@ghana.com Mali Seydou Sidib? Conseiller Technique/ Commercialisation du B?tail BP 34 Bamako, Mali Tel: (+223) 23 40 04/23 00 17 Fax: (+223) 22 34 59 E-mail: sseydou@malinet.ml Abd?ramane Coulibaly Office Malien du B?tail-Viande BP 1382 Bamako, Mali Tel: (+223) 22 38 58 Fax: (+223) 22 49 79 E-mail: Ombevi@Cefib.com Niger Abdoulaye Maiga Vice-Pr?sident CNC-Niger Chambre de Commerce et d?Artisanat BP 2525 Niamey, Niger Tel: (+227) 73 23 55 Fax: (+227) 72 50 96 E-mail: aissamaiga@yahoo.com CIRES/MPARH/ILRI Workshop 75 List of participants Ma?dadji Bagoudou Conseiller Technique Ministre des Ressources Animales BP 12091, Niger Niamey, R?publique du Niger T?l: (227) 73 31 32/73 21 47 Fax: (227) 73 31 86 E-mail: alioabdoulaye@hotmail.com Nigeria Alhaji Yunusa Salisu President National Livestock Dealer Multipurpose Cooperative Society Ltd., c\o Department of Agriculture Federal Capital Territory Authority Abuja, Nigeria E-mail: c/o ILRI-Ibadan@cgiar.org Ukagha Amogu Deputy Director and Head, Planning & Monitoring Services Division Department of Livestock and Pest Control Services Federal Ministry of Agriculture and Natural Resources PMB 135 Garki, Abuja, Nigeria Fax: (+234) 9 314 0336 E-mail: c/o ilri-ibadan@cgiar.org International and regional organisations EISMV Yalac? Kaboret Ecole Inter-Etats de M?decine V?t?rinaire Dakar S?n?gal Tel: (221) 865-1023 E-mail: Ykabnet@refer.sn FAO Jeroen Dijkman Sector Analysis and Policy Branch FAO Animal Production and Health Division Viale delle Terme di Carcalla 00100 Rome ? Italy Fax: + 39 065 7055749 E-mail: Jeroen.Dijkman@fao.org UEMOA Mouslim Ma?ga Charg? des Ressources Animales UEMOA 380 Rue Agostino Neto 01 BP 543 Ouagadougu 01 Burkina Faso Fax : 226 318872 Tel : 226 318873 E-mail: mouslim.maiga@uemoa.int 76 CIRES/MPARH/ILRI Workshop List of participants CILSS Dramane Coulibaly Responsable du Programme Majeur S?curit? Alimentaire Comite Inter-?tats de Lutte contre la S?cheresse dans le Sahel CILSS 03 BP 7049 Ouagadougou 03 Burkina Faso Tel: (+226) 30 67 58/59 Fax: (+226) 30 67 57 E-mail: ferap@fasonet.bf dcoulou@fasonet.bf cilss@fasonet.bf CIRDES Seyni Hamadou Agro Economiste CIRDES 01 BP 454 Bobo Dioulasso Burkina Faso T?l: (+226) 97 20 23 Fax: (+226) 97 23 20 E-mail: M.Kamuanga@cgiar.org gouro@fasonet.bf ADB Lawrence Tawah Manager Agriculture Division Country Department East ADB B.P.V 316, Abidjan C?te d?Ivoire E-mail: l.tawah@afdb.org Fax: (225) 2020 5877 INSAH Mbaye Yade Institut du Sahel BP 1530 Bamako, Mali T?l: (+223) 22 09 18 Fax:(+223) 23 34 79 E-mail: myade@prisas.insah.ml ILRI Samuel Benin P.O. Box 5689 Addis Ababa, Ethiopia Tel: (251-1) 46 32 15 Ext. 141 Fax: (251-1) 61 18 92 E-mail: SamuelB@cgiar.org Barry Mody CIRES 08 BP 1295 Abidjan 08 C?te d?Ivoire Tel: (225) 22-43-77-62 E-mail: barrymody@hotmail.com Selamawit Dominique P.O. Box 5689 Addis Ababa, Ethiopia Tel: (251-1) 46 32 15 Ext. 148 Fax: (251-1) 61 18 92 E-mail: S.domimique@cgiar.org Simeon Ehui P.O. Box 5689 Addis Ababa, Ethiopia Tel: (251-1) 46 34 95 (Direct) (251-1) 46 32 15 (Office) Fax: (251-1) 61 18 92 E-mail: s.ehui@cgiar.org CIRES/MPARH/ILRI Workshop 77 List of participants David Hall Nairobi, Kenya Tel: (254-20) 63 07 43 Fax: (254-20) 63 14 99 E-mail: HallD@ILRI.CGIAR.ORG Mulumba Kamwanga c/o CIRDES 01 BP 454 Bobo Dioulasso 01 Burkina Faso Tel: (226) 97 27 87 Fax: (226) 97 25 46 E-mail: M.Kamwanga@cgiar.org Ralph von Kaufmann P.O. Box 30709 Nairobi, Kenya Tel: (254-20) 63 07 43 Fax: (254-20) 63 14 99 E-mail: KaufmannR@cgiar.com Tehout W/Alemahu P.O. Box 5689 Addis Ababa, Ethiopia Tel: (251-1) 46 32 15 Ext. 147 Fax: (251-1) 61 18 92 E-mail: TehoutWa@cgiar.org Timothy O. Williams C/o IITA PMB 5320 Ibadan, Nigeria Tel: (234-2) 2412626 E-mail: T.O.Williams@cgiar.org Iheanacho Okike C/o IITA PMB 5320 Ibadan, Nigeria Tel: (234-2) 2410665 E-mail: I.Okike@cgiar.org Auditeurs CIRES Poin Irie Williams Baimey Auguste Kacou Benjamin Emile Ange Boni Yao Goly Lolo Diby Cleophas Kouame Kouame Guy Gerard Coulibaly Y. Jeanne Yao Yao Martin Gneba Constant Binde Rachel Annick Traore Brahima Bella Emilie Core Elvis Kouakou Barthelemy Agnero Yokess Invit?s Monsieur le Ministre de l?Economie et des Finances de C?te d?Ivoire Monsieur le Ministre de l?Enseignement Sup?rieur et de la Recherche Scientifique Monsieur le Ministre du Commerce Directeur LANADA Pr?sident APORCI Pr?sident IPRAVI Directeur CIRES Repr?sentant FAO Directeur CNRA Directeur SIVAC Pr?sident APROCA-SUD Directeur G?n?ral BNETD Directeur ANADER 78 CIRES/MPARH/ILRI Workshop List of participants Ambassadeur ISRAEL Coop?ration Technique Allemande Coop?ration Technique Belge Commission Europ?enne Banque Mondiale Ambassade de Su?de Ambassade de Norv?ge Ambassade des Etats Unies Bruce Zanin Ouattara Omar Amy Coulibaly-Traore Futa Evelyn Dal? Moige Koissy Oussou Tch?ch? N?Guessan Lucy Ban Koffi CIRES/MPARH/ILRI Workshop 79 List of participants