Manuel de formation à l'Epidémiologie Participative (EP) pour les formateurs Août 2022 Manuel de formation à l'Epidémiologie Participative (EP) pour les formateurs Portas Olwande1, Villard Bimenyimana1, Lionel Nyabongo1, Amos Omore1 et Bosco Ntirandekura2 1. Institut International de Recherche sur L’élevage (ILRI), Burundi 2. Université du Burundi et Consultante, ILRI Août 2022 ©2022 International Livestock Research Institute (ILRI) ILRI thanks all donors and organizations which globally support its work through their contributions to the CGIAR Trust Fund This publication is copyrighted by the International Livestock Research Institute (ILRI). It is licensed for use under the Creative Commons Attribution 4.0 International Licence. To view this licence, visit https:// creativecommons.org/licenses/by/4.0. 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Cover photo—ILRI/Clement Kivura Photo de famille des participants à la formation des formation sur l’EP à Bubanza avec le Coordonnateur du PRDAIGL et le Coordonnateur des activités de la chaîne de valeur Lait à l’ILRI-Burundi. ISBN: 92–9146–741–9 Citation: Olwande, P., Bimenyimana, V., Nyabongo, L., Omore, A. and Ntirandekura, B. 2022. Manuel de formation à l’Epidémiologie Participative (EP) pour les formateurs. ILRI Manuel. Nairobi, Kenya: ILRI. Patron: Professor Peter C Doherty AC, FAA, FRS Animal scientist, Nobel Prize Laureate for Physiology or Medicine–1996 Box 30709, Nairobi 00100 Kenya ilri.org Box 5689, Addis Ababa, Ethiopia Phone +254 20 422 3000 better lives through livestock Phone +251 11 617 2000 Fax +254 20 422 3001 Fax +251 11 667 6923 Email ilri-kenya@cgiar.org ILRI is a CGIAR research centre Email ilri-ethiopia@cgiar.org ILRI has offices in East Africa • South Asia • Southeast and East Asia • Southern Africa • West Africa iii Table des matières Liste des tableaux v Liste des figures vi Remerciements vii Abbreviations et acronymes viii Chapitre 1.0 Introduction 1 1.1 Contexte 1 1.2 Le manuel de formation 2 1.3 Principes de l’apprentissage des adultes 2 1.4 Approches et outils d’épidémiologie participative 3 Chapitre 2.0 Préparation du cours 5 2.1 Aperçu 5 2.2 Conception du cours de formation 5 2.3 Objectifs de la formation 6 2.4 Organisation de la formation en EP 7 2.5 Créer un environnement d’apprentissage 8 2.6 Travail sur le terrain dans la formation de l’EP 12 2.7 Évaluation de la formation 13 Chapitre 3.0 Principes généraux de l’épidémiologie participative 15 3.1 Aperçu 15 Chapitre 4.0 Méthodes d’épidémiologie participative 24 4.1 Séance : Entretiens libres 24 4.2 Séance : Cartographie participative 26 4.3 Séance : Notation matricielle 28 iv 4.4 Séance : Calendriers saisonniers 30 4.5 Séance : Empilement Proportionnel 33 4.6 Séance : Diagrammes de Venn 36 4.7 Séance : Chronologie 36 4.8 Séance : Notation matricielle de l’impact des maladies (NMIM) 37 4.9 Outils d’observation directe 38 4.10 Analyse et présentation des données 41 Chapitre 5.0 References 44 Chapitre 6.0 Annexes 47 Annexe 1: Document à distribuer : Participation communautaire 47 Annexe 2: Document à partager : Attitudes et comportements en épidémiologie participative 50 Annexe 3: Document à distribuer : Aperçu des méthodes participatives 52 Annexe 4: Document à distribuer : Interviews semi-structurées 54 Annexe 5: Document à distribuer : Cartographie participative 58 Annexe 6: Document à distribuer : Notation matricielle 60 Annexe 7: Document à distribuer : Calendrier saisonnier 62 Annexe 8: Document : Empilement proportionnel (EP) et Empilement proportionnelle pour la mortalité et la morbidité (EPMM) 64 Annexe 9: Document à distribuer : Diagrammes de Venn 67 Annexe 10: Document à distribuer : Lignes du temps ou chronologie 68 Annexe 11: Document à distribuer : Notation matricielle de l’impact des maladies (NMIM) 71 Annexe 12: Evaluation du cours par les participants à la fin de la formation 73 v Liste des tableaux Tableau 1 : Un exemple de plan de séance : un outil de matrice de notation 7 Tableau 2 : Analyse des données d’EP : Méthodes constructives 41 Tableau 3 : Analyse des données de classement simple : Données standardisées 42 Tableau 4 : Types de participation communautaire 49 Tableau 5 : Méthode de chronologie 69 Tableau 6 : Résultats de la NMIM 72 Tableau 7 : Formulaire d’évaluation de la formation 73 vi Liste des figures Figure 1: Disposition circulaire des sièges : Formation en EP parrainée par « ILRI » à Bubanza, Burundi, (2021) 9 Figure 2: Un exemple d’un indicateur d’humeur 14 Figure 3 : Triangulation (Source, Carter et al., 2014) 52 Figure 4 : Cartographie participative (Atelier EP à Bubanza, 2021) 59 Figure 5 : Méthode de la notation matricielle (Source; Vallely et al., 2007) 61 Figure 6 : Calendrier saisonnier (Source; Sakdapolrak et al., 2012) 63 Figure 7 : Empilement proportionnel (Source; Townsley, 1996) 66 Figure 8 : Diagramme de Venn représentant les grandes orientations agricoles 67 vii Remerciements Je remercie l’Institut International de Recherche sur l’Elevage (ILRI) pour son soutien à l’élaboration de ce manuel de formation à l’EP. Des remerciements particuliers vont à l’endroit de Messieurs Lionel Nyabongo et Chris Hurt pour leur contribution organisationnelle et leur coordination efficace, qui ont permis la conception de ce manuel et des outils de formation. La traduction du document faite en français par Monsieur Jean-Bosco Ntirandekura est aussi ici appréciée. viii Abbreviations et acronymes CPP Classement par paire CS Classement simple EP Empilement proportionnel EP Epidémiologie Participative EPMM Empilement proportionnel pour la morbidité et la mortalité FA Fièvre aphteuse FGD Discussions de groupe FVR Fièvre de la Vallée du Rift ILRI Institut international de recherche sur l’élevage ISS Interviews semi-structurés NM Notation matricielle NMIM Notation matricielle de l’impact de la maladie PPCB Pleuropneumonie contagieuse bovine SPM Surveillance participative de maladie 1 Chapitre 1.0 Introduction 1.1 Contexte L’épidémiologie participative (EP) a évolué comme une branche de l’épidémiologie vétérinaire, avec des approches et des méthodes/outils dérivés de l’évaluation participative. L’épidémiologie participative est utile dans plusieurs conditions où les approches épidémiologiques conventionnelles ne fournissent pas le niveau adéquat de compréhension de la situation existante pourtant importante pour concevoir une intervention appropriée (Catley et al., 2012; Vallely et al., 2007; Noordhuizen, 1999; Townsley, 1996 ; Chambers, 1994). Elle est basée sur la combinaison des compétences de communication des praticiens avec des méthodes participatives pour faciliter l’implication des propriétaires d’animaux et tous ceux qui en prennent soin, en tenant en compte de leurs connaissances, leur expérience et leurs motivations dans l’identification et l’évaluation des problèmes de maladies animales ainsi que dans la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des programmes, politiques et stratégies de contrôle des maladies (Catley et al., 2012; Chambers, 1994). La méthode s’est avérée rapide, rentable et efficace dans la détection d’épidémies potentielles et utile dans la planification d’urgence pour lutter contre l’apparition des maladies animales et leur propagation vers de nouvelles zones (Catley, 2000; Catley et Mariner, 2002). Elle est importante en ce sens qu’elle permet aux autorités de santé animale et publique de communiquer aux populations à risque des mesures de prévention et de contrôle qui doivent être prises afin d’éviter les pertes résultant de la morbidité et de la mortalité par maladie. Il convient de noter que les maladies endémiques et épidémiques du bétail ont de graves répercussions sur la sécurité alimentaire, la sécurité sanitaire des aliments, les moyens de subsistance et le commerce international dans la plupart des pays en développement, en particulier en Asie et en Afrique subsaharienne. L’épidémiologie participative utilise tous les types de données, d’informations et de connaissances disponibles, y compris les résultats de laboratoire, les informations provenant d’études quantitatives ainsi que les données qualitatives (Catley et al., 2012 ; Noordhuizen, 1999 ; Townsley, 1996). L’utilisation de l’EP en Afrique et en Asie a mis en évidence la manière dont elle peut aider les vétérinaires sur le terrain et au niveau central. Par conséquent, l’EP suscite un intérêt croissant de la part des épidémiologistes vétérinaires, des enquêteurs et des chercheurs vétérinaires (Alders et al., 2020 ; Suseno et al., 2019 ; de Bruyn et Ferguson, 2019). En Afrique de l’Est, les outils d’EP ont été appliqués pour étudier les facteurs qui influencent la productivité du bétail, notamment l’évaluation des contraintes générales et des facteurs de risque de maladie (Alders et al., 2020) ; Catley, 2020 ; Catley et Mariner 2002 ; Mariner, 2003 ; Kamau et al., 2020 ; Olwande et al., 2016). Les données des études d’EP ont toujours fourni des informations cruciales pour les processus d’atténuation visant à améliorer la productivité agricole avec les résultats souhaités. L’application appropriée des outils d’EP dans la surveillance participative des maladies (SPM) a conduit à une réduction significative de la propagation et de la prévalence des principales maladies animales transfrontalières telles que la peste bovine, la péripneumonie contagieuse bovines (PPCB), la fièvre aphteuse, la dermatose nodulaire, la fièvre de la Vallée du Rift, entre autres 2 dans de nombreuses régions d’Afrique de l’Est (Mariner, 2003 ; Catley, 2020). L’approche d’épidémiologie participative/SPM bien que rapide, sensible et rentable dans la détection et donc le contrôle des épidémies potentielles de maladies du bétail, la réussie de son utilisation nécessite un personnel bien formé et expérimenté (Catley, 2000 et 2020; Chambers, 1994). 1.2 Le manuel de formation Ce manuel est destiné aux formateurs certifiés qui mettront en œuvre des programmes de formation d’introduction à l’EP. Les formations d’introduction à l’EP sont adaptées aux professionnels vétérinaires et aux experts des services de santé animale. Une formation efficace en EP est mieux réalisée grâce à l’utilisation de techniques de formation participative. Par conséquent, ce manuel est destiné à être utilisé par les formateurs qui ont déjà suivi un cours distinct appelé cours de « Formation des formateurs ». En plus de l’expérience des techniques de formation participative, les formateurs d’EP ont également besoin d’une expérience personnelle de l’utilisation de l’EP sur le terrain. Idéalement, les formateurs devraient avoir utilisé l’EP dans leur travail, être conscients des divers problèmes méthodologiques et avoir de l’expérience dans le traitement des données dérivées de l’enquête participative. Cette expérience est nécessaire car une approche de formation participative implique que les formateurs encouragent les participants à poser des questions et ainsi démontrent des méthodes. Le formateur doit également avoir l’assurance et être capable de soutenir les participants lorsqu’ils pratiquent les méthodes d’EP pendant le travail sur le terrain. Les meilleurs formateurs d’EP se considèrent plus comme des facilitateurs que comme des enseignants. Le formateur d’EP crée une série de situations où les participants peuvent apprendre par l’expérience, la synthèse, la résolution de problèmes ou les uns des autres. Le manuel est composé de chapitres. En fonction des besoins des formateurs, des chapitres et/ou des outils d’EP peuvent être sélectionnés pour différents cours de formation. Le manuel vise à fournir des idées de formation et des conseils aux formateurs, mais n’est pas censé être normatif. 1.3 Principes de l’apprentissage des adultes Cette section est destinée à fournir des informations de base aux formateurs et n’est pas conçue pour être enseignée aux apprenants d’EP. Après avoir lu cette section, le lecteur devrait comprendre les caractéristiques de l’apprentissage des adultes et ses différences avec d’autres types d’apprentissage. Selon Corder (2002) et Burnaby et Campbell (2001), les adultes pourraient bien présenter la plupart des caractéristiques suivantes : avoir dépassé l’âge de la scolarité obligatoire et être indépendants ; avoir une certaine expérience de la vie et des responsabilités familiales et sont capables de porter leur propre jugement sur le monde qui les entoure. Plus important encore : ce n’est peut-être pas leur première expérience d’apprentissage. L’éducation des adultes est une intervention dans les affaires ordinaires de la vie, une intervention dont le but immédiat est le changement, dans les connaissances ou dans les compétences. Un éducateur d’adultes est essentiellement quelqu’un qui est compétent pour faire de telles interventions (Corder, 2002; Burnaby et Campbell, 2001). L’éducateur d’adultes doit être conscient des éléments suivants : les apprenants adultes doivent savoir pourquoi ils ont besoin d’apprendre quelque chose avant d’entreprendre de l’apprendre ; ils veulent être responsables de leurs propres décisions et être traités comme capables de s’orienter ; ils ont une expérience riche de la vie qui représentent la ressource la plus riche pour l’apprentissage. Cette riche expérience est cependant empreinte de préjugés et de présupposés. Les adultes sont prêts à apprendre les choses dont ils ont besoin pour faire face efficacement aux situations de la vie (Malcolm, 1998). Les éléments suivants doivent être pris en compte pour un apprentissage efficace des adultes : 3 • Les objectifs de formation doivent être pertinents pour leur travail quotidien et le bénéfice qu’ils en tireront doit être clair. • Les approches doivent aborder le changement de comportement parmi les participants. • Il devrait y avoir des objectifs clairs de la formation. • Les participants doivent être capables de transférer les compétences acquises dans leur situation locale. Pour un apprentissage des adultes réussi, le formateur doit être un bon auditeur et apprenant, pour encourager et faciliter l’apprentissage autonome et la participation de tous les participants (Corder, 2002 ; Burnaby et Campbell, 2001 ; Malcolm, 1998). Ceci constitue un pilier clé de l’épidémiologie participative (Catley et al., 2012 ; Bagnol, 2013 ; Alders et Bagnol, 2007 ; Wong et al., 2018). 1.4 Approches et outils d’épidémiologie participative L’utilisation réussie de l’EP nécessite une attention particulière à l’attitude et aux compétences en communication des praticiens, ainsi qu’à l’application correcte d’outils d’EP spécifiques. On reconnaît de plus en plus que lors de l’utilisation de l’EP, la façon dont nous interagissons avec les communautés d’élevage est plus importante que notre connaissance des méthodes. Le type et la valeur des informations fournies par les informateurs dépendent fortement de la relation entre eux et le praticien. De plus, toute action découlant de l’EP, telle qu’un projet communautaire, une vaccination ou une recherche plus approfondie, nécessite une bonne compréhension entre les agents vétérinaires et la population locale. Pour ces raisons, un aspect clé de la formation d’EP se concentre sur l’attitude et la communication. Un large éventail de méthodes / outils d’EP est disponible et ces méthodes sont classées en trois groupes principaux : entretiens libres ; méthodes de visualisation ainsi que les méthodes de classement et de notation. Les entretiens libres comprennent des interviews semi-structurées avec des informateurs clés, des groupes de discussion, des experts ou des éleveurs individuels. Les outils de classement et de notation comprennent le classement simple, le classement par paires, la répartition proportionnelle, la notation matricielle et la notation matricielle de l’impact des maladies. Les méthodes de visualisation sont la cartographie, le diagramme de Venn, la chronologie, les calendriers saisonniers et les marches transversales. Ces outils/méthodes d’EP sont complétés par des sources d’informations secondaires obtenues avant de se rendre sur la zone d’étude. D’autres méthodes complémentaires comprennent l’observation directe des animaux, des fermes, des villages, etc. dans la zone d’étude ; et les diagnostics de laboratoire, s’ils sont disponibles, des tests de diagnostic sur le terrain sont utilisés, complétés par la collecte et l’analyse d’échantillons par un laboratoire régional ou national pour confirmation. Les informations dérivées de différentes méthodes sont recoupées ou « triangulées » pour en assurer la cohérence et la validité. L’utilisation de méthodes de diagnostic vétérinaire conventionnelles telles que l’observation directe, les interviews de carrière de l’élevage et l’examen clinique et pathologique fait partie intégrante, et, dans certains cas, se superpose aux outils d’EP. L’utilisation la plus courante de l’EP dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie a eu lieu lors des enquêtes sur la santé animale et des analyses de problèmes menées au début des projets de santé animale communautaires. Les méthodes couramment utilisées lors de la conception de ces projets comprennent le classement des maladies, la cartographie, les diagrammes de Venn et les calendriers saisonniers. 4 De plus en plus, les méthodes d’EP sont également utilisées dans l’évaluation d’impact des programmes liés à la santé animale. Une caractéristique clé de l’EP est la triangulation ou le recoupement des informations provenant de différentes sources et méthodes (annexe 3). Ces différentes sources et méthodes incluent les méthodes conventionnelles d’investigation vétérinaire telles que l’examen clinique et pathologique, et le diagnostic de laboratoire. La surveillance participative de maladies (SPM) est une branche de l’EP. Dans la SPM, l’objectif est souvent de trouver des cas de maladie suspectée, puis d’utiliser des tests de laboratoire pour confirmer le diagnostic. 5 Chapitre 2.0 Préparation du cours 2.1 Aperçu Ce chapitre décrit les questions générales à considérer lors de la conception et de la planification d’un cours de formation en EP. La conception et la planification d’un cours de formation d’EP suivent les principes et les idées de base de toute formation participative. Les formateurs en épidémiologie participative doivent maîtriser les techniques de formation participative. 2.2 Conception du cours de formation Une étape cruciale dans tout cours de formation est de fixer des objectifs clairs et réalisables du cours. À la fin du cours, il devrait être facile pour le formateur et les participants de déterminer si les objectifs de formation ont été atteints. Une façon de penser aux objectifs du cours est d’énumérer d’abord les sujets que le cours d’EP peut couvrir, par exemple : • Origines des approches et méthodes participatives • Principes clés de l’EP • Attitudes et comportements propices à l’EP • Connaissances autochtones sur la santé et la production du bétail • Triangulation en EP • Adaptation méthodologique et flexibilité • Méthodes pour l’EP qui incluent : • Méthodes d’interview • Méthodes de visualisation • Méthodes de classement et de notation • Options de quantification et de normalisation en EP • Comment présenter et commenter l’information ; quand et comment appliquer l’analyse statistique 6 • Recherche participative de maladies • Futurs besoins de formation et de pratique des participants Le formateur doit s’assurer qu’une attention adéquate est accordée aux aspects de l’EP liés à l’attitude et au comportement de l’EP, car ils contribuent à la réussite de l’application de l’EP. Cette liste de sujets peut être convertie en objectifs de cours rédigés sous une forme active, comme présenté ci- dessous. 2.3 Objectifs de la formation A la fin de la formation, les participants seront capables de : • Décrire les origines des approches et méthodes participatives • Démontrer les principaux aspects de l’enquête participative liés à l’attitude et au comportement • Intégrer les connaissances autochtones dans les systèmes d’enquête, de recherche et de surveillance des maladies animales • Utiliser correctement une gamme de méthodes d’EP • Résumer, analyser et présenter les données dérivées de l’EP • Décrire les forces et les faiblesses de l’EP et de la participation communautaire à la lutte contre les maladies animales Une formation participative reconnaît les limites de l’apprentissage par cours magistral et par conséquent très peu, voire aucun, de cours magistraux sont donnés. Au lieu de cela, l’apprentissage participatif utilise des méthodes telles que : • Discussion de groupe (en grands et petits groupes) • Démonstration pratique suivie de séances de questions-réponses • Exercices collectifs et individuels • Sketches suivis de discussions et de questions • Séances d’entraînement. La justification de l’utilisation de ces méthodes sur le terrain est que les participants peuvent apprendre les uns des autres. Une formation participative essaie également de créer un environnement de travail détendu et ouvert dans lequel les participants se sentent en confiance pour partager leurs expériences sans être critiqués. Des méthodes permettant de dynamiser le groupe et de briser la glace sont utilisées pour créer une atmosphère conviviale et agréable pendant la formation. Un formateur doit faire un plan de séance détaillé pour chaque session. Un modèle de plan de séance pour un outil de notation matricielle est présenté dans le tableau 1. 7 Tableau 1 : Un exemple de plan de séance : un outil de matrice de notation. Objectif Méthode Temps Matériels Introduire la notation matricielle Présentation 10 minutes PowerPoint Montrer aux participants comment faire une notation Démonstration 40 minutes Cartes, stylos, jetons, matricielle stylos, objets à compter (cailloux, haricots) Permettre aux participants de pratiquer la notation Travaux pratiques en 80 minutes Cartes, stylos, objets matricielle groupes à compter (cailloux, haricots), Flip charts Permettre aux participants de réfléchir sur la session Commentaires en groupe 45 minutes Flip charts et stylos de pratique et d’analyser de manière critique d’autres avec des questions et des groupes réponses Résumer et souligner les principaux points Présentation sommaire 5 minutes Flip charts et stylo d’apprentissage Temps total requis 3.0 heures (Source Noordhuizen, 1999) En tenant compte des objectifs généraux du cours et des plans de session pour chaque session de formation, le formateur peut calculer le temps total nécessaire pour le cours. Une seule méthode d’EP nécessite une demi- journée d’enseignement. L’enseignement de chaque méthode comprend une courte présentation introductive (environ 10 minutes), suivie d’une démonstration, de séance pratique et de commentaires/discussion de groupe. Bien que les formations participatives soient largement reconnues comme étant plus efficaces que les méthodes de formation classiques elles nécessitent également plus de temps. Dans un cours de formation en EP, il est essentiel d’allouer suffisamment de temps aux principes généraux de l’enquête participative et de la participation communautaire. En outre, les problèmes de communication verbale et non verbale doivent être inclus et bénéficier d’un temps suffisant. La plupart des participants à l’EP seront des vétérinaires. Certains peuvent d’abord penser que les sujets généraux sont une perte de temps, et ils voudront se concentrer uniquement sur les méthodes d’EP. Cependant, les méthodes d’EP ne peuvent pas être utilisées correctement si les utilisateurs ne manifestent pas des attitudes et comportements appropriés. En d’autres termes, la bonne attitude et de bonnes capacités de communication font partie intégrante des méthodes d’EP. 2.4 Organisation de la formation en EP Dans une formation participative, le nombre idéal de participants est de 15 à 20 personnes. Un seul formateur peut gérer ce nombre de participants et apporter le soutien nécessaire aux séances pratiques et aux travaux de terrain. De plus, lors des discussions de groupe, le groupe ne doit pas être si grand que certaines personnes hésitent à participer. Un groupe de plus de 20 personnes est susceptible de limiter l’efficacité de la formation. Pour une formation de deux semaines, il peut également être utile d’utiliser plusieurs formateurs. Deux formateurs, surtout s’ils ont des styles de formation différents, peuvent aider à garder la formation vivante. De plus, si vous débutez dans la formation, organiser vous-même une formation de deux semaines peut être une tâche intimidante. Travailler avec un autre formateur permet de partager la charge de travail. 8 L’épidémiologie participative est une activité de terrain, souvent dans des endroits plus éloignés et nécessitant beaucoup d’interaction avec les éleveurs. Les techniques de formation participative utilisées dans la formation en EP sont conçues pour s’appuyer sur les connaissances et l’expérience existantes des participants. Il s’ensuit que les participants ayant une expérience sur le terrain et qui aiment communiquer avec les autres, ont tendance à bénéficier le plus de la formation en EP. De plus, les techniques de formation participatives exigent que les participants prennent en main leur propre apprentissage et investissent du temps et des efforts dans la formation. Un tel engagement est plus susceptible de se produire si les participants estiment que l’EP peut être utile dans leur travail et qu’ils auront l’opportunité d’appliquer ce qu’ils ont appris. La sélection des personnes pour la formation en EP est généralement la responsabilité des gestionnaires au sein d’une organisation particulière. Ces responsables peuvent ne pas être pleinement conscients de ces problèmes et il est souvent utile que les formateurs en EP de travailler avec les responsables pour sélectionner les participants. Un cours de formation en EP ne nécessite pas de matériel de formation sophistiqué. Le matériel de base requis : • Des documents à partager préparés à l’avance sur les sujets à couvrir ainsi que l’horaire des cours • Des flip charts et beaucoup de feuilles de flip charts et de marqueurs • Des morceaux de papier carton • Objets à compter (par exemple, cailloux, haricots) • Bloc-notes, farde chemise et stylos pour les participants Selon le lieu et l’équipement disponible, il est également utile mais pas indispensable d’avoir un rétroprojecteur ou un projecteur LCD (bien que les deux nécessitent une alimentation électrique fiable). 2.5 Créer un environnement d’apprentissage Les participants apprennent mieux lorsqu’ils sont détendus, mais attentifs. En d’autres termes, les gens n’apprennent pas bien lorsqu’ils sont inquiets, ennuyés ou fatigués. Un formateur peut s’y prendre de plusieurs façons pour créer un bon environnement d’apprentissage. Idéalement, les lieux prévus pour la formation en EP devraient être des endroits avec un accès relativement facile aux éleveurs pour pratiquer les approches et méthodes d’EP. Plus le temps consacré à cette pratique est important, plus le cours sera réussi. Les participants passeront beaucoup de temps dans la salle de formation. Cette salle doit être grande et adaptable afin que les bureaux et les chaises puissent facilement être déplacés pour accueillir les présentations et les séances de groupe de travail. La salle aura besoin de supports visuels habituels et d’équipement tels que des tableaux noirs ou blancs, des tableaux à feuilles mobiles et des rétroprojecteurs, ainsi que beaucoup d’espace mural pour afficher diverses cartes, notation matricielle et autres méthodes et résultats au fur et à mesure qu’ils apparaissent au cours de la formation. Aussi, la disposition des sièges affectera grandement l’atmosphère et la communication pendant la formation. La disposition circulaire des sièges (figure 1) est la plus souhaitable, les sièges étant organisés en cercle autour d’un tableau à feuilles mobiles, de tableaux blancs et d’un écran de projection à l’avant de la salle. Une disposition circulaire place tout le monde à la même distance les uns des autres et facilite la communication entre les participants. Il n’y a pas de table entre le formateur et les participants, et donc pas de barrière. L’ouverture d’une formation se fait de manière formelle ou informelle. Si des administratifs sont invités à ouvrir la formation, le protocole gouvernemental est généralement approprié. En règle générale, cela implique des 9 dispositions formelles des sièges et un discours d’un ou plusieurs hauts fonctionnaires ou invités. Après une ouverture officielle, il peut être nécessaire de réorganiser la salle de réunion en un aménagement plus informel, mieux adapté à un environnement de formation participative. Les sièges doivent être organisés pour maximiser la communication entre les participants. En plus de créer un bon environnement physique pour la formation, un rôle important pour un formateur en EP est d’aider les gens à se sentir mentalement détendus et à l’aise pendant la formation. Les étapes initiales importantes comprennent des activités pour s’assurer que tout le monde se connaît, pour amener les gens à interagir et à s’habituer à parler dans le groupe ; ces méthodes sont parfois appelées « brise-glace ». Figure 1: Disposition circulaire des sièges : Formation en EP parrainée par « ILRI » à Bubanza, Burundi, (2021). Activités brise-glace Au départ, les participants seront prudents. Des activités brise-glace sont recommandés pour que les participants se sentent à l’aise et détendus dans l’environnement de formation. Ils sont un excellent moyen pour les participants et les formateurs d’apprendre à se connaître. Le principe important est que tout le monde rencontre les autres et parle au moins une fois à tout le groupe. Cette activité permet à beaucoup de surmonter un obstacle important de communication. Exemples de brise-glace : i. Trouver quelqu’un : Les participants reçoivent une fiche vierge pour écrire trois déclarations sur eux-mêmes, telles que leur couleur préférée, leur ville natale ou leur passe-temps. Ils ne doivent PAS écrire leur nom sur la carte et les trois déclarations ne doivent pas se rapporter à l’apparence physique ou être autrement évidentes. Ramassez les 10 fiches et placez-les à l’avant de la salle. Demandez à chaque participant de prendre une fiche qui ne lui appartient pas. Les participants doivent se mélanger jusqu’à ce qu’ils trouvent le propriétaire de la fiche. Une fois que tout le monde a une correspondance, les participants doivent présenter le propriétaire de la fiche qu’ils ont sélectionnée. ii. Partenaire d’anniversaire : Demandez aux participants de se mélanger dans le groupe et d’identifier la personne dont la date de naissance (pas l’année - juste le mois et la date) est la plus proche de la leur. Les participants doivent découvrir deux autres choses qu’ils ont en commun et se présenter au groupe. iii. Présentations non verbales : Divisez le groupe en paires. À tour de rôle, chaque membre de la paire doit communiquer à son partenaire autant qu’il le peut sur lui-même sans parler ni écrire (dessiner des images est autorisé). Par exemple, ils pourraient faire un dessin de leur maison ou de leur famille. Pour rendre l’exercice un peu plus facile et pour une bonne gestion du temps, l’animateur pourrait citer les sujets et donner le signal pour passer à l’autre partenaire. Terminez l’exercice en demandant à chacun de présenter son partenaire (verbalement). Permettez également au partenaire d’apporter des corrections et de compléter les détails manquants. Attentes et craintes des participants Dans une formation en EP, il est utile pour le formateur de comprendre les attentes des participants au début de la formation. Cela permet d’identifier les attentes qui ne seront pas comblées par le cours et d’informer les participants en conséquence. En d’autres termes, les fausses attentes sont traitées au début. La liste des attentes des participants permet également de s’assurer que tout le monde comprend les objectifs du cours et sur les sujets qui seront abordés. Afin de surmonter certaines peurs, voire toutes, les participants peuvent alors proposer des « règles de base » pour la formation. Les règles de base couvrent généralement des questions telles que le moment de chaque session (quand elle commencera et se terminera), les pauses thé ou les pauses café et la ponctualité. Les participants peuvent également choisir un représentant du groupe pour organiser des événements sociaux et présenter tout problème aux organisateurs du cours. La liste des attentes et des craintes lors de la formation en EP parrainée par « Action contre la faim » à West Pokot, au Kenya en 2020 est présentée ci-dessous : • En savoir plus sur les rapportages de maladies comme les maladies endémiques comme la fièvre aphteuse et la pleuropneumonie contagieuse caprine (PPCC) • Connaître la différence entre la surveillance passive et active • Définition et application de RPM et EP • Apprentissage de nouveaux concepts et techniques de PE/RPM • Savoir en quoi consiste l’organisation Action contre la Faim • Épidémiologie et recherche de maladies • Comment collecter des échantillons de bétail 11 • Interactions entre la santé animale et la santé publique • Différences entre maladie endémique, sporadique et pandémique • Comment prévenir et contrôler les maladies du bétail • Comment entrée dans la communauté et dans les ménages des agriculteurs et collecter des informations • Procédure de traitement des maladies • Tendances des maladies dans le comté de West Pokot Peurs / menaces 1. Restrictions liées à la pandémie de COVID 19 et risque d’apparition d’un foyer parmi les participants 2. Pas assez de temps pour terminer la formation RPM 3. Possibilité d’inondations et de glissements de terrain suite aux fortes pluies en cours 4. Manque d’indemnités ou retard dans la libération du facilitateur 5. Manque de logement pour les personnes venant d’endroits éloignés 6. Sécurité du lieu Activités préliminaires Les activités préliminaires tels que les activités brise-glace et la discussion sur les craintes et les attentes peuvent prendre beaucoup de temps. Cependant, ils contribuent à garantir que les participants sentent que leurs opinions influencent la conception et l’atmosphère de la formation. Ces étapes initiales d’une formation à l’EP diffèrent des approches pédagogiques conventionnelles, qui commencent généralement (et se poursuivent) par des cours magistraux dès le début de la formation. Tests pré-formation et post-formation Avant et à la fin de l’atelier, les participants sont soumis à des tests d’évaluation pour permettre aux formateurs d’évaluer leur niveau de compétences en épidémiologie de terrain. Les tests sont importants en ce sens que le test pré-formation évalue les connaissances et les compétences des participants en matière de principes épidémiologiques avant le début de la formation à l’EP, tandis que le test post-formation essaie de capturer toute amélioration pouvant être associée aux résultats des activités de la formation en EP. Exemple : Au cours de l’atelier de formation d’EP de West Pokot, au Kenya, les participants ont été soumis à des tests avant et après la formation. Le score moyen au test pré-formation était de 36,4% alors qu’au test post-formation le score moyen pour l’ensemble du groupe était de 51,1% présentant une augmentation de 14,7%. On peut conclure que les connaissances et les compétences des participants en matière de principes épidémiologiques se sont considérablement améliorées grâce à l’atelier de formation. 12 2.6 Travail sur le terrain dans la formation de l’EP Pour maîtriser l’EP, la pratique est nécessaire. Cela impliquer qu’il faut essayer de nouvelles méthodes avec de « vrais informateurs », apprendre les forces et les faiblesses de ces méthodes et développer la capacité d’adapter les méthodes à des situations particulières. Il s’ensuit qu’un cours de formation en EP doit inclure suffisamment de temps pour le travail sur le terrain. À la fin d’un cours, il est très courant que les participants disent : « Je n’ai jamais vraiment compris comment utiliser ces méthodes jusqu’à ce que je le fasse moi-même ». Comme le travail sur le terrain est une composante si importante de la formation en EP, il s’ensuit que l’organisation du travail sur le terrain est cruciale. Cependant, un point important à considérer lors de l’organisation du travail sur le terrain concerne les attentes de la communauté à visiter. Surtout, si les populations locales consacrent du temps à travailler avec les participants, elles peuvent s’attendre à ce qu’une certaine forme d’assistance résulte de cette collaboration. Dans le cas de la formation à l’EP, elles pourraient s’attendre à des traitements pour les animaux malades. Quoi qu’il en soit, il est important de ne pas susciter de fausses attentes. Si la formation à l’EP fait partie d’une opération ou d’un projet à long terme dans un domaine donné, tel un projet communautaire de santé animale, cela peut être l’une des premières étapes de la mise en place du projet. Bien qu’il s’agisse d’une formation, des informations utiles peuvent toujours être fournies et discutées au niveau communautaire. Alternativement, la formation à l’EP peut avoir lieu dans le cadre d’un projet établi, par ex. pour enquêter sur un problème de santé animale jusque-là non reconnu. Dans ces situations, il est relativement facile d’expliquer aux populations locales la raison de la formation. Dans de nombreuses autres situations, la formation à l’EP sera un événement ponctuel affectant une communauté particulière. Ni les organisateurs de la formation ni les participants n’auront l’intention de retourner dans la communauté et d’entreprendre des actions sur base des conclusions découlant du travail sur le terrain. Dans ces situations, une règle d’or est l’honnêteté. Si les éleveurs comprennent clairement que les participants visitent une zone afin de mettre en pratique de nouvelles approches et méthodes, ils peuvent alors mieux décider s’ils souhaitent passer du temps avec eux. Dans les zones où les communautés dépendent fortement de l’élevage, il est courant que les gens soient disposés à s’asseoir et à discuter des questions d’élevage indépendamment de tout autre avantage évident (comme des médicaments vétérinaires gratuits). Une autre approche dans ces situations consiste à inclure un éleveur de la communauté dans la formation. Cet éleveur devient alors responsable du suivi des problèmes qui surviennent au cours des séances de pratique. Après avoir décidé de mener un travail de terrain dans le cadre d’un cours de formation en EP et pris en compte les questions éthiques liées à l’engagement communautaire, le travail de terrain doit être organisé. Principaux problèmes à prendre en compte lors de la planification du travail de terrain de l’EP En plus des questions de logistique, le travail de terrain doit également être organisé en termes de méthodes à pratiquer et d’informations à discuter. Par conséquent, le formateur doit élaborer un plan de séance pour le travail sur le terrain et s’assurer qu’il dispose de suffisamment de temps pour pratiquer chaque méthode. A ce stade de la formation, les participants devraient déjà avoir pratiqué les méthodes en classe et il ne devrait donc pas être nécessaire que le formateur répète les démonstrations. Au lieu de cela, le formateur peut simplement observer ce qui se passe pendant que les groupes pratiquent les méthodes et n’intervenir qu’en cas de malentendu majeur. Normalement, les participants sont divisés en groupes d’environ cinq personnes, et chaque groupe pratique les mêmes méthodes le même jour. Les groupes présentent plus tard leurs expériences et leurs découvertes dans la salle de formation après le travail sur le terrain. Cette approche permet aux participants d’identifier ce qu’ils ont bien fait et où ils se sont trompés, et permet également de comparer les résultats des différents groupes. Ces séances d’échange d’expérience sont également l’occasion pour les participants de se corriger les uns les autres, ou le cas échéant, pour le formateur de résoudre d’éventuels malentendus. 13 Avant le travail d’EP sur le terrain, assurez-vous que : • Tous les secteurs de la communauté approuvent votre visite dans la communauté • Les dates de travail sur le terrain sont pratiques pour toutes les personnes locales • Les dates ne coïncident pas avec d’autres événements majeurs tels que des cérémonies religieuses, des journées de marché, des événements politiques ou autres cérémonies sociales qui peuvent mobilisent les gens • Ils connaissent la raison de votre visite • Les dates et l’heure conviennent également aux femmes et aux hommes pour participer aux discussions. Aliments et boissons • Quelles dispositions ont été prises pour nourrir l’équipe pendant qu’elle est dans le village ? • Allez-vous y acheter de la nourriture ? L’emporterez-vous avec vous ? • Qui ira au marché pour acheter de la nourriture et des boissons ? Qui fera la cuisine ? Transport • Comment l’équipe se rendra-t-elle sur les sites du village ? • Disposez-vous suffisamment de véhicules/allocations de carburant ? Matériaux • Disposez-vous d’une réserve complète de tableaux, stylos, papier, etc. pour les visualisations ? • Avez-vous un petit cahier pour chaque participant ? 2.7 Évaluation de la formation L’évaluation de la formation à l’EP peut impliquer deux processus : i. Évaluation continue des participants Les fréquentes séances de retour d’information et de discussion au cours de la formation à l’EP sont l’occasion pour le formateur d’évaluer l’adoption par les participants de nouvelles connaissances ou compétences. Ces sessions révéleront des zones de confusion au sein des participants individuels ou du groupe dans son ensemble, et montreront également quels sujets ont été compris. Cette évaluation continue permet à un formateur de résoudre les malentendus majeurs ou d’apporter un soutien supplémentaire aux individus sur des aspects spécifiques. Le suivi du cours peut également être effectué à l’aide d’un indicateur d’humeur (figure 2, par exemple), affiché quotidiennement sur le mur de la salle de formation. Les participants ont la possibilité de choisir librement leurs couleurs préférées chaque jour à l’aide de minuscules autocollants circulaires. Les proportions sont déterminées à la fin de chaque journée pour évaluer l’humeur générale des participants et faire les ajustements nécessaires. 14 Figure 2: Un exemple d’un indicateur d’humeur. ii. Évaluation du cours par les participants et fin de la formation À la fin de la formation, les participants sont invités à remplir un formulaire d’évaluation (Tableau 7). Des formulaires d’évaluation des cours ont également été remplis par les participants à la fin de la formation à l’EP et la majorité (84,21 %) d’entre eux ont indiqué qu’ils utiliseraient très probablement l’EP dans leur futur travail. Il y avait aussi un consensus général sur le fait que les objectifs de la formation étaient pertinents et avaient été atteints au cours de la formation. La plupart des participants (87,8 %) ont estimé que le temps alloué aux deux travaux de groupe et à la pratique sur le terrain était adéquat. 15 Chapitre 3.0 Principes généraux de l’épidémiologie participative 3.1 Aperçu Ce chapitre présente des idées pour introduire les principes de base de l’EP. Le chapitre est organisé comme une série de séances de formation qui commencent par les objectifs de la session et un plan de leçon. Séance : Participation communautaire Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire en quoi les origines de la participation communautaire constituent une démarche de développement 2. Expliquer les différents types de participation communautaire Plan de séance détaillé : • Examiner les expériences et les défis des participants : Travail de groupe (~ 60 minutes) • Pourquoi la participation est-elle importante : Séance plénière (~ 80 minutes) • Différents types de participation. Présentation et discussion (~ 40 minutes) • Temps total requis : ~ 3 heures Le terme « participation communautaire » signifie différentes choses pour différentes personnes. Au cours d’un cours de formation à l’EP, la discussion sur la participation communautaire peut être lancée en demandant aux participants de réfléchir à leur expérience passée lorsqu’ils essayaient d’encourager la participation et aux problèmes auxquels ils ont été confrontés. Le formateur utilise ensuite les réponses des participants comme base pour une discussion de groupe et pour sonder leur compréhension de la participation. Une telle discussion 16 peut être lancée en demandant aux groupes de participants d’expliquer le(s) rôle(s) joué(s) par les communautés lors de la participation à certaines des activités qui auront été énumérées dans leurs réponses. On peut aussi demander au groupe d’indiquer des compétences spécifiques qui leur manquaient manifestement lors de l’utilisation de cette approche participative. Les formateurs peuvent élargir la discussion sur la participation communautaire en encourageant les participants à réfléchir aux raisons pour lesquelles la participation est importante. Les formateurs peuvent fournir des exemples de projets « échoués » en raison d’une faible participation et les participants peuvent être invités à proposer leurs propres exemples. Les participants sont ensuite invités à passer en revue cette discussion et à résumer les principales raisons pour lesquelles la participation est importante. Le formateur fait ensuite une brève présentation de 10 minutes sur les différentes approches qui ont influencé l’émergence de la participation communautaire (annexe 1). Le formateur donne en outre une autre brève présentation sur les différents types ou niveaux de participation (annexe 1). Cette présentation ne doit pas durer plus de 10 minutes et peut s’appuyer sur ou se référer aux expériences citées par les participants lors des séances précédentes. Les participants peuvent ensuite être invités à suggérer des exemples pour illustrer ces différents types de participation à partir de leur propre travail ou de leur connaissance d’autres projets ou secteurs. Un point clé que le formateur doit souligner est que le type de participation à un projet particulier a une forte influence sur la durabilité du projet - plus l’implication de la population locale et sa contribution des ressources sont importantes, meilleure est la durabilité. Séance : Introduction à l’épidémiologie participative Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire le concept de base de l’EP 2. Expliquer les principales différences entre les méthodes qualitatives et quantitatives 3. Décrire les trois principaux groupes de méthodes utilisées en EP 4. Expliquer le concept de triangulation Plan de séance détaillé : • Qu’est-ce que l’EP ? Une séance de brainstorming (~ 20 minutes) • Expériences avec des méthodes qualitatives et quantitatives. Séance plénière (~ 30 minutes) • Les trois groupes de méthodes d’EP. Présentation (~ 20 minutes) • Triangulation. Brainstorming et discussion (~ 20 minutes) • Temps total requis : ~ 90 minutes 17 Qu’est-ce que l’épidémiologie participative ? Au cours d’une séance initiale de brainstorming, évaluer la compréhension des participants du terme « épidémiologie participative ». L’animateur peut écrire la question suivante sur un tableau à feuilles mobiles et inviter les participants à proposer leurs idées. Question clé : Qu’entendez-vous par le terme « épidémiologie participative » ? Cette liste de réponses peut être suivie d’une brève explication du formateur. Un document à distribuer (annexe 3) peut être utilisé pour fournir de plus amples informations. Cet exercice est ensuite suivi d’un travail de groupe. Chaque groupe est invité à répondre aux questions suivantes : 1. Quelles méthodes qualitatives et quantitatives avons-nous utilisées dans votre travail ? 2. Quels sont les points forts de ces différentes méthodes ? Les réponses des participants sont ensuite résumées sur un tableau à feuilles mobiles. Trois groupes principaux de méthodes d’EP Le formateur peut utiliser cette séance pour commencer une présentation afin de donner un aperçu des trois principaux groupes de méthodes d’EP, à savoir : méthodes d’interview, méthodes de visualisation et méthodes de classement ou de notation (le formateur peut se référer à l’annexe 3). A ce stade de la formation, les détails méthodologiques spécifiques doivent être évités. Triangulation Le concept de triangulation peut être introduit à l’aide d’une séance de brainstorming à partir de la question suivante : - Qu’est-ce que la triangulation ? Si nécessaire, le formateur peut alors fournir une définition de la triangulation telle que : « En EP, la triangulation est le recoupement ou la comparaison des informations en utilisant différentes méthodes et sources » (le formateur peut se référer à l’annexe 3). Un formateur peut souligner le fait qu’en EP, la triangulation ne doit pas se limiter à la comparaison des informations provenant des méthodes d’EP. Elle peut également inclure l’utilisation d’informations provenant de la littérature ou de méthodes vétérinaires conventionnelles, telles que des examens cliniques et des tests de laboratoire. Pour s’assurer que les participants ont bien compris ce concept, le formateur peut demander aux participants de proposer des exemples de triangulation comme suit, questions clés : a. Suggérez un exemple de la vie quotidienne où vous utilisez la triangulation b. Suggérez une utilisation vétérinaire courante de la triangulation Exemples de triangulation de la vie quotidienne : Avant d’acheter un article important, je vérifie le prix dans différents magasins. Je compare les informations à la radio avec les informations d’un journal. ‘Quand mes enfants 18 cassent quelque chose dans la maison, je dois être un détective pour découvrir qui était responsable. Je demande à différentes personnes d’essayer de trouver le coupable. Exemple de triangulation en médecine vétérinaire : « Lors du diagnostic, vous effectuez une triangulation parce que vous utilisez différentes méthodes, telles que l’examen clinique et l’entretien avec l’éleveur de l’animal ». Séance : Attitudes et comportements propices à l’épidémiologie participative Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Expliquer le rôle des savoirs autochtones comme base de l’EP 2. Démontrer différents types de communication non verbale et comprendre leur importance en EP Plan de séance détaillé : • Quelle est notre attitude envers les connaissances vétérinaires indigènes ? Travail de groupe (~ 45 minutes) • EP et communication non verbale : Présentation (~ 5 minutes) • Types de communication non verbale : Pièces de théâtre/Sketches (~ 60 minutes) et photographies (~ 20 minutes) • Temps total requis : ~ 130 minutes Ceci est une partie cruciale de la formation et ne doit pas être précipitée ou négligée. Les formateurs peuvent se référer à (Annexe 2) et préparer une présentation de 5 minutes sur les attitudes et les comportements. Attitudes à l’égard des connaissances vétérinaires indigènes Un aspect important des approches participatives est la façon dont nous interagissons avec les autres. Cette interaction détermine la relation et la confiance qui se développent entre les enquêteurs et la population locale, et affecte les types de problèmes et d’informations que les gens sont prêts à discuter de manière ouverte. Si nous regardons cette question d’un point de vue épidémiologique, la relation entre les enquêteurs et les éleveurs est un facteur clé affectant la fiabilité et la validité des données. Si les informateurs craignent que les enquêteurs aient un « agenda caché », qu’ils utiliseront les informations uniquement à des fins égoïstes ou qu’ils pourront transmettre des informations aux autorités, ainsi, leur participation sera alors faible. De plus, si les informateurs considèrent que les enquêteurs sont impolis ou arrogants, ou uniquement intéressés par leurs propres opinions, la discussion ne sera pas très constructive. Par conséquent, une caractéristique cruciale de l’épidémiologie participative est que les « visiteurs » doivent être constamment conscientes de leurs propres attitudes et comportements. 19 Pour qu’une interaction soit significative, les enquêteurs doivent croire qu’un informateur a quelque chose d’utile à dire. Cela signifie respecter les points de vue et opinions locaux et être ouvert aux idées qui ne sont pas nécessairement en accord avec la science moderne. Cela ne signifie pas qu’en tant que vétérinaires, nous devons automatiquement accepter toutes les connaissances autochtones comme valides et utiles. L’idée est d’identifier les savoirs et savoir-faire locaux qui semblent s’accorder avec nos savoir-faire professionnels, et s’en servir.. Une méthode de formation participative pour sensibiliser les participants aux attitudes personnelles envers les connaissances autochtones consiste à utiliser un exercice appelé « croyances et pratiques traditionnelles ». Comment animer une discussion sur les croyances et pratiques traditionnelles Divisez le groupe en petits groupes de trois à cinq personnes. Demandez à chaque groupe de réfléchir à sa région d’origine et à sa communauté. Demandez-leur de décrire les croyances ou pratiques traditionnelles de ces communautés qui entrent dans les catégories suivantes : Les pratiques ou croyances traditionnelles qui 1. Sont populaires mais ne peuvent pas être expliquées scientifiquement. Les populations locales insistent sur le fait que ces croyances ou pratiques sont valides. 2. Sont populaires et en accord avec les connaissances scientifiques. 3. Sont utilisées et peuvent même être populaires, mais selon la science occidentale, elles seraient nocives. Donnez aux groupes environ 15 minutes pour réfléchir à leurs exemples et les énumérer sur un tableau à feuilles mobiles. Ensuite, demandez à chaque groupe de présenter ses exemples aux autres. En règle générale, cet exercice met en évidence des exemples de connaissances traditionnelles qui correspondent à la pensée vétérinaire moderne. Il s’ensuit que les connaissances populaires mais non validées ne doivent pas toujours être rejetées, car ces connaissances pourraient être validées à l’avenir. Il existe de nombreux exemples d’hypothèses sur les maladies animales issues d’observations faites par les éleveurs. Le formateur peut présenter certains de ces exemples aux participants et susciter une discussion plus approfondie concernant les dangers de négliger les connaissances locales. La communication non verbale Les sketches et les images sont deux méthodes simples pour former à la communication non verbale. Ces méthodes peuvent être exécutées consécutivement. Utiliser des sketches pour montrer la communication non verbale Les participants sont divisés en groupes égaux, disons quatre groupes. Chaque groupe est invité à s’éloigner des autres groupes, puis le formateur va vers chacun d’eux. Le premier groupe est invité à réfléchir à trois façons de 20 démontrer un comportement de soumission sans se parler. Le groupe est en outre informé qu’il devra mimer trois types de comportement de soumission aux autres groupes, qui devront alors deviner le type de comportement affiché. Une tâche similaire est confiée aux trois autres groupes, pour démontrer trois manières de montrer l’ennui, l’arrogance et la convivialité. Dans tous les cas, les groupes ne sont pas autorisés à prendre la parole pendant la démonstration. À la suite de ces sketches, d’autres questions liées à la communication non verbale et verbale sont ensuite abordées avec l’animation du formateur. Ces problèmes comprennent : Genre et culture Comment aborder au mieux les femmes ? Comment inclure les femmes dans des cultures où il est difficile pour les gens de l’extérieur de parler aux femmes ? Si les femmes sont souvent occupées, quel est le meilleur moment pour leur parler ? Nourriture et les boissons Devrions-nous toujours partager notre propre nourriture et notre eau avec les gens du village ? Comment s’y prendre si nous n’aimons pas la nourriture ou les boissons qu’ils nous proposent ? Si vous allez dans certaines communautés, vous devez boire du lait avec elles si vous voulez être accepté. Notre habillement Sachez que nous pouvons nous habiller de manière trop formelle et cela intimide. Le mieux est de trouver un juste milieu – pas trop débraillé et pas trop formel. Soyez également conscient des manifestations évidentes de richesse, telles que les bijoux en or, les tissus coûteux et les montres. Utiliser des photographies et des croquis pour montrer la communication non verbale La compréhension des participants de la communication non verbale peut être renforcée par une session de discussion avec l’ensemble des participants à l’aide de photographies ou de croquis. Le formateur fait circuler une photo et demande aux gens de commenter tout ce qu’ils voient sur les photos en rapport avec les bons et les mauvais aspects de la communication. Les photographies peuvent montrer différents types d’interviews, de disposition des sièges ou d’interactions entre les personnes. Cet exercice exige que les participants examinent de très près les images et réfléchissent à la manière dont la communication peut varier. Séance : Se gérer soi-même et les autres Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Expliquer l’importance de la gestion et de la coordination d’équipe lors de l’utilisation de l’EP 21 2. Décrire comment gérer les groupes d’informateurs lors de l’utilisation de l’EP Plan de séance détaillé : • Comment travaillons-nous en équipe ? Jeu de carré de corde (~ 30 minutes) • Gestion de groupes : donner des instructions claires : Jeu de pliage de papier (~ 10 minutes) • Gestion des groupes : locuteurs dominants. Sketches (~ 60 minutes) et photographies (~20 minutes) • Temps total requis : ~ 130 minutes Comment travaillons-nous en équipe ? Le jeu de carré de corde Le formateur utilise une corde d’environ 2 m de long noué une fois pour former une boucle. La corde est posée au sol. Le formateur demande ensuite 5 volontaires et leur dit de se mettre en cercle autour de la corde. Le formateur donne ensuite aux volontaires les instructions suivantes : Jeu de corde 1. Fermez les yeux et ne les ouvrez pas pendant le jeu. 2. Penchez-vous et touchez la corde. 3. En tant que groupe, formez un carré. 4. N’ouvrez les yeux que lorsque le groupe est sûr d’avoir fait un carré. Pendant le jeu, les autres participants sont invités à observer ce qui se passe pendant le jeu. Le jeu de corde carré est normalement utilisé et le comportement suivant est noté : • Au départ, les 5 membres du groupe ne se parlent pas. Soit, ils oublient de parler, soit, ils supposent à tort qu’ils ne sont pas autorisés à parler. • Lorsqu’ils commencent à se parler, leur tâche devient plus facile. Cependant, tout le monde parle en même temps, ce qui crée de la confusion. • Finalement, une personne prend la direction et les autres membres du groupe suivent les instructions de cette personne. Dès lors, le groupe est mieux organisé et est en mesure de mener à bien la tâche. Le jeu illustre l’importance de l’organisation et du leadership de groupe lorsque l’on travaille en équipe. Chaque personne dans une équipe doit avoir un rôle qui lui est assigné t pendant l’exercice, adhérer à ce rôle. Si une équipe est mal organisée et confuse, les spectateurs verront ces faiblesses et perdront confiance en l’équipe. 22 Le formateur peut se référer à (Annexe 3) qui suggère des rôles spécifiques pour les différents membres de l’équipe. Gestion des groupes De nombreuses méthodes d’EP sont utilisées avec des groupes d’informateurs. Par conséquent, les praticiens de l’EP doivent être capables d’organiser le travail de groupe et de gérer des groupes. Ils doivent également expliquer clairement ce qu’ils veulent que les gens fassent lorsqu’ils utilisent des méthodes telles que la notation matricielle, la cartographie et d’autres méthodes. L’importance d’instructions claires : le jeu de pliage du papier Sélectionnez 4 volontaires et demandez-leur de se tenir face au reste du groupe. Donnez à chaque volontaire une feuille de papier carrée vierge d’environ 20 cm de côté, puis donnez les instructions suivantes : Jeu de papier 1. Fermez les yeux. 2. Vous ne pouvez pas poser de questions. 3. Pliez le papier en deux et déchirez le coin inférieur droit. 4. Pliez à nouveau le papier en deux et déchirez le coin supérieur droit 5. Pliez à nouveau le papier en deux et déchirez le coin inférieur gauche. 6. Ouvrez les yeux, dépliez le papier et montrez-le au reste du groupe. Habituellement, les morceaux de papier déchirés sont de formes complètement différentes. Ce jeu montre que même si les instructions verbales peuvent sembler simples et que différentes personnes peuvent recevoir les mêmes instructions, elles peuvent être mal interprétées. Il s’ensuit que les conseils sur la façon de mener un exercice d’EP particulier doivent être très clairs et pratiqués au préalable pour vérifier que les instructions sont faciles à comprendre. Ce « test » des instructions est encore plus important lorsque vous utilisez un traducteur. Gérer les locuteurs dominants L’un des défis les plus courants lors des séances de groupe est la gestion des « locuteurs dominants ». Les locuteurs dominants incluent les personnes qui parlent simplement fréquemment ou fort, et ne se soucient pas de savoir si leurs points de vue sont pertinents ou intéressants pour les autres. Les locuteurs dominants peuvent également être des dirigeants locaux ou des professionnels qui estiment que leurs opinions sont les seules qui comptent. Parfois, les locuteurs dominants peuvent être des informateurs utiles. S’ils sont des leaders, leurs 23 connaissances peuvent être très utiles. Cependant, lorsque ces personnes empêchent les autres de participer à une discussion de groupe ou à un exercice, elles doivent être gérées afin de permettre une participation plus large. Pour améliorer la compréhension des locuteurs dominants, le formateur peut préparer une courte présentation. Le formateur peut ensuite organiser une séance de réflexion et demander aux participants d’indiquer des moyens de gérer un locuteur dominant. Les participants aux formations en EP parrainées par la FAO à Nakuru, au Kenya en 2016 et à Harare, au Zimbabwe en 2018, ont suggéré les moyens suivants pour gérer un locuteur dominant : • Divisez le groupe en petits groupes et dispersez les groupes dans différents endroits. • Adressez les questions à des personnes en particulier. Si le locuteur dominant interrompt, dites quelque chose comme « Merci pour votre contribution utile Ecoutons maintenant ce que les autres ont à dire ». • Attribuez une tâche physique au locuteur dominant pour le distraire. • Lors d’une discussion sur la santé animale, dites au locuteur dominant : « Ce que vous nous avez dit est très in- téressant. Ce serait bien de voir certains de vos animaux et de parler davantage des problèmes que vous avez mentionnés ». L’un des membres de l’équipe accompagne ensuite la personne visiter ses animaux, séparant ainsi la personne du groupe sans l’offenser. • Arrêtez la discussion et reprenez plus tard. • Faites en sorte que le locuteur dominant fasse partie de l’équipe. 24 Chapitre 4.0 Méthodes d’épidémiologie participative 4.1 Séance : Entretiens libres Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les différents types d’entretiens libres utilisés en EP 2. Décrire une bonne technique d’entretien 3. Expliquer la différence entre les questions ouvertes, fermées et d’approfondissement 4. Conduire un entretien libre efficace Plan de séance détaillé : • Présentation sur différents types d’entretiens libres pour EP. Groupe entier (~ 15 minutes) • Séance de brainstorming sur les obstacles à une bonne interview : Séanceplénière (~ 30 minutes) • Types de questions : Exercice de liste individuelle de questions (~ 15 minutes) • Simulation d’interviews : Présentation et discussion (~ 40 minutes) • Temps total requis : ~ 3 heures Obstacles aux interviews Pour cette séance, le formateur peut se référer à l’annexe 4 et préparer une présentation de 15 minutes sur les principales caractéristiques des entretiens libres en EP. 25 La présentation peut être suivie d’une séance de réflexions sur les « obstacles à un bon entretien ». On demande aux participants d’évoquer les facteurs qui entravent une bonne communication entre l’intervieweur et l’informateur. Types de questions Au cours de la réflexion, certains participants mentionnent l’utilisation de questions inappropriées comme un obstacle à une bonne interview. Ce problème peut être suivi d’un exercice dans lequel les participants sont invités à catégoriser les questions, décrites ci-dessous. Liste de questions individuelles pour les types de questions Cet exercice utilise une liste préparée à l’avance d’environ 15 types de questions différentes, distribuée sous forme de document à chaque participant. Les participants classent chaque type de question en utilisant des catégories telles que « fermée », « ouverte », « tendancieuse », « question d’approfondissement », « ambiguë », « sensible » ou « composée ». Un exemple abrégé du document est présenté ci-dessous. Vous arrive-t-il de vous rendre à la clinique vétérinaire ? Pourquoi préférez-vous élever des moutons plutôt que des chèvres ? Combien de bovins avez-vous ? C’est intéressant ce que vous dites sur l’anthrax. Pouvez-vous m’en dire plus ? Combien de fois avez-vous fait vacciner vos poules au cours des dernières années ? Pour les chameaux âgés de 0-1, 1-3 et de plus de 3 ans, dites-moi combien sont morts d’infections à Pasteurella le mois dernier dans cette région ? Une fois que les participants ont terminé leur catégorisation des questions, les réponses sont ensuite discutées lors d’une séance plénière. L’EP utilise souvent des interviews semi-structurées basées sur des questions ouvertes et d’approfondissement. La discussion peut être approfondie en fournissant aux participants des exemples de questions fermées ou suggestives, puis en leur demandant de les reformuler en question ouvertes ou d’approfondissement. Exemples La question « Combien de fois avez-vous visité la clinique vétérinaire l’année dernière ? » peut être reformulée comme « L’année dernière, qu’avez-vous fait quand vos animaux sont tombés malades ? » La question « Utilisez-vous l’oxytétracycline pour traiter l’anthrax ? » peut être reformulée comme : « Comment traitez-vous le bétail ? » 26 Comme l’entretien est une méthode si importante en EP, la formation devrait créer un bon moment pour pratiquer la technique d’entretien (interview). Un exercice pratique est décrit ci-dessous. Travaux pratiques Pratiquer des interviews semi-structurées Répartissez les participants en groupes de 4 à 5 personnes. Demandez à 2 ou 3 personnes du groupe de jouer le rôle d’éleveurs et les 2 autres personnes jouent le rôle d’enquêteurs. Le formateur doit visiter chaque groupe d’enquêteurs à part et leur donner un sujet spécifique à étudier à l’aide d’un court entretien semi-structuré. L’annexe 4 traite de cette question. Les sujets appropriés pourraient être « Mort subite chez les bovins », « Diarrhée chez les veaux », « Des prix équitables pour les médicaments vétérinaires » et ainsi de suite. Les enquêteurs doivent préparer une liste de contrôle, puis mener l’entretien devant les autres participants. Les participants suivent l’interview puis commentent les bons et les mauvais points de l’interview. Cet exercice peut être rendu plus intéressant si le formateur demande aux « éleveurs » d’agir de manière particulière. Par exemple, certains pourraient être hostiles, d’autres pourraient s’ennuyer tandis qu’un troisième groupe pourrait se méfier des enquêteurs. Pendant le travail sur le terrain, les participants auront d’autres occasions de pratiquer des méthodes d’entretien libres. 4.2 Séance : Cartographie participative Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Expliquer le rôle des méthodes de visualisation par rapport aux méthodes verbales en EP 2. Décrire les utilisations de la cartographie participative en EP 3. Montrez comment faire une cartographie participative. Plan de séance détaillé : • Présentation sur la cartographie participative : Groupe entier (~ 20 minutes) • Cartographie pratique en groupes (~60 minutes) • Présentation des cartes et discussion (~60 minutes) • Résumer les points clés : Présentation (~5 minutes) 27 • Temps total requis : ~ 2,5 à 3 heures. Le formateur peut se référer à l’annexe 5 pour préparer la présentation initiale de cette séance. Le document à partager est remis aux participants après la présentation. Les points clés à souligner lors d’une présentation sont : • Les informations spatiales sur la répartition du bétail, les déplacements, les interactions, les maladies et les vecteurs de maladies sont extrêmement utiles en épidémiologie • Certaines informations sont plus faciles à décrire et à analyser visuellement que sous forme écrite. Il est plus facile de dessiner une carte que de décrire une carte avec des mots • La cartographie est utile au début d’une enquête pour définir la limite spatiale du système étudié. Il agit égale- ment comme un bon brise-glace car de nombreuses personnes peuvent être impliquées • Les cartes produites sur le terrain à l’aide de matériaux disponibles localement sont faciles à ajuster jusqu’à ce que les informateurs soient convaincus que la carte est correcte • Les cartes n’ont pas besoin de mots écrits ou d’étiquettes, et donc les personnes analphabètes peuvent partici- per. Les participants devraient recevoir des directives sur la façon de faciliter la cartographie participative (voir annexe 5). La deuxième étape de la séance comprend des travaux pratiques. La plupart des formations en EP auront lieu dans un centre de formation ou une autre institution qui dispose d’un personnel de soutien tel que des secrétaires, des gardiens, des nettoyeurs ou des employés de cantine. Ces membres du personnel peuvent être utilisés comme informateurs lors d’un exercice de cartographie pratique. Travaux pratiques Répartissez les participants en groupes de 3 à 6 personnes environ. Il est demandé aux groupes de trouver un ou plusieurs informateurs dans l’enceinte de formation et de leur demander de produire une carte de l’enceinte. L’annexe 5 fournit des directives sur la façon de procéder. Chaque groupe se voit confier la même tâche. Par exemple, s’il y a 5 groupes, 5 cartes distinctes doivent être produites. Demandez aux groupes de copier les cartes sur un flip chart et d’être prêts à expliquer les cartes aux autres participants. Donnez-leur environ 1 heure pour terminer la carte. 28 Présentations de groupe Les présentations de groupe et les séances de commentaires sont une composante importante des cours de formation en EP. Ils permettent aux gens de partager leurs résultats avec d’autres participants et d’expliquer le processus qui a conduit aux résultats. Cela inclut les problèmes rencontrés lors de l’utilisation d’une méthode particulière. Ces séances permettent aux participants de poser des questions et d’identifier les forces et les faiblesses de leurs propres expériences. Un formateur devrait allouer environ 10 à 15 minutes de temps de présentation par groupe. 4.3 Séance : Notation matricielle Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations de la notation matricielle en EP 2. Démontrer comment effectuer la notation matricielle Plan de séance détaillé : • Présentation pour aborder les utilisations de la notation matricielle. Tout le groupe (10 minutes) • Démonstration : Tout le groupe (~50 minutes) • Travaux pratiques en groupes (~90 minutes) • Présentations de groupe avec discussion. Tout le groupe (~60 minutes) • Résumer les points clés. Présentation (~5 minutes) • Temps total requis : ~ 2,5 à 3 heures. Le formateur peut se référer à l’annexe 6 pour des informations générales sur les utilisations de lanotation matricielle pour l’EP. Le document à distribuer peut être utilisé pour préparer une très courte présentation (pas plus de 10 minutes) pour présenter la méthode. Cette méthode est utilisée pour comprendre la description locale des maladies du bétail et la signification des noms de maladies locales. La méthode peut aider à répondre à la question : Les chercheurs et les éleveurs parlent-ils des mêmes maladies ? Il existe deux principaux contextes dans lesquels cette méthode est utilisée : • Dans le cadre d’une enquête générale sur les maladies, dans laquelle un certain nombre de maladies prior- itaires sont étudiées. La méthode explore les descriptions locales de ces maladies. 29 • Dans le cadre d’une étude sur une maladie spécifique, telle que la fièvre aphteuse ou la theilériose bovine, dans laquelle différentes maladies sont utilisées à des fins de contrôle dans la méthode pour aider à éviter tout. Dans cette situation, les informateurs ne sont pas informés que les enquêteurs s’intéressent à une maladie spécifique lorsque la méthode est lancée. Idéalement, la notation matricielle implique trois étapes principales : une comparaison par paires des éléments de l’étude, suivie de la notation matricielle des éléments et des indicateurs, et enfin, l’analyse de la matrice. Démonstration de la méthode La méthode de notation matricielle peut être enseignée par une démonstration, suivie de travaux pratiques en groupe. Divisez les participants en groupes de 4 à 5 participants. Au sein de chaque groupe, demandez à certaines personnes d’agir en tant qu’éleveurs et à d’autres d’agir en tant qu’enquêteurs. L’idée est de mettre en place des situations fictives où les enquêteurs qui ne connaissent pas les noms des maladies locales sont tenus d’utiliser la notation matricielle ur comprendre les perceptions des éleveurs sur les maladies. Chacun des groupes applique ensuite une notation matricielle pour décrire cinq maladies importantes du bétail. La démonstration de notation matricielle est organisée en trois étapes principales : tout d’abord, une approche de comparaison par paires est utilisée pour identifier cinq maladies bovines importantes, suivie d’une notation des indicateurs (signes/lésions majeurs pré-listés ou causes de maladies bovines) par rapport aux cinq maladies bovines. Enfin, la matrice est interrogée en ce qui concerne le modèle de n pour générer des informations plus pertinentes (annexe 6). Travailler avec des informateurs analphabètes Lorsque vous travaillez avec des informateurs analphabètes, des symboles et des diagrammes doivent être utilisés pour représenter chaque maladie et chaque, et une explication détaillée de ces diagrammes doit être donnée aux informateurs. Laissez la matrice « pousser » sur le sol. Présentations de groupe Chaque groupe doit résumer ses résultats sur un flip chart et présenter ses conclusions aux autres groupes. Les cinq maladies sont représentées à l’aide d’objets courants du quotidien placés en haut de la matrice. Le groupe a esquissé les signes de la maladie sur le côté gauche de la matrice. Au cours des travaux pratiques, chaque groupe d’enquêteurs commencera à se faire une opinion sur l’interprétation vétérinaire moderne des noms de maladies locales. Par conséquent, la valeur diagnostique de la méthode deviendra apparente. Au cours des formations en EP parrainées par la FAO à Nakuru, au Kenya en 2016, à Harare, au Zimbabwe et à Asmara, en Érythrée en 2018, et une formation parrainée par Action contre la Faim à West Pokot, au Kenya en 2020, la méthode de notation matricielle a été appliquée à la fois pendant les démonstrations en classe et les séances de travail sur le terrain pour équiper les participants de compétences pratiques dans l’enquête générale sur les maladies du bétail. La question initiale qui a été posée lors des démonstrations en classe et des séances de travail sur le terrain était « Quelles sont les cinq maladies les plus importantes affectant votre 30 bétail tout au long de l’année ? » Cinq noms de maladies du bétail ont été déterminés par une approche de comparaison par paires (première étape de la notation matricielle), suivi de la notation des indicateurs (principaux signes cliniques des cinq maladies bovines) par rapport aux cinq maladies bovines répertoriées. La conclusion tirée des formations à l’EP était que la notation matricielle de cotation est un outil EP efficace pour faire ressortir la signification des noms traditionnels des maladies du bétail et donc un outil puissant pour déterminer si le praticien d’EP et les éleveurs parlent ou non des mêmes maladies. Points à souligner par le formateur comme précaution à prendre lors des séances pratiques de notation matricielle : Évitez de « corriger » les résultats : c’est une erreur courante pour les enquêteurs d’essayer de « corriger » les scores et de donner leur avis. Parfois, cela se transforme rapidement en un enquêteur qui sermonne les informateurs sur la « bonne » réponse. Ce n’est pas le rôle d’un enquêteur d’offrir son point de vue, mais d’autres questions peuvent être utilisées plus tard pour sonder les scores intéressants dans la matrice. Les totaux des colonnes ne doivent pas être additionnés pour donner un score global pour chacun des éléments à l’étude. En effet, les indicateurs varient probablement en importance ou ont des « pondérations » différentes. Il est possible de demander aux informateurs de pondérer les indicateurs en divisant une pile de jetons par rapport aux indicateurs. Lorsque la pondération est appliquée à tous les scores de la matrice, cela peut conduire à un score global plus précis pour chaque élément. Cependant, cela complique également la méthode. La notation matricielle est un outil utilisé pour comprendre la description locale des maladies avant d’utiliser d’autres méthodes participatives telles que les calendriers saisonniers ou la répartition proportionnelle. Avec cette approche, les indicateurs sont les signes et les causes de la maladie, et la somme des scores pour chaque maladie a une valeur limitée. La troisième étape de la démonstration de notation matricielle consiste à « interroger/sonder la matrice ». A ce stade, l’ensemble de la matrice est visible sur le terrain et les relations entre les éléments étudiés et les indicateurs sont clairement visibles. Par conséquent, la matrice est utilisée comme base pour une discussion plus approfondie, facilitée principalement par des questions ouvertes et d’approfondissement. 4.4 Séance : Calendriers saisonniers Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations des calendriers saisonniers en EP 2. Démontrer comment construire un calendrier saisonnier avec des informateurs et « interroger le calendrier » Plan de séance détaillé : • Présentation pour introduire les usages des calendriers saisonniers : tout le groupe (10 minutes) 31 • Démonstration : tout le groupe (~50 minutes) • Travaux pratiques en groupes (~90 minutes) • Présentations de groupe avec discussion pour l’ensemble du groupe (~60 minutes) • Résumer les points clés par présentation (environ 5 minutes) • Temps total requis : ~ 2,5 à 3 heures Les formateurs peuvent se référer à (Annexe 7) pour des informations générales sur l’utilisation des calendriers saisonniers en EP. Ce document à partager peut être utilisé pour préparer une très courte présentation (pas plus de 10 minutes) pour présenter la méthode. Démontrer la méthode La construction d’un calendrier saisonnier passe par trois étapes principales : • Apprendre les définitions locales des saisons, c’est-à-dire les noms des saisons dans la langue locale, et asso- cier ces noms aux noms français des mois ou des saisons • Noter les précipitations, les maladies, les vecteurs de maladies ou d’autres indicateurs par rapport aux noms locaux des saisons • Interviewer / interroger le calendrier saisonnier La méthode du calendrier saisonnier peut être enseignée par une démonstration suivie de travaux pratiques en groupes. Identifiez un participant ayant une connaissance particulière de certaines communautés et de leur langue. Demandez à cette personne de jouer le rôle d’un éleveur (l’informateur) de cette communauté. Étape 1 : Identifier les noms locaux des saisons Tracez une ligne au sol d’environ 1 m de long et expliquez à l’informateur que la ligne représente une année complète. Demandez à l’informateur de diviser la ligne pour montrer les différentes saisons de l’année. Étape 2 : Notation des précipitations, des maladies et d’autres indicateurs Demandez à l’informateur de réfléchir aux précipitations et à la façon dont les précipitations varient selon la saison. Donnez-lui un tas de 30 cailloux et demandez-lui de diviser les cailloux pour montrer le schéma saisonnier des précipitations (plus les précipitations sont élevées au cours d’une saison particulière, plus il y a de cailloux à attribuer à cette saison). Tous les cailloux doivent être utilisés. Lorsque le modèle de pluie a été établi à l’aide des pierres, vérifiez si l’informateur est sûr que les cailloux sont au bon endroit. Donnez-lui une chance de changer le modèle s’ils le souhaitent. Ensuite, enregistrez, mais n’enlevez pas, le nombre de cailloux pour chaque saison. 32 Les maladies, les vecteurs de maladies ou d’autres indicateurs peuvent ensuite être notés par rapport aux saisons en utilisant la même méthode de cotation que pour les précipitations. À ce stade, les enquêteurs doivent s’assurer que les questions à poser sont claires et avoir préalablement préparé et testé les questions dans la langue locale. Souvent, cela signifie également travailler avec des traducteurs pour clarifier les questions avant d’aller sur le terrain. • Si, en tant qu’épidémiologiste, vous essayez de comprendre les variations saisonnières de l’incidence des mal- adies, vous devrez réfléchir soigneusement à la question à poser lorsque les informateurs notent les maladies en fonction de la saison. La tâche consiste-t-elle à : montrer le nombre de cas de cette maladie par saison ou montrer le nombre de nouveaux cas de cette maladie » ? Gardez également à l’esprit qu’une distinction claire doit être faite entre la fréquence des cas et la gravité des cas. Parfois, les enquêteurs ou les traducteurs peuvent confondre ou combiner les deux questions. • De même, supposez que vous êtes intéressé par le contact entre la faune et le bétail. La tâche consiste-t-elle à : « Montrer les changements saisonniers du nombre d’animaux sauvages » ou « Montrer les saisons au cours desquelles les animaux sauvages entrent en contact avec le bétail » ou autre chose ? Représentation de la maladie et des indicateurs de vecteur de maladie Pour les informateurs qui savent lire : les maladies et les vecteurs de maladies peuvent être représentés en écrivant le nom des maladies ou des vecteurs sur des morceaux de carte. Pour les informateurs analphabètes : utilisez des diagrammes pour représenter les maladies et les vecteurs (par exemple, voir l’annexe 7). Pour les groupes mixtes d’informateurs instruits et analphabètes : utilisez des diagrammes, afin que tout le monde dans le groupe puisse facilement suivre la méthode. Notation des indicateurs Prenez la première maladie ou le vecteur de maladie et demandez à l’informateur de montrer son apparition saisonnière à l’aide d’un tas de 30 pierres. Donnez à l’informateur le temps de placer les pierres et de vérifier sa réponse. Expliquez-lui qu’il peut changer les pierres s’ils le souhaitent. Lorsque l’informateur est satisfait de sa répartition, enregistrez le résultat et passez à la maladie ou au vecteur de maladie suivant. Notez chaque maladie et vecteur de maladie un à la fois, en construisant progressivement le calendrier saisonnier ligne par ligne sur le sol (voir l’annexe 7). Étape 3 : Interviewer le calendrier La dernière étape de la démonstration consiste à « interroger le calendrier ». Tout comme la méthode de notation matricielle, un calendrier saisonnier peut servir de base à une discussion plus approfondie, facilitée par des questions ouvertes et d’approfondissement. Voici des exemples de telles questions : 33 Pourquoi cette maladie est-elle plus fréquente en cette saison ? Savez-vous ce qui cause cette maladie ? Cette maladie semble donc se produire lorsqu’il pleut beaucoup, n’est-ce pas ? 4.5 Séance : Empilement Proportionnel Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations de l’empilement proportionnel en EP 2. Démontrer comment effectuer un empilement proportionnel avec des informateurs Plan de séance détaillé : • Introduction pour présenter les utilisations de l’empilement proportionnel. Tout le groupe (10 minutes) • Démonstration. Tout le groupe (~50 minutes) • Travaux pratiques. En groupes (~90 minutes) Présentations de groupe avec discussion. Tout le groupe (~60 minutes) • Résumer les points clés. Présentation (~5 minutes) • Temps total requis : ~ 2,5 à 3 heures Un formateur peut se référer à l’annexe 3 pour les informations générales sur les utilisations de l’empilement proportionnel en EP pour préparer une très courte présentation (pas plus de 10 minutes) pour présenter la méthode. Démonstration de la méthode L’empilement proportionnel peut être enseigné par une démonstration suivie de travaux pratiques en groupe. On peut demander à cinq des participants à la formation EP d’agir en tant qu’éleveurs, et le formateur démontre l’empilement proportionnel en les interrogeant sur 5 maladies du bétail. Il faut supposer que les informateurs sont analphabètes. Un point important ici est l’utilisation des mêmes maladies dans les séances de formation sur la notation matricielle, les calendriers saisonniers et l’empilement proportionnel. Pourquoi s’embêter à faire ça ? Cette approche aide les participants à comprendre et à mettre en pratique le concept de triangulation. Nous pouvons utiliser différentes méthodes d’EP pour enquêter sur les mêmes maladies. Bien que les méthodes soient principalement destinées à explorer différents aspects des maladies, il y aura un certain chevauchement dans les informations générées. Ce chevauchement est souvent plus évident lors des questions de suivi pour chaque méthode (par exemple, en sondant la matrice), et souligne l’importance de l’analyse en tant que partie essentielle de chaque méthode. 34 Le but de l’empilement proportionnel est d’estimer l’incidence et la mortalité liée à cinq maladies du bétail. La démonstration va se dérouler en cinq étapes : • Apprendre la classification locale des bovins par groupe d’âge et les noms locaux pour chaque groupe d’âge • Estimer l’incidence de la maladie chez les « veaux » • Estimer la mortalité due à la maladie chez les « veaux » • Questions de suivi • Répéter l’opération pour les autres groupes d’âge. Étape 1 : Identifier les termes locaux pour les différents groupes d’âge du type d’élevage étudié Demandez aux informateurs d’expliquer comment les bovins sont classés dans le système traditionnel. Les informateurs doivent nommer et décrire les trois principaux groupes d’âge des bovins ci-dessous dans le système traditionnel : Veaux (0–1 an) Génisses (1–3 ans) Adultes (> 3 ans) Étape 2 : Empilement des objets à compter pour montrer les tendances de la maladie dans chaque groupe d’âge Utilisez cinq cartes de diagramme de maladie qui ont été utilisées pendant la notation matricielle et le calendrier saisonnier. Préparez une carte supplémentaire décrivant « toutes les autres maladies ». Cela donne un total de six cartes de diagramme de maladie. Expliquez que chaque informateur effectuera l’exercice à tour de rôle, en fournissant des informations pour son propre troupeau (ou le troupeau dont il s’occupe). Sélectionnez l’un des informateurs. Donnez-lui un tas de 100 cailloux et expliquez que ces cailloux représentent tous les (veaux) de leur troupeau au cours de la dernière année. Demandez-lui de diviser la pile pour montrer la répartition des « veaux qui sont restés en bonne santé » et des « veaux qui sont tombés malades ». Cela se traduira par deux tas de cailloux représentant des veaux sains et des veau malades. Enregistrez le nombre de cailloux dans chaque tas. Placez les six cartes de diagramme de maladie dans une rangée et expliquez à l’informateur ce qu’elles signifient. Demandez-lui de diviser le tas de cailloux « malade » pour montrer le schéma des veaux qui tombent malades pour chacune des cinq maladies, plus les « autres maladies ». 35 Expliquez que si aucune maladie n’a été observé chez les veaux, aucun caillou ne sera attribué à cette ou ces maladies. Laissez-lui suffisamment de temps pour faire cette tâche et ne l’interrompez pas. Notez le nombre de cailloux dans chaque tas. Étape 3 : Empilement des objets à compter pour montrer les modèles de mortalité par maladie dans chaque groupe d’âge Demandez à l’informateur de se concentrer sur les tas de cailloux représentant les 6 catégories différentes de maladies. Demandez-lui de diviser davantage chaque tas de cailloux pour montrer la répartition des veaux qui survivent et des veaux qui meurent. Enregistrez le nombre de cailloux attribués aux « veaux qui meurent » pour chaque catégorie de maladie. Étape 4 : Questions de suivi A l’issue de l’empilement ci-dessus des cailloux, on aura des tas représentant des veaux en bonne santé, plus des veaux qui tombent malades et meurent pour chacune des cinq maladies, plus la catégorie « autres maladies ». La présence physique des cailloux/tas peut faciliter les questions de suivi, par exemple. Que faites-vous lorsque vos veaux sont atteints de la maladie (mentionnez le nom de la maladie dans le langage traditionnel) ? Comment les veaux contractent-ils la maladie (mentionnez le nom dans le nom local) ? Quelles sont ces « autres maladies » qui ont rendu les veaux malades ? Etape 5 : Répéter la méthode pour chaque tranche d’âge, et avec chaque informateur Travaux pratiques Les travaux pratiques pour l’empilement proportionnel peuvent être organisés de la même manière que la notation matricielle et le calendrier saisonnier. Les participants doivent pratiquer l’empilement proportionnel en classe avant d’aller sur le terrain. Cela s’avère être une leçon de formation très utile. A première vue, une méthode telle que l’empilement proportionnel semble être très simple. Cependant, il est beaucoup plus difficile à utiliser que les gens ne le pensent - Donnez toujours suffisamment de temps pour la pratique en classe des méthodes d’EP. 36 4.6 Séance : Diagrammes de Venn Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations du diagramme de Venn en EP 2. Montrer comment construire un diagramme de Venn avec des informateurs et comment « interviewez le diagramme » Plan de séance détaillé : • Introduction pour présenter les utilisations du diagramme de Venn avec tout le groupe (10 minutes) • Démonstration : tout le groupe (~30 minutes) • Travaux pratiques en groupe (~40 minutes) • Présentations de groupe avec discussion pour tout l’ensemble du groupe (~40 minutes) • Résumer les points clés par présentation (environ 5 minutes) • Temps total requis : ~ 2 heures Un formateur peut se référer à l’annexe 9 pour les informations de base sur les utilisations du diagramme de Venn en EP pour préparer une très courte présentation (pas plus de 10 minutes) pour présenter la méthode. Démonstration de la méthode Le diagramme de Venn peut être enseigné par démonstration suivie de travaux pratiques en groupe. Tout d’abord une brève introduction pour présenter la méthode. Le formateur répartit ensuite les participants en groupes de 5 personnes. Trois membres de chaque groupe sont invités à jouer le rôle d’éleveurs tandis que les 2 autres jouent le rôle d’enquêteurs. Chaque groupe est chargé de construire des diagrammes de Venn pour démontrer la relation de travail entre la communauté et les services gouvernementaux, et d’autres parties prenantes clés dans leur localité. Après 40 minutes, les groupes présentent leurs travaux, qui sont ensuite discutés par l’ensemble du groupe. 4.7 Séance : Chronologie Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations de la chronologie en PE 37 2. Démontrer comment construire des supports chronologiques avec des informateurs et interroger le diagramme Plan de séance détaillé : • Présentation pour aborder les utilisations des schémas chronologiques avec l’ensemble du groupe (10 min- utes) • Démonstration : tout le groupe (~30 minutes) • Travaux pratiques en groupe (~40 minutes) • Présentations de groupe avec discussion pour l’ensemble du groupe (~40 minutes) • Résumer les points clés par présentation (environ 5 minutes) • Temps total requis : ~ 2 heures Un formateur peut se référer à l’Annexe 10 pour les informations de base sur les utilisations du diagramme de Venn en EP pour préparer une très courte présentation (pas plus de 10 minutes) pour présenter la méthode. Démonstration de la méthode Les supports chronologiques peuvent être enseignées par des démonstrations suivies de travaux pratiques en groupes. D’abord une brève introduction pour présenter la méthode. Le formateur répartit ensuite les participants en groupes de 5 personnes. Trois membres de chaque groupe sont invités à jouer le rôle d’éleveurs tandis que les 2 autres jouent le rôle d’enquêteurs. Chaque groupe se voit confier la tâche de construire des chronologies pour démontrer la relation entre l’apparition d’événements historiques majeurs et l’apparition de maladies du bétail. Les groupes présentent ensuite leurs travaux après 40 minutes, qui sont ensuite discutés en plénière. 4.8 Séance : Notation matricielle de l’impact des maladies (NMIM) Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : 1. Décrire les utilisations de la NMIM en EP 2. Montrez comment faire la NMIM. Plan de séance détaillé : • Présentation sur NMIM. Tout le groupe (~ 20 minutes) • Pratique de la NMIM. En groupes (~60 minutes) 38 • Présentation et discussion (~60 minutes) • Résumer les points clés. Présentation (~5 minutes) • Temps total requis : ~ 2,5 à 3 heures. Le formateur peut se référer à l’annexe 11 pour préparer la présentation initiale de cette session. Le document à distribuer est remis aux participants après la présentation. Démonstration de la méthode La NMIM peut être enseignée par démonstration suivie de travaux pratiques en groupe. Tout d’abord une brève introduction pour présenter la méthode. Le formateur répartit ensuite les participants en groupes de 5 personnes. Trois membres de chaque groupe sont invités à jouer le rôle d’éleveurs tandis que les 2 autres jouent le rôle d’enquêteurs. Chaque groupe est chargé d’appliquer l’outil NMIM pour calculer l’impact de 5 maladies bovines majeures sur les avantages des moyens de subsistance tirés de l’élevage. Après 60 minutes, les groupes présentent ensuite leurs travaux qui sont ensuite discutés par l’ensemble du groupe. 4.9 Outils d’observation directe Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : • Décrire les utilisations de l’observation directe en EP • Décrire les principales composantes de l’observation directe : marche transversale, examens cliniques et post- mortem • Plan de séance détaillé : • Présentation : Tout le groupe (~ 50 minutes) • Démonstration : tout le groupe (~ 60 minutes) Contexte L’observation directe est utilisée comme moyen de trianguler les informations recueillies à l’aide d’autres outils et techniques participatifs. Elle permet à l’enquêteur de visualiser les problèmes de ses propres yeux et crée une meilleure compréhension des concepts étudiés. Les outils d’observation directe comprennent les marches transversales et les examens cliniques et post-mortem (Mariner, 2000). La méthode doit être appliquée lorsque les participants ont déjà une excellente compréhension des techniques d’EP et des avantages de l’utilisation des techniques participatives. L’observation directe est une compétence que la plupart des vétérinaires et des agents de santé animale développent au cours de la formation formelle. 39 Méthode de démonstration Le formateur demande à chaque participant d’écrire une manière dont l’observation directe pourrait contribuer à une étude d’EP. Le formateur résume ensuite les réponses des participants sur un flip chat afin que tout le monde puisse les voir. Ceci est suivi d’une séance de réflexion (brainstorming) impliquant tous les participants dans la discussion des méthodes d’observation directe dans une étude d’EP. Les participants sont encouragés à réfléchir aux biais qui peuvent être introduits en utilisant les différentes méthodes puis sont invités à mentionner les mesures d’atténuation possibles. Un exemple pourrait être la partialité diplomatique. Un informateur clé riche peut être intéressé à montrer au chercheur, divers aspects de la communauté mais ne pas inclure les ménages les plus pauvres parce qu’il pense qu’il serait impoli d’exposer leur pauvreté à un étranger. Marches transversales Une marche transversale est un outil qui utilise l’observation directe, des entretiens libres et la visualisation pour décrire et montrer l’emplacement et la distribution des ressources, des caractéristiques, du paysage et de l’utilisation des terres le long d’une section transversale donnée d’un village ou d’une zone. Une coupe transversale de la zone d’intérêt est observée en marchant en ligne droite (ou aussi droit que possible) à travers une communauté en compagnie d’informateurs clés. Les marches transversales peuvent être utilisées pour : • Acquérir une perception physique de l’environnement et observer directement les activités quotidiennes des résidents dans un cadre naturel ; • Identifier et expliquer les relations de cause à effet entre la topographie, la végétation naturelle, les systèmes d’élevage et d’autres activités de production et les modèles d’établissement humain ; • Identifier les principaux problèmes et possibilités perçus par différents groupes de participants en relation avec des caractéristiques ou des zones le long de la marche ; • Se renseigner sur la technologie et les pratiques locales ; • Vérifier les données collectées via d’autres outils tels que la cartographie ; et • Sonder les informations qui ont déjà été mentionnées par la communauté. Brainstorming (Réflexions) : marches transversales Les exemples peuvent inclure : • Élevage et logement des animaux • Logements humains et cours 40 • Richesse relative de la communauté • Routes et voies navigables • Fermes commerciales ou individuelles • Pratiques en matière de déchets, d’hygiène et d’assainissement • Marchés • Types de bétail et leur état de santé général • Des lieux de rencontre • Hôpitaux et établissements de santé • Pharmacies • Services vétérinaires • Ressources naturelles et autres • Utilisation des terres et pâturages Exercice de groupe : marches transversales Le formateur demande aux participants de se répartir en groupes de 4 à 5 personnes. Chaque groupe doit planifier une marche transversale dans la zone locale avec un objectif prédéterminé. Si possible, identifiez un informateur clé de la région pour accompagner le groupe lors de la marche transversale. Si possible, pendant les marches transversales, les groupes doivent s’arrêter et parler aux informateurs en cours de route. Les groupes devraient se réunir après 30 minutes pour présenter leurs conclusions. Présentation : Examen clinique et post-mortem En épidémiologie participative, l’examen clinique et post mortem de cas représentatifs est une partie importante du processus de triangulation (Mariner, 2000). Le moment opportun pour passer les examens est généralement directement après l’interview semi-structurée. Les examens cliniques et post mortem sont le moment approprié pour utiliser des diagnostics sur le terrain et collecter des échantillons pour les tests de laboratoire. Les diagnostics sur le terrain et la confirmation en laboratoire sont un élément clé du processus de triangulation dans l’EP. Des photographies d’animaux cliniquement malades mettant en évidence des symptômes ou des lésions spécifiques ainsi que des photographies post mortem de lésions caractéristiques sont des méthodes supplémentaires pour documenter les informations qui peuvent être utilisées pour la notification. 41 4.10 Analyse et présentation des données Objectifs de la séance : A la fin de la séance de formation, les participants doivent être capables de : • Démontrer des connaissances sur l’analyse et la présentation des données d’EP. Plan de séance détaillé : • Présentation sur l’analyse des données PE et présentation, tout le groupe (~ 30 minutes) L’analyse des données • Deux méthodes d’analyse des données peuvent être utilisées : les méthodes constructives et les méthodes critiques. Méthodes constructives : • Résumer données • Cartographie des données (Élaboration de catégories et codification des données) • Rédaction de notes théoriques • Quantification • Façonner des métaphores Tableau 2 : Analyse des données d’EP : Méthodes constructives. Outils EP Analyse Dialogues Résumés, tableaux, graphiques, diagrammes Diagrammes Descriptions, relations/interrelations, tendances Tableaux graphiques Résumés, totaux, moyennes, préférences, priorités Outils spatiaux (e.g. marches transversales) Modèles, contraintes, opportunités (Source Burnaby and Campbell, 2001) 42 Analyse des données - Méthode critique • Lors de la conduite d’une analyse critique, il faut être ouvert aux données qui remettent en question les hy- pothèses sur lesquelles l’étude est basée, qui ne font pas que les confirmer. • Tester les résultats, • Analyse de tous les résultats • Validation par communication. • Les interprétations des données doivent être communiquées aux participants à l’EP (par exemple, les villageois) et valider ou voir s’ils sont d’accord. Quand réalisons-nous l’analyse ? • Au cours de l’entretien par recoupement et sondage • Dans le résumé l’entretien • Dans le rapport de synthèse pour le village ou la zone • Au niveau central Répétabilité et validité des données : Triangulation • Entre les questions et les outils utilisés avec les mêmes informateurs • Entre les questions et les outils répétés avec plusieurs informateurs • Entre les informations recueillies lors des interviews et les outils de diagnostic de laboratoire • Entre les résultats de l’EP et les informations secondaires • Codage des données • Méthodes standardisées vs méthodes non standardisées Tableau 3 : Analyse des données de classement simple : Données standardisées. Interview Total Rang Espèces 1 2 3 4 5 Vache 1 1 2 1 1 6 1 Chèvre 2 2 1 2 2 9 2 Mouton 3 3 3 4 3 16 3 Ane 4 5 4 5 4 22 4 Poule 5 4 5 3 5 22 4 (Source Burnaby and Campbell, 2001) 43 Analyse de données de classement simple : données non standardisées Dans ce cas, les classements originaux doivent être convertis en scores. Pour chaque entretien, les espèces classées 1 reçoivent un score de 6, les espèces classées 2 reçoivent un score de 5, celles classées 3 = 4, celles classées 4=3, celles classées 5 = 2 et celles classées6 =1. L’espèce avec un score élevé se classe numéro 1, suivi de la position 2, et ainsi de suite. 44 Chapitre 5.0 References Alders R.G, Ali S. N, Ameri A.A, Bagnol B, Cooper T.L, Gozal A, Hidayat M.M, Rukambile E, Wong J.T, and Catley A (2020): Epidemiology: Principles, Practice, Utility, and Lessons Learnt (Review Article), Front. Vet. Sci., 04 November 2020 | https://doi.org/10.3389/f020.532763 Alders RG, Bagnol B. 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Robert Chambers (1992): Rural Appraisal: Rapid, relax and participatory; IDS Discussion Paper 311. 47 Chapitre 6.0 Annexes Annexe 1: Document à distribuer : Participation communautaire Participation Défini comme : L’implication d’un nombre important de personnes dans des situations ou des actions qui améliorent leur bien-être, c’est-à-dire leurs revenus, leur sécurité, leur estime de soi. Accorder plus d’attention au développement décentralisé. Reconnaissance de la nécessité de comprendre et d’utiliser les approches locales du développement. Une attitude et une philosophie qui encouragent l’apprentissage, la découverte et la flexibilité. La participation est considérée comme une contribution volontaire de la population à l’un ou l’autre des programmes publics censés contribuer au développement national, mais on ne s’attend pas à ce que la population participe à l’élaboration du programme ou à la critique de son contenu. Participer signifie dans son sens le plus large, sensibiliser les populations et, ainsi, accroître la réceptivité et la capacité des populations rurales à répondre aux programmes de développement, ainsi qu’encourager les initiatives locales. En matière de développement rural, la participation comprend l’implication des personnes dans les processus de prise de décision, la mise en œuvre des programmes, leur participation aux bénéfices des programmes de développement et leur implication dans les efforts d’évaluation de ces programmes. La participation populaire au développement doit être comprise au sens large comme l’implication active des personnes dans le processus de prise de décision dans la mesure où elle les affecte. L’implication communautaire signifie que les personnes, qui ont à la fois le droit et le devoir de participer à la résolution de leurs propres problèmes, ont de plus grandes responsabilités dans l’évaluation de leurs besoins, la mobilisation des ressources locales et la proposition de nouvelles solutions, ainsi que la création et le maintien d’organisations locales. La participation est considérée comme un processus actif, c’est-à-dire que la personne ou le groupe en question prend des initiatives et revendique son autonomie pour le faire. Il s’agit des efforts organisés pour accroître le contrôle sur les ressources et réglementer les institutions et les actions de ceux jusqu’ici exclus d’un tel contrôle. 48 Origine de la participation communautaire Les approches participatives utilisées aujourd’hui ont évolué à partir de plusieurs sources et traditions. Cinq d’entre elles ont été particulièrement importantes (Chambers, 1992) : Recherche participative militante : Utilise le dialogue et la recherche conjointe pour accroître la sensibilisation et la confiance des gens et leur donner les moyens d’agir. Bien que son accent particulier sur les défavorisés et sur l’action politique ait limité sa propagation, sa contribution clé aux approches actuelles est sa reconnaissance du fait que les pauvres sont créatifs et capables et doivent être responsabilisés, tandis que les étrangers ont un rôle de catalyseurs et de facilitateurs. Analyse de l’agroécosystème : Cette approche s’appuie sur les systèmes et la pensée écologique, combinant l’analyse des systèmes (productivité, stabilité, durabilité, équité) avec l’analyse des modèles d’espace, de temps, de flux et de relations, de valeurs relatives et de décisions. Parmi ses contributions majeures aux approches actuelles figurent son utilisation de marche, de cartographie et de diagrammes informels et l’utilisation de notations et de classements pour évaluer les innovations. Anthropologie appliquée : Bien que l’anthropologie sociale conventionnelle ait été principalement préoccupée par la compréhension plutôt que par le changement, l’anthropologie appliquée est devenue plus reconnue dans les années 1980 comme une activité légitime et utile, en particulier dans sa capacité à aider les professionnels du développement à mieux apprécier la richesse et la validité des connaissances des populations rurales. Elle met également l’accent sur les avantages de l’observation et des conversations non-précipitées des participants et sur l’importance des attitudes, du comportement et des relations. Recherche de terrain sur les systèmes agricoles : Deux branches de cette discipline ont simultanément révélé d’une part la rationalité des petits agriculteurs pauvres, et d’autre part, leur rôle d’expérimentateurs. La participation des agriculteurs à la recherche agricole est donc devenue un objectif, en particulier dans le contexte de systèmes agricoles complexes, diversifiés et sujets à des risques. Évaluation rurale rapide : Apparue à la fin des années 1970, il s’agissait d’une réaction à l’insatisfaction générale face aux biais inhérents à l’approche du « touristes du développement rural », qui tendait à masquer les pires pauvretés et privations. Il s’agissait également d’une réaction à la lenteur, aux dépenses et à l’imprécision fréquente du processus conventionnel des enquêtes par questionnaire. En répondant à la question « Qui détient le savoir qui compte le ? » cette évaluation cherchait à permettre aux personnes extérieures de connaître et de comprendre les conditions rurales grâce aux populations rurales de manière rentable et opportune. 49 Tableau 4 : Types de participation communautaire. S/ Type de Description No participation 1 Participation La participation communautaire n’est qu’un simulacre, avec des représentants du peuple dans manipulatrice (Co- les conseils officiels qui ne sont pas élus et n’ont aucun pouvoir. option) 2 Participation Les communautés participent en étant informées de ce qui a été décidé ou s’est déjà produit. passive Elle implique des annonces unilatérales par une administration ou une direction de projet sans (Complaisance) écouter les réponses des gens. Les informations appartiennent uniquement à des professionnels externes. 3 Participation par Les communautés participent en étant consultées ou en répondant aux questions. Les agents consultation externes définissent les problèmes et les méthodes de collecte d’informations, et contrôlent ainsi l’analyse. Un tel processus consultatif ne concède aucune part dans la prise de décision et les professionnels ne sont pas tenus de prendre en compte les points de vue des personnes. 4 Participation Les communautés participent en fournissant des ressources telles que la main-d’œuvre, en pour avantages échange d’avantages matériels (par exemple, de la nourriture, de l’argent). Il est très courant de matériels voir cela appelé participation, mais les gens n’ont aucun intérêt à prolonger les activités lorsque les avantages prennent fin. 5 Participation La participation communautaire est considérée par les organismes externes comme un moyen fonctionnelle d’atteindre les objectifs du projet. Les gens participent en formant des groupes pour atteindre (Coopération) des objectifs de projet prédéterminés ; ils peuvent être impliqués dans la prise de décision, mais seulement après que des décisions importantes ont déjà été prises par des agents externes. 6 Participation Les gens participent à l’analyse conjointe, à l’élaboration de plans d’action et à la formation ou interactive (Co- au renforcement des institutions locales. La participation est considérée comme un droit, pas apprentissage) seulement comme un moyen d’atteindre les objectifs du projet. Le processus implique des méthodologies interdisciplinaires qui recherchent des perspectives multiples et utilisent des méthodes d’apprentissage systémiques et structurées. Comme les groupes prennent le contrôle des décisions locales et déterminent comment les ressources disponibles sont utilisées, ils ont donc intérêt à maintenir les structures ou les activités. 7 Auto-mobilisation Les gens participent en prenant des initiatives indépendamment des institutions externes pour (Action collective). changer les systèmes. Ils développent des contacts avec des institutions externes pour les ressources et les conseils techniques dont ils ont besoin, mais gardent le contrôle sur la façon dont les ressources sont utilisées. L’auto-mobilisation peut se répandre si les gouvernements et les ONG fournissent un cadre de soutien favorable. Une telle mobilisation auto-initiée peut remettre en cause ou non les répartitions existantes de la richesse et du pouvoir. (Source: adaptée depuis Pretty 1994) 50 Annexe 2: Document à partager : Attitudes et comportements en épidémiologie participative Introduction Un aspect important des approches participatives est la manière dont nous interagissons avec les autres. Cette interaction détermine la relation et la confiance qui se développent entre les enquêteurs et les populations locales, et affecte les types de problèmes et d’informations que les gens sont prêts à discuter de manière ouverte. Si nous regardons cette question d’un point de vue épidémiologique, la relation entre les enquêteurs et les éleveurs est un facteur clé affectant la fiabilité et la validité des données. Si les informateurs craignent que les chercheurs aient un « agenda caché », qu’ils utilisent les informations uniquement à des fins égoïstes ou qu’ils puissent transmettre des informations aux autorités, leur participation sera alors faible. De plus, si les informateurs considèrent que les étrangers sont impolis ou arrogants, ou uniquement intéressés par leurs propres opinions, la discussion ne sera pas très constructive. Par conséquent, une caractéristique cruciale de l’épidémiologie participative est que les chercheurs doivent être constamment conscients de leurs propres attitudes et comportements. Attitudes L’évolution de l’épidémiologie participative a été fortement influencée par les anthropologues sociaux et leur intérêt pour les savoirs autochtones. Bref, les chercheurs ont commencé à se rendre compte que les collectivités rurales possédaient une grande richesse de connaissances et de compétences qui s’étaient développées au fil des générations. De même, les agriculteurs étaient des expérimentateurs à leur façon. Ils ont reconnu les problèmes et ont testé différentes solutions. Par conséquent, les approches participatives du développement visaient à utiliser les connaissances autochtones comme base pour les interventions en faveur du développement. En comprenant ce que les agriculteurs savaient déjà et en les impliquant dans la résolution de problèmes, les projets étaient mieux adaptés aux perceptions et capacités locales. Ce principe a été largement appliqué dans certains des meilleurs projets communautaires de santé animale dans les zones pastorales. Pour qu’une recherche soit significative, les chercheurs doivent croire qu’un informateur a quelque chose d’utile à dire. Cela signifie respecter les points de vue et opinions locaux et être ouvert aux idées qui ne sont pas nécessairement en accord avec la science moderne. Cela ne signifie pas qu’en tant que vétérinaires, nous devons automatiquement accepter toutes les connaissances autochtones comme valides et utiles. L’idée est d’identifier les connaissances et compétences locales qui semblent en accord avec notre savoir-faire professionnel, et de développer davantage cette capacité locale existante. Dans le même temps, d’éventuelles lacunes dans les connaissances locales peuvent être identifiées et discutées. Communication non verbale et capacité d’écoute En tant que visiteurs, tout ce que nous faisons dans une communauté influence le flux d’informations. Cela ne signifie pas seulement ce que nous disons, mais comment nous nous comportons. Cette « communication non verbale » peut prendre plusieurs formes, par exemple : 51 • comment nous nous habillons et apparaissons • ce que nous emportons avec nous - nos biens • comment nous voyageons - à pied, à vélo, en bus ou en véhicule de projet (portant le logo du projet) • notre posture corporelle • notre comportement Les visiteurs envoient toujours des signaux visuels sur qui ils sont et les raisons pour lesquelles ils visitent une région. Lorsque les véhicules du projet portent des logos, les gens peuvent avoir de fausses attentes. Ces attentes doivent être discutées. Tout le monde doit bien comprendre le but d’un travail et les avantages potentiels dès le début. Au cours de l’atelier, les participants seront invités à identifier des exemples spécifiques de communication non verbale qui peuvent avoir un impact négatif ou positif sur l’utilisation des méthodes participatives. Les exemples courants incluent : • S’habiller formellement ou porter des vêtements coûteux - Cela peut donner l’impression que les cher- cheurs sont plus riches et influents que les informateurs • Assis à un niveau supérieur - Cela incite automatiquement les chercheurs à regarder de haut les informateurs • Ne pas faire de bonnes présentations personnelles et commencer les réunions selon les coutumes et les manières locales - Cela peut donner l’impression que les coutumes locales ne sont pas importantes • Ne pas organiser les réunions et les interviews à des heures qui conviennent à la population locale - Les gens sont souvent occupés et ne sont disponibles qu’à certains moments de la journée • Montrer des signes d’ennui ou de fatigue, par exemple, en bâillant • Montrer des signes d’impatience - Par exemple, taper du pied ou regarder à plusieurs reprises une montre- bracelet Fais-le toi-même Une façon de montrer aux gens que vous vous intéressez à leur mode de vie est de participer à certaines des tâches quotidiennes qu’ils effectuent. Cela peut montrer aux gens que vous n’êtes pas trop fier de travailler à leurs côtés et au début du projet, cela aide à créer de bonnes relations. Dans de nombreux cas, les chercheurs doivent apprendre à effectuer un certain travail. Ce « renversement des rôles », avec les vétérinaires apprenant des populations locales, montre aux gens que leurs connaissances et leurs compétences sont précieuses. Si vous êtes dans une zone pastorale, pourquoi ne pas essayer de traire une chamelle, de faire du beurre ou de construire une maison locale ? 52 Annexe 3: Document à distribuer : Aperçu des méthodes participatives Les trois principaux groupes de méthodes participatives sont : • Méthodes d’entretien (interview) libre • Méthodes de visualisation • Classement ou notation Toutes ces méthodes sont étayées par la connaissance provenant de source secondaire et l’observation directe. Idéalement, les méthodes sont utilisées ensemble. Les résultats d’une méthode sont comparés aux résultats d’une ou plusieurs autres méthodes. Ce processus de comparaison et de recoupement est appelé triangulation. Triangulation Figure 3 : Triangulation (Source, Carter et al., 2014). La triangulation peut être comparée à l’établissement d’un diagnostic en médecine vétérinaire. Lors de l’établissement d’un diagnostic, un clinicien recueille et compare des informations provenant de différentes sources, notamment les antécédents médicaux, l’entretien avec le propriétaire, l’observation directe de l’environnement de la ferme, l’examen clinique des animaux, etc. Toutes ces informations sont mentalement combinées pour fournir un diagnostic provisoire ou définitif. 53 L’utilisation d’informateurs clés Au sein des communautés, certaines populations locales sont reconnues comme possédant des connaissances et des compétences particulières. Ces experts locaux ou informateurs clés peuvent être identifiés en demandant aux personnes d’identifier d’autres personnes qui en savent le plus sur un certain sujet, puis en voyant quels noms sont mentionnés à plusieurs reprises par différents informateurs. Les informateurs clés peuvent être utilisés pour fournir des informations très détaillées sur des domaines spécialisés tels que des aspects spécifiques de la production végétale, de l’élevage ou de la santé humaine. Travailler en équipe en utilisant des méthodes participatives • Une personne devrait être l’animateur. Celui-ci introduit la séance, pose des questions, explique la méthode et vérifie les informations au fur et à mesure qu’elles proviennent des informateurs. Par conséquent, l’animateur interagit directement avec les informateurs et n’a pas besoin d’écrire quoi que ce soit pendant la mise en œuvre de la méthode. En d’autres termes, le flux de communication n’est pas interrompu par le fait que l’animateur interrompt sans cesse la discussion afin d’écrire ce qui a été dit. • Un autre membre de l’équipe agit en tant que rapporteur. Cette personne s’assoit généralement légèrement en retrait du groupe et enregistre la discussion ou les résultats des méthodes de notation au fur et à mesure. Le rapporteur surveille également la dynamique du groupe et surveille qui parle dans le groupe et qui ne parle pas. Si nécessaire, le rapporteur peut rappeler à l’animateur d’inclure des personnes qui ne contribuent pas à la discussion. Les membres de l’équipe doivent préparer soigneusement comment ils vont organiser chaque séance et qui va dire quoi. Cela peut être très déroutant pour les informateurs si, par exemple, les membres de l’équipe s’interrompent ou se contredisent lorsqu’ils expliquent comment une méthode particulière doit être menée. Utiliser des images et d’autres supports pour appuyer les méthodes d’épidémiologie participative Un aspect important des méthodes d’EP est leur capacité à atteindre les personnes analphabètes et à les impliquer dans la description et l’analyse des problèmes locaux. Avec des méthodes exigeant que les gens écrivent ou comprennent du texte, les personnes analphabètes peuvent facilement se retrouver isolées et ne pas contribuer parce qu’elles sont gênées ou parce que des personnes instruites dominent la discussion. De nombreuses méthodes d’EP, telles que les interviews, la notation matricielle, la cartographie, les calendriers saisonniers et l’empilement proportionnel peuvent être menées sans aucun écrit. Avec ces méthodes, les signes ou causes de maladies, les parasites, les types de bétail et d’autres éléments peuvent être représentés par des objets ou des images de la vie tous les jours. Les images peuvent être dessinées ou imprimées sur des morceaux de papiers et ceux-ci servent d’« étiquettes » de la méthode. 54 Annexe 4: Document à distribuer : Interviews semi-structurées Lignes directrices pour les interviews semi-structurées • Préparez-vous : c’est peut-être le plus important ! Définissez le sujet sur lequel vous souhaitez enquêter, déter- minez les 4 ou 5 questions clés que vous souhaitez poser et à qui vous souhaitez les poser. Si possible, faites venir un assistant pour prendre des notes. • Présentez-vous et annoncez le but de la réunion : vos informateurs voudront savoir pourquoi vous êtes venu et pourquoi vous vous intéressez au sujet choisi. • Surveillez votre langage corporel tout le temps : soyez amical, décontracté et respectueux et essayez de vous asseoir par terre ! Restez calme : il n’est jamais nécessaire de devenir émotif. • Commencez par des questions/commentaires généraux : cela mettra les gens à l’aise. Le plus simple est de commencer par quelque chose de visible avec lequel tout le monde peut être d’accord. Utilisez un langage simple. Posez une seule question à la fois. • Mélangez les questions avec la discussion générale : en introduisant de la variété, vous maintiendrez l’intérêt de vos informateurs. Un dialogue décontracté assurera une bonne communication. • Utilisez des diagrammes, des symboles et d’autres dessins : ils aideront à maintenir l’intérêt et à s’assurer que tout le monde participe et comprend. • Utilisez un langage simple : évitez les mots « scientifiques ». Ne posez qu’une seule question à la fois, évitez les questions suggestives, les questions longues ou compliquées, ou les questions auxquelles on peut répondre par un simple « oui » ou « non ». • Sonder : C’est le plus difficile. Si un point intéressant surgit, essayez d’en découvrir plus. Six petits mots (pour- quoi, comment, qui, quoi, quand, où ?) vous aideront à sonder : gardez-les en tête tout au long des discus- sions ! • Observer : pour s’assurer que tout le monde participe (surtout les femmes) et que la conversation n’est pas dominée par quelques individus. Assurez-vous également que les gens ne s’agitent pas (un signe qu’ils se fatiguent) : normalement, 90 minutes est un maximum pour les interviews de groupe • À la fin de l’entretien : remerciez vos informateurs et donnez-leur l’occasion de poser leurs propres questions. C’’est poli et cela vous donnera aussi de précieux indices ! • Prenez des notes complètes après l’entretien : (sauf si vous avez un rapporteur). En écrivant simplement les points principaux, vous ne ralentirez pas ou n’interromprez pas la conversation. 55 Interviews semi-structurées (ISS) Comprennent : • Entretiens libres • Interviews avec des informateurs clés (KII) • Discussion de groupe ciblée Une bonne ISS : • Dialogue dans les deux sens • Ambiance décontractée • Simple • Souple (flexible) Objectif d’un bon entretien : • Partage d’informations • Obtenir des informations par la participation • Co-apprentissage Caractéristique d’un bon intervieweur • Bon communicateur (utilisation d’un langage simple) • Sûr de soi • Bon auditeur • Décontracté • Diplomatique • Interactif • Comportement et attitude positifs Obstacles à une bonne interview • Questions agressives/directes • Faire semblant / mentir à l’informateur • Interruption par l’intervieweur 56 • Questions complexes • Questions ambiguës • Questions évidentes • Questions suggestives • Questions sensibles • Questions non pertinentes Jargon technique • Mélanger les langues • Répétitivité Élément clé d’un bon entretien semi-structuré : Une liste de contrôle - liste des activités à effectuer dans l’ISS. • Présentation de l’équipe d’évaluation • Identifier les répondants • Espèces d’élevage concernées • Systèmes d’élevage • Lieux de pâturage (exercice de cartographie) • Identifier et décrire trois maladies pour chaque espèce majeure • Observations directes (marches transversales et examens cliniques) Lieu et heure - choisissez un lieu et un temps pour l’entretien à l’avance. • Quel est le meilleur endroit pour rencontrer votre répondant ? • Quel est le meilleur moment pour se rencontrer ? Présentations - Présentez toujours l’équipe à la communauté • Présenter les membres de l’équipe d’étude • Présentez le but de la visite avec précision. • Ne pas influencer la réponse des participants • Ne suscitez pas de fausses attentes • Enregistrer les noms des participants et évaluer l’aptitude des participants à l’évaluation. 57 Questions d’entrevue – Planifiez les questions clés à l’avance • Toutes les questions doivent être ouvertes et commencer par quoi, quand, où, qui, pourquoi et comment. • Évitez les questions fermées, suggestives, ambiguës, sensibles ou complexes Sonder - obtenir plus de détails • Approfondissez les réponses, en disant par ex. supposez, mais pourquoi, s’il vous plaît dites plus… et autre chose ? Observer le comportement - comportement de groupe Enregistrement de données - qui enregistre vos données. 58 Annexe 5: Document à distribuer : Cartographie participative La cartographie participative fournit des informations spatiales sur la répartition du bétail, les déplacements, les interactions, les maladies et les vecteurs de maladies, ce qui est extrêmement utile en épidémiologie. Certaines informations sont plus faciles à décrire et à analyser visuellement que sous la forme écrite. Il est plus facile de dessiner une carte que de décrire une carte avec des mots. La cartographie est utile au début d’une enquête pour définir la limite spatiale du système à l’étude. Il agit également comme un bon brise-glace car de nombreuses personnes peuvent être impliquées. Méthode de cartographie participative • Demander au groupe de dessiner les principales caractéristiques de leur village ou de leur région sur une carte • Demander au groupe de dessiner les principales caractéristiques du bétail • Une fois la carte terminée, posez des questions d’approfondissement • Pour finaliser la carte, recherchez la direction du Nord et marquez-la sur la carte • Les cartes peuvent être dessinées à différentes échelles en fonction de l’objectif de l’étude en cours • Les cartes produites sur le terrain à l’aide de matériaux disponibles localement sont faciles à ajuster jusqu’à ce que les informateurs soient satisfaits de la carte • Les cartes n’ont pas besoin de mots écrits ou d’étiquettes, et donc les personnes analphabètes peuvent participer. 59 Cartographie participative Figure 4 : Cartographie participative (Atelier EP à Bubanza, 2021). 60 Annexe 6: Document à distribuer : Notation matricielle La notation matricielle est essentiellement une série d’exercices d’empilement proportionnel où une liste d’éléments, tels que des maladies, est notée par rapport à un certain nombre d’indicateurs, tels que des signes cliniques ou des sources d’infection, pour créer une matrice. Cette méthode est utilisée pour comprendre la description locale des maladies du bétail et la signification des noms de maladies locales ... • Dans le cadre d’une enquête générale sur les maladies, dans laquelle un certain nombre de maladies prior- itaires sont étudiées, • Dans le cadre d’une étude sur une maladie précise. • La méthode peut aider à répondre à la question : les enquêteurs et les éleveurs parlent-ils des mêmes mala- dies ? Méthode: Avoir une liste de cinq à six éléments tels que les maladies courantes ou les syndromes pathologiques que les participants ont mentionnés. Utilisez les mêmes noms que ceux utilisés par les participants. Pour chaque élément, obtenez une liste d’indicateurs ou de caractéristiques de l’élément. Dans le cas des maladies, il peut s’agir des principaux signes cliniques ou caractéristiques épidémiologiques de la maladie. Utilisez des images, des objets ou des cartes pour représenter les éléments et placez-les en haut de la matrice. Écrivez les premiers indicateurs sur une carte ou utilisez une image/un objet pour les représenter. Placez l’indicateur d’un côté de la première rangée de la matrice. Placez une pile de jetons ou objets à compter à côté de l’indicateur et demandez aux participants d’utiliser les jetons pour montrer à quel point l’indicateur est en corrélation avec chaque élément. Résumez et vérifiez pour vous mettre d’accord sur la façon dont ils ont marqué. Répétez l’opération pour chaque indicateur en construisant progressivement la matrice. Laissez la matrice en place pour que tout le monde puisse voir les résultats et en discuter en groupe. Pendant l’exercice et une fois la matrice terminée, il est essentiel que l’enquêteur sonde soigneusement les informateurs pour savoir pourquoi ils notent ainsi. Une fois la matrice terminée, résumez les résultats et donnez aux informateurs la possibilité d’apporter des modifications s’ils le souhaitent. 61 Matrice de cotation Figure 5 : Méthode de la notation matricielle (Source; Vallely et al., 2007). 62 Annexe 7: Document à distribuer : Calendrier saisonnier Qu’est-ce qu’un calendrier saisonnier ? C’est une technique de classement ou de notation utilisée pour trouver les noms traditionnels de saison, leur période et leur relation avec le début de différents événements tels que : • Les maladies du bétail • Le système de culture• et la pénurie de fourrage Cela peut également aider à générer de nouvelles hypothèses sur l’association entre les maladies et les facteurs environnementaux et l’interaction entre la faune et les vecteurs. La plupart des maladies animales sont liées à la saison. Pour lutter contre les maladies animales, nous devons concevoir / développer une stratégie basée sur la saison Méthodologie : Principales étapes Tracez une ligne au sol ou en haut d’une feuille d’un flip chart et indiquez que cela représente un an. Demandez aux informateurs de décrire les saisons qu’ils connaissent au cours de l’année. Notez les noms locaux pour ces saisons. Demandez aux participants de diviser la ligne en saisons en fonction de leur début et de leur durée au cours de l’année. Étiquetez les saisons en les écrivant sur des cartes ou en les représentant avec des objets ou des images locaux. Si les mois de l’année sont couramment utilisés, écrivez-les le long de la ligne au-dessus ou en dessous des saisons correspondantes. Interrogez les informateurs sur un indicateur clé qui définit les saisons dans la région (pluviométrie, température, durée du jour, etc.). Donnez-leur une pile de 20 à 30 jetons ou autres objets à compter et demandez-leur de les diviser entre les saisons pour montrer l’association relative entre l’indicateur et cette saison. Tous les jetons doivent être utilisés. Tracez une ligne pour créer la première rangée du calendrier. Enregistrez les résultats mais n’enlevez pas les jetons. Répétez cette opération avec chaque indicateur (activité, événement, maladie) sur une nouvelle ligne, en utilisant 20 à 30 jetons à chaque fois, de sorte qu’une matrice se construise progressivement (voir exemple dans le Tableau 1). Le nom de l’indicateur peut être écrit sur le flip chart ou sur une carte et placé à côté de la matrice. Pour les participants analphabètes, une image ou un objet peut représenter l’indicateur. Une fois le calendrier rempli, les résultats devraient être discutés avec les informateurs à l’aide de questions ouvertes et approfondies, par exemple : Pourquoi cette maladie est-elle plus fréquente en cette saison ? Savez- vous ce qui cause cette maladie ? Cette maladie semble donc se produire lorsqu’il pleut beaucoup, n’est-ce pas ? 63 Figure 6 : Calendrier saisonnier (Source; Sakdapolrak et al., 2012). 64 Annexe 8: Document : Empilement proportionnel (EP) et Empilement proportionnelle pour la mortalité et la morbidité (EPMM) L’empilement proportionnel ou Répartition proportionnelle est une technique qui permet aux éleveurs d’attribuer des notes relatives à un certain nombre d’articles ou de catégories différents, selon un critère. Il est utile lorsque vous voulez plus d’informations qu’un simple classement. Les éleveurs répartissent 100 jetons en différentes piles qui représentent les catégories. Utilisations de l’empilement proportionnel simple • Structure relative de la population • Importance relative du bétail • Quantités relatives de types d’aliments • Sources d’intrants agricoles • Incidence relative de la maladie • Effet relatif de la maladie sur les moyens de subsistance • Structures des catégories de richesse relative Méthode d’empilement proportionnel • Question claire d’empilement proportionnel • Développer la liste des éléments ou des catégories pour la notation. • Réponses de sondage • Placer cent jetons dans une pile et demander aux répondants de les diviser selon une caractéristique ou un paramètre particulier • Enregistrez et sondez les résultats EPMM…Qu’est-ce que c’est ? Division d’un tas de jetons représentant un troupeau en tas représentant les animaux sains, malades, morts et guéris au sein du troupeau. 65 A quoi sert cette méthode ? Déterminer la perception qu’ont les éleveurs de l’incidence des maladies et de la mortalité au sein des troupeaux de bétail au cours d’une période donnée. Les résultats de l’exercice sont : • Proportions saines et malades du troupeau pour l’espèce étudiée. • Contribution proportionnelle de chaque maladie classée et d’autres maladies à la proportion du troupeau qui est malade. • Contribution proportionnelle de chaque maladie classée et d’autres maladies aux décès dans la proportion du troupeau qui est malade. Étapes de réalisation de l’exercice • Mener des interviews pour déterminer les maladies majeures pour une espèce quelconque au cours d’une période spécifique. • Sélectionnez les cinq maladies hautement classées ou tout autre nombre gérable. • Écrivez les noms de ces maladies sur les cartes. Ajoutez une autre carte avec le nom « autre » pour représenter les autres maladies qui ont été laissées de côté. • Placez les cartes au sol et placez une pile de 100 jetons (selon le besoin) • Demandez aux participants de diviser en deux piles les 100 jetons représentant le troupeau : une pour les animaux en bonne santé et une autre pour les malades • Sonder ces piles • Demandez aux participants de subdiviser la pile des malades en cinq maladies différentes, y compris la caté- gorie « autre ». • Sondez les piles de morbidité • Demandez en outre aux participants de subdiviser chaque pile de maladies en animaux morts et animaux guéris. • Sondez les tas de mortalité 66 Représentation schématique de l’empilement proportionnel : Maladies bovines Figure 7 : Empilement proportionnel (Source; Townsley, 1996). 67 Annexe 9: Document à distribuer : Diagrammes de Venn • Les diagrammes de Venn montrent les relations logiques entre des ensembles ou des groupes d’éléments ou de caractéristiques. • Ils sont composés de cercles de différentes tailles selon l’importance de l’élément ou de la caractéris- tique. • Le degré de chevauchement (ou de non-chevauchement) indique l’interdépendance des éléments. • Les diagrammes de Venn peuvent fournir des informations utiles sur des relations difficiles à décrire orale- ment. • Les façons dont les informateurs organisent le diagramme peuvent donner un aperçu de leur réflexion sur les pratiques de gestion et d’autres sujets d’intérêt tels que les ressources en intrants agricoles, l’objectif prin- cipal des entreprises agricoles, les services de santé animale, les relations avec les autres parties prenantes, etc. Figure 8 : Diagramme de Venn représentant les grandes orientations agricoles. 68 Annexe 10: Document à distribuer : Lignes du temps ou chronologie Qu’est-ce qu’une ligne du temps ? • Les ligne du temps sont un outil utile pour explorer la fréquence des événements et des tendances clés d’une maladie au fil du temps. • Pourquoi une ligne du temps ? • De nombreuses maladies d’intérêt surviennent sous forme d’épidémies à des moments précis et les maladies endémiques peuvent éclater à intervalles réguliers ou irréguliers. • L’enquêteur peut noter les années d’épidémies majeures pour diverses maladies sur une chronologie annuelle. • Les lignes de temps servent également de référence utile pour déterminer l’année des rapports faits par la communauté comme moyen de vérification des données. Considérations clés • Les dates rapportées par les informateurs peuvent être comparées aux rapports officiels du système de surveil- lance du gouvernement local. • Des informations sur les événements majeurs, tels que les sécheresses et les famines ou les événements poli- tiques, peuvent également être incluses pour aider les informateurs à se souvenir du moment des événements clés liés aux maladies. • Ces dates peuvent être vérifiées à l’aide de rapports de journaux locaux. En outre, ces événements peuvent également avoir un impact sur l’apparition de la maladie en modifiant les mouvements et les habitudes des animaux et des personnes. Leur inclusion peut permettre la triangulation des facteurs de risque signalés pour l’apparition de la maladie. • Les noms locaux des événements doivent être utilisés autant que possible. • L’échelle de la ligne du temps peut varier en fonction du sujet en question. • Par exemple, il peut s’agir de 50 ans ou plus pour les maladies à cycles épidémiques longs comme la fièvre de la Vallée du Rift ou la peste bovine, de trois à cinq ans pour une maladie qui survient plus fréquemment comme la maladie de New Castle, ou de quelques mois ou semaines seulement si vous explorez les évé- nements autour d’une épidémie spécifique, par exemple la nouvelle apparition d’une maladie dans une région. Avantages de l’utilisation des lignes du temps en EP : • Elles aident à clarifier les détails des épisodes de maladie mentionnés par les répondants, car elles les incitent à se souvenir de choses qui se sont produites avant ou pendant la période de cette maladie. 69 • Les les lignes du temps peuvent également inciter les répondants à se souvenir des informations supplémen- taires, par ex. d’autres foyers de maladie qui n’ont pas encore été mentionnés. • Elles permettent d’estimer la durée des événements, par ex. apparition de maladies et à quelle fréquence elles surviennent. • Elles peuvent montrer la relation de cause à effet entre les événements, par ex. le moment des fortes précipita- tions et l’apparition de la fièvre de la vallée du Rift (FVR). • Elles permettent à l’équipe de surveillance d’impliquer les communautés dans l’évaluation des cibles. Par ex., combien de temps après un rapport de maladie la mise en œuvre des interventions de lutte contre la maladie doit-elle commencer ? Méthodologie : Principales étapes • Décidez de l’échelle de temps en fonction du sujet en question (50 ans, 10 ans, 3 ans, etc.). Tracez une ligne sur le tableau et indiquez les années avant le présent. • Demandez aux participants d’indiquer les événements clés au cours de la période (événements affectant la communauté, événements majeurs relatifs au bétail et épisodes majeurs de maladies du bétail) et écrivez les événements sur le calendrier. Des objets ou des images peuvent être utilisés pour représenter des événe- ments. • Analysez la chronologie, par ex. cette maladie est-elle déjà survenue dans cette région avant cette année-là ? Est-ce que quelque chose de différent ou d’important s’est produit au cours des quelques mois ou semaines qui ont précédé cette épidémie ? Tableau 5 : Méthode de chronologie. Année Evènements généraux Evènement lié à l’élevage 1999 Le mariage de Kabaka Début du recrutement des diplômés vétérinaires La guerre du Congo Vague de PPCB en provenance du Congo 2000 Massacres de Kanungu PPCB Kisangani I and II Besigye déclare des intentions politiques 2001 Élections présidentielles Début du projet PACE Signature du pacte d’Afrique de l’Est PPCB Épidémie d’Ebola dans le nord de l’Ouganda 2002 Bill Clinton en visite en Ouganda L’Ouganda déclaré provisoirement exempt de peste bovine Fin de la guerre au Congo PPCB 2003 La mort d’Amin (ex-président) Décentralisation des services vétérinaires 70 Année Evènements généraux Evènement lié à l’élevage 2004 Épidémie d’Ebola dans le nord de l’Ouganda Fièvre aphteuse L’Ouganda se retire du Congo Amendements constitutionnels 2005 Décès d’Obote (ex-président) Fièvre aphteuse, charbon dans le QENP Modifications de la constitution Découverte du pétrole Ebola 2006 Élections présidentielles sous le multipartisme La propagation de la fièvre aphteuse atteint des niveaux record, l’anthrax dans le QENP (mort d’un hippopotame) Inondations dans l’est et le nord de l’Ouganda 2007 Ebola à Bundibugyo La fièvre aphteuse dans l’est de l’Ouganda, l’Ouganda déclaré exempt de peste bovine par l’OIE Épidémie de Marburg dans l’ouest de l’Ouganda Épidémie de la PPR au Karamoja L’Ouganda accueille la Réunion des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth (la Reine) Inondations dans la région de Teso Paix dans le nord de l’Ouganda La saga de Balaio 2008 L’enfer du Budo Fièvre aphteuse, recensement du bétail, l’Ouganda se déclare exempt d’infection de la peste bovine Obama élu président des États-Unis Le projet PACE se termine Décès du ministre d’État MAAIF Sebunya Kyabazinga décède (Source; Tetui et al., 2017) 71 Annexe 11: Document à distribuer : Notation matricielle de l’impact des maladies (NMIM) Qu’est-ce que la NMIM ? • La notation matricielle d’impact est la même que la notation matricielle simple, sauf que les indicateurs (tels que les avantages de l’élevage) sont pondérés avant d’être comparés à diverses catégories (telles que les maladies du bétail). • C’est une combinaison d’empilement proportionnel et de la notation matricielle. La notation matricielle de ces avantages aide les personnes interrogées à réfléchir plus en profondeur à l’impact des différentes maladies sur les avantages des moyens de subsistance que les propriétaires de bétail tirent de l’élevage. Quelle est la question à laquelle nous voulons répondre à partir de la NMIM ? Nous cherchons à calculer l’impact de différentes maladies sur les avantages des moyens de subsistance tirés de l’élevage. Méthodologie • Etablir une liste de cinq à six éléments ou catégories (comme les espèces communes de bétail) que les informa- teurs ont mentionné. Utilisez les mêmes noms que ceux utilisés par les informateurs. • Pour chaque élément, obtenir une liste d’indicateurs, ou de caractéristiques, de l’élément (dans le cas des espèces animales, cela peut être les bénéfices de l’élevage de ce type de bétail). Sélectionnez jusqu’à 10 des indicateurs les plus importants dans la liste globale (vous pouvez utiliser un classement simple pour ce faire). • Utiliser des images, des objets ou des cartes pour représenter les indicateurs et placez-les dans une rangée comme pour un exercice d’empilement proportionnel. Donner aux informateurs environ 10 jetons par indica- teur (c’est-à-dire s’il y a 10 indicateurs, donnez-leur 100 jetons). • Demander aux informateurs d’empiler les jetons sur les indicateurs en fonction d’une question que vous avez posée (par exemple, quelle est l’importance de cet indicateur pour vos moyens de subsistance ?). Noter les résultats dans votre cahier. Utiliser des images, des objets ou des cartes pour représenter les catégories et placez-les en haut de la matrice. • Placer les indicateurs d’un côté de la première colonne de la matrice. Conserver le nombre correspondant de jetons avec chaque indicateur. • Demander aux informateurs d’utiliser les jetons pour montrer à quel point l’indicateur est en corrélation avec chaque catégorie. Résumer et vérifier pour vous mettre d’accord sur la note attribuée. • Répéter l’opération pour chaque indicateur, en construisant progressivement la matrice. Laisser la matrice en place pour que tout le monde puisse voir les résultats et en discuter en groupe. 72 • Pendant l’exercice et une fois la matrice terminée, il est essentiel que l’enquêteur sonde soigneusement les infor- mateurs pour savoir pourquoi ils attribuent une telle note. Une fois la matrice terminée, résumez les résultats et donnez aux informateurs la possibilité d’apporter des modifications s’ils le souhaitent. • Enregistrer les résultats dans une matrice dans votre cahier. Résultats NMIM – Première étape Bénéfices tirés de l’élevage Jetons Viande pour la consommation familiale 25 Lait pour la consommation familiale 15 Œufs pour la consommation familiale 8 Statut social 4 Tradition culturelle 4 Puissance de traction animale 10 Produits à vendre au marché 22 Source de fonds d’urgence 12 Total 100 Résultats NMIM – Deuxième étape Les bénéfices tirés de l’élevage Jetons Chèvres Bovins Poules Canards Anes Viande pour la consommation familiale 25 Lait pour la consommation familiale 15 Œufs pour la consommation familiale 8 Statut social 4 Tradition culturelle 4 Puissance de traction animale 10 Les produits à vendre au marché 22 Source de fonds d’urgence 12 Tableau 6 : Résultats de la NMIM. Les bénéfices tirés de l’élevage Chèvres Bovins Poules Canards Anes Viande pour la consommation familiale 8 4 8 5 Lait pour la consommation familiale 9 6 Œufs pour la consommation familiale 5 3 Statut social 3 1 Tradition culturelle 1 2 1 Puissance de traction animale 10 Produits à vendre au marché 6 12 1 3 Source de fonds d’urgence 4 6 2 Institut International de Recherche sur l'Elevage (ILRI) 28 27 21 13 11 Manuel de formation à l'Epidémiologie Participative (EP) pour les formateurs (Source ; Tetui et al., 2017) 73 Annexe 12: Evaluation du cours par les participants à la fin de la formation À la fin de la formation, les participants sont invités à remplir un formulaire d’évaluation (tableau 9). Tableau 7 : Formulaire d’évaluation de la formation. (Merci de bien vouloir remplir ce questionnaire. Les informations que vous fournirez seront utiles dans la planification de prochaines formations et aideront les personnes-ressources à améliorer leurs outils et leur présentation). A. Évaluation En général, je donnerais à l’atelier de formation la note suivante : générale • Excellente • Très bien • Bien • Faible • Très faible B. Cet atelier a-t-il répondu à vos attentes ?  Partiellement  Complétement  A dépassé mes attentes Si l’atelier n’a pas pleinement répondu à vos attentes, veuillez expliquer pourquoi _____________________________________________________________________________ _____________________________________________________________________________ _____________________________________________________________________________ C1. Les objectifs de la formation étaient-ils clairs ?  Complétement  Partiellement  Non C2. Objectifs Les objectifs de cet atelier sont énumérés ci-dessous. A votre avis, à quel point les objectifs ont-ils été atteints, sur une échelle de 1 à 5 ? Encerclez la réponse 74 Veuillez énumérer les objectifs spécifiques de l’atelier de formation [VEUILLEZ INSÉRER] 1. _________________________________________________________________________ _________________________________________________________________________ 1 2 3 4 5      2. __________________________________________________________________________ ___________________________________________________________________________ 1 2 3 4 5      3. ___________________________________________________________________________ ___________________________________________________________________________ 1 2 3 4 5      4. ___________________________________________________________________________ ___________________________________________________________________________ 1 2 3 4 5      Commentaires supplémentaires : ____________________________________________________________________________ ______________________________________________________ _____________________________________________________________________________ 75 D1. Y avait-il un bon équilibre entre la théorie et la pratique ?  Oui  Non Veuillez expliquer _______________________________________________________________ _____________________________________________________________________________ D2. Pensez-vous que le calendrier global était bon ? (Suite logique des sujets, durée des séances, etc.)  Oui  Non Veuillez expliquer ________________________________________________________________ _____________________________________________________________________________ D3. Pensez-vous que l’horaire quotidien était bon ? (Suite logique des sujets, durée des séances, etc.) ‚  Oui  Non Veuillez expliquer ________________________________________________________________ _____________________________________________________________________________ E. Forces et faiblesses Veuillez énumérer ce que vous considérez être les trois points forts de l’atelier. 1. 2. 3. Veuillez énumérer ce que vous considérez être les trois points faibles de l’atelier. 1. 2. 3. 76 F. Indicateurs Très bien Bien Assez bien Médiocre Hébergement     Repas     Exposés/présentations     Discussions     Articles/Documents     Organisation et gestion     Qualité des supports visuels     Quantité des supports visuels     G. Les sujets Quels sujets supplémentaires auriez-vous aimé qu’on dans cette formation ? supplémentaires H. Sujets à éliminer À votre avis, quels sujets devraient être supprimés ? I. Dans quelle mesure cette formation est-elle utile pour votre travail quotidien ? Sur une échelle de 1 à 5 (1=pas utile ; 5=très utile) Veuillez évaluer l’utilité. 1 2 3 4 5      J. Serez-vous capable de former les autres à ce que vous avez appris ?  Oui  Non Pas certain 77 K. Comment évalueriez-vous vos connaissances et compétences sur ce sujet avant et après la formation ? (Utilisez une échelle de 1 à 5, 1 étant très faible et 5 étant très élevé).  Avant la formation 1 2 3 4 5      Après la formation 1 2 3 4 5      L. Recommanderiez-vous cet atelier à vos collègues ?  Oui  Non Veuillez expliquer __________________________________________________________________________________________ M. Autre commentaire Veuillez utiliser l’espace ci-dessous pour écrire tout autre commentaire supplémentaire que vous pour- supplémentaire riez avoir. ISBN: 92–9146–741–9