Pastoralisme Rester mobile tilaPias Doper ses bénéfices CaCao Un avenir meilleur pour les producteurs interview Yamar Mbodj, directeur exécut if du Hub rural N°160 septembre-octobre 2012 le magazine du développement agricole et rural des pays aCP http://spore.cta.int 4 | À la une 6 | Actualités 7 | Agriculture 8 | Élevage et pêche 9 | Environnement 10 | Recherche 11 | Entreprise et commerce 12 | Interview 13 | DOSSIER Cacao : un avenir meilleur pour les producteurs Pour améliorer leurs gains, les producteurs devront transformer davantage. 17 | Point de vue Fredy Rajaonera : le haut du panier À madagascar, la chocolaterie robert mise sur les cacaos fins et les grands crus. 18 | Reportage Grenade : de l’arbre à la barre chocolatée Une entreprise coopérative, du chocolat biologique, de l’énergie solaire : la Grenada Chocolate Company a tout compris. 20 | Filière Tilapias : doper ses bénéfices 21 | Publications 25 | Agir avec le CTA CaCao Un avenir meilleur pour les producteurs Éditorial De la valeur du pastoralisme Les systèmes pastoraux font vivre des dizaines de millions de personnes dans des milieux difficiles qui se prêtent peu à d’autres utilisations des sols. En Afrique, les éleveurs occupent plus de 40  % des terres émergées et contribuent pour 10 à 44 % au PIB des pays où ils vivent. Ils fournissent une grande part du lait et de la viande consommés sur le continent – en Afrique de l’Est, jusqu’à 90  % de la viande consommée provient des troupeaux pastoraux. La contribution globale du pastoralisme au patrimoine culturel, à la biodiversité et aux recettes d’exportation est substantielle. Or, les communautés pastorales se heurtent aujourd’hui à de nombreux problèmes  : la croissance démographique, le changement climatique, des services sociaux et sanitaires lacunaires, une marginalisation et des conflits pour l’exploitation des terres et de l’eau. Point positif, la demande locale et interna- tionale de produits d’origine animale est en hausse. Mais pour saisir cette opportunité, il faut améliorer l’accès aux marchés, réduire les barrières commerciales non tarifaires, renforcer les systèmes d’information sur les marchés et encourager le financement. Les pasteurs pourraient aussi accroître leurs revenus grâce à des activités contribuant à la conservation de l’environnement comme l’écotourisme et la vente de plantes médicinales, de gommes et de fruits. Lors du Briefing de Bruxelles sur le pastoralisme organisé par le CTA avec la Commission de l’Union africaine en février  2012, des experts ont présenté des mesures capables d’améliorer le bien-être des pasteurs. Il convient en effet de définir des politiques pour renforcer les économies pastorales, par exemple en facilitant l’accès des pasteurs aux marchés et en leur permettant d’accroître la valeur de leurs produits. Il faut aussi redoubler d’efforts pour les rendre plus autonomes et pour les impliquer dans l’élaboration des politiques. Les pouvoirs publics devraient augmenter leurs investissements dans les services essentiels pour les pasteurs, notamment l’éducation, les infrastructures et les technologies de l’information et de la communication (TIC). DOSSIER13 Pastoralisme Rester mobile À LA UNE4 Yamar mbodj L’insécurité alimentaire, défi majeur INTERvIEw12 © S . Le it en be rg er /R éa sPore n° 160 - sePtembre-oCtobre 2012 Michael Hailu Directeur du CTA SOmmAIRE sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 3 est le magazine bimestriel du Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA). Le CTA est régi par l’Accord de Cotonou entre le groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union européenne, et financé par l’UE. • CTA • Postbus 380 • 6700 AJ Wageningen, Pays-Bas • Tél. : +31 317 467 100 • Fax : +31 317 460 067 • E-mail : cta@cta.int • Site Web : www.cta.int • DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Michael Hailu • COMITÉ DE RÉDACTION : Thierry Doudet, Stéphane Gambier, Anne Legroscollard, Isolina Boto, Vincent Fautrel, José Filipe Fonseca, Krishan Bheenick • MARKETING : Thérèse Burke • RÉDACTION : Directrice de la rédaction : Marie-Agnès Leplaideur • Rédactrice en chef de la version française et coordinatrice : Anne Perrin • Syfia International, 20 rue du Carré-du-Roi, 34000 Montpellier, France • Rédactrice en chef de la version anglaise : Clare Pedrick • Via dello Spagna 18, 06049 Spoleto (PG), Italie • Rédacteur en chef de la version portugaise : João de Azevedo, Sítio Alportel 20 A, 8150-014 S, Brás de Alportel, Portugal • CORRESPONDANTS : ont participé à ce numéro N. Ackbarally (Maurice), M. Andriatiana (Madagascar), B. Bafana (Zimbabwe), A. da Silva (Mozambique), G. Kamadi (Kenya), O. Kempadoo (Grenade), A. Labey (France), I. Maïga (Burkina Faso), C. Mkoka (Malawi), B. Nhamirre (Mozambique), C. Nforgang (Cameroun), J.-T. Ngoyi (Congo), M. Nzikou Massala (Congo), P. Onyango (Kenya), V. Prasad (Fidji), M. Reinert (France), J. Saizonou (Bénin) et F. Zvomuya (Afrique du Sud) • AUTRES CONTRIBUTEURS : L. Andahazy-Colo, Atenao, J. Bodichon, J. Cessou, L. de Araújo, Tradcatts, Trado Verso • DESIGN ET MISE EN PAGE : Intactile DESIGN, France • IMPRESSION : Pure Impression, France • © CTA 2012 – ISSN 1011-0054 S ur les parcours situés près de la réserve kényane du Masai Mara, un programme de protection de l’environnement récompense les pasteurs pour leur gestion des terres. Ce modèle, suivant lequel des bergers acceptent de laisser les animaux sauvages se déplacer librement sur leurs terres, protège les pâturages et permet aux éleveurs Masai de diversifier leurs revenus. Le paiement de services écosystémiques figure parmi les initiatives envisagées pour soutenir le pastoralisme, un mode de vie ancestral qui fait face aujourd’hui à des défis gigantesques. Les pasteurs vivant sur les parcours afri- cains sont les régisseurs de ces vastes ressources environ- nementales, mais nombre d’entre eux gagnent moins de 2 $ US (1,6 €) par jour. Confrontées à la variabilité clima- tique, à l’insécurité alimentaire, à des marchés médiocres, aux maladies du bétail, au sous-investissement et aux conflits liés aux ressources naturelles, les communautés pastorales comptent parmi les plus vulnérables au monde. Le pastoralisme est pratiqué dans toutes les régions arides d’Afrique. En l’absence de données précises, le nombre de personnes impliquées reste sujet à débat. Selon la définition appliquée, les estimations vont de 20 millions à 200 millions. De même, les chiffres varient quant à la contribution des pasteurs à l’économie. Mais d’après l’Autorité intergouverne- mentale sur le développement en Afrique de l’Est, le pastora- lisme fournit 90 % de la viande consommée dans la région. Les stratégies de production mobile utilisées par les pas- teurs apparaissent comme un moyen essentiel pour s’adap- ter au changement climatique. Les recherches de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) montrent que les troupeaux nomades d’Afrique de l’Ouest, d’Éthiopie et du Kenya produisent une viande en plus grande quantité et de meilleure qualité et génèrent plus de revenus par hectare que les ranchs modernes en Australie ou en Amérique. Pourtant, les communautés pastorales sont souvent considérées à tort comme des populations arriérées, certaines actions gouvernementales les incitant même à abandonner le nomadisme. Avancer ou se poser En se déplaçant constamment, les bergers nomades ont ap- pris à exploiter des zones où personne d’autre ne saurait sur- vivre. Les communautés indigènes prospèrent en tirant parti des conditions variables des terres arides. “Les perceptions que nous avons de leur vie archaïque ignorent le fait qu’ils se sont complètement adaptés à leur environnement”, explique le vétérinaire ougandais Pascal Pan Vuga, qui a travaillé avec les Karamojong, une tribu dont le mode de vie a été modifié par la décision des pouvoirs publics de la sédentariser. À l’instar des bergers ougandais, de nombreux pasteurs passent désor- mais à contrecœur à l’agriculture sédentaire. Mais la transition ne réussit pas toujours. “Aujourd’hui, je dois cultiver du maïs et des légumes”, témoigne le berger kényan Orumoi Evans. “Pourtant, le pastoralisme est plus sûr que l’agriculture. On ne peut pas se fier à la météo pour les cultures alimentaires, alors que nous savons où aller pour trouver des pâturages.” Dans certains pays, les autorités mènent une politique hostile au pastoralisme. Ailleurs, au Mali, en Mauritanie et au Niger, par exemple, elles y sont plus favorables. Mais là aussi, les bergers éprouvent des difficultés quand d’autres mesures, concernant le sol ou l’eau, ne suivent pas. Les conflits déclenchés par l’exploitation de ces deux ressources capitales se multiplient. Aussi est-il urgent de reconnaître les droits des pasteurs sur les pâturages, en leur accordant la propriété foncière des terres commu- nales et en les dédommageant en cas d’expropriation. Pastoralisme Rester mobile Le pastoralisme contribue grandement à la sécurité alimentaire et offre des solutions pour utiliser les milieux difficiles menacés par le changement climatique. Mais de nombreuses mesures sous-estiment ce potentiel et les pouvoirs publics favorisent la sédentarisation des pasteurs. Un pasteur kényan sur la longue route vers le marché À LA UNE 4 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 L’urbanisation grandissante, et avec elle une nouvelle de- mande de produits d’origine animale, ouvrent aux pasteurs des marchés lucratifs. Accéder à ces marchés exige toutefois organisation, communication et formation, la façon d’inté- grer les pasteurs aux chaînes de valeur modernes étant un problème central. Les champs-écoles pastoraux proposent un apprentissage interactif à des groupes de 30 à 40 pas- teurs, qui se retrouvent régulièrement pour analyser les difficultés rencontrées et réfléchir à des solutions. D’autres stratégies concluantes, testées en Éthiopie et au Kenya, font intervenir des groupes d’action collective pour réduire l’illettrisme et l’innumérisme, développer le microcrédit et dispenser des formations sur la microentreprise. Proposer ces services, et d’autres encore, aux populations isolées et dispersées est compliqué. Mais les TIC peuvent jouer un rôle majeur, notamment en permettant la mise en place de téléformations par radio ou de services bancaires et d’informations sur les cours du marché par téléphone portable. D’autres applications utiles des TIC comprennent les systèmes d’information géographique (SIG) et de locali- sation (GPS), qui aident à suivre les déplacements des ani- maux et à soutenir les efforts visant à assurer le bétail. Un projet pilote lancé en 2010 au nord du Kenya a permis de réduire les écarts sur le marché de l’assurance. Ce projet débute actuellement en Éthiopie. Nouveaux marchés et mesures de soutien Les experts sont nombreux à encourager la diversifica- tion. Cette solution ne semble toutefois fonctionner plei- nement que quand elle inclut une certaine part d’élevage nomade. Différentes mesures fondées sur le jeu du mar- ché encouragent un pastoralisme durable : les marchés de niche. En Mauritanie, la société laitière Tiviski compte un réseau de plus d’un millier de bergers. Elle s’est mise à la transformation en produisant, entre autres, un fromage au lait de chamelle. Plusieurs obs- tacles restent à surmonter : faciliter l’accès aux marchés, lever les bar- rières commerciales non tarifaires relatives au bétail, améliorer les systèmes d’information du marché, respecter les normes en vigueur et instaurer des mécanismes de finan- cement. Une série d’initiatives récentes donne à espérer. Adopté en 2011, le programme-cadre de l’Union afri- caine en faveur du pastoralisme en Afrique est la première mesure prise à l’échelle du continent destinée à protéger et à améliorer les sources de revenu des pasteurs africains. Le plan d’action 2011-2020 de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) consacré à l’élevage reconnaît aux pasteurs le droit de déplacer leurs troupeaux d’une région à une autre, protège leur accès à l’eau dans les régions agricoles et facilite les échanges transfrontaliers. Parmi les innovations intéressantes figure le système four- rager “cut-and-carry” (couper-emporter) que des bergers ont adopté en Éthiopie dans le parc national d’Awash après les violents conflits portant sur l’exploitation de vastes pâturages de première qualité et sur les points d’eau. Parce qu’on les empêchait de faire paître leurs troupeaux, certains pasteurs ont commencé à collecter du fourrage dans le parc et à le transporter pour le répartir au sein de leur communauté. En complément du pâturage sur prairies naturelles, de nombreux pasteurs nigériens font du foin et vendent le surplus aux éle- veurs en zones urbaines. Confrontés à un approvisionnement en eau inadapté et à une sécheresse récurrente, les pasteurs aussi bien en Éthiopie qu’au Niger remplacent de plus en plus les bovins par des ovins, des caprins et des camélidés. Au Kenya, un programme visant à créer un réseau de mar- chés plus près des bergers se révèle très efficace. Au lieu de transporter le bétail sur de longues distances, les pasteurs peuvent s’y rendre à pied, vendre leurs bêtes et acheter des aliments ou d’autres intrants. Ce modèle a été adopté dans d’autres pays, où ces marchés florissants attirent des acti- vités complémentaires (hôtels, boucheries et boutiques). À Lolkuniani dans le district de Samburu, au Kenya, 10 % de la communauté participe activement au commerce de bétail. En moyenne, 2 000 chèvres (soit 27 500 €) et des vaches (pour 10 000 €) sont vendues chaque jour de mar- ché hebdomadaire. APESS Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane www.apessafrique.org CTA Briefing sur le développement, Bruxelles, février 2012 Nouveaux enjeux et opportunités pour le pastoralisme dans les pays ACP. http://tinyurl.com/7kqhofk IIED Institut international pour l’environnement et le développement Tracking the Real Value of Pastoralism http://tinyurl.com/c7yx3bc ILRI Institut international de recherche sur l’élevage (en anglais uniquement) http://ilri.org/ Réseau Bilital Maroobé www.maroobe.org UA Union africaine www.au.int/fr/ Décision sur le pastoralisme en Afrique http://tinyurl.com/ct93y29 WISP L’Initiative mondiale pour un pastoralisme durable http://tinyurl.com/7djjxpe Forgotten Services, Diminished Goods: understanding the agroecosystem of pastoralism http://tinyurl.com/ct6srxx Pour aller plus l oin à la une sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 5 © F AO /T . H ug smartPHone Appli pour riziculteurs ■ Une application pour smartphone vient d’être développée pour conseiller les rizicul- teurs en matière d’engrais. Mise au point par l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI), NMRiceApp est gratuite. Rowena Castillo de l’IRRI explique que cette appli- cation conçue pour les téléphones Android vise en premier lieu les vulgarisateurs qui conseillent les agriculteurs sur l’utilisation des engrais en fonction des sites de culture. Contrairement à sa première version – un service appelé NMRiceMobile –, cette nou- velle application permet aux vulgarisateurs et aux agriculteurs d’accéder à l’information et de la traiter directement au lieu d’avoir à batailler avec des commandes vocales auto- matiques. L’information fournie s’appuie sur les dernières recherches de l’IRRI relatives au rendement rizicole. À l’heure actuelle, elle n’est disponible que pour le Bangladesh, l’Indonésie et les Philippines, mais il est prévu d’étendre le service à d’autres pays en développement. “Nous travaillons égale- ment sur une application pour la gestion des cultures, qui fournira des informations rela- tives aux pratiques rizicoles, à l’irrigation, à la gestion des ravageurs et à la sélection des graines”, ajoute R. Castillo. dÉloCalisation Kiribati achète des terres aux Fidji Kiribati achète actuellement des terres sur l’île principale des Fidji, anticipant à long terme la montée des eaux. Le Président Anote Tong explique qu’à ce stade l’achat de 25 km² à Viti Levu constitue un investissement. “La délocalisation est notre dernier recours”, précise-t-il. Les 33 îles et atolls de Kiribati se trouvent pour le moment à 2 m au-dessus du niveau de la mer, mais des marées de plus en plus hautes risquent de submerger une partie de cette nation du Pacifique. Les cocotiers, principale culture vivrière de Kiribati, sont menacés par l’avancée de la mer et par la sécheresse, et l’intrusion d’eau de mer dans les puits a déjà causé des pénuries d’eau potable. ComPostaGe Déchets ménagers utiles ■ Les Mauriciens ne savaient que faire des centaines de milliers de tonnes de déchets ménagers qui s’entassaient dans l’île. Il y a une dizaine d’années, ils ont commencé à les enfouir sous terre sur un site éloigné des habitations, au prix de millions de roupies de transport. L’île étant petite, la pollution menaçait les nappes phréatiques qui alimen- tent plus de la moitié de la population en eau potable. Composter ces déchets composés à 70 % de matières organiques à des fins agri- coles est apparu comme une solution oppor- tune. Le chemin a été long, mais le compost est finalement produit à grande échelle à Maurice. Au lieu d’aller vers le centre d’en- fouissement, les déchets prennent la direction de l’usine Solid Waste Recycling, dans l’ouest de l’île, où ils sont triés pour enlever les objets en métal avant de recevoir une bactérie natu- relle qui accélère le compostage. Les déchets sont retournés tous les sept jours pour une bonne ventilation avant d’être mis à sécher. Le compost est alors prêt à être trié mécani- quement. Après plusieurs étapes de tri, il est tamisé à 2,4 mm puis ensaché en sacs de 5 et 25 kg pour être vendu aux agriculteurs. aPe Premiers accords en vigueur depuis mai 2012, de premiers accords de partenariat économique s’appliquent aux échanges entre l’Ue et quatre pays africains. Ces accords prévoient un accès libre au marché européen pour madagascar, maurice, les seychelles et le Zimbabwe. Ces pays devront également ouvrir leur marché aux entreprises européennes au cours des 15 prochaines années. Plus d’informations : www.agritrade.com rÉseaUX soCiaUX Geeks africains mxit (“mix it”), une application libre développée en afrique du sud, revendique 50 millions d’utilisateurs en afrique. avec 750 millions de messages échangés par jour, ce réseau social africain bat twitter. le prix des messages textes envoyés à partir d’un mobile connecté à internet est dérisoire. en milieu rural où les tiC sont de plus en plus utilisées, le réseau a un succès grandissant. Tas de compost prêt pour l’ensachage Une application gratuite pour conseiller les riziculteurs Conseil aGriCole sUr les ondes Des réponses en direct L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) a lancé, fin 2011, “Fréquence agricole”, une émission interactive sur l’agriculture à travers plusieurs radios au Cameroun. L’émission est animée par le rappeur Valsero et Bernard Njonga, président de l’ACDIC, ingénieur agronome pétri d’expérience. Les auditeurs appellent ou envoient par SMS leurs questions en rapport avec les thématiques agropastorales. L’équipe en studio leur apporte des réponses en direct. De nombreux porteurs de projet en agriculture ou en élevage, en quête de conseils, assaillent sans répit le standard à chaque émission. Le succès aidant, les promoteurs diffusent désormais les enregistrements de ces émissions sur les radios rurales. © C . N fo rg an g ACTUALITÉS 6 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © IR RI © B . Cl ou ti er © N . Ac kb ar al ly semenCes La pomme de terre de retour en PNG Les efforts visant à relancer le secteur de la pomme de terre en Papouasie-Nouvelle-Guinée portent leurs fruits. Lagaip Porgera, dans la province d’Enga, était un centre de production majeur avant que le mildiou ne ravage les cultures du pays en 2003. Aujourd’hui, les agriculteurs bénéficient d’une aide pour rétablir cette culture grâce à des systèmes permettant de produire des semences saines. Trois serres modernes ont ainsi été construites pour cultiver des plants résistant au mildiou. Cette initiative a d’ores et déjà fourni aux cultivateurs 50 tonnes de plants de pomme de terre sains et apporté formation et vulgarisation. Avec le mildiou, la culture de la pomme de terre était subordonnée à l’utilisation de coûteux fongicides. adaPtation Alerte rouge pour le rooibos ■ Les cultivateurs sud-africains de rooibos modifient leurs pratiques pour s’adapter à l’évolution des conditions météorologiques qui menace cette culture. Ces dernières années, l’absence récurrente de pluie entre mai et août a décimé les jeunes plants, cau- sant des pertes massives chez les quelque 300 agriculteurs (surtout de petits exploi- tants) qui cultivent le rooibos pour le vendre comme thé, essentiellement à l’exportation. Pour faire face à cette menace, les culti- vateurs ont planté des brise-vent formés de plantes autochtones afin de stopper l’érosion des sols. Ils ont aussi construit des systèmes de captage d’eau et utilisé des semences plutôt que de jeunes plants. “Les semences mettent plus de temps à pousser, mais sont moins sen- sibles au manque de pluie”, explique Pieter Koopman, qui a perdu la moitié de sa produc- tion durant la dernière décennie. Son exploi- tation se trouve dans le Suid Bokkeveld, une petite région d’Afrique du Sud qui concentre toute la production mondiale de ce “thé rouge”. Le rooibos, l’un des rares produits d’Afrique faisant l’objet d’une indication géo- graphique, suscite une demande croissante dans le Nord, mais pousse exclusivement dans cette zone, où il s’épanouit au rythme d’hivers rigoureux et d’étés caniculaires. CommerCialisation Foires agricoles, plus de clients ■ Des millions de tonnes de produits agri- coles pourrissent chaque année dans les zones rurales du Mozambique, et ce à cause du manque d’infrastructures et de routes per- mettant de les écouler sur les marchés. Depuis quelques années, un programme spécial du gouvernement, financé par le FIDA, soutient les foires agricoles, comme alternative aux marchés traditionnels. Plus de clients parti- cipent aux foires, qui pourraient difficilement aller acheter sur les zones de production. João de Castro, chef du poste administratif de Netia dans la province de Nampula, une province riche en céréales, arachides, hari- cots, sésame et manioc, explique que sur les marchés traditionnels ce sont les commer- çants, venus en 4x4, qui imposent leurs prix. Et les producteurs n’ont d’autre choix que d’accepter ces prix. Alors que dans les foires agricoles, qui se réunissent une fois par se- maine dans un lieu déterminé, davantage de commerçants et producteurs vendent, achètent ou échangent des produits, il y a plus de concurrence. Les paysans échangent des produits agricoles contre des bicyclettes, des articles ménagers, des vêtements et des chaussures, et attirent en plus de futurs clients. Feuilles de rooibos transformées en thé Vente de produits agricoles dans une foire (province de Maputo, Mozambique) maUvaises rÉColtes Les pesticides responsables des chercheurs ghanéens affirment que la baisse de la production du cacao et du palmier à huile serait liée aux pesticides qui nuisent aux pollinisateurs. Pour favoriser le développement des insectes, les entomologistes recommandent la plantation de palmiers au milieu des champs de cacao pour accueillir leurs reproductions. aGriCUltUre ContraCtUelle Multiples garanties Dans quatre provinces du nord du Mozambique, un groupement d’organisations de la société civile mène un programme gouvernemental de promotion des marchés ruraux (PROMER) qui fournit aux paysans locaux des services et leur facilite l’accès au crédit bancaire et aux institutions de microfinance. Ce groupement associe les producteurs au marché, au moyen de “contrats à terme”, avec la garantie de vendre leurs produits à des prix avantageux pour les deux parties (producteurs et acheteurs). L’accès au crédit est garanti par les contrats. Les principaux commerçants de la région s’engagent à acheter les céréales, les haricots et d’autres cultures, et les agriculteurs s’engagent à les produire et à les fournir aux dates convenues. © A . da S ilv a CHanGement ClimatiQUe Les racines en images des scientifiques ont fait une avancée capitale en imagerie racinaire en voulant développer des variétés capables de pousser dans des conditions difficiles. la technique mise au point utilise la tomodensitométrie, une technologie qui sert à diagnostiquer les lésions des tissus mous chez l’être humain. des chercheurs de l’Université de nottingham, au royaume-Uni, ont mis au point un logiciel d’imagerie pour analyser les scans – rootrak –, en procédant à des essais sur le maïs, la tomate et le blé. AGRICULTURE sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 7 © M . Jo ub er t © B . N ha m ir re © V . Pr as ad Gestion d’ÉCosYstÈmes Anciens et modernes ■ Aux Fidji, les communautés de pêcheurs combinent approches nouvelles et pratiques ancestrales dans leur lutte pour protéger les ressources marines. Parallèlement aux traditions communautaires de gestion de la mer, elles exploitent les avancées scien- tifiques afin de préserver leurs moyens de subsistance. Dix villages du district de Kubulau s’im- pliquent dans le programme fidjien de la Wildlife Conservation Society pour créer le premier réseau de zones maritimes protégées du pays en s’appuyant sur les connaissances scientifiques. L’objectif est d’augmenter la biomasse des poissons dans le secteur pour assurer l’alimentation des communautés et conserver la biodiversité le long du littoral, en instaurant des zones où la pêche est soit interdite, soit étroitement surveillée. Le projet applique les méthodes tradition- nellement en usage dans les zones marines de la région gérées à l’échelle locale – par exemple, dans les zones temporairement in- terdites à la pêche. Il fait aussi intervenir les connaissances scientifiques acquises en ges- tion écosystémique. Celle-ci considère les écosystèmes dans leur globalité, en tenant compte des interactions entre l’individu et son environnement. CHenilles dU KaritÉ Une poudre contre la malnutrition L’abondance des chenilles du karité dans l’ouest du Burkina Faso apporterait une solution pour lutter contre la malnutrition. Monté par des étudiants de l’Institut 2iE à Ouagadougou, le projet Faso Prot exploite ce produit deux fois moins cher que la viande et trois fois plus riche en protéines. Le projet prévoit de fabriquer un complément alimentaire à base de poudre de chenille qui serait disponible toute l’année sur l’ensemble du pays, alors que les chenilles ne sont jusqu’ici consommées que dans certaines régions, entre juillet et septembre. PoUssins Une teinture salvatrice Une teinture spéciale, pourpre, a été présentée aux aviculteurs kényans pour les aider à réduire les pertes dues aux attaques de faucons (responsables de 40 % des pertes de poussins élevés en plein air). mise au point dans le cadre du Programme kényan de développement du maïs (KmdP), en coordination avec le Programme de promotion des intrants agricoles, cette teinture évite aux poussins d’être repérés par les faucons dans le ciel. bovins Croisements productifs ■ Le ministère angolais de l’Agriculture encourage et finance le croisement d’es- pèces bovines locales afin d’améliorer les races locales et diminuer les importations de viande. Ce croisement concerne les races locales Zunu et Mondombe avec le bœuf brésilien de race Nelore. Les bovins Nelore donnent régulièrement naissance à des veaux de taille moyenne, en bonne santé, et qui peuvent rapidement se dépla- cer avec le troupeau après la mise bas. Leur peau est noire, riche en mélanine, facteur de protection contre les rayons solaires, ce qui est d’une extrême importance dans les régions tropicales ou intertropicales d’Ango- la. Les vaches adultes peuvent peser jusqu’à 800 kg, et les taureaux plus de 1 000 kg. Le croisement avec les espèces angolaises, de petite taille, plus résistantes aux fortes températures et aux maladies locales, s’est avéré très positif. Les premiers bovins résultant de ce croi- sement ont déjà commencé à être commer- cialisés dans les foires agropastorales, où ils ont remporté un franc succès auprès des éleveurs. Par ailleurs ont été créés des mé- canismes d’accès au crédit, aux services de l’eau et de l’énergie, pour soutenir la recons- titution du cheptel du pays, réduit par plus de 25 ans de guerre. Des bœufs plus résistants tHon La pêche illégale continue les gouvernements des îles du Pacifique et les onG de protection de la nature ont échoué à instaurer de nouvelles mesures pour protéger les espèces de thon menacées du Pacifique. lors des négociations avec la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central (wCPFC) au printemps, les grands pays de pêche – États-Unis, Union européenne, Chine et japon – ont refusé toute nouvelle restriction. jUvÉniles PrÉservÉs Des filets percés Trouer les pièges traditionnels réduit sensiblement les prises accessoires tout en préservant les revenus des pêcheurs. C’est ce que montrent les expériences réalisées. Des pêcheurs ont confectionné des nasses traditionnelles en découpant sur les côtés, à la verticale, des rectangles de 2 à 4 cm sur 30 cm. Ces trous permettent aux juvéniles et aux espèces de taille similaire de s’échapper, mais retiennent les poissons ciblés, plus grands. Ces expériences ont été menées sur les côtes kényanes, dans le lagon d’un récif corallien très exploité. Il est apparu que cela réduisait les prises accessoires de 80 %, sans avoir d’incidence notable sur le volume de poissons ciblés, plus prisés. © S yfi a In te rn at io na l Conserver la biodiversité ÉLEvAGE ET PÊCHE 8 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © U N ES CO © IL RI © D R Carbone De forts pouvoirs d’absorption ■ La plantation de pourpier d’Afrique, plante succulente d’Afrique du Sud qui ab- sorbe le dioxyde de carbone en quantités considérables, crée des emplois et aide à frei- ner le changement climatique. À feuilles per- sistantes, Portulacaria afra ou “spekboom” en afrikaner, aussi appelé “buisson aux élé- phants”, a une capacité de piégeage du CO2 fantastique. Cette plante absorbe aussi l’eau et la rejette dans le sol comme une éponge. Elle atteint parfois 2,5 m de haut et pousse surtout dans les zones rocailleuses et arides. Des communautés locales sont payées pour boiser de vastes zones au Cap-Oriental, où le surpâturage a causé l’érosion massive des coteaux. Le but est que ce programme gou- vernemental, à terme, s’autofinance en ven- dant des crédits carbone. Selon les scientifiques, le maquis de spek- boom peut piéger 250 tonnes de dioxyde de carbone par hectare, à un rythme de quatre tonnes par an. Sa capacité à compenser les émissions de carbone nocives équivaut à celle de la forêt subtropicale humide. Les boutures utilisées proviennent d’une exploitation voi- sine ; elles ont été faites avec soin, dans le respect de l’environnement. mobilisation Une alliance combattive ■ Depuis la crise politique malgache de 2009, les res- sources naturelles telles que bois précieux (bois de rose, d’ébène), ressources minières (or, saphir…) et maritimes sont pillées. C’est le constat de l’or- ganisation environnementale Alliance Voahary Gasy (AVG) qui a ouvert une plateforme d’interpellation, de partage d’informations et de formations. Selon son secrétaire général, depuis 2009, 25 000 m3 de bois précieux ont fait l’objet de trafic contre 1 000 m3 par an avant la crise. Forte d’une trentaine d’organisations de la société civile, AVG a mis en place une ligne verte, un forum en ligne, des séries de débats mais aussi des investigations sur le terrain. Depuis sa création en novembre 2009, l’alliance a porté plainte en justice contre l’État et revendiqué l’annulation des arrêtés portant exploitation exceptionnelle de bois précieux et la suspension d’exploitations minières illi- cites. Elle a réclamé la création d’un tribunal vert. Ses actions ont abouti, avec notamment l’abrogation des arrêtés contestés, la suspen- sion de trois compagnies minières exemptes de permis environnementaux mais aussi le comptage et la saisie des bois de rose et autres ressources interceptées depuis la crise… www.alliancevoaharygasy.mg reForestation Leaders en première ligne En 2011, les leaders communautaires ont planté près de 1 240 petites forêts communautaires dans la province d’Inhambane, au sud du Mozambique, dans le cadre de l’initiative “Un leader, une forêt”. Cette initiative vise à lutter contre la destruction des forêts de la province, dévastées par l’exploitation forestière et la production de charbon de bois. Dans chaque région du pays, les leaders communautaires locaux sont chargés de coordonner la plantation et la protection des arbres. La direction provinciale de l’agriculture fournit une assistance technique et distribue des manuels d’éducation environnementale. Le fonds qui soutient cette activité est assuré par le gouvernement. Buisson de pourpier d’Afrique ou Portulacaria afra oiseaUX d’eaU miGrateUrs Danger d’extinction Plus d’une espèce d’oiseaux d’eau migrateurs sur dix est en danger d’extinction, du fait de la destruction des marécages, mangroves et estuaires où ils se nourrissent. or, en seulement 20 ans, 90 % des zones humides ont disparu en afrique de l’ouest. soixante-cinq pays membres de l’accord international pour la conservation des oiseaux d’eau migrateurs (aewa), dont 28 africains, ont adopté un “plan d’action pour l’afrique” en mai dernier. Réunion de vigilance des riverains Conservation Protection renforcée Vingt-trois projets de conservation d’espèces menacées vont bénéficier de l’aide du fonds mondial de conservation SOS (Sauvons nos espèces), à hauteur de 2,4 millions d’euros, a annoncé l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’Afrique entre dans plus de la moitié des projets, dans une quinzaine de pays. Six projets concernent des mammifères, comme les gorilles au Cameroun dont il reste moins de 300 individus. Des espèces d’oiseaux et d’amphibiens sont également concernées. À Madagascar, la protection des grenouilles mantelles est pilotée par l’association malgache Madagasikara Voakajy, en lien avec les communautés et autorités locales. © D R PRUNUS AFRICANA L’arboriculture pour la prostate alors que les maladies de la prostate sont en augmentation, des chercheurs ont localisé des sites où cultiver la source d’un remède alternatif : Prunus africana. Cet arbre dont l’écorce est utilisée dans le traitement de la prostate figure désormais sur la liste des espèces menacées d’extinction. Une étude du Centre mondial d’agroforesterie a identifié plusieurs sites potentiels en afrique de l’est. ENvIRONNEmENT sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 9 © w w w .g in ee na .o rg © M . An dr ia ti an a © S yfi a In te rn at io n al award Poulets locaux ■ Le programme AWARD (African Women in Agricultural Research and Development) s’intéresse à la re- cherche-développement menée par les Africaines dans le domaine agri- cole. Lancé en 2008, il a permis d’ac- corder 250 bourses de deux ans à des scientifiques africaines de talent. Sa première phase a mis à l’honneur des travaux prometteurs sur les poulets résistants à la maladie, que mène la généticienne kényane Sheila Ommeh en collaboration avec des avicultrices. S. Ommeh a réalisé des études in vitro pour analyser la tolérance des poulets locaux à la maladie. Elle espère pouvoir procéder à une sélection génomique pour produire un “super- poulet” riche en viande, à rendement d’œufs élevé, résistant à la sécheresse et à la maladie. Les poulets locaux produisent souvent peu de viande et peu d’œufs, et sont très sensibles aux virus, tels que les maladies de Newcastle et de Gumboro. Les recherches que mène Sheila Ommeh à l’Institut international de recherche sur l’élevage à Nairobi s’accom- pagnent de formations en laboratoire dispen- sées dans le cadre du programme AWARD. S. Ommeh prévoit de soumettre son travail pour publication. malnUtrition Varier pour mieux manger ■ La malnutrition est directement liée à la perte de la biodiversité agricole. C’est la conclusion d’un programme de la FAO sur les liens entre biodiversité et équilibres ali- mentaires. Des études montrent en effet la grande richesse et variabilité nutritionnelle des anciennes variétés locales. Ces plantes ont largement disparu au profit de quelques variétés commerciales qui dominent les grandes cultures de l’agriculture mondiale (maïs, blé, riz, pommes de terre, soja). Forte de ce constat, la FAO travaille sur un projet de recensement des variétés de fruits et légumes consommées dans le monde ; 10 000 aliments sont déjà répertoriés dans une base de données. Pour les bananes, les pommes de terre, la patate douce, le manioc, le taro, le riz, etc., les données mises à disposition par la FAO témoignent de la très grande variabilité en minéraux et en vitamines d’une variété à l’autre. Chaque variété ayant des qualités propres, c’est bien leur diversité et leur com- plémentarité qui est équilibrée. Pour la FAO, ce travail d’information sur la valeur nutritionnelle des aliments doit permettre de réhabiliter les variétés tra- ditionnelles. ravaGeUrs Guêpe contre mineuse Face à la menace que fait peser la mineuse de la canne à sucre sur le secteur sucrier de la Barbade, les autorités de l’île ont introduit Cotesia flavipes, une guêpe minuscule identifiée comme un prédateur. Responsable de la section Entomologie du ministère de l’Agriculture, Ian Gibbs explique que la présence de la mineuse sur l’île avait augmenté de façon spectaculaire ces deux à trois dernières années. Un petit laboratoire élève le prédateur naturel de ce ravageur, puis des lâchers sont réalisés dans les champs touchés. Le ministère invite les producteurs de canne à sucre barbadiens à travailler en étroite coopération avec les représentants des pouvoirs publics. Le taux en vitamines et minéraux des bananes varie selon leur variété. matÉriaU Fibres constructives Des chercheurs burkinabés et français ont mis au point un matériau de construction bon marché à base d’argile, de sable et de fibres de kenaf. Cette plante, très utilisée au Burkina Faso pour fabriquer des sacs et des cordes, est de la famille du coton. Moins cher et plus résistant que les matériaux de construction classiques, le nouveau matériau offre par ailleurs une bonne isolation contre la chaleur et le bruit. Les chercheurs insistent aussi sur l’atout environnemental d’une culture qui ne détériore pas les sols et ne nécessite pas d’engrais. Jacob Sanou, du centre de recherche de Farako-Ba au Burkina Faso, explique qu’il a pris exemple sur l’utilisation du lin en Europe. UnesCo Une chaire pour l’alimentation la chaire Unesco “alimentations du monde” (adm), créée par l’École nationale supérieure d’agronomie de montpellier, fête ses un an. Partenaire de différents instituts de recherches agronomiques, dont l’inra et le Cirad, elle vise une approche multidisciplinaire associant sciences biotechniques et sciences sociales pour la promotion de systèmes agricoles et alimentaires durables. www.chaireunesco-adm.com Sheila Ommeh examine des poulets locaux. © D R © A . Ta it t base de donnÉes Informations agricoles Une initiative régionale cherche à renforcer la recherche agricole dans le Pacifique occidental. mais, le système d’information agricole mélanésien, fait l’objet d’un partenariat entre les agences de recherche et de développement agricoles de Papouasie-nouvelle-Guinée, des îles salomon et du vanuatu. il fonctionne désormais en ligne, offrant une base de données agricole gigantesque. RECHERCHE 10 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © S yfi a In te rn at io na l © A W AR D CooPÉratives Succès et difficultés ■ En cette Année internationale des Coopératives, la coopérative de consom- mation livre sa dernière bataille à Maurice avec des “Fair Price Shops” nouvellement créées, qui essayent de poursuivre les idéaux du mouvement coopératif. Les grandes sur- faces commerciales, qui poussent comme des champignons à travers l’île, ont eu raison des 90 boutiques coopératives ouvertes il y a dix ans. Seules trois luttent actuellement pour leur survie. Les dirigeants et membres des sociétés coopératives sont tout aussi respon- sables de cette situation, car ils ont laissé le champ libre au secteur privé, par manque de vision. Les consommateurs ne pouvant plus supporter l’amateurisme de ces sociétés, les prix pratiqués, la mauvaise gestion, le mau- vais état des boutiques et le manque de varié- té des produits ont fini par les abandonner au profit de grandes surfaces plus modernes où l’accueil, les prix et la variété sont de rigueur. Pourtant, les autres secteurs du mouve- ment coopératif réussissent bien. Les agricul- teurs groupés en coopératives produisent en- viron 40 % du sucre, 70 % des légumes, 75 % des oi- gnons, 40 % des pommes de terre. Sans eux, l’agri- culture ne marcherait pas. diversiFiCation De la canne à sucre aux jeunes plants ■ Il y a sept ans, Mun Sami, initialement planteur de canne à sucre aux Fidji, gagnait si peu qu’il a failli abandonner l’agriculture. Installé à Tavua, il a finalement décidé de changer de branche et de cultiver de jeunes plants pour le secteur horticole. Sans capital, M. Sami a commencé à ramasser des bols en plastique usagé où faire pousser ses premiers plants. Après deux années difficiles, il s’est adressé au ministère fidjien de l’Agriculture, qui l’a aidé à installer une petite pépinière et à acheter des plateaux en plastique adé- quats. Aujourd’hui, il possède l’une des plus grandes pépinières pour fruits et légumes de la région, et approvisionne les agricul- teurs de toute la Division occidentale des Fidji. M. Sami travaille dur pour satisfaire la demande, mais gagne bien plus que ce qu’il aurait jamais pu espérer tirer de la culture de canne à sucre. “Tout miser sur la canne à sucre a été ma plus grande erreur”, témoigne-t-il. “Je re- grette de ne pas m’en être rendu compte plus tôt. Il est temps pour les agriculteurs d’aban- donner la monoculture au profit d’autres perspectives agroalimentaires afin de conti- nuer à vivre décemment de leur activité.” ÉPiCes Un réseau Pacifique Plus de 300 petits producteurs d’épices du Pacifique se sont regroupés au sein du Vanuatu Spices Network. Ces agriculteurs, qui cultivent de la vanille biologique, du gingembre, du piment, du poivre et du curcuma, sont répartis sur sept îles du Vanuatu. Ils se sont organisés avec l’aide de l’ONG Farm Support Association (FSA). Sur des exploitations de 0,3 hectare en moyenne, les producteurs procèdent à une première transformation des épices. La transformation finale est réalisée chez l’un de leurs principaux clients, Venui Vanilla, avant que les produits ne soient vendus et expédiés par bateau aux marchés haut de gamme d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Europe. Pommes de terre Des semences de qualité Une cartographie de la chaîne de valeur des pommes de terre de semence a été lancée en Éthiopie, au Kenya, en ouganda, au rwanda et en tanzanie. il s’agit d’encourager les investissements productifs pour accroître la qualité des semences. la production de pommes de terre en afrique subsaharienne a plus que doublé depuis 1994, mais les rendements restent faibles, car la qualité des semences laisse à désirer. manGUe Amande vertueuse Fruit saisonnier, la mangue est très appréciée pour son goût sucré et sa forte teneur en vitamines. des recherches récentes viennent de découvrir des vertus cosmétiques au beurre obtenu à partir de l’amande du noyau. le beurre de mangue serait bienfaisant pour les peaux sèches et les cheveux cassants. Un atout de plus pour un fruit aux multiples vertus. Près de 40 % des pommes de terre produites à Maurice le sont par des coopératives. naFaso Paysan entrepreneur Au Burkina Faso, un producteur semencier, Abdoulaye Sawaodogo, et un technicien agricole, Issaka Sawadogo, ont mis en place en 2008 une entreprise, spécialisée dans la production, le conditionnement et la commercialisation de semences améliorées, NAFASO. Le gouvernement veut porter le pourcentage de producteurs utilisent des semences améliorées de 6 % aujourd’hui à 50 % d’ici 2015. Il s’y emploie au travers d’un financement du programme “Facilité alimentaire” de l’UE, mais cet appui est limité dans le temps. Les initiateurs de NAFASO veulent “rapprocher le mieux possible les semences de nos principaux clients que sont les paysans dans les campagnes”. De 234 tonnes en 2008, la production de semences par NAFASO a atteint 1 030 tonnes en 2010. © I. M aï ga Ces six pages ont été réalisées avec la contribution de : N. Ackbarally (maurice), m. Andriatiana (madagascar), A. da silva (mozambique), I.  maïga (burkina Faso), c. Nforgang (Cameroun), b. Nhamirre (mozambique), V. prasad (Fidji), m. reinert (France) et J. saizonou (bénin). ENTREPRISE ET COmmERCE sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 11 © N . Ac kb ar al ly © P . Bi an ch es si Depuis quelques mois, l’Afrique de l’Ouest est touchée par une crise alimentaire sévère. La réponse régionale est-elle adaptée et suffisante ? Grâce au dispositif mis en place par le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), l’alerte a été rapide (signaux tirés dès septembre-octobre, puis réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires [RPCA] à Praia en décembre 2011). Malheureusement, en violation des engagements pris, un certain nombre d’acteurs ont, pour des raisons diverses contesté les chiffres, ou fait des déclarations alarmistes qui ont créé la psychose et amené les commerçants à faire de la rétention de stocks pour augmenter les prix. La réponse n’a donc pas été suffisante. Plus grave, elle a tardé à venir ; et dans ces cas-là, la situation empire et les besoins augmen- tent. En matière de prévention, la réponse doit être ciblée et rapide, si on veut être effi- cace à moindre coût. La réaction de la communauté internationale et africaine vous semble-t-elle adaptée ? On dirait que la communauté internationale, comme la plupart des décideurs, ne réagit que quand la crise est de grande ampleur, avec des images choc sur les écrans de télévision. Alors seulement, on sort les grands moyens, à grand frais mais souvent sans grande efficacité. Or la situation actuelle est celle, sournoise, d’une fragilité rampante. Plusieurs facteurs en sont la cause : dégradation continue des conditions d’existence des populations, forte exposition aux risques de marché et à l’instabilité des prix ré- gionaux et internationaux, sensibilité croissante aux aléas et aux risques… Les ménages n’ont pas le temps de reconstituer leur capital avant que la prochaine crise ne survienne, et deviennent de plus en plus sensibles au plus petit choc externe. Il faut une réponse structurelle, qui aille au-delà de la grande mode du moment, la résilience, qui est certes un grand pas, mais ne sera pas suffisant. Il nous faut de grands investissements dans l’agriculture : recapita- liser les sols, développer l’irrigation, trouver les moyens d’assurer l’accès des petits produc- teurs à la terre et au financement des moyens de production, les connecter aux marchés. Et en vérité, c’est cela qui est dans les Programmes nationaux et régionaux d’inves- tissement agricole (PNIA et PRIA) : mais nous manquons d’engagement, de continuité dans les efforts, de conviction que c’est possible et que c’est nous, Africains, qui allons faire nous-mêmes notre développement, pas les bailleurs de fonds. L’absence de coordination des aides, l’hétéro- généité des approches, la multiplication des structures ad hoc de gestion de projets affai- blissent les capacités nationales et régionales et retardent l’atteinte des objectifs poursuivis par les États, les institutions régionales et les partenaires internationaux. Les organisations de producteurs (OP) s’impliquent de plus en plus pour la sécurité alimentaire. Sont-elles suffisamment formées ? Dans le domaine des politiques agricoles, la quasi-totalité des revendications des OP a été prise en compte dans les orientations géné- rales des politiques, notamment de l’ECOWAP. Les OP sont de mieux en mieux formées, avec l’appui des partenaires du Nord et du Sud. Mais il reste encore à améliorer leur capacité à s’impliquer dans la négociation et la mise en œuvre des politiques, notamment en amélio- rant la représentativité de leurs réseaux et donc la légitimité de leurs propositions et leur capa- cité à peser, et en renforçant la capitalisation interne des pratiques, initiatives et expériences des OP en lien avec l’agenda des négociations. Les exploitations familiales sont-elles la solution pour assurer la sécurité alimentaire dans la sous-région ? Couvrir les besoins alimentaires et nutrition- nels d’une population en croissance forte et assurer à chacun un accès durable et stable à une alimentation diversifiée est le principal défi que doit relever la région. Un secteur agricole solide constitue la voie la plus sûre pour rele- ver ce défi. La région considère qu’elle dispose du potentiel de production (terres, pâturages, eau, ressources humaines) qui lui permet d’as- surer sa souveraineté alimentaire, en couvrant l’essentiel de ses besoins. Cependant, les condi- tions de mise en valeur de ce potentiel sont dé- terminantes pour contribuer à éliminer la faim. L’Afrique de l’Ouest dispose d’une forte popu- lation agricole et l’essentiel de la production repose sur des exploitations familiales. La re- conversion dans d’autres activités économiques hors de l’agriculture est complexe, compte tenu des perspectives réduites offertes par les sec- teurs de l’industrie et des services. L’essentiel de l’exode des agriculteurs alimente aujourd’hui un secteur informel pléthorique, qui n’assure qu’une très faible rémunération du travail. Dans ce contexte, la modernisation des ex- ploitations familiales est un enjeu majeur. Le développement de l’agriculture sur la base d’agro-entreprises peut éventuellement contri- buer à résoudre les problèmes d’offre, mais il ne contribue que faiblement à résoudre le pro- blème de la pauvreté qui est le facteur numéro un de l’insécurité alimentaire. www.hubrural.org Yamar mbodj L’insécurité alimentaire, défi majeur Informer, conseiller, dialoguer pour améliorer l’impact des programmes de développement rural en Afrique de l’Ouest et du Centre, tel est l’objectif du Hub rural. Devenu association internationale de droit sénégalais en 2011, le Hub rural a parmi ses thèmes clés la sécurité alimentaire. Le Dr Yamar Mbodj, directeur exécutif du Hub rural, a auparavant travaillé comme conseiller agriculture/NEPAD à la Commission de la CEDEAO à Abuja. Il a contribué à la définition et à la mise en œuvre de la politique agricole régionale, l’ECOWAP/PDDAA. INTERvIEw 12 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 CaCao Un avenir meilleur pour les producteurs Avec un marché en plein boom, les États s’intéressent de nouveau au cacao. En Côte d’Ivoire, la dérégulation est abandonnée. Dans les pays producteurs, des partenariats public-privé cherchent à doper la production et conquérir les marchés de niche. L’enjeu : mieux faire fonctionner le marché au profit des producteurs, tout en rendant la production plus durable sur le plan environnemental. 17 | POINT DE vUE Fredy Rajaonera : le haut du panier 18 | REPORTAGE À LA GRENADE De l’arbre à la barre chocolatée DOSSIER 13sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | © F ID A/ F. R am an ah ad ra y E n 2010/2011, la production mondiale de cacao devrait atteindre 4,3 millions de tonnes, selon les estimations de l’Organisation internationale du cacao (ICCO). Elle est essentiellement le fait d’exploitations familiales basées en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Indonésie, au Nigeria, au Cameroun, au Brésil et en Équateur. À côté de ces grands pays producteurs, d’autres – Tanzanie, Trinité-et-Tobago, Venezuela – ont une production peu importante mais reconnue pour sa qualité et la finesse des arômes. Trois variétés de cacao coexistent : forastero (80 à 90 % de la production mon- diale), criollo (1 à 5 %, le plus fin et aromatique) et trinitario (10 à 15 %, issu d’un croisement des deux pre- miers). Trinitario et criollo, connus pour leur arôme et délicatesse, sont très appréciés des connaisseurs et vivent un renouveau depuis le milieu des années 1990. Outre son usage alimentaire, le cacao sert dans les cosmétiques. La Côte d’Ivoire et le Ghana produisent actuellement près de 60 % de l’offre mondiale commercialisée. Premier producteur mondial (40 % de la production), la Côte d’Ivoire a actuellement de faibles rendements, tandis que le Ghana produit un cacao de qualité qui fait figure de référence pour les marchés mondiaux. Les pays des Caraïbes, producteurs de grands crus, se sont organisés en un collectif du cacao caribéen pour promouvoir la valeur ajoutée du cacao de la région. Les producteurs ne font pas leur beurre Les principaux importateurs de fèves de cacao sont les pays industrialisés du Nord qui concentrent plus de 80 % de la consommation. Il existe deux marchés pour l’achat de cacao : la bourse de Londres et celle de New- York. Le marché, soumis aux rumeurs ou anticipations de ruptures de stock, mauvaise récolte, catastrophes clima- tiques ou politiques, est très instable et spéculatif, avec des variations de prix très importantes. Si la demande de cacao, tirée par les pays émergents, ne cesse de croître (2-3 % par an), et devrait connaître, dans les années à venir, une hausse importante, les producteurs africains de cacao ne voient pas leurs revenus augmenter en conséquence. Les Nations unies s’inquiètent de cette répartition inégale. “Le bas niveau de revenus des produc- teurs constitue le principal enjeu relatif à l’économie du cacao. (...) Les prix doivent être suffisamment rémunéra- teurs pour les producteurs, et la production plus efficace, afin de leur garantir un revenu décent” (Conférence 2010 des Nations unies sur le cacao). En Côte d’Ivoire, le relèvement du prix aux planteurs est un des principaux objectifs d’une réforme soutenue par le FMI et la Banque mondiale, qui veulent un assainisse- ment du secteur. À la faveur de la stabilisation politique du pays, l’État ivoirien a ainsi décidé de revenir aux com- mandes de la production et la commercialisation alors Un accord, une organisation L’Organisation internationale du cacao (ICCO) est une organisation mondiale composée de pays producteurs et de pays consommateurs. Basée à Londres, elle a été créée en 1973 pour mettre en œuvre le premier Accord mondial sur le cacao, négocié à Genève lors de la conférence des Nations unies sur le cacao. Depuis lors, sept accords se sont succédé. Le septième, négocié à Genève en 2010, devrait entrer en vigueur en octobre 2012, pour une durée de 10 ans. Il apporte des innovations majeures, parmi lesquelles : la mise en œuvre d’une nouvelle structure organisationnelle pour renforcer l’efficacité de l’ICCO dans sa mission et la création d’un Conseil consultatif, l’élaboration d’objectifs clairement définis pour une économie du cacao durable, l’amélioration de la transparence du marché à travers la collecte, le traitement et la dissémination de données de sources tant privées que publiques, et la nécessité de lutter pour des prix du cacao justes et rémunérateurs, tant pour les producteurs que pour les consommateurs. DOSSIER 14 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 que 2011 a été une année record pour la Côte d’Ivoire, avec une excellente récolte. Trois principaux domaines sont visés : éradiquer le travail des enfants (qui concernait encore 800 000 enfants en 2009 selon une étude de l’Uni- versité de Tulane aux États-Unis), renouveler les arbres âgés sans recourir au défrichage sur brûlis et faire cesser la contrebande de cacao vers le Ghana. Mais cette réforme, qui s’accompagne de la suppression d’avantages fiscaux conférés à de puissants industriels locaux, se heurte à des oppositions et ne se fera pas en un jour… Pourtant, tous les regards sont tournés vers le premier producteur mondial qui sort d’une décennie d’instabilité politique et dont le secteur du cacao a été particulière- ment touché : vergers vieillissants, filière morcelée, pro- ducteurs peu organisés, de plus en plus tentés par la pro- duction d’hévéa, plus rémunératrice (3 000 $ US, 2 438 €, l’hectare contre 1 000 $ US, 812,50 €, pour le cacao). L’organisation par l’ICCO, à Abidjan, en novembre 2012, de la première Conférence mondiale sur le cacao est un symbole fort. Certification : d’importantes contraintes Les consommateurs étant de plus en plus sensibilisés à la qualité des produits et au bien-être des producteurs, les grands groupes commercialisant des produits chocolatés se sont pliés à la certification et un nombre croissant de marques annoncent des chocolats labellisés : biologique, FairTrade/FLO, Rainforest Alliance et UTZ sont les princi- pales certifications. Mais si les appellations se multiplient – grands crus, appellations d’origine contrôlée, cacaos certifiés biologiques, équitables, etc. –, elles demeurent l’exception : 6 % seulement de la production mondiale est certifiée biolo- gique, 1 % équitable, et environ 1 % Rainforest Alliance. Un label “cacao fin et aromatique” est défini, par l’ICCO, prin- cipalement par l’origine du cacao (certains pays seulement sont éligibles) et son volume (un maximum de 5 % de la production mondiale). En Côte d’Ivoire, la réforme étatique qui est en voie d’imposer un prix garanti au producteur n’est pas vue d’un bon œil par ceux qui pensaient que le label hol- landais UTZ serait un gage suffisant de soutien au secteur. Ce dernier, qui concerne 150 000 planteurs certifiés dans le monde, dont 50 000 en Côte d’Ivoire, met l’accent sur les bonnes pratiques agricoles et environnementales et non sur la rémunération des producteurs. Mais produire du chocolat certifié n’est pas une assu- rance de gains supplémentaires... Les certifications sont, pour la plupart, élaborées par des acteurs du Nord, sans concertation. Elles sont souvent coûteuses et impliquent des cahiers des charges complexes à mettre en œuvre (cf. Spore 158 : “Certification, les coûts en question”). Sécuriser l’approvisionnement Les initiatives internationales d’appui au secteur ca- caoyer se multiplient. Ainsi l’initiative américaine Feed the future (“nourrir l’avenir”) a-t-elle lancé une action pour la promotion de la filière du cacao en Afrique (ACI) de 11 millions de dollars (8,94 millions d’euros) pour 13 cho- colateries, en vue de développer la production de cacao en Afrique de l’Ouest ; la Fondation mondiale du cacao, créée par un groupe d’entreprises en 2000, ADM, Armajaro, Barry Callebaut, Nestlé, Cargill, etc., vise à promouvoir et coordonner le développement de la communauté du cacao. Les partenariats public-privé se développent aussi, à l’instar du lancement, fin 2011, d’un partenariat entre la multinationale américaine Cargill et l’Agence de soutien au développement rural national de la Côte d’Ivoire (Anader) apportant un investissement de 1,5 miliard FCFA (2,3 mil- lions €) pour la formation des producteurs et la distribution de 600 000 nouveaux plants de cacao (dont l’importance est à relativiser, à l’échelle du pays – soit 400 hectares…). De son côté, Cadbury, leader mondial de la confiserie, aide 60 000 familles depuis 2008 dans le cadre de la Cocoa Partnership Initiative, qui associe le Cocoa Board du Ghana et une coopérative de commerce équitable. Un million Des producteurs font sécher des fèves de cacao (Divo, Côte d’Ivoire). DOSSIER sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 15 © X in h ua /Z UM A/ Ré a de producteurs seraient concernés par l’élargissement de l’initiative prévu en Inde, Indonésie et dans les Caraïbes. Mais la multiplicité de ces initiatives ne doit pas cacher l’objectif premier des firmes engagées : sécuriser leur ap- provisionnement en cacao, le bien-être des producteurs étant un effet induit… La recherche en première ligne À l’heure du vieillissement des plantations ivoiriennes, de la diminution des terres disponibles et du changement climatique, améliorer la productivité est une question cru- ciale, dont la recherche s’est saisie. Des plants hybrides apportent des gains en précocité et productivité. En novembre 2011, le lancement d’une station de re- cherche expérimentale en Côte d’Ivoire, d’une valeur de 5 millions de dollars (4,06 millions d’euros), a été an- noncé en vue de “rassembler les efforts de recherche du Centre national de la recherche agronomique et les efforts de recherche privée de Nestlé, pour promouvoir la pro- duction de cacao. Nestlé envisage de dépenser 81 millions d’euros pour replanter 12 millions de cacaoyers au cours des dix prochaines années, soit environ 1 million d’arbres par an. Cette implication du secteur privé, si elle a des conséquences positives, peut aussi questionner sur l’indé- pendance de la recherche et les motivations de ce secteur. Une étude récente du CIAT (cf. Spore 159, p. 9) indique que la hausse récente des températures devrait engendrer des chutes drastiques de la production de cacao d’ici 2030 à 2050 en Côte d’Ivoire et au Ghana. Le CIAT préconise dans son rapport certaines mesures pour l’atténuer. Produire et transformer L’UE est le plus grand transformateur de cacao au monde, représentant plus de 40 % des broyages mondiaux. Parmi les pays développés, les Pays-Bas sont le plus grand broyeur au monde (525 000 tonnes), suivis par les États- Unis (390 000 tonnes) et l’Allemagne (385 000 tonnes). Malgré des difficultés (approvisionnement, coupures d’électricité, etc.), les pays producteurs se lancent dans la transformation : Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, etc. La Côte d’Ivoire est en bonne voie de dépasser les Pays- Bas avec un peu plus de 500 000 tonnes (40 % de la production de cacao du pays). Il convient néanmoins de noter que, sur les huit entreprises travaillant aujourd’hui dans la transformation de cacao en Côte d’Ivoire, quatre sont des filiales de multinationales européennes ou amé- ricaines : Saco (Barry Callebaut, Suisse), Unicao (ADM, États-Unis), Cargill Cocoa (États-Unis) et Cemoi (France). Cependant, de plus en plus d’entreprises ivoiriennes Le beurre de cacao pour les Congolais À Souanké, dans le département de la Sangha, au nord du Congo Brazzaville, l’association Observatoire des cultures bantou, de la biodiversité et de l’éducation à l’environnement (OCBBEE) fabrique, depuis 2009, du beurre à base de fèves de cacao produites sur de petites exploitations familiales de la région (2-3 ha), grillées puis écrasées dans un moulin. Ce beurre de cacao est vendu 24 000 FCFA le litre (36 €) dans la Sangha et à Brazzaville. “Nous achetons le sac de cacao de 100 kilos à 100 000 FCFA (153 €) auprès des paysans et après nous le transformons en beurre”, explique Calvin Ampieh, coordonnateur de l’OCBBEE. Le beurre de cacao est très utilisé en cuisine, entrant dans la préparation de nombreux plats congolais, mais aussi comme cosmétique, et son usage médicinal est très apprécié, notamment en massages. Torréfaction de fèves pour la fabrication du chocolat à Madagascar DOSSIER 16 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © F ID A/ F. R am an ah ad ra y © J .- T. N go yi sont impliquées, et les activités de transformation du pays font des progrès importants. Il existe quatre entreprises au Ghana qui transforment les fèves en liqueur, poudre, beurre et gâteaux. Des in- vestissements croissants apparaissent dans la première transformation du cacao. Barry Callebaut, grand groupe international, a récemment doublé sa capacité de transfor- mation. Autre grande firme, Cargill s’apprête à implanter sa première usine au Ghana. Aujourd’hui, cependant, les pays africains devraient se retourner vers l’Amérique du Sud et notamment le Brésil. Ainsi Philippe Bastide, chercheur au CIRAD, de retour du premier Salon mondial du chocolat organisé dans un pays producteur, à Salvador de Bahia, cite-t-il avec enthousiasme les initiatives des producteurs brésiliens qui font de la valeur ajoutée, sur place, avec leurs produits, sous-produits et pro- duits semi-finis. Le Brésil, sixième producteur et troisième consommateur mondial, consomme l’ensemble de sa pro- duction. Un dynamisme entrepreneurial très en avance sur son voisin africain, qui pourrait avoir valeur d’exemple… Point de vue Fredy Rajaonera est directeur général adjoint de la chocolaterie Robert. Il est également vice-président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) et coordonnateur général du groupe Ramanandraibe Exportation. © M . An dr ia ti an a CHiFFres ClÉs 80  % de la consommation mondiale de chocolat sont le fait des pays du Nord. 1 % de la production mondiale est certifié équitable. 1,48  million de tonnes est la production de cacao en Côte d’Ivoire en 2010. 2-3  % de croissance annuelle, la demande mondiale de chocolat croît à un rythme fort et stable. Le haut du panier Pourquoi avoir choisi le marché du cacao haut de gamme ? Si la production malgache est relativement faible en quantité (5 000 tonnes de cacao par an, contre 1,5 million de tonnes en Côte d’Ivoire, par exemple), la qualité est irréprochable. Les fèves de cacao biologique que nous produisons sont fines, fruitées et aromatisées, des qualités très recherchées. La Grande Île dispose d’un cru de cacao fin au nord-est (Sambirano) sur une étendue de 15 000 hectares, reconnu parmi les cinq plus grands crus au monde. Nous avons valorisé ce potentiel en visant les marchés de niche aux États- Unis, en France, Grande-Bretagne, Italie et dans les îles voisines. Chaque année, la chocolaterie Robert exporte 3 500 tonnes de fèves de cacao et 40 tonnes de chocolat. Quelle sorte de cacao produisez-vous ? Criollo, trinitario et forastero sont les trois sortes de cacao que nous utilisons. Nous exportons 40 tonnes de chocolat chaque année sous différentes formes : poudre de cacao, tablettes de chocolat, coupe-faim, bûche de Noël, etc. La firme a décroché la Silver Cup de l’Académie du chocolat en France et un chocolat fabriqué par le chocolatier français Cluizel à partir de notre production a obtenu la plus haute distinction au Salon international du chocolat de Paris en 2004. Quel est le secret de votre longévité ? Avoir le bon cru ne suffit pas, il faut aussi une bonne maturité des cabosses, une excellente fermentation mais également un dispositif de transformation moderne. À chaque étape, nous procédons à une analyse microbiologique et chimique des marchandises. Nos producteurs sont parmi les mieux lotis et sont surtout fidélisés. La chocolaterie achète directement auprès des planteurs ou à travers les collecteurs. Quels que soient les aléas de la production, elle assure aux paysans un minimum de commande et une prime à chaque campagne. Les planteurs disposent également de dispensaires de santé. Nous offrons régulièrement des formations et un encadrement sur le terrain. Nos deux ingénieurs hautement qualifiés collaborent avec les techniciens agricoles du ministère de l’Agriculture et nous faisons venir régulièrement au pays le meilleur ouvrier de France. Et demain, quel avenir pour le chocolat malgache ? Pour anticiper sur le vieillissement des plants de cacao, 1 500 hectares de nouvelles plantations sont prévus. Nous commençons aussi à nous diversifier, avec des fruits secs alliés au chocolat, de la confiserie, de la pâtisserie mais aussi l’exportation de beurre de cacao utilisé dans l’industrie cosmétique (fabrication de crèmes hydratantes). Cabosses de cacao sur une charrette (Madagascar) Dossier rédigé avec la collaboration de Mamy Andriatiana, journaliste, gérant de l’agence de com- munication rurale Mediascope (Madagascar) et Jean- Thibaut Ngoyi, reporter au journal Tam-Tam d’Afrique (Congo). DOSSIER sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 17 © M . An dr ia ti an a D ans la luxuriante vallée d’Hermitage, l’odeur caractéristique du cacao se répand autour d’une maison aux couleurs pastel. Cet arôme pur s’échappe du siège de la Grenada Chocolate Company, qui se dresse derrière une haie plane de pan- neaux solaires. “Je viens juste de finir de griller la der- nière fournée de fèves de la journée”, indique Edmund Brown, l’un des fondateurs de la coopérative, qui est au travail depuis six heures du matin. Il explique que le bruit vient de la machine de conchage (NDLR : opération qui consiste à malaxer à chaud la pâte de cho- colat dans des cuves ou conches). “Il faut trois jours en tout – de la torréfaction des fèves au conditionne- ment des plaques – pour obtenir une belle pâte onc- tueuse.” “L’humidité est un problème pour stocker les fèves sèches.” Mais ce problème est compensé par l’air de la montagne, idéal pour cultiver des fèves de pre- mière qualité. Huile de coude et technologie À force de parcourir la Grenade pendant des années, l’ingénieur américain Mott Green est devenu un amateur éclairé de cacao. En lançant cette initiative en 1999, il cherchait à faire profiter les cacaoculteurs locaux, dont les gains sont les plus faibles de la filière, des bénéfices élevés de l’activité chocolatière. M. Green a conçu et développé l’équipement solaire et la machinerie de base servant à fa- briquer le chocolat. Il a été facile d’obtenir la certification d’agriculture biologique, puisque les exploitants avaient cessé d’utiliser des produits chimiques, inabordables pour eux. La faiblesse de son agriculture et une population agri- cole vieillissante comptent parmi les principaux problèmes de la Grenade aujourd’hui. “Même si nous payons un prix supérieur aux agriculteurs qui nous approvisionnent, tout en leur assurant un marché stable, certains nous disent qu’ils ne peuvent pas continuer.” La Grenada Chocolate Company emploie désormais une équipe mobile De l’arbre à la barre chocolatée Les chocolatiers belges ou suisses apprécient la qualité supérieure des fèves de cacao de la Grenade. Une coopérative y tient une petite fabrique de chocolat biologique, qui fonctionne entièrement à l’énergie solaire. rePortaGe À la Grenade Des fèves qui deviendront chocolat Préparation des fèves avant torréfaction Panneaux solaires installés au siège de la coopérative De gauche à droite : DOSSIER 18 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © 2 01 2 Ab ig ai l H ad ee d d’ouvriers agricoles qui, l’année durant, remet en état d’anciennes exploitations cacaoyères. La fierté d’y arriver Entre-temps, Mott Green est le seul étranger parmi les treize associés d’une entreprise dont la pérennité repose sur trois éléments : revenus supérieurs, régularité (des revenus tout au long de l’année) et fierté. “Développer Smilo”, avec sa pub au rythme calypso entraînant, voilà ce qui crée la dynamique. Smilo est la version locale de la poudre chocolatée Milo, version que la société fabrique sans sucre ni additifs. Sur l’île, ce sous-produit obtenu lors de l’extraction du beurre de cacao se vend mieux que les barres chocolatées. On le trouve dans tous les petits magasins d’alimentation. Pour preuve de sa réussite sur ce marché de niche – mais en plein essor – du chocolat noir authentique, l’entreprise a vu sa barre à 82 % de cacao récompensée par la médaille d’argent 2011 de l’Academy of Chocolate ; et son travail a été salué dans de grandes re- vues internationales. Elle vient de sortir une barre 100 % de cacao et proposera très bientôt Salty-Licious, une barre alliant du cacao 71 % et du sel de la mer des Caraïbes. Du chocolat “vert” Après un sursaut de la production, la société tente de la lisser à nouveau et d’occuper une place particulière sur le marché international, avec un chocolat gastronomique fin vendu à un prix avantageux. Elle vise les magasins spécia- lisés du marché européen haut de gamme – auxquels elle vend de plus petites quantités qu’aux grossistes mais en dégageant une marge supérieure. Un événement historique a marqué mars 2012 : la toute première livraison transat- lantique de chocolat sans émission nette de carbone ! L’éco- voilier Tres Hombres de Fair Transport a transporté 3 tonnes de chocolat noir biologique jusqu’au Royaume-Uni et à Amsterdam. Pour tous, la saveur de ce chocolat fabriqué à la Grenade dans un souci d’équité et dans le respect de l’envi- ronnement y a gagné en délicatesse et en richesse. Oonya Kempadoo Pour aller plus l oin CEDEAO-CSAO/OCDE Atlas de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Série économie. Le cacao. CEDEAO-CSAO/OCDE, 2007. Réalisé par Philippe Bastide (CIRAD) http://tinyurl.com/d2cafnm CTA Note de synthèse : http://tinyurl.com/d3565wy Agritrade Articles : http://tinyurl.com/c5v8q3c Fondation mondiale du cacao http://tinyurl.com/q3prb5 Forum du cacao fin des Caraïbes (CFCF) (en anglais uniquement) Le Caribbean Fine Cocoa Forum est un réseau qui représente les intérêts du cacao fin des Caraïbes et de l’Amérique centrale. Il est composé d’acteurs de l’ensemble de la chaîne de valeur du cacao dans neuf pays de la région : Belize, Costa Rica, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. http://tinyurl.com/7avgzfx Ghana Cocoa Board www.cocobod.gh Grenada Chocolate Company www.grenadachocolate.com ICCO www.icco.org Conférence mondiale, 19-23 novembre 2012, Abidjan (organisée par l’ICCO) http://worldcocoa.agraevents.com/ Accord international sur le cacao (25 juin 2010) http://tinyurl.com/8x9pjme International Cocoa Initiative www.cocoainitiative.org/ Novethic “Cacao : la Côte d’Ivoire tiraillée entre réforme d’État et certifications privées” Article publié le 9 juillet 2012 http://tinyurl.com/c4rd6y2 DOSSIER sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 19 © 2 01 2 Ab ig ai l H ad ee d © 2 01 2 Ab ig ai l H ad ee d S ur ses 2 hectares de terrain à Mumias, dans l’ouest du Kenya, Mary Awino a construit 12 viviers, qu’elle a remplis de tilapias (Oreochromis niloticus). Cette espèce, facile à élever, atteint de bons prix. M. Awino produit ainsi par bassin entre 2,5 et 3,5 tonnes de tilapias tous les 9 mois. Comme Mary Awino, un nombre croissant de petits producteurs des pays ACP élèvent du tilapia, nom commun d’une centaine d’espèces de la famille des cichlidés. En raison de sa va- leur nutritionnelle, de sa croissance rapide et de sa saveur, le tilapia est le troisième poisson d’élevage. Sa production mondiale est montée en flèche, passant de 1,6 million de tonnes en 1999 à plus de 3,5 millions de tonnes en 2010. Cette évolution spectaculaire est intervenue surtout en Asie, mais l’Afrique aussi connaît une nette progression. La tilapiculture est éga- lement importante dans le Pacifique. Dans les îles Salomon, où l’espèce élevée (Oreochromis mossambicus) ne suffit pas à répondre à la demande croissante des populations urbaines, les aquaculteurs ont introduit Oreochromis niloticus, à développement plus rapide. La pro- duction augmente d’autant plus vite que de petites et moyennes entreprises et des écoles se mettent à élever des tilapias pour améliorer revenus et régimes alimentaires. Le tilapia figure parmi les poissons les plus faciles et les plus rentables à élever : il est omnivore, supporte une forte densité de peu- plement et se développe rapidement. Dans certaines régions, on peut l’introduire dans les rizières au moment de planter le riz ; une fois le riz à maturité, le poisson aura atteint une taille suffisante pour être consommé. Excellente source de protéines et de micro- nutriments, pauvre en graisses saturées, en hydrates de carbone et en sodium, le tilapia contribue fortement à la sécurité alimentaire des ménages. Alimentation, ensemencement et commercialisation La hausse de la production s’accompagne d’actions plus centrées sur la chaîne de va- leur. Le WorldFish Center travaille en parte- nariat avec plusieurs instituts de recherche halieutique au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie pour accroître les bénéfices. Les ac- tivités menées visent notamment un meilleur ensemencement, par le biais de conseils en matière d’élevage et d’améliorations géné- tiques, et en optimisant la taille des alevins. Elles encouragent aussi les aquaculteurs à recourir à une alimentation commerciale plus rentable et à développer leurs ventes en misant sur des produits à valeur ajoutée, tels que le poisson fumé, à destination des consommateurs pauvres. Les tilapias entiers sont souvent transformés en filets, sans peau ni arêtes : le rendement oscille entre 30 % et 37 %, selon la taille des filets et l’épaisseur finale. Au Zimbabwe, de petits producteurs et transformateurs s’asso- cient à une chaîne de valeur du tilapia en plein essor, que développe à Kariba une entreprise locale, Lake Harvest, dont la production a tri- plé en seulement 12 mois. Les poissons sont découpés en filets ou vidés, conditionnés et distribués sur les marchés locaux, régionaux et internationaux, y compris en Afrique du Sud, au Botswana, au Mozambique et en République démocratique du Congo. En dis- posant de sa propre usine de transformation et en employant au total plus de 700 personnes, Lake Harvest offre aux locaux la possibilité de s’impliquer dans cette chaîne de valeur. Les petits agriculteurs fournissent l’alimentation, surtout du maïs et des graines de soja ; le petit secteur informel prospère rapidement en ven- dant des sous-produits, par exemple des têtes de poisson et des morceaux de ventre. Les femmes montrent l’exemple Les femmes jouent un rôle majeur dans la production, la transformation et la commer- cialisation des tilapias dans de nombreux pays d’Afrique. Elles se regroupent pour accéder plus facilement aux finance- ments, au microcrédit et à la formation. En République démocratique du Congo, le département du Pool était un centre de tilapiculture. Mais des conflits incessants ont ravagé la région entre 1998 et 2000, anéan- tissant le secteur. Aujourd’hui, les pouvoirs publics mettent en place des alevinières de tilapia pour relancer l’aquaculture. Depuis 2011, 76 pisciculteurs groupés au sein de deux associations, Mille Étangs et Poissons pour Tous, ont reçu 832 kg de juvéniles et 22 tonnes d’aliments pour poisson. Ils ont aussi bénéficié de formations. La construction de 150 nouveaux bassins assure aux marchés locaux un approvisionnement régulier d’envi- ron 5 tonnes de tilapia. Faciles à élever, les tilapias sont de plus en plus prisés par les producteurs des pays ACP. Leur chair, très riche, se prête à la transformation : les femmes sont aux avant-postes. tilaPias Doper ses bénéfices Tilapias séchés sur le marché de Béni (RD Congo) FILIèRE 20 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 © S yfi a In te rn at io na l Un fleuve sous le projecteur Le fleuve Niger et sa vallée représentent un couloir vital pour l’économie des pays concernés et l’Afrique de l’Ouest, un objet d’étude de dimension culturelle et patrimoniale, à l’interface nature-société. Des données actualisées, des interprétations nouvelles, de multiples cartes illustrent ce document. Le fleuve Niger de la forêt tropicale guinéenne au désert saharien. Les grands traits des régimes hydrologiques sous la direction de l. Ferry Éditions ird et UnesCo, 2012, 27 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/6txnr54 ird Éditions  44, boulevard de dunkerque  13572 marseille Cedex 02 France  editions@ird.fr  www.editions.ird.fr Entre brousse et ville Pendant deux ans, à la fin des années 1990, une anthropologue islandaise a partagé le quotidien des Peuls WoDaaBé. Ces éleveurs du Niger étaient alors à la croisée des chemins entre nomadisme et attrait de la ville. L’approche scientifique s’enrichit d’un beau témoignage personnel sur une expérience unique. Les peuls WoDaabé du Niger. Douce brousse Par K. loftdóttir l’Harmattan, 2012, 228 p. isbn 978-2-296-96941-4 23,50 € version PdF : 17,63 € Éditions l’Harmattan 5-7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris, France Fax : + 33 (0)1 43 25 82 03 Commerce et protection Cette étude revient sur la question de la protection de la production agricole locale aux frontières en Afrique de l’Ouest et prône une protection différenciée pour les produits les plus sensibles que sont le riz et le sucre. Adapter la réglementation commerciale aux besoins des filières agricoles Par a. alpha et C. broutin Proparco, revue Secteur privé et développement n° 13, février 2012 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/ceo2bb4 Bâtir sur des OP solides Appuyer les organisations de producteurs Par m.-j. dugué, d. Pesche, j.-F. le Coq Coll. agricultures tropicales en poche Cta/Quæ/Presses agronomiques de Gembloux, 2012, 144 p. sbn 978-2-7592-1805-9 Cta n° 1686 10 unités de crédit Apprendre au champ La formation participative en gestion intégrée de la production et des dé- prédateurs des cultures à travers les champs- écoles des producteurs a déjà 20 ans. Suffisamment pour que cette méthodologie, introduite en Afrique par la FAO en 1995, soit formalisée et théorisée. Dans cet ou- vrage, l’auteur, ingénieur agronome impliqué dans la formation participative des produc- teurs depuis 1995, dresse un tableau exhaus- tif de ce type de formation. Largement illus- tré de photographies et tableaux, ce manuel, agrémenté de nombreux conseils pratiques, sera précieux pour tout futur formateur. La formation est ainsi disséquée, depuis la planification des activités jusqu’à l’éva- luation, en passant par la sélection des par- ticipants. Du champ-école à l’échelle d’un pays, cette formation offre un ensemble de solutions d’autant plus pertinentes que ses principes sont plus que jamais actuels : pro- duire une culture saine (“lutte culturale”) ; préserver les ennemis naturels (“lutte biolo- gique”) ; observer régulièrement les cultures (“analyse des données”) ; et que les agricul- teurs deviennent experts dans leur propre champ (“développement des ressources hu- maines”). Un manuel à mettre entre toutes les mains… comment assurer une facilitation de qualité aux producteurs agricoles à travers les champs-écoles ? manuel du facilitateur Par s. nacro Éditions l’Harmattan burkina Faso, Cta, 2012, 172 p. isbn 978-2-265-37293-5 12 € Cta n° 1680 10 unités de crédit La création et l’essor de nombreuses organisations de producteurs (OP) ont toujours accompagné les processus de modernisation et de transition des agricul- tures des pays du Sud. C’est pourquoi l’appui aux OP et leur renforcement sont cruciaux compte tenu des défis tous azimuts qu’elles ont et auront à relever pour que l’agriculture gagne en productivité et en efficacité écono- mique. Ce livre commence par clarifier la notion d’organisation de producteurs avant de faire un retour historique sur leur montée en puis- sance. Il détaille ensuite les rôles très divers que sont amenées à jouer les OP, acteurs à part entière du développement rural et par- ties prenantes des stratégies de réduction de la pauvreté. Le renforcement des capacités des OP passe en interne par la formation de leurs membres, mais aussi par l’amélioration de leurs liens avec l’extérieur, jusqu’à leur participation à la définition des politiques publiques. Cet ouvrage très pédagogique s’appuie sur l’expérience de terrain des auteurs : une agronome, un sociologue et un agroécono- miste. Il s’adresse aux acteurs du dévelop- pement agricole et aidera professionnels et acteurs des OP à y voir plus clair dans leurs pratiques. PUbLICATIONS sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 21 PUbLICATIONS Investissement agricole Cet ouvrage examine les politiques d’investissement agricole au Burkina Faso. Il formule des recommandations sur l’investissement privé, la valorisation des ressources humaines, les infrastructures, le secteur financier ou encore la politique de l’environnement. cadre d’action pour l’investissement agricole au burkina Faso oCde, 2012, 108 p. isbn 978-92-64-16-908-1 Éditions oCde 2, rue andré Pascal 75775 Paris Cedex 16 France téléchargeable sur : http://tinyurl.com/brw3mlq Climat et pays émergents La participation des pays émergents aux efforts mondiaux d’atténuation du changement climatique devient incontournable compte tenu de la forte croissance de leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais elle devra se faire en tenant compte du principe de responsabilité “commune, mais différenciée”. Gouvernance climatique internationale : le rôle des pays en développement en question Par a. Chetaille et C. Gautier Gret, coll. débats et controverses, n° 6, janvier 2012, 75 p. isbn 978-2-86844-278-9 téléchargeable sur : http://tinyurl.com/czhkspm L’anatomie des plantes dévoilée ■ La photographie scientifique permet de faire des merveilles. Cet ouvrage l’atteste, qui propose une exploration visuelle sans précédent de la structure des différentes parties des plantes et arbres : racines, tronc ou tiges, feuilles. Mais le but de cet ouvrage n’est pas esthétique. Grâce aux vues micros- copiques dont la précision, en plus de la beauté, force le respect, le discours scienti- fique sur la morphologie végétale prend une autre dimension. L’objectif est clair : dispenser de façon limpide et concise les connaissances sur la structure des plantes. Après un chapitre in- troductif sur la morphologie des plantes vas- culaires, le lecteur trouvera une synthèse des connaissances actuelles sur les classifications et l’anatomie des plantes, du macroscopique ou submicroscopique. Cet ouvrage apparaît comme un concentré de savoirs et constitue, à ce titre, un com- plément indispensable aux manuels de cours traditionnels de l’étudiant et un support ico- nographique inédit pour l’enseignant et le chercheur. Il pourra aussi susciter la curiosité de l’amateur averti grâce à une présentation particulièrement attractive. structure des plantes Par b.-G. bowes et j.-d. mauseth Éditions Quæ, 2012, 288 p. isbn 978-2-7592-1688-8 39 € adresse Édition Quæ, voir colonne précédente Tomate camerounaise La tomate est la première culture maraîchère au Cameroun et également la plus consommée. Ce livre présente une étude comparative de la rentabilité financière des deux systèmes de production pratiqués : lutte chimique traditionnelle ou protection intégrée. rentabilité financière de la production de tomate au cameroun Par P.-e. boum nack, t. Fouda moulende et j. Gwinner Éditions universitaires européennes, 2012, 108 p isbn 978-613-1-59822-7 39,00 € eUe dudweiler landstr. 99 66123 sarrebruck allemagne Fax : + 49 (0) 681 37 20 271-0 www.editions-ue.com Commerce équitable ■ Le commerce équitable, c’est quoi ? Quels en sont les acteurs locaux et internationaux ? Quelles filières sont concernées ? Ce “diction- naire” part de 31 concepts-clés du commerce équitable qui constituent autant d’entrées pour rendre compte des recherches universitaires menées sur ce sujet par l’association FairNESS. Cette association francophone œuvre, depuis 2007, pour la structuration de la recherche sur le commerce équitable et le dialogue entre scientifiques et acteurs de terrain. Trois grands domaines sont passés en revue : les principes fondamentaux du com- merce équitable et son éthique, ses acteurs et enfin son développement actuel. Il ana- lyse notamment les différents courants qui coexistent au sein du commerce équitable, avec une approche multidisciplinaire : socio- logique, politique, juridique, économique… Cet ouvrage de référence s’adresse tout autant aux chercheurs désireux d’étudier et de mieux connaître et comprendre le phé- nomène du commerce équitable qu’aux étu- diants en sciences sociales ou aux militants, entrepreneurs, citoyens qui s’interrogent sur l’équité dans les relations commerciales. Dictionnaire du commerce équitable Par v. blanchet et a. Carimentrand Éditions Quæ, 2012, 264 p. isbn 978-2-7592-1793-9 35 € Éditions Quæ rd 10 78026 versailles Cedex, France Fax : + 33 (0)1 30 83 34 49 serviceclients-quae@ versailles.inra.fr L’État en action ■ Écrire un épais ouvrage sur l’État peut sembler quelque peu anachronique à l’heure où le libéralisme prône son retrait dans l’es- pace de ses strictes fonctions régaliennes. Pourtant, depuis la crise économique et fi- nancière de 2007, l’État revient sur le devant de la scène pour tenter de réguler une éco- nomie à la dérive, entraînée par un courant que personne ne semble pouvoir contrôler ni maîtriser. L’État, garant de l’intérêt collectif, trouve aujourd’hui toute sa justification et c’est à la façon dont il agit et aux moyens dont il dispose que s’intéresse cet ouvrage collectif. Après avoir étudié, à partir de quelques exemples ciblés, la complexité et l’enchevê- trement des acteurs économiques, les textes rassemblés ici examinent les différents types d’actions et de pratiques publiques sur la base d’exemples puisés sur les quatre conti- nents, pour se conclure sur les nouvelles pratiques émergentes de l’État face aux nou- velles problématiques sociétales : change- ments climatiques, gestion de l’eau, mobilité et régionalisation… L’État, acteur du développement sous la dir. de F. leloup, j. brot et H. Gérardin Éditions Karthala, 2012, 298 p. isbn 978-2-811-0617-1 28 € Éditions Karthala 22-24, boulevard arago 75013 Paris, France Fax : + 33 (0)1 45 35 27 05 www.karthala.com 22 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 Une histoire monumentale ■ Les paysans du sud du Sahara ont fait preuve d’une extraordinaire créativité durant des siècles, notamment en matière d’agricul- ture. Le “voyage” que nous propose la FAO, d’une durée de 10 000 années, nous conduit à voir l’Afrique sans a priori, tel qu’elle est et a été. Dans cette monumentale Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale fran- cophone que la FAO vient de faire paraître sur son site Internet, soit six volumes et quelque 3 000 pages qui sont le fruit d’une quinzaine d’années de travail de l’agronome René Tourte, celui-ci nous fait découvrir une Afrique créative et innovante qui ne semble pas avoir attendu que des puissances étran- gères l’invitent à entrer dans l’Histoire pour s’y installer. Depuis le “temps des découvertes et des grands brassages intercontinentaux” (du XVe au XVIIIe siècle), sujet du volume I, jusqu’au volume VI : “De l’empire colonial à l’Afrique Indépendante 1945-1960 ; la recherche prépare le développement”, l’auteur écrit une histoire qui passionnera les amoureux de l’agriculture et de l’Afrique. Une version CD-Rom serait en préparation pour les per- sonnes n’ayant pas accès à Internet. Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone Par r. tourte version pdf : 2012 organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) téléchargeable gratuitement http://tinyurl.com/bupa99x PUbLICATIONS Change informel Évaluée à partir des seules statistiques de l’économie officielle, l’intégration des économies africaines semble peu avancée. Il en va autrement si l’on considère le secteur informel où les échanges commerciaux transfrontaliers sont extrêmement dynamiques. Prenant l’exemple du Bénin et du Nigeria, cet ouvrage montre qu’il en va de même des marchés informels des changes. change informel et intégration de marchés en Afrique Par s. Yallou Éditions universitaires européennes, 2012, 92 p. isbn 978-3-8417-8485-8 38,45 € eUe : voir adresse p. 22 Géographie et développement ■ Hommage au géographe français de renom Georges Courade à l’occasion de son départ à la retraite, cet ouvrage ne se contente pas de présenter l’œuvre de cet éminent chercheur. Il tente aussi d’appro- fondir les thèmes qu’il a abordés pendant ses quarante années de vie professionnelle et de susciter un débat autour d’eux dans le but de faire progresser et vivre cette pen- sée, en particulier au sein de l’Observatoire du changement et de l’innovation sociale au Cameroun (OCISCA) qu’il a initié en 1989 dans le cadre d’un projet franco-camerou- nais. Après une série d’hommages au chercheur, l’ouvrage s’intéresse aux liens entre construc- tion identitaire et territoires, puis à la ques- tion de la demande alimentaire urbaine, au développement agricole et rural dans cer- taines régions du Cameroun et, enfin, aux effets de la crise et des ajustements structu- rels sur le monde rural, à partir d’exemples au Cameroun, au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest en général. pour une géographie du développement. Autour de la recherche de Georges courade. Par m. s. Kamdem, P. tchawa et P. janin Éditions Karthala, 2012, 348 p. isbn 978-2-8111-0614-0 29 € adresse Éditions Karthala, voir p. 22 Femmes libres Sur la base de recherches récentes, ce numéro explore les multiples facettes de l’émancipation féminine dans les pays du Sud et la manière dont les processus émancipatoires se déploient selon les contextes de ces pays. Si les auteurs restent prudents sur la portée des changements observés, ils constatent que le processus d’empowerment des femmes, même s’il demeure fragile, est bel et bien lancé. Les nouvelles figures de l’émancipation féminine Autrepart n° 61 Éditions ird sciences Po isbn 2-7246-3279-6 25 € adresse ird, voir p. 21 Faim et pauvreté Cette brève étude, résumé d’une thèse de doctorat d’économie, montre comment la pauvreté n’explique pas entièrement la sous-alimentation. En exploitant des observations de terrain menées au Mali, elle montre que d’autres facteurs tels que la taille des ménages, les contraintes financières, les préférences alimentaires et les obligations sociales sont également à considérer. Insécurité alimentaire au mali : identifier les ménages vulnérables avec précision Par i. bocoum Perspective n° 14, Cirad, mars 2012, 4 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/buruwko Indications géographiques ■ Fruit d’un travail de trois ans mené sur le terrain, en Inde, cet ouvrage propose une analyse détaillée du système indien de pro- tection des appellations d’origine. Réalisé dans le cadre de projets de recherche aux- quels est associé le CIRAD, ce travail met en relief l’originalité du système indien de protection des appellations et dresse un parallèle avec le système français afin d’en déterminer les apports possibles et, plus généralement, dans quelle mesure il peut servir d’inspiration et de référence dans la construction d’appellations d’origine en par- ticulier dans les pays en développement. Un intérêt particulier est porté au rôle de l’État dans la protection des indications géogra- phiques ainsi qu’à la dimension juridique de la question avec un important volet sur la propriété intellectuelle. Cet ouvrage est spécialement destiné aux experts, décideurs, professionnels, cher- cheurs, universitaires et étudiants qui s’inté- ressent aux liens entre produits du terroir et mondialisation, pays émergents, règles inter- nationales et propriété intellectuelle. La protection des indications géographiques . Union européenne, France, Inde Par d. marie-vivien Éditions Quæ, 2012, 239 p. isbn 978-2-7592-1778-6 35 € adresse Éditions Quæ, voir p. 22 LIC TI S sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 23 Des acteurs auteurs ■ Rendre la parole aux acteurs de terrain, renforcer le partage d’expériences au Sud, tels sont deux des objectifs premiers de cet ouvrage, fruit d’ateliers d’écriture organisés sur le thème de la microfinance au Sénégal en 2011. Objectifs qui s’inscrivent en paral- lèle à celui, tout aussi pleinement atteint, d’informer sur un secteur dynamique et créa- tif, encore relativement épargné par la crise de la microfinance en cours dans de nom- breux pays. Ainsi différents acteurs de la microfinance se sont-ils réunis pour travailler à des textes témoignant de leur expérience, en analysant les principaux enjeux. Un double propos original pour un ouvrage réussi, à l’écriture aisée, structuré en trois parties : environ- nement et acteurs, enjeux et innovations, défis de la microfinance agricole et rurale. Cette dernière partie intéressera plus parti- culièrement les lecteurs de Spore. Mutuelles d’épargne et de crédit, financement mis en place par une OP et warrantage font l’objet de trois articles passionnants. Tous les textes issus de l’atelier d’écriture sont disponibles sur le site du portail Internet de la microfi- nance au Sénégal : www.microfinance.sn expériences de microfinance au sénégal sous la direction de F. doligez, F. seck Fall et m. oualy Coédition Cres-Karthala, 2012, 200 p. isbn 978-2-8111-0703-3 22 € adresse Éditions Karthala, voir p. 22 Politiques foncières Cette note résume succinctement ce qu’est une politique foncière, à quoi elle sert, comment elle s’applique. Ses grandes fonctions se trouvent ici synthétisées par rapport à la répartition du foncier agricole, aux droits fonciers et leur protection et enfin à la protection et la gestion des ressources naturelles. Les politiques foncières secrétariat permanent du Code rural du niger note n° 7, 2012, 6 p. téléchargeable sur : http://tinyurl.com/ctq6d7h Certification et pauvreté Quel bénéfice le petit producteur peut-il tirer de la certification de ses produits ? Cette étude apporte une réponse très nuancée, celle-ci variant énormément selon le système de certification qui est appliqué. pro-poor certification: Assessing the benefits of sustainability certification for small-scale farmers in Asia Par e. blackmore, j. Keeley et al. institut international pour l’environnement et le développement (iied), mars 2012, 142 p. isbn 978-1-84369-843-2 30 € téléchargeable sur : http://pubs.iied.org/14604iied.html Agriculture biologique ■ L’agriculture biologique fait débat. Mais les arguments avancés pour en vanter les bénéfices ou en dénoncer les insuffisances ne sont pas toujours rigoureux et souvent guidés par des a priori. Surtout, affirme l’auteur, ce sont rarement ses acteurs qui prennent la parole dans le débat. Cet ou- vrage ambitionne de combler cette lacune en donnant la parole à des producteurs, notamment des pays du Sud, et en relatant leur expérience. Il parvient ainsi à démon- ter certains de ces a priori avancés par les adversaires du “bio” : le bio est trop cher, le bio n’est pas assez productif... En donnant une définition précise de l’agriculture bio- logique, il rappelle qu’elle ne se réduit pas à l’absence d’usage de produits chimiques, avant de se poser la question de son avenir comme mode de culture respectueux des équilibres naturels climatiques, sociaux et territoriaux. Cet ouvrage, écrit par un passionné, s’adresse à tout consommateur curieux des en- jeux liés au contenu de son assiette ainsi qu’à tout citoyen soucieux de pouvoir se position- ner sur les grands débats relatifs aux OGM, aux problématiques sanitaires sur l’alimenta- tion et au défi de l’alimentation mondiale. L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité. Démonstration Par j. Caplat, Éditions actes sud, coll. domaines du possible, 2012, 479 p. isbn 978-2-330-00750-8 24 € Éditions actes sud le méjan Place nina berberova 13200 arles, France www.actes-sud.fr poUr obteNIr Les pUbLIcAtIoNs les titres précédés du signe @ sont téléchargeables sur le site http://publications.cta.int. les titres précédés du logo peuvent être obtenus comme suit : Vous êtes abonné(e) aux publications du ctA : n’utilisez qu’un seul canal ! • Vous avez un compte sur http://publications.cta.int  ? Connectez-vous et choisissez vos titres à concurrence de vos unités de crédit en cliquant sur “ajouter au panier” et “Passer la commande”. • Pas d’accès à Internet ? Vous pouvez continuer à utiliser le bon de commande fourni par le Cta. Vous êtes une organisation Acp active dans l’agriculture mais pas encore abonnée aux publications du ctA : demandez un abonnement : • via http://publications.cta.int en cliquant sur “demander un abonnement gratuit” ; • par la poste ou par courriel à  pdsorders@cta.int Vous n’êtes pas une organisation Acp active dans l’agriculture : vous pouvez acheter les ouvrages auprès des éditeurs ou en librairie. les liens vers les portails des éditeurs sont accessibles à travers http://publications.cta.int les titres précédés du symbole sont disponibles à l’achat chez les éditeurs mentionnés ou en librairie. PUbLICATIONS 24 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 4 QUESTIONS à ThIERRY LEWYLLIE Coordinateur de programme web Thierry Lewyllie a 17 ans d’expérience dans la conception graphique en print et Web, pour des clients des secteurs socioculturel, éducatif, universitaire ou encore artistique et pour des associations à but non lucratif. Mes 4 dates 1984 Études de philosophie et de théâtre, louvain 1994 mariage avec ruth et sérieusement infecté par le virus web, bruxelles 1999 Campagne pour les célébrations du 400e anniversaire de la naissance d’antoon van dyck, anvers 2001 naissance de raf ; jacoba en 2004 et Karel en 2008, bruxelles CHaÎnes de valeUr Journalistes, à vos plumes ! 1 Quelle sera votre principale tâche au sein du CTA ?  Aider le CTA à créer des sites Web et des services pour relier les gens à l’information. L’essentiel est de faciliter l’accès au maximum d’informations possible, de la manière la plus claire possible. 2 N’est-il pas naïf de croire qu’Internet peut aider à réduire la pauvreté des communautés rurales ou à atténuer l’impact du changement climatique ?  Non. Internet donne aujourd’hui à tous la possibilité de s’impliquer plus dans les processus de changement et de trouver de nouvelles façons de gagner sa vie en s’adaptant aux circonstances. Nous devons supprimer les obstacles qui gênent l’accès aux connaissances et donner aux gens qui jusque-là n’avaient pas accès à l’information la possibilité d’y accéder. 3 Les TIC consacrées au développement international s’appuient sur les outils du Web 2.0. Quelle sera la prochaine étape ? Le Web 2.0 porte surtout sur les réseaux sociaux, la collaboration et les contenus générés par les utilisateurs. Maintenant, nous avons besoin d’un meilleur mapping relationnel et contextuel pour obtenir des données mieux reliées entre elles, mieux contextualisées et personnalisées. 4 En Afrique, les smartphones se vendent mieux que les ordinateurs, à raison de quatre pour un. Quelles sont les implications de cette prolifération de l’Internet mobile ?  Dans les pays ACP, les utilisateurs de téléphones portables et d’Internet ne sont pas que des consommateurs, ils prennent de plus en plus les choses en main et développent leurs propres sites Web, logiciels et applications. L’Afrique est le marché mobile qui connaît la croissance la plus forte au monde. C’est une occasion unique pour le CTA d’aller au-delà de son rôle d’éditeur pour devenir une plateforme qui favorise l’échange de savoirs, qui tire parti des nouveaux outils et des nouvelles méthodes d’interaction. En devenant une plateforme vraiment ouverte favorisant le partage des données, la création de contenu par les utilisateurs et le crowdsourcing (“approvisionnement par la foule”) pour interagir avec cette nouvelle génération des pays ACP, le CTA pourra contribuer efficacement à libérer le potentiel des TIC dans les régions en développement. Avec ses partenaires et le secteur privé, le CTA organise un concours sur les chaînes de valeur ouvert aux professionnels des médias et de la communication d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). (lire page 26) AGIR AvEC LE CTA www.cta.int sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 25 © C TA Le CTA participera à la 11e Semaine cari- béenne de l’agriculture (CWA), à Antigua-et- Barbuda du 14 au 19 octobre 2012. Temps fort dans l’agenda agricole des Caraïbes, la CWA rassemble les principaux décideurs et acteurs des politiques et des pratiques dans un espace de dialogue sur les thèmes clés du développement agricole. En collaboration avec ses partenaires, le CTA organisera et gérera des activités d’échange et de formation qui viendront alimenter le dialogue pendant et après la semaine. Le Centre contribuera ainsi au partage de connaissances et au dialogue politique sur l’un des piliers émergents de la politique agricole commune des Caraïbes : la jeunesse et la modernisation rurale. Un autre domaine sur lequel le CTA est attendu : le développement des chaînes de valeur. Le Centre coorganisera un atelier et une visite d’étude sur l’ajout de valeur à la production alimentaire locale, de même qu’une consultation sur “TIC et chaînes de valeur”. Il appuiera également un ate- lier sur le développement des politiques régionales pour une agriculture intelligente face aux changements climatiques dans les Caraïbes. Récemment adoptée par le CTA, la Stratégie d’apprentissage organisationnel, d’évaluation et de suivi reconnaît l’impor- tance du suivi et de l’évaluation des projets pour en renforcer la transparence, ainsi que de l’apprentissage organisationnel. Elle reconnaît l’importance des partenariats tant internes (CTA) qu’externes et l’implication active des parties prenantes tout au long du cycle de vie d’un projet. Ainsi, le CTA en collaboration avec ses par- tenaires et des organisations régionales et in- ternationales majeures organisera un Atelier d’apprentissage com- mun sur “Les pratiques de planification, de suivi et d’évaluation dans les organisations de dévelop- pement agricole et rural”. Cet atelier, qui se tiendra en Afrique australe en dé- cembre 2012, poursuit un triple objectif : - Savoir comment les partenaires planifient, suivent et évaluent leurs projets et leurs acti- vités. - Partager les bonnes pratiques et les en- seignements tirés dans ces domaines, et voir comment les appliquer au niveau de l’orga- nisation. - Définir des activités de suivi et d’évalua- tion communes pour l’année à venir. L’atelier combinera des approches concep- tuelles et pragmatiques de la planification, du suivi et de l’évaluation. Les participants représenteront des organisations régionales et des réseaux et communautés de terrain. • La Note politique n° 6 du CTA sur le pastoralisme est désormais disponible sur le site Internet du Centre : www.cta.int. • Élaboration au CTA de six nouvelles stratégies : communications (y compris médias), suivi, évaluation et apprentissage organisationnel, jeunesse, publications, partenariats, genre. Affaire à suivre. TEXTOS aPPrentissaGe orGanisationnel, ÉvalUation et sUivi Trouver des partenaires 11e semaine CaribÉenne de l’aGriCUltUre Le CTA participe (suite de la page 25) Ce concours, en marge de la conférence sur les chaînes de valeur (6-9 novembre 2012, Addis-Abeba, Éthiopie), vise à encourager les journalistes à s’intéresser aux problèmes et aux opportunités que représente l’implica- tion de petits agriculteurs dans les chaînes de valeur. Il les invite à mettre en avant les suc- cès et les bonnes pratiques susceptibles de pouvoir être reproduits ou appliqués ailleurs, et les encourage à sensibiliser l’opinion sur l’importance des chaînes de valeur pour le développement agricole et rural. Le concours se concentre sur les thèmes prioritaires à l’ordre du jour de la conférence : l’innova- tion, les cadres favorables aux chaînes de valeur, la pérennité de ces chaînes et leur transposition à grande échelle, enfin, le dé- veloppement des capacités. Pour de plus amples informations, contactez Samuel Mikenga (Mikenga@cta.int). © F ID A/ N .K .A cq ua h Le CTA accueille un nouveau membre dans son équipe : le Dr Oluyede Ajayi. D’origine nigériane, Oluyede est maintenant notre Coordinateur programme senior des poli- tiques en agriculture et développement rural. Fort de 20 ans d’expérience, sa carrière s’est principalement déroulée dans les domaines de la recherche en économie agricole et du rôle des politiques. Il est plus particulière- ment chargé d’améliorer la situation au ni- veau des politiques de développement agri- cole et rural en facilitant, par exemple, les échanges et la compréhension entre scienti- fiques et politiques ou encore en renforçant les capacités des communautés économiques régionales et pan-Africaine (PDDAA) et des structures nationales (ministères de l’Agri- culture, de l’environnement etc.) dans l’ana- lyse et les processus des formulations des po- litiques de développement agricole et rural. reCrUtement Un nouveau visage au CTA CHaÎnes de valeUr Journalistes, à vos plumes ! AGIR AvEC LE CTA 26 | sPore 160 | sePtembre-oCtobre 2012 Démystifier le numéro 159 de notre magazine a particulièrement intéressé m. Francis Khadudu Were qui nous écrit : “merci pour Spore 159, que j’ai trouvé très éducatif et informatif. deux articles ont particulièrement retenu mon attention : l’éditorial sur rio+20, captivant, sur les limites de la conférence quant à l’agriculture et aux difficultés à promouvoir une économie verte. l’accent mis sur la commercialisation des petites exploitations familiales par Quinton naidoo est aussi la direction, si l’on veut que les petits producteurs continuent à répondre aux défis de la pauvreté rampante et de l’insécurité alimentaire au sud. À propos des bénéfices communautaires des crédits carbone, le défi est de démystifier la complexité dans la mise en œuvre et l’accès à ces ressources pour l’atténuation et l’adaptation au changement climatique au niveau des petites exploitations, où travaillent les petits producteurs au quotidien.” Informer pour transformer sur la transformation du lait au rwanda, pour m. Kamguia Fabrice, “l’idée du gouvernement est géniale. mais je crois que la production serait décuplée si toute la population paysanne avait été informée sur les nouvelles techniques et formée sur les méthodes rapides. Pour cela, il faut du personnel qualifié”. C’est maintenant au sujet de la conférence internationale organisée par le Cta et ses partenaires sur les chaînes de valeur, en novembre prochain, en Éthiopie, m. rabiu Auwalu Yakasai lance un appel : “Peu à peu, nous nous dirigeons vers une situation qui permettra aux petits producteurs d’intégrer les nouvelles tendances mondiales de l’agriculture. À tous les acteurs des chaînes de valeur des produits de base en afrique, et particulièrement en afrique de l’ouest : ressaisissez-vous et passez à la vitesse supérieure ! vous avez l’occasion de décoller maintenant. C’est maintenant ou jamais.” Stockage malin À propos du stockage du niébé, m. elhadji Niang, qui réalise actuellement une étude sur le sujet au sénégal, précise : “nous vous remercions de votre texte sur les méthodes de stockage du niébé. votre constat est très pertinent. toutefois, pour que ce produit soit indemne de toute attaque pendant sa période de stockage, il faut d’abord qu’il soit bien séché au niveau du champ où il est récolté. il faut ensuite effectuer une solarisation pour tuer tous les insectes contenus dans le produit avant de le mettre dans des silos bien préparés.” Importance des OP Concernant les nouvelles technologies numériques, m. Issouf sanou de la FenoP (burkina Faso) nous fait part de son opinion : “Pour toucher les producteurs de base, il ne faudra pas se focaliser uniquement sur la distribution en ligne ou les tiC, ces outils ne sont pas accessibles dans les villages. il faudra continuer à travailler en réseau avec des organisations paysannes pour diffuser les expériences.” Insuffisance des GPS dans notre numéro 158, nous abordions l’opération “mesures parcellaires” qui a lieu au bénin. À ce propos, m. Éric tchokanaka nous écrit : “l’effectivité des mesures parcellaires au GPs a permis de résoudre le problème de fiabilité des superficies coton au bénin, je le confirme. mais en même temps elle a engendré de sérieux problèmes dans la mise en place des intrants coton (engrais et insecticides) à temps, à cause de l’insuffisance de GPs et d’agents enquêteurs dans les grandes communes cotonnières. il faudra alors une meilleure organisation les années à venir, afin de pouvoir justifier son efficacité réelle dans l’amélioration de la production cotonnière béninoise.” AGIR AvEC LE CTA Boîte post@le Services aux lecteurs Écrire à Spore Cta — rédaction de Spore Po box 380 6700 aj wageningen Pays-bas Fax : + 31 317 460067 e-mail : spore@cta.int S’abonner à Spore reCevoir la version imPrimÉe l’abonnement est : • gratuit pour les organisations et personnes actives dans le développement rural et résidant dans un pays aCP (afrique, Caraïbes, Pacifique) : s’abonner - via http://publications.cta.int en cliquant sur “demander un abonnement gratuit“ ; - par la poste (Cta Spore abonnements, Po box 173, 6700 aj wageningen, Pays-bas) ou par courriel à spore@cta.int. • payant pour toute autre adresse : 36 € par an (6 numéros) abonnement à souscrire auprès de smi (distribution services) ltd Po box 119, stevenage Hertfordshire sG1 4tP royaume-Uni Fax : + 44 1438 748844 e-mail : Cta@earthprint.co.uk reCevoir le rÉsUmÉ GratUit Par e-mail abonnez- vous à l’édition e-mail (90 kb) à : http://spore.cta.int ou envoyez un e-mail vierge à : join-spore-fr@lists.cta.int Pour la version texte seulement : join-spore-text-fr@lists.cta.int lire SPORE sUr ÉCran • sur le Web : consultez spore.cta.int Reproduire Spore • Pour un usage non commercial, les articles de Spore peuvent être librement reproduits à condition de mentionner la source. merci d’envoyer une copie à la rédaction. • Pour toute reproduction à des fins commerciales, demandez l’autorisation préalable sePtembre-oCtobre 2012 | sPore 160 | 27