IL R I 2 9 IL R I M A N U A L 81 Formation des agents comm- unautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l'élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Manuel de formation ISBN: 92–9146–859–2 The International Livestock Research Institute (ILRI) works to improve food security and reduce poverty in developing countries through research for better and more sustainable use of livestock. ILRI is a CGIAR research centre. It works through a network of regional and country o�ces and projects in East, South and Southeast Asia, and Central, East, Southern and West Africa. ilri.org CGIAR is a global agricultural research partnership for a food-secure future. Its research is carried out by 13 research centres in collaboration with hundreds of partner organizations. cgiar.org Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Manuel de formation Guy Ilboudo1, Brice Ouedraogo1, Sidonie Ima/Ouoba2, Asseta Kagambèga3, Djénébou Diakité4, Charles Dieudonné Mandé5, Ouattara Seydou6, Robyn Alders7 et Michel Dione1 1. International Livestock Research Institute (ILRI), Ouagadougou, Burkina Faso 2. Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), Ouagadougou, Burkina Faso 3. Centre de Promotion de l’Aviculture et de Multiplication des Animaux Performants (CPAMAP), Ouagadougou, Burkina Faso 4. Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV), Ouagadougou, Burkina Faso 5. Centre de promotion de l’aviculture et de multiplication des animaux performants (CPAMAP), Ouagadougou, Burkina Faso 6. Clinique Vétérinaire VETAGRI, Kaya, Burkina Faso 7. Kyeema Foundation, 7/307 Queen Street, Brisbane City QLD 4000 & Development Policy Centre, Australian National University, Australia Juin 2025 Patron: Professor Peter C Doherty AC, FAA, FRS Animal scientist, Nobel Prize Laureate for Physiology or Medicine–1996 Box 30709, Nairobi 00100 Kenya Phone +254 20 422 3000 Fax +254 20 422 3001 Email ilri-kenya@cgiar.org ilri.org better lives, better planet through livestock ILRI is a CGIAR research centre Box 5689, Addis Ababa, Ethiopia Phone +251 11 617 2000 Fax +251 11 667 6923 Email ilri-ethiopia@cgiar.org ILRI has offices in East Africa • South Asia • Southeast and East Asia • Southern Africa • West Africa ©2025 International Livestock Research Institute (ILRI) ILRI thanks all donors and organizations which globally support its work through their contributions to the CGIAR Trust Fund This publication is copyrighted by the International Livestock Research Institute (ILRI). It is licensed for use under the Creative Commons Attribution 4.0 International Licence. To view this licence, visit https://creativecommons.org/ licenses/by/4.0. Unless otherwise noted, you are free to share (copy and redistribute the material in any medium or format), adapt (remix, transform, and build upon the material) for any purpose, even commercially, under the following conditions: ATTRIBUTION. The work must be attributed, but not in any way that suggests endorsement by ILRI or the author(s). NOTICE: For any reuse or distribution, the licence terms of this work must be made clear to others. Any of the above conditions can be waived if permission is obtained from the copyright holder. Nothing in this licence impairs or restricts the author’s moral rights. Fair dealing and other rights are in no way affected by the above. The parts used must not misrepresent the meaning of the publication. ILRI would appreciate being sent a copy of any materials in which text, photos etc. have been used. Editing, design and layout—ILRI Editorial and Publishing Services, Addis Ababa, Ethiopia. ISBN: 92–9146–859–2 Citation: Ilboudo, G., Ouedraogo, B., Ima-Ouoba, S., Kagambèga, A., Diakité, D., Mandé, C.D., Seydou, O., Alders, R. et Dione, M. 2025. Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso: Manuel de formation 81. Nairobi, Kenya: ILRI. iiiManuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Table des matières Liste des images vi Objectifs 1 Public cible 2 Contexte et contenu 3 Module 1. Introduction au “One Health” 5 1.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 5 1.2 Problématique actuelle 5 1.3 “One Health” : De quoi s’agit-il ? 6 1.4 Que devrions-nous retenir de ce module ? 6 Module 2. Résistance aux antimicrobiens dans l’élevage 8 2.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 8 2.2 Qu’est-ce qu’un microbe ? 8 2.3 Que sont les antimicrobiens ? 9 2.4 Qu’est-ce que la RAM ? 9 2.5 Pourquoi la résistance aux antimicrobiens est-elle si importante ? 10 2.6 Que faut-il faire pour limiter la propagation de la résistance aux antimicrobiens ? 11 2.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? 11 Module 3. Hygiène, assainissement de l’environnement et gestion des déchets d’élevage 12 3.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 12 3.2 Définition de l’hygiène et de l’assainissement 12 3.3 Exemples de maladies causées par un manque d’hygiène et d’assainissement 14 3.4 Gestion des excrétas humains et du fumier animal 15 3.5 Que devrions-nous retenir de ce module ? 16 Module 4. Genre dans la gestion du bétail 17 4.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 17 4.2 Définition de l’approche genre 17 4.3 Répartition des tâches dans l’élevage de poulets 18 4.4 Genre et exposition aux maladies dans la gestion du bétail 19 4.5 Que devrions-nous retenir de ce module ? 19 iv Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 5. Les principales zoonoses de la volaille 20 5.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 20 5.2 Principales voies de contamination de la volaille à l’homme 20 5.3 Principales zoonoses de la volaille 20 5.4 Salmonellose 20 5.4.1 Qu’est-ce que la salmonellose ? 20 5.4.2 Comment la maladie se transmet-elle à l’homme ? 21 5.4.3 Comment reconnaître une volaille atteinte de salmonellose ? 21 5.4.4 Comment la salmonellose peut-elle être contrôléer chez les volailles ? 21 5.4.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? 21 5.4.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? 22 5.4.7 Comment peut-on se protéger de la maladie ? 22 5.4.8 Comment la maladie peut-elle être traitée avec succès ? 22 5.5 Campylobactériose 22 5.5.1 Qu’est-ce que la campylobactériose ? 22 5.5.2 Comment la volaille est-elle contaminée ? 23 5.5.3 Comment la campylobactériose peut-elle être détectée chez les volailles ? 23 5.5.4 Comment lutter efficacement contre la campylobactériose ? 23 5.5.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? 23 5.5.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? 23 5.5.7 Comment peut-on se protéger de la maladie ? 23 5.5.8 Comment cette maladie peut-elle être traitée avec succès ? 24 5.6 Grippe aviaire 24 5.6.1 Qu’est-ce que la grippe aviaire ? 24 5.6.2 Comment la maladie se transmet-elle à un animal ? 24 5.6.3 Comment reconnaître la grippe aviaire ? 25 5.6.4 Comment lutter efficacement contre la grippe aviaire ? 25 5.6.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? 25 5.6.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? 26 5.6.7 Comment protéger les personnes ? 26 5.6.8 Comment réussir dans la lutte contre cette maladie ? 26 5.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? 26 Module 6. Production et utilisation d’aliments sains dans les ménages 27 6.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 27 6.2 Rappel sur les micro-organismes de surface externe 27 6.3 Processus d’abattage 27 6.4 Préparation et découpe 29 6.5 Assaisonnement et service 29 vManuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 6.6 Hygiène personnelle et vestimentaire/état de santé 30 6.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? 30 Module 7. Bien-être animal dans l’élevage, le transport et l’abattage des volailles 31 7.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 31 7.2 Qu’est-ce que le bien-être animal ? 31 7.3 Pourquoi le bien-être de la volaille est-il important ? 32 7.4 Les cinq libertés du bien-être animal 32 7.5 Bien-être des animaux pendant le transport 33 7.6 Bonnes pratiques de bien-être animal avant l’abattage 33 7.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? 34 Module 8. Techniques de communication des informations zoo sanitaires 35 8.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? 35 8.2 Les principaux événements inhabituels à signaler 35 8.3 À qui l’agent communautaire doit-il communiquer l’information ? 36 8.4 Les 10 principes de l’apprentissage des adultes 36 8.5 Conseils pour être un bon animateur 37 8.6 Techniques d’animation 38 8.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? 39 Ressources utilisées dans la préparation de ce manuel 40 Annexe 1: Les champions One Health qui ont contribué à ce manuel 42 Annexe 2 : Processus de développement manuel 43 vi Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Liste des images Image 1. Première réunion des champions One Health de la volaille viii Image 2. Résumé de la problématique des maladies zoonotiques 5 Image 3. Le One Health en résumé 6 Image 4. Des bactéries au microscope 8 Image 5. Gelules antibiotiques 9 Image 6. Schéma synthétique du processus de résistance des microbes 9 Image 7. RAM et L’approche « Une seule santé » 10 Image 8. Eaux usées des toilettes mal entretenues 13 Image 9. Interaction de la volaille avec les eaux usées 13 Image 10. Un bon lavage des mains 14 Image 11. Transport du fumier 15 Image 12. Illustration de l’approche genre 17 Image 13. Eleveur apportant de l’eau pour abreuver les poules 18 Image 14. Interaction de la volaille avec les ustensiles de cuisine 19 Image 15. Interaction des volailles avec les membres du ménage 19 Image 16. Schéma résumant les signes cliniques dus à Campylobacter chez l’homme 24 Image 17. Eau d’échaudage salle après plongée de plusieurs volailles 28 Image 18. Eviscération du poulet dans un environnement sale 28 Image 19. Découpe du poulet sans manipulation à la main nue 29 Image 20. Poulet servit dans un plat 29 Image 21. Résumé des 5 conditions du bien-être animal 32 Image 22. Volailles transportées de manière très entassées sans protection contre les intempéries 33 Image 23. Volailles gardées dans une cage au point de vente avant battage 34 Image 24. Visite d’un agent communautaires suite à des mortalités de volaille 36 Image 25. Animation d’une séance de sensibilisation 37 Image 26. Démonstration des techniques de vaccination de la volaille 38 viiManuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Image 1. Première réunion des champions One Health de la volaille. Brice Ouedraogo/ILRI. Disclaimer This work was funded in whole or in part by the United States Agency for International Development (USAID) Bureau for Food Security under Agreement # AID-OAA-L-15-00003 as part of the Feed the Future Innovation Lab for Livestock Systems. Any opinions, findings, conclusions, or recommendations expressed here are recommendations expressed here are those of the authors alone. viii Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Sigles et abréviations AI Avian Influenza AMR Antimicrobial Resistance ASBC Agent de Sante à Base Communautaire CPAVI Centre de Promotion de l’Aviculture Villageoise  CVD Conseiller villageois de Développement (Village Development Advisor) DRARAH-CN Direction régionale de l’Agriculture, des ressources animales et halieutiques du Centre Nord INERA Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles ILRI International Livestock Research Institute ND Newcastle disease OHPC One Health Poultry Champions POLOH Poultry Losses and One Health PRADEL Programme d’Appui au Développement de l’Élevage ToT Training of trainers UJKZ Université Joseph Ki-Zerbo UNEP United Nation Environment Program VVV Vulgarisateurs Volontaires Villageois - Voluntary Village Extensionists WHO World Health Organization WOAH World Organization for Animal Health ZATE Zone d’Appui Technique à l’Elevage - Livestock Technical Support Zone 1Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Objectifs Ce manuel vise à promouvoir les bonnes pratiques en matière d’hygiène, de biosécurité, d’amélioration de la gestion des troupeaux, de santé et de bien-être des volailles et de production de produits avicoles de haute qualité afin de réduire l’exposition humaine aux agents pathogènes. Plus précisément, les objectifs du manuel sont les suivants: • Rassembler des informations essentielles qui aideront à changer le comportement des communautés d’éleveurs de volailles au profit des services de vulgarisation et des agents de développement. • Transférer de nouvelles approches intégrées, en l’occurrence l’approche OH, aux acteurs communautaires afin de mieux comprendre les problèmes affectant les animaux, les humains et la santé environnementale. 2 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Public cible Ce manuel est destiné aux formateurs des agents communautaires. Les formateurs constituent une équipe mixte « One Health » des secteurs clés. Dans le cadre du projet POLOH il s’agit des OHPCs. Un deuxième manuel sera élaboré à l’intention des agents communautaires afin de sensibiliser les communautés. 3Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Contexte et contenu Contexte général de l’élaboration du manuel de formation des formateurs Ce manuel de formation a été élaboré dans le cadre du projet « Poultry Losses and One Health (POLOH): Reducing Losses and Zoonotic Risks along the Poultry Value Chain through a One Health Approach », Pertes de volailles et Une seule santé (POLOH) : Réduire les pertes et les risques zoonotiques tout au long de la chaîne de valeur de la volaille grâce à une approche One Health » dans la région Centre-Nord du Burkina Faso, plus précisément dans la commune de Boussouma. Ce projet de recherche est financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) par l’intermédiaire de l’Université de Floride, et vise à réduire les pertes économiques de volaille et la transmission des zoonoses par le biais d’interventions « One Health (OH) », Une seule santé, au niveau des ménages, avec un accent particulier sur les maladies de la volaille. Parmi les innovations majeures du projet, figure la formation de formateurs par le biais d’un programme intégré d’éducation et de formation par le biais d’une approche OH au profit des éleveurs et du personnel des services de vulgarisation. Lors d’une réunion des parties prenantes du projet qui s’est tenue les 12 et 13 juin 2023, il a été recommandé de renforcer les capacités des acteurs communautaires en matière d’aviculture et de l’approche OH. Parmi ces acteurs, on trouve des vulgarisateurs volontaires villageois (VVV)1, qui sont chargés de vacciner les volailles et d’accompagner les aviculteurs. Initialement, ces VVV ont été formés et équipés pour l’élevage de volailles et la vaccination contre les principales maladies aviaires, notamment la maladie de Newcastle et la variole aviaire. La formation impliquera d’autres acteurs communautaires notamment ceux de la santé humaine et de l’environnement, en utilisant une approche OH. Ce manuel de formation a été développé à cet effet. Co-création du contenu du manuel de formation des formateurs S’appuyant sur le cadre OH, le projet a utilisé une approche inclusive intégrée et un processus de co-création avec les parties prenantes pour élaborer des trousses de formation adaptées au contexte pour les agents de vulgarisation et les aviculteurs. Ce processus comportait plusieurs étapes. Étape 1 : Identification des champions One Health en aviculture (COHA) Un groupe technique de travail OH a été créé à la suite de plusieurs réunions avec les partenaires, des visites sur site, de l’atelier de lancement local du projet et d’interactions avec des informateurs clés, des dirigeants locaux, des fournisseurs d’intrants et des coopératives des aviculteurs. Le groupe de travail était composé de 10 experts (six hommes et quatre femmes). Parmi les représentants du gouvernement central, opérant depuis Ouagadougou, figuraient le CPAVI, la Direction de la santé animale de la Direction générale des services vétérinaires. Des représentants étaient également issus des services régionaux décentralisés, à savoir la Direction Régionale de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques du Centre-Nord (DRARAH-CN), la Zone d’Appui Technique en Elevage (ZATE), la Direction Régionale de la Santé et de l’Hygiène Publique du Centre-Nord. L’équipe prend également en compte l’Association Nodde Nooto, une ONG œuvrant dans le secteur avicole, à travers le Projet 1. Le terme « volontaire » est un terme couramment utilisé au niveau national et ne signifie pas qu’ils travaillent gratuitement. Les VVV n’ont pas de salaire fixe de vétérinaires gouvernementaux ou privés. Cependant, ils ont quelques incitations à vacciner les animaux et les meilleurs vaccinateurs de l’année obtiennent un prix (moto, kits de vaccination, etc.). 4 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso d’amélioration de la résilience du petit élevage (PARPEL), le Centre polyvalent d’actions vétérinaires et agricoles (VETAGRI) qui est un fournisseur privé d’intrants de santé à Kaya, le milieu universitaire (Université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou - UJKO) et l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA). Étape 2 : Analyse des écarts et identification des nouveaux thèmes Cette étape a été réalisée lors d’un atelier réunissant les acteurs OH et les partenaires du projet, qui s’est tenu les 9 et 10 août 2023 dans les bureaux de l’ILRI à Ouagadougou, au Burkina Faso. Les objectifs de l’atelier étaient d’identifier les lacunes dans le programme actuel de formation des VVV mis en œuvre par le CPAVI, les thématiques à inclure dans le manuel de formation OH et les stratégies appropriées pour atteindre les publics cibles. Les participants à l’atelier ont examiné et discuté huit modules du CPAVI puis ont identifié les lacunes en matière de biosécurité et de santé de la volaille : (1) Investir dans l’élevage local de volailles, (2) Logement et équipement avicoles, (3) Reproduction, (4) Élevage de poussins, (5) Alimentation et abreuvement des volailles, (6) Hygiène et santé des volailles, (7) Gestion et commercialisation et (8) Entrepreneuriat pour les VVV. Contenu Ce manuel se compose de huit modules de formation : • Module 1. Introduction au concept « One Health » • Module 2. Résistance aux antimicrobiens dans l’élevage • Module 3. Hygiène, assainissement de l’environnement et gestion des déchets d’élevage • Module 4. Genre et gestion de l’élevage • Module 5. Causes des zoonoses de la volaille, y compris les cycles parasitaires • Module 6. Production et utilisation d’aliments sains dans le ménage • Module 7. Bien-être animal dans la production, le transport et l’abattage des volailles • Module 8. Techniques de communication et information en santé animale 5Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 1. Introduction au concept “One Health” 1.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Comprendre les interactions qui existent entre l’homme, l’animal et l’environnement • Savoir que la santé de l’homme dépend de celle des animaux et de l’environnement • Être sensibilisé afin de mieux collaborer avec les autres agents communautaires en charge de la santé humaine, animale et l’environnement. 1.2 Problématique actuelle Il a été rapporté qu’au cours des dernières décennies, 60 % des agents pathogènes qui causent des maladies chez l’homme proviennent d’animaux domestiques ou sauvages. Cela signifie que si cinq nouvelles maladies humaines émergent chaque année, trois d’entre elles seront d’origine animale. Quatre-vingts pour cent (80%) des agents pathogènes qui peuvent être utilisés pour le bioterrorisme se trouvent chez les animaux. Le bioterrorisme est l’utilisation intentionnelle de micro-organismes pour causer des effets néfastes ou la mort aux humains, au bétail ou aux cultures. L’utilisation de micro-organismes pour provoquer des maladies est une préoccupation croissante pour les responsables de la santé publique et les organismes agricoles. Image 2. Résumé de la problématique des maladies zoonotiques. 6 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso La forte émergence de zoonoses est due en particulier à l’action humaine, entraînant une augmentation des contacts avec les animaux domestiques et sauvages. En effet, nous observons les faits suivants : • Augmentation de la demande humaine en protéines animales ; • Augmentation des pratiques agricoles non durables (intensification et industrialisation des productions animales, contact étroit entre l’homme et l’animal, déforestation, mauvaise gestion des déchets animaux, etc.) ; • Utilisation et exploitation accrues de la faune sauvage ; • Utilisation non durable des ressources naturelles accélérée par l’urbanisation, le changement d’affectation des terres et les industries extractives ; • Augmentation des voyages et du transport des humains, produits animaux et d’origine animale ; • Développements dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire : • Changements dans les conditions météorologiques avec des événements météorologiques plus extrêmes. Le contrôle de ces zoonoses passe donc par une collaboration entre les différents secteurs à travers une approche appelée “One Health”. 1.3 “One Health” : De quoi s’agit-il ? «One Health» est défini comme l’effort de collaboration entre plusieurs disciplines pour atteindre une santé optimale pour les personnes, les animaux, les plantes et l’environnement. Il s’agit d’un outil clé pour la prévention et la gestion des maladies survenant à l’interface de la santé humaine, animale et environnementale. Cette approche met en évidence les interconnexions entre la santé des humains, des animaux, des plantes et l’environnement dans lequel ils vivent. L’objectif ultime est d’améliorer la santé de tous. Cette approche permet d’anticiper les épidémies et de mieux les gérer. Image 3. Le One Health en résumé. 1.4 Que devrions-nous retenir de ce module ? • Notre santé dépend de la santé des animaux et de l’environnement. • La santé des animaux, des humains, des plantes et de l’environnement est liée/interdépendante. • Les humains, les animaux et l’environnement peuvent être exposés aux mêmes micro-organismes pathogènes. 7Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso • La gestion des problèmes de santé des volailles doit être réalisée de manière intégrée, en tenant compte des secteurs clés (animal, humain, végétal et environnemental). • Prévenir une maladie coûte toujours moins cher que de la guérir. • Protéger la santé des animaux et de l’environnement signifie protéger la santé humaine. • Tout ce qui se passe dans un secteur a un impact sur les autres. • Les efforts d’un seul secteur sont insuffisants pour résoudre les problèmes de santé (« l’union fait la force »). 8 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 2. Résistance aux antimicrobiens dans l’élevage 2.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Il faut promouvoir de bonnes pratiques d’élevage qui limitent le développement de la résistance aux antimicrobiens, la RAM. • Promouvoir l’utilisation appropriée des médicaments dans les communautés. • Avoir des connaissances de base pour limiter la propagation de la RAM dans le contexte de “One Health”. 2.2 Qu’est-ce qu’un microbe ? Les microbes ou micro-organismes sont des organismes vivants invisibles à l’œil nu et qui ne peuvent être observés qu’à l’aide d’un microscope. Il s’agit principalement de bactéries, de virus, de parasites et de champignons. Ils ont une grande capacité d’adaptation qui leur permet de vivre dans tous les environnements de la terre. Certains de ces microbes peuvent causer des maladies chez les humains, les animaux et les plantes. Image 4. Des bactéries au microscope. 9Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 2.3 Que sont les antimicrobiens ? Les antimicrobiens (AM) sont des médicaments utilisés pour lutter contre les microbes. Ils sont donc utilisés pour traiter les maladies causées par les microbes chez l’homme, les animaux et les plantes. Les médicaments les plus couramment utilisés sont les antibiotiques (contre les bactéries), les antiviraux (contre les virus), les antiparasitaires (contre les parasites) et les antifongiques (contre les champignons). Ils agissent sur les microbes pour les empêcher de nuire à des organismes, tels que les humains, les animaux ou les plantes, en les tuant ou en les empêchant d’agir. Cependant, il arrive que les médicaments ne soient plus efficaces contre les germes. Image 5. Gelules antibiotiques. 2.4 Qu’est-ce que la RAM ? La résistance aux antimicrobiens se produit lorsque des bactéries, des parasites, des virus ou des champignons se transforment pour se protéger des effets des médicaments antimicrobiens conçus pour les détruire. Cela signifie que les médicaments antimicrobiens auparavant efficaces (par exemple, les antibiotiques, les anthelminthiques, etc.) utilisés pour traiter ou prévenir les infections peuvent ne plus fonctionner. La façon dont les bactéries deviennent résistantes est simple : les bactéries provoquent des maladies, des antibiotiques sont utilisés pour les combattre (traiter), mais certaines bactéries parviennent à résister à ce traitement. Ces bactéries résistantes continuent de se multiplier et provoquent d’autres maladies pour lesquelles d’autres antibiotiques doivent être utilisés. Si cela continue, ces bactéries deviendront résistantes à tous les antibiotiques. Image 6. Schéma synthétique du processus de résistance des microbes. 10 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso L’utilisation d’antimicrobiens peut entraîner le développement d’une résistance. Plus il y a d’antimicrobiens utilisés, plus il est probable que les microbes développent une résistance, et s’ils sont mal utilisés ou abusés, le processus est plus rapide. Un dosage inapproprié ou l’administration d’un antimicrobien à la mauvaise fréquence ou pendant trop peu ou trop longtemps sont des exemples de mauvaise utilisation. 2.5 Pourquoi la résistance aux antimicrobiens est- elle si importante ? Actuellement, la croissance démographique entraîne une intensification de la production agricole, entraînant une utilisation accrue d’agents antimicrobiens. D’ici 2030, la quantité d’antimicrobiens utilisée devrait depasser le double de ce qui est actuellement utilisé. Bien que ces agents antimicrobiens soient importants pour le traitement des maladies humaines, animales et végétales, on estime que plus de 700 000 personnes meurent chaque année dans le monde des suites de la RAM. D’innombrables animaux malades ne répondent pas aux traitements antimicrobiens. Image 7. RAM et L’approche « Une seule santé » Ce phénomène mondial est devenu une menace importante pour la santé publique, la production animale, la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et le développement économique et agricole. Les dangers de la RAM sont multiples : • Les antimicrobiens perdent de leur efficacité et les maladies deviennent plus difficiles, voire impossibles à traiter, ce qui entraîne davantage de maladies et de décès. • Les coûts des soins de santé pourraient augmenter en raison de l’utilisation plus coûteuse de nouveaux agents antimicrobiens et de l’utilisation accrue d’agents antimicrobiens. • La pauvreté dans le monde pourrait augmenter. Par exemple, on estime que plus de 28 millions de personnes deviendront pauvres dans les pays à faible revenu • Le volume des exportations de biens diminuera également de manière significative. Par conséquent, il est nécessaire de prévenir la résistance aux antimicrobiens et de veiller à ce que les médicaments restent efficaces le plus longtemps possible. 11Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 2.6 Que faut-il faire pour limiter la propagation de la résistance aux antimicrobiens ? Le contrôle de la résistance aux antimicrobiens repose sur l’utilisation responsable des antimicrobiens : • N’utiliser les antimicrobiens qu’avec une ordonnance délivrée par un technicien de santé (animal ou humain) (verbale ou écrite). • Les patients doivent respecter les doses prescrites par l’agent de santé animale ou humaine. • Respecter strictement la fréquence et la durée d’utilisation des antimicrobiens. • Achetez des médicaments dans des lieux autorisés (pharmacies, centres de santé, hôpitaux) et évitez les médicaments vendus dans la rue. • En cas de maladie, l’automédication doit être évitée et les patients doivent toujours être orientés vers des centres de santé humaine et des services vétérinaires autorisés pour les animaux. • De bonnes pratiques d’hygiène dans l’élevage, la cuisine et la distribution de nourriture doivent être adoptées. Cela réduit la nécessité d’utiliser des antimicrobiens et empêche la transmission de la résistance aux antimicrobiens aux humains tout au long de la chaîne alimentaire. Une cuisson complète est cruciale car elle détruira les bactéries qui peuvent être présentes dans les aliments, y compris ceux qui sont RAM. • Respecter les délais d’attente dans l’utilisation des AM. • Respecter les bonnes pratiques de production d’aliments pour volailles notamment en évitant la mauvaise utilisation des médicaments dans les aliments. La plupart des pays ont interdit l’utilisation d’antibiotiques dans les aliments pour animaux. 2.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? • L’utilisation inappropriée des AM rend le microbe insensible aux médicaments. • L’utilisation abusive des AM peut à terme conduire à l’incapacité de traiter certaines maladies humaines et animales. • L’utilisation abusive des AM en élevage peut entraîner une perte de gains économiques en raison d’une baisse de la production. • Les AM doivent être utilisés strictement selon les règles définies par les autorités compétentes. • Il est important de bien cuire les aliments. • Mieux vaut prévenir que guérir. • « Il n’y a pas de bon médicament dans les marchés de rue». 12 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 3. Hygiène, assainissement de l’environnement et gestion des déchets d’élevage 3.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Sensibiliser à l’importance de l’hygiène dans l’amélioration de la productivité dans les élevages de volailles. • Promouvoir la compréhension de l’importance de l’hygiène dans le maintien de la santé des membres de la famille. • Encourager les bonnes pratiques d’hygiène dans les ménages et les élevages de volailles. 3.2 Définition de l’hygiène et de l’assainissement Définition générale : L’hygiène et l’assainissement sont des mesures simples, pratiques, peu coûteuses et acceptables pour améliorer les conditions de vie des personnes, préserver leur santé et protéger les ressources naturelles. Cela réduit considérablement l’apparition de maladies. Il prend en compte le lavage des mains, l’hygiène personnelle, la manipulation, le stockage et le traitement de l’eau à domicile, l’hygiène alimentaire, etc. Hygiène environnementale : La santé environnementale est un ensemble de mesures qui visent à prévenir les maladies d’origine environnementale et à créer un environnement propice à une bonne santé. L’objectif est de nettoyer l’environnement et l’habitat ainsi que de gérer correctement les déchets ménagers et les excréments humains, d’oiseaux et d’autres animaux. Il s’agit également de préserver la qualité de l’eau, de l’air, du sol et des plantes pour protéger la santé humaine. Par conséquent, il est nécessaire de : • Évitez de jeter des ordures dans la rue, les rivières, les lacs et autres cours d›eau. • Entretenir régulièrement les systèmes de collecte des déchets liquides et solides, tels que les fosses septiques et les latrines, et éviter leur contact avec les animaux et les humains. • Aménager les logements des animaux à une distance suffisante des espaces de vie, tout en assurant la sécurité des volailles pour prévenir les vols. 13Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Image 8. Eaux usées des toilettes mal entretenues. Guy Ilboudo/ILRI. Image 9. Interaction de la volaille avec les eaux usées Guy Ilboudo/ILRI • Enlevez régulièrement les excréments d’animaux dans la cour. • Empêchez les enfants de jouer avec les déchets. Hygiène personnelle et vestimentaire : Ces mesures d’hygiène impliquent le nettoyage du corps et des vêtements. Il s’agit notamment de : • Brossez-vous les dents tous les jours, surtout après les repas • Lavez-vous les mains à l’eau et au savon régulièrement et chaque fois que nécessaire (avant et après avoir mangé, avant de préparer les aliments, avant l’allaitement, après avoir nettoyé les selles des enfants). Eviter que plusieurs membres du ménage lavent leurs mains dans le même récipient. • Lavez régulièrement les vêtements à l’eau propre et au savon. • Rappelez-vous que les vêtements de travail à la ferme sont différents des vêtements de repos ou de cérémonie. 14 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Image 10. Un bon lavage des mains. Guy Ilboudo/ILRI. Hygiène alimentaire : Des mesures d’hygiène alimentaire sont nécessaires pour garantir la qualité des aliments de la production à la consommation. Cette partie sera abordée plus en détail au point 7. Hygiène de l’eau : L’hygiène de l’eau est primordiale car elle constitue la base. “L’eau, c’est la vie”, dit-on. Cependant, l’eau contaminée peut causer des problèmes aux consommateurs, qu’il s’agisse des humains, des animaux ou des plantes. L’eau potable peut contenir des germes, des produits chimiques, des métaux lourds ou d’autres éléments qui peuvent causer des maladies. Les microbes dans l’eau proviennent généralement des excréments, des ordures ménagères et des déchets végétaux. Les polluants chimiques sont principalement les nitrates et les phosphates contenus dans les pesticides, les médicaments à usage humain et vétérinaire, les produits ménagers, les peintures, les métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, arsenic, etc.), les acides et les hydrocarbures utilisés dans l’industrie. Par conséquent, il est important d’éviter ce qui suit : • Installer des latrines près des puits. • Entreposer de manière inadéquate les déchets ménagers (mauvais emplacement, pas de poubelles, déversement dans la cour, etc.). • Utiliser une louche mal protégée. • Utiliser des conteneurs sales pour la collecte, le transport, le stockage et la consommation de l’eau. • Utiliser les stabilisants (sachets, feuilles d’arbres, etc.) que les femmes mettent souvent dans l’eau pendant le transport pour éviter que l’eau ne se renverse. • Permettre tout contact de l’eau potable (puits, forage) avec une source de pollution (excréments, ruissellement, production agricole) peut se produire. 3.3 Exemples de maladies causées par un manque d’hygiène et d’assainissement Un manque d’hygiène entraîne la présence de microbes dans l’eau, les aliments, l’air et le sol. Cela conduit à : • Maladies diarrhéiques telles que la dysenterie ; • Typhoïde ; • D’autres maladies, telles que la méningite, la COVID-19, le virus Ebola, la schistosomiase, les vers de Guinée, la gale, les maladies de la peau et le trachome. 15Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 3.4 Gestion des excrétas humains et du fumier animal Les excretas sont des substances qui sont libérées par le corps. Il s’agit principalement de matières fécales et d’urine. Ils sont un moyen majeur de propagation des maladies chez les humains et les animaux. Une mauvaise gestion des excretas entraîne également divers problèmes environnementaux et sanitaires, notamment les suivants : • Pollution des sols et de l’eau ; • Pollution de l’air, des produits maraîchers et du jardin ; • La prolifération des mouches. Pour mieux gérer les excretas humains, il est nécessaire de : • Construire des latrines ; • Utiliser correctement les latrines adaptées ; • Eviter la défécation à l›air libre ; • Assurer l’entretien régulier des latrines. Image 11. Transport du fumier. Ahmadou Sow/ILRI. Pour mieux gérer le fumier, il est nécessaire d’appliquer les mesures suivantes : • Collecter régulièrement le fumier (matières fécales et urine), le stocker sur un sol imperméable et le protéger de la pluie ; • Utiliser le fumier comme engrais uniquement après sa maturation (2 à 3 mois de stockage). Utiliser des équipements de transport appropriés comme des godets, brouettes ou chariots ; • Assurer un bon transport du fumier vers les champs ou les jardins, en protégeant les plantes et en évitant sa dispersion sur la route ; • Se laver soigneusement après tout contact avec le fumier. 16 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Déchets liquides : Ils sont constitués des eaux de toilette (eaux noires) et des eaux usées domestiques (eaux grises). Les eaux noires proviennent des toilettes, qui sont principalement constituées d’urine, tandis que les eaux grises sont constituées d’eau provenant de la cuisine, de la vaisselle, de la lessive et de la douche. Les déchets liquides peuvent causer différents types de pollution et de nuisances dans les ménages, y compris des maladies. En milieu rural, en l’absence de toute initiative collective d’assainissement des eaux usées, il est important que chacun soit responsable de ses propres déchets liquides. Il est donc nécessaire de : • Éviter de déverser l›eau des toilettes à l›air libre ; • Mettre en place et utiliser des fosses de rétention des eaux usées ; • Empêcher les animaux d’entrer en contact avec les eaux usées. Les déchets solides comprennent : • Solides (cailloux, gravier, etc.) ; • Papiers (p. ex., journaux, magazines et imprimés) ; • Cartons (emballages, plats en carton ondulé) ; • Plastiques (sacs, bouteilles et flacons, etc.) ; • Déchets textiles (sacs, vêtements, lingerie) ; • Déchets fermentescibles (déchets de jardin, déchets alimentaires, déchets végétaux, excréments animaux) ; • Déchets combustibles non classés (bois, cuir, caoutchouc, charbon de bois) ; • Verres, porcelaines ; • Métaux (emballages en fer et en aluminium) ; • Composites (emballages alimentaires pour lait, jus de fruits, café, beurre). La gestion des déchets solides implique de : • Utiliser un outil de collecte des ordures dans la cour (seau, sac, etc.) ; • Ramasser et jetter les déchets régulièrement ; • Stocker les déchets de manière à ce qu’ils soient inaccessibles aux enfants et aux animaux, idéalement à l’extérieur de la cour ;. • Brûler ou se débarasser des déchets une fois que le stock est grand. 3.5 Que devrions-nous retenir de ce module ? • La pollution de l’environnement par les sacs en plastique, les résidus de pesticides, les eaux usées et les produits chimiques peut provoquer des maladies chez les animaux et les humains. • Les conditions insalubres dans les élevages et les ménages (eaux usées, défécation à l’air libre, carcasses de volailles) favorisent la persistance et la propagation des maladies. • Une mauvaise gestion des déjections de volaille est une source de contamination. • L’application correcte des mesures d’hygiène dans l’environnement de vie permet de prévenir l’apparition et la propagation des maladies. 17Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 4. Genre dans la gestion du bétail 4.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Sensibiliser au rôle et à la responsabilité des femmes, des hommes, des garçons et des filles dans l’élevage, en particulier la volaille. • Sensibiliser chaque membre du ménage aux principaux risques d’exposition aux agents pathogènes. • Se familiariser avec les aspects de genre dans la communauté pour mieux cibler les messages à transmettre. • Connaître le calendrier quotidien, les us et coutumes selon le sexe dans le ménage pour planifier des activités de formation et de sensibilisation. 4.2 Définition de l’approche genre Le genre fait référence aux façons d’être, aux comportements acceptés par une société et aux attentes spécifiques associées à chaque sexe. Il s’agit de différences socio-économiques entre les hommes et les femmes qui sont construites par les sociétés et acquises par les individus. Image 12. Illustration de l’approche genre. 18 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Les comportements et les caractéristiques du « masculin » et du « féminin » ne sont pas innés, mais plutôt acquis et enseignés. Ainsi, le genre n’est pas une question de sexe ! Il prend également en compte les personnes âgées, les personnes vulnérables, les personnes handicapées, les riches, les pauvres, etc. Ce concept prône une société plus inclusive. L’approche genre vise également l’égalité des sexes en ce qui concerne les droits, l’accès aux ressources et aux avantages du développement, les domaines de l’éducation et l’accès à l’emploi à tous les niveaux. Cela ne signifie pas que les hommes et les femmes sont « pareils ». Une société dans laquelle il est nécessaire de renforcer l’autonomisation et l’autonomie des femmes et d’améliorer leurs conditions de vie. 4.3 Répartition des tâches dans l’élevage de poulets Dans la commune de Boussouma en particulier, les activités spécifiques exercées par les hommes en lien avec l’élevage des volailles sont la construction et la réparation du poulailler, l’achat et la vente de volailles, l’abattage des volailles, la participation à des activités de formation et de sensibilisation, l’administration de médicaments, l’appel des vaccinateurs, et la garantie de l’ouverture et de la fermeture du poulailler. Image 13. Eleveur apportant de l’eau pour abreuver les poules. Guy Ilboudo/ILRI. Les garçons s’occupent de la construction, de la réparation, du nettoyage du poulailler et de la participation à la sensibilisation aux bonnes pratiques d’élevage des poules. La femme est la principale responsable de l’activité de. Elle est assistée par son mari. Le chef de famille est son conseiller par excellence. Les décisions concernant l’activité sont prises de concert avec le mari, qui a le dernier mot. Néanmoins, il existe des activités spécifiques menées par les femmes, telles que le nettoyage du poulailler, le nettoyage de la cour, la notification des maladies et les soins quotidiens (alimentation, abreuvement, surveillance des dommages causés aux poulets dans l’enclos). 19Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 4.4 Genre et exposition aux maladies dans la gestion du bétail Les pratiques d’élevage traditionnelles comportent des risques pour les membres du ménage en raison des éléments suivants : • Le contact constant entre les volailles et les membres du ménage, en particulier les femmes et les enfants de moins de cinq ans, présente un risque de contamination par des bactéries et des virus. Les excréments sont entreposés dans la basse-cour à l’entrée de la concession ou près d’un point d’eau et sont exposés à la manipulation des enfants, au picage des poulets et à la contamination des aliments. • L’utilisation d’équipements rudimentaires et de produits chimiques (à base de crésyl, d’eau de Javel, de chaux vive, etc.) pour le nettoyage des poulaillers par les femmes et les enfants les expose au risque de contracter des maladies. Image 14. Interaction de la volaille avec les ustensiles de cuisine. Guy Ilboudo/ILRI. Image 15. Interaction des volailles avec les membres du ménage. Guy Ilboudo/ILRI. 4.5 Que devrions-nous retenir de ce module ? • L’aviculture est une activité génératrice de revenus pour les femmes, les hommes et les jeunes. • La mise en œuvre des mesures d’hygiène est de la responsabilité de tous les membres du ménage, et doivent viser à protéger particulièrement les femmes et les enfants. • Les femmes, les garçons et les filles sont plus exposés à la contamination par les déchets animaux (ils sont plus impliqués dans les activités de production avicole familiale). • Les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes handicapées sont plus vulnérables aux zoonoses. 20 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 5. Les principales zoonoses de la volaille 5.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Sensibiliser les communautés aux maladies zoonotiques provenant de la volaille. • Promouvoir des mesures simples et efficaces pour prévenir la propagation des zoonoses. • Fournir les conseils nécessaires pour éviter les zoonoses. 5.2 Principales voies de contamination de la volaille à l’homme Par l’intermédiaire de la volaille, les humains peuvent être contaminés, principalement par les éléments suivants : • Ingestion des microbes responsables de la maladie par la bouche ; • Inhalation des microbes responsables de la maladie par le nez ; • Passage des microbes à travers la peau. 5.3 Principales zoonoses de la volaille Parmi les maladies que les humains peuvent contracter par l’intermédiaire des animaux, il y a celles causées par des bactéries et celles causées par des virus, qui sont tous des microbes. 5.4 Salmonellose 5.4.1 Qu’est-ce que la salmonellose ? Il s’agit d’une maladie causée par un microbe appelé bactérie, plus précisément Salmonella, qui se manifeste chez les animaux et les humains. On le trouve chez presque toutes les espèces d’animaux, y compris la volaille. 21Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 5.4.2 Comment la maladie se transmet-elle à l’homme ? La contamination se produit par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés par des excréments contenant les microbes responsables de la maladie. Ces microbes se multiplient dans le tube digestif (jabot et estomac) et sont excrétés en grande quantité dans les excréments des oiseaux infectés. De là, ils restent dans l’environnement extérieur pendant plusieurs semaines, contaminant celle-ci pendant de longues périodes. Certains oiseaux, comme les pigeons, peuvent héberger des microbes et propager la maladie sans la manifester. Le microbe peut également être transmis de la poule à l’œuf au moment de formation des œufs. 5.4.3 Comment reconnaître une volaille atteinte de salmonellose ? Les volailles malades ne présentent pas souvent de signes particuliers. Dans de rares cas, il n’y a qu’une diarrhée blanche, crayeuse et collante qui obstrue le cloaque en séchant, suivie de la mortalité des jeunes (poussins). Parfois, les poules malades ont mal aux pattes et boitent. On peut aussi voir leur cou se tordre avec des douleurs, c’est ce qu’on appelle le torticolis. Chez les grandes poules (adultes), quand la maladie est chronique (développement lent), elles pondent moins d’œufs. Certains œufs ont du sang ou n’ont pas de coquille. Les poules restent souvent longtemps dans le nid sans pondre. Parfois, l’œuf reste bloqué dans le ventre de la poule, ce qui peut la faire mourir. Quand la maladie est aigue (développement rapide), on voit souvent les signes comme l’abattement (affaiblissement), la fièvre, les crêtes ou barbillons qui deviennent bleus, la diarrhée jaune et verdâtre avec des traces de sang, la soif intense. Les oiseaux ont des difficultés respiratoires et on entend du bruit quand elles respirent et des écoulements au niveau des narines et du bec.. Il est important de noter que les salmonelles qui causent des maladies chez l’homme ne provoquent pas toujours des signes cliniques chez les animaux. 5.4.4 Comment la salmonellose peut-elle être contrôléer chez les volailles ? Les mesures suivantes ont contribué de manière significative à la lutte contre cette maladie : • le nettoyage et la désinfection des locaux et du matériel ; • contrôle des insectes et des rongeurs ; • en cas de maladie, les animaux malades doivent être isolés et un traitement curatif doit être mis en œuvre ; • stockage des déchets et destruction ou enfouissement des carcasses d’animaux ; • nettoyage et désinfection des élevages entre chaque bande ; • nettoyage et désinfection de l’élevage avant la réintroduction de nouvelles volailles. 5.4.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? La salmonellose se transmet à l’homme uniquement par voie digestive : • en portant à la bouche des mains souillées par le contact avec des déjections animales ou en manipulant l’appareil digestif de la volaille ; • en consommant des aliments contaminés tels que des œufs, des produits à base d’œufs ou de la viande de volaille insuffisamment cuite. 22 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Les personnes à risque sont tous ceux qui sont en contact avec la volaille, leurs déjections ou leur environnement souillé. Ce sont les éleveurs, les agents de santé animale, les agents communautaires de santé animale, les VVV, les transformateurs de volailles, etc. 5.4.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? Chez l’homme, la maladie se manifeste par des vomissements et une diarrhée sévère accompagnée d’une fièvre qui peut apparaître deux à trois jours après la contamination. L’évolution de la maladie dure généralement environ une semaine, sauf pour les personnes de santé fragile chez qui la mort peut survenir. 5.4.7 Comment peut-on se protéger de la maladie ? • Évitez de toucher le fumier ou les animaux malades avec les mains nues. • Lavez toujours vos mains avec de l’eau propre et du savon après avoir touché les animaux, leurs crottes ou leurs déchets, et avant de manger. • Ne pas boire, manger ou fumer pendant le travail (en particulier pour les éleveurs, les agents de santé animale, les auxiliaires du bétail, les VVV et les transformateurs). • Laver régulièrement les vêtements de travail, les gants et les bottes. • Changer de vêtements à la fin de la journée de travail. • En cas de symptômes (fièvre, diarrhée, vomissements), les patients doivent être orientés vers le service de santé le plus proche et informer le personnel médical de leur profession. 5.4.8 Comment la maladie peut-elle être traitée avec succès ? L’agent communautaire de la santé animale doit : • visiter régulièrement les ménages dont il vaccine et soigne la volaille ; • fournir constamment des conseils sur l’application des mesures d’hygiène ; • rendre compte à son superviseur qui à son tour consolide les actions du VVV par des conseils et des visites terrain. Les exemples de réussite devraient servir d’exemple à tous les ménages. La vaccination des volailles est possible (à 2,5 mois et 5 mois) malheureusement, elles est faiblement pratiquée dans la production extensive de volailles. 5.5 Campylobactériose 5.5.1 Qu’est-ce que la campylobactériose ? Il s’agit d’une maladie causée par un germe appelé bactérie Campylobacter qui infecte les animaux et les humains. On le trouve chez presque toutes les espèces d’animaux, y compris la volaille. 23Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 5.5.2 Comment la volaille est-elle contaminée ? La contamination se produit par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par des excréments contenant les germes responsables de la maladie. Les germes se multiplient dans le tube digestif et sont excrétés dans les excréments des animaux infectés. Les plantes leur permettent de résister dans l’environnement extérieur pendant plusieurs semaines à plusieurs mois. Ils infectent les élevages de volailles de manière durable. 5.5.3 Comment la campylobactériose peut-elle être détectée chez les volailles ? Les volailles malades ne montrent souvent aucun signe. Parfois, il n’y a que de la diarrhée. 5.5.4 Comment lutter efficacement contre la campylobactériose ? Les mesures suivantes ont contribué de manière significative à la lutte contre cette maladie : • le nettoyage et la désinfection des locaux et du matériel ; • stockage des déchets et destruction ou enfouissement des carcasses d’animaux. 5.5.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? La transmission de la maladie à l’homme se produit principalement par l’ingestion d’aliments contaminés insuffisamment cuits, principalement la viande de volaille. Il y a aussi contamination croisée (contamination par l’équipement ou d’autres aliments souillés) lors de la manipulation des viandes en préparant les repas. Les personnes à risque sont toutes les personnes qui entrent en contact avec des volailles, leurs excréments ou leur environnement contaminé. Il n’y a aucun risque pour la santé si la nourriture est bien cuite car le germe est détruit dans ce cas. La bactérie Campylobacter peut également être présente dans les excréments des animaux de compagnie (par exemple, chiens, chats). Il est possible d’être également infecté la consommation d’eau si elle est contaminée par des excréments animaux ou humains contenant le microbe. 5.5.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? Chez l’homme, la maladie se manifeste par une diarrhée avec des traces occasionnelles de sang, de la fièvre et des douleurs abdominales. Les symptômes graves sont rares. 5.5.7 Comment peut-on se protéger de la maladie ? Il faut : • respecter les bonnes pratiques d’hygiène ; • se laver les mains après s’être occupé de la volaille ; 24 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso • nettoyer et désinfecter les locaux et l’équipement après la manipulation de la viande crue ; • entreposer correctement les déchets, détruire ou enfouir les cadavres d’animaux. des déchets et la destruction ou l’enfouissement des cadavres d’animaux ; • bien cuire la viande. Image 16. Schéma résumant les signes cliniques dus à Campylobacter chez l’homme. 5.5.8 Comment cette maladie peut-elle être traitée avec succès ? L’agent communautaire de santé animale doit : • visiter régulièrement les ménages dont il vaccine et soigne la volaille ; • fournir constamment des conseils sur l’application des mesures d’hygiène ; • rendre compte à son encadrement qui à son tour consolide les actions du VVV par des conseils et des visites terrain ; • les cas de succès doivent servir d’exemple pour tous les ménages. 5.6 Grippe aviaire 5.6.1 Qu’est-ce que la grippe aviaire ? La grippe aviaire est une maladie qui touche les oiseaux domestiques et sauvages. Il peut causer une mortalité élevée et se propage rapidement d’un endroit à un autre. C’est une maladie qui peut toucher les humains. 5.6.2 Comment la maladie se transmet-elle à un animal ? La contamination se produit pendant : • l’introduction de nouvelles volailles dans l’élevage sans mesures de quarantaine ; • la divagation des volailles et des carnivores dispersant les carcasses de volailles mortes de la grippe aviaire ; • le contact avec des oiseaux sauvages ; 25Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso • Les passages des persoones d’une ferme (avec des animaux malades) à l’autre (sans maladie) • l’utilisation des équipements et moyens de transport contaminés (qui ont servit à manipuler ou à transporter des animaux malades sans être lavés et désinfectés) ; • l’utilisation de fumier provenant de fermes infectées. 5.6.3 Comment reconnaître la grippe aviaire ? C’est une maladie qui peut être reconnue par : • mortalité élevée des volailles, y compris des oiseaux sauvages ; • diarrhée; • difficulté à respirer; • prostration; • difficultés à se déplacer; • cela peut ressembler à la maladie de Newcastle. Si les oiseaux vaccinés contre la maladie de Newcastle meurent, il pourrait s’agir de la grippe aviaire. 5.6.4 Comment lutter efficacement contre la grippe aviaire ? Les mesures suivantes ont contribué de manière significative à la lutte contre cette maladie : • informez le service d’élevage lorsque beaucoup de vos volailles meurent ; • ne vendez pas de volaille provenant d’élevages malades ; • Faites appel aux services d’élevage pour tuer et bruler les volailles malades ; • nettoyez et désinfectez tout (poulaillers, matériel, etc.) ; • Gardez enfermées les volailles des fermes qui ne sont pas touchées ; • Mettez en quarantaine les nouvelles volailles avant qu’elles ne soient introduites dans la ferme ; • limitez, voire interdisez les visites à votre ferme ; • vaccinez toujours vos oiseaux contre la maladie de Newcastle. Cela empêche vos oiseaux de mourir de la maladie de Newcastle, et si vos oiseaux vaccinés meurent, il pourrait s’agir de la grippe aviaire ; • demander à tous les intervenants (VVV et autres) de se laver les mains et les chaussures avec du savon ou un désinfectant avant d’entrer dans la ferme. 5.6.5 Comment la maladie peut-elle être transmise à l’homme ? L’influenza aviaire se transmet à l’homme principalement par inhalation ou par contact direct avec les sécrétions (salive, muqueuses ou matières fécales) d’oiseaux infectés. Les personnes les plus à risque sont les suivantes : • ceux qui luttent contre la maladie (agents de santé animale) ; • Les personnes qui s’occupent des volailles, y compris les femmes et les enfants ; 26 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso • Les gens qui dorment avec de la volaille. • Les commerçants et les transformateurs de volailles, y compris ceux qui abattent et plument la volaille. 5.6.6 Comment la maladie se manifeste-t-elle chez l’homme ? Chez l’homme, le principal signe clinique de la maladie est une simple conjonctivite (plaies oculaires), mais généralement la forme grippale (rhume) peut être compliquée par une pneumonie (problèmes respiratoires) qui devient mortelle. 5.6.7 Comment protéger les personnes ? Il faut : • Laver les mains avec du savon après avoir pris soin de la volaille ; • Eviter de manipuler les volailles malades ou les oiseaux morts ; • Ne mangez que de la viande et des œufs de volaille qui ne sont pas malades s’ils sont bien cuits. 5.6.8 Comment réussir dans la lutte contre cette maladie ? L’agent communautaire de santé animale doit : • Visiter régulièrement les ménages pour lesquels il vaccine et s’occupe des volailles. • Fournir constamment des conseils sur l’application des mesures d’hygiène. • Rendre compte à son superviseur, qui à son tour consolide les actions de l’agent par des conseils et des visites de terrain. • Les cas de réussite devraient servir d’exemple à tous les ménages. 5.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? • Les volailles peuvent transmettre des maladies à l’homme et vice versa si les bonnes pratiques d’hygiène ne sont pas respectées. • Les sols et les équipements d’élevage contaminés peuvent être une source d’agents pathogènes pour les animaux et les humains. • La manipulation de volailles (vivantes ou mortes) sans une bonne hygiène peut entraîner des maladies chez l’homme. • Vivre avec des poulets peut être une source de contamination pour les humains. • Les aliments et l’eau non protégés peuvent être contaminés par des microbes. • Manger un poulet malade ou mort peut emmener toute la famille à l’hôpital. 27Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 6. Production et utilisation d’aliments sains dans les ménages 6.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Savoir utiliser les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire dans le ménage. • Prévenir la contamination des aliments par les microbes. • Aider à réduire l’impact des maladies d’origine alimentaire dans les collectivités. 6.2 Rappel sur les micro-organismes de surface externe Les microbes sont présents dans tous les environnements, y compris l’eau et la terre, en suspension dans l’air, mais aussi dans le corps humain. Les microbes se retrouvent prèsque partout sur les surfaces extérieures (mains, tables, plats, vêtements, pièces de monnaie, billets de banque, mûres, bois, etc.). Plus la surface est humide, plus le microbe a des chances de survivre longtemps. Les microbes pénètrent très souvent dans l’organisme de l’homme par la bouche à travers la consommation d’aliments et d’eau. En 2017, on estimait qu’il y avait environ 1 million de cas de maladies causées par des bactéries provenant d’aliments contaminés, entraînant environ 2 000 décès au Burkina Faso. Cela se fait par le biais de la nourriture vendue dans la rue, mais aussi par la nourriture consommée à la maison. C’est pourquoi nous devons être attentif dans la préparation de ces aliments et leur consommation par les membres du ménage. Dans ce chapitre, nous nous concentrerons sur la préparation du poulet. 6.3 Processus d’abattage L’abattage est la première occasion de contamination des carcasses de poulet lors de leur préparation. Il comprend la saignée (lorsque le poulet est égorgé), l’échaudage (la mise du poulet dans l’eau chaude entre 50 et 100 degrés Celcius pour faciliter l’enlèvement des plumes), le plumage (l’enlèvement des plumes) et l’éviscération (le retrait des intestins et organes internes). En effet, • au moment d’égorger le poulet, des microbes présents dans le sol peuvent passer par la partie ouverte (cou) et entrer dans l’organisme du poulet. Si le couteau n’est pas proprement lavé il y a également un risque de contamination de la carcasse. Il faut donc égorger le poulet et collecter le sang sur un endroit propre et facile à 28 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso nettoyer. Cela peut se faire par exemple dans un petit bac qui peut servir de poubelles. Cela permet d’éviter la contamination du poulet et de déverser le sang directement au sol avec les risques pour l’environnement, les personnes (surtout enfants), et les autres volailles. L’abattage fait directement au sol sol est fortement déconseillé. • Il est conseillé de plonger le poulet dans de l’eau chaude avant d’enlever les plumes. Cela non seulement rend l’enlèvement des plumes plus facile mais aussi tue la plupart des microbes se trouvant dans les plumes et sur la peau du poulet. Par ailleurs, il existe un risque de contamination de l’homme à travers l’inhalation de l’air contenant la poussière des plumes, les goutelettes provenant des narines et du bec du poulet. L’eau d’échaudage doit être propre. En cas d’abattage de plusieurs poulets lors des évènements par exemple, il est important de changer l’eau régulièrement. Il faut également s’assurer que l’eau est suffisamment chaude. Attention à ne mettre aucun produit chimique dans l’eau pour faciliter l’enlèvement des plumes. Cela est complètement inutile et dangereux pour la santé ! Image 17. Eau d’échaudage sale après plongée de plusieurs volailles. Guy Ilboudo/ILRI. Image 18. Eviscération du poulet dans un environnement sale. Guy Ilboudo/ILRI. • Avant de couper le poulet pour enlever les organes (intestin, gésier, foie, etc.), le poulet doit d’abord être bien lavé à l’eau chaude, après quoi le couteau et la surface (plat ou table) sur laquelle le poulet est retiré. En effet, l’intérieur du poulet peut être contaminé par les microbes se trouvant sur la peau ou les autres surfaces. De plus, il est important de faire attention aux excréments des poulets afin qu’elle de souille par le reste. C’est pourquoi il n’est pas recommandé de nourrir le poulet avant qu’il ne soit abattu. L’éviscération ne doit pas être effectuée sur la même surface que celle où les plumes sont déposées. 29Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 6.4 Préparation et découpe Lors de la cuisson du poulet il faut également faire attention aux contaminations. La méthode de cuisson la plus risquée est généralement les grillades. En effet, les grillades entraînent une manipulation plus fréquente du poulet et le poulet est également en contact avec l’air libre. Il faut s’assurer que tout le matériel utilisé (fourchette, couteau, table, plat) est correctement lavé. La manipulation du poulet à main nue doit être évitée autant que possible (même si elle est lavée). Optez plutôt pour l’utilisation d’une fourchette. Mais avant tout le poulet doit être bien cuit avant d’être consommé. Image 19. Découpe du poulet sans manipulation à la main nue. Guy Ilboudo/ILRI. 6.5 Assaisonnement et service L’assaisonnement est l’ajout d’ingrédients tels que des légumes (tomates, oignons, ail, etc.) ou du piment à la viande. Il peut être fait pendant la cuisson ou simplement juste avant de manger. Il y a un risque que le poulet bien cuit soit contaminé par les ingrédients s’ils ne sont pas soigneusement lavés ou contaminés. C’est ce qu’on appelle la contamination croisée. Cette contamination peut également se produire via les assiettes utilisées pour le service. Il faut donc laver les légumes crues avec de l’eau de javel puis les rincer à l’eau propre. Ensuite, il est important de bien conserver les produits d’assaisonnement et bien laver la vaisselle et les assiettes avant de servir. Il est fortement conseillé de servir le poulet pendant qu’il est encore chaud, car cela réduit le risque de germes encore présents dans le repas. Image 20. Poulet servit dans un plat. Michel Dione/ILRI. 30 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 6.6 Hygiène personnelle et vestimentaire/état de santé Tout au long du processus de préparation des poulets, il est important de prendre soin de notre corps et de nos vêtements. En effet, les microbes présents dans les vêtements, les cheveux, les ongles et même dans la salive sont susceptibles de contaminer la viande. Il est donc nécessaire de : • bien couper et nettoyer les ongles ; • laver soigneusement les mains à l’eau et au savon ; • porter des vêtements propres ; • éviter de bavarder pendant la préparation ; • évitez de toucher d’autres objets ou surfaces lors de la préparation. 6.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? • Les microbes sont invisibles, petits et peuvent être trouvés prèsque partout. • La viande de poulet et/ou les légumes contaminés par des microbes peuvent être une source de maladies pour les consommateurs (diarrhée, nausées, vomissements). • Les récipients utilisés pour éviscérer les poulets doivent être propres. • Les poulets doivent être en bonne santé avant l’abattage. • Les poulets doivent être abattus sur une grille propre et facile à nettoyer. • L’hygiène doit être maintenue tout au long du processus de préparation. • Les déchets doivent être collectés et détruits après la préparation des volailles • Les mains doivent être lavés avant la manipulation des poulets préparés. 31Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 7. Bien-être animal dans l’élevage, le transport et l’abattage des volailles 7.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Contribuer à faire changer les comportements des éleveurs, des collecteurs et transporteurs et tout autre personne manipulant de la volaille. • Prendre en compte les besoins physiologiques, comportementaux et émotionnels de la volaille • Contribuer à réduire la propagation des maladies animales et les risques pour la santé publique grâce au bien- être des volailles. • Contribuer à améliorer la productivité des élevages de volaille par une prise en compte de leur bien-être 7.2 Qu’est-ce que le bien-être animal ? Le bien-être animal fait référence à la bonne condition physique et mentale d’un animal par rapport aux conditions dans lesquelles il vit et meurt. Elle correspond au ressentit de l’animal, face aux efforts que fait l’homme pour le mettre dans de bonnes conditions de vie. Ces efforts comprennent une bonne santé, un confort suffisant, un bon état nutritionnel, la sécurité, la possibilité d’exprimer un comportement naturel et l’absence de souffrance telle que la douleur, la peur ou la détresse. Le bien-être des animaux passe par les éléments suivants : la prévention et le traitement approprié des maladies, la protection, les soins, l’alimentation appropriée, la manipulation sans cruauté et l’abattage ou la mise à mort décents. La notion de bien-être animal fait référence à l’état de l’animal, le traitement qu’il reçoit, mais prend aussi en compte d’autres aspects tels que les soins et les conditions d’élevage. Il est important de noter que les animaux sont des êtres qui éprouvent des émotions telles que la joie, le plaisir, la douleur et la peur. La façon dont nous traitons les animaux affecte également les humains et la planète. Le bien-être animal est étroitement lié à la santé animale et au bien-être humain. 32 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso 7.3 Pourquoi le bien-être de la volaille est-il important ? Le respect du bien-être animal dans les élevages de volailles à un impact considérable sur la productivité et la qualité des volailles produites. Dans un élevage avicole, un oiseau mal traité (inconfort, détresse, douleur) rencontrera des difficultés à grandir normalement, à survivre aux maladies, à produire (viande, œuf) ou à se reproduire. Le respect du bien-être animal contribue donc à améliorer la durabilité et la rentabilité del’élevage. Lorsque les oiseaux sont dans un état de bien-être, ils expriment correctement leur potentiel. Lors du chargement, du transport, du déchargement ou de l’abattage, si les volailles ne sont pas correctement entretenues, cela peut avoir un impact négatif sur leur bien-être, entraînant des ecchymoses (dépôts de sang sous la peau), des membres fracturés ou des blessures. Ces volailles sont sensibles à la contamination microbienne. Le stress affecte également la texture de la viande, sa couleur et même son goût et diminue donc sa qualité. 7.4 Les cinq libertés du bien-être animal Plusieurs études ont identifié 5 conditions fondamentales à remplir pour assurer le bien-être des animaux lorsqu’ils sont sous la responsabilité de l’homme. Ces conditions sont appelées libertés en matière de bien-être animal. Pour qu’un animal soit dans un état de bien-être, les cinq libertés suivantes doivent être respectés : Condition 1. L’animal ne doit ni avoir faim, ni avoir soif, ni être malnutri : il doit avoir accès à de l’eau et à de la nourriture en quantité suffisante. L’eau et la nourriture qui leur sont données doivent être de bonne qualité pour éviter qu’ils ne tombent malades. Condition 2. L’animal ne doit pas avoir peur ou être en détresse : l’animal doit avoir les conditions nécessaires pour éviter des souffrances mentales inutiles. Pour ce faire, nous devons éviter les pratiques d’élevage cruelles et abusives. Condition 3. L’animal ne doit pas être soumis à un stress physique ou thermique : il doit disposer d’un abri en cas de pluie ou d’autres intempéries (ex. : vent, froid). Les températures très élevées ont un impact sérieux sur la santé et la productivité des animaux. Pour cela, ils doivent être placés dans des environnements suffisamment ventilés pour leur permettre de résister à des températures élevées. Image 21. Résumé des 5 conditions du bien-être animal. 33Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Condition 4. L’animal ne doit pas souffrir de douleurs ou de blessures, ni être laissé à lui-même dans un état de maladie : les animaux doivent être soignés lorsqu’ils sont malades. Ils ne doivent pas non plus subir de traitements douloureux. Évitons d’être violents envers les animaux. Condition 5. Un animal doit être capable d’exprimer les comportements normaux de son espèce : les animaux sont des êtres vivants et ont besoin d’exprimer leurs comportements naturels, comme les humains. 7.5 Bien-être des animaux pendant le transport Ceci est une étape très importante. Ne dites jamais «ils vont bientôt être abattus, alors peu importe !» Les volailles doivent être capturées au moins la veille de leur transfert vers une autre localité. Cela permet de réduire le niveau de stress lié à la capture d’une part et d’autre part d’éviter le cumul de ce stress à celui provoqué par le transport. Elles doivent être nourries et abreuvées avant le transport. En cas de froid, de chaleur intense ou de pluie, les oiseaux doivent être protégés. Image 22. Volailles transportées de manière très entassées sans protection contre les intempéries. La surcharge des volailles pendant le transport doit également être évitée. Les oiseaux ont besoin de suffisamment d’espace et de ventilation. Lorsque les volailles sont mises dans des cages ou des caisses pendant le transport, il faut faire attention à ne pas avoir un nombre excessif d’oiseaux à l’intérieur. Lorsque le trajet est suffisamment long, il est nécessaire d’observer des périodes de repos pour permettre aux oiseaux de récupérer. Ce repos doit se faire à l’ombre, et idéalement, de l’eau doit leur être servie. Une fois à destination, les volailles au déchargement doivent être placées à l’ombre afin de leur permettre de récupérer facilement du stress dû au transport. 7.6 Bonnes pratiques de bien-être animal avant l’abattage Les volailles à abattre doivent être capturées environ 6 heures avant l’abattage et placées dans un endroit ombragé où elles ne recevront que de l’eau. Il n’est pas recommandé de les nourrir pendant cette période. En conséquence, leur estomac sera vide de nourriture et il y aura moins de matières fécales dans leurs intestins. Cela minimise le stress avant l’abattage et réduit le risque de contamination de la viande par des microbes dans les fèces. 34 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Lorsque les volailles sont soumises à un stress considérable, il est facile pour elles d’être infectées et de proliférer les microbes. Image 23. Volailles gardées dans une cage au point de vente avant abattage. Guy Ilboudo/ILRI. 7.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? • Nous devons manipuler les animaux en tant qu’êtres sensibles qui ont des émotions et ressentent de la douleur. • Le bien-être des volailles est crucial pour leur santé, la qualité des œufs et de la viande produite et la satisfaction des consommateurs. • Le respect du bien-être animal contribue à réduire le besoin de traitements médicaux excessifs. • Les volailles doivent être protégées de la chaleur et des intempéries (froid, vent, pluie). • Les volailles doivent être nourries et abreuvées avant le transport. • Les volailles ont besoin de suffisamment d’espace et de ventilation pendant l’élevage et le transport. • Le stress peut affecter la qualité de la viande, sa couleur et même son goût. 35Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Module 8. Techniques de communication des informations zoo sanitaires 8.1 Pourquoi les participants ont-ils besoin de ces informations ? • Se préparer à mieux transmettre les messages aux éleveurs. • Évitez de créer une psychose en cas d›événements de santé, telles que les suspicions d’epizooties • Bien animer les séances de sensibilisation • Comprendre leur rôle dans la collecte et la transmission de l’information sur la santé animale. • Alerter les services techniques compétents en cas d’événement sanitaire et inhabituel lié à la santé humaine, animale ou environnementale. • Connaître et utiliser de manière optimale les canaux de communication. • Favoriser le changement de comportement dans la gestion des événements de santé. 8.2 Les principaux événements inhabituels à signaler En tant qu’acteurs communautaires, il y a plusieurs événements qui méritent notre attention. Ce sont des événements inhabituels, c’est-à-dire ceux que nous ne rencontrons pas très souvent. Même si l’événement n’est pas directement lié à la santé humaine ou animale, il doit être pris au sérieux. Les principaux événements à signaler sont généralement (mais pas tous !) : • Tout événement de santé lié à la santé humaine, tel que l’apparition soudaine d’une maladie, les décès inexpliqués, le décès ou la maladie d’une personne moins d’une semaine après son arrivée d’un voyage à l’étranger, le décès causé par une infection et/ou digestive chez des personnes en contact avec des animaux, la fièvre ou la toux sévère de plusieurs personnes du même environnement. • Tout événement sanitaire lié à la santé de l’animal : épizootie (apparition soudaine d’une maladie animale), mortalité élevée, intoxication, etc. • Tout autre événement : inondation, incendie, criquets ravageurs, et tout autre événement créant une inquiétude ou une psychose dans la communauté. 36 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Image 24. Visite d’un agent communautaire suite à des mortalités de volaille. 8.3 À qui l’agent communautaire doit-il communiquer l’information ? Une fois qu’un agent communautaire constate un événement sanitaire ou inhabituel, il doit en informer ses responsables locaux dans le village tels que le chef du village et le président des Comités villageois de développement (CVD). Ensuite, ils doivent informer les responsables des services techniques qui sont en charge de leur localité. Il s’agit d’agents de santé animale (dans le cas de l’élevage), d’agents de santé humaine (dans le cas de l’homme) et d’agents de l’environnement. Ils doivent aider le membre de la communauté à trouver la solution au problème et, si nécessaire, en informer également leurs supérieurs afin que l’information parvienne à la personne habilitée. Attention à ne pas diffuser l’information de manière désordonnée dans la communauté, car cela pourrait conduire à la panique avec des conséquences plus graves ! 8.4 Les 10 principes de l’apprentissage des adultes En tant qu’acteurs communautaires, ils seront appelés à animer des sessions de sensibilisation sur des thématiques spécifiques pour la communauté. Cela fait partie de leurs actions pour soutenir ces personnes et leur contribution à la vie de la société. Ils devront donc interagir avec des adultes qui n’ont pas les mêmes caractéristiques que les jeunes élèves d’une salle de classe. Voici les 10 principes clés à prendre en compte lorsque vous animez des discussions avec eux : Principe 1. Les adultes aiment participer activement à leurs expériences d’apprentissage. Ils devraient donc être encouragés à participer activement à leur propre formation. 37Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Principe 2. Les apprenants adultes assument la responsabilité d’atteindre leurs objectifs en matière de compétences et de connaissances. Principe 3. Les adultes possèdent une vaste expérience et aiment la partager. Ils ont une expérience de vie riche et variée qui peut être utilisée pour faciliter leur apprentissage. Principe 4. Les nouvelles compétences et connaissances doivent être intégrées aux apprentissages antérieurs. Principe 5. Les adultes ont besoin de savoir en quoi l’apprentissage leur sera bénéfique. Ils ont besoin de savoir pourquoi ils apprennent et comment cela s’applique à leur vie professionnelle ou personnelle. Cela leur permet d’avoir la motivation nécessaire pour apprendre. Principe 6. Les apprenants doivent s’exercer à acquérir des compétences ou à résoudre des problèmes. Principe 7. L’estime de soi est un élément essentiel de l’apprentissage. Principe 8. Les adultes apprennent mieux en s’amusant. Principe 9. Le niveau d’énergie et d’intérêt affecte la durée d’attention. Principe10. Pour maximiser la rétention de l’information chez les adultes, l’information doit être décomposée en petits morceaux et résumée fréquemment. Les adultes sont orientés vers les tâches et l’apprentissage orienté vers la résolution de problèmes. Image 25. Animation d’une séance de sensibilisation. Source : Guy Ilboudo/ILRI. 8.5 Conseils pour être un bon animateur L’animation est avant tout une question de motivation, de travail, d’état d’esprit, un peu de talent et beaucoup de méthode . Par conséquent, vous devez vous y mettre. C’est en forgeant qu’on devient forgeron ! L’animateur est un agent de changement de comportement au sein de la communauté. Son rôle est d’accompagner et d’orienter la communauté dans son processus de changement de comportement en communiquant des informations pertinentes et en soutenant les processus de décision, ainsi que la prise et la mise en œuvre d’engagements individuels et collectifs. 38 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Pour ce faire, ils doivent d’abord avoir une bonne connaissance de leur public, notamment de l’organisation sociale, des relations entre les individus et les groupes, des coutumes et des habitudes, des modes de communication, de diffusion et de circulation de l’information. Un savant nommé Philippe Mérieux disait « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis en réalité, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez réellement, il y a au moins 9 possibilités de ne pas se comprendre ». C’est pourquoi vous devez communiquer de la manière la plus simple possible tout en restant fidèle au message initial. Un bon animateur doit être respectueux, humble, patient, dévoué, tolérant et ouvert à des opinions diverses, avoir un sens aigu de la communication et de l’écoute, et être capable de parler clairement et honnêtement. N’hésitez pas à innover ; Les animations sont trop souvent ennuyeuses parce que tout est prévisible. 8.6 Techniques d’animation Plusieurs techniques peuvent être utilisées en fonction du contexte. Cependant, les plus courants sont: • Table ronde : Cette technique peut être utilisée dès le début pour établir un contact avec le public. L’animateur soulève une question ou un problème simple, et chaque participant donne son opinion ou sa réponse à tour de rôle. Cela permet à chacun de se sentir impliqué. Des questions telles que : quelles sont les maladies de volaille les plus courantes ? Un homme peut-il être infecté par une maladie de la volaille ? peuvent être posées • Utilisez des boîtes d’image : Comme on dit, une image vaut mille mots ! Il s’agit d’une technique qui consiste à montrer aux participants une ou plusieurs images illustrant un thème général ou une situation spécifique et ainsi susciter des discussions et des solutions entre apprenants. Assurez-vous que tout le monde voit le contenu de votre image et encouragez autant de participants que possible à commenter. • Travaux de groupe : Il s’agit de former de petits groupes de 4 à 5 personnes dans lesquels chacune des réponses des participants est prise en compte. Cette technique permet d’approfondir une question controversée (qui fait l’objet de nombreuses discussions) et encourage les participants qui hésitent à prendre la parole. Il a l’avantage de rassembler rapidement un grand nombre d’idées. Assurez-vous de responsabiliser certains participants du groupe (par exemple, les rapporteurs, les animateurs, les chronométreurs). • Démonstration ou exercice pratique : Il s’agit de montrer aux participants comment faire quelque chose, puis de les mettre en situation de le faire eux-mêmes. Cette technique est très efficace car en faisant quelque chose, ils le comprennent et le retiennent mieux. Par exemple, vous pouvez montrer comment tenir un poulet pour faciliter la vaccination. Image 26. Démonstration des techniques de vaccination de la volaille. Guy Ilboudo/ILRI. 39Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso • Jeu de rôle : Le jeu de rôle consiste à faire jouer aux participants une situation réelle liée au contenu de la session. Pour ce faire, il est nécessaire de choisir des volontaires ou des participants dynamiques. Expliquez-leur le scénario (l’histoire) et encouragez-les à être créatifs. Par exemple, vous pouvez simuler une situation d’épidémie de grippe aviaire dans un village où certaines fermes sont touchées et d’autres ne sont pas visiblement touchées et voir comment les participants réagiraient à ce phénomène. • Visite de terrain : Cela permet aux participants de voir ce dont vous parlez. La visite de terrain consiste à les conduire hors du lieu de réunion afin de les amener à observer et à mieux comprendre les éléments de leur environnement : bâtiment d’élevage, signes cliniques de maladies, mortalités dans les élevages, etc. Il est conseillé de réserver cette technique a la dernière étape de votre animation. NB : N’oubliez pas d’immortaliser le moment en prenant des photos et des vidéos avec l’accord des participants. 8.7 Que devrions-nous retenir de ce module ? • Tout événement sanitaire ou inhabituel doit être rapporté aux services techniques et autres acteurs locaux des autres secteurs (pisteurs, gardes forestiers, ASBC) et aux autorités morales de la localité • L’information doit être gérée efficacement au niveau local pour éviter la psychose. • La communauté doit être bien connue avant de mener une séance de sensibilisation. • Savoir utiliser la méthode appropriée pour communiquer avec les adultes. • Appliquez les meilleures pratiques pour être un bon animateur. • S’assurer de l’exactitude des messages vehiculés. 40 Manuel de formation: Formation des agents communautaires de santé animale, humaine et environnementale au concept « One Health » appliqué à l’élevage traditionnel de volailles dans les zones rurales du Burkina Faso Ressources utilisées dans la préparation de ce manuel Compass Group, 2024. 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