La postalphabétisation ou la leçon de choses
| cg.contributor.affiliation | Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation | |
| cg.howPublished | Formally Published | |
| cg.identifier.url | https://hdl.handle.net/10568/99661 | |
| cg.issn | 1011-0046 | |
| cg.journal | Spore | |
| cg.number | 88 | |
| cg.place | Wageningen, The Netherlands | |
| dc.contributor.author | Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation | |
| dc.date.accessioned | 2015-03-26T12:09:53Z | en |
| dc.date.available | 2015-03-26T12:09:53Z | en |
| dc.identifier.uri | https://hdl.handle.net/10568/62334 | |
| dc.title | La postalphabétisation ou la leçon de choses | fr |
| dcterms.abstract | Afin de réduire le taux d’analphabétisme dans les pays ACP, les ministères concernés, des organismes internationaux et des ONG locales se sont fixé depuis plusieurs décennies une priorité: l’enseignement pour tous. La postalphabétisation... | en |
| dcterms.accessRights | Open Access | |
| dcterms.bibliographicCitation | CTA. 2000. La postalphabétisation ou la leçon de choses. Spore 88. CTA, Wageningen, The Netherlands. | en |
| dcterms.description | Afin de réduire le taux d’analphabétisme dans les pays ACP, les ministères concernés, des organismes internationaux et des ONG locales se sont fixé depuis plusieurs décennies une priorité: l’enseignement pour tous. La postalphabétisation s’intègre dans cette démarche aux multiples visées parmi lesquelles figure la réduction de la pauvreté. En l’occurrence, il ne s’agit pas d’alphabétiser les populations selon les critères de l’enseignement classique, mais d’aider les plus marginalisées à améliorer elles-mêmes leurs conditions de vie en s’appropriant le droit de savoir. Il n’a pas été nécessaire d’attendre le tournant du siècle pour se persuader que l’enseignement au sens large est l’épine dorsale sur laquelle s’articule une multitude de comportements — culturels, sociaux, économiques et politiques — qui déterminent les capacités d’un pays à se développer. Les pays ACP n’échappent pas à la règle. Une étude de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués, menée au Cap-Vert et portant sur un public cible de femmes, le démontre: l’alphabétisation influence les taux de fécondité, avec tout ce que cela induit pour les femmes d’énergie disponible et pour un pays de changement démographique1. Grevés d’un taux d’analphabétisme plus lourd que nulle part ailleurs, les États ACP s’appliquent — le plus souvent sous les injonctions des instances internationales — à le réduire, en développant une politique de l’enseignement accessible à tous. C’est compter sans les réalités du terrain. Depuis des générations, dans les zones rurales où l’accès à l’éducation est limité, voire inexistant, les bénéfices de l’alphabétisation ne sont pas ressentis 'de l’intérieur' comme facteurs d’amélioration de l’ordinaire. D’où un taux d’analphabétisme très élevé dans les pays à forte tradition agricole. Les taux d’analphabétisme avoisinent les 70% au Burkina Faso, 60% au Mali et 57% au Sénégal2. Fonctionnalité, proximité et flexibilité La postalphabétisation ne se substitue pas à l’enseignement formel. Elle en est le prolongement 'plus ciblé', tant au niveau du public qu’elle vise (le plus souvent des ruraux adultes) que de sa 'pédagogie'. Fonctionnalité, proximité et flexibilité sont ses trois principes clés. À tel point qu’au Zimbabwe, par exemple, les postalphabétiseurs sont choisis dans la communauté où les actions de postalphabétisation se déroulent, afin de mieux répondre aux besoins exprimés par les 'élèves'. La diversité des moyens, des méthodes éducatives et des sujets abordés va de pair avec la variété des contextes et des publics. L’approche obéit cependant à un schéma quasi immuable. Les interventions de postalphabétisation s’effectuent par étapes successives de mise en confiance et de sensibilisation à la nécessité de savoir lire, écrire et calculer pour mieux vivre. Jusqu’à l’élaboration par les bénéficiaires eux-mêmes d’un programme éducatif fonctionnel et évolutif, autrement dit relié en permanence au vécu quotidien. Le succès de la postalphabétisation dépend beaucoup de sa capacité à 'raccrocher' un individu à son identité. De plus en plus, les langues locales sont prises en compte en tant que leviers d’apprentissage de la langue nationale. Tout se pense, dès lors, en termes de complémentarités interculturelles. Appliquée en Papouasie-Nouvelle-Guinée, au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire, la méthode consiste à maîtriser d’abord l’orthographe, la lecture, le fonctionnement d’une langue 'maternelle' avant de passer à la langue officielle, dite 'fondamentale' (mots et syntaxe simples). Afin de maintenir les acquis de la postalphabétisation, il est nécessaire qu’un environnement lettré favorable soit mis en place. En Tanzanie, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Zimbabwe, par exemple, International Reading Association apporte son appui technique et pédagogique aux organismes concernés par 'l’après' de la postalphabétisation. L’IRA organise une conférence3 au Nigeria en octobre 2001, avec pour thème 'Building Communities Where Literacy Thrives' (littéralement, 'Construire un esprit de communauté où l’alphabétisation s’épanouit')4. En République dominicaine, c’est la radio interactive gouvernementale RADECO (Radio Assisted Community Basic Education) qui prend le relais de cet enseignement fondamental, ou assure, avec des émissions spécifiques, l’enseignement non formel des populations isolées. L’édition d’ouvrages bilingues contribue également à prolonger les bienfaits de la postalphabétisation. Beaucoup de postalphabétiseurs poussent la logique jusqu’au bout: ils ne verraient pas d’inconvénient à ce que les documents administratifs, et même les panneaux de circulation dans les villes, soient également bilingues. La postalphabétisation n’est toutefois pas une fin en soi. 'L’alphabétisation permet d’apprendre à lire et à écrire son nom. La postalphabétisation permet de lire et d’écrire suffisamment pour accomplir ses tâches quotidiennes. Mais nous voulons plus pour nos enfants du prochain millénaire5' Tôt ou tard, en effet, il faudra bien songer à créer des lycées ou des centres de formation technique qui permettront aux postalphabétisés de devenir, demain, les véritables développeurs du monde rural. 1. The Importance of Education in Future Population. Global Trends and Case Studies on Cape Verde, Sudan and Tunisia, IIASA (International Institute for Applied Systems Analysis), A-2361 Laxenburg, Austria. Fax : + 43 22 36 71 313. E-mail : info@iiasa.ac.at 2 Source : CRDI, 1999. 3.E-mail : conukaog@ouaife.edu.ng 4. International Reading Association, 800 Barksdale Road, PO Box 8139 Newark, DE 19714-8139, USA Fax : + 1 302 731 1057—Site Web : www.reading.org 5 Department of Education, Training, Community and Cultural Development, Tasmanie. Voir également Repères À lire aussi: Lire, écrire et cultiver, par Juliet Milican. Guide pédagogique pour les postalphabétiseurs, basé sur des expériences au Sénégal. CESO/CTA, 1993, 92 pages, ISBN 90-6443-020-9, n° CTA 540, 20 unités de crédit. | en |
| dcterms.isPartOf | Spore | en |
| dcterms.issued | 2000 | |
| dcterms.language | fr | |
| dcterms.publisher | Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation | |
| dcterms.type | News Item |
