UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR **************** ECOLE INTER-ETATS DES SCIENCES ET MEDECINE VETERINAIRES (EISMV) Année 2018 N° 14 Etude des facteurs affectant la vaccination des ruminants domestiques dans les régions de Sikasso et Mopti, Mali Mémoire de Master en Productions Animales et Développement Durable (PADD) Spécialité : Ingénierie des Productions Animales (IPA) Présenté et soutenu publiquement le 02 Juillet 2018 à l’EISMV Par Yéna Awa Sadio Née le 03 Octobre 1993 à Bamako (Mali) MEMBRES DU JURY PRESIDENT : Mr Y. Yalacé KABORET Professeur à l’EISMV de Dakar MEMBRES : Mr Germain J. Sawadogo Professeur à l’EISMV de Dakar Mr Walter OSSEBI Enseignant-chercheur (PhD) à l’EISMV de Dakar DIRECTEURS DE MEMOIRE : Mme Rianatou BADA ALAMBEDJI Professeur à l’EISMV de Dakar Mr DIONE Michel Chercheur-Epidémiologiste (PhD) ILRI Mr WANE Abdrahmane Chercheur-Economiste (PhD) CIRAD/ILRI i DEDICACES Je dédie ce travail à : A mes parents, Sadio YENA et Halima NIAKATE; vous n'avez ménagé aucun effort pour la réussite de vos enfants, recevez ce travail comme le fruit de vos efforts et votre patience. Je vous réitère ma profonde gratitude. Que Dieu vous bénisse et vous protège! A mes frères et sœurs ; A tous mes neveux et nièces; A mon bien-aimé Lamine SAMAKE. Ce travail est l'expression de ton soutien indéniable ; A mes grands-parents ; A tous mes oncles et tantes; Aux familles KANE, TALL, SAMAKE, N’DIAYE ; A mes ainés Docteurs Vétérinaires; A tous mes camarades de la 44e promotion de l'EISMV de Dakar; A mes camarades promotionnaires du Master II PADD; A mes amis du Sénégal et du Mali; A tous les amis de la Team ICRISAT; Au Sénégal, ma terre d’accueil ; A mon pays, le Mali; A tous ceux que je ne saurais citer, mais que je porte dans mon cœur. ii REMERCIEMENTS A DIEU TOUT PUISSANT, Gloire à ALLAH grâce à qui ce travail a pu se réaliser. Nos remerciements vont à l' endroit: Du corps enseignant de l'EISMV de Dakar, pour les enseignements reçus; Du Directeur de l’ILRI- Mali, DR Abdou FALL pour son accord favorable à la réalisation de ce stage dans son Institut; Dr Dione Michel, épidémiologiste à l’ILRI, pour l’encadrement de cette étude dans la rigueur et la constance, nous ne saurions assez-vous remercier; Dr Wane Abdrahmane, économiste CIRAD/ILRI, qui a accepté d’encadrer la partie économique de cette étude ; Du Professeur Rianatou BADA ALAMBEDJI, pour avoir accepté d’encadrer et de diriger ce travail; De tous les membres de Jury; De tous le Staff de l’ILRI (Bamako, Mopti, Sikasso) et de l’ICRISAT pour leur soutien tout au long de ce travail de mémoire; Dr SOW Ahmadou, pour son appui et sa disponibilité ; De tout les acteurs de la délivrance des services vétérinaires dans les régions de Mopti et Sikasso, pour leur participation lors des activités de cette étude ; De l’USAID qui a financé cette étude dans le cadre du programme « Feed The Future Mali Livestock Scaling Technology Program » mis en œuvre par ILRI au Mali ; De tous ceux que je n'ai pas cités et qui de près ou de loin nous ont soutenus. Ce modeste travail n'aurait pu être réalisé sans l'apport des uns et des autres. iii RESUME L’élevage au Mali rencontre de nombreuses difficultés pour son essor. Parmi elles, les difficultés d’ordre sanitaire causées particulièrement par la grande prévalence de maladies contagieuses, endémiques suite à une mauvaise couverture vaccinale lors des différentes campagnes de vaccination dans le pays. L’une des causes des échecs enregistrés lors de ces campagnes de vaccination est la faible participation des éleveurs qui sont le maillon central de celles-ci. C’est dans le but de connaitre facteurs qui affectent la participation des éleveurs à la vaccination que cette étude a été menée. Il s’agissait dans un premier temps de déterminer les différents acteurs qui contribuent à la vaccination et dans un second temps d’évaluer la propension des éleveurs à vacciner « Willingness to vaccinate » et à payer pour la vaccination « willingness to pay for vaccination » (WTP) des animaux. Des enquêtes ont été réalisées auprès des éleveurs de Mopti et Sikasso. Les questions principales d'enquête portaient sur l’état de connaissance des éleveurs sur la vaccination, leur perception de la vaccination, les moyens et moments de communication, la convenance des périodes de vaccination, l’accès à la vaccination, les causes de refus de la vaccination et enfin la propension des éleveurs à payer pour la vaccination en fonction de deux attributs que sont : la « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » et la « QUALITE DU VACCIN ». La population d’enquête était constituée au total de 304 éleveurs. Majoritairement des hommes (90,8%), ils avaient pour la plupart un âge compris entre 36 et 50 ans, n’avaient pour près de la moitié aucun niveau d’alphabétisation (49, 7%).Généralement propriétaires des animaux qu’ils possèdent, ils pratiquaient le système de production semi- intensif (69,7%) et étaient majoritairement des agro-éleveurs (68,4%). A l’issue des enquêtes, le type d’éleveur refusant la vaccination était uniquement constitué des hommes (3%). Les éleveurs refusant la vaccination avaient majoritairement un âge compris entre 36-50 ans sans niveau d’instruction, majoritairement basé à Sikasso. Les principales causes évoquées pour ce refus étaient nombreuses. Parmi elles, il y a l’automédication (39,1%), la souvenance d’un évènement dissuadant (14,8%), l’éloignement et le manque de parc de vaccination (12,5%), le manque d’information (8,2%), la non-efficacité des agents de santé animale (5,9%), le prix élevé des vaccins (5,3%), etc. La propension à payer (PAP) était élevée et se situait entre l’offre initiale (150FCFA or USD0.3 and 250F of USD0.5) et la seconde offre (180F or USD0.35 et 300F or USD0.6) pour plus de 80% des éleveurs quel que soit l’attribut proposé (distance, qualité). Les types d’éleveurs pour qui la PAP était la plus élevée étaient ceux de la région de Mopti, ceux ayant pratiqué l’école coranique, ceux pratiquant l’élevage semi intensif. La PAP pour l’attribut « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » était plus élevée pour les plus âgés tandis que les plus jeunes optaient pour l’attribut « QUALITEDU VACCIN ». À la lumière des résultats de cette étude et des discussions relatives à la thématique, des recommandations ont été formulées afin d’améliorer ultérieurement la vaccination des animaux dans les années à venir. Elles étaient adressées à : (i) l’état pour une amélioration de l’exercice des services et des agents en charge de la vaccination, (ii) aux services vétérinaires et enfin les dernières ont été faites pour une meilleure implication et sensibilisation des éleveurs. iv SUMMARY The livestock farming in Mali faces many constraints affecting its development. High prevalence of contagious and endemic diseases is a major constraint because of poor implementation of vaccination strategies. One of the causes of vaccination campaigns is the low participation of farmers who are the main actors. This study was conducted to determine the factors that affect the participation of farmers to vaccination. The first objective was to determine the different actors who contribute to the vaccination process and the second objective was to assess the willingness of the farmers to vaccinate and their Willingness to Pay (WTP) for vaccination. A survey was carried out among 304 farmers in Mopti and Sikasso regions. The main questions focused on the state of knowledge of the farmers on vaccination, their perception of vaccination, means and period of communication, convenience of periods of vaccination, their access to vaccination, the causes of their reluctance to vaccination and finally their WTP for vaccination considering two attribute such as “DISTANCE FROM THE PLACE OF VACCINATION” and the “QUALITY OF THE VACCINE”. Generally, farmers practiced semi-intensive production system (69,7%) and were mostly agro-pastoralists (68,4%). Mostly men farmers aged between 36 and 50 years (90,8%) participated to vaccination; nearly half of farmers who participated to vaccination were illiterate (49.7%). The type of farmers refusing vaccination was made only by men (3%). The breeders refusing the vaccination were mostly aged between 36-50 years old without literacy, mostly based in agro-pastoral areas. The principal causes of non-adherence to vaccination were many: Among them, there is self-medication (39,1%), remembrance of a deterrent event (14,8%), remoteness and lack of vaccination parks (12,5%), lack of information (8,2%), non- effectiveness of animal health workers (5,9%), and the high cost of vaccination (5,3%). The WTP was high and situated between the initial offer (150FCFA or USD0.3 and 250F of USD0.5) and the second offer (180F or USD0.35 et 300F or USD0.6) for more than 80% of farmers for all attributes. The types of farmers for whom the WTP was the highest were those of the pastoral areas (Mopti), those who practiced coranic school and those practicing semi-intensive breeding. The WTP for the attribute « DISTANCE FROM THE PLACE OF VACCINATION » was the highest for the oldest while the youngest opted for the attribute « QUALITY OF THE VACCINE ». In the light of the results of this analysis, two major recommendations were made to improve disease control through vaccination: (i) capacity building of Government services and their agents in charge of vaccination, (ii) more involvement and sensitization of farmers about importance of vaccination. v LISTE DES SIGLES ET DES ABREVIATIONS AAT : Trypanosomiases Animales Africaines ACTED : Agence d'Aide à la coopération technique et au développement ANAVEM : Association Nationale des Vétérinaires Mandataires du Mali AVSF : Agronomes et Vétérinaires Sans Frontière CEDEAO : Communauté des États d’Afrique de l’Ouest COMEV : Collectif des vétérinaires du Mali DNCB : Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine DNPIA : Direction Nationale des Productions et Industries Animales DNSV : Direction Nationale des Services Vétérinaires FCFA : Franc de la Communauté Financière en Afrique FTF-MLTS : Feed The Future- Mali Livestock Technology Scaling ILRI : International Livestock Research Institute LCV : Laboratoire Central Vétérinaire OIE : Organisation mondiale de la santé animale OMS : Organisation Mondiale de la Santé PAP : Propension A Payer PIB : Produit Intérieur Brut PPCB : Péripneumonie Contagieuse Bovine PPR : Peste des Petits Ruminants SPSS : Statistical Package for the Social Sciences UBT : Unité de Bétail Tropical UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africain vi LISTE DES FIGURES Figure 1: Evolution des effectifs du cheptel malien de 2006 à 2015 ....................................................3 Figure 2: Répartition des espèces animales par région au Mali ...........................................................4 Figure 3: Localisation de la zone d’étude au Mali ...............................................................................8 Figure 4: Différentes méthodes d’évaluation de la PAP .................................................................... 10 Figure 5: Tranche d’âge des éleveurs de Mopti et Sikasso ................................................................ 12 Figure 6: Niveau d'alphabétisation des éleveurs de Mopti et Sikasso ................................................ 12 Figure 7: Activité primaire des éleveurs de Mopti et Sikasso ............................................................ 12 Figure 8: Taille du troupeau bovin des élevages de Mopti et Sikasso ................................................ 13 Figure 9: Taille du troupeau de petits ruminants des élevages de Mopti et Sikasso ............................ 13 Figure 10:Mode d'acquisition des animaux à Mopti et à Sikasso ....................................................... 13 Figure 11:Système de production par région enquêtée au Mali ......................................................... 13 Figure 12: Objectif de la vaccination des éleveurs de Mopti et Sikasso ............................................. 14 Figure 13:Moment propice des vaccinations d’après des éleveurs de Mopti et Sikasso...................... 14 Figure 14: Habitude à vacciner et sexe des éleveurs de Sikasso et Mopti .......................................... 15 Figure 15:Habitude à vacciner et l’âge des éleveurs de Sikasso et Mopti .......................................... 15 Figure 16:Habitude à vacciner et propriétaire d'animaux des élevages de Sikasso et Mopti .............. 16 Figure 17: Information lors des campagnes des éleveurs de Sikasso et Mopti ................................... 16 Figure 18: Moment d'information des éleveurs de Sikasso et Mopti .................................................. 16 Figure 19: Localité non concernée par la vaccination à Sikasso et Mopti .......................................... 17 Figure 20: Convenance des périodes de vaccination des éleveurs de Sikasso et Mopti ...................... 17 Figure 21:Refus de vacciner ............................................................................................................. 18 Figure 22: Rappel d’un évènement dissuadant .................................................................................. 19 LISTE DES TABLEAUX Tableau I : Principales causes de refus de vaccination des éleveurs de Sikasso et Mopti ................... 18 Tableau II Principales raisons pour la pratique de l’automédication ................................................. 19 vii TABLE DES MATIERES INTRODUCTION .................................................................................................................. 1 PARTIE I : REVUE DE LA LITTERATURE ........................................................................ 3 CHAPITRE I : PRESENTATION DE L’ELEVAGE AU MALI ......................................... 3 1. Effectif du cheptel malien ......................................................................................... 3 2. Répartition des espèces animales exploitées au Mali ................................................. 3 3. Systèmes et zones de production du bétail au Mali ................................................... 4 4. Contraintes de l’élevage au Mali ............................................................................... 5 CHAPITRE II : GENERALITES SUR LA VACCINATION DES ANIMAUX AU MALI ................................................................................................................................. 5 1. Maladies à vaccination obligatoire au Mali ............................................................... 5 2. Période et fréquence des vaccinations ....................................................................... 6 3. Acteurs de la délivrance des vaccinations au Mali .................................................... 6 4. Production des vaccins ............................................................................................. 6 5. Prix des vaccins ........................................................................................................ 6 6. Contraintes à la vaccination des animaux au Mali ..................................................... 7 PARTIE II : ETUDE EXPERIMENTALE ............................................................................. 8 CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODE ...................................................................... 8 I. MATERIEL ................................................................................................................. 8 1. Zone d’étude ............................................................................................................ 8 2. Matériel d’évaluation de la propension à payer (PAP) .............................................. 9 II. METHODOLOGIE .................................................................................................. 9 1. Echantillonnage ........................................................................................................ 9 2. Analyse des données............................................................................................... 11 3. Méthode d’évaluation de la propension à payer (PAP) ................................................10 CHAPITRE II : RESULTATS ET DISCUSSION ...................................................................12 I. RESULTATS ........................................................................................................................12 1. Caractérisation de la population cible et leur cheptel ....................................................12 1.1. Description de la population d’enquête ..................................................................12 1.2. Description du cheptel ............................................................................................13 2. Propension à vacciner ....................................................................................................14 2.1. Perception de la vaccination par les éleveurs .........................................................14 2.2. Habitude de vacciner ..............................................................................................15 2.3. Communication sur la tenue des campagnes de vaccination .................................16 viii 2.4. Accès à la vaccination ............................................................................................17 2.5. Disponibilité des éleveurs pour la vaccination ......................................................17 2.6. Refus de la vaccination ..........................................................................................18 3. Propension à payer pour la vaccination des animaux par les éleveurs .........................20 3.1. Relation entre la propension à payer pour la vaccination et la distance ................20 3.2. Relation entre la propension à payer pour la vaccination et la qualité des ...........21 vaccins ............................................................................................................................21 3.3. Caractéristiques des éleveurs en fonction de la PAP .............................................21 3.3.1. Caractéristique des éleveurs en fonction de l’attribut « DISTANCE DU ..................21 LIEU DE VACCINATION » ................................................................................................21 3.3.2. Caractéristiques des éleveurs en fonction de l’attribut « QUALITE DU ...................22 VACCIN » .............................................................................................................................22 II. DISCUSSION ...............................................................................................................22 1. Connaissance de la vaccination ....................................................................................22 2. Communication .............................................................................................................22 3. Accessibilité aux vétérinaires .......................................................................................23 4. Période des vaccinations ...............................................................................................23 5. Prix des vaccins ............................................................................................................24 6. Propension à payer pour la vaccination des animaux ...................................................24 RECOMMANDATIONS ..........................................................................................................25 CONCLUSION .........................................................................................................................27 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE ....................................................................................28 WEBOGRAPHIE ......................................................................................................................31 1 INTRODUCTION L'élevage malgré qu’il soit pratiqué sur toutes les zones agro-écologiques du Mali et bien qu’ayant des importances numériques, économiques et sociales, fait le plus souvent face à de nombreux défis. En effet, à l’instar de la plupart des pays en voie de développement, l’élevage au Mali est sujet d’énormes obstacles du fait des lourdes pertes directes et indirectes régulièrement constatées, avec à l’origine des causes diverses (APESS, 2014).Ces contraintes sont dominées par celles qui sont d’ordre sanitaire occasionnées par de graves maladies contagieuses qui sévissent sous forme d’épizooties mais aussi la résilience de certaines maladies provoquant la mortalité des animaux, la baisse de la productivité et de la production, la difficulté d’accès des animaux et des produits d’origine animale au marché international, etc. (MALI/MEP/DNSV, 2016). Au vu, de tous ces dégâts, pour atténuer et pallier ces pertes, l’Etat malien a instauré depuis des années, des campagnes de vaccination contre certaines maladies légalement réputées contagieuses. Malgré ces dispositions, des pertes sont périodiquement constatées, témoignant de la non-efficacité des stratégies de lutte mises en place. En effet, lors des campagnes de vaccination les résultats escomptés ne sont quasiment jamais atteints et nombreux sont les problèmes qui sont indexés pour cette défaillance. Parmi eux, il y a l’opposition de certains éleveurs à la vaccination de leurs animaux qui constitue une entrave majeure dans la réalisation des différentes vaccinations (DEULEU, 2014). A cause des questions de confiance, de complaisance et de commodité, les éleveurs détenteurs et acteurs principaux de la gestion des animaux- peuvent refuser les différentes vaccinations pour une raison ou pour une autre (OMS, 2015). De plus, dans certaines régions du Mali, dont la région de Mopti, le bétail transhumant et semi-sédentaire qui se trouve très souvent en déplacement peut rater les campagnes de vaccination (VAUDAUX, 2010). Ainsi, au vu des échecs enregistrés lors des campagnes de vaccination antérieures, bon nombre de structures vétérinaires et d’institutions dans le domaine de l’élevage tentent conjointement d’apporter des solutions pour une redynamisation de celles-ci. C’est dans ce cadre que l’Institut International de Recherche sur l’élevage (ILRI) met en œuvre un programme dénommé « Feed the Future Mali Livestock Technology Scaling Program (FTFMLTS) » qui compte utiliser diverses stratégies et interventions innovatrices pour s'assurer que la productivité du bétail est améliorée et les contraintes d'accès au marché sont allégées. Parmi elles, la réalisation de la présente étude dont l’objectif principal est de déterminer les facteurs à l’origine de la réticence des éleveurs lors des campagnes de vaccination dans les régions de Sikasso et de Mopti à travers une caractérisation de la population cible et leur cheptel ; une évaluation de la propension des 2 éleveurs à vacciner et à payer pour bénéficier de la vaccination. Pour ce faire, ce travail se subdivise en deux grandes parties ayant chacune deux chapitres : une première partie sur la revue de littérature et une seconde partie relative au travail personnel. La première partie va porter sur la présentation de l’élevage au Mali et celle des généralités de la vaccination au Mali. La deuxième partie sera axée sur le matériel et les méthodes utilisés, les résultats obtenus et leur discussion pour finir par une conclusion et des recommandations. 3 PARTIE I : REVUE DE LA LITTERATURE CHAPITRE I : PRESENTATION DE L’ELEVAGE AU MALI 1. Effectif du cheptel malien Les estimations du cheptel se basent sur les recensements effectués lors des campagnes de vaccination, des enquêtes menées auprès des propriétaires sédentaires et transhumants ou encore par l’exploitation de photos aériennes. Depuis le recensement national du cheptel de 1991, aucun recensement exhaustif du cheptel n’a été mené jusqu’à ce jour. Actuellement l’effectif du cheptel est évalué grâce à ce dénombrement auquel on applique des taux de croît moyens annuels de 3 % pour les bovins, 5 % pour les ovins/caprins, 2 % pour les équins, 2 % pour les asins, 2% pour les camelins et 1,2 % pour les porcins (MALI/MEP/DNPIA, 2015). Ces estimations ont permis d’obtenir le tableau suivant (figure 1): Figure 1: Evolution des effectifs du cheptel malien de 2006 à 2015 (Source : MALI/MEP/DNPIA, 2015) 2. Répartition des espèces animales exploitées au Mali L’élevage est pratiqué un peu partout sur le territoire malien. Les espèces les plus exploitées sont les bovins, les petits ruminants et les camelins ; Mopti, Sikasso et Koulikoro sont les principales régions d’élevage de bovins. L’élevage des petits ruminants est le plus localisé au Nord et au Nord-Est avec les plus grands effectifs dans les régions de Gao et Mopti suivies des régions de Tombouctou et Kidal. L’essentiel des camelins élevés dans le pays est localisé dans les régions du nord, notamment la région de Kidal qui est la première région d’élevage de camelins, suivies de Gao et de Tombouctou (N’DIAYE, 2014 ; MALI/MEP/DNPIA, 2015) (figure 2). 0 5 000 000 10 000 000 15 000 000 20 000 000 25 000 000 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Année Bovins Ovins Caprins Equins Asins Camelins Porcins N o m b re d e t ê te 4 Figure 2: Répartition des espèces animales par région au Mali (Source : MALI/MEP/DNPIA, 2015) 3. Systèmes et zones de production du bétail au Mali Deux systèmes de production existent au Mali. Ce sont les systèmes pastoraux constitués de l’élevage nomade et transhumant et le système agropastoral représenté par l’élevage sédentaire. - Le système pastoral Au Mali, les élevages transhumants et nomades concernent environ 70 à 80% du cheptel national et 15% des éleveurs (HAM et al., 2011). Dans ce type de production, 90% de la consommation du troupeau est issue du pâturage et des parcours localisés principalement en dehors des zones arides et semi-arides (FAO, 2011). Ce sont généralement les tribus peulhs, maures de même que les Touaregs qui sont des pasteurs de profession au Mali. A eux, s’ajoutent quelques Dogon et Bambara agriculteurs du pays dogon qui confient leurs animaux aux bergers peulhs de même que quelques ressortissants de Gao et Tombouctou (TOGO, 2009). Le nomadisme se distingue de la transhumance qui ne concerne que des éleveurs conduisant périodiquement des troupeaux sur des pâturages saisonniers à partir d'une implantation permanente. - Le système agro-pastoral Dans ce système, l'animal est nourri essentiellement des résidus de récolte et des sous-produits agricoles tandis que la culture profite à la fois du travail fourni par les animaux mais aussi de la fumure qu’ils produisent. Le système agropastoral concerne 23% du territoire malien et contribue à hauteur de 10 à 50% au revenu des ménages (BONFOH, 2003) (REPOL, 2013). 5 Cette situation est la plus rencontrée dans le Sud du pays avec 65,7% d’éleveurs sédentaires dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou (APESS, 2014). 4. Contraintes de l’élevage au Mali Malgré son fort potentiel, l’élevage au Mali est confronté à de nombreuses difficultés. En effet, la persistance de problèmes d’ordre sanitaire, alimentaire et l’absence de véritables débouchés commerciaux constituent les principales contraintes freinant le développement du secteur élevage au Mali (VAUDAUX, 2010). Avec, une santé animale dominée par de nombreuses pathologies infectieuses (PPCB, PPR, dermatose nodulaire contagieuse, fièvre charbonneuse, charbon symptomatique, pasteurelloses) ou parasitaires (trypanosomose, tiques, cowdriose, parasitisme digestif), l’élevage au Mali se trouve en constante régression (MALI.MEP.CPS, 2016). De plus avec les contraintes d’ordre climatique, causées par les sécheresses successives, la variabilité des précipitations, la précarité et l’insuffisance des ressources fourragères et hydrauliques, l’espace pastoral se voit continuellement en rétrécissement rapide rendant encore plus difficile l’alimentation des animaux (RPCA, 2010). Outre les contraintes liées à la production, il y a aussi la faible potentialité des animaux, les prix non incitatifs à la production et à la vente, les entraves à la mobilité entre les pays qui sont à l’origine de la non-compétitivité de cette activité. A ceux-là s’ajoutent d’autres problèmes qui empiètent sur le développement de l’élevage au Mali comme les conflits entre agriculteurs et éleveurs, l’urbanisation et surtout l’insécurité dans certaines zones du Mali. CHAPITRE II : GENERALITES SUR LA VACCINATION DES ANIMAUX DOMESTIQUES AU MALI La vaccination est l’administration d’un vaccin dans le but de protéger l’organisme contre une ou plusieurs maladies, ou pour combattre une maladie déjà déclarée en augmentant la résistance de l’organisme (DOCTISSIMO, 2014). Elle consiste à injecter dans celui-ci une forme modifiée et inoffensive du virus ou de la bactérie responsable de la maladie, afin de stimuler les défenses immunitaires (FRANCE.INVS, 2016). La vaccination est considérée comme l'un des plus grands progrès de la médecine moderne. Depuis son invention au milieu du XIXème siècle, elle a permis d'éradiquer certaines maladies animales, notamment la peste bovine, déclarée éradiquée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) en 2011 (FRANCE- SOIR, 2011). 1. Maladies à vaccination obligatoire au Mali 6 Au Mali, la vaccination annuelle du cheptel ruminant contre les épizooties majeures des animaux concerne la Péri- Pneumonie Contagieuse Bovine (PPCB), la Dermatose Nodulaire Contagieuse Bovine (DNCB), la clavelée, la fièvre aphteuse, les pasteurelloses, les charbons bactéridien et symptomatique et la Peste des Petits Ruminants (PPR) (COULIBALY et KOUYATE, 2014 ; MALI/MEP/DNSV, 2016). 2. Période et fréquence des vaccinations Les différentes campagnes de vaccination sont organisées chaque année au Mali entre le mois d’octobre et le mois de mars (VAUDAUX, 2010). En fonction du type de vaccin utilisé pour les différentes maladies un rappel peut être fait (cas des vaccins inactivés ou tués). Par exemple, chez les bovins, la vaccination contre la PPCB est effectuée une fois par an tandis que celle de la pasteurellose bovine l’est deux fois (chaque six mois). 3. Acteurs de la délivrance des vaccinations au Mali De nombreux intervenants aux formations diverses peuvent être prestataires de vaccination. Selon le décretN°95-372/P-RM du18 octobre1995 régit sur la réglementation de la police sanitaire des animaux : « Les agents du service de l’élevage et les titulaires du mandat sanitaire et tout autre professionnel agissant sous leur responsabilité sont chargés d’assurer la police sanitaire des animaux » (MALI,1995). Cependant, avec l’instauration de la privatisation du secteur vétérinaire en 1996, la priorité a été donnée aux mandataires pour effectuer la vaccination massive du cheptel national (PAUL, 2005). Par ailleurs, les mandataires n’étant pas en nombre suffisant pour recouvrir les besoins, la vaccination est assurée par les agents des services vétérinaires (secteurs et postes vétérinaires) dans les zones ne bénéficiant pas de l’intervention de ces derniers. Ces deux principaux acteurs se font aider par des techniciens d’élevage et/ou des auxiliaires. 4. Production des vaccins Grâce au Laboratoire Central Vétérinaire (LCV), la quasi-totalité des vaccins administrés aux animaux sont des productions maliennes (CHENEAU, 1985 ; BAMADA.NET, 2017). En effet, le LCV en service depuis 1979, assure l’approvisionnement de différents vaccins pour le Mali et même au-delà de ces frontières dans plusieurs pays de la sous-région notamment au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry, en Guinée Bissau, en Mauritanie et même plus loin au Gabon, en Angola et en République démocratique du Congo (COULIBALY et KOUYATE, 2014). 5. Prix des vaccins 7 Les vaccins contre la PPR, la PPCB, les Pasteurellose Bovine et ovine sont produits au niveau du LCV à un prix unitaire de 25 F CFA. Cependant, ces vaccins ne peuvent être acquis que par le biais du collectif des vétérinaires mandataires (COMEV, ANAVEM) ou à travers les services vétérinaires. L’association des mandataires procure à ces membres le vaccin à un prix unitaire de 30 ou 32 F CFA. Ces mandataires à leurs tours fixent le prix de ces différents vaccins à Sikasso et à Mopti à des prix allant de 150 F CFA minimum à un prix maximum de 250 F CFA aux éleveurs. Ces prix résultent de différents facteurs que sont : la région, la distance qu’ils parcourent pour parvenir aux éleveurs, le maintien de la chaîne de froid, le stockage, les prestations cliniques, etc. (Communication orale, 2018 : LCV, DNSV, ANAVEM) 6. Contraintes à la vaccination des animaux au Mali Bien qu’étant nombreuses, les contraintes bloquant la bonne démarche des campagnes de vaccination sont dominées par un certain nombre de facteurs dont les ruptures de vaccins (SOGODOGO, 2017), le refus de la vaccination par les éleveurs (MAHÉ,2014), l’accessibilité aux services vétérinaires (AVSF, 2013), l’insécurité (DNSV, 2016) et les contraintes sévissant au niveau des agents vaccinateurs les empêchant d’effectuer correctement la vaccination des animaux (AVSF, 2012 ; DNSV, 2016 ; IPAR, 2017). 8 PARTIE II : ETUDE EXPERIMENTALE CHAPITRE I : MATERIEL ET METHODE I. MATERIEL 1. Zone d’étude La présente étude est réalisée dans le cadre du projet FTF-MLTS, de ce fait, les zones concernées par cette étude sont celles du champ d’action dudit projet. En effet, le projet couvre trois régions du Mali à savoir les régions de Mopti, Sikasso et Tombouctou qui sont parmi les plus grandes zones de production de bétail. Suite aux différents troubles qui sévissent dans le nord du pays, cette étude n’a concerné que les régions de Sikasso et Mopti (figure 3). Figure 3: Localisation de la zone d’étude au Mali (Source : YENA Awa. S) - La région de Sikasso Sikasso, la 3e région administrative du Mali, est entre la latitude 11°19′03″ Nord et la longitude 5°39′59″ Ouest. Elle est située à 360 km de Bamako et à environ 100 km des frontières ivoirienne et burkinabé. La région couvre une superficie de 940 km² et a une pluviométrie annuelle variant entre 1500 mm au sud et 700 mm au nord (COULIBALY, 2008). En plus de cette forte pluviométrie, la région est arrosée par quatre grandes rivières à savoir le Sankarani, le Baoulé, le Bafing et le Bagoé. De par ces fortes ressources hydrauliques, Sikasso était considérée dans le passé comme une zone purement agricole, cependant de nos jours, elle est la deuxième région d’élevage du pays après Mopti du fait de son abondance fourragère (MALI/ARS/2004). De ce fait, l’économie de la région repose sur un système agro-sylvo- pastoral avec à la fois une forte pratique de l’agriculture et l’élevage. - La région de Mopti Au centre du Mali, la région de Mopti se situe entre le 14°29’ nord et le 3°11’ Ouest. Elle couvre une superficie de 79 017 Km², soit 6,34 % du territoire national (MALI/CSA/PROMISAM, 2011). La région a une moyenne pluviométrique annuelle qui varie entre 600 et 700 mm 9 (MALI/CSA/PROMISAM, 2006). Le principal cours d’eau est le fleuve Niger avec 262 km de parcours dans la région. L’agriculture, l’élevage et la pêche sont les principales activités économiques de la région, de ce fait il existe deux principaux modes d’élevage à savoir l’élevage sédentaire et l’élevage transhumant. - Justification du choix des zones Le choix des deux zones d’étude (Mopti et Sikasso) se base sur les différences qui existent entre les systèmes de production qu’elles abritent. En effet, la région de Mopti abrite le système de production pastorale tandis que la région de Sikasso est la représentation du système de production agro-pastoral. 2. Matériel d’évaluation de la propension à payer (PAP) Pour pouvoir évaluer la propension des éleveurs à vacciner ou à payer pour la vaccination de leurs animaux, un ensemble de questions sous forme d’enquête a été administré de façon à identifier les types d’éleveurs qui se montrent hésitants face à la vaccination et les différentes causes les poussant à refuser la vaccination de leurs animaux. Outre le consentement à vacciner, il a aussi été évalué la propension à payer (PAP) des éleveurs pour la vaccination de leurs animaux. La PAP est définie comme étant le prix maximum qu’un acheteur consent à payer pour une quantité donnée d’un bien ou d’un service (KALISH et NELSON, 1991 ; KOHLI et MAHAJAN 1991 ; WERTENBROCH et SKIERA, 2002). Cet outil permet de connaître la valeur que les consommateurs attribuent aux produits et le surplus qu’ils sont prêts à payer par rapport à l'influence d'une caractéristique donnée. Ainsi, la PAP est fonction de la quantité. Plus la quantité réelle ou perçue est importante, plus la propension à payer est élevée. II. METHODOLOGIE 1. Echantillonnage Les enquêtes sur la propension à vacciner et à payer pour la vaccination ont concerné des éleveurs localisés dans les communes d’actions du programme FTF-MLTS en fonction des critères sécuritaires et logistiques. Dans les différentes communes choisies, au total 300 éleveurs ont été choisis sur la base des informations que nous avons obtenues sur les bénéficiaires du projet dans les 2 régions. Ainsi, avec N= 4254 (nombre de bénéficiaires dans les deux régions, une prévalence des éleveurs réticents à la vaccination de leurs animaux(p) de 0,7 a été prise sur la base de l’opinion des experts et une marge d’erreur (e) de 5%, avec z=1,96 pour un intervalle de confiance de 95%. La taille d’échantillon a été de 299,90 ≈ 300 suite à un calcul avec l’équation suivante : 10 Ainsi dans chaque région (Sikasso, Mopti), 150 éleveurs ont été sélectionnés. Quant au choix des éleveurs, il s’est basé sur le fait qu’ils possèdent au moins des petits ruminants ou en plus des bovins parce que le projet a en objectif de diffuser un nouveau vaccin contre la PPR et a une vue sur le problème des faibles effectifs de vaccination qui concerne surtout les petits ruminants. 2. Méthode d’évaluation de la propension à payer (PAP) De nombreuses méthodes ont été développées en marketing et en économie pour mesurer la PAP (GALL-ELY, 2010). Cependant pour cette étude, c’est la méthode fondée sur l’expression des éleveurs utilisant l’évaluation contingente (« closed-ended contingent valuation ») au travers d’une enquête (PAP déclarée) qui a été utilisée (figure 4) (WEISSLINGER, 2015). Dans ce cas, la PAP est évaluée à l’aide d’un questionnaire mené auprès de divers éleveurs. Figure 4: Différentes méthodes d’évaluation de la PAP Quant à l’évaluation de la propension à payer pour la vaccination contre la PPR, la PPCB, les pasteurelloses bovine et ovine, il a été proposé à chaque éleveur enquêté deux offres de prix en fonction des caractéristiques que sont : la distance au point de vaccination et la qualité du vaccin. Ces éleveurs ont indiqué s’ils consentent à payer le prix indiqué. Si la première offre est acceptée, une seconde offre à un prix plus élevé lui a été proposée. Inversement, si la première offre est rejetée, une seconde proposition avec un prix plus faible a été émise. Dans 11 notre questionnaire, après une explication détaillée des prix issus du déploiement des différents vaccins (cf : prix des vaccins), une série de questions a été posée dans ce sens. 3. Collecte des données La collecte des données s’est faite avec le logiciel ODK à l’aide de tablettes, par la suite, elles ont étés recueillies dans un server pour une extraction en fichier EXCEL. 4. Analyse des données Toutes les données de cette étude ont été statistiquement analysées grâce au logiciel SPSS© [version 23.0 x 64]. A travers une analyse descriptive des données (proportion, pourcentage, croisement des variables, calcul de la p value), le type d’éleveurs réticents à la vaccination a été déterminé. Par la suite, les graphiques ont été réalisés grâce au logiciel EXCEL © 2013. Pour conclure l’évaluation de la propension à payer pour chaque éleveur, quatre séquences de réponse ont été possibles : « oui-oui » ; « oui-non » ; « non-oui » ; « non-non ». En fonction des différentes réponses émises, la propension à payer pour la vaccination a ainsi été déterminée en la classant entre différentes fourchettes. Ainsi pour « oui-oui », la propension à payer des éleveurs est supérieure à l’offre la plus élevée ; pour « oui-non », la PAP se situe entre l’offre initiale et la deuxième offre ; pour « non -oui », la PAP se situe en dessous de l’offre initiale ; pour « non-non », la PAP est inférieure à l’offre la plus faible. 12 CHAPITRE II : RESULTATS ET DISCUSSION I. RESULTATS 1. Caractérisation de la population cible et son cheptel 1.1. Description de la population d’enquête L’enquête sur la propension à payer a concerné au total 304 éleveurs. Ces enquêtés étaient à 50,3% dans la région de Mopti et à 49,7% localisés dans la région de Sikasso. Ils étaient majoritairement des hommes avec une représentation de 90,8%, et avaient pour la plupart (49,7 %) un âge compris entre 36 et 50 ans (figure 5).Près de la moitié des répondants (49,7%) n’ont aucun niveau d’alphabétisation, par contre, 32,9% ont fait l’école coranique et seulement 17,4% ont eu une instruction à l’école française (figure 6).Ces derniers ont pour la plupart un niveau primaire. Ces éleveurs étaient à 96,1% propriétaires des animaux qu’ils détenaient. Ce sont les agriculteurs qui ont plus fait l’objet de cette enquête (68,4%) (figure 7). La majorité de ces agriculteurs étaient localisés dans la région de Sikasso tandis que les agro- éleveurs ont été plus recensés à Mopti. Figure 5: Tranche d’âge des éleveurs de Figure 6: Niveau d'alphabétisation des Mopti et Sikasso éleveurs de Mopti et Sikasso 13 Figure 7: Activité primaire des éleveurs de Mopti et Sikasso 1.2. Description du cheptel Les animaux que possédaient les éleveurs étaient des bovins dans 40,3% des cas, des ovins à 36,3% et des caprins à 23,4%. Dans toutes les deux régions, le cheptel d’enquête était dominé par l’espèce bovine. Cependant la proportion des petits ruminants détenus par les femmes (66%) dépassait légèrement celle des hommes (59%). Le nombre de bovin que possédaient ces éleveurs variait le plus entre 1-5 têtes (28,9%) (figure 8), quant aux petits ruminants, ils comptaient entre 6 -10 têtes (39,8%) dans la plupart des cas (figure 9). Figure 8: Taille du troupeau bovin des élevages de Mopti et Sikasso Figure 9: Taille du troupeau de petits ruminants des élevages de Mopti et Sikasso Notons que pour la majorité des répondants, l’acquisition des animaux était faite par héritage (79,6%) (figure 10). Ces animaux étaient entretenus et nourris le plus selon un système de production semi-intensif (69,7%), et cela a été le cas dans les deux régions. Cependant, le système semi-intensif était plus pratiqué à Sikasso qu’à Mopti, alors que le contraire était observé pour le système intensif (figure 11). 14 2. Propension à vacciner Pour introduire la propension des éleveurs à vacciner leurs animaux, nous allons faire une analyse entre les caractéristiques de la population enquêtée et certains facteurs de la vaccination parmi lesquels la communication, l’accessibilité, le refus de la vaccination, etc. et cela afin de déceler des relations significatives entre ces différents paramètres. 2.1. Perception de la vaccination par les éleveurs Sur l’ensemble des éleveurs, seuls 3,6% (11 personnes) pensent que la vaccination n’est pas bénéfique pour leurs animaux. Ces éleveurs sont localisés uniquement à Mopti avec p < 5% donc cette affirmation est dépendante de la région. Le reste des répondants pensent le contraire, et l’expliquent par la prise de poids des animaux (50,9%) et l’accroissement du cheptel (49,1%). De façon générale, les éleveurs ont une bonne perception des atouts de la vaccination car, ils étaient d’accord avec plusieurs assertions sur les bienfaits de celle-ci. Cependant, l’étendue de cette connaissance semble être limitée car, 44,1% (134 personnes) d’entre eux pensent que vacciner leurs animaux ne permettait pas de protéger ceux des autres. Cette limite de connaissance est aussi remarquable car pour 29,2% des répondants, la vaccination sert à soigner les animaux malades et pour 24,3% à engraisser les animaux (figure 12). Toutefois, pour la majorité des répondants, les animaux doivent être vaccinés avant l’apparition de la maladie dans leur élevage (66,4% soit 202 personnes) mais aussi avant son apparition dans le village (29,6% soit 90 personnes) (figure 13). Figure 10 : Mode d'acquisition des animaux à Mopti et à Sikasso ,0% 0 ,0% 20 ,0% 40 60 ,0% ,0% 80 % 100,0 intensif semi-intensif extensif Système de production sikasso mopti Figure 11 : Système de production par région enquêtée au Mali 15 Figure 12: Objectif de la vaccination des éleveurs de Mopti et Sikasso Figure 13:Moment propice des vaccinations d’après des éleveurs de Mopti et Sikasso Bien que tous les vaccins se valent en termes de protection des animaux pour les répondants de la région de Sikasso, la vaccination contre la Péri- Pneumonie Contagieuse Bovine (PPCB) est quand même à prioriser du fait de l’apparition brutale de la maladie et des pertes importantes occasionnées par sa grande mortalité. Ce vaccin est suivi de celui contre la Pasteurellose ovine et bovine. Cela à cause du fait qu’elle provoque aussi une mortalité brutale des animaux. Enfin ils citent le vaccin contre la Fièvre aphteuse. Il en est de même pour les éleveurs de Mopti qui ont indiqué le vaccin contre la PPCB comme le plus important à cause de la difficulté de traitement de la maladie. Puis vient le vaccin contre la Pasteurellose en seconde position et celui du Charbon bactéridien en troisième position à cause de la chronicité de la maladie. 2.2. Habitude de vacciner Il a été obtenu de l’analyse des habitudes à vacciner que parmi les hommes seulement 1,8% n’avaient pas l’habitude de vacciner leurs animaux, contre un taux relativement supérieur (10,7%) de femmes (figure 14) (p=5%). Par contre, cette habitude pour la vaccination des animaux était le plus rencontrer chez les éleveurs ayant un âge compris entre 36-50 ans (49,7%, soit 147 personnes) (figure 15), ceux n’ayant aucun niveau d’alphabétisation (50% soit 148 personnes), et ceux de l’école coranique (31,8% soit 94 personnes). Il est aussi à remarquer que 41,7% (5 personnes sur 12) des éleveurs ayant des animaux qui ne leur appartiennent pas, n’ont pas l’habitude de vacciner (figure 16). De plus, 50% de ceux qui ne vaccinent pas les animaux se 16 retrouvent dans le système extensif du fait de leur déplacement fréquent. L’activité primaire des éleveurs par contre n’a pas une grande influence sur l’habitude à vacciner les animaux. Figure 14: Habitude à vacciner et sexe des Figure 15:Habitude à vacciner et l’âge des éleveurs de Sikasso et Mopti éleveurs de Sikasso et Mopti Figure 16:Habitude à vacciner et propriétaire d'animaux des élevages de Sikasso et Mopti 2.3. Communication sur la tenue des campagnes de vaccination Concernant la communication, 8,2% (25 personnes) des éleveurs affirment ne pas être informés de la tenue des campagnes de vaccination (figure 17).Ce taux de négation n’est constitué que par les éleveurs de la région de Mopti (représentant 16,3% soit 25 personnes de l’ensemble des éleveurs enquêtés dans cette région) car, à Sikasso, tous les éleveurs attestent être au courant des campagnes de vaccination. Statistiquement, il existe une relation entre l’information des éleveurs et la région car p< 5%. La majorité des éleveurs (91,8%) sont sensibilisés principalement à travers l’information de bouche à oreille (46,6%) et les crieurs publics (25,9%). Ce sont aussi là, les deux moyens de communication les plus apprécier des éleveurs. Outre les moyens de communication, l’information 17 leur parvenait le plus souvent une semaine avant (55,3%) et un mois avant (32,9%) les campagnes de vaccination (figure 18). A Sikasso, 86,1% des éleveurs étaient informés une semaine avant la tenue des campagnes tandis qu’à Mopti ils l’étaient majoritairement plus tôt (un mois avant). Quel que soit le système de production, qu’ils soient hommes ou femmes, les éleveurs étaient au courant des campagnes au moins une semaine avant la tenue de celles-ci. Figure 17: Information lors des campagnes des Figure 18: Moment d'information des éleveurs éleveurs de Sikasso et Mopti de Sikasso et Mopti 2.4. Accès à la vaccination Pour cause de rupture de vaccin, 11,2% des éleveurs (34 personnes) affirment que leur zone n’ont pas fait l’objet de vaccination lors des différentes campagnes (figure 19).Pour la plupart de ces personnes, cela est arrivé une fois, et seulement 3,9% sont retournés pour recevoir le vaccin manquant. Au-delà de la rupture, les éleveurs ont évoqué l’éloignement du parc de vaccination existant (12,5%) et la difficulté d’accessibilité aux mandataires (11,8%). Ces deux derniers problèmes sont plus accentués à Mopti qu’à Sikasso. Figure 19: Localité non concernée par la vaccination à Sikasso et Mopti 2.5. Disponibilité des éleveurs pour la vaccination La période des campagnes de vaccination (octobre – mars) déjà en place convient à 88,2% des éleveurs (figure 20). Les éleveurs pour lesquelles celle-ci n’est pas convenable sont de 11,8% et sont majoritairement localisés à Mopti (avec p < 5%, alors la non-convenance des périodes des 18 campagnes de vaccinations est dépendante de la région). Les hommes représentaient la majorité de ceux pour qui ces périodes ne convenaient pas (p > 5%, alors la différence n’est pas significative entre la convenance des périodes et le sexe). De plus, ils étaient surtout des personnes n’ayant aucun niveau d’instruction pour la plupart (44,4%). Ces personnes aimeraient que les différentes vaccinations soient organisées dans le mois de Décembre. Figure 20: Convenance des périodes de vaccination des éleveurs de Sikasso et Mopti 2.6. Refus de la vaccination Il n’est arrivé qu’à 3% des éleveurs de refuser une vaccination (figure 21). Ces personnes ayant déjà eu à refuser une vaccination étaient toutes des hommes entre 36-50 ans d’âge. De plus, ces éleveurs sont majoritairement ceux n’ayant aucun niveau d’instruction (55,6%). Ils ont le plus été rencontrés à Sikasso avec un taux de 77,8% (p > 5%, donc pas de différence significative). Figure 21:Refus de vacciner Les principales causes de ces refus évoquées par les éleveurs sont consignées dans le tableau I. 19 Tableau I: Principales causes de refus de vaccination citées par des éleveurs de Sikasso et Mopti Raison 1 Je ne participe jamais aux campagnes de vaccination Raison 2 Je préfère moi-même vacciner mes animaux Raison 3 Les périodes de campagne ne me conviennent pas Raison 4 Notre localité n’est pas concernée par la campagne de vaccination Raison 5 Pour ne pas payer les frais de vaccination Pour 47,7% des éleveurs, aucune raison ne pourrait les dissuader de vacciner les animaux. Cependant, pour l’ensemble des éleveurs, certains d’entre eux justifient les cas de refus par : l’information reçue après les campagnes (2,3%), l’inefficacité des vaccins (2,3%), la peur de la piqure des animaux (6,9%). Ceux ayant évoqué le prix élevé des vaccins sont de 5,3% et sont plus nombreux dans la région de Sikasso (93,8%), des hommes (100%), n’ayant aucun niveau d’instruction (56,3%). Ces prix élevés concernaient les vaccins contre la PPCB (15,5%), la PPR (14,8%),la Pasteurellose bovine (12,8%) et les Pasteurelloses ovine/caprine (15,1%).Il a aussi été déterminé que seulement 14,8% de l’ensemble des éleveurs se souviennent d’un évènement qui pourrait les dissuader de vacciner leurs animaux(figure 22).Un taux relativement élevé de ceux-ci a été rencontré à Sikasso (93,3% soit 42 personnes) et dans le système intensif (64,4% soit 29 personnes) avec p < 5% alors la souvenance d’un évènement dissuadant est dépendant de la région et du système de production. Parmi l’ensemble des répondants de Mopti, 5,9% (soit 9 personnes) affirment que les agents de santé animale ne sont pas efficaces seulement 2,6% (soit 4 personnes) de ceux de Sikasso sont pour cette affirmation (p > 5% alors la différence est non significative). Dans toutes les deux régions la crédibilité des mandataires a été mise en cause par 9,9% (soit 15 personnes à Sikasso) et 9,2% (soit 14 personnes à Mopti), des enquêtés, ce qui est relativement considérable. Figure 22: Rappel d’un évènement dissuadant 20 L’automédication a été évoquée par 39,1% des éleveurs. Les raisons évoquées pour justifier cette pratique sont consignées dans le tableau II. Tableau II : Principales raisons pour la pratique de l’automédication Raison 1 Les campagnes tardent à être organisées Raison 2 Pour engraisser mes animaux Raison 3 Pour éviter les risques de maladies Raison 4 Pour soigner l’animal en cas de maladies 3. Propension à payer pour la vaccination des animaux par les éleveurs 3.1. Relation entre la propension à payer pour la vaccination et la distance L’analyse sur la propension à payer a permis de savoir que sur les 304 éleveurs ayant fait l’objet d’enquête, 82,6% étaient prêts à payer 10% de plus sur le prix actuel du vaccin contre la PPCB. Parmi ceux-ci, 69,7% seraient prêts à aller au-delà en payant jusqu’à 20% de plus sur ce prix. Les éleveurs acceptent de payer plus pour avoir un service à domicile. Il y a de ce fait une amélioration en vue. Quant aux 17,4% n’ayant pas adhéré à ces 10% de plus, ils étaient d’accord à 3% pour payer quand même 5% de plus pour que le vaccin leur parvienne dans les élevages sans qu’ils ne se rendent à un lieu de regroupement. Pour le vaccin contre la PPR, 82,2% des éleveurs sont disposés à payer 10% de plus sur le prix en vigueur lorsque ce vaccin leur parvient. De ce groupe, ils sont à 69,1% d’accord pour payer 20% de plus sur ces prix. Par contre, ceux n’étant pas favorables au payement d’un supplément de 10% (17,8%) n’étaient pas favorables aussi à 14,1% pour payer 5% de plus. Concernant le vaccin contre la Pasteurellose bovine, les éleveurs étaient à 82,2%disposésà payer 10% de plus pour une réduction de distance. Parmi eux, 70,7% seraient même prêts à avancer 20% de plus. Quant au 17,8% ne voulant pas payer 10% de supplément, ils sont à seulement 3,3 %d’avis pour payer quand même 5% afin d’accéder à ce service. La tendance reste la même pour le vaccin contre la Pasteurellose ovine, la majorité des éleveurs seraient disposés à payer 10% de plus sur le prix actuel du vaccin (82,2%). De ce taux, 70,4% payeraient 20% de plus. Quant aux 17,8% restant, 13,8% demeurent sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord à payer même 5 % de supplément pour le dit service. Au vu de toutes ces observations, on remarque que la PAP pour les différents vaccins en fonction de l’attribut « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION» se situe entre l’offre initiale (150 et 250 F CFA) et la deuxième offre (180 et 300 F CFA) car ils sont majoritairement pour des surplus de10% à 20%. 21 3.2. Relation entre la propension à payer pour la vaccination et la qualité des vaccins De même que pour la distance, 82,9% des éleveurs seraient disposés à payer un surplus de 10% pour bénéficier d’un traceur leur permettant d’être rassurés sur la qualité des vaccins contre la PPCB. Ainsi, 71,1% seraient même prêts à aller jusqu’à 20% pour ce service. Pour les 17,1% n’y étant pas favorables, ils sont à seulement 3,9% partant pour 5% de plus. Le vaccin contre la PPR regroupe 84,2% d’éleveurs disposés pour un payement de 10% de plus sur le prix actuel dont 71,7% pouvant aller jusqu’à 20%. Néanmoins, parmi les 15,8% ne le voulant pas, 3% payeraient quand même 5 % de plus. Pour la pasteurellose bovine, 83,9% payeraient 10% de plus avec 70,7% pouvant aller au-delà (20% de plus).En ce qui concerne le reste des éleveurs (16,1%), seulement 3,6 % payeraient moins (5% de plus). Aussi, le vaccin contre la pasteurellose ovine/ caprine, comptabilise 84,5% d’éleveurs disposés à payer 10% de plus sur les prix en cours. Parmi eux, 72,5% payeraient 20% de plus ; et 3,3% payeraient quand même 5% de plus malgré qu’ils ne soient pas disposés à payer 10%. Semblable à l’attribut distance, l’attribut qualité a aussi regroupé une majorité d’éleveurs ayant une PAP située entre l’offre initiale (150 F et 250 F CFA) et la seconde offre (180 et 300 F CFA). 3.3. Caractéristiques des éleveurs en fonction de la PAP 3.3.1. Caractéristique des éleveurs en fonction de l’attribut « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » Pour le vaccin contre la PPCB, la PAP des répondants pour l’accès à l’attribut « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » est plus élevée dans la région de Mopti (85,6%) que dans la région de Sikasso (79,5%), mais cela n’est pas une différence statistique significative car p>5%. De plus, elle était supérieure chez les femmes (85,7%) que chez les hommes (82,2%) et chez les plus âgés (51 ans et plus, 86,2%) que pour les plus jeunes (p>5% alors la PAP pour l’accès à l’attribut distance n’était pas significative pour le sexe et l’âge). En fonction du niveau d’éducation, le consentement à payer pour cet attribut était de 82,8%, 82,1% et 71,4% respectivement pour les éleveurs ayant fait l’école coranique, ceux qui n’ont aucun niveau et ceux ayant fréquenté l’école française (p>5%, alors différence non significative). Aussi la PAP pour la « DISTANCEDU LIEU DE VACCINATION » était plus conséquente au niveau des répondants qui pratiquent la production dans un système semi intensif (84,0%) avec p<5%, alors différence significative. De même que pour les résultats du vaccin contre la PPCB, ceux des autres vaccins (PPR, Pasteurellose bovine, Pasteurellose ovine/caprine) suivaient tous la même tendance. 22 Néanmoins, aucune différence significative (p>5%) n’a été notée entre la PAP et l’ensemble des variables évoquées ci-dessus. 3.3.2. Caractéristiques des éleveurs en fonction de l’attribut « QUALITE DU VACCIN » Quant à l’attribut « QUALITEDU VACCIN » ce sont également ceux de la région de Mopti (85%) qui avaient une PAP plus élevée que ceux de Sikasso (80,8%). Les femmes (85,7%) avaient également une PAP plus élevée que les hommes (82,6%). Cela l’était également pour les moins âgés entre 36-50 ans (85,4%) plus que les plus âgés (82,9%). Ceux ayant pratiqué l’école coranique (82,8%) étaient les plus concernés. Pour toutes ces caractéristiques p est > 5%(alors pas de différence significative) à l’exception du système de production qui avait une différence significative avec p <5%. II. DISCUSSION La documentation sur la propension des éleveurs à payer pour la vaccination fait largement défaut. Cependant quelques éléments obtenus ont fait l’objet de notre discussion. 1. Connaissance de la vaccination Contrairement à nos résultats et ceux de COUACY-HYMANN et al. (2006) lors de son étude sur la fièvre aphteuse en Afrique de l’Ouest, selon lesquels les éleveurs ont en général une bonne perception de la vaccination, VAUDAUX (2010) pense qu’au Mali c’est la pression pathologique qui reste la principale motivation des éleveurs pour la vaccination des animaux. Il est rejoint par DELEU (2014) en France. Pour VAUDAUX (2010), si beaucoup d’éleveurs sont capables d’expliquer que la vaccination sert à protéger le troupeau, il devient plus difficile d’obtenir de leur part des informations cohérentes et complètes sur les maladies contre lesquelles on vaccine ou sur les protocoles vaccinaux. Ce qui corrobore nos observations lors de cette étude. 2. Communication La localisation uniquement dans la région de Mopti d’éleveurs n’étant pas été informés des vaccins, pourrait se justifier par le fait que cette région soit une zone essentiellement pastorale avec une mobilité constante de certains éleveurs contrairement à Sikasso. Par contre, selon VAUDAUX (2010), la question de mobilité ne constitue pas une entrave à l’information des éleveurs car même dans des zones pastorales isolées, les éleveurs n’ont aucun mal à savoir quand et où se déroulera la vaccination du bétail. A travers l’information de bouche à oreille, les éleveurs sont sûrs d’être au courant des différentes campagnes de vaccination car, ils communiquent très souvent entre eux sur les dispositions prises par l’état pour prévenir des maladies animales. 23 Similairement à nos résultats, CORREA et al. (1997) affirment qu’en milieu rural, les échanges d’information ont lieu partout où les gens se rencontrent. VAUDAUX (2010) rejoint ces affirmations en indiquant que certains éleveurs vont euxmêmes jusqu’à chercher l’information, ce qui signe une volonté réelle de vouloir vacciner leurs animaux. Par contre, pour AVSF (2013), dans les régions du nord du Mali, il existe une grande déficience dans le système de communication des éleveurs. En Centrafrique, ACTED passe par les radios communautaires et le réseau des ardos (chefs traditionnels des éleveurs) pour informer les éleveurs des dates et lieux de vaccination (ACTED, 2017). Par contre en France, DELEU (2014) affirme que le maillon le plus important dans l’information reste le vétérinaire, cependant les éleveurs peuvent aussi avoir des informations à travers « la presse éleveur ».Mais dans le cas de la présente étude, cela reste les éleveurs eux-mêmes. 3. Accessibilité aux vétérinaires La question d’accessibilité à la vaccination reste cruciale pour les éleveurs d’autant plus que ces régions ne sont généralement pas dotées en nombre suffisant de vétérinaires à la hauteur du grand cheptel que détiennent ces derniers. En effet, selon des auteurs comme FERMETQUINET (2006) et VAUDAUX (2008) dans certaines régions du Mali, il existe des zones où les éleveurs ne voient pratiquement jamais le vétérinaire ou uniquement lors des vaccinations obligatoires. Ils sont le plus souvent seuls face à leurs problèmes en santé animale la plupart du temps. De plus, à Sikasso et Mopti, avec l’existence d’un nombre dérisoire de parcs de vaccination, les éleveurs se trouvent dans l’obligation de parcourir de longues distances afin d’accéder à la vaccination de leurs animaux, ce qui pourrait les dissuader d’aller faire vacciner les animaux. Ce dernier point a été constaté au Kenya par McLEOD et RUSHTON (2007) à l’époque où la peste bovine était sur le point d’être éradiquée. Ces derniers évoquent de nombreux échecs à cause du fait que certains éleveurs refusaient de faire de longues distances pour faire vacciner leurs animaux. L’une des raisons pour laquelle l’accessibilité était plus difficile à Mopti qu’à Sikasso pouvait se justifier par l’insécurité sévissant dans cette région. Pour DIOP et BESSIN (2004), AVSF (2013) et VSF (2016), les régions où sévissent les troubles sécuritaires se caractérisent par l’absence quasi-totale des services de base notamment les services vétérinaires. 4. Période des vaccinations D’après VAUDAUX (2010), les périodes consacrées à la vaccination du cheptel sont adaptées aux contraintes climatiques du Mali. En effet, le taux élevé d’éleveurs pour lequel la période des vaccinations s’est avérée convenable dans notre étude témoigne cette affirmation. Cela serait dû au fait que celles-ci sont organisées dans les périodes suivant les saisons pluvieuses durant lesquelles les pâturages sont encore disponibles, les températures sont plus clémentes et les animaux sont dans 24 un bon état physiologique. Pour les cas de non convenance, bon nombre d’auteurs notamment VSF (2016) au Niger, l’attribut à la non-implication des éleveurs dans les prises de décision en rapport avec l’organisation de ces campagnes. Mais aussi à cause de certaines campagnes organisées en retard à l’approche ou durant les départs en transhumance selon VAUDAUX (2010). 5. Prix des vaccins Selon DELEU (2014), en France dans les élevages bovins, le coût n’est évoqué que secondairement sauf lorsque l’efficacité de la vaccination n’est pas perçue. Quant à MAHÉ (2014) dans son étude sur les freins à la vaccination, la question de prix des vaccins revient plusieurs fois notamment aux USA et en Suède. Outre cela, selon VAUDAUX (2010), au Mali le vaccin contre la PPCB est payé par l’éleveur entre 100 et 125 FCFA par tête de bétail. À cela se rajoute éventuellement un prix d’accès au parc de vaccination. Par contre au Sénégal, le même vaccin avec une subvention étatique reviendrait à l’éleveur à hauteur de 60 Francs CFA (PAUL, 2005). 6. Propension à payer pour la vaccination des animaux Contre toute attente, la PAP des éleveurs que ce soit à Mopti ou Sikasso s’est avérée élevée pour la plupart des éleveurs. Cela pourrait s’expliquer par le fait que ces deux atouts (Distance et Qualité) constituent des facteurs importants à leur égard mais aussi qu’ils constituent des problèmes majeurs dont ils voudraient pallier. Cependant, reste à voir si cela serait réellement appliqué vu que ces résultats se basent sur des déclarations, la réalité peut être autre. Mais malgré cela, au vu de toutes nos observations, il nous semble qu’avec une amélioration des conditions d’accès aux différentes prestations vétérinaires particulièrement à la vaccination à travers la multiplication des parcs de vaccinations, celle des mandataires et des autres agents vaccinateurs dans toutes les régions et communes, une nette augmentation du taux d’éleveurs participants à la vaccination se fera ressentir. Il en est de même pour la qualité des vaccins car il y a une atteinte de la confiance qu’accordent les éleveurs à ces vaccins. Avec la mise en place de ces traceurs de qualité sur différents vaccins cela pourrait stimuler une redynamisation de la confiance que les éleveurs accordent à ces vaccins au fil du temps. Bien sûr cela sera un processus long dans le temps mais aboutira certainement à des résultats positifs. 25 RECOMMANDATIONS Au terme de cette étude, les recommandations vont à l’endroit des principaux acteurs de la délivrance des vaccinations à savoir l’état, les agents vaccinateurs, et les éleveurs. - Recommandations en rapport avec l’état • renforcer les capacités du LCV pour lui permettre une production de vaccin en quantité et qualité suffisante afin d’approvisionner sans interruption les mandataires et des services techniques ; • réaménager le circuit de distribution des vaccins notamment les vaccins inactivés ou tués; • augmenter le nombre d’agents vaccinateurs qu’ils soient privés ou étatiques à travers une formation continue, un recrutement suffisant et une aide à leur installation au niveau déconcentré ; • appuyer les structures vétérinaires privées et étatiques en leur octroyant des financements conséquents lors de leurs installations (cas des mandataires)mais aussi en les dotant de matériel technique (petit matériel et gros matériel), de moyens logistiques suffisants (véhicules, motos), et d’infrastructure (bureaux, parcs de vaccination…) afin d’améliorer leurs conditions de travail; • construire et réhabiliter les infrastructures notamment les parcs de vaccination dans plusieurs villages centraux; • faciliter l’accès au lieu de vaccination par la mise en place de pistes pastorales. - Recommandations en rapport avec les services vétérinaires • mettre en place un système de prévention conséquent en utilisant des vaccins de qualité et certifiés mais aussi avec une épidémiosurveillance sans relâche ; • déployer des para-professionnels vétérinaires sous l’autorité des docteurs vétérinaires dans les régions pastorales, ce qui constituerait une manière efficace d’assurer un accès physique aux soins de santé animale mais cela avec une bonne clarification du statut des agents communautaires; • conscientiser les vétérinaires pour une meilleure pratique des prestations ; • effectuer un contrôle lors des campagnes de vaccination (contrôle des vétérinaires, des vaccins et des certificats de vaccinations) ; • déployer des agents vétérinaires spécialement consacrés au système de production extensif qui effectuent des déplacements pour la vaccination des troupeaux transhumants. - Recommandations en rapport avec les éleveurs 26 • impliquer et faire participer les éleveurs aux programmes de développement de santé animale dans les différentes actions et les prises de décision dans la lutte contre les maladies animales dans l’organisation et la conception des campagnes (choix de la date, du lieu de la vaccination); • délivrer des séances de formations aux éleveurs sur des connaissances relatives à la vaccination (c’est quoi la vaccination, à quoi sert elle, quand faut-il vacciner, ou faut-il vacciner, etc ?) • délivrer des informations claires et complètes à travers les associations d’éleveurs ou les chefs d’éleveurs ; • sensibiliser les éleveurs à un arrêt de la pratique de l’automédication en facilitant l’accès aux services vétérinaires avec un coût des prestations raisonnables. 27 CONCLUSION Malgré les dispositions prises très tôt par l’Etat et ses partenaires, le déroulement de la vaccination du cheptel malien rencontre encore d’énormes problèmes. L’une des causes des défaillances dans cette délivrance est la faible participation des éleveurs aux différentes campagnes de vaccination. Pour élucider les causes de cette faible participation, la présente étude a été menée. Il en ressort les résultats suivants : le type d’éleveur n’ayant pas l’habitude de vacciner était majoritairement : des femmes; des éleveurs ayant un âge compris entre 36-50 ans; ceux ayant fréquenté l’école coranique; ceux qui sont non propriétaires des animaux; et ceux pratiquant le système d’exploitation extensif. Les éleveurs refusant la vaccination étaient uniquement constitués d’hommes, ayant un âge compris entre 36-50 ans, sans niveau d’instruction, majoritairement basés à Sikasso. Pour les éleveurs interrogés, la santé de leurs animaux est cruciale. Ils sont convaincus de la nécessité de mettre en œuvre la prévention des maladies. Malgré cette conscientisation, il se trouve qu’ils ont peu de connaissance sur la vaccination et les vaccins des animaux. Les principales causes à l’origine de la réticence à la vaccination révélées sont : la souvenance d’un évènement dissuadant, la non-efficacité des agents de santé animale, le manque d’information, l’éloignement et manque de parc de vaccination, la difficulté d’accès aux mandataires, le prix élevé des vaccins. Quant à l’évaluation de la PAP, que ce soit sur la base de l’attribut « Distance du lieu de vaccination» ou « Qualité », la tendance reste la même. En effet, pour plus de 80% des éleveurs, une augmentation des prix de 10% serait la bienvenue pour pouvoir bénéficier des atouts proposés sur chacun des vaccins. De plus, la majorité serait disposée à payer même un surplus de 20% pour avoir les mêmes services. Par contre, pour les répondants n’étant pas déterminés pour le payement de ce surplus (10%), seulement 3% environ parmi eux seraient prêts à payer 5% de plus. Les éleveurs qui avaient la PAP la plus élevée étaient ceux de la région de Mopti, ceux ayant pratiqué l’école coranique, et ceux pratiquant l’élevage semi intensif. Cependant, la PAP pour l’attribut « DISTANCEDU LIEU DE VACCINATION » était plus élevée pour les plus âgés (51 ans et plus) tandis que les plus jeunes (36-50 ans) optaient pour l’attribut « QUALITEDU VACCIN ». A l’issue de cette étude, des recommandations ont été formulés en rapport avec les différents acteurs impliqués dans la délivrance des systèmes de vaccination pour une amélioration considérable de la santé animale au Mali. 28 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. APESS, 2014. Éléments de bilan du soutien public à l’élevage au Mali depuis Maputo. Association pour la Promotion de l’Elevage au Sahel et en Savane.- 12p. 2. AVSF, 2012. Vétérinaires et auxiliaires de santé animale au service de l’élevage paysan et de la sécurité alimentaire dans les pays du Sud. Dossier de presse.-15p. 3. AVSF, 2013. 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L’une des causes des échecs enregistrés lors de ces campagnes de vaccination est la faible participation des éleveurs qui sont le maillon central de celles-ci. C’est dans le but de connaitre facteurs qui affectent la participation des éleveurs à la vaccination que cette étude a été menée. Il s’agissait dans un premier temps de déterminer les différents acteurs qui contribuent à la vaccination et dans un second temps d’évaluer la propension des éleveurs à vacciner « Willingness to vaccinate » et à payer pour la vaccination « willingness to pay for vaccination » (WTP) des animaux. Des enquêtes ont été réalisées auprès des éleveurs de Mopti et Sikasso. Les questions principales d'enquête portaient sur l’état de connaissance des éleveurs sur la vaccination, leur perception de la vaccination, les moyens et moments de communication, la convenance des périodes de vaccination, l’accès à la vaccination, les causes de refus de la vaccination et enfin la propension des éleveurs à payer pour la vaccination en fonction de deux attributs que sont : la « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » et la « QUALITE DU VACCIN ». La population d’enquête était constituée au total de 304 éleveurs. Majoritairement des hommes (90,8%), ils avaient pour la plupart un âge compris entre 36 et 50 ans, n’avaient pour près de la moitié aucun niveau d’alphabétisation (49, 7%).Généralement propriétaires des animaux qu’ils possèdent, ils pratiquaient le système de production semi-intensif (69,7%) et étaient majoritairement des agro-éleveurs (68,4%). A l’issue des enquêtes, le type d’éleveur refusant la vaccination était uniquement constitué des hommes (3%). Les éleveurs refusant la vaccination avaient majoritairement un âge compris entre 36-50 ans sans niveau d’instruction, majoritairement basé à Sikasso. Les principales causes évoquées pour ce refus étaient nombreuses. Parmi elles, il y a l’automédication (39,1%), la souvenance d’un évènement dissuadant (14,8%), l’éloignement et le manque de parc de vaccination (12,5%), le manque d’information (8,2%), la non-efficacité des agents de santé animale (5,9%), le prix élevé des vaccins (5,3%), etc. La propension à payer (PAP) était élevée et se situait entre l’offre initiale (150FCFA or USD0.3 and 250F of USD0.5) et la seconde offre (180F or USD0.35 et 300F or USD0.6) pour plus de 80% des éleveurs quel que soit l’attribut proposé (distance, qualité). Les types d’éleveurs pour qui la PAP était la plus élevée étaient ceux de la région de Mopti, ceux ayant pratiqué l’école coranique, ceux pratiquant l’élevage semi intensif. La PAP pour l’attribut « DISTANCE DU LIEU DE VACCINATION » était plus élevée pour les plus âgés tandis que les plus jeunes optaient pour l’attribut « QUALITEDU VACCIN ». À la lumière des résultats de cette étude et des discussions relatives à la thématique, des recommandations ont été formulées afin d’améliorer ultérieurement la vaccination des animaux dans les années à venir. Elles étaient adressées à : (i) l’état pour une amélioration de l’exercice des services et des agents en charge de la vaccination, (ii) aux services vétérinaires et enfin les dernières ont été faites pour une meilleure implication et sensibilisation des éleveurs. SUMMARY The livestock farming in Mali faces many constraints affecting its development. High prevalence of contagious and endemic diseases is a major constraint because of poor implementation of vaccination strategies. One of the causes of vaccination campaigns is the low participation of farmers who are the main actors. This study was conducted to determine the factors that affect the participation of farmers to vaccination. The first objective was to determine the different actors who contribute to the vaccination process and the second objective was to assess the willingness of the farmers to vaccinate and their Willingness to Pay (WTP) for vaccination. A survey was carried out among 304 farmers in Mopti and Sikasso regions. The main questions focused on the state of knowledge of the farmers on vaccination, their perception of vaccination, means and period of communication, convenience of periods of vaccination, their access to vaccination, the causes of their reluctance to vaccination and finally their WTP for vaccination considering two attribute such as “DISTANCE FROM THE PLACE OF VACCINATION” and the “QUALITY OF THE VACCINE”. Generally, farmers practiced semi-intensive production system (69,7%) and were mostly agro-pastoralists (68,4%). Mostly men farmers aged between 36 and 50 years (90,8%) participated to vaccination; nearly half of farmers who participated to vaccination were illiterate (49.7%). The type of farmers refusing vaccination was made only by men (3%). The breeders refusing the vaccination were mostly aged between 36-50 years old without literacy, mostly based in agro-pastoral areas. The principal causes of non-adherence to vaccination were many: Among them, there is self-medication (39,1%), remembrance of a deterrent event (14,8%), remoteness and lack of vaccination parks (12,5%), lack of information (8,2%), non-effectiveness of animal health workers (5,9%), and the high cost of vaccination (5,3%). The WTP was high and situated between the initial offer (150FCFA or USD0.3 and 250F of USD0.5) and the second offer (180F or USD0.35 et 300F or USD0.6) for more than 80% of farmers for all attributes. The types of farmers for whom the WTP was the highest were those of the pastoral areas (Mopti), those who practiced coranic school and those practicing semi-intensive breeding. The WTP for the attribute « DISTANCE FROM THE PLACE OF VACCINATION » was the highest for the oldest while the youngest opted for the attribute « QUALITY OF THE VACCINE ». In the light of the results of this analysis, two major recommendations were made to improve disease control through vaccination: (i) capacity building of Government services and their agents in charge of vaccination, (ii) more involvement and sensitization of farmers about importance of vaccination. Mots-clés : Propension à payer - Vaccination - Ruminants domestiques - Mali Keyswords: Propensity to pay, vaccination, domestic ruminant, Mali. YENA Awa Sadio Tel : +221778871228 / +22363433072 Adresse : Niamakoro, cité UNICEF Mail : awayena@yahoo.fr YENA Awa Sadio Phone : +221778871228 / +22363433072 Adress : Niamakoro, UNICEF City Mail : awayena@yahoo.fr