Juin 2023 RAPPORT CAUSES DES CONFLITS ENTRE AGRICULTEURS ET ÉLEVEURS EN AFRIQUE Une revue systématique de la portée Magda Nassef, Bedasa Eba, Kishmala Islam, Georges Djohy et Fiona Flintan Remerciements Les auteurs et autrices remercient les examinateurs et examinatrices de ce rapport : Theresa Liebig d’Alliance Biodiversity et du Centro Internacional de Agricultura Tropical (CIAT, le centre international d’agriculture tropicale), Bia Carneiro d’Alliance Bioversity et du CIAT, Jeremy Lind de l’Institute of Development Studies (IDS, l’institut d’études sur le développement) de l’université de Sussex, Michael Odhiambo (conseiller indépendant) et Mauri Vazquez (ODI). Ils remercient également la traductrice du rapport, Karen Rolland (Karen Rolland Traductions). Ce rapport a été élaboré avec la contribution de la Research Initiative on Livestock and Climate (l’initiative de recherche dédiée au bétail et au climat) ainsi que de la Research Initiative on Fragility, Conflict, and Migration (l’initiative de recherche dédiée à la fragilité, au conflit et à la migration) du Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR, le groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), soutenues par des bailleurs de fonds au fonds d’affectation au profit du CGIAR. À propos de SPARC Le changement climatique, les conflits armés, la fragilité environnementale et la gouvernance faible, ainsi que les répercussions de ces derniers sur les moyens de subsistance dépendant des ressources naturelles, font partie des principaux facteurs de la crise et de la pauvreté chez les communautés vivant dans des pays qui figurent parmi les plus vulnérables et les plus touchés par les conflits au monde. Le projet SPARC (Soutenir le pastoralisme et l’agriculture durant les crises récurrentes et prolongées) a pour objectif de produire des éléments concrets et de combler les lacunes en matière de connaissances afin de renforcer la résilience de millions de pasteurs, d’agropasteurs et d’agriculteurs dans ces communautés d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient. Nous nous efforçons de produire un impact en nous appuyant sur la recherche et sur des éléments probants dans l’optique de développer des connaissances qui permettent au Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO, le ministère des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni), aux bailleurs de fonds, aux organisations non gouvernementales (ONG), aux administrations locales et aux gouvernements nationaux ainsi qu’à la société civile d’aider ces communautés, dans le contexte du changement climatique. TABLE OF CONTENTS Remerciements 2 Résumé analytique 4 1. Contexte 6 2. Méthodologie 10 3. Tendances générales 19 4. Causes du conflit 26 5. Conclusion et recommandations 36 Références 38 Annexe I : Études incluses dans la revue 41 Annexe II : Protocole pour la revue de la portée 45 Annexe III : Liste intégrale des mots-clés utilisés dans l’analyse 46 sparc-knowledge.org 3 RÉSUMÉ ANALYTIQUE Ces dernières années, le conflit entre les agriculteurs et les éleveurs en Afrique mobilise l’attention, et suscite des inquiétudes quant à l’escalade et à l’intensification des niveaux de conflit. Cette revue systématique de la portée repose sur une approche visant à minimiser le biais de sélection à l’aide de méthodes transparentes et reproductibles. Son premier objectif était de mieux appréhender les causes du conflit entre agriculteurs et éleveurs, et de révéler les tendances et éventuels problèmes de compréhension. Un deuxième objectif visait à établir à quel point le conflit est lié aux terres et aux ressources naturelles, et dans quelle mesure l’insécurité foncière est citée comme une cause de conflit, ainsi que la manière dont ce problème est évoqué. Un troisième objectif était de comprendre dans quelle mesure et à quel titre les femmes et les jeunes sont mentionnés dans la recherche sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs. Cette analyse a adopté l’approche d’une revue systématique de la portée. Une recherche d’articles de recherche universitaire sur les sites Web of Science, Science Direct et des référentiels de groupes de réflexion en langues anglaise et française a permis d’identifier 88 articles et études de recherche pertinents. Ces 88 études ont été sélectionnées parmi une liste exhaustive de 1 102 articles. Ceci suggère que, si l’intérêt pour les conflits entre agriculteurs et éleveurs est important, il existe peu de travaux de recherche primaire sur les causes des conflits. Toutes les études de cas passées en revue ont établi un lien direct entre le conflit qui oppose agriculteurs et éleveurs, et les terres ou les ressources naturelles. Presque toutes ces études concluent que le conflit ne cesse de croître ou devient toujours plus violent. Toutefois, seulement quelques-unes présentent les preuves primaires à l’appui de cette assertion. Concernant les catégories de causes, la plupart des études insistent sur les facteurs de gouvernance, politiques et sociaux plutôt que sur la pénurie de ressources ou le changement climatique. Ces facteurs incluent une mauvaise gouvernance ou une gouvernance exclusive, des problèmes fonciers, une dégradation des relations entre les groupes et des préjugés ethniques. Ceux-ci sont suivis par (la perception d’)une mauvaise gestion des ressources pastorales, la pénurie de ressources, la violence et l’insécurité humaine. Bien que le changement climatique soit un thème d’intérêt général, il ne figure pas dans la liste des principales causes de conflit. Les problèmes fonciers occupent une place importante. Toutefois, l’insécurité foncière est identifiée indirectement et davantage au travers de ses répercussions, notamment l’accès bloqué ou limité aux terres et aux ressources naturelles, et des litiges liés à l’occupation. L’identification de la précarité des droits fonciers (à savoir, la raison de l’insécurité) est rare et mentionnée dans seulement 13 % des cas. Ceci suggère que l’analyse des conflits entre agriculteurs et éleveurs ne parvient pas à identifier les origines premières et se concentre davantage sur ce qui est visible, et ce qui peut être facilement quantifié ou expliqué. Un examen plus poussé sur la relation entre l’insécurité foncière et le conflit est recommandé. 4 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Les femmes sont mentionnées en relation au conflit dans seulement 28 % des études, principalement en tant que victimes et moins fréquemment en tant qu’instigatrices du conflit ou de conciliatrices. Les jeunes sont plus souvent mentionnés, dans 43 % des études, et principalement en tant que participants au conflit. Ces études ne distinguent pas les jeunes par sexe, mais tout porte à croire qu’il est question de jeunes de sexe masculin. Les résultats de cette revue de la portée suggèrent qu’il est important de mener davantage de travaux de recherche primaire sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Il faut également analyser ce que l’on classe généralement en tant que « causes » entre les forces influentes, les éléments déclencheurs, les étincelles et les origines premières d’ampleurs différentes. De plus, le rôle explicite de la précarité des droits fonciers dans le conflit entre agriculteurs et éleveurs, et le rôle des femmes et des jeunes dans ces conflits ainsi que les répercussions qu’ont ces derniers sur celles et ceux-ci, doivent faire l’objet d’une plus grande attention. sparc-knowledge.org 5 © Stevie Mann / ILRI 1. CONTEXTE Les conflits entre agriculteurs et éleveurs au centre de l’attention en Afrique Ces dernières années, les conflits entre agriculteurs et éleveurs1 mobilisent l’attention dans les milieux de la presse, des cercles universitaires et décisionnels. L’escalade et l’intensification des niveaux de conflit entre les groupes suscitent des inquiétudes (Flintan et al., 2021). Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont majoritairement locaux, sporadiques et de faible intensité. Ils n’impliquent pas directement les gouvernements et les forces de sécurité du gouvernement. Dans le domaine public, la presse et les organisations internationales décrivent les conflits entre agriculteurs et éleveurs en utilisant un langage fort, parfois alarmiste, accentuant le caractère urgent de cette question. Le Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité déclarait que « les conflits entre les pasteurs et les agriculteurs sur le continent sont plus meurtriers que le terrorisme » (AU, 2018)2. Un article de presse de 2021 publié dans le quotidien The Guardian indiquait que « la violence liée aux conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique occidentale et centrale a entraîné plus de 15 000 décès… dont la moitié a eu lieu depuis 2018, pour la plupart au Nigéria, entraînant la crise de sécurité la plus meurtrière du pays » (Akinwotu, 2021). Par ailleurs, la documentation disponible dans le domaine public imprègne souvent ce thème de propos séditieux, en usant par exemple de qualificatifs inutiles envers certains groupes. Les Peuls, le plus grand groupe de pasteurs d’Afrique de l’Ouest (UNOWAS, 2018), sont souvent qualifiés « d’inconnus » ou « d’étrangers », ou encore de danger pour le grand public. Souvent, ce groupe est associé à des organisations terroristes connues. Le Global Terrorism Index (GTI, l’indice mondial du terrorisme) de l’année 2015 prétend que le Nigéria abrite « deux des cinq groupes terroristes les plus meurtriers en 2014, des militants de Boko Haram et des Peuls », employant un terme fourre-tout pour décrire les Peuls. Il indique ensuite que « contrairement à Boko Haram, qui est désormais affilié avec l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL, Daech) et aligné avec l’établissement d’un califat, les militants peuls ont des objectifs très localisés, concernant principalement une amélioration de leur accès aux pâturages pour leur bétail » (IEP, 2015). La presse ne semble pas tenir de discours cohérent ni disposer de preuves tangibles concernant les causes du conflit entre agriculteurs et éleveurs. Un large éventail de causes est évoqué, parfois dans la même publication, entraînant une image complexe et souvent confuse. La responsabilité est fréquemment rejetée sur les éleveurs et leurs pratiques, en invoquant par exemple les raisons suivantes : 1 Les auteurs et autrices reconnaissent qu’il est dépassé d’établir une dichotomie distincte entre les catégories de moyens de subsistance. En réalité, on assiste à un chevauchement grandissant. De fait, les agriculteurs se tournent de plus en plus vers l’élevage de bétail, et les pasteurs s’adonnent de plus en plus à l’agriculture. Cependant, chacune de ces catégories continue de préserver une spécialisation dans l’un des deux systèmes de subsistance. Les termes « agriculteurs » et « éleveurs » sont employés dans le présent rapport à titre de référence. 2 Cette citation est apparue pour la première fois dans un communiqué de presse de l’Union africaine (UA) décrivant la conférence durant laquelle cette déclaration avait été faite. Depuis, elle a été reprise dans un rapport sur les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (UN, 2020). 6 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique ƒ la destruction délibérée des cultures par des pasteurs et la razzia de bétail par des bandits (The Sun, 2022) ƒ la destruction de terres agricoles et l’intimidation des agriculteurs par des éleveurs non-résidents qui envahissent la région illégalement (Boateng, 2022) ƒ la pénurie de ressources provoquée par le changement climatique et la migration qui en découle ainsi que la destruction des cultures et l’empiétement des couloirs de transhumance, l’utilisation d’un langage tel que « les guerres climatiques » et la transhumance entraînant une « collision » entre les pasteurs et les communautés agricoles (Chime, 2021). Certaines tribunes internationales rejettent aussi la faute sur les éleveurs et leurs pratiques, les accusant de faire partie des causes premières du conflit. Lors d’une conférence intitulée Impact of cross-border transhumance on sustainable peace and development in West Africa and the Sahel (Les répercussions de la transhumance transfrontalière sur la paix et le développement durables en Afrique de l’Ouest et au Sahel) (UN, 2019), Mariam Aboubakrine, membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, qualifiait la transhumance de facteur déclencheur des affrontements entre les éleveurs et les agriculteurs. D’autres (UNOWAS, 2018) prétendent que, si le conflit se joue autour de la compétition à l’égard des terres et des ressources naturelles, l’affectation et la gestion des ressources naturelles constituent le principal problème. La quantité de causes saturant le domaine public crée une interprétation générale, donnant toute latitude aux décideurs et décideurs politiques, de même qu’aux groupes qui pourraient avoir des intérêts particuliers, pour les trier sur le volet. Les causes peuvent être facilement sélectionnées et adaptées de manière à justifier des actions ou des interventions particulières, telles que : ƒ l’interdiction du pacage pour réduire « le pâturage systématique » des pasteurs (Olufemi, 2021) ƒ le recours à des discours sur la dégradation pour « légitimer et ouvrir la voie aux investissements agricoles et à la protection de l’environnement sous prétexte de promouvoir une “ économie verte ” » (Bergius et al., 2020) ƒ le recours à des discours sur les pénuries et à différentes interprétations de ce discours pour justifier des décisions prises sous prétexte d’utiliser des ressources « insuffisamment exploitées » (Mehta et al., 2019 ; Scoones et al., 2019) ƒ la « titrisation » et la politisation du changement climatique en mettant en corrélation la migration découlant du changement climatique et la violence et l’insécurité (Benjaminsen and Ba, 2021 ; Wiederkehr et al., 2022), alors même que les preuves empiriques soutenant ce lien restent peu probantes et la recherche sur le sujet relativement rare (ibid) ƒ enfin, et peut-être encore plus dangereux, l’utilisation et la manipulation par les groupes extrémistes et les personnalités politiques des griefs entre agriculteurs et éleveurs pour parvenir à des fins précises (Bøås et al., 2020 ; Cline, 2020 ; Ugwueze et al., 2022). Si l’escalade de la fréquence et de la violence des conflits entre agriculteurs et éleveurs est souvent considérée comme allant de soi dans la presse et les domaines politiques, certaines études remettent sévèrement en question l’escalade ou l’intensification réelle des conflits entre agriculteurs et éleveurs, ou le fait que l’escalade de la violence observée dans certaines régions sparc-knowledge.org 7 d’Afrique soit, en premier lieu, liée au conflit entre agriculteurs et éleveurs (Hussein et al., 1999 ; Krätli and Toulmin, 2020). Cette étude ne porte pas sur la question de l’escalade du conflit entre agriculteurs et éleveurs ou de l’intensification de ce dernier. Toutefois, ce débat controversé montre que le sujet suscite un grand intérêt. Une étude de la documentation universitaire et des groupes de réflexion En raison de cette attention accrue, bien que souvent confuse, et pour orienter les futurs travaux de recherche de SPARC, cette revue systématique de la portée vise à explorer la documentation universitaire et des groupes de réflexion3 à la recherche des causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs, les tendances ainsi que les possibles lacunes en termes de compréhension. Elle vise également à établir à quel point le conflit est lié aux terres et aux ressources naturelles, en supposant que les terres et les ressources naturelles jouent un rôle essentiel. Elle vise à identifier dans quelle mesure l’insécurité foncière est citée en tant que cause du conflit et la manière dont est débattu ce sujet, en reconnaissant que le lien entre l’occupation des terres et le conflit est complexe et que des travaux de recherche plus approfondis quant à ce lien sont probablement nécessaires (Flintan et al., 2021 ; Osman, 2012). La logique visant à inclure l’insécurité foncière repose sur l’argument selon lequel la précarité des droits fonciers entraîne une perte de terres (ou d’accès aux terres) à des fins contradictoires, accélérée par la pression imposée sur les ressources terrestres. À mesure que les aires de pâturage diminuent et que les espaces destinés aux petits exploitants agricoles augmentent, la compétition à l’égard des ressources indispensables aux moyens de subsistance s’intensifie. Compte tenu de l’escalade de la concurrence, il est fort probable que celle-ci devienne violente. Ceci suggère que la précarité des droits fonciers pourrait être une cause de conflit (Flintan et al., 2021 ; de Jode and Flintan, 2020 ; Osman, 2012 ; Sulieman, 2015). Cette analyse pose les questions suivantes : ƒ Quelles sont les causes du conflit entre agriculteurs et éleveurs ? ƒ Les terres jouent-elles un rôle dans le conflit, et dans quelle mesure ? ƒ La précarité des droits fonciers fait-elle partie du débat et, le cas échéant, de quelle manière ? Les liens établis entre les femmes et le conflit, ainsi que ceux entre les jeunes et le conflit, sont mis en avant en tant que lacunes dans la recherche existante (Caroli et al., 2022). Ainsi, cette revue de la portée vise également à explorer dans quelle mesure les groupes sont mentionnés dans les études de cas sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs. Des analyses documentaires ont récemment été menées sur des thèmes connexes. Toutefois, peu se concentrent spécifiquement sur les causes du conflit entre agriculteurs et éleveurs ou adoptent une méthodologie de revue systématique. L’une de ces études porte sur l’analyse d’incidents spécifiques découlant d’un conflit dans 16 pays à l’aide de la base de 3 La documentation des groupes de réflexion a aidé l’équipe préposée à l’analyse à saisir les perspectives les plus récentes en dehors des revues à comité de lecture. 8 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique données de l’Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED, un projet de collecte de données sur la localisation des conflits armés et les événements qui y sont liés). Elle cherche à déterminer si la violence en Afrique peut être attribuée aux conflits entre agriculteurs et éleveurs comme le suggèrent de nombreux rapports, tout en explorant aussi comment sont (ou pourraient être) envisagées les causes du conflit (Krätli and Toulmin, 2020). Trois autres études explorent les sources de violence et d’instabilité affectant les pasteurs et d’autres utilisateurs des terres rurales ainsi que les causes des conflits relatifs aux terres. Elles s’appuient sur une méthode d’analyse documentaire ou d’étude de cas comparative (Brottem and McDonnell, 2020 ; Ntumva, 2022 ; Seter et al., 2018, respectivement). Une autre étude évalue les causes et les moteurs des conflits impliquant les pasteurs et repose sur des entretiens avec des parties prenantes dans six pays d’Afrique (UNOWAS, 2018). Si ces analyses sont approfondies, aucune n’adopte une approche de revue systématique. Deux revues systématiques ont été identifiées. L’une porte sur le conflit lié au changement d’utilisation des terres plus largement (de Jong et al., 2022), l’autre explore les liens entre le changement climatique et le conflit violent en Afrique de l’Ouest (Tarif, 2022), mais n’aborde pas spécifiquement les conflits entre agriculteurs et éleveurs. © Marco Buemi/ILRI sparc-knowledge.org 9 2. MÉTHODOLOGIE Une revue systématique de la portée Les revues systématiques visent à identifier, évaluer et résumer les résultats de toutes les études individuelles pertinentes, améliorant ainsi l’accessibilité des preuves existantes aux décideurs. Une analyse normale se distingue d’une revue systématique en ce que les revues systématiques adhèrent à un modèle scientifique strict reposant sur des méthodes explicites, préspécifiées et reproductibles. Elles s’appuient sur des méthodes systématiques sélectionnées en vue de minimiser la partialité. Elles offrent ainsi des résultats plus fiables à partir desquels des conclusions peuvent être tirées et des décisions prises (CRD, 2009 ; Higgins et al., 2022). En plus de déterminer ce que nous connaissons d’une intervention particulière, les revues systématiques mettent aussi en évidence les domaines dans lesquels l’absence de connaissances est flagrante. On peut ensuite utiliser ces informations pour orienter les futurs travaux de recherche (CRD, 2009). Consultez également Higgins et al. (2022) et Aromataris and Riitano (2014). Les revues systématiques de la portée sont généralement employées « pour la reconnaissance afin de clarifier des définitions pratiques et des frontières conceptuelles d’un thème ou d’un domaine. Les revues de la portée sont donc tout particulièrement utiles lorsqu’un corpus de documents n’a pas encore fait l’objet d’un examen exhaustif, ou s’il présente une nature complexe et hétérogène qui ne relève pas d’une revue systématique des preuves. Les revues de la portée peuvent être menées pour déterminer la valeur et la portée probable d’une revue systématique complète. Elles peuvent toutefois aussi constituer des exercices à part entière permettant de résumer et de diffuser les résultats de la recherche, d’identifier les lacunes dans la recherche et d’établir des recommandations pour les futurs travaux de recherche » (Peters et al., 2015). Cette analyse s’appuie sur la méthodologie développée par Peters et al. (2015) de l’institut Joanna Briggs. Pour garantir une certaine rigueur, cette analyse a été conçue selon le format PRISMA (de l’anglais Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-analysis, ou éléments de rapport préférés pour les revues systématiques et la méta-analyse) (Page et al., 2021). Elle s’est appuyée sur la liste de vérification PRISMA 2020 disponible en ligne4. En outre, un protocole a été développé dès le début de l’analyse. Considéré comme un document de clarification et d’orientation, ce protocole vise à assurer une interprétation commune par l’équipe préposée à l’analyse dès le départ. Il est présenté dans l’annexe 2. L’analyse a été menée en anglais puis en français, afin de pouvoir inclure davantage d’études. Une fois l’analyse menée, les résultats ont été associés (figure 1). 4 Vous trouverez la liste de vérification sur : www.prisma-statement.org (uniquement disponible en anglais) 10 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Bases de données consultées et paramètres de recherche Analyse de la documentation en langue anglaise L’équipe préposée à l’analyse a sollicité le soutien de ses réseaux au sein de la communauté de la recherche pour obtenir des retours sur les bases de données les plus pertinentes pour cette étude. Elle a identifié les réseaux suivants : Web of Science, Science Direct, Scopus et CAB Direct. Elle a finalement décidé de se concentrer sur Web of Science et Science Direct, d’une part car ce sont des bases de données reconnues, et d’autre part, en raison des autorisations institutionnelles existantes. L’équipe a utilisé la chaîne de recherche booléenne en langue anglaise (farmer OR smallholder OR settler) AND (pastoralist OR herder OR nomad) AND conflict AND (Africa OR Sahel) [(agriculteur OU petit exploitant OU colon) ET (pasteur OU éleveur OU nomade) ET conflit ET (Afrique OU Sahel)] pour interroger les bases de données. Elle a utilisé le terme « conflit » pour éviter de limiter ce que les résultats de la recherche révèlent, reconnaissant que le terme peut revêtir diverses significations. La définition la plus utile pour cette analyse est la suivante : « toute situation dans laquelle deux parties, voire plus, considèrent que leurs objectifs sont mutuellement incompatibles » (Mitchell, 1981)5. L’équipe préposée à l’analyse a également évité d’utiliser les termes « terres » ou « ressources naturelles » dans la chaîne de recherche, car l’intérêt était de déterminer si, et dans quelle mesure, les problèmes liés aux terres et aux ressources naturelles apparaissaient dans une recherche plus générale sur les causes du conflit. Les termes « agriculteurs » et « éleveurs » ont été élargis de manière à englober des descriptions similaires courantes telles que « petit exploitant » et « colon » pour les agriculteurs, et « pasteur » et « nomade » pour les éleveurs. De fait, c’est ainsi que sont couramment décrits ces groupes dans la documentation sur le conflit. Les examinateurs et examinatrices ont étudié la documentation couvrant l’intégralité du continent, avec une mention spécifique de la région du Sahel, car elle est souvent mentionnée sans aucune référence à l’Afrique. Cette démarche visait à éviter qu’ils soient involontairement redirigés vers un ensemble plus restreint de conclusions pouvant être liées à l’histoire, à la géographie, ou encore aux contextes politiques et sociaux d’une région donnée. Les termes de recherche tronqués et les caractères génériques n’ont pas été utilisés, ni les chaînes de recherche longues (par exemple, citer le nom complet de chaque pays d’Afrique plutôt que de simplement utiliser les termes « Afrique OU Sahel »), étant donné les limitations des chaînes de recherche dans Science Direct. La période a été fixée de 2000 jusqu’à aujourd’hui pour se conformer à la période utilisée dans le rapport « Une revue de la tenure et de la gouvernance des terres pastorales en Afrique de l’Est et de l’Ouest » de SPARC (Flintan et al., 2021). La hausse de la couverture de ce thème observée durant cette période explique les raisons de ce choix. Une hausse relative en termes de recherche et de documentation sur les pasteurs et les parcours a également été observée autour de l’année 2000 (Johnsen et al., 2019). 5 Ceci peut couvrir des intérêts contradictoires entre l’État et les petits exploitants agricoles locaux concernant l’allocation des terres et leur utilisation, des litiges ou des tensions entre les groupes, des transgressions sur des propriétés ou des personnes (par exemple, vol de bétail, vol dans les exploitations agricoles, passage à tabac et homicide sur des humains et des animaux d’élevage), ainsi qu’une violence à grande échelle entraînant la mort d’un grand nombre de personnes et d’animaux d’élevage. sparc-knowledge.org 11 Une recherche de la documentation en langue anglaise a été menée dans Science Direct et Web of Science le 30 avril 2022. En raison du grand nombre de résultats de recherche (plus de 3 000 résultats dans Science Direct), des paramètres de limitation supplémentaires ont été introduits, notamment concernant les revues manifestement non pertinentes pour ce thème (par exemple, des revues vétérinaires) et une limitation des résultats de recherche aux articles de recherche, qui excluaient notamment les ouvrages, les critiques d’ouvrages et les éditoriaux. La recherche finale a généré 109 articles de périodiques dans Web of Science et 862 articles de revues dans Science Direct. Pour compléter la recherche dans la base de données, une recherche utilisant la même chaîne booléenne a été menée sur Google le 8 mai 2022. Les huit premiers groupes de réflexion internationaux apparaissant dans la liste6 et ayant publié des rapports sur ce thème ont été pris en compte. Une recherche de suivi a ensuite été entreprise pour des publications spécifiques sur les sites Internet de chacun des groupes de réflexion, à l’aide de la même chaîne de recherche. Parallèlement, pour certains (Empirical Studies of Conflict, International Crisis Group, le centre d’études stratégiques de l’Afrique et l’institut Clingendael), la chaîne de recherche a été légèrement adaptée (« conflit entre agriculteurs et éleveurs » ET « conflit entre agriculteurs et pasteurs ») car le site Internet ne permettait pas d’utiliser de chaîne de recherche plus longue. Dix-sept documents des groupes de réflexion ont été inclus sur la base de la recherche susmentionnée. Les résultats complets de 971 articles de périodiques et 17 articles de groupes de réflexion ont été transférés dans le logiciel Mendeley, et 18 articles en double ont été supprimés. Les titres et extraits ont ensuite été filtrés afin de les inclure ou de les exclure de l’analyse. Le critère principal pour l’inclusion était que l’article de recherche porte spécifiquement sur un cas (ou des cas) de conflit entre agriculteurs et éleveurs, que l’étude ait effectué une recherche primaire (quantitative, qualitative ou les deux) sur le thème, qu’elle ait au minimum inclus des questions dans les entretiens et les discussions locales sur les causes du conflit entre agriculteurs et éleveurs, ou enfin qu’elle ait enregistré des réponses des personnes interrogées quant aux causes du conflit7. À l’aide des critères ci-dessus, l’examinatrice principale et une autre examinatrice ont réduit la longue liste de façon autonome, en lisant les titres et les extraits. Les deux examinatrices ont associé leurs résultats, puis ont supprimé les articles en double. Une troisième examinatrice a été invitée à donner ses conseils sur quelques divergences, puis à revoir la liste de présélection avec la principale examinatrice une dernière fois. À l’issue de cette procédure, 900 publications ont été exclues car elles ne répondaient pas aux critères de cette analyse. Sur les 70 documents restant, 64 ont été obtenus en texte intégral. L’équipe n’a pu obtenir l’accès à quatre des textes intégraux. Sur ces 64 documents, 28 articles ont été exclus après avoir lu le résumé, la discussion, la conclusion et la méthodologie. La principale examinatrice a effectué cette deuxième procédure de sélection, et une deuxième examinatrice a vérifié cette sélection. Cette procédure a permis d’obtenir 38 études pour l’analyse, composée de 21 articles de périodiques et de 17 documents de groupes de réflexion en anglais. 6 Le South African Institute of International Affairs (SAIIA), Empirical Studies of Conflict, l’International Crisis Group, l’institut international pour l’environnement et le développement (IIED), Search for Common Ground, le centre d’études stratégiques de l’Afrique, le Kofi Anan International Peacekeeping Center (KAIPTC) et l’institut Clingendael. 7 Les critères pour les documents des groupes de réflexion n’étaient pas aussi stricts et certaines analyses ont aussi été incluses. De fait, leurs documents sont considérés comme des documents d’accompagnement pour une comparaison avec des articles de recherche. Ainsi, les 17 résultats des groupes de réflexion ont été retenus. 12 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Analyse de la documentation en langue française La recherche de documentation en langue française a été entreprise le 4 novembre 2022 par une personne francophone (différente de l’examinatrice anglophone). L’équipe a utilisé la chaîne de recherche booléenne en langue française (agriculteur OU petit exploitant OU colon agricole) ET (pasteur OU éleveur OU nomade) ET conflit ET (Afrique OU Sahel) pour recueillir 84 et 47 publications de Web of Science et de Science Direct respectivement, couvrant la période 2000 – 2022. Une vérification préliminaire par titre et résumé a résulté en l’inclusion de 20 articles de périodiques du site Web of Science, et cinq articles du site Science Direct. Cette liste préliminaire d’articles a été soumise à une procédure de sélection rigoureuse, qui a entraîné le retrait de sept articles de la liste de Web of Science. Deux étaient des doubles, deux étaient inaccessibles et trois ne portaient pas sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs, mais sur l’élevage caprin ou les conséquences du développement des entreprises agroalimentaires sur le système agraire et la gestion de l’eau. Trois articles de la liste de Science Direct ont été exclus. L’un était un double d’un article de la liste de Web of Science, et les deux autres portaient sur l’anthropologie préhistorique et historique de la houlette des bergers au Brésil et en Europe, mais ne parlaient pas des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Après cette sélection, 15 articles de périodiques ont été conservés. Pour élargir cette liste, une recherche directe sur Google à l’aide de la même chaîne de recherche a été entreprise les 15 et 16 janvier 2023. Elle a permis de trouver 24 articles de périodiques supplémentaires, dont 16 ont finalement été retenus après avoir été importés et contrôlés dans Mendeley. Ainsi, 31 articles de périodiques en langue française ont été pris en compte dans cette analyse. Au-delà des articles de périodiques, la même chaîne de recherche booléenne sur Google a permis d’identifier huit publications de groupes de réflexion, dont les sites Internet ont ensuite été consultés pour recueillir 20 articles supplémentaires, portant à 28 le nombre de publications par des groupes de réflexion. Un contrôle rigoureux de ces articles a permis d’identifier 10 articles sur les 28 qui présentaient un intérêt pour l’analyse. Une recherche supplémentaire pour les publications de groupes de réflexion a identifié neuf documents supplémentaires, portant le nombre total d’articles pris en compte pour l’analyse à 19. Au total, 50 publications ont été identifiées dans la documentation en langue française sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs, dont 31 articles de périodiques et 19 articles de groupes de réflexion (tableau 1). © Rasmane Bagagnan / ILRI sparc-knowledge.org 13 TABLEAU 1. NOMBRE TOTAL DE PUBLICATIONS PRISES EN COMPTE DANS L’ANALYSE Documents Articles de périodiques Groupes de réflexion Total Langue anglaise 21 17 38 Langue française 31 19 50 Total 52 36 88 Vous trouverez la liste des articles inclus dans l’analyse en annexe 18. Limitations de la procédure Plusieurs limitations ont été constatées : ƒ Le nombre total d’articles de périodiques est relativement faible. Ainsi, les tendances identifiées ne peuvent être prises qu’à titre indicatif et non comme des résultats fiables. ƒ Une recherche dans un ensemble plus vaste de bases de données aurait pu générer davantage de résultats, améliorant par là même leur diversité et leur robustesse9. Toutefois, les résultats de cette analyse concordent, pour la plupart, avec les résultats d’analyses similaires susmentionnées10, indiquant qu’une grande partie des études sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs ont été prises en compte. En outre, Seter et al. (2018) indique qu’il existe très peu d’études primaires solides sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs, ou même sur le conflit entre éleveurs, ce qui vient corroborer la faible quantité d’échantillons. ƒ L’analyse n’incluait pas la documentation grise, les rapports institutionnels (par exemple, ceux de la Banque mondiale) ni les documents obtenus par « effet boule de neige » en raison du manque de temps et de ressources, et parce qu’elle préférait se concentrer sur les études reposant sur une recherche primaire. Le contenu d’une recherche publiée, même récemment, dans des revues à comité de lecture, aura déjà quelques années étant donné les longues procédures universitaires requises pour la publication de travaux. C’est la raison pour laquelle l’analyse inclut de la documentation des groupes de réflexion, car le temps de traitement de ces documents est généralement plus rapide. L’analyse des documents en français reposait sur une approche légèrement différente, consistant à inclure la recherche sur Google d’articles supplémentaires. En outre, les analyses des documents en anglais et en français ont été effectuées par des personnes différentes. Ainsi, les interprétations pourraient diverger. Toutefois, l’inclusion des documents dans les deux langues paraissait plus judicieuse que de les présenter séparément. 8 Après avoir associé la documentation anglaise et française, et après avoir terminé l’analyse, l’équipe a constaté que deux articles apparaissaient dans les résultats de recherche de la documentation en français et en anglais. Étant donné qu’il était trop tard pour supprimer les articles et procéder à une nouvelle analyse, et compte tenu du fait que ces deux articles n’allaient probablement pas influer de manière drastique sur les résultats, les deux articles en double ont été maintenus et inclus dans l’analyse. 9 Ceci vient confirmer que les diverses bases de données présentent des forces et des faiblesses (voir, par exemple, Stahlschmidt and Stephen (2020) pour une comparaison de bases de données spécifiques). Une recherche dans diverses bases de données servirait à minimiser les effets de ces faiblesses. 10 Par exemple, Brottem and McDonnell (2020), qui ont passé en revue plus de 300 publications en anglais et en français. 14 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique FIGURE 1. ORGANIGRAMME PRISMA Identification des études via des Identification des études via bases de données et des registres d’autres méthodes Nombre de documents identifiés sur : Web of Science Nombre de documents Anglais (n = 109) supprimés avant la Nombre de documents identifiés à Français (n = 84) procédure de sélection : partir de : Science Direct Nombre de documents Groupe de réflexion Anglais (n = 17) Anglais (n = 862) en double supprimés Groupe de réflexion Français (n = 37) Français (n = 47) (n = 21) Recherche Google Français (n = 24) Nombre de documents Nombre de documents sélectionnés exclus Anglais (n = 953) Anglais (n = 900) Français (n = 152) Français (n = 103) Nombre de rapports Nombre de rapports non Nombre de rapports recherchés et extraits consultés recherchés et extraits Nombre de rapports Anglais (n = 53) Anglais (n = 4) Anglais (n = 17) non extraits Français (n = 49) Français (n = 2) Français (n = 37) (n = 0) Nombre de rapports dont Nombre de rapports l’admissibilité est évaluée exclus Nombre de rapports exclus Nombre de rapports Anglais (n = 49) Anglais (n = 28) Anglais (n = 28) exclus Français (n = 47) Français (n = 16) Français (n = 16) Anglais (n = 0) Français (n = 18) Nombre d’articles de périodiques inclus dans l’analyse : Anglais (n = 21) Français (n = 31) Nombre d’études de groupes de réflexion incluses dans l’analyse : Anglais (n = 17) Français (n = 19) Nombre total d’articles de périodiques (n = 52) Nombre total d’analyses de groupes de réflexion (n = 36) Nombre total de rapports (n = 88) Codification des cas Les informations suivantes ont été codées : (1) lieu de l’étude ; (2) méthodologie ; (3) mention de l’escalade de la fréquence ou de l’intensité du conflit ; (4) mention des liens entre le conflit d’une part, et les terres et les ressources naturelles d’autre part ; (5) mention des femmes ; (6) mention des jeunes ; et (7) causes du conflit. Lieu de l’étude : il était intéressant de comprendre la distribution géographique des articles sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs. Lorsqu’ils portaient sur plus d’un pays, chaque pays mentionné dans l’étude était comptabilisé comme un cas distinct. Si les études portaient sur une vaste région sans mentionner de pays (par exemple, l’Afrique ou le Sahel), celles-ci étaient comptabilisées dans une catégorie distincte. Méthodologie : les méthodes utilisées dans la recherche sur les études de cas ont été regroupées en cinq catégories principales : (1) les méthodes qualitatives, y compris des entretiens, des discussions thématiques de groupes, des observations de terrain, des sparc-knowledge.org 15 Inclus Procédure de sélection Identification ateliers et toute autre mention générale « d’étude de cas » ; (2) les méthodes quantitatives, y compris des enquêtes auprès des ménages et une analyse spatiale ; (3) des méthodes mixtes, associant les approches qualitatives et quantitatives ; (4) des méthodes mixtes, associées à la détection à distance, la cartographie et l’association d’approches qualitatives et quantitatives à la détection à distance et la cartographie participative ; (5) des sources secondaires, y compris des analyses documentaires et de documents obtenus à l’échelle locale (par exemple, des casiers judiciaires, des affaires judiciaires). Toutes les méthodes utilisées pour les études de cas comprenaient un élément d’analyse des données secondaires. Ainsi, lorsque des sources secondaires sont mentionnées, cela signifie que la publication était une analyse11. Mention de l’escalade de la fréquence ou de l’intensité du conflit : des articles et des études qui mentionnent une escalade ou une intensification du conflit. L’objectif était d’explorer s’il existe des tendances similaires dans la documentation universitaire et des groupes de réflexion par rapport à la documentation dans le domaine public. Mention des liens entre le conflit d’une part, et les terres et les ressources naturelles d’autre part : ceci inclut des articles et des études qui établissent des liens directs entre le conflit d’une part, et les terres et les ressources naturelles de l’autre. Mention des femmes et des jeunes : des articles et des études qui mentionnent les femmes en relation au conflit. Ceci inclut la mention des femmes uniquement en lien direct avec le conflit, et n’inclut pas la mention des femmes d’autres manières (par exemple, dans des méthodologies indiquant le fractionnement par sexe). Les jeunes étaient mentionnés d’une manière similaire. Causes du conflit : les causes du conflit ont été regroupées en catégories12 et sous- catégories. La figure 2 présente les résultats. Pour chaque catégorie, des mots-clés ou des syntagmes ont été extraits de la documentation recueillie dans le cadre de l’analyse, et formulés de manière à indiquer une cause (par exemple, gouvernance faible au lieu de gouvernance)13. Comme le montre la figure, ces mots-clés ou syntagmes ont été regroupés en sous-catégories. Les sous-catégories ont été créées comme thèmes communs dans l’ensemble de mots-clés ou de syntagmes. Par exemple, lorsque des syntagmes tels que « ressources limitées » ou « rareté des terres » apparaissent, ils sont regroupés dans la sous-catégorie « pénurie de ressources ». Lorsque des syntagmes tels que « ressources pastorales limitées » ou « pénurie d’eau » apparaissent, ils sont regroupés dans la sous-catégorie « ressources limitées » (voir encadré 1 pour des remarques quant à la définition et la portée de chaque catégorie). Après avoir défini la portée de la documentation en français, l’examinateur français a reconnu que les catégories et sous-catégories identifiées pour la langue anglaise étaient également adaptées à l’analyse en langue française. 11 Ce n’est le cas que pour un seul document de groupe de réflexion. 12 Les catégories utilisées ont été définies comme les causes les plus fréquemment observées dans la documentation, notamment dans les résumés pendant l’exercice d’inclusion et d’exclusion, et sur la base d’une lecture approfondie d’un tiers des documents tirés de la documentation en anglais incluse dans l’analyse. 13 Vous trouverez une liste complète des mots-clés et des syntagmes utilisés dans l’annexe 3. 16 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Pour l’analyse, le code 1 a été attribué à un syntagme ou un mot-clé mentionné en tant que cause du conflit dans l’étude. Le code 2 a été attribué à un syntagme ou un mot-clé mentionné dans l’étude mais pas nécessairement comme une cause, par exemple inclus uniquement dans le contexte, l’introduction, les notes de bas de page ou les références, ou encore mentionné comme élément de discussion. L’autrice principale a entrepris une analyse d’un tiers des études de la documentation en anglais et a vérifié les mots-clés et les syntagmes dans leur contexte pour le reste. L’examinateur de la documentation en français a entrepris une analyse de toutes les études de la documentation en langue française. L’intégralité de l’analyse et de la représentation des données a été faite à l’aide du logiciel MS Excel Office Pro. FIGURE 2. CATÉGORIES ET SOUS-CATÉGORIES DE CAUSES DU CONFLIT Pén tio n ur sa ie d erni R e od e r s e m is s s o s u o r re – rti pr c u e r s c du pa e lim s rocé e – – D P ion é it ure g é édur r e isat ad s a Proc Procéd ercial on sati C tio ment a n vati en h comm v ange i n ro g et pri n e n m e e s terres m n e ts P – ch énu e ure n n de tau rie sive océd x d vais e ou Pr e ilisatio u res Ma xclu d’ut et effets de Corru s nanc o er absence ption u v r ce e ce gou s rnan Procédure – té responsabili gouve Su politisation bornation Procédure – Groupes ayant des intérêt dan le C s ac o tes rruption CAUSES DU Procédure – s de cor uption marginalisation r Recel de fonds dérobés CONFLIT Procédure – exclusion éralisée non Violence gén P lit entre les rocéd ne ure – liée au conf pasteurs inéga Violence et lit agriculteurs et les té humai P é rocéd insécuri u il re d – d p if Vol de béta e o fé D u r v e o n g ir tie é ls aine radat hum ion rité s E de sécu f In me f s o r n el d ati s ar e on c r s n de o m nf e atio M i n n t es c ifér a a d n e e q la Prol té d s ue d cari cier e Pré fo n on A r n e i s droits iati m pe o c s t ropr ité Exp sparc-knowledge.org 17 Accès bloqué ou lim In ité d sé ro c i u ts ri t f é o n d c e i s e P rs d r r é o c it a s r M i f t o é n a d uv e ais c e g ie s de s s e r te s r t r io es n Destruction des cultures Surpâturage Mauvaise gestion de r s essources pastorales Bétail et pasteurs Système de gouvernance trop nombreux d éfectueux et exclusif ion Politiques – Augmen tat p on g ro é b n l é è de la mig rati r m au e P x s pris o e lit n iq f u a e ve – u r p c d a er e rt t i ain o g u P s r co o n li o t t u q p u es re i e In – s p ti l t u u ra a t l i i P f o sm s e r i o bl n e da é s c d – ou in s u e r p s n e a t s r it t u l ia t – e c l i e o s ns ct h e au nr g d eu m b eé nta t i s l Peur s nor é s ig de s s gé G rief tio n ues réj u rad a s eth niq Dég s et p es on q u Préj ugé ves rel ati eth ni s nég ati Étique tte Grief historique Griefs histori ques Colonisa tion ance e Croi ss hiqu e grap dém o Crois sanc tiqu e phiqu e ma démo gra nt c li t me eme n ang e Dép lac ue C h atiq clim ent s nge m tio n Cha c rip de s at tre s clim Au du ENCADRÉ 1. UNE NOTE SUR LES CATÉGORIES ET LES SOUS-CATÉGORIES Précarité des droits fonciers Inclut la précarité des droits fonciers légale, de fait et perçue. Rareté des terres et pénurie de ressources naturelles Inclut la pénurie absolue, la plupart du temps provoquée par le changement climatique ou la dégradation, et la pénurie structurelle provoquée, par exemple, en détruisant des terres à d’autres fins14. Mauvaise gouvernance ou gouvernance exclusive Fait référence aux faiblesses des systèmes arbitrant le contrôle des ressources et leur accès associées à l’action humaine pour le processus décisionnel, ainsi qu’aux processus qui influencent l’action humaine ou qui en résultent. La gouvernance englobe les politiques, les institutions et les processus tels que le présente le rapport Sustainable Livelihoods Framework (Cadre pour des moyens de subsistance durables) du Department for International Development (DFID, le ministère du développement international) du Royaume-Uni (DFID, 2020). La sous-catégorie « Institutions faibles ou partiales » fait référence aux institutions coutumières et statutaires. Mauvaise gestion des ressources pastorales Fait référence au moment où des acteurs (généralement externes) considèrent les actions des pasteurs comme une mauvaise gestion des ressources pastorales. Mauvaises relations et préjugés ethniques Sont considérés comme étant liés mais ne vont pas toujours de pair. Les mauvaises relations peuvent exister indépendamment des préjugés ethniques. Violence et insécurité humaine Fait référence à la violence au sens large, et inclut par exemple les groupes terroristes, la prolifération des armes, le vol de bétail et l’insécurité humaine en résultant. Griefs historiques Indiquent un conflit attribué aux racines ancrées dans le passé d’un pays ou d’une région, lié au colonialisme ou aux relations entre les groupes. 14 Pour obtenir plus d’informations sur les différents types de pénuries, voir UNEP (2012). 18 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique 3. TENDANCES GÉNÉRALES Date de publication La recherche de documentation scientifique sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs sur Science Direct montrait une augmentation marquée des résultats de recherche entre 2000 et 2021 (figure 3)15. Ceci indique que l’attention accordée aux conflits entre agriculteurs et éleveurs s’est considérablement intensifiée ces deux dernières décennies. FIGURE 3: INTÉRÊT CROISSANT POUR LES CONFLITS ENTRE AGRICULTEURS ET ÉLEVEURS DANS LA DOCUMENTATION UNIVERSITAIRE EN LANGUE ANGLAISE 100 80 60 40 20 0 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 Note : la recherche documentaire a été menée en avril 2022. Elle ne tient donc pas compte des articles publiés après le mois d’avril 2022, ce qui explique la baisse observée sur le graphique. 15 À l’aide de la chaîne de recherche (farmer OR smallholder OR settler) AND (pastoralist OR herder OR nomad) AND conflict AND (Africa OR Sahel) [(agriculteur OU petit exploitant agricole OU colon) ET (pasteur OU éleveur OU nomade) ET conflit ET (Afrique OU Sahel)], et en se limitant aux articles de recherche et aux revues pertinentes (par exemple, en ne tenant pas compte des revues vétérinaires). sparc-knowledge.org 19 Nombre de rapports Méthodologie La majorité des articles et des études utilisaient des méthodes qualitatives pour leur recherche. Une minorité reposait sur des méthodes quantitatives. Parmi les articles de périodiques, environ un tiers utilisait une association d’approches qualitatives et quantitatives, et un faible pourcentage ajoutait un élément « détection à distance » ou « cartographie participative » aux méthodes mixtes (figure 4). Toutes les études incluaient un examen des données secondaires en plus des méthodes de recherche primaire. FIGURE 4: MÉTHODOLOGIE Groupe de réflexion n = 6 n = 12 n = 2 n = 16 Méthodes mixtes Méthodes Méthodes Méthodes + détection à Données qualitatives quantitatives mixtes distance/cartogra secondaires phie participative n = 29 n = 7 n = 8 n = 7 n = 1 Travaux de recherche Tendances en matière de conflits entre agriculteurs et éleveurs FIGURE 5: NOMBRE DE RAPPORTS MENTIONNANT UNE ESCALADE DU CONFLIT ENTRE AGRICULTEURS ET ÉLEVEURS 2 Escalade du conflit ou de la violence du conflit ? Oui 86 Non mentionné 20 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Pour se faire l’écho de la documentation accessible dans le domaine public, 98 % des études prises en compte indiquaient une escalade de la fréquence ou de l’intensité (voire des deux) du conflit entre agriculteurs et éleveurs (figure 5). Toutefois, la plupart des études indiquent qu’il s’agit d’une affirmation d’ordre général, et peu la présentent comme un résultat de recherche. Cette observation vient étayer l’hésitation d’un grand nombre de chercheurs et chercheuses à accepter au pied de la lettre la litanie de l’escalade du conflit entre agriculteurs et éleveurs, comme cela est susmentionné dans la section 1. Répartition géographique de la recherche sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs FIGURE 6: CARTE MONTRANT LA RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE LA RECHERCHE SUR LE CONFLIT ENTRE AGRICULTEURS ET ÉLEVEURS 2 Mauritanie 19 Mali 8 4 Niger 4 Sénégal 14 Soudan 23 Tchad Burkina 1 Faso Guinée 20 9 2 Nigéria Côte 7 6 2 Éthiopie d’Ivoire Ghana République Soudan 10 centrafricaine du Sud Cameroun 1 Somalie 5 8 2 Togo Bénin Ouganda 4 Kenya 1 République démocratique 86 du Congo 5 Tanzanie 3 études portaient sur l’ensemble de la région africaine 5 études portaient sur la région du Sahel 2 études portaient sur l’Afrique de l’Ouest Ces études ne précisaient pas les pays sur lesquels elles portaient L’identification de la documentation ne se limitait pas à un pays ou une région spécifique en Afrique. Toutefois, toutes les études de cas identifiées sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs ont été menées en Afrique de l’Ouest ou dans la Corne de l’Afrique. La majorité portait sur le Burkina Faso, le Nigéria et le Mali (figure 6). Ceci suggère que bien plus de recherches sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs ont été menées dans ces régions, ou que ces conflits sont bien plus courants dans ces régions, ou les deux. La documentation en langue française, plus que celle en langue anglaise, comptait essentiellement des études de cas menées dans la région du Sahel. Aucun article sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs n’a été identifié pour l’Afrique du Nord ou du Sud. Aucun article et aucune étude n’ont été trouvés pour le Burundi, Djibouti, l’Érythrée, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Rwanda et la Sierra Leone. Ceci suggère que les conflits entre agriculteurs et éleveurs ne sont pas répandus dans ces pays. Toutefois, des recherches de suivi devront confirmer ces allégations. sparc-knowledge.org 21 Mention des femmes dans les conflits entre agriculteurs et éleveurs Le manque d’intérêt pour la dimension de genre dans le conflit a été mis en avant depuis un certain temps (Hamilton and Dama, 2003). Malgré l’indication d’un changement de la situation (ibid.), le rôle des femmes dans le conflit, près de 20 ans plus tard, n’est toujours pas suffisamment mis en exergue, notamment leur rôle dans la promotion du conflit ou de la paix (Brottem and McDonnell, 2020 ; Caroli et al., 2022). Les résultats de cette analyse viennent le confirmer. De fait, seulement 25 des 88 articles et études mentionnent les femmes en relation aux conflits décrits (figure 7). Ceci suggère une insuffisance permanente dans la recherche. FIGURE 7. NOMBRE DE RAPPORTS MENTIONNANT LES FEMMES 25 Femmes mentionnées ? 63 Oui Non Dans 70 % des cas où les publications mentionnent les femmes, elles y sont décrites comme des victimes du conflit. Elles sont présentées comme des instigatrices ou des collaboratrices au conflit dans 30 % des cas, et comme jouant un rôle important dans le rétablissement de la paix dans 30 % des cas. Par exemple, Hagberg (2001) présente les femmes comme instigatrices du conflit lorsqu’elles informent le fils d’un agriculteur des dégâts prétendument causés au champ de culture de son père par un éleveur peul. Ayant obtenu cette information, le fils de l’agriculteur se bat avec le jeune éleveur peul, qu’il finit par assassiner avec une arme. Sougnabe and Reounodji (2021) décrivent les femmes comme des victimes : « Ces situations encouragent les cas de violations des droits humains. C’est souvent la population civile, particulièrement les femmes et les jeunes, qui sont ciblés. » En outre, tout en limitant la documentation pour cette analyse, nombre d’articles de recherche qui analysaient l’accès des femmes aux terres et leurs droits à leur égard ont attiré l’attention. Même si ces études n’ont pas été incluses dans notre analyse car elles ne concernaient pas directement les conflits entre agriculteurs et éleveurs, elles suggèrent que la recherche concernant les femmes aborde d’autres questions connexes. Toutefois, les femmes sont ignorées dans les discussions de recherche sur le conflit et la consolidation de la paix. 22 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Mention des jeunes dans les conflits entre agriculteurs et éleveurs FIGURE 8. NOMBRE DE RAPPORTS MENTIONNANT LES JEUNES 38 Jeunes mentionnés ? 50 Oui Non Sur les 88 publications, 38 mentionnent les jeunes (figure 8). Si les études de cas n’indiquent pas qu’elles se concentrent explicitement sur les jeunes de sexe masculin, les descriptions (par exemple, que les jeunes sont susceptibles d’être recrutés par des groupes armés, de former des milices spéciales pour la protection de la communauté, ou de suivre et de ramener du bétail dérobé) suggèrent qu’une plus grande attention est accordée aux jeunes de sexe masculin, et non féminin. Aucun article n’inclut de description des jeunes laissant entendre qu’il s’agit de femmes ou de jeunes filles. Cela indique une insuffisance supplémentaire dans la recherche. Dans 81 % des articles et des études où sont mentionnés les jeunes, ces derniers y sont décrits comme des collaborateurs au conflit, 50 % comme des victimes, et seulement 18 % comme des architectes de la paix. En tant que collaborateurs au conflit, les jeunes sont souvent présentés comme opérant en groupes pour protéger leurs communautés, protester contre les injustices ou prêts à faire justice eux-mêmes. Ils sont couramment décrits comme prédisposés au recrutement par des groupes armés, des groupes criminels ou des groupes insurrectionnels connus tels que Boko Haram, motivés par la désillusion, la privation du droit de vote, le manque de débouchés ou la pauvreté. Komi (2018) indiquait que les pasteurs sont de plus en plus jeunes, et ne font parfois pas preuve de la civilité et de la maturité nécessaires pour résoudre des conflits de manière amiable. Dans les actes du colloque du CSAO/OECD-AFD (2013), on peut lire : « Les acteurs de la violence sont essentiellement des jeunes nomades (Touaregs, Arabes, Toubous, Peuls) qui se sont mis en marge de leurs communautés ». Les recherches indépendantes sur le rôle des jeunes dans le conflit sont rares, et aucun article ni aucune étude de la sélection ne se penche sur ce sujet. Ceci laisse entrevoir un axe de recherche à approfondir. sparc-knowledge.org 23 Les terres et les ressources naturelles en relation avec le conflit entre agriculteurs et éleveurs Si 100 % des études sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs indiquent un conflit relatif aux terres et aux ressources naturelles (figure 9), la plupart évoquent ce lien comme une affirmation d’ordre général, par exemple le conflit ou la concurrence à l’égard des terres, de l’eau, ou une association des deux, ou à l’égard des ressources naturelles de manière générale. Quelques études offrent une analyse plus approfondie de cette affirmation, par exemple en la replaçant dans un contexte historique et en capturant l’évolution du changement social, économique et politique qui a entraîné des conditions d’inégalités, de disparités entre les groupes, d’érosion des relations sociales, ou de griefs non résolus à l’égard des ressources naturelles. FIGURE 9. NOMBRE DE RAPPORTS MENTIONNANT LES TERRES ET LES RESSOURCES NATURELLES Terres/ ressources naturelles impliquées dans le conflit Oui 88 Non Changement climatique Compte tenu de l’importance accordée à l’échelle internationale au changement climatique, les auteurs et autrices ont entrepris une recherche des syntagmes « changement climatique » et « évolution du climat » dans la liste de sélection des résultats de recherche de la documentation en langue anglaise (figure 2), et l’ont comparée à une recherche similaire au sein des 88 articles et études inclus. Une recherche de ces termes dans le titre, le résumé et les mots-clés de la liste de sélection montrait que le syntagme « changement climatique » apparaissait 121 fois sur 871 (14 %). La liste de sélection des résultats comprenait un assortiment d’études pouvant être liées au conflit entre agriculteurs et éleveurs, mais ne portant pas directement sur ce thème. Elle contenait par exemple des articles sur l’occupation des terres, l’accaparement des terres, la résilience des moyens de subsistance et la productivité agricole. Le changement climatique n’apparaissait pas comme un thème présentant un intérêt particulier dans ces domaines prioritaires, ce qui explique que ce thème soit peu mentionné. 24 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Toutefois, lors d’une recherche des syntagmes « changement climatique » ou « évolution du climat » en associant les 88 études de cas incluses portant sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs, ce thème est mentionné dans 62 des 88 études retenues (70 %). Lorsque cette recherche est élargie pour inclure d’autres manières de décrire le changement climatique (en effectuant, par exemple, une recherche sur les syntagmes « variabilité du climat », « désertification », « sécheresse »), on arrive alors à 72 articles sur les 88 retenus (81 %) (figure 10). Ceci indique que le changement climatique reçoit une plus grande attention au sein de la recherche primaire sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs (comme indiqué ci-après) que dans la documentation de manière générale. C’est également un thème qui a fait l’objet d’un intérêt croissant ces dernières années. FIGURE 10. MENTION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LES 88 ÉTUDES INCLUSES 14 12 10 8 6 4 2 0 2000 2005 2010 2015 2020 Année de publication Nombre de rapports publiés Nombre de rapports mentionnant le changement climatique sparc-knowledge.org 25 Nombre de rapports 4. CAUSES DU CONFLIT Tous les articles et toutes les études identifient diverses causes de conflit entre agriculteurs et éleveurs. Aucune des études n’évoque une cause unique. Les causes interagissent de manières complexes et à différents niveaux en fonction du contexte et des forces influentes. Les articles examinés ne tiennent toutefois que rarement compte de cet aspect. FIGURE 11. CAUSES DU CONFLIT PAR CATÉGORIE ET ORDRE DE FRÉQUENCE DE LA MENTION Croissance démographique 17 Mauvaise gestion des 63 33 Corruption ressources pastorales Mauvaise 61 33 Griefs historiques gouvernance ou gouvernance non inclusive Précarité des droits 50 34 Changement climatique fonciers/problèmes fonciers Dégradation des relations 44 38 Pénurie de ressources et préjugés ethniques 38 Violence et insécurité humaine Les catégories de causes les plus citées sont la mauvaise gestion des ressources pastorales, la mauvaise gouvernance ou la gouvernance non inclusive, la précarité des droits fonciers et les problèmes fonciers, ainsi que la dégradation des relations et les préjugés ethniques. Suivent la pénurie de ressources ainsi que la violence et l’insécurité humaine (figure 11). S’il s’agit d’un thème suscitant un intérêt international, le changement climatique ne figurait pas dans les causes principales. Il est difficile de tirer des conclusions à partir de ces résultats. Toutefois, ils suggèrent que la plupart des études portent sur les facteurs sous-jacents de gouvernance, politiques et sociaux du conflit plutôt que sur la pénurie de ressources ou le changement climatique. Cette constatation vient confirmer les conclusions des analyses antérieures (Brottem and McDonnell, 2020 ; Ntumva, 2022 ; Seter et al., 2018). En outre, le grand nombre d’articles citant la mauvaise gestion des ressources pastorales en tant que cause du conflit (63 au total) suggère une lecture simpliste d’une situation qui trouve des racines ancrées plus profondément ailleurs. 26 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Mauvaise gestion des ressources pastorales FIGURE 12. LES FACTEURS DE MAUVAISE GESTION DES RESSOURCES PASTORALES COMME CAUSES DU CONFLIT Mauvaise gestion des terres 24 Augmentation de 26 56 Destruction la migration des cultures Bétail et pasteurs 10 19 Surpâturage trop nombreux Dans 63 articles, la mauvaise gestion des ressources pastorales est citée comme cause des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Les dégâts causés aux cultures sont le motif le fréquemment cité, suivis de l’augmentation de la migration, d’une mauvaise gestion des terres, du surpâturage et de la surcharge de pâturage (figure 12). Les dégâts causés aux cultures par le bétail des pasteurs sont souvent décrits isolément de la raison pour laquelle cela pourrait se produire. Ils sont parfois décrits comme délibérés ou intentionnels, parfois mis sur le compte de dégâts intentionnels provoqués par le manque d’expérience ou le surmenage des éleveurs. Si la destruction des cultures est un facteur déclencheur courant et régulier du conflit, certains scientifiques expliquent que ce problème masque des préoccupations et des griefs sous- jacents, les causes plus profondes trouvant leur origine ailleurs. Benjaminsen and Ba (2009) soulignent que les personnes raconteront souvent une histoire d’une manière qui étaye au mieux leurs arguments. Dans le cas des agriculteurs, l’histoire porte souvent sur la destruction des cultures et des terres agricoles. La surcharge pastorale, le surpâturage et la mauvaise utilisation des ressources naturelles sont évoqués comme la cause des dégâts et de la dégradation. Cependant, le problème est souvent plus complexe et concerne généralement le contrôle des terres et des ressources naturelles. Le discours relatif à la mauvaise gestion des ressources pastorales est aussi en lien avec une conviction commune qui existe chez les communautés sédentaires et les décideurs, selon laquelle les pasteurs utilisent les parcours au hasard et qualifiant le pastoralisme de manière de vivre rétrograde. La transhumance est décrite comme illogique et responsable du conflit. Si cette manière d’exposer les faits reste très répandue, elle a été fortement contestée, particulièrement ces deux dernières décennies. De fait, des études montrent que le pastoralisme est un système d’utilisation des terres rationnel, requérant un socle de compétences poussées et une grande capacité d’adaptation qui convient idéalement aux variations du climat des zones arides (IIED and SOS Sahel, 2010 ; Nassef et al., 2009 ; Young et al., 2013). sparc-knowledge.org 27 Une nouvelle dynamique des troupeaux est observée, de même que de nouvelles formes traditionnelles de pastoralisme, par exemple au Nigéria. Ajala (2020) décrit une forme de pastoralisme appelée le « néopastoralisme », qui fait référence à de très larges troupeaux gardés à des fins purement économiques, souvent par des propriétaires absentéistes de troupeaux qui ne sont pas pasteurs. Ces troupeaux sont accompagnés par des éleveurs salariés équipés d’armes sophistiquées. Le Soudan du Sud est mentionné de la même manière, où des élites politiques et militaires ont acheté de grands troupeaux à l’aide de « ressources obtenues durant la guerre » (Cottyn and Meester, 2021). Ces troupeaux ne seront pas gérés de manières qui pérennisent une utilisation rationnelle des terres, et les armes sophistiquées utilisées par les éleveurs les accompagnant n’incitent pas à investir dans le maintien de bonnes relations avec les communautés d’accueil, et pourraient servir à les intimider (Ajala, 2020). En raison de cette nouvelle dynamique, il n’est pas surprenant que les pasteurs dans l’ensemble soient tenus toujours plus responsables des actions de quelques personnes. Mauvaise gouvernance ou gouvernance exclusive La mauvaise gouvernance ou la gouvernance exclusive est la catégorie la plus citée parmi les causes. De fait, 61 articles y font référence. Elle s’inscrit dans les catégories Politiques, institutions et procédures (conformément au rapport Sustainable Livelihoods Framework). C’est aux procédures que la documentation accorde la plus grande importance. Les principales procédures mentionnées, par ordre décroissant de fréquence, sont le changement d’utilisation des terres et les effets, la politisation16, la marginalisation, l’exclusion et la modernisation. Le principal problème relatif aux politiques concerne le parti pris politique. Les institutions faibles ou partiales sont mentionnées dans 32 articles (figure 13). Les études prétendent que le changement d’utilisation des terres contribue au conflit en réduisant les parcours et en agrandissant les terres agricoles, en réduisant et en supprimant les couloirs de transhumance, ou autres allégations similaires. Certaines études explorent le changement d’utilisation des terres de manière plus approfondie que d’autres en identifiant les liens entre cette procédure et ses moteurs plus complexes, par exemple l’évolution des systèmes d’occupation des terres ainsi que les politiques locales et nationales. Toutefois, d’autres attribuent simplement le changement d’utilisation des terres à la croissance démographique et à la demande croissante de terres. Négliger de parler du changement d’utilisation des terres et des moteurs de ce phénomène masque d’importantes connexions aux procédures politiques et sociales sous-jacentes et peut mener à des interventions qui n’aborderont que les symptômes plutôt que les causes profondes. Les procédures d’exclusion, la marginalisation et les différentiels de pouvoir font essentiellement référence au fait que l’équilibre des pouvoirs est en faveur des agriculteurs sédentaires et non des pasteurs, à quelques exceptions près. Une partie de la documentation décrit les deux groupes comme étant exclus du processus décisionnel plus centralisé quant à l’allocation des ressources. En Somalie, si toutes les procédures susmentionnées sont présentées comme étant problématiques, l’équilibre des pouvoirs est toutefois en faveur des pasteurs plus que des agriculteurs, ces derniers représentant le groupe marginalisé (Cottyn and Meester, 2021). Il est également important de noter que, dans certains cas, la partialité à l’égard de l’agriculture sédentaire n’est pas toujours représentée. Au Mali par exemple, 16 Fait référence à la manipulation des griefs locaux, ainsi qu’à l’ethnicité, à des fins politiques. 28 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique FIGURE 13. LES FACTEURS DE MAUVAISE GOUVERNANCE OU DE GOUVERNANCE EXCLUSIVE COMME CAUSES DU CONFLIT Système de gouvernance défectueux et exclusif Procédure – différentiels de pouvoir 30 Politiques – problèmes généraux 17 10 Procédure – inégalité Politique – parti pris en 16 26 faveur de ou contre certains groupes Procédure – exclusion 27 4 Politique – pluralisme Institutions – Procédure – 27 32 institutions faibles marginalisation ou partiales Procédure – 29 10 Procédure – politisation changements dans le secteur du bétail Procédure – absence 9 21 de responsabilité Procédure – modernisation Procédure – changement 36 20 16 Procédure – parti pris d’utilisation des terres et effets Procédure – commercialisation et privatisation l’équilibre des pouvoirs entre les pasteurs nomades et les agriculteurs sédentaires a changé à plusieurs reprises dans le passé (Benjaminsen and Ba, 2009). Le déséquilibre des pouvoirs entre les catégories de moyens de subsistance n’est pas statique. Il peut évoluer en fonction des époques et en réponse à des circonstances à un moment donné. Il est également important de noter que la commercialisation et la privatisation sont mentionnées dans environ 20 % des études, même si ces problèmes ont été identifiés comme des facteurs majeurs augmentant la vulnérabilité des catégories de moyens de subsistance en milieu rural (Krätli, 2021 ; Osman, 2012). Dans tous les cas identifiés, le parti pris politique fait référence à un paysage politique favorisant l’agriculture par rapport au pastoralisme. Les institutions faibles ou partiales font référence à la faiblesse ou la corruption des institutions traditionnelles, à la dégradation des systèmes traditionnels de médiation ou de résolution des conflits, ainsi qu’à la partialité et l’inefficacité des organismes d’État et de l’application des lois, par exemple, à des institutions devenues incapables d’agir en temps de conflit pour rétablir la paix, ouvrant souvent la voie à l’intensification de la violence dans le conflit. sparc-knowledge.org 29 Problèmes fonciers Si les problèmes fonciers font partie des trois principales catégories de causes du conflit (50 articles au total), l’insécurité foncière est identifiée indirectement et davantage au travers de ses répercussions, par exemple l’accès bloqué ou limité aux terres et aux ressources naturelles, et les litiges fonciers. L’identification de la précarité des droits fonciers (à savoir, la raison de l’insécurité) est mentionnée dans seulement 24 % des cas. Ceci suggère que l’analyse des conflits entre agriculteurs et éleveurs ne parvient pas à identifier les origines premières et se concentre davantage sur ce qui est visible, et ce qui peut être facilement quantifié ou expliqué. Un examen plus poussé sur la relation entre l’insécurité foncière et le conflit est recommandé. Dans la plupart des systèmes de gouvernance coutumière, toutes les catégories de moyens de subsistance disposent d’un droit reconnu aux ressources naturelles. Il est suggéré que l’établissement d’un lien explicite entre le conflit et la précarité des droits fonciers fournirait un point d’entrée permettant de discuter de changements importants dans la dynamique des relations sociales primordiales au niveau local, qui sous-tendent la sécurité des droits aux ressources dans les systèmes fonciers communaux. La documentation évoque déjà ces points, mais l’identification et la mention explicite de la précarité des droits fonciers en tant que cause profonde du conflit pourrait offrir un point d’entrée logique supplémentaire à cette discussion. En limitant la longue liste de documents pris en compte pour cette analyse, il est devenu évident que de nombreux travaux de recherche portant sur la suppression des terres, l’expropriation et l’accaparement des terres17 sont débattus séparément, ou indirectement, du conflit au niveau local. Simultanément, l’accaparement ou l’expropriation des terres est mentionné en tant que cause du conflit dans seulement 13 % des cas inclus sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs, suggérant des fractures supplémentaires concernant les problèmes fonciers et les conflits. FIGURE 14. LES PROBLÈMES FONCIERS COMME CAUSES DU CONFLIT Précarité des droits fonciers 10 Problèmes avec la 5 11 Expropriation répartition des terres Insécurité des 14 52 Accès bloqué ou limité droits fonciers 32 Litiges fonciers 17 Fait référence à l’acquisition de terres, généralement par des investisseurs privés ou étrangers ou par des gouvernements, pour l’agriculture ou la production de biocarburant. A généralement lieu sous couvert de systèmes de gouvernance nationaux qui ignorent les arrangements communaux concernant l’occupation des terres et les droits existants des communautés à la terre (Batterbury and Ndi, 2018). 30 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Dégradation des relations et préjugés ethniques Une grande part de la documentation indique que la relation entre les éleveurs et les agriculteurs « se détériore », et évoque un effondrement de la confiance entre les groupes. Les préjugés ethniques trouvent un terrain propice pour s’enraciner. Ils jouent un rôle important dans le conflit (figure 15). FIGURE 15. LES FACTEURS DE DÉGRADATION DES RELATIONS ET LES PRÉJUGÉS ETHNIQUES COMME CAUSES DU CONFLIT Dégradation des relations 22 Étiquettes négatives 23 21 Effondrement de la confiance Préjugés ethniques 39 2 Manque de respect Griefs ignorés 8 6 Animosité 8 Peur Une distinction est établie entre la dégradation des relations et les préjugés ethniques. Le premier point fait référence à un effondrement des relations existantes ou des liens entre les groupes qui étaient auparavant forts, sur la base de l’interaction sociale, de la complémentarité entre les systèmes de subsistance et de l’interdépendance économique. Il peut autrement faire référence à une absence de relations, par exemple lorsqu’un groupe est nouveau dans une région et n’a pas de liens sociaux ou rencontre des problèmes de communication, notamment car il ne parle pas la même langue, ce qui peut conduire à une escalade suivant un malentendu ou un conflit mineur. Le second, les préjugés ethniques, décrit une situation plus complexe et insidieuse. Comme le décrit Maiangwa (2017), les préjugés ethniques concernent « les personnes qui appartiennent à un groupe et celles qui n’en font pas partie, les étrangers ou étrangères et les autochtones. En d’autres termes, ils décident qui mérite ou ne mérite pas d’avoir des droits de citoyenneté. En définitive, il s’agit d’un conflit pour décider qui est supérieur (dominant), qui est inférieur (subalterne), et qui détermine quand et comment contrôler les affaires sociopolitiques et les ressources de la région ». Ejiofor (2021) décrit ce phénomène comme émanant de la peur de « ne pas être vus » ou de « ne pas obtenir une part équitable », car la culture et la manière de faire de certains sont sous-évaluées. Souvent, ce phénomène trouve ses racines dans l’histoire et est devenu un moyen puissant de manipuler les tensions locales à des fins politiques (Bøås et al., 2020 ; Cline, 2020 ; Ugwueze et al., 2022 ; Young et al., 2009). L’attribution d’étiquettes négatives pour identifier des groupes, particulièrement les Peuls, est également un problème mis en lumière. Eke (2020) et Ejiofor (2022) indiquaient qu’en ne tenant aucun compte de la manière dont les groupes sont représentés et évoqués communément, l’insolubilité du conflit persiste inévitablement. sparc-knowledge.org 31 Pénurie de ressources FIGURE 16. LES FACTEURS DE PÉNURIE DE RESSOURCES COMME CAUSES DU CONFLIT Pénurie de ressources 34 Insécurité 4 38 Ressources limitées environnementale Changements 11 24 Dégradation environnementaux La pénurie de ressources en tant que cause du conflit domine une grande partie du débat entourant le conflit entre agriculteurs et éleveurs (figure 16) et a fait l’objet ces dernières années d’une forte critique (Bond, 2014 ; Brottem, 2016 ; Krätli and Toulmin, 2020). La principale pomme de discorde avec l’argument de la pénurie est que, si l’on reconnaît que la pénurie de terres et de ressources naturelles en tant que moteur du conflit pose problème, il est hasardeux de simplifier à outrance la pénurie et de l’attribuer au changement climatique ou à la dégradation. De fait, des facteurs structurels sous-jacents de la pénurie sont souvent liés à la gouvernance et à la politique d’exclusion. Les résultats de cette revue de la portée montrent que la pénurie de ressources est tout de même mentionnée sans faire preuve d’esprit critique dans de nombreuses études. Toutefois, une part non négligeable d’études font part de critiques vives et irréfutables contre la simplification à outrance du sujet, et contre la dissociation du problème des procédures locales et nationales plus larges. Ceci suggère une évolution du débat sur la pénurie dans la recherche sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs. 32 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Violence au sens large et insécurité humaine en découlant FIGURE 17. LES FACTEURS DE VIOLENCE ET L’INSÉCURITÉ HUMAINE EN DÉCOULANT COMME CAUSES DU CONFLIT Violence généralisée non liée au conflit entre les agriculteurs et les pasteurs 20 Prolifération des armes 22 2 Problèmes avec la répartition des terres Insécurité humaine 11 27 Vol de bétail Plus de la moitié des études évoquent la violence régionale ou nationale au sens large comme cause du conflit entre agriculteurs et éleveurs (figure 17). La violence au sens large entraîne des insurrections en Afrique de l’Ouest (par exemple, l’insurrection de Boko Haram), aux côtés du crime organisé et de la prolifération des armes18. Cette violence à grande échelle rend de vastes zones dangereuses et peu sûres, et pousse les agriculteurs et les éleveurs à aller dans des espaces plus restreints, contribuant à la « pénurie de ressources » et encourageant le conflit entre agriculteurs et éleveurs (George et al., 2021). Les groupes d’insurrection tirent profit des griefs entre agriculteurs et éleveurs à leurs propres fins (par exemple, pour recruter ou pour créer une base informelle de circonscription politique19) et polarisent encore davantage les groupes (Bøås et al., 2020). L’influence des insurrections et du crime organisé a aussi entraîné une adoption croissante des armes par les communautés rurales, par exemple pour armer les milices locales afin de protéger les communautés des raids et des attaques. Ceci peut trop facilement devenir un moyen d’intimidation des communautés rurales (Ammour, 2020 ; Cline, 2020) et a entraîné l’intensification générale du conflit entre agriculteurs et éleveurs (Cline, 2020 ; Bøås et al., 2020). La violence au sens large, et son interaction dans les relations et le conflit entre agriculteurs et éleveurs, a entraîné la fusion des deux (bien que les distinctions dans certains lieux soient difficiles à établir en l’absence d’une analyse critique). Elle a renforcé l’incrimination des groupes de pasteurs principalement, tels que les Peuls. 18 La prolifération des armes est citée comme la cause principale du conflit dans cette analyse. Compte tenu de la fréquence des conflits régionaux plus vastes, les armes légères sont nombreuses et faciles à obtenir. Des études indépendantes ont été rédigées sur la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC) en Afrique (par exemple, Sule et al., 2020 ; Wisotzki, 2022). 19 On a constaté que les groupes d’insurrection en Afrique de l’Ouest manœuvraient pour obtenir des postes en tant que nouveaux acteurs de la gouvernance, par exemple en montrant qu’ils étaient capables de gérer les griefs locaux et d’offrir une protection à différents groupes (Ammour, 2020 ; Bøås et al., 2020). sparc-knowledge.org 33 La cause la plus fréquente, particulièrement citée dans la documentation française, est le vol de bétail. Traditionnellement, le vol de bétail s’inscrit dans la culture de certaines sociétés de pasteurs depuis des siècles. Il est de plus en plus motivé par des intérêts purement économiques et souvent commerciaux qui dépassent les motivations des pasteurs. Les acteurs non traditionnels du secteur du bétail, y compris les politiciens, les groupes d’insurrection et les criminels, se servent de ce secteur lucratif pour parvenir à leurs fins politiques et économiques. C’est désormais courant. L’appropriation incontrôlée du bétail par ces groupes a transformé le vol en une pratique plus invasive et plus violente, entraînant insécurité et peur, au-delà du fait que le vol a globalement augmenté (Cline, 2020). Il convient aussi de noter que, si cette revue de la portée présente le vol de bétail comme une cause du conflit, les changements profonds dans le secteur du bétail qui sont à l’origine de vols violents et de problèmes tels que de nouveaux schémas de possession de bétail, une hausse de la valeur du bétail et une propriété absentéiste de troupeaux, suscitent bien moins d’attention dans les études de cas. Changement climatique Une analyse approfondie dans les études incluses montre que seulement 37 études (42 %) évoquent le changement climatique et des termes connexes en tant que cause du conflit. Ceci diffère des 70 % d’études qui mentionnent le changement climatique dans l’article de manière plus générale (figure 18). L’une des raisons de cette divergence entre les mentions (70 %) et l’énumération en tant que cause pourrait être que, ces dernières années, un débat animé vise à déterminer si le changement climatique est une cause du conflit ou un facteur d’aggravation du conflit lorsqu’il interagit avec d’autres causes plus systémiques. Le consensus actuel semble être que le changement climatique exacerbe le conflit mais n’en est pas une cause principale, étayant donc le nombre plus élevé de mentions. Ainsi, on peut le considérer comme un facteur qui interagit avec la dynamique sociale, politique et économique. C’est cette interaction, et non le changement climatique, qui influence le conflit (Benjaminsen and Ba, 2021 ; Brottem, 2016 ; Caroli et al., 2022 ; Madu and Nwankwo, 2021 ; Pacillo et al., 2022). FIGU14RE 18. NOMBRE DE RAPPORTS MENTIONNANT LE CHANGEMENT CLIMATIQUE 12 10 8 6 4 2 0 1999 2004 2009 2014 2019 2024 Année de publication Nombre de rapports publiés Nombre de rapports mentionnant le changement climatique Nombre de rapports mentionnant le changement climatique comme cause 34 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Nombre de rapports Sécurité climatique On retrouve de plus en plus le terme « sécurité climatique » dans le dialogue sur le changement climatique (PNNL, 2022 ; SIPRI, 2015 ; UNEP, 2018). Par sécurité climatique, on entend les risques de sécurité induits, directement ou indirectement, par les changements dans les modèles climatiques qui modifient considérablement la stabilité politique, la sécurité humaine ou l’infrastructure de sécurité nationale. « La crise climatique grandissante présente des facteurs de stress géopolitiques et socio-économiques tels que le déplacement de population, le terrorisme, la stagnation économique, des répercussions sur l’infrastructure et des troubles sociaux » (PNNL, 2022). Consultez, par exemple, https://climateandsecurity.org et la nouvelle initiative de recherche du CGIAR sur la sécurité climatique. Malgré l’attention internationale que ce thème suscite, le syntagme anglais climate security [sécurité climatique] n’est mentionné que dans deux des études en langue anglaise, et dans aucune en tant que cause. L’une des études évoque ce thème et réfute le discours relatif à la sécurité climatique. Une seconde étude prétend que la sécurité climatique n’est pas une cause indépendante mais qu’elle exacerbe les conditions politiques, sociales et autres préexistantes. Le syntagme français « sécurité climatique » n’est pas mentionné dans les articles examinés. Toutefois, certains documents en langue française font référence à la « sécurité environnementale » (Assi et al., 2022 ; CSAO, 2010 ; Krätli and Toulmin, 2020 ; Rangé et al., 2020). © Fiona Flintan/ILRI sparc-knowledge.org 35 5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS Ces deux dernières décennies, l’attention accordée au conflit entre agriculteurs et éleveurs a nettement augmenté. Toutefois, cette analyse n’a identifié que quelques études de cas primaires. Si notre analyse ne s’est appuyée que sur quelques bases de données pour accéder à des articles de périodiques, elle laisse toutefois entrevoir un fossé important dans la recherche. La majorité des études de cas indiquent une escalade du conflit (ou de la violence du conflit) entre agriculteurs et éleveurs. Toutefois, la plupart des études indiquent qu’il s’agit d’une affirmation d’ordre général, et peu la présentent comme un résultat de recherche. Cette observation vient étayer l’hésitation d’un grand nombre de chercheurs et chercheuses à accepter au pied de la lettre la litanie de l’escalade du conflit entre agriculteurs et éleveurs, et appelle à une analyse critique et une recherche primaire plus poussées. Dans toutes les études de cas, les terres et les ressources naturelles sont évoquées comme étant des problèmes au cœur du conflit entre agriculteurs et éleveurs, ce qui fait écho à la documentation disponible dans le domaine public. La documentation analysée identifiait les éléments suivants comme causes du conflit : (1) mauvaise gestion des ressources pastorales ; (2) mauvaise gouvernance ou gouvernance exclusive ; (3) dégradation des relations et préjugés ethniques ; (4) violence et insécurité humaine ; et (5) pénurie de ressources. Ceci vient corroborer les résultats d’autres analyses récentes mais moins systématiques. Il semblerait également que les études attribuent davantage les causes du conflit à la gouvernance, à la politique et aux relations qu’aux aspects techniques de la pénurie de ressources ou du changement climatique (Brottem and McDonnell, 2020 ; Krätli and Toulmin, 2020 ; Ntumva, 2022 ; Seter et al., 2018). Le grand nombre d’articles citant la mauvaise gestion des ressources pastorales en tant que cause du conflit (63 au total) suggère une lecture simpliste d’une situation qui trouve des racines ancrées plus profondément ailleurs. Si la précarité des droits fonciers apparaît comme une cause de conflit entre agriculteurs et éleveurs, elle a tendance à être abordée indirectement et davantage au travers de ses répercussions (par exemple, l’accès bloqué ou limité aux terres et aux ressources naturelles, les litiges fonciers et le changement d’utilisation des terres). L’identification même de la précarité des droits fonciers, à savoir la raison pour laquelle elle se produit, est rare (mentionnée dans seulement 10 des cas inclus). Ceci suggère que l’analyse des conflits entre agriculteurs et éleveurs ne parvient pas à identifier les origines premières et se concentre davantage sur ce qui est visible, et ce qui peut être facilement quantifié ou expliqué. Un examen plus poussé sur la relation entre l’insécurité foncière et le conflit est recommandé. Sur la base des études de cas incluses, il semblerait que la conversation sur la pénurie de ressources, le changement climatique et la mauvaise gestion des ressources pastorales évolue. On observe une critique plus marquée de l’acceptation d’interprétations simplistes de la pénurie de ressources comme cause du conflit, une attention moindre accordée au changement climatique en tant que cause indépendante (tout en reconnaissant son rôle dans l’exacerbation du conflit) et des points de vue plus critiques à l’égard de la mauvaise gestion des ressources pastorales. 36 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Il y a 20 ans, on reconnaissait que les femmes sont une tranche de population souvent absente du débat sur le conflit entre agriculteurs et éleveurs. Il semblerait que le problème persiste de nos jours (les femmes ne sont mentionnées que dans 28 % des études incluses). Les femmes sont souvent décrites comme des victimes et, plus rarement, comme des collaboratrices au conflit ou à la paix. Certaines études consacrées à ce sujet existent, mais le rôle des femmes dans le conflit reste encore peu étudié et insuffisamment signalé. Cela constitue un obstacle à la réalisation de recherches additionnelles (voir, par exemple, Adelehin et al., 2018 ; CDD, 2018 ; Hamilton and Dama, 2003 ; Odary et al., 2020). Les jeunes sont aussi sous-représentés dans la documentation (ils ne figurent que dans 43 % dans études de cas incluses) et sont généralement considérés comme des instigateurs du conflit. Le lien entre les jeunes et le conflit mérite une plus grande attention dans la recherche compte tenu de la proportion élevée de jeunes sur le continent, de la proportion élevée de jeunes qui ont été élevés dans des environnements de conflits, et également en raison de l’attention accordée à la militarisation de la jeunesse dans la documentation. Les jeunes de sexe féminin ne sont pas du tout mentionnées. La documentation suggère également que le fossé entre les jeunes et les chefs traditionnels se creuse toujours plus (Young et al., 2009). Il est urgent de mener des recherches plus approfondies sur les jeunes (en incluant les femmes) dans les conflits entre agriculteurs et éleveurs, leur rôle et les répercussions sur ces derniers. sparc-knowledge.org 37 RÉFÉRENCES Adelehin, B., Achakpa, P., Suleman, J., Donli, P. and Osakwe B. (2018) ‘The impact of farmer herder conflict on women: in Adamawa, Gombe and Plateau States of Nigeria’. Washington, DC: Search for Common Ground Ajala, O. (2020) ‘New drivers of conflict in Nigeria: an analysis of the clashes between farmers and pastoralists’ Third World Quarterly 41(12): 1–19 (https://doi.org/10.1080/01436597.2020.1811662) Akinwotu, E. (2021) ‘Trail’s end: the days of roaming free are numbered for Nigeria’s herders’. 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Visée La visée de cette revue systématique de la portée est d’explorer la documentation universitaire évoquant les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les tendances, les possibles lacunes et préjugés, ainsi que la présentation de ces conflits, et plus particulièrement leurs causes. Dans le cadre de cette analyse, nous souhaitons établir dans quelle mesure l’insécurité foncière est citée comme cause du conflit, ainsi que la manière dont ce problème est évoqué. Question de Que dit la documentation universitaire sur les causes des conflits entre agriculteurs recherche et éleveurs en Afrique ? Quels sont les tendances, les préjugés et les lacunes en matière de recherche dans cette documentation ? L’insécurité foncière est-elle évoquée comme une cause et, le cas échéant, comment est-elle présentée ? Population Les agriculteurs et les éleveurs (et des termes similaires à ceux-ci, notamment petits exploitants agricoles et pasteurs) Intérêt Les tendances dans la documentation universitaire sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs. Comment la documentation présente-t-elle les causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs, et l’insécurité foncière est-elle incluse ? D’autres aspects intéressants tels que l’inclusion des femmes et des jeunes dans cette documentation. Chaîne de recherche booléenne utilisée : (agriculteur OU petit exploitant OU colon) ET (pasteur OU éleveur OU nomade) ET conflit ET (Afrique OU Sahel) Contexte Afrique sparc-knowledge.org 45 ANNEXE III : LISTE INTÉGRALE DES MOTS-CLÉS UTILISÉS DANS L’ANALYSE Précarité des droits fonciers Précarité des droits fonciers Accès bloqué ou limité Précarité des droits fonciers Accès non sûr (aux ressources agricoles et Insécurité foncière pastorales ; à la nourriture, aux ressources agricoles et pastorales) Absence de sécurité foncière Accès inégal aux ressources pastorales Manque de sécurité foncière Droits d’accès limités Perte de sécurité foncière Accès à l’eau limité Insécurité d’occupation des terres Manque d’accès au pâturage Droits fonciers précaires L’accès à des espaces importants est perdu Sécurité foncière précaire L’accès aux terres pastorales est souvent perdu Inégalités foncières L’accès aux tourbières se réduit Incertitude foncière Bloquer la circulation des pasteurs et leur Perte du régime d’occupation accès aux pâturages Affaiblissement du régime d’occupation Accès des éleveurs et des agriculteurs aux Occupation précaire des terres ressources bloqué Blocage des couloirs de bétail Expropriation Confiscation de terres Blocage des couloirs de transhumance saisonniers Expropriation Contrainte sur la mobilité du bétail Exproprier Bloquer les routes migratoires traditionnelles Les terres sont confisquées Maintenir l’accès à l’eau Terres confisquées Accès aux terres limité Éviction des agriculteurs (ou éviction) Blocage des parcours de pâturage Exposés à la dépossession Obstacles à l’utilisation des terres et à leur accès Accaparement vert Changements d’utilisation des terres et de Appropriation des terres l’accès aux ressources Acquisition des terres par les élites Quantité limitée de terres réservées au pâturage Aliénation des terres Obstruction des routes et des zones entourant les points d’eau L’accès aux points d’eau est bloqué Inaccessibilité des couloirs de bétail 46 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Blocage de la transhumance faire paître et celui des agriculteurs de cultiver Occupation des couloirs de bétail Griefs contre le système établi d’occupation des Blocage de l’eau terres dominé par les communautés agricoles Réduction des espaces et de l’accessibilité Tous deux cherchent à obtenir l’accès aux terres fertiles de la région Manque d’accès aux terres Concurrence à l’égard de l’accès aux Manque d’accès au pâturage ressources naturelles Manque d’accès à l’eau Concernant l’accès aux ressources stratégiques Risque de perdre des terres et l’accès aux à des moments spécifiques de l’année ressources Problèmes relatifs à l’occupation des terres Litiges fonciers Tension croissante à l’égard de l’accès aux Complexités de l’occupation des terres terres et de leur utilisation Conflit foncier Lutte pour le contrôle de l’accès aux terres Affrontement pour le contrôle des terres Litige foncier Affrontements pour le contrôle Insécurité des droits fonciers Quête de terres Difficultés à veiller à l’application de leurs droits Affrontements pour l’accès Droits insuffisants sur les terres pastorales Désaccord quant à la propriété et la culture Empêche d’établir les nouveaux droits des champs d’accès aux ressources indispensables pour les éleveurs transhumants Litiges quant à la propriété et l’utilisation des terres Insécurité des droits fonciers Dispute concernant les droits d’accès et Problèmes relatifs à la répartition des terres l’utilisation de ressources en eau et en pâturage Griefs historiques concernant la répartition Accords contestés vis-à-vis des relations de des terres et leur accès propriété Répartition des droits fonciers dans la Contestation concernant le droit des éleveurs de gestion des ressources Pénurie Pénurie de ressources Les terres pastorales sont devenues encore Pénurie de ressources plus rares Pénurie de ressources naturelles Épuisement des ressources naturelles Ressources rares Ressources limitées Pénurie de pâturages, de terres et d’eau Terres arables et pâturages limités Pénurie de terres Terres arables/pâturages limités Rareté des ressources naturelles Manque d’eau Pénurie de terres agricoles/de pâturage Ressources pastorales insuffisantes Les terres arables sont devenues rares N’ont pas assez d’eau Ressources naturelles rares Manque d’herbe sparc-knowledge.org 47 Ressources pastorales limitées Dégradation des sols Pénurie d’eau Détérioration des conditions Manque de pâturage environnementales Manque de pacage Pénurie et dégradation des terres Dégradation des terres Dégradation Dégradation de l’environnement Changements environnementaux Dégradation des parcours Changements environnementaux Dégradation du pâturage provoquée par le Insécurité environnementale changement climatique Mauvaise gouvernance Politiques, institutions et procédures Système de gouvernance défectueux Faiblesse des cadres politiques et institutionnels ou exclusif Présence de politiques Gouvernance défaillante des terres Absence de règles claires Mauvais leadership et mauvaise gouvernance Un contexte politique qui encourage le Lacunes dans la gouvernance changement d’utilisation des terres et/ou les Défaillances dans la gouvernance conflits relatifs à leur utilisation Système de gouvernance (locale) défaillant Échec du leadership politique et exclusif Instabilité politique Gouvernance d’exclusion Politique – parti pris en faveur de ou contre Gouvernance locale partiale certains groupes Structures de gouvernance précaires ou non Politique postcoloniale partiale existantes Parti pris quant à la politique d’État Gouvernance locale et nationale affaiblie Environnement anti-pastoral Gouvernance faible Environnement politique anti-pastoral Mauvaise gouvernance Parti pris officiel contre les pasteurs Échec de la gouvernance Politique anti-pastorale Absence de gouvernance Lois qui sapent les systèmes de production Gouvernance partiale pastorale Politiques – problèmes généraux Politiques agropastorales partiales des gouvernements coloniaux et postcoloniaux Politique hésitante d’occupation des terres Politiques agropastorales en faveur des Peuls Politiques hésitantes et changeantes sur les droits fonciers Politiques et lois nationales portant sur la modernisation agricole Changements dans les lois sur l’occupation des terres Loi anti-pâturage Politiques de modernisation Interdiction du pâturage Politiques irrationnelles d’utilisation des terres Interdiction du pâturage ouvert 48 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Politiques nationales hostiles envers les éleveurs Inefficacité de l’application de la loi Parti pris politique Inefficacité de la sécurité et de l’ordre public Politique partiale Institutions traditionnelles érodées Politique – pluralisme Institution faible Pluralisme juridique Déclin des institutions traditionnelles Cumul des droits d’utilisation des terres Institutions traditionnelles affaiblies Les mêmes droits leur sont accordés Institutions partiales Concurrence entre autorités Parti pris institutionnel Concurrence entre le droit coutumier et le Procédure – changements dans le secteur droit formel du bétail Cumul de droits Propriétaire absentéiste de troupeaux Institutions – institutions faibles ou partiales Nouveaux schémas de possession de bétail Incapacité des aînés à gérer cette Augmentation de la valeur du bétail immigration interne Arrivée précoce des troupeaux Autorités traditionnelles érodées Changements dans les schémas de mobilité Faiblesse institutionnelle du bétail Échec institutionnel Modifications dans la propriété du bétail Déclin des mécanismes de médiation Grande valeur financière du bétail traditionnels Disparition de la spécialisation Les agriculteurs contrôlent les institutions socioprofessionnelle publiques locales Procédure – modernisation Partialité des agents de l’État et des dirigeants Modernisation de l’industrie du bétail traditionnels dans la résolution du conflit Modernisation agricole (modernisation) Échec du gouvernement fédéral à engager des poursuites judiciaires Idéologie de la modernisation Protection du gouvernement inadaptée Procédure – parti pris Ambiguïté entourant les interactions des Priorité au développement agricole aux institutions officielles et non officielles dépens du pastoralisme Affaiblissement de la gestion communautaire Privilégier l’agriculture des litiges Promotion de l’agriculture Gestion communautaire des litiges insuffisante Privilégier le développement agricole Détérioration des systèmes pour résoudre Privilège accordé à l’agriculture ces conflits En faveur des communautés sédentaires Les autorités coutumières étaient très affaiblies Privilégier l’agriculture Déclin de l’influence des règles traditionnelles Privilégier les agriculteurs Échec de la résolution des conflits entre autochtones Privilégier le rendement des cultures sparc-knowledge.org 49 Procédure – commercialisation et Expansion des champs cultivés privatisation Expansion non réglementée des terres agricoles Capitalisme Expansion des terres cultivées Marchandisation Agrandissement des champs Banalisation Empiétement des aires de pâturage Transactions du marché foncier axées sur la valeur Empiétement sur des prairies importantes Commercialisation du secteur agricole Perte de prairies importantes Commercialisation des terres Perte du pâturage essentiel durant la saison sèche Augmentation de la commercialisation Disparition des ressources pastorales Propriété foncière privée Rétrécissement et disparition des couloirs de Individualisation des droits fonciers transhumance Intérêts économiques Conversions à grande échelle des pâturages Libéralisation du marché utilisés à la saison sèche Commercialisation des résidus de récolte Brûlage des terres pastorales Les perspectives économiques ont Perte des ressources pastorales considérablement changé Réduction des espaces et de l’accessibilité Propriété foncière privée L’eau et le pacage ont dû céder leur place à l’utilisation concurrente des terres Procédure – changement d’utilisation des terres et effets Les espaces de pacage ont été perdus Changement d’utilisation des terres Empiétement sur les terres agricoles Changement rapide d’utilisation des terres Les espaces réservés au pâturage et les Changement du couvert végétal couloirs de migration ont diminué Développement agricole à grande échelle Procédure – absence de responsabilité Agriculture commerciale à grande échelle Persistance de l’impunité Empiétement agricole Impunité Expansion des terres agricoles Procédure – politisation Expansion de l’agriculture Politisation Expansion de l’agriculture commerciale Manipulation politique et ethnique Expansion agricole Manipulation politique Expansion des espaces cultivés Népotisme Expansion régulière (des champs agricoles ; Calculs politiques de la frontière agricole) Politisation de l’ethnicité Expansion des exploitations agricoles et des Manipulation sociale et institutionnelle zones de peuplement Politiser Expansion des terres cultivées Connivence avec le gouvernement Exploitation sur les routes du bétail Manipulation de la diversité sociopolitique Cultiver sur le couloir du bétail des communautés 50 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Manipulation sociale des préjugés ethniques Années de négligence et religieux Manque de consultation plus vaste des La diversité a été manipulée et exploitée par parties prenantes divers acteurs Limite l’accès des agriculteurs locaux et des Instrumentalisation des identités éleveurs peuls au processus décisionnel Luttes politiques pour préserver le contrôle concernant l’agropastoralisme Actions orchestrées à des fins politiques Procédure – inégalité plus vastes Inégalité Manipulation à des fins politiques Représentation inégale Intérêts politiques Inégalités structurelles Complicité Inégalités économiques Procédure – marginalisation Inégalités sociales croissantes Marginalisation pastorale Inégalité sociale Marginaliser les pasteurs Procédure – différentiels de pouvoir Marginalisés Déséquilibres de pouvoir Marginalisation Différences de pouvoir Procédure – exclusion Terrain de jeu inégal Exclusion « aux dépens de » (intervient souvent comme une expression - reflète généralement l’inégalité) Exclure Puissance et richesse perdues Exclusion de certains groupes Vide de pouvoir Sous-représentation des pasteurs Vide politique Ne tenir aucun compte des griefs au sujet des pasteurs Corruption Corruption Groupes ayant des intérêts dans les actes Corrompu de corruption Corruption Élite Élite influente Subornation Élite urbaine Recherche de rente Élite politique et militaire Pot-de-vin Élite politique Acheter les juges Élite traditionnelle Néopatrimonial Recel de fonds dérobés Recéler des actifs volés ou acquis illégalement Recéler une richesse illicite sparc-knowledge.org 51 Mauvaise gestion des ressources pastorales Mauvaise gestion des terres Bétail et pasteurs trop nombreux Mauvaise gestion des terres Grand nombre de bétails et d’éleveurs Mauvaise gestion (à confronter au contexte) Grands élevages bovins Destruction des cultures Grands troupeaux de bovins Destruction des cultures Accroissement des populations humaines et animales Dégâts causés aux cultures Augmentation du cheptel bovin Détruire les cultures Augmentation du nombre de bovins Dégâts causés aux cultures des agriculteurs Accroissement du nombre de bovins Bétail envahissant les exploitations agricoles Accroissement de la population humaine Destruction des exploitations agricoles et du cheptel Destruction des terres agricoles Augmentation rapide du nombre d’éleveurs Destruction des cultures et des masses d’eau Augmentation du nombre d’éleveurs peuls Dégâts causés par les cultures Nombre croissant d’éleveurs Dégâts subis par les cultures Troupeaux gigantesques Dégâts subis par les champs Augmentation de la migration Jeunes éleveurs ne parvenant pas à correctement superviser les animaux Arrivée de milliers de têtes de bétail A modifié le schéma de migration des Surpâturage pasteurs Surpâturage Migrer Exploiter de manière abusive les pâturages Des pasteurs d’autres comtés viennent faire Pâturage systématique paître leurs bêtes Utilisation inappropriée des ressources Accélération de la transhumance Surcharge pastorale Arrivée d’autres pasteurs peuls non identifiables Surcharge pastorale Migration croissante des pasteurs Surpâturage Immigration des éleveurs vers le sud Immigration interne 52 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Dégradation des relations et préjugés ethniques Dégradation des relations Griefs ignorés Dégradation de la relation Sentiment d’injustice Dégradation des relations Griefs intercommunautaires Relation détruite Préjugés ethniques Se détériorent à certains égards Identité (à confronter au contexte) Relations brisées Ethnicité (à confronter au contexte) Aggravation des relations entre les Discrimination sur la base de l’identité agriculteurs et les éleveurs Discrimination Les relations entre les agriculteurs et les éleveurs se sont détériorées Différences culturelles Préjugés ethniques Effondrement de la confiance Différence ethnique Méfiance Politique de l’appartenance et citoyenneté Manque de confiance Différences culturelles et ethniques Perte de confiance Préjugés ancrés Saper la confiance Stéréotypes négatifs Forte suspicion Construction de la citoyenneté des pasteurs Profonde suspicion Sentiment anti-peul endurci Effondrement de la confiance intercommunautaire Les Peuls considérés comme des menaces objectives et homogènes à la sécurité Déclin de la confiance Préjugés entre les éleveurs et les agriculteurs Manque de respect Ethnicisation Les éleveurs ne respectaient pas les agriculteurs Attitude négative Pas respectés Discours sectaires Peu de respect Divisions profondes en fonction de l’identité Diviser les communautés sur la base de Animosité considérations ethniques et religieuses Animosité Étiquettes négatives Escalade de l’hostilité Tiers Peur Inconnu(e) Craindre les pasteurs Migrant(e) Peur Étranger ou étrangère Personne étrangère Intrus(e) sparc-knowledge.org 53 Griefs historiques Grief historique Colonisation Griefs historiques Colonisation histor* (mot-clé à vérifier dans le contexte) Colonial Règlement de comptes anciens Postcolonial Croissance démographique et déplacement Croissance démographique Croissance démographique Explosion démographique Population croissante Poussée démographique Population humaine et cheptel en hausse Accroissement des populations humaines et animales Déplacement Déplacement à grande échelle et sur de Accroissement de la population humaine et longues distances du cheptel Population croissante Violence et insécurité humaine en résultant Violence généralisée non liée au conflit Instabilité chronique entre les agriculteurs et les pasteurs Pasteurs qui s’organisent en milice Conflit régional Criminalité Terrorisme Extrémisme violent Terroriste Insurgé(e) Vol de bétail Augmentation de la razzia de bétail Insurrection Razzia de bétail Anti-insurrectionnel(le) Vol de cheptel à petite échelle Crime organisé Vol de bétail Banditisme Vol Extrémiste Vol de cheptel Recrue Voler le cheptel Groupes armés Vol de troupeaux Escalade de la violence dans le grand nord du pays Insécurité humaine Augmentation des milices ethniques Regroupés ici en raison de l’insécurité Augmentation des milices Effets négatifs du conflit et de l’instabilité Groupes criminels prolongés Brigandage Limitations sur la mobilité pastorale en raison de problèmes de sécurité 54 SPARC Causes des conflits entre agriculteurs et éleveurs en Afrique Prolifération des armes Armes Prolifération des armes Prolifération d’armes légères Disponibilité d’armes à feu illicites Changement climatique Changement climatique Changement climatique Évolution du climat Autres descriptions du climat Variabilité du climat Variabilité climatique Climat variable Désertification Sécheresse Variations des précipitations Les régimes pluviaux ont changé Induit(e) par le climat Insécurité climatique Sécurité climatique sparc-knowledge.org 55 @SPARC_Ideas sparc-knowledge.org Couverture : © Mercy Corps – transformé à partir de l’original par une projection à l’horizontal Funded by This material has been funded by UK aid from the UK government; however the views expressed do not necessarily reflect the UK government’s official policies.