N ° 13 5 J U IN 2 0 0 8 DossIer ,8 Les tracés du développement La cartographie participative aide les communautés à visualiser leurs savoirs. ureportage aux Fidji FoCUs ,11 Lapin Attention : fragile ! poINt De vUe ,16 Un partenariat bancal par Jethro Greene eN BreF ,3 pUBLICAtIoNs ,12 eNtre NoUs ,15 Ape Accords sensibles Fin décembre 2007, il était prévu que tous les pays ACP regrou- pés au sein de six entités régionales aient signé les Accords de parte- nariat économique (APE) avec l’UE. Mi-2008, ils en sont encore loin : 41 des 79 pays ACP ont refusé de signer. Les discussions continuent de plus belle, les manifestations hostiles à ces accords aussi. Mise en cause par la plupart des sociétés civiles du Sud, particu- lièrement des organisations de producteurs agricoles, la conclusion de ces accords semble pourtant inévitable. L’origine des APE per- met de le comprendre. L’accord de Cotonou signé en 2000 entre le Groupe ACP et l’UE, qui faisait suite aux différentes conventions de Lomé, prévoyait la remise à plat des relations commerciales ACP-UE. Il devait permettre de préparer les APE et d’aboutir à la suppression progressive des droits de douane dans les échanges commerciaux entre les deux groupes de pays. L’Organisation mondiale du com- merce (OMC) avait en effet accordé une dérogation à l’UE jusqu’à la fin de 2007 pour qu’elle se conforme aux règles du commerce international basé sur le libre-échange. Les accords préférentiels Ill us tr at io n : © In ta ct ile D ES IG N simples accords de libre-échange ou accords de développement ? Les avis sur les Ape, les Accords de partenariat économique avec l’Ue, sont bien tranchés. en dépit d’une forte opposition, plusieurs pays ont signé des accords intérimaires. La situation est aujourd’hui complexe. Décryptage. http://spore.cta.int Spore À LA UNe non réciproques qui permettaient aux pays ACP d’exporter certains produits en Europe sans droits de douane tout en protégeant leur marché intérieur par des barrières tarifaires étaient en effet jugés contraires à ces règles. Concessions réciproques Les APE introduisent donc la réciprocité des concessions com- merciales. Ils sont négociés avec chacune des six entités régiona- les : Afrique de l’Ouest (CEDEAO, Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest), Afrique centrale (CEMAC, Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), Afrique de l’Est (EAC, Communauté d’Afrique de l’Est), Afrique australe (SADC, Communauté de développement de l’Afrique australe), Caraïbes (CARIFORUM, Forum des États ACP des Caraïbes) et Pacifique. Ils prévoient l’ouverture du commerce entre l’UE et les États ACP : dès leur signature pour tous les produits ACP exportés vers l’UE et graduellement pour les importations européennes dans les pays ACP. L’objectif est que ces derniers libéralisent environ 80 % de leur marché au bout de dix ans ou plus. Durant cette période, l’UE s’engage à financer des mesures d’accompagnement et à aider à la structuration de marchés régionaux plus à même de résister à la concurrence des importations. Pour l’UE, ces accords sont un véritable “moteur de développement”, ce que contestent certains gouvernements et, très vigoureusement, des organisations de pro- ducteurs et plus largement la société civile. En cause, principalement, les effets de l’ouverture des marchés locaux sur le secteur agricole. Tous estiment qu’il est nécessaire de protéger les productions agricoles pour éviter la rude concurrence des importations à bas prix de produits alimentaires européens. Ils demandent le droit, comme l’Europe l’a eu, de garder des espaces protégés le temps d’améliorer la compétitivité de leur agriculture et de leurs industries. De fait, pour un certain nombre de produits dits sensibles, les pays ACP peuvent continuer à protéger leur marché. Il s’agit le plus souvent de produits de base (viande, riz, lait, huiles, céréales, légumes) indispensables pour assurer la sécurité alimentaire des populations et les revenus des agriculteurs. Chaque région doit en proposer une liste précise. De plus, une longue période de transi- tion est prévue — jusqu’à 25 ans dans certains cas — avant d’arriver à la libéralisation totale de ces marchés. Mais, selon l’OMC, le tarif douanier déterminé pour ces denrées au moment de la signature des APE ne pourra pas être augmenté par la suite. Chaque région doit donc déterminer le niveau de son TEC (tarif extérieur commun) en fonction des produits à protéger, mais aussi des besoins d’importation pour nourrir sa population. Au sein de la CEDEAO, le TEC est actuellement de 20 % environ, mais les agriculteurs font pression pour qu’il soit augmenté et porté à 50 % pour certains produits particulièrement sensibles. Un impact différemment évalué La réduction des droits de douane a aussi un impact sur les budgets des États, qui perdront des recettes. La bataille de chiffres fait rage entre ceux qui estiment que ces pertes seront considérables et les tenants des APE qui les pensent modestes et compensées par les aides de l’UE et le passage d’une fiscalité de porte (droits de douane) à une fiscalité inté- rieure (TVA). Autre pierre d’achoppement, la clause de la nation la plus favorisée (NPF) qui contraint les pays ACP à accorder à l’UE le même traitement que celui qu’ils accorderaient dans des accords commerciaux avec d’autres régions ou pays. Ce qui risque de limiter le commerce Sud-Sud. L’accès au marché européen est vital pour les exportations ACP (particulièrement celles de l’Afrique dont 43 % vont dans l’UE), mais supprimer les droits de douane résiduels ne garantit pas un accès plus large à ce marché. Il reste des barrières non tarifaires telles que les normes européennes, les mesures sanitaires et phy- tosanitaires, les exigences des importateurs. En outre, de nombreux pays ont des capacités productives limi- tées qui ne leur permettent pas d’accroître leurs ventes en Europe. Les études du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII/CIEM) montrent que, compte tenu des délais de mise en œuvre et des restrictions sur les produits sensibles, globale- ment l’impact des APE sur les pays ACP sera beaucoup plus limité que ce qu’estiment certaines ONG. La société civile du Sud, très mobilisée et encouragée par des associations du Nord, fait pression pour que les négociations soient plus favorables aux pays ACP. Les plus radicaux remettent même en cause ces accords. “Signer les APE, c’est trahir les Africains”, chante ainsi le rappeur sénégalais Idrissa Diop. Des différences de traitement Les organisations régionales, qui ont tardé à se préparer, esti- ment qu’elles ne sont pas prêtes à signer. C’est le cas de la CEDEAO qui souhaite prolonger la discussion jusqu’à mi-2009. Seules les Caraïbes ont signé un accord complet. Dans le Paci- fique, deux pays — les Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée — ont paraphé des accords intérimaires. L’Afrique est très divisée. La Communauté est-africaine (EAC) a signé des accords intérimai- res, les pays de l’Afrique australe sont partagés. De même, ceux de l’Afrique de l’Ouest, où seuls le Ghana et la Côte d’Ivoire ont signé, et de l’Afrique centrale où le Cameroun fait cavalier seul. La plupart des pays qui ont signé y étaient contraints s’ils voulaient continuer à exporter. La dérogation de l’OMC arrivant à échéance, ils auraient dû, à partir de janvier 2008, payer des droits de douane à l’entrée en Europe. C’est le cas pour les bananes des Caraïbes, le sucre et le thon des Fidji et de la Papouasie-Nouvelle- Guinée, la viande de Namibie… Tous les pays ACP n’ont pas la même urgence. En effet, les pays les moins avancés (PMA) bénéficient depuis 2001 de l’initiative Tout sauf les armes qui autorise l’accès de toutes leurs productions — excepté les armes et les munitions — au marché européen en fran- chise de droits. D’autres n’ont pas signé, car l’impact de la hausse des droits tarifaires sur leurs exportations est faible ; c’est le cas du Congo, du Gabon et du Nigeria qui vivent surtout des recettes pétro- lières, et de plusieurs îles du Pacifique qui exportent peu vers l’UE. Toutefois, ces différences mettent à mal l’intégration régio- nale, pourtant un des points forts des négociations sur les APE. Les accords signés par un pays risquent de servir de références à l’ensemble de sa région. Inquiètes, les organisations régionales ont demandé que les APE régionaux supplantent ces accords. L’UE fait pression pour que tout soit signé au plus vite, les orga- nisations régionales, elles, ne semblent pas pressées d’aboutir. La partie de bras de fer est loin d’être terminée. Photos : © Syfia International Spore 135 / Juin 20082 Spore 135 / Juin 2008 Commission européenne/ DG Commerce EPA public debate: views from ACP partners http://ec.europa.eu/trade/ issues/bilateral/regions/acp/ public_debate_en.htm CTA Agritrade http://agritrade.cta.int ECDPM Centre européen de gestion des politiques de développement www.acp-eu-trade.org Epawatch http://62.149.193.10/epawatch/ index.jsp?id=3 (en anglais) Inter-réseaux Grain de sel n° 39 Spécial APE www.inter-reseaux.org/rubrique. php3?id_rubrique=527 OXFAM www.oxfam.org/fr/policy/ briefingnotes/bn0609_unequal_ partners_EPAs Passerelles www.ictsd.org South Centre www.southcentre.org/newindex_ FR.htm À LA UNe e N B r e F tests de coton Bt en ouganda Le Comité national de biosécurité (NBC) de l’Ouganda a approuvé des essais confinés de coton Bt dans le pays. Après la banane résistante à la sigatoka noire, le coton Bt est la seconde culture génétiquement modifiée à recevoir un agrément pour des essais. Ceux-ci auront lieu à l’Institut national de recherche sur les ressources en zones semi- arides (NaSARRI) de Mobuku et de Sarete (district de Kasese). Selon le Dr Eemetai Areke, directeur du NaSARRI et chercheur principal du projet, les tests fourniront des informations vitales pour le développement d’un coton Bt adapté à l’Ouganda. Cet OGM résiste au ver de la capsule du coton (bollworm), un frein majeur à cette culture dans la région. Crevette bio Au nord de Madagascar, dans le parc national des Tsingy de l’Ankarana, l’aquaferme de la compagnie OSO a obtenu le label européen “Agriculture biologique” (AB). Cette première mondiale récompense une aquaculture écologique et raisonnée (8 crevettes au m2 en moyenne contre 100 dans les élevages intensifs) qui préserve la mangrove et la nappe phréatique. L’Unesco et le WWF ont jugé exemplaire la transformation en bassin d’élevage des tannes, espaces infertiles perdus en pleine mangrove. Les pêcheurs des villages voisins profitent des retombées sociales (points d’eau, écoles, centre de santé) de cette filière. spécial café Bien que le Malawi soit un gros producteur de café, ses magasins vendaient jusqu’ici surtout des cafés étrangers. Désormais, l’Union coopérative Mzuzu, qui regroupe 3 200 petits producteurs de la région Nord, torréfie et emballe une spécialité locale de café qui est vendue en supermarché sous la marque Malawi Mzuzu ou exportée vers d’autres pays africains. Les producteurs tentent de pénétrer le marché UE, mais ont du mal à satisfaire aux normes de qualité et d’emballage. L’Association des cafés d’Afrique orientale (EAFCA) a signé un accord avec les acheteurs internationaux — Starbucks, Neumann et 4C entre autres — pour aider les pays membres à développer des cafés de qualité, à former les planteurs en techniques améliorées et à les connecter aux marchés d’exportation. EAFCA PO Box 27405 Kampala, Ouganda Fax : +256 41 269148 secretariat@eafca.org www.eafca.org Éthique et chocolat Les principaux chocolatiers du Nord lancent une série d’initiatives visant une production durable de cacao et des accords plus justes pour les planteurs. Piquées au vif par les critiques sur les conditions de travail des producteurs et sou- cieuses de protéger leurs approvi- sionnements, les grandes marques rivalisent pour proposer le meilleur programme. Cadbury, le géant britannique de la confiserie, a présenté son “Partenariat cacao”, dont l’ob- jectif est d’améliorer les revenus et la production des agriculteurs grâce au microcrédit et à des investissements dans le dévelop- pement communautaire. Bien que ce partenariat, mis en place avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), soit centré sur le Ghana, il bénéfi- cie également aux producteurs des Caraïbes. Des concurrents — dont Mars et Nestlé — se sont aussi engagés dans des programmes de culture durable du cacao. Good Inside Cocoa, mis en œuvre par UTZ Certified, une orga- nisation néerlandaise à but non lucratif, veut s’atta- quer aux problèmes environnementaux et humanitaires (travail des enfants, défo- restation, bas salai- res). Elle a lancé un système de traçabilité pour tous les agriculteurs ivoiriens. Outre l’enjeu éthique, ces ini- tiatives visent à protéger les sour- ces d’approvisionnement alors que l’offre globale peine à satisfaire la demande. Selon l’Organisation internationale du cacao, les pays africains fournissent aujourd’hui environ 70 % du cacao mondial contre 61 % au milieu des années 1990. La Côte d’Ivoire et le Ghana représentent à eux seuls 65 % des exportations internationales nettes, mais cela reste insuffisant. De récentes recherches de Cadbury, qui achète le plus gros de son cacao au Ghana, ont révélé que la pro- duction moyenne est de 40 % inférieure aux capacités du pays. Relevant le défi, le Conseil ghanéen du cacao a dévoilé une série de mesures — fourniture de plants améliorés aux planteurs, pro- grammes de replantation et utili- sation d’engrais pour améliorer la fertilité des sols — pour atteindre l’objectif de production record de 1 million de tonnes.Ph ot o : © C ad bu ry Mangues sous pellicule L’Institut brésilien de recherche agronomique (EMBRAPA) a mis au point une nouvelle méthode de conservation des mangues après la récolte. On pulvérise sur les fruits une solution de dextrine, un glucide obtenu par transformation de l’amidon. La pellicule protège la qualité des fruits pendant environ 30 jours en retardant leur matura- tion et en évitant les attaques des microorganismes. La méthode traditionnelle uti- lise de la cire avec des additifs, dont certains dégagent une forte odeur. L’amidon de manioc a aussi été testé, mais il forme difficile- ment un film uniforme à la surface des fruits. Fabriquer de la dextrine est une opération simple : on obtient un gel facile à pulvériser en chauf- fant une émulsion d’amidon à 70º C. On peut y ajouter une huile pour rehausser l’éclat de la peau des fruits, un atout important pour la commercialisation. Contact : maclima@cpatsa.embrapa.br P ho to : © P EA C E/ A ct io n so lid ai re Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 3 e N B r e F Karité : un sosie prolifique Il a tout du karité : les fruits, les feuilles, le tronc. Tout, sauf la taille. Contrairement à son cousin naturel qui peut mesurer 10 m et ne pro- duire qu’à l’âge de 20 ou même 35 ans, le karité greffé a moins de 2 m et produit dès l’âge de 2 ou 3 ans. Ses fruits sont aussi gros et succulents et ses amandes riches en beurre. Planté dans les champs, il ne porte pas ombrage aux cultu- res basses comme le niébé et l’arachide. Le greffage du karité, mis au point en 1993 par le Centre national de semences forestières (CNSF) du Burkina Faso, com- mence à se répandre, notamment auprès des femmes très présen- tes dans la filière. Il surprend par sa simplicité. Il en existe trois variantes, la plus sim- ple étant le greffage sur le côté, tel qu’uti- lisé pour le manguier. Le greffage se fait au champ sur de jeunes plants, des sauva- geons, avec des gref- fons prélevés sur un arbre adulte. Celui-ci est choisi pour la chair ou l’amande de ses fruits avec l’aide des paysans, très au fait des caractéristiques de chaque arbre. Le karité est l’une des espè- ces les mieux protégées de la savane africaine. Les paysans le gardent dans leur champ mais le plantent rarement. Une croyance très répandue veut que quiconque plante un karité meurt sans en voir les fruits. Grâce au greffage, ceux qui plantent des vergers de karité verront leurs arbres grandir et produire de leur vivant. Les produc- trices de beurre de karité formées par le CNSF maîtrisent la tech- nique du greffage parfaitement. Reste à vulgariser cette technique à grande échelle. Le CNSF prépare un manuel à cette fin. Contact : Dr Sié Kambou Centre national de semences forestières 01 BP 2682 Ouagadougou 01, Burkina Faso cnsf@fasonet.bf www.cnsf.gov.bf P ho to : © S yfi a In te rn at io na l pesticides maison Les agriculteurs de Papouasie- Nouvelle-Guinée (PNG) ont l’oppor- tunité de fabriquer des pesticides à base de plantes disponibles sur place. Les chercheurs de l’Institut national de recherche agricole (NARI) ont mis au point une gamme bon marché de ces pesticides natu- rels afin de lutter contre les insec- tes ravageurs des crucifères et autres légumes feuilles. Ces insecticides sont à base de racines du derris (Derris elliptica), une liane forestière cultivable dans les villages et les jardins, de fruits du piment (Capsicum annuum) et de graines de neem (Azadirachta indica), également cultivables dans les jardins. Les extraits de fleurs de pyrèthre (Tanacetum cinerarii- folium), une plante d’altitude, ont aussi prouvé leur efficacité. Des essais à la station expérimentale du NARI dans la province de la Nou- velle Bretagne orientale ont montré que les pesticides maison étaient aussi efficaces que les insecticides du commerce. Sur l’un des sites d’expérimentation, les dégâts cau- sés aux têtes de chou par les insec- tes ont été réduits de 40 à 5 %. Les agriculteurs des Fidji ont déjà adopté cette méthode. Des informations sur la production et l’application des pesticides naturels sont disponibles dans tous les cen- tres d’information du NARI de PNG. NARI Wet Lowlands Islands Programme – Keravat PO Box 204 Kokopo East New Britain Province Papouasie-Nouvelle-Guinée Fax : +675 983 9129 nariwlip@nari.org.pg Les semences de la reconstruction Pour les paysans, il est important d’avoir accès à des semences adap- tées à leurs objectifs de production. Des semences de mauvaise qualité affectent la productivité et facilitent la propagation des maladies. En Angola, où le secteur agri- cole est en pleine reconstruction, l’entreprise FERTISEME a démarré une production de semences dans les principales zones agricoles. La production se fait par contrat avec des paysans multiplicateurs, selon des protocoles clairement établis pour toutes sortes de semences : maïs (variétés régionales, hybrides et synthétiques), sorgho et millet, légumineuses (dont le niébé, le pois, la fève, le pois chiche et le lupin) ainsi que 18 autres variétés de semences horticoles et fourra- gères. Les semences de variétés qui ne sont pas disponibles pour le moment, notamment la pomme de terre, sont importées. Les graines sont séchées, bat- tues, nettoyées, calibrées, désin- fectées et ensachées dans une manufacture de la société. FERTI- SEME travaille avec un réseau de distributeurs qui met aussi à la disposition des paysans des outils, des engrais et des produits phyto- sanitaires autorisés dans le pays. soleil d’Afrique La culture du tournesol décolle en Afrique : 590 000 ha lui sont consa- crés, selon les estimations. D’après les experts, cela est lié à l’aug- mentation de la demande d’huile alors que décline la production du coton, jusqu’à maintenant l’une des principales cultures oléagineuses des pays du Sud. Au Mozambique, un partenariat a été mis en place pour la culture du tournesol sur 45 000 ha dans la province de Nampula. Objectif : produire du biodiesel afin de réduire le coût du transport dans la région et offrir de meilleures perspectives aux agriculteurs locaux. En Ouganda, l’expansion du tournesol a réduit les importations d’huile végétale et des milliers de cultivateurs se tournent vers ce secteur. Toutefois, le Dr Denis Kyetere de l’Organisation nationale ougandaise de recherche agricole appelle à la prudence : la faiblesse du dispositif d’appui au crédit, le coût élevé des intrants et une adoption limitée de techniques améliorées pourraient entraver cette progression. Bois interdit d’exportation La Sierra Leone a interdit l’exportation du bois en raison du “pillage incontrôlé des forêts” par les compagnies étrangères, chinoises entre autres. Hassan Mohammed, fonctionnaire du ministère des Forêts, a expliqué que la rapide déforestation du nord du pays avait causé une grave érosion des sols, obligeant les habitants à abandonner leurs terres. L’interdiction d’abattage en Guinée et en Côte d’Ivoire, a-t-il ajouté, a poussé de nombreux exploitants forestiers à s’installer en Sierra Leone. Joseph Sam Sesay, ministre des Forêts, a dit que l’interdiction resterait en vigueur jusqu’à ce qu’une politique soit élaborée afin d’aider les communautés locales à bénéficier du bucheronnage. Fruit de la passion L’Institut brésilien de recherche agronomique (EMBRAPA) abrite la banque de gènes du fruit de la passion la plus riche du monde, avec plus de 150 écotypes. Ces écotypes sauvages et ceux encore à trouver dans la nature permettront de produire des variétés résistantes à diverses maladies du fruit de la passion jaune, mais aussi de développer la production de porte-greffes et d’hybrides à vocation ornementale. Contact : liliane@cpac.embrapa.br eldis new look Eldis, la communauté en ligne pour les questions de développement, a relooké son site Internet. Outre une alerte e-mail, le site permet aux usagers d’échanger avec d’autres personnes impliquées dans le développement international, de partager des ressources, de créer leur propre profil et de construire un site personnel avec blog, album photo et stockage de documents. http://community.eldis.org P ho to : © N A R I Le Docteur Kambou présente un karité greffé. Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 e N B r e F Lutte ciblée contre la tsé-tsé Un site Internet conçu pour faci- liter les interventions communau- taires de lutte contre la mouche tsé-tsé aide des éleveurs africains à protéger leur bétail de la trypa- nosomiase. S’appuyant sur les résultats d’une équipe internatio- nale de chercheurs, il donne des conseils sur les moyens de lutte les plus efficaces et les moins chers. La trypanosomiase, aussi appelée mala- die du sommeil, tue chaque année environ 30 000 personnes et 2 millions de têtes de bétail en Afrique. Les insecticides sont trop chers pour la majorité des éleveurs et peuvent aussi diminuer l’immunité du bétail aux maladies transmises par les tiques. L’équipe dirigée par le Dr Steve Torr, expert en tsé-tsé, a tou- tefois démontré que l’application de petites doses d’insecticide uni- quement sur des parties spécifi- ques du corps de certains animaux était très efficace. À partir d’une forme d’empreinte ADN, l’équipe a montré que les tsé-tsé préfèrent se nourrir sur les bêtes plus grosses et plus âgées et qu’elles se concen- trent principalement sur leurs pat- tes et leur ventre. “Les éleveurs n’ont donc pas besoin de vaporiser l’insecticide sur la vache entière ni de vaporiser chaque animal, ce qui ramène le coût des insecticides à seulement 1 £ (1,25 €) par vache et par an”, explique le Dr Torr. Le site interactif propose des conseils clairs et pratiques aux ONG et autres organisations com- munautaires désireuses de conce- voir des stratégies de lutte. Le “plan tsé-tsé” invite l’utilisateur à répondre à une série de ques- tions. Il l’aide ainsi à évaluer l’am- pleur du problème local et produit un plan de lutte dont il indique le coût. Un diaporama montre com- ment fabriquer des pièges simples et traiter le bétail avec les insec- ticides. Cette nouvelle approche aide déjà des éleveurs d’Afrique du Sud, d’Éthiopie, du Kenya, d’Ouganda, de Tanzanie et du Zimbabwe à limiter les dommages causés par la trypanosomiase. Contact : Dr Steve Torr Natural Resources Institute University of Greenwich at Medway Central Avenue Chatham Maritime Chatham Kent ME4 4TB, Royaume-Uni Fax : +44 1634 880077 S.Torr@gre.ac.uk www.tsetse.org Ça roule pour le moringa Au Congo, le moringa se répand comme une traînée de pou- dre… et à vélo. Quatre associa- tions maraîchères d’Odziba (100 km environ à l’ouest de Brazzaville) ont reçu une vingtaine de bicy- clettes du Groupement des femmes pour l’ap- provisionnement divers (GFAD). Elles ont également reçu des motopompes, des pulvérisateurs et des brouettes pour développer la culture du moringa (Moringa oleifera), arbre dont les feuilles sont riches en pro- téines, vitamines et minéraux. À vélo, les femmes peuvent plus rapidement se rendre dans leurs champs à quelques kilomètres d’Od- ziba et livrer des feuilles de moringa dans les villages environnants ainsi qu’à Training, l’unité pilote de transformation gérée par le Bureau pour le renforce- ment des capacités des femmes. Celle-ci fabri- que artisanalement de la poudre de feuilles, une farine composée maïs-moringa et des feuilles séchées pour les sauces et les tisanes. Introduit en 2001 au Congo à partir du Sénégal, cet arbre tropi- cal à usages multiples, résistant à la sécheresse et à croissance rapide, y connaît un franc suc- cès. Nombreux sont ceux qui le cultivent maintenant près de leur habitation, à côté des arbres fruitiers. GFAD BP 2291 Brazzaville République du Congo gfad_congo@yahoo.fr P ho to : © S yfi a In te rn at io na l P ho to : © w w w .ts et se .o rg engrais à la demande Le Mali dispose à présent d’une fabrique d’engrais d’une capacité de production annuelle de 200 000 t, supérieure à ses besoins estimés à 150 000 t. L’usine de Toguna Agro industries, installée à Bamako, peut approvisionner les producteurs en complexes coton, céréales et maraîchage. Ces mélanges simples, dits bulk blends, ont l’avantage d’être formulés en fonction de besoins spécifiques. À terme, l’usine vise le marché des pays voisins où l’approvisionnement en engrais adaptés et abordables est tout aussi crucial pour les producteurs. L’agriculture s’expose Pour rapprocher la technologie des agriculteurs, l’Université Makerere de Kampala en Ouganda a ouvert une salle d’exposition à l’Institut de recherche de Kabanyoro. “C’est une combinaison de tous les programmes de recherche agricole des instituts du pays, cultures et élevage compris”, explique le Dr Livingstone Luboobi, président de l’Université Makerere. La salle d’exposition hébergera aussi les cours pratiques des étudiants en agriculture de l’université. Investir dans les tIC L’Union internationale des télécommunications (UIT) et la Commission européenne ont conclu un accord de partenariat qui vise à harmoniser les cadres réglementaires des TIC des pays ACP, en vue d’encourager le secteur privé à investir dans le marché des télécommunications. La concurrence devrait faire baisser les prix et entraîner une amélioration de la qualité des services pour les clients ACP. L’UE a octroyé 8 millions d’euros ; l’UIT contribuera pour 500 000 $ US (342 000 €) et mettra l’opération en œuvre. Chercheurs du pacifique Le Répertoire des chercheurs du Pacifique (RPS) est une base de données en ligne des personnes engagées dans la production, l’enseignement et la communication scientifiques dans la zone Pacifique. Montée par le Bureau régional de l’Unesco pour l’Asie et le Pacifique et l’Université nationale d’Australie, elle permet de s’enregistrer individuellement avec nom, adresse, qualifications et CV assorti d’un bref commentaire, les autres usagers pouvant accéder à ces informations. www.pacificscience.net/index.cfm www.tsetse.org montre en images comment construire des pièges à mouches. Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 5 e N B r e F Du pilon au moulin électrique Le pondu ou sakashaka, spécia- lité à base de feuilles de manioc, figure souvent au menu des Congo- lais. Les femmes passent 30 à 45 minutes à piler ces feuilles et à les réduire en purée avant de les cui- siner. Des artisans de Kinshasa (RD Congo) ont eu l’idée de fabriquer un moulin électrique, ce qui ramène la durée de la corvée à 5 minutes. “Fabriquer ce moulin ne demande pas grand-chose”, expli- que Emmanuel Banza, un artisan qui a sa petite fabrique à Kasa- Vubu, une des 24 communes de Kinshasa. Il suffit de fixer un moteur électrique de 2 200 watts sur un cadre métallique, puis de placer une hélice au fond d’un seau en plasti- que, reliée à l’axe du moteur. Cette technique locale, non brevetée, est aujourd’hui revendi- quée par plusieurs artisans congo- lais qui montent les moulins dans de petits ateliers et les revendent 50-70 $ US pièce (30-45 €) sur les marchés du pays. Les engins s’ex- portent à présent au Cameroun, au Congo et au Gabon où les feuilles pilées font partie de l ’a l imentat ion quotidienne. Nouvelles sources de pectine La pectine sert de gélifiant dans les confitures et la confiserie et de stabilisa- teur dans les yaourts et les boissons lactées. Concentrée en Allema- gne, au Danemark et aux USA, la production mondiale annuelle s’élève à environ 35 000 tonnes. L’industrie agroalimentaire est constamment à la recherche de sources de pectine autres que l’écorce d’agrumes et le marc de pomme (résidu de fabrication du jus). Plusieurs projets de recherche démontrent le potentiel de plantes cultivées dans les pays ACP. Des chercheurs de l’Université agronomique de Gembloux (Belgi- que) et du Centre africain de recher- che sur la banane et la banane plantain (Cameroun) ont mené des essais qualifiés de prometteurs pour produire de la pectine à partir de la peau des bananes. En Italie, des chercheurs de l’École poly- technique de Turin ont fait part des progrès réalisés pour produire de la pectine écologique et bon mar- ché à partir d’écorces de cabosses de cacao hachées. Une équipe de l’Université de Yaoundé au Came- roun et de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) en France affirme que la pectine obte- nue à partir de pelures de pomme cythère ou pomme d’or (Spondias cytherea) est identique à celle tirée du citron et a donc un bon potentiel commercial. Cette équipe a aussi réalisé des essais avec la peau de mangue. Des recherches sont en cours avec d’autres plantes telles que la betterave à sucre et le potiron. En Afrique du Sud, un projet vise à produire de la pectine à partir d’enzymes de zestes d’agrumes (voir Spore 131) en vue d’offrir un débouché aux fruits jugés impro- pres à l’exportation. P ho to : © T er re n ou rr ic iè re vivre en bon voisinage Des approvisionnements en semences améliorées et engrais de qualité aident les réfugiés tout comme les autochtones de la Pro- vince occidentale en Zambie. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement zambien ont pris cette initiative pour apai- ser les tensions entre réfugiés et communautés d’accueil en aidant les deux groupes à accroître leurs rendements. Le programme est mis en œuvre dans les camps de réfugiés des districts de Kaoma, Senanga et Shangombo. Semences et engrais sont fournis à crédit ; le rem- boursement se fait après la récolte. L’argent est placé sur un compte ban- caire à crédit renouve- lable pour être réinvesti la saison suivante. Des comités locaux gèrent les comptes, tandis que la banque administre les fonds. “Avant, ma famille vivait dans la pauvreté. Maintenant, la vie s’est améliorée”, remarque un agriculteur. Dans les zones de la province sujettes à la sécheresse, l’initiative a permis de creuser des puits communaux qui garan- tissent l’approvisionnement des réfugiés et des villageois en eau et leur permettent de cultiver en toute saison. Des silos et autres dispositifs de stockage améliorés ont été installés dans plusieurs villages pour protéger les récoltes des ravageurs qui en détruisaient auparavant la majeure partie. La peau des mangues et l’écorce des cabosses de cacao hachée, sources possibles de pectine En Zambie, les réfugiés et les agriculteurs autochtones reçoivent des engrais et des semences. P ho to : © S yfi a In te rn at io na l P ho to : © N aw a M ut um w en o Couleur ananas Commencé en 2001, le feuilleton des Limites maximales de résidus (LMR) d’éthéphon, un régulateur de croissance utilisé pour homo- généiser la couleur des ananas, devrait trouver son épilogue dans quelques mois. La LMR doit passer de 2 mg/kg à 0,5 mg/kg pour préserver la santé des consomma- teurs européens. Les producteurs d’ananas ont moins d’un an pour s’adapter, un “défi particulièrement difficile à relever”, selon le Pro- gramme Initiative Pesticides (PIP). Source : PIP patchouli du Burundi Introduit au Burundi il y a cinq ans, le patchouli, plante tropicale dont on tire une huile essentielle très utilisée en parfumerie, s’est si bien acclimaté dans la province de Cibitoke que les premiers hectolitres se vendent déjà sur le marché international. La qualité du patchouli burundais est excellente. La société burundaise Rugofarm encadre des milliers de producteurs auxquels elle fournit une assistance technique et garantit l’achat de toute la production. sucre équitable Tate et Lyle, le géant britannique du sucre, réoriente toute sa production vers le commerce équitable. La compagnie a annoncé que ce tournant allait générer dès la première année au moins 2 millions £ (2,5 millions €) de primes “commerce équitable” pour les cultivateurs de canne, qui seraient investis dans des projets communautaires tels qu’écoles et dispensaires. Le premier produit sous label équitable sera le sucre blanc en poudre produit par plus de 6 000 petits planteurs membres de l’Association des cultivateurs de canne à sucre du Belize. La production d’autres pays des Caraïbes et d’ailleurs devrait se convertir au commerce équitable d’ici fin 2009. télécentres en base de données Une base de données en ligne de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie et le Pacifique (UNESCAP) donne accès gratuit à l’information sur les projets de télécentres de la région Asie-Pacifique. L’initiative fait partie d’un projet qui vise à rendre les TIC plus accessibles aux communautés pauvres et défavorisées — aux femmes en particulier — grâce à un réseau de centres de partage des savoirs. www.unescap.org/icstd/applications/ cec/default.aspx Photo : © Syfi a International Spore 135 / Juin 20086 Spore 135 / Juin 2008 e N B r e F ordures en briquettes Pour limiter le déboisement et l’utilisation de charbon de bois en Haïti, un projet de coopération financé financé par l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Inde a entrepris de transformer les ordures en briquettes combustibles. Un centre de triage des déchets et de fabrication des briquettes fonctionne depuis décembre 2007 à Carrefour-Feuilles, un quartier populaire de Port-au- Prince, la capitale. Dans les rues, de nombreuses poubelles recueillent les déchets qui sont ensuite transportés par camion au centre de triage. Près de 300 personnes sont affectées au balayage des rues, au ramassage des ordures et à la fabrica- tion des briquettes. Les papiers sont séparés des ordures, mis à tremper puis mélangés à de la poudre de bois. La pâte obte- nue est moulée dans un cylindre. Une fois bien séchée au soleil, la briquette est prête à l’emploi. Les 6 000 pièces fabri- quées jusqu’ici ne suffisent pas encore pour une commercialisation efficace. “Nous ne voulons pas être en rupture de stock”, explique Jean Gérald Dimanche, le responsable du centre, convaincu que les briquet- tes sont un bon substitut au char- bon de bois. Le prix et les modalités de vente de la briquette ne sont pas encore fixés. Selon une étude de l’Institut haïtien de statistique et d’infor- matique (IHSI), près de 90 % des familles haïtiennes utilisent le charbon de bois pour cuire les aliments. Le centre de Carrefour- Feuilles ne pourra pas à lui seul fournir en briquettes tout le pays. Des démarches sont en cours en vue d’implanter d’autres centres. Plus de 1 million $ US au total a été décaissé pour financer le projet. Jardiner toute l’année au sahel La technique du Jardin tropical amélioré (JTA) s’implante timide- ment, mais sûrement, au Niger. Sur une surface de seulement 60 m2, ce petit potager familial peut donner 700 kg de légumes par an avec un arrosage de 200 l d’eau par jour et en y consacrant moins de 2 h de travail quotidien en moyenne. Le JTA se résume à quatre planches de 12 m de long sur 1,2 m de large où peuvent se succéder jusqu’à six cultures. La production s’étale sur toute l’année. En comparaison, un jardin traditionnel où la terre n’est travaillée qu’en surface demande plus de 3 h de travail par jour pour récolter environ 150 kg de légumes par an. Le secret de ce jardin tient notamment à l’aménagement des planches, bordées de bâches en plastique, qui permettent à la plante de s’enraciner sur 40 cm de profondeur et ainsi de mieux résister à la sécheresse. Le système JTA, mis au point par la société française JTS Les semences du jardin tropical, contient l’équipement de base : contours de bâches, voiles de ger- mination et de culture, goutte-à- goutte, engrais, rétenteur d’eau, arrosoir à pomme fine, cordeau et plantoir. Ce kit de base, proposé au départ de Niamey à 257 000 FCFA (392 €), peut être complété par un kit d’outils de jardinage et un kit de replantation d’arbres fruitiers et forestiers. Une formation de deux jours est proposée aux personnes qui souhaitent tenter l’expérience. La région de Niamey compte aujourd’hui quatre de ces jardins. JTS travaille actuellement à un vaste projet d’installation des JTA ailleurs dans le pays et même dans la sous-région : des Maliens de la région de Kidal sont ainsi venus à Niamey pour s’initier à l’installa- tion du JTA. Contact France JTS Les semences du jardin tropical ZA Les Fousseaux Avenue des Carreaux 49480 Saint-Sylvain-d’Anjou, France Fax : +33 2 41 76 57 70 infos@jtssemences.com www.jtssemences.com Contact Niger JTS Les semences du jardin tropical Rue Niamey Bas 29 BP 165 Niamey, Niger P ho to : © J Ts Colliers solidaires À Trinité-et-Tobago, une ONG locale innove avec la vente de col- liers pour financer des projets communautaires et dynamiser la solidarité. La Fondation Karma a conçu six pendentifs ornés chacun d’un symbole différent. “L’objectif est d’inciter chacun à essayer de changer les choses… à essayer de faire la différence”, déclare la fon- datrice, Karen Blackman. Les pendentifs argentés avec cordon de chanvre coûtent 300 $ TT (30 €) ; ils se vendent bien et les premiers fonds ont déjà été attribués à un projet de replan- tation et un autre de recyclage communautaire ainsi qu’à un foyer d’accueil d’enfants atteints du HIV/sida. www.mokshayogatrinidad.com/ karmayoga Échangeons sur les émissions Le Réseau pour un climat neutre, CN Net, est une plate-forme mondiale d’échange d’informations sur la réduction des émissions de carbone, lancée par le Programme des Nations unies pour l’environnement et le Groupe de la gestion de l’environnement. Vous y trouverez des informations (en anglais) sur différents thèmes (agroalimentaire, énergie, forêt, tourisme, transports, déchets). www.climateneutral.unep.org/ cnn_frontpage.aspx?m=127 Biocarburants sénégalais La Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) a investi plus de 6 millions € dans la création d’une nouvelle distillerie qui produira 10 à 12 millions de litres d’éthanol par an à partir de la bagasse, résidu de transformation de la canne à sucre. La Société de commercialisation du ciment a aussi lancé un projet de production de biocarburant, à partir du pourghère cette fois. Autour des carrières de cette cimenterie, des femmes gèrent une pépinière de près de 300 000 plants. Huile d’avocat La création d’une usine de production d’huile d’avocat (utilisée pour les soins de la peau) près de Gitega, au centre du Burundi, a redonné aux agriculteurs de la région le goût de cultiver l’avocatier. Ce dernier serait même devenu plus rentable que le caféier. Les ménages qui ont deux avocatiers peuvent en tirer 15 000 FBU (environ 8 €) par mois. Un revenu d’appoint pour des producteurs qui, hier encore, préféraient abandonner leurs avocats non vendus au marché plutôt que de les rapporter chez eux… Bon filon L’Institut royal des tropiques (KIT) a ouvert un portail consacré aux filiè- res pour le développement (VC4D), qui donne accès gratuit à des docu- ments intégraux ainsi qu’à des bul- letins d’information, des groupes de discussion, des sites Internet, des bases de données bibliographiques, des répertoires d’organisations et de projets sur ce thème. http://portals.kit.nl/Value_Chains_ for_Development P ho to : © S yfi a In te rn at io na l P ho to : © S yfi a In te rn at io na l P ho to : © w w w .m ok sh ay og at ri ni da d. co m Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008  DossIer Dans la province Ouest des îles Salomon, les membres de com- munautés disséminées sur les lagons de Roviana et Vonavona observent ensemble des photos aériennes et des images satellites de leur territoire. Des techniciens leur demandent d’interpréter les couleurs et les ombres tandis qu’un participant dessine au stylo- feutre les habitats et les espèces sur une photo au format d’un poster. L’information est numérisée puis analysée par un ordina- teur. Résultat : des cartes détaillées qui aideront les communautés à délimiter 21 réserves marines ainsi que des “zones saisonnières interdites” pour protéger coraux et poissons. Cette démarche, qui combine techniques de pointe et savoirs traditionnels, est un exemple de cartographie communautaire, une pratique en rapide évolution qui utilise les Systèmes d’information géographique participatifs (SIGP) pour aider les communautés à reporter leur environnement sur une carte. À la différence de la car- tographie classique, la cartographie communautaire fait participer les acteurs locaux dans le processus. Elle peut avoir une influence décisive sur la capacité des communautés à revendiquer leurs droits sur des res- sources naturelles et à protéger leur savoir. Beaucoup de facilitateurs qui ont participé à des exercices de SIGP s’enthousiasment de voir comment les gens collaborent et des relations se tissent entre générations. toutes sortes d’outils Correctement présentées, les cartes communautaires offrent une image des paysages que chacun peut comprendre ; ainsi toutes les couches de la société peuvent parti- ciper aux discussions sur des sujets souvent sensibles. Dans beaucoup de régions du Sud, les SIGP sont de plus en plus utilisés pour aider les communautés à cartographier, préserver et tirer profit de leur environnement. Une étude de Jefferson Fox et collègues va jusqu’à affirmer que “les communautés qui n’ont pas de cartes risquent d’être défavorisées, car les droits et le pouvoir s’expriment de plus en plus en termes spatiaux”. Les outils SIGP ont pour caractéristiques d’être faciles à manier et de servir plein d’objectifs. Ils peuvent être de haute ou de basse technologie, ou les deux : dessins à main levée, maquettes 3D, pho- tos aériennes, images satellites, systèmes de positionnement (GPS) et d’information géographique (SIG) (voir glossaire). Des nouveau- tés comme Google Earth sont à présent accessibles à ceux qui ont une bonne connexion Internet. À mesure qu’elle évolue, la cartographie communautaire élar- git ses champs d’intervention : planification foncière, protection de la nature, sauvegarde de l’héritage culturel ou de lieux sacrés, accès aux rétributions pour la séquestration du carbone. Les SIGP aident à résoudre des conflits fonciers au Ghana, et ils peuvent aussi servir à documenter la criminalité, le changement climatique, les désastres ou les maladies. Dans une étude en Afrique du Sud, ils aident à repérer les foyers de mortalité du VIH/sida en vue d’amé- liorer les interventions de santé publique. Documenter les savoirs autochtones Dimension nouvelle et importante, la cartographie s’applique au patrimoine culturel immatériel. Au Kenya, la minorité ogiek s’en est servie pour répertorier ses droits ancestraux. Ce sont les anciens qui ont choisi cet objectif pour l’exercice, mené avec l’appui du CTA, plutôt que de cartographier les droits fonciers comme proposé au départ. L’utilisation de cartes par les peuples autochtones marque un tournant dans le traitement de l’information spatiale. Comme le note Mac Chapin, qui a conduit plusieurs de ces exercices, “autre- fois, seuls les gouvernements et les élites maniaient les cartes et la cartographie était surnommée ‘science des princes’. C’est donc une vraie révolution dans l’usage des cartes”. Cartographie communautaire/tIC Les tracés du développement La cartographie participative mobilise toute une gamme d’outils pour aider les communautés à évaluer et à représenter leur environnement. Bien exploitée, cette pratique aide des groupes souvent marginalisés à revendiquer leurs droits sur des ressources ou à préserver leur héritage culturel. P ho to : C TA © G . R am ba ld i Glossaire • GPS (Système de positionnement global) : système de satellites et d’unités terrestres qui permet à quelqu’un équipé d’un récepteur portable de déterminer sa position. • Numériser : convertir une image, une carte par exemple, sous une forme que l’ordinateur peut stocker et manipuler au moyen d’un logiciel spécial. • SIG (Système d’information géographique) : système informatique conçu pour la collecte, le stockage, la gestion et l’analyse d’informations spatialement référencées. • SIGP (SIG participatifs) : né de la fusion entre méthodes d’apprentissage et d’action participatifs et technologies d’information géographique (TIG), le SIGP aide les populations locales à visualiser leurs connaissances spatiales en utilisant des cartes bi- ou tridimensionnelles. • TIG (Technologies d’information géographique) : ensemble d’outils informatiques (matériel et logiciels) et de techniques et données géographiques servant à collecter, stocker, gérer, analyser et/ou afficher des informations géoréférencées. Photo : © M. Lauer Spore 135 / Juin 20088 Spore 135 / Juin 2008 DossIer Le Centre pour l’environnement et le développement, à Yaoundé au Cameroun, se sert des SIGP pour aider les commu- nautés de la région de Djoum à documenter leur usage de la terre et des ressources naturelles. Un projet qui a formé cinq commu- nautés riveraines du Parc national Campo-Ma’an a produit des cartes qui ont finalement convaincu les autorités de lever l’inter- diction d’accès au parc pour les récoltes traditionnelles. L’ONG a aussi aidé 21 communautés de la région de Bipindi, le long du pipeline Tchad–Cameroun, à sécuriser leur terre, et elle travaille avec un réseau en RD Congo pour former les populations locales en techniques de cartographie participatives. Bien faite, la cartographie communautaire économise temps et argent. Les communautés peuvent cartographier toutes sor- tes de données bien plus vite qu’avec des méthodes classiques. À Sainte-Lucie, on utilise la photographie aérienne par cerf-volant pour dresser des cartes marines et côtières ; un tel système peut coûter moins de 1 000 $ US (625 €). Mais qui est aux commandes ? L’équipement est devenu moins cher, mais le coût et l’accès sont encore des freins. Même si les applications en SIGP sont plus largement disponibles, beaucoup d’organisations communautaires ont encore du mal à lever des fonds et à trouver l’expertise technique nécessaire à la mise en œuvre de projets cartographiques. C’est pour- quoi certains experts appuient un mouvement en faveur d’un logiciel SIG en accès libre. Il faut aussi tempérer l’enthou- siasme pour les possibilités offer- tes par les outils cartographiques, avertissent des praticiens. Visuali- ser les savoirs locaux et les mettre à disposition d’un large public pose de gros risques : qui contrôle le pro- cessus de cartographie, qui décide des priorités et des éléments à repérer, et surtout qui contrôle le produit final ? Certaines communautés se plaignent de n’avoir pas été assez consultées, d’autres de n’avoir reçu aucune copie des cartes. Dans cer- tains cas, les modèles de SIGP ont été confisqués par les élites ou ont causé des tensions supplémentai- res. Des femmes qui avaient parti- cipé à des exercices de cartographie ont été battues par leurs maris. Les SIGP ne peuvent entraî- ner de changements positifs que s’ils sont correctement appliqués. Le CTA, le Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Fondation Ford au Brésil appuient la production d’un kit de formation pour encourager de bonnes prati- ques. Il est important que les outils utilisés soient choisis avec les com- munautés concernées. Certaines des initiatives les plus abouties adaptent une technologie sophistiquée pour les gens inaccoutumés aux TIC. À Caprivi, au nord-est de la Namibie, les San, pour la plupart illettrés, ont utilisé des GPS avec des symboles animaliers pour enregistrer la faune sauvage, dans le cadre d’un projet Photo : CTA © G. Rambaldi Des sIGp protecteurs Menacées par les bio-prospecteurs, les opérateurs touristiques et les compagnies forestières ou minières, les communautés autochtones recourent aux SIGP pour enregistrer leurs savoirs traditionnels et protéger leur propriété. En 2007, un projet de formation lancé par First Peoples Worldwide/Local Earth Observation et soutenu par le CTA a aidé des communautés du Belize à se servir de SIGP pour mieux gérer l’environnement. Ce projet a produit plus de 3 500 clichés grâce à un petit équipement peu coûteux de photographie aérienne. Une communauté de Barranco a utilisé les données ainsi obtenues pour évaluer les conséquences de l’exploitation du bois, une autre pour créer un sanctuaire spirituel. L’Association des pêcheurs de la Monkey River a exploité les données pour créer une zone de pêche protégée tandis qu’à Placencia plusieurs communautés et ONG les ont utilisées dans une campagne contre la création d’un complexe touristique. Les données ont permis à l’institut de gestion autochtone SATIM du Parc national de Sarstoon Temash de contester un projet de prospection pétrolière. Au Suriname, l’ONG locale STINASU a commandé des photos aériennes pour cartographier l’extraction d’or, qu’elle estimait illégale, dans les réserves naturelles de Brownsweg and Witte Kreek. Dans le nord du pays, l’Association des chefs de villages indigènes (VIDS) s’est servie de telles photos pour prouver l’impact de l’extraction de bauxite sur la communauté d’Adjoemakondre et évaluer les efforts nécessaires à la restauration du paysage. Au Suriname encore, des images ont servi aux Indiens Saramaka à cartographier les conséquences de l’exploitation du bois par une société chinoise, qui aurait obtenu un permis à leur insu. Cartographier les risques Au Timor-Oriental, des communautés proches du bassin versant Raumoco se sont servies de SIGP pour cartographier leur territoire et leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Neuf villages ont pris part à l’exercice d’octobre 2007, tous exposés chaque année à des crues subites et à des pénuries alimentaires dues à la sécheresse et au changement climatique. Ils ont collecté et analysé des données pour évaluer les risques et leur capacité à anticiper les catastrophes, à les mitiger et à y réagir. Un petit groupe a appris à numériser l’information, présentée en un modèle 3D montrant les maisons, les infrastructures, les ressources et les risques. Une protection insuffisante du bassin versant et la disparition de la végétation ont été identifiées comme les facteurs clés d’insécurité alimentaire et de risques pour les habitants. Les stratégies issues de l’initiative consistent à stabiliser les rives de cours d’eau, installer des systèmes d’irrigation, réduire les feux de brousse et de forêt, protéger les principaux habitats et les sources d’eau douce, et introduire des systèmes d’alerte précoce pour les inondations. P ho to : © P . P oo le Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008  DossIer de gestion communautaire des ressources naturelles. La confiance entre facilita- teurs et communautés locales est cruciale. C’est aux membres de la communauté de décider de la légende, la clé de la compréhension des cartes. L’information glanée dans ces exercices peut être de la dynamite, surtout lorsque droits fonciers, bois, pétrole, concessions minières ou vie sauvage sont en jeu. “Exposer les savoirs, c’est exposer les communautés. Il est arrivé que des communautés voient piller les terrains funéraires qu’elles venaient de cartographier”, prévient Giacomo Rambaldi du CTA, qui a accueilli en avril un atelier pour l’élaboration d’un programme de formation en SIGP. “Presque tous les exercices de cartographie com- munautaire exigent une sorte de compromis entre risques et bénéfi- ces. La difficulté est de trouver le bon équilibre.” Peu de gens sur l’île d’Ovalau, aux Fidji, savaient pourquoi ce minuscule banc de sable au large du village de Vuma s’appelait Verata. Dans un pays où les populations autochtones se connaissent d’étroits liens de parenté, le mot verata veut dire fidjien d’origine et désignait un village du continent où, selon les habitants d’Ovalau, vivait la première tribu qui vint occu- per l’archipel. Ce n’est qu’en 2005, lorsque les anciens se sont réunis pour un projet de carto- graphie de leur île, que les locaux ont eu le fin mot de l’histoire. “C’est sur ce banc de sable que notre ancêtre Rovarovaivalu a accosté après une traversée de plusieurs jours en canoë, a expliqué Usaia Delaidriti, un ancien de Vuma. Il était du village de Verata sur le continent et fut le premier à s’installer à Ovalau. Il est demeuré à Vuma, puis est retourné à Verata chercher une épouse avant de revenir fonder ce village.” Pour les anciens comme Delaidriti, le projet a été l’occasion d’échanger des informations et de s’émerveiller de la façon dont leur connais- sance de l’île pouvait être aussi simplement compilée et rendue publique. “Quatre anciens représentaient chaque village et partageaient leurs savoirs, les noms des rivières et des mon- tagnes par exemple, ajoute-t-il. Cela m’a vrai- ment ouvert les yeux. J’ai réalisé l’importance de ce projet qui mettait au jour tant de cho- ses que nous ignorions d’Ovalau. Cela permet de mieux connaître notre passé et c’est une bonne chose, car notre tradition ne se trans- met aux générations suivantes qu’à travers des récits. Et comme plus personne ne les raconte, notre culture disparaît sans que nous en ayons conscience.” Le projet de Modélisation participative en 3D pour l’usage des ressources, la planification du développement et la sauvegarde du patri- moine culturel immatériel aux Fidji a impliqué une large fraction de la communauté d’Ovalau, dont 36 élèves de deux écoles et 82 anciens de 27 villages. Les élèves ont aidé à construire une maquette de l’île en relief sur laquelle les anciens ont transposé leurs connaissances. Grâce aux technologies d’information géogra- phique (GIT), la maquette achevée comprenait 79 éléments différents en légende et des don- nées telles que sources, lieux sacrés et territoi- res de pêche. Elle a remporté un World Summit Award 2007 dans la catégorie e-culture. Des personnes-ressources de sept organi- sations dont le CTA ont assisté la communauté. La modélisation participative en 3D (P3DM) est “l’une des façons les plus originales d’extraire l’information des mémoires pour la transférer sur une maquette qui permet aux gens d’ap- prendre les uns des autres, par exemple les noms de lieux et les histoires qui y sont liées”, explique Silika Tuivanuavou, du Conseil fidjien des terres indigènes. “La voix des villageois peut se faire entendre par ce procédé ; il leur a donné une capacité d’action et un sentiment de fierté, car ils ont pu mettre en carte leur mémoire spatiale du terroir et décider des développements dont ils avaient besoin.” Pour les habitants d’Ovalau, la maquette est devenue un outil de protection, de dévelop- pement et de gestion de leurs ressources natu- relles. “Nous venons juste de finir d’élaborer un projet de développement sur trois ans qui a démarré cette année et, pour cela, nous avons utilisé la maquette”, déclare Ratu Filimoni Baleimua, administrateur de la province. Depuis qu’ils ont fini la maquette, les insu- laires d’Ovalau l’ont utilisée pour définir des zones taboues (protégées) des territoires de pêche de trois districts. Dix villages ont délimité d’autres zones interdites sur une île voisine figurant en partie sur la maquette. L’exercice a aussi incité les habitants à déblayer les sentiers cérémoniels et à planter des arbres. Dionisia Tabureguci P ho to : C TA © G . R am ba ld i • Apprentissage et action participatifs La cartographie pour le changement : pratiques, technologies et communications Cédérom CTA/IIED, 2007 CTA n° 1384 10 unités de crédit • Mapping Made Easy: A Guide to Understanding and Responding to HIV Vulnerability Propose 100 outils d’apprentissage et d’action participatifs pour des programmes VIH/sida ; outils de cartographie participative, p. 40-66 www.aidsalliance.org/ sw36326.asp ERMIS ONG régionale africaine expérimentée en cartographie communautaire www.ermisafrica.org IPACC Réseau de 150 organisations de peuples autochtones d’Afrique, actif dans les SIGP www.ipacc.org.za/fre/default.asp ITC Institut international de géo- sciences et d’observation de la Terre, spécialisé en gestion innovante des informations géographiques, pour les pays du Sud en particulier www.itc.nl Participatory Avenues Site Internet exhaustif sur la cartographie communautaire en 3D www.iapad.org PPGIS Forum électronique sur les SiGP Groupe de discussion sur la cartographie communautaire www.dgroups.org/groups/ ppgis-fr • L’éthique dans la pratique des SIGP Pour les praticiens, les facili- tateurs, les intermédiaires en technologie et les cher- cheurs en matière de SIGP www.ppgis.net/code.htm UNESCO Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel http://unesdoc.unesco.org/ images/0013/001325/132540e.pdf ovalau à la carte ////////////////////////////////////// Fidji Au Cameroun, des communautés forestières ont recensé leurs savoirs grâce aux SIGP. P ho to : © J . N el so n Spore 135 / Juin 200810 Spore 135 / Juin 2008 FoCUs L’élevage du lapin, ou cuniculture, est une activité intéressante dans la mesure où il fournit à la fois de bons revenus et des pro- téines d’origine animale pour la famille. La viande du lapin est très nourrissante, à faible teneur en matière grasse et en cholestérol, riche en protéines, vitamines et sels minéraux. Les lapins sont très prolifiques. Moyennant les soins nécessaires et une bonne alimen- tation, une femelle peut produire jusqu’à 40 petits par an (contre 0,8 pour les bovins et 1,4 pour les ovins). Cela signifie que vous pourrez vendre ou manger pratiquement un lapin par semaine toute l’année. Le lapin transforme efficacement des végétaux peu ou pas utili- sés autrement en protéines comestibles. Son élevage nécessite peu d’investissements de départ et la nourriture ne coûte pas cher, mais il demande du travail : les animaux ont besoin de soins attentifs. Dans les régions tropicales, le principal problème pour l’éleveur est le climat : le lapin craint les chaleurs trop élevées. Lorsque la température dépasse 30 °C, son appétit diminue et sa croissance ralentit. “À 30 °C, la consommation est réduite d’un peu plus de 25 % par rapport à celle constatée à la température de 23 °C. La conséquence est une réduction de la vitesse de croissance d’en- viron 20 %”, note François Lebas, secrétaire général de la World Rabbit Science Association (WRSA) et l’un des meilleurs spécialistes de l’élevage du lapin en zone tropicale. Menu adapté et varié Les lapins élevés en colonie ou en clapier (cage) dépendent entièrement de l’éleveur. Ils doivent toujours avoir de l’eau et de la nourriture à leur dispo- sition. Bien nourris, ils sont robustes et ont un beau pelage. Ils grandissent vite et font beaucoup de lapereaux. Vous pouvez leur donner des fourrages, des déchets de cuisine et des résidus végé- taux des champs et du jardin. François Lebas a recensé 80 plantes sauvages ou cultivées en milieu tropical qui peuvent servir de fourrage — feuilles d’ar- bres et d’arbustes, graminées et herbacées. Pour assurer une alimentation équilibrée, vous devrez distribuer, en plus des fourrages riches en fibres, des aliments composés (ou provendes) riches en protéines, comprenant des farines, tourteaux et sons. Mais attention, les lapins ne supportent pas les aliments où se sont déve- loppées des moisissures, soit dans l’aliment composé lui-même, soit dans les matières premières utilisées pour le fabriquer. Conséquence immédiate : ils refusent de manger et peuvent même mourir. Formation et information sont essentielles pour réussir l’éle- vage. Il faut savoir quoi donner à manger et comment le faire. Au Bénin, le Centre cunicole de recherche et d’information (CECURI) apporte un soutien technique aux éleveurs du pays depuis la fin des années 1980 et accueille des stagiaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Soutenu par les coopérations belge et française, il est implanté au sein de l’Université d’Abomey-Calavi où il dispose d’un bâtiment “maternité” abritant 80 lapines reproductrices et d’un bâtiment “d’engraissement” de 500 places environ. Dans les Caraïbes, où le cheptel de lapins d’élevage est évalué à quelque 7 000 têtes, le Dr Rajendra K. Rastogi, professeur à l’Université de Trinité-et-Tobago, supervise lui aussi une station d’engraissement. Coccidiose = danger La principale maladie qui frappe le lapin en zone tropicale est la coccidiose. Les coccidies sont des parasites du tube digestif trans- mis via les déjections. Affectant l’intestin ou le foie, elles provo- quent diarrhée et amaigrissement et peuvent aboutir à la mort. Le traitement est incertain. La meilleure prévention consiste à élever les lapins dans des clapiers avec sol ajouré (grillage ou lattes espacées), afin que les animaux ne soient pas en contact avec leurs crottes. Celles-ci peuvent ainsi être récupérées, car elles peuvent constituer un excellent fumier. Les clapiers doivent être nettoyés régulièrement, séchés et désinfectés. De même, il faut nettoyer soi- gneusement les mangeoires et les abreuvoirs chaque jour avant de renouveler l’eau et les aliments. Tout lapin étranger de plus de 25 jours doit res- ter en quarantaine avant d’être introduit dans l’élevage. “Certains pays tropicaux comme le Bénin ont adopté ces protocoles, tandis que d’autres continuent à subir de forts taux de mortalité faute d’avoir pris de telles mesu- res”, constate François Lebas. Apparue en Chine en 1984 et arri- vée en Afrique en 1995, la maladie virale hémorragique (MVH) ou hépatite virale est dévastatrice. Lorsqu’elle atteint un pays, “sa vitesse de propagation est fou- droyante”, précise François Lebas. Dans les élevages touchés, la mortalité est de 80 à 100 %. Aucun traitement n’est possible. En revanche, la vaccination est très efficace, même dans un élevage infecté à condition d’intervenir très rapidement. D’autres maladies, moins graves mais fréquentes en zone tropicale, affectent le lapin. Les gales par exemple, dues à des acariens, touchent les élevages trop peuplés où l’hygiène est mauvaise. Très contagieuses, elles se caractérisent par de fortes démangeaisons et peuvent prendre l’allure de véritables épizooties. En conclusion, une bonne ali- mentation et une bonne hygiène, associées à l’absence de stress et, le cas échéant, la vaccination, sont les meilleurs moyens pour garder vos lapins en bonne santé et votre élevage productif. Lapin réussir un élevage sain Que ce soit pour la vente ou pour la consommation personnelle, élever des lapins nécessite quelques bonnes connaissances de base, en particulier sur le plan de l’hygiène et de la prévention des maladies. P ho to : © C EC U R I L’élevage du lapin sous les tropiques Agromisa/CTA, 2004, 76 p. ISBN 90-77073-34-5 CTA n° 54 5 unités de crédit www.anancy.net/uploads/file_ fr/20-f-2004_screen.pdf Photo : © CECURI Le centre d’élevage et d’information du CECURI au Bénin. Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 11 p U B L IC A t Io N s Dans le maquis de l’oMC Voilà un ouvrage bien utile à tous ceux — et ils sont nombreux — qui ont du mal à comprendre comment fonctionne l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et ce que recouvrent les règles du commerce international. Ce petit livre, fruit d’un travail collectif d’organi- sations de la société civile africaine, surtout d’associa- tions de producteurs agricoles, a le grand mérite d’être très clair et jamais rébarbatif. Illustré d’exem- ples concrets, de tableaux et de cartes animés par des caricatures de dessinateurs africains, il est aussi très pédagogique. Il montre com- bien il est indis- pensable que, dans les pays ACP, les res- ponsables des organisa- tions de producteurs comprennent les mécanismes qui régissent le commerce mondial. Pour agir, ils doivent savoir comment ces règles pèsent sur leurs choix de production et leurs revenus, et déterminent leur rôle dans la société. Connaître ces règles leur permet aussi d’in- fluer davantage dans les négocia- tions internationales où les pays africains ont aujourd’hui peu de poids. En 11 fiches d’une vingtaine de pages, ce livre et le cédérom qui l’accompagne expliquent l’Accord sur l’agriculture, qui libéralise le marché et qui est en renégociation depuis 2000, les accords sur les normes qu’il faut bien connaître pour pouvoir exporter, l’accord sur les droits de propriété intellectuelle (APDIC) qui protège en particulier les variétés végétales, ainsi que les autres accords commerciaux, notamment régionaux, qui pren- nent aujourd’hui de l’importance. Agriculture et OMC : comprendre pour agir Ouvrage collectif sous la coordination de M.-C. Lebret et A. Alpha CTA/Gret, 2007, 208 p. ISBN 978-2-86844-175-1 CTA n° 1427 20 unités de crédit promesse de fruits C’est un livre vraiment appétis- sant, aussi nourrissant et digeste que les fruits tropicaux qu’il pré- sente, superbes photos à l’appui. L’une de ses originalités est de classer ces fruits en fonction de leur importance dans le jardin créole et non du point de vue éco- nomique classique. Bien que l’in- ventaire ait été fait en Guadeloupe, un département français d’outre- mer, cet ouvrage intéressera les producteurs bien au-delà des Antilles françaises. Vous y trouverez les techni- ques de production fruitière tro- picale : comment soigner, tailler, greffer vos arbres, identifier les ravageurs et limiter les intrants chimiques. Pour vous mettre en appétit, un abécédaire technique vous donne de très utiles indica- tions comme la durée de conser- vation des fruits à une certaine température ou les avantages et inconvénients des différents types de multiplication des frui- tiers. Ensuite, dégustez chacune des espèces présentées : de l’abri- cot des Antillles à la vavangue, du babaco à la surelle en passant par la mangue ou le fruit à pain. La carte d’identité de chaque espèce d’importance majeure indique les nom, origine et distribution, l‘éco- logie, la multiplication, la culture et les utilisations culinaires et médicinales entre autres. Un exemple : une décoction de grai- nes râpées de l’abricot de Saint- Domingue élimine les puces et tiques des animaux domestiques et les poux des humains. Le verger tropical. Cultiver les arbres fruitiers Par F. et V. Le Bellec Orphie/Cirad, 2008, 264 p. ISBN 978-2-87763-384-0 30 € Éditions Orphie Zone d’activités 71220 Chevagny-sur-Guye France Fax : +33 (0)3 85 24 67 66 orphie.editions@wanadoo.fr www.orphie.net peuples de la forêt Le quatrième numéro de la collection Questions autochtones analyse les conséquences de la déforestation pour les ressources et la survie des peuples de la forêt. Il insiste sur les solutions (légales, politiques, techniques) et les innovations en cours, qui militent pour une gestion durable des forêts et une reconnaissance des droits territoriaux et d’usage autochtones. Exploitations forestières et peuples autochtones Coll. Questions autochtones Par le Groupe international de travail pour les peuples autochtones L’Harmattan, 2007, 166 p. ISBN 978-2-296-04496-8 17 € Éditions L’Harmattan 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, France Fax : +33 1 43 25 82 03 diffusion.harmattan@wanadoo.fr www.editions-harmattan.fr Aires et populations protégées Fruit d’un séminaire qui a réuni des participants d’une quinzaine de pays, pour la plupart africains, ce cédérom fournit des informations sur les pratiques de conservation de la biodiversité dans les aires protégées d’Afrique de l’Ouest et sur les mécanismes de développement des populations locales voisines. Il s’adresse aux scientifiques, aux gestionnaires et aux décideurs. Quelles aires protégées pour l’Afrique de l’Ouest ? Conservation de la biodiversité et développement Coll. Colloques et séminaires Par A. Fournier, B. Sinsin et G.A. Mensah Cédérom, IRD, 2007 ISBN 978-2-7099-1634-9 20 € IRD Service Diffusion et VPC 32, avenue Henri-Varagnat 93143 Bondy Cedex , France Fax : +33 (0)1 48 02 79 09 diffusion@bondy.ird.fr www.ird.fr/editions Énergies vert pâle Repéré : un dossier qui insiste sur les limites des énergies renouvelables, en particulier leur faible densité énergétique et leur impact, même modéré, sur l’environnement. Il fait le point sur les recherches en cours et l’avenir de ces énergies moins vertes qu’il n’y paraît. Le dossier noir des énergies vertes Science & Vie, n° 1086, mars 2008, 5,90 € (hors France) Science & Vie Service VPC 1, rue du Colonel Pierre Avia 75503 Paris Cedex 15 France www.science-et-vie.com Spore 135 / Juin 200812 Spore 135 / Juin 2008 p U B L IC A t Io N s Qui définit à l’heure actuelle ce qu’est le développement ? s’inter- roge cet ouvrage qui donne la parole à une dizaine d’anthropolo- gues et d’économistes. Aujourd’hui, ce sont essentiellement les organi- sations internationales et surtout les institutions financières qui dic- tent les politiques censées mener au développement. Se fondant sur des théories libérales, elles propo- sent les mêmes approches écono- miques pour tous sans prendre en compte les particularités locales. La première partie de ce livre analyse comment sont constitués les savoirs qui servent de base à ces politiques. Les États jouent un rôle dans leur élaboration et la société civile est plus souvent sollicitée qu’auparavant, mais ce sont les bailleurs de fonds qui sont en géné- ral commanditaires des recherches sur le développement. Dès lors, on assiste à une normalisation des thèmes (lutte contre la pauvreté, bonne gouvernance) et des outils de recherche qui tendent à les valider. La seconde partie se focalise sur la recherche et la nécessité de tra- vaux multidisciplinaires pour abor- der ce sujet si complexe. Plusieurs thèmes sont analysés : les villes, la ruralité, l’éducation, l’intégration régionale. Chaque auteur y décor- tique l’évolution des recherches et propose de nouvelles approches. Un livre dense mais éclairant pour comprendre l’évolution des politiques de développement de ces dernières décennies. Savoir et politiques de développement Sous la direction de V. Géronimi, I. Bellier, J.-J. Gabas, M. Vernières et Y. Viltard Karthala/Gemdev, 2008, 255 p. ISBN 978-2-84586-962-2 Éditions Karthala 22-24, boulevard Arago 75013 Paris, France Fax : +33 1 45 35 27 05 karthala@wanadoo.fr www.karthala.com eau précieuse Ce tour d’horizon de la gestion de l’eau, de l’Amérique latine à l’océan Indien en passant par la Caraïbe insulaire, insiste sur la nécessité pour les pays du Sud de se doter de normes et d’instruments juridiques efficaces pour exploiter de façon plus transparente, participative et durable cette ressource rare et inégalement répartie. Gestion des ressources en eau et développement local durable (Caraïbe-Amérique latine-Océan Indien) Coll. Îles et pays outre-mer Par J.-M. Breton Karthala/CREJETA, 2008, 420 p. ISBN 978-2-84586-966-0 32 € Version électronique : 21 € Karthala voir adresse ci-contre petits barrages Cet ouvrage riche en photos, en tableaux et en cartes évalue les bénéfices et les risques des aménagements de petits barrages, de plus en plus présents en Afrique de l’Ouest. À partir de l’exemple du nord de la Côte d’Ivoire, il fait le point sur les nouvelles règles d’accès aux écosystèmes et aux ressources qui se dessinent. L’eau en partage Les petits barrages de Côte d’Ivoire Coll. Latitudes 23 Sous la direction de P. Cecchi IRD, 2007, 296 p. (+ 1 cahier couleurs) ISBN 978-2-7099-1615-8 38 € IRD voir adresse page 11 Focus environnement L’annuaire GEO 2007 passe en revue les principaux changements à l’échelle mondiale et régionale dans les domaines de la pêche, de la foresterie, de la gestion de l’eau et du climat. Il souligne les liens entre santé des écosystèmes, bien-être humain et développement économique. Cette année, il examine aussi les nanotechnologies, leurs possibles bénéfices environnementaux et la nécessité d’adopter des processus législatifs adéquats. GEO L’avenir de l’environnement mondial. Annuaire 2007 PNUE, 2007, 88 p. ISBN 978-92-807-2786-9 20 $ US • 14 € Distribué par Earthprint Earthprint Ltd PO Box 119 Stevenage, Herts SG1 4TP Royaume-Uni Fax : +44 1438 748844 orders@earthprint.co.uk www.earthprint.com objectif coraux Moea, une jeune biologiste spé- cialiste des coraux, a disparu à la veille d’un colloque où elle devait présenter ses travaux. Pourquoi ? Les récifs coralliens doivent être protégés. Comment ? Ce sympa- thique album de bande dessinée vous transporte sur un atoll de l’ar- chipel des Tuamotu, en Polynésie française : suivez les sentinelles du lagon et n’oubliez pas de visiter le glossaire ! Cancer des tropiques Les écosystèmes coralliens et l’importance de leur gestion par V. Le Quéré-Cady Coll. Okissé Bande dessinée Quæ/Ifrecor/JCET, 2008, 48 p. ISBN 978-2-7592-0084-9 14 € Quæ c/o INRA RD 10 78026 Versailles Cedex France Fax : +33 1 30 83 34 49 serviceclients-quae@versailles.inra.fr www.quae.com vous avez dit “développement” ? Des haricots bien cadrés Il ne suffit pas de produire pour exporter. C’est ce que montre le film diffusé par le Programme initiatives pesticides (PIP) du Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacifique (COLEACP), qui prend l’exemple de la filière du haricot vert au Kenya. Pour permettre aux produc- teurs et exportateurs kényans de se conformer aux normes de l’UE, les experts du PIP ont formé les inter- venants tout au long de la chaîne : des cueilleuses au responsable de l’usine de conditionnement, en passant par les ouvrières, le chef d’exploitation et les calibreuses. Pas facile, pour de petits pro- ducteurs sans grands moyens, de respecter les mêmes règles que les grandes sociétés européennes ! Il leur faut veiller à une stricte uti- lisation des pesticides, assurer la traçabilité de leur produit depuis la parcelle, respecter les normes d’hygiène pour leur personnel… Autant de conditions impératives pour obtenir la certification indis- pensable pour exporter. À force de ténacité, de nombreuses socié- tés kényanes y sont parvenues et récoltent aujourd’hui les fruits de leurs efforts. L’autre inquiétude pour cette filière aujourd’hui bien rodée est la remise en cause par les consom- mateurs européens des exporta- tions de pays lointains qui génèrent des kilomètres alimentaires (voir Spore 133). En 22 minutes, ce petit film bien mené résume les obstacles sur le parcours des producteurs agricoles ACP désireux d’exporter en Europe, ces fameuses barrières non tarifai- res beaucoup plus difficiles à sur- monter que les droits de douane. La voie du haricot – Aid for Sustainable Trade DVD 22 mn 30 s Programme PIP COLEACP-UGPIP Rue du Trône, 98 bte 3 105 Bruxelles, Belgique www.coleacp.org Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 13 p U B L IC A t Io N s La Convention sur la diversité biologique (CDB), issue du Som- met de Rio en 1992, avait deux ambitions : mettre le marché au service de la conservation du vivant et développer une nouvelle économie en croisant savoirs techniques modernes et savoirs traditionnels. Quinze ans après, cet ouvrage collectif tente de faire le point sur la marchandisation du vivant, pleine de promesses pour les uns, épouvantail pour les autres. Le partage juste et équitable des avantages tirés de l’exploita- tion des ressources génétiques est-il devenu une réalité ? Les peuples détenteurs de savoirs sur telle ou telle plante tropicale se sont-ils réellement enrichis ? La bio- piraterie a-t-elle reculé ? Ce livre invite à aller au- delà des slogans et des idées simples pour examiner les faits et évaluer les “marchés de la biodiversité”. Ceux-ci ont été moins porteurs et dynami- ques que l’on avait pu l’imagi- ner au départ. Seuls quelques rares contrats, très médiatisés, ont été signés entre des com- munautés du Sud et des indus- tries du Nord, rappellent les auteurs. Selon eux, l’intérêt et la demande de l’industrie, en parti- culier pharmaceutique, pour des plantes et des savoirs traditionnels se sont révélés moins puissants que prévu. Les législations des pays du Sud ont par ailleurs beaucoup de mal à intégrer la valorisation de la biodiversité et des savoirs, en raison notamment de l’enchevê- trement des conventions inter- nationales. La vision idéalisée de contrats bilatéraux placés sous la responsabilité des États et censés protéger naturellement la biodi- versité a fait long feu. Les pays du Sud revendiquent à présent un régime multilatéral d’accès et de partage des ressources, qui proté- gerait mieux leurs intérêts. Conci- lier souveraineté nationale, droits des populations autochtones et conservation de la biodiversité n’est pas chose facile. Les marchés de la biodiversité Par C. Aubertin, F. Pinton et V. Boivert IRD, 2007, 269 p. ISBN 978-2-7099-1636-3 25 € IRD Service Diffusion et VPC 32, avenue Henri-Varagnat 93143 Bondy Cedex France Fax : +33 (0)1 48 02 79 09 diffusion@bondy.ird.fr www.ird.fr/editions Pour les pays qui ont signé l’Agenda 21, le suivi éco- toxicologique de tous les produits ou projets qui peuvent avoir des répercussions sur l’en- vironnement est une obligation. Mais, pour la plupart des pays en développement, un tel suivi est difficile à mettre en œuvre. Ce manuel assorti de fiches pratiques vient à la rescousse des responsables des services concernés qui n’ont pas de gros moyens. Il explique les étapes pour monter, sans aide extérieure, un programme de surveillance de l’impact des pesticides : com- ment faire des statistiques, quels sont les différents pesticides, les réactifs chimiques, les paramètres environnementaux, comment se fait l’échantillonnage, etc. Vien- nent ensuite des précisions sur les catégories d’êtres vivants à surveiller — poissons, invertébrés, oiseaux, reptiles — et ce qu’il faut rechercher. Pour chacune des analyses à mener, des fiches à emporter sur le terrain détaillent le maté- riel nécessaire et la méthode à utiliser. Toutes les manipulations à faire, même les plus simples, y sont décrites avec minutie et d’utiles conseils sont donnés pour obtenir des résultats rigoureux et utilisables. Destiné aux institutions loca- les ou régionales, cet ouvrage sera aussi utile aux étudiants en écologie. Méthodes de suivi écologique pour évaluer les effets des pesticides dans les tropiques Par Ian F. Grant, C. Coli et D. Tingle CTA, 2008, 264 p. CTA n° 1432 80 unités de crédit Chère biodiversité pesticides sous surveillance tIC et partenariats Les partenariats entre secteur public, secteur privé et société civile pour promouvoir les politiques de TIC sont relativement nouveaux et pas toujours bien compris. Ce guide cherche à répondre à la demande d’informations sur ces processus multipartites, à partir des expériences pratiques du programme trisannuel “Catalyser l’accès aux TIC en Afrique” (CATIA). Foire aux questions sur les partenariats multipartites en matière de TIC pour le développement. Guide à l’intention des animateurs d’ateliers sur les politiques nationales de TIC Téléchargeable en PDF sur : http://rights.apc.org/documents/catia_ ms_guide_FR.pdf Ma terre, notre terre Le régime foncier actuel des Winye du centre-ouest du Burkina Faso est décrypté ici à la lumière des choix moraux et collectifs de cette communauté. Les rapprochements avec d’autres études réalisées dans la sous-région mettent en avant des formes sociales d’accès à la nature et remettent en question l’individualisation et la marchandisation de la terre. Terres privées, terres communes Gouvernement de la nature et des hommes en pays winye, Burkina Faso Coll. À travers champs Par J.-P. Jacob IRD, 2007, 281 p. ISBN 978-2-7099-1625-7 36 € IRD voir adresse ci-contre L’univers nano Dans cette plongée dans l’univers des nanotechnologies, la recherche-développement de structures à l’échelle des atomes et des molécules (Spore 124), les auteurs adoptent une position intermédiaire entre partisans et détracteurs, en dénonçant toutefois la dérive de cette science, vouée au départ au développement durable, vers les nanotechnologies “fourre-tout”. Nanosciences La révolution invisible Coll. Science ouverte Par C. Joachim et L. Plévert Éditions du Seuil, 2008, 192 p. ISBN 978-2-020867030 18 € Librairie La Martinière-Le Seuil 17, rue Jacob 75006 Paris, France Fax : + 33 1 40 51 56 26 librairie@lamartiniere.fr www.librairielamartiniereleseuil.com Spore 135 / Juin 20081 Spore 135 / Juin 2008 e N t r e N o U s pour obtenir les publications Les publications du CTA identifiées dans Spore par la feuille verte sont disponibles gratuitement pour les abonnés au Service de distribution des publications (SDP) du CTA. Les autres lecteurs peuvent les acheter auprès du distributeur commercial du CTA. Seules les organisations agricoles et rurales et les particuliers résidant dans les pays ACP peuvent s’abonner au SDP. Les abonnés au SDP bénéficient chaque année d’un certain nombre d’unités de crédit gratuites pour obtenir des publications du catalogue du CTA. La liste des publications disponibles est consultable dans le catalogue électronique du CTA (www.cta.int). Toutes les autres publications, qui sont précédées d’un carré, sont disponibles chez les éditeurs mentionnés ou dans les librairies. Distributeur commercial SMI (Distribution Services) Ltd PO Box 119 Stevenage Hertfordshire SG1 4TP Royaume-Uni Fax : + 44 1438 748844 E-mail : CTA@earthprint.co.uk Site Web : www.earthprint.com services aux lecteurs Ecrire à Spore CTA — rédaction de Spore PO Box 380 6700 AJ Wageningen Pays-Bas Fax : + 31 317 460067 E-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore Recevoir la version imprimée L’abonnement est : • gratuit pour les organisations et particuliers vivant dans les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et dans l’UE : CTA Spore subscriptions, PO Box 173 6700 AJ Wageningen Pays-Bas ou spore@cta.int • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) : abonnement à souscrire auprès du distributeur commercial (voir ci-dessous). Recevoir le résumé gratuit par e-mail Abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int Lire Spore sur écran • sur le Web : consultez spore.cta.int • par satellite : captez les émissions de Spore Plus sur les canaux d’Afristar des programmes multimédia de First Voice International. Informations détaillées : spore@cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. Merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable. Vous êtes nombreux désormais à commenter nos articles directement sur le site de Spore. Le sujet “kilomètres alimentaires” vous a particulièrement touchés. Pas d’accès à Internet ? La Boîte postale est là pour faciliter les échanges d’idées : alors voici quelques extraits de commentaires sur lesquels vous pouvez rebondir en toute interactivité. Food miles : pas à sens unique Yacouba Diallo, du Burkina Faso, estime que le concept de food miles (kilomètres alimentaires — Spore 133) interpelle les experts qui devraient développer des arguments scientifiques pour démontrer le faible impact du transport aérien des produits horticoles du Sud vers l’Europe, comparé aux autres gaz à effet de serre émis par les pays importateurs. Cela permettrait de contrer la “propagande actuelle”. Selon lui, les pays du Sud devraient développer le commerce intrarégional, afin de sauver des filières comme celle de la pêche au Sénégal, de la viande au Burkina et de la volaille locale du Cameroun. Le concept de food miles est valable aussi pour le lait et le beurre de Hollande, l’ail de Chine ou la pomme de terre de France qui inondent les marchés du Sud au détriment des produits locaux. La solution des conserves Toujours à propos de l’article sur les kilomètres alimentaires, Yapi N’Cho, de Côte d’Ivoire, estime que le sujet devrait interpeller les organisations sous-régionales de l’Afrique (CEDEAO, UEMOA, CEMAC), de l’Amérique latine et de l’Asie et les inciter à développer leur marché pour la consommation de produits issus de leur agriculture. “En outre, suggère-t-il, il faudrait inciter le secteur privé avec l’appui du secteur public à créer des unités agro-industrielles pour la production de jus de fruits, de conserves, etc. pour le marché régional et mondial. Ces produits pourront être facilement conservés et transportés par bateau pour le marché de l’Europe et des États-Unis. La solution à certains des problèmes de l’Afrique pourrait venir des volontés politiques à œuvrer ensemble pour la création d’unités agro-industrielles en fonction des avantages comparatifs pour être compétitifs sur le marché mondial qui est devenu plus exigeant.” priorité au local Selon Thomas Sommerhalter, “nous devons développer les marchés locaux.” Il souligne cependant que “dans certains pays d’Afrique (à ma connaissance, Burkina Faso, Cameroun, Niger et Sénégal), les gouvernements ont diminué les taxes à l’importation sur les produits alimentaires de base, pour protéger les consommateurs citadins surtout, favorisant ainsi les importations plutôt que la production locale. La situation est grave !” Félicitations ! Le Dr Moussa Savadogo, du Burkina Faso, félicite Mme Howes (Spore 128) pour son idée de développer l’apiculture en Afrique du Sud avec les écoles, car “des personnes bien informées et éduquées à l’intérêt des abeilles et à la consommation de leurs produits prennent forcément une longueur d’avance sur les autres”. (…) “Cependant, le projet n’est pas facile à mettre en œuvre, compte tenu des appréhensions et des peurs entretenues envers les abeilles. Il faudra néanmoins commencer par un bon programme d’information et de sensibilisation, avec des projections de films, la présentation de posters, l’utilisation de ruchettes vitrées, des séances de dégustation de miel, etc. Progressivement, les élèves seront familiarisés et exprimeront automatiquement le besoin d’élaborer leurs propres projets.” Un secteur en crise Notre article sur la pisciculture (Spore 132) a incité Mohamud Abdule Mohamed, de l’Organisation somalienne pour la paix et la prévention des catastrophes (SPPDO), à nous écrire pour nous faire part des problèmes des pêcheurs de son pays. Le tsunami de 2004, les navires de pêche illégaux d’Asie de l’Est et les difficultés de commercialisation ont fait des ravages et forcé de nombreux pêcheurs à abandonner leur métier. “Moins de 5 % des gens dépendent actuellement de la pêche et des activités annexes pour gagner leur vie”, écrit Mohamud, qui espère organiser un atelier pour réactiver l’intérêt dans le secteur. “Les guerres civiles ont détruit les institutions publiques nationales qui géraient les ressources naturelles et la sécurité des eaux territoriales. Beaucoup ont abandonné la pêche pour partir à l’étranger en quête d’un meilleur emploi et revenu ; certains pêcheurs sont devenus des pirates, attaquant les cargos d’aide humanitaire et les navires de pêche”. Spore 135 / Juin 2008 Spore 135 / Juin 2008 15 poINt De vUe Spore est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par les Accords de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. © CTA 2008 — ISSN 1011-0054 Éditeur : CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int Rédaction : Directrice de la rédaction : Marie-Agnès Leplaideur • Rédactrice en chef de la version française : Denise Williams • Syfia International, 20 rue du Carré-du-Roi, 34000 Montpellier, France • Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick • Via dello Spagna 18, 06049 Spoleto (PG), Italie • Rédacteur en chef de la version portugaise : António Vieira • Rua Nuno Gonçalves nº 10 — Mercês, 2635 — 438 Rio de Mouro, Portugal • Ont participé à ce numéro : N. Ackbarally, J. Bodichon, M. Chimwala, P. Jerôme, A. Labey, F. Le Meur, D. Manley, M. Mboyo, S. Maâzou, G. Mushinge, N. Mutumweno, L. Nalugwa, F. Nangoli, J.-V. Ngoubangoyi, D. Nshimirimana, S. Ouattara, E. de Solère Stintzy, D. Tabureguci, A. Taitt avec l’appui éditorial de Chantal Guiot et du CTA. • Design et mise en page : Intactile DESIGN • Impression : Pure Impression, France Les opinions exprimées dans ce point de vue sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les idées du CtA. Vu la manière dont les accords ont été négociés, il est peu probable que nous puis- sions y changer quelque chose à ce stade. Beaucoup de problèmes viennent du fait qu’un bon nombre d’acteurs n’ont pas été impliqués dans les négociations. Les organisations à la base telles que les ONG ont été laissées à l’écart et n’ont été admises qu’aux étapes finales, sous la pression d’Oxfam et d’autres, alors qu’il était pratiquement trop tard. Cela n’a guère de sens si les gens censés en bénéficier n’ont pas leur mot à dire. Ces négocia- tions ont par moments donné l’impression d’être menées par une société secrète. Autre problème : les accords ont été rédigés en langue juridique par des avocats ou des technocrates. Ils sont très difficiles à compren- dre. Ils comptent des douzaines et des douzaines de pages en petits caractères, comme une police d’assurance. Or, ce sont les détails qui comptent. Je suis très inquiet, surtout en ce qui concerne le secteur rural et agricole. L’UE s’est servie de la date d’expiration imposée par l’OMC pour obliger les Caraïbes à signer ces accords. Selon moi, plu- tôt que d’utiliser la méthode du bâton, il aurait mieux valu prendre le temps d’élaborer quelque chose qui soit dans l’intérêt de tous. L’éléphant et la fourmi Du côté des agriculteurs, on s’inquiète pour la sécurité ali- mentaire et les denrées de base. Aux Caraïbes, quelque 60 % des décès sont dus à des maladies non transmissibles et il y a un besoin criant d’approvisionnement en aliments sains locaux, fruits et légu- mes compris. D’après les accords, nous pouvons à présent expor- ter vers l’Europe, mais c’est comme si une fourmi passait contrat avec un éléphant. Si nous ne disposons pas des technologies et des infrastructures nécessaires, nous ne pourrons pas accéder à ces marchés et nous ne pourrons pas affronter la concurrence. Le jeu est inégal — l’égalité d’accès n’existe que sur le papier. Pour pouvoir pénétrer le marché UE, nous devons respecter un tas de réglemen- tations et de clauses. Notre programme ECTAD représente environ 1 800 petits agri- culteurs à Saint-Vincent, la plupart possédant moins de 5 ha. Leur survie dépend de l’agriculture. Il nous faut à présent bâtir une infras- tructure pour leur permettre de produire en bloc et de pénétrer le marché. Cela requiert des aides : ce n’est que lorsque nous dispo- serons de tels systèmes que la concurrence sera loyale. L’UE a dit qu’elle nous aiderait à améliorer notre compétitivité, mais l’aide européenne au développement de la région s’est toujours noyée dans la bureaucratie et l’argent n’arrive quasiment jamais là où il est vraiment nécessaire. Il faudrait créer un mécanisme transparent, afin que l’argent parvienne directement aux organisations paysannes. Évaluer l’impact Chaque secteur sera touché, y compris celui des services qui représente 60 % de l’économie dans la majeure partie de la région. L’UE dit qu’elle a fait des concessions à l’agriculture, mais, aux Caraïbes, nous ne considérons plus ce secteur de manière iso- lée. Au sein de l’ECTAD et du CaFAN, nous nous préoccupons de la sécurité alimentaire et des liens entre agriculture et tourisme. Notre position, c’est qu’il devrait y avoir un mécanisme d’éva- luation pour surveiller les retombées des APE. Cette entité doit être indépendante et inclure des représentants de toutes les par- ties prenantes, en particulier des ONG. Puisque nous sommes “par- tenaires”, si les choses ne se passent pas comme elles devraient, nous devrions avoir le droit de demander des ajustements. Nous autres, dirigeants d’organisations paysannes, sommes nombreux à nous inquiéter, tout comme les agriculteurs. Nous fai- sons notre possible pour informer nos membres et nous assurer que les bénéfices leur profitent vraiment. Nous défendons notre cause : nous n’acceptons pas les APE comme définitifs, nous pensons qu’il faut les voir comme étant encore en chantier. Tout n’est pas néga- tif : il y a des points positifs dans ces accords. C’est toujours positif si vous avez accès aux marchés. Mais alors il faut avoir la capacité de servir ces marchés. Si l’approche est celle de l’éléphant et de la fourmi, nous connaissons les résultats d’avance : l’éléphant va tout simplement nous écraser. ectadsvg@yahoo.com Ape Un partenariat bancal Bien que les pays des Caraïbes aient été parmi les premiers à parapher des Ape avec une première signature officielle prévue le 1er juillet 2008, nombreux sont ceux dans la région qui doutent fortement de ces accords. parmi eux, Jethro Greene qui a suivi les négociations de près pour le compte des agriculteurs. selon ces accords, les pays des Caraïbes devront ouvrir plus de 80 % de leur marché aux importations en détaxe de produits de l’Ue dans les 15 prochaines années. Le jeu est inégal Issu du milieu agricole de Saint-Vincent, Jethro Greene travaille au développement rural et agricole depuis plus de 25 ans. Il est coordinateur en chef du Réseau des agriculteurs caribéens (CaFAN) et coordinateur de l’Agence pour le développement et l’agriculture commerciale des Caraïbes orientales (ECTAD), dont la mission est d’améliorer les conditions de vie des petits agriculteurs. Spore 135 / Juin 200816