1 Équipe I-AE - MAHDIA Raphael Belmin Geneviève Dione Banna Mbaye Modou Gueye Fall Ndeye Bity Kebe Abdou Ka Cherif Mané Dioumacor Fall Abdou Senghor Ibrahima Diallo Oumar Lo Arame Diouf Coumba N. Ndour Mame Birame Sene Marc Piraux Conception d’un idéotype de territoire agroécologique Rapport d’atelier d’idéotypage Dakar, Sénégal, 2-6 septembre 2024 DyTAEL Fatick Photographies Raphael Belmin pour le département de Fatick, Sénégal 2 Résumé Salinisation, dégradation des terres et des mangroves, perte de fertilité des sols, faible valorisation des produits locaux… les acteurs du département de Fatick doivent affronter des défis aussi complexes qu’entremêlés. Afin de préparer l’avenir et construire un département vivant et prospère, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage du 02 au 06 septembre 2024 à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour analyser les causes profondes de déséquilibre du territoire et co-concevoir un futur agroécologique pour le département à l’horizon 2035. Les travaux de groupe ont d’abord consisté à analyser les causes et conséquences des problèmes centraux du territoire, que sont la dégradation des terres, de l’eau et de la biomasse, la faible valorisation des produits locaux et la faible prise en compte de l’agroécologie dans les politiques publiques. L’analyse de ces problèmes a ensuite ouvert la voie à l’exploration de solutions qui ont été compilées et organisées dans une « boite à innovations ». Cette boite prend la forme d’un répertoire organisé de 258 solutions, leviers ou innovations destinées à être utilisés comme briques constitutives pour les idéotypes. Les participants ont enfin sélectionné, assemblé et organisé des éléments de la boite à innovations pour construire un idéotype de territoire agroécologique, résilient et innovant face aux menaces existentielles qui pèsent sur le département de Fatick. Cet atelier d’idéotypage était coorganisé par la DyTAEL de Fatick, le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) avec l’appui de l’Initiative Agroécologie et du projet MAHDIA. Les résultats de l’atelier alimenteront la planification stratégique à 10 ans de la DyTAEL et seront restitués à l’occasion de la caravane DyTAES-DyTAEL 2025. L’idéotype servira ainsi de boussole pour orienter les politiques publiques départementales vers une meilleure prise en compte de l’agroécologie. 3 Contexte Fatick est un département rural du Sénégal où se pratiquent l’agriculture pluviale (mil, arachide, niébé, bissap), l’élevage sylvopastoral, la pêche, la saliculture et le petit maraichage. Du fait de ses spécificités géographiques – Fatick est situé à l’intersection du bassin arachidier, du delta du Sine Saloum et de la façade littorale – le département concentre de nombreux enjeux de transition agroécologique caractéristiques de l’Afrique sub-saharienne. Les populations rurales sont confrontées à d’importants problèmes de salinisation des terres et des nappes, à un faible accès à l'eau productive, à la diminution du couvert arboré et de la fertilité des sols, au découplage agriculture/élevage, à l'utilisation incontrôlée de pesticides dans les zones maraîchères et à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Le changement climatique et la forte croissance démographique aggravent cette situation, conduisant à des risques de rupture irréversible de l’équilibre des agroécosystèmes et des systèmes alimentaires. Mise en place en 2022, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick a pour ambition de faire de ce département un territoire agroécologique et résilient à l’horizon 2035. La DyTAEL de Fatick porte des actions de plaidoyer, sensibilisation et de mise en réseau dans l’objectif d’intégrer l’agroécologie dans les politiques publiques départementales et de favoriser l’émergence de synergies entre les acteurs du territoire. Le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) soutiennent la DyTAEL de Fatick dans le cadre de deux projets : l’Initiative Agroécologie et MAHDIA. Dans le cadre de son plan d’action 2024, la DyTAEL a demandé aux équipes scientifiques un accompagnement sur cinq enjeux prioritaires : (i) la lutte contre la dégradation des terres et ses causes telles que la salinisation, (ii) la gestion durable des ressources de la biomasse ligneuse et non ligneuse, (iii) la gestion durable de l’eau productive, (iv) la valorisation des produits d’intérêt territorial et (v) l’intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques. Pour projeter ces enjeux d’avenir dans un cadre holistique et intégré, le CIRAD, l’ISRA et la DyTAEL de Fatick ont conjointement organisé un atelier d’idéotypage. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour analyser les causes profondes de déséquilibre du territoire et co-concevoir un futur agroécologique pour le département à l’horizon 2035. Idéotypage : une méthode de conception innovante au service de la transition agroécologique L’idéotypage est une méthode collaborative de ‘visioning’ développée par le CIRAD qui consiste à imaginer le futur désiré d’un système agricole, alimentaire ou d’un territoire pour répondre aux enjeux globaux de durabilité. L’idéotypage permet d’explorer des changements radicaux et systémiques dans les structures sociales, économiques et matérielles impliquées dans les transitions agroécologiques. L’idéotypage consiste à imaginer et définir un futur désirable, durable, et résilient pour une communauté ou un système, permettant ensuite de travailler à rebours pour identifier les actions nécessaires pour atteindre ce futur. Cette approche apporte donc un cadre pour orienter les stratégies des acteurs et mobiliser les décideurs en faveur de la transition agroécologique. Le travail d’idéotypage consiste à co-construire un ou plusieurs idéotypes de systèmes agri-alimentaires et/ou territoriaux dans le cadre d’ateliers multi- acteurs. Un idéotype est un modèle théorique cohérent et optimisé pour atteindre des objectifs précis et pallier à des contraintes identifiées. Pour construire un idéotype, les participants doivent identifier et assembler des innovations de natures variées (techniques, organisationnelles, institutionnelles) dans divers domaines : production agricole, aménagement du territoires, politiques publiques, filières, etc. Cette démarche d’innovation dite « couplée » permet de résoudre des problèmes complexes qui ne pourraient en aucun cas être réglés par une intervention dans un seul domaine. 4 Objectifs de l’atelier L’ISRA, le CIRAD et la DyTAEL de Fatick ont co-organisé un atelier de cinq (05) jours à Palmarin, du 02 au 06 septembre 2024, avec pour objectif de co-concevoir un idéotype de territoire agroécologique résilient et innovant face aux cinq enjeux prioritaires du département de Fatick. Inscrit dans le plan d’action de la DyTAEL de Fatick, cet atelier d’idéotypage alimente la planification stratégique de la DyTAEL et contribue ainsi au renforcement des capacités locales de gouvernance et de plaidoyer. Les objectifs spécifiques de l’atelier étaient : (i) d’analyser les causes profondes de la dégradation des ressources (terres, eaux productives et biomasse), de la faible valorisation des produits locaux et de la faible intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques. (ii) de co-construire un large répertoire de solutions, leviers et innovations répondants aux problèmes du territoire (iii) de sélectionner et assembler ces solutions dans un idéotype répondant aux enjeux prioritaires du territoire. (iv) d’intégrer l’idéotype conçu dans la planification stratégique de la DyTAEL de Fatick. (v) de partager des connaissances et des expériences susceptibles d’alimenter la réflexion des participants ; Résultats obtenus Au terme de cet atelier, les participants ont co-conçu : - Un arbre d’analyse systémique des causes et conséquences des problèmes de salinisation, de biomasse, d’eau productive et d’alimentation pour le département. - Une « boite à innovation » contenant 258 actions répondant aux problèmes analysés, et réparties en 63 voies d’innovations. - Un idéotype de territoire agroécologique, résilient et innovant présentant un ensemble cohérent de pratiques agroécologiques, d’actions de gestion des ressources (terres, eaux productives et biomasse), de stratégies de valorisation des produits locaux et d’intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques. Par ailleurs, des expériences inspirantes ont été partagées sous la forme de présentations en plénière (écovillage de Kamyaak, actions de reboisement CAREM) et d’une visite de terrain (ferme-école de Kaydara). 5 Participants L'atelier a réuni 51 participants, dont 15 membres de l’équipe d’animation et 36 acteurs reconnus pour leur engagement dans le territoire et leurs connaissances approfondies des enjeux de durabilité du département (Tableaux 1 et 2 ci-dessous). Les experts-invités étaient des représentants des collectivités territoriales (communes, département), des services d’appui-conseil de l’État (ANCAR, Service de l’élevage), des centres de recherche (IPAR, UCAD), des ONG (AgriSud International, Enda Pronat, CAREM) et des acteurs de la société civile représentant l’agriculture, l’élevage, la saliculture, la transformation agroalimentaire, le tourisme, la jeunesse, les femmes et la gestion environnementale. On note également la participation d'initiatives innovantes comme la ferme- école Kaydara et l'écovillage Kamyaak. Le nombre de participants a été stable sur les 3 jours d’atelier, oscillant entre 49 et 51. La liste exhaustive des participants est en Annexe. Tableau 1 : Répartition des rôles de l’équipe d’animation Membres de l’équipe d’animation Structures Rôle Modou Gueye Fall ISRA BAME Facilitation et reporting Banna Mbaye ISRA LNRPV Facilitation et reporting Raphael Belmin CIRAD / ISRA BAME Coordination / Photographie Marc Piraux CIRAD / ISRA BAME Facilitation et reporting Oumar Lo ISRA BAME Com. / facilitation / reporting Cherif Mané ISRA BAME Facilitation et reporting Mame Birame Sene CT DyTAEL de Fatick Appui à la coordination Coumba Ndoffène Ndour CT DyTAEL de Fatick Facilitation et reporting Abdou Senghor CT DyTAEL de Fatick Facilitation et reporting Arame Diouf Secrétariat DyTAEL Facilitation et reporting Abdou ka UASZ Facilitation et reporting Ndeye Bity Kebe ISRA CNRF Facilitation et reporting Diouma Cor Fall ISRA CNRF Facilitation et reporting Ibrahima Diallo ISRA BAME Facilitation et reporting Geneviève Dione ISRA BAME Facilitation et reporting Tableau 2 : Profil des participants (équipe d’animation inclue) Domaine d’activité Nombre de participants Opérateur touristique 1 Associations féminines 1 Collectivités territoriales 8 DyTAEL (Comité Technique) 5 Entreprises agro-alimentaires 2 Entreprise saliculture 1 Cantines scolaires 1 Fermes agroécologiques 5 Institutions de recherche 13 ONG / Associations agroécologique 5 Organisations de producteurs 3 Organisme de gestion des forages 1 Réserves naturelles 3 Services étatiques 2 Total général 51 6 Déroulement de l’atelier L’atelier s’est déroulé à l’Écolodge Palmarin (Djiffer) du lundi 02 au vendredi 06 septembre 2024, avec une arrivée la veille de l’équipe d’animation. Le travail a été structuré comme suit : - Dimanche : Réunion préparatoire et définition des défis prioritaires (Étape 1) ; - Lundi : Ouverture de l’atelier et construction de l’arbre à problèmes (Étape 2) ; - Mardi : Construction de l’arbre à solutions et identification des voies d’innovations (Étape 3) ; - Mercredi : Construction de la boite à innovations et visite de la ferme de Kaydara (Étape 4) ; - Jeudi : Construction des idéotypes en sous-groupes (Étape 5) - Vendredi : Restitution, fusion des idéotypes, évaluation- bilan de l’atelier et perspectives futures (Étape 6 et 7). Le déroulement détaillé est indiqué en Annexe. Figure 1 : La démarche d’idéotypage adoptée lors de l’atelier Définition des enjeux prioritaires Construction des arbres à problèmes Identification des solutions et des voies d’innovation Construction de la boite à innovations Construction des idéotypes en sous- groupes Fusion et consolidation des idéotypes Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6 Etape 7 Bilan de l’atelier et perspectives futures 7 Photo : Les participants de l’atelier d’idéotypage. 8 Étape 1 : Définition des enjeux prioritaires Au cours d’une réunion préparatoire, l’équipe d’animation a défini 5 enjeux prioritaires pour le département de Fatick : (1) la dégradation des terres (salinisation, perte de fertilité, etc.), (2) la diminution des ressources forestières et de la biomasse herbacée et ligneuse, (3) le faible accès à l’eau productive, (4) la faible valorisation des produits d’intérêt territoriaux (mil, riz, sel, niébé, légumes, lait, etc.), et (5) la faible intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques locales. Les trois premiers enjeux reflètent une décision du Comité de Pilotage de la DyTAEL, qui en janvier 2024, avait inscrit l’atelier d’idéotypage dans son plan d’action annuel. Le quatrième enjeu traduit les réflexions menées lors de l’atelier de lancement de MAHDIA, projet dont l’entrée prioritaire correspond aux systèmes alimentaires. Le cinquième a été décidé lors de la réunion préparatoire, afin d’ouvrir le champ d’analyse aux politiques publiques. Étape 2 : Construction de l’arbre à problèmes Après la cérémonie d’ouverture et la présentation de l’agenda, la démarche d’idéotypage en 7 étapes a été présentée en plénière. Les participants ont ensuite été scindés en 5 groupes de 7-8 personnes encadrés chacun par deux facilitateurs et un rapporteur afin de construire un arbre à problèmes. Chaque groupe a organisé sa réflexion autour d’un des 5 enjeux prioritaires du département (voir Étape 1). Ce travail a abouti à la construction de 5 arbres (un par groupe) qui montrent comment des problèmes globaux comme le changement climatique, la pression démographique et foncière, ou l’acculturation viennent déstabiliser les bases fondamentales du territoire (ressources telles que la terre, les eaux, les forets maritimes et terrestres), aboutissant à de graves impacts économiques, sociaux et environnementaux. Ces 5 arbres ont été fusionnés en post-atelier, amenant une vision globale des déséquilibres qui affectent le département de Fatick (Figure 2, page 9). Arbre à problèmes et à solutions Consignes des travaux de groupe Objectif : Cet exercice en sous-groupes a pour objectif de construire une analyse partagée des causes profondes et des conséquences des problèmes du territoire. L’identification des problèmes sert ensuite de base à l’exploration de solutions. Travail sur les causes : En partant d’un des 5 enjeux prioritaires du territoire, le groupe doit d’abord en identifier les causes directes, et remonter les chaines de causalité. Un problème a souvent plusieurs causes, et chaque cause peut elle- même être expliquée par plusieurs phénomènes. On aboutit donc par cette démarche à la construction d’une arborescence de causes primaires, secondaires, tertiaires, etc. Travail sur les conséquences : Après avoir analysé les causes, le groupe se lance dans un exercice similaire orienté autour des conséquences et impacts des problèmes centraux du territoire. On s’attache ici à repérer les impacts primaires, secondaires et tertiaires ainsi que d’éventuelles boucles de rétroaction. Par exemple, la diminution de la biomasse aboutit au déclin de fertilité des sols (impact primaire), qui conduit à des baisses de rendement (impact secondaire) et une insécurité alimentaire et énergétique (impact tertiaire), qui en retour encouragent les populations à prélever et élaguer toujours plus (rétroaction). Exploration de solutions : Le groupe doit transformer l’arbre à problèmes en arbre à solutions ou innovations. Pour ce faire, il colle un post-it vert (solution) à côté de chaque post it rouge (problème). Les solutions peuvent être de natures très variées : techniques, agronomiques, organisationnelles, institutionnelles, etc. 9 Arbre à problèmes Figure 2 : Arbre à problèmes synthétique issu de la compilation des travaux des 5 sous-groupes. Les relations de causalité se lisent de la gauche vers la droite. Les problèmes prioritaires ayant servis de point de départ aux travaux de groupes sont en jaune. Leurs causes sont en orange leurs conséquences en vert. Exploitation non normée du sel Changement climatique Surexploitation des terres Acidification et salinisation des terres Sécheresse de plus en plus fréquentes Non-assistance et élimination des jeunes pousses Coupes abusives Dégradation des terres Erosion éolienne et hydrique Disparition des arbres Diminution de la fertilité des terres Disparition du tapis herbacée Mécanisation (machines à houes) Fertilisation minérale Usages pharmaceutiques Surpâturage Feux de brousse Changement d’usage des terres Mauvaises pratiques de cueillette Urbanisation Ensablement Diminution de la biomasse Exportation des résidus de récolte Salinisation et diminution des nappes phréatiques Cherté de l’eau Manque d’ouvrages hydrauliques Utilisation excessive des pesticides Privatisation et gaspillage de l’eau Pression des bioagresseurs Inéquité dans la distribution de l’eau Méconnaissances des pratiques agroécologiques ancestrales Difficulté pour la science et les projets à intégrer les pratiques AE anciennes Acculturation Faible accès à l’eau productive Dégradation de la qualité de l’eau Diminution rendements Pression démographique et foncière Surpompage Simplification des paysages cultivés Faible valorisation des produits locaux Déficit de transformation Faible disponibilité matières premières Faible accès au marché Manque d’équipements Faiblesse du capital humain Manque d’encadrement des transformateurs Faible accès au financement Manque de formalisation Saturation des marchés Absence de marques ou labels Faible qualité des produits transformés Manque de stratégie commerciale Diminution des terres cultivables Flambée des prixManque de main d’oeuvre Pression démographique Faible intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques locales Absence de PDC dans beaucoup de communes Compétence agriculture non- transférée Faible implication des collectivités territoriales dans les projets agroécologiques Faible intégration de l’agroécologie dans les politiques sectorielles Ignorance de l’importance du PDC par les acteurs politiques Ressources financières insuffisantes pour les collectivités territoriales Pas de ligne budgétaire alloués à l’agroécologie Absence de cadre juridique approprié Manque de sensibilisation et d’information des acteurs Nouveauté du concept d’agroécologie Insuffisance des ressources techniques qualifiées en agroécologie Manque de formation des élus locaux sur l’agroécologie Manque d’harmonisation des interventions entre niveaux stratégiques et opérationnels Soutien politique à l’agriculture conv. Baisse de la fertilité des sols Diminution des surfaces agricoles Diminution des ressources fourragères Perte de biodiversité Baisse des rendements Transhumance Conflits agriculteurs- éleveurs Utilisation d’intrants chimiques Diminution production animale Baisse des revenus Exode rurale, émigration clandestine Prolifération maladies et ravageurs Diminution de la main d’œuvre locale Insécurité Faible dispo. matière organique Perte d’identité culturelle Diminution de la production agricole Conflits sur l’usage de l’eau Augmentation de prix des aliments Insécurité alimentaire Hausse des importations d’aliments Allongement des périodes de soudure Maladies transmises par l’eau Accaparements Paupérisation des populations rurales Faillite des unités de production Faible utilisation des matières premières locales Recours aux matières premières importées Couts de production élevés Prix élevés des produits agroalimentaires Insécurité sanitaire des aliments Faibles revenus transformateurs Perte d’emplois Méventes Désintéressement des partenaires techniques et financiers Faible compétitive et attractivité des territoires Mauvaise planification des politiques publiques Recours aux semences hybride et OGM Perte des semences paysannes Dégradation des santés humaine et animale Faible qualité des produits agricoles Mauvaise conservation des récoltes Disparition de la jachère Agroécologie non connue des acteurs politiques locaux Perte d’intérêt pour le métier de l’agriculture Manque de semences adaptées Intrusions marines en périodes de pluies 10 Dégradation des terres et de la biomasse – Elle résulte principalement de la salinisation et de l'acidification dues à l'exploitation non contrôlée du sel et aux intrusions marines, ce dernier phénomène étant accentué par le changement climatique et la montée des océans. La dégradation est également liée à l'utilisation généralisée de fertilisants minéraux en réponse à la baisse des rendements dans un contexte de prolifération des bioagresseurs, de manque de semences adaptées, et de surexploitation des terres sous l’effet de la pression démographique. L'érosion de la fertilité des sols est aggravée par l'absence de jachère et l’exportation systématique des résidus de récolte. La dégradation des terres est aussi provoquée par la perte de biomasse, les feux de brousse, les sécheresses, la coupe abusive des arbres, et la conversion des terres arables en zones d’habitations. L'érosion éolienne et hydrique, favorisée par la disparition des arbres, contribue également à ce phénomène. Les conséquences de la dégradation des terres sont multiples : d’une part la diminution des surfaces cultivées, amène une baisse de la production, une hausse des prix des aliments et un accroissement de l'insécurité alimentaire. D’autre part, les ressources fourragères diminuent, ce qui accroît la dépendance des éleveurs à la transhumance et provoque des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Les productions animales et végétales diminuant, les populations dépendent de plus en plus des importations. La baisse des rendements incite à l'utilisation d'intrants chimiques, ce qui réduit les revenus des producteurs et érode l'intérêt pour le métier d’agriculteur, menaçant l'identité culturelle et aggravant l'insécurité alimentaire. Enfin, la perte de biodiversité favorise la prolifération des ravageurs, rendant encore plus nécessaire l'usage de produits chimiques. Faible accès à l’eau productive - Il s'explique d’abord par le manque d'infrastructures hydrauliques, l'inégalité dans la distribution de l’eau, et son coût élevé dans un contexte de privatisation des forages. Le faible accès à l’eau résulte aussi de la dégradation de la qualité de l'eau, du fait de la salinisation et de l'appauvrissement des nappes phréatiques dans un contexte de surpompage et d’exploitation non régulée des ressources hydriques. Le recours excessif aux pesticides contribue également à cette dégradation, mais reste encouragé par la pression des bioagresseurs, et la non-reconnaissance des pratiques agroécologiques ancestrales par la science, les projets et les paysans eux-mêmes. Le faible accès à l’eau induit des conflits sur son usage, des accaparements de terres, et une paupérisation des populations rurales. La baisse de la qualité de l’eau réduit la production agricole et entraîne des maladies qui dégradent la santé humaine et animale, et accentuent les risques d’insécurité alimentaire. Faible valorisation des produits locaux – Elle résulte en grande partie de l’accès limité au marché, dû à un manque de formalisation des entreprises à l’absence de marques, et à la saturation des marchés. Le problème est aggravé par le déficit de transformation, résultat d'une faiblesse du capital humain et du manque d’équipements. Enfin les matières premières sont difficilement accessibles pour les transformateurs, du fait de la réduction des terres cultivables, sous l’effet de la pression démographique et du manque de main-d'œuvre. Tout cela a trois conséquences : des revenus faibles pour les transformateurs, provoquant des faillites et la perte d’emplois, ce qui accentue la pauvreté rurale ; un recours croissant aux matières premières importées, qui élève les coûts de production et les prix des produits agroalimentaires sur le marché local ; et des ventes lentes qui augmentent les risques d'insécurité sanitaire. ANALYSE L’arbre à problème est ici brièvement analysé afin de dégager une vision globale des problèmes qui affectent le département de Fatick. Cette analyse des problèmes doit cependant être considérée avec précaution car elle reflète uniquement la perception des participants de l’atelier. Arbre à problèmes 11 Faible intégration de l'agroécologie dans les politiques publiques - Elle résulte d’abord d’un manque d'implication de l’État et des collectivités territoriales sur la question agroécologique, ainsi que d'une absence d'harmonisation entre les niveaux stratégiques et opérationnels. Il est particulièrement difficile de faire émerger des politiques agroécologiques locales dans un contexte d’absence de plans de développement communaux dans de nombreuses localités, et de manque de ressources financières octroyées aux collectivités territoriales. Les compétences en matière d'agriculture ne sont pas transférées, et les communes ne disposent d'aucun budget dédié à l’agroécologie, faute d'un cadre juridique approprié. De plus, le concept relativement nouveau d'agroécologie reste méconnu des acteurs politiques locaux, qui n'ont pas été sensibilisés. Par conséquent, les paysans sont libres d'utiliser des techniques conventionnelles et d'adopter des semences hybrides au détriment des semences paysannes. Ce manque de planification politique décourage également les partenaires techniques et financiers, ce qui affaiblit la compétitivité et l'attractivité du territoire. ANALYSE Arbre à problèmes 12 Étape 3 : Exploration de solutions et voies d’innovation La deuxième journée d’atelier a démarré avec deux partages d’initiatives inspirantes portées par des participants à l’atelier : (1) Abibatou Barry et Mouhammad Djibril Gaye ont présenté Kamyaak, un écovillage où une communauté expérimente un modèle de vie entièrement fondé sur l’agroécologie, la spiritualité et la recherche d’autonomisation. (2) Idrissa Séne a présenté CAREM, une fédération d’associations qui œuvre pour la régénération des écosystèmes de mangrove et la conservation de la biodiversité dans l’arrondissement de Fimela et dans les îles environnantes. Après ces retours d’expériences, les travaux de groupe ont repris avec la construction de l’arbre à solutions (Encadré page 8). En repartant des chaînes de problèmes et conséquences établies la veille, les participants ont fait une exploration systématique de solutions. Le travail combiné des différents groupes a abouti à l’identification d’une large gamme de leviers (agronomiques, organisationnels, etc.) qui ont par la suite été regroupés par « voies d’innovation ». Une voie d’innovation rassemble une ou plusieurs options de solutions qui relèvent de la même logique d’action. Par exemple, les solutions « cordons pierreux » et « arbustes dans les bassins versants » ont été regroupées sous une même voie d’innovation nommée « lutte anti- érosive ». Ainsi, les travaux de groupe ont fait émerger 63 voies d’innovation permettant de restaurer les terres, régénérer les ressources forestières et la biomasse, améliorer l’accès à l’eau productive, valoriser les produits d’intérêt territoriaux et intégrer l’agroécologie dans les politiques publiques locales. Étape 4 : Construction de la boite à innovation Pour le troisième jour, l’exercice a consisté à accroître le nombre d’options de solution pour chaque voie d’innovation identifiée la veille (Encadré ci-dessous). Ce travail d’élargissement a permis de de construire 258 options, qui forment ensemble une « boite à innovations ». Cette boite à innovations est un répertoire organisé de solutions, leviers et innovations destinés à être utilisés le lendemain comme briques constitutives pour les idéotypes. Elle est présentée de manière synthétique dans le Tableau 3 (page 12) et de manière plus détaillée en Annexe. Construction de la boite à innovations Consigne des travaux de groupe Chaque groupe a pour consigne d’élargir les voies d’innovation construites la veille en identifiant au minimum 5 options d’action par voie. Pour ce faire, le groupe complète à l’aide de post-it un tableau à trou qui croise les voies d’innovations (en lignes) et les 5 options (en colonne). Les 5 options d’action à définir pour chaque voie doivent être des actions potentiellement complémentaires, et déclinables dans l’espace, le temps ou en fonction de groupes d’acteurs porteurs de responsabilités et de compétences spécifiques. Pour chaque action du tableau, il est demandé aux participants de construire une phrase simple expliquant en quoi consiste l’action (« fait quoi »), qui sont les acteurs responsables (« qui »), quels sont les moyens nécessaires (« comment ») et à quel endroit doit se dérouler l’action (« où »). Une fois le tableau rempli, les groupes tournent pour découvrir et amender/enrichir les propositions des groupes précédents. Ce format de type « world café » permet une appropriation de l’ensemble des voies d’innovation et des options par les participants. Lorsque chaque groupe a fait le tour des différents tableaux, on rassemble ces derniers côte-à-côte sur un mur pour une meilleure visualisation du travail collectif accompli. L’ensemble des tableaux forment une « boite à innovations » qui sera remobilisée le lendemain, lors de la phase d’idéotypage. Sur un drive ou un Excel, les rapporteurs de chaque groupe digitalisent les résultats à mesure que le groupe avance. Le soir même, l’équipe projet met au propre et imprime la boite à innovations sur feuilles A3. 13 Voies Option 1 Option 2 Option 3 Option 4 Option 5 V1 Intrants organique Collecte de matière organique Épandage de matière organique Sensibilisation matière organique Formation matière organique V1 (bis) Intrants organique (suite) Biofertilisants liquides Engrais verts Compost Micro-organismes Autochtones Bénéfiques (MAB) V2 Intégration agriculture-élevage Contrats de parcage Rotation agriculture-élevage (territoire) Relations agriculteurs éleveurs Rotation agriculture-élevage (exploitation) V3 Utilisation raisonnée des pesticides Formation biopesticides Plantes de services Sensibilisation pesticides Comités de contrôle V4 Lutte antiérosive Cordons pierreux Arbustes bassins versants Herbacées bassins versants Résidus de cultures V5 Gestion de l'eau de la nappe Bassins de rétention Plateforme de l'eau Réseau transfert d'eau V6 Protection contre l'avancée du sel Digues anti-sel Reboisements zones salées Coques arachide et phosphogypse Fumure contre salinisation V7 Encadrement de l'exploitation du sel Magasins de stockage Pistes du sel Gouvernance exploitation du sel V8 Intensification écologique de l'élevage Parcage Cultures fourragères Races animales V9 Intensification écologique de l'agriculture Innovation participative Appui et conseil Techniques agroécologiques Plantes fertilitaires Bandes alternées Reboisement Haies vives brise-vent Reboisement continental et marin Mise en défens Choix essences reboisement Reboisement en fonction du sol Reboisement (suite) Arbres fertilitaires V11 Régénération Naturelle Assistée (RNA) Identification jeunes arbres Suivi jeunes arbres Comités RNA Formation à la RNA V12 Bonne gestion des ressources forestières Plaidoyer forets Sensibilisation forets Sauvegarde des forêts Gestion des ressources forestières Application du code forestier V13 Formations en exploitation ligneux et non ligneux Formations sur les bonnes pratiques de coupe Formations sur les bonnes pratiques de cueillettes V14 Lutte contre les feux de brousse Installation de pare feux Sensibilisation feux de brousse Feux précoces V15 Création de villes et villages verts Sensibilisation villes vertes Plaidoyer villes vertes Intégration de l'arbre dans l'autorisation de construire V16 Lutte contre la salinisation des terres Digues anti-sel Reboisement de mangroves Reboisement anti-sel Utilisation des résidus de récolte V17 Respect des lois et des textes Interdiction d’exploitation des sables marins Application rigoureuse des textes V18 Cultures fourragères Identification des plantes fourragères Espèces fourragères Techniques d’amélioration fourragère Emplois verts Promotion des cultures fourragères V18 (bis) Cultures fourragères (suite) Associations culturales et fourrages Unités de transformation fourragère V19 Promotion des énergies renouvelables Développement du biogaz Production de bois-énergie villageois Foyers améliorés V20 Réactualisation des plans d’aménagements forestiers Sensibilisation code forestier Information plan d'aménagement Mise en défens V21 Mise en place de PAOS Plaidoyer PAOS Zone de pâture Mise en défens V22 Plan de gestion des ressources forestières Conventions locales forêts Plateformes innovation forêts Comités de gestion forêts V23 Conventions locales d’occupation et d’affection des sols Conventions locales Réunions de sensibilisation et d’information Zonage du territoire Définition des règles de la convention Adoption de la convention V24 Formations dans les métiers de l’agroécologie Rencontres d’information et sensibilisation Offres de formation Conventions de partenariats de formation Référentiel de formation en agroécologie Formation des apprenants V25 Accès au foncier Sensibilisation sur l’accès au foncier Octroi de baux et de titres foncier par délibération Mise en valeur du foncier V26 Diversification des activités agricoles rémunératrices Arboriculture Maraichage Élevage Grandes cultures V27 Dispositif efficace de gestion de l’eau Gestion inclusive de l'eau Formation gestion de l'eau Formation administration Mise en place d’un siège V28 Réactivation des pratiques agroforestières anciennes Restauration des bosquets Restauration des bois communaux et villageois V29 Sensibilisation des jeunes générations sur l’identité culturelle Répertoire des pratiques ancestrales Sélection des pratiques ancestrales Ciblage des bénéficiaires Transfert de compétences V30 Réhabilitation et renforcement des infrastructures hydrauliques Identification des ouvrages Renforcement des capacités de gestion Réhabilitation des ouvrages Récupération des eaux V31 Extension et modernisation des réseaux hydrauliques Acheminement eau potable Extension des réseaux d'eau Unités de dessalement V32 Valorisation du sel Formation saliculture V33 Adoption de pratiques économes en eau Pratiques agricoles économes Enquêtes agroécologisation Capitalisation Mutualisation V34 Politique de réduction du prix de l’eau productive Cadre de concertation prix de l'eau Consensus prix de l'eau V35 Promotion de l’exploitation agricole familiale Formation des chefs de ménage Accompagnement technique et matériel Slogan V36 Promotion des semences paysannes Formation sur la construction de banques de semences Banques de semences paysannes Partenariats semences Production semences paysannes V37 Sécurisation des périodes de soudure Stockage soudure Dépôt et pré-financement Diversification V38 Formation et suivi Formation transformation Formation gestion administrative et financière Formation stockage et conservation Formation sur l’hygiène et la qualité V39 Mise en place d'une interprofession Prospection interprofession Mise en place interprofession V40 Partenariats techniques et financiers Partenariats mutuelles Partenariats banques Partenariats projets Partenariats chambres Partenariats ONG V41 Développement d’une économie sociale et solidaire Renforcement des caisses autogérées Contribution volontaire en nature et/ou en espèce Caution solidaire Partenariats pour l'écoulement V42 Diversification des mécanismes de financement Partenariats pour financements Mécanismes d’autofinancement Prêts Préfinancement V43 Création/renforcement de coopératives de transformateurs Sensibilisation et leadership Regroupement/Union des acteurs de la transformation Formalisation de l'union Renforcement de capacités des membres de l'union V44 Convention avec les producteurs Recherche de partenaires fiables Présentation et analyse des échantillons Échange sur les modalités de convention Formalisation et signature de la convention Suivi et évaluation des conventions V45 Stratégies innovantes de commercialisation et distribution Études de marché Espaces de vente E-commerce Visites d'échange V46 Création de niches de marché Conventions de partenariat marché de niche Segmentation du marché Construction de l'offre Formalisation et autorisations internationales V47 Désenclavement Convention de partenariat désenclavement Construction de pistes Moyens de transport Stockage V48 Attractivité du secteur agricole Conventions de partenariat attractivité Rémunérations intéressantes Mécanisation et réduction de pénibilité Suivi et évaluation sur la main d’œuvre V49 Labellisation des produits transformés Union par filière Convention de partenariat labellisation Marketing territorial FRA Reconnaissance juridique V50 Promotion du consommer local Union interprofessionnelle Union interprofessionnelle qui signe des conventions Promotion manger local Promotion art culinaire Dégustations V51 Plaidoyer pour accroitre la subvention des matières organiques Portage institutionnel par la DyTAEL Identification des acteurs de la production Identification des besoins des producteurs Rencontre avec les décideurs Suivi et évaluation des décisions V52 Agroécologie dans les Plans de Développement Communaux (PDC) Sensibilisation PDC Capacités de mobilisation financière Conception PDC Agroécologie dans PDC Suivi et évaluation du PDC V53 Transfert de la compétence agriculture aux collectivités territoriales Plaidoyer juridique Plaidoyer pour le transfert des moyens Ligne budgétaire Plan de travail Suivi et évaluation du PTA V54 Sensibilisation à l’agroécologie Fora et champs écoles Sensibilisation sur l’agroécologie via les médias communautaires Visites d’échange et caravanes sur l’agroécologie Supports de communication en langues locales Réunions d’information V55 Co-conception des projets agroécologiques avec les collectivités Harmonisation des actions Cartographie des acteurs Cadre de concertation Institutionnalisation du cadre de concertation Renforcement des capacités des membres V56 Agroécologie dans les politiques publiques sectorielles de l’État Renforcement du plaidoyer Création d'entités communales Renforcement de capacités Outils planification axés sur l’agroécologie Dispositif de suivi des politiques sectorielles V57 Formation des acteurs sur les pratiques agroécologique Formations sur l’agroécologie Formations en partenariat avec l’USSEIN Certificat de spécialités en agroécologie dans les CFP Financement des formations et de l’insertion Suivi et évaluation des dispositifs d’information V58 Construction d'une filière semences paysannes Greniers communautaires dans les communes Collaboration avec les institutions de recherches agricoles Parcelles de production de semences paysannes Formation à la production de semences locales Conventions avec les services techniques V59 Promotion et valorisation des produits agroécologiques Marchés pour les produits agroécologique Exonération de taxes pour les produits agroécologiques Chaines de valeurs pour produits agroécologiques Plan marketing pour les produits agroécologiques Certification des produits agroécologiques V60 Programmes de Gestion Durable des Terres (GDT) Formation sur les techniques de Gestion Durable des Terres Mise à disposition de matériels de travail pour les producteurs Accompagnement de mise en œuvre de la GDT Partage de résultats et expériences Suivi et évaluation des actions de GDT V61 Stratégie de marketing territorial Foires nationales et internationales Plateformes digitales dédiées aux produits agroécologiques Partenariats avec les hôtels et restaurants Ecotourisme Communication pour le marketing territorial V62 Promotion des Produits d’Intérêt Territoriaux (PIT) Renforcement des capacités des transformateurs/trices Renforcement des dispositifs de stockage et conservation Appui en matériel de transformation aux normes Formalisation et obtention de l’autorisation FRA Promotion des produits locaux V63 Education aux comportements éco-responsables Plaidoyer pour l’agroécologie dans les programmes sectoriels Redynamisation Clubs environnement des écoles Accompagner les initiatives citoyennes Journée de l’agroécologie Accompagner le changement de comportements V63 (bis) Education aux comportements éco-responsables (suite) Prix de l’agroécologie V10 Restauration des terres Rénégaration de la biomasse Accès à l'eau productive Valorisation des produits d'intérêt territoriaux Intégration de l'agroécologie dans les politiques publiques Tableau 3 : Boite à innovations obtenue à l’issue du troisième jour d’atelier. La boite comprend 63 voies d’innovations (V1-V63) associées à 258 options d’actions. Ces voies et action ont été construites par les sous-groupes, dans le but de répondre à des enjeux de restauration des terres (bleu), régénération de la biomasse (rose), accès à l’eau productive (jaune), valorisation des produits d’intérêt territoriaux (vert) et d’intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques (gris). Boite à innovations 14 Actions prioritaires En construisant la boite à innovations, les participants ont proposé 19 types d’action (Figure 3) déclinés selon leur nombre de citation : - Des pratiques agroécologiques et agroforestières, à l’instar des plantes fertilitaires, bandes alternées ou haies vives brise-vent, - Des formations pour le renforcement des capacités des transformateurs, agriculteurs, éleveurs et saliculteurs, - Des campagnes de sensibilisation et d’information visant les consommateurs, les citoyens, les élus locaux, les agriculteurs, les gestionnaires de forêts et les étudiants. - Des partenariats et contrats visant à intensifier écologiquement la production (ex : contrats de parcage), à débloquer des moyens (ex : partenariat entre transformateurs et institutions financières) et valoriser les produits. - Des actions d’aménagement du territoire visant principalement la protection contre la salinisation, la sécurisation des filières et l’approvisionnement en eau. - Des comités et plateformes thématiques (eau, sel, forets, etc.) pour la concertation, la veille, le contrôle et l’innovation. - Des pratiques agro-environnementales visant à sécuriser les terres contre l’érosion, protéger et gérer les forêts. - Des activités de gestion collective des ressources naturelles, qui consistent à établir des règles de protection, restauration et accès aux ressources telles que les arbres, l’eau, les semences. - Des activités de recherche et capitalisation visant l'identification des besoins, le suivi-évaluation de l’action publique, la connaissance des opportunités de marché, ainsi que la mutualisation des connaissances en agroécologie. - Des stratégies commerciales qui visent à diversifier les canaux de vente, renforcer la présence sur le marché via l'e-commerce et les foires, segmenter l’offre, valoriser les produits agroécologiques grâce à des partenariats et des plateformes digitales, tout en développant une communication et un marketing territorial. - Des actions visant à accroitre la capacité de mobilisation financière des acteurs (caisses autogérées, contributions volontaires, cautions solidaires, prêts et préfinancements), à financer des formations et à exonérer de taxes les produits agroécologiques. - Des actions de planification territoriale comme l'intégration de l'agroécologie dans les plans de développement communaux et le suivi et l’harmonisation des politiques sectorielles - Des actions de plaidoyer pour la gestion durable des ressources naturelles, les villes vertes, l'augmentation des subventions aux matières organiques, le transfert de compétences agricoles aux collectivités locales, et l'éducation aux comportements éco- responsables. Boite à innovations ANALYSE Les éléments de la boite à innovation sont ici analysés afin d’identifier et hiérarchiser les actions et responsabilités à engager pour une transition agroécologique du département de Fatick. Pour ce faire, nous avons construit et analysé une base de données de 258 lignes (une par option), et construit trois variables descriptives des options : la catégorie d’acteurs responsables d’une action (ex : producteurs, collectivités), le type d’action (ex : formation, plaidoyer) et le nombre de votes pour chaque action (voir Étape 5). 1 3 5 5 5 6 9 9 11 13 15 16 16 18 19 22 27 28 29 0 10 20 30 Tourisme Normes et lois de protection des ressources Appui technique agricole Normalisatio n / Formalisation Pratiques post- récolte Fourniture d'équipements et intrants Plaidoyer Planification territoriale Finance / Subvention Stratégies commerciales Recherche et capitalisation Gestion collective des resso urces Pratiques agro-environnementales Comités et Platefo rmes Aménagement du territoire Partenariats et contrats Sensibilisation et information Formations Pratiques agroécolo giques Nombre de fois où un type d'action est cité Figure 3 : Classement de 19 types d’actions en fonction du nombre de fois où elles ont été inscrites dans la boite à innovation (n=263) 15 - Des équipement et intrants fournis aux agriculteurs et aux transformateurs, pour améliorer leurs capacités de stockage et accès au marché, réduire la pénibilité du travail grâce à la mécanisation et se doter de matériel de transformation conforme aux normes. - Des pratiques post-récolte pour améliorer la qualité des fourrages et la conservation des récoltes, et développer des sources d'énergie alternatives comme le biogaz. - Des actions de normalisation / formalisation visant à obtenir des certifications et autorisations internationales, labelliser les produits d'intérêt territoriaux, qu’ils soient bruts ou transformés. - Des activités d'appui agricole visent à promouvoir l'intensification écologique de l'agriculture et de l'élevage, encourager l'innovation participative, soutenir les cultures fourragères et les emplois verts, et accompagner la gestion durable des terres. - Des normes et lois visant à assurer une gestion durable des ressources forestières par l'application du code forestier, l'interdiction de l'exploitation illégale, et le respect rigoureux des textes législatifs en vigueur. - De l’écotourisme, pensé pour rendre le territoire plus attractif et offrir des débouchés pour les produits locaux. Responsabilité des acteurs La Figure 4 montre que pour mener les actions envisagées, les participants ont le plus souvent pointé la responsabilité des producteurs et de leurs organisations, des collectivités territoriales, des communautés et leurs instances (ex : comités villageois), des services de l’État (ex : eaux et forêts), de la DyTAEL de Fatick, des ONG, et d’une interprofession qui reste à construire pour la valorisation des produits. Voies d’innovation prioritaires A l’étape 5 (voir page 17), les experts ont voté pour identifier les options d’actions à intégrer dans leurs idéotypes. Les résultats de ce vote permettent de visualiser les voies d’innovation prioritaires aux yeux des acteurs du territoire. Une analyse de la Figure 5 montre que : - Le recours aux intrants organiques, aux cultures fourragères et à l’intégration agriculture-élevage sont des voies d'innovation particulièrement plébiscitées, indiquant que les acteurs considèrent le recyclage de la matière organique comme une priorité centrale. - Les stratégies de valorisation des produits d’intérêt territoriaux (marketing, labellisation, stratégies commerciales, promotion du consommer local) se retrouvent haut dans le classement, signalant l’importance accordée à la production de richesses comme levier de transformation du territoire. - Les politiques/initiatives de lutte contre la dégradation des terres (salinisation, érosion) et les cadres de gestion durables des ressources forestières sont priorisées, révélant que les acteurs du territoire sont particulièrement attachés à la revitalisation des terres et la régénération de la biomasse. Figure 4 : Nuage de mots construit en inférant la taille des mots au nombre de fois où chaque type d’acteurs est cité comme porteur d’une action. Boite à innovations ANALYSE 16 130 100 94 92 89 88 83 83 82 82 81 80 77 76 74 72 71 69 68 67 67 65 64 64 63 63 61 61 60 60 59 59 57 55 55 55 54 53 52 51 51 49 48 45 43 43 43 42 42 42 40 39 39 38 34 30 30 29 27 27 17 16 14 0 20 40 60 80 100 120 140 Intrants organique Labellisation des produits transformés Cultures fourragères Education aux comportements éco-responsables Protection contre l'avancée du sel Agroécologie dans Plans de Développement Communaux Intensification écologique de l'agriculture Reboisement Agroécologie dans politiques publiques sectorielles de l’État Promotion des Produits d’Intérêt Territoriaux Bonne gestion des ressources forestières Stratégie de marketing territorial Promotion du consommer local Construction d'une filière semences paysannes Formation et suivi Stratégies innovantes de commercialisation et distribution Plaidoyer pour accroitre la subvention des matières organiques Régénération Naturelle Assistée Formation des sur pratiques agroécologique Intégration agriculture-élevage Lutte contre la salinisation des terres Conventions locales d’occupation et d’affection des sols Promotion et valorisation des produits agroécologiques Sensibilisation à l’agroécologie Désenclavement Programmes de Gestion Durable des Terres Adoption de pratiques économes en eau Encadrement de l'exploitation du sel Création renforcement de coopératives de transformateurs Lutte antiérosive Diversification des activités agricoles rémunératrices Transfert de la compétence agriculture aux collectivités territoriales Dispositif efficace de gestion de l’eau Extension et modernisation des réseaux hydrauliques Promotion des énergies renouvelables Réhabilitation et renforcement des infrastructures hydrauliques Co-conception des projets agroécologiques avec les collectivités Utilisation raisonnée des pesticides Gestion de l'eau de la nappe Partenariats techniques et financiers Promotion des semences paysannes Intensification écologique de l'élevage Attractivité du secteur agricole Plan de gestion des ressources forestières Diversification des mécanismes de financement Lutte contre feux de brousse Mise en place de PAOS Création de villes et villages verts Politique de réduction du prix de l’eau productive Sensibilisation des jeunes générations sur l’identité culturelle Création de niches de marché Accès au foncier Promotion de l’exploitation agricole familiale Développement d’une économie sociale et solidaire Respect des lois et des textes Formations dans métiers de l’agroécologie Formations en exploitation ligneux et non ligneux Sécurisation des périodes de soudure Convention avec les producteurs Réactualisation des plans d’aménagements forestiers Mise en place d'une interprofession Valorisation du sel Réactivation des pratiques agroforestières anciennes SOMMES DES VOTES Figure : Somme des votes des participants pour chaque voie d’innovation. Figure 5 : Nombre de votes cumulés pour les options de chaque voie d’innovation. Les votes ont été réalisés à l’étape 5 du processus, afin de sélectionner les options à intégrer dans les idéotypes de groupes. 17 Étape 5 : Construction des idéotypes La matinée du quatrième jour, les participants ont démarré le travail d’idéotypage. Ils ont été préalablement répartis en 4 nouveaux groupes contenant des représentants des 5 groupes des premiers jours d’atelier. Chaque groupe avait pour mission de sélectionner et assembler des éléments de la boîte à innovation pour construire un idéotype, c’est-à-dire un modèle de territoire qui répond à une finalité précise (Encadré ci-dessous). Les quatre idéotypes construits par les groupes ont pris la forme de représentations globales du territoire, des sous-systèmes et acteurs qui le composent (agriculture, services d’appui, politiques publiques, etc.), et de leurs liens (voir Figure 6 pour un exemple). Construction des idéotypes Consigne des travaux de groupe En puisant dans la boîte à innovations, chaque groupe doit construire un seul idéotype de territoire résilient et innovant face aux enjeux prioritaires du département de Fatick. Le travail est organisé en 3 étapes : 1/ Définition des finalités associées au futur idéotype. Ces finalités peuvent être de natures agronomique, économique ou encore sociétale. 2/ Sélection des options par vote individuel en inscrivant une marque dans les cases de la boite à innovations (40 min). La boite à innovations est matérialisée par un ensemble de tableaux imprimés sur feuilles A3, sur lesquels sont représentés les 5 options de leviers identifiées pour chaque voie d’innovation. Une fois cette étape finalisée, le résultat est photographié. 3/ Assemblage des leviers dans un idéotype (40 min). Pour cela, découper les leviers sélectionnés et les disposer sur le padex en les associant par groupes et en les reliant par des traits. Dans la mesure du possible, chaque trait doit être assorti d’un petit texte explicitant la nature de l’interaction entre deux leviers. 4/ Nommer l’idéotype 18 h Fertilisation °Rotation agriculture- Elevage Territoire °Résidus de cultures °Techniques agroécologiques °Coques arachides °Utilisation des résidus de récolte ° Plantes fertilitaires °Fumure contre salinisation °Collecte de MO °Epandage de MO h Forêt °Sauvegarde des forêts °Herbacées Bassins versants ° Reboisement ° Mise en service °Installation de Parre feux °Arbustes bassins versants °Zones de mangroves h Elevage °Espèce fourragères °Indentification des plantes fourragères °Techniques d’amélioration fourragères °Promotion plants fourragères °Associations culturales h Terre °Identification °Bandes alternées °Plantes de services °Comité RNA h Eau °Pratique agricoles économes Energie °Ressources ° Développement du biogaz °Production de bois Energie villageois h Equipement h Infrastructures °Unité de désaiment °Dignes anti-sel °Cordons pierreux °Banques de semences paysannes °Réhabilitation des ouvrages °Pistes de sel °Désenclavement °Pistes °Acheminement eau potable °Moyens de transport °Extension des réseaux d’eau °Bassins de rétention °Récupération des eaux h Production °Former les producteurs sur les techniques des GDT °Formation biopesticides °Formation à la RNA °Renforcer les capacités des producteurs dans la production de semence locale °Formation sur la construction de banques de semences °Partage de résultats d’expériences entre acteurs °Formation des chefs de ménages °Accompagnement technique et matériel °Accompagner à la mise en œuvre sur le terrain °Formation administration °Formation MO °Formation gestion administrative et caissière h Transformation °Formation sur l’hygiène et la qualité °Renforcer les capacités des transformateurs/trices °Formation sur des techniques durables de stockage et de conservation °Renforcer les capacités des membres °Formation transformation h Recherche °Organiser des sessions de formation en partenariat avec l’USSEIN °Renforcer les capacités des acteurs locaux h Promotion agroécologie h Consommé local °Développer un plan marketing pour les produits locaux °Créer des plateformes digitales dédiés aux produits agroécologiques °Marketing territorial °E-commerce °Espace de vents °Promotion manger local °Promotion du consommer local Suivi-Evaluation °Suivi-évaluation du PDC °Créer un dispositif de suivi °Suivi °Rémunérations intéressantes °Suivi et évaluation pour le maintien de la main d’œuvre °Suivre et évaluer le PTA Formalisation Certification °FRA °Slogan °Formalisation °Formalisation et autorisation internationales °Accompagner à la formalisation et à l’obtention de certification FRA ° Conservation de partenariat labellisation Partenaires Techniques Financiers °Mécanisme d’autofinancement °Efficacité financière °Partenariat pour l’écoulement °Développer un partenariat avec les hôtels et les restaurants °Partenariat banques h Plaidoyer °Interdiction d’exploitation des sables marins °Plaidoyer villes vertes °Plaidoyer pour le transport des moyens °Plaidoyer PAOS °Plaidoyer Forêts °Plaidoyer juridiques h Gouvernance °Gouvernance exploitation sel °Intégration de l’arbre dans l’autorisation de construire °Gestion de l’eau inclusive °Application rigoureuse des textes °Cadre de concertation pour de l’eau °Partage institutionnel par la DyTAEL °Capitalisation °Consensus prix de l’eau °Application du code forestier h PDC/PTA °Concevoir des outils planification axis sur l’agroécologie °Plan de travail °Conception PDC °Lignes budgétaires °Agroécologie dans PDC h Mise en valeur foncier °Octroi de baux et de titres fonciers par délibération °Mise en valeur du foncier h Convention centrale °Relation agriculteurs éleveurs °Convention locales forêts °Comité de gestion forêts °Contrats parcage °Signes des conventions avec les services techniques pour les suivi des activités °Mise à disposition de matériel de travail pour les producteurs °Exonérer les produits agroécologiques de taxes dans les marchés °Convention locale hPratiques de GDT Approvisionnement Sécurisation Système de production d’énergie Vulgarisation Acco mpagnement Pr om ou vo ir le s P IT Informer Sensibilisation Facilitation Appuis Technique Financier Appuis Technique Financier Facilitateur procédure administrative Système de protection – Installations fermes Equipements et infrastructures °Stockage °Réduction de pénibilité °Appuyer en matériels de transformation aux normes °Créer des greniers communautaires °Union par filière °Magasins de stockage °Unité de transformation fourragères ° Union interprofessionnelle °Regroupement/Union des acteurs de la transformation °Renforcer les dispositifs de stockage et de conservation °Unions interprofessionnelles signent des conventions °Sensibilisation pesticides Valorisation AG par les PIT et consommé local °Créer des parcelles dédiées à la production de semences paysannes °Organiser et participer à des foires au niveau national et international °Développer des chaines de valeurs pour les produits agroécologiques (PIT) °Sensibilisation pesticides °Créer des supports de communication en langues locales °Redynamiser les « clubs environnement » des établissements scolaires °Renforcer les fora et les champs écoles dans les communes °Promotion des produits locaux °Mutualisation °Promouvoir l’écotourisme °Visites d’échanges °Organiser des visites d’échanges des caravanes sur l’agroécologie °Instaurer une journée annuelle de l’agroécologie °Appui et conseil °Sensibilisation feux de brousses °Créer un prix de l’agroécologie au niveau des collectivités territoriales Systèmes de capacité Politiques agroécologiques locales Figure 6 : Idéotype construit par un des 4 sous-groupes. Numérisation par Ibrahima Diallo. 19 Photo : Restitution des idéotypes construits par les groupes par une participante 20 Étape 6 : Construction d’un idéotype consolidé Le lendemain de l’atelier, les 4 groupes ont restitué leurs idéotypes en plénières, amenant un moment d’échange et de mutualisation. Juste après cette restitution, un binôme a présenté au groupe un brouillon d’idéotype fusionné, afin que l’ensemble des participants puissent l’incrémenter et les valider. La démarche de fusion était la suivante : i- Identification des sous-systèmes qui composent les idéotypes (voir Tableau). ii- Comparaison des 4 idéotypes. Une comparaison rapide des idéotypes a révélé qu’à quelques exceptions près, les différents groupes ont utilisé des sous-systèmes analogues, tout en différant sensiblement en matière de degré de découpage analytique et de niveau d’analyse des liens entre sous- systèmes. iii- Fusion sur un brouillon. Le travail de fusion a consisté à repérer l’idéotype le plus complet et le mieux organisé (celui du groupe 1) et à reproduire et enrichir ce dernier sur un padex brouillon en s’appuyant sur des inputs issus de l’analyse des trois autres idéotypes. iv- Dessin d’une première version. L’idéotype fusionné a été mis au propre sur un nouveau padex, en s’assurant de bien mettre en évidence les ensembles, sous-ensembles et interactions. v- Amendement et validation par le groupe. En plénière, les participants pris connaissance de l’idéotype fusionné et y ont apporté quelques modifications mineures. vi- Stylisation. Après l’atelier, l’illustrateur Victor Pied (société Pigment) a produit une version dessinée de l’idéotype, visible plus bas dans le rapport. vii- Construction d’un narratif. Après l’atelier, les éléments de la boite à innovation ont été réorganisés et ont servi de base à la construction d’un texte narratif (voir ci-dessous). Idéotype consolidé présenté et validé en plénière. Dessin par Mouhammad Djibril Gaye 21 En 2035, le département de Fatick est doté d’une stratégie intégrée pour la gestion durable des ressources naturelles, la transition agroécologique des exploitations et la valorisation des produits locaux. Cette stratégie repose sur une collaboration étroite entre les collectivités territoriales, les services étatiques, la DyTAEL, les communautés locales, les ONG et les partenaires techniques et financiers. Accès à l'eau et gestion durable des ressources hydriques Fatick est devenu un modèle de gestion durable et équitable des ressources en eau. Grâce à une série d'initiatives ambitieuses lancées par les collectivités territoriales en partenariat avec des acteurs techniques et financiers, le département a réussi à assurer un accès physique et économique à l'eau productive en quantité et qualité suffisantes pour tous. Pour garantir un accès équitable et suffisant à l'eau productive, le département a mis en place des infrastructures hydrauliques telles que des bassins de rétention des eaux pluviales, des unités de dessalement de l'eau marine, et l'extension des réseaux de distribution et de transfert d'eau. Ces initiatives, conduites par les collectivités territoriales en partenariat avec les acteurs techniques et financiers, permettent d'assurer une disponibilité en eau de qualité pour l'ensemble du territoire, y compris les zones les plus éloignées et arides. Pour optimiser l'utilisation de l’eau tout en maintenant des rendements agricoles élevés, les agriculteurs de Fatick ont adopté des pratiques économes, telles que le goutte-à-goutte, le paillage et la culture en cuvette. Les collectivités territoriales et les Associations d'Usagers des Forages (ASUFOR) ont mis en place un cadre de concertation permettant une gestion inclusive et durable de l'eau. Ce cadre a fait émerger un consensus pour réduire le prix de l'eau, allégeant ainsi le fardeau économique des communautés locales. Restauration des terres dégradées et résilience climatique Fatick se positionne également comme un leader en matière de restauration des terres dégradées et de lutte contre les effets du changement climatique. Les acteurs du territoire sont parvenus à ce résultat en concentrant leurs efforts sur trois menaces majeures : l'érosion, la salinisation et le recul du trait de côte. Pour prévenir l'érosion éolienne et hydrique et améliorer la fertilité des sols, les communautés ont installé des cordons pierreux, planté des arbustes et des herbacées, et conservé les résidus de culture. Un réseau de digues anti-sel a été construit par l'État, les ONG et divers partenaires afin de freiner l'avancée du sel dans les vallées salées et le long de la bande littorale. Dans les zones touchées, des campagnes de reboisement, incluant des espèces halophytes locales et des palétuviers, ont été menées pour restaurer les écosystèmes terrestres et maritimes. Pour récupérer les sols salés, les agriculteurs et agricultrices se sont aussi mobilisés en utilisant des techniques telles que l'épandage de fumure organique, de coque d'arachide et de phosphogypse dans leurs parcelles. Pour protéger le trait de côte, les autorités locales ont interdit l'exploitation des sables marins et ont appliqué rigoureusement les lois environnementales avec la participation des communes côtières et des Aires Marines Protégées. Ces efforts conjugués ont contribué à la régénération des terres, au retour de la biodiversité et à une résilience renforcée des agroécosystèmes de Fatick face aux changements climatiques. Narratif de l’idéotype Les éléments de la boite à innovation ont été analysés, réorganisés et hiérarchisés pour construire un narratif sur l’état du département de Fatick à l’horizon 2035. Ce narratif est enrichi par des illustrations. 22 Bassins de rétention des eaux pluviales Réseaux de distribution et de transfert d’eau pour alimenter les terroirs déficitaires Unités de dessalement de l'eau de mer Pratiques culturales économes : Goutte-à-goutte, paillage, et culture en cuvette, etc. Cadres de concertation permettant une gestion inclusive et durable de l'eau En 2035, Fatick est devenu un modèle de gestion durable et équitable des ressources en eau. En combinant des infrastructures hydrauliques et des techniques agricoles économes, les acteurs départementaux ont réussi à assurer un accès physique et économique à l'eau productive en quantité et qualité suffisantes pour tous. Un cadre de concertation a également été mis en place pour une gestion inclusive de l'eau, facilitant la réduction de son coût pour les communautés locales. 1/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le premier d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 23 En 2035, Fatick se positionne également comme un leader en matière de restauration des terres dégradées et de lutte contre les effets du changement climatique. Les acteurs du territoire sont parvenus à ce résultat en concentrant leurs efforts sur trois menaces majeures : l'érosion, la salinisation et le recul du trait de côte. Arbustes et cordons pierreux pour prévenir l'érosion éolienne et hydrique et améliorer la fertilité des sols Bande arborée littorale pour protéger le trait de côte Conservation des résidus de culture Réseau de digues anti-sel dans les vallées salées et le long de la bande littorale Protection de la mangrove et campagnes de reboisement, incluant des espèces halophytes locales et des palétuviers Epandage de fumure organique, de coque d'arachide et de phosphogypse pour récupérer les sols salés Interdiction d'exploitation des sables marins et application rigoureuse des lois environnementales 2/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le second d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 24 Gestion durable des ressources forestières et pastorales En 2035, le département de Fatick se distingue par une gestion exemplaire de ses ressources forestières et pastorales, fruit d'une mobilisation collective et d'une planification rigoureuse. Les terres du département ont été largement reboisées grâce à une collaboration entre les services étatiques, les communautés locales et les ONG. Ces acteurs ont travaillé ensemble pour installer des haies vives brise-vent dans les champs et les espaces publics et pour mettre en défens certaines zones et ainsi permettre la régénération naturelle. Les arbres implantés ont bien pris racine grâce à une sélection rigoureuse des espèces adaptées aux sols et aux conditions locales, telles que le mélifera, le niawli, l'eucalyptus et divers arbres fruitiers. La Régénération Naturelle Assistée (RNA) est devenue une pratique courante, où les jeunes arbres sont identifiés, marqués et entretenus par les communautés. Un comité RNA composé de producteurs, de collectivités territoriales et d’agents des eaux et forêts supervise ces efforts, garantissant un accompagnement et une surveillance continue des populations. Les formations RNA, assurées par les services techniques et les ONG, ont permis aux agriculteurs d'acquérir les compétences nécessaires pour entretenir efficacement les arbres. Des campagnes publiques de sensibilisation citoyenne sur la gestion durable des forêts ont abouti à une application stricte du code forestier par les communautés. Des formations sur les bonnes pratiques d’exploitation des ressources ligneuses et non ligneuses sont régulièrement dispensées, couvrant des techniques de coupe et de cueillette respectueuses non destructives. Pour la lutte contre les feux de brousse, le service des eaux et forêts s’est appuyé sur les comités villageois et les ONG pour installer des pare-feux, déclencher chaque année des feux précoces contrôlés, et organiser des campagnes de sensibilisation dans les zones à risque. Pour reboiser les zones urbaines, les communes et leurs partenaires ont créé des « villes et villages verts ». Dans les zones touchées par cette politique, les populations ont été sensibilisées via des conférences, des réunions et des cérémonies, et les services d’urbanisme locaux ont intégré cette exigence dans les autorisations de construction, obligeant les propriétaires à planter des arbres ou à compenser toute destruction par un reboisement. Pour réduire la dépendance aux ressources forestières, le département de Fatick a largement adopté les énergies renouvelables et l’efficience énergétique, avec en particulier le développement du biogaz et à l'adoption de foyers améliorés. Les communautés locales produisent désormais leur propre bois-énergie villageois, notamment via la mise en défens des bosquets. Ces différentes réalisations sont le résultat d’une gouvernance multi- niveaux des ressources forestières et pastorales. Au niveau des communes, des conventions locales co-construites avec les populations définissent et contrôlent les pratiques d’exploitation forestières tandis que des Plans d’occupation et d’Affectation des sols (POAS) définissent les zones de pâture, de culture et de mise en défens. Aux niveaux communal et départemental, des comités de gestion supervisent la gestion durable des forêts et veillent à l'application du code forestier et des conventions locales. Narratif de l’idéotype 25 En 2035, le département de Fatick se distingue par une gestion exemplaire de ses ressources forestières et pastorales. Les terres et les villes et villages ont été reboisés grâce à une collaboration entre les communautés, les services étatiques et les ONG. Grâce aux énergies renouvelables et à l’efficience énergétique, les populations ont réduit leur dépendance aux ressources forestières. Des conventions locales et des plans d’occupation et d’affectation des sols structurent l'exploitation et la protection des ressources forestières et pastorales. Reboisement à l’aide d’espèces adaptées aux sols et aux conditions locales Haies vives brise-vent dans les champs et les espaces publics Régénération Naturelle Assistée Sensibilisation citoyenne sur la gestion durable des forêts Formations sur les pratiques non destructives de coupe et de cueillette Lutte contre les feux de brousse via l’installation de pare-feux et le déclenchement de feux précoces contrôlés Énergies renouvelables et efficience énergétique Mise en défens des bosquets pour la production villageoise de bois-énergie Des Plans d’Aménagement et d’occupation des sols (PAOS) définissent les zones de pâture, de culture et de mise en défens Des conventions locales définissent et contrôlent les pratiques d’exploitation forestières. Cultures fourragères Des comités de gestion supervisent la gestion durable des forêts et veillent à l'application du code forestier et des conventions locales. Contrats de parcage Rotations entre zones pastorales et zones de cultures 3/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le troisième d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 26 Transition agroécologique et intégration agriculture-élevage En 2035, les agriculteurs et éleveurs du département de Fatick ont réussi leur transition agroécologique, grâce à l’appui constant des services techniques étatiques, des ONG et des instituts de recherche. Les agriculteurs ont adopté un large panel de techniques visant à intensifier écologiquement les systèmes de culture, à l’instar des associations culturales, des plantes fertilitaires, du compostage, du fumier, du paillage, du zaï et des engrais bio. Ces pratiques ont amélioré la fertilité des sols tout en réduisant la dépendance aux intrants chimiques. L’utilisation des intrants organiques s’est généralisée dans le département grâce au couplage agriculture- élevage et aux politiques de distribution d’engrais organiques. La collecte et l'épandage de fumier et de compost permettent d’amender les sols dégradés. L’utilisation de biofertilisants liquides, d'engrais verts et de micro-organismes autochtones bénéfiques (MAB) s’est répandue, soutenue par des formations dispensées par les services techniques et d’autres partenaires. Ces différents leviers agronomiques ont permis d'améliorer la fertilité des sols tout en réduisant la dépendance aux produits chimiques. L'intégration de l'agriculture et de l'élevage a été permise par des contrats de parcage et des rotations organisées entre zones pastorales et zones de cultures, instaurés à l’issue d’ateliers regroupant agriculteurs et éleveurs. Elle a aussi été facilitée par le recours aux cultures fourragères et à l'amélioration des races animales. Cette collaboration et ces innovations ont renforcé les relations entre ces deux activités, permettant une utilisation plus efficace et durable des terres. Les pesticides chimiques sont utilisés de manière raisonnée, et sont progressivement substitués par des biopesticides fabriqués localement et par des plantes de service capables de lutter contre les bioagresseurs. Les collectivités territoriales, en collaboration avec des agents de santé et services techniques, ont mis en place des comités de contrôle pour assurer le respect des réglementations sur l'utilisation des pesticides, garantissant ainsi un environnement sain pour les cultures et les communautés. La diversification des cultures est également un moteur de transition agroécologique pour les exploitations du département. Les exploitations familiales de Fatick combinent désormais l'arboriculture, le maraîchage, l'élevage, et les grandes cultures telles que l'arachide, le niébé et le bissap. En parallèle, la saliculture offre de nouvelles opportunités aux ruraux du département. L’agriculture est devenue une activité attractive pour les jeunes, grâce à l’octroi de machines agricoles (tracteurs, motoculteurs, récolteurs) permettant d’alléger la pénibilité du travail. Face aux défis de la sécurité alimentaire, les producteurs ont mis en place des mécanismes de stockage pour sécuriser les périodes de soudure, conservant les excédents de production dans des magasins de stockage et des banques céréalières. Un système de dépôt et de préfinancement a été intégré pour éviter le bradage des récoltes, soutenu par l'ORSRE et le Ministère du commerce. Valorisation des produits locaux et développement économique En 2035, Fatick est devenu un centre de valorisation des produits d'intérêts territoriaux, grâce à une stratégie de développement inclusive et collaborative, impliquant la société civile, les collectivités et les ONG. Narratif de l’idéotype 27 En 2035, les agriculteurs et éleveurs du département de Fatick ont réussi leur transition agroécologique, grâce à l’appui constant des services techniques étatiques, des ONG et des instituts de recherche. Les producteurs ont diversifié leurs exploitations, et adopté un large panel de techniques et d’équipements visant à intensifier écologiquement les systèmes de culture et à coupler agriculture et élevage. Des mécanismes de stockage permettent de sécuriser les périodes de soudure, et un système de dépôt et préfinancement assure la valorisation des récoltes. Associations culturales Epandage de matière organique, biofertilisants liquides et engrais verts Biopesticides et micro- organismes autochtones bénéfiques Petite mécanisation Zaï Plantes fertilitaires Pacification des relations entre agriculteurs et éleveurs Cultures fourragères et amélioration des races animales Utilisation raisonnée des pesticides chimiques Contrôles pour assurer le respect des réglementations sur l'utilisation des pesticides Plantes de service contre bio-agresseurs La saliculture offre de nouvelles opportunités Les machines agricoles rendent l’agriculture moins pénible et plus attractive Les exploitations combinent l'arboriculture, le maraîchage, l'élevage, et les grandes cultures telles que l'arachide, le niébé et le bissap. Mécanismes de stockage pour sécuriser les périodes de soudure. Système de dépôt et de préfinancement Tri des déchets Recyclage de la matière organique et synergie élevage-agriculture 4/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le quatrième d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 28 En 2035, Fatick est devenu un centre de valorisation des produits d'intérêt territorial. Le territoire a su transformer son potentiel agricole et agroalimentaire en richesses, créant des opportunités économiques et mettant en valeur son patrimoine culturel et culinaire. Un tissu dynamique de transformateurs agroalimentaire s'est développé, professionnalisé, et organisé en unions et interprofessions. L’origine « Fatick » est valorisée par un marketing territorial et les produits sont commercialisés en local comme sur les marchés nationaux et internationaux. Équipements de stockage et transformation conformes aux nor- mes internationales Une Union des transformateurs construit des partenariats techniques et financiers avec des mutuelles de crédit, des banques, des chambres consulaires, et des ONG pour faciliter l'accès aux financements Les transformateurs mobilisent des mécanismes d’auto-financement : tontines, caisses autogérées, préfinancement par les clients, prêts en nature Les acteurs des filières construisent une interprofession pour coordonner la commercialisation des produits locaux Label territorial pour les produits de Fatick Événements de valorisation des produits locaux : foires culinaires, expositions, et plateformes digitales Création de niches de marché à Dakar et à l’export Partenariats avec hôtels, restaurants, cantines scolaires, hôpitaux et prisons pour encourager la consommation de produits locaux Promotion du consommer local via des campagnes de sensibilisation, des dégustations, et une valorisation de l'art culinaire local Des pistes et moyens de transport (tricycles, camions, bateaux) permettent de désenclaver les zones difficiles d'accès 5/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le cinquième d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 29 Le territoire a su transformer son potentiel agricole et agroalimentaire en richesse, créant des opportunités économiques et mettant en valeur ses richesses culturelles et culinaires. Au cœur de cette transformation se trouve un tissu dynamique d’entreprises de transformation agroalimentaire qui sont parvenues à se professionnaliser grâce à une ambitieuse politique étatique de formation. Les transformatrices et transformateurs ont étés formés sur l'hygiène et la qualité, sur les techniques de transformation et conservation, et sur la gestion administrative et financière par l’Institut de Technologie Agro-alimentaire en collaboration avec des ONG et des partenaires techniques. La professionnalisation est également soutenue par l'État, les ONG, et le Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) qui fournissent des équipements de transformation conformes aux normes internationales (broyeuses, ensacheuses, séchoirs, etc.). Les acteurs de la transformation se sont organisés en une coopérative appelée Union des transformateurs, qui joue un rôle clé dans l'organisation et la structuration du secteur. Elle met à disposition des formations pour ses membres et développe des partenariats techniques et financiers avec des mutuelles de crédit, des banques, des chambres consulaires, et des ONG pour faciliter l'accès aux financements et améliorer la compétitivité des produits locaux sur les marchés. En complément, d’autres mécanismes de financement solidaire sont mobilisés (tontines, caisses autogérées, préfinancement par les clients, prêts en nature), participant à l'autonomie financière des unités de transformation. Une interprofession a été créée pour coordonner la commercialisation des produits locaux. Cette interprofession réunit producteurs, transformateurs, et acheteurs et fonctionne grâce au soutien des municipalités et des ONG. L’interprofession a mis en place un marketing territorial pour les produits de Fatick, en s’appuyant sur des événements, des foires culinaires, des expositions, et des plateformes digitales. L’interprofession établit également des partenariats avec des hôtels, restaurants, cantines scolaires, hôpitaux et prisons pour encourager la consommation de produits locaux. Pour conquérir de nouveaux marchés, l’interprofession mise sur des stratégies de segmentation et de création de niches de marché domestique et export. La maitrise de la qualité et la labellisation des produits transformés tels que les céréales locales, les produits maraîchers, et les produits halieutiques, renforce leur valeur ajoutée et leur reconnaissance sur les marchés nationaux et internationaux. Enfin, le département met en avant le consommer local à travers des campagnes de sensibilisation, des dégustations culinaires, et la promotion de l'art culinaire local. Planification territoriale et intégration de l’agroécologie dans les politiques publiques En 2035, le département de Fatick s'affirme comme un modèle de planification territoriale intégrant pleinement l’agroécologie. Ce statut résulte du travail conjoint des collectivités territoriales et de la DyTAEL, faisant que chaque initiative est construite en relation avec une seule et même vision pour la transition agroécologique. La DyTAEL de Fatick a mené un travail de dialogue et d’accompagnement des collectivités locales et des services déconcentrés de l’État, aboutissant à intégrer l’agroécologie dans les politiques publiques territoriales. La DyTAEL s’est déployée dans toutes les communes du département, renforçant les capacités des élus et soutenant l’élaboration des Plans de Développement Communaux (PDC) et Départementaux (PDD). La DyTAEL de Fatick interagit Narratif de l’idéotype 30 fortement avec la DyTAES qui réalise un travail similaire à l’échelon national. Des outils de planification spécifiques et des dispositifs de suivi sont mis en place par l'Agence Régionale de Développement, garantissant que les politiques sectorielles soient alignées avec les objectifs agroécologiques. La DyTAEL construit également un cadre de concertation servant à inventorier, coordonner et harmoniser les efforts de tous les acteurs impliqués dans l’agroécologie. Pour désenclaver les zones difficiles d'accès, les municipalités, les ONG, et les interprofessions ont collaboré pour construire des pistes de transport et pour octroyer des moyens de transport aux acteurs des filières agricoles et salicoles (tricycles, camions, bateaux). Des infrastructures de stockage, telles que des chambres froides et des aires de stockage, ont également été livrées pour renforcer les chaînes de valeur. Pour garantir l'accès équitable à la terre, des politiques foncières ont été mises en œuvre, avec l'octroi de baux et de titres fonciers par délibération. Dans la même perspective, des conventions locales d’occupation et d’affectation des sols ont été mises en place pour établir un zonage clair entre activités de saliculture, foresterie, élevage et agriculture. Le département affiche son soutien à l'agriculture familiale à travers le slogan « une famille, une ferme agroécologique ». Pour renforcer les compétences des jeunes agriculteurs, il offre des formations en agroécologie dans les Centres de Formation Professionnelle et les Universités régionales, avec un soutien financier des structures telles que 3FPT, ONFP, et PF2E. Afin de rendre les métiers de l’agriculture moins risqués et plus attractif, le Département a signé des conventions de partenariat avec les banques et les ONG ont garanti des rémunérations intéressantes et une protection sociale pour les travailleurs. Cette politique a encouragé chaque famille à maintenir son agriculture et à adopter des pratiques agroécologiques. La construction d'une filière de semences paysannes a également été un axe clé de cette politique. Les collectivités territoriales, en collaboration avec les institutions de recherche, ont développé des banques de semences tout en soutenant la production de semences locales certifiées. Elles ont aussi mis en place des unités de transformation de fourrage pour renforcer la disponibilité locale de cette ressource clé et créer de nouveaux emplois verts. Enfin, le Département a soutenu la consommation des produits agroécologiques via l’exonération de taxes et l’aménagement de marchés dédiés. Des actions éducatives et de sensibilisation aux comportements éco-responsables sont menées dans les écoles et les communautés, avec des prix annuels de l’agroécologie. Conclusion En 2035, Fatick s'est affirmé comme un département modèle en matière de développement durable alliant transition agroécologique, résilience environnementale, croissance économique, et inclusion sociale. Grâce à une gestion innovante et collaborative de ses ressources, le département inspire pour d'autres régions du Sénégal et d’Afrique subsaharienne confrontées aux défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire. Narratif de l’idéotype 31 En 2035, le département de Fatick s'affirme comme un modèle de planification territoriale intégrant pleinement l’agroécologie. Ce statut résulte du travail conjoint des collectivités territoriales et de la DyTAEL. L’action publique soutient l’accès à la terre, la formation des agriculteurs et transformateurs, les filières semencières et fourragères locales, la relocalisation de la production d’intrants organiques et la consommation de produits agroécologiques. La DyTAEL de Fatick dialogue et accompagne les collectivités locales et les services déconcentrés de l’État La DyTAEL se déploie dans toutes les communes du département, renforçant les capacités des élus et soutenant l’élaboration des Plans de Développement Communaux (PDC) et Départementaux (PDD). La DyTAEL interagit fortement avec la DyTAES qui travaille à l’échelon national afin d’inventorier, coordonner et harmoniser les efforts de tous les acteurs impliqués dans l’agroécologie Des conventions locales et plans d’occupation et d’affectation des sols permettent une bonne gestion des ressources et un zonage clair entre activités de saliculture, foresterie, élevage et agriculture L’Agence Régionale de Développement agit afin que les politiques sectorielles soient alignées avec les objectifs agroécologiques du territoire Pour soutenir l’agriculture familiale, le département assure la rémunération et la protection sociale des travailleurs via des conventions de partenariat avec des banques et des ONG Octroi de baux et de titres fonciers par délibération pour un accès équitable à la terre Les collectivités soutiennent la relocalisation de la production d’intrants via des emplois verts et la création de filières territorialisées de semences paysannes et de fourrage Les Centres de Formation Professionnelle et les universités locales forment les jeunes agriculteurs et transformateurs à l’agroécologie La consommation des produits agroécologiques est stimulée par des exonérations de taxes, des marchés dédiés, des actions éducatives et de sensibilisation et un prix annuel de l’agroécologie 6/6 DyTAEL Fatick Du 02 au 06 septembre 2024, la Dynamique pour une Transition Agroécologique Locale (DyTAEL) de Fatick et ses partenaires scientifiques ont organisé un atelier d’idéotypage à Palmarin. Pendant cinq jours, une cinquantaine d’experts ont mis en commun leurs connaissances pour co- concevoir un idéotype de département agroécologique, résilient et innovant à l’horizon 2035. Ce poster est le sixième d’une série de 6 posters illustrant l’idéotype final produit lors de cet atelier. Dessins : Victor Pied / PYGMENT 32 Visite de terrain En marge de l’atelier d’idéotypage, les membres de la DyTAEL de Fatick ont fait la visite de la ferme-école de Kaydara. « Kaydara » est une ferme agroforestière innovante qui s’épanouie sur 7 hectares, au milieu des terres arides et salées du Sine Saloum, à l'ouest du Sénégal. Le fondateur de Kaydara est Gora Ndiaye, un visionnaire qui a conçu un système de culture intelligent, économe et productif. Sous l'ombre bienveillante des cocotiers, se déploient des pépinières, des arbres fruitiers et des cultures maraichères. La ferme de Kaydara forme chaque année des centaines de jeunes qui viennent de tout le Sénégal et de la sous-région pour suivre une formation de 6 mois en agroforesterie. A l’issue de leur parcours, ils retournent chez eux avec un bagage de connaissances et quelques plans de cocotier, afin de fonder leur propre ferme. Kaydara est la preuve vivante que l’agroécologie est une option viable et enviable pour la zone sahélienne. Une véritable source d’inspiration pour les membres de la DyTAEL de Fatick et pour le travail d’idéotypage. 33 Photo : Visite de la ferme de Kaydara par les participants de l’atelier d’idéotypage 34 Bilan et perspectives de l’atelier Au terme d’un atelier de 5 jours à Palmarin, du 2 au 5 septembre 2024, les équipes des projets Initiative Agroécologie One-CGIAR et MAHDIA ont globalement atteint les objectifs fixés, à savoir : (i) Les causes profondes et conséquences des problèmes prioritaires du département de Fatick ont été analysées. (ii) Un répertoire de 258 solutions, leviers et innovations répondant à ces problèmes a été construit. (iii) Un idéotype de territoire agroécologique, résilient et innovant a été conçu à partir de ce même répertoire. Cet idéotype a été décliné sous la forme d’un narratif illustré. (iv) Des connaissances et des expériences inspirantes ont été partagées pour alimenter la réflexion des participants ; Lors de la cérémonie de clôture et des points de presse subséquents, les représentants de la DyTAEL et du département de Fatick ont affirmé leur volonté conjointe d’utiliser l’idéotype pour alimenter la planification stratégique à dix ans de la DyTAEL. L’idéotype sera restitué à l’occasion de la caravane nationale DyTAES-DyTAEL 2025, et servira de boussole pour orienter le dialogue politique entre la DyTAEL, les collectivités et les services de l’État. Cet atelier était soutenu par deux projets menés conjointement par le CIRAD et l’ISRA en collaboration avec la DyTAEL de Fatick. L'Initiative Agro-Ecologique (IAE) one-CGIAR a pour objectif de fournir des preuves de la nature transformatrice de l'agroécologie et de sa capacité à susciter une reconfiguration d’ensemble des systèmes agri alimentaires. Construites via une approche similaire sur sept terrains à travers le Sud Global, les connaissances acquises par l’IAE alimenteront la construction de modèles reproductibles d’accompagnement de la transition agroécologique. Le Work Package 5 (WP5) de l’IAE vise spécifiquement à mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent les transitions agroécologiques, afin d’orienter le travail des scientifiques, bailleurs de fonds, décideurs politiques et autres acteurs impliqués dans l’accompagnement du changement. Le projet MAHDIA (Mêler agroécologie et résilience hydrique pour des systèmes alimentaires durables en Afrique) a vocation à concevoir et mettre en application une démarche participative pour développer des plateformes territoriales qui rassemblent les différents acteurs des systèmes alimentaires des territoires d’application : agriculteurs, transformateurs, distributeurs, restaurateurs, autorités locales, jusqu’aux consommateurs. À cette fin, le projet s’appuie sur la notion de « produit d’intérêt territorial » faisant le lien entre les enjeux agricoles, alimentaires, environnementaux, culturels et de santé. Le premier atelier du projet MAHDIA-Sénégal a mis en avant le mil, le riz, le sel, le niébé et les légumes comme les quatre principaux produits d’intérêt territorial pour le département de Fatick. Projets support 35 Bilan méthodologique L’idéotypage de systèmes agricoles innovant est une méthode de ‘visioning’ développée et testée par le CIRAD et ses partenaires en Afrique de l’Ouest depuis 2021. Cette approche est pensée pour engager des collectifs dans la construction d’une image mentale d'un idéal qui n'existe pas dans la réalité, mais qui pourrait advenir à travers des actions concrètes. Les premières expériences d’idéotypage ont été conduites au Sénégal et en Côte d’Ivoire dans le cadre d’ateliers de co-conception de systèmes de culture (Belmin et al. 2022; Mboh et al 2021; Triomphe et al. 2023), d’exploitations agricoles (Belmin et al 2023; Ouedraogo et al. 2024) et de systèmes alimentaires (Belmin et al 2023; Deletré et al. 2024). Avec l’atelier de Palmarin, la méthode d’idéotypage vient de franchir une nouvelle étape de déploiement. Cette nouvelle expérience d’adaptation nous permet d’évaluer la souplesse et la robustesse de la méthode face à de nouvelles questions et de nouveaux objets à concevoir. Dans les lignes qui suivent, nous passons en revue les évolutions méthodologiques introduites lors de cet atelier, et tirons quelques discussions critiques. Idéotypage de territoire - A Fatick, la méthode d’idéotypage a pour la première fois été élargie à l’échelle de l’objet « territoire ». Cet élargissement du périmètre de l’objet conçu n’a pas posé de difficulté méthodologique ou conceptuelle aux participants et animateurs. Il a produit des idéotypes qui mettaient l'accent sur la gestion des ressources naturelles et productives (eau, arbres, terres). Intégration des acteurs dans l'équipe d'animation - Trois des piliers de la DyTAEL de Fatick ont été intégrés dans l'équipe d’animation de l’atelier. Leur rôle a été décisif dans le cho