Culture de rentre ou vivrière Faut-il choisir? huile de palme Championne des oléagineux N°163 AVRIL-MAI 2013intervieW Claver Gatete, ministre de l’eco nomie et des Finances du rwanda L’économie bleue en crise ? RESSOURCES CÔTIÈRES le magazine du développement agricole et rural des pays aCp http://spore.cta.int | Spore 163 | avril-mai 2013 dossier Culture de rente ou vivrière Faut-il choisir ? À LA UNe4 iNterview 4 | À la une 6 | Actualités 7 | Agriculture 8 | Élevage et pêche 9 | environnement 10 | recherche 11 | entreprise et commerce 12 | interview 13 | dossier Ressources côtières : l’économie bleue en crise ? Sortir des eaux troubles – exploiter les opportunités croissantes des zones côtières. 17 | Point de vue Jahson Alemu : le lien entre terre et mer evaluer l’importance des services d’écosystème côtier. 18 | reportage Samoa : une approche alternative l’élevage du tilapia en étang : des revenus alternatifs pour les populations insulaires du pacifique. 20 | Chaînes de valeur Huile de palme : championne des oléagineux 21 | Publications 25 | Agir avec le CtA Claver Gatete Favoriser la croissance par l’innovation financière 12 reSSourCeS CotiereS L’économie bleue en crise ? 13 Spore n° 163 – avril-mai 2013soMMAire Le terme “résilience” est devenu à la mode dans le monde du développement, et ce pour une bonne raison : les contraintes et les chocs se multiplient et s’aggravent comme jamais. De la crise mondiale des prix alimentaires à la sécheresse dans la Corne de l’Afrique en pas- sant par l’ouragan Sandy dans les Caraïbes et les inondations aux Fidji, les populations vul- nérables essuient le coût de ces catastrophes qui ont un impact dévastateur sur l’agriculture, auxquelles s’ajoutent les sombres perspectives d’une hausse de 4°C de la température. Renforcer la résilience du secteur agricole est donc essentiel. Non seulement pour protéger les petits exploitants agricoles, représentant une part importante de ces populations vulnérables dans les pays ACP, mais aussi pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de toute la population. Lors d’un briefing du CTA à Bruxelles, les experts se sont penchés sur les approches de renforcement de la résilience – allant des projets communautaires locaux aux plus hauts niveaux des politiques nationales. M. Akinwumi Adesina, ministre nigérian de l’Agriculture, a évoqué le programme de transformation de l’agriculture de son pays, qui vise à mettre fin à la dépendance vis-à-vis des importations de denrées alimentaires et à garantir la sécurité alimentaire sur le long terme. Plusieurs mesures de renforcement de la résilience sont déjà mises en œuvre au Nigeria : la fourniture d’intrants à prix abordable pour les agriculteurs ; la réforme des politiques en matière d’engrais et de semences ; le développement de l’accès aux services financiers ; le renforcement des capacités dans le domaine de la prévision des chocs en vue d’une meilleure gestion des risques ; la promotion de cultures résistantes à la sécheresse, la gestion améliorée de l’eau et, enfin, la mise en place de filets de sécurité sociale pour réduire la vulnérabilité, en particulier des femmes et des enfants. Un autre intervenant a parlé d’un projet de régénération des arbres mis en œuvre au Niger par des agriculteurs. Cette initiative, menée sur plusieurs millions d’hectares, a permis d’augmenter la production céréalière et d’améliorer la sécurité alimentaire. Maintenir le statu quo n’est plus envisageable pour le secteur agricole. Il importe à présent de renforcer la résilience agricole en associant principes écologiques et techniques de production améliorées. Michael Hailu Directeur du CTA Renforcer la résilience de l’agriculture © M . M ar zo t Éditorial est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par l’Accord de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. • CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int • DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Michael Hailu • COMITÉ DE RÉDACTION : Thierry Doudet, Stéphane Gambier, Anne Legroscollard, Isolina Boto, Vincent Fautrel, José Filipe Fonseca, Krishan Bheenick • MARKETING : Thérèse Burke • RÉDACTION : Directeur de la rédaction : Joshua Massarenti • Vita Società Editoriale S.p.A., Via Marco d’Agrate 43, 20139 Milan, Italie • Rédactrice en chef de la version anglaise : Susanna Thorp (WRENmedia Ltd) • Fressingfield, Eye, Suffolk, IP21 5SA, Royaume-Uni • Rédacteur en chef de la version française : Bénédicte Chatel (CommodAfrica), 12, avenue de Wagram, 75008 Paris, France • Rédacteur en chef de la version portugaise : Ana Gloria Lucas, Rua Aura Abranches 10, 1500-067 Lisbonne, Portugal • CORRESPONDANTS : ont participé à ce numéro E. Aidasso (Bénin), O. Alawode (Nigeria), M. Andriatiana (Madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), K. Bescombe (Trinité-et-Tobago), T. P. Cox (USA), O. I. Djibo (Niger), K. A. Domfeh (Ghana), W. Gibbings (Trinité-et-Tobago), A. Karumba (République Démocratique du Congo), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), O. Kiishweko (Tanzanie), J. C. Kijana (République Démocratique du Congo), M. A. Konte (Sénégal), P. Kouakou (Côte d’Ivoire), M. Mohale (Lesotho), A. Moorhead (Fidji), A. Matho (Cameroun), A. M. Nzouankeu (Cameroun), P. Sawa (Kenya), F. Tafuna’i (Samoa), A. Twahirwa (Rwanda) • AUTRES CONTRIBUTEURS : N. Brynaert, S. Federici, A Guillaume-Gentil, ISO Translation & Publishing, D. Juchault, D. Manley, F. Mantione, C. Pusceddu, Tradcatts, G. Zati, • DESIGN : Intactile DESIGN, France • MISE EN PAGE : Lai-momo, Italie • IMPRESSION : Pure Impression, France • © CTA 2013 – ISSN 1011-0054 3avril-mai 2013 | Spore 163 | “D ans les zones de savane où le coton est présent, le coton joue un rôle structurant dans les systèmes de production polycul-ture/élevage en permettant aux exploita- tions familiales d’accéder aux intrants agricoles, au conseil et au matériel agricole, et dans ces conditions constitue un moyen de soutenir le développement des cultures céréaliè- res”, indique Bachir Diop, directeur général de la Société de développement et des fibres textiles (Sodefitex). Mieux structurés, les groupements de producteurs bénéficient d’un meilleur accès au crédit pour l’achat de semences sélection- nées, comme le maïs, ou pour l’acquisition d’intrants agrico- les. La production céréalière s’en trouve sécurisée. “Il existe aussi des synergies d’une filière à l’autre. C’est ainsi que les cultures céréalières permettent aux produc- teurs de coton d’assurer leur sécurité alimentaire, et donc de mieux se consacrer à la culture de la fibre végétale”, ajoute Bachir Diop. Au Burkina Faso, les chiffres parlent d’eux- mêmes : 80 % des céréales produites le sont dans les zones cotonnières ! Cette complémentarité entre culture de rente et culture vivrière se traduit par la génération de revenus supplé- mentaires et par l’amélioration de la productivité. Mais elle demeure fragile, car la culture de rente ne s’en trouve pas moins exposée aux risques de marché – son exposition s’ac- croît même à mesure qu’elle se développe – et l’équilibre du système peut en souffrir. Ainsi, lors de la crise cotonnière du milieu des années 2000, le modèle des exploitations agricoles familiales en Afrique Zone Franc a fait l’objet de nombreuses questions. La superficie ensemencée de coton a baissé au profit des céréales mais celles-ci ont souffert d’une productivité plus faible. De même, en Papouasie-Nouvelle- Guinée, le développement du foreur de cabosses dans le cacao a porté atteinte aux revenus des petits producteurs (voir encadré). Si le débat entre culture de rente et culture vivrière a donc été ravivé à la fin des années 2000, il semble aujourd’hui dépassé. En raison de la croissance démographique des vil- les, bien entendu, Mais aussi, parce que “la sécurité alimen- taire c’est à la fois une question d’accessibilité géographi- que, qui relève de la disponibilité physique des produits, et d’accessibilité économique donc des questions de pouvoir d’achat. L’indicateur principal qui permet de la mesurer est la nutrition”, souligne Bio Goura Soulé, chercheur au Lares au Bénin. L’Afrique produit suffisamment pour se nourrir. C’est avant tout l’insuffisance des revenus qui crée l’insécu- rité alimentaire. Nouvelle donne urbaine et régionale En Afrique, le XXIème siècle verra le basculement vers une population majoritairement urbaine, à hauteur de 60 % environ en 2050, avec un rythme de croissance, des urbains de 3,4 % en moyenne par an. C’est cette population urbaine qui a été frappée de plein fouet par la hausse des prix des denrées alimentaires en 2007/2008 puis en 2010, condui- sant les gouvernements à replacer le curseur à mi-chemin entre approvisionnement unique sur le marché internatio- nal et totale autonomie, ainsi qu’à relancer les productions locales. Le phénomène n’a pas été vécu différemment dans le Pacifique et les Caraïbes. “Ce qui change à partir de 2007, c’est que les prix des produits alimentaires sur les marchés internationaux apparaissent durablement élevés et redon- nent ainsi de la compétitivité à la production alimentaire locale”, souligne Nicolas Bricas, chercheur au Cirad. Aujourd’hui, en Afrique sub-saharienne, le marché inté- rieur, urbain et rural, représente en valeur deux à trois fois Culture de rente ou vivrière Faut-il choisir ? Des agricultrices arrosent leurs micro-jardins au Sénégal. Le débat entre culture de rente et culture vivrière est ancien. Avec la hausse brutale des prix de certains produits agricoles ces dernières années, il a été ravivé en questionnant le modèle fondé sur des importations alimentaires à bas prix pour subvenir aux besoins des populations. Parallèlement, le phénomène d’acquisition de terres à grande échelle a pris de l’ampleur posant la question de la souveraineté alimentaire. À LA UNe 4 | Spore 163 | avril-mai 2013 le marché à l’exportation. “Ainsi, la dynamique de croissance du marché agricole est d’abord et avant tout tirée par le marché intérieur, et également, mais de façon secondaire, par le marché d’exportation”, indique Bricas. À une diffé- rence près, le marché à l’exportation génère des devises, le marché intérieur permet au mieux d’en économiser. En tout cas, les marchés intérieurs et régionaux deviennent attrac- tifs et rémunérateurs, y compris pour les cultures de rente comme le sucre en Afrique de l’Est et australe, par exemple. Ainsi, dans le Nord Cameroun, il est devenu plus intéressant de produire de l’igname pour les marchés urbains nigérians et sud camerounais que de produire et exporter du coton. De la sorte, dans certaines zones, les cultures vivrières ont pris le pas sur les cultures de rente. retour en force des cultures vivrières De même, des cultures vivrières sont devenues, peu à peu, des cultures de rente. Le maïs en Zambie en est un bon exem- ple : ces dernières années, la Zambie a mené une politique de soutien à la production de maïs, notamment par des achats à un prix plus élevé de la part de la Food Reserve Agency (FRA), afi n de stabiliser les prix locaux et de promouvoir la sécurité alimentaire. Avec des récoltes exceptionnelles, le maïs a été exporté dans la sous-région devenant ainsi une culture de rente, ou commerciale. Toutefois, le gouverne- ment donne la priorité à la consommation locale, détermine le montant exportable et gère les réserves à travers la FRA. Ainsi, en février dernier, le gouvernement a interdit l’expor- tation de maïs, ceci risquant de peser à la baisse sur les prix domestiques et de compromettre la sécurité alimentaire au niveau régional. Les cultures de rente ne sont pas pour autant négligées. En Jamaïque, le gouvernement veut relancer les cultures tradi- tionnelles de rente, qui ont été délaissées au profi t du poi- vre, des patates douces ou autres racines et tubercules, et ce pour répondre à la demande croissante nationale et régionale. A cette fi n, le ministère de l’Agriculture et de la pêche vient de lancer un important programme en faveur de la canne à sucre (Sugar Cane Expansion Fund, 4 milliards de dollars). Le développement du marché intérieur et régional offre aussi des opportunités pour des produits transformés, dont les fi lières doivent encore être développées dans les pays ACP. Toutefois, des défi s demeurent. “Il y a une quarantaine d’années, un rural devait nour- rir un quart d’urbain, aujourd’hui c’est plus d’un urbain, cela impose une productivité céréalière plus importante”, observe Bachir Diop. Et cela passe par la modernisation des exploitations familiales, par l’encadrement paysan, la formation, l’accès aux intrants, la mobilisation de la recherche… Une moder- nisation qui peut s’inscrire dans une com- plémentarité positive entre culture de rente et culture vivrière notamment dans le cadre d’une agriculture contractuelle. Mais aussi par le développement des échanges entre zones de production et zones de consom- mation des produits alimentaires au niveau régional. Des échanges gagnant-gagnant à condition que les politiques suivent. Cultures vivrières et cultures commerciales en Afrique occidentale : la fi n d’un dualisme ? http://tinyurl.com/d8yb6t3 ACIAR Centre australien pour la recherche agricole internationale http://aciar.gov.au/ CSAO/OCDE Nouveaux contextes et enjeux de la sécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’ouest http://tinyurl.com/cct7ds2 Land Matrix Site Internet qui recense les transactions foncières http://landportal.info/landmatrix NGIP-AGMARK http://www.agmark.com.pg/ PROPARCO Forces et faiblesses des fi lières agro-alimentaires en Afrique http://tinyurl.com/bs9jfps GRAIN DE SEL Les marchés céréaliers en Afrique de l’Ouest : un paysage en recomposition http://tinyurl.com/cxghf29 Pour aller plus l oin © F AO /A . Ca ss et PNG : Le cacao en culture intercalaire Principale source de revenu pour 23 000 ménages de la province de la Nouvelle-Bretagne orientale, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, soit environ 70 % de la population, la culture du cacao est menacée par la maladie du foreur de cabosses. Apparue en 2006, la maladie a amputé la production de 60 %. Outre les pertes de recettes d’exportation pour le pays, les familles d’agriculteurs et les communautés ont été aff ectées, et beaucoup ont dû revenir à une agri- culture de subsistance pour se nourrir. Le principal exportateur de cacao du pays, NGIP-AGMARK, et le Centre australien pour la recherche agricole inter- nationale (ACIAR), ont mis en place un nouveau système qui consiste à replanter des variétés plus rigoureuses de cacao, à hauteur de 10 % par an, en les intercalant avec des cultures vivrières, comme le manioc et la patate douce. Démarrant, le système a le potentiel d’augmenter à la fois les revenus des petits producteurs et la sécurité alimentaire dans une province où la pression foncière est forte. Il sera accompagné par la recherche sur les besoins en élé- ments nutritifs pour les cultures intercalaires. À LA UNe 5avril-mai 2013 | Spore 163 | CYClone Replanter aux Samoa Les agriculteurs samoans sont incités à sauver des plants des cultures endommagées par le cyclone Evan, qui a dévasté les exploitations en décembre 2012. Tandis que le Premier Ministre Tuilaepa Sailele a mis en garde contre les risques de pénurie alimentaire, l’organisation Women in Business a conseillé les agriculteurs sur les techniques de bouturage des branches de certains végétaux, comme l’arbre à pain ou les citrus, pour générer de nouvelles racines. “Pour l’arbre à pain, il faut couper six pieds au-dessus des racines au niveau où les branches partent”, explique Pule Toleafoa, agent technique. “Les cacaoyers, orangers, limettiers et citronniers peuvent être coupés deux pieds ou plus au-dessus de la racine et il suffi t de planter ces branches dans le sol”, ajoute-t-elle. riZ Le Rwanda développe ses rizeries locales Le gouvernement rwandais mène une politique d’amélioration de l’usinage du riz produit localement afi n d’en augmenter la qualité et de parvenir à concurrencer le riz importé. À partir de 2013, les rizeries devront être équipées avec du matériel plus sophistiqué, notamment des décortiqueuses, des séparateurs de paddy, des épierreuses, des polisseuses et des calibreuses. Les distributeurs en gros devront s’enregistrer et ne pourront acheter du riz qu’auprès des rizeries locales accréditées par le gouvernement. La culture du riz au Rwanda a quadruplé ces dix dernières années et est devenue une des principales cultures vivrières, mais les magasins importants du pays ont vendu essentiellement du riz importé à cause de la faible qualité de la production locale. teChnoloGieS L’imagerie numérique au service des bananiers Une étude publiée dans la revue scientifi - ■ que PloS ONE a montré que la photographie numérique est un outil utile pour détecter rapi- dement les attaques parasitaires sur les bana- niers et bananiers plantains en permettant d’évaluer leur surface foliaire. L’expérience a été menée sur le terrain en Ouganda sur deux cultures de banane dont les racines sont parti- culièrement vulnérables aux nématodes. “Nous supposons que si les racines sont endommagées et les feuilles en bonne santé, les rendements peuvent être instables, mais cette technologie nous permet de mieux com- prendre ce phénomène”, indique Andrew Kiggundu, chercheur à l’institut de recherche agricole NARL. Une approche qui pourrait être pertinente pour d’autres plantes hautes dont la croissance subit des stresses biotiques ou abiotiques. Toutefois, les restrictions sur les modes de plantation sont susceptibles de limiter son utilisation en Afrique. Et ajoute, Andrew Kiggundu, cette méthode est pour l’instant uniquement utilisée dans les stations de recherche car elle serait trop coûteuse pour les producteurs. lÉGumineuSeS Rhizobium salutaire Depuis deux ans, près de 3 000 ménages ■ de Kabare et Walungu de la province du Sud- Kivu, dans l’est de la République démocrati- que du Congo (RDC), améliorent la produc- tivité de leurs légumineuses, en particulier le soja, en utilisant les bactéries du sol issues de la famille des Rhizobiaceae (rhizobium), pour augmenter la fi xation de l’azote. Les rendements du soja sont ainsi passés de 40 gousses récoltées sur un plan non inoculé à 120 gousses sur celui inoculé, générant des revenus supplémentaires pour les bénéfi ciai- res du projet. Le projet N2Africa (fi xation biologique d’azote en Afrique), une initiative de l’Uni- versité de Wageningen, est mis en œuvre par l’ONG Sarcaf et couvre huit pays : la RDC, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda et le Zimbabwe. maladie Cacao menacé dans les Caraïbes le Belize et le venezuela luttent pour endiguer la moniliose des cabosses (Moniliophthora roreri) qui aff ecte leurs cacaoyers, mais c’est l’ensemble des Caraïbes qui est menacé. les agences régionales surveillent la propagation de la maladie et à trinité et tobago – siège de la banque internationale de gènes du cacao – des conseillers agricoles sont formés dans le cadre d’un programme de surveillance renforcée. innovation Le séchoir anti-intempéries le four djilemo, du nom de son inventeur, louis djilemo, un ingénieur agronome camerounais, permet aux producteurs de fruits, légumes et tubercules, d’accroître la durée de conservation de leurs récoltes en les séchant malgré les intempéries. une vanne permet de réguler l’entrée d’air frais. déshydraté par la chaleur produite dans la chambre de combustion, c’est cet air qui séchera les denrées agricoles étalées dans la chambre d’exposition. une cheminée évacue la fumée qui n’est ainsi pas en contact avec les produits traités. © B io di ve rs it y In te rn at io na l/ A. V ez in a La photographie numérique favorise la détection précoce de nuisibles sur les bananes en Ouganda. © A . Th om so n/ Ox fa m © A fr ic aR ic e ACtUALitÉs 6 | Spore 163 | avril-mai 2013 herBeS FourraGèreS Renaissance de l’agro-pastoralisme Depuis 2006, l’agro-pastoralisme connait ■ un renouveau à Djibouti. L’augmentation de la salinité des nappes phréatiques et les lon- gues sécheresses liées au changement clima- tique, ont affecté la production de fruits et légumes. Pour s’adapter, les agriculteurs ont commencé à cultiver des espèces résistan- tes à la salinité pour servir de fourrage aux animaux : herbe de Guinée et Brachiaria, Leucaena et légumineuses. Ce système agro- pastoral a réduit l’abandon des terres, pra- tique commune chez les nomades, et des agriculteurs se sont lancés dans l’élevage de petits cheptels productifs. Des races exotiques, p.ex. la Holstein- Frisonne, sont croisées avec le zébu ; les bêtes ainsi croisées peuvent produire huit à neuf litres de lait par jour durant les mois chauds (juin-septembre) et dix litres pendant les mois plus frais (novembre-mai). Depuis, les reve- nus des agriculteurs ont augmenté de 20 % par rapport au temps où ils ne cultivaient que des fruits et des légumes. Taher Issa, prési- dent de l’Association des agro-pastoralistes de Djibouti, explique que la demande en viande et en lait est élevée car le pays ne produit que 5 % des besoins, le reste étant importé. Les agriculteurs gagnent environ 1,10 € par litre de lait et 6,40 € par kilo de viande. SÉCuritÉ alimentaire Capacités renforcées Lancée fi n 2008 par l’Union européenne, ■ la Facilité alimentaire a durablement contri- bué à améliorer la situation de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest en renfor- çant les capacités des organisations paysan- nes et des semenciers. En Côte d’Ivoire, les conditions de 3 418 bénéfi ciaires directs ont été améliorées par la production d’environ 1 000 tonnes de semences certifi ées de riz. Au Bénin, près de 5 000 vitroplants sains de manioc ont été produits et conservés dans le laboratoire de génétique et des biotechnolo- gies de l’Université d’Abomey-Calavi, grâce à une synergie entre la recherche et les insti- tuts de biotechnologie. Des vitroplants, qui permettent un gain de rendement de 60 % et dont ont pu bénéfi cier 200 000 familles rurales. À son tour, le Ghana a obtenu des résultats concluants dans la multiplication de semenceaux d’igname avec la technique des mini-fragments ou Minisett, technique écono- misant les intrants et offrant de meilleurs ren- dements. Environ 530 producteurs d’ignames ont été formés et ont adopté cette technique. Enfi n au Sénégal, la création de coopératives de producteurs a contribué à reconstituer les stocks de semences certifi és d’arachide. CaCaoYer Un greff age précoce plus besoin d’attendre six mois après les semis pour greff er les plants de cacaoyers. au Cameroun, une technique mise au point par l’institut de recherche agricole pour le développement (irad), permet le greff age des plants de trois semaines. on utilise un greff on de diamètre égal à celui du plant, gainé d’un tuyau de plastique au point de greff age. les plants greff és sont introduits dans des bacs de sciure humide, mis à l’ombre et arrosés régulièrement. BaS-FondS Aménagements réussis recueillir des informations sur la topographie et la pédologie des bas-fonds auprès des paysans pour accélérer les aménagements rizicoles a été expérimenté avec succès au Bénin. en trois mois, les producteurs de la région d’ouinhi ont aménagé 12 hectares de bas-fonds en riz avec un rendement compris entre 4 et 4,5 tonnes à l’hectare contre 2 tonnes habituellement. iGname Protéger les forêts à Madagascar Pour lutter contre l’insécurité alimentaire et réduire la dégradation des forêts, des communautés rurales à Madagascar sont encouragées à cultiver l’igname plutôt que de le récolter dans la nature. Depuis la chute des prix du café sur le marché international dans les années 1990, l’igname des forêts est devenu une source alimentaire vitale pour les communautés appauvries du corridor forestier du district d’Ikongo. Mais les récoltes non réglementées et le déboisement ont menacé de disparition dix espèces d’igname sauvage et mis en danger la biodiversité. Début 2010, le ministère de l’Environnement et des Forêts a aidé plus de 1 000 agriculteurs à cultiver l’igname, et entre 2011 et 2012, leurs rendements ont plus que doublé. ContrÔle deS ravaGeurS Lutte contre les escargots : résultats mitigés Dans les Caraïbes, les résultats de la lutte contre une espèce invasive de ravageurs, les escargots africains géants, apparaissent mitigés, certains Etats ayant déjà dépensé des dizaines de millions de dollars en mesures de contrôle. À Trinité et Tobago, une vaste campagne de sensibilisation du public a permis de limiter l’invasion à une petite région du nord-ouest de Trinité ; un numéro d’appel disponible 24h/24 a été mis en place pour signaler la présence d’escargots. Apparemment moins effi cace, la Barbade utilise un système de prime basé sur le poids des escargots capturés, une stratégie critiquée pour son coût élevé et sa tendance à perpétuer le problème. © J. T an n À Djibouti, les agriculteurs se sont mis à la culture du leucaena pour l’alimentation des animaux. © O la ol uw a/ IIT A Des hommes disposent des ignames sur le marché de gros à Accra, au Ghana. © C AB I © S . E. C am er on AgriCULtUre 7avril-mai 2013 | Spore 163 | aQuaCulture Le boum des viviers mobiles au Nigeria Au Nigeria, l’élevage de poissons à moindre coût connaît un succès grandissant. Selon la Fisheries Society, avec les viviers mobiles, la production de poissons d’élevage a augmenté et représente environ 40 % de la consommation totale de poisson. En plastique ou en caoutchouc, et repliable quand on ne l’utilise pas, le vivier mobile a résolu le problème de l’acquisition de terre pour créer une exploitation piscicole, en permettant même aux locataires d’appartements d’établir un élevage commercial dans leur cour. Avec un coût d’installation beaucoup moins élevé que les viviers fixes, les viviers mobiles peuvent être amortis plus rapidement et leurs exploitants en tirer des bénéfices dès la première saison, sans aide publique. BÉtail Des peaux et des os qui rapportent Au Somaliland, région semi-autonome ■ de Somalie, un projet pilote visant à valoriser les déchets d’abattoir a permis une augmentation de 30 à 60 % de la valeur des bêtes ainsi qu’une réduction de la pollution de l’environnement. Financé par le ministère britannique du Développement international et géré localement par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce projet a formé plus de 100 apprentis à la fabrication de colliers, bracelets, perles et peignes au départ de déchets osseux. Des jeunes femmes ont également appris à réaliser des pains de savon avec la moelle et de la soude caustique. Selon le Dr Abdi Aw Dahir Ali, ministre régional de l’Elevage, de tels projets vont aider les gens à sortir du cercle de la pauvreté dans ce pays qui manque d’industries nationales pour la production de biens de première nécessité comme le savon. Dans sa prochaine étape, explique Luca Alinovi de la FAO-Somalie, le projet introduira le séchage et le tannage du cuir ainsi que la production de biogaz et de fumier. Les déchets de chameaux, bovins et moutons sont de plus en plus recherchés, le chameau constituant la majeure partie de la matière première en raison de la forte demande internationale pour sa viande. SantÉ Fièvre enzootique enrayée Le Sénégal et la Mauritanie sont sur la ■ bonne voie pour vaincre la fièvre de la val- lée du Rift connue également sous le nom d’hépatite enzootique du mouton. Des tra- vaux d’expérimentation d’un nouveau vaccin appelé Clone 13 ont été réalisés par l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) en station et en milieu réel dans la vallée du fleuve Sénégal chez les petits ruminants. Les résultats se sont révélés concluants pour la protection des animaux. Le directeur scien- tifique de l’ISRA, Alioune Fall, a estimé que la domestication de l’animal et sa proximité avec l’homme font que la lutte contre cette zoonose virale touchant principalement le bétail doit s’accentuer pour éviter toute contagion, l’homme pouvant être une victime potentielle de l’infection. liCenCeS Mauvaise pêche depuis le 1er janvier 2013, ali Bongo, le président du Gabon, a temporairement suspendu la délivrance des licences et des autorisations de pêche. une décision prise à la suite de deux principaux constats : le poisson a disparu des eaux du Gabon, même les plus petits poissons sont capturés. dans le même temps, un programme dénommé “Gabon bleu” a été lancé pour réorganiser le secteur halieutique. FourraGe Joindre les deux bouts Face aux pénuries d’aliments pour bétail durant la saison sèche, des chercheurs en Afrique de l’Est étudient les possibilités d’utiliser la patate douce comme aliment alternatif : elle supporte les climats rudes avec un minimum d’intrants, et ses fanes et racines offrent proportionnellement plus de protéines et de matière sèche que les aliments traditionnels. Des essais menés au Kenya et au Rwanda - par l’Institut international de recherche sur l’élevage, le Centre international de la pomme de terre et d’autres partenaires – testent un ensilage bon marché en réalisant divers mélanges à base de fanes, de racines et d’autres aliments. Selon les chercheurs kenyans, quatre kilos de fanes peuvent remplacer un kilo d’aliment concentré. vaCCin Bétail protégé un vaccin contre la fièvre de la côte orientale, qui tue chaque année plus d’un million de têtes de bétail en afrique australe, centrale et de l’est, a été développé conjointement par l’institut de recherche agricole du Kenya, l’institut international de recherche sur l’élevage et d’autres partenaires. Ce vaccin pourrait faire économiser à la région 1,5 millions € par an en pertes d’animaux. © O . Al aw od e © F AO /W . Ga rt un g © IS RA /L N ER V Même une fois morts, les chameaux somaliens sont une source de revenus pour les habitants. Vaccination d’une chèvre avec le Clone 13. © N . Pa lm er /C IA T ÉLevAge et PêChe 8 | Spore 163 | avril-mai 2013 planteS rentaBleS Une liane riche en revenus Des villageois du centre du Cameroun ont augmenté jusqu’à six fois leurs revenus grâce à la vente d’une liane riche en protéine. Communément appelé Okok ou Eru, le Gnetum, menacé par une récolte sauvage excessive, a fait l’objet d’un programme décennal de domestication mené par le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) et l’Institut camerounais de recherche agricole pour le développement. Selon le CIFOR, le commerce annuel de cette liane représente plus de 12 millions de dollars US (9 millions d’euros) ce qui en fait le troisième produit forestier non ligneux le plus rentable après le poisson et le bois combustible. Récoltes et ventes collectives ont permis d’augmenter les revenus des villageois. FoYer ÉColoGiQue Résidus agricoles bénéfiques En Tanzanie, Bjarne Laustsen offre une ■ source d’énergie propre, abordable et anti- déforestation, grâce au développement d’une presse à granules utilisant les rési- dus agricoles (tiges et épis de maïs, écorces de riz et de café, coques de noix de cajou, paille de blé et d’orge, tiges de cotonnier et de sésame, feuilles et bagasse de canne à sucre). Le kilo de granules se vend à 350TZS (0,15 €), environ la moitié du prix du charbon. Laustsen a aussi développé un foyer, le Jiko Bomba (‘le meilleur foyer’ en Swahili) adapté aux granules et vendu pour 20 000TZS (9 €). “Ce foyer ne produit pas de fumée à l’allumage ni en cours d’utili- sation, contrairement au bois à brûler qui dégage constamment de la fumée”, explique Magdalena Ayo, une habitante d’Arusha. “Vu les quantités énormes de biomasse agricole détruites chaque année quand les agriculteurs préparent les terres pour les plantations, cette nouvelle technologie pro- fitera à un grand nombre de personnes en Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique”, estime Agripina Kiwalae Mboya qui avait l’habitude de chercher du bois dans la forêt locale. “Nous devons penser aux générations futures car si nous ne traitons pas ce pro- blème maintenant, nous ne leur laisserons pas un bon climat”, ajoute Ayo. ÉduCation Rentrée des classes Afin de sensibiliser les citoyens aux tech- ■ niques d’agriculture durable dès l’école, le programme d’enseignement supérieur au Zimbabwe inclura prochainement un pro- jet pilote sur l’agriculture de conservation. Suite au protocole d’accord conclu entre le ministère de l’Education, du Sport et de la Culture, et une organisation confessionnelle de formation, Foundations for Farming, plu- sieurs écoles tant rurales qu’urbaines ont été sélectionnées pour le lancement de la phase pilote programmé en 2013. L’agriculture de conservation a été dévelop- pée par l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-ari- des dans son centre du Zimbabwe. Ses prin- cipes sont : la gestion des cultures avec un minimum de perturbation des sols, l’utilisa- tion de paillis pour couvrir les sols et le cycle de rotation avec des légumineuses. Grâce à cette technique, plus de 100 000 agriculteurs au Zimbabwe parviennent à nourrir leurs familles et même à produire des surplus de maïs qu’ils peuvent vendre. Selon le ministre de l’Education, David Coltart, intégrer l’agri- culture de conservation dans le programme permettra de valoriser la production alimen- taire au niveau scolaire et d’inciter les jeunes à se tourner vers l’agriculture. SolS tournesol mexicain miraculeux longtemps considéré comme une mauvaise herbe, le tournesol mexicain (Tithonia diversifolia) est utilisé par les agriculteurs kenyans pour régénérer les sols appauvris, grâce à un flux de biomasse élevé et 80 % de phosphore en plus que les légumineuses. les agents de vulgarisation kenyans encouragent les agriculteurs à recourir à ce procédé dont des études montrent qu’il pourrait augmenter les revenus agricoles jusqu’à 300 € par hectare. ÉnerGie Le temps du succès pour le biogaz Actif au Burkina Faso, en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, l’Africa Biogas Partnership Programme (ABPP) a pour objectif d’installer des digesteurs de biogaz (voir photo) dans 70 000 foyers d’ici fin 2013. Les précédents projets biogaz, notamment au Kenya, ont été souvent des échecs, en raison de défaillances dans la conception, l’entretien et l’utilisation. Afin de réduire le taux d’échec, l’ABPP offre aux utilisateurs, pendant la première année de l’installation, l’entretien gratuit et une formation par des techniciens spécialisés. Les agriculteurs qui possèdent deux vaches et un approvisionnement en eau fiable peuvent s’inscrire au programme et obtenir jusqu’à 50 % de subventions pour financer l’installation. Parcelle de démonstration pour l’agriculture de conservation. © B . Ba fa na © O . Gi ra rd /C IF OR © J. K ar ug a eNviroNNeMeNt adaptation Les agriculteurs défient la sécheresse les petits agriculteurs d’afrique de l’est ont de plus en plus recours à des variétés de cultures à maturation précoce et résistantes à la sécheresse pour faire face au changement climatique. et 50 % d’entre eux plantent des arbres pour lutter contre l’érosion, selon une enquête menée auprès de 700 ménages de la région dans le cadre du programme de recherche du GCrai sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le Jiko Bomba peut brûler des pellets issus de résidus agricoles. © T ec hn ol og ie s fo r Re ne w ab le a nd E ffi ci en t En er gy 9avril-mai 2013 | Spore 163 | manioC Rendements à la hausse Tant au Cameroun qu’au Nigeria de nouvelles variétés de manioc off rant un meilleur rendement, un cycle végétatif plus court et une plus grande résistance aux maladies sont vulgarisées. Au Cameroun, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) diff use cinq variétés – Abeng-Ngon, Nko’h Menzui, Mbong wa tobo, Ayeng ye-sahti et Abui-Kpwem – qui ont été testées pendant 10 ans. Au Nigeria sont vulgarisées les variétés UMUCASS 42 et UMUCASS 43. Elles permettent de multiplier par cinq les rendements qui se situent entre 49 et 53 tonnes par an tandis que les anciennes variétés se situaient à moins de 10 tonnes. variÉtÉS Haricots productifs Depuis deux campagnes agricoles, le Programme de recherches sur le haricot commun teste avec succès sept nouvelles variétés de haricot au Cameroun (Mex-142, Mac-33, Eca pan 021, TY 3396-12, Mac-55, Nitu, Kj4/3). Ces variétés se révèlent plus productives – entre 1,5 à 2 tonnes à l’hectare contre 800 kilos pour les anciennes variétés – et plus résistantes aux maladies, selon Laurent Nounamo, le coordonnateur du programme. De son côté, en Ouganda, le National Crop Resources Institute (NaCCRi) a, depuis 2010, aussi mis au point deux nouvelles variétés de haricot, Nabe 15 et Nabe 16, produites à travers un processus participatif des paysans dans la sélection des variétés. Elles sont plus résistantes aux maladies, mûrissent en 60 jours et ne sont pas exigeantes en eau. SantÉ Manioc bénéfi que La ‘Wetting Method’ développée par le docteur James Bradbur de l’Université nationale d’Australie, est une méthode de traitement du manioc amer permettant d’évacuer dans l’air le cyanure et de prévenir ainsi la maladie de Konzo. Elle consiste à mouiller la farine de manioc amer, puis à l’exposer au soleil pendant deux heures avant de préparer la pâte. SYStèmeS paStorauX Aires de pâturage pour la paix “Grâce aux réalisations du projet, agricul- ■ teurs et éleveurs vivent en paix dans cette région du Niger où les confl its entre les deux communautés surgissent dès les premières pluies”, témoigne Hassane Baka, coordonna- teur régional de l’Association pour la redy- namisation de l’élevage au Niger (AREN). Dans 55 communes et six départements de la région de Zinder, dans le sud du Niger, un projet de sécurisation des systèmes pastoraux – fi nancé par l’Agence française de développe- ment (AFD) à hauteur de 4 milliards de FCFA (6 millions d’euros) – a été mis en place afi n de limiter les confl its entre les éleveurs trans- humants et les agriculteurs. Dans une région où les sources de confl its liés à l’accès à l’eau et aux parcours de trans- humance sont récurrentes, le projet de sécu- risation des systèmes pastoraux (PSSP) a solutionné le problème par la construction de 102 puits pastoraux sur le parcours de trans- humance et la mise en place d’aires de pâtu- rage balisées sur près de 1 700 kilomètres. “Il n’y a plus les bagarres fréquentes autour des points d’eau ou à cause de la pénétration des animaux dans nos champs de cultures”, indi- que Harouna Samaïla, un paysan de Tanout, commune bénéfi ciaire du projet. ChanGement ClimatiQue Ruée sur le riz pluvial Le riz pluvial cultivé à Madagascar devrait ■ bénéfi cier des effets du réchauffement clima- tique. C’est le résultat surprenant qu’obtient une équipe de chercheurs du Centre de coo- pération internationale en recherche agrono- mique pour le développement (CIRAD) et de l’Institut de recherche malgache Fofi fa après avoir simulé, sur un siècle, la production de riz en fonction de l’ampleur d’un réchauffe- ment climatique dans les Hautes-Terres mal- gaches. Dans cette région froide où la tempé- rature moyenne varie entre 12 et 18°c, le riz pluvial est cultivé à la limite inférieure de sa tolérance à la température. L’augmentation des températures accélère la maturation des grains de sorte que la demande en nutriments de la plante est mieux ajustée à la disponibi- lité de ces éléments dans le sol, conduisant à une nette augmentation du rendement. La productivité devait passer de 5,2T/ha à 5,8T/ ha dans le scénario où la température aug- mente de 0,5°C par décennie. La variété uti- lisée est Népalaise, Tsipolatra ou Chromrong Dan, adoptée par 80 % des paysans. Eric Scopel, chercheur du CIRAD, souligne que “l’engouement des paysans des hautes terres au riz pluvial est remarquable ces dernières années. Il n’y a pas que le riz pluvial qui en bénéfi cie, la céréale – et notamment le maïs – en profi te également.” porCS Appétit rentable Selon le Sugarcane Feed Centre à trinité, le taux de croissance des porcs reste le même si l’on remplace dans leur ration le maïs importé par du sorgho. le Centre a étudié l’acceptation et l’appétence des animaux, le ratio de conversion des aliments et le gain de poids moyen par jour, en utilisant une variété de sorgho non indigène. du sorgho cultivé localement permettrait de réduire signifi cativement les coûts de production et des aliments. © C OL EA CP P IP /C . Sa un de rs © II TA © A . Ba rr e/ Ka rk ar a PS SP Z in de r © M . An dr ia ti an a Rizières des Hautes Terres à Madagascar. Dialogues communautaires pour préserver les systèmes pastoraux dans la région de Zinder, Niger. reCherChe 10 | Spore 163 | avril-mai 2013 produitS laitierS Fromage de chamelle profitable Pour améliorer les revenus des petits propriétaires de chameaux au Kenya et en Somalie, Chr. Hansen (société internationale de biotechnologie) et Oleleshwa Enterprises Ltd. (Kenya) ont lancé un projet de diffusion de techniques de production de fromage de chamelle. “La différence de composition entre les laits de chamelle et de vache fait que les coagulants traditionnels ne permettent pas de faire cailler efficacement le lait de chamelle pour faire du fromage”, explique Rolando Saltini (Chr. Hansen). Le procédé enzymatique breveté et développé par Chr. Hansen permet de transformer le lait de chamelle en fromage avec un caillé plus ferme et un rendement plus élevé. Les propriétaires de chameaux en Afrique et au Moyen Orient bénéficieront de meilleures recettes de fromage de chamelle. tranSFormation Améliorer les rendements de l’holothurie L’holothurie (concombre de mer) est un mets fin pour les Chinois qui s’approvisionnent de plus en plus dans les îles du Pacifique. Mais par manque de connaissance et de compétence pour bien traiter ce produit, les insulaires ne tirent que peu de profit de leur travail. L’holothurie doit être transformée dès sa capture, les méthodes variant selon les espèces. En raison de la faible qualité du traitement, les négociants offrent le prix minimum. Pour changer la donne, un nouveau projet va débuter dans les îles Fidji, Kiribati et Tonga, suite à une étude préliminaire récemment finalisée, avec pour objectif de rechercher les méthodes de transformation appropriées à l’échelle des villages et de promouvoir savoir et compétences en la matière. entreprenariat Professionnalisation de filières agricoles Le mode de production agricole des pay- ■ sans malgaches demeure rudimentaire, l’agri- culture est encore limitée à la consommation familiale. Une professionnalisation des filiè- res agricoles s’est engagée depuis 2007 avec la mise en œuvre du Programme de soutien aux entreprises rurales (PROSPERER). Créé à l’initiative du ministère de l’Agriculture et du Fonds international de développement agri- cole (FIDA), ce programme a donné des résul- tats positifs. Les paysans ont vu leurs revenus s’améliorer, plus de 12 000 micro entreprises ont été accompagnées, ainsi que de nombreu- ses organisations paysannes formées et une soixantaine de contrats commerciaux conclus portant sur 1 000 petites entreprises. “Je suis passé de 10 ruches traditionnelles à 50 ruches modernes. Aujourd’hui, j’ai ma place sur le marché avec chaque mois, 500 litres de miel”, se réjouit Raboribory un apiculteur. Outre l’agrobusiness, PROSPERER promeut aussi l’artisanat, appuie les entreprises rura- les au développement des chaînes de valeurs et renforce les compétences techniques, entrepreneuriales et commerciales. SemenCeS Le Lesotho encourage la production Au Lesotho, le Service de production des ■ semences du ministère de la Recherche agri- cole a formé 66 producteurs de semences de maïs et de haricot pour les aider à monter des entreprises compétitives. Les agriculteurs du pays produisent un peu plus de 50 tonnes de semences de maïs et 10 tonnes de semences de haricot, des quantités qui selon le Service des semences sont de loin inférieures aux besoins nationaux. La formation, qui vise à réduire la dépendance du pays aux importations de semences, a été dispensée dans le cadre du Seed and Marketing Project, financé par la Direction suisse du développement à hauteur de 3,2 millions $ US (2,4 millions €). Esaiah Tjelele, directeur de la recherche du Service des semences, explique que depuis 2000, la recherche sur les variétés de semen- ces de maïs et de haricot a permis de déter- miner celles les mieux adaptées au Lesotho. Les agriculteurs ont reçu un soutien techni- que afin de produire, classer, traiter, emballer et conserver des semences de qualité pour les proposer sur les marchés les plus rémunéra- teurs. Les stagiaires sont également encoura- gés à développer un sens solide des affaires pour être compétitifs. Ce projet se développe aussi au Swaziland et au Zimbabwe. CaCao services d’épargne et de prêt efficaces au Ghana, grâce à un projet de financement agricole offrant des services d’épargne et de prêt, les producteurs de cacao ont augmenté jusqu’à 160 % le rendement des cultures et leurs revenus. depuis 2009, plus d’un million de personnes, dans 33 districts, ont déposé de l’argent et emprunté via ce système géré par opportunity international en partenariat avec la Fondation masterCard. donnÉeS numeriQueS informations accessibles l’office national de développement des exportations agricoles du rwanda a lancé eSoko, une banque de données numériques sur les procédures d’export de produits agricoles. via téléphone mobile, eSoko offre une information actualisée sur les conditions d’export de marchandises spécifiques, et permet ainsi aux agriculteurs de trouver de nouvelles opportunités de pénétrer les marchés régionaux et internationaux. Ces six pages ont été réalisées avec la contribution de : E. Aidasso (Bénin), O. Alawode (nigeria), M. Andriatiana (madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), K. Bescombe (trinité-et-tobago), O. I. Djibo (niger), K. A. Domfeh (Ghana), W. Gibbings (trinité-et-tobago), A. Karumba (république démocratique du Congo), G. Kamadi (Kenya), J. Karuga (Kenya), O. Kiishweko (tanzanie), J. C. Kijana (république démocratique du Congo), M. A. Konte (Sénégal), P. Kouakou (Côte d’ivoire), M. Mohale (lesotho), A. Moorhead (Fidji), A. Motsou (Cameroun), A. M. Nzouankeu (Cameroun), P. Sawa (Kenya), F. Tafuna’i (Samoa), A. Twahirwa (rwanda) © C h r. H an se n © M . An dr ia ti an a Petite entreprise de Madagascar ayant bénéficié d’une formation et d’accords commerciaux. © S. Jupiter/Marine Photobank eNtrePrise et CoMMerCe 11avril-mai 2013 | Spore 163 | Quels sont les nouveaux mécanismes de financement du développement les mieux adaptés pour un pays tel que le Rwanda ? Je ne pense pas nécessairement qu’un méca- nisme de financement convienne mieux qu’un autre. Cependant, nous considérons que le financement de la chaîne de valeur est capi- tal au Rwanda. Notre stratégie de dévelop- pement “Vision 2020” repose essentiellement sur l’agriculture. Ce secteur est en effet crucial pour réduire la pauvreté dans le pays, d’autant plus que la majorité de notre population en dépend pour sa substistance et ses revenus. Dans le cadre de cette stratégie de dévelop- pement, nous avons l’intention de mettre en œuvre des approches modernes et innovantes de l’agriculture. En matière de financement, le gouvernement a eu recours à la Banque cen- trale pour mettre en place un système de prêts à long terme aux banques commerciales qui prêtent au secteur agricole. Par exemple, nous avons récemment lancé le Fonds de dévelop- pement des entreprises (BDF) qui accorde, entre autres, des prêts aux jeunes et aux fem- mes impliqués dans la chaîne de valeur agri- cole. Tant que la personne répond aux critères, le BDF garantit le prêt. Quels autres mécanismes de financement sont mis en place au Rwanda ? Plusieurs banques rwandaises ont mis en œuvre différents modèles pour financer l’agriculture. Mais aujourd’hui, elles propo- sent de nouvelles approches, adaptées au caractère saisonnier de l’agriculture, ainsi qu’à la durée de la période requise pour pro- duire une récolte. Le système de « récépissés d’entrepôt », par exemple, implique que les banques acceptent d’attendre qu’un agricul- teur ait vendu sa récolte avant de commencer le remboursement de son emprunt. Ce sys- tème des récépissés d’entrepôt est désormais courant pour les récoltes de produits de base comme le maïs et le café. Ces mécanismes innovants ont largement contribué à favori- ser les investissements au Rwanda. Le Rwanda possède déjà un marché bour- sier et obligataire reconnu. Prochainement nous disposerons aussi de notre propre bourse de matières premières, la Bourse d’Afrique de l’Est, où les exploitants pourront échanger leurs produits agricoles, tels que le café, le thé et le maïs, à un bon prix,. Située au Rwanda, la bourse couvrira l’ensemble de la commu- nauté d’Afrique de l’Est, y compris l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie. Aujourd’hui, la Banque centrale du Rwanda et le marché des capitaux travaillent de concert à la création de cette bourse des matières premières, qui devra être opérationnelle d’ici fin juin 2013. Faut-il souhaiter que ces mécanismes innovants se concentrent sur la réduction des risques pour rendre les chaînes de valeur agricoles et alimentaires plus intéressantes aux yeux des investisseurs afin d’améliorer la productivité de l’agriculture ? Ce qui sera utile dans la mise en œuvre de tels mécanismes est la garantie connue sous le nom de « micro-assurance ». Au Rwanda, ainsi que dans d’autres pays africains, cette appro- che est un moyen très précieux, permettant au système bancaire d’obtenir une assurance sup- plémentaire contre les événements et les ris- ques imprévus. Bien entendu, chaque institu- tion financière poursuit ses propres objectifs. Certaines, telles que les institutions de micro- finance, agissent plutôt sur la réduction de la pauvreté, tandis que d’autres, telles que les banques commerciales, se concentrent sur la chaîne de valeur. Les pays africains devraient savoir désormais que, dans la chaîne de valeur, on ne peut pas se limiter à favoriser la trans- formation sans faire attention aux producteurs de matières premières. Certaines industries de transformation de produits alimentaires, par exemple, aident les exploitants en proposant des semences, une formation et d’autres ser- vices. De cette manière, elles veillent à ce que les agriculteurs puissent approvisionner l’in- dustrie, générer un revenu et, en même temps, nourrir leurs familles. La chaîne de valeur est donc vraiment intéressante, surtout pour les investisseurs dans ce domaine particulier. À quel niveau le secteur privé est-il engagé dans les discussions concernant l’avenir des nouveaux mécanismes de financement après 2015 ? Nous essayons de voir comment nous pou- vons utiliser notre marché des capitaux pour mobiliser des investissements à long terme. Nous ne voulons pas seulement nous adresser aux banques pour négocier des prêts, mais aussi réfléchir aux pistes permettant de col- lecter des fonds auprès de tous ceux qui sou- haitent investir en tant qu’actionnaires. Après 2015, nous pensons que le secteur privé aura davantage recours au marché des capitaux, mais qu’il aidera aussi à drainer d’autres ressources nationales et étrangères. Pour le reste, le Rwanda est en bonne voie pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Nous sommes en avance par rapport à beaucoup de pays africains et nous avons actuellement un calendrier de déve- loppement plus ambitieux au-delà de 2015 pour créer un climat d’investissement favo- rable au développement du secteur privé. Nous croyons qu’à partir de 2015, le Rwanda aura considérablement avancé dans sa mise en œuvre de méthodes agricoles modernes et que le financement de l’agriculture ne sera plus considéré comme une défi. Les nouveaux mécanismes de financement – qui peuvent paraître déroutants aujourd’hui – seront alors pleinement compris par les agriculteurs, qui arriveront certainement à les maîtriser et à en tirer profit. Claver Gatete Favoriser la croissance par l’innovation financière Claver Gatete, ministre rwandais des Finances et de la Planification économique, est spécialisé dans l’économie agricole. Il dispose d’une solide expérience en matière de finances publiques, acquise notamment à son ancien poste de gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, ainsi qu’au sein de plusieurs institutions internationales (NEPAD, ONU). L’économie du Rwanda reposant essentiellement sur l’agriculture, le pays se concentre sur plusieurs mécanismes de financement innovants pour accélérer son développement agricole. © M IN EC OF IN R w an da iNterview 12 | Spore 163 | avril-mai 2013 reSSourCeS CÔtièreS L’économie bleue en crise ? Nul ne peut ignorer la vulnérabilité des populations côtières au changement climatique. Cependant, l’amélioration de la gouvernance des zones de pêche et de la gestion côtière, associée à l’augmentation de la demande en poisson, offre de nouvelles possibilités de développer des chaînes de valeur rentables pour les marchés domestiques, régionaux et d’exportation. © 17 | PoiNt de vUe Jahson Alemu : le lien entre terre et mer 18 | REPORTAGE AU SAMOA Une approche alternative © O . B ak an o/ IR IN dossier avril-mai 2013 | Spore 163 | 13 S ans l’océan, les habitants de l’archipel des îles Salomon n’ont guère d’autres alternatives pour leur subsistance. Mais cette ressource se retourne contre eux avec l’élévation du niveau de la mer qui détruit leurs zones côtières et leurs maisons. “D’ici 2015, la plupart des maisons construites sur le littoral auront été empor- tées par les flots”, explique Lawrence Nodua, qui habite sur l’atoll d’Ontong Java. “Nos populations ont besoin d’une ali- mentation équilibrée et nourrissante mais celles qui dépen- dent des taros des marécages et des fougères locales voient leurs sources d’alimentation disparaître, victimes du niveau de salinité croissant des marécages.” Les ressources côtières et marines de la planète sont une source de protéines pour 1,5 milliard d’êtres humains et d’emploi pour les quelque 170 millions de personnes qui travaillent dans la pêche, l’aquaculture marine, le tourisme et autres activités connexes. Mais alors que les ressources côtières et marines peuvent être de véritables moteurs pour les économies locales et nationales, les habitants des zones côtières sont confrontés à une situation spécifique de vul- nérabilité : tempêtes catastrophiques, infiltration d’eau de mer, conflit avec d’autres utilisateurs du littoral et destruc- tion des ressources marines dont ils dépendent. En outre, ces populations n’ont souvent que peu de contrôle sur ces ressources, qui ne leur appartiennent pas et qui sont sujet- tes à la surexploitation. Et la crise des ressources côtières ne fait que commencer ! Au cours des prochaines décennies, le changement climatique et l’élévation du niveau de la mer viendront s’ajouter à la surexploitation et menaceront ainsi la survie à long terme de nombreuses communautés. Pourtant, alors que les pêcheurs et les habitants des zones côtières font face à des difficultés considérables, l’“écono- mie bleue” pourrait précisément alimenter un développe- ment soutenu et durable. Pour l’OCDE, l’économie bleue – envisagée comme le pendant de l’économie verte agricole – “soutient une nouvelle approche de la croissance écono- mique qui repose sur l’utilisation pérenne et la préservation de l’océan, garantissant ainsi la survie durable de la Terre”. De nombreux États insulaires ont déjà réussi à exploiter le potentiel de l’économie bleue et l’on voit apparaître de nou- velles possibilités de création de chaînes de valeur durables fondées sur les ressources côtières et marines. eaux troubles La vie côtière est le seul moyen d’existence des habitants des Kiribati, un archipel à faible altitude du Pacifique, dont certaines îles ont déjà été englouties à la suite de l’éléva- tion du niveau de la mer. Aujourd’hui, bon nombre de ses habitants s’apprêtent à quitter la capitale, Tarawa-Sud, qui dépasse à peine le niveau de la mer, pour s’installer sur Christmas (également située dans l’archipel), l’une des îles les plus reculées au monde. Le gouvernement a également confirmé avoir acheté aux Fidji 2 400 hectares de terres qui seront affectées aux cultures vivrières, la pratique de l’agriculture étant devenue pratiquement impossible sur la plupart des atolls du pays. La modification du régime des précipitations, des marées et des tempêtes constitue une menace au moins aussi importante que le niveau de l’océan, qui n’a finalement que légèrement augmenté jusqu’à pré- sent, affirme Anote Tong, le Président des Kiribati. La dégradation de l’environnement est une autre menace majeure pour les petits États insulaires, les eaux usées, les engrais et les sédiments déversés dans la mer venant détruire les récifs coralliens et autres habitats marins. En outre, les nutriments présents en grandes quantités dans les eaux reje- tées par l’agriculture favorisent la prolifération du phyto- plancton marin qui diminue la teneur de l’eau en oxygène et tue ainsi poissons et autres organismes marins sur de vastes étendues. Les mangroves absorbent ces polluants, protè- gent les côtes contre l’envahissement de la mer, nourrissent diverses espèces et procurent des moyens d’existence dans de nombreuses régions du monde. Malheureusement, ces écosystèmes vitaux disparaissent à raison de 150 000 hecta- res par an, et plus de la moitié des forêts de palétuviers ont déjà été détruites au cours de ces 20 dernières années. Le groupe de réflexion Chatham House a évalué à 17,8 milliards d’euros par an les revenus générés par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Dans les eaux de l’Afrique de l’Ouest, la pêche INN représente jusqu’à 37 % du total des prises et contribuent dès lors considé- rablement à la surexploitation. Selon la Fondation pour la En haut : Ouvriers d’un parc à huîtres en mariculture à Lüderitz, en Namibie, qui produit chaque semaine 25 000 huîtres pour les marchés du Cap et de Johannesburg, Afrique du Sud. dossier 14 | Spore 163 | avril-mai 2013 justice environnementale, ces prises seraient aussi en partie liées aux activités “pirates” de navires européens et d’Asie de l’Est accrédités, qui blanchissent des produits de la mer pêchés illégalement pour les exporter vers l’UE. La diver- sité et le chevauchement de réglementations, autorités et zones de mandat favorisent considérablement la surpêche légale ou semi-légale. Comme l’a expliqué le capitaine d’un bateau de pêche local de Guinée à Greenpeace Afrique, “si nous ne mettons pas en place une politique durable pour ce secteur, nous n’aurons plus rien à pêcher… toute la région dépend des activités de pêche à petite échelle.” La mauvaise gouvernance des zones de pêche a déjà des conséquences désastreuses pour des espèces insuf- fisamment protégées comme le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis). Un récent rapport du Comité scien- tifique international sur le thon dans le Pacifique Nord a révélé que cette espèce avait vu ses stocks diminuer de plus de 96 % et qu’elle est en voie d’extinction. La rareté du thon rouge provoque de nouvelles flambées de prix, inci- tant les flottes à continuer à pêcher les espèces restantes. de nouvelles voix politiques La gouvernance à haut niveau et la coopération inter- nationale sont essentielles pour protéger et développer les ressources marines, souvent mobiles et exploitées par de nombreux utilisateurs. Pour prévenir les conflits, les nations peuvent coopérer et créer des Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP), investies du pouvoir de gestion et de conservation des stocks. Ce processus est rarement facile. Il a ainsi fallu dix ans de négociations et de prépara- tion entre plus de trente pays pour que la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central (CPPOC) voie le jour. Mais aujourd’hui, cette commission est devenue un instrument clé pour assurer un accès équitable aux espèces hautement migratrices comme le thon. Les gouvernements reconnaissent aussi de plus en plus que les pêcheurs, dont les moyens d’existence sont en jeu, doivent pouvoir jouer un rôle dans la gestion et faire enten- dre leur voix. En 2011, après des années de négociations, les pays de la Communauté caribéenne (CARICOM), à l’exception des Bahamas, ont approuvé un projet d’accord établissant une politique commune de pêche et publié la Déclaration de Castries (Sainte-Lucie) relative à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Le Réseau cari- béen des organisations de pêcheurs (Caribbean Network of Fisherfolk Organisations), mis en place avec le soutien du mécanisme régional de gestion des pêches des Caraïbes et du CTA, a permis d’assurer la représentation des pêcheurs et de les associer à l’élaboration de la politique. Le réseau milite aussi activement en faveur de l’adoption et de l’in- troduction de cette politique ainsi que pour la mise en œuvre de la Déclaration de Castries et l’intégration de l’approche de protection des écosystèmes dans la gouver- nance générale des zones de pêches. Si elles sont depuis longtemps un instrument de pré- servation des environnements marins, les Zones marines protégées (ZMP) peuvent tout aussi bien être une béné- diction ou une catastrophe pour les moyens de subsistance au niveau local. En effet, certaines réservent le littoral et ses ressources aux hôtels, aux plages et aux logements de luxe et d’autres en font des zones de pêche réservées à ChiFFreS ClÉS des zones de pêche dans le monde sont surexploitées, épuisées ou en voie de rétablissement. des gaz à effet de serre sont émis par les nations insulaires du Pacifique qui sont aussi les plus vulnérables face au changement climatique. millions de personnes travaillent directement dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture. millions de tonnes de poissons sont pêchés chaque année pour la consommation humaine par des pêcheurs industriels ou artisanaux. 32% 1% 54,8 30 © F AO /M . N am un dj eb o dossier 15avril-mai 2013 | Spore 163 | ceux qui y ont accès. Pour lutter contre cette dernière tendance, l’Union internationale pour la conservation de la nature a publié des définitions plus restrictives des ZMP, afin d’éviter que des organismes consultatifs dans le domaine de la pêche ne puissent exploiter la désignation de ZMP. Cette initiative pourrait favoriser la création dans le futur de parcs marins recouvrant plusieurs zones, plutôt que de zones strictement protégées. La Jamaïque a ainsi réussi à créer une ZMP pour utili- sateurs multiples à Negril, une région touristique en déve- loppement où de nombreuses personnes vivent cependant encore de la pêche. L’organisme de gestion du Parc marin de Negril réunit des hauts représentants des deux sec- teurs. Les pêcheurs de Negril sont associés aux initiatives, comme par exemple la création de zones de reproduction protégées, et bénéficient du soutien des autorités publi- ques qui les aident à sanctionner les bateaux de tourisme destructeurs et les pêcheurs étrangers à la région. Le Parc national des Quirimbas, au Mozambique, a été créé à la demande des communautés locales, en 2002. Les nouvelles stratégies de gestion qui en ont résulté ont entraîné un boom de la perliculture côtière. Des huîtres (Pinctada capensis), qui constituent une source importante de protéines alimentaires dans la région et sont vendues sur les marchés locaux. En outre, les moyens d’existence dans la région ont été réellement améliorés lorsque des femmes ont appris à les précuire, les cuire, les sécher, les assaisonner et les conserver dans de l’huile. Ces techni- ques à haute valeur ajoutée ont permis de multiplier par six les revenus de ces femmes qui ont pu ainsi profiter du parc dont elles avaient demandé la création. La contrepartie terrestre à ces approches multisectoriel- les est aujourd’hui connue sous le nom de Gestion inté- grée des zones côtières (GIZC), un concept qui inclut la réhabilitation et la gestion des mangroves et autre forêts littorales, jardins privés et brise-vent agroforestiers. La GIZC vise à concilier les besoins souvent concurrents des populations rurales et urbaines des côtes, les considérations environnementales et la gestion des ressources naturelles. La production des espèces marines com- mercialement utiles – la mariculture – a récemment été lancée dans la région de Kavieng, New Ireland, en Papouasie- Nouvelle-Guinée (PNG). Une décision motivée en partie par l’effondrement de la pêche du concombre de mer, victime de la surexploitation. La première phase de la mariculture consiste à se procurer des stocks d’espèces et une écloserie marine a été construite à cet effet. Celle-ci a récemment produit son premier “lot” d’holothuries de sable, l’espèce de concombre de mer la plus prisée. La communauté locale apprend maintenant à élever l’espèce. Il reste à espérer qu’avec le temps, cette initiative débouche sur une opération de pacage marin à grande échelle. D’autres espèces marines potentiellement commer- cialisables font également l’objet de recherches. C’est le cas des huîtres comestibles, très prisées dans les hôtels et restaurants de PNG. Une troisième possibilité est aussi à l’étude, celle des poissons d’aquarium, dont le commerce international est très lucratif. La mariculture étant une activité nouvelle en PNG, la sensibilisation et le développement des capa- cités jouent un rôle essentiel. L’écloserie est utilisée pour la formation des communautés mais sert aussi de centre de formation pour les étudiants. Le développement des possibilités de mariculture en PNG bénéficie du soutien de la nouvelle écloserie de l’Autorité nationale de la pêche, en coopération avec le Centre australien pour la recherche internationale sur l’agriculture et l’université James Cook. Surpêche Sur les 600 stocks de poissons de mer ayant fait l’objet du suivi par la FAO (2010): Surpêche Mauvaise gouvernance Régimes de gestion inadaptés Conflits sur les ressources naturelles Recours persistant à de mauvaises pratiques de pêche LES DÉFIS 170millions Les ressources côtières et marines de la planète procurent un emploi à 170 millions de personnes, dans les secteurs de la pêche, de l’aquaculture marine et du tourisme ainsi que dans d’autres activités. 20% Environ 20 % de la population mondiale (1 milliard d’individus) trouvent dans le poisson au moins un cinquième de ses apports en protéines animales (OMS) 12% 12 % de la population mondiale dépend directement ou indirectement des zones de pêche et de l’aquaculture pour ses moyens de subsistance. 55millions Les zones de pêche constituent une source de revenus pour 55 millions de personnes. La pêche à petite échelle emploie plus de 90 % des pêcheurs traditionnels dans le monde. 80milliards d’euros Entre 1976 et 2010, la commerce du poisson et des produits de la pêche a considérablement augmenté en termes de valeur, passant de 6 milliards à 80 milliards d’euros (FAO) 10% Les poissons et les produits de la pêche représentent environ 10 % du total des exportations agricoles (FAO). 3% sont sous-exploités 20% sont modérément exploités 52% sont totalement exploités 17% sont surexploités 7% sont épuisés 1% sont en voie de reconstitution après épuisement La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (pêche INN) représente dans le monde jusqu’à 17,8 milliards d’euros par an. Dans les eaux d’Afrique de l'Ouest, la pêche INN représente jusqu’à 37 % des prises (Chatham House). 17,8milliards d’euros ÉCONOMIE BLEUE : l’importance des ressources océaniques et côtières Une approche alternative © M . Ed lia di /C IF OR dossier 16 | Spore 163 | avril-mai 2013 Point de vue Jahson Alemu est spécialiste de l’écologie des récifs à l’Institut des affaires maritimes (IMA) de Trinité- et-Tobago. Il nous explique comment l’évaluation de la valeur des services de l’écosystème côtier doit permettre de documenter la planification du développement national. La GIZC est une priorité aux Seychelles, à l’économie quasi exclusivement côtière. Un organisme national de coordination réunit les communautés, le gouvernement, des ONG et des entreprises dans le but d’assurer la conser- vation et le rétablissement de ces écosystèmes. Les projets ont jusqu’ici mis l’accent sur la protection des plages et la bonne gestion des zones côtières locales. Ils n’ont pas encore permis de résoudre des questions plus épineuses, comme les compromis entre les différents utilisateurs. Au Sénégal, où un quart des mangroves ont disparu depuis les années 1970, la restauration de cet écosystème constitue le principal défi de la gestion côtière. Depuis 2009, l’association sénégalaise Oceanium a planté plus de 100 millions de palétuviers dans 450 villages. Ces arbres permettront de faire revenir les poissons et les crustacés et réduiront la salinisation des exploitations agricoles vil- lageoises. Plusieurs autres pays ACP, comme la Guinée- Bissau et la Guyane, se sont aussi lancés dans la protec- tion et le reboisement de la mangrove, avec des résultats encourageants. Un avenir durable ? À côté de ces cadres et instruments politiques, il importe également d’investir tout au long de la chaîne de valeur – infrastructures portuaires, chaînes du froid, unités de traitement – pour aider l’économie bleue à améliorer vrai- ment les moyens d’existence, la sécurité alimentaire et la nutrition au-delà des seules régions côtières. Les produits de la pêche comptent en effet toujours parmi les denrées alimentaires les plus importantes et les plus largement commercialisées. L’approche de gestion côtière la plus effi- cace consiste souvent à promouvoir la pêche et l’élevage durables du poisson. Cette approche, connue sous le nom de mariculture lorsqu’elle se pratique en océan ouvert (voir encadré), compte d’innombrables variantes locales. La certification est une autre approche permettant d’amé- liorer la bonne gestion. En décembre 2012, la pêcherie à la palangre de thon albacore de l’Association des arma- teurs thoniers de Fidji est devenue la quatrième zone de pêche au thon du Pacifique Sud à recevoir la certification du Marine Stewardship Council. À cette fin, les pêcheurs se sont engagés à mettre en place des règles de contrôle des prises pour leurs palangres de surface afin de ne pas ralentir, dans leur zone de pêche, le rétablissement de l’importante population de thon albacore de la région. Face aux espoirs suscités par la perspective d’ouverture de marchés à haute valeur ajoutée et respectueux du développement durable, la certification devrait prendre de l’importance en tant qu’approche pour la protection des ressources des eaux ouvertes. Des questions subsis- tent cependant, comme c’est le cas pour tous les mar- chés certifiés. S’agissant des pêcheurs, il n’existe aucune garantie d’obtenir un prix plus élevé aujourd’hui, et encore moins dans l’avenir. Pour les pays, le développe- ment de marchés d’exportation pourrait devenir encore plus difficile si la certification devient la seule voie d’ac- cès. Alors qu’elle semble être une approche attrayante en matière de gestion durable, contrairement au libre-accès, aux intérêts compétitifs et au pillage des pirates, la certi- fication n’est jamais qu’une solution parmi bien d’autres. Dans leur recherche d’un avenir durable, les zones côtiè- res devront certainement affronter prochainement de nombreuses tempêtes. Le lien entre terre et mer Quel est l’impact du développement des petits États insulaires sur l’environnement côtier ? L’économie de Trinité-et-Tobago a toujours été emme- née par l’environnement côtier et marin, qu’il s’agisse du pétrole et du gaz ou de la pêche et du tourisme. Au cours de ces dernières années, nous avons également constaté une multiplication des conflits entre les acteurs, liés aux différentes affectations de la zone côtière : mise en valeur des zones humides, activi- tés portuaires, stations balnéaires, pêche. Un conflit oppose ainsi en permanence le secteur du pétrole et du gaz et les communautés de pêcheurs ; quant aux communautés côtières qui dépendent du tourisme, elles s’inquiètent aussi de la disparition de plages au profit du développement industriel. Pourriez-vous justement chiffrer l’importance des ressources côtières pour l’économie de votre pays ? En 2007, une évaluation réalisée par l’Institut des ressources mondiale en coopération avec l’IMA et le Buccoo Reef Trust a montré que les récifs coralliens ont contribué – au travers des activités de pêche, de tourisme et de lutte contre l’érosion – à hauteur d’environ 90-130 millions d’euros au PIB de Tobago, lequel est estimé à 215 millions d’euros. Dans le but de mieux documenter l’importance des services de protection du littoral assurés par les récifs coral- liens du pays, un projet de services d’écosystème (ProEcoServ) de l’IMA cartographie et évalue actuel- lement l’importance de cet écosystème vital, ses bénéfices pour le bien-être humain et ses échanges avec d’autres utilisateurs côtiers. En quoi vos activités dans le cadre de ProEcoServ font-elles la différence ? Les nouvelles politiques visant à diversifier l’éco- nomie s’accompagneront d’investissements dans le tourisme et l’agriculture, deux secteurs très tributai- res de la bonne santé et de la productivité des envi- ronnements côtiers et marins. Toutefois, les nouveaux axes stratégiques proposés concernent le littoral, ce qui accroît encore la pression sur des écosystèmes déjà dégradés. La gestion des zones côtières peut offrir une solution car elle renforce la résistance des écosystèmes côtiers tout en préservant la diversité biologique et la productivité des écosystèmes côtiers – herbiers marins, mangroves, récifs coralliens – qui fournissent ces ressources. Toutefois, l’information circule mal entre les écosystèmes et la politique. Par le biais de la recherche appliquée, ProEcoServ remédiera à ce déficit d’information et améliorera ainsi la prise de décisions en matière de gestion et d’utilisation des écosystèmes côtiers qui assurent la protection du littoral du sud-ouest de Tobago. © J. G om ez dossier 17avril-mai 2013 | Spore 163 | Une initiative gouvernementale encourage l’élevage du tilapia en étang afin de diminuer la pression sur les zones côtières de pêche et de procurer des revenus et une alimentation supplémentaires. Le révérend Tuitoga Leota espère développer la ferme d’élevage de tilapia de Faleseela, au Samoa, et la convertir en entreprise d’écotourisme. C onfrontées à l’élévation de la température des eaux de surface, à l’acidification des océans et au ren-forcement de l’intensité des cyclones, les zones côtières de pêche du Pacifique sont de plus en plus affectées par le changement climatique. Une des solutions mises en œuvre par le gouvernement samoan consiste à promouvoir l’aquaculture comme source alternative de revenus et d’alimentation. Le plan de développement pour la gestion de l’aquaculture 2013-2017 du ministère samoan de l’Agriculture et de la Pêche (MAF) identifie quatre espèces clés : le tilapia, le raisin de mer, les troques (escargots de mer) et les bénitiers géants. Jusqu’à ces cinq dernières années, les tentatives visant à promouvoir l’élevage de tilapia aux Samoa n’ont rencontré qu’un succès limité. Joyce Samuelu Ah Leong, administra- teur général de la pêche au MAF, explique que le ministère avait dans un premier temps tenté d’introduire l’aquacul- ture en étang du tilapia en coopération avec les conseils de village, une initiative qui s’est heurtée à des conflits internes. Plus récemment, le ministère a lancé de nouveaux projets d’aquaculture avec des associations paroissiales et des familles. Ainsi, les éleveurs prennent en charge les frais d’aménagement des étangs (de 3 700 à 4 200 €), tandis que le ministère fournit les juvéniles, des conseils techniques sur la gestion de l’élevage et assure le suivi. On a vu récem- ment d’anciennes piscines communales être reconverties en écloseries, ce qui a encore réduit les frais d’aménagement Le Révérend Tuitoga Leota puise dans son sac et en res- sort une demi-noix de coco remplie de nourriture pour pois- sons qu’il lance dans sa principale écloserie. Il s’occupe des 12 000 tilapias de son élevage et possède aussi cinq autres étangs, plus petits, dans le village de Faleseela, sur la côte sud-ouest de l’île. De petite taille par rapport aux élevages commerciaux de la région du Pacifique, il est néanmoins représentatif des exploitations samoanes et complète avec succès l’approvisionnement alimentaire du village. reportaGe au Samoa Une approche alternative © F . Ta fu na ’i dossier 18 | Spore 163 | avril-mai 2013 Pour aller plus l oin Agritrade http://agritrade.cta.int/fisheries Réseau caribéen des organisations de pêcheurs tinyurl.com/ahqyxv6 Institut caribéen des ressources naturelles Zones marines protégées et moyens d’existence durables pour les zones côtières (Parc de Negril, Jamaïque) Chatham House Informations sur la pêche INN http://illegal-fishing.info/ FAO La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2012 tinyurl.com/beyavj5 Centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD) Changement climatique et zones de pêche : le point sur les politiques, le commerce et ledéveloppement durable http://ictsd.org/i/publications/67765/ Gouvernement des Kiribati Division Environnement et Conservation des Kiribati www.environment.gov.ki/ Comité scientifique international pour le thon et les espèces apparentées dans le Pacifique Nord isc.ac.affrc.go.jp Union internationale pour la conservation de la nature Zones marines protégées tinyurl.com/ahglxbg Mangroves for the Future http://mangrovesforthefuture.org/ Marine Stewardship Council Certification du thon albacore fidjien pêché à la palangre tinyurl.com/abz8y74 Oceanium Dakar Le reboisement du rhizophora tinyurl.com/b4nogyc Gestion intégrée des zones côtières aux Seychelles tinyurl.com/b6m2t3z WWF Parc national des Quirimbas, Mozambique tinyurl.com/amrtnue L’exploitation, lancée en 2007 dans le cadre du projet des jeunes de l’Église chrétienne congrégationaliste du village, a été reprise plus tard par l’association des fem- mes de la paroisse, suite à l’exode outre-mer de nombreux responsables de la jeunesse, un phénomène courant aux Samoa. Si le premier objectif est la sécurité alimentaire, le groupe entend aussi générer des revenus durables et vend donc les poissons sur le marché principal. Les Samoans préfèrent généralement la saveur des poissons sauvages pêchés dans les récifs, mais des hôtels à la recherche d’un approvisionnement régulier se sont montrés intéressés. Le groupe aimerait également développer une activité d’éco- tourisme en installant une zone de pique-nique et de bar- becue à proximité des étangs. Accroître les rendements Un des objectifs du plan de développement de l’aqua- culture du ministère est d’améliorer la qualité du tilapia. Le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) est arrivé aux Samoa via les Fidji en 1955. Le tilapia du Nil (O. niloticus) a ensuite été identifié comme une espèce à croissance plus rapide et bien plus savoureuse. Après le tsunami qui a frappé les Samoa en 2009, le gou- vernement des Fidji avait fait don au pays de tilapias d’élevage génétiquement améliorés – ou GIFT (geneti- cally-improved farm tilapia) – qui atteignent leur matu- rité à six mois contre huit. L’élevage du tilapia est aussi encouragé par la coopéra- tion régionale. Il bénéficie des conseils du Secrétariat de la Communauté du Pacifique qui y voit un moyen idéal de soulager les pêcheries des récifs et de faciliter l’adaptation au changement climatique. Si ce phénomène pèse sur les zones côtières de pêche, l’élévation de la température de l’air et l’augmentation des précipitations dans les tropi- ques devraient en fait améliorer les conditions de l’aqua- culture en eau fraîche. Faumuina Tafuna’i Les zones de pêche de Samoa souffrent de plus en plus de l’élévation de la température de l’eau de mer, de l’acidification de l’océan et de la violence accrue des cyclones. © J Us sh er /O xf am dossier 19avril-mai 2013 | Spore 163 | M ise en valeur de 50 000 hecta-res de plantation par Olam au Gabon, 73 000 hectares par Erakles au Cameroun, 200 000 hectares par Golden Veroleum Liberia au Liberia... Les investisseurs privés multiplient les projets sur les terres africaines pour pro- duire de l’huile de palme, la championne mondiale des huiles, tant au niveau de la production que des échanges commerciaux. Huile la moins chère du monde, sa culture est d’autant plus populaire que le rendement du palmier à huile est cinq fois supérieur à celui du soja ou du colza, nécessite un moin- dre besoin en intrants et ne demande pas de gros investissements en matériel, étant d’abord fondée sur de la main d’œuvre. Or, l’“huile rouge” est le corps gras le plus consommé en Afrique et représente une acti- vité importante pour les familles, et en parti- culier les femmes dans la transformation de la matière première. De premier exportateur mondial dans les années 50-60, l’Afrique a perdu sa place au profit de l’Asie, la Malaisie et l’Indonésie, qui assurent 85 % des exporta- tions et de la production mondiales. Cote d’ivoire, un exemple à suivre Qui aurait prévu que le continent afri- cain deviendrait un jour importateur net d’oléagineux ? Premier producteur d’huile de palme avec environ 1,3 million de tonnes par an, le Nigeria ne répond qu’à 60 % de ses besoins nationaux. Au niveau régional, la CEDEAO doit faire face à un déficit d’en- viron un million de tonnes par an. La Côte d’Ivoire est le seul pays du continent à satis- faire ses propres besoins et à exporter dans la sous-région, et dans une moindre mesure sur le marché européen. Sa production atteint aujourd’hui environ 400 000 tonnes, contre 236 000 tonnes en 2005, dont envi- ron 200 000 tonnes ont été exportées dans l’UEMOA en 2011. Une filière ivoirienne où les plantations villageoises, regroupant plus de 35 000 exploitants, sont trois fois plus importantes que celles industrielles. Elle bénéficie aussi d’une forte structuration à tra- vers l’Association interprofessionnelle de la filière palmier à huile (AIPH), qui regroupe toutes les composantes de la filière. La Côte d’Ivoire est toutefois confrontée au défi d’ac- croître la productivité et la compétitivité de son industrie de transformation, en surcapa- cité aujourd’hui. L’accent est mis sur les petits planteurs en leur fournissant des palmiers à huile de l’institut de recherche, CNRA à haut potentiel de rendement et en les sensibilisant au respect de l’itinéraire technique. À l’image de la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun et le Nigeria ont eux aussi engagé des plans de développement du palmier à huile. Cependant, le manque de producti- vité demeure le maillon faible de la filière africaine, surtout au regard des rendements enregistrés en Asie. Or là résident les plus beaux espoirs de cette filière : contrai- rement à toute autre région du monde, la production africaine pourrait en effet augmenter sans accroître les superficies, et donc sans porter atteinte à l’environ- nement, sans se substituer à d’autres cultures notam- ment alimentaires. Cap sur l’huile de palme durable Encore faudrait-il que le développement des plantations de palmier intègre de nou- velles pratiques durables tant l’huile de palme concentre de nombreuses critiques. Environnementales tout d’abord, mais aussi sociales et sanitaires. La création de la Table ronde pour une huile de palme dura- ble (RSPO), en 2004, apporte en partie des réponses à ces questions en édictant des prin- cipes et critères pour certifier l’huile durable. Cette dernière gagne du terrain, surtout en Europe aujourd’hui, auprès des distributeurs et industries agroalimentaires. Une exigence à laquelle la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a su répondre très tôt, anticipant la vague. La PNG a développé sa production d’huile de palme, plus de 50 % en 10 ans pour attein- dre aujourd’hui 550 000 tonnes, en s’inscri- vant dans une démarche de certification, notamment avec les investissements de New Britain Palm Oils Limited (NNPOL), premier producteur d’huile de palme RSPO. La PNG a aussi su conserver sa troisième place d’ex- portateur sur le marché européen. Certains pays africains lui emboîtent le pas, comme le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui ont engagé des processus de certification, et d’autres suivront certainement, comme le Gabon ou le Liberia, les investisseurs affichant leur volonté de s’inscrire dans une telle démarche. Les investisseurs privés multiplient les projets sur les terres africaines pour produire de l’huile de palme, la championne mondiale des huiles. Ces projets parviendront- ils à prendre en compte les besoins nationaux et régionaux en oléagineux et les nécessités du développement durable ? huile de palme Championne des oléagineux © A fr ik im ag e/ Ol am © o n eV ill ag e In it ia ti ve À gauche : Plantation d’Awala au Gabon. À droite : Production d’huile de palme au Ghana. ChAîNes de vALeUr 20 | Spore 163 | avril-mai 2013 Dans son souci permanent d’amé- liorer la disponibilité et l’accessi- bilité de l’information, le CTA vient de publier le catalogue de l’ensemble de ses publications et coéditions. Riche de près de 600 titres en anglais, en français et, dans une moindre mesure, en portugais, en espagnol et en swa- hili, les publications s’articulent autour de thèmes stratégiques tels que l’économie et les politiques agricoles, la gestion des ressources naturelles, les chaînes de valeur et le com- merce agricole, la communication et la gestion de la connaissance ainsi que les technologies et les innovations. Le catalogue reprend aussi les périodiques du CTA : le magazine bimes- triel Spore, le bulletin d’alerte pour l’agricul- ture ACP ICT Update et les Notes politiques. C’est un guide pratique et facile d’utilisation pour toute personne qui souhaite accéder rapi- dement aux informations sur les ouvrages du CTA. Le lecteur pourra entre autre identifi er aisément les titres qui peuvent être téléchar- gés gratuitement sur le site http://publica- tions.cta.int ou lire une critique détaillée d’une dizaine d’ouvrages en anglais et en français. Catalogue CTA Cta, 2013, 122 p. iSBn 978-92-9081-514-3 Cta n° 100 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cwzaumr Essentielles semences Durant des milliers d’années, la pro- duction et la circulation des semences ont largement contribué au progrès de l’agri- culture. Les hommes ont cherché à améliorer les performances des cultures en réservant les graines des plantes donnant les meilleurs rendements. Au XXe siècle, les progrès de la génétique ont accéléré considérablement cette évolution et ouvert de nouvelles pers- pectives à l’amélioration des plantes. Cet ouvrage présente les aspects techni- ques et l’organisation de la production des semences, avec une attention particulière aux conditions tropicales. Il aborde les principes de l’amélioration des plantes et de la biologie des semences ainsi que la gestion des opé- rations liées à la production, à la récolte et au conditionnement post-récolte des semen- ces en vue de maintenir un haut niveau de qualité. Il traite également des procédures d’assurance-qualité, des règles de mise sur le marché des semences et de la gestion des entreprises semencières. Tout en mettant l’accent sur les gran- des cultures, notamment les céréales et les légumineuses, l’auteur s’intéresse également aux productions de semences de cultures plus spécialisées, telles que celles des plan- tes potagères et des plantes fourragères. Un ouvrage pour les agriculteurs mais aussi tous les professionnels de la distribution de semences sélectionnées. Les semences par michael turner Cta/editions Quae, janvier 2013, 222 p. iSBn : 978-2-7592-1892-9 Cta n° 1729 10 unités de crédit Le nouveau catalogue du CTA est arrivé ! Mieux communiquer Mieux exploiter la valeur de l’information est aujourd’hui essentiel pour tout type d’organisation pour améliorer son fonctionnement et ses performances. Ce guide et ce manuel (en anglais) permettent aux organisations agricoles et rurales des pays ACP de renforcer leur stratégie de gestion de l’information et de la communication. Une version française sera disponible dans quelques mois. Information and communication management strategy development : A toolkit for agricultural and rural development organizations : Facilitator’s guide/User’s manual par B. Gumbs, G. Kebede et p. Walton Cta, 2012, 156 p. iSBn : 978-92-9081-509-9 Cta n° 1726 et 1727 10 unités de crédit chaque publication téléchargeables sur : http://tinyurl.com/a6ynpmg et http://tinyurl.com/apj9lwj environnement dégradé La dégradation des ressources naturelles à Madagascar progresse au rythme de 1 % en moyenne par an, menaçant non seulement l’équilibre écologique de la Grande Ile mais aussi touchant les domaines économique, social et politique. Le livre explore pourquoi et comment la destruction des ressources naturelles est devenue un problème politique et dresse un bilan exhaustif de 15 années du Plan d’action environnementale. Environnement et développement à Madagascar par B. Sarrasin et h. ramahatra Éditions Karthala, 2013, 288 p. iSBn : 9782811107963 18 € Éditions Karthala 22-24, boulevard arago 75013 paris, France Fax : +33 (0)1 45 35 27 05 http://www.karthala.com/ Caricom Ce rapport à la une d’Agritrade fait le point sur la Politique agricole de la Communauté (PAC) de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), adoptée en octobre 2011, sa structure, ses objectifs, ses domaines d’interventions, ses modalités de mise en œuvre et ses exigences institutionnelles. Il présente ensuite les quatre défi s de demain posés à la PAC. La Politique agricole de la Communauté des Caraïbes : les défi s de demain Cta, agritrade, rapport à la une, décembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/c6v6vfz @ @ PUBLiCAtioNs @ 21avril-mai 2013 | Spore 163 | La biodiversité est à la fois source d’émer- veillement et d’inquiétude. Elle a servi l’agri- culture depuis ses débuts au néolithique. Mais l’activité agricole moderne a visé des rendements toujours croissants et homogè- nes, à force de recours massifs aux intrants et à l’énergie fossile. Cela avait fait oublier à quel point la biodiversité végétale, animale et microbienne est le moteur de tous les pro- cessus de production et de régulation des écosystèmes, tant cultivés que naturels. Mieux connaître et comprendre, remobiliser et planifi er, en un mot, cultiver la biodiversité pour intensifi er durablement la production et assurer la sécurité alimentaire mondiale remet les agricultures des pays du Sud au coeur des réfl exions sur les transformations possibles. Cet ouvrage aborde la question sous différents angles à travers le regard d’agrono- mes, de généticiens, de pathologistes, d’ento- mologistes, d’écologues, d’économistes et de spécialistes de l’innovation et montre à quel point ces transformations ne sont pas limitées à la parcelle et à sa culture. Elles touchent en fait aux liens profonds entre les communautés paysannes et leur patrimoine vivant, dans leur façon de conserver cette agro biodiversité et d’innover pour en tirer profi t. Marketing This is Africa. Reportage spécial : Les chaînes de valeur des petits producteurs Sous la coordination éditoriale de l. akinola the Financial times limited/ Cta, 2012, 36 p. iSSn 1759-7978 Cta n°1730 2 unités de crédit téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cb4oueo Cultures pérennes tropicales. Enjeux économiques et écologiques de la diversifi cation par F. ruf et G. Schroth editions Quae, 2013, 312 p. iSBn : 978-2-7592-1854-7 50 € editions Quae, C/o inra rd10 72 026 versailles, France Fax : 01 30 83 34 49 http://www.quae.com Cultiver la biodiversité pour transformer l’agriculture Sous la coordination éditoriale d’etienne hainzelin Éditions Quae, février 2013, 264 p. iSBn : 978-2-7592-1900-1 40 € adresse Éditions Quae, voir colonne de gauche L’agriculture est la composante de base de l’économie dans la plupart des pays en développement. Et les petits producteurs en sont une composante essentielle fournissant la majeure partie des denrées alimentaires produites. Comment passer d’une agriculture principalement de subsistance à une activité de type entre- preneurial ou commercial afi n d’accroî- tre la production, d’améliorer les moyens de subsistance, d’offrir des produits à plus forte valeur ajoutée ? Les chaînes de valeur peuvent jouer un rôle vital dans une telle transformation. Ce numéro spécial de This is Africa explore dans ce cadre comment encou- rager la production des petits producteurs et la commercialisation de leurs produits, créer un environnement propice mais aussi com- ment se servir de l’innovation technologique pour améliorer la productivité agricole. Le dossier comprend aussi plusieurs entre- tiens – Andris Piebalgs, commissaire euro- péen chargé du Développement, Vikram Agarwal et Cherie Tan d’Unilever, Khalid Bomba d’ATA éthiopienne – et des mises en perspectives avec David Hughes de l’Impe- rial College London, Ken Powell de General Mills, Ellen Olafsen d’infoDev. L’impérative diversifi cation Après une phase de monoculture, la diver- sifi cation des cultures pérennes (cacaoyer, caféier, cocotier, hévéa, palmier à huile, bois) en zone tropicale humide progresse comme une nécessité incontournable. Une diversi- fi cation qui répond aux risques de marché et aux politiques publiques mais aussi de plus en plus aux impératifs des investisseurs privés. Mais le facteur le plus important est celui de l’épuisement des ressources. Pourquoi et quand se déclenchent ces pro- cessus de diversifi cation ? Quel type de plan- teur est concerné ? Quelles sont les contrain- tes à la diversifi cation ? Comment interfèrent les politiques publiques et les actions privées ? Quels sont les risques de voir un processus de diversifi cation évoluer en reconversion vers une nouvelle monoculture ? À travers 15 études de cas, principalement localisées en Afrique et en Asie du Sud-Est, les auteurs répondent à ces questions et permettent de mieux comprendre les économies de planta- tions familiales et leurs évolutions récentes. Au cœur de la biodiversité des solutions à la desertifi cation La désertifi cation est sans nul doute l’un des plus grands défi s du moment pour l’humanité. Mais, elle n’est pas une fatalité. Ce numéro d’Agripade nous fait découvrir des pratiques et techniques locales innovantes de lutte contre le désert : techniques culturales comme le zaï, le tassa, les cordons pierreux, les demi-lunes, des stratégies pastorales comme l’Agdal, la transhumance… des régions montagneuses du Maghreb aux vastes plaines et plateaux du Sahel, en passant par le Sahara. Désertifi cation et réponses paysannes revue agripade n°38, ied, décembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/c4llubk investissements étrangers La question de l’acquisition des terres à grande échelle a fait l’objet de nombreux travaux et articles. Dans cette synthèse, Inter-réseaux va au-delà du secteur agricole en questionnant le rôle des investissements étrangers directs (IDE) sur le développement. Elle s’interroge aussi sur les IDE dans l’agriculture en Afrique, estimant que faute d’une gouvernance effi cace et d’une politique d’investissement ferme et cohérente, ce sont les IDE les moins vertueux qui semblent encouragés. L’envers de la course aux terres : la course aux investissements étrangers Bulletin de synthèse n°7, inter-réseaux/SoS Faim, 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/d83efoa ressources naturelles Cet ouvrage explore les répertoires des règles offi cielles et locales qui autorisent ou interdisent l’usage et l’appropriation des ressources naturelles au Gourma rural (à l’est du Burkina Faso). Dans un contexte de faible ancrage de la légitimité de l’État, la décentralisation a revigoré l’autorité des cheff eries traditionnelles et réhabilité son monopole sur les ressources naturelles. Pouvoir et accès aux ressources naturelles au Burkina Faso par G. Korbéogo Éditions l’harmattan, 2013, 298 p. 29,45 € iSBn 978-2-236-00264-4 adresse Éditions l’harmattan, voir page 23 PUBLiCAtioNs @ 22 | Spore 163 | avril-mai 2013 Les organisations de producteurs en Afrique de l’Ouest et du Centre : attentes fortes, dures réalités par roger Belin (Bureau issala), Célia Coronel (iram) avec les contributions de peter asiby- Bonsu, Guillaume Fongant et Salifou Konaté Fondation Farm, février 2013, 74 p téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cgf2sfv Changements démographiques et développement durable en Afrique par r. Fassassi et p. vimard Éditions l’harmattan, 2013, 120 p. iSBn : 978-2-296-99837-7 13,50 € Éditions l’harmattan 5-7 rue de l’École polytechnique 75005 paris, France Fax : +33 (0)1 43 25 82 03 www.editions-harmattan.fr Initiation à la génétique des populations naturelles : Applications aux parasites et à leurs vecteurs par t. de meeus ird Éditions didactiques, décembre 2012, 334 p + cédérom. iSBn : 978-2-7099-1732-2 35 € ird Éditions 911, avenue agropolis 34394 montpellier cedex 5, France Fax : +33 (0)4 67 41 63 30 http://www.editions.ird.fr/ Génétique La compréhension de l’épidémiologie d’une maladie infectieuse ou parasitaire passe par une connaissance minimale du fonctionne- ment des populations vivantes concernées. Ainsi, pour remédier à la diffi culté d’obte- nir des observations directes sur la biologie des populations naturelles, notamment dans les pays du Sud, l’utilisation de marqueurs génétiques permet d’avoir accès, à travers des méthodes indirectes, à des informations clé sur la biologie des agents pathogènes et de leurs vecteurs : écologie, mode de repro- duction, déplacements, taille des popula- tions, etc. Ce manuel didactique présente les princi- pales méthodes de la génétique des popula- tions naturelles et les modèles de base utili- sés pour les inférences, avec des cas concrets d’applications à destination des étudiants et du personnel de santé. Plusieurs jeux de données sont analysés pas à pas dans un cédérom qui accompagne l’ouvrage. Contraintes et défi s des op Les organisations paysannes africaines ont joué un rôle important dans la réhabilitation des politiques agricoles et dans la réforme des politiques commerciales touchant l’agricul- ture. Mais leur place dans l’économie agricole n’est pas à la hauteur des attentes des gou- vernements et des bailleurs de fonds. L’étude analyse la situation actuelle des organisations des producteurs (OP) à vocation économique dans trois pays africains, le Burkina Faso, le Cameroun et le Ghana, en appréhendant leur importance mais aussi leurs contraintes inter- nes et externes, notamment les implications de l’adoption de l’Acte uniforme de l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires) relatif au droit des socié- tés coopératives. Dans un deuxième temps, l’étude formule un ensemble de recommanda- tions tant dans le champ des politiques publi- ques que dans le domaine du renforcement des compétences des OP. Elle préconise d’adapter l’Acte uniforme de l’OHADA aux besoins des OP, d’opérer un changement d’échelle, de créer un cadre de politiques publiques favorable aux OP, de les inscrire dans les dynamiques des politiques régionales et d’améliorer l’effi cacité de la coopération internationale. Variable démographique L’ouvrage pose un regard sur les déter- minants de la croissance économique et du progrès social en Afrique à travers la question démographique. Constatant la spécifi cité de la démographie en Afrique, et plus particulièrement en l’Afrique sub- saharienne, les auteurs s’interrogent sur les relations entre les dynamiques démo- graphiques, la croissance économique et le développement social sur le continent, et plus précisément sur les liens qui pour- raient exister entre le retard de la transition démographique et la faiblesse de ses pro- grès socio-économiques. En particulier, est soulignée l’importance de l’éducation et la santé dans les processus de maîtrise de la croissance démographique et de dévelop- pement en raison de leur rôle majeur dans l’amélioration du capital humain. Accès au foncier Ce numéro des Cahiers Agricultures s’intéresse aux liens entre accès au foncier, investissements et formes de production agricole. Une attention particulière est portée à la situation en l’Afrique sub-saharienne avec des études de cas sur l’Offi ce du Niger, le processus d’acquisition foncière à grande échelle à Madagascar, l’agriculture contractuelle et le boom de l’hévéaculture villageoise en Côte d’Ivoire ou l’irrigation en Afrique de l’Ouest. Appropriations foncières et modèles agricoles Cahiers agriculture, volume 22, n. 1 editions John libbey eurotext, janvier-février 2013 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/7d4sok2 irrigation La pérennisation des aménagements hydro agricoles dans un contexte de transfert de gestion reste un enjeu considérable pour la sécurité alimentaire et le développement économique. Faire émerger des acteurs intermédiaires ou renforcer les organisations existantes est un maillon essentiel. L’article analyse et compare trois processus d’innovations institutionnelles de mise en place de services aux organisations d’irrigants au Cambodge, en Haïti et au Mali. Des innovations au service des irrigants, analyse comparée de trois processus d’innovations institutionnelles au Cambodge, en Haïti et au Mali par F. apollin, a.deligne, p. deygout, a.rakotofi ringa, C. rigourd et p. toelen traverses n°38, avSF, Gret, Groupes initiatives, iram, novembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/aq42g3m instabilité des prix La gestion de l’instabilité des prix alimentaires revient en force dans les politiques des pays en développement et dans l’agenda international (plan d’action du G20 ; travaux du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de la FAO). Basé sur une large revue de la littérature théorique et empirique, l’ouvrage identifi e et analyse les quatre stratégies pouvant être mobilisées pour gérer l’instabilité des prix alimentaires. Gérer l’instabilité des prix alimentaires dans les pays en développement par F. Galtier, avec la collaboration de B. vindel revue À Savoir n°17, aFd, décembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cn7fb8b PUBLiCAtioNsLiC ti s 23avril-mai 2013 | Spore 163 | Assurer l’accès à la fi nance agricole : Conclusions d’une étude horizontale couvrant le Cambodge, le Mali, le Sénégal, la Tanzanie, la Thaïlande et la Tunisie par B. diallo, m. duursma, r. Jessop, a. mallek et B. van manem aFd, 2012, 138 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/d4dqaab Gouvernance locale Au Sahel, l’environnement est sujet à pres- sions : changement climatique, extraction de ressources naturelles, croissance démographi- que et urbanisation. Ces dernières années, les gouvernements du Burkina Faso, du Niger et du Sénégal ainsi que l’aide internationale ont investi plus de 1,6 milliard d’euro dans ce sec- teur. Néanmoins, la gouvernance environne- mentale locale peine à atteindre des résultats. Quels outils sont utilisés ? Quels sont les obs- tacles rencontrés ? Comment les surmonter ? Pour répondre à ces questions, l’ouvrage, collectif, démêle les entrelacements entre la gouvernance environnementale globale, nationale et locale, en analysant 59 outils d’aménagement local ainsi que 40 projets environnementaux. Il propose aussi une méthode de suivi évaluation qui est appli- quée ensuite à neuf plans et projets. Finance agricole Après cinq décennies d’interventions inter- mittentes et de libéralisation du marché fi nancier (agricole), l’agriculture dans les pays en développement et en particulier en Afrique continue d’être le parent pauvre des institutions fi nancières. Ainsi, les besoins de fi nancement d’une proportion importante d’agriculteurs, de groupements d’agriculteurs et de PME agricoles ne sont pas couverts, que ce soit en termes de crédits à la production, de soudure ou à l’investissement à moyen et long terme. Cette situation entrave forte- ment les possibilités d’évolution des systè- mes de production, de transformation et de commercialisation agricole. Cette étude transversale tire les grands ensei- gnements de l’histoire de l’intervention publi- que et des appuis apportés par les bailleurs de fonds dans le fi nancement de l’agriculture dans plusieurs pays et fait un diagnostic de la situation actuelle. Elle identifi e aussi les fac- teurs clé pour développer une fi nance agricole novatrice. Il s’agit de la réduction des coûts de prestation, de l’adaptation aux schémas de croissance agricole et aux cycles de trésorerie et de l’utilisation des chaînes de valeur pour garantir le remboursement des prêts. Coton La mise à jour de la note de synthèse sur le coton fait état des développements intervenus dans le secteur du coton depuis juillet 2011 : le marché mondial et l’importance grandissante de la Chine, l’accentuation de la volatilité des prix, l’évolution contrastée de la production dans les pays ACP, la situation en Europe, et les diff érentes politiques menées (OMC, subvention, Farm Bill, PAC, valorisation du coton africain). Note de synthèse - Secteur du coton Cta/agritrade, novembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/cvz999v Assurance agricole L’agriculture est sans aucun doute le secteur d’activité le plus infl uencé par le climat. Face à l’intensifi cation et la fréquence des évènements extrêmes, l’assurance agricole indicielle est de plus en plus considérée comme un outil d’adaptation au changement climatique. Cet article fait une synthèse des indices climatiques basés sur la pluie, le bilan hydrique, les indices de végétation, utilisés ou pouvant être utilisés dans les systèmes d’assurances agricoles indicielles. Revue des indices climatiques utilisés dans les systèmes d’assurances agricoles indicielles en Afrique par S. atta, l. Kafando et B. Sarr revue Sécheresse, volume 23, n.4, octobre-décembre 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/bnmsd7f Evaluer l’environnement au Sahel : Premières réfl exions sur la gouvernance locale Sous la direction de maurizio tiepolo Éditions l’harmattan italia, 2013, 480 p. iSBn : 978-2-236-00013-8 46 € Éditions l’harmattan italia via degli artisti, 15 10124 torino, italie Fax: +39 011 817 13 88 http://www.editions- harmattan.fr/harmattan/ pop_italia.asp POUR OBTENIR LES PUBLICATIONS les titres précédés du signe sont téléchargeables sur http://publications.cta.int. les titres précédés du logo peuvent être obtenus comme suit : Vous êtes déjà abonné(e) aux publications du CTA : n’utilisez qu’un seul canal ! • Vous avez un compte sur http:// publications.cta.int ? Connectez- vous et choisissez vos titres à concurrence de vos unités de crédit en cliquant sur “ajouter au panier” et “passer la commande”. • Pas d’accès à Internet ? Continuez à utiliser le bon de commande fourni par le Cta. Vous êtes une organisation ACP active dans l’agriculture mais n’êtes pas abonnée aux publications du CTA : demandez un abonnement via le site http://publications.cta. int, par courriel à pdsorders@ cta.int ou par la poste à Cta – pdS, po Box 173, 6700 ad Wageningen, pays-Bas. en 2013, les organisations qui s’abonnent recevront 200 unités de crédit. Celles déjà abonnées recevront 200 unités de crédit plus la moitié du nombre d’unités de crédit dépensées en 2012, soit un maximum de 400 unités de crédit. Vous n’êtes pas dans un des cas mentionnés ci-dessus : vous pouvez, soit acheter les ouvrages auprès des éditeurs ou en librairie, soit les télécharger sur http://publications.cta.int si elles sont en accès libre. plus de la moitié de nos titres sont téléchargeables gratuitement ! les titres précédés du symbole sont disponibles à l’achat chez les éditeurs mentionnés ou en librairie. @ @ PUBLiCAtioNs 24 | Spore 163 | avril-mai 2013 3 QUESTIONS À KEN LOHENTO Coordinateur du programme iCt4d À travers le projet Ardyis, le CTA met tout le talent de la jeunesse, adepte des nouvelles technologies de l’information (TIC), au service de l’agriculture. Comment avez-vous conçu ce programme ? Les nouvelles technologies de l’information permettent aux jeunes de profi ter de l’agriculture et vice versa. C’est à partir de ce constat que nous avons lancé le projet Ardyis. Pour les jeunes travaillant dans l’agriculture, ces technologies apportent une valeur ajoutée à trois niveaux. Premièrement, les TIC sont un vecteur de diff usion auprès des jeunes des possibilités off ertes dans l’agriculture et elles améliorent son image. Elles permettent aussi de cibler les jeunes sur leurs principales plateformes d’interaction : les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, etc. Deuxièmement, les TIC off rent de formidables outils de marketing et de traitement de l’information qui peuvent faciliter le développement des exploitations des jeunes agriculteurs. Enfi n, les TIC ouvrent de nouvelles possibilités de carrière dans le secteur de l’agriculture. Par exemple dans le domaine du développement ou de la fourniture de logiciels et d’applications qui améliorent le commerce et les activités agricoles. Vous avez de nouvelles activités pour le projet, pouvez-vous nous donner quelques exemples ? Le projet entre à présent dans une nouvelle phase dont les mots clés sont : innovation et esprit d’entreprise. Nous voulons mieux promouvoir les innovations TIC qui peuvent inciter les jeunes à se lancer dans l’agriculture et stimuler ainsi les possibilités d’emploi et de création d’entreprise. À cette fi n, nous coopérons avec de grandes organisations d’agriculteurs ainsi qu’avec des associations dirigées par des jeunes afi n de développer, par la formation de formateurs, les capacités TIC. Ainsi, les jeunes agriculteurs, qui peuvent se le permettre, pourront mieux exploiter ces technologies dans le traitement de leurs informations commerciales. Nous lançons actuellement un projet avec quelques organisations de jeunesse d’Afrique australe. D’autres activités sont également prévues. Par exemple une formation axée sur le développement d’applications mobiles pour l’agriculture, qui sera organisée en coopération avec des plateformes africaines pour les TIC. À côté d’Ardyis, vous avez organisé nombreuses formations au Web 2.0 et aux médias sociaux dans les pays ACP. Quelle suite comptez-vous donner à ces activités ? Une série d’organismes des ACP, qui avaient déjà participé à des séances de formation au Web 2.0, prennent actuellement l’initiative de les reproduire. Notre rôle se limite ici à apporter les moyens logistiques et le soutien technique dont ils ont besoin. Nous avons des espaces Web 2.0 dédiés permettant aux personnes formées d’interagir les unes avec les autres et de partager ou recevoir des informations de suivi en rapport avec le Web 2.0. Nous travaillons également en coopération avec des institutions qui pourront progressivement devenir des plateformes régionales et off rir ainsi des possibilités de formation à d’autres organisations. Ken Lohento, titulaire d’une maîtrise en informatique, est spécialisé dans les politiques et les diverses utilisations des TIC. Au CTA, il est en charge des questions TIC dans les projets axés sur l’agriculture et les jeunes. AGIR AVEC LE CTA www.cta.int 2 3 1 Le CTA publie une nouvelle collection : Vers les marchés En Afrique, et dans d’autres régions du monde, les petits exploitants agricoles rencontrent des diffi cultés pour commercialiser leurs produits. “Vers les marchés” – une série de publications couvrant diff érents aspects des chaînes de valeur agricoles – se propose d’apporter des solutions à ces problèmes (suite page 26). © C TA Mes 5 dates 1973 Je nais à Gbégamey, quartier des artistes à Cotonou (Bénin) 1998 Je crée l’association oridev, pionnière de la promotion des tiC pour le développement au Bénin et en afrique de l’ouest. Je fais l’expérience de la responsabilité d’employeur et deviens mon propre patron. 2002 Je deviens un mari, un heureux état à assumer 2003 Je deviens père de deux garçons la même nuit, un bonheur au quotidien 2006 mon père décède et emporte avec lui ses talents de musicien 25avril-mai 2013 | Spore 163 | Le CTA organise en partenariat une confé- rence internationale sur les technologies de l’information et de la communication au ser- vice de l’agriculture (ICT4ag). L’événement se déroulera du 4 au 8 novembre 2013, à Kigali, au Rwanda. ICT4ag, le tremplin digital de l’agriculture inclusive réunira plus de 300 agriculteurs et experts de différentes disciplines pour un échange d’expériences sur les ICT4ag. Les par- ticipants examineront comment le développe- ment des investissements et l’adoption des TIC dans le secteur de l’agriculture contribueront à améliorer les chaînes de valeur et à accroître l’effi cacité des procédures d’élaboration des politiques et de plaidoyer stratégique dans le développement agricole et rural (DAR). La session principale de la conférence se déroulera sur trois journées (du 5 au 7 novembre 2013). Elle sera précédée d’une journée “Plug and Play” (le 4 novembre) lors de laquelle les participants pourront décou- vrir et expérimenter, dans un environnement informel, des innovations, des applis mobi- les, le Web 2.0, des médias sociaux et des solutions TIC de pointe. Un ‘hackathon’ de quatre jours démarrera le 4 novembre et se déroulera parallèlement à l’événement pro- prement dit. Le 8 novembre sera réservé à une visite de terrain. Une exposition sur les innovations TIC dans l’agriculture sera orga- nisée en marge de la conférence. Les participants auront l’occasion de découvrir des opportunités passionnantes et des technologies de dernier cri. Ils échange- ront idées et connaissances et examineront les nouvelles approches, les meilleures prati- ques et les expériences. Les questions en rap- port avec l’évolution des TIC et leur impact sur le DAR, le développement des capacités, les environnements porteurs, l’amélioration de l’accès et la pérennisation de l’approche seront également à l’ordre du jour. Pour en savoir plus, consultez : www.ict4ag.org L’événement CTA 2013 Un nouvel homme de ressources Pascal Deleu nous a rejoints au poste de responsable des ressources humaines. Après avoir obtenu un MBA à l’Université du Québec à Montréal, Pascal commence sa carrière au sein du Ministère de l’Agriculture du Canada comme agent d’administration en ressources humaines et fi nances. Ses pas le conduisent ensuite à l’étranger : au Kosovo d’abord, où il passera plus de trois ans, au sein de l’Or- ganisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) puis au service de l’Union européenne (UE) comme directeur adjoint de l’administration. Au Moyen-Orient, ensuite, où il occupe un poste similaire pour l’ONU pen- dant plusieurs années. De retour en Europe, Pascal intègre les rangs d’une organisation internationale à Genève, en tant que respon- sable Politiques Ressources Humaines et Droit administratif. Pascal s’intéresse aussi au sec- teur privé : il a monté une start-up dans le secteur des nanotechnologies. Au CTA, Pascal compte bien consolider et développer les res- sources humaines afi n de “faciliter la vie des membres du personnel des opérations”. © C TA Agir AveC Le CtA Le CTA co-publie une nouvelle collection: Vers les marchés (suite de la page 25). Trois titres ont déjà été publiés. Chain Empowerment (Chaîne d’autonomisation) décrit les stratégies que les agriculteurs peuvent utiliser pour déve- lopper des marchés pour leurs produits et améliorer leurs revenus. Plusieurs études de cas sont présentées, qui documentent les succès et les échecs, et qui sont autant de pistes pour les responsables politiques et autres acteurs désireux de renforcer le pouvoir des fermiers. Trading Up (Monter en gamme) se demande comment dévelop- per la coopération entre les fermiers et les commerçants et inclut des études de cas sur des produits comme le soja, le café et le lait. Il explique également comment les systè- mes d’information sur le marché, les règles et les systèmes de récépissé d’entreposage ont contribué à améliorer le fonctionnement des marchés agricoles. Value Chain Finance (Financement de la chaîne de valeur) pré- sente des solutions à des problèmes comme le manque de liquidités et de garanties pour l’octroi de prêts afi n d’aider les entrepre- neurs des zones rurales à améliorer leur solvabilité. La publication inclut également des études du cas du monde entier et expli- que comment améliorer la rentabilité de la chaîne de valeur au bénéfi ce de toutes les personnes concernées. Le nouveau catalogue des • publications CTA 2013 est paru. Commandez-le sur http://publications.cta.int. Adepte des TIC pour le • développement ? Connectez-vous sur http:// ictupdate.cta.int et découvrez les dernières innovations au service de l’agriculture. TEXTOS 26 | Spore 163 | avril-mai 2013 Erratum Wandera Ojanji, rédacteur scientifi que au Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CimmYt) réagit à l’article publié dans la rubrique « À la une » de Spore 161: “dans l’article – « public-privé : un partenariat équitable ? » – vous avez écrit que Syngenta et l’institut de recherche agricole kenyan mettent au point – en coopération avec le CimmYt – une variété de maïs génétiquement modifi ée. J’aimerais rectifi er et préciser que le soutien de la Fondation Syngenta au CimmYt est axé sur le développement de variétés traditionnelles de maïs, au titre de l’irma iii (maïs résistant aux insectes pour l’afrique).” toutes nos excuses. Politique(s) sectorielle(s) Eric Simfukwe réagit à la lecture du point de vue d’olivier de Schutter sur l’alimentation paru dans Spore 158 : “les politiques axées sur le droit à l’alimentation doivent être bien formulées, afi n que les aspects techniques qui s’y rapportent prennent en compte les besoins des pauvres et de l’élite de la société. Ce qui importe, c’est que chaque secteur s’emploie à améliorer la situation des autres secteurs. un secteur agricole prospère contribue à la prospérité du secteur minier lorsque les politiques sont judicieusement élaborées.” À quand des chaînes de valeur profi tables pour tous ? Au sujet de notre numéro spécial Chaînes de valeur (Juillet 2012), Gwladys Fankem nous écrit : “C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je vous adresse cette lettre en tant que coordinatrice du bureau LISA-PRO spécialisé dans l’accompagnement des promoteurs lors du montage de leurs projets. A la lecture de votre numéro spécial, je me suis rendu compte de l’existence de systèmes d’échanges peu rentables dans notre économie. Je pense que ces systèmes pourraient être plus productifs en devenant de véritables chaînes de valeur. Pour ce faire, il faudrait au préalable que les diff érents acteurs et opérateurs soient suffi samment imprégnés de ces chaînes de valeur, ce qui, je crois, n’est pas encore le cas. Les chaînes de valeur trouvent toute leur importance dans les besoins et les attentes du client qui doivent être érigés comme facteurs prioritaires dont on doit tenir compte lors de la production et de la distribution. Or, dans nos circuits de produits alimentaires, les besoins des clients semblent méprisés au profi t de gains pécuniaires. J’en veux pour preuve les nombreux dérapages observés lors de la commercialisation des produits agricoles sur nos marchés, notamment l’aspersion de produits chimiques sur les fruits récoltés tels la banane plantain ou l’ananas en vue de leur mûrissement rapide, l’utilisation de pesticides non adaptés sur les légumes attaqués par des maladies foliaires, etc.” Le club des lecteurs congolais toujours à propos des chaînes de valeur et du numéro spécial de votre magazine, léon mihigo, secrétaire exécutif de remopaK (réseau des mouvements et organisations paysans de Katana, au Sud Kivu) nous explique : “Ce numéro est venu compléter ce que nous avons appris il y a deux ans avec l’iFdC. mais la vie du paysan producteur reste pitoyable en rdC, où il n’existe aucune politique agricole. a Katana, nous travaillons avec le groupement irhambi-Katana pour l’amener à mobiliser la population autour des actions communes en agriculture en imitant les autres peuples qui ont bénéfi cié des accompagnements de leurs gouvernements”. par ailleurs, Léon Mihigo a organisé un club de lecteur de Spore. “Comme nous travaillons dans l’agriculture intensive, dit-il, nous devons prendre toutes les informations relatives à l‘amélioration de l’agriculture. et Spore est imbattable dans ce domaine. il accompagne les paysans dans les nouvelles technologies et donne des informations sur ce qui se passe ailleurs. nous sommes informés grâce à Spore.” Services aux lecteurs Écrire à Spore Cta — rédaction de Spore po Box 380 6700 aJ Wageningen pays-Bas Fax : + 31 317 460067 e-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore reCevoir la verSion imprimÉe l’abonnement est : • gratuit pour les organisations et personnes actives dans le développement rural et résidant dans un pays aCp (afrique, Caraïbes, pacifi que) : s’abonner - via http://publications.cta.int en cliquant sur “demander un abonnement gratuit“ ; - par la poste (Cta Spore abonnements, po Box 173, 6700 ad Wageningen, pays-Bas) ou par courriel à spore@cta.int. • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) abonnement à souscrire auprès de Smi (distribution Services) ltd po Box 119, Stevenage hertfordshire SG1 4tp royaume-uni Fax : + 44 1438 748844 e-mail : Cta@earthprint.co.uk reCevoir le rÉSumÉ Gratuit par e-mail abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int lire SPORE Sur ÉCran • sur le Web : consultez spore.cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fi ns commerciales, demandez l’autorisation préalable Agir AveC Le CtA Boîte post@le 27avril-mai 2013 | Spore 163 | de l'agriculture inclusive le tremplin digital Conférence Internationale Cycle de conférences internationales : Repenser l’agriculture à petite échelle. 4-8 novembre 2013 Kigali, Rwanda Conférence internationale www.ict4ag.org he ro , 2 84 42 Ministry of Agriculture and Animal Resources Oeuvrer pour que les populations rurales pauvres se libèrent de la pauvreté | Spore 163 | avril-mai 2013