BURKINA FASO Léopold Somé, Abdulai Jalloh, Robert Zougmoré, Gerald C. Nelson et Timothy S. Thomas L e Burkina Faso est un pays enclavé d’Afrique de l’Ouest couvrant environ 274 000 kilomètres carrés. Il est bordé par la République du Mali au nord et à l’ouest, par la Côte d’ Ivoire au sud-ouest, par le Ghana, le Togo et le Bénin au sud et par le Niger à l’est. Le pays a un climat tropical sec avec deux saisons contrastées. La saison des pluies dure généralement de mai à octobre, mais sa durée diminue progressivement à partir du sud-ouest, s’élevant à seulement trois mois dans la partie nord du pays. L’agriculture représente 40 pour cent du produit intérieur brut (PIB) et 60 pour cent du total des exportations du Burkina Faso. Sa superficie cultivée est de 3,5 à 4,0 millions d’hectares, représentant environ 13 pour cent de la superficie totale du pays et un tiers des terres arables. L’agriculture pluviale domine, avec des techniques agricoles rudimentaires largement prédominantes parmi les petits agriculteurs. La production agricole est plus diversifiée dans la zone soudanienne (au sud-ouest), avec une variété de racines et de tubercules (ignames, patates douces et taro), de fruits (mangues, bananes et agrumes), la noix de cajou, la canne à sucre. Les principales cultures de rente sont le coton, l’arachide, le niébé et le sésame. Analyse de la situation actuelle Sur la base de sa distribution annuelle moyenne des précipitations, le pays peut être divisé en trois zones écoclimatiques : (1) la zone sahélienne, où la pluviométrie annuelle totale est inférieure à 600 millimètres et qui couvre une période de trois à quatre mois ; (2) la zone soudano-sahélienne, avec des précipitations totales de 600 à 900 millimètres qui durent entre quatre à cinq mois de l’année ; et (3) la zone soudanienne, où la pluviométrie moyenne annuelle est de plus de 900 millimètres et dure entre cinq à six mois de l’année. Trois bassins fluviaux drainent le pays : le bassin de la Volta (63 pour cent de la superficie totale), le bassin du Niger (30 pour cent), et le bassin de la Comoé (7 pour cent). Ce réseau hydrographique est assez dense, mais la plupart des Chapitre 4 83 rivières ne sont pas permanentes, ce qui limite les possibilités pour l’irrigation. Plusieurs barrages et retenues d’eaux soutiennent les activités agricoles dans le pays. Population Le dernier recensement général de la population, mené en 2006, a estimé la population du Burkina Faso à 14,1 millions, avec une densité moyenne de 51,8 habitants au kilomètre carré (Burkina Faso, INSD 2009). La majorité de la population est jeune, avec plus de 30 pour cent ayant moins de 10 ans et 46,6 pour cent des moins de 15 ans. La Figure 4.1 montre le nombre de la population totale et rurale (axe de gauche) ainsi que la part de la population urbaine (axe de droite). Le pourcentage de la population vivant dans les zones urbaines a fortement augmenté au milieu des années 1970, peut-être en raison de la grave sécheresse de 1972/1973 qui a affecté les moyens de subsistance des familles rurales, obligeant un grand nombre à migrer vers les zones urbaines en quête de moyens de subsistance alternatifs. Un autre épisode de sécheresse s’était produit entre 1983 et 1987. La migration de la population comme conséquence de la variabilité et des changements climatiques a été clairement identifiée par le Programme d’Action FIGURE 4.1 � Tendances de la population au Burkina Faso : population totale, population rurale et pourcentage de population en zone urbaine, de 1960 à 2008 0 5 10 15 20 0 5 10 15 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Total Rurale Urbain M ill io ns Pourcentage Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). 84  Chapitre 4 National d’Adaptation (Burkina Faso, MECV 2007). Cependant, la population urbaine est actuellement seulement d’environ 20 pour cent de la population du pays, moins que la plupart des pays de la région. Le taux de la croissance totale de la population, à 4,1 pour cent par an (Tableau 4.1), semble être plus élevé que le taux de croissance de l’économie. La Figure 4.1 donne des informations supplémentaires concernant les taux de croissance de la population au Burkina Faso. Inhabituellement pour tous les pays, nous remarquons que non seulement la population mais aussi le taux de croissance a augmenté au cours de chaque décennie depuis les années 1960. Bien que le taux de croissance rural ralentisse par rapport au taux de croissance urbain, il est toujours en augmentation à un rythme soutenu. La Figure 4.2 donne la répartition géographique de la population au Burkina Faso. La densité de population est relativement élevée dans les provinces le long de la rivière Volta Blanche et les provinces le long de l’axe principal Ghana — Ouagadougou — Mali. La région de Bobo-Dioulasso, dans la partie ouest du pays, montre également une densité de population relativement élevée, abritant la deuxième capitale. Revenus La part des revenus tirés de l’agriculture montre l’importance du secteur dans l’économie du Burkina Faso. La Figure 4.3 montre les tendances du PIB par habitant et la part de l’agriculture dans le PIB. D’une manière générale, le PIB par habitant a augmenté depuis 1960. Toutefois, l’augmentation était relativement faible jusqu’au milieu des années 1990, passant d’environ 130 dollars à environ 180 dollars entre 1960 et 1994. Le taux de croissance a augmenté autour de 1994, avec un PIB par habitant s’élevant TABLEAU 4.1 � Taux de croissance de la population du Burkina Faso, de 1960 à 2008 (pourcentage) Décennie Taux de croissance total Taux de croissance en milieu rural Taux de croissance en milieu urbain 1960  –  69 1,7 1,6 3,7 1970  –  79 2,3 2,0 6,4 1980  –  89 2,6 2,0 7,3 1990  –  99 2,9 2,6 4,8 2000  –  2008 3,1 2,7 5,1 Source : Calculs des auteurs basés sur les indicateurs de développement dans le monde (Banque mondiale, 2009). BURKINA FASO  85 FIGURE 4.2 �R épartition de la population au Burkina Faso, 2000 (nombre d’habitants au kilomètre carré) < 1 1 à 2 2 à 5 5 à 10 10 à 20 20 à 100 100 à 500 500 à 2,000 > 2,000 Source : CIESIN et al. (2004). FIGURE 4.3 �PI B par habitant au Burkina Faso (constant 2000 dollars) et part du PIB provenant de l’agriculture (pourcentage) de 1960 à 2008 25 20 15 10 5 0 30 35 40 0 50 100 150 200 250 1960 1970 1980 1990 2000 2010 Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs Pourcentage PIB par habitant Part dans l’agriculture Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). Remarques : PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. 86  Chapitre 4 à 220 dollars dans 2000, puis à plus de 260 dollars en 2008. L’amélioration du PIB par habitant pourrait s’expliquer par la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, les conditions climatiques plus favorables, et le boom minier. La part de l’agriculture dans le PIB a été généralement entre 30 et 40 pour cent, déclinant de 1960 au début des années 1980, augmentant au début et au milieu des années 1990, et de nouveau déclinant après 1998 en raison de la croissance dans le secteur des services (voir Figure 4.3). Vulnérabilité aux changements climatiques La vulnérabilité est l’incapacité de récupérer du stress. Les pauvres sont vulnérables à différents types de stress parce qu’ils n’ont pas les ressources financières pour y répondre. Dans l’agriculture, les pauvres sont particulièrement vulnérables aux contraintes d’un climat incertain. Au niveau national, la vulnérabilité résulte de l’interaction entre la population et la croissance des revenus et de la disponibilité ou de la rareté des ressources naturelles et manufacturées. La vulnérabilité revêt plusieurs dimensions. Dans ce chapitre, l’accent est mis sur les indicateurs relatifs au revenu mais aussi non liés au revenu comme l’espérance de vie à la naissance et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq comme le montre la Figure 4.4. La Tableau 4.2 fournit des données sur FIGURE 4.4   I ndicateurs de bien-être au Burkina Faso, de 1960  –2008 0 100 200 300 400 0 10 20 30 40 50 1960 1970 1980 1990 2000 2010 N om bre de décès pour 1000 An né es Espérance de vie à la naissance Taux de mortalité chez les moins de cinq ans Source : Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale 2009). BURKINA FASO  87 les indicateurs supplémentaires de la vulnérabilité et la résilience aux chocs économiques : le niveau d’éducation de la population, l’alphabétisation, et la concentration du travail dans les secteurs les plus pauvres ou moins dynamiques. On observe une baisse significative du taux de scolarisation au secondaire par rapport à l’école primaire au Burkina Faso. Le taux d’alphabétisation des adultes y est également très faible. L’agriculture emploie la majeure partie de la population, qui sont généralement pauvres en ressources et produisent en deçà du niveau de subsistance. Le manque de ressources financières limite sévèrement la capacité de ces agriculteurs pauvres à utiliser des intrants plus que nécessaires comme les semences améliorées, des engrais et pesticides qui assureront une production agricole accrue. La Figure 4.4 montre deux corrélats non économiques de la pauvreté : l’espérance de vie et la mortalité des enfants de moins de cinq. Cette figure montre une amélioration générale de ces deux indicateurs de bien-être. L’espérance de vie à la naissance est passée de moins de 40 ans en 1960 (l’année de l’indépendance du Burkina Faso) à 53 ans en 2008. Durant la même période, le taux de mortalité des moins de cinq ans a diminué, passant de plus de 300 à moins de 200 pour 1000 dans le milieu des années 1990. Parmi les facteurs importants qui contribuent à cette augmentation on a la lutte contre les maladies qui touchent les enfants, comme la rougeole et la poliomyélite, en particulier grâce à la vaccination. La Figure 4.5 montre la proportion de la population au Burkina Faso vivant avec moins de 2 dollars (dollars américains) par jour, soit plus de 50 pour cent de la population dans toutes les régions du pays. La pauvreté est relativement moins prononcée dans les provinces adjacentes aux deux grandes villes et plus grave dans les provinces avec une plus forte densité de population. TABLEAU 4.2 � Statistiques sur l’éducation et le travail pour le Burkina Faso, années 1990 et 2000 Indicateur Année Pourcentage Scolarisation au primaire (pourcentage brut, moyenne de trois ans) 2008 71,0 Scolarisation au secondaire (pourcentage brut, moyenne de trois ans) 2008 18,1 Taux d’alphabétisation 2007 28,7 Pourcentage d’employés dans l’agriculture 1994 88,8 Malnutrition chez les moins de cinq ans (poids par rapport à l’âge) 2003 35,2 Source : Calculs des auteurs basés sur les indicateurs de développement dans le monde (Banque mondiale, 2009). 88  Chapitre 4 Analyse de l’utilisation des terres et de l’agriculture Aperçu de l’utilisation des terres La Figure 4.6 montre le couvert végétal et l’utilisation des terres au Burkina Faso à partir de 2000. La végétation naturelle varie selon les trois zones écoclimatiques dans la steppe au nord du pays, les arbustes et les graminées annuelles dans le centre, et divers arbres et graminées vivaces dans le sud et sud-ouest (Guinko 1984). La région du nord, sahélienne se caractérise diversement par la couverture herbacée, la végétation fermé-ouvert, et de la steppe buissonnante. Elle est principalement consacrée aux pâturages, mais en raison de la rigueur du climat et le surpâturage la végétation est souvent épineuse et rabougries. Les espèces les plus communes trouvées dans ce domaine comprennent l’Acacia spp., le Balanitesaegyptiaca, le Bauhinia rufescens et le Ziziphusmauritiania. Les graminées annuelles forment un couvert discontinu sauf dans les dépressions du sol argileux. La zone soudanienne du Burkina Faso, dans le sud-ouest, est caractérisée par des espèces comme le karité (Vitellaria paradoxa), le néré (Parkia biglobosa), et d’autres espèces de type soudanien. Les graminées vivaces FIGURE 4.5 �P auvreté au Burkina Faso, circa 2005 (pourcentage de la population vivant avec moins de 2 dollars par jour) 0 (ou aucune donnée) < 10 10 à 20 20 à 30 30 à 40 40 à 50 50 à 60 60 à 70 70 à 80 80 à 90 90 à 95 > 95 Source : Wood et al. (2010). Remarque : Basé sur le cours du dollar en 2005 (dollars des États-Unis) et sur la valeur de parité du pouvoir d’achat. BURKINA FASO  89 FIGURE 4.6 � Occupation et utilisation des terres au Burkina Faso, 2000 Couvert arboré, forêts latifoliées, sempervirent Couvert arboré, plantes latifoliées, forêts caducifoliées, couvert forestier fermé Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts caducifoliées, couvert forestier ouvert Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts aciculifoliées, sempervirent Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts aciculifoliées, forêts caducifoliées Couvert arboré, forêts latifoliées, forêts à feuilles mixtes Couvert arboré, forêts latifoliées, régulièrement inondée, eau douce Couvert arboré, forêts latifoliées, forêt régulièrement inondée, eau saline Mosaïque de couvert arboré/autre végétation naturelle Couvert arboré, brûlé Couvert arbustif, fermé−ouvert, sempervirent Couvert arbustif, fermé−ouvert, forêts caducifoliées Couvert herbécé, fermé-ouvert Couvert herbacé ou arbustif clairsemé Couvert arbustif ou herbacé régulièrement inondé Zones cultivées et aménagées Mosaïque de terre cultivée/couvert forestier/autre végétation naturelle Mosaïque de terre cultivée /couvert arbustif/herbacé Espaces découverts Plan d’eau Neige et glace Surfaces artificielles et surfaces associées Aucune donnée Source : GLC2000 (Couverture Global 2000) (Bartholome et Belward 2005). 90  Chapitre 4 (Andropogongayanus et Cymbopogon spp.) sont abondantes ; pendant la saison des pluies, elles forment un couvert continu. La zone soudano-guinéenne se caractérise par des espèces ligneuses dont la densité et la hauteur sont significativement plus grandes que dans les deux autres domaines. La plupart des espèces présentes dans la zone soudanienne sont présentes dans cette région. Les espèces caractéristiques ici comprennent le Burkea africana, l’Isoberlinia doka et le Detarium microcarpum. Il y a aussi plusieurs galeries forestières le long des cours d’eau pérennes. La Figure 4.7 montre les zones protégées, y compris les parcs et réserves. Ces zones environnementales fragiles peuvent aussi être importantes pour l’industrie du tourisme. La Figure 4.8 montre le temps de trajet vers les grandes villes qui offrent des débouchés potentiels pour les produits agricoles. Les décideurs politiques doivent prendre en compte les coûts de transport lorsqu’elles élaborent des politiques de développement agricole. Les terres fertiles inutilisées qui sont loin des marchés ne représentent des domaines potentiels d’expansion que si les infrastructures de transport sont en place (et, bien entendu, si l’expansion n’est pas incompatible avec les priorités de préservation comme le montre la Figure 4.7). En général, le temps de voyage vers les plus importantes métropoles et villes est de 1 à 3 heures. Il y a un bon réseau routier autour des première et deuxième capitales. C’est seulement dans la province de Pama que le réseau routier est relativement moins développé. Apercu général du secteur agricole Les trois tableaux suivants montrent principaux produits agricoles en termes de superficie récoltée (Tableau 4.3), la valeur de la récolte (Tableau 4.4), et l’approvisionnement en aliments pour la consommation humaine (selon leur poids) (Tableau 4.5). Le sorgho et le mil sont les principaux aliments de base au Burkina Faso, alors que le coton est la principale culture de rente. Le maïs, le niébé et l’arachide sont également des cultures importantes cultivées et consommées dans le pays. Les quatre figures suivantes montrent les estimations de récoltes et les zones de croissance des principales cultures au Burkina Faso en 2000. Le sorgho (Figure 4.9) et le mil (Figure 4.10) sont cultivés dans presque toutes les régions du pays à l’exception du sud-ouest ; le sorgho est beaucoup plus cultivé que le mil. Les rendements des deux cultures vont de 0,5 à 1,0 tonne par hectare. Le coton (Figure 4.11) et le maïs (Figure 4.12) sont principalement cultivés dans le sud-ouest, avec la culture du maïs qui s’étend dans la partie centrale du pays. Les rendements des deux cultures vont de 1,0 à 2,0 tonnes par hectare. BURKINA FASO  91 FIGURE 4.7 �A ires protégées au Burkina Faso, 2009 Ia: Réserve naturelle intégrale Ib: Zone de nature sauvage II: Parc national III: Monument national IV: Habitat/zone de gestion des espèces V: Paysage terrestre/marin protégé VI: Aire protégée de ressources naturelles aménagée Area Non applicable Inconnu Sources : Les aires protégées proviennent de la base de données mondiale sur les aires protégées (PNUE et l’UICN 2009). Les plans d’eau sont tirés de la base de données mondiale des lacs et zones humides du Fond Mondial pour la Nature (Lehner et Döll 2004). Scénarios économiques et démographiques Population La Figure 4.13 montre les projections démographiques du Burkina Faso jusqu’en 2050 selon le Bureau des Nations Unies pour la population. Les projections de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie au Burkina Faso montrent que la population totale va atteindre 21,5 millions en 2020 (Burkina Faso, INSD 2009). Les projections de l’ONU vont dans le même sens, montrant une population totale supérieure à 30 millions en 2050. Une population en pleine croissance exercera une forte pression aussi bien sur la réserve de ressources naturelles que sur les services publics et sociaux, ce qui présente un défi croissant pour le gouvernement. 92  Chapitre 4 FIGURE 4.8 � Temps de déplacement vers les zones urbaines de diverses tailles au Burkina Faso, circa 2000 Vers les villes de 500 000 habitants ou plus Vers les villes de 100 000 habitants ou plus Vers les villes de 25 000 habitants ou plus Vers les villes de 10 000 habitants ou plus Emplacement urbain < 1 heure 1 à 3 heures 3 à 5 heures 5 à 8 heures 8 à 11 heures 11 à 16 heures 16 à 26 heures > 26 heures Source : Calculs des auteurs. Revenus La Figure 4.14 présente trois scénarios pour PIB national prévisionnel par habitant, obtenu en combinant trois projections du PIB avec trois projections démographiques des Nations Unies. Le scénario optimiste combine PIB élevé et population faible ; le scénario de référence combine BURKINA FASO  93 TABLEAU 4.3 � Zone de récolte des principaux produits agricoles au Burkina Faso, 2006 –  08 (milliers d’hectares) Rang Culture Pourcentage du total Surface de récolte Total 100,0 5.316 1 Sorgho 30,4 1.613 2 Mil 25,0 1.328 3 Niébé 13,2 702 4 Maïs 9,6 509 5 Coton graine 9,1 483 6 Arachides 7,2 385 7 Grains de sésame 1,0 51 8 Riz 1,0 51 9 Pois bambara 0,8 44 10 Noix de Karité 0,5 28 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarque : Toutes les valeurs sont basées sur la moyenne de trois ans pour la période 2006 –  08. TABLEAU 4.4 � Valeur de la production des principaux produits agricoles au Burkina Faso, 2005  –  07 (millions de dollars) Rang Culture Pourcentage du total Valeur de la production Total 100,0 1.214,6 1 Sorgho 23,8 289,6 2 Mil 17,0 206,7 3 Coton graine 16,7 202,4 4 Maïs 12,3 150,0 5 Niébé 9,6 116,0 6 Autres légumes vertes 3,6 43,4 7 Riz 3,2 39,2 8 Arachides 2,8 34,1 9 Canne à sucre 1,8 21,7 10 Oignons 1,2 14,4 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarques : Toutes les valeurs sont basées sur la moyenne de trois ans pour la période 2005 –  07 ; dollars = dollars des États-Unis. 94  Chapitre 4 FIGURE 4.9 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le sorgho pluvial au Burkina Faso, 2000 < 0,5 TM/ha 0,5 à 1 TM/ha 1 à 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha > 4 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. TABLEAU 4.5 � Consommation de principaux produits alimentaires au Burkina Faso, de 2003  –  05 (milliers de tonnes métriques) Rang Culture Pourcentage du total Consommation alimentaire Total 100,0 4.946 1 Sorgho 24,2 1.195 2 Mil 19,5 962 3 Boissons fermentées 13,7 678 4 Maïs 12,6 625 5 Riz 4,8 238 6 Autres légumes 4,1 204 7 Arachides 3,6 178 8 Autres légumineuses 3,2 156 9 Bœuf 2,0 101 10 Blé 1,4 69 Source : FAOSTAT (FAO 2010). Remarque : Toutes les valeurs sont basées sur la moyenne de trois ans pour la période 2003 –  05. BURKINA FASO  95 FIGURE 4.11 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le coton pluvial au Burkina Faso, 2000 < 0,5 TM/ha 0,5 à 1 TM/ha 1 à 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha > 4 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. FIGURE 4.10 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le mil pluvial au Burkina Faso, 2000 < 0,5 TM/ha 0,5 à 1 TM/ha 1 à 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha > 4 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. 96  Chapitre 4 FIGURE 4.13 P rojections démographiques pour le Burkina Faso, 2010  –  50 0 10 20 30 40 2010 2020 2030 2040 2050 Variante haute Variante moyenne Variante basse M ill io ns Source : DPNU (2009). FIGURE 4.12 �R endement (tonnes métriques par hectare) et densité de la zone de récolte (hectares) pour le maïs pluvial au Burkina Faso, 2000 < 0,5 TM/ha 0,5 à 1 TM/ha 1 à 2 TM/ha 2 à 4 TM/ha > 4 TM/ha < 1 ha 1 à 10 ha 10 à 30 ha 30 à 100 ha > 100 ha Sources : SPAM (Modèle de répartition spatiale de la production) (You et Wood 2006 ; You, Wood et Wood-Sichra 2006, 2009). Remarques : ha = hectare ; TM = tonnes métriques. BURKINA FASO  97 FIGURE 4.14 �P roduit intérieur brut (PIB) par habitant au Burkina Faso, scénarios du futur, 2010  –  50 0 500 1.000 1.500 2.000 2.500 Co ns ta nt 2 00 0 do lla rs 2010 2020 2030 2040 2050 Pessimiste Référence Optimiste Sources : Calculées à partir des données du PIB tirées du Projet de la Banque mondiale du l’adaptation économique aux changements climatiques (Banque mondiale 2010), des rapports du Millennium Ecosystem Assessment [évaluation des écosystèmes pour le millénaire] (2005) et des données démographiques des Nations Unies (DPNU 2009). Remarque : Dollars = dollars des États-Unis. projection du PIB moyen et projection de population moyenne ; et le scénario pessimiste combine projection du PIB faible et projection de population élevée. (La modélisation agricole dans la section suivante utilisera également ces scénarios). L’économie du Burkina Faso repose sur le secteur agricole (principalement de coton et le bétail) et dépend récemment du secteur minier (principalement de l’or). Le Burkina Faso dispose de ressources naturelles très limitées, et à moins que de nouvelles ressources minérales soient découvertes, il sera presque impossible de réaliser le scénario optimiste et la croissance du PIB par habitant afférente. Le scénario pessimiste prévoit une assez faible amélioration du PIB par habitant qui s’élèvera au-dessus de 500 dollars US seulement après 2040 et restera toujours inférieur à 1 000 dollars US en 2050. Le scénario optimiste prévoit une augmentation rapide du PIB par habitant entre 2030 et 2050, à partir de 800 dollar US en 2030 à plus de 2500 dollars US en 2050. 98  Chapitre 4 Scénarios biophysiques Scénarios climatiques La Figure 4.15 montre les changements de précipitations au Burkina Faso à travers les quatre modèles à échelle réduite de circulation générale (MCG) utilisant le scénario A1B. Le modèle CNRM-CM3 et le MIROC 3.2 à moyenne résolution montrent une augmentation des précipitations dans les grandes régions du pays, le MIROC 3.2 à moyenne résolution prévoyant des conditions plus humides. Le CSIRO Mark 3 montre des conditions plus sèches (–200 à –100 millimètres de précipitations) dans la partie centrale et sud-ouest du pays, tandis que l’ECHAM 5 montre des conditions uniformes (–50 à 50 millimètres) pour l’ensemble du pays.1 La Figure 4.16 montre la variation de température maximale moyenne quotidienne dans le scénario A1B selon les quatre MCG. Les augmentations de température varient de 1,1 °C à 2,7 °C. Les modèles CNRM-CM3 et ECHAM 5 montrent une augmentation relativement plus importante (2,5 °C à 3,0 °C). Le CSIRO Mark 3 et le MIROC 3.2 à moyenne résolution montrent respectivement une augmentation de 2,0 °C à 2,5 °C et 1,0 °C à 1,5 °C. Les hausses de température sous les tropiques conduisent généralement à une baisse des rendements et de la production des cultures. La plupart des céréales cultivées au Burkina Faso peuvent résister aux hausses de température si l’eau est disponible et suffisante. Toutefois, en tenant compte de l’absence de possibilités d’irrigation, les rendements des cultures dans ces modèles devraient diminuer à moins que les précipitations augmentent suffisamment pour compenser. Réponse physiologique des cultures aux changements climatiques Nous avons utilisé l’application logicielle DSSAT (Decision Support Software for Agrotechnology Transfer) pour calculer les rendements des cultures au Burkina Faso dans les régimes actuels de température et de précipitations. Nous avons ensuite répété l’exercice pour chacun des quatre MCG pour l’année 2050, avec la variété de cultures, des sols et des pratiques de gestion gardées   1 CNRM-CM3 signifie Centre National Recherche Météorologique – Modèle Climatique 3. MIROC 3.2 à moyenne résolution est le Modèle interdisciplinaire de recherche sur le climat, développé par le Centre de Recherche du Système Climatique de l’Université de Tokyo. Le CSIRO Mark 3 est un modèle climatique développé au Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation d’Australie. L’ECHAM 5 est un modèle climatique de cinquième génération développé au Max Planck Institute for Meteorology in Hamburg. BURKINA FASO  99 FIGURE 4.15 � Variations des précipitations annuelles moyennes au Burkina Faso, de 2000 à 2050, scénario A1B (millimètres) CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution < − 400 − 400 à −200 −200 à −100 −100 à −50 −50 à 50 50 à 100 100 à 200 200 à 400 > 400 Source : Calculs des auteurs basés sur Jones, Thornton et Heinke (2009). Remarques :  A1B = scénario d’émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. 100  Chapitre 4 FIGURE 4.16 � Variation de la température journalière maximale moyenne mensuelle au Burkina Faso pour le mois le plus chaud, de 2000 à 2050, scénario A1B (° C) CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution < −1 −1 à −0,5 −0,5 à 0 0 à 0,5 0,5 à 1 1 à 1,5 1,5 à 2 2 à 2,5 2,5 à 3 3 à 3,5 > 3,5 Source : Calculs des auteurs basés sur Jones, Thornton et Heinke (2009). Remarques :  A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. BURKINA FASO  101 constantes pour tous les emplacements. Les rendements futurs des cultures à partir de DSSAT ont été comparés à ceux actuels ou de référence sous DSSAT. Les deux figures suivantes montrent les rendements pour deux principales cultures, le sorgho et le maïs, en comparant les rendements des cultures pour 2050 en tenant compte du changement climatique, des rendements des cultures dans une situation climatique (2000) inchangée. La Figure 4.17 montre une perte de rendement de 5 à 25 pour cent du niveau de référence pour le sorgho selon tous les modèles. En outre, l’ECHAM 5 et le MIROC 3.2 à moyenne résolution montrent une perte de rendement supérieur à 25 pour cent dans diverses parties du pays, en particulier au centre des régions du sud-ouest. Tous les modèles indiquent également une perte de zone de cultures dans les régions les plus au nord du pays. Le modèle ECHAM 5 indique plus une perte. Toutefois, dans de petites zones disséminées dans la zone centrale, il peut également y avoir un gain de productivité. Tous les scénarios montrent une zone importante du pays où les rendements du maïs augmenteront de 5 à 25 pour cent, avec plus de 25 pour cent des augmentations dans certaines régions (Figure 4.18). Cependant, tous les modèles montrent également une réduction des rendements du maïs dans les zones de culture du maïs actuelles. L’augmentation des rendements de maïs dans d’autres parties du pays pourrait s’expliquer en partie par la possible augmentation des précipitations dans ces régions au cours des phases critiques de la croissance, ou peut-être la radiation solaire accru favorisera l’augmentation des taux et des rendements. Scénarios de vulnérabilité de l’agriculture (spécifiques aux cultures) Les quatre figures suivantes montrent les résultats de simulation à partir du modèle IMPACT associé à d’importantes cultures agricoles du Burkina Faso. La figure pour chaque culture représentée comporte cinq graphiques montrant la production, le rendement, la région, les exportations nettes, et le cours mondial. La production de sorgho — basée aussi bien sur la superficie cultivée que sur la productivité par unité de surface — augmente dans tous les scénarios (Figure 4.19). Cette augmentation sera principalement entrainée par des augmentations du rendement de sorgho, mais elle sera également due à l’extension des surfaces cultivées de sorgho. L’amélioration du rendement des cultures de sorgho peut éventuellement être attribuée à la sélection anticipée et à l’effort d’amélioration du service de la recherche agricole et à l’utilisation de technologies d’adaptation par les agriculteurs. Les exportations nettes de sorgho augmentent après 2035 à la fois dans le scénario optimiste que dans le scénario de référence, mais baissent dans le scénario pessimiste. 102  Chapitre 4 FIGURE 4.17 � Variation du rendement due au changement climatique : cas du sorgho pluvial au Burkina Faso, de 2000 à 2050, A1B scénario CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution 2000 : ancien espace perdu Perte de rendement > 25% de 2000 Perte de rendement 5 à 25% Changement de rendement de l’ordre de 5% Gain de rendement 5 à 25% Gain de rendement > 25% 2050 : nouvel espace engrangé Source : Calculs des auteurs. Remarques :  A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. BURKINA FASO  103 FIGURE 4.18 � Variation du rendement due au changement climatique : cas du maïs pluvial au Burkina Faso, de 2000 à 2050, A1B scénario CNRM-CM3 MCG CSIRO Mark 3 MCG ECHAM 5 MCG MIROC 3.2 MCG à moyenne résolution 2000 : ancien espace perdu Perte de rendement > 25% de 2000 Perte de rendement 5 à 25% Changement de rendement de l’ordre de 5% Gain de rendement 5 à 25% Gain de rendement > 25% 2050 : nouvel espace engrangé Source : Calculs des auteurs. Remarques :  A1B = émissions de gaz à effet de serre qui suppose une croissance économique rapide, une population qui culmine au milieu du siècle, et le développement de technologies nouvelles et efficaces, avec une utilisation équilibrée des sources d’énergie ; CNRM-CM3 = modèle climatique 3 du Centre national de recherche météorologique ; CSIRO = modèle climatique développé à l’Australia Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ; ECHAM 5 = modèle climatique de cinquième génération développé à l’Institut Max Planck de recherche météorologique (Hambourg) ; MCG = Modèle de circulation générale ; MIROC = modèle de recherche interdisciplinaire sur le climat, développé par le Centre de recherche sur le système climatique de l’Université de Tokyo. 104  Chapitre 4 FIGURE 4.19 �I ncidence de l’évolution du PIB et de la population sur le sorgho au Burkina Faso de 2010 à 50 0 1.000 2.000 3.000 4.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste 0 0,5 1 1,5 2 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 500 1.000 1.500 2.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d ’h ec ta re s 0 500 1.000 1.500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es Surface Exportations nettes 0 50 100 150 200 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt s 20 00 d ol la rs p ar t on ne Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. L’augmentation des exportations due à la hausse de la production est possible avec un accroissement des échanges commerciaux dans la sous-région. Comme dans le cas du sorgho, la superficie exploitée et le rendement du mil devront s’accroître dans tous les scénarios (Figure 4.20). Le rendement du mil, comme celui du sorgho, peut être encore amélioré par la sélection et les efforts d’amélioration du service de recherche agricole et par l’utilisation de technologies d’adaptation par les agriculteurs. Toutefois, à la différence dans le BURKINA FASO  105 FIGURE 4.20 �I ncidence de l’évolution du PIB et de la population sur le mil Burkina Faso de 2010 à 50 0 1.000 2.000 3.000 4.000 5.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste 0 0,5 1 1,5 2 2,5 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 500 1.000 1.500 2.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 0 500 1.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste – 500 Surface Exportations nettes 0 100 200 300 400 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Co ns ta nt s 20 00 d ol la rs p ar t on ne Pessimiste Référence Optimiste Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. cas du sorgho, tous les scénarios montrent une augmentation de l’exportation nette de mil entre 2040 et 2050. Les tendances pour le coton sont similaires dans tous les scénarios et sont également semblables à celles pour le mil. Récemment, le Burkina Faso a adopté le très productif coton génétiquement modifié, ce qui soutient la plausibilité des tendances de production et de rendement présentées dans la Figure 4.21. 106  Chapitre 4 Les tendances pour le maïs — en matière de production, de rendement, des exportations nettes, et le cours mondial — sont également similaires dans tous les scénarios (Figure 4.22). Bien que la production de maïs ait été présentée comme croissante en raison de la productivité accrue, la superficie cultivée diminuera légèrement. L’augmentation de la productivité sera due aussi bien aux pratiques de gestion améliorées que des améliorations FIGURE 4.21 �I ncidence de l’évolution du PIB et de la population sur le coton au Burkina Faso de 2010 à 50 0 100 200 300 400 500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste To nn es p ar h ec ta re 0 0,2 0,4 0,6 0,8 Production Rendement 0 200 400 600 800 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 0 100 200 300 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste Surface Exportations nettes 0 500 1.000 1.500 2.000 2.500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Co ns ta nt s 20 00 d ol la rs p ar t on ne Pessimiste Référence Optimiste Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. BURKINA FASO  107 FIGURE 4.22 �I ncidence de l’évolution du PIB et de la population sur le maïs au Burkina Faso de 2010 à 50 0 500 1.000 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste M ill ie rs d e to nn es 0 0,5 1 1,5 2 2,5 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 To nn es p ar h ec ta re Pessimiste Référence Optimiste Production Rendement 0 100 200 300 400 500 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d ’h ec ta re s Pessimiste Référence Optimiste 0 200 400 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 M ill ie rs d e to nn es Pessimiste Référence Optimiste – 200 – 400 Surface Exportations nettes 0 100 200 300 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Co ns ta nt s 20 00 d ol la rs p ar t on ne Prix Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarques : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. PIB = produit intérieur brut ; dollars = dollars des États-Unis. technologiques. Des variétés de maïs dont le rendement est beaucoup plus important que le rendement prévu en 2050 sont actuellement disponibles au Burkina Faso. La consommation de maïs dans les zones urbaines a augmenté au cours des cinq dernières années ; et avec l’augmentation prévue de la population, la demande intérieure de maïs devrait continuer à augmenter. L’augmentation de la demande locale se traduira par une 108  Chapitre 4 diminution des exportations nettes, en dépit d’une augmentation du cours mondial du maïs. Scénarios de vulnérabilité humaine La Figure 4.23 montre l’impact de futurs scénarios du PIB et des taux de malnutrition de la population des enfants de moins de cinq ans au Burkina Faso. Les diagrammes des quartiles dans la figure indiquent la série des effets de scénarios climatiques. Tous les scénarios montrent une augmentation du nombre d’enfants malnutris de moins de cinq ans dans un avenir proche, au moins jusqu’en 2025. Seul le scénario optimiste donne un nombre inférieur en 2050 comparé à la situation actuelle. Bien que le nombre d’enfants souffrant de malnutrition augmente dans la situation de référence et dans les scénarios pessimistes, il est probable que la proportion d’enfants qui souffrent de malnutrition diminue dans tous les scénarios, car la population devrait augmenter à un rythme plus soutenu que le nombre d’enfants souffrant de malnutrition ne devrait s’accroître. La Figure 4.24 montre les kilocalories disponibles par habitant. Le scénario pessimiste montre seulement une légère augmentation d’ici 2050, avec une FIGURE 4.23 � Nombre d’enfants de moins de cinq ans malnutris au Burkina Faso dans de multiples scénarios climatiques et de revenus, de 2010 à 50 0 500 1.000 1.500 M ill ie rs 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarque : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. BURKINA FASO  109 FIGURE 4.24 � Kilocalories par habitant au Burkina Faso dans de multiples scénarios climatiques et de revenu de 2010 à 50 0 1.000 2.000 3.000 Ki lo ca lo ri es 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 Pessimiste Référence Optimiste Source : Sur la base d’une analyse menée pour Nelson et al. (2010). Remarque : Le diagramme de quartiles pour chaque scénario socio-économique montre la gamme des effets des quatre scénarios climatiques futurs. tendance baissière des calories consommées jusqu’en 2025. Toutefois, les autres scénarios dépeignent un avenir beaucoup plus prometteur. Le scénario optimiste montre la plus forte hausse, peut-être expliquant la baisse du nombre d’enfants souffrant de malnutrition présentée dans la Figure 4.23. Conclusions et recommandations de politiques Ce chapitre décrit la vulnérabilité actuelle du Burkina Faso au changement climatique à l’égard de l’utilisation des terres et de l’agriculture et analyse l’impact potentiel du changement climatique sur la production agricole. Les résultats de l’étude sur laquelle se fonde le chapitre confirment le haut niveau d’incertitude des précipitations pour le Burkina Faso indiqué par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (Parry et al. 2007) pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Les résultats de l’étude mettent également en lumière les défis auxquels le Burkina Faso est confronté en matière de disponibilité des données pour l’analyse du changement climatique. Le manque de données pour les modèles de prévision crée un handicap pour les efforts de 110  Chapitre 4 prévision à long terme et donc pour l’utilisation efficace des scénarios. Il y a donc un besoin urgent de soutenir les services météorologiques et hydrologiques. Notre analyse souligne également l’implication politique suivante : • Un soutien est nécessaire au système de recherche agricole pour poursuivre ses efforts dans le développement de variétés de cultures tolérantes ou résistantes au changement des conditions climatiques de température et de précipitations. • Le renforcement des capacités est nécessaire pour toutes les parties prenantes, en particulier les agriculteurs, pour leur permettre de gérer de manière adéquate les cultures de sorte que les niveaux optimaux de productivité puissent être atteints au regard des défis du changement climatique. • Le contrôle (mobilisation et distribution) des eaux de surface et des eaux souterraines est essentiel pour l’approvisionnement en eau, pas seulement pour les populations et les animaux, mais aussi pour les cultures. L’irrigation pendant les périodes sèches de la saison pluvieuse et la pleine irrigation en saison sèche sont nécessaires pour améliorer la sécurité alimentaire dans le pays. • La disponibilité permanente d’eau et d’autres intrants comme les engrais et les pesticides, assurera le développement de cultures maraîchères. La priorité doit être accordée à cette activité, car elle semble présenter l’une des meilleures opportunités pour les femmes et les jeunes d’améliorer leurs revenus. • Il sera utile de promouvoir l’adoption et l’utilisation généralisée des technologies appropriées et prouvées de conservation des eaux, tel que le zai, combinées avec des lignes de pierres, des demi-lunes, du paillage, etc.2 Ces techniques sont également conçues pour contrôler le phénomène de ruissellement et d’érosion qui contribue largement à la dégradation des terres.   2 La méthode traditionnelle pour construire le zai consiste à creuser des fosses minuscules de 10 centimètres de diamètre et de 5 centimètres de profondeur avec des houes pour briser la croûte de surface pendant la saison sèche. L’harmattan transporte sable et matières organiques dans les fosses. L’amélioration de cette technique consiste à creuser des fosses plus grandes, de 20 à 50 centimètres de diamètre et de 10 à 25 centimètres de profondeur, à stocker plus de pluie et d’eaux de ruissellement. L’ajout d’engrais animal après les premières pluies complète le travail du vent et rend les nutriments plus disponibles pour les cultures (Reij et Toulmin 1996). Les demi-lunes sont une technique appliquée sur les Arénosols de la zone sahélienne et sur les sols ferrugineux dans la savane. Il consiste en la construction de structures semi-circulaires de 15-20 centimètres de profondeur, avec le reste de terre arrangé comme contour de protection courbé d’un diamètre de 3-4 mètres sur le côté. BURKINA FASO  111 Notre étude devrait améliorer le niveau de compréhension des questions de changements climatiques pour toutes les parties prenantes, en particulier pour les décideurs engagés dans la planification pour répondre aux Objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies. 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BURKINA FASO  113