SPORE 89 • PAGE 1 Migrations forcées et agriculture Exode! 1 Élevage urbain et périurbain Quand un troupeau traverse la rue… 3 Produits forestiers non ligneux Les pressions dangereuses 4 EN BREF 6 REPÈRES 10 PUBLICATIONS 11 ENTRE NOUS 14 POINT DE VUE Sida et agriculture Le microbe et la macropolitique 16 Site Web : www.cta.nl Information pour le développement agricole des pays ACP N° 89 OCTOBRE 2000 Dans ce numéro Il y a toujours beaucoup d’ingéniosité dans les pages de Spore ; il y en a encore plus dans ce numéro. Il faut de l’ingéniosité pour trouver un peu d’espoir dans la question poignante des migrations forcées ; de la créativité pour résoudre les problèmes de gestion urbaine que pose l’élevage d’animaux dans les villes ; de l’astuce pour tirer sa subsistance d’une forêt qu’il faut laisser vivre ; de la sagacité pour évoquer la lutte contre le sida, comme le fait l’un de nos lecteurs. Vous en voulez plus encore? Que diriez-vous de piéger la brume, de récolter l’eau de pluie ou de tremper les graines pour les garder ? Ici et là, en bref, en long et en travers, il y a dans Spore de quoi stimuler votre ingéniosité – qui se porte bien, si l’on en juge par la Boîte postale. Alors que nous entrons en 2001 (le “vrai” début du millénaire ?), nous évoquerons les récents épisodes dans la vie de notre mandat : il s’agit de mettre toujours plus d’information et de connaissances à la portée de l’agriculture ACP. Nous sommes tous des émigrants oudes descendants d’émigrants. Certainsd’entre nous plus que d’autres. Les uns ont choisi de partir ; d’autres y ont été contraints : ce sont des “émigrants forcés”. Les premiers émigrants du monde ont été des Africains. En septembre 2000, des archéo- logues ont annoncé la découverte d’anciennes installations d’émigrants, établis il y a 50 000 ans dans le nord-est du Brésil et probablement originaires d’Afrique centrale. Qu’est-ce qui les a poussés à partir de chez eux ? Était-ce la hâte de coloniser d’autres territoires ? Ou était-ce par nécessité ? Pour trouver une meilleure alimentation et une vie plus sûre ? Malgré le triste sort de “l’émigré volontaire” – celui qui quitte son village pour la ville ou qui cherche fortune dans les économies inhos- pitalières du Nord –, c’est l’émigration forcée qui mérite le plus l’attention, en raison notamment de son impact sur le niveau de vie des populations rurales. Aujourd’hui, le monde compte plus de 130 millions de migrants involontaires. Ils vivent hors de leur pays d’origine, chassés par les circonstances ou contraints par leurs compatriotes. Douze mil- lions d’entre eux sont des Africains. Par ailleurs, plusieurs dizaines de millions de per- sonnes sont obligées de se déplacer à l’inté- rieur de leur propre pays pour échapper au malaise social, à la violence, aux calamités naturelles ou à une pression économique insupportable. La plupart des émigrants invo- lontaires étant des ruraux, les liens entre émi- gration, agriculture et niveau de vie rural sont forcément très étroits. Selon le Worldwatch Institute, l’émigration involontaire est presque toujours liée à des Migrations forcées et agriculture Exode! L’émigration est tantôt un mouvement délibéré vers une vie meilleure, tantôt un sauve-qui-peut face à l’horreur des champs de bataille, tantôt l’abandon d’une terre qui ne nourrit plus assez. À la fois cause et conséquence des changements intervenus dans l’agriculture et le monde rural dans les pays ACP, l’émigration réserve en tout cas bien des surprises. Illu str at io n Te rri A nd on SPORE 89 • PAGE 2 Exode • persécutions, des guerres et des famines. Il y a d’autres raisons, moins radicales, comme l’ex- clusion politique des citoyens, les modifica- tions de frontières et les déplacements forcés. Les cas les plus controversés, pour lesquels on hésite à utiliser le terme “volontaire”, concer- nent les réfugiés dits “économiques” ou “envi- ronnementaux”, deux catégories qui ne sont pas reconnues par la législation internationale. Opportunités et menaces Les émigrants représentent l’inconnu, la nou- veauté, et suscitent crainte et méfiance. Mais de tels sentiments rongent tout espoir de sta- bilité, de sécurité alimentaire et de bien-être communautaire. Il faut les maîtriser. Tout pays ou communauté d’accueil doit apprendre à identifier et à valoriser les poten- tialités portées par l’émigration, même si elles apparaissent minimes et fragiles. L’émigration est un moyen, même involontaire, d’échanger des savoirs. L’adoption de certaines techniques de transformation ou de conservation des ali- ments, l’introduction de systèmes d’épargne et de crédit ont été identifiées au Ghana, au Bénin et en Côte d’Ivoire comme provenant d’émigrants fuyant les famines du Sahel au milieu des années 70. En Afrique centrale et australe, les échanges de semences ont été introduits par des réfugiés réinstallés. En Afrique du Sud, le ministère du Trésor assure que les flux migratoires provenant de la loin- taine Afrique de l’Ouest ont un effet tonifiant sur l’économie (informelle). Mais ces phéno- mènes sont rarement documentés. Les témoi- gnages sur les bénéfices de l’émigration se concentrent essentiellement sur les mouve- ments migratoires transnationaux. Au sein des pays ACP ou d’autres pays en développement, les avantages de l’immigration n’ont pas encore été étudiés. Toutefois, l’émigration est d’abord et sur- tout révélatrice d’un problème, tragique en cas de conflits, à l’intérieur des pays et entre les pays, ou d’un cataclysme environnemental. La main de l’homme pèse lourd, comme le montrent la guerre entre factions civiles au Tchad, les luttes sauvages pour le contrôle des diamants en Angola et en Sierra Leone, les famines induites par le surpâturage ou les planifications insensées menées dans le Sahel, en Éthiopie et dans la Corne de l’Afrique. Des populations entières se retrouvent ainsi à la merci des communautés, des pays et des écosystèmes voisins. Le HCR (Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfu- giés) confirme : “Les mouvements spontanés de milliers de personnes désespérées peuvent avoir des effets désastreux sur l’environne- ment.” La question cruciale qui se pose est celle de la réinstallation des émigrants dans leur région d’origine ou dans de nouvelles zones, après leur départ consécutif aux guerres ou aux cala- mités naturelles. Assurer la sécurité financière à leur retour est à cet égard fondamental. Or, ceux qui disposent encore de ressources finan- cières répugnent à les investir dans l’agricul- ture ou à les placer dans des banques. Cela a pour conséquence de réduire les possibilités de crédits qui permettraient aux moins nantis de développer des activités économiques et d’accéder à la terre – la question foncière demeurant au cœur des stratégies de maîtrise des flux migratoires. Mais, pour ce qui concerne l’agriculture, soyons clairs : toute stratégie de réinstallation est vaine dans la plupart des cas. Les agricul- teurs qui ont émigré sont partis et bien partis : ils ne reviendront pas, pas plus qu’ils n’iront cultiver ailleurs. Ils s’installeront dans les villes secondaires ou les grandes cités. Leur départ permettra peut-être de libérer du travail pour d’autres restés au pays ; ils enverront sans doute de l’argent aux membres de leur famille demeurés au village, contribuant ainsi à créer de nouveaux échanges économiques entre villes et campagnes. Ces aspects ont été mis en évidence à l’occasion d’un séminaire sur les interactions rurales et urbaines, coorganisé par le CTA au Sénégal en 1999 (voir Spore n° 88). La spirale du vide Les vagues de migration actuelles traduisent un problème environnemen- tal : la capacité de produc- tion de la terre atteint ses limites. La production agricole s’intensifie et pousse de plus en plus à exploiter des terres marginales – en voie de désertification ou haut perchées dans des col- lines – ou des parcelles de plus en plus réduites et de moins en moins productives. Même dans les régions d’Afrique où les terres sont apparemment riches, des pressions de ce genre peuvent dégénérer en conflits meurtriers. D’après le Worldwatch Institute, “le manque de terres a joué un rôle détermi- nant dans les récents conflits armés au Rwanda”. Lorsque ces pressions se conjuguent avec des conflits existants, c’est l’explosion ! “Dans le conflit somalien, en 1994, la plupart des combats ont eu lieu dans la ceinture agri- cole. Il s’agissait en fait de l’extension d’un mouvement vieux de plus de 100 ans qui conduisait les clans les plus importants à se déplacer de leurs zones de pâturages, de plus en plus surpeuplées, vers le Sud.” Il en est de l’eau comme de la terre. Des tensions très fortes existent dans les zones en déficit hydrique en Afrique et en Asie (voir Spore n° 74). Elles pourraient être atténuées, gérées, surveillées à condition d’en avoir les moyens. Mais le cocktail environnemental qui provoquera les futures vagues migratoires devient pour le moins imprévisible si on y ajoute les changements climatiques, un phé- nomène sur lequel l’homme a une influence très limitée. La hausse des températures de 2 à 3 °C dans les 70 ans à venir pourrait entraîner des inon- dations, des sécheresses et des récoltes aléa- toires dans de nombreux pays en développe- ment, comme on le constate depuis plusieurs années dans la Corne de l’Afrique. On ne sait où ni quand… Il y a déjà eu un exode récemment : celui de la population d’Haïti vers les États-Unis. Une succession d’erreurs et de mauvais choix dus à la pauvreté (rivalités politiques, interventions extérieures malencontreuses, introduction d’espèces animales inadaptées, surpâturage, déforestation par besoin de bois de chauffe) a poussé la population à l’exil. Qui aurait pu prévoir – disons en 1970 – qu’une telle implosion secouerait Haïti dans les années 90 ? Qui, à part quelques rares personnes, a osé prédire l’effondrement rwandais ? De même aujourd’hui, il est impossible de prévoir d’où partiront les prochains exodes, bien que plusieurs régions des pays ACP soient fréquemment évoquées : la zone sahé- lienne, l’ouest de l’Afrique centrale, les Grands Lacs et quelques petites îles affleurant à peine au niveau de la mer. Plutôt que de nous tordre les mains de désespoir et d’essayer vainement d’arrêter ce flux, nous devons accepter, à contrecœur, que le destin de gens – de beaucoup de gens – soit d’émigrer. Quelque part, dans un champ ou sur un flanc de coteau, à l’étranger peut-être, il faut qu’ils soient les bienvenus. Pour en savoir plus : Environmental Quality and Regional Conflict, 1998, D. Kennedy, rapport de la Carnegie Commission on Preventing Deadly Conflict. Carnegie Corporation, 437 Madison Avenue, New York, NY 10022, États-Unis. Fax : + 1 212 753 0395. Site Web (document intégral) : www.ccpdc.org/pubs/kennedy/kennedy.htm Considérée comme un phénomène per- turbant et imprévisible, l’émigration com- porte cependant des avantages : • l’échange de savoirs et de techniques agricoles, l’échange de semences, de nouvelles méthodes de culture, au bénéfice des communautés d’accueil ; • l’introduction de nouvelles techniques de transformation et d’une dynamique nouvelle ; • de nouveaux marchés pour la produc- tion locale. Ces avantages doivent être identifiés et intégrés dans les efforts croissants des pays ACP et d’autres pays pour mieux pré- parer les futurs mouvements migratoires. “Qui a vu mes vaches ? Qui a vu mes chèvres? Ces arbres sans feuilles et cette terre desséchée doivent être la raison de leur départ”. Youssou N’Dour, chanteur sénégalais “Without a smile”, 1994. Illu str at io n Te rri A nd on En quatre décennies seulement, la popu-lation urbaine de nombreux pays ACP aplus que quintuplé. Mordant progressi- vement sur les terres avoisinantes, les villes étendent leur périphérie. Autrefois rurales et désormais banlieues, ces zones sont occupées par des éleveurs, non seulement des “anciens”, mais aussi des nouveaux venus attirés par les commodités d’un grand centre urbain. La ville séduit. Cumulant parfois deux métiers, fils d’éleveurs ou non, nombreux sont ceux qui s’y installent et se livrent au petit éle- vage de lapins, de poules pondeuses, de pin- tades, de cobayes. D’autres s’y implantent avec leurs troupeaux. C’est ainsi qu’une ville comme Ouagadougou (Burkina Faso) abrite 4 000 bovins, 6 000 ovins et porcins, 2 000 caprins et 19 000 volailles ! Contrecarré au départ par les municipalités et les responsables, l’élevage urbain et périur- bain progresse, généralement de façon incon- trôlée tant par ceux qui s’y adonnent que par les administrations locales. Il constitue pour beaucoup de ménages pauvres la principale stratégie d’adaptation à la ville et présente pour les éleveurs – néophytes ou chevronnés – plu- sieurs avantages. Ces avantages tiennent prin- cipalement à la proximité des services vétéri- naires, des unités de traitement (pour la pas- teurisation du lait, par exemple), des marchés et des zones de distribution. Même pour ceux qui se sont installés à la périphérie de la ville, cette proximité se traduit par une réduction appréciable des frais de transport et une nette diminution de la détérioration des pro- duits frais lors de leur acheminement. Non content de fournir des produits frais aux popu- lations, l’élevage urbain et périurbain est généra- teur d’emplois, notam- ment pour les femmes chargées du petit éle- vage. Mais, tel qu’il est pratiqué dans certains pays ACP, il a des inconvénients plus ou moins contraignants selon le type d’élevage. Le problème essentiel est d’abord celui de l’alimentation du bétail puisque l’élevage urbain n’est associé à aucune culture fourragère. Vient ensuite le problème de l’espace. Sur le territoire périphérique et a fortiori dans la ville déjà surpeuplée, il n’est pas rare de voir du bétail regroupé sous un abri de fortune (avec tout ce que cela entraîne d’in- confort et de risque pour la santé animale), ou s’égarant dans des parcelles attribuées aux habi- tations. L’élevage urbain n’a pas sur l’environ- nement les mêmes effets positifs que l’agricul- ture urbaine. Et ce n’est pas le spectacle de cochons dévorant les déchets de la ville (même s’ils les transforment en produits de valeur) qui convaincra du contraire les riverains incommo- dés. Enfin, le problème le plus important est lié à l’hygiène et à la santé alimentaire. Des mala- dies autrefois considérées comme spécifiques aux régions rurales gagnent les villes. Certaines études établissent par ailleurs un rapport entre le taux élevé d’infections chez l’homme et des méthodes d’abattage non orthodoxes1. Ne pas décourager l’élevage mais en gérer les risques “Les villes doivent encourager l’agriculture, l’aquaculture, la foresterie alimentaire et l’élevage urbains et périurbains ainsi que le recyclage des déchets, dans le cadre d’initiatives visant l’autosuffisance accrue des systèmes alimentaires.” C’est la conviction que partagent des agriculteurs, des chefs d’entreprise et des organisateurs commu- nautaires dans un ouvrage intitulé Armer les villes contre la faim (voir Publications page 13). Tout dépend de la capacité des villes à révi- ser leurs normes de planification technique pour l’attribution de parcelles d’élevage, la via- bilisation des espaces disponibles et le règle- ment du problème d’approvisionnement en aliments de bétail et en eau. L’élevage urbain est une pratique encore mal définie. La profes- sionnalisation des éleveurs, l’information aux familles et aux collectivités et le renforcement des services sanitaires et vétérinaires devraient permettre aux villes des pays ACP de maîtriser son essor. La tâche est ardue, mais, à l’instar de ce qui s’est passé pour l’agriculture en Zambie, en Tanzanie, au Zimbabwe, au Ghana (voir Spore n° 81, page 2) comme en Guinée-Bissau, elle consiste pour l’essentiel à légaliser des acti- vités organisées, rendant les éleveurs admis- sibles au crédit et à l’aide technique. Quelques modèles d’organisations structurées devraient montrer la voie à suivre. Au Mozambique, par exemple, sur un rayon de 30 kilomètres autour de la capitale, 187 coopératives principalement avicoles sont regroupées au sein de l’UGC (União geral das Cooperativas). Les poussins élevés dans ces coopératives sont engraissés avec les aliments fournis par l’UGC qui ap- porte aussi son appui technique. Les poulets sont vidés, plumés, lavés et emballés dans son abattoir dans des conditions d’hygiène stricte- ment contrôlée. La chaîne d’élevage, d’abatta- ge et de distribution est parfaitement orga- nisée : toute la ville de Maputo consomme ces poulets qui assurent un revenu régulier à 5 000 aviculteurs. Moralité : sans infrastruc- tures ni nourriture pour les animaux, sans professionnalisme d’un bout à l’autre de la filière, l’élevage urbain et périurbain n’est pas prêt de sortir du stade artisanal. Et pour une majorité d’éleveurs citadins, le parcours reste semé d’embûches. 1 “Mieux utiliser les ressources animales à l’heure de l’urbanisation rapide : un défi pour les professionnels”, in Revue mondiale de zootechnique n° 92, FAO, 1999. Élevage urbain et périurbain Quand un troupeau traverse la rue… Dans les pays ACP, des millions de personnes vivent de l’élevage dans les villes et leur périphérie. On se rend compte aujourd’hui qu’il est nécessaire de contrôler cette activité pour protéger la santé publique et l’environnement. De moins en moins marginal mais encore mal maîtrisé, l’élevage urbain et périurbain est appelé à jouer un rôle important comme composante d’un système complexe de sécurité alimentaire. Ph ot o M ar c Fr en ch /P an os P ic tu re s Le bétail broute paisiblement près de l’enceinte des Nations unies, en plein centre d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne. Ph ot o Li ba T ay lo r/ Pa no s Pi ct ur es L es forêts procurent aux communautéslocales installées à proximité des ali-ments, des médicaments, des fibres ainsi qu’un revenu en espèces provenant de leur exploitation. Quelque 80 % de la population des pays en développement les utilisent pour se soigner ou pour se nourrir. Depuis quelques années, ces produits fores- tiers non ligneux ou PFNL (voir encadré) connaissent un regain d’intérêt. On se rend mieux compte aujourd’hui de leur contri- bution à l’économie des ménages et à la sécurité alimentaire, aux économies natio- nales et à certains objectifs écologiques comme la conservation de la diversité bio- logique. Dans les pays ACP, ce sont surtout de petites entreprises qui les exploitent. La récolte et la transformation (qui s’effectue généralement sur place) permettent d’em- ployer un plus grand nombre de personnes, notamment des femmes, que les grosses sociétés d’exploitation forestière : au Zim- babwe, 237 000 personnes y travaillaient en 1995 alors que l’industrie forestière n’en fai- sait vivre que 16 000. La plupart de ces produits forestiers se vendent sur les marchés locaux et régio- naux. Au Cameroun, leur commerce se chiffre à plusieurs millions d’euros et va bien au-delà des marchés locaux. La prune sauvage (Dacryodes edulis), l’ezezang (Ricinodendron heudelotii, un condiment), la mangue sauvage (Irvingia spp.) et la noix de cola sont omniprésents sur les étals des marchés urbains de Douala et de Yaoundé, où le chiffre de vente annuel de ces produits forestiers est estimé à plus de 100 millions de francs CFA (152 439 h). Et sur les marchés internationaux ? Le risque commercial est encore très élevé. Sans compter la lourdeur des procé- dures douanières, le recours à des intermé- diaires est coûteux, le prix des expéditions aussi. Il faut avoir les reins solides pour s’ex- poser à un marché cyclique où de brusques baisses succèdent à des flambées de la demande. Vous avez dit PFNL? Aujourd’hui encore, une définition har- monisée des produits forestiers non ligneux reste à élaborer. Nous nous en tiendrons à celle donnée par la FAO en 1999 : “Les produits forestiers non ligneux sont des biens d’origine biologique autres que le bois, dérivés des forêts, des autres terres boisées et des arbres hors forêt.” Ils peuvent être récoltés dans la nature ou produits dans des plantations forestières, ou par des arbres hors forêt. Ce sont des produits utilisés comme nour- riture ou additifs alimentaires (noix, champignons, fruits sauvages, herbes, épices, condiments, plantes aromatiques), des végétaux (fibres, lianes, fleurs) et leurs extraits (raphia, bambou, rotin, liège, huiles essentielles), des animaux (gibier, abeilles) et leurs produits dérivés (miel, soie). Informer, diffuser, échanger les connaissances Depuis 1991, le département des forêts de la FAO a lancé un programme de promo- tion et de valorisation des PFNL qui s’oc- cupe notamment de la collecte, de l’ana- lyse et de la diffusion d’informations techniques visant à la conservation de la diversité biologique des forêts. Un bulle- tin annuel, Non-Wood News, fournit aux lecteurs des informations sur les potentia- lités des PFNL et leur contribution au développement. The Tropenbos Foundation est un réseau international de chercheurs et de spécia- listes qui appuie des programmes de recherche dans de nombreux pays fores- tiers. Son site Internet donne accès, par une multitude de liens, aux informations, publications et programmes de centres de recherche ou d’ONG impliqués d’une manière générale dans la conservation des forêts et l’utilisation rationnelle de leurs ressources. The Tropenbos Foundation publie également Newsletter, un bulletin d’information sur les projets et études en cours au Guyana, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Colombie, etc. FAO, Viale delle Terme di Caracalla, 00100 Rome, Italie. E-mail : non-wood-news@fao.org. Site Web : www.fao.org/forestry/fop/fopw/ nwfp/newsle-f.stm. The Tropenbos Foundation, PO Box 232, 6700 AE Wageningen, Pays-Bas. Fax : + 31 317 495520. E-mail : tropenbos@tropenbos.agro.nl Site Web : www.tropenbos.nl SPORE 89 • PAGE 4 Produits forestiers non ligneux Les pressions dangereuses Champignons, noix, fruits sauvages, plantes médicinales, rotin, bambou… De tout temps, les forêts ont été appréciées pour ces produits dits non ligneux qui élargissent la gamme de leurs ressources en bois d’œuvre et en pâte à papier. Mais le temps n’est plus à l’exploitation incontrôlée de ces richesses naturelles. Il y va de la prospérité de ceux qui en vivent aujourd’hui et de l’avenir des générations futures. Ph ot o Be rn ar d Fa vr e/ Lo um a pr od uc tio ns Ph ot o Fr an ço is B es se /C ira d Ph ot o Fr an ço is B es se /C ira d SPORE 89 • PAGE 5 Une montée en puissance sur la scène internationale Certains produits ont pourtant le vent en poupe. Le bambou, le rotin, le miel sauvage et les huiles essentielles (voir Spore n° 86) y figurent en bonne place. Les produits fores- tiers non ligneux fournissent de la matière première pour des opérations de transforma- tion industrielle à grande échelle. Au Ghana, le beurre des noix de karité sert à la fabrica- tion des produits cosmétiques distribués par la chaîne internationale The Body Shop. En Zambie, les Productions apicoles du Nord- Ouest fournissent à cette même chaîne du miel biologique et de la cire d’abeille pour la fabrication de crèmes et de lotions. Soutenu par l’engouement des consommateurs occi- dentaux pour les médecines douces et les produits naturels, le commerce mondial de plantes médicinales, en majorité récoltées dans les forêts tropicales, se chiffre quant à lui à 10 millions de dollars chaque année (10,5 millions d’euros). Ainsi, à mesure que l’importance écono- mique des PFNL s’accroît et que leur contri- bution à la sécurité alimentaire et à la créa- tion d’emplois est reconnue, nombreux sont les pays producteurs qui s’efforcent d’en développer le potentiel. Seulement voilà : les produits forestiers non ligneux sont soumis à une pression croissante des exploitants. Au Cameroun, on a constaté la disparition de plusieurs milliers de palmiers. Pour satisfaire une demande locale croissante en vin de palme ou en raphia, certains agriculteurs les coupaient au lieu d’y grimper. En gagnant du terrain sur les zones forestières, l’agriculture confine parfois la forêt dans des parcs nationaux ou des zones classées. En Côte d’Ivoire, des espèces forestières ont progressivement dis- paru du paysage agricole tout en restant convoitées par les paysans qui veulent en vivre. Ce type de situation engendre de nombreux conflits, fraudes et effractions, préjudiciables à la conservation du patri- moine forestier1. L’amélioration des systèmes de gestion : une priorité Qui pense au développement des produits forestiers non ligneux, se préoccupe de leur pérennité, particulièrement pour les espèces les plus recherchées. Pour favoriser leur conservation, plusieurs mesures sont élabo- rées par la FAO, par les centres de recherche internationaux comme l’ICRAF (Centre international de recherche en agroforesterie) ou nationaux comme l’IRET (Institut de recherche en écologie tropicale) au Gabon. Toutes préconisent une réglementation des modes de prélèvement et l’instauration de techniques non destructives parmi lesquelles figurent la naturalisation ou la domestica- tion des espèces (voir encadré). Ces efforts de conservation ne peuvent atteindre leurs objectifs qu’avec la participa- tion des communautés locales. Cela implique leur sensibilisation par la forma- tion, mais aussi leur responsabilisation sou- tenue concrètement par des régimes fonciers clairement définis et des politiques facilitant l’accès au crédit et au commerce. Dernier point. L’efficacité des politiques forestières dépend de la capacité des pays à élaborer des scénarios qui anticipent les évé- nements. Elle dépend aussi de la participa- tion des populations à leur formulation. Une étude récente l’a démontré2 : aux Caraïbes comme ailleurs, la viabilité des forêts et de leurs ressources est affaire d’hommes et de femmes. Une valeur qui n’est pas toujours appréciée à sa juste mesure. 1. Unasylva, vol. 50, n° 198, 1999, FAO. 2. Forest policies in the Caribbean, FAO, 1998. Étude régionale en deux volumes sur les politiques forestières aux Caraïbes. À lire aussi : La Forêt qui cache l’homme. Dans l’entrelacs des lianes du Sud-Ouest Cameroun, SAILD/AUSTROPROJEKT, 1999 (voir Spore n° 88, page 13) Pour la conservation des écosystèmes forestiers Lorsque des variétés disparaissent des forêts ou lorsque les populations qui en vivent ne peuvent plus y accéder, la réac- tion la plus courante est de recourir à deux techniques agroforestières : la natu- ralisation et la domestication. La naturali- sation consiste à acclimater une plante exogène (venue d’ailleurs) à un environ- nement similaire au sien. La domestica- tion consiste à apporter des soins aux plantes sauvages ou encore à les mettre en culture sans pour autant modifier leur capital génétique. L’expérience menée sur le makoré (un arbre fruitier) à l’ouest du parc national de Taï en Côte d’Ivoire montre que ce type de technique contri- bue à maintenir ou à restaurer la biodi- versité des espèces1. Toutefois, le proces- sus englobe des aspects biologiques, éco- logiques et économiques nécessitant un important travail de vulgarisation auprès des paysans. L’écotourisme, pour sa part, est pratiqué au Ghana, au Suriname ou encore dans l’archipel de São Tomé et Príncipe. Il vise à conjuguer harmonieusement tourisme et environnement. La mise en place de struc- tures d’accueil se fondant dans le paysage et s’intégrant à la vie des communautés participe elle aussi à la conservation des écosystèmes forestiers et à la régénéres- cence de sites dégradés par une exploita- tion intensive. L’écotourisme peut ainsi déboucher sur des actions de reboise- ment, la création de pépinières, la distri- bution de plants aux petits exploitants, ou un appui technique visant à conserver la structure et la productivité des sols. 1. Domestication paysanne des arbres fruitiers forestiers. Thèse de Léonie Bonnéhin, Université de Wageningen (Pays-Bas). • Produits forestiers non ligneux Du miel, de la cire, des fibres, des fruits et des noix, des protéines et des produits de beauté… À qui sont ces fleurs des forêts ACP, et qui se soucie de la récolte de demain ? De l’écorce pour faire de la corde. Ph ot o Fr an ço is Be ss e/ C ira d Ph ot o Fr an ço is Be ss e/ C ira d SPORE 89 • PAGE 6 Trop de fer dans le teff…  Des chercheurs de l’Institut éthiopien de recherche sur la nutrition et la santé et de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) se sont préoccupés du faible taux de croissance des enfants vivant dans les campagnes éthiopiennes. Après d’importants essais nutritionnels, ils ont conclu qu’on pourrait améliorer ces taux de croissance en remédiant à une carence en zinc. Le régime alimentaire éthiopien ne contiendrait en effet pas assez de zinc, ou l’assimilation de zinc serait entravée par la présence très importante de fer dans le teff, un aliment de base en Éthiopie. ✍ C.E. West, Human nutrition and epidemiology, Wageningen University, PO Box 8129 6700 EV Wageningen, Pays-Bas Fax : + 31 317 483 342 E-mail : clive.west@staff.nutepi.wau.nl … Et trop peu dans le riz  Les chercheurs de l’IRRI (Institut international de recherches sur le riz) ont mis au point, par des méthodes traditionnelles de sélection, une variété de riz naturellement riche en fer et en zinc, deux micro-nutriments vitaux pratiquement absents dans le riz ordinaire. On estime que deux milliards de personnes dans le monde sont en mauvaise santé à cause d’une carence en fer, la carence nutritive la plus répandue au monde. Quant au zinc, les conséquences de sa carence sont encore mal connues, mais il joue un rôle essentiel dans la croissance des enfants. ✍ IRRI MCPO Box 3127 Makati 1271, Philippines Fax : + 63 2 845 06 06 E-mail : irri@cgiar.org Site Web : www.cgiar.org/irri Les acariens ne sont pas des bons à rien  Les acariens sont nuisibles aux cultures et aux denrées stockées. Ils s'en prennent aux abeilles et aux champignons, et peuvent nuire à la santé des hommes et des animaux. Toutefois, les acariens ont aussi leur utilité, par exemple dans la lutte intégrée contre les insectes ravageurs et dans le contrôle des mauvaises herbes. Fort de ses 40 ans de recherches spécialisées, l'Institut sud-africain de recherche en protection végétale a créé un Centre d'expertise des acariens, avec des services de formation, d'identification et d'information, et des programmes de lutte intégrée, d'évaluation et d'utilisation des (bio)pesticides. ✍ A.S. Dippenaar-Schoeman ARC-PPRI, Mite Expert Centre Rietondale Campus, Private Bag X134 Pretoria 0001 Afrique du Sud Fax : + 27 12 329 32 78 E-mail : riestad@plant2.agric.za En bref • Alors qu’il y a vingt ans on par- lait de captage des eaux de pluie pour l’usage domestique et pour la production agricole, on parle plus volontiers aujourd’hui de collecte de l’eau. Cette approche, dont l’élément central est la par- ticipation des communautés, combine des technologies nou- velles ou réactualisées avec des techniques de construction et des matériaux modernes. Des systèmes de collecte de l’eau sont en développement dans les zones rurales africaines depuis longtemps. Une visite d’étude, organisée au Kenya en juin 2000, a permis à 17 praticiens d’Éthio- pie, du Ghana, du Lesotho, du Nigeria, de Tanzanie et de Zambie d’échanger leurs expé- riences et de s’informer sur les nouveautés. Le programme, d’une durée de 10 jours, a démar- ré par une présentation des diffé- rentes situations nationales par les participants. Ceux-ci ont ensuite rejoint une communauté dans la zone de Laikipia, au nord-est de Nairobi, avec laquelle ils ont col- laboré concrètement pour cons- truire un réservoir de stockage d’eau pour les besoins du ménage et le maraîchage. Ils se sont égale- ment rendus à Machakos, au sud- est de Nairobi, pour examiner divers dispositifs de collecte de l’eau à usage agricole. La visite s’est achevée par une série de dis- cussions sur les meilleurs usages des réservoirs domestiques et des réservoirs souterrains, l’aménage- ment de terrasses et les méthodes de rétention utilisant les végétaux et les barrages de sable, une tech- nique de plus en plus en vogue. Chacune de ces techniques a été spécifiquement examinée en termes de “genre”, en identifiant la part que peuvent y prendre les femmes et celle des hommes. Dans leurs conclusions, les parti- cipants ont relevé “l’importance cruciale de la participation des communautés” et “le temps nécessaire à la mobilisation socia- le”. Le vrai travail commence maintenant : rentrés chez eux, forts des résolutions prises par les uns et les autres, ces praticiens vont appliquer, adapter et multi- plier ce qu’ils ont étudié de si près. Une réforme agraire mal agréée Une visite d’étude active pour apprendre ensemble Bien lisses, les parois, svp. Un beau réservoir pour la cuisine ou le jardin. Craignant d’être confronté au même problème que le Zimbabwe, le gouvernement sud-africain relance un projet déjà ancien de réforme agraire. Il s’agit de redistribuer un tiers des terres arables du pays aux agricul- teurs africains. Dans un premier temps (5 ans), 3,5 millions d’hec- tares doivent être attribués. Les dizaines de milliers de personnes concernées devront verser 5 000 à 405 000 rands (778 à 62 985 h) pour obtenir une subvention du gouvernement. Cette subvention ne leur sera attribuée qu’à condi- tion de suivre une formation en agriculture. Dégressive selon l’importance de l’apport initial, elle représente 20 à 80% du prix de la terre. Les fonds doivent être utilisés pour l’exploitation agri- cole : achat de la terre, acquisition de matériel ou autres investisse- ments. Plusieurs objections s’élè- vent déjà. La contribution mini- male demandée aux candidats risque, en effet, d’exclure les plus pauvres car elle représente pour eux plus d’une année de travail. La procédure d’acquisition est tout aussi sélective puisqu’elle oblige l’acheteur à présenter un plan d’exploitation et de finance- ment qui sera soumis à l’examen de plusieurs instances. Enfin et surtout, il faudra trouver des candidats à la vente et, en ce do- maine, rien n’est joué. Mail & Guardian, 14 juin 2000 Ph ot o Pa ul H ar ris on /S til l P ic tu re s Ph ot o H an s H ar tu ng Veiller sur les forêts…  Au début de cette année, le World Resources Institute (Institut mondial des ressources) a lancé le Global Forest Watch (Veille forestière mondiale) afin de développer un réseau de données localisées combinant les connaissances de terrain et les technologies numérique et satellitaire. Objectif : fournir des informations sur l’état des forêts. Les deux premiers cas étudiés sont les forêts du Gabon et du Cameroun. Elles appartiennent toutes deux au massif forestier du Bassin du Congo, la deuxième forêt primaire du monde. Les résultats de ces études sont disponibles sur papier et en ligne. ✍ Global Forest Watch, c/o WRI, 10G Street, NE Washington DC 20002, États-Unis Fax : + 1 202 729 76 86 E-mail : gfw@wri.org Site Web : www.globalforestwatch.org … Et en planter de nouvelles  Grâce à son programme semencier mondial (World Seed Programme), le New Forest Project (NFP, Projet nouvelles forêts) peut fournir à tous ceux qui désirent lancer des programmes locaux de reforestation 13 espèces de semences d’arbres de haute qualité. Le NFP distribue chaque année, à plus de cent destinataires, des semences d’arbres multifonctionnels à croissance rapide et fixateurs d’azote. La page “Semences” de son site Web (en français, anglais et espagnol) fournit des informations sur chaque espèce : usages, conditions de croissance et contraintes. Les personnes intéressées doivent écrire au NFP en précisant les conditions écologiques de leur programme. Le NFP sélectionne les espèces à utiliser et envoie gratuitement un kit permettant de lancer une pépinière. ✍ The New Forests Project, 731 Eighth Street, SE Wasington DC 20003 États-Unis Fax : +1 202 546 4784 E-mail : icnfp@erols.com Site Web : www.newforestsproject.com Ecosystèmes insulaires  Un symposium international sur les écosystèmes insulaires (Island ecosystems : a conservation and molecular approach) aura lieu au département de biologie et de géologie de l’Université de l’île de Madère, Portugal, du 5 au 9 mars 2001. Les débats (en anglais) porteront sur la conservation, l’écologie, la biologie moléculaire et la gélogie. ✍ Prof. M. Carvelho CCBG, Campus da Penteada 9000 Funchal, Madeira, Portugal Fax : + 351 291 705399 E-mail : ccbg@ccbg.net • En bref SPORE 89 • PAGE 7  Il est désormais impossible de prétendre avoir inventé quelque chose, quand ce “quelque chose” existe depuis des siècles ! Le Bureau européen des brevets l’a officiellement confirmé en révo- quant le 10 mai 2000 un brevet concernant un fongicide dérivé des graines de neem, et déposé par W.R. Grace, une multinatio- nale américaine. Il y a cinq ans, un groupement d’ONG environ- nementalistes (dont l’IFOAM) et des hommes politiques avaient fait appel contre ce brevet. Depuis des temps immémoriaux, le neem est en effet un arbre renommé pour ses feuilles aux usages multiples, son aptitude à la reforestation et ses graines qui contiennent des pesticides et des insecticides naturels. Le Bureau a donc accepté l’appel, reconnais- sant que “l’invention” manquait de “nouveauté” et de “démarche innovante”. Beaucoup plus sage a été l’ap- proche de Moctar Sacandé du Centre national des semences forestières au Burkina Faso. Il a découvert une méthode pour conserver les graines de neem sèches, et l’a partagée avec tous. Une fois séchées, les graines de neem ne germent plus, même après trempage, contrairement au blé ou au maïs. Sacandé a décou- vert que, si on séchait ces graines en gardant maximum 10% d’hu- midité, elles se conservaient plus de deux ans, avec un pouvoir ger- minatif de 50%. Certes, le trem- page peut les endommager. Mais pas à une température de 35 °C. ✍ IFOAM Head Office Kozentrum Imsbach 66636 Tholey-Theley, Allemagne Fax : + 49 6853 30110 E-mail : IFOAM@t-online.de Site Web : www.ifoam.org ✍ Moctar Sacandé Centre national de semences forestières CNSF BP 2682 Ouagadougou, Burkina Faso Fax : + 226 35 61 10 E-mail : mocsacande@cswebmail.com Il y a deux façons de sauver les graines de neem La lutte biologique a le vent en poupe. En quoi consiste-t-elle ? À utiliser des organismes vivants pour prévenir ou réduire les dégâts causés par des ravageurs. Des expériences récentes et concrètes allongent la liste de ses succès. Petit panorama… En Jamaïque, le scolyte, un coléoptère qui perfore les grains du caféier (Hypothenemus hampei), occasionne chaque année des pertes considérables. Dans le cadre d’un projet pilote, 25 000 hymé- noptères (Cephalonomia stephano- deris) qui s’attaquent aux larves du scolyte ont été lâchés sur des plan- tations de café. Devant les bons résultats obtenus, on projette à présent d’introduire un autre insecte (Phymasticus) qui s’atta- quera aux ravageurs adultes. Dans le Pacifique Nord, l’enva- hisseur est l’aleurode spiralante (Aleurodicus dispersus), un insecte qui prospère en période de séche- resse prolongée et qui s’attaque à une multitude de plantes. Sa pro- lifération est enrayée grâce à une guêpe (Encarsia haitiensis) qui se nourrit de ses larves. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les guêpes sont aussi à l’honneur, notamment Trichogramma plas- syensis, lâchée en masse pour para- siter les œufs de la pyrale du maïs (Ostrinia furnacalis). Une forma- tion spécifique est par ailleurs donnée à des agents de vulgarisa- tion à propos d’une autre guêpe (Diadegma semiclausen) qui s’at- taque aux ravageurs du chou dont la culture est très répandue sur les hauts plateaux du pays. En Afrique du Sud, on a tout simplement entrepris de faire échec et mat aux nématodes sur leur propre terrain. Ces vers microscopiques se nourrissent en perforant les cellules végétales des plantes. Dans les plantations de canne à sucre, on utilise donc un nématode (Helicotylenchus dihys- tera) pour contrôler ses congé- nères et réduire leurs dégâts. Au Sénégal, on teste une bac- térie (Pasteuria penetrans). Elle parasite les nématodes à galles (Meloidogyne spp.) des cultures maraîchères. On commence même à connaître les conditions nécessaires à l’accroissement de cette bactérie, autrement dit ses préférences, comme l’alternance de cultures maraîchères, arachi- dières et céréalières, ou la compo- sition du sol qu’elle préfère sableux, avec 10% d’argile. La lutte biologique marque décidé- ment des points. Ravageurs ravagés Un exemple de contrôle biologique : une femelle d’Encarcia formosa pond dans un aleurode à l’état de nymphe. Dès les œufs éclos, l’aleurode sera dévoré. Ph ot o J. D au m al /In ra Un dernier café? Les derniers plants sauvages de café arabica des forêts primaires d’altitude du Sud-Ouest éthiopien sont sérieusement menacés. Plus de 90% du café consommé dans le monde est de l’arabica, cultivé dans des plantations situées en dehors de l’Éthiopie. Ces planta- tions courent en permanence le risque d’une maladie. Quand celle- ci sévit, les sélectionneurs se tour- nent vers les ressources génétiques du berceau du café, l’Éthiopie. Ce pays dispose de la plus importante banque de gènes et d’une diversité riche encore dans ses forêts. Mais voilà : ces dernières ont perdu plus de la moitié de leurs arbres en 30 ans. Elles couvrent aujourd’hui moins de 2 000 km2. Elles sont exploitées pour le bois, ou coupées pour céder la place à des planta- tions de thé ou permettre la réins- tallation d’agriculteurs. Ces forêts possèdent pourtant une grande variété génétique de café arabica et constituent la meilleure source de germoplasme pour l’amélioration variétale et le contrôle des mala- dies. New Scientist, 24 juin 2000 Nouveau départ pour le pyrèthre kenyan  Le Kenya relance la culture du pyrèthre (Chrysanthemum cinerariaefolium). Les agriculteurs du pays se sont en effet détournés de cette plante à cause des soins délicats et de la main-d’œuvre qu’elle réclame. Résultat : le Kenya – premier producteur mondial – a vu sa production passer de 17 000 à 4 000 t en quelques années. Le pyrèthre est pourtant très apprécié sur le marché mondial des pesticides bio car sa fleur séchée contient 1 à 2% d’un élément chimique qui sert à la fabrication d’un insecticide non toxique. Pour encourager la culture du pyrèthre, le gouvernement kenyan a décidé de fixer le prix du kilo de fleurs séchées à 160,60 shillings (2,21 h), ce qui correspond à une augmentation de 22 shillings. De son côté, le KARI (Institut de recherche agricole du Kenya) cherche à créer des variétés moins fragiles. ✍ Kenya Agricultural Research Institute PO Box 57811 Nairobi, Kenya Fax : + 254 2 58 33 44 E-mail : resource.centre@kari.org Le droit de parole  Des associations paysannes d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) se sont officiellement regroupées en juillet 2000 pour former le Réseau des organisations paysannes de l’Afrique de l’Ouest. Objectif : donner plus d’influence aux paysans sur les politiques agricoles et de développement au niveau national et international. Parmi les premières initiatives du réseau, la création d’un fonds destiné à renforcer les organisations paysannes nationales, financé par le Club du Sahel pour un montant de 2 617 000 h (1 700 milliards de FCFA) sur trois ans. ✍ C/o CNCR BP 249, Dakar, Sénégal Fax : + 221 827 41 01 E-mail : CNCR@telecomplus.sn Femmes et agriculture  Un cours de trois semaines en langue anglaise intitulé “Gender, Organisational change, Agriculture and Leadership, GOAL” (Genre, changement et direction en agriculture) se déroulera à partir du 14 janvier 2001 à l’IAC de Wageningen (Pays- Bas). Il sera consacré aux stratégies d’équité entre hommes et femmes en agriculture, aux structures à mettre en place à cet effet, et aux moyens de mener à bien les changements nécessaires dans les organisations. ✍ GOAL PO Box 88 6700 AB Wageningen, Pays-Bas Fax : + 31 317 495 395 E-mail : res@iac.agro.nl Site Web : www.iac-agro.nl/ frametraining.htm En bref • SPORE 89 • PAGE 8 Apprendre le marketing aux pêcheurs La sophistication du marché européen du poisson frais, avec ses normes strictes d’hygiène et de conditionnement, ses délais serrés et sa clientèle avisée place la barre toujours plus haut pour les producteurs et les exportateurs des pays ACP. En amont de la chaîne de production, les efforts collectifs se heurtent à un certain nombre d’obstacles dans les domaines de la formation, de l’information sur les marchés, de la modernisation des équipe- ments et de la gestion des réserves halieutiques. Ces questions, ainsi que le défi de l’approvisionnement des mar- chés régionaux, ont été au centre d’un séminaire itinérant intensif, coorganisé par le ministère espa- gnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation et le CTA, en juin 2000 en Espagne. Les 21 participants étaient des représentants de sociétés de pêche, des producteurs et des négociants provenant d’Afrique du Sud, d’Angola, de Cuba, du Ghana, de la Guinée équatoriale, du Guyana, du Kenya, du Mozambique, de la Namibie, du Nigeria, de la République domi- nicaine et des Seychelles ainsi qu’un groupe de spécialistes espagnol du secteur. Ils ont ren- contré des associations de pêcheurs et ont visité des criées et des usines de traitement du pois- son dans la région de Vigo, sur la côte atlantique espagnole. Le programme s’est poursuivi à Madrid, avec la visite de MercaMadrid, le plus grand marché de poisson du monde. Les participants ont ébauché un plan d’actions concerté pour améliorer la durabilité de la pêche dans les pays ACP. Source de protéines et d’exportation, le secteur de la pêche mérite en effet des soins attentifs.  Si l’eau ne tombe pas du ciel, recueillez-la dans l’air, du moins dans les zones où la rosée et le brouillard sont plus fréquents que les autres ressources en eau. Il existe plusieurs petits projets de récolte du brouillard dans des pays comme la République dominicaine, l’Afrique du Sud, le Népal et le Pérou. Les collecteurs sont généralement constitués de grandes feuilles en tissu ou de fins tamis, disposés verticalement. Le plus grand projet à ce jour a fourni, dans le désert côtier aride du Nord-Chili, une moyenne de 11 000 l d’eau par jour à un vil- lage de 330 habitants. Dans les îles du Cap-Vert, Antonio Advino Sabino est, parmi les agriculteurs vivant dans les zones de montagne, un adepte enthousiaste du captage du brouillard. Ces agriculteurs sont de plus en plus conscients de l’importance du brouillard dans la fourniture d’eau pour la mai- son et les animaux. Quatre col- lecteurs ont été installés à Santo Antao, dans la communauté de Corda, à 1 200 m d’altitude. Sabino a conçu divers collecteurs sur mesure, associés à des filtres à sable. Les collecteurs utilisaient auparavant du tissu à mousti- quaire. Celui-ci sera remplacé à l’avenir par du tamis Raschel en polypropylène, pour une plus grande efficacité et un meilleur écoulement. Le Service météorologique du Canada est incontournable dans le monde de la recherche, des programmes et de la diffu- sion d’informations relatives au brouillard. Son site Web (www. mss-smc.ec.gc.ca/armp/) fournit beaucoup d’informations. Il publie également la Fog newslet- ter. Ce service est la cheville ouvrière de la Seconde conférence internationale sur le brouillard et la col- lecte du brouillard, qui aura lieu du 15 au 20 juillet 2001, à Saint-Jean, Terre-Neuve, Canada, sur le thème “Applications potentielles de la collecte de l’eau de brouillard”. Une partie du programme sera consacrée au “rôle du brouillard dans la gestion de l’eau pour les pays en développement” et aux “résultats de projets opéra- tionnels de collecte de brouillard et de dissipation de brouillard”. ✍ Fog newsletter & conference Robert Schemenauer, PO Box 81541 Toronto, Ontario Canada M2R 2X1 Fax : + 1 416 739 4211 E-mail : Robert.Schemenauer@ec.gc.ca ✍ Antonio Advino Sabino CP 534, Praia, République du Cap-Vert Fax : + 238 624 178 E-mail : Procave@cvtelecom.cv Précipitations occultes : leur utilisation en agriculture A. N. Acosta Baladón, coédition Agrometeorological Applications Associates, CTA, FAO, OMM et UE. 1996. 168 pages CTA n° 733 20 unités de crédit Le futur est dans le brouillard Les bonnes journées, chaque mètre carré de ce filet transforme 20 litres de gouttes de rosée en eau. Ph ot o M ar le ne B ed fo rd /B ao ba b Pr od uc tio ns In c. Élevage, communauté et développement  Pour mettre à jour vos connaissances en éducation et médecine vétérinaire, pour en savoir plus sur les interactions entre le bétail et l’environnement, l’élevage périurbain, les épizooties transfrontalières et la santé publique, participez à la Conférence internationale des associations d’institutions de médecine vétérinaire tropicale (AITVM). Elle se déroulera à Copenhague (Danemark) du 20 au 24 août 2001. Les langues utilisées seront le français et l’anglais. Le comité d’organisation a prévu des bourses pour les participants des pays en développement. ✍ AITVM Conference Secretariat Ridebanevej 3 1870 Frederiksberg C Danemark Fax : + 45 35 28 27 74 E-mail : nck@kvl.dk Site Web : www.aitvm.org Des femmes à la barre  En Tanzanie, les femmes peuvent suivre une formation pour créer et gérer une petite entreprise agroalimentaire. Au programme: approvisionnement, transformation de produits locaux, hygiène, gestion. Déjà, les 240 femmes formées (dont deux tiers sont à la tête de leur entreprise) ont créé 347 emplois permanents. Les investissements moyens par entreprise sont passés de 400 $US (456 h) en 1994 à 2 000 $US (2 283 h) environ en 1998. De bons résultats, qui devront perdurer une fois le financement international terminé… ✍ Tanzania Food Processors Association PO Box 77246 Dar es-Salaam, Tanzanie E-mail : sido@intafrica.com Précieuses ressources  Comme le Cameroun (voir Spore n° 86), le Guyana prévoit d’interdire l’exportation des grumes de deux espèces de bois précieux : le jatoba (Hymenaea courbaril) et l’andiroba (Carapa guianensis). Ces bois seront dorénavant transformés sur place et exportés avec une haute valeur ajoutée. En 1998, le Guyana a exporté 30 millions de dollars US (32 millions d’euros) de produits forestiers. Caribbean News Agency, 25 avril 2000 Poumon vert  Contrairement à ce qu’on a longtemps pu croire, ce ne sont pas les formations végétales équatoriales qui conditionnent la répartition des pluies, mais la dynamique des masses d’air. La forêt est un poumon vert, pas un arrosoir. C’est ce que démontrent deux chercheurs après avoir analysé de multiples paramètres climatologiques en Afrique équatoriale atlantique. Sécheresse, vol. 11, 1er mars 2000 • En bref SPORE 89 • PAGE 9 Organiser des expositions et des concours de semences dotés de récompenses attrayantes est une bonne façon d’encourager les agriculteurs à préserver, sélection- ner et échanger ces semences. C’est ce qu’a démontré ITDG- East Africa (Groupe de dévelop- pement des technologies inter- médiaires) en aidant deux com- munautés du district de Tharaka, dans le centre du Kenya, à orga- niser une exposi- tion annuelle de semences après chaque récolte. L’événement a attiré pendant une journée des centaines d’agri- culteurs qui ont montré leurs meilleures va- riétés, souvent transmises, pré- servées et conser- vées depuis l’arri- vée de leurs ancêtres dans cette région. Les participants y on gagné des outils agricoles, du prestige auprès de leurs pairs, et l’occasion d’acheter ou d’échanger de nou- velles variétés. Au cours d’une exposition, le pois Bambara a été introduit dans le district et l’année suivante plusieurs agriculteurs ont exposé leurs propres semences de pois Bambara. L’initiative de ITDG-EA est contagieuse. Après avoir participé à une exposition, le SARDEP (Projet de développement rural en zone semi-aride) a organisé un événement similaire à Umande, dans le district de Laikipia. ✍ E. Kisiangani, ITDG-EA PO Box 39493 Nairobi Kenya Fax : + 254 2 710 083 E-mail : eric@itdg.or.ke La mangabeira : un fruit prometteur Des fruits comme l’orange, la papaye ou le tamarin ont telle- ment voyagé autour du monde qu’on oublie facilement d’où ils sont originaires (respectivement de Chine, du Mexique et du Soudan). La mangabeira (Hancor- nia speciosa) du Brésil suivra peut- être leurs traces un jour. Délicieuse et nutritive, elle pousse à l’état sau- vage dans plusieurs régions de ce pays, mais des chercheurs de l’Agence brésilienne de recherche fruitière travaillent à sa domestica- tion. Le fruit a la taille d’une prune, il est rouge avec une peau fine et une chair douce contenant une graine. Sa chair peut être mangée fraîche, mais aussi trans- formée en sirops, compotes, vins et vinaigres. Sa gomme élastique est utilisée dans des recettes de crèmes glacées. Les arbres mesu- rent 2 à 10 m de haut et aiment un climat chaud et humide. ✍ EMEPA PB CP 275 CEP 58 013-290 Joao Pessoa, Brésil Fax : + 55 83 222 71 36 E-mail : emepa@netwaybbs.com.br Les vers de terre se nourrissent de matières en décomposition et les transforment en humus et autres formes de nutriments. Ils améliorent ainsi la structure du sol et constituent aussi une bonne source de protéines pour les poulets, les poissons et les cochons. Pourquoi donc ne pas élever des vers de terre ? Se livrer à la vermiculture ? James Kanyora a mis cette idée en application à l’Institut kenyan d’agriculture biologique (KIOF). Prenez un baril ouvert ou une boîte en bois d’environ 60 cm de profondeur, 1,5 m de long et 1 m de large. Mélangez dans cette boîte : de la terre végétale contenant des vers, des bouses de vache fraîches ou autres déjections animales (de moutons, chèvres, lapins ou cochons), des matières sèches telles que de l’herbe et un peu d’eau. Le mélange ne doit pas être trop liquide. Il faut néan- moins de l’eau pour ôter l’ammo- nium contenu dans les déjections car celui-ci est toxique pour les vers. Couvrez ensuite cette boîte, soit avec un sac de toile, soit avec une feuille de plastique noir. Placez à l’ombre et assurez-vous que la boîte reste humide. Les vers se multiplient en deux semaines. Récoltez-les par cri- blage sur un tamis métallique. Donnez-les à des animaux ou gardez-les pour de nouveaux élevages. Vive la vermiculture! Rien de nouveau sous le soleil. Ph ot o E. K isi an ga ni L’information : abondance ou pertinence? Nombreux sont ceux pour qui la sélection de l’information agricole est devenue un pro- blème quotidien plus important que la pénurie d’information. Il est donc nécessaire de mieux organiser l’échange des données entre les organisations. Cela suppose l’utilisation de normes communes pour décrypter l’in- formation reçue, la rendre com- préhensible à l’utilisateur et ainsi en améliorer l’accès. Ces problèmes ont été dé- battus lors de la première Consultation sur la gestion de l’information agricole organisée par la FAO en juin 2000. Plus de 200 participants ont préparé des normes de gestion de l’infor- mation, y compris leur utilisa- tion sur Internet. Le CTA a rendu possible la participation de plusieurs spécialistes de l’in- formation des pays ACP. Il a organisé un atelier sur l’évalua- tion de l’impact de l’informa- tion dans le cadre du développe- ment de systèmes d’informa- tion. Cet atelier a discuté des outils permettant de mesurer la pertinence d’une information précise, et confirmé au passage que, si l’évaluation de l’impact est une tâche ardue, elle de- meure essentielle à l’ère de l’in- formation. Une initiative contagieuse SPORE 89 • PAGE 10 Repères • Lors du conflit armé qui a sévi en Somalie au milieu des années 90, la collection natio- nale de matériel végétal a subi les mêmes ravages que les récoltes dans les champs. À la demande du gouvernement somalien, un expert de l’Institut international des ressources génétiques végé- tales (IPGRI) a transporté lui- même hors du pays le double d’une collection de 300 échan- tillons de sorgho et de maïs, et l’a déposée dans une banque de gènes au Kenya. Depuis, cette collection a pu être utilisée pour relancer l’agriculture en Somalie. L’IPGRI dispose d’un mandat international de conservation des ressources génétiques végétales, ce dont les chercheurs ont bien besoin pour améliorer les variétés cultivées. L’IPGRI vise à promouvoir et faire connaître des technologies ou des stratégies améliorées de conservation et de gestion des ressources génétiques végétales. En plus de 25 ans d’existence, il a pu faire passer le nombre de banques de gènes à 1 308. Avec 15 bureaux et laboratoires, l’IPGRI soutient d’abord les pro- grammes et les organisations de recherche nationaux dans le domaine de la conservation des ressources génétiques végétales. Il a aidé plus de 100 pays à créer des banques de gènes. Cet institut travaille sur la conservation ex situ et in situ (in situ : les res- sources sont conservées dans leur environnement naturel avec la collaboration des agriculteurs ; ex situ : les semences sont conservées au froid après dessication pour une durée qui peut dépasser cent ans). Les techniques de culture in vitro (conservation de tissus végé- taux) le concernent aussi. Elles sont nécessaires pour les plantes à reproduction végétative comme la pomme de terre ou le manioc, ou pour celles dont les graines ne se conservent pas comme le cacao et la noix de coco. L’IPGRI gère des bases de données résumant l’information sur plus de 5 mil- lions d’échantillons dans les col- lections ex situ du monde entier. Cette information est disponible sur son site Web récemment mis à jour, ainsi que par le réseau SINGER, qui permet la recher- che parmi les bases de données de ressources génétiques végétales de 13 centres internationaux de recherche agronomique. Des documents didactiques en français, en anglais et en espa- gnol peuvent être également télé- chargés à partir de son site Internet, sur des sujets comme “Introduction à la collection”, “Enquêtes écogéographiques”, “Mesure de la variation géné- tique”, “Guide de documenta- tion des ressources génétiques”. Le lecteur de Spore ayant accès à Internet pourra repérer, dans la nouvelle base de données sur les formations, celles qui correspon- dent à ses besoins et ses disponi- bilités. Outre ses propres pro- grammes de formation, l’IPGRI propose ceux de plus de 70 uni- versités, ONG et centres de for- mation. Enfin, l’IPGRI publie des bul- letins et des livres diffusés gratui- tement aux bibliothèques insti- tuts, d’universités, de laboratoires de recherche et de banques de gènes. IPGRI Via delle Sette Chiese, 142 00145 Rome Italie. Fax : + 39 06 5750309 E-mail : ipgri@cgiar.org Site Web : www.ipgri.org P lusieurs organismes seconsacrent à l’encadre-ment des éleveurs urbains. C’est le cas du Centre d’étude, de formation et de réalisations agro- pastorales au Burkina Faso. Il s’appuie sur un réseau de journa- listes qui collecte et diffuse des informations sur la santé ani- male et sur les circuits d’ap- provisionnement en intrants (CEFRAP, BP 276 Ouagadougou 09, Burkina Faso ; fax : + 226 34 37 79 ; e-mail : cercoop.ouaga@ fasonet.bf ). En Guinée, l’Entraide universitaire pour le développe- ment apporte son appui et ses conseils aux organisations d’éle- veurs et aux ateliers de produc- tion pour tout ce qui concerne l’embouche ovine et bovine et la reproduction des ovins. (EUPD, BP 2058, Conakry, Guinée ; fax : + 224 41 14 50 ; e-mail : vsf.gui@ eti-bull.net). Au Sénégal, l’Asso- ciation pour le développement de l’élevage organise des formations et offre des prestations d’encadre- ment aux projets d’élevage urbain et aux filières de transformation (lait et viande) : ADE, BP 120 Kolda, Sénégal ; fax : + 221 996 13 41 ; e-mail : vsfafdi@ telecomplus.sn. Pour ceux qui désirent échanger leurs expé- riences ou connaître celles d’éle- veurs urbains du monde entier, City Farmer (Canada’s Office of Urban Agriculture, 801-318 Homer Street, Vancouver, B.C. V6B 2V3, Canada ; fax : + 1 604 685 04 37 ; e-mail : cityfarm@ interchange.ubc.ca) constitue une véritable centrale d’informations et d’échanges de producteurs, de planificateurs, de chercheurs et de responsables municipaux. City Farmer propose également sur son site (www.cityfarmer.org) un service questions/ réponses. De son côté, la FAO a organisé du 21 août au 30 septembre 2000 une conférence électro- nique ouverte à tous sur le thème de l’agriculture urbaine (incluant l’élevage, l’environnement, l’hy- giène et l’urbanisation) : www.fao/urbanag). Le Centre de ressources en agriculture et fores- terie (RUAF-ETC, Kastanjelaan 5, 3830 AB Leusden, Pays-Bas ; fax : + 31 334 940 791, e-mail : RUAF@ETCcl. nl ; site Web : www.ruaf.org) s’est fixé entre autres missions de promouvoir l’agriculture urbaine par le biais d’une vingtaine de centres de recherche, et d’informer – par des rapports d’études, des études de cas, un service questions/ réponses – les éleveurs urbains sur tous les aspects de leur activi- té. Enfin, l’Institut international de recherche sur l’élevage dispose d’un fonds de documentation extrêmement riche (journaux, monographies, cédéroms, bases de données) accessible dans ses deux bibliothèques : l’une au Kenya (ILRI, BP 30709, Nairobi, Kenya ; fax : 254 2 631 499 ; e- mail : ILRI-Kenya@ cgiar.org), l’autre en Éthiopie (BP 5689, Addis-Abeba, Ethiopie ; fax : + 251 1 611 892 ; e-mail : ILRI-Ethiopia@cgiar.org) et sur son site Web (www.cgiar.org/ilri). L’élevage urbain et périurbain Un gardien des ressources génétiques végétales Les petites activités de pêche dans le Pacifique Sud  En publiant leurs observations de terrain et en dressant l’état des lieux d’un territoire à l’autre (Tonga, Kiribati, Vanuatu, îles Cook, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis et Futuna), les auteurs de ce livre ont souhaité mettre l’accent sur les mutations profondes qu’ont connues les petites communautés de pêcheurs du Pacifique Sud ces dernières années et leur capacité à concilier pratiques traditionnelles et techniques modernes pour ne pas épuiser leurs ressources halieutiques. Loin d’être marginales, ces petites activités de pêche sont animées d’un dynamisme à prendre en compte dans des politiques de développement adaptées. IRD Éditions, 1999 32, avenue Henri-Varagnat 93143 Bondy cedex, France Fax : + 33 1 48 02 79 09 E-mail : diffusion@bondy.ird.fr ISBN 2 7099 1438 7 210 pages Prix : 70 F/12,20 h Les supports de culture horticole  Cet ouvrage recense les matériaux organiques, minéraux et de synthèse pouvant entrer dans la fabrication d’un substrat horticole. Il en décrit l’origine, la disponibilité et les traitements préalables, les propriétés physico-chimiques, les caractéristiques agronomiques et les contraintes environnementales. INRA Éditions, 2000 Route de Saint-Cyr 78026 Versailles cedex France Fax : + 33 1 30 83 34 49 E-mail : INRA-Editions@versailles.inra.fr Site Web : www.inra.fr/Editions ISBN 2-7380-0907-7 90 pages Prix : 100 FF/5,25h Musadoc 1999  Ce cédérom contient une sélection de publications (actes de séminaire, livres, guides et fiches techniques) en anglais en français et en espagnol, ainsi que deux bases de données bibliographiques : l’une sur les bananiers et plantains, l’autre sur les chercheurs travaillant sur les Musa. Sa production a reçu le soutien financier du CTA. Inibap Parc scientifique Agropolis 2 34397 Montpellier cedex France Fax : + 33 (0) 4 67 61 03 34 E-mail : inibap@cgiar.org ISBN 2-910810-34-8 Gratuit • Publications SPORE 89 • PAGE 11 Publications Les livres publiés par les éditeurs des pays ACP sont toujours bienvenus dans cette rubrique. Nous invitons vivement tous les professionnels locaux à nous faire parvenir leurs ouvrages. Dans les pays ACP, en particu- lier en Afrique, divers obstacles structurels et institutionnels blo- quent encore le développement du secteur privé. Ce livre en ana- lyse les principaux tout en met- tant en évidence les insuffisances des politiques de coopération. Il suggère les moyens de surmonter certains blocages grâce à une approche intégrée et participa- tive. “L’objectif ultime de toute action de coopération au déve- loppement est de créer, sur place, un environnement de progrès et un cadre institutionnel permet- tant la prise en main effective par les pays en développement et les entrepreneurs locaux eux-mêmes de leur développement”, affirme l’auteur. L’idée maîtresse de son ouvrage est qu’il est nécessaire de repenser en profondeur les moda- lités de la convention de coopéra- tion qui unit l’Union européenne et les pays ACP. La privatisation contraint les grandes entreprises publiques à se transformer en entreprises du secteur privé national. Le véritable potentiel de développement du secteur privé “(…) réside avant tout dans les entreprises du secteur formel national, quelles que soient leurs faiblesses et leurs limitations”, estime l’auteur. Le secteur privé : moteur du développement des pays ACP. Une approche intégrée et participative Auteur : José Antonio Sequeira Carvalho. Préface de Pierre Moussa Éditions de l’Harmattan, 2000 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, France Fax : + 33 1 43 25 82 03 E-mail : harmat@wroldnet.fr Site Web : editions-harmattan.fr ISBN 2-7384-8841-2, 242 pages Prix : 130 FF/19,85 h Pour une coopération de proximité Investir dans l’aménage- ment d’une mare ne suffit pas. Il faut aussi s’assurer que les usagers de l’eau seront capables de gérer et d’entretenir l’ouvrage. Qui est responsable du point d’eau ? Combien coûte l’exploitation et qui va payer ? Quelles sont les règles d’utilisation ? Faute de règles, le point d’eau sera consi- déré comme la propriété de tous quand il s’agit d’abreuver les ani- maux, et de personne quand il s’agit de l’entretenir. Résultat : il s’envasera peu à peu, tarira préco- cement en saison sèche, deviendra un foyer de contamination du fait de l’accès libre des animaux. L’eau se raréfiant, les conflits entre les usagers – éleveurs, maraîchers, pêcheurs – se multiplieront. Il est donc important, dès le moment où une communauté demande la création d’un point d’eau, d’enga- ger la concertation avec les futurs utilisateurs sur les options de gestion. Ce nouveau manuel Agrodok décrit pas à pas le proces- sus d’aménagement, de finance- ment et de gestion d’une mare. Du choix du site aux règles d’utili- sation, il envisage les questions essentielles qui devront être discu- tées, mûries et approuvées par les usagers de l’eau. Créer et gérer un point d’eau pour les troupeaux de son village. Guide à l’usage des agents de développement rural en zone soudano-sahélienne. Agrodok n° 27, coédition CIRAD/Agromisa/CTA, 2000. ISBN 2-87614-407-7, 72 pages, n° CTA 993, 5 unités de crédit La mare abreuvoir : petit guide de gestion On ne pourra véritable- ment parler de développe- ment que lorsque les femmes en seront reconnues actrices à part entière et que leur rôle écono- mique fondamental sera pleine- ment soutenu. Tel fut le thème du séminaire qui s’est tenu à Athènes (Grèce) en octobre 1999, à l’initiative du ministère de l’Agriculture grec, de l’Austrian Development Cooperation (Au- triche) et du CTA. Ce rapport est une synthèse des réflexions émises à propos des principaux obstacles auxquels se heurtent les femmes. Des contraintes (difficultés d’ac- cès aux principaux facteurs de production : terre, eau, crédit, capitaux, nouvelles technolo- gies…) qui, pour être levées, nécessitent un profond change- ment législatif. Le rôle économique des femmes dans le développement agricole et rural : promotion des activités génératrices de revenus CTA. 2000. 56 pages. ISBN 92-9081- 2249, n°CTA 994, 10 unités de crédit. Femmes et développement Au Sahel, de nombreuses zones inondables sont menacées de des- truction sous l’effet conjugué de la sécheresse et de la pression démographique. Des agricul- teurs, des éleveurs et des pêcheurs de plus en plus nombreux les convoitent. Les intérêts diver- gent, les conflits s’exacerbent. Il est donc indispensable de propo- ser des modes d’exploitation qui répondent aux besoins des popu- lations tout en préser- vant pour l’avenir les ressources de ces éco- systèmes. La gestion doit être à la mesure des problèmes : mul- tisectorielle et inter- disciplinaire. D’où l’idée de réunir dans un réseau les spécia- listes et utilisateurs des secteurs concer- nés, pour favoriser les échanges, rapprocher les points de vue et coordonner les efforts. Ainsi est né en 1994 le Groupe d’experts des plaines d’inondation sahé- liennes (GEPIS), pour renforcer les capacités des institutions de la région à planifier et à gérer les res- sources des zones inondables. Fruit du travail collectif d’une soixantaine de membres du GEPIS, ce livre rassemble les expériences sous forme de prin- cipes directeurs pour une meil- leure gestion. Planification inté- grée, modes d’exploitation et de gestion, mécanismes de concerta- tion, législation, information et formation sont traités dans des textes clairs assortis d’illustrations et d’exemples de gestion. Le tout constitue un outil utile aux for- mateurs et aux conseillers tech- niques comme aux décideurs appelés à concilier les besoins des populations et la sauvegarde des richesses naturelles de la région. Vers une gestion durable des plaines d’inondation sahéliennes Union mondiale pour la nature (UICN), 2000 Service des publications 219c Huntingdon Road Cambridge CB3 ODL, Royaume-Uni Fax : + 44 1223 277175 E-mail : info@books.iucn.org Site Web : www.iucn.org ISBN 2-8317-0494-4, 214 pages Prix : (à venir) Pour la sauvegarde des zones inondables du Sahel SPORE 89 • PAGE 12 Les Cahiers d’éducation environnementale  Le Cercle international pour la promotion de la création (CIPCRE) a publié deux cahiers pédagogiques qui visent à sensibiliser les jeunes aux problèmes écologiques de leur milieu et à les inciter à la recherche de solutions. Le premier porte sur la sortie écologique ou “visite d’étude”, moyen le plus adapté pour entreprendre la découverte d’un milieu donné. Le second propose quelques règles de base à observer pour mener à bien une enquête sur les problèmes environnementaux. CIPCRE, 2000 BP 1256 Baffousam, Cameroun Fax : + 237 44 66 69 E-mail : cipcrecm@wagne.net 16 pages (chaque cahier) Prix du cahier : 4,00 FF/0,60 h + frais d’envoi La gestion des sols par les populations locales : expériences et réussites en Afrique subsaharienne Actes (bilingue français/anglais) du séminaire organisé par le CTA à Bamako (Mali) du 9 au 14 novembre 1998. CTA, 2000, 222 pages, ISBN 92-9081-2133, n° CTA 983, 20 unités de crédit. Marabouts ou marchands du développement en Afrique ? Avec sévérité et humour, l’auteur analyse les pratiques des “experts” chargés de la mise en œuvre du développement en Afrique subsaharienne ces quarante dernières années. Les politiques de développement ne s’achètent pas, écrit-il, auprès de quelques “détenteurs” marchands, et l’Afrique ne doit pas se condamner à être continuellement assistée. Convaincu que le développement doit être recentré sur la personne humaine, il plaide pour le renforcement des pouvoirs des populations et, en particulier, la mobilisation de la jeunesse et des femmes, atouts majeurs d’une Afrique actrice et non objet de son développement. Auteur : Mbaya Kankwenda Éditions de l’Harmattan, coll. “Économie et Innovation”, 2000 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, France ISBN 2-7384-9219-3 320 pages Prix : 160 FF/24,40 h Publications • Lors du Sommet mondial de l’alimentation en novembre 1996, la FAO avait réitéré sa “volonté de parvenir à la sécurité alimentaire pour tous et de réduire de moitié le nombre de personnes sous-ali- mentées, d’ici à 2025 au plus tard”. Elle envisage aujourd’hui une “Nouvelle révolution verte et durable”, alors que reproduire les succès de la Révolution verte asia- tique en Afrique reste probléma- tique. Mais les déficits alimen- taires sont-ils dus à une produc- tion insuffisante ou à une réparti- tion injuste de cette production ? Faut-il privilégier la production agricole ou accorder la priorité à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de l’accès aux res- sources alimentaires ? Cet ouvrage, qui reprend les débats d’un sym- posium intitulé “Dilemmes ali- mentaires”, organisé en novembre 1997, propose une réflexion sur les constats et controverses que suscite le concept même de sécu- rité alimentaire. La sécurité alimentaire en questions Éditions Karthala, 2000 22-24, boulevard Arago 75013 Paris, France Fax : + 33 1 45 35 27 05 E-mail : karthala@wanadoo.fr Site Web : www.karthala.com ISBN 2-84586-033-1 272 pages Prix : 150 FF/22,90 h Dilemmes alimentaires La notion de compétitivité est invoquée aujourd’hui à tout pro- pos, mondialisation oblige ! Au regard de cette notion et des stra- tégies qui en découlent (poli- tiques, économiques, sociales, culturelles…), l’Afrique paraît hors-jeu. Les actes du Forum de Dakar (mars 1999) qui s’est tenu sur le sujet abordent trois thèmes majeurs correspondant à trois questions conductrices. La pre- mière est de savoir ce que signifie la compétitivité dans le contexte actuel de l’Afrique. La deuxième est d’identifier les facteurs qui sous-tendent la compétitivité actuelle et future des économies africaines. La troisième porte sur les composantes d’une stratégie pour la compétitivité future du continent. Parfois divergents au départ, les points de vue figurant dans cet ouvrage convergent pourtant tous vers la même conclusion : il faut savoir antici- per et ne plus subir. La compétitivité future des économies africaines Auteur : Alioune Sall Coédition Futurs Africains/ Karthala/Sankoré, 2000 Éditions Karthala 22-24, boulevard Arago 75013 Paris, France Fax : + 33 1 45 35 27 05 E-mail : karthala@wanadoo.fr Site Web : www.karthala.com ISBN 2-86537-986-8 494 pages Prix : 195 FF/29,75 h La compétitivité dans tous les États SPORE 89 • PAGE 13 L’aviculture en climat chaud : un numéro spécial  La revue Afrique agriculture consacre aux poulets un dossier complet avec des articles portant sur : les solutions techniques pour mieux maîtriser les conduites d’élevage modernes ; les bâtiments pour poulets de chair ; la lutte contre la chaleur ; la prise en compte de l’environnement ; le compostage ; l’alimentation ; l’hygiène et la santé animale… Afrique Agriculture 3, avenue des Béguines 95807 Cergy-Pontoise cedex France Fax : + 33 (0) 1 30 32 04 83 E-mail : afrique.agriculture@ planete.net Site Web : www.afrique-agriculture.com/ index.html N° 281, mai 2000 Prix : 49 FF/7,45 h L’approvisionnement et la distribution alimentaires des villes de l’Afrique francophone Synthèse du séminaire qui s’est tenu en avril 1997 à Dakar (Sénégal). FAO, 1997. N° CTA 953, 30 pages, 5 unités de crédit. Lunette financière du paysan et de l’artisan  LUFIPA est le nom de baptême des bulletins publiés par la coopérative d’épargne et de crédit rural NACEC-R basée au Cameroun. Espace d’échange d’informations et de dialogue, LUFIPA s’est fixé pour objectif d’aider le monde rural à se développer. De multiples sujets y sont traités (micro-crédit, santé, éducation, hygiène…), accompagnés de conseils pratiques et de fiches techniques. LUFIPA BP 1094, Bafoussam, Cameroun Prix du numéro : 3 FF/0,45 h Les fertilisants et leur usage  Ce guide (rédigé en anglais) traite de la fertilisation des sols et de l’usage des fertilisants pour la culture de 16 légumes et fruits parmi lesquels le riz, le manioc, les oignons et les tomates. Des conseils pratiques sont illustrés par des schémas. Fertilizers and their use. A pocket guide for extension officers IFA/FAO, 2000, 70 pages, ISBN 92 51044147. Gratuit. IFA, 28, rue Marbeuf, 75008, Paris, France Fax : + 33 (0) 1 53 93 05 45 E-mail : ifa@fertilizer.org Site Web : www.fertilizer.org • Publications Les publica- tions signalées dans ces pages par la feuille verte viennent s’ajouter au catalogue CTA, et vous pouvez les obtenir du CTA si vous êtes abonné(e) au Service de diffu- sion du CTA. Pour les autres publications (signalées par un simple carré orange), vous devez vous adresser à l’éditeur men- tionné, ou à un libraire, mais pas au CTA. Les publications du catalogue CTA sont gratuites pour les abon- nés du Service de diffusion des publications. Les abonnés peu- vent commander ces publications jusqu’à concurrence de leur cré- dit, en utilisant impérativement le bon de commande qui leur a été fourni. Les non-abonnés peuvent demander un formulaire d’ins- cription au CTA. Le service est ouvert aux organisations et institutions de développement agricole et rural des pays du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), ainsi qu’aux particu- liers qui résident dans ces pays. Si vous ne remplissez pas les condi- tions d’abonnement au service, ou si vous avez épuisé vos unités de crédit, vous pouvez acheter les publications du catalogue CTA auprès du distributeur suivant : Triops, Hindenburgstrasse 33, 64295 Darmstadt, Allemagne – Fax : + 49 6151 3140 48 – E-mail : triops@triops.de – Site Web : http ://www.triops.de Comment obtenir ces publications  Léger comme une plume et de petit gabarit, le bulletin Paysannes africaines est cependant un riche condensé de récits d’expériences, de conseils et d’informations pratiques portant sur tous les domaines : santé, éducation, élevage, agricul- ture, crédit, environnement… Il répond en cela à sa vocation: être une tribune d’expression et de dia- logue pour les femmes rurales d’Afrique francophone. L’association Paysannes africaines a concocté par ailleurs 38 fiches techniques. Elles décrivent en termes simples des techniques utiles concernant les transformations ali- mentaires (soja, manioc, fonio, kari- té, fruits, légumes, lait), les soins de santé (diarrhée, fièvre …), l’artisa- nat (fabrication d’huile, de savon, de pommade, de bougie, de tein- ture), les équipements (filtres à eau, autocuiseurs, presses à karité), l’agri- culture et l’élevage (semis en pépi- nière, conservation des oignons et des pommes de terre, amélioration de l’élevage des poules…). Paysannes africaines CESAO, 01 BP 305 Bobo Dioulasso 01, Burkina Faso Fax : + 226 97 08 02 E-mail : cesao. bobo@fasonet.bf Prix de l’abonnement (3 numéros/an) : 20 FF/3,5 h Les fiches techniques des paysannes africaines, 2000 Marie-Thérèse Abela 52, rue Liancourt 75014 Paris, France L’agriculture et l’élevage font désormais partie du paysage urbain et participent à la fois à l’autosuffisance des personnes qui s’y adonnent et à la sécurité alimentaire des villes. Toutefois, ces activités soulèvent de nom- breux problèmes (voir page 3). Ils ont été évoqués lors de l’International Conference on Sustainable Urban Food Systems qui s’est tenue à Toronto (Canada) en 1997. Ce livre rassemble les documents présentés par quelque 70 parti- cipants préoccupés par les ques- tions de sécurité alimentaire dans les grands centres urbains du Nord (Europe, États-Unis) et du Sud (Afrique, Asie). Invités à explorer les moyens d’améliorer la disponibilité des denrées ali- mentaires, leur accessibilité, leur suffisance et leur acceptabilité pour les populations urbaines, ils ont émis plusieurs conclu- sions parmi lesquelles : le renfor- cement de l’information du public, une plus grande implica- tion des planificateurs et déci- deurs politiques dans des domaines tels que l’accès à la terre, la protection de l’environ- nement, la santé publique et la gestion des déchets organiques. Promouvoir l’agriculture ur- baine pour nourrir les villes des pays en développement, c’est nécessairement aborder un cer- tain nombre de questions qui touchent à l’espace urbain, à l’environnement, à l’hygiène, à la santé publique, aux infra- structures, à la conservation des produits alimentaires péris- sables. Ces problèmes ont été évoqués lors du séminaire inter- national qui s’est déroulé à La Havane (Cuba) en octobre 1999 (voir Spore n° 81, p. 1). Les actes de ce séminaire vien- nent d’être publiés dans un ouvrage qui aborde également des études de cas dans les villes d’Harare, de Nairobi, d’Accra, de Dakar et de Dar es-Salaam. Armer les villes contre la faim. Systèmes alimentaires urbains durables Auteurs : Mustafa Koc, Rod MacRae, Luc J.A. Mougeot et Jennifer Welsh CRDI, 1999 BP 8500, Ottawa, Canada K1G 3H9 E-mail : pub@idrc.ca ISBN 0-88936-913-5 260 pages Prix : 35 $/36 h Growing cities, growing food. Urban agriculture on the policy agenda A Reader on Urban Agriculture ACPA, BMZ, CTA, ETC, DSE/ZEL, SIDA, 2000. 543 pages, ISBN 3-934068-25 1, n° CTA 984, 40 unités de crédit La sécurité alimentaire du point de vue urbain Paysannes africaines : un échange d’expériences et de savoir-faire Des dizaines de nouvelles lectrices… Rendre Spore plus intéressant pour lesfemmes qui travaillent dans le secteuragricole est une volonté affichée de notre politique éditoriale. Il y a trois ans, à peine 7% de nos abonnés étaient des femmes, aussi avons- nous pris des mesures pour augmenter cette proportion, au moyen de mailings et de contacts approfondis avec les organisations féminines, notamment lors de la conférence des Nations unies pour les femmes “Beijing + 5”. Toujours est-il que, entre septembre 1999 et septembre 2000, un nouvel abonné sur cinq était une femme (163 abonnements individuels et 145 pour des organisations féminines). Le nombre d’abonnées est donc en hausse. C’est une bonne nouvelle, même si – comme d’habitude quand il s’agit de l’équité des genres – les progrès sont lents. À ce rythme, cela peut prendre l’éternité et un jour. À vous, lec- teurs, de passer à l’action, de par- tager Spore et d’encourager les femmes à demander un abonne- ment. Pour une fois, c’est peut- être plus facile à faire qu’à dire. Nos plantes médicinales disparaissent  Madame Theresina Chimombe, de Westgate, au Zimbabwe, nous rappelle que “la détérioration de notre environne- ment met notre santé en danger en rai- son de la destruction des précieuses plantes médicinales de la brousse. Dans le passé, les populations locales connais- saient l’importance de la flore sauvage de notre brousse pour leur santé. Je fais particulièrement allusion au Mugura menosa, un arbre très commun dans les collines rocailleuses. On peut uti- liser son bois pour faire des brosses à dents et son écorce comme dentifrice ; on peut la mâcher, la moudre ou la piler. Elle aide aussi à réduire les saignements de gencive et à rafraîchir l’haleine et minimise les douleurs de poitrine et les pneumonies.” Négligence?  Nous écrivant de Dessie, South Wollo, en Éthiopie, Mitiku Workineh déplore que les chercheurs soient si éloignés des réalités quotidiennes de la population. “Il y a cinquante ans, les enfants des villes pensaient déjà que le lait provenait de bouteilles, les œufs de boîtes et le pain de paniers. Depuis, le monde a réalisé de nombreux progrès scientifiques qui per- mettent de mieux satisfaire les besoins humains. Mais je doute que les scienti- fiques et les chercheurs aient une véri- table compréhension de ce qui se passe en dehors du milieu dans lequel ils vivent. Par exemple, une société américaine fabrique des fibres textiles à partir de maïs ou d’autres productions alimentaires […] il y a un bénéfice mutuel.” Notre Boîte postale reçoit maintenant trois fois plus de courrier que l’an der- nier, mais nous en voulons encore plus ! Encore plus de vos nouvelles, de vos opinions, de vos idées. Elles sont les bienvenues, dans cette page comme partout ailleurs dans Spore. @ Une école vouée aux plantes insecticides ? Lamine Sidibé, chef de la promotion agricole de Beyla, Guinée, a mené quelques travaux de recherche sur des plantes insecticides dans la lutte contre les ennemis et maladies des cultures. Il se pose la question suivante: “Pourquoi pas au moins un Institut ACP de recherches agronomiques avec vocation essentielle l’étude des plantes insecticides pour leur meilleure connaissance et leur exploita- tion à grande échelle? C’est comme cela seulement que l’environnement dans ces pays sera protégé ainsi que les maigres devises utilisées pour l’achat des pesti- cides industriels onéreux. Ainsi, avec ces devises épargnées, on pourra construire des écoles, des hôpitaux…” L’oie et la cane se partagent la tâche  Imele Benoît, du Service d’élevage de Bamenda (Cameroun), nous raconte ses expériences avec des canes couveuses : “Ma petite basse-cour est très diversifiée ; elle comprend des poules et des coqs, des canes et des canards, des oies et des jars. Tous ces oiseaux sont conduits en “free range”. J’ai observé que les oies sont des mau- vaises couveuses, par contre elles sont de très bonnes productrices d’œufs. Une oie peut pondre 20 à 30 œufs par cycle de ponte avec un taux de fertilité assez faible : 15 % environ. L’expérience consistait à faire couver les œufs de l’oie par la cane. Au cours d’un premier essai, les œufs de la cane ont été remplacés par ceux de l’oie. Sur les six œufs couvés par la cane, trois oisons sont nés. Dans le deuxième essai, six œufs de cane ont été remplacés par trois œufs de l’oie ; deux oisons et des canetons sont nés. Au troisième essai, j’ai laissé l’oie couver les œufs. Un seul oison est né. Conclusion : pour obtenir des oisons, je fais couver les œufs d’oie par la cane. Entre 28 à 30 jours, les jeunes oisons sor- tent de leurs coquilles et s’accommodent bien à la mère adoptive pendant le pre- mier mois. Après, ils abandonnent la “cane couveuse” et rejoignent les parents biologiques.” Retour à la terre  Adetoyese Adedeji, de Kawo Maduna dans l’État de Kaduna au Nigeria, a “lu avec grand intérêt l’article sur les histoires véridiques de quatre professionnels L es projets pilotes de partenariat pour ladistribution des publications du cata-logue CTA, y compris Spore, sont désor- mais opérationnels au Burkina Faso et en Zambie. En conséquence, nous demandons aux abonnés de ces deux pays de s’adresser aux par- tenaires dont les coordonnées figurent ci-des- sous, et non plus au CTA, pour tout ce qui concerne les nouveaux abonnements, les chan- gements d’adresse, les commandes d’ouvrages et les commentaires sur les publications du CTA. Les abonnés bénéficieront ainsi d’un service et d’un acheminement plus rapides, d’un coût réduit de correspondance et de conseils person- nalisés. Ils auront la possibilité de feuilleter les ouvrages à l’occasion d’expositions fixes et itiné- rantes et ils pourront également acheter des publications s’ils ont épuisé leurs unités de cré- dit. Les abonnés conservent leur numéro d’identification et leur allocation d’unités de crédit. Les lettres à la rédaction à propos du contenu de Spore – articles, nouvelles, courrier pour la boîte postale – doivent toujours être envoyées aux adresses figurant dans l’encadré vert page 15. ✍ SDP Zambie : insaka Press Co. Ltd, PO Box 50708, Lusaka. Fax : + 260 1 223 948, e-mail : insaka@zamnet.zm ✍ SDP au Burkina Faso : Département de l’Information scientifique et technique (DIST), CNRST 03 BP 7047, Ouagadougou 03. Fax : + 226 315 003 Burkina Faso et Zambie : de nouveaux services pour les abonnés SPORE 89 • PAGE 14 Entre nous • Boîte postale 380 Ph ot o Be rn ar d Fa vr e/ Lo um a pr od uc tio ns Des oies bien élevées à coups de cane. Ph ot o Im el e Be no it L es lecteurs de Spore se souviennentsans doute que le CTA a été créé il y aplus de vingt ans dans le cadre de la Convention de Lomé entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les États membres de la Communauté européenne. La signature à Cotonou (Bénin), en juin 2000, d’un nouvel accord- cadre ACP-CE1 pour une durée de vingt ans marque une nouvelle étape dans les relations entre ces deux groupes de pays, qui sont désormais 15 du côté de l’Union européenne et 77 du côté ACP après l’intégration de six nouvelles nations du Pacifique (Nauru, Niue, les îles Cook, la Micronésie, Palau, les îles Marshall). Le nouvel accord de partenariat consolide et renforce le rôle du CTA dans “le dévelop- pement des capacités institutionnelles des ACP, particulièrement la gestion de l’information, afin d’améliorer l’accès aux technologies de manière à accroître la productivité agricole, la commercialisation, la sécurité alimentaire et le développement rural”. Le mandat du CTA a été clairement posi- tionné dans le cadre plus large des disposi- tions générales de l’accord, à savoir le déve- loppement des pays ACP et leur intégration dans l’économie mondiale. Le Centre doit donc s’assurer que ses activités et ses services sont en adéquation optimale avec les autres éléments constitutifs de cette galaxie d’ac- teurs, de groupes, de partenaires et de prota- gonistes engagés dans la coopération entre les pays ACP-CE. Du 5 au 8 septembre 2000, le CTA a réuni en son siège un forum consultatif d’ex- perts autour du thème “Les perspectives du CTA”. Ce forum avait pour objet d’aider à l’élaboration du Plan stratégique du Centre pour la période 2001-2005 et d’examiner le programme d’activités proposé par le CTA pour 2001. Trente-deux participants, originaires d’un large éventail de pays ACP et de l’Union européenne, ont participé à ce forum; il s’agissait de professionnels de l’agriculture, de représentants d’institutions gouverne- mentales, de chercheurs et de représentants du secteur privé et de la société civile. La plupart connaissaient le travail du Centre en raison de leur appartenance aux comités consultatifs du CTA, dans le cadre de la Convention de Lomé. Créer un environnement propice pour atteindre les objectifs Dans son exposé d’introduction du forum, le directeur du CTA, Carl Greenidge, a insisté sur la nécessité de poursuivre et de renforcer les objectifs et les activités du Centre dans le domaine de l’information, tout en prenant plus d’initiatives et en anti- cipant la demande. Les activités actuelles seront également consolidées par la mise en place de services destinés à renforcer la capa- cité des pays ACP en matière de formulation et de mise en œuvre de politiques agricoles et de développement rural. Les observateurs extérieurs auront probablement noté que, en s’intéressant aux questions de politique, le CTA rejoint les rangs des institutions qui s’attachent à aider leurs partenaires à créer un environnement propice à la réalisation de leurs objectifs. S’agissant du besoin de renforcer les acti- vités actuelles, le directeur a souligné que, l’agriculture et le développement rural fai- sant partie des éléments d’un ensemble plus vaste, il faudrait travailler en relation beau- coup plus étroite avec tous les acteurs. Le forum consultatif a aidé le CTA non seulement à déterminer son cap mais aussi à poser les bases d’une gestion institutionnelle durable et d’une interprétation adéquate de son mandat. Cela étant, comme le dit un proverbe hollandais bien adapté à ces jour- nées d’automne pendant lesquelles s’est déroulée cette réunion : “Il faut laisser refroi- dir la soupe avant de l’avaler.” 1. Le texte intégral de ce nouvel accord peut être consulté sur Internet, site Web : www.acpsec.org Une réunion et un nouveau mandat : le CTA va de l’avantd’autres secteurs qui sont devenus desexperts en agriculture (Spore 84). Ces his- toires sont une source d’encouragement pour moi et très certainement pour de nombreux autres lecteurs. Elles m’ont ouvert les yeux sur le fait que l’on n’a pas besoin d’être du secteur agricole pour devenir un important cultivateur. Si c’est vrai pour un ecclésiastique ou un informa- ticien, alors c’est vrai pour tout le monde. Comment faire? Réveillez-vous et faites quelque chose ! Je sais que la question du capital initial peut poser un problème, alors décrivez votre projet et faites une demande de prêt. Que faire sinon essayer et essayer encore!” Comment conserver les drêches de brasserie?  Godfrey Ssentongo, directeur de Modern Farming Systems, PO Box 5013, Jinja, Ouganda (fax : + 256 43 121560), voudrait savoir comment conserver les drêches de brasserie. “Ce produit, égale- ment appelé ‘moût des brasseurs’ (résidu de la fabrication de la bière), est l’aliment de complément le plus économique et le plus facile à trouver pour le bétail et les cochons, et il contient plus de protéines que le maïs. Le problème, c’est que les paysans ne peuvent pas le conserver plus d’une semaine ; après, il se détériore. Si on pouvait conserver cette drêche, on pour- rait l’enrichir, la conditionner et la vendre aux fermiers avec profit. Je voudrais invi- ter tout paysan ou tout chercheur qui aurait mis au point une technologie appropriée pour conserver cet aliment à se mettre en contact avec moi.” Investissez sagement dans la jeunesse  Répondant à la lettre de I. Thuwein, de Tanzanie, dans Spore 86, à propos de la lutte contre la pauvreté, Wale Adeyinka, du Collège fédéral de foresterie d’Ibadan au Nigeria, se réfère au nouveau pro- gramme de lutte contre la pauvreté du gouvernement de son pays et suggère un lien entre l’agriculture et la jeunesse. “Plutôt que d’investir des sommes consi- dérables dans les programmes d’agricul- ture durable, le gouvernement préfère payer quelque 200 000 jeunes sans emploi à raison de 40 h par mois pour effectuer divers travaux. Cet argent pourrait être plus judicieusement investi dans l’agricul- ture durable.” Le prochain numéro de Spore contiendra un article consacré aux “jeunes et l’agri- culture”. • Entre nous SPORE 89 • PAGE 15 Spore est un bimestriel d’information pour le développement agricole des pays ACP. Spore est gratuit pour les particuliers et les organisations des pays ACP et de l’UE s’occupant de développement agricole et rural. Il est aussi possible de souscrire un abonnement auprès de Triops (voir page 13). Editeur : Centre Technique de Coopération Agricole et Rurale (CTA) – Accord de Cotonou ACP-CE CTA : Postbus 380, 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas Tél. : + 31317 467 100 Fax : + 31317 460 067 E-mail : cta@cta.nl Site Web : http ://www.cta.nl E-mail des lecteurs : spore@cta.nl Rédaction : SPORE est rédigé par un consortium rassemblant Louma productions et Médiateurs. Louma productions, 3, rue Neuve, 34150 Aniane, France Fax : + 33 4 67570180 E-mail : redactionspore@louma.fr Médiateurs, W-Alexanderpoort 46, 1421 CH Uithoorn, Pays-Bas Fax : + 31297540514 E-mail : spore-desk@mediateurs.org Ont participé à ce numéro : Catherine Binudin, Didier Chabrol, O'Neil Cuffe, Bernard Favre, Erik Heijmans, Eric Kisiangani, Noah Lusaka, Catherine Marzin, Paul Osborn, Jacques Sultan, Christine Tissot. Mise en page : Louma productions Impression : Imprimerie Publicep, France © CTA 2 000 – ISSN 1011-0046 Le contenu de Spore peut être librement reproduit. Merci de mentionner Spore comme source. Dans Spore 89, page 9, nous décrivions des plates-bandes surélevées. Noah Lusaka, notre correspondant, nous envoie cette photo très explicite.Ph ot o N oa h Lu sa ka C ertains prétendent que le sida est deve-nu un problème plus urbain que rural.Mais en réalité, quelle que soit la région, le taux de prévalence varie selon le contexte local. En Afrique comme dans d’autres pays en développement, la distinction entre urbain et rural est impossible car la population est constamment en mouvement. Les citadins retournent au village à plusieurs occasions dans l’année et les ruraux vont en ville pour y travailler. Ces flux s’amplifient aujourd’hui car il y a plus de funérailles et parce que les gens retournent chez eux lors- qu’ils sont très malades. Rappelons qu’en Afrique on ne meurt pas en ville. On veut être enterré près de ses ancêtres, on retourne à ses racines. Un impact énorme sur l’agriculture On peut mesurer l’impact du sida en termes de calories perdues par personne, d’où une sécurité alimentaire qui n’en devient que plus précaire. Le sida crée une pénurie de main- d’œuvre et des goulets d’étranglement dans les exploitations agricoles, ce qui entraîne des déficits alimentaires tant pour la consomma- tion que pour la commercialisation. Sans force de travail, on ne cultive pas des produits qui prennent du temps pour arriver à matura- tion comme la banane (un an) ou le café (cinq ans). On plante du manioc ou de la patate douce qui ne prennent que six mois et rap- portent plus rapidement. La priorité de la plu- part des familles étant de remplir les estomacs, de s’occuper des proches et de prendre en charge les orphelins, leurs moyens d’existence ont diminué. Au Rwanda, à cause du génocide et du sida, 11 000 ménages ont pour chef de famille un enfant de moins de 11 ans. Le plus inquiétant, avec tant d’enfants non insérés dans la société, c’est qu’on ne peut pas s’attendre à une dimi- nution des guerres en Afrique. Certains de ces enfants seront soldats, d’autres iront grossir les rangs des enfants des rues dans les grandes villes. Mais, même pour ceux qui resteront en milieu rural, la vie sera précaire. Ils ne sont pas préparés à devenir agriculteurs. Au mieux, ils seront des “presque-paysans”, déconnectés de leur terre s’ils en ont encore une. Il n’y a plus de transmission de savoirs et de techniques. L’école aurait pu s’en charger, mais dans le nord-ouest de la Tanzanie, par exemple, les taux de fréquentation des cours ont chuté de 100% à 30%, car il n’y a personne pour envoyer les enfants à l’école, personne pour acheter des livres, pour payer les frais de sco- larité, et personne non plus pour enseigner. Alors, entre les travaux occasionnels qui offrent des gains immédiats et le travail de la terre qui prend du temps pour porter ses fruits, le choix des jeunes est vite fait. Maladie et risque Nous devons comprendre tous les aspects de cette épidémie, ou plutôt de cette pandémie puisqu’elle est désormais mondiale. Certains présentent le sida comme une maladie due à des microbes ; d’autres attribuent sa propaga- tion à la prostitution et aux comportements sexuels irresponsables. Ce n’est pas si simple. Il y a aussi des problèmes de famille et de survie. L’an dernier, à Mwanza, en Tanzanie, un cultivateur m’a dit : “Mon fils, ici, le sida, ce n’est pas un problème de virus, c’est un pro- blème de nourriture. Nous vivons dans une région très aride. Les pluies ne durent que trois mois par an. À partir d’avril, tout est des- séché, notre récolte est dans les greniers. À la fin du mois d’août, les réserves de riz sont épuisées et nos familles n’ont rien à manger. Alors, si ma fille sort et revient avec un kilo de riz, je ne lui poserai pas de questions.” Le sida remet également en question la notion du risque. Pour ceux qui ont une vie confortable, le risque, c’est le futur, demain, l’an prochain, dans dix ans ou dans vingt ans. Cela reste théorique : ils savent qu’ils ont un moyen d’existence. Mais si vous parlez du sida à une prostituée, contrainte à ce métier par désespoir, elle vous dira qu’avoir faim ce soir est un risque plus grand pour elle et son enfant que d’avoir le sida dans cinq ans peut- être. Moins de pauvreté, moins de maladie Comme le disait Louis Pasteur, “le microbe n’est rien, le terrain est tout”. Le fait que l’Afrique soit le continent le plus pauvre et doive affronter la plus grande épidémie de sida illustre clairement cette relation étroite entre pauvreté et maladie. Au lieu de condamner la prétendue promis- cuité de notre jeunesse – d’aucuns disent que leur comportement n’est que le symptôme d’une absence de développement –, nous devrions plutôt nous persuader que les cam- pagnes de prévention du sida vont de pair avec les programmes de lutte contre la pau- vreté. Alors, oui, il faut plus de sensibilisation, même si nous savons que 95% des Tanzaniens sont au courant du sida. Oui, il faut aider nos vulgarisateurs agricoles à se former et infor- mer aussi sur le sida. Oui, nous devons nous doter d’institutions et de politiques qui admettent le problème et se préparent à l’af- fronter. Combattre le sida, ce n’est pas seule- ment changer de comportement, c’est aussi travailler à la sécurité alimentaire et à des questions comme le foncier. Tant que les moyens de subsistance des individus ne seront pas assurés, nous ne nous débarrasserons pas du problème. Gabriel Rugalema mène des recherches sur le sida et la vie rurale depuis de nombreuses années. À ce titre, il a été convié en janvier 2000 à la session extraordinaire d’un mois du Conseil de sécurité des Nations unies. Citoyen tanzanien, il travaille actuellement à l’Université et au Centre de recherche de Wageningen, aux Pays-Bas. “Mon fils, ici, le sida, ce n’est pas un problème de virus, c’est un problème de nourriture !” En Afrique, le sida concerne tout le monde. Lorsque je travaillais sur le HIV/sida en Tanzanie, en 1999, j’ai parlé un jour aux responsables de district et aux paysans de ménages “affligés”, “affectés” ou “non affectés”. Un paysan m’a gentiment fait remarquer : “Ici, il n’y a aucun ménage qui ne soit pas affecté. Nous sommes tous affligés et affectés ; votre troisième catégorie n’existe pas.” Sida et agriculture Le microbe et la macropolitique SPORE 89 • PAGE 16 Point de vue • Les opinions exprimées dans ce Point de vue sont celles de l’auteur, et ne reflètent pas nécessairement les idées du CTA.